Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Heu... Salut ? [Psychée Chimerick]
Jeu 10 Mai 2012 - 19:53
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Que fais tu ici ?

Alors qu'il marchait seul dans les rues de la ville, cette question lui vint à l'esprit. Ce n'était pas la première fois, et sa façon de revenir tel un leitmotiv placé au mauvais endroit de la partition était tout à fait désagréable. Il avait réussi à s'habituer plus ou moins à cette nouvelle vie dans l'académie, malgré sa grande différente d'âge avec les autres pensionnaires. Mais depuis quelque temps, cela ne prenait plus. Il venait de passer un mois qu'il qualifiait lui même de profondément morne. Absolument rien de notable ne s'était passé. À un point qu'il serait lui même bien incapable de de dire ce qu'il avait fait il y a seulement deux jours.

Alors ? Que fais tu ici Magellan Gray ? Tu t'ennuies, avoues le.

Oui. Il voulait rencontrer quelqu'un qui pouvait le sortir de cette insupportable monotonie. Quelqu'un qui était en quelque sorte son opposé : vif et niais. Qui ne se pose pas tout le temps une infinité de questions pour savoir si tel siège et meilleur que tel autre. Qui agit selon son instinct et non selon ce qu'il voit.

Je m'ennuie.


Enfin, ce n'était pas en marchant seul de la sorte, dévisageant les passants de son habituelle et étrange manière que le jeune homme allait réussir. Dépité par autant de réaliste introspection, Magellan s'assit lourdement sur le premier banc qui pouvait offrir une place à son derrière. Il n'avait pas fait attention au chemin qu'il avait parcouru : il se trouvait désormais dans un des parcs de la ville. Des marmots s'ébattaient joyeusement ici et là, des vieux donnaient à manger aux pigeons en discutant de la pluie, il y en a toujours trop ; ou du soleil, il y en toujours trop aussi. Un clochard sur le banc d'en face, une femme qui passe devant lui en tenant fermement son sac à main. Tout va bien, le Monde tourne normalement.

Alors pourquoi s'ennuyait-il de la sorte ? Il était content normalement quand chacun vaquait à ses occupations et qu'il pouvait rester là, simplement à regarder la Nature fonctionner. La seule raison qu'il voyait pour l'instant et qu'il s'était lassé d'être un simple spectateur. Il voulait agir, voir ce que cela faisait d'être un acteur. Mais difficile de passer du confortable fauteuil à l'imprévisible scène.


Mais tu t'ennuies vraiment, n'est ce pas ?

Oui.

Magellan se leva, regarda autour de lui. Cette personne qui marchait vers lui. Oui, elle fera l'affaire. Il se positionna derrière elle et lui tapota doucement l'épaule. Quand elle se retourna, un flot de parole sorti de la bouche de notre pauvre ami.

Salut. Je m'appelle Magellan, je suis arrivé il y a quelques temps à l'école bizarre où les gens apprennent à faire des trucs bizarre. J'aime le Martini et les cigarettes. J'aime aussi quand le soleil se lève mais encore plus quand il se couche. J'ai horreur quand les gens font semblant de ne pas avoir vu quelque chose pour ne pas avoir à réagir. Mais j'aime bien quand ils cèdent à l'envie de leur estomac plutôt qu'à celui de leur esprit. J'aime bien porter des costumes et un chapeau. Mais que des trois pièces, il faut toujours tenir une certaine classe. Je ne connais pas grand chose sur le Japon et je trouve de plus en plus que c'est un pays très étrange. J'ai la chance de posséder un grand « savoir inutile ». Par contre je n'aime pas la cannelle et la muscade. Je sais faire craquer mon gros doigt de pied gauche, jouer du piano et les deux en même temps ! J'aime le thé aussi.

Il s'arrêta quand il vit le regard de la personne. Le seul ordre de la partie de son cerveau sensée être « logique » lui envoya fut de sourire. Et de dire de manière presque désespérée :

Je m'ennuie en fait.
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Dernière édition par Magellan K. Gray le Jeu 10 Mai 2012 - 22:44, édité 1 fois
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Jeu 10 Mai 2012 - 20:35
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Je marchais dans les rues du village .
Ces rues ou , pour une fois , on ne te demandais pas des othographes a tout bout de champs et ou personne ne regardait de travers la longue chevelure violette qui volait dans ton dos .
Il ne restait qu'un seul soucis : Les hommes ....
Pourquoi le haïssais-je autant ?
OK , on m'avait abandonnée avec un gosse et j'avais du avorter mais c'était pas la mer a boire ....
A part que je l'aimais encore !
J'aimais me faire souffrir plutôt oui !
Mon rire éclata a travers la rue et les passants me regardèrent, mais je me foutais d'eux .
Je me foutais de tout a vrai dire, du regard des autres, des pouvoirs étranges qu'avaient les gens de l'établissement...
J'étais bien .
Je n'étais plus a Paris , je n'étais plus dans cette ville maudite.
Maudite mais très belle a vrai dire ...
Et j'avais tout laissé derrière moi ... Je ne pensais même plus a ma soeur décédée c'est dire si j'étais heureuse !

Je passais au milieu d'un parc ou une fontaine glougloutait tranquillement et ou des pigeons sauvaient les vieux de l'ennuis en les emmenant a se rencontrer pour parler de la pluie et du beau temps. Des enfants jouaient. Je déteste les enfants.Ils crient , ils pleurent , ils s'amusent d'un rien . Oui. Les enfants sont frustrants, quand nous nous ne sommes que le résultat des souffrances que nous impose la vie , eux ils jouent.
En fait , c'était surement parce que j'avais perdu le miens que je haïssais a ce point les enfants.
Le petit garçon aux cheveux d'ébène que j'avais vus tant de fois .
En rêve.
Sur un banc , un clochard dormait avec tranquillité mais on pouvait voir a ses rides et a son teint qu'il était surement le plus tourmenté de tous .
Je sortis de mes pensées pour m'ébrouer , une femme passa devant moi, elle serrait son sac a main tellement fort que ses phalanges étaient blanchies.
Quand certains se raccrochent a leurs souvenirs d'autres se crispent sur leur fric ....
Je ris une seconde fois a cette idée en pensant qu'après tout , les plus tranquille dans tout cela étaient les pigeons .
Je me retournais avec en tête l'idée d'aller pousser la chansonnette dans une autre rue ou de me prendre une bonne petite cuite en soudoyant le patron pour qu'il m'autorise a boire malgré mon age ...
Pfff, ces japonais , interdire l'alcool ou moins de 21 ans , c'est un crime contre l'humanité ça !

Mais une main me tapota l'épaule , je me retournais pour découvrir l'homme que j'avais entraperçut sur un banc.
le flot de parole qui sortit de sa bouche était tel que j'eus l'impression qu'il allait s'étouffer !


Salut. Je m'appelle Magellan, je suis arrivé il y a quelques temps à l'école bizarre où les gens apprennent à faire des trucs bizarre. J'aime le Martini et les cigarettes. J'aime aussi quand le soleil se lève mais encore plus quand il se couche. J'ai horreur quand les gens font semblant de ne pas avoir vu quelque chose pour ne pas avoir à réagir. Mais j'aime bien quand ils cèdent à l'envie de leur estomac plutôt qu'à celui de leur esprit. J'aime bien porter des costumes et un chapeau. Mais que des trois pièces, il faut toujours tenir une certaine classe. Je ne connais pas grand chose sur le Japon et je trouve de plus en plus que c'est un pays très étrange. J'ai la chance de posséder un grand « savoir inutile ». Par contre je n'aime pas la cannelle et la muscade. Je sais faire craquer mon gros doigt de pied gauche, jouer du piano et les deux en même temps ! J'aime le thé aussi.



Et il ajouta avec un sourire :

Je m'ennuie en fait.

Il y avait eu une note de désespoir dans sa voix .
Ma première réaction fut d'éclater de rire , j'étais réellement pliée en deux tout en ayant peur de vexer ce Magellan !
Puis je lui répondis ... Tout aussi rapidement et sur le même ton .

-Salut. Moi c'est Psychée , ça fait a peine un mois que je suis dans cette école et je dois avouer qu'elle est étrange mais je n'ai pas encore appris a faire des trucs étranges comme font les autres. J'aime le whisky et le cidre et les cigarette menthol de temps en temps. J'aime la nuit et la lune qu'elle soit visible ou cachée par les nuages.Je déteste les mecs qui me draguent de manière trop brutale et lourde. J'aime quand ils sont tarés et drôle ou soit l'un soit l'autre.J'aime porter des robes et m'habiller court mais pas trop. De façon a ne pas sembler vulgaire . Je suis super heureuse d'avoir quitté la France bien qu'interdire l'alcool aux moins de 21 ans soit un crime contre l'humanité. J'adore la littérature et chanter. J'aime tout ce qui est plats épicés et plus particulièrement le curry. Avant ,en France j'étais chanteuse a succès et mannequin , j'ai fais beaucoup de théâtre mais je me suis barrée parce que je suis tombée enceinte d'un mec qui m'a lâchée et que je me suis retrouvée ici par la suite. Est-ce-que tu sais pourquoi les pigeons sont heureux ? Et ça tombe bien que tu t'ennuis parce que moi j'ai besoin de me prendre une grosse cuite et je t’emmène avec moi . Au Martini tiens , pour te faire plaisir !

Je pris ce Magellan par le bras pour l'entraîner vers le bistrot le plus proche ! Rien de tel que de nouvelles rencontre . En plus , il avait bien besoin de décompresser !


[ Désolé mais c'est un peut cours .... Mais j'adore ce que tu as écris ! C'est génial ! ]
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Dernière édition par Psychée Chimerick le Lun 21 Mai 2012 - 18:02, édité 1 fois
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Sam 12 Mai 2012 - 12:09
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… Son esprit essayait tant bien que mal de mettre en ordre toutes les informations qu'il venait de recevoir d'un coup. Cette jeune fille qui venait de le prendre par le bras et l'entraînait vers une destination pour le moment inconnu lui avait tellement dit en une seule fois. Ce n'était pas une situation que l'esprit calculateur de Magellan avait prévu.


Faisons le point.


Elle a rigolé. Ça c'était prévisible. Soit les gens ont peur, soit il ne disent rien, soit dans le meilleur des cas ils rigolent. Ce n'est pas encore trop choquant. Au fil de ses pérégrinations, notre ami avait par ailleurs pu souvent se rendre compte que ceux qui rient lors d'une première rencontre sont la plupart du temps les plus francs et sincères. Mais aussi parfois les plus taciturnes, cachant leurs plus profondes émotions derrière un masque d'hilarité.


Ensuite ?


Elle s'appelle Psychée. Est à Terrae depuis moins de temps que notre ami et surtout n'a pas encore été initiée. De fait, elle ne lui posera pas de problèmes, en essayant de le soumettre brutalement. Malgré ce statut de nouvelle, Magellan percevait qu'il émanait d'elle une assurance et une confiance en soi qui en été presque dérangeante. Pas qu'il soit lui même le plus grand des timides, loin de là ! Mais cette fille. C'était plus comme si tout en elle essayait de crier : je n'ai pas peur de toi !


Et pourquoi tu crois qu'elle donne cette impression ?

Son ancien métier. Elle n'était pas encore majeure au Japon, donc moins de 21 ans. Elle venait de France, un pays pas si lointain du Danemark natal du jeune homme. De fait, il était fort probable qu'elle n'ait que 18 ans. Si jeune. Le cerveau de Magellan tentait de réunir les brides de phrases qu'il avait pu saisir lorsqu'elle avait parlé. Mannequin, chanteuse, comédienne. Une vraie enfant star en fait. Que faisait-elle donc ici, repère de personnes plus malheureuses les unes que les autres... ?


Tss... Ne laisse pas de vieux préjugés obscurcir ton raisonnement !

Une grossesse qui aurait mal tourné. Elle l'a dit elle même. Réellement, la spontanéité de Psychée avait déstabilisé Magellan à tel point qu'il n'avait pas prêté attention à une information aussi capitale ! Une histoire avec un homme.
C'était d'un banal...
C'est ce à quoi il aurait dû penser en temps normal. Tout ce qui implique des histoires de cœur blase notre ami au plus au point. Il n'était pas sans cœur, il avait simplement une autre vision de la sentimentalité.
Mais ce n'était pas un moment normal. De fait, l'histoire de cette jeune fille était passionnante.


Bien. Maintenant tu peux essayer de ne pas gâcher cette nouvelle rencontre.

Ils s'étaient arrêtés devant un bar. Enfin un « bistrot » comme voulait le faire croire l'enseigne. Magellan avait vite comprit que tout ce qui vient de la France fascine les Japonais. Et quoi de plus représentatif que les bistrots parisiens. Ainsi, le gérant de l'établissement avait fait écrire sur la devanture, dans un français approximatif « Bistro du Paris : là on servir à tout heure. ».
Enfin il regarda la personne qu'il avait abordé. C'était une jeune fille aux yeux et au cheveux violets. La première chose qui vint à l'esprit bassement masculin de notre ami fut de se dire qu'une telle beauté ne pouvait pas être seulement de la chance. Mais un réel don du Ciel.

Malgré le fait qu'il n'avait pas suivi l’entièreté de son discours, il y avait des choses que l'esprit de Magellan avait tout de suite enregistré, de manière tout à fait subjective.


J'aime beaucoup le whisky aussi. À vrai dire il y a très peu d'alcools que je n'aime pas. La Lune aussi, d'ailleurs par un heureux hasard mon affinité dans cette école c'est faite avec l'astre lunaire. Quant aux pigeons, je dirais 42.

Il aurait pu aussi faire une remarque sur son habillement ou son histoire. Mais il était encore assez lucide pour savoir que certains sujets ne devaient pas être abordés dès la première rencontre avec une personne. Enfin, si on suivait les codes basiques de l’interaction humaine.


Et donc... Psychée. Je...

Trouve quelque chose à dire, pour une fois que tu rencontres quelqu'un qui semble savoir s'amuser, à l'inverse de toi.

Tu es tombé enceinte ? Où est ton enfant ?

Magellan... Tu n'apprends jamais. Toujours la curiosité avant tout, le reste n'est pas important. Débrouilles toi seul dans ce cas.
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Lun 14 Mai 2012 - 17:00
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J'entrais dans le bistrot en tenant toujours Ce Magellan par la manche ( oui , j'aimais bien le "Ce" avant Magellan !) .
J'entrais et je commandais deux Martini ... Martini il aimais , Martini nous allions boire !

J'aime beaucoup le whisky aussi. À vrai dire il y a très peu d'alcools que je n'aime pas. La Lune aussi, d'ailleurs par un heureux hasard mon affinité dans cette école c'est faite avec l'astre lunaire. Quant aux pigeons, je dirais 42.


Ha ! Une personne qui aimais l'alcool ! Je n'étais pas alcoolo , non , il faut garder une certaine noblesse mais j'avais toujours pensé que l'alcool était un bon guide , il nous entrainait facilement dans le dialogue et la poésie ....
42 .... Le Guide Du Voyageur Galactique .... Ou H2G2 pour les fans ...
La réponse a la vie , a l'univers et au reste .... Dieu que j'aimais cette réponse ! Un littéraire fantaisiste ! Et cultivé a mon avis ! J'avais décroché le gros lot !

Et donc... Psychée. Je...

Il semblait embarrassé ... Pourquoi est-ce que j'embarrassais les gens comme ça ... Était ce mon physique ou mon caractère ? Un peut des deux surement !

Tu es tombé enceinte ? Où est ton enfant ?

Alors celle la je m'y attendais pas ... J'étais en train de lui tendre son verre mais ma main s'arrêta a mi chemin tant j'étais surprise !
Pour finir , il prit son verre tandis qu j'éclatais de rire , mon rire cristallin mais fort et communicatif ! Quel mec ! Un numéro a lui seul !

- J'ai avorté ! Je n'allais pas avoir un gosse a 18 ans .... c'est pas mon truc les enfants en fait ... c'est pour ça que par honte j'ai quitté la scne .... Et maintenant je suis la . Mais je me rend compte que j'ai été stupide , pas spécialement d'avoir quitté la scène mais plutôt d'avoir eu honte ! Qu'est ce qu'on s'en fou de ce que pense les autres hein ?



Je m'était exprimé entre deux éclats de rire puis je m'étais peut a peut calmée .

-Toi aussi tu lis alors ? Ou alors tu as répondu 42 par hasard ? Parce que ça vient d'un livre a la base ! H2G2 , un de mes favoris avec La conjuration des imbéciles ...Un livre fabuleux !
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Jeu 17 Mai 2012 - 22:03
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Elle était entrain de lui tendre un verre de la précieuse liqueur. Peut être qu'il n'y allait avoir aucun problème. Mais juste après sa question, la jeune fille stoppa son mouvement. Mince.
Les quelques secondes de flottement qui suivirent permirent à Magellan de mieux détailler le faciès de Psychée. La surprise la plus totale se lisait dans ses magnifiques pupilles violettes. Dans un sens, ils avaient un point en commun avec leurs yeux. Lui même, avec ses yeux d'un noir d'encre, ne laissait jamais réellement indifférent son interlocuteur. Mais elle avait en plus cette beauté qu'exaltaient chaque détail de son visage. Le tout formait un ensemble harmonieux, tellement qu'il avait à présent l'intime conviction qu'en changeant ne serait-ce que la position d'un cil,tout s'écroulerait.

Après que cette pensée lui ait traversé l'esprit, Magellan tendit le bras pour prendre délicatement le verre qui était dans sa main. À peine eut-il fait cela que sa bouche s'ouvrit et qu'un grand et long rire en sortit. Pas un rire jaune, mais une vraie hilarité qui venait de la prendre. Intimement, notre ami était rassuré. Il savait parfaitement qu'un simulacre de rire était mauvais signe, car la personne en face de vous est gênée par ce qui a été dit. À contrario, un rire franc montre que ce qui vient n'a pas de réelle importance. Il est difficile, voire impossible de s'amuser d'un sujet que l'on considère sérieux.
Magellan but une petite gorgée. Le Martini et son goût si particulier lui procurait toujours une enivrante sensation de sérénité. Il savait ce qu'il buvait, n'avait pas à s'en inquiéter car il connaissait tout de lui, de la première à la dernière goutte.

La jeune fille, hoquetant presque à cause de son fou rire, réussit quand même à parler, le souffle court.
Ainsi donc elle avait avorté. Si jeune, s'en était surprenant. Et c'était par cet événement, qui dans l'esprit de Magellan restait quelque chose de tragique, qu'elle avait fait ses adieux à la scène et s'était enfui. Pas étonnant qu'elle soit arrivé à Terrae, repère des âmes perdues.

Elle avait raison. L'avis des autres n'avait aucune importance. C'est ce que pensait Magellan en théorie, mais il savait qu'en pratique, l'avis de ses congénères avait toujours un impact. Dans son cas, il adorait regarder ses semblables. Pas pour les juger, mais simplement pour les comprendre. Mais il savait aussi qu'il n'était pas quelqu'un de « normal », selon la définition basique de ce terme totalement déformé. D'ailleurs, la preuve la plus évidente qu'il montrait un certain intérêt pour le regard que les autres portaient sur lui était justement en face de lui. S'il avait parlé à Psychée, s'était bien pour essayer de changer ce regard.

Ou bien c'était pour une autre raison. À vrai dire, il avait déjà oublié la raison. Peut être qu'elle avait juste : au diable l'avis des autres.

Elle semblait s'être calmée. Par ce qu'elle dit, Magellan pu se rendre compte qu'en plus d'être belle, elle était cultivé. Splendide.


Oui, je lis beaucoup. Mais je dois avouer que je n'ai pas lu le Guide du Voyageur Intergalactique. Par contre j'ai lu la Conjuration des Imbéciles. Plus par curiosité, car j'ai trouvé que la vie de son auteur était tellement pitoyable que rien que pour cela, son livre méritait d'être lue. Après, ce n'est pas mon roman préféré. Cela va paraître enfantin, mais les seuls roman que je ne me lasse pas de lire son ceux de Tolkien et de Maupassant.

Il avait enfin réussi à parler avec une voix qui lui semblait normale. Content, il but une autre petite gorgée du liquide. Avec un petit sourire en coin dont il n'avait lui même pas conscience, il poursuivit.


Après, j'ai depuis très longtemps une occupation de prédilection quand je m'ennuie : je lis des articles au hasard dans les journaux et sur Internet. On pourrait croire que c'est une perte de temps, mais à force on peut se forger une solide culture. C'est comme ça que j'ai découvert ce que signifiait « 42 ». Une bien belle découverte d'ailleurs.

Était-il temps de parler d'un autre thème qui pourrait les rapprocher ? La parenté. Magellan aussi l'avait vécu, de manière certes bien moins chaotique, mais qui s'était elle aussi finie dans la plus intense douleur...


C'est comme tu veux. Tu sais très bien ce qui va se passer après.

Oui. Là était bien le problème. Pourtant, alors qu'en temps normal la simple évocation de sa petite fille aurait dû déchaîner les vagues de son esprit, celui-ci restait calme. Quelques ondulations s'étaient fait sentir, mais sans plus. D'une certaine manière, cela n'était pas normal.
Mais non, il n'était pas temps de parler de ça, la littérature est aussi un sujet passionnant et qui avait l'avantage de lui occulter l'image d’Ève.
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Lun 21 Mai 2012 - 13:12
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Oui, je lis beaucoup. Mais je dois avouer que je n'ai pas lu le Guide du Voyageur Intergalactique. Par contre j'ai lu la Conjuration des Imbéciles. Plus par curiosité, car j'ai trouvé que la vie de son auteur était tellement pitoyable que rien que pour cela, son livre méritait d'être lue. Après, ce n'est pas mon roman préféré. Cela va paraître enfantin, mais les seuls roman que je ne me lasse pas de lire son ceux de Tolkien et de Maupassant.
Après, j'ai depuis très longtemps une occupation de prédilection quand je m'ennuie : je lis des articles au hasard dans les journaux et sur Internet. On pourrait croire que c'est une perte de temps, mais à force on peut se forger une solide culture. C'est comme ça que j'ai découvert ce que signifiait « 42 ». Une bien belle découverte d'ailleurs.


Il ne connaissait donc pas H2G2 .... Dommage ...Mais il connaissait John Kennedy Toole et ça c'était fort , cet homme et son livre étaient assez peux connus malgré le fait qu'il ai reçut le prix Pulitzer ...
Mais je ne trouvais pas sa mort pitoyable mais plutôt digne d'un écrivain de son ampleur ... Mourir de ne pas être lu .... Pennac l'avait cité dans ses livres comme mort de ne pas être lu et c'était exactement ça .... Toole était un écrivain incapable de vivre sans son œuvre....

-Je trouve la mort et la vie de J.K.T plutôt symbolique et assez merveilleuse a vrai dire .... N'est ce pas la meilleure mort pour un écrivain , mourir de ne pas être lu pour connaitre ensuite le succès ... je trouve ça beau mais je ne pense pas que je l'aurais fais moi même .... Pour ce qui est de Tolkien , je n'aime pas trop sa façon d'écrire mais je l'admire ... cet homme est hors du temps , il a inventé le fantastique a une époque ou ce genre de livre n'aurais pas du exister , c'est magnifique je trouve ! Maupassant m'ennuie , je supporte , mais je ne me régale pas en lisant ... A la limite je préfère Tolstoï ou Flaubert .

J'en était a mon second martini et a mon premier Bloody Mary . En soirée , je buvais beaucoup de Bloody Mary car j'adorais ça et car la vodka était un de mes alcool de prédilection pour sa capacité a saouler avec rapidité ...
Ma langue commençait donc a se délier et je me mis a détailler mon interlocuteur .
Plus grand que moi , il n'était pas forcément beau mais pas laid non plus , il portait un costume et ses cheveux étaient noirs et lissent , attachés.
Mais quelque chose le rendait beau .
Ses yeux .
Il avait les yeux d'un noir insondable ou la pupille ne se distinguait pas du reste de l’œil... Un regard difficile a soutenir pour la plupart des gens mais dans lequel je me noyais . En aucun cas ce regard ne me mettait mal a l'aise .

La discussion dériva doucement vers le cinéma , je parlais des films dans lesquels j’avais joués . Puis je me mi a parler d'un sujet sensible : Pourquoi avais-je quitté la scène ?
Ce n'étais pas seulement parce que j'étais tombée enceinte . Non .
C'était pour autre chose , une chose que je n'avais jamais dites a personne.
Que j'allais lui dire .
parce que ce type me plaisait bien et que ça ne me dérangeait pas de lui en parler ....

-En fait , il y a plusieurs raison a a ça ....

Dis je en l'attirant vers une banquette , dans un coin du bar .
Il s'assit en face de moi tandis que je me mettais a parler .

-...tout d'abord il y a la mort de ma sœur , c'était la personne que j'aimais le plus au monde .... en apprenant sa mort j'ai voulu tout arrêter mais je ne l'ai pas fais .
Puis il y a eu cet homme .... j'étais amoureuse de lui mais je ne voulais pas coucher avec lui au premier soir , c'est pas mon genre .... De plus j'aurais fais attention a ne pas tomber enceinte , si j'avais été dans mon état normal ce soir la .... Mais je ne l'étais pas . ce type m'avait droguée , ce qu'il a fait , c'est l'équivalent d'un viol .non . C'est un viol .


Je parlais avec calme malgré la gravité de ces paroles .... Je ne savais même pas si ce que je disais l'interressait mais bon ....
J'étais lancée.

-Depuis j'ai peur , j'ai peur des hommes . Je ne supporte pas de me balader dans la rue la nuit , j'ai toujours peur de me faire kidnapper ou d'autre truc du genre , je frissonne dès que quelqu’un pose sur moi un regard un peut trop insistant , je ferme constamment la porte de ma chambre a clé .... Bref , je suis devenue parano ... Mais bon , je parle , je parle et je dois te fatiguer ....Et toi , que t'est il arrivé pour être la ?
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Mer 6 Juin 2012 - 21:19
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Une moue dubitative se dessina sur le jolie visage de Psychée. Elle ne semblait pas le moins du monde convaincue par les propos littéraires qu'il venait de tenir. Toole, une belle mort ? Pfeu, un lâche, trop faible pour comprendre que le monde est fait d'épreuves et de frustrations. Oui, ce terme était bien celui qui désignait le parcours de l'être Humain. Tout le temps frustré de ne pas pouvoir atteindre ce qu'il désire.
L'Homme désire rester éternellement jeune, il ne le peut. L'Homme désire voler, il ne le peut. L'Homme désire résoudre tous les mystères, il ne le peut. Dans tous les cas, il s'invente des échappatoires pour se convaincre qu'il peut réaliser ce qui lui sera toujours impossible. Toole n'avait pas su se montrer assez ingénieux pour se faire publier ? Se donner une mort qui serait digne d'un écrivain maudit était son échappatoire. Ou la démonstration de sa lâcheté.

Il n'osa dire mot après la réponse de la jeune fille. Parler de Tolkien allait le faire passer pour une « groupie » de première. De plus cela serait barbant, tant les subtilité qu'il allait sans nul doute lui asséner ne lui parlerait pas du tout. Parfois, il fallait mieux garder ses passions pour soi. Quand aux autres auteurs qu'elle cita, il en avait lu quelques romans. Mais pas assez pour oser soutenir une conversation qui pourrait potentiellement devenir un débat littéraire. Se couvrir de ridicule n'était pas son but premier aujourd'hui.

La discussion tourna, ou plutôt Psychée la fis tourner, vers sa carrière d'actrice. Pour tout dire, Magellan n'écouta que d'une oreille ce qu'elle lui disait, le cinéma n'ayant jamais été son centre d'intérêt de prédilection. Il se concentrait plutôt sur son décompte mental des verres qu'elle avalait. Après le Martini commandé lors de leur arrivé dans le bistrot, elle avait directement pris un Bloody Mary. Il n'aimait pas la Vodka, absence de goût, de couleur et presque d'odeur. Un alcool traître que celui-ci. Fais pour oublier, oublier qui l'on est, où l'on va et ce que l'on dit. Ce dernier effet commençait peut être d'ailleurs à agir sur la jeune fille qui parlait, peut être trop.

Sans qu'il le demande réellement, elle commença à lui raconter dans le détail la raison de son exil des lumières et, inévitablement, du pourquoi de son arrivée à Terrae. Emportant leurs verres, ils changèrent de place pour s'installer dans un coin à l'écart de la foule qui se pressait à présent dans l'établissement. Au travers des vitres passaient tels des lames les derniers rayons du soleil. La belle couleur orangée qui emplissait désormais la salle lui donnait l'apparence d'une antique photo. Pendant quelques secondes, Magellan fixa cette scène, qui lui semblait sur le moment sortie d'un autre âge. Un fugace instant, il eut l'impression que le temps venait de suspendre sa course et que plus jamais il n'allait s'écouler de nouveau. Pourtant, il n'eut pas fini sa pensée que déjà la salle se voyait envahie par l'obscurité et que les lumières s'allumèrent doucement.
Il reporta aussitôt son attention sur Psychée, en espérant que ses yeux délicats n'avaient pas perçus son égarement soudain.

Un verre après l'autre, elle lui conta sa terrible histoire. Terrible par les faits, mais aussi par son incroyable banalité. Un être cher qui disparaît, un homme imbécile qui n'arrive pas à réprimer sa bestialité et sa frustration. Puis un traumatisme, terrible certes. Mais là aussi banal. Le quotidien de million de femmes dans le monde qui jamais plus ne pourrons voir une ombre sans accélérer le pas.
Magellan avait perdu le compte du nombre de boissons que la jeune fille avait consommé. Et du reste, il savait juste qu'il n'allait pas tarder à avoir atteint la limite avant que son cerveau se déconnecte de la réalité.


Laisse toi porter mon ami.

Non, il ne devait pas se laisser embrouiller l'esprit. Au contraire, il avait besoin de toutes ses facultés s'il voulait parler de son histoire d'une manière aussi calme et paisible que venait de le faire la jeune fille.


Moi... Et bien... C'est une histoire comme on peut en entendre souvent dans les faits divers. Sauf qu'ils ne mentionnent jamais à quel point ce fait est crucial pour ceux qui sont impliqués.

Il fit un signe au garçon de café tout en désignant l'un des verres de Martini qui traînait devant lui. Le temps que le breuvage arrive, il fixa de ses prunelles couleur de jais les yeux violets de Psychée. En vérité, il ne la voyait pas vraiment, perdu dans les méandres de ses pensées pour arriver à formuler ce qu'il allait dire de manière cohérente. Le plus sec du verre posé sur le bois de la table le dira soudaine de sa divagation et, s'éclaircissant discrètement la gorge, il parla, le regard penché sur les mains de la jeune fille.


Je n'ai que 25 ans mais j'ai été père. D'une fille ravissante nommée Ève. Elle était à la fois mon le Point essentiel qui me permettait de nouveau d'avoir foi en l'Humanité et en moi. J'ai aussi été marié à une femme, son nom importe peu. Dans mon petit vase clos, tout allait pour le mieux du monde. Mais je n'avais pas conscience que la situation pouvait être différente dans le vase de mes semblables.
C'était le cas dans celui de l'aiguilleur des trains sur une ligne quelconque. Un terrible choc à pleine vitesse entre deux boas d'acier. Aucun survivant, aucun cadavre identifiable. Ma fille et ma femme firent parties de ces anonymes. Et moi, j'étais sur le quai de la gare, à les attendre. Jusqu'à comprendre que ce train quelconque n'arriverait pas et allait devenir l'objet de toutes mes peines
.

Il marqua une pause. Il n'osa pas lever les yeux vers la jeune fille. Il avait parlé d'une voix neutre et pourtant, une larme se forma au coin de son œil et tomba sur le bois vernis, dans un murmure d'eau. Il l'effaça d'un revers de main.


Une histoire banale, comme tant d'autre n'est-ce pas ? Dans le fond, là est le drame, tu n'es pas d'accord ?

Relevant enfin la tête, il se saisit du verre posé devant lui et en avala une bonne lampée.
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Jeu 14 Juin 2012 - 16:07
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Moi... Et bien... C'est une histoire comme on peut en entendre souvent dans les faits divers. Sauf qu'ils ne mentionnent jamais à quel point ce fait est crucial pour ceux qui sont impliqués.

Il fit signe au garçon de remplir son verre avant de me regarder dans les yeux .... On pouvait deviner qu'en vérité il regardait en lui même , bien au delà de moi ...*

Je n'ai que 25 ans mais j'ai été père. D'une fille ravissante nommée Ève. Elle était à la fois mon le Point essentiel qui me permettait de nouveau d'avoir foi en l'Humanité et en moi. J'ai aussi été marié à une femme, son nom importe peu. Dans mon petit vase clos, tout allait pour le mieux du monde. Mais je n'avais pas conscience que la situation pouvait être différente dans le vase de mes semblables.
C'était le cas dans celui de l'aiguilleur des trains sur une ligne quelconque. Un terrible choc à pleine vitesse entre deux boas d'acier. Aucun survivant, aucun cadavre identifiable. Ma fille et ma femme firent parties de ces anonymes. Et moi, j'étais sur le quai de la gare, à les attendre. Jusqu'à comprendre que ce train quelconque n'arriverait pas et allait devenir l'objet de toutes mes peines.


Il leva la tête vers moi , une larme perlait au coin de son oeil , elle tomba sur le bois de la table et il s'essuya la joue d'un revers de la main .
sa voix était neutre mais ses yeux pleins de souffrance . Un train . Un accident qui n'avait aucune chance d'arriver , aucune chance . Presque aucune chance .

Une histoire banale, comme tant d'autre n'est-ce pas ? Dans le fond, là est le drame, tu n'es pas d'accord ?


Il but son verre d'un trait et le reposa sur la table .
de mon côté , j'étais secouée , je n'avais pas pitié de cet homme non . J'étais émue , émue par son histoire , émue l'étrange similitude entre la banalité de cet accident et celle de mes problème . Émue par ce manque de chance que nous avions tout les deux . Comme dans une tragédie. sauf que dans une tragédie il n'y a plus d'espoir , alors que Terrae nous en a redonné .... Nous sommes tout de même plus chanceux que des personnages de tragédie .
Je me saisi de sa main pour la serrer entre les miennes , ce geste m'aurais dégoutée dans un autre contexte mais il me semblait tout naturel désormais .

-Aucune histoire n'est banale , Magellan , et surtout pas la tienne . Elles changent toutes . Tu n'en trouvera pas de semblable .


Je ne savais que dire de plus , alors je me mis a chanter , en me rapprochant presque imperceptiblement de façon a ce qu'il entende . ma voix était faible mais elle emplissait l'air de vibration et de profondeur .
Ma voix .
Cette voix qui avait redonné a la France le gout de la chanson , de la vieille chanson .
Cette voix qui faisait naitre la pluie et revenir le soleil , qui faisait tomber les larmes et emplissait l'air de murmures , cette voix qui faisait trembler et rire , sourire .
Cette voix qui avait la profondeur de celle de Hélène , le mordant de Brigitte Fontaine , le côté profond et jazzy de Joly Holland .... Cette voix comme un fil de cristal tendus au maximum , déchirante , mais aussi douce comme du duvet.
Ma voix était un paradoxe .
Une énigme .
Une arme.
Je voguais sur L'amour anarchiste de Gaston Couté , j'entrais dans l'âme et dans le cœur des gens qui m'écoutais .
Je murmurais le réconfort et j'insufflais l'espoir .
Tout bas .
Pourquoi cette chanson ? Pourquoi une chanson d'amour ?
Tout simplement parce que son rythme était doux et triste et son histoire brutale . Comme ce qu'il avait vécu .


Le gars était un tâcheron
N’ayant que ses bras pour fortune ;
La fille : celle du patron,
Un gros fermier de la commune.
Ils s’aimaient tous deux tant et plus.
Ils s'aimaient tous deux tant et plus
Ecoutez ça, les bonnes gens
Petits de coeur et gros d’argent !
Ecoutez ça ils s’aimaient tant et plus
L’Amour, ça se fout des écus !

Lorsqu’ils s’en revenaient du bal
Par les minuits clairs d’assemblée,
Au risque d’un procès-verbal,
Ils faisaient de larges roulées
Au plein des blés profonds et droits,
Au pleins des blés profond et droits
Ecoutez ça, les bonnes gens
Qu’un bicorne rend grelottants !
Ecoutez ça des blés profonds et droits
L’Amour, ça se fout de la Loi !

Un jour, s’en fur(ent) tous deux prier
Elle : son père ! Et lui : son maître !
De les laisser se marier.
Mais le vieux les envoya paître ;
ALors, ils prirent la clé des champs.
Alors ils prirent la clé des champs
Ecoutez ça, les bonnes gens
Qui respectez les cheveux blancs !
Ecoutez ça ils prirent la clé des champs
L’Amour, ça se fout des parents !

S’en furent dans quelque cité,
Loin des labours et des jachères ;
Passèrent ensemble un été,
Puis, tout d’un coup, ils se fâchèrent
Et se quittèrent bêtement.
Et se quittèrent bêtement
Ecoutez ça, les bonnes gens
Mariés, cocus et puis contents !
Ecoutez ça ils s’quittèrent bêtement
L’Amour, ça se fout des amants !




A la fin de la chanson , le silence s'installa .

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Lun 25 Juin 2012 - 17:33
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L'atmosphère autour de lui semblait cette soudainement refroidie. Ou n'était-ce qu'une impression ? S'il avait relevé les yeux, il n'osait toujours pas regarder la jeune fille droit dans les yeux. Fixant un point quelconque au dessus de son épaule, il se sentait quelque peu nu. Psychée savait désormais qu'elle était sa plus grande faiblesse, la part de son histoire qui le rendait aussi démuni qu'un nouveau né sortant du ventre maternel.
Il se mordit la lèvre inférieure, quelle stupide idée il avait eu de se livrer de la sorte. Ce qui en plus n'était pas du tout son genre en temps normal. Quelle stupide idée d'être allé dans ce parc. Qu'elle stupide idée de s'être assis sur ce banc. Qu'elle stupide idée de lui avoir raconté cela.

Le froid autour de lui se faisait plus intense. Pourtant l'été était à présent bien installé et tout le monde dans le bistrot portait le moins d'habits possible pour tenter de se préserver de la chaleur. Mais lui grelottait presque. Était-ce là la manifestation physique de la mélancolie ? Ou alors...

De la chaleur ?

Il baissa son regard et vit que les graciles mains de Psychée enveloppaient la sienne. Elles étaient étrangement chaudes, à moins que ce ne soit les siennes qui soient inhabituellement froides. La douce pression qu'elles effectuait eu pour effet de chasser l'air glacial qui l'environnait. Levant les yeux, il regarda droit dans ceux de la jeune fille. Elle parla.
En effet, il n'en trouverait pas de semblable. Mais il en trouverait par paquet de cent des histoires qui commencent bien et qui finissent mal. Il n'y avait qu'à gratter un peu là croûte de bonheur apparent qui enveloppe chaque personne pour se rendre compte que le malheur est partout. Ce malheur que chacun cherche à dissimuler du mieux qu'il peut toute sa foutue vie. Mais lui, Magellan, il avait réussi à faire disparaître ce malheur de son âme. Telle une addiction dont-on parvient enfin à décrocher. Mais dès lors, il suffit d'une dose et on replonge de manière encore plus brutale.

Sans pour autant lâcher sa main, Psychée changea de place pour venir se placer à coter de Magellan. Approchant prêt du sien, elle se mit à chanter, d'une voix basse mais sure.
Le son qui sortait de sa gorge était beau, puissant. Le ton ne permettait pas d'avoir le moindre doute quant à l'importance de cette chanson pour elle. Même s'il ne comprenait pas le moindre traître de mot de français, il sentait les paroles se répercuter de toutes leurs forces dans son corps et son âme.

Dans son refuge intérieur, Magellan voyait parfaitement les murs qui vibraient sous la force des paroles et de l'émotion. Et, ne faisant qu'un avec la voix, ils se fortifiaient. Il regarda dans un coin et vit la masse informe et grouillante de son Démon. Cette dernière semblait se recroqueviller sur elle même, désirant plus que tout échapper aux vibrations qui emplissaient désormais son esprit.
Fermant les yeux, il se laissa enivrer par chaque note qui parvenait à ses oreilles. Quand finalement sa bouche se referma sur le dernier son, celui-ci resta suspendu dans l'air quelques secondes, avant de disparaître gracieusement, comme emporté par une douce brise de printemps.

Puis le silence revint dans son esprit et autour d'eux.

Il ouvrit ses paupières et regarda Psychée, toujours proche de lui. Il n'avait plus froid.


C'est magnifique. Tu es sûre que tu n'as pas découvert un sixième pouvoir qu'octroi Terrae ? La Voix. - dit-il doucement - Ce que tu viens de faire est bien plus évocateur que n'importes quelles paroles qui auraient pu être dites. Malheureusement je ne peux te rendre la pareille, mes compétences en chant sont relativement médiocres.

Par contre...


Il jeta un regard circulaire sur la salle du bistrot. Des tables, des chaises, des gens qui consommaient de manière plus ou moins joyeuse, un serveur fatigué... Et dans un coin ce qu'il cherchait. Il se leva sans dire un mot et s'approcha du piano droit qui prenait la poussière dans un coin. Tirant le tabouret à lui, il s'assit en face de l'instrument. Le vernis du bois était craquelé à plusieurs endroits et des tâches sombres parsemaient le clapet. Cela ne faisait aucun doute qu'il servait plus d'objet de décoration et de repose verre que d'instrument.
Délicatement, Magella souleva le couvercle. Les touches d'ivoires étaient jaunis par le temps. D'une main assurée, il fit courir sa main droite le long d'une gamme et s'étonna qu'il ne soit pas désaccordé. Un imperceptible sourire lui vint aux lèvres, comme s'il venait de retrouver un vieil ami depuis trop longtemps perdu de vue.

Sa main gauche se leva à son tour et vint se poser sur le clavier, et alors la valse commença. La mélodie monta, emplit la pièce de sa chaleur et de son message. Courant sur le clavier gracieusement, ses longs doigts donnaient l'illusion de se mouvoir par leur propre volonté. Yeux clos, Magellan se laissait porter par la faramineuse impression de liberté que le produisait se moment.
Milles et unes couleurs s'entrechoquaient dans sa tête et le spectacle qu'il avait devant lui était bien plus beau que n'importe quelle oeuvre d'art. Ce que l'imagination produit est toujours bien plus aboutit que la réalité, au dépend du rêveur parfois.
Lorsque il leva ses mains pour ne plus les reposer, et que le son produit produit par la répercussion des marteaux sur les cordes s'estompa, il se retourna vers Psychée.

La salle autour d'eux s'était tu. Ne prêtant aucune attention à ceux qui le regardait, il ferma tout aussi délicatement qu'il l'avait ouvert le clapet de l'instrument, se leva et s'installa de nouveau en face de la jeune fille. Il n'avait pas dis un mot que déjà le bruissement des conversations qui reprenaient leurs cours emplissait la salle de nouveau.


Ainsi, j'espère que nous sommes quittes en terme d'émotions données.

Peut être pour la première fois depuis qu'il avait adressé la parole à cette jeune fille si spéciale, Magellan lui montra un véritable sourire, franc et emplis de gratitude.


Piano:
 
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Lun 25 Juin 2012 - 20:17
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J'eus soudain peur que la chanson lui déplaise avant de me rappeler qu'il ne comprenais sans doute pas les paroles...

C'est magnifique. Tu es sûre que tu n'as pas découvert un sixième pouvoir qu'octroi Terrae ? La Voix. Ce que tu viens de faire est bien plus évocateur que n'importes quelles paroles qui auraient pu être dites. Malheureusement je ne peux te rendre la pareille, mes compétences en chant sont relativement médiocres.

La Voix.... Un pouvoir magnifique. Dans la vie, j'aurais tout donné, absolument tout. Sauf ma voix. Ça lui avait plu... j'étais touchée sans le laisser paraître. Profondément touchée.

Par contre...


Magellan se leva pour aller jusqu’à un vieux piano poussiéreux positionné dans un coin de la pièce et qui avait juste l'air de servir de décoration... Il souleva le couvercle avec douceur. Puis il se mit a jouer. Tout le monde se tu, la musique, la valse, emplissait la pièce, se répercutant dans chacun de ses coins pour converger vers moi. C'est ce que je ressentais. Jamais personne n'avait joué pour moi, jamais personne ne m'avais donné autre chose qu'un présent matériel et je compris que cette musique valait mieux que tous les cadeaux du monde.
Elle me bouleversa, me remplissant de tout, de tristesse, d'espoir, de vie mais aussi de mort. Et ce fut le visage de ma soeur, Ellie qui m'apparut. Son beau visage souriant et parsemé de taches de rousseurs...Une larme coula sur la table, c'était à mon tour de pleurer...
La dernière note résonna dans la salle et dans mon coeur, elle resta comme suspendue puis fut estompée par le bruit des conversation. mais elle ne disparut pas pour moi, elle ne disparaîtrait plus jamais pour moi.
Magellan ferma le couvercle, se le va et s'assit en face de moi.

Ainsi, j'espère que nous sommes quittes en terme d'émotions données.


Il me sourit. mais franchement ce coup ci, son sourire disait "merci"...
Et ce merci fut le seul mot qui sortit de ma bouche a moi tandis que j'essuyais mes larmes.
Mon esprit n'était plus clair même si je tenais assez l'alcool, a cause de mon passé durant lequel je ne m'étais pas gênée pour boire... Je m'emparais de mon porte-monnaie pour poser sur la table un gros billet, sans doute plus que ce qu'il aurait fallut.... Mon compte en banque n'avait jamais été aussi plein que depuis ma disparition et j'avais battu les records de vente, disques, produits dérivés, tout avait été multiplié!

-Sortons, j'ai légèrement faim et j'ai repéré un restaurant chic comme je les aime pas loin.... je t'invite...

Je sortis de l'établissement, non sans avoir fini mon verre pour m'engouffrer, accompagnée de Magellan, dans la rue désormais sombre et éclairée par quelques lampadaires. Il n'y avait pas beaucoup de circulation.

-Je te remercie vraiment pour ce que tu as fais, au piano.... C'était magnifique, tu m'as fais voyager dans le passé.... Tu m'as rappelé ma soeur... Ellie. Elle est morte dans un accident de voiture en Inde il y a un ans... C'était elle qui m'aidais a....


Je fus coupée dans mon élan par un flash dans la nuit. Je mis quelque temps avant de savoir ce que c'était. Je n'avais plus cette habitude et je pensais qu'ils ne m'avaient pas encore retrouvée. Mais les paparazzis étaient tenaces. Très tenaces. Un autres flash crépita dans la nuit, il y en eu bientôt cinq ou six. Pas la peine d'essayer de les éviter, c'était peine perdue... Ils ne s'arrêteraient qu'une fois que nous serions entrés dans le restaurant...
Magellan me jeta un regard interrogateur.

-Ce sont des paparazzis... Je pensais qu'ils m'avaient lâchée mais apparemment non, ils m'ont retrouvé vite... Demain nous serons en première page de tous les magasines people du monde... Et tu seras présenté comme mon nouveau copain. Je vois déjà les titres: "Psychée Chimerick se balade au Japon en compagnie d'un mystérieux inconnus...." ou un truc du genre... Peut être quelque chose de plus osé... Désolé de t'infliger cela...

J'avais dis ça en accélérant le pas, légèrement aveuglée par les flashs . Je le pris soudain par le bras pour le tirer dans le restaurant que j'avais repéré... Ouf... Ils n'étaient plus la.
C'était vraiment restaurant chic, très chic... Un homme nous fit asseoir dans un coin du restaurant. Les gens parlaient bas et un homme jouait du piano dans un coin. décor sobre et chic, lumière tamisée, ambiance calme. L'endroit n'était pas impersonnel comme certains restaurants gastronomiques....
Je m'assis, et il fit de même .

-Tout a l'heure je t'i dis que ma soeur était morte et qu'elle m'aidais.... Avant que les flashs ne crépitent... Hé bien, il y a une chose qu'il faut que je t'avoue... Tout a l'heure je t'ai dis que j'étais pas du genre a coucher avec un homme au premier soir ou un truc du genre. J'ai mentis. Maintenant ça a changé mais a l'époque je n'étais pas une sainte, quand j’étais encore sur scène, ma soeur m'empêchais de faire n'importe quoi, elle surveillait les magazines people et m'appelait pour m'engueuler dès que je dépassait les bornes... J'étais donc relativement sage. Elle est morte lorsque j'avais presque dix-sept ans. Tu n'imagine pas ce que peut faire une fille d'a peine dix-sept ans quand elle fait partie des filles les plus riches du monde et qu'elle est l'objet de toutes les convoitises. Les hommes me voulaient pour mon corps et les femmes ne désiraient que me ressembler, je couchais avec n'importe qui, je suis sortis avec des acteurs connus et mon agent ne me disait rien, j'étais devenue un modèle de débauche, je menais la vie que personne n'osait mener mais que chacun désirait au plus profond de soit... Au début je ne sortais qu'avec des gens de mon age mais a mes dix-huit ans je me suis mise a sortir avec des hommes de trente six ans... Le double de mon age. Et je prenais de la drogue. Héroïne, mescaline, coke, j'ai touché a tout. C'est la seule chose que mon agent m'interdisait. J'ai finis par arrêter, c'étais ça ou ma carrière... Mais c'étais dur. Tout ça pour te montrer combien la mort de ma soeur m'a atteinte... Je serais pas devenue ce que je suis sans elle, a vrai dire je serais plus la sans elle, a chaque fois que je voulais faire une connerie je pensais a elle et je ne la faisait pas.... même morte elle m'a empêché de faire bien des choses.... C'est comme si elle était encore la... Elle est encore la...


J'étais troublée d'avoir dis tout cela, c'était l'alcool ça! Mais j'avais aussi légèrement peur de ce que pouvait penser Magellan de moi désormais... Allait-il me voir comme une fille facile? Une vulgaire starlette? Une toxico?
Un homme amena enfin la carte du restaurant, je me penchais dessus pour qu'il ne voit pas mon trouble...




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Dernière édition par Psychée Chimerick le Lun 9 Juil 2012 - 19:51, édité 1 fois
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Mar 26 Juin 2012 - 16:49
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Il ne s'attendait pas à cela. S'il avait bien versé une larme après avoir raconté son histoire, il ne s'était pas douté que sa musique allait avoir un tel effet sur Psychée. Plongeant la main dans l'une des poches de son pantalon, il essaya d'y trouver un mouchoir. Mais alors qu'il relevait la tête pour tendre le carré de tissu à la jeune fille, cette dernière c'était déjà relevée. Son expression montrait qu'elle souhaitait bouger de cette endroit.
Cette idée n'était en soit pas déplaisante pour Magellan, qui lui aussi commençait à se lasser de la salle du bistrot. Il avait trop bu, ça c'était sur. Mais en plus, les murs lui donnait à présent un sentiment d'enfermement. Trop de choses difficiles avaient été dites entre eux, cela s'en ressentait.

La jeune fille posa sur la table, au milieu de la dizaine de verres vides qui trônaient, un billet bien plus élevé que le prix total de ce qu'ils avaient consommé. Mais il ne dit rien, même si la galanterie aurait dû l'obliger à reprendre cet argent et à tout payer lui même. Mais s'il avait compris quelques traits de caractère de Psychée, c'était bien qu'elle ne se laissait pas faire de la sorte. Il était par ailleurs assez sur que faire cela serait passé à ses yeux pour un affront.
Un comportement d'homme machiste en quelque sorte, qui ne supporte pas l'idée qu'une femme ait plus d'argent que lui. Cette petite pensée fit sourire Magellan intérieurement. La jeune fille parla, elle avait, soit. Elle avait repéré un restaurant chic, pourquoi pas. Elle l'invitait ? Tant mieux ! S'il y avait bien quelque chose que notre ami ne refusait jamais, c'était de manger.

Elle passa devant lui pour sortir du bistrot. Non s'en avoir fais un signe de salut au jeune serveur qui les avait servi sans faillir, il resta à ses talons. Il faisait à présent nuit sur la ville, une brise fraîche et lourde de senteurs vint lui caresser le visage. Ils se trouvaient non loin du parc, et les capiteuses odeurs de fleurs parvenaient jusqu'à eux. Étourdissant, cela était ce que Magellan appelait le parfum de l'été. Mais il n'eut pas le temps de savourer ce moment de calme qui régnait dans la rue. Quelques secondes après avoir mis le pied dehors, un crépitement se fit entendre et tout de suite après un éclair jaune l'éblouit. Puis un autre, puis encore.
Portant sa main en visière devant ses yeux, il chercha du regard le visage de Psychée pour tenter de comprendre ce qui était entrain de se passer. Il vit les lèvres de cette dernière remuer, mais le son ne parvint pas jusqu'à ses oreilles, ensevelit sous l'avalanche de crépitements produits par les appareils.

Il senti pour la seconde fois de la soirée la douce main de la jeune fille qui saisissait la sienne. De manière bien plus ferme cette fois, il se laissa entraîner dans une direction inconnue. Les photographes se déplaçaient comme un seul et même troupeau. Il parvint à comprendre certaines de phrases que lui disait Psychée.
Alors comme ça, elle était réellement quelqu'un de célèbre. Ou de malchanceuse, cela dépendait du point de vue. Se faire traquer de la sorte, même au Japon, à des milliers de kilomètres de son pays natal, c'était la une tare bien dure à porter. Regardant de nouveau de côté, avec comme simple résultat de se prendre un nouveau éclair dans les yeux, Magellan faillit se prendre la porte du restaurant que Pyshcée venait de pousser.

Une fois à l'intérieur, le bruit des appareils photographiques se réduisait, jusqu'à disparaître. Magellan se massa les yeux quelques secondes. Des tâches sombres apparaissaient devant lui... Si c'était cela le quotidien d'une célébrité, il n'était pas mécontent d'y avoir échappé. Relevant la tête, il détailla le lieu pendant que la jeune fille discutait avec le maître de salle, apparemment habituée à venir dans ce genre d'endroit.
Ce n'était pas le cas de Magellan, qui s'émerveillait de la beauté de la salle. Tout était à la fois de bon coup, sobre, mais l'ensemble faisait qu'il régnait une ambiance de calme dans la pièce. Tellement calme que même les conversations des gens ne faisaient pas plus de bruit qu'un bourdonnement. Seul la douce musique jazzy du pianiste se faisait entendre. Après un signe, il suivit la jeune fille et le maître de salle jusqu'à une table dans un coin de la salle, non loin de la musique.

A peine venaient-ils de savoir, que Psychée commença à parler. Disant des choses que l'on ne raconte pas à quelqu'un que l'on connait seulement depuis quelques heures. Mais il s'était tellement livré lui aussi, cela faisait qu'ils se connaissaient désormais plus que deux personnes ayant discutés de la pluie et du beau temps pendant une semaine.
Sa jeunesse de starlette, sa soeur. Les excès dû à la mort de cette dernière, mais aussi son fantôme qui l’empêchait de faire les plus grandes bêtises. La drogue, les hommes. Il ne manquait plus que l'alcool dans ce tableau. Il la laissa parler s'en l'interrompre, se demandant qu'est ce qu'il aurait fait si sa petite Ève avait grandi de la sorte... Si elle avait pu grandir de la sorte.

Prenant la carte noire que lui passait un serveur, Magellan la posa sur la table et fixa les yeux violets de Psychée. Il pouvait lire dans son regard qu'elle attendait une réponse, même si elle n'avait posé aucune question. Mais lui, que devait-il dire ?
Il n'allait pas lui dire que c'était bien fait pour elle, qu'elle n'avait pas à attendre mieux avec un tel comportement de fille de joie. Mais il n'allait pas non plus lui dire qu'il comprenait tout ce qu'elle avait vécu, car ce n'était pas vrai. A vrai dire, il s'en foutait de tout ce que sa vie de starlette avait pu lui faire faire.

Ce qu'il trouvait à la fois tragique et passionnant, c'était bien la seule chose qu'il pouvait comprendre. La perte de l'être aimé.

Hum... Je ne veux pas te vexer, mais je ne peux pas vraiment comprendre comment fonctionnait cet univers qu'est la célébrité. Par contre, je peux comprendre ce que tu ressens vis à vis de ta soeur. Depuis que Ève est morte, j'ai souvent l'impression qu'elle est là, quelque part. Et qu'elle me regarde, sans me juger. Ainsi, je sais que tout ce que je fais, en bien et en mal, je le fais pour elle.

Il marqua une pause, jetant un regard au pianiste qui n'avait cessé de jouer sa mélopée. A la fois entraînante et emprunte de mélancolie. Reportant son obscur regard vers Psychée, il reprit.

Moi aussi j'ai fais quelques conneries juste après sa mort. Mais Terrae est venue me chercher. Je ne peux pas dire que tout va mieux désormais, mais la pente se fait moins raide. Même si je n'arrive pas encore à voir la finalité de tout cela...
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Dernière édition par Magellan K. Gray le Mar 26 Juin 2012 - 18:49, édité 1 fois
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Mar 26 Juin 2012 - 18:08
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Hum... Je ne veux pas te vexer, mais je ne peux pas vraiment comprendre comment fonctionnait cet univers qu'est la célébrité. Par contre, je peux comprendre ce que tu ressens vis à vis de ta soeur. Depuis que Ève est morte, j'ai souvent l'impression qu'elle est là, quelque part. Et qu'elle me regarde, sans me juger. Ainsi, je sais que tout ce que je fais, en bien et en mal, je le fais pour elle. Moi aussi j'ai fais quelques conneries juste après sa mort. Mais Terrae est venue me chercher. Je ne peux pas dire que tout va mieux désormais, mais la pente se fait moins raide. Même si je n'arrive pas encore à voir la finalité de tout cela...

Je souris, personne ne pouvait comprendre un univers aussi absurde que la célébrité, c’était le seul endroit ou tous les préceptes moraux instaurés par l'être humain disparaissaient pour ne laisser lieu qu'a de la débauche et a un besoin constant de popularité et d'argent. C'était la lois de la jungle, le plus fort domine. Et j'étais dans les plus fortes.
Pour ce qui était de Ellie et de sa mort, je sentais aussi parfois qu'elle était la, près de moi et qu'elle surveillait chacun de mes gestes. Mais je ne lui dédiais rien , elle n'était pas une entité sacrée, juste un souvenir brumeux qu'on désire oublier...

-Je suis heureuse que tu ne me vois pas comme une starlette après ce que j'ai dis... C'est ce que les gens ont tendance a juger, c'est pour ça que j'évite de raconter ça a n'importe qui. Mais tu n'es pas n'importe qui. Pour ce qui est de l'univers de la célébrité, personne ne peut le comprendre, il est purement et simplement incompréhensible... Comment expliquer... Imaginons moi tel que Dorian Gray -tu as lu ce livre non?- mais un Dorian Gray avec encore plus de puissance et d'argent... Mon agent était Lord Henry, beau parleur, manipulateur, qui élève la débauche et le plaisir au rend d'art. Je me suis laissée manipuler, tantôt guidée par mon Lord Henry et tantôt guidée par mes propres envie... C'est une étrange comparaison mais c'est a peut près ça, mettez un jeune homme d'une beauté superbe au main d'un bon manipulateur et il en fera une marionnette... Surtout si le milieu dans lequel il vit est propice à la débauche...

Je ris a cette comparaison, imaginer mon agent tel que Lord Henry était assez drôle, et me figurer en Dorian Gray moderne n'allait pas pour me déplaire. Puis je pris un ton plus grave, je ne parlais jamais de Ellie a la légère.

-J'ai aussi l'impression que Ellie est la, dans mon esprit. Mais je ne fais rien pour elle, je tente désespérément de l'oublier, elle qui me hante. Elle était mon ange gardien lorsqu'elle était vivante, mais maintenant, je n'ai plus besoin d'ange gardien. J'en ai marre de mettre mon avenir sur les bras des autres, je préfère miser sur la simple chance, pas sur quelqu'un, mort ou vif. Je n'ai pas vraiment de chance.... Enfin, ça dépend pour quoi, j'ai eu de la chance de réussir a me faire connaitre parce que, malgré tout, ce milieu me plaisait avant que je ne fasse trop de conneries, mais après la chance a tournée en ma défaveur... Maintenant je ne sais plus trop ou je vais, je suis bien a Terrae mais je ne sais pas quoi faire. J'ai un passé trop lourd pour être oublié mais, en même temps, je n'ai pas envie d'y repenser. Quand je repense a ces années de débauche, la Psychée que je vois ne me ressemble plus, comme si ce n'était plus moi. Je ne renie pas ce que j'ai fais, je ne regrette pas non plus mais je suis troublée de savoir ce que je suis capable de faire, jusqu’à ou je peux aller...

Je me plongeais dans la lecture de la carte, j'avais parlé avec rapidité, comme si je parlais pour moi, seulement pour moi. Je m'ébrouai, l'alcool me montait à la tête et j'avais du mal a me concentrer sur la carte. Avant de choisir a manger, j'allais choisir a boire, car même au restaurant la soirée n'était pas finie... Je parcourais la carte des vins à la recherche d'un vin rare pour opter finalement par une bouteille que j'affectionnais tout particulièrement... Un Vosne Romanée Cors Parentoux de 1985... Ça ferais parfaitement l'affaire... Je commandais ça au garçon de salle qui nous apporta la bouteille de façon quasi religieuse.
Sitôt servie, je reportais mon attention sur la carte, les ailes de raies au beurre de framboise attirèrent mon attention. C'est ça que j'allais commander.
Puis, soudain, sans que je m'y attende, quelque chose dans les paroles de Magellan attira mon attention. Il n'avait quasiment jamais mentionné sa femme, c'était toujours de sa fille qu'il parlait et il avait même dit que le nom de la femme auquel il avait été marié importait peut... Je ne pus m'empêcher de lui faire la remarque...

-Magellan... Heu... c'est assez délicat mais... Un point me trouble dans ce que tu dis... Tu parle beaucoup de ta fille mais... jamais de ta femme... Pourquoi?

Aïe, j'avais surement manqué de tact sur ce point la...
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Mer 27 Juin 2012 - 10:56
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Il n'était pas n'importe qui ? Malgré la situation dans laquelle il se trouvait, ses paroles ne manquèrent pas de flatter l’ego de Magellan. Sûrement comme la plupart des gens, il aimait entendre dire qu'il était "spécial", qui pouvait "comprendre" des choses difficiles. Même la part la plus terre à terre de son esprit lui répétait qu'il n'était qu'un homme comme les autres. Cette petite partie de lui même, il l'avait baptisé Esclave. Tel l'esclave qui tenait la couronne de laurier de César lorsque ce dernier paradait devant le peuple et ses troupes; et qui lui susurrait dans l'oreille "N'oublies jamais que tu n'es qu'un Homme".
Voilà, que ce sot Psychée ou lui, ils ne restaient que de vulgaires êtres humains. Leurs histoires respectives pouvaient entrer en résonance de part leurs similitudes. Mais pour le commun, elles n'étaient pas plus différentes que des millions d'autres. A la différence, notable, qu'elles avaient conduit leurs deux protagonistes à Terrae. Et que cela, quoi que l'on dise, n'était pas banal.

Il allait ouvrir la carte lorsque les paroles de la jeune fille attirèrent son attention. Elle était Dorian Gray ? Ce jeune imbécile ? Et son manager était Lord Henry, la personne qui avait le mieux compris comment fonctionne son Monde. Métaphore intéressante, pour dire au final qu'elle avait laissé ses pulsions la dominer. Et quand ce n'était pas elles, c'était son agent qui la poussait dans le vice, ce dernier ne devant y voir qu'une sorte d'aboutissement dans la vie.

Du moins n'as tu pas eu la même fin que ce pauvre Dorian. Murmura-t-il, un petit sourire en coin.

Il ne savait pas si elle avait entendu ce qu'il venait de dire. Il allait de nouveau reporter son attention sur la carte, mais Psychée reprit aussitôt la parole. Levant les yeux vers son visage, il constata que ce dernier c'était durcis. Une brume flottait sur ses beaux yeux violets, ses lèvres étaient crispées et jusqu'au ton de sa voix s'était fait plus dur.
Et elle parla de son ressenti vis à vis du fantôme de sa soeur. Elle n'avait plus besoin d'Ange Gardien ? Ce n'était pas à elle d'en décider de la sorte. Si elle comptait pour elle autant qu'elle le disait, dans ce cas, elle serait obliger de vivre tout sa vie avec elle. Pas forcément telle une ombre pesante, mais telle un souvenir. Un souvenir du passé, lui permettant d'aller de l'avant. C'est ce que ressentait Magellan quand il pensait à sa fille défunte. Elle était là, entraînant son lot de regrets. Mais de plus en plus, les regrets faisaient place à de l'espoir. Espoir d'avancer dans ce Monde et, peut être, d'arriver à faire quelque chose qui le rende aussi fier que sa petite Ève.

Quand la jeune fille eut fini de parler, ses traits se radoucir et elle se plongea dans l'étude de la carte. Magellan la regardait, ne sachant pas quoi dire. Que pouvait-il dire d'ailleurs ? Lui ne souhaitait pas oublier ses démons, il souhaitait les rendre moins menaçants pour pouvoir cohabiter avec eux. Elle souhaitait les voir disparaître, ce qui, de son point de vue, était impossible. A court d'idées, il se plongea lui aussi dans l'étude de la carte.
Tout ce qui était proposé sur le jolie papier en lettre d'or lui donnait envie. Il venait de se rendre compte que toute cette discussion depuis le bistrot lui avait donné faim. Mais que choisir ? Il n'était jamais rentré dans un restaurant tel que celui-ci et tout lui faisait envie. D'un furtif coup d'oeil, il regarda Psychée, essayant de voir si elle avait déjà fait son choix. Car oui, notre ami était totalement incapable de faire un choix sur un menu s'il ne savait pas ce que prenait les autres. Mais rien sur le visage de cette dernière ne permettait de le dire. Il pouvait seulement se rendre compte grâce à la couleur légèrement rosée qui lui montait au joues qu'elle avait un petit peu trop bu.
Mais cela ne semblait pas être un problème pour la jeune fille qui, sans ciller, commanda un bouteille au serveur dédié à leur table. En entendant le nom du domaine, Magellan éternua. Un si grand cru ! Et ils en avaient dans ce restaurant ! La jeune fille se rendait-elle seulement compte de ce qu'elle venait de commander de manière aussi désinvolte. Le serveur apporta la bouteille de la manière la plus délicate possible, la déboucha tout aussi précautionneusement et ce fut comme s'il venait de recevoir un sacrement qu'il regarda son verre de cristal se remplir du liquide rouge.

Il allait prendre son verre quand Psychée parla. Sa voix n'était plus dure comme avant, mais au contraire presque hésitante. Il vit dans ses yeux la même lueur d'interrogation qu'il pouvait parfois avoir quand quelque chose l'intriguait réellement.
Sa femme. En voilà un sujet qu'il n'aimait pas spécialement aborder. Il regarda de nouveau son verre, s'en saisit et après l'avoir humé, en bu une petite gorgée. L'explosion de goûts qui venait de se produire sur son palais, aussi indescriptible soit-elle, lui fit oublier pendant quelques instants la question de la jeune fille. Quand il repose son verre, alors que la dernière note de saveur venait de disparaître, il essaya de parler de la manière la plus calme possible.


Et bien. Je dois admettre que là, tu touches à un point sensible. Pour être honnête avec toi, je n'en parle jamais car j'ai oublié d'elle presque jusqu'à son visage. Quand je me suis marié avec elle, j'étais jeune, peut être trop. Ce fut sur un coup de sang. Peu de temps après, Ève venait à la vie et dès lors, si mon amour pour elle ne faisait que croître de jour en jour, mon intérêt pour ma femme ne faisait que diminuer de jour en jour.

Il marqua une pause. Au fond de lui même, ce qui l'effrayait le plus était de constater que même en disant cela, il ne ressentait pas le moindre remords.

Cela va paraître idiot, mais j'avais parfois l'impression que ma petite fille aspirait tout mon amour et qu'il ne restait pour ma femme que de l'amitié, voire parfois de la tendresse. Mais rien de plus. Mais je restait avec elle, car elle aussi aimait Ève. De toute son âme, de la même façon, ça je le savais.

Il s'arrêta une nouvelle fois pour boire une autre petite gorgée de vin.

Et ainsi nous avons vécu presque six ans. J'ai compris rapidement que mon attitude envers elle la faisait souffrir. Et j'en suis encore désolé. Mais de mon côté, je m'en fichais quelque peu.

Sa voix se fit plus basse, presque comme un murmure. Il ne regardait plus Psychée, mais le liquide dans son verre qu'il faisait tourner lentement dans son verre. Fixé dessus, on aurait pu croire qu'il avait un effet hypnotique.

Le plus pathétique dans cette histoire, c'est que le jour de l'accident, je n'ai même pas versé une larme pour elle. Pourtant, elle reste celle qui me permit de tenir dans mes bras Ève. Sans elle, jamais je n'aurai connu le bonheur. - Puis, encore plus doucement. - Comme quoi, je reste un Humain comme les autres. Égoïste, égocentrique et dont la seule capacité intrinsèque est de réussir à faire du mal à l'une des seules personnes qui m'aimait réellement.

Il reposa son verre, fixant toujours le sombre liquide. Un léger sourire triste c'était dessiné sur son visage, le rendant emprunt d'une infinie mélancolie.
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Ven 29 Juin 2012 - 15:13
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Et bien. Je dois admettre que là, tu touches à un point sensible. Pour être honnête avec toi, je n'en parle jamais car j'ai oublié d'elle presque jusqu'à son visage. Quand je me suis marié avec elle, j'étais jeune, peut être trop. Ce fut sur un coup de sang. Peu de temps après, Ève venait à la vie et dès lors, si mon amour pour elle ne faisait que croître de jour en jour, mon intérêt pour ma femme ne faisait que diminuer de jour en jour. Cela va paraître idiot, mais j'avais parfois l'impression que ma petite fille aspirait tout mon amour et qu'il ne restait pour ma femme que de l'amitié, voire parfois de la tendresse. Mais rien de plus. Mais je restait avec elle, car elle aussi aimait Ève. De toute son âme, de la même façon, ça je le savais. Et ainsi nous avons vécu presque six ans. J'ai compris rapidement que mon attitude envers elle la faisait souffrir. Et j'en suis encore désolé. Mais de mon côté, je m'en fichais quelque peu.Le plus pathétique dans cette histoire, c'est que le jour de l'accident, je n'ai même pas versé une larme pour elle. Pourtant, elle reste celle qui me permit de tenir dans mes bras Ève. Sans elle, jamais je n'aurai connu le bonheur. Comme quoi, je reste un Humain comme les autres. Égoïste, égocentrique et dont la seule capacité intrinsèque est de réussir à faire du mal à l'une des seules personnes qui m'aimait réellement.


Je le regardais avec étonnement, puis, un léger sourire flotta sur mon visage, un sourire franc. Je n'étais pas dégoûtée par ce qu'il venait de dire, aussi terrible que ce soit... Le fait que l'amour qu'il avait eu pour sa femme soit passé en sa fille et qu'il n'ai pas pleuré pour elle ne me faisait ni chaud ni froid. Je ne jugeais jamais et j'avais toujours pensé que toute personne intelligente était hors de toute morale... C'était mon cas et le siens, apparemment. Il avait prononcé sa dernière phrase très doucement, juste pour lui. Mais je l'avais entendue, c’était cette phrase qui attirait mon attention. Magellan me plaisait de plus en plus, il était étonnant, singulier, marginal et drôle à la fois et je savais que cet homme n'avait pas finit de m'étonner. A vrai dire, j'étais captivée par lui. Il se qualifiait de simple humain mais j'avais une vision assez personnelle du terme d'humanité...

-Je ne pense pas que l'humanité ai quelconque rapport avec ce que tu qualifie d'égoïsme... Non, le principe d'humanité n'est qu'un prétexte pour ramener tout le monde au même rang, un prétexte idiot pour alléger la culpabilité de ceux qui jugent être mauvais. Je pense que se dire que l'humanité est égoïste et qu'on lui est semblable est juste la preuve qu'on assume pas cet égoïsme. Pour ma part, je pense que ce qu'on nomme égoïsme est juste psychologique, je m'explique: je pense que certaines personne font plus attention aux autres qu'à eux même, ce qui en général les mènes à leur perte, je pense que ce phénomène est juste du a un fort complexe d'infériorité ou a un très fort désir de n'être plus sois. Pour les personne qui font le contraire, c'est un complexe de supériorité et une simple envie de se protéger de ce qui nous entoure, comme en s'enfermant dans ses rêves, sauf que la personne s'enferme en elle.... ce que tu qualifie d'égoïsme n'en est nullement, tu as peut être fait du mal a ta femme mais ce n'est pas par égoïsme, c'est par amour.


Cette réflexion était encore une fois sortie seule de ma bouche, je parlais trop, beaucoup trop lorsque j'avais bu...
Je portais mon verre a mes lèvres, les saveurs qui envahirent ma bouche étaient connues car je connaissais par coeur ce vin, il était supposé rare mais j'avais des relations, même habituée je ne pouvais m'empêcher d'être étonnée par tant de gout, d'odeur, tant de tout. Le gout de ce vin merveilleux me resta en bouche encore quelques temps avant de disparaître. Je buvais doucement et à petites gorgées pour mieux savourer...
Dans son coin, le pianiste continuait de jouer doucement, mais en couvrant tout de même le bruit des conversations. Mais sa musique ne m'atteignait pas, j'étais dans ma bulle avec Magellan et tout ce qui pouvait venir de l’extérieur était pour moi incongrue et dérangeant...
Quand mon téléphone sonna, ce fut dérangeant. Encore plus dérangeant quand, en lisant le nom de celle qui m’appelait je me rendis compte que c'était ma mère.

-Oh, c'est ma mère, ça fais trois ans je crois qu'on ne s'est pas parlé. Je reviens, je vais au toilette pour lui parler... Je ne serais pas longue. Choisis vite ce que tu veux prendre car ils sont surement long a préparer les plats... Remarque, on a tout notre temps....


Je me levais donc pour me réfugier aux toilettes avant de m’apercevoir que j'avais vraiment trop bu.... l'abus d'alcool qui assise se caractérisait par un manque de concentration et une faculté a parler trop vite devenais une fois debout une difficulté a marcher droit et a ne pas tomber, je du, sous le coup de la surprise, me raccrocher à ma chaise... J'adressais un sourire a Magellan avant de décrocher mon téléphone pour me diriger vers les toilettes de façon plus ou moins hésitante.

La voix de ma mère me rappela combien je la haïssais, contrairement a ce que je pensais, elle fut gentille et douce avec moi. Elle avait une nouvelle a m’annoncer, bien, bien, quelle annonce.
Elle annonça.
Je fus scotchée par la nouvelle, c'était étrange et irréaliste. Pas triste, non. juste choquant. En fait, j'étais plutôt contente.
Je raccrochais immédiatement au nez de ma mère pour ranger mon portable avant de rester quelques instants en suspend devant le miroir. Les toilettes étaient très classe et aussi sobre que le restaurant et ornée d'un grand miroir design. Le reflet de moi que le miroir renvoyait était assez plaisant. L'alcool avait rougit mes pommettes et fait pétiller mes yeux violets, leur couleur avait, comme d'habitude légèrement changée, elle était devenue moins clair et plus profonde comme souvent sous l'effet de l'alcool, j'avais les yeux qui changeaient en fonction de beaucoup de choses: du moment de la journée, de la consommation de drogue, d'alcool... Mais j'avais aussi les cheveux emmêlés par la soirée, ils rebiquaient en de gracieux épis en me donnant un air un peut plus naturel...
J'arrêtais de contempler le miroir pour revenir a la réalité. J'étais légèrement retournée par la nouvelle et Magellan m'attendait. Je fis demi tour d'une démarche rendue légère mais hésitante par l’alcool.
Je m'assis à la table sans sourire, a vrai dire, j'étais partagée. Choquée mais pourtant heureuse et légèrement choquée d'être heureuse.

-Tu as une cigarette? demandais-je a Magellan, me souvenant qu'il disait aimer le Martini et les cigarettes. Je ne fumais que de temps en temps, le plus souvent des menthols mais j'en avais envie a ce moment.

-Mon père est mort. Dis je tout simplement a Magellan, comme pour expliquer mon envie soudaine.

Ce que je dis par la suite, je le dis pour ne pas qu'il s'inquiète.

-Mais je ne sais pas quoi penser en fait, je l'ai toujours haïs, c'était un père presque incestueux. Il ne m'a jamais rien fait mais avant que je ne parte, il me dévorait des yeux comme on dévore une friandise... Il m'a toujours empêchée de réaliser mes rêves et moi je lui ai toujours désobéis... je ne suis pas triste, c'est juste étonnant. Je pensais ce vieux con immortel.


Je lui souris.






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Heu... Salut ? [Psychée Chimerick]

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