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Ces temps qui changent | PV.
##   Lun 22 Juil 2013 - 20:40
Vladimir von Winchester
Vladimir von Winchester
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    La soirée était déjà bien entamée, alors que le ciel, illuminé d'étoiles, semblait envelopper le monde d'un voile protecteur et bienfaisant. L'air était d'une suave chaleur, alors qu'une brise plus fraîche soufflait de temps à autres, soulevant à son passage pétales et pollens qui, après quelques secondes passées en suspend, retombaient au sol, parant chaque chemin de vives et flamboyantes couleurs. Rien ne bruissait plus, alors que d'un même mouvement, le long champ ondulait sous le souffle de la nuit, comme s'accordant sur une sourde mélodie. Parfois, les accords accéléraient, et l'harmonie se rompait presque aussitôt, tout ne redevenant qu'un spectacle épars et discordant, qui avait pourtant réussi à attirer l'attention d'un spectateur.

    Immobile et comme caché dans l'ombre des arbres qui bordaient l'allée qui contournait le champ, Vladimir s'était assis en tailleur, et écoutait plus qu'il ne regardait. Chaque chose, cette nuit, semblait être à sa place, comme si rien ne devait déborder. Le vent chantait et murmurait quelques anciennes prophéties, alors que la nuit, elle, ressuscitait les morts, embrassant chaque esprit de sa bouche froide mais étrangement attirante. Les grands yeux bleus du jeune homme brillaient d'une étrange façon, alors que sur son visage aux traits délicats une expression comme résignée régnait. Il y avait, en sa figure, quelque chose d'insaisissable, comme un lourd secret inavouable, alors que l'on devinait aisément son tempérament vif et entier qui se dessinait sous des traits sauvages et racés qui, eux, balayaient cette fausse-idée de fragilité.

    Mais déjà, on le tirait de sa sourde rêverie : il entendait des pas qui s'approchaient.


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##   Lun 22 Juil 2013 - 21:24
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Je ne sortais pas la nuit. Je ne sortais pas à cette heure où tout était sombre et que je ne pouvais pas être sûre de la "protection de la masse" et de la lumière... Mais ce soir fut... Particulier.
Après avoir couché Aikô, ce qui ne fut pas une mince affaire, je plongeais dans mes études, l'envie d'apprendre étant plus forte que celle de dormir. Je restais ainsi un moment avant de me trouver irrésistiblement par l'air du dehors.
Je posais mes livres et mes crayons, enfilais un petit haut chaud et sortis. ne fois dehors je compris ce qui m'avait poussée à m'arrêter si "brutalement".
La lune illuminait le paysage, lui donnant un air magique.
L'air était frais.
Tout était calme.
Mon esprit me ramena, à la suite de mes multiples pensées, de façon tout à fait habituelle chez moi, au champ de fleur. Cet endroit qui avait le don de m'apaiser et de me détendre.

Je rentrais dans la chambre, au moment même où la petite Aikô avait décidé de se réveiller. Elle me regardait et suivait mes mouvements. Je la pris finalement dans mes bras et sortis. Elle s' agrippait doucement à moi et observait le paysage.
Nous fûmes arrivés assez vite au champ. Je me baissais pour cueillir une fleur que j'agitais doucement devant la petite.

-Elle est jolie, non?

Je souris ensuite devant son air innocent et remplit d'incompréhension. Ma route me conduisit inévitablement vers les lycoris. Je les voyais, un peu plus loin...
Persuadée d'être seule, je prenais mon temps, cueillant quelques fleurs au passage, Aikô toujours dans mes bras. Forte des rayonnements de la lune, je ne craignais ni l'absence de gens, ni le manque de clarté.
##   Lun 22 Juil 2013 - 21:48
Vladimir von Winchester
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    Déconnecté ou juste en retrait, le jeune homme se contenta dans un premier temps d'observer la jeune femme qui, dans ses bras un peu pâles et minces, tenait la vie. Cette seule image parvint à le faire sourire, alors qu'il repensait au passé, à Moscou et ses grandes rues. Il n'y avait vécu que six ans, mais pourtant, il restait convaincu que dès qu'il y retournerait, il s'y sentirait comme chez lui, comme s'il n'était jamais parti, comme si les dix-sept dernières années ne comptaient pas. Oh, la grossière erreur ! Comment pouvait-il seulement oser pouvoir imaginer que ces années ne comptaient pas ? A jamais elles l'avaient changé, lui apprenant que la vie était cruelle et que le temps, lui, était précieux. Mais aussi blessé pouvait-il être aujourd'hui, il avait appris bien plus en une soirée quand vingt-trois ans.

    L'homme était un animal. Une brute épaisse et rustre qui, parfois, se donnait des airs et prenait des manières hautaines, mimant un semblant de dignité et de conscience. Oh, que l'Homme était vil ! Désormais, Vladimir ne le savait que trop bien, et jamais il ne l'oublierait. Mais alors qu'il se perdait dans ses pensées, la voix de l'inconnue le rappela à lui. Les rayons de lune nimbaient le paysage d'argent, lui conférant un air magique. Peut-être était-il en train de rêver ? Et comme pour en avoir le cœur net, il décida de se lever et de marcher vers la jeune inconnue et la petite qu'elle tenait encore et toujours dans ses bras. Si elles s'évaporaient, alors, il reconnaitrait à regret que ce n'était qu'une illusion que son propre esprit lui avait tendu. Mais, au contraire, si elles demeuraient, il ... 'Il' quoi ? Le Germano-russe n'en savait rien, et un instant, il pria au plus profond de son âme qu'elles ne soient que rêves.

    Le bruit de ses pas était étouffé par les pétales lourdes de rosée, et il s'approchait, encore et toujours, sans faire aucun bruit, comme s'il avait été loup. Grand mais fin, sa silhouette se découpait à peine dans l'obscurité ambiante, alors qu'il était vêtu d'une chemise et d'un jean noirs. Il s'arrêta à un mètre du duo, alors qu'il se trouvait dans leur dos. Sa voix suave aux accents riches et profonds s'éleva alors dans les airs, se mêlant aux vents qui dansaient encore :

    Bonsoir, mesdemoiselles ...

    Immobile encore, seule la brise légère du soir faisait ondoyer ses cheveux. Ils étaient si noirs qu'ils prenaient des teintes corbeaux, rappelant ses grands yeux bleus à l'étrange magnétisme.    


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##   Mer 24 Juil 2013 - 2:49
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J'étais toujours accroupie, cueillant encore quelques fleurs afin d'obtenir un beau bouquet coloré. J'avais installée Aikô sur le creux que formait mes genoux dans cette position afin qu'elle soit stable, puisse voir ce que je faisais et ne me gêne pas trop à la fois. Elle ne bougeait pas beaucoup, se contentant de fixer mes mains.

J'arrachais une dernière plante, une simple marguerite. Cette fleur qu'un jour tout le monde a pu toucher et avec laquelle beaucoup de jeunes filles ont scellés leurs amours d'un temps. Du moins, cela se faisait encore à mon époque. Je me souviens de ces petits moments entre amies, à regarder les pétales tomber l'un après l'autre tout en répétant inlassablement ce qui nous semblait être une formule magique. "Un peu... Beaucoup..."
Ces pensées me firent sourires. En m'aidant de ma main je me redressais, tenant le dos d'Aikô et la calant correctement dans mes bras. De l'autre main, la droite, je tenais quelques fleurs.

-Bonsoir, mesdemoiselles ...

Je ne sursautais pas. Cela m'étonna énormément par la suite. Mais au lieu de m'inquiéter, le son de la voix m'avait intriguée. Je m'étais retournée doucement pour voir d'où provenait ces salutations...
Un homme se tenait debout. Ou alors un fantôme? Il dégageait une aura particulière, qui au lieu de m'effrayer -comme la présence d'un homme l'aurait faite en temps normal- me laissait en "contemplation"... Après quelques secondes à dévisager l'inconnu, fixant en particulier ses yeux, qui brillaient étrangement à la lueur de la lune, je balbutiais:

-B...Bonsoir.

Je fis passer une mèche de cheveux derrière mon oreille afin de stopper ses ondulations gênantes devant mes yeux.
##   Mer 24 Juil 2013 - 22:38
Vladimir von Winchester
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    Doucement, la jeune femme à l'enfant se retourna vers lui, alors qu'elle ne semblait nullement surprise de sa présence ici. Le vent jouait dans ses longs cheveux noirs, alors que dans ses yeux à l'étrange teinte rouge s'étaient posés ceux de Vladimir. Le rêve ne s'était pas évaporé comme il ne s'était brisé. Cette nuit était donc ... réelle ? Quelque chose le faisait encore douter. Il avait l'impression que dès son premier pas, que dès qu'il serait trop près, tout se ferait aspirer dans un trou noir.

    Mais ses doutes, bientôt, se dissipèrent : la jeune femme répondit à sa salutation, troublée apparemment. Cette idée déposa sur son visage aux traits fins et racés l'ombre d'un sourire, alors que son cœur était partagé. Il lui semblait qu'il avait, en cette étrange soirée, un choix à faire. Le jeune avocat pouvait mettre de côté ses peines, ses doutes et à sa rancœur pour s'ouvrir et se donner entier à cette rencontre, ou il pouvait au contraire se refermer telle une huître voulant protéger sa perle. Perle qui n'était en fait rien d'autre qu'un cœur en lambeaux.

    Belle nuit, n'est-ce pas ?

    Son ton avait changé, alors qu'une douce mélancolie semblait s'y être installée. Le Germano-russe venait de tourner la tête vers les cieux, promenant un instant son regard d'un bleu profond et intense sur l'immensité, jusqu'à y trouver la lune. Désillusion. Elle était encore là, cruelle de ses hauteurs à les narguer, eux, simples humains, tranchante de par sa luminosité, alors qu'elle nimbait chaque chose d'argent. Mais déjà, le jeune homme se reprenait, plantant à nouveau ses yeux dans ceux de l'inconnue.

    Pardon, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Vladimir & vous ? C'est votre fille que vous tenez dans vos bras ?


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##   Mer 24 Juil 2013 - 23:21
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Je regardais, d'un air toujours intrigué l'homme en face de nous. La tête légèrement penchée sur le côté, j'essayais de mettre un nom sur les choses que je voyais au delà de ses yeux.
Mais peut-être étais-ce les reflets lunaires ou encore une barrière invisible et infranchissable mais je ne perçu rien d'identifiable dans ce regard. Cependant... Il me laissait calme et tranquille, ne perturbant aucunement mon esprit. Ne m'effrayant pas non plus.

Il semblait se perdre dans ses réflexions... Un peu comme moi, très souvent. Cela me fit sourire doucement. Aikô quant à elle, le fixait de ses yeux verts d'enfant, accrochée à mon vêtement et la te calée dans le creux de mon cou.

-Belle nuit, n'est-ce pas ?

Je hochais la tête doucement et murmurais un "oui", tout en suivant le regard de l'homme.
Celui-ci observa un moment le paysage, le ciel. S'attardant un instant sur la lune. Cet astre à la lueur magique. Je ne pus m'empêcher de plonger mon esprit dedans, soupirant doucement en sentant le vent frais de la nuit souffler sur moi.

Puis je me remis à observer le personnage. Son regard bleuté revint dans le mien.

-Pardon, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Vladimir & vous ? C'est votre fille que vous tenez dans vos bras ?


Je secouais la tête avec la même douceur qu'avant et répondis, d'une voix presque chantante. Illustrant le bien-être dans lequel j'étais et mon attitude paisible.

-Ce n'est rien. Je me nomme Makiko.

Je baissais les yeux vers l'enfant.

-C'est ma fille en effet. Aikô.

Je me courbais un peu, de façon formelle et japonaise, comme à mon habitude.

-Enchantée.
##   Jeu 25 Juil 2013 - 22:17
Vladimir von Winchester
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    L'air était frais, et sa langoureuse caresse sur son visage semblait l'apaiser, alors qu'il tendait à présent tout son être vers les deux inconnues. La jeune femme ne semblait pas très bavarde, se contentant de réponses courtes. Pourtant, ce soir, cela ne lui déplaisait pas : Makiko, puisque c'était son nom, semblait aussi calme et sereine que lui. C'est donc naturellement qu'il se demandait à présent si en l'âme de la brune régnait le même Enfer que dans son cœur à lui ? Il s'en voulut presque de se poser cette question, alors qu'un rire acerbe et silencieux fit vibrer son âme. Était-il devenu comme tous ces autres, vide de tout ou plein de rien ?

    Si ce n'est pas indiscret, mademoiselle, que faites-vous là à une heure pareille ?


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##   Ven 26 Juil 2013 - 6:30
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[Hrp: Je ne peux pas rp avec toi sans te le dire. J'adore ta façon d'écrire ! Et là, une phrase en particulier ma plu "Était-il devenu comme tous ces autres, vide de tout ou plein de rien ? " C'est simple mais j'aime la tournure *_* ]


-Si ce n'est pas indiscret, mademoiselle, que faites-vous là à une heure pareille ?

Je baissais un instant les yeux au sol, sur les fleurs multicolores, courbées sous nos pieds. Est-ce que je pouvais réellement répondre "C'est la Lune qui m'a attirée". Ça serait parut trop étrange... J'aurais l'air d'une folle. Je relevais les yeux vers Vladimir en souriant légèrement.
J'allais essayer de faire une phrase concise, compréhensible et... Légèrement normale.

-Nous n'arrivions pas à dormir et l'air du dehors nous a attirées...

Je marquais un petit temps de pause avant de reprendre.

-Et l'atmosphère ici est toujours si apaisante...

Je passais le regard sur le paysage, sur les fleurs et les arbres dont les membres se balançaient doucement sous la brise fraîche.

-Et...Vous?
##   Sam 27 Juil 2013 - 19:11
Vladimir von Winchester
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    Ce lieu singulier respirait la sérénité, alors que chaque chose semblait y être sa place. Mieux encore, Vladimir ne s'y sentait pas un intrus : il avait l'impression que le champ de fleur appelait n'importe quelle âme esseulée, lui proposant de s'enivrer peut-être une ultime fois des beautés de la vie. Chaque seconde passée ici l'apaisait, alors que le 'demain' qu'on lui promettait était encore si incertain ! Une atmosphère apaisante ? C'était bien plus que cela !

    Je comprends ce que vous pouvez ressentir face à un tel endroit. Moi ? Je viens tout juste d'arriver, et je n'ai pas pour habitude de dormir la nuit ... alors j'erre en laissant mon instinct me guider, et parfois je tombe sur de sublimes tableaux, comme celui que je viens de voir.

    Ses yeux se mirent à briller d'étrange façon, alors qu'il la regardait, comme désireux de lire en elle à travers son regard de sang.


HRP : =:) merci beaucoup ! toi aussi tu écris bien ! :p


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##   Dim 28 Juil 2013 - 3:29
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Hrp: Merchi :D


Le regard de Vladimir commença à me perturber peu à peu. Il n'était pas... Pas comme ceux que j'avais pu voir avant. Il y avait dedans un mélange d'émotions à la fois froides et chaudes. À la fois belles et ternes. Un mélange se nouant et se dénouant dans ses iris bleutés.
Quelque chose de captivant, d’ hypnotisant de manière presque effrayante. Ma gorge se noua légèrement.
Je n'aimais pas particulièrement être dévisagée, encore moins par un inconnu. Mais là... C'était le fait qu'au contraire, ce regard ne soit pas pesant pour moi, qui ne me plaisait pas.

Je rougis légèrement, par gêne. J'écoutais cependant sa réponse avec attention avant de sourire légèrement. Un nouveau donc ? Il était étrange, ce n'était pas peu dire. Et il était d'un calme et d'un douceur dans son ton...
Je répondis, tout en le regardant, tête légèrement penchée sur le côté et sourire en coin.

-Quel doux compliment... Je peux vous poser une question ?

Je n'attendis pas sa réponse et repris.

-Vous ne craigniez pas la noirceur de la nuit ? Je veux dire... Il est vrai que tout est beau, calme et... apaisant mais... Ne craigniez vous pas les menaces que peut cacher tout cela ?

##   Mer 31 Juil 2013 - 18:04
Vladimir von Winchester
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    Il y avait eu, dans sa vie, un temps pour les plaisirs inachevés. Tout, à cette époque, s'offrait à lui sans réticence aucune : il n'avait alors qu'à vouloir pour avoir. Et oh, qu'il en avait profité ! Abusé, même, pourrait-on dire. Pourtant, l'implacable vérité de la vie l'avait rattrapé, et de manière cruelle. Le temps qu'il avait perdu s'était glissé entre ses doigts, lui échappant alors qu'il avait serré les poings. Il n'était qu'un homme parmi tant d'autres, et seul, il s'était attribué des pouvoirs que jamais il n'aurait dû avoir. Du jour au lendemain, le rêve s'était brisé, l'oiseau, envolé ... Ne restait de sa vie que quelques morceaux de verres plein de sang, alors qu'il se noyait dans ses propres larmes, enfermé dans une pièce sombre et froide. Mais quelque chose, au creux de ces ténèbres, avait sonné l'heure du réveil : il était temps de terminer ce qui avait été commencé ; il était temps de rendre ce que l'on avait pris. Avait-il été grandi de cette expérience ? Peut-être. En tout cas, Vladimir était aujourd'hui un autre homme, bien meilleur qu'il ne l'était. Mais est-il vraiment possible de changer du tout au tout ?

    Avant, quand je ne savais pas, peut-être m'est-il arrivé de craindre cet inconnu, ce bout de mystère. Mais aujourd'hui, tout est différent. La nuit a ses beautés et ses noirs enchantements en font partie. J'ai vu tant de douleurs et de tristesse que ...

    Il se tut un instant, détournant son regard qui avait légèrement changé de couleur. La teinte bleue s'était intensifiée, alors que quelques larmes semblaient y dessiner un voile épais et trouble. Il avait été un jour, il le reconnaissait maintenant, et il avait perdu, tant perdu ... Toutes ces choses qu'il avait cru acquises s'étaient envolées après avoir explosées au-dessus de sa vie et de son âme. Était-il seulement une 'bonne' personne ? Rien n'était moins sûr : chaque être avait sa part d'ombre, et dieu seul savait combien la sienne pouvait être immense, alors que la lune de son sourire narquois le défiait.

    ... la nuit a ce mauvais attrait qui fait pourtant battre mon cœur plus vite.



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##   Sam 24 Aoû 2013 - 0:49
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-Avant, quand je ne savais pas, peut-être m'est-il arrivé de craindre cet inconnu, ce bout de mystère. Mais aujourd'hui, tout est différent. La nuit a ses beautés et ses noirs enchantements en font partie. J'ai vu tant de douleurs et de tristesse que ...

Le silence qui suivit fut pesant. Je pinçais ma lèvre inférieure, me sentant coupable du voile étrange qui naquit dans ses yeux. Je le regardais, un moment avant de détourner le regard. Vladimir semblait absorbé entièrement par ses pensées. Sombres, il me semblait. Je ne disais rien, pour ne pas le troubler et le gêner, attendant juste qu'il finisse sa phrase, laissée en suspend.

Un frisson me parcourut. Le froid traversait le voile de mes vêtements. Je serais doucement et machinalement Aikô, pour la protéger des courants d'air. La voix du jeune homme retentit à nouveau, me faisant sursauter légèrement.

-... la nuit a ce mauvais attrait qui fait pourtant battre mon cœur plus vite.

Je ne répondit pas tout de suite. Laissant un léger silence couler encore une fois.
Je regardais le paysage, frottant doucement le dos de la petite. Ne trouvant quoi répondre. Comme si la nuit avait absorbé mes capacités à parler.

##   Ven 4 Oct 2013 - 18:17
Vladimir von Winchester
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[vraiment désolée du retard, j'ai eu comme une 'panne' d'inspiration]

    La jeune mère ne répondait rien, alors que les secondes, bientôt, devinrent minutes. Le temps, encore, glissait. Il allait, fine perle de rosée, dévalant les pentes, glissant sur les pétales pour enfin s'écraser sur le sol. Ce soir plus que jamais, rien n'était plus. Eux n'étaient que des âmes, des corps dotés d'un esprit mais qui n'étaient que de passage. Quand le sablier se serait arrêté, et qu'ils devraient se retourner sur leur vie, verraient-ils quelque chose ? Quand pour eux le départ sonnerait, quelqu'un serait-il là, à pleurer sur leur souvenir ? La jeune femme avait sa fille, peut-être aussi un compagnon. Mais lui, qu'avait-il ? Vladimir était vide, son cœur n'était pas encore prêt à s'ouvrir de nouveau : il n'était pas guéri de sa précédente blessure, et il était encore bien trop fragile. En somme, le jeune homme au visage sur lequel dansaient des ombres furieuses n'avait rien ni personne pour le regretter. Mais qu'importait. Seules les bonnes personnes étaient pleurées, pas vrai ? Et lui n'avait de place dans cette entité, lui n'était pas une bonne personne. Oh, si, bien sûr qu'il avait essayé. Mais l'on ne change pas l'essence de son être. Et la sienne était noire et visqueuse, comme ce satané pétrole sur lequel les gens pariaient, pour lequel les bourses s'affolaient.

    Plus un mot. Le vent chante. Les fleurs se courbent. La nuit s'étend. La nuit s'étale. Un voile les enveloppe. Mais il se réveille, il sort de ses pensées, s'échappe de sa mémoire et, presque brusque puisque trop pressé, il lance, comme si de rien n'était, comme si rien n'avait encore été dit :

    Vous n'avez pas trop froid ?


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##   Dim 27 Oct 2013 - 2:30
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Le silence qui c'était installé, un peu par ma faute et mon manque actuel de vocabulaire devenait peu à peu pesant. Pas gênant, non. Pesant. Le silence devenait un bruit. Un bourdonnement dans mes oreilles.
Je m'accroupis à nouveau, le poids d'Aikô forçant mon bras qui me lançait à présent. Je la posais sur mes genoux. Elle jouait encore avec sa fleur, comme absorbée par la couleur pétillante de la plante. Un jaune très particulier à vrai dire...

Je soupirais doucement, prit le temps qu'il fallait pour reposer mon bras et me redressais à nouveau. La petite princesse semblait à présent fatiguée. Elle blottit son visage dans le creux de ma nuque. Sa respiration était douce et chaude, me faisant ressentir le froid ambiant un peu plus. Je frissonnais.

-Vous n'avez pas trop froid ?


La question était sortie de nul part. Elle me prit un peu de cours, même si elle n'avait rien d'extraordinaire. Je finis par sourire doucement à l'homme et hochais légèrement la tête.

-Un peu, oui. Et vous?
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