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Le lac, là où naissent les couleurs nouvelles
##   Sam 2 Nov 2013 - 16:51
Anonymous
Invité

Fort et lumineux

Spoiler:
 

Une après-midi comme les autres, ou du moins en apparence, Hisméria n’avait pas fait grand-chose. Faut-il dire que ça ne lui ressemblait pas. De nature hyper active, l’homme ne pouvait se permettre de rester sans rien faire. Et pourtant aujourd’hui contraint par les éléments, cela lui semblait plus qu’impossible de songer à faire quoi que ce soit.

La chaleur l’étouffait comme jamais. Mais bon sang, comment pouvait-il faire aussi chaud ?
Il fallait que je sorte, d’ici. Et rapidement avant de finir sous forme de vapeur.

Le jeune homme décida donc de se rendre au lac qu’il avait aperçu en se rendant jusqu’ici. Bien sûr, il n’en a que très peu de souvenir. Qui plus est, c’était la nuit, distingué quoi que ce soit était difficile. Mais il était sur d’au moins une chose, il fera toujours plus frais qu’ici.

Hisméria marcha donc en direction de ce fameux lac, découvrant une forêt verdoyant qu’il décida de traverser.

C'est un endroit que peu de personnes connaissent. Lieu mystifié par les ancêtres. Secret de vie lumineuse. Personnification d'existence verdoyante. Alchimie naturelle, d'univers jusqu'à lors peu connu de toute source d'urbanisation. Caché au milieu de plaines ensoleillées. Qui, bordées par des villages variés, ajoutent aux paysages certaines couleurs journalières. Transcrivant les saveurs de la région. On y retrouve toute sorte d'espèce végétale. Les unes plus surprenantes que les autres.

De quoi émoustiller la totalité de vos sens. Votre vue, de par les couleurs qui s'y émanent. Votre touché du fait des formes et reliefs qu’ils s’y dégagent. Ce somptueux mélange polymorphe, paradoxe de la nature. À la fois rugueux et lisse : Imposant de par les massifs rocheux s'élevant fièrement au milieu de tant d'espace. Tendre du fait que se tiennent de légères touches féminine que l'ensemble florale a su produire. Votre odorat, si le vent reste porteur. Des touches subtiles, méconnus par la plupart de l'humanité. Et pourtant si primordiale à l'attachement pour ce lieu peu commun, se créant au contact de toutes ces saveurs. S'ajoute à tout cela, l'ensoleillement accordé à cette contrée. Comme sublimation de beauté. Celui-ci s'amusant à redonner quotidiennement du sens, de la vie et des nuances à ce petit coin de tendresse si chère à mon cœur.

De nombreuses civilisations au fil des siècles ont su écouter l'histoire que cet état pouvait leur transmettre. Soucieux du bien-être de celui-ci. Les frondaisons, comme témoins temporels. Pilier fondateur unissant à la fois passé et présent pour s'acheminer vers un futur qu'il ne craint pas.
Paisible comme cette petite rivière s'écoulant à leur pied.

Aujourd'hui tout est différent. La vision du monde a bien évolué. Et cette étendue aussi. Comme toute chose me direz-vous ? A cela, Hisméria ne répondrait qu'un « hélas » murmuré au creux d'une plaine déserte. Comme lamentation s'extériorisant de ses pupilles humides sur le sort de son existence. Il faut dire que, de nos jours, cette superficie s'est estompée. Jusqu'à presque ne plus exister.

Comme si toutes ces choses qui le caractérisaient, n'étaient qu'en faites douces illusions des songes d'une époque perdue. Ces lieux de magnificence disparurent aussi rapidement que l'essor industriel pris place. L'homme oublia qu'il était bon de s'étendre dans l'herbe et préféra courir après un destin dont il ne connaissait pas l'issue. Celui s'exerça à la folie plutôt qu'écouter l'intimité d'un monde équilibré et juste. Égocentrisme de l'espèce humaine entrainant sa perte. Se croyant au-dessus de toute chose nous entourant. La civilisation comme apocalypse. Brulée, saccagée, griffée, coupée, délocalisée, pillée, battue, torturée, abattue voir massacrée.


Ne vous méprenez pas, bien qu'ayant grandement souffert certains rescapés sont encore parmi l’immensité géographique offerte à l'espèce humaine. Il reste encore des régions qui ont su préserver cette entité si pure.


En réfléchissant à tout ça, Hisméria continuait de marcher. Plus il avançait et plus il découvrait de par des yeux émerveillés, tout un monde. Une vision de la vie dont il ne pouvait soupçonner l'existence. Un mystère, qui, une fois révélé vous paraît comme évidence. À se demander comment l'homme avait pu rester aussi longtemps dans l’ignorance, alors que tout ceci était juste là, devant vous. N'attendant qu'une chose : être à nouveau présent au creux des pensées humaines. Chaque chose avait sa place, petit cycle de vie fondant un environnement. Chaque fleur, terrier, espèce végétale, moisissure, fougère, variété endémique, espace de création formant un tout. Celui-ci, définissant l'endroit comme agrandissement d'autres espaces. Réunissant la totalité géographique d'une région. Ce schéma d'écriture se reproduisant à différentes échelles, prédéterminant la terre telle que nous la connaissons. Ou du moins, croyons la connaître.

Voyez-vous, il y a des fois, tout homme, bien qu'en général heureux, recherche certains instants de nostalgie. C'est une part entière de son bonheur. Pour pouvoir comparer, il faut posséder ce qu'on pourrait appeler un témoin. Or la nostalgie, peine et autres dérivés des dégradés sentimentaux ne sont catégorisés comme tel, simplement du fait qu'on a été un jour heureux. Que celui-ci s'est ensuite estompé pour laisser place à notre désarroi. Je ne sais pas si vous comprenez cette métaphore. Un jour viendra, vous repenserez à moi.

Hisméria détourna son regard, il put contempler un long tapis de feuilles mortes recouvrant la totalité du sol. Sous mes pas fragile, le grincement d'une vie antérieure. Si agréable comme sensation. Et tellement intime. Comment vous décrire à la perfection ce que le jeune homme ressentit à ce moment-là ? On aurait dit que mon déplacement provoqua une libération instinctive d'histoire de chacune de ces petites merveilles, délicatement agencées sur cette forme plane que peut être la terre. Preuve d'existence d'une saison qui, il n'y pas si longtemps, occupait la totalité de ce lieu aux allures celtiques. Une fraîche odeur pétillante s'érigea jusqu'à moi. À la fois emplis d'humidité et de parfum boisé. Aux petites saveurs épicées et légèrement amère. Le jeune homme se précipita au cœur de cet endroit et me posa rapidement dans l'herbe.

Ses pupilles braquées vers les cimes de longs arbres. Délicats reflets de ces touches verdoyantes et bleutées que ciel et nature s'amusaient à dessiner. Regardant les nuages se dispersant dans l'espace géométriquement parfait. Mes pensées comme ceux-ci, ne faisaient que passer, sans pour autant se fixer en lui. Sans que la nécessité d'y prêter attention se pose. Il se laissa envahir. L'intégralité de mon entité fut éprise de l'immensité m'entourant. J'étais simplement bien. Prenant place dans cet environnement. Comme intégré dans ce petit monde. Et rien ni personne n'aurait pu démentir le contraire en ce moment fondé.

Au bout d'un certain temps, un colibri caché au fond de la masse verdoyante livra à Hisméria ses complaintes majestueuses. De par son chant mélodieux, il me donna un autre aspect de l'endroit.

Plus énigmatique. Mais tout aussi intime. Hisméria n’eut besoin de l'apercevoir pour m'imaginer son doux reflet. Il me parut si somptueusement accessible. Chacun de ses arpèges enivrèrent Hisméria de joie et d’apaisement. À lui seul, il me conta sa vie. Le passage des saisons. La fugacité du vent. La joie que lui procurait l'été. La mélancolie de son départ hivernal. Son lieu de vie, qu'il affectionnait tant.

Munis d'une grande dose de motivation, Hisméria continuait dans le sens de sa destination et se dirigea vers un de ces lieux encore intact dont il voulait apprendre à connaitre et percer ses secrets.
Ce fameux petit lac juste à côté de forêt possédant cette touche mystique que vous ne pouvait trouver nulle autre ne part.

Le voici enfin arrivé. C’est vrai qu’il faisait déjà meilleur. Hisméria fut surpris de constater qu’il n’était pas le seul à avoir eu cette idée.

Une jeune fille était là, assise dans l’herbe. Sans qu’il n’eut le temps de dire mot, l’adolescente se retourna, curieuse de trouver Hisméria ici.

[…]
##   Sam 2 Nov 2013 - 18:57
Anonymous
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La journée était passée tranquillement. Je m'étais déplacée tout au long du jour sur les terres de l'institut, à la recherche de l'inspiration ou du modèle pour dessiner. C'était une journée chaude pour un début d'automne. Le jours commençait à décliner lorsque mes pas me conduisirent au petit lac caché dans la forêt.

La surface lisse de ce dernier, les arbres peut-être centenaires autours de moi, la mélodie complexe du froissement et des chants d'oiseaux... Tout ça me décida. Je posais mes affaires et enlevais mes chaussures en silence. J'avais mis une jupe arrivant au dessus du genou, je pus donc tremper mes pieds dans l'eau si froide. Je restais là, à rêvasser pendant de longues minutes. J'avais posé mon cahier de dessin sur mes jambes et je laissais ma main courir sur la feuille, esquissant la silhouette de quelques elfes ou fées imaginaires cachés dans l'ombre majestueuse des arbres. Mon regard en revanche, loin de se fixer sur mes esquisses, était perdu dans le bleu sombre de l'eau.

Le bruissement de l'eau et des feuilles, le chant des oiseaux, je me sentais bien. Cette douce mélodie couvrit un premier temps les pas d'un humain. Je l'entendis néanmoins arriver. Ses sentiments étaient renflés par une sorte exaltation due sûrement à la forêt. Ses pas s'arrêtèrent au sortir des arbres. Il semblait si léger, si irréel que quelqu'un vienne à ce moment que je me retournais pour voir si ce n'était pas un de ses elfes que je dessinais. Ma main avait arrêté sa danse sur le papier si lisse. L'homme qui se tenait devant moi était bien humain mais affichait une expression de sérénité surprenante. Je lui souris doucement.

Bonsoir. Venez-vous voir reposer l'esprit, vous aussi ? Demandais-je doucement, comme par peur de briser le si beau concert offert par la nature.

Un rouge-gorge vola près de moi et je levais la main. Il se posa dessus un instant, chanta quelques notes et repartit. Je me sentais bien. Ici je pouvais réfléchir aux informations que j'avais sur un père biologique encore dans l'ombre.
##   Sam 2 Nov 2013 - 20:55
Anonymous
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Spoiler:
 

Bonsoir. Venez-vous voir reposer l'esprit, vous aussi ?

Ces mots sonnèrent à Hisméria comme une continuité du chant des oiseaux. L’espace d’un instant il crut même aux pouvoirs divins de la tonalité qu’il venait de distinguer. Comme si celle-ci provenait d’un autre monde. Et ce rouge-gorge se posant délicatement sur la main de la jeune fille. Tel le dernier trait séparant l’esquisse du chef d’œuvre, ce fût la touche symbolisant la perfection du lieu.

Qui pouvait bien être cette demoiselle ? Était-ce là une nouvelle fois mon esprit qui me jouait des tours ? Faut-il dire qu’Hisméria n’avais pas croisé quelqu’un depuis très longtemps.

Et puis, il y avait autre chose qui le laissait perplexe. Bien que l’adolescente soit en accord avec la nature, Hisméria ressentait au plus profond de lui-même que quelque chose lui manquait. Une absence si détectable qu’on pouvait le ressentir dans sa présence. Comme si, elle aussi souffrait d’une déchirure du passé. Sa cicatrice se mis à le brûler, lui rappelant ce pourquoi il était là. Comme si sa honte ne lui suffisait pas. Mais le jeune fit tout pour ne pas montrer sa douleur.

Le jeune adolescent comprenait plus que personne ce genre de blessure. Ne sachant avec précisions comment aborder le sujet pour le moment, il décida donc de répondre à la question de son interlocutrice. Remarquant qu’elle tenait une planche à dessin, une idée lui venu :

Bonsoir. En fait non, c’est la première fois que je viens ici. Il faisait trop chaud, et je cherchais de la fraîcheur. En arrivant dans ce lieux, je me suis rappelé avoir vu un petit lac. J’ai donc décidé de traverser ce magnifique bosquet qu’on voit là-bas. Navré de vous déranger dans votre travail artistique. Je suppose que vous venez souvent dessiner ici ?

Le timbre de voix employé par Hisméria était doux et impartial, renvoyant avec parcimonie l’intérêt pour la délicatesse de son interlocutrice. Le jeune homme semblait presque attendrit de voir que des individus pouvaient encore lui sourire.

Se rendant compte qu’il avait déballé ce flot de parole à toute vitesse, Hisméria se sentit obligé d’ajouter une dernière élocution avant de s’assoir dans l’herbe et de regarder l’horizon.

Moi c’est Hisméria Altair, je suis désolé je n’ai pas l’habitude de parler à d’autre personne.

Son sourire se transforma peu à peu en une émotion neutre et trahissant sa maturité. Voilà qu’il se perdait dans ses pensées comme si celui-ci cherchait à faire l’inventaire de tous les souvenirs accumulé jusqu’ici. Sauvegardant avec précision, pour ne rien oublier.

La jeune femme lui répondit :

[…]
##   Dim 3 Nov 2013 - 16:52
Anonymous
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Le jeune homme semblait surpris de me trouver là. Je le sentais partagé. Intrigué, aussi. Je lui sourit à nouveau dans l'espoir que le malaise que je ressens en lui se dissipe. Je le fixais tandis qu'il s'avançait. Je vis dans son regard qu'il savait ce que j'avais éprouvé par le passé. La forêt semblait retenir son souffle. Pourtant, il évita ce sujet fragile. Plutôt que de me poser des questions, il préféra une autre approche.

Bonsoir. En fait non, c’est la première fois que je viens ici. Il faisait trop chaud, et je cherchais de la fraîcheur. En arrivant dans ce lieux, je me suis rappelé avoir vu un petit lac. J’ai donc décidé de traverser ce magnifique bosquet qu’on voit là-bas. Navré de vous déranger dans votre travail artistique. Je suppose que vous venez souvent dessiner ici ?

Il avait parlé à toute vitesse mais le timbre de sa voix était doux, posé, comme un bruissement de feuilles. Je me retournais vers ma feuille sur laquelle était apparu une fée assise sur une fleur, ses fragiles ailes de libellule déployées dans son dos. Elle n'avais pas de traits distincts, comme la plupart de mes dessins. Un elfe se tenait caché en arrière-plan, un arc à la main et les cheveux volant au vent. Lui non plus n'avait pas de visage. L'homme s'assit près de moi, le regard sur l'horizon haché par les troncs et le feuillage. Il reprit :

Moi c’est Hisméria Altair, je suis désolé je n’ai pas l’habitude de parler à d’autre personne.

Un martin-pêcheur plongea dans le lac et en ressortit avec un petit poisson argenté. La vie suivait son cours, la forêt avait recommencé à chanter. Je frôlait mes dessins du bout des doigts.

Je ne suis pas vraiment une habituée des lieux, je préfère dessiner en me chauffant au soleil, mais la tranquillité et le bruissement de la forêt m'inspirait aujourd'hui. Je me nomme Kana Whitewolf, enchantée.

Je ne savais que dire de plus, j'avais peur de briser cet instant de calme magique. Un papillon aux ailes bigarrées se posa sur ma feuille de dessin puis s'envola. Je n'arrivais pas à dessiner les visages des deux personnages apparut de mes coups de crayon. C'est comme si dessiner ces visages revenait à accepter une part de moi que je ne pouvais qu'apercevoir. La sensation durait depuis que j'étais arrivée dans cet Institut. Elle ne semblait pas vouloir me quitter et toutes les feuilles précédentes présentaient le même manque sur les visages de mes esquisses.
##   Dim 3 Nov 2013 - 22:11
Anonymous
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Spoiler:
 

Je ne suis pas vraiment une habituée des lieux, je préfère dessiner en me chauffant au soleil, mais la tranquillité et le bruissement de la forêt m'inspirait aujourd'hui. Je me nomme Kana Whitewolf, enchanté

Ce qu’Hisméria soupçonnait venait tout juste de se concrétiser sous ses yeux. Le jeune homme avait saisi que la demoiselle lui avait offert son plus beau sourires, afin de détendre l’atmosphère. Mais celui-ci se sentait incapable de lui rendre l’appareil. Comme si Hisméria avait peur que cela sonne faux.

Son esprit avait totalement omis la créature fantastique aux côtés de la jeune fille. Se concentrant principalement sur cette sensation qui ne voulait pas le lâcher. Un sentiment de déjà vu, et de trouble.

Faisant tout de même preuve de bonne foi pour ne pas rendre mal à l’aise son interlocutrice, Hisméria s’essaya à un sourire. Bien que très peu convaincu par sa prestation, le jeune homme se décida à faire connaissance avec Kana.

Hisméria avait remarqué que le trait de crayons était recherché et appliqué. Et pourtant, plus ils fixaient le dessin plus quelque chose semblait manquait pour séparer l’esquisse du chef d’œuvre. Il savait pertinemment que ce n’étais pas ça qu’elle dessinait, mais voulut que ce soit elle qui lança le débat. Comme par respect du passé.

Je suis vraiment très curieux de savoir ce que tu dessines. Est-ce là, la représentation de petits êtres féeriques comme ceux qui t’entourent que tu esquisses ?

Il chercha à lui faire comprendre que le sujet l’intéressait. Alors de manière succincte et presque naturel, le jeune homme ajouta :

On est tous dans cette école pour une raison. Je n’ai pas encore vraiment trouvé pourquoi je suis ici. L'as-tu découvert ? Ou alors comme moi, est tu encore à la recherche de cette élément manquant sur ton dessin ?

Une fois ses mots prononcés, Hisméria lui fit un véritable sourire pour la rassurer. Communiquant ainsi sa maturité d’esprit sur la question. La jeune fille apaisé, compris qu’Hisméria ne le jugerai aucunement sur les propos qui allaient suivre.

Déjà plus sûre d’elle, Kana pris conscience que les secrets qu’elle allait livrer à Hisméria ne dérangeraient en rien la nature qui semblait toujours en harmonie avec elle-même.

Dans un élan de spontanéité, la jeune demoiselle ajouta :
##   Jeu 7 Nov 2013 - 19:39
Anonymous
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Lorsque je lui souris, Hismeria sembla hésiter puis s'essaya à un sourire. Je sentais dans la tension présente dans son regard qu'il n'était plus habitué à sourire. Quelle tristesse... Les gens d'ici ne savent plus sourire comme le ferait tout humain normal. C'est d'ailleurs pour ça que nous sommes ici. Un éclair de tristesse passa dans mes yeux alors que je les baissais sur mes dessins. À moi aussi, il manquait quelque chose. Une chose importante. Les personnages sans visages semblaient me demander "Qui es-tu ?" et je ne pouvais que penser "Je n'en sais rien...". Triste réalité qu'est la mienne.

Je m'étais mise à esquisser la silhouette d'un loup gigantesque chevauché par un être humanoïde lorsque le jeune homme assis à côté de moi rompit le cours de mes pensées :

Je suis vraiment très curieux de savoir ce que tu dessines. Est-ce là, la représentation de petits êtres féeriques comme ceux qui t’entourent que tu esquisses ?

Je relevais le regard vers lui, un vague sourire attristé sur les lèvres. Il poursuivis, sa voix se mêlant au bruissement des feuilles :

On est tous dans cette école pour une raison. Je n’ai pas encore vraiment trouvé pourquoi je suis ici. L'as-tu découvert ? Ou alors comme moi, est tu encore à la recherche de cette élément manquant sur ton dessin ?

Mon sourire se fit plus doux mais toujours aussi triste. Je répondis, la voix aussi douce que possible :

Nous ressentons tous une douleur, un vide à combler. Tous ceux qui sont ici ont cette douleur au cœur. J'ai trouvé ce qu'il manque mais je ne peux encore mettre un nom sur les visages qui hantent maintenant mes pensées.

Je terminais mon esquisse. À nouveau, l'elfe qui chevauchais fièrement sur le loup n'avait pas de visage. Je soupirais puis relevais la tête en souriant :

Et toi ? Dessine-tu ou joue-tu de la musique..? Tu trouveras un jour ce qui t'a amené ici, crois-moi. Et tu as le temps.

Quelques feuilles mortes tombèrent sur le lac et près de nous, jusque dans mes longs cheveux. Mes yeux se posèrent sur les feuilles mortes. La lumière commençait à se faire rare, il allait bientôt faire trop sombre pour dessiner quoi que ce soit. Je contemplais la fée et les deux elfes sans-visages. Ils semblaient tous me dire "Pourquoi es-tu toi-même ?" et je ne pouvais m'empêcher de sourire à la réponse que je leur donnerais :

Parce que je suis vivante.
##   Jeu 7 Nov 2013 - 22:16
Anonymous
Invité

Spoiler:
 
Nous ressentons tous une douleur, un vide à combler. Tous ceux qui sont ici ont cette douleur au cœur. J'ai trouvé ce qu'il manque mais je ne peux encore mettre un nom sur les visages qui hantent maintenant mes pensées.

C’était donc pour cela que Kana se trouvait dans cet institut. Hisméria retomba dans ses pensées, comme pour être en accord tous ses petits indices que la jeune fille lui laissait. La nuit continuait de tombé tranquillement. A tel point qu’il n’était plus possible de dessiner. La lune apparaissait tout doucement et on ressentait déjà ses premiers rayons. Les créatures de la forêt changèrent de forme, et même les consonances musicales étaient plus fraîches et humides.

Kana d’une voix douce et cherchant à faire réagir Hisméria repris :

Et toi ? Dessines-tu ou joues-tu de la musique ? Tu trouveras un jour ce qui t'a amené ici, crois-moi. Et tu as le temps.

Hisméria surprit chercha à cacher le tatouage sur son bras droit. Non pas par honte de celui-ci, mais comme si, un bout du mystère résidait en lui. Comme si par peur que Kana découvrit au contact de son encrage. L’adolescent décida donc de ne plus esquiver le sujet, mais choisit une approche littéraire et douce. Du timbre de voix le plus délectable qu’il pouvait, il s’exprima :

«  As-tu déjà ressenti un moment, défini par ce qui le constitue comme entité ? L’as-tu apprécié comme le dernier ? L’as-tu regretté? T’en est tu attardé ? Ou bien au contraire, s’est-il dissipé rapidement, sans pour autant t’en soucier ? Que reste-t-il de son passage ? Réfléchis-y. L'enjeu de la réfection est de taille.

Ce temps partiel, constamment remis en question. Ce concept mystique, influant sur toute existence. Ce délai, plus ou moins long, en fonction des sentiments te traversant. Habituellement, tu composes sans pour autant t’en soucier.

Cependant, de temps à autre, ce moment te pèse. Comme si toute ta matière charnelle venait de se temporiser. A moins que ce soit le contraire, qu'en un espace, destruction spatiale et temporaire se soit accomplie.

Qu’adviendrait-il de ton existence, si cette notion n'existait pas ? Tu serais lasses, vide, incertaines et sans objectif. On ne peut dire pour autant que la métaphore soit sans conséquence. Cette idée concrète est à double tranchant. Il est vrai que sans le temps se faufilant, tu ne serais rien d’autre que des molécules sans vie. Inertes, dans un espace géométrique définit. Et encore, pour qu'il soit définit, il faut que l'action temporelle est déjà agi.

Malgré tout, la conception de l'instant T, t’emmènes tout autant vers ta fin. La mécanique temporelle sans retour, reste bien présente à chacun de tes déplacements. Tu comprends ou je veux en venir ?  Tu ne  peux deviner le moment fatidique t’emmenant à ton grand départ. Comme tu ne peux reculer le départ de quelqu’un que tu aimes, et qui te manques sur cette feuille. C’est cela n’est pas ? Et pour répondre à ta question, je suis, enfin j’étais musicien. »
##   Jeu 14 Nov 2013 - 20:58
Anonymous
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Hismeria eut un mouvement étrange, comme s'il cherchait à cacher quelque chose et je portais moi-même la main au bandage qui ornait mon cou depuis ce midi. La forêt sombrait dans le silence avec la nuit qui tombait. Bientôt il ferait nuit noire. La mélodie enchantée de la journée deviendrait celle, inquiétante, de la nuit et puiserait sa tonalité grave et mystérieuse dans nos parts d'ombres. Le jeune homme me répondit :

- As-tu déjà ressenti un moment, défini par ce qui le constitue comme entité ? L’as-tu apprécié comme le dernier ? L’as-tu regretté? T’en est tu attardé ? Ou bien au contraire, s’est-il dissipé rapidement, sans pour autant t’en soucier ? Que reste-t-il de son passage ? Réfléchis-y. L'enjeu de la réfection est de taille.

Je baissais la tête. C'est vrai que je profite des moments qui m'apparaissent comme entiers, mais... Comment être sûre qu'il reste quelque chose du passage de ce moment..?

- Ce temps partiel, constamment remis en question. Ce concept mystique, influant sur toute existence. Ce délai, plus ou moins long, en fonction des sentiments te traversant. Habituellement, tu composes sans pour autant t’en soucier.

Cependant, de temps à autre, ce moment te pèse. Comme si toute ta matière charnelle venait de se temporiser. A moins que ce soit le contraire, qu'en un espace, destruction spatiale et temporaire se soit accomplie.

Qu’adviendrait-il de ton existence, si cette notion n'existait pas ? Tu serais lasses, vide, incertaines et sans objectif. On ne peut dire pour autant que la métaphore soit sans conséquence. Cette idée concrète est à double tranchant. Il est vrai que sans le temps se faufilant, tu ne serais rien d’autre que des molécules sans vie. Inertes, dans un espace géométrique définit. Et encore, pour qu'il soit définit, il faut que l'action temporelle est déjà agi.

Lasse..? Vide..? Mais qui sait si je ne le suis pas... Je passais mes doigts dans mes cheveux, les dénouant au passage. Ils volaient à présent dans le vent, image même du chant de la forêt se transformant. Hismeria finit, me plongeant dans un trouble profond.

- Malgré tout, la conception de l'instant T, t’emmènes tout autant vers ta fin. La mécanique temporelle sans retour, reste bien présente à chacun de tes déplacements. Tu comprends ou je veux en venir ?  Tu ne  peux deviner le moment fatidique t’emmenant à ton grand départ. Comme tu ne peux reculer le départ de quelqu’un que tu aimes, et qui te manques sur cette feuille. C’est cela n’est pas ? Et pour répondre à ta question, je suis, enfin j’étais musicien.

Je gardais mon regard sur ma feuille sans rien dire. Le chant de la forêt avait terminé de se transformer. Dans la semi-obscurité, je fermais mon cahier sur les visages vides de mes dessins. Des gouttes s'écrasèrent sur la couverture et je levais la main à ma joue, constatant que je pleurais. Hismeria avait libéré toute la tristesse retenue en moi. J'essuyais rapidement mes larmes, tentant d'ignorer le chant de plus en plus inquiétant qui se répandait à travers les arbres et leurs bruissements.

Donc, tu es, euh étais musicien... Tu jouais de quoi ?

Je préférais passer à autre chose plutôt que de rester là-dessus. Je n'ai aucune envie de terminer en pleurs.
##   Ven 15 Nov 2013 - 21:29
Anonymous
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C’est bizarre, elle ne m’a pas répondu. Il faut croire que j’ai vu juste. Si j’insiste elle va finir par pleurer. J’aurai l’air malin si elle fond en sanglot. Non vraiment, il vaut mieux que je m’arrête là. Hisméria se décida donc tout de même à rajouter une parole afin que Kana soit rassuré :

- Si un jour, tu souhaites m’en parler, je serais là pour t’écouter. Je ne sais que trop bien ce qu’entraîne la perte d’un être cher.

"Donc, tu es, euh étais musicien... Tu jouais de quoi ?"

Tiens, on dirait que la musique lui parle. Sûrement son côté artistique qui ressort A moins que ça ne soit que de la curiosité ? Chose qui n’est pas impossible après tout. Mais si je lui parle de cette époque je n’ai pas finis pensa Hisméria. Et puis, à vrai dire, il n’y à pas que de bon souvenirs. Bref on va tacher de faire court. Après avoir effectué une courte respiration, le jeune homme repris :

- J’étais clarinettiste, une époque lointaine et maintenant oublié.

Hisméria s’arrêta deux seconde et respira un grand coup. Rien que le fait d’avoir prononcé ses mots l’avait plongé dans un état second. Entre érrance et malaise, mais il se ressaisit rapidement. Serrant plus fort son bras droit, comme pour forcer le retour à la réalité des choses. Après avoir brièvement secouer la tête comme pour marquer le fait qu’il était revenu à lui, celui-ci prononça :

- En fait, je vais éviter de t’en parler trop en détail, ou on est pas encore couché. Mais disons que je garde de bon souvenirs, comme certains plus douloureux. Apres tout, nous ne sommes pas ici pour nous concentrer sur le passé.

Hum, peut être que si en fait. Peut-être que justement, c’est la clé de cette endroit. Un lieu destiné à te recentrer sur toi, afin d’établir si ton passé ne se reproduira pas. Et dans l’optique de construire le futur. En y repensant, peut être que Kana possède plus de détails sur ce sujet.

- Pendant que j’y pense, ça fait combien de temps que tu es dans cet institut ? Est-ce que tu sais ce qu’on y fait réellement ?

Espérons que Kana sache répondre à mes interrogations. Mais cela se trouve, elle ne sait pas plus ce qu’elle fait ici…
##   Dim 24 Nov 2013 - 17:48
Anonymous
Invité

Hismeria avait tenté de me rassurer, ou je ne sais quoi,et je lui en étais reconnaissante. Je poussais un soupir de mélancolie. Que ces souvenirs me semblaient loin désormais. Je me sentais perdue dans une vie qui se construisait autours de moi, pour moi, mais sans moi. Pourtant, je changeais de sujet, ignorant toutes ces pensées. Et Hismeria, compréhensif, accompagna ma démarche en me répondant :

- J’étais clarinettiste, une époque lointaine et maintenant oublié.

En jetant un regard au garçon à côté de moi, à la dérobée, j’aperçus une drôle d'expression. Je devais avoir touché un point sensible. Sa main, toujours sur son bras, se serra machinalement. Il secoua la tête et sembla revenir à lui. Il continua, tandis que mon regard était fixer sur lui :

- En fait, je vais éviter de t’en parler trop en détail, ou on est pas encore couché. Mais disons que je garde de bon souvenirs, comme certains plus douloureux. Apres tout, nous ne sommes pas ici pour nous concentrer sur le passé.

Je souris. Peut-être que lui était ici pour se détacher de son passé. Je murmurais :

- Qui sait..? Pour ma part, on dirait que mon passé m'a rattrapé. -je secouais la tête- Mais je parle comme une grand-mère !

- Pendant que j’y pense, ça fait combien de temps que tu es dans cet institut ? Est-ce que tu sais ce qu’on y fait réellement ?

Je souris. Il avait les bonnes questions. Claires, précises... J'avais remarqué qu'il ne parlait que peu, toujours bien. Il semblait du genre à ne parler que lorsqu'il y était obligé, pourtant sa langue semblait s'être déliée. Je répondis :

- Je suis dans cet Institut depuis presque deux ans. Lorsque tu te seras habitué aux lieux, que tu auras fait connaissance avec nombre de personnes, on te donnera des pouvoirs. Je sais c'est dur à avaler, mais c'est vrai. Plus tu seras expérimenté, plus tes pouvoirs se développeront. Tu es ici pour te reposer, parler aux autres, et qui sait, établir un futur. Tu suivras aussi des cours, comme tout étudiants !

Je lui souris. Il allait avoir du mal à accepter ce que je venais de lâcher. Espérons qu'il me croie. Le bruissement des arbres, le chant des animaux nocturnes commençait à être assourdissant. Une bise froide soufflait à présent ajoutant au mystère presque angoissant du lieu et je frissonnais.
##   Jeu 28 Nov 2013 - 20:14
Anonymous
Invité

- Qui sait..? Pour ma part, on dirait que mon passé m'a rattrapé.

Tiens, on dirait qu’elle cherche tout de même à me parler de cette époque. Devrais-je la relancer ? Je n’ai pas forcément envie de la voir pleurer tout en déblatérant ses histoires, mais il est vrai que sa version des choses m’intéresses.

En y repensant, moi aussi mon passé me poursuit. De plus il très probable que si je lui pose la question, elle en fasse autant. Et je ne peux me le permettre. Réfléchis Hisméria, comment pourrais-tu l’amener sur ce sujet sans ne trop la secouer.

C’est vrai que ce genre de souvenirs restent encrées en soit. Et je ne sais plus que personnes qu’en parler et toujours compliqué. Hum. Peut-être que si j’amène la chose sous cette angle-là. Non, trop risqué. Peut entrer ainsi ? En fait c’est encore une mauvaise idée. Ou comme ça. Essayons, après tout, tant pis si Kana me renvoie l’appareil, je trouverais bien une façon de détourner le sujet.

- J’aimerai bien que tu me parles de ton passé. Ou du moins de la raison qui fait que ton passé te rattrape.

Tout en réfléchissant à ce que je venais de dire, la jeune fille décida d’en en premier temps de répondre à ma première questions :

- Je suis dans cet Institut depuis presque deux ans. Lorsque tu te seras habitué aux lieux, que tu auras fait connaissance avec nombre de personnes, on te donnera des pouvoirs. Je sais c'est dur à avaler, mais c'est vrai. Plus tu seras expérimenté, plus tes pouvoirs se développeront. Tu es ici pour te reposer, parler aux autres, et qui sait, établir un futur. Tu suivras aussi des cours, comme tous étudiants!

Encore. C’est la troisième personne qui me parle de ce genre de phénomènes depuis que je suis arrivé à l’institut.

Est-ce que je peux en conclure à une forme de drogue qu'ils administre collectivement ? C’est tout de même une hypothèse qui avec le temps me semble à écarter. Mais après tout, reste sur tes gardes Hismé’ tu ne sais pas où le futur te conduit...

Cette fois ci, ça suffit, il faut que j’en aie le cœur net. Et j’ai même une idée de comment aborder le sujet. Patience Hismé’, patience, tu finiras par découvrir ce que signifie tout ceci.

D’abord, revenons sur les paroles de Kana. Comment se fait-il que je n’ai pas le moindre de signe de ses fameux pouvoirs ?  Si je peux admettre l’existence de tels phénomènes paranormaux. Peut-être, il y a-t-il quelque chose à découvrir au sein de cet institut pour déverrouiller ce genre de compétence ? Encore une fois, je pense que mon interlocutrice peut m'aiguiller sur la question.

Quand je repense au cours, je suis impatient de voir à quoi tout cela peut bien ressembler. Je pense que j’en apprendrais d’avantage sur la question. Et puis, peut-être qu’ainsi j’avancerai dans mes recherches.

Bien, c’est le moment de vérité. Voyons voir ce que Kana peut m’apprendre d’autre.

Hisméria reculant de quelques mètres, comme pour se préparer à agir en cas de problème, se décida à s’exprimer, le tout, dans un calme Olympiens :


- Tu as raisons, j’ai du mal à y croire. Mais après tout, peut être que tu peux me faire une démonstration de ce que tu avances ?
##   Ven 29 Nov 2013 - 18:36
Anonymous
Invité

Lorsque j'avais prononcé ma pensée, Hismeria sembla hésiter à parler. Je l'avais interrogé du regard et il avait finit par se décider à formuler une demande :

- J’aimerai bien que tu me parles de ton passé. Ou du moins de la raison qui fait que ton passé te rattrape.

Je lui avais souris, tentant tant bien que mal de le rassurer. Puis j'avais répondu à ses questions. Après tout, le passé est le passé, il nous hantera toujours. Hismeria semblait vraiment dubitatif et avait comme un éclat douteux, presque méfiant dans les yeux. J'en ris intérieurement. Après tout il est normal qu'il ne me prenne pas au sérieux. Il me le fit d'ailleurs bien comprendre :

- Tu as raisons, j’ai du mal à y croire. Mais après tout, peut être que tu peux me faire une démonstration de ce que tu avances ?

Je souris et me levais, m'écartant du jeune homme. Je tendis la main devant moi en souriant et annonçais :

- Je comprends que tu aies du mal à me croire, moi-même je n'y ai pas cru au départ. Mais je me suis vite rendue compte lorsqu'on m'a attribué mes pouvoirs. Bien, comme tu me l'as demandé je vais te montrer que ces pouvoirs sont réels. Regarde bien, Hismeria !

Je fermais les yeux et me concentrais. La chaleur était toujours là, au fond de moi, comme une précieuse goutte d'eau d'une couleur de miel doré. Me concentrant, je la manipulais et elle réagit immédiatement. J'ouvris les yeux, qui devaient avoir changé de couleur. Depuis mon Étoilisation, à chaque fois que j'employais mes pouvoirs, mes yeux passaient de ce violet si caractéristique à un doré pur, comme de l'or liquide.

L'électricité se manifesta d'abord au bout de mes doigts. De petites étincelles d'un jaune pâle apparurent avec un grésillement puis elles devinrent plus puissantes. Elle parcouraient maintenant ma main et se regroupèrent au creux de ma paume, formant une petite sphère scintillante. Petit à petit, des étincelles d'un bleu électrique se mêlèrent à ma sphère. Elle grossit légèrement. Je me concentrais et elle éclata en un milliers de petites étincelles bleues et dorées. Je souris devant ce spectacle alors que la chaleur de mon pouvoir me quittait peu à peu. Redevant grave, je fixais mon spectateur dans les yeux :

- Voilà, mon premier pouvoir. Mon second est de changer les émotions des autres, et de les capter. Je peux donc influer ton humeur selon mes envies. C'est assez pratique en combat pour faire reculer ou fuir un adversaire.

Je ris légèrement et me rassis à côté d'Hismeria. J'espérais ne pas y être allée trop fort, je déteste frimer. Je repensais à la demande d'Hismeria. Remontant mes genoux contre le haut de mon corps, je posais le menton dessus et dis d'un ton doux :

- Je veux bien de parler de mon passé... Mais j'espère que tu aimes les histoires longues. Car celle-ci le sera.

Je tournais la tête vers le jeune homme et souris avec douceur. Le temps se faisait froid à présent et je me mis à frissonner, n'étant pas couverte pour la température ambiante. La plainte des arbres et le chant lointain d'un hibou m'apaisaient. Je n'avais plus qu'à attendre les commentaire du garçon assis près de moi.
##   Sam 7 Déc 2013 - 13:13
Anonymous
Invité

- Je comprends que tu aies du mal à me croire, moi-même je n'y ai pas cru au départ. Mais je me suis vite rendu compte lorsqu'on m'a attribué mes pouvoirs. Bien, comme tu me l'as demandé je vais te montrer que ces pouvoirs sont réels. Regarde bien, Hisméria

Mais c’est impossible ! Ce pourrait-il que tout cela soit fondé ? Non, mais non. Pourtant je ne peux nier que ses pupilles ont belle est bien changées de couleurs !

Ça remettra en cause tous les fondements de la physique, des sciences et de la rationalité. Ainsi que de tout ce qui a été construit jusqu’ici. Ça changerait tous mes principes et valeurs. L’intégrale des choses que j’ai construites par logique cartésienne s’effondraient. Et le tout, comme un château de carte plierait sous le poids du vent…

Je ne peux admettre que de tel pouvoir puisse connaitre existence. Et puis, en y pensant, ça pourrait être dangereux. S’il s’avérait que Kana avait raison et que tout cela était réel, que pourrais-je faire pour lutter ? Cela voudrait dire qu’elle ne serait surement pas la seule ? Que se passerait-il si S.N.E mettait la main dessus ? Ce serait la fin ?

L’expression du visage d’Hisméria se crispa. Comme pour marquer sa détermination et son refus à ne pas voir ce qui se préparer devant lui.

- Voilà, mon premier pouvoir. Mon second est de changer les émotions des autres, et de les capter. Je peux donc influer ton humeur selon mes envies. C'est assez pratique en combat pour faire reculer ou fuir un adversaire.

Hisméria tomba les deux genoux contre sol. Terrifié de voir qu’il avait eu tort tout ce temps. Que de telles habilités existaient réellement. De grands frissons s’emparèrent de lui. A tel point qu’il ne pouvait plus bouger. Paralysé parce ce que Kana venait d’effectuer comme démonstration.

Puis, le jeune homme revient sur les derniers propos de l’adolescente. Mais attend, changer mes émotions. Se pourrait-il qu’elle m’est manipulée ? Ce sentiment de confiance acquis jusqu’ici, serait-t-il simplement une illusion de ses capacités. Il faut vraiment que je m’en assure, en quel point, je devrais m’éclipser. Il est plus que probable que notre rencontre ne soit pas si fortuite que ça au final.

De manière accusatrice et septique, Hisméria demanda :

- Est-il possible que ce sentiment de confiance que je ressens actuellement face partie de tes pouvoirs ?

Kana entendit la réponse, mais préféra dans un premier temps revenir sur l’épisode de son passée :

- Je veux bien de parler de mon passé... Mais j'espère que tu aimes les histoires longues. Car celle-ci le sera.

Hisméria pris une position assise et essaya de se calmer. Il serait peut-être temps que j’en apprenne plus à son sujet pour mieux comprendre tout ceci. Peut-être arriverais je à établir un lien avec les raisons qui font que je me trouve aujourd’hui dans cet institut. Ce pourquoi Hisméria décida de redevenir impartiale et d’écouter son interlocutrice.

- Je t’écoute, ça tombe bien, les histoires longues ça me connais.
##   Mar 24 Déc 2013 - 14:55
Anonymous
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Je vis Hismeria tomber à genoux alors que j'effectuais mon petit tour. Il semblait partagé. Je vis de nombreuses émotions passer sur ses traits. Surprise. Peur. Doute. Un peu de colère aussi. Il semblait ne plus me faire confiance. La question fusa alors :

- Est-il possible que ce sentiment de confiance que je ressens actuellement face partie de tes pouvoirs ?

Ses mots me blessèrent. Je reculais d'un pas et baissais les yeux, répondant d'un ton égal :

- Je n'use pas de mes pouvoirs contre des gens qui ne me sont pas hostiles. Donc non.

Hismeria sembla s'apaiser à mes paroles et il bougea enfin, libéré de la paralysie qui l'avait touché plus tôt à cause de ses émotions. Il semblait se détendre à nouveau, mais moins qu'auparavant. Il lâcha :

- Je t’écoute, ça tombe bien, les histoires longues ça me connais.

Je souris et m'assis en laissant une petite distance entre moi et Hismeria. Je sentais qu'il fallait lui laisser de l'espace, après ce qu'il avait vu. Je commençais alors mon récit :

-C'était il y a bien deux ans. J'avais des parents adorables, attentionnés. Et un ami fidèle, le seul qu'il me fallait. J'étais heureuse, innocente. Puis tout a basculé. Mon ami est parti pour étudier à l'étranger. Un soir, alors que nous rentrions d'un de mes sempiternels cours de tennis, un orage violent éclata. Nous étions en voiture, mon père était au volant. - je fis une pause. La scène semblait reprendre contenance et je la revivais - Nous avons raté un virage sur la route glissante et la voiture a quitté la route. Lorsque je suis revenue à moi, je me suis extirpée de l'épave. Ma mère était morte sur le coup, la nuque brisée sûrement. Mon père était encore en vie. J'ai tout tenté pour le sortir de la voiture, mais rien n'y fit, il était coincé. Il m'avoua alors n'être que mon père adoptif. Malgré ça, j'ai appelé au secours, sans succès et j'ai finit par glisser dans l'inconscience.

Je revins au présent et lançais un regard à Hismeria. La nuit était fraîche et je frissonnais à présent, mais au moins, je me sentais en vie. Je continuais :

- Plus tard, je me suis éveillée dans un lit d'hôpital et j'appris la mort de mon père adoptif. Peu après, mon ami mourut dans un accident. Je rentrais des funérailles quand un homme en cape noire m'aborda. C'est comme ça que j'arrivais à Terrae. À cause de ce "vide" que j'ai ressenti suite à tous ces événements. Depuis, je n'ai eu de cesse de rechercher mes origines.

Je m'interrompis et fixais le jeune homme assis près de moi d'un regard intense.

- Je les connais à présent. Je suis la fille d'une jeune femme japonaise vivant à Tokyo et d'un scientifique - je crachais le mot avec dégoût - faisant partie d'une équipe itinérante. D'après le Master qui m'a révélé ça, je suis le portrait de ce scientifique.

Je baissais les yeux et me tus pour de bon, laissant à Hismeria le poids de mes mots pour qu'il juge de mon histoire.
##   Mer 1 Jan 2014 - 16:07
Anonymous
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HRP : Désolé pour l'attente, j’espère que la suite du Rp te plaira :)



- Je n'use pas de mes pouvoirs contre des gens qui ne me sont pas hostiles. Donc non.

Une fois de plus Hisméria, il faut que tes paroles dépasse tes pensées. Je l’ai blessé, ça c’est sûr. Mais au moins, je suis certain d’une chose maintenant. Elle n’a pas l’intention de s’en prendre à moi. Je peux donc, tranquillement me confier à elle. C’est tout de même rassurant de savoir que dans ce monde, il existe encore des personnes qui ne sont pas hostile. Mais bon, je vais rester solitaire et voir ce que son histoire me révèle.

Le jeune homme calmement écouta la Kana parler.

-C'était il y a bien deux ans. J'avais des parents adorables, attentionnés. Et un ami fidèle, le seul qu'il me fallait. J'étais heureuse, innocente. Puis tout a basculé. Mon ami est parti pour étudier à l'étranger. Un soir, alors que nous rentrions d'un de mes sempiternels cours de tennis, un orage violent éclata. Nous étions en voiture, mon père était au volant.

La jeune fille n’avait pas encore finis son récit qu’Hisméria prévoyais déjà la suite des événements. Non pas qu’il avait soudainement acquis des pouvoirs d’oracle, mais plutôt que des histoires comme celle-ci ne finissait que rarement très bien. Et puis au final, peut-être était-ce cela ? Je ne crois pas au destin. Et maintenant, je crois comprendre ce qui a fait que ce soir j’ai rencontré Kana.

Kana fit une courte pause, puis repris avec la même intensité :

- Nous avons raté un virage sur la route glissante et la voiture a quitté la route. Lorsque je suis revenue à moi, je me suis extirpée de l'épave. Ma mère était morte sur le coup, la nuque brisée sûrement. Mon père était encore en vie. J'ai tout tenté pour le sortir de la voiture, mais rien n'y fit, il était coincé. Il m'avoua alors n'être que mon père adoptif. Malgré ça, j'ai appelé au secours, sans succès et j'ai finit par glisser dans l'inconscience.

D’ici Hisméria pouvait ressentir la tristesse et la profondeur de ses mots. Mais avant toute chose, l’adolescent respecta son histoire par un long silence. Comme par désolation. Emplis de noirceur, certains des éléments que la jeune femme était en train de lui compter, était comme malheureusement similaire avec son passé. Non pas qu’il ait vécut le même drame, mais plutôt dans la manière que le destin à cette force de vous reprendre les personnes qui vont sont chère.

- Plus tard, je me suis éveillée dans un lit d'hôpital et j'appris la mort de mon père adoptif. Peu après, mon ami mourut dans un accident. Je rentrais des funérailles quand un homme en cape noire m'aborda. C'est comme ça que j'arrivais à Terrae. À cause de ce "vide" que j'ai ressenti suite à tous ces événements. Depuis, je n'ai eu de cesse de rechercher mes origines.

Cette sensation de vide, c’est étrange, mais je l’ai ressenti aussi. Se pourrait-il  que ? Non c’est impossible…

Mais bon, je me méfie de ce que je juge d’infaisable. Il y a encore moins d’une heure, mes croyances ont de nouveaux été remis en cause ! Il faut que je m’en assure. Peut-être est est-ce ? Un critère de sélection pour cet institut. Je me souviens maintenant que le retour en arrière est impossible... C’est sûrement un moyen comme un autre de s’assurer que nous ne ferons demi-tour. Je commence à comprendre, et tout s’éclaircit petit à petit.

Une nouvelle fois, la jeune adolescente repris son discours :

- Je les connais à présent. Je suis la fille d'une jeune femme japonaise vivant à Tokyo et d'un scientifique - je crachais le mot avec dégoût. D'après le Master qui m'a révélé ça, je suis le portrait de ce scientifique.

Tiens voilà la confirmation de mes hypothèses. Un master est aussi venu la rencontrer. C’est que ça fait du bien d’être sur que nos pensées ne divague pas dans le mauvais sens. C’est bizarre, mais ça fait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien…

Hisméria ne put s’empêcher de prononcer un merci à haute voix.

- Merci

Réalisant qu’il divaguait de  nouveau, des centaines d’idées fusaient dans sa petite boite crânienne, si bien qu’Hisméria eu du mal à les classifier. Elles le transperçaient sans lui laisser de répit.

Hisméria saisit sa tête à l’aide de ses mains, comme si celui-ci était empli de douleurs. On aurait presque dis que l’adolescent avait mal au contact des fantômes de son passé. Toute cette histoire ne l’avais pas indifférent. Et à vrai dire, l’homme ne savait exactement quoi répondre à Kana. A part qu’il était désolé, mais cela, la jeune à du l’entendre des milliers de fois. Et quelque chose me dis, que celle-ci n’avait pas forcément besoin et envie de ça.

Au bout de quelques instants, l’homme réussit tout de même à reprendre pied, on aurait presque dis qu’Hisméria était parvenu à se recadrer en moins de trente secondes. Cette capacité de concentration était la une de ses plus grandes forces ; Et on ressentait maintenant à travers son chakra que le jeune adolescent avait un tout autre état d’esprit.

Naturellement une nouvelle question lui viens à l’esprit ; Mais cette fois, l’adolescent paraissait presque gêné, ne sachant pas avec exactitude comment la posé.

Hisméria se mit à réfléchir, pour que le choix des mots lui paraisse juste et opportun, à Kana. Mais sur ce coup-là, cette tâche-lui parut plus difficile que les autres fois. Si bien, que son corps se mit à trembler. Comme pour expulser l’embarra et la frustration de ne pas y arriver. Et puis sans qu’il ne s’en rende compte, les mots commencèrent à fuser de manière les précipité :

- Se pourrait-il que ce « vide » dont tu parles je l’ai connu aussi ? J’ai l’étrange sensation que quelque chose nous à unis sur ce lac, mais je n’arrive pas à savoir quoi. Et ça m’énerve de patauger comme ça, alors que d’habitude dans mon esprit tout est clair.

Et puis j’ai cette impression que mon passé a été effacé à mon arrivé dans cet établissement. Et je ne sais pas pourquoi, je crois que toi aussi. Comme si tout ceci était fait pour que nous ne puissions pas revenir sur nos choix… Et quand tu parle de ce scientifique, as tu fais des recherches sur lui ?
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