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Time and tide wait for no man. | Makiko.
##   Mar 24 Déc 2013 - 3:41
Anonymous
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Le Temps a cette habitude malsaine de faire espérer, croire, rêver quiconque a la naïveté d'être patient et conciliant. Ce jeu cruel de détruire les plus belles bulles que l'on a un jour construit autour de soi.
Le Temps est devenu mon pire ennemi au fil de celui-ci même. Rien que l'idée de voir défiler l'heure sur une montre ou une horloge abîmée accrochée maladroitement au mur me rebute. J'aimerais attraper toutes ces horloges, toutes ces aiguilles au "tic tic" abrutissant et de les faire disparaître à jamais de la surface de la Terre, des consciences, des mémoires éphémères.
Mais personne jamais ne voudra suivre mon pas ou accepter mon œuvre d'art. Jamais, ni personne. Il y aura toujours lui, son bouquet pathétique pendouillant à la main, attendant impatiemment sa dulcinée, elle qui tente de se faire belle rapidement et efficacement pour l'amant secret, ou eux qui compte les jours pour s'adonner sans filets à des jeux sensuels. Personne ne se dira "Hey. Il a raison. Au fond, le temps il nous vieillit, ce con." Mais vraiment, pourquoi je me plains ? Je ne vieillis plus moi. Je ne vieillirais plus jamais. L'éternel jeunesse est posée sur mon visage; tout comme le nombre d'or illumine le visage de cette jolie demoiselle rencontrée autour d'une glace, ou de celle-ci qui fait glisser son archet sur les cordes de son instrument.

Le Temps fait de belles choses parfois. Il nous fait avoir de l'expérience, nous fait savoir et un jour nous fait prendre "conscience que". C'est cette dernière chose que j'aime le plus. Ce sentiment tantôt douloureux tantôt euphorique de prendre conscience que l'on sait quelque chose. C'est un sentiment étrange. Que j'ai ressentis encore une fois il y a une dizaine de minutes, et un peu plus loin dans le passé -voilà, encore le Temps et sa douloureuse emprise- il y a trois jours.

Compte, compte les jours. "Oh j'ai un rendez-vous, un rendez-vous. En retard pour ce rendez-vous". Au fond cette jolie demoiselle au teint d'ambre, elle m'a fait de l'effet. Et pas qu'un peu. Cette jolie demoiselle est dangereuse pour moi. Tellement dangereuse. Elle a découvert Alexys. Elle détruit chaque jour un peu plus Eïon.
Makiko, quand je le lui ai dis, elle m'a écouté attentivement, a sourit et a reprit son violoncelle, l'a calé entre ses jambes et a passé lentement l'archet dessus. Un do, ré, mi, fa, sol, la ou si en bémol ou en dièse en clé de fa ou de sol. Mais juste une petite note qui m'a fait prendre conscience que oui, je suis tombé amoureux.
J'aimerais bien que ce soit la fin du monde. La fin du Temps et d'Eïon. Mais ça voudrait dire la fin de ma jolie et dangereuse demoiselle, la fin de la tendre Makiko -pour qui il faudrait que je l'avoue, un doux pincement au cœur.

Parlons en de la tendre Makiko. Et pourquoi elle joue depuis si longtemps. Son innocence mimée m'effraie et m'épate toujours un peu plus. On dirait qu'elle a toujours été la petite maman rêveuse et calme. Comme si elle n'avait jamais eu cette mèche rouge cachant son œil droit, ces bottes à piquants, ces vêtements de cuirs et ces cigarettes entre les lèvres. Comme si elle n'avait jamais fini la tête dans les toilettes, les cheveux retenus par une pimbêche ricanant. Comme si elle n'avait jamais fais voir de toutes les couleurs à son pauvre fiancé. Et quel con lui aussi. Il étaient trop amoureux ces deux cons réunis. Un mélange de niaiserie qui donne envie de vomir et de sauvagerie effrayante. Deux pseudos punk qui devinrent petit à petit de petits agneaux. Eux ils ont oublié le Passé et le Temps n'a plus eu aucune emprises après ça. Jusqu'à ce que.

La tendre Makiko était une capricieuse avant. Elle était l'opposé même de ce qu'elle est maintenant. Mais elle a toujours eu ce côté curieux, parfois excessif, cette facilité à reproduire ce qu'elle avait vu plusieurs fois, cette aisance à réussir ce qu'elle entreprenait. Maintenant elle a décidé de faire du violoncelle. Ce son lui va bien. J'ai déjà dit qu'elle avait le nombre d'or posé sur sa figure. Le son de son instrument aussi le possède du coup.

On dirait un concert de vieux pourris. Mais il y a juste nous deux. Un abrutit qui redevient l'ancien abrutit qu'il a été, tombé amoureux d'une dangereuse demoiselle et une maman rêveuse qui tend à le rester, pour toujours, avec celui qui a osé s'avouer à elle et sa gamine pas vraiment désirée.

-La race humaine est enlisée dans une profonde stupidité. C'est peut-être pour ça que j'aime bien être un humain. Je souffre d'un sentiment d'auto-pitié. Je me sens très apprécié comme ça. C'est un sentiment vraiment bizarre tu sais. Comme si j'étais un élément à part dans un lieu encore plus à part. Mes mains deviennent des choses à part. Mon cerveau supérieur devient encore plus supérieur et part dans une folie à part des autres folies. Ça fait beaucoup de "à part".


Je me demande comment elle fait pour me supporter au naturel. Et encore plus quand j'ai fumé comme maintenant. Il me tuerait l'amant de la jolie Makiko si il savait que je la séquestre dans cet état.
##   Jeu 26 Déc 2013 - 4:46
Anonymous
Invité

La dernière fois où Eïon m'avait de lui même prise à part pendant des heures afin de parler, c'était à l'époque de notre vie dans les ruelles malsaines de Tokyo. C'était à l'époque où il voyait Shun comme un abrutit finit et qu'il avait passé deux heures se lamenter sur le romantisme exagéré et le dévouement immense que me portait cet homme... Il ne le comprenait pas et trouvait cela profondément débile. Jusqu'à ce qu'il rencontre sa belle et douce ex-petite amie -qui d'ailleurs est je-ne-sais-où.

Il avait remit, m'attrapant à la sortie des cours et me faisait courir jusqu'à cette unique petite salle isolée à l'arrière, où reposait divers instruments dont mon tendre ami le violoncelle. Après qu'il m'eut précisé l'importance du discours qu'il s'apprêtait à entamer, j'avais décidé de couper le côté mi-dramatique mi-romantique de la chose par petite notes çà et là.
Il avait d'abord commencer par me parler du Temps. Il avait un gros problème avec. L'insultant d'abord, puis l'acclamant avant de reprendre sur une série de jurons.
Il avait ensuite parlé de sa fierté, des anciennes promesses faites à Dove et Shun. Il avait promit à la première de veiller sur Ezequiel aussi longtemps qu'il vivrait -retour sur les jurons pour le Temps- et à Shun de m'empêcher de retomber dans mes anciens vices. Plutôt réussit ça tiens.
Avant d'arriver au sujet qui m'avait fallut une heure d'écoute, assise à jouer avec les instruments: son amoureuse secrète et son envie secrète de changer. Il avait de toutes les façons l'impression que celui qu'il était avant même moi, le garçonnet turbulent mais attentionné et futé refaisait surface. Il avait peur de se changement et en était en même temps fier.
Il disait souhaiter que les dires circulant à son propos changent. Qu'ils passent du "Eïon est un coureur de jupons, excentriques, vaniteux et incompétent" à "Eïon est quelqu'un de stable, utile, narcissique comme il faut et agréable". Il voulait, que la douce Hanade -comme il l'avait appelée déjà trois fois- n'entende que ça de lui.
Je n'avais pas pu m'empêcher de sourire tout le long de cette déclaration. Il était adorable. C'est fou ce que les hommes peuvent devenir adorables lorsqu'ils sont amoureux. Ils se ramollissent un peu aussi... Mais redeviennent juste virils comme il faut quand il le faut. La magie de l'Amour.

-La race humaine est enlisée dans une profonde stupidité. C'est peut-être pour ça que j'aime bien être un humain. Je souffre d'un sentiment d'auto-pitié. Je me sens très apprécié comme ça. C'est un sentiment vraiment bizarre tu sais. Comme si j'étais un élément à part dans un lieu encore plus à part. Mes mains deviennent des choses à part. Mon cerveau supérieur devient encore plus supérieur et part dans une folie à part des autres folies. Ça fait beaucoup de "à part".


Je fis redescendre l'archet et plaquais doucement mes mains sur les cordes pour faire tomber le son en decrescendo.
Je relevais la tête et plantait mes yeux dans les siens. Le blanc de ses yeux était injecté de sang... Ça aurait été presque effrayant si je ne l'avais pas déjà vu plusieurs fois comme ça au par-avant.
Je souris.

-Je te rassure, tu es vraiment un être à pat, si c'est ça que tu veux entendre.

Je me redressais et rangeais le violoncelle à sa place, puis m'installais en face d'Eïon. Il avait la tête baisser à regarder ses mains. Je savais que dans cet état il ne comprendrait strictement rien à ce que j'allais dire. Je posais simplement ma main sur sa tête comme si il s'était agit d'un petit enfant en peine.

-Ça va. C'est pas comme si tu vivais un chagrin d'amour... Je suis sûre qu'elle t'apprécie à ta juste valeur en plus cette demoiselle. Sinon elle ne chercherait pas à te voir... C'est plutôt bon signe je pense. Même très bon signe.


Un épisode avec Dante me revint à l'esprit. L'idée d'organiser un dîner avec une fille x ou y pour Eïon. Pourquoi cette fille ne serait-elle pas Hanade? Ce serait plus juste.... Et mignon si tout fonctionnait bien. Faudra juste mettre d'accord Eïon sur ça... Hm.

-Je peux t'aider à en savoir plus à ce sujet si tu veux. Donne moi simplement ton feu vert et carte blanche pour faire ce que je veux...
 

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