Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Je suis désolée
#   Jeu 30 Jan 2014 - 22:27
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- On appelle les terres lunaires les "titans" et les air lunaires les "sonores". Tous les pouvoirs ont leur appellation particulière, en fait.

C’est donc cela. Il y a bien une connotation pour chacune des classes. Ou du moins si je peux les appeler ainsi. Je me demande bien combien de dénomination peut-il bien exister ? Quelque chose me dis que je ne tarderais pas à le découvrir. Isis avait l’air perdu dans ses pensées, comme si notre échange était en train de l’emplir de mélancolie. Soudain, la jeune femme repris :

- Je... Il n'y a rien de particulier à dire. Quelqu'un de cher est parti, j'ai déchanté, j'ai fait une erreur qui a valu un bras à mon père, son métier et la vie de l'animal que j'élevais. C'est... Comme ça.

C’était donc ça. La revoici…  Sans que l’homme ne s’en rende compte, celui-ci murmura dans un sanglot

- Calissia…

Hisméria se mis à grimacer puis à fermer les yeux, il semblait perdu au loin.

Quand j'y repense, c'est comme une rédemption. J'ai l'impression qu'il faut que je le fasse maintenant. Sans que rien d'autre ne puisse m'arrêter. Voici quelques heures que je me demande, quel mot vais-je employer. C'est comme si je t'avais toujours connu sans jamais m'en rendre compte. Et que de temps à autres, lorsque l'astre aux mille reflets surgit en moi, j'ai compris que je t'avais aperçu. Je me souviens de plusieurs choses à ton égard.

Rien de bien important quand j'y réfléchis A moins que le reflet de ton illusion n'ait réussi à me tromper. Cette hypothèse s'achemine jusqu'à moi et me semble tout à fait plausible maintenant que j'y pense. Faisons comme si elle n'existait pas, ça ajouterait trop de complications à mon raisonnement. Or tout le monde sait que je suis quelqu'un de simple d'esprit. Toi le premier.

Le premier souvenir me venant à l'esprit quand je pense à toi reste le temps. Oui, je crois que c'est lui qui nous a réunis pour la première fois. Je dus d'abord te conceptualiser. Puis, t'imaginer. Avec plus ou moins de perspicacité, plus ou moins de détails.

Au fur et à mesure que les secondes s'écoulèrent, de nouveaux détails s'ajoutèrent à ton portrait. Plus je t'imaginais, plus il me semblait vrai. Tu n'étais qu'un magnifique concept qui me plaisait bien.

Quand on parlait de toi, nos opinions étaient divers et variés. Au début, je ne savais que penser de toi. Je me demande même, si je savais penser. Je compris bien plus tard que ce concept était très lourd de sens. Contraint par le déroulement de mon existence, je voulus te connaitre de nombreuse fois, mais n'en fis rien. Cela aurait été contraire à mon idéologie.

Par épisode, je pus distinguer l'ombre de tes reflets. Tu me rappelais, comme à chaque personne en ce monde, ton existence. Tu avais l'art et la manière d'engendrer à travers des métaphores plus ou moins filées ce que tu souhaitais nous faire passer comme message. Forgeant ce que nous devrions être par la suite. De nouveau, nous avions chacun notre point de vue sur la question. Pour ce qui était du miens, tu ne me faisais pas peur.

L'Agnosticisme me protégeait. Cependant, je ne comprenais en rien ton agissement. Au plus creux de ma vie, je fis ta rencontre pour la première fois. Tu ne t'étais jamais aussi rapproché de moi. Ce jour-là, je n'aperçus que la noirceur de ton costume, se reflétant dans ma tasse de thé. Pas un mot ne fût prononcé. Pour la première fois de ma vie, je réussis à lire dans les iris de Calissia, mon amour. En cela, je puis te remercier. Le temps s'écoula de nouveau, laissant place à un nouvel état d'esprit.

Nous composions différemment. Les portées en si bémol majeur, symphonie et autres airs en ternaire tout à fait commode s'étaient transformés en un blues mineurs arythmique. Nous faisions semblant d'être heureux, mais ce n'était pas vraiment le cas. Je dois admettre que le plus touché par tant de changements était mon frère. Il continuait passablement à écrire ses notes de carbone sur son papier argenté, traçant sa portée. Il fallait bien qu'il le fasse.


J'entends d'ici ton rire sadique porté par les molécules d'air, s'acheminant vers des lieux qui me sont inconnus. "Qu'importe, tu n'es qu'illusion, et le reste de ta famille aussi". Voici sûrement ce que tu aurais prononcé. Cette impression me vient sûrement de notre seconde rencontre. Oui, car de nouveau tu te rapprochas de moi. Comme si la première fois n'avait pas suffi. Cette fois-ci, je puis t'observer plus longuement qu'à notre première rencontre. Dans mon souvenir, tu portais une grande tenue ténébreuse qui ne me laissa pas insensible.

Tu n'avais pas l'air différent des autres. Voire même réservé. Je ne comprenais pas pourquoi tu restais, seul dans ton coin. Tu étais tourné, face aux lumières du soir. Je ne pouvais apercevoir ton visage. Cependant, j'en devinais sa forme. Je faisais attention à chaque détail de ta silhouette. Plus je m'y intéressais et plus quelque chose me paraissait étrange.

Oui. Une sensation mystique. Cette rencontre me paraissait plus qu'inquiétante. Au plus profond de ce que j'étais, je pouvais le ressentir. Je n'en connaissais les raisons, ce qui ne m'empêchait pas d'écouter les battements singuliers de


L’organe me servant de cœur. D'une voix légère, douce et enjoliveuse, tu prononças quelques mots. Je pris du temps à comprendre leurs significations. A première vue, ils ne possédaient aucun sens logique et plausible connu par mon esprit. Quand je compris le sens de ceux-ci, il était déjà trop tard. Tu me l'avais déjà prise. J'eus à peine le temps de tourner ma tête qu'elle avait rendu son dernier souffle. Tu me le chuchotas au creux de l'oreille encore et encore.


Par les murmures du vent, tu t'amusais à me le redire sans cesse. Ce "dies irae dies ila". Du grégorien. Ce fut ta manière de me l'annoncer. Il était temps qu'elle parte. J'avais beau pleurer, beau hurler face à tant d'injustices, rien n'y changea. Je pouvais te maudire de toutes mes forces, tu avais pris ta décision. Et ma rancœur remplissait ton cœur de plaisir.

Tu repartis sans dire mot. Presque aussi vite que je t'avais aperçu pour la première fois. Faisant de ma vie un vaste crépuscule. J'avais beau vouloir être fort, je n'y arrivais pas, je n'y arrivais plus. A mon tour je sombrai dans les ténèbres.

Ou plutôt ce sont les néants qui m'oppressèrent. J'y restai un moment. Je ne saurais te dire combien de temps exactement. Je ne crois même qu'une part de moi y est encore. Cependant, quelque chose me sortit de là, quelque chose de plus fort que toi. Quelque chose qui parvient à me motiver de nouveau chaque jour dès que je me lève. Une idée, se transformant en concept. Elle illumina ce que je suis.

Je ne voulais plus décevoir. Ma réactivité fût au plus haut. Je n'avais plus beaucoup de temps pour la mettre en place. Tu te demandes quelle est-elle ? Tu le sauras lors de notre prochaine rencontre. En attendant, je vais te révéler la raison de l'écriture de cette lettre. Un jour, lors de mes lectures, je tombai sur cette citation : « Le vrai tombeau des morts c'est le cœur des vivants. » En y réfléchissant bien je compris à quel point cette citation me paraissait juste. Elle résonnait en moi comme une grande cloche de bronze. Il fallait que je t'écrive.

Maintenant. Je ne sais pourquoi. Il fallait que je le fasse. J'étais prêt à notre prochaine rencontre. Ô toi grande faucheuse, de ta lame puissante tu as atteint mon cœur et tu ne me l'a jamais rendu. Comme toute personne, je sais qu'un jour je devrai me confronter à ton regard. Est-ce que je chercherai à le fuir, ou plutôt à contempler la noirceur de tes iris ? Il n'y aura qu'en temps voulu que je pourrais le savoir. En attendant, je me contente de faire semblant de vivre. Sache qu'en attendant ce jour-ci, j'ajouterai à cette lettre tous les évènements que tu as créés.


Tout ce que tu m'as pris avant de venir me chercher. Je te demanderai ce pourquoi tu les as choisis eux et pas moi. Ce pourquoi tu aimes tant corrompre nos cœurs en y ajoutant une noirceur telle que le néant à coté reste un conte pour enfant. Ce qui te pousse à nuire notre espèce, rongée par la plus puissante de tes armes: les sentiments.


Mais en attendant, je respire, je vis, j'expose, j'implose, je propose, et j'écris. De la prose. Celle-ci décrivant ce que je suis, ou aimerais être.

J'ai connaissance que tout homme n'est que décroissance radioactive, mais sache que les écrits restent au plus profond du creux de ce que qui nous ont connus. Je suis et resterai honoré du bout de chemin que j'ai parcouru en leur compagnie. Chacun d'entre eux m'a apporté tant de choses que tu ne pourrais comprendre. Voire même imaginer.


Je le sais, c'est ainsi. La vie n'est pas  fatalité, c'est l'illusion que tu voudrais nous faire croire. Nous sommes tous maîtres de notre destin et je compte bien prendre le miens en mains. Tu ne m'en empêcheras pas. Nous règlerons nos divergences en fin de parcours. C'est à moi de te prévenir. Voilà exactement la chose que je suis en train de faire. Te prévenir. N'oublie jamais, l'éther scintillera à travers mes pupilles, tant que je respire, la lumière s'y ajoutera.

Hisméria sortie de cet état de transe le souffle cours, son regard flouté perdu au loin avait maintenant du mal à distinguer les contours de la pièce, pourtant l’homme réussit à comprendre les mots d’Isis

_ J'ai des regrets, et ils resteront tant que je n'aurais pas décider d'avancer. C'est un choix personnel, qui prendra encore beaucoup de temps...

A vrai dire, Hisméria ne pouvait que comprendre et compatir, mais en rien ajouter quelque chose. Pourtant il aurait aimé qu’un flot de parole se libère, qu’il dégage une énergie telle que la pièce soit occupé de part en part. Saisit. Remplis. Que celle-ci change de couleurs et d’ambiance. Au bout de quelque minute, le jeune homme se décida de prononcer les mots qui suivirent :

- Je suis désolé. Désolé d’avoir été aussi curieux. Désolé d’avoir fait ressurgir un passé un peu trop douloureux, vraiment désolé.  


Dernière édition par Hisméria Altair le Dim 18 Mai 2014 - 13:34, édité 5 fois
#   Lun 3 Fév 2014 - 23:20

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HRP : O.O La taille du post... La vache !

Je cru entendre un nom. Ou un prénom, ou la désinence d'une chose, peut importe. Je cru entendre ce brin de parole faible qui est prononcé au delà d'un souvenir, qui le subjugue et le dépasse pour se faire une place dans la réalité. A quel point ce souvenir pouvait-il être fort et révolu à la fois ? Si proche mais avec tant de recul pour qu'il puisse le prononcer ? Ou alors était-ce juste moi qui avait peur de prononcer le nom de mon ami le plus cher, peur de voir ce qu'il représentait à mes yeux et en même temps ce que j'avais perdu ?
Avec ce nom, il y eu des vertiges, un mal de crâne, quelque chose de grandet de fort, un peu comme ces rêves éphémères qui vous transportent loin. Oui, il y a eu cette vague de chaleur, cette montée de musique lointaine, ces rugissements retentissants de la scène aux heures de spectacle. Les hommes et les femmes qui montraient la puissance de leurs corps dans ces mouvements fluides, le présentateur à la voix claire, mon père, qui emplissait puissamment la pièce. Il n'y avait pas de bas niveau. Tout le monde donnait de son mieux, tout le monde avait donné de sa vie pour le faire. Ils étaient tous là ensuite, à la fin de ce spectacle éreintant, tous à m'attendre, moi qui avait le privilège du dernier numéro, en sueur, souriants, ils me tendaient la main. Je la saisissais. Et nous retournions sur cette scène, sous le regard des enfants. Et ma main tenait la sienne. Son singe passait d'un bras sur l'autre avec des cris railleurs qui définissaient sa bonne humeur. Et on riait. Et on souriait. Et même si au fond persistait cette peur de voir tout ça s'achever, par le manque d'argent, par le manque de tout, à ce moment là nous avions oubliez. Nous oublions tout.
Tu l'as oublié.
Brusquement j'ouvrais les yeux sur cette chambre d'hôpital. J'étais avec Hisméria, peut être plus abattu que moi, son regard dans un vague infini. Il n'y avait plus de musique, plus de chants. Tout ça était mort, évanoui comme une tache d'encre tenace au fond d'un lavabo. Et je retenais tout mon corps de verser ses larmes, sa souffrance physique e morale. J le savais, ce qui s'était passé. A quoi bon rêver ? A quoi bon se souvenir ? Mais c'était inéluctable, je ne pouvais pas oublier. Et je ne voulais pas. Je me suis mordue la lèvre inférieur. Et je n'avais en réponse à mes questions que ce silence. Maudit silence.


- Je suis désolé. Désolé d’avoir été aussi curieux. Désolé d’avoir fait resurgir un passé un peu trop douloureux, vraiment désolé. 

Je secouais la tête. Lentement. Le passé ne resurgit pas, il nous imprègne, nous possède. Nous ne pouvons pas nous en défaire. Et je ne peux que trop bien le constater. C'est pourquoi j'essaye de recommencer, de continuer, mais mon erreur à moi est de vivre avec. Alors qu'il faut prendre du recul, maintenant. Il faut faire le premier pas, même si on sait que ce passé nous rattrapera toujours, quelque soit le moment.Il viendra avec ses grandes ailes de nostalgie, il viendra nous prendre notre présent et notre réalité. Le salaud.
Je souris faiblement. Un sourire ironique envers moi et ce destin que j'ai l'impression de fabuler un peu trop. Auquel je donne une importance trop grande pour une si maigre vie. Je me ressaisis. Il faut grandir maintenant, quelque soient les dégâts pour moi. Je vais tenter l'ascension de cette montagne gelée sans gants et sans crampon, hé bien soit ! Que je tombe, peu importe ! On verra jusqu'à quand l'espoir pourra me relever ! Jusqu'à où mon passé pourra me soutenir, quand est ce qu'il me rattrapera ! Je suis prête à tenter l'aventure !

_ Le passé est ce qu'il est, Hisméria. Il est là pour toujours. Mais il y a quelque chose de plus important, maintenant. On appelle ça l'avenir. C'est grand, ça fait peur, c'est lié au passé et c'est répétitif, mais c'est une notion comme une autre.

Mon sourire s'accentue. J'ai mal, tout mon corps me fait souffrir. Mais je vais changer, désormais j'ai cette motivation, je vais le faire. Je vais renouer avec mon passé, je vais lui apprendre à évoluer, le tirer de l'avant, lui montrer que je peux encore vivre avec lui en l'ayant perdu. Certes, ce sera encore me voiler la face sur ce que j'ai fait, mais peut-être que ça marchera. C'est une solution comme une autre pour une notion comme une autre. 
Je me tourne vers mon ami.

_ L'avenir... Voyons voir ce que ça peut donner !


#   Mar 4 Fév 2014 - 21:42
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- Le passé est ce qu'il est, Hisméria. Il est là pour toujours. Mais il y a quelque chose de plus important, maintenant. On appelle ça l'avenir. C'est grand, ça fait peur, c'est lié au passé et c'est répétitif, mais c'est une notion comme une autre.

Isis avait raison, je me devais d’avancer. Mais en y repensant, comment avancer quand votre corps entier vous retiens dans les abymes d’un passé bien trop marqué. Reprend toi Hismé, ce n’est pas le moment de flancher !


Après tout ce que tu as parcouru, ne perds pas de vue les objectifs que  tu t’es fixés. Et puis, tu as des promesses à tenir, tu te souviens ?

Hisméria se redressant légèrement prononça :

-  Oui tu as raison, concentrons-nous sur notre présent.

Dans la difficulté de tenir debout, Hisméria pris appui contre un mur. Bizarrement les mots d’Isis rappelaient étrangement ceux de S.N.E. De nouveau des fantômes  s’emparent de l’esprit du jeune homme.

Si bien qu’il eut même de sueurs froides dans le dos. De longues stalactites descendirent, ayant pour effet de congeler le dos de l’homme pour ne laisser place. Tu vois, cette sensation qui s'empare de toi à tout moment, j'en ai peur, à savoir :

Un curieux mélange d'euphorie et de tristesse, passant par la nostalgie et la passion. Elle me percute de plein fouet, puis me quitte comme si son passage n'était qu'illusoire. Ce sentiment est d'une puissance irréelle.

Si bien qu'à chaque fois qu'il me transperce, mon corps tremble nerveusement de tous ses membres. Je suis follement apeuré par ce si doux, mais pourtant si violente sensation.

C'est semblable à un bonheur trempé de larmes, ou à un amour teinté de haine: impossible à supporter, difficile à imaginer. C'est un parfum amer, une chaleur envahissant tout mon corps, une force et à la fois une faiblesse.

Une partie de moi voudrait de tout cœur s'enfuir, courir le plus loin possible afin d'échapper à ce sentiment dévastateur, tandis que l'autre partie souhaiterais s'abandonner à l'incertitude, au doute, à cette euphorie, à ce bonheur peut-être bien même inexistant.

Réalisant qu’Hisméria était de nouveau perdu dans ses pensées, Isis repris :

- L'avenir... Voyons voir ce que ça peut donner !

En parlant de ça, et si nous sortions ?  Je ne sais pas toi, mais pour ma part j’en ai marre de rester enfermer dans une pièce aussi petite, j’ai besoin d’air !

Tout en clopinant Hisméria remis avec plus ou moins de mal ses affaires et son manteau. Isis voyait très clairement que cette action n’était pas sans douleurs. Mais cela montrait la détermination du jeune homme. L’adolescent sortie une cigarette et la mise au bec.  Celui-ci reprit :

- Bon tu viens ?


Dernière édition par Hisméria Altair le Dim 2 Mar 2014 - 17:34, édité 4 fois
#   Ven 7 Fév 2014 - 23:38

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Il approuva la notion du présent. Mais pour moi présent et passé son similaires puisque je vis d'un dans l'autre... Les conceptions du monde sont vraiment altérées en fonction de qui vit, où il vit et ce qu'il vit. Je sens que cette discussion m'a fait du bien, je vais mieux. J'ai envie de bouger, courir, même si ça risque de me provoquer une affreuse douleur. Et j'ai envie de créer, de construire. J'ai envie de retourner voir le carrousel qu'on a fait avec Mitsuki, je sens que j'y trouverait des réponses cette fois, et non un simple miroir de moi même.

En parlant de ça, et si nous sortions ?  Je ne sais pas toi, mais pour ma part j’en ai marre de rester enfermer dans une pièce aussi petite, j’ai besoin d’air !

Vous savez, quand un air dit ça c'est plutôt rigolo en fait. Ça voudrait dire que j'ai besoin de terre ou de pierre ? Non, c'est juste une expression débile... Quoique personne ne pourrait vivre sans terre, comment ferions nous pour planter nos légumes ? Ok je pars peut-être un peu loin là...

_ Pourquoi pas ?

Hisméria récupéra douloureusement ses affaires et sortit une cigarette. Je ne fume pas mais pas mal de gens fumaient au cirque, comme mon père, d'ailleurs. Et quand je lui disais qu'un jour il serait un monsieur Loyal à la voix cassée, il me répondait qu'au moins il ne trahirait personne. Oui, les blagues de merde c'est transmissibles, malheureusement... Je commençais à bouger. Mon dos me fit mal mais je le supportais. Je récupérais également mon nécessaire et posait une main sur mon tatouage fait au cirque, une des deux seules traces qui m'en restait. Je m'habillait chaudement en faisant attention à ne pas faire de faux mouvements.

- Bon tu viens ?

Je fis une petite grimace en exécutant mes premier pas et me rendit compte que c'était plus facile que je ne le pensais. Douloureux, mais j'avais eu peur un instant de m’effondrer, j'aurais eu l'air très conne... Surtout pour une titan, quoi ! Arrivée à la porte, je le retiens in extremis avant qu'il ne sorte -et peut-être avec une force un peu exagérée pour le coup, je m'en excuse...
Un infirmière passe avec un chario. Elle ne nous voit as et continue.

_ Si j'étais nous, j'éviterais de nous faire repérer, je suis pas sûre qu'on ai le droit de partir...

Je lève la tête en l'air, l'espace d'un instant.

_ Et ça tombe bien, puisque je suis la moitié de nous deux.

Je me faufile dans le couloir.


#   Mar 11 Fév 2014 - 22:20
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- Pourquoi pas?

La réponse fut calme et prononcé avec un léger sourire, Isis semblait rassurée à l’idée de se balader en ma compagnie, voilà une chose qui me fit plaisir et je lui rendis son aimable émotion. C’est impressionnant de voir, que la confiance peut s’instaurer aussi rapidement. Perdu dans mes pensées, la demoiselle reprit :

- Si j'étais nous, j'éviterais de nous faire repérer, je ne suis pas sûre qu'on ait le droit de partir...

Elle  n’avait pas tort. Je ne sais pas du tout comment nous allons procéder, mais après tout, la vie est faite d’aventure. La jeune femme s’exclama
- Et ça tombe bien, puisque je suis la moitié de nous deux.

Voilà qui nous arrangeait, les deux compagnons commencèrent tout doucement  à s’échapper dans le couloir. Soudain, Isis fait signe de s’arrêter, Hisméria compris aussi tôt :

Il y avait une dame, dans la quarantaine, qui était derrière un comptoir la tête baissée vers je-ne-sais quelle paperasse. Elle portait une tenue de préposée ou d'infirmière. Je la regardai en silence et dans une immobilité totale, sans l'appeler, cherchant comment nous allons bien pouvoir passer sans éveiller les moindres soupçons. Le regard d’Hisméria fut attiré par quelque chose :

Une jeune femme était assise dans un fauteuil roulant à fixer, depuis une chambre d’hôpital, la vie qu’elle devrait chérir. Ses poings se serraient sur les accoudoirs, l’on ne pouvait pas encore voir son visage.


Ce dernier était impassible et quelques égratignures y figuraient, notamment sur ses lèvres, en dessous de ses sourcils et sur les joues, ses yeux verts avaient perdu la lumière qu’ils possédaient auparavant, elle était presque effrayante. Même ses longs cheveux roux étaient ternes…


Parfois elle se faisait craquer la nuque, sans s’en rendre compte. Elle pouvait rester des heures dans cette position, l’esprit démuni de toute pensée, elle n’en avait pas conscience. Sa solitude l’accompagnait, c’était déjà ça. De temps à autres, elle avait la dangereuse impression que son cœur, littéralement broyé, cessait de battre; comme si sa vie s’arrêtait dans cette chambre d’hôpital, seule et sans rien.

L’infirmière sortie  refermant calmement la porte. Plus personne n’entra pour le moment. La jeune femme tremblait et blêmissait à une vitesse inquiétante. Personne ne croirait le personnel médical si ce dernier expliquait que c’était quotidien. Les larmes de la rouquine ruisselaient sur ses joues pâles, elle criait des prénoms, des insultes qui n’avaient pas leur place ni leur sens dans cette pièce.


Le bout de ses doigts s’agitait sans qu’elle ne pût se contrôler. Tout l’hôpital profitait de ses cris de colère et de désespoir. Si elle continuait ainsi, elle allait se déchirer les poumons et les cordes vocales.

Un médecin, alarmé par les cris de sa patiente et l’inactivité de ses collègues, entra dans la chambre de la jeune femme et se précipita à ses côtés. Sans aucune douceur, il l’attrapa au-dessous de la taille pour la porter et la faire s’allonger de force dans son lit.


Il lui dictait de se calmer, que tout allait bien se passer, que ce n’était pas grave… Encore un incompétent sentimental. La demoiselle ne se laissait pas faire bien que seul le haut de son corps pouvait tenter de se défendre.

Maintenant pensa Hisméria, et chuchota :


- C’est le moment que nous attendions tant Isis, tachons de filer discrètement.


Dernière édition par Hisméria Altair le Dim 18 Mai 2014 - 13:38, édité 2 fois
#   Mer 19 Fév 2014 - 22:44

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J'avais vu le regard d'Hisméria. Je l'avais vu se poser sur cette porte en face, sur cette fille. Mais moi, le mien ne pouvait pas se dérober à ce que je voyais. Cette fille. Si jeune. Contrainte. Forcée à rester assise et muette le restant de ses jours. A parler avec les yeux. A pleurer avec le cœur.
Je n'en pouvais plus. Le simple fait de voir son visage en larmes, tentant de se dérober à son destin, de se battre...
Mon espoir a flanché. Je disais que j'allais me battre, moi aussi. Que j'allais me relever de mon passé. Mais qu'est ce que j'étais par rapport à elle, au juste ? Rien. Rien qu'une gamine qui se noyait dans un verre d'eau. Je me haïssais en cet instant plus que quiconque. Je me haïssais d'avoir une belle vie, pleine de belles aventures dont je n'avais pas su profiter. Devant cette fille, je ne pouvais rien dire, je n'avais vécu aucun malheur. J'étais une gosse de riche, heureuse qui n'avais pas à se plaindre. Ho qu'elle avait raison de me regarder ainsi, de me haïr, de se débattre. Je n'en pouvais plus. Plus de supporter son regard, plus d'être heureuse sous ses yeux. J'étais affreuse, beaucoup plus qu'elle.
Son regard me fit frémir, faiblir, comme si elle aspirait ma vie. Elle se débattait, elle luttait, et on faisait tout pour l'en empêcher. Parce qu'elle ne s'en sortirait pas. Ils le savaient. Mais je voulais lui donner une chance. Si je le pouvais. Mais je ne pouvais rien faire. J'étais impuissante. J'ai détourné les yeux honteusement.


- C’est le moment que nous attendions tant Isis, tachons de filer discrètement.



Un murmure. Un chuchotement à mon oreille, comme la voix d'un diable.
J'étais impuissante. J'ai regardé mes mains, puis le couloir. Puis cette chambre. Ma tête s'est mise à tourner. Ma raison me disait que je ne pouvais rien faire pour elle. Mais... Il y avait quelque chose de changer. Ma forteresse venait de s'effondrer. Un petit peu. Une brèche. A peine, mais suffisante pour refuser, faire quelque chose d'idiot, suivre mon instinct stupide.
J'ai tourné le dos à Hisméria.


_ Vas y, c'est ta chance. Moi je reste.


L'homme la posa de force dans son lit. Mon œil implacable de précision ne détecta aucune fausse manœuvre de sa part, la fille n'avait donc pas mal, mais peur. Seul le haut de son corps la faisait sûrement souffrir. Je me suis approchée, j'ai franchi la porte en la poussant à peine. Un infirmier a tenté de m'arrêter mais je lui ai fait comprendre en m'accrochant à son bras qu'il risquait de le perdre si il m'empêchait d'agir.
Je me suis approchée du lit en poussant le docteur et ai saisi les mains de cette fille. Elle était en dessous de moi. Ses yeux plongés dans les miens. Ces yeux de douleur et de contrainte. Elle ne pouvais pas lutter contre ma force. Elle a pleuré, elle s'est épuisée. Je ne savais pas vraiment ce que je faisais. Est ce que j'étais en train de détruire sa lutte ? Sa vie ? En tentant de la calmer ? Est ce que je la confortais dans l'idée qu'elle était faible ?
J'ai attendu qu'elle bouge moins. Puis, doucement, avec la lenteur d'une mère, je l'ai relevé. Sans savoir pourquoi, je l'ai prise dans mes bras, alors que ses bras sans forces tapaient mon dos et que ses yeux criaient de douleur.
Je me mis à murmurer. Des paroles douces. Des questions sans réponses. "Qu'est ce qu'il se passe ? Pourquoi as tu peur ? Je peux t'écouter, moi. Je ne suis pas médecin, juste une fille qui passait par là. Je peux t'écouter si tu veux..." et ses sanglots redoublaient. Puis elle s'est affaissée. Endormie. En pleur dans mes bras. Je l'ai retourné lentement et ai découvert son dos. Il n'était pas rare au cirque que des acrobates souffrent de douleurs musculaires dans le dos. Alors mon père les massaient, comme l'infirmier. Tout le monde connaissait ces gestes familiers, de bonne entente, fais pour aider. Soulager la douleur, même un temps.
Je l'ai massé. J'ai sentis sous mes mains ses muscles se décontracté. J'ai remis en place une vertèbre décalée. J'ai fait attention à la force employée pour ne rien casser. Le médecin regardait avec attention chacun de mes gestes, lâchant parfois un commentaire ou deux.
Mais c'est tout ce que je pouvais faire. Je me suis levée, me dirigeant vers la porte en silence. C'était tout ce que je pouvais faire, pas vrai ? Mais ce n'était pas d l'impuissance totale, j'avais pu l'aider, ne serait-ce qu'un peu, non ? Alors j'avais le droit d'avancer, pas vrai ?
Je levais le regard. Si cette fille était là demain, je devrais m'excuser. Et si Hisméria est toujours là aussi, je devrais m'excuser. On ne fait pas attendre un rêve de délivrance...


#   Dim 2 Mar 2014 - 17:29
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HRP : Déménagement finis ! Désolé de l'attente, mais je vais pouvoir m'y remettre !

Je n’aurais jamais pu soupçonner la réaction d’Isis. Avant que j’eu le temps de la retenir, la demoiselle fonça tête baissé dans la chambre ou se trouvait la patiente. Allant jusqu’à bousculer infirmières et médecins. L’adolescente lui murmura des mots doux qui eurent pour effet de faire pleurer la jeune patiente.

Puis, quasiment aussi tôt après, la fille s’endormit dans les bras d’Isis. Je ne pouvais pas en croire mes yeux, la jeune femme avait ce pouvoir maternelle qui vous rassure, jusqu’à ce que vous vous sentiez parfaitement détendu et bien. Même les médicaments échouèrent là où Isis avait réussi. Une fois le corps de la petite détendu, celle-ci commença à la masser, calmement et tendrement. Même de mon point de vue, je remarquai avec qu’elle précision Isis effectuait chacun de ses gestes.  

Puis, pour je ne sais quelles raisons, la demoiselle s’arrêta nette, se redressa et sortit de la chambre se dirigea maintenant vers moi l’air triste et perdu. Je ne pouvais pas lui transmettre oralement à quelle point j’étais admiratif de ce qu’elle venait de faire…

A vrai dire, je n’en m’étais même pas rendu compte, mais de la voir ainsi m’avait cloué dans le passage. Ce qui devait arriver se produit : une infirmière me demanda la raison de ma localisation. Je ne pouvais pas lui répondre que je cherchais simplement à sortir.

Quoi que ? En y repensant, elle aurait peut-être trouvé ça drôle quand on voit notre état, nous imaginé dehors n’était pas encore concevable. Et pourtant il fallait qu’on sorte. Simplement, une fois qu’Isis m’avait rejoint, l’infirmière nous reconduit jusqu’à notre chambre.

Après tout, nous n’étions que des éclopées en rêves de libertés. Et puis quelque chose me dis qu’on ne sort pas d’ici aussi facilement que ça. Bien, nous revoilà au point de départ. Je me tournai vers Isis qui semblait toujours perdu dans ses pensées. Cet hôpital était en train de la transformer, de la fragiliser. C’était comme si le roc que j’avais connu était peu un peu en train de se fissurer pour laisser place à un cœur tendre et chaleureux. Cela ne me dérangeait pas de la savoir pourvut de sentiment, mais le monde qui nous attendait dehors ne lui ferais aucun cadeau. Notre aventure au sein de l’arène m’aura au moins fait comprendre cela. Non pas que j’en doutais, mais je m’attendais à ce que Terrae soit plus accueillant. Comme quoi, je me dois de rester en permanence en vigilance.

Hisméria se retourna et pesa chacun des mots qu’il allait prononcer. Cependant, grâce à ce petit instant de réflexion, l’homme comprit qu’il était nécessaire de les formuler maintenant :

- Isis, je ne doute pas une seconde que tu ce que tu vois ici ne te laisse pas indifférente, mais ce n’est pas notre rôle de prendre soin d’eux. Nous ne pouvons pas, du moins pas pour le moment. Je ne te connais pas depuis longtemps, mais de ce que j’ai compris, tu as aussi des impartiaux à atteindre. Des promesses à remplir : c’est pourquoi tu ne dois pas faiblir ! Fonce la tête baissée comme l’Isis que j’ai connue dans l’arène, ne t’arrête pas, jusqu’à ce que l’objectif soit rempli. Une fois cela fait, tu pourras si le cœur t’en dit, revenir dans cet hôpital et aider le personnel soignant.

L’homme après avoir repris son souffle ne put s’empêcher de se tenir contre un mur. Quelques choses n’allaient pas, il se sentit d’un seul coup très faible et sa cicatrice se mit à le bruler violemment. Sa tête lui faisait si mal qu’Hisméria eu l’impression que la terre cédaient sous ses pieds. Il n’avait plus que les façades qui le séparaient d’une chute certaines.

Sans qu’ils ne s’en rendent compte, l’adolescent reprit :

- S.N.E …

Une fois que la douleur calmé, il se tourna rapidement vers Isis et s’exclama :

- Il faut vraiment que nous sortions, il arrive, je n’ai vraiment plus de temps.
#   Sam 15 Mar 2014 - 19:03

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J'étais complètement sonnée. 
En rejoignant Hisméria, je ne sentais plus rien. Je ne sentais plus rien. J'avais l'impression de marcher au milieu d'un tunnel de nuages froids et je m'en foutais complètement. Ma tête tournait dangereusement. Je sentais encore sur mes mains la chaleur de son petit corps se tordre, gémir pour faire sortir la douleur affreuse. Mais qu'est ce que j'avais fait ? J'avais anéantis son combat.
Une forme vague, comme une femme, me conduit à un endroit en me tenant par la main. Elle me parlait mais je ne l'entendais pas. Je voulus bégayer des mots. Pour Hisméria, je crois. Mais était-il là, au moins ? Je ne sentais pas sa présence. Je ne voulais pas. Je ne sentais plus rien, en fait. Aucun son ne sortit. Ni de ma bouche, ni de mon esprit.
Un si petit corps... Entre mes mains de titan... Mais qu'avais-je fait ?
Je m'assis. Sur un lit. J'étais devenue un zombie. Le même que cette fois là. Quand Dunkan était parti. Je sentis la muraille de mes sentiments se fissurer un peu plus. Me causant une affreuse douleur dans la poitrine. Je m'étais pourtant jurée que...
Je sortis de mon état comateux, en partie. Je sentais le regard de mon ami sur moi. Je le croisais une seconde. Et ce que j'y vis me fit peur. Une sorte de... compassion ? Le regard qu'on ferait devant une petite fille apeurée. Je sentis mon corps et mon pouvoir gronder. Mes mains trembler.
Alors quoi ?! J'ai l'air si fragile ?! Ne regarde pas, idiot, personne ne doit voir ce qu'il y a de l'autre côté de cette forteresse, ce n'est que de la faiblesse. Personne. As tu peur de brise le silence ? Oui, je le vois. Oui, je suis immobile, dans ce monde, ailleurs, comme choquée. Mais je ne suis pas...

- Isis, je ne doute pas une seconde que tu ce que tu vois ici ne te laisse pas indifférente, mais ce n’est pas notre rôle de prendre soin d’eux. Nous ne pouvons pas, du moins pas pour le moment. Je ne te connais pas depuis longtemps, mais de ce que j’ai compris, tu as aussi des impartiaux à atteindre. Des promesses à remplir : c’est pourquoi tu ne dois pas faiblir ! Fonce la tête baissée comme l’Isis que j’ai connue dans l’arène, ne t’arrête pas, jusqu’à ce que l’objectif soit rempli. Une fois cela fait, tu pourras si le cœur t’en dit, revenir dans cet hôpital et aider le personnel soignant. 


Mon regard se fait plus dur. Les murs se remontent tout seuls dans mon corps. Je ne suis pas impuissante ! Pas impuissante au point de me détourner de mes objectifs pour quelque chose d'aussi... D'aussi... Je vais de l'avant, je refuse de rester bloquer pour ça. 
Je grogne. Dans l'arène ? Ce n'était pas moi dans l'arène. Celle que je suis n'aurait pas provoqué le combat, elle l'aurait empêché. Celle que je suis n'aurait pas attaqué, juste contré. Celle que je suis n'aurait pas été atteinte par les critiques de la fille, elle les aurait ignoré. Celle qui se battait, ce n'était pas moi. C'était cette partie faible, pleine de sentiments, de la haine à l'amour, cette partie trop instable pour être montrée.
Je suis calme.
Je suis posée.
Je suis intelligente.
Je me relève, droite sur mes jambes. Je n'ai pas mal. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas la tête qui tourne. Je suis la forteresse, droite et fière, debout et inébranlable. Je vois Hisméria s'affaisser. Il murmure des mots. Non, un nom. Toujours le même. Et je vois désormais à son cri la terreur que lui induit ce nom. Le douleur.

- Il faut vraiment que nous sortions, il arrive, je n’ai vraiment plus de temps. 


Je le regarde. Je m'approche. Je lui tend la main. Je ne bronche pas. Mon regard est de nouveau celui d'Isis. Froid. Intelligent. Plus jamais de failles. Une dernière trace de colère remonte le long de mon bras, faisant bouger mon pouvoir de titan et frémir le sol sous mes pieds. Je suis calme.

_ On s'en va ? Suffit de demander.

J'ouvre la porte sans aucune discrétion. Sans m'arrêter, je traverse les couloirs, droite. Je croise les infirmières et les docteurs. Ils ne disent rien. Sentent-ils la force qui émane de mon corps ? Est-elle du à mon soudain charisme, ou à mon pouvoir ? Je ne sais pas. Je suis sûre de moi. Je ne flancherais plus, ce n'est pas moi. La faiblesse, ça c'était avant. Je la renie. Je m'arrête au guichet. En face du secrétaire. Je le regarde dans les yeux.

_ Chambre 206, les patients sortent.
_ Mais vous ne...

Je laisse mon doigt chargé de pouvoir circuler sur le marbre poli et mon regard se plonger dans ses yeux. Vois. Vois que je suis forte, que rien ne me fera changer d'avis. Je suis bien, en forme. Prête à sortir.

_ Nous sortons.

Il ne dis rien, mais coche le livret des sorties. Je me dirige ver la porte.Je ne sais pas Hisméria m'a suivi. Je suis peut-être allée trop vite. Mon pouvoir m'abandonne brusquement. Je ne cille pas, ou presque. Je reste droite. Toujours. 
Dehors. De l'air. Je veux respirer.


#   Ven 21 Mar 2014 - 21:52
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Hisméria perdu dans ses pensées divaguait au plus haut point. Peut-être était-ce la morphine qui faisait effet. En y repensant, Il n'y a pas de mal à rêver. Au contraire, la rêverie apporte le bonheur et la joie sans rien avoir à faire quelque chose pour elle. Les rêveurs ont souvent un sourire sur le visage, et c'est une joie pour les autres de le voir. On peut alors se demander pourquoi tout le monde n'adopte pas ce comportement gratuit.

La réponse est très simple. : On doit avoir une imagination débordante pour être des rêveurs. Mais alors, comment pouvons-nous obtenir cela ? Non, à mon avis, on ne peut pas "obtenir" une imagination débordante. Elle est en nous dès notre enfance. Si nous avons assez de chance, nous l'aurons tout au long de notre vie, une vie en rose : Entendre un oiseau tôt le matin à la fin de l'hiver nous fait penser au printemps ; un bourgeon sur un arbuste et l'on voit des fleurs partout ; un mot d'affection et le cœur et l'esprit s'ouvrent pour accueillir l'extase de l'amour. En y repensant, le jeune homme ne se qualifiait pas d’heureux. Bien qu’il soit souvent perdu dans la lune, cela faisait longtemps que celui-ci avait oublié la sensation de se sentir bien. Et cet hôpital ne l’aidait pas à aller mieux sur ce point-là.

Que se passe-t-il quand l'imagination s'est endormie ? Est-ce à dire qu'on arrête de rêver ? Qu'elle ne se réveillera jamais ? Que l'on pourra la secouer pour la faire revivre ? Que l'on pourra la secouer pour la faire revivre…

Au départ, un peu trop avide, Hisméria se rappela d’une pensée que S.N.E avait émis : combien parviennent à monter, combien abandonnent ou arrivent trop tard. Mais ce critère de statistique posait un lourd problème : c’était bien lui qui choisissait de redémarrer ou. Les statistiques seraient trompées. Influencé, soit il commencerait à laisser le temps à tous les coureurs de parvenir jusqu’aux portes à temps, et ce même aux plus lointains et désespérés, soit, désireux de créer du spectaculaire dans les courbes de ses graphes, il commencerait à accélérer à tout bout de champs, laissant les malheureux à bout de souffle regarder l’œil terne l’arrière s’en aller sinistrement. Peut-être même allait-il naître une certaine forme de sadisme en lui.

Quelque chose sortit le jeune adolescent de ses chimères, Isis n’était plus là. Bon sang, ou à t’elle bien pu passer ? Paniqué, Hisméria se mit à se mouvoir le plus rapidement possible.

L’homme retrouva la jeune femme quelques instants plus tard :

On se coule dans l’existence et on y acquiert à force des jours, sa forme propre, son moule sur-mesure, sa singularité. Imaginons alors le point de vue d’un observateur d’un autre monde totalement différent, des choses de l’humain ; il se pourrait que certaines vies ratées lui soient plus agréables à contempler que d’autres plus réussies. Apparaîtrait alors à son regard ébahi un magnifique jardin planté de drames quotidien. C’est tout, c’est aussi simple que ça. Je ne serais vous dire pourquoi, mais Isis retrouva la totalité de sa force et de sa prestance qui plaisait tant à l’adolescent. La jeune femme s’exclama :

- Nous sortons.

C’est vrai que S.N.E ne devait plus être très loin, l’adolescent se contenta de hocher la tête comme pour acquiescer. Les deux amis se retrouvèrent maintenant sur le palier de l’institut.  A vrai dire, il ne savait même pas ou il pouvait bien se rendre. L’homme s’exprima alors :

- Mais où allons-nous ?

Hisméria tourna le regard instinctivement : ce qu’il découvrit le tétanisa : S.N.E se tenait devant lui


Dernière édition par Hisméria Altair le Sam 5 Avr 2014 - 17:54, édité 1 fois
#   Ven 4 Avr 2014 - 22:38

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HRP : Dis moi si tu veux que je change quelque chose surtout hein >.<

J'avais des vides.
Rien de comparable avec le vide formidable qui m'avait amené ici, non non bien sûr, juste des espaces de temps qui m'échappaient. Par exemple, il paraît que lorsque les grands sportifs faisaient des matchs importants, il leur arrivaient de voir plus d'images que le cerveau ne devait en saisir et avaient donc l'impression que le temps se déroulait au ralenti. Notre perception du temps vient donc du nombre d'images que nous percevons. Hé bien à ce moment là, j'avais l'impression de n'avoir vu que la moitié de ce que je devais. C'était étrange. Et un poil stressant. Imaginez que tout autour de vous semble accélérer momentanément ?
Pourquoi ? Par une baisse de régime sûrement. Je ne voulait peut-être pas avouer ma faiblesse, mais mon corps commençait à me faire part de ses limites... Que je décidais volontairement d'omettre. Ha mais il faudrait pas exagérer non plus ! Je veux bien avoir trop tiré sur mon pouvoir mais enfin, il a quand même eu le temps de se reposer non ? Je suis restée allongée assez longtemps et j'estime que je suis ok pour reprendre du service, quoi qu'en dise cet abruti de système nerveux. De toutes façons c'est bien connu que mon corps est un fainéant international...
J'entends alors la question de mon partenaire. Oui non d'accord, partenaire n'est peut-être pas le terme le plus approprié... Ami ? Collègue ? Ho, arrêtez de m'embêter, je suis déjà assez dans les vapes comme ça non ? Bref... Où aller ? Loin. Bonne question. C'est quoi loin dans un Institut entouré de grillages ? J'ai alors vraiment pris conscience, oui, dans mon état, de l'espace qui nous séparait du reste du monde. Un pas. Un petit kilomètre tout au plus. Mais tellement loin. Loin de mes parents, de mon pays, de ma culture, loin de ceux qui étaient mes amis, loin, très très loin... Et le gouffre était aussi là, dans mon cœur. J'ai parcouru mentalement les kilomètres qui me séparaient de tout ça. Ils ne m'ont jamais semblé si lents, la géographie m'est soudain apparue comme la chose la plus cruelle qui puisse être imaginée. Je n'osait même pas imaginer ce que devaient ressentir les habitants du monde entier, lorsque tout ce chemin se faisait à pied ou par bateau. Même si au fond sur l'instant présent j'avais plus d'affaires à régler avec ma propre personne qu'avec les moyenâgeux. N'en déplaise à la politesse.
Alors où ? Où deux fuyards d'un hôpital pouvaient ils aller ? Nul part. Mes jambes me porteraient peut-être jusqu'aux grilles mais à quoi bon partir ? Si quelqu'un nous attendait, quelque part, pourquoi le rejoindrait-on ? Ne sommes nous pas bien ici ? Oui. Non. Pas sans lui...
Je secouais lentement la tête, pour chasser mes idées. Le monde tournait vite autour de moi, et le geste me paru éternellement long. Je ne peux pas répondre, Hisméria, je ne sais pas. Si notre vie a un sens, un objectif alors je ne connais pas le bout. Et j'ai encore du mal à le concevoir ici. C'est encore trop tôt.
Je capte un regard. Le sien. Fixé derrière moi.
Je sens la chose monter avant de la voir. Sa présence. Je ne pensais pas qu'une présence puisse me glacer le sang. Jusqu'à ce qu'il arrive. Seuls les yeux d'Hisméria m'ont alerté du problème. C'était déjà suffisant. Je me suis retourné, lentement. Il était là. Simplement, devant nous. Le cerveau brouillé, je ne distinguais d'abord que la vague forme de son corps. Et cette noirceur. Sage, endormie, mais noire quand même. Puis dans mon esprit, ses traits s'affinèrent. Être mystérieux, les boucles de ses cheveux, tout paraissait loin et si écrasant en même temps. Je ne savais pas lire les auras. Pourtant la sienne m'écrasait. Il fallait que je reste debout. Ne pas croiser son regard, c'était quelque chose qui me venait naturellement, comme si j'avais eu affaire à un être mystique.
Mon ami semblait figé. Il m'avait prévenu. Nous n'avions pas été assez rapide. J'ai reconsidéré la cicatrice sur son visage. Désormais elle prenait une nouvelle tournure. Moi, qu'avais-je vécu à côté de lui ? Jamais je n'avais eu affaire à des personnes plus effrayantes que lui. Du moins pas dans cet état de torpeur seconde qui brouillait mes sens et lui donnait l'air -à mes yeux- du plus effrayant des tueurs.
Je réprimais un frisson. Il fallait parler. Dire quelque chose. Vite.
J'ai ouvert la bouche. Pour mieux la refermer. Mes yeux ont suivi le mouvement de mes lèvres. Il fallait que je me concentre. Il était comme nous deux. Composé de tissus, d'un système nerveux, d'un cerveau. Il n'était pas... surhumain ? Surréaliste ? Peu importe qui il était, il restait humain. Il restait humain. Il restait... Sauf qu'à mon goût ce type n'avais rien d'humain.

_ Qui es tu ?

S.N.E.
Question rhétorique. Ce nom résonnait dans mon esprit comme une cloche de gong qu'on aurait frappé trop fort. Je regrettais de ne pas avoir demandé plus de précisions sur lui à mon ami. Je le regrettais amèrement. Mais je n'étais qu'une ridicule petite fille fatiguée, tenant à peine debout et feignant l'assurance, qui me ferait du mal ? Même moi je croyais pas une seconde qu'il hésiterait. C'est dire...

_ Non en fait je sais ! m'exclamais-je dans un étrange revirement de situation où j'avais du mal à faire la différence entre l'insolence et l'humour raté. D'ailleurs je suis sûr que tu es tout à fait partant pour nous laisser partir, vu tout le bien que Hismé m'a dit sur toi !

Je regrettais aussi mes paroles. Mais quelle conne. Laissez moi avec une moitié de cerveau out et une envie de tomber et je vous signe mon arrêt de mort direct. Au fond, Hisméria n'avait pas dit de mal non plus, non ? Certes, son regard avait suffit à ce que je ne le harcèle pas, mais ça veut rien dire pas vrai ?
Au fond, il était peut-être passé pour dire bonjour et non pour traumatiser mon ami...
Trop crédible. Isis tu me désespères...


#   Sam 5 Avr 2014 - 17:54
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Hrp : c’est très bien ainsi ! « Now wait and see ! »



L’ambiance est tristement sonore, chaque série de notes vient s’écraser brutalement sur mon cortex imperméable au bruit. Je divague par instinct de survie et je me laisse porter par cette idée simple : il existe plusieurs mondes et je ne suis d’aucun. Pourtant j’aimerais comprendre à défaut de communiquer vraiment. Il faut croire qu’il est trop tard. Je rassemble quelques-uns de mes souvenirs comme s’ils pouvaient m’éloigner de ce hall d’hôpital multipolaire où aucun regard ne se croise. Je voudrais penser quelque chose d’intelligent, méditer à propos de la grande transhumance de ce monde qui mute, discourir pour meubler le vide abyssal de ce constat simple : il n’y a finalement rien à dire qui n’ait déjà été dit, mieux vaut un silence éloquent qu’une répétition navrante. Je suis parfaitement transparent, debout, je ne regarde rien d’autre que le reflet de la silhouette de S.NE. Elle m’effraie, au plus haut point, mais je ne peux rien faire. Je suis la perdu, et je n’ai pas la force de répliquer.

Isis affolé et d’une petite voix s’exprima :

- Qui est tu ?

J’aime les messages simples, pas d’affect ou de vibrato dans les tripes qui vous obscurcissent les neurones et vous éloignent du votre point de vue actuel. Le mien se situe de l’autre côté, je vise le passage souterrain, mon esprit lâche sans heurt, de l’insouciance qui se promène, de la paix en mouvement. Je glisse. Mon amie à côté de moi trébuche, elle est dans mon champ de vision. Si je l’aidais, je serais obligé de lui dire au moins deux mots sur la véritable raison qui me lie à S.N.E.  La douleur est insoutenable. Je me ramasse dans mes limbes comme un cactus attend la pluie et je la vois. Des milliers de particules explosent mon espace, les matériaux fondent et se dissolvent, l’univers se rétracte en ne seule image, son arc en ciel me foudroie. Et dans se lieu, le sol où je me noie, la tessiture de mon cri.

S.N.E se mit à sourire et répondit :

- Je suppose qu’Hismé ne t’a même pas révéler ce que l’acronyme de S.N.E pouvait cacher ?

S.N.E avait cette allure de tourner les choses à son avantage. Cette élégance en devenait presque malsaine : Son grand manteau noir porté par de douce brise son haut de forme majestueux, ajoutant cette touche de mystère glaçante. A vrai dire, on ne pouvait pas distinguer clairement son physique, car caché par cette grande cape. Cependant, l’aura qu’il dégageait n’était pas chaleureuse et accueillante. D’un premier regard, on pouvait comprendre que ses intentions n’étaient pas saines et douce.

On ne pouvait distinguer ses iris. Cependant un léger sourire meublait son visage. De sa main gauche, il avait rabaissé son chapeau.  Un détail : une petite chevalière prônait sur sa main. Celle-ci était gravée de ses initiales. C’est bizarre, mais Isis avait déjà vu ce bijou quelque part…

En y repensant, il y a un autre détail qui surprit Isis. Mais que cela pouvait-il bien être ? J’y suis ! Le manteau : celui-ci était exactement le même que portait Hisméria. A un détail près, l’écusson sur l’épaule gauche : composé des initiales de S.N.E, celui-ci était entremêlé à une rose rouge ensanglanté ; Alors qu’Hisméria lui possédait une rose noir. Que cela pouvait-il bien signifier ?


S.NE reprit sur la même tonalité neutre :

- Il est l'heure.

- L'heure ?  Repris Hisméria surpris de la brièveté de la réponse.

-   Oui, l'heure que je compose à mon tour. Le monde est un labyrinthe de glace. Acheva S.N.E avec une tonalité fatidique.

Hisméria se crispa, comprenant exactement ou l’homme voulait en venir, d’un geste précipité et imprécis l’adolescent sortie son petit carnet

- Page 57 murmura-t-il d’une tonalité lourde et incertaine.


Le jeune homme se mis à lire oubliant totalement la présence des deux personnes se tenant à côté de lui.

« Le monde est un labyrinthe de glace. L'existence toute entière y est piégée. On se voit tous à travers les murs, on a conscience de la présence des autres, on entend leurs voix et leurs cœurs battre. Mais au fond, ces murs nous séparent et nous isolent les uns des autres. On est seul face à nous même. C'est chacun pour soi quand il s'agit de trouver la sortie.

Le monde est un labyrinthe de glace. Non pas ceux dans lesquels on aimait jouer quand on était petit. Pas ceux où il suffit de laisser sa main sur un même mur pour s'échapper. Non. Car ces murs-là ne mènent nulle part et sont vides de tous sens. Il n'y a pas d'astuce pour sortir, ça serait bien trop simple. Non. Il faut survivre à ce labyrinthe. Résister. Et ne surtout pas réfléchir car cela nous rendrait fou. Parce qu'on ne fait que tourner en rond alors que rien ne tourne rond chez nous. Nous, prisonniers de ce labyrinthe. Prisonniers de la vie.

Le monde est un labyrinthe de glace. Chaque pas que l'on y fait nous mène vers un avenir hostile et glacial. Personne ne marche dans le même sens ou au même rythme mais la buée que forment nos souffles ne forme qu'un seul et unique nuage de détresse. Nos pas sont mécaniques, silencieux et insignifiants. On marche comme des automates, le regard vide sans se poser de questions. Après tout à quoi bon réfléchir puisqu'on ne choisit pas notre direction, elle nous est imposée. Notre avenir est déjà tracé, il suffit juste de suivre la ligne. Mais peut-être suffirait-il d'arrêter de marcher pour stopper le futur ?

Le monde est un labyrinthe de glace. Les murs sont fins mais incassables. Certains ont déjà tenté de les briser. A coup de rébellions, de revendications et d'insoumission. D'autres ont essayé de s'envoler avec des ailes faites d'espoir et de liberté. Mais la réalité est implacable et les a fait lourdement chuter sur un sol froid et dur. Comme une punition pour avoir essayé de lutter contre le système.

Le monde est un labyrinthe de glace. Le froid nous fait mal aux os et on se courbe sous la violence du blizzard. Des larmes de souffrance gelées glissent sur nos joues. Nous ne prenons même plus la peine de les essuyer. On se courbe encore un peu plus lorsqu'on comprend enfin qu'il n'y a en fait aucune sortie dans ce labyrinthe. Nous sommes condamnés à marcher toute notre vie puis mourir d'épuisement. Nous sommes tétanisés par la froideur du monde, épuisés par cette vie et notre cœur fini par ne plus battre. Car la mort est la seule façon d'arrêter de marcher. »


Hisméria s’exprima à voix haute sur la dernière parole de son livret :

- « Car la mort est la seule façon d'arrêter de marcher. »


Suite à ses paroles, Hisméria tomba genoux contre sol, désemparé. Que faire ? Je ne suis pas en mesure de riposter si S.N.E nous attaque, et je ne peux invoquer le sort de la rose, cela me serai fatale. Cette fois, je crois bien que c’est la fin. Mais Isis ne mérite pas ça, il faut vraiment que je me ressaisisse. Bon sang Hismé, tu dois tenir ta promesses coute que coute ! Debout !  Mais l’homme ne réussit ça pas à bouger.

Isis qui comprit la gravité de la situation essaya autre chose, celle-ci hurla :

- Non en fait je sais !  D'ailleurs je suis sûr que tu es tout à fait partant pour nous laisser partir, vu tout le bien que Hismé m'a dit sur toi !

S.N.E un léger sourire aux lèvres souleva son long manteau noir pour laisser apparaitre un Wakizachi vraiment très ressemblant à celui qu’Hisméria porte dans son dos.

D’une voix remplis d’une noirceur incomparable S.NE s’exprima :

- Très bien, tu pourras mourir dans l’ignorance totale.

Que faire ?  Dans un sursaut Hisméria eu une idée. L’homme se releva puis s’exprima :

- Il suffit Sombre Nuit Etoilée, tu n’es pas venue pour ça ; Viens prendre ce qui te reviens de droit, mais laisse Isis en dehors de tout ça !


Hisméria murmura tout doucement à Isis, si bien que S.N.E ne put entendre ses mots, ni même les ressentir.

- On va avoir besoins d’un master. Cours pauvre folle…



Dernière édition par Hisméria Altair le Mer 7 Mai 2014 - 11:51, édité 2 fois
#   Mer 23 Avr 2014 - 22:31

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HRP : Désoléééééée pour cet immense retard, vraiment >.< Tu peux me taper si tu veux T-T Et j'ai choisis la dérision, mais si tu préfère un truc plus sérieux, dis le je recommence hein !
HRP 2 : Oui désolée, une petite précision... Tu n'es pas obligé d'anticiper les réactions d'Isis comme dans "elle remarqua ceci", si tu veux vraiment que je le vois envoie le moi par mp, ce sera plus naturel je trouve ^^

Je ne sais pas si c'est son sourire ou si c'est sa réplique qui m'a fait le plus péter un boulon.

- Je suppose qu’Hismé ne t’a même pas révéler ce que l’acronyme de S.N.E pouvait cacher ? 

Il y a une chose que je devrais préciser à chaque fois à ceux que je croise : ne me posez pas de questions ouvertes. Pitié. Surtout quand j'ail'énergie d'une mouche carbonisé et le cerveau sur le point de passer en mode veille. D'ailleurs c'était entièrement prévisible que ça se fasse. J'aurais peut-être du prévenir les alentours, mais ce genre de trucs ça arrive sans demander, vous savez.
La pression du moment. Du regard de S.N.E, de la souffrance que je sentais derrière moi, de l'air qui entrait avec plus de difficulté dans mes poumons à chaque inspiration, l'atmosphère qui semblait m'étouffer... Je n'en pouvais plus. La douleur m'aveuglait, je n'arrivais qu'à deviner les contours du monde extérieurs, par de fines taches de couleurs. Je ne veux jamais être mal voyante. Alors j'ai finis par craquer. Il fallait que ça arrive. Trop de ce qui se passait retenait mon attention, trop de sérieux, trop de demande de concentration dans mon état.
Cerveau mode veille enclenché. Une renaissance. Je n'avais jamais senti autant de soulagement sur mes épaules. Les dossiers se mélangeaient dans ma tête. Les plus insignifiants prenaient de l'importance.
S.N.E ? C'est  vrai, ça veut dire quoi ?
Une partie de moi me disait que je n'avais pas besoin de savoir, que c'était normal que Hisméria ai gardé ça pour lui, on ne se connaissaient pas encore assez.
L'autre déglinguait complètement. Elle cherchait dans mon dictionnaire interne des possibles combinaisons à ces trois lettres. En s'attardant surtout sur les trucs les plus illogiques, évidemment.
S ? Secrétaire ? Stupide ? Sectaire ?  Suppliant ? Sauterie ? Salass ? Sadomasochiste ? Scatophile ? N ? Naturel ? Nigaud ? Narcotrafiquant ? Nécrophile ? Nudiste ? E ? Emplâtré ? Empoté ? Étranglé ? Étripé ? Égorgé ? Éventré ? Eunuque ? 
Je secouais la tête d'un air distrait. Ben ouais bien sûr. Je remarquais et notais rapidement les indices des quelques parements de S.N.E. assez soft tout de même, même si il me semble que ça me rappelle... J'eu soudain le doute. J'avais l'impression d'avoir Hisméria en face de moi et non un inconnu. Étrange. Vraiment très étrange.

- Il est l'heure.

Ouais, c'est pas faux, ça va bientôt être l'heure de manger. J'ai hâte, je sens que je suis un peu faible là sur le coup...

-   Oui, l'heure que je compose à mon tour. Le monde est un labyrinthe de glace.

Ha ben on peut dire qu'il a le don pour me foutre les jetons, quand même. Même dans mon mode joyeuse et naïve, je ressens ce frisson d'horreur qui m'indique qu'il parle pas de manger. Sauf peut-être croquer dans nos chaires qui lui paraîtront succulentes, je n'en doute pas. Cannibale ? Non, il y a pas de C... Nécrophage ?
Il ajouta un numéro de page. Je suis pas bouffeuse de livres... Un livre, peut-être est ce un bon moyen de s'en sortir non ? Les littéraires ne sont généralement pas bien méchants...
Puis il lit. Je ne sais pas si c'était à voix haute, peu importe. J'avais l'impression de savoir. D'entendre les mots, ou plutôt de les ressentir, me glaçants, m'enlevant encore le peu d'énergie qui me restait. Je voyais au fond de mon être un palais de glace. L'ébauche d'un autre monde. D'une autre prison. Dont je n'avais plus qu'une envie, tordre les barreaux. Même si cela coûtait la vie. La mort...

- « Car la mort est la seule façon d'arrêter de marcher. »

Je pensais à la petite fille en fauteuil roulant. Il y en a d'autres. Mais elles sont beaucoup plus cruelles que la mort. Mais peut-être pour eux la mort est une fin en soi ? De toutes façons c'est le sens de la vie, ce ne serait pas faux...
Hisméria chuta. La nouvelle l'avait profondément atteinte. Beaucoup plus que moi, pour qui la mort n'avait en cet instant aucun aspect réel, la douleur déjà présente me rappelant sans cesse le fait que je sois en vie. Et en mode veille, impossible d'imaginer une quelconque organisation de mes pensées. Résumé ? Avec Hismé au sol et moi HS, on risquait de mourir, en effet. Mais je n'en avait absolument plus conscience -ben non ce serait trop facile tiens !
Après ma remarque, S.N.E souleva sa cape dans un mouvement plus classe qu'utile, laissant deviner une arme encore semblable à celle d'Hisméria. Si je ne savais pas qui c'était, avec le niveau de ma vue actuelle, je l'aurai pris pour son clone.

- Très bien, tu pourras mourir dans l’ignorance totale.

Cool, je rêve que de ça mon gros ! De toutes façons je ne me sens pas la force de bouger alors autant dire qu'il n'a pas tort... Si jamais on vous dit qu'il est impossible de paralyser par le regard, n'y croyez pas. C'est faux. Ou en tout cas ce type y arrive très bien.
D'un coup, Hisméria se releva. Bon, on en a au moins un qui a une idée qui lui donne assez d'espoir pour bouger... J'espère juste que son cerveau n'a pas le même état de sauce carbonara que le mien sinon on va pas aller loin...

- Il suffit Sombre Nuit Etoilée, tu n’es pas venue pour ça ; Viens prendre ce qui te reviens de droit, mais laisse Isis en dehors de tout ça !

Ho cool, sa phrase ressemble à celle des héros dans les comics ! Le top classe quoi... Je soupire puis murmure pour nous seuls.

_ Sombre Nuit Étoilée ? Ha flûte, c'est classe ça aussi je suis déçue... Quoi que c'est toujours mieux que Sadique Narcissique Égocentrique... Même si le second lui correspond mieux à mon goût.

Isis. Tes commentaires à la con tu peux te les garder, tu sais ?
Hisméria s'approcha de moi doucement et me murmura également, tout bas, si bien que j'eu du mal à le saisir dans mon état de béatitude douloureuse.

- On va avoir besoins d’un master. Cours pauvre folle…

Je ricanais. Un peu, pas trop. J'avoue c'était super con comme réaction, et ça me faisait plus passer pour une meuf bourrée que pour une génie saine d'esprit. Mais les habits ne font pas le moine n'est ce pas ? Sinon Hisméria et le gars au nom sombre serait les mêmes.
Doucement, comme un geste calculé, je tente de reprendre un semblant de stabilité avant de me pencher en avant, de saisir un cailloux. Je vous ai pas dit ? Depuis que j'ai adopté Pierre, les cailloux c'est mon grand kiff. A croire que je suis la descendante du Petit Poucet...
Je chasse ensuite l'air entre nous d'un geste de main inutile, comme on voudrait écarter une mouche. Sauf que la mouche a la taille d'un homme et les manières d'un meurtrier. Ne notons pas mon sens du minimalisme et de la comparaison absurde, merci.
Je tourne vers Hisméria un regard douloureux, encore brouillé par mon corps qui me supplie de se laisser tomber au sol. Quand on a pas conscience du danger, on ne développe pas de facultés surhumaines comme le permet l'instinct de survie. Gros Fail. J'essaye un sourire. Mon Dieu j'ai l'air conne.

_ Courir ? Ha la blague... Si seulement je pouvais... Désolée, tu vas devoir te trimbaler ma vieille carcasse. Par contre, si tu veux de l'aide, il suffit de demander. Tu me couvres trois secondes ?

D'un pas plus qu'incertain, je me retourne, doucement. Dos au monstre. Je déteste ne rien voir. Même si il me reste un minimum de cerveau, je peux encore en faire quelque chose.
Je tend mon bras gauche. Place le droit armé, la pierre à la main. Légèrement en biais, j'essaye d’aiguiser ma vue. D'appeler mon pouvoir. Je crains la déception une seconde. Avant de sentir mon bras droit partir. Vite. Fort. La pierre vole...
En direction de l'hôpital. La vitre de l'accueil vole en éclat. Au moins une fois dans ma vie, on pourra m'accuser d'un acte de vandalisme.
Je me retourne vers Hisméria.
J'espère que ça suffira à attirer du monde...


#   Jeu 24 Avr 2014 - 23:10
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Hrp : J’essayerai de faire attention à l’avenir, mais c’est dans ma manière d’écrire >< Si tu vois que ça recommences, n’hésite pas à me faire une piqûre de rappel :p

Mon cerveau  ne fonctionnait plus correctement, et j’étais persuadé de ne pas pouvoir me défendre face à SNE. Déjà qu’en temps normal, mes chances de le vaincre semblaient inexistantes, alors là je ne vous laisse imaginer…  Quant à Isis, elle semblait tout autant perdue que moi, divaguant dans ses pensées. Que faire ? Lui sauter à la gorge dans une dernière tentative serait de suicide, mais je n’ai surement pas le choix. Hors de questions que je me laisse sans vaincre sans essayer de le voir trépasser. Il le faut, je n’ai pas d’autre choix que de respecter mes engagements.

Au bout d’un certain temps, après analyse du brevet échange que j’ai été en mesure de prodiguer avec S.NE en vue l’anarchie encéphalite dont je dispose actuellement, l’adolescente m’accompagnant s’exclama :

- Sombre Nuit Étoilée ? Ha flûte, c'est classe ça aussi je suis déçue... Quoi que c'est toujours mieux que Sadique Narcissique Égocentrique... Même si le second lui correspond mieux à mon goût.

Je ne pus m’empêcher de légèrement sourire. Hisméria ressentit que nous n’allions pas tarder à payer cette affront, et pourtant, l’homme ne pouvait s’empêcher d’avoir un petit coin de lèvre trahissant son humeur. Après tout : quitte à disparaître, autant laisser une image fière de soi...

S.N.E ne répliqua pas, immobile, l’homme se contenta de poser son sac au sol. Puis d’un geste certains, notre adversaire se mit en garde, mais n’avait pas pour autant dégainer son arme. Que pouvait-il bien avoir en tête ? C’est dans ce moment-là qu’Isis eu la bonne idée répondre à ma dernière réplique :

- Courir ? Ha la blague... Si seulement je pouvais... Désolée, tu vas devoir te trimbaler ma vieille carcasse. Par contre, si tu veux de l'aide, il suffit de demander. Tu me couvres trois secondes.

Certes, c’est vrai que vu notre état, envisager de courir est impossible, pourtant il le faudrait. Je ne suis pas genre à croire aux miracles, mais dans notre situation, il va nous en falloir un.

Hisméria ne réalisa même pas qu’Isis s’était retournée, car trop occupé à surveiller le moindre mouvement de S.NE. Et pourtant, ça aurait tout changé à la suite de l’histoire.

Soudain, surgit un grand bruit d’éclat de verre, comme si une baie venait de céder. Hisméria surprit ne put s’empêcher de tourner la tête pour regarder ce qu’il s’est passé ; Quelle erreur, c’est à ce moment-là que S.NE en profita : d’un geste rapide et précis, celui-ci lança un petit poignard en direction d’Isis. Le temps que l'homme réalise ce qui était en train de se passer, il était déjà trop tard…

L’adolescent n’eut pas le temps de parer l’attaque comme il l’aurait voulu ; La seule chose qu’Hisméria réussit à faire  fut de se mettre sur la trajectoire de l’arme blanche. Celle-ci se planta au niveau de son épaule droite, entraînant la chute de l'adolescent.

D’une voix simple et impartiale S.N.E répliqua simplement :

- C’est tout, j’en ai finis ici. Le narcissique a maintenant d’autre projet.

Sans même prêté attention à Isis, S.N.E se retourna, récupéra son sac et s’en alla.

Hisméria se mis à trembler puis à suffoquer. Le poison de la lame argenté commença lentement à agir…
#   Dim 4 Mai 2014 - 19:03

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Humeur : Un mélange d'otarie et de sudoku impossible... Vous voyez ?

Vous savez, il y a parfois des choses qu'on a du mal à comprendre dans la vie.
J'avoue, quand on a le cerveau en bouillie et un mal de chien ça aide, mais là... Mais là je me serais sérieusement crue dans un remake de James Bond. Bon, le seul hic c'est que j'ai pas vraiment le physique d'une James Bond girl, à part pour les formes. Mais vous savez, elles ont toujours un truc que moi j'aurais jamais ! Je crois que ça s'appelle le sex-appeal. Ouais bref.
Sinon à part ce détail, on avait tout comme il faut. Le super gentil mystérieux mais qui force à l'admiration -oui je parle de Hisméria- et le vilain méchant avec une grande cape et un rire machiavélique. Heu... Ouais non enlevez le rire machiavélique. Ha oui, et le principal élément, c'était quand même l'action. Ouais pour ça il y en avait.
Genre vous voyez quand le méchant il dit "C'est la fin pour vous, mouhahaha !" et qu'il balance son attaque sur la petite amie naïve et débile du héros ? Et que celui ci s'interpose en criant et pof ! Du sang qui gicle, scène au ralenti et badabam, le héros est au sol et la pauvre fille pleure ? Ben voilà, la même ! Ou presque.
Ouais non parce que j'ai pas pleuré, Hisméria a pas crié et Super Nigaud Énigmatique s'est barré sans un mot. Et puis je suis pas stupide ! Je lui avais demandé de me couvrir, c'est pas ma faute si il s'est retourné ! Ok, j'aurais pu le prévenir de mes intentions, mais si je ne l'ai pas fait, c'est uniquement de peur que Dark Vador l'entende aussi.
J'avoue qu'au delà du surréalisme de la scène, j'ai été choquée. D'abord, j'ai pas vu grand chose. J'ai juste entendu un son métallique, des mouvements et j'ai vu Hisméria tomber du coin de l’œil. S.N.E était déjà en train de partir en me volant ma phrase -méchant, piqueur va ! C'est pas parce que t'as la classe qu'on va te donner le copyright hein !
Au début, je suis restée immobile, sans comprendre. Les gens de l'hôpital commençaient déjà à faire entendre leur cris, mais ça me paraissait beaucoup trop loin. J'ai froncé les sourcils pour essayer d'identifier la tâche noire en dessous de mon ami. Un noir un peu... Rouge. Mes yeux se sont grands ouverts.
Du sang. Du... sang. Il saigne ? Où, pourquoi, qu'est ce que... Et j'ai vu le poignard. Dans... Son épaule. Je n'ai pas bougé. J'étais trop choquée pour bouger. Je l'avoue, j'ai été lâche. Comme cette fois. Comme quand j'ai vu cette même tâche en dessous de mon père. En dessous de mon tigre. Sa mâchoire édenté, ses rugissements, les cris de mon père. Insupportables.
Je suis tombée au sol. Hisméria ne hurlait pas. Il tremblait. Comme pris de spasmes. Et moi j'étais là... Inconsciemment, mon cerveau a fait le lien à ma place. La lame. Elle semblait enduite d'un liquide. Odorant. Je suis sortie de mon comas. L'horreur de ce qui était en train de se passer me faisait froid dans le dos. Pour la première fois, j'avais une conscience totale de ce qui se passait sous mes yeux et quel était mon rôle. J'ai bougé sans m'en rendre compte. J'ai tourné Hisméria du côté où il n'était pas blessé. J'ai juré à voix basse. Au moins dix fois. J'ai pris un bâton assez gros pour lui mettre entre les dents, sans savoir s'il était encore conscient.

_ Serre fort, ça va faire mal. Très mal.

Ma voix était dure. Il ne sert à rien de mentir. Les premières personnes accouraient. Enfin. Trop tard. En prenant bien soin de ne pas toucher la lame ni de me couper, je l'ai retiré. Sec ou lent, je ne saurais dire comment je m'y suis prise. J'avais l'impression que ça coulait comme dans du beurre. Mais il fallait agir vite, continuer.
J'ai arraché le bas de mon T-shirt pour envelopper l'épée. Puis j'ai relevé la tête. J'ai crié, plus fort que ceux qui arrivaient en râlant, qui commençaient à apercevoir Hisméria en sang. J'ai crié, de tout ce que j'ai pu, par dessus la douleur de mes mucles tétanisés qui pourtant, bougeaient au vu de l'urgence.
J'ai montré l'arme. J'ai hurlé.

_ POISON !

Un homme s'est immobilisé. Je l'ai vu ouvrir les yeux plus grand, stupéfait. Il a immédiatement fait demi tour en courant, vite. Bien, il avait compris. J'ai ensuite dégagé la plaie de mon ami. Il fallait faire quelque chose. Maintenant. J'ai juré, encore. Je sais je suis grossière aujourd'hui.

_ Et je t'interdis d'appeler ça un suçon, ai-je lancé à mon ami d'un air boudeur. Puis arrête d'en prendre plein la gueule, on dirait que tu le fais exprès...

Moi, une gamine ? Nooooon, pas du tout.
Je me suis penchée et j'ai commencé à aspirer le poison.


#   Mer 7 Mai 2014 - 11:27
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Ce qui est bien quand tu suffoques, c’est qu’un rien te parait réel. Si bien qu’Hisméria divaguait complétement dans ses pensées. A en oublier son état critique ; Sa conscience se déconnecta complétement du reste de son esprit.

[*]
« Entends-tu mes cris à fendre l'âme, entre deux éruptions de poussière recrachée, s'écoulent les flots de larmes de douleur, lorsque jaillissent ces échardes noires de ma peau ? Je suis la perdu dans ce lieu inconnu sans pour autant savoir ce qui me retiens ici. «  Mais qu’est-ce que je fou la moi ? » pensa Hismé inquiet de voguer dans un endroit où il ne pouvait maitriser sa destination.  

Et je cours, cours, cours, désespérément partout, durant la nuit entière, sans une bribe de résultat. Je lève mes yeux au ciel et le contemple en train de s'assombrir. Je m’asseye, et une grande inquiétude m'envahit. Soudain, je vois une fine lueur qui m’attend : je reconnais cette voix…

« Isis ? Qu’est-ce que tu fais la ? » Pensa l’homme perdu dans les limbes de son esprit. Mon cœur vole avec des ailes invisibles, d’une joie si profonde qu'un petit frisson court à travers mon corps. « Isis je suis là ! Pourquoi tu ne me vois pas ? »

Je m’avance vers ce lieu insolite.  Je poursuis la petite lumière et peu à peu le tableau s’éclaircie. Le clair de lune est envoûtant, il répand sa lumière suave sur sa sœur jumelle Terre et sur la grande nappe étincelante de la mer. Tandis que son frère ciel a rassemblé les étoiles pour constituer un chapelet chatoyant.  La première des choses faite a été de boire l’eau des quelques rosées restantes.

Et manger en supplément des plantations répugnantes. J’ai besoin de réserves, cela fait deux jours que je n’ai rien mis dans le ventre. C’est surement pour ça que mon corps tremble autant…  Qu’est-ce que ça pourrait être dans le cas contraire ?

Je contemple à nouveau le ciel, qui commence à transpirer des grosses gouttes de sueurs. Et j'aperçois le sol, avec ses pavés ancestraux sur lesquelles je me déplace avec précaution. Puis, j’entends les respirations acharnées d’une personne qui s’agite à côté de moi. On dirait que celle-ci cherche à me faire sortir d’ici. « Pourtant je suis bien, pourquoi aurais-je envie de partir ? »  Réfléchit Hisméria. Soudain, l’homme usa les dernières forces lui restant pour se focaliser sur la voix lui parlant »
[*]
Petit à petit Hisméria revins à lui à force d’être secoué par la jeune femme. Et puis l’homme l’entendit prononcer :

- Serre fort, ça va faire mal. Très mal.

Passablement, je réussis à desserrer mes mâchoires pour la laisser me soigner. Je n’ai pas réussi à répondre, je suis désolé mais la douleur est trop forte… Une larme commença à s’écouler sur mon visage. Est-ce que je vais mourir ? Ca y est, c’est fini pour moi.

Isis s’affole autour de moi, levant les bras dans tous les sens. Je me demande ce qu’elle cherche à faire. De nouveau, la jeune femme hurle :

- POISON !

C’était donc ça, S.N.E avait finalement usé de ses recherches pour se débarrasser de moi. Je crois que cette fois ci, il ne me reste plus longtemps. La durée effective de ce genre de substance met moins de 15 minutes à agir…

De nouveau Isis s’exclama :

-  Et je t'interdis d'appeler ça un suçon, ai-je lancé à mon ami d'un air boudeur. Puis arrête d'en prendre plein la gueule, on dirait que tu le fais exprès...

Hisméria se mit à lui sourire avant de nouveau Hisméria s’évanouit de douleur.
[*]
Un gémissement me sortit de mes songes. Une plainte continue et agaçante. J'ouvris les paupières et je fus tout de suite éblouie par la lumière blanche et éclatante du corridor. Je levai mon bras pour me frotter les yeux, mais une douleur se fit sentir à l'intérieur de mon coude. Mon bras était retenu par quelque chose. C'est là que je me suis souvenue que j'étais reliée à une solution d'eau saline par intraveineuse.

Ils m'avaient branchée sur le soluté car je n'avais rien mangé depuis trois jours. Je m'en rappelais parce que l'infirmière avait piqué dans mon bras gauche trois fois, sans jamais trouver la veine avant de finalement décider d'essayer avec le bras droit, avec un meilleur résultat. L'expérience avait été assez désagréable pour que je la garde en mémoire.

Je suivi des yeux le long tuyau qui sortait de mon bras, jusqu'à un sac transparent, accroché à un genre de porte-manteau métallique qui contenait un liquide cristallin. Je pouvais facilement voir les goûtes de soluté tomber une à une dans le tuyau, comme le temps qui passe dans un sablier.

Je reposai mon bras le long de mon corps et fit retomber ma tête lourdement sur l'oreiller en soupirant. Dans quel merdier est-ce que je m'étais mise encore? J'avais quelques images dans ma tête qui me revenaient, je savais où j'étais et je savais pourquoi j'y étais, mais plusieurs détails m'échappaient.

Quelque chose attira mon attention : Isis était là à mes côtés, attendant patiemment sur une chaise à moitié assoupi. Hisméria trouva simplement la force de prononcer un :

- Merci...



 

Je suis désolée

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