Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Vous me gênez, Môssieur.
Sam 8 Mar 2014 - 22:57
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C'était bizarre d'être là, dans un coin tranquille, au calme. Dans un endroit où personne n'était prêt à sauter sur moi, où tout le monde avait une histoire sans doute difficile mais vivait sa nouvelle vie à fond.

J'étais arrivée la veille, mais pourtant, je savais déjà que je ne pourrais pas m'adapter. Moi je ne savais pas faire semblant ; dès que je fermais les yeux, je revoyais mes frères tués par un homme tandis que l'autre faisait de moi une affaire personnelle, mes nuits, je les passais éveillée, parce qu'il m'était impossible de dormir plus de cinq minutes sans sombrer dans un horrible cauchemar.
Nan, je savais pas faire comme si tout irait mieux et laisser mes démons derrière moi.

Plus je me baladais dans les grands bâtiments, et plus je me disais que ce genre de nouvelle vie n'était peut-être pas fait pour moi. J'm'étais habituée à vivre dans le plus bordélique des chaos, je vivais au jour le jour tout en traînant mon boulet. Je ne pouvais pas vivre dans ce genre de calme.

Le pied et les épaules appuyés contre un mur, je fumais en silence une cigarette, regardant fixement devant moi. Je ne comprenais pas encore pourquoi la personne qui avait créé cet institut donnait une chance de nouvelle vie à des gens plus vide que des ballons. Si c'était pour essayer de les sauver, c'était alors une raison stupide. Parce qu'on ne pouvait pas sauver tout le monde.

- Nan, je saisis pas le truc.

Soufflant une épaisse volute de fumée, je repartis dans mes pensées.

J'avais eu l'occasion de rencontrer une personne, et j'avais déjà oublié son nom. Même si j'avais pris en considération ce qu'il m'avait raconté, tout me semblait encore trop idyllique. Il fallait que je trouve quelqu'un qui m'expliquerait les choses correctement, et plus clairement avec les mots justes. Il me suffisait de trouver les bureaux et de demander.

Parfait. Je savais quoi faire pendant les heures de cours auxquelles je n'assisterais pas volontairement.
Je profitai ensuite de mon temps libre pour aller faire un tour dans la cour de l'institut. Prendre l'air ne pourrait que me faire du bien. La cour était un endroit plutôt sympa. Il faisait beau ce jour-là et avec le printemps qui arrivait, la plupart des arbres bourgeonnaient et certains bourgeons avaient déjà éclos. Bref, c'était le cadre idéal pour une nouvelle pause cigarette installée sur un banc.

Enfonçant mes mains dans les poches de mon jean après avoir allumé une autre cigarette, je me remis en marche pour trouver un banc au soleil, et où il n'y aurait personne. Mais comme je réfléchissais en même temps, je ne faisais pas particulièrement attention à ma route et je finis par buter quelqu'un. C'était si compliqué de s'écarter quand on voyait quelqu'un en pleine réflexion marcher sans faire attention ? Sérieusement.

Je redressai la tête pour regarder la personne qui ne s'était pas donné la peine de s'écarter de mon chemin dans les yeux. Avec l'expérience, et le temps, j'avais appris à reconnaitre une personne intéressante et une qui ne l'était pas. Et là, je m'imaginais facilement une personne ennuyeuse imbue d'elle-même.

Je reculai un peu pour souffler la fumée de ma cigarette. Comme l'homme en face de moi avait l'air plus vieux, je pris la peine de le vouvoyer :

- Quand quelqu'un plongé dans sa réflexion passe, vous devriez penser à vous écarter de son chemin plutôt que de lui rentrer dedans, vous croyez pas ?
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Mer 12 Mar 2014 - 14:07
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– Et demain, interrogation écrite ! Vous avez de la chance que je vous prévienne, je pourrais très bien vous l'avoir fait en contrôle surprise.

En réalité, j'espère surtout qu'ils ne viendront pas faire ce devoir ; ça m'arrangerait d'avoir moins de copies à corriger.
Je profite du bavardage généralisé dans ma classe pour ranger tranquillement mes affaires, un petit sourire satisfait et suffisant aux lèvres. Ahh, ce que je suis content d'avoir retrouvé mes élèves ! Mine de rien, ça faisait un moment que je les avais pas vus – ils sont toujours aussi stupides, mais au moins ils occupent mes journées. Ça m'évitera d'aller boire au bar et de finir saoul à seize heures. Non, bon, allez, on va dire dix-sept. Tout de même, je vais pas finir bourré en plein milieu d'après-midi... Ayons un peu plus de classe !
Je sifflote doucement en terminant d'effacer le tableau rempli de mon écriture fine et droite. On dirait une écriture de fille, sérieux... C'est horrible. Mais au moins on arrive à me lire, pas comme Keitaro qui écrit comme un pied ! Il manquerait plus qu'on me dise que j'écris mal, tiens. Ce serait une bonne occasion pour tester ma précision au lancer de craie... Il faudrait que je teste une fois. Ca pourrait être une expérience... enrichissante ? Enfin je crois. J’avoue que je m’étais encore jamais posé la question – étrange, d’ailleurs !
J’attrape mon sac bandoulière et sors de la salle après avoir verrouillé la porte. Pas de vandalisme dans ma salle ! Oui, je sens que ça ne va pas tarder à arriver vu que j’ai enfin repris les cours après quelques temps à ne plus y aller… Être prof de maths, en vrai, c’est trop posé ! Tu peux prendre les gens de haut sans qu’ils trouvent quoique ce soit à y redire. C’est comme les profs de philo ! On est supérieurement intelligent au reste de l’univers, sisi. Et comme les autres sont jaloux, ben… Ils veulent me pourrir la vie. C’est pour ça que personne m’aime, parce que je leur rappelle trop bien à quel point ils sont médiocres !... Ahem, mes chevilles vont bien, sinon.
Les mains plantées dans mes poches, je salue distraitement les quelques élèves qui osent encore me dire au revoir – depuis le temps, ils devraient savoir que j’en ai rien à faire, quand même ! J’étouffe un bâillement et me dirige vers la salle de cours de Tomoe, où les petits bouts sont déjà en train de sortir en babillant, suivant docilement Maria. Ces deux-là sont merveilleuses quand même, je sais pas si j’aurais la force de m’occuper tous les jours des plus jeunes de Terrae. Pas que j’aime pas les enfants – c’est tout l’inverse – mais au bout d’un moment, ça doit être complètement crevant…
D’un geste furtif, je passe ma tête par la porte ouverte pour observer dans la salle, où Tomoe termine de ranger.

– Besoin d’aide ? je l’interroge doucement, souriant en coin alors qu’elle sursaute.

Elle secoue vivement la tête et termine rapidement ce qu’elle faisait.

– Non, non, ça va. Merci.

Elle marque une petite pause, puis fait une moue gênée, replaçant une mèche de cheveux blonds derrière son oreille.

– Tu voulais quelque chose ?

– Nan, pas en particulier. Je te raccompagne ?

Un immense sourire se loge sur ses lèvres et illumine littéralement son visage. C’est… ouais, c’est mignon. Vraiment. Des fois, je me dis, heureusement qu’elle est pas télépathe. Sinon je me serais fait griller depuis longtemps. (La discrétion est l’une de mes qualités principales, n’en doutez pas.)
Nous entamons le chemin du retour vers le village, avant que Tomoe ne se stoppe pour décrocher son portable. J’ai un long soupir désespéré. Cette fille a une vie sociale instoppable. À chaque fois que j’essaie de tenter une approche plus ou moins appuyée, elleeee… finit par partir. Comme là. Parce qu’Hideko a besoin d’elle et qu’elle osera jamais lui dire non… Elle est bien trop contente de s’enfuir en plus, peuf.
Je plante à nouveau mes mains dans mes poches, et pousse un soupir à fendre l’âme, pas très attentif à ce qu’il y a autour de moi, jusqu’à bousculer quelqu’un. Je m’apprête à m’excuser lorsque la gamine qui s’est plantée sur ma route m’adresse la parole, visiblement agacée. L’un de mes sourcils se lève sans que je ne le contrôle et un sourire en coin étire mes lèvres. Je trouve toujours aussi bizarre de voir une adolescente fumer ; mais vu que j’ai commencé dans ces âges-là, je préfère ne pas faire de remarque.

– Un ‘désolé’ aurait suffi, je la nargue avec une once de moquerie à peine dissimulée. Généralement, c’est tout aussi utile de vérifier si les personnes autour ne sont pas eux-mêmes en train de se poser des questions existentielles sur l’utilité de la vie…

J’ai un petit geste de la main et hausse les épaules.

– Mais puisque je ne suis pas mieux, je te pardonne dans ma grande bonté. Allez gamine, passe ton chemin, je suis sûre que t’as mieux à faire.
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Mer 19 Mar 2014 - 15:51
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Passe ton chemin et tais-toi.

Mais non, bien sûr que non. Il y a toujours des gens qu'on rencontre qui ne s'écrasent jamais. Surtout quand ils sont plus vieux. Ils ont toujours quelques choses à redire à la pauvre personne qui se trouvait en fait et qui ne voulait qu'un chose : tracer sa route.

En général la pauvre personne préférait se taire, pour éviter de rajouter une couche ou même pire. Mais moi, je ne savais pas me taire, ce n'était rien de plus que contre ma nature. Je ne savais pas qui était le type que j'avais en face de moi, mais s'il s'attendait à ce que je ne réplique pas, il n'était pas tombé sur la pauvre personne qu'il lui fallait.

- La vie n'a aucune utilité tant qu'on n'en connait pas sa valeur. Qui ne sait pas ça ?

Je tirai une nouvelle fois sur ma cigarette puis j'hésitai à laisser tomber le mégot au sol. Vu que le bonhomme semblait aimer parler, je ne voulais pas prendre le risque qu'il me dise de ramasser comme on dit à un gamin de jeter ses papiers dans la poubelle et pas à côté.
Je l'écrasai donc sur la semelle de ma bottine et le gardai dans ma main.

- Dans votre grande bonté hein... C'est ça. Et si j'vous disais que j'ai rien de mieux à faire, qu'est-ce que ça ferait hein ? On le collerait ou ce genre de c*nneries ?

Je lâchai un petit soupir tout en roulant des yeux avant de finalement lancer mon mégot derrière moi et d'enfoncer ma main devenue libre dans la poche de mon jean. Puis je repris ma route avant de m'arrêter bien rapidement.
Le bonhomme avait une tête de prof. Je pouvais lui coller cette étiquette sur le front les yeux fermés. Une simple intuition sans aucun doute, et j'aurais vite faire de la justifier.

- Hé attendez ! Vous êtes prof ? Vous savez où j'peux trouver la personne qui a fait que je sois venue ici. J'ai des questions moi maintenant.

Je devais l'avouer, c'était bien vite changer de ton. Mais bon, s'il s'était contenter de s'excuser, je n'aurais pas eu besoin d'être sèche dès le départ. Enfin... Si ce bonhomme était rancunier, il y avait toutes les chances qu'il se montre sec à son tour, et dans ce cas, je n'avais plus qu'une solution : trouver quelqu'un qui me serait utile toute seule.
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Sam 22 Mar 2014 - 23:08
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Alors que je m’apprête à continuer mon chemin pour ressasser ma frustration de ne pas avoir pu passer une soirée formidable avec ma Tomoe adorée, la gamine que je viens de percuter me lance un regard particulièrement agacé. Visiblement elle a pas réellement apprécié ma remarque, ça me ferait presque rire. Un sourire en coin étire mes lèvres. Cette fille est extrêmement lucide pour son âge – peut-être un peu trop. Ce genre de comportement désabusé, je connais bien. Au final, on a l’impression de tout savoir, mais on s’enferme dans notre vision pessimiste du monde. Et on loupe les choses les plus importantes.
Bah, elle aura bien le temps d’apprendre… Terrae est là pour ça !

- Et toi, tu connais la valeur de vie ? je l’interroge en riant doucement, plantant mes mains dans mes poches. Sinon t’inquiète, je compte pas te coller ! Enfin je crois ?

Mon sourire se fait plus mystérieux, mais aussi vivement moqueur. La gosse éteint sa cigarette sur sa semelle. Ça me donne envie de m’en allumer une tiens… Mais j’en ai plus, faut que j’aille m’en acheter. Je pense que la boutique est encore ouverte, il devrait y en avoir là-bas. Même si je suis plutôt fier, j’ai réussi à baisser ma consommation depuis quelques temps ! Donc on verra bien.
Puis, suite à sa question, je hausse les épaules.

- Tout dépend les questions que tu veux lui poser, n’importe quel Master peut te répondre. Mais si tu veux voir Hideko je peux te dire où la trouver.

Je la détaille rapidement. Blonde, les yeux ambre, elle doit avoir une quinzaine d’années, peut-être un peu plus. Je sais pas exactement, j’ai jamais été doué pour déterminer l’âge des gens. Surtout qu’à Terrae, les Masters s’arrêtent à demi de vieillir, alors ça fausse carrément le jugement… Genre l’institut de fou, quoi. Gens trop bizarres, et tout ça ! Heureusement qu’on s’habitue, hein.

- Sinon ouais, je suis prof. Surtout Master. Mais prof aussi…

J’ai un petit soupir alors que je me passe la main sur la nuque.

- Et ne viens pas me dire que j’ai une gueule de prof, je suis pas si vieux que ça. C’est super vexant !

En plus, y a plein de gens à Terrae qui sont plus vieux que moi et qui sont pas profs ! C’est n’importe quoi ! Je suis sûr qu’Hideko nous a collé une étiquette sur le front, que tout le monde peut voir. Sauf nous, évidemment. Sinon ça sert à rien.
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Sam 29 Mar 2014 - 19:03
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Il y avait des choses avec lesquelles je ne plaisantais jamais. Pas que je plaisante souvent, mais j'avais mes sujets sur lesquels je pouvais affirmer ce que je disais sans cligner des yeux. Ce n'était parce que j'étais jeune que je ne connaissais pas la valeur de la vie. J'avais eu à l'affronter assez longtemps pour le savoir. Ainsi, je ne préférai pas répondre à la tête de profs. Mieux valait éviter les sujets sensibles. Je me contentait de le fixer assez durement, espérant qu'il comprenne que je n'avais pas envie de rire ou de m'éterniser là-dessus.

Je croisai les bras, écoutant patiemment les réponses de... Appelons-le Master puisqu'il le dit. A ses dernières paroles, un air narquois vint se plaquer sur mon visage. Ne pas lui dire qu'il était vieux hein. Après l'avoir détaillé, je trouvais que c'était un surnom qui lui allait plutôt bien. Je ne manquais pas de le faire remarquer. Tout ce qui pouvait blesser la gent masculine me faisait horriblement plaisir.

- Vous savez, M'sieur le Master, on dit qu'il n'y a que la vérité qui blesse. Mais si vous dites que vous n'êtes pas si vieux, ça vous regarde.

Un grand sourire moqueur s'étira sur mes lèvres avant d'être chassé par un air plus sérieux. Je reculai de quelques pas par précaution et passai une main dans mes cheveux. Il fallait que j'arrête de jouer avec la provocation sans arrêt et sans savoir qui j'avais en face de moi. Et puis plutôt que de me moquer de celui qui pourrait m'aider, je devrais me montrer un peu plus respectueuse non ? Éviter de couper mes mots, parler moins vite... Bref, faire semblant d'être polie.

- Bon, j'arrête avec mes remarques. Vous êtes professeur après tout. Je sais pas ce que j'risque.

Il fallait à présent que je dise les choses clairement et dans l'ordre.

- Je m'appelle Shinobu, j'ai seize ans et je suis arrivée ici il y a peu. Je ne sais pas où je suis, ni pourquoi. Alors vu que vous êtes Mister ou je sais trop quoi. Après vous avez aucune raison d'me répondre et dans ce cas je chercherai cette Hideko pour lui demander.

Je détournai ensuite la tête, fronçant les sourcils et regardant un point au hasard. J'allais faire ce que je détestais faire.

- Et j'suis désolée pour ma remarque. Alors vous pouvez répondre à mes questions s'il vous plait ?

Je réprimai une grimace et croisai un peu plus les bras. Des excuses et l'habituel mot magique quand on demande quelque chose dans la même phrase. Je pouvais me féliciter intérieurement.
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Dim 30 Mar 2014 - 20:05
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Bon, visiblement la petite semble pas vraiment ravie de ce que je lui ai répliqué. En même temps, si tu veux pas en parler, fais pas ton arrogante suffisante, c'est très agaçant... J'ai un peu de mal avec les gens qui s'imaginent avoir tout connu de la vie et te regardent d'un air méprisant comme ça. Alors ouais, on peut s'en être pris dans la gueule, mais il faut savoir un truc : c'est jamais terminé. Et on a toujours des choses à apprendre. La valeur de la vie, je pense qu'on peut vraiment la connaître qu'à partir du moment où il ne nous reste plus rien d'autre. Alors évidemment qu'ici, on est pas trop loin de ce stade. Mais on l'atteindra jamais. C'est comme la perfection... ou la plus insondable des conneries.
Bref... où en étions nous ? Ah oui, j'ai une gueule de prof. Je vois pas comment on peut avoir une « gueule de prof » ici, surtout qu'à la base, je suis pas censé l'être. Disons que j'ai pas le choix, ça ira plus vite. En gros, ici, avoir une tête de prof, ça veut dire... avoir une tête de vieux. D'où le super raisonnement qui fait qu'elle s'imagine que je suis enseignant. Bon, c'est le cas, dans un sens. Mais je le revendique pas vraiment, dirons nous...
Je lève un sourcil en l'écoutant se présenter, et enregistre rapidement les infos. Ouais, enfin, enregistrer est un bien grand mot, dans cinq minutes je me souviendrai plus de son nom. Pas grave, de toute manière, je risque pas de la recroiser avant un long moment. Et elle me manquera pas je crois...
Bon, elle me demande ce qu'elle fout là. Où elle est, déjà. Mais punaise, les novices écoutent les Masters quand ils arrivent ou bien quoi ?! Rahhh ça m'emmerde. Soit c'est eux qui sont débiles, soit c'est les Masters qui font pas leur boulot ; même moi je leur explique, alors c'est dire !

– Je sais pas trop, j'hésite ! je la taquine avec un sourire moqueur.

Je croise les bras, soupire un bon.

– Bon, allez, pour reprendre depuis le début, on est à Tokyo, dans un institut qui s'appelle Terrae. Jusque-là c'est pas trop compliqué. Le truc plus galère, c'est qu'on t'a trouvée et amenée ici parce que tu as vécu un événement plus ou moins traumatisant, pour que tu puisses te reconstruire ici.

Pour le moment ça devrait aller, c'est pas encore trop inconcevable comme truc.

– Nous, Masters, pouvons ressentir le Vide de personnes d'environ ton âge à peu près partout dans le monde. Parce qu'on a des pouvoirs, qu'on te transmettra d'ici... Je sais pas ? Quelques semaines sûrement. Enfin si tu en veux. Bon, je vais pas te faire le topo habituel sur les affinités et le reste parce que ça me saoule, mais en gros, ces pouvoirs vont peu à peu combler le vide en toi, et bla, et bla.

Tact : 0/20. Je crois que j'aurais pas pu dire ça d'un air plus détaché que ça. Mais ma soirée vient d'être foutue en l'air, et j'en ai marre ! Donc je balance ma mauvaise humeur sur le premier passant venu, CQFD. Puis c'est elle qui demande, donc je lui explique... Même si expliquer est un bien grand mot. Enfin, elle n'avait qu'à pas tomber sur moi !

– Encore des questions ? Et ne me prends pas encore pour un fou, tu verras bien assez vite que je ne me fiche pas de toi, je continue en haussant les épaules, sachant pertinemment comment elle allait réagir.
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Dim 13 Avr 2014 - 17:45
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J'écoutais le Mister sans réellement le faire. En réalité, j'hochai plus la tête à son horrible manque de tact plus qu'autre chose. Ce par quoi il avait commencé avait un minimum de sens. On m'avait trouvée et emmenée à Tokyo. Ok, donc je me retrouvais au beau milieu d'une ville que je ne connaissais que par ma mère quelque part au Japon. Normal, tout à fait normal...

Même si ça ne me paraissait pas logique, la suite n'était ni plus ni moins que tirée par les cheveux, entièrement vide de sens. J'avais eu droit à toute sorte de cours sur les sciences, la logique, la philosophie, toutes les choses rationnelles du monde parce qu'on avait espéré que je devienne une fille bien, que je perde mes habitudes de la rue et que je ne parle pas que par mes poings. Alors il avait bien fallu que mon cerveau retienne quelque chose de ces cours assommants et ennuyeux. Et autant dire que je ne trouvais absolument rien de rationnel dans ce que me racontait ce prof.

Au contraire, son histoire me donnait plus envie de rire qu'autre chose, pour ne pas être plus brusque et lui faire comprendre que je n'aimais pas qu'on se foute de moi. Mais il avait l'air sérieux. Très sérieux même.

- Vous vous foutez pas de moi, bien sûr c'est teeeeeellement évident. J'dirais même que ça se voit tellement sur votre visage que mon cerveau à capté direct.

S'ils avaient tous un grain dans ce coin, je n'allais pas rester bien longtemps. La première occasion serait la bonne pour m'en aller. Je réprimai un soupir. Toute cette histoire allait vite m'énerver, et je n'étais pas certaine d'avoir assez d'économies pour les nombreux paquets de cigarettes que j'allais descendre à coup sûr.

Je passai une main dans mes cheveux, parce que je le faisais souvent quand quelque chose ne m'allait pas, puis croisai les bras.

- En admettant que tout ça puisse être vrai, on y gagne quoi ? Si ces pouvoirs comblent le vide comme vous dites, ça veut dire quoi concrètement. Que ça devrait nous aider à aller mieux ? À oublier pourquoi on nous a emmené ici c'est ça ?

Des pouvoirs qui comblent le vide. Et pourquoi pas un monde doré où vivent des sirènes et des licornes tant qu'on y était. Lorsqu'on avait mal au profond de soi, j'avais beaucoup de mal à imaginer que quoi que ce soit puisse calmer ce genre de douleur. Je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il y avait des blessures qui ne cicatrisaient pas, quoi qu'on fasse.

- M'enfin, le jour où j'aurais ces soi-disant pouvoirs, j'viendrais spécialement vous voir et satisfaire votre ego.

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Mar 22 Avr 2014 - 19:28
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Je suis presque content de la tête qu'elle tire. Le genre d'expression qui signifie très clairement « Ce gars a un pète au casque », ou « Où est la sortie de l'asile, s'il vous plaît ? »... Enfin, le « s'il vous plaît » en moins, quand même, je suis pas sûr qu'elle soit aussi courtoise la pauvre petite choute. Je vais attendre encore un peu avant de la désillusionner, tiens. Comme ça, c'est fait. J'adore faire ça avec les chieurs. Genre ils te rient en pleine face et tu les électrocutes pour le plaisir – non, bon, d'accord, je ne vais pas non plus l'électrocuter. Mais une démonstration ne lui fera certainement pas de mal, hein ! À avoir un peu de respect pour ses aînés, déjà... Genre s'aplatir au sol et me faire les yeux doux, c'est bien ça ! Ahem. Chut Aaron, calme, refrène ta bizarrerie.
Lentement, un sourire un coin étire la commissure de mes lèvres. Ok, là, elle va vraiment croire que je me fous d'elle. Bon en soi je me fous d'elle, mais ce que je dis est la plus stricte vérité, alors bon, c'est sûr que pour un non-initié (ohohoh jeu de mot pourri...) c'est pas tellement facile à déceler. Le sarcasme... J'aime bien, soyons honnêtes. Ça fait du bien quand ça sort, parfois.

– Je sais pas, on y gagne la paix intérieure ? Comme les moines shaolin, sauf qu'on a des pouvoirs en bonus. Cool hein ?

Là, elle doit vraiment me prendre pour un beau demeuré je crois. En même temps, je cherche, je sais... Mais c'est vrai aussi, l'Harmonie et tout, ça existe en plus ! Même si ça aide pas à régler les histoires de couple... Je sais, je ne suis pas en couple, mais c'est justement là tout le problème. Faut que je règle ça ! Un jour, éventuellement. C'est une idée...

– Hâte que tu viennes me voir d'ailleurs. Parce que vu comme t'es casse-pieds y a de bonnes chances que tu finisses de la même affinité que moi !

Oh nan, j'ai pas dit ça à voix haute ? Rembobinage. Visiblement si... Bon, ça va, ça veut aussi dire que je me suis auto-insulté dans le lot, c'est pas bien grave du coup. Vive l'auto-dérision ! Hum. Bon d'accord, il faut absolument que je me calme, là.

– Tiens, allez, juste parce que j'ai envie de voir briller une flamme de jalousie dans tes yeux, je lance un reculant, avançant ma main devant moi et y faisant apparaître une sphère électrifiée. T'as vu ? Cool les trucs qui existent pas, hein ! Et t'en fais pas pour mon égo, il trouve de quoi se regonfler tout seul.

Je sais, je sais, c'est pas bien de saouler les petits nouveaux... Mais certains le méritent un peu quand même, je crois. Elle pas spécialement plus qu'un autre, m'enfin... Tant pis.
Sur ce, je fais disparaître la sphère et remet ma main dans ma poche, nonchalant, prêt à tourner les talons si elle ne réagissait pas. J'ai pas que ça à faire non plus...


HRP : T'inquiète pas va, je suis en retard partout aussi ><
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Ven 25 Avr 2014 - 10:52
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D'où sortait cet homme ? Sérieusement. J'avais beau l'écouter – oui enfin faire semblant – rien n'avait de sens. La paix intérieure hein, avec des pouvoirs en plus. Bien sûr. Et il me sortait ça comme si de rien n'était.

J'aurais sans doute pu tout croire quelques années auparavant, mais ce n'était plus le cas. Vous savez, c'est comme les trucs avec les religions. Vous êtes à fond dedans, et quand vous pensez que quelqu'un tout là-haut peu vous aider, et qu'au dernier moment rien arrive, vous finissez par laisser tomber, voire perdre espoir. Et après, tout ceci devient même un sujet qui vous blase. Pour moi, ça faisait huit ans que c'était le cas, on ne pouvait plus jouer sur ma naïveté ou quoi que ce soit, puisque je ne croyais plus à rien.

Alors cet homme pouvait me sortir tout ce qu'il voulait, j'aurais du mal à le croire sans preuve valable.

- Contente de voir que je ne suis pas la seule à être casse-pieds. M'enfin, vous pouvez comptez sur moi, tant que je vous aurais pas vu, j'irai voir personne d'autre, j'vous l'assure. Vu que j'suis casse-pieds, j'sui sûre que vous serez très content d'avoir une élève comme moi.

Moi, casse-pied. Est-ce que Môssieur s'était bien regardé ? Le simple fait de se foute de moi de cette façon le rendait plus casse-pied que n'importe qui. Mais bon, ou il ne s'en était pas rendu compte, ou il savait qu'il était relativement chiant lui aussi. On ne me l'avait jamais sortie celle-là, c'était bien une première.

Je n'aurais jamais imaginé, que j'aurais droit à une petite démonstration. Visiblement, M. Mister ne se foutait pas totalement de moi. J'avais dit ça un peu au hasard, mais à présent c'était sûr, c'est lui que j'allais venir embêter dès que j'aurais ces pouvoirs. Et je le ferais avec tant de plaisir.

Les bras croisés, je regardais le Mister faire disparaître sa boule, gardant une expression la plus neutre possible, parce que j'avais été surprise mine de rien. S'il espérait voir de la jalousie, il pouvait rêver. Je n'avait rien à lui envier après tout, et puis je ne perdais pas mon temps à être jalouse des autres.

J'aurais aimé tracer ma route mais une dernière question me vint à l'esprit. Des affinités...

- Dites M'sieur le Mister. Vous avez parlé d'affinités tout à l'heure. C'est quoi ? Et ne me répondez pas comme si j'étais une abrutie parce que je sais pas vous, mais j'aime pas qu'on se foute de moi.

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Mer 7 Mai 2014 - 10:06
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Et nyah et nyah nyah. Et vas-yyyy, je veux pas l’avoir comme élève moi ! Bon, ça m’apprendra à fermer ma gueule je suppose ; mais bon, c’est quand même mon rôle au final… Pourquoi je suis Master au final ?! Franchement, c’est chiant. Ok, je veux bien, la paix, l’Harmonie suprême, tout ça tout ça, mais au bout d’un moment, voilà, quand on vit sans déprimer, c’est pas drôle ! (Dit celui qui a passé les cinq dernières années à se morfondre sur son pauvre sort de pauvre type lâche et casse-pieds…)
L’un de mes sourcils se hausse subrepticement.

- Oh crois-moi, j’en serai paaarfaitement ravi. J’adore embêter mes élèves, c’est mon passe-temps favoris, après celui de mettre dehors mon remplaçant qui se croit tout permis.

Un sourire innocent éclaire mon visage alors que je recule d’un ou deux pas, avant de lui faire une petite démonstration de mes pouvoirs. Ahlala. Ces jeunes. Il faut toujours leur mettre sous le nez les trucs les plus évidents pour leur faire comprendre qu’on raconte pas des cracks. Un sursaut de surprise la prend, mais son visage reste neutre, inexpressif. La petite cache bien ce qu’elle pense derrière une carapace – assez solide visiblement. Bien, ça n’en sera que plus intéressant ! Je ne la ferai pas craquer – tout de même pas, j’ai un certain respect pour ceux qui viennent à Terrae pour avoir moi-même été dans la même situation il y a six ans – mais j’aimerais bien la voir s’énerver un peu. Je suis sûre qu’elle serait du genre à m’en coller une parce que je l’aurais tellement saoulée que… Bref. Ce serait drôle. Et je pourrais même pas lui en vouloir vu que c’était un peu le but recherché…
La p’tite me repose une question, emmitouflée dans des phrases de semi politesse puant le cynisme.

- Déjà, On dit Master, je la corrige avec un petit sourire suffisant carrément exécrable. Ensuite, les affinités, c’est les pouvoirs qu’on peut avoir. Air, Eau, Feu, Terre, Tonnerre. En fonction du caractère. Tu peux avoir un pouvoir en plus, mais ça dépend si tu tires ton pouvoir de la lune ou du soleil. Enfin, c’est les appellations qu’on leur donne.

Je hausse les épaules.

- Par exemple un Tonnerre peut être Solaire Sensitif, ou Lunaire Téléporteur. Et c’est comme ça pour tous les pouvoirs. Genre guérison, morphing, télépathie, et tout le bordel…

Pensif, je plisse le nez. Plus j’explique ça, et plus j’oublie qu’on m’a moi aussi fait ce discours, y a quelques années. Mais j’avoue que c’était un peu space. Quand Hideko me l’a dit, première réaction que j’ai eue : « AHAHAH trop drôle ! Et mes fesses, c’est du poulet grillé ? »
Mes fesses ont effectivement failli griller sous le feu de l’Enfer créé par cette espèce de folle. Mais passons… Je trouve que j’ai du tact finalement ! Plus qu’Hideko, en tout cas ! Genre « Ah au fait, je t’ai pas dit, tu vas avoir des pouvoirs ! Bon, tu restes ou tu préfères repartir dans ton trou à rat ? » (Formulation pas tout à fait semblable à ça, mais ça donne une idée du ton et de son sourire angélique absolument pas crédible qui me filait de l’urticaire.)

- Tu verras, c’est pas trop compliqué. On retient vite ces trucs-là, faut juste s’y intéresser un peu !

Enfin elle, pas sûre que ça l’intéresse réellement…


HRP : Sorry pour le temps de réponse !
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Sam 17 Mai 2014 - 18:28
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Ce prof me cassait la tête. Si je devais juger des gens chiants, je lui aurais sans aucun doute donné le premier prix. J'aurais dû tracer la route. Ce devait être une sorte de leçon, à coup sûr. Prochainement, je ferai toujours ce à quoi j'aurais pensé en premier plutôt que d'agir par pure flemme de trouver quelqu'un d'autre.

- Croyez-moi, je suis certainement pas le genre d'élève que les profs font chier deux fois.

Une fois passait mais pas deux. Je jouais très bien au jeu de l'emmerdeuse. C'était sans doute la raison pour laquelle mon paternel devait changer chacun de mes professeurs particuliers chaque fin de mois. Dans ces cas-là, je devais avouer que oui, je savais me montrer très casse-pied, peut-être même plus. Tout un tas de choses que je devrais arrêter de faire si je ne voulais pas m'attirer trop de problèmes. Même si les problèmes faisaient partie intégrante de ma vie, comme un boulet de prisonnier que je trainais accroché à mes jambes.

Mais Terrae était là pour changer tout ça non ? Keep the smile, and everything will be ok. Ces phrases bidons que se disaient ceux qui n'avaient pas la possibilité de se raccrocher à quelque chose... Ce que j'avais pensé à une époque.
Je sortis une autre cigarette que j'allumai tout en me passait une main dans les cheveux comme pour me réveiller, écoutant les explications de Monsieur le master sur les affinités.

- En fonction des affinités hein..., commençai-je en soufflant la fumée de ma cigarette. Si je tombe dans la même affinité que vous ça voudra tout dire alors.

Je ne pense pas avoir un caractère de merde. Si ?
En regardant bien, peut-être que oui tout compte fait. Mais ça ne pouvait pas être pire que le bonhomme que j'avais en face de moi...

Bon. Je n'avais plus de questions. Je n'avais plus qu'à m'en aller après un semblant de remerciements et voilà. Quoique... Quelque chose me dérangeait encore. Il y avait un truc que je n'arrivais pas à accepter. Je ne savais pas trop quoi, j'avais juste l'impression de n'avoir aucun but ici. Je ne savais pas trop pourquoi j'étais là. Enfin, si d'un certain côté, mais pourquoi est-ce qu'ils faisaient tout ça ? Dans quel but ? Pourquoi est-ce que j'avais cette impression bizarre ?

Je crachai une nouvelle fois de la fumée avant de reprendre.

- Sur ce coup-là, je suis on ne peut plus sérieuse. Je ne plaisante plus. Vous ressentez le Vide ou un truc comme ça. Mais pourquoi vous ramenez les gens ? Je veux dire... Y a bien une raison nan pour que vous alliez cherchez des gens à deux doigts de faire la plus grosse connerie du monde. Vous le faites pas sans intérêt, si ?

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Mer 11 Juin 2014 - 22:22
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Tiens, j'en connais une qui est saoulée. C'est fou comme les gens sont jamais de bonne humeur ! Il faudrait inventer la machine à créer de la bonne humeur. Ou distribuer des ballons dans la cour. Ou des barbes à papa ! Ouais, nan, Hideko trouverait encore un moyen de les taxer, sans cœur comme elle est ! Et après, elle prétexte que comme ça, les pauvres petits initiés auront chacun une chambre. Mais bien sûr. Et l'institut, il est pas extensible à l'infini, hein ! Je crois qu'il faudra le lui avouer, un jour... Parce qu'à mon avis, elle est pas encore trop au courant, la pauvre. Ça va lui faire un choc !
Je ricane un peu. La petite n'a pas la langue dans sa poche, j'avoue. C'est presque drôle, mais là je crois que je me répète un peu. Elle s'allume une clope d'un geste nonchalant en se passant la main dans la cheveux, pour la deuxième ou troisième fois déjà. Un tic ?

– Evidemment. Et j'ai jamais tort !

Parce que le tort tue et que là, tu meurs. Ahem, désolé, ça faisait longtemps que je l'avais pas sortie celle-là, au temps pour moi...
Elle semble hésiter à partir, et j'esquisse un pas ou deux pour m'éloigner, avant qu'elle ne me retienne encore. C'est leur trip aux nouveaux de harceler leurs profs dans la cour pour des raisons pratiques, ou bien ? Mine de rien, c'est mieux quand on est posé tranquillement plutôt que debout, sous le regard de tout le monde. Bon, d'accord, j'avoue qu'il y a pas grand monde dehors, mais voilà, il n'empêche que c'est pas commun. Qu'elle compte pas sur moi pour l'inviter prendre un café cette gosse... (Bon, en même temps, je crois qu'elle prie aussi pour que je réponde le plus rapidement possible à ses questions, et que je me casse de suite après...)
Je hausse les épaules.

– Eh bien, non ? Sans intérêt.

Mon sourire se fait en coin.

– Tous les Masters ont un jour ressenti ce Vide. C'est la Directrice qui nous a cherchés. Tous. Et qui nous a insufflé l'Espoir.

L'Espoir et l'Harmonie pure...

– T'es pas obligée de me croire, hein. Mais on a tous eu le droit à une deuxième chance ici. Et certains, une fois qu'ils ont rempli ce Vide... Sont simplement partis. C'est un cycle sans fin, je souris, cette fois sans moquerie.
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Mer 2 Juil 2014 - 10:14
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Je devais avouer que je n'avais pas été capable d'imaginer ce à quoi je m'attendais en acceptant de venir à Terrae. Au début, c'était juste l'occasion de fuir ce que je vivais et d'éviter de faire la plus grosse connerie de ma vie. Je m'étais persuadée que j'avais réussi à me sauver en prenant cette main, que je n'étais pas une fille assez faible pour vouloir en finir. Bref, je m'étais reprise.

Mais là, je quittais une vie de merde pour quelque chose que je ne pouvais pas définir tant c'était irrationnel. Enfin... Peut-être que tout ça avait un sens, mais je n'avais aucune envie de le trouver. Si je cherchais trop à comprendre, tôt ou tard j'allais finir par être dégoutée. Je n'avais qu'à laisser mon je m'en foutisme naturel prendre la relève et tout irait bien.

- C'est bateau tout ça. Mais bon j'imagine qu'on s'habitue.

Il fallait savoir s'adapter après tout, et ça n'allait sans doute pas me poser problème. Des phases d'adaptation, j'en avais eu un bon paquet. Seulement, j'avais l'impression que cette nouvelle adaptation allait durer plus longtemps que les autres.

- Un cycle sans fin...

Il fallait quand même être bien stupide pour partir et se remettre dans la merde, seul. Parfois, les gens pouvaient se montrer d'un réel masochisme. Pourquoi retourner dand les problèmes alors qu'on avait finalement réussi à les éviter ? Il y avait un truc que je ne saisissais pas. Mais, ça n'avait rien à voir avec moi, et puis, même si cet endroit ne m'inspirait pas particulièrement, je n'avaid aucune envie de m'en aller.

Je dégageai les cendres qui s'étaient accumulées sur ma cigarette. Elle était déjà à moitié consumée bien que je n'y aie pas beaucoup touché. Finalement, j'avais été bien plus intéressée par ce que m'avait raconté ce master que ce que j'avais pu imaginer. C'était peut-être bon signe.
Tirant sur ma cigarette, je shootai dans un petit caillou qui se trouvait devant moi, puis, redressant la tête, j'offrai un sourire mi-franc, mi-narquois au prof.

- Bon. Comptez sur moi pour faire de vous mon prof perso la prochaine fois que j'vous verrai.

Je marmonnai ensuite un petit merci puis je me dirigeai tranquillement vers le grand portail de l'Institut. Il fallait que je trouve la bibliothèque du coin.


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Jeu 3 Juil 2014 - 14:09
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Emploi/loisirs : Prof de maths. LOL. Je sais ça me fait rire aussi.
Humeur : Ahaha. Euh...

HRP : J'ai été ravie aussi ♥ On se fait ce RP quand tu veux ! Hésite pas à venir me voir quand ton perso sera initié ;) Ce sera avec plaisir !


Je fouille machinalement dans ma poche pour attraper mon paquet de cigarettes, tenté par la fumée qui me chatouille le nez, avant de pousser un soupir de désespoir. C'est vrai que je l'ai pas sur moi... C'est bien ma veine tiens. Plus jamais je me dis que j'arrête de fumer, de toute manière ça sert à rien et j'ai pas la motivation. En plus, j'ai vraiment pas envie de compenser en me mettant à bouffer n'importe quoi... Déjà que je suis pas bien grand, si en plus je mange comme six, je vais ressembler à une baleine ! Et franchement, vous avez déjà vu une baleine s'appeler Aaron ? Oui, non ? Moi non. Voilà !
Doucement, je hoche la tête.

– Oh, c'est un peu niais, tu peux le dire. Mais bon, Terrae est un peu... enfin tu vois.

Je m'étire un peu et lève la tête vers le ciel. Ça a l'air de se couvrir un peu... Il devrait pleuvoir ce soir. Et l'atmosphère lourde et un peu électrique me laisse prévoir de l'orage pour cette nuit. Cool, ça me rechargera un peu les batteries...
Un sourire amusé fend mes lèvres à cette constatation, et je baisse les yeux vers la gamine – bon sang, c'est quoi son nom déjà ? Son sourire ne me dit rien qui vaille, mais je ris doucement à ses mots.

– C'est ça oui, on verra si tu auras le courage de venir ! Je t'attends.

Elle s'éloigne et je lâche un nouveau rire. Effrontée comme tout, ça me plaît ça. Et si elle vient, ben... Pourquoi pas ouais ? J'ai jamais vraiment refusé de proposer mon aide à quelqu'un, donc... Une fois de plus ou une fois de moins, au final, ça ne change pas grand chose. Toujours est-il qu'il faudra encore qu'elle vienne me trouver pour ça, je ne viendrai pas la chercher... J'ai suffisamment à faire, hé !
Plantant mes mains dans les poches, je sifflote tranquillement en me dirigeant vers mon appart', me décidant à faire un peu de rangement pour occuper ma soif de clope – oui je sais, ça ne veut rien dire. N'y tenant plus, je finis par sortir mon paquet d'un de mes tiroirs, et m'en allume une que je savoure accoudé à ma fenêtre ouverte.
Ahh... Non, plus jamais j'arrête ça. C'est pas bon pour le moral. Et au pire, je crèverai d'un cancer du poumon, c'est pas grave ! On meurt tous un jour...
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Vous me gênez, Môssieur.

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