Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Et comment vas-tu, maintenant ? Pv : Isis <3
#   Mer 23 Avr 2014 - 15:05

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Je glissai mes mains dans mes poches et continuai à marcher le long du trottoir. Il ne faisait pas très beau aujourd'hui. J'en étais d'ailleurs assez déçue. Je n'avais pas vu Isis depuis... Notre dernier combat, dans l'arène, et j'espérais que notre prochaine entrevue serait plus joyeuse, mais le temps ne m'aidait pas beaucoup.
Je levai les yeux vers le ciel et soupirai. J'espérais qu'il n'allait pas pleuvoir... Même si la météo avait annoncé le contraire, je restai perplexe. Quoi que... Entre les nuages, on apercevait tout de même quelques éclaircies. C'était un point positif.
J'arrivai finalement au parc et je me dirigeai vers un banc sur lequel je me laissai tomber. Je sortis mon téléphone, et regardai l'heure. J'étais en avance. Décidément, moi qui avait pris mon temps pour marcher... J'aurais dû marcher encore plus lentement.
Me laissant glisser le long du dossier, je relus le message que j'avais envoyé à Isis la veille. "Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vu... J'aimerais beaucoup te revoir demain. Rendez-vous au parc, à 15h ?" ce à quoi Isis m'avait répondu positivement sans s'étaler plus que ça.
Je ne sais pas pourquoi, j'avais un mauvais pressentiment. Est-ce qu'elle m'en voulait ? J'espérais que non. Moi en tout cas, je m'en voulais. Maintenant que j'y pensais, j'avais cette sensation, cette si désagréable sensation qui me poussait à me sentir coupable, et à me répéter encore et encore que j'aurais pu éviter tout ce que je lui avais infligé. Je ne cessai de me dire qu'il y avait forcément un autre moyen et que, bêtement, je n'avais même pas cherché une seule seconde à éviter ce combat que, de toute évidence, j'aurais gagné dans tous les cas. Après tout, lorsqu'il avait eu lieu, je venais de passer mon combat pour devenir Master tandis qu'elle était encore initiée.
Un soupir m'échappa, et je fermai les yeux quelques instants, savourant l'air frais sur mon visage.
Pitié Isis, ne m'en veux pas...



Merci Ronronnn ♥️
#   Ven 25 Avr 2014 - 18:21

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HRP : Ahem. Pardon pour la longueur inutile de ce post --'

"Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu... J'aimerais beaucoup te revoir demain. Rendez-vous au parc, à 15h ?"
« Oui, sans problèmes »


Trois mots.
Trois mots que j'ai mis plus d'une heure à me décider à écrire. Quelle formulation ? Quelle ponctuation ? Quelle tonalité ? Tout ça pour arriver à un truc neutre. L'espace d'un instant, j'ai ri, tellement on aurait dit que j'envoyais un message à un garçon dont je serais amoureuse. Le temps suivant, j'ai pleuré, imaginant nos rencontres, maintenant. Ou le simple poids de ce que pourraient être ses regards. Ou sa culpabilité que je sentais venir d'ici, alors que ce n'était pas sa faute mais la mienne. Ou... Tout. Toutes les paroles échangées, les actes me revenaient en mémoire comme un lointain souvenir.
Le souvenir des hommes debout. Comme si j'avais déjà accepté. Mais le goût amère au fond de ma gorge m'assurait du contraire. On accepte pas. On subit. On surmonte. Mais Mitsuki ? Elle n'était sûrement pas au courant. J'avais passé du temps alité. Mais on m'avait autorisé à sortir. J'avais refusé. Alors on me l'avait mis sous les yeux. Pour me forcer à le voir, à le regarder...
Ce fauteuil. Ce putain de fauteuil roulant. Une technologie si basique que j'avais déjà finit de percer par le regard, en trois secondes je connaissais ses mécanismes par cœur, ses faiblesses aussi. Et je n'avais qu'une envie, me servir de toute ma force pour le fracasser lui aussi contre le mur, comme tout ce qui passait à ma porté. Pas que j'ai envie de détruire. Si peut-être un peu. Passer l'injustice du monde sur ces objets plutôt que sur ce fauteuil si proche mais inaccessible, posé sadiquement à bonne distance, qui me narguait.
Pourtant ce message, si simple, remettait tout en question. J'avais envie de la voir. Mais pas à l'hôpital. D'ailleurs elle ne voulait pas non plus. Elle ne devait même pas savoir que j'étais là. Je devais aller la voir. Parler, expliquer. Pour ça, je devais sortir. Pour la première fois, affronter les autres, m'affronter moi et affronter ce nouveau monde. Trop en même temps. Mais n'avais je pas décidé d'avancer ? Cette vieille lubie me faisait bien rire maintenant...
J'ai appelé une infirmière. J'ai séché mes larmes. Il fallait que je sorte.
Le nouveau combat commençait.

J'en avait marre de pleurer.
Mais retenir les larmes est parfois plus douloureux. J'avais envie de pleurer tout le temps en fait. Quand on m'a installé dans le fauteuil. Quand j'ai commencé à avancer. Quand j'ai levé la tête vers ces médecins autour de moi, aux sourires encourageants mais aux jambes si longues... J'ai à nouveau baissé les yeux. Le carrelage était devenu mon meilleur ami, moi qui aimais garder la tête haute et froide... Je ne disais rien. Ne parlais que lorsque la situation l'exigeait ; De temps en temps je jetais quelque chose, pour calmer ma colère. Ils comprenaient. Ils savaient que mon esprit, lui , ne se taisait jamais. J'avais besoin de temps. De beaucoup, beaucoup de temps. Et j'espérais en gagner en allant la voir. Je savais qu'elle m'apporterait du réconfort. Tout comme j'avais à honorer la promesse silencieuse après le combat. Je voulais parler. Mais pas à quelqu'un qui ne pourrait pas comprendre. J'étais perdue, beaucoup plus que mon intelligence avait la manie de me faire croire.
Je voulais lui parler. Parce que j'en avais marre d'être injuste avec elle sans qu'elle sache pourquoi, parce qu'au fond je cherchais toujours à me pardonner pour le mal que... J'avais fait ? Non, c'était pire que ça. Je commençais à penser que ce n'étais pas de ma faute. Mais celle es des Autres. Que ça n'avait jamais été de ma faute. Que les seuls responsables de ce qui m'était arrivé chez moi et ici étaient les Autres. Et cette pensée, si cruelle, me faisait presque plus mal que tout le reste. J'en voulais à tout le monde, tout ceux que je voulais protéger de moi.
Mais à elle, je ne pourrait jamais lui en vouloir. C'est pour ça que je voulais lui parler. Et dépasser enfin, un peu, je l'espère, ce nouvel obstacle. Même si je n'ai plus assez de conviction pour me relever, je voudrai essayer.
Entre les larmes, je laisse échapper le rire. Je ne me comprends plus. Il faut que je fasse du tri dans mon cerveau, je crois...
Le choc du dehors fut le pire.
Voir l'herbe, sentir l'humidité de la terre fraîche, être caressée par le vent doux, humer les senteurs de la nature depuis un moment éveillée, la chaleur sur mon visage, ces rayons de soleil, ces cris de joies qui venaient du parc... Je me mordit la lèvre. Plus fort encore. Jusqu'au sang. J'aurai tellement voulu me lever, courir, profiter, comme si tout cela n'avait été qu'une mauvaise blague. Ce ne pouvait être que ça. J'aurai tout donné pour. L'espoir est cruel.
L'infirmière me poussa doucement à travers le parc. J'aurai voulu marcher plus vite. Rouler plus vite. Ma vitesse elle même dépendait de celle qui se trouvait derrière moi, qui ne disait rien. Je la haïssais. Je la remerciais. Je n'aurais jamais pu faire le trajet seule. Je me serais tuée avant. Ainsi il avait des airs de promenade sympathique et pas d'effort insoutenable. Elle jetais des coups d’œils fréquents à ma perfusion, qui apaisait la douleur de mes jambes meurtries.
Puis sa silhouette apparue. Je l'aurais reconnue d'entre milles. Sa manière d'être pressée même assise sur un banc, de regarder autour d'elle, ses mouvements impulsifs... Puis cette assurance. Cette stabilité que je ne lui connaissais pas, cette sorte d'ambiance rassurante qui émanait désormais. Je ne sentais pas les auras, mais elle avait leur prestance. La prestance des masters.
L'infirmière a ralenti sans bruits, voyant que je commençais à serrer les accoudoirs du fauteuil. Elle s'est arrêté, m'a regardé dans les yeux, s'est mise à ma hauteur, dans une question silencieuse. J'ai baissé les yeux. Soumise à cette pression. La pression de ne pas savoir comment faire, que dire, comment réagir... Écrasée, une fois de plus. Elle releva ma tête avec un sourire triste. Sans un mot.
Je serrais comme ça toute ma vie. Soit plus de 60 ans si on regarde l'espérance de vie des femmes d'aujourd'hui. Tant de temps encore, alors que j'attendais déjà la jour de la libération, le jour de la mort... Alors que je n'arrêtais pas de me raccrocher à la vie. De me faire mal, tant cette instabilité me tuait.
Je l'ai regardé. J'ai essuyé mes larmes. Quoiqu'ils en disent tous, je serais seule. Pendant ces années à vivre, il faudra que je compte sur moi, et seulement moi, aucun ne sera là jusqu'à ma mort pour me supporter. J'ai souris. Ce ne sera qu'un mauvais moment à passer, rien de plus.
L'infirmière me laissa me débrouiller. Avec facilité, je poussais mon fauteuil par les roues jusqu'au banc. Pour une fois que je vois une utilité à on pouvoir de titan... Je me « garais » à côté (tiens, il faudra que je trouve une nouvelle gamme de vocabulaire pour décrire mes déplacements... A noter dans un mémo !)
Je me confondis en un sourire d'excuse.

_ Désolée, je suis un peu en retard...

Que dire de plus ?


#   Mar 3 Juin 2014 - 23:27

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HRP : Excuse-moi pour le retard >< Sinon, j'espère que tu vas bien toi <3 Des bisous !

J'étais assise sur mon banc, à attendre patiemment l'arrivée de mon amie. Je regardai un coup les nuages, un coup les passants qui déambulaient dans le parc. De temps à autre, mon attention était attirée par le vent qui froissaient les feuilles des arbres et je tournai la tête dans cette direction, ayant toujours cédé à la curiosité de mes yeux qui désiraient placer une image sur ce son.
Pendant un court instant, je pris la peine de fermer les yeux, et de respirer l'air frais, tranquillement, me laissant glisser délicatement sur ce banc, avant de bondir sur moi-même en entendant, et surtout en sentant l'énergie d'Isis qui se rapprochait. Je n'eus pas le temps de la chercher, je repérai rapidement la source de cette énergie et je posai sur elle un regard doux, serein, heureux, avant de tomber sur ce... Fauteuil. Malgré moi, mon regard se fit plus douloureux, et j'hésitai un instant à me lever pour courir vers elle, affolée. Comment cela était-il arrivé ? Que s'était-il passé ?!
Je pris une lourde inspiration, qui gonfla d'air mes poumons. Maintenant que je faisais plus attention à son énergie... Je le sentais. Cette aura hésitante, maladroite. Cette énergie brimée.
Je me pinçai la lèvre, en faisant bien attention à ce qu'elle soit encore assez loin pour ne pas le remarquer. Lorsqu'elle fut à la bonne distance, j'entendis sa voix lui échapper pour s'excuser inutilement, tandis qu'elle m'offrait un sourire d'excuse. C'est en croisant le regard de l'infirmière que j'eus un véritable pincement au coeur. Un poids s'abattit sur mes épaules et mon diaphragme me fit faux-bond un instant, me privant d'une bouffée d'air. C'était ce regard. Ce regard-là, qu'Isis avait vu, senti, et ressenti posé sur elle pendant tout ce temps qu'elle avait passé en fauteuil roulant. Parce qu'à la vue de ce regard, je n'avais pas eu besoin de lui demandé. J'avais compris. Elle était paralysée à vie.
Je n'avais pas envie de lui demander ce qu'il s'était passé. Je n'avais pas particulièrement envie d'en parler non plus. L'espace d'un instant, je ne pus m'empêcher de m'en vouloir. Et si c'était ma faute ? Et si j'avais mal calculé mon coup, et que lors de notre combat, j'ai en réalité détruit sa colonne vertébrale ? Et si elle était en fauteuil roulant par ma faute ?
Je sentis une boule se former dans ma bouche. Tout était possible après tout. Je ne me souvenais pas l'avoir réellement blessé dans le dos, mais devais-je me fier à mes souvenirs ?
Après quelques secondes d'hésitations, et de malaise, je ne pouvais pas le nier, je me rendis finalement compte qu'avant tout, avant de m'accuser, de me reprocher un tas de chose... Je devais penser à Isis. Le monde ne tournait pas autour de moi, et je n'étais pas le centre de l'univers. Ici, dans ce contexte, Isis, elle, y était. Qu'elle le veuille ou non. Et être au centre du monde n'a pas que des bons côtés.
Je me pinçai une nouvelle fois la lèvre, par instinct, avant de poser un regard doux sur Isis, ce regard propre aux Master. Je lui offris mon plus joli sourire, et fis un signe négatif de la tête.

-Tu parles ! J'ai à peine attendu. T'es pas en retard !

Je lui souris. Devais-je nier son état ? La traiter comme mon exact égale ? Ou alors devais-je m'inquiéter à son sujet, ouvertement ? De quoi avait-elle réellement besoin ? Je n'allais probablement pas tarder à le savoir.
Je lui adressai donc un joli sourire, me perdant dans mes pensées un bref instant, avant que la question ne m'échappe, bien malgré moi.

-C'est arrivé comment ?
demandai-je en désignant son fauteuil du menton.

J'avais pourtant réussi à peser en moi le pour et le contre. J'avais tenu une longue réflexion. J'avais bien compris qu'Isis n'avait pas forcément besoin d'en parler, qu'elle préférait probablement ne plus en entendre parler même. La paralysie à vie, ce n'est certainement pas un cadeau. Et pourtant, c'était sorti. Ca m'avait échappé, sans que je n'aie pu faire quoi que ce soit.
Et pour ça... J'aurais pu m'enfermer, afin de me cacher. Car j'avais terriblement honte de moi.



Merci Ronronnn ♥️
#   Lun 9 Juin 2014 - 12:08

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HRP : Mais non c'est normal, avec les exams et tout ♥ Moi aussi je suis dans une période un peu dure donc je promets pas d'être rapide >.<

Elle se retourna.
Vous savez, il paraît que notre perception du temps dépend du nombre d'images que notre cerveau perçoit. Plus il y a d'images, plus le temps paraît long. Si l’œil humain voit 24 images par secondes, alors à ce moment là j'avais l'impression d'en voir 240. Le temps me paraissait étiré comme dans une pub de maillot de bains, trois fois trop long, et je me forçais à ne pas réagir.
Pourtant c'était con, parce qu'une fois qu'elle s'était retournée, et ben c'était fait. Comme si au fond, ça n'avait pas duré si longtemps. Juste une seconde, voir deux. Et je voyais dans ses yeux défiler la surprise, puis la culpabilité. Et je serrais les dents, déjà sûre de la question à laquelle je devais m'attendre. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Il faut espérer que dans dix ans ils ne me la poseront plus, cette foutue question.
Mais, ses yeux changèrent. Son sourire se fit doux, rassurant. Elle avait l'air tellement plus forte, tellement plus sûre d'elle, tellement plus mature. Je comprenais désormais ce qu'ils appelaient "masters". Cette force sûre que j'avais suivie jusqu'ici, brute et douce à la fois, tellement rassurante.
Je lui rendais son sourire. Peut-être plus incertain mais sincère. Si j'avais été plus émotive j'aurai pleuré, parce que j'en avais envie, mais là non. Il y avait dans ce monde encore des choses que je n'avais pas compris, des choses à expliquer qui méritaient que je vive, et -si on peut le dire comme ça- Mitsuki en était une. Tellement vivante... Que j'en oubliais que moi j'étais assise.

-Tu parles ! J'ai à peine attendu. T'es pas en retard !

Ha, naturelle et spontanée aussi. Mon sourire s'étira. Je suppose que son titre ne l'a pas complètement changé, ça me rassure. Mon sourire timide s'étire légèrement. Ha. Et que puis-je répondre à ça ? Une petite pique sans aucun doute, comme quoi le fauteuil n'est pas le meilleurs moyen de transport qu'on ai jamais inventé et qu'il se coince trop dans les cailloux ? Mais je n'en ai pas encore la force. C'est trop proche, trop frais, je ne peux pas encore me permettre ces sarcasmes qui me rappellent... ça.
Je suis désolée Mitsuki, pourtant j'aimerai tellement te rassurer... Mais tu verras un jour je me battrais, j'en construirai un nouveau, un fauteuil révolutionnaire, ou des jambes artificielles mécaniques, un jour je serai debout à nouveau. Parce qu'au fond je n'accepterai jamais ma condition et je le sais. Ça n'en ai que plu cruel.

-C'est arrivé comment ?

Une tornade se déclencha dans m tête.
Tiens, je l'attendais plus tôt. Mais c'est encore trop tôt... Mon cœur se serra. Oui, c'est arrivé comment au juste ? Je la regardais fixement, entre l'étonnement et la douleur, voyant dans ses yeux le regret. Pourquoi ? Il fallait bien que tu me pose la question non ? De toutes façons je ne sais pas si j'arriverai à le dire... Mais il le faut bon sang ! Isis, t'as l'intention de stagner toute ta vie ?! De laisser tous tes secrets bien au fond, aussi ridicules soient-ils ?! Allez, c'est pas comme si c'était dramatique ! Si ça l'est. Arg, stupides sentiments, dégagez. Vous allez finir par lui faire croire qu'elle est coupable, bordel.
Je prend une inspiration visible. Mon sourire se fait plus hésitant et je lutte pour ne pas baisser les yeux, ne pas encore resté planté sur les brins d'herbes, mes nouveaux amis. Une larme m'échappe, que j'essuie rapidement. Ha non, ça va pas recommencer...
Puis je ris. Parce qu'au fond, il faut que je réponde. Et qu'il fallait qu'elle pose la question, même sans le vouloir, elle était comme ça.

_ Un arbre... On était en mauvais termes et il a décidé de me tomber dessus...

Ça y est, c'est fait.
D'une voix saccadée. Trop hésitante, mais dans laquelle j'essaye de mettre le ridicule de la situation. Oui c'est ridicule. Parce que c'est vrai et que ça pourrait passer pour un mensonge. Je ris encore, prenant confiance en moi. Je n'ai pas de raisons d'avoir peur. Après tout, c'est Mistu à côté de moi, je peux bien lui dire...
Je soupire, fatiguée de toutes ces sauts d'humeurs auxquels je ne suis pas habituée. Moi si clame habituellement.

_ Un titan en fauteuil... Au moins Dieu a le sens de l'humour !

Je préfère penser qu'il existe. C'est plus facile de penser que c'est de sa faute que de la mienne. Oui ça aussi c'est ridiculement lâche. Mais avouez, un coup aussi tordu a forcément été pensé par quelqu'un...
Je secoue la tête, sentant remonter de mauvaises choses. Il faut se calmer, maintenant, faire semblant d'accepter et continuer, pour voir.

_ Et toi ? Ce passage à master, ça s'est bien passé ?

Je ne pose pas la question pour changer de sujet, ça m'intéresse vraiment. D'après ce que j'ai entendu et ce que je vois, ce n'est pas un passage anodin. Plutôt une transfiguration. Une étape très importante... que je n'atteindrai probablement jamais.
Arg, ta gueule toi.


#   Mar 10 Juin 2014 - 16:33

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Mon coeur se serra brusquement lorsque je croisai le regard d'Isis, lorsque j'aperçus cette larme qui coula le long de sa joue, lorsque je perçus son regard fuyant, mais qu'elle tenait malgré tout à garder fixer sur moi. J'eus du mal à soutenir son regard tant je m'en voulais, mais je tins bon. Je sentis l'ironie, la pointe d'humour, un humour douloureux, qui ponctuait sa réponse, et je forçai un petit sourire, comme pour rentrer dans la blague. Sa référence à Dieu me fit mal au coeur.
Sa voix était hasardeuse, saccadée. Je me sentais tellement mal d'avoir posé la question... Pourtant, ça aurait pu être pire. Elle aurait pu refuser de me répondre. Ou bien m'en vouloir. Mais à croiser son regard, à voir ce sourire qu'elle essayait de garder sur les lèvres, bien difficilement... Je voyais bien qu'elle ne m'en voulait pas. Et pourtant, moi, je m'en voulais.
Finalement, elle décida de recentrer la conversation sur moi, et me demanda comment s'était passé mon passage au rang de Master. Je lui souris douloureusement, de manière un peu gauche, avant de forcer l'enjouement ; je n'avais pas envie qu'elle croie que j'avais pitié. C'était bien loin d'être le cas.
Je pris donc une légère inspiration, avant de lui répondre :

-C'est... Vraiment incroyable. Et étrange ! Je me sens totalement différente, si tu...


Si elle savait ? Elle ne saurait probablement jamais, c'est ça ? Pourtant, je ne voulais pas la priver de ces mots. Je ne voulais pas la traiter différemment des autres.
Aussi, après un léger silence, je repris, comme si de rien n'était. Comme si dès demain, Isis allait retrouver ces jambes.

-...Savais. C'est magique. Je me sens nouvelle. Une tout autre personne, tout en restant la même. C'est une sensation unique.

L'espace d'un instant, je me remémorai mes cours de physique, et d'électricité. Cette grenouille qui était capable de bouger ses cuisses, d'agiter ses muscles, de faire réagir ses jambes, alors qu'elle était morte, simplement parce qu'un courant électrique la traversait. Etait-ce possible pour Isis ? Est-ce qu'un peu d'électricité de ma part pourrait lui faire bouger les jambes ? J'étais perplexe. Mais j'aurais tellement aimé que quelqu'un vienne et me réponde simplement "oui". "Oui, électrise son corps, et elle remarchera". Mais je ne pouvais probablement que créer un réflexe. Lui faire plier la jambe; Sans qu'elle ne le ressente... Ce serait probablement encore pire. Qu'elle voit ses jambes bouger sans bouger les sentir bouger. Réaliser qu'elle était définitivement incapable de bouger ses jambes. Je me mordis la lèvre inférieure.

-On va trouver un truc pour te faire marcher !
m'entendis-je crier à son attention. Je te le promets Isis. On va trouver ! La robotique et moi, c'est une histoire qui dure depuis des années ! Je peux trouver le moyen de te créer des jambes, ou ce genre de trucs... Je suis sûre que je peux...

Ma voix s'éteignit, et je sentis ma gorge se nouer. Une fois encore, ma voix m'avait échappé. Mais ça me faisait si mal de la voir comme ça... Isis avait besoin de ses jambes. C'était injuste... Elle ne méritait pas ce sort. Elle méritait de marcher, de courir, de sauter partout. Elle méritait d'être heureuse... Elle avait assez souffert.



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#   Lun 16 Juin 2014 - 19:41

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Halala, qu'est ce que c'est que cette tête, Mistu ? Comment tu peux encore t'en vouloir alors même que c'est le moins de ta faute du monde ? Arrête de te sentir comme ça, sinon c'est moi qui vais finir par être mal. Enfin plus que je ne le suis déjà, je veux dire. Ha, ironie de merde... Je devrai aussi élaborer une nouvelle gamme d'humour maintenant. Mine de rien l'autodérision c'est plus dur que ce qu'on pense...
Ne souris pas comme ça, ce sourire n'est pas le tien. Il n'est pas assez assuré, pas assez... "Toi". Sois toi s'il te plait, oublie que je ne suis plus que la moitié de moi même. Après tout je peux encore parlé et penser comme avant, c'est juste cet incapable de corps que je voudrai tuer pour de bon. Si seulement on pouvait en changer...
Je secoue la tête. Taisez vous, stupides illusions. Vous faites plus mal que la douleur elle même.

-C'est... Vraiment incroyable. Et étrange ! Je me sens totalement différente, si tu...

Savais ? Je serre les dents. Pourquoi tu t'arrêtes, là d'un coup ? Non, je ne saurai jamais, mais on s'en fout non ? Dis moi qu'on s'en fout, même sur mes deux jambes je n'aurai jamais atteint ce stade de toutes façons, à quoi ça sert de se repentir.
Bon sang mais refluez sacrées larmes, dégagez le passage, je ne vois presque plus son sourire vous faites chier ! Silence. Maudit silence. Je me retient de pleurer. Je t'en supplie, ne me regarde pas comme ça. Pitié. Continue... Je m'en fout de ne pas savoir, si tu sais ça me va, je veux juste te voir, comme avant.

-...Savais. C'est magique. Je me sens nouvelle. Une tout autre personne, tout en restant la même. C'est une sensation unique.

Je souris au final. Merci. Merci de me parler des choses qui font du bien, des choses qui tournent, autre que les roues des fauteuils. Alors ça fait autant de bien que ça ? Tu te sens libéré ? Tout comptes faits, peut-être qu'un jour...
Je la vois, je la sens hésitante. Oui je sais, il y a des choses qu'on rêverais de dire, de demander, ça doit te brûler la langue. Allez vas-y, tant que tu souris je peux répondre, alors arrête d'être ravagée par des remords qui ne sont pas les tiens.

-On va trouver un truc pour te faire marcher ! Je te le promets Isis. On va trouver ! La robotique et moi, c'est une histoire qui dure depuis des années ! Je peux trouver le moyen de te créer des jambes, ou ce genre de trucs... Je suis sûre que je peux...

Mon sourire se perdit un peu, baissant les yeux sur ces carcasses qui continuaient à m'envoyer de la souffrance sans pouvoir bouger. Et mon pauvre cerveau affolé par son insistance, par l'espoir qu'il reflue et qui malgré tout perce ma garde à chaque fois. Maudit espoir. Il n'y en a pas, je devrai le savoir pourtant. Je le sais. Mais il s'accroche.
Je lève les yeux vers elle. ho oui, tu es formidable, tu en est capable je suis sûre. Un jour je serai à nouveau debout et on marchera comme si ça n'était qu'un lointain souvenir. Mais cet avenir est trop éparse et la réalité encore trop proche. Pourquoi les hommes espèrent hein ? A quoi ça sert ? Pourquoi on ne peut pas faire autrement ?
Je secoue doucement la tête, prise d'un petit rire nerveux.

_ Bien sûr. Bien sûr que je vais marcher. Toi et moi on a réussi à faire un carrousel, pourquoi pas des jambes ?

Sans que je m'en rende compte, de nouvelles larmes coulent le long de mes joues. Bon sang. Bon sang ! Je les essuie. L'espoir c'est moche, vraiment. Allez, Isis, après tout, il suffit d'u croire non ?

_ Oui, un jour je serai debout, mais pour le moment... C'est pas encore fait d'accord ? Pour l'instant, je suis juste là, et c'est tout. Mais c'est pas pour ça qu'il faut désespérer.

Oui, après tout pourquoi j'en ai marre ? Est ce qu'il y a autre chose, au fond ? Je serre les dents. Oui, il y a un tas de choses, un tas de manques. Mais ceux là, même l'espoir commence à les effacer.


#   Lun 30 Juin 2014 - 17:05

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J'étais stupide. Vraiment. Pourquoi continuais-je à faire du mal à Isis ? Alors que je le voyais, dans son regard ! Ses supplications. Ses supplications pour que j'arrête. Pour que je regarde normalement. Pour que je la considère normalement.
Et à vrai dire... Oui, pourquoi ? Pourquoi est-ce que je réagissais comme ça ? Ce fauteuil roulant ne changeait rien au fait qu'Isis était mon amie ! Rien du tout. Alors pourquoi est-ce que je m'entêtais ?
Probablement parce que justement, c'était mon amie... Et que la voir dans cet état me rendait malade.
Malgré tout, je parvins à reprendre le dessus sur ma conscience dévastatrice.
Posant mon regard violet sur ma jeune amie Terre, j'affichai un sourire, avant de croiser son regard, d'apercevoir ses larmes.
Prenant sur moi comme jamais, je me jetai sur elle, et la serrai dans mes bras. Elle n'avait plus de jambes, mais elle sentait encore les choses. Elle avait encore ses mains, ses doigts, ses bras, son torse, son visage... Elle avait encore son coeur, et son cerveau. Les jambes... Est-ce que ce n'était pas dérisoire ? Beaucoup de personnes vivaient sans. Qu'est-ce que ça changeait, après tout ? On restait assis toute la journée ! Est-ce que ce n'était pas moins fatigant ? Et puis, à quoi servent les jambes ? Marcher, courir, danser ? Est-ce que ce n'est pas optionnel ? Tant qu'elle peut encore se déplacer...
Je me pinçai la lèvre tout en continuant à serrer Isis contre moi, profitant de cet instant où elle ne me voyait pas pour noyer définitivement ma culpabilité. Désormais, c'était terminé. J'arrêtais les gaffes. Je quittai ce visage triste. J'arrêtai de la mettre mal.
Je m'éloignai d'elle, et hochai la tête quand elle m'affirma qu'il ne fallait pas désespérer.
Avec quelques difficultés, que j'avais fort heureusement appris à camoufler, j'affichai un large sourire heureux. Merci Maman et Papa de m'avoir appris parfois à cacher mes émotions. Je pensais que ça ne me serait jamais utile. Je ne voulais pas paraître fausse. Mais à vrai dire, ça se révèle plus qu'utile. J'ai enfin compris comment utiliser ça dans le bon sens.

-Bien sûr qu'il ne faut pas désespérer ! J'ai confiance, moi, tu crois quoi !
m'exclamai-je.

Je sautillai sur place, réalisant à peine à quel point je parvenais à cacher si bien ce que je ressentais dans le fond. Mais Isis n'avait pas besoin de ça. Elle n'avait pas besoin de ma compassion, de mon remord, de tout ça. Elle avait assez avec ses propres sentiments.

-J'aimerais travailler sur un nouveau projet à l'atelier d'ailleurs, ça te tenterait, dis-moi ?

Je lui offris un sourire débordant d'amitié et d'enjouement. Je m'adressai désormais à elle comme à l'Isis d'avant, l'Isis avec des jambes. Parce qu'Isis en fauteuil, ou Isis debout, elle restait la même. Elle était mon amie, ma coéquipière de petits projets à l'atelier. Et son handicap n'y changerait rien.

-C'est assez particulier... Et je ne sais pas trop si ça pourrait fonctionner. Mais j'aimerais beaucoup créer une espèce de planche, comme une planche de surf, ou quelque chose dans ce genre, qui fonctionnerait à l'électricité électro-magnétique. En fonction du métal, de l'énergie qu'elle trouverait, et ben cette planche, dans ma tête... Pourrait nous permettre de voler. Ce serait super, non ?


Et puis, ça te changerait les idées, non ? Tu en as certainement besoin... Plus qu'on ne le croit...



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#   Ven 4 Juil 2014 - 16:22

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Elle me serra dans ses bras.
Je fut surprise, voir complètement désorientée. J'avais envie de pleurer encore plus, de joie et de tristesse mélangées. Je ne pouvais m'empêcher d'avoir mal, de pleurer, elle le voyait. Pourtant elle faisait tant d'efforts pour me le cacher... Une fois de plus, je me sentais injuste. Injuste mille fois pour lui imposer mon état. Qu'est ce qu'allait être sa vie maintenant à cause de moi ? Je ne voulais pas qu'elle se sente obligée de me montrer ses sourires, de se cacher pour me faire plaisir, je ne suis pas si égoïste. Mais je ne voulais pas non plus qu'elle me montre ce regard insistant, qui me montre que si je baisse les yeux, rien qu'un peu, ce que je vois n'est que le résultat d'une illusion brisée.
Je souriais à l'annonce forte de sa confiance. Une voix qui se voulait forte, rassurante. Vraiment, elle avait changé. Elle était devenue formidable. Elle serait capable de donner de l'espoir à n'importe qui avec une détermination pareille. Même à moi. Un instant la réalité de mon état s'effaça devant son sourire. Oui, c'est mieux comme ça. Je préfère cette Mitsuki, heureuse, que celle qui se pince les lèvres pour cacher sa culpabilité.
Elle me proposa un projet. Un projet... Quelle idée magnifique ! Mes yeux luisants de larmes se mirent à briller d'intérêt. Oui, c'en était, une bonne idée. Pas besoin de ses jambes pour bricoler, pour utiliser mon pouvoir et faire de belles choses. Certes il faudra que je fasse une table à ma hauteur, mais ça ne devrait pas être trop compliqué. Après tout... Peut-être qu'il me reste quelque chose.

-C'est assez particulier... Et je ne sais pas trop si ça pourrait fonctionner. Mais j'aimerais beaucoup créer une espèce de planche, comme une planche de surf, ou quelque chose dans ce genre, qui fonctionnerait à l'électricité électro-magnétique. En fonction du métal, de l'énergie qu'elle trouverait, et ben cette planche, dans ma tête... Pourrait nous permettre de voler. Ce serait super, non ?

Mon cerveau se mit à fonctionner à toute vitesse. Petit à petit, les larmes se séchèrent, remplacées par des idées, libératrices, ces idées. Voler ? Je ne peux pas marcher je n'ose pas imaginer ce que c'est de voler mais si on peut le faire, même pour quelqu'un d'autre, ce serait bien. Pour elle.
Des plans se construisent dans ma tête à une vitesse folle. Depuis combien de temps je n'avais pas pensé à ça ? Combien de temps avais-je passé à me plaindre de mon sort sans essayer de l'améliorer ? Trop de temps. Désormais, mes fonctions cérébrales avaient repris leur rôle, tout dans ma tête se rangeait, dossier par dossier, classant ma douleur derrière mes centaine d'autres préoccupations. Derrière un fameux sudoku où se balade un 12 et qui me tira un sourire.
Je lève les yeux, vers elle. Vers le ciel, sans aucune peur d'être en dessous. Mon cerveau, lui , réfléchit bien au dessus de tout ça.

_ Ce serait... Merveilleux ! Mais tu veux qu'il puisse aller haut ou juste raser le sol ? Parce que à proximité on pourrait imaginer un système d'aimant répulsif au sol mais ça pourrait être un peu instable... Par contre si c'est dans les airs il faut un moteur ! Un moteur de drone me paraît plus approprié... Quoiqu'un peu volumineux...

Mon sourire s'étire. Ça faisait un moment que je n'avais pas parlé autant. Que je n'avais pas pris une cause autant à cœur. Dire que je pensais que tous les goûts m'avaient échappé... Il semblerait que non. L'image de Dunkan me revint en mémoire. Avec nostalgie, mais sans tristesse. Oui, je dois me battre, ils ont tous raison. Je m'excuserai auprès de Gaetano si je le recroise.
Je ris. Comme jamais, j'ai l'impression que ma voix est trop enrouée pour le faire, mais c'est une libération lorsque ma gorge se déploie doucement à un nouvel éveil des sens. Comme une renaissance.
Les yeux brillants, je me retourne vers elle.

_ Si on fait ça, on sera des génies !

Prochaine étape : planche de surf volante. Ensuite, améliorer ce foutu fauteuil et fabriquer un exosquelette.
"Bon retour à la maison, Isis"
Merci. Merci d'avoir attendu.


#   Mar 15 Juil 2014 - 21:14

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J'étais tellement contente de voir le visage éclairé d'Isis que pendant un instant, j'en avais même oublié son fauteuil, ses jambes, son accident, tout. Elle redevenait la Isis que j'avais rencontré. Ma Isis. Si je pouvais l'appeler comme ça. Une lueur s'était rallumée dans son regard, sa voix n'était plus empreinte de toute cette peine, elle semblait comme revivre. A mon tour, je sentis que mon visage s'éclairait, un sourire s'étirait sur mes lèvres, et les plans, les idées de planche s'enchaînèrent dans ma tête. Mon cerveau commençait déjà à tourner à une vitesse folle.
Le rire d'Isis me réchauffa le coeur et je me sentis irrémédiablement mieux, comme si tout d'un coup, tout allait mieux, tous les problèmes étaient réglé. J'étais tellement heureuse de la voir comme ça ! Une chaleur se répandit dans tout mon être et je regardai Isis avec un sourire ravi.
Je hochai la tête suite à sa réflexion. Oui. Oui, si nous faisions ça... Nous serions des génies.
J'affichai un grand sourire, qui ne semblait plus vouloir partir. Répondant à sa question, tout emballée par ce projet, je me laissai aller :

-Raser le sol, ce pourrait être bien... Mais voler plus en hauteur, ce serait génial ! A deux ou trois mètres du sol, maximum, bien sûr. J'imagine qu'il ne faut pas en demander trop ! Mais ce serait tellement le rêve ! Tu imagines ? Pouvoir toucher à la cime des arbres, si facilement...


Toutes mes idées fusaient, je sentais qu'elles étaient incontrôlables.

-Un moteur, c'est une super idée ! Avec un système d'aimantation tout de même, pour freiner les chutes en cas de problème par exemple ! Ce serait génial... Ah, je suis tellement pressée !

Je me rendis compte que je me dandinai sur place. Je pris les mains d'Isis, ancrant mon regard dans le sien. Ses iris rayonnaient. J'étais tellement heureuse de la voir comme ça. Après ces fichues minutes qui avaient précédées, ou j'avais été si nulle. Ce moment gênant où l'air était devenu lourd. Voilà tout d'un coup que cela s'estompait, l'air redevenait léger et respirable, son sourire étirait à nouveau ses lèvres, son aura était moins sombre, moins déprimée. C'était comme une renaissance.

-Ce serait parfait... Génial. Et nous serions des génies, comme tu l'as dit !



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#   Sam 19 Juil 2014 - 0:18

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C'était un vrai capharnaüm dans ma tête, et c'était rien de le dire.
Imaginez vous quitter votre maison... Allez, disons 5 ans minimum, et revenir après avoir appris que celle ci avait été prise d'assaut tout ce temps par de fêtards infatigables qui n'ont rien rangé mais ont fait la fête tous les soirs. Peu probable que vous réussissiez à vous faire une idée étant donné que le travail de rangement après une seule soirée doit vous paraître assez conséquent... Et bien mon cerveau ressemblait pourtant à l'inimaginable.
Un pèle mêle d'idées toutes si grotesques les unes des autres et desquelles il devient dur de tirer quelque chose de censé, passant des souvenirs les plus anciens à l'analyse du dernier repas mangé en termes de calories sans aucun soucis de logique ni de lien. Dans tout cela se baladait ouvertement le contenu de mon ancienne muraille, ces sentiments si bien gardés commençaient à influencer mon jugement de part et d'autre, me laissant perplexe un instant. Hé bien, je crois que tout ça a bien besoin d'une petite mise à jour... Non mieux, un redémarrage complet et une nouvelle organisation des sujets par thématique et ressentis séparés et...
"Ok Isis laisse je m'en charge. Tu veux pas t'occuper de ta voisine plutôt ?"
Certes. Comment passer à côté de son sourire. Libérateur pour moi et ma condition, en un instant elle a réussi à me faire oublier, quelques secondes seulement, mais des secondes si bénéfiques. Je sais pourtant que rien n'a changé, que mon amertume est toujours là et pas si bien cachée, mais être là en cet instant rend les choses plus faciles. Peut-être parce qu'elle n'est pas tout ces gens inconnus qui fixent leur regard sur moi et laisse involontairement échapper leur pensées de fausse politesse sous leur masque de pitié ? Non, elle me voit comme j'étais et suis encore : passionnée par ce que je fais, une amie qui me connait au fond, pas juste à la surface de cette chose qui me sert de véhicule.
Plus besoin de baisser la tête. Pas pour l'instant, je ne veux pas me rappeler ce que je vis, merci, Robert le fauteuil le fait pour moi. Oui je vais lui donner un nom, ça me donnera quelqu'un à insulter. Tiens, ça fait d'ailleurs un moment que je n'ai pas pris des nouvelles de Pierre, mon cailloux adoptif... Enfin !
Laissant derrière moi mes craintes et le boulot qu'il reste à effectuer sur ma propre personne, je bois ses paroles techniques et laisse vagabonder mon esprit à la recherche de plans farfelus voir irréalisables, contre d'autres plus réalistes et intéressants. Je laisse mon ambition se nourrir de sa hâte et devenir mienne, ses rêves me contaminer... Avant de revenir un peu sur terre, parce qu'apparemment c'est mon domaine de prédilection.

-Ce serait parfait... Génial. Et nous serions des génies, comme tu l'as dit !

Je laisse échapper un rire discret et sage. Oui, nous serions. Enfin, nous serons probablement, parce que je compte bien réaliser ce projet avec elle. Comment vous expliquer ? Avoir quelque chose à faire dans la vie, un but à atteindre, c'est une raison de ne pas baisser les bras. Je pensais avoir perdu toute ces entreprises d'avenir à cause de la perte de... Bref. Mistuki m'a rappelé que c'est faux. Tant que je n'aurai pas fabriqué de surf volant alors il me restera des choses à accomplir. Des choses qui me maintiendront en vie.
Je reprends mon visage doux, doux et dur, ce qu'il faut pour continuer à être moi.

_ Nous sommes déjà des génies. Construire un carrousel n'était pas abordable à tous. Et maintenant on doit faire un surf volant ? Pourquoi pas !

C'est même plus que ça. Je suis intimement persuadée que nous y arriverons. Mais avant, nous devons en parler, nous devons nous préparer à tout, pas seulement faire dans la précipitation. Nous avons le temps...
Cette dernière pensée me fait frémir. Je ne vais pas mourir tout de suite. J'ai le temps... Le temps d'essayer de continuer à vivre...
Je soupire. Je me prend trop la tête. Si c'est cela être intelligent je préférerai cent fois être stupide.

_ Allons en parler ailleurs ? Je t'offre un café. C'est pas grand chose, mais tu vas en avoir besoin avec tes nouvelles responsabilités de master !

D'où je tire ça ? Je n'ai croisé presque aucun master et les seules fois où j'ai l'occasion de les voir sont pendant les cours ou les événements importants, je suppose donc qu'ils doivent être plutôt occupés. Et tant mieux d'ailleurs, sinon Terrae ne tournerait pas aussi bien.
Je commence à faire démarrer Robert d'un petit coup de main que je commence à peine à prendre et me dirige vers la cafétéria, ou du moins sa direction plus que présumée.
Peut-être y a t'il d'autres choses aussi dont je voudrai lui parler... Sur moi... Sur lui ? Nous verrons ça plus tard. Pour le moment, seul ce trou dans le temps compte.
Ce moment où je suis heureuse.


#   Dim 20 Juil 2014 - 14:48

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Le rire d'Isis, léger, doux, sage, entra en moi avec une facilité déconcertante, résonnant dans mon corps, m'emplissant de chaleur. Après un petit moment dans ses pensées, elle reprit un visage plus dur, plus... elle. Et je souris face à ce visage. Ce visage de quand je l'avais rencontrée. Par ce visage de la Isis que j'avais vu quand elle était arrivée tout à l'heure. C'était la Isis que j'aimais. La Isis vivante malgré cet air parfois un peu fermé.
Elle affirma alors que nous étions déjà des génies, puisque nous avions réussi à créer un carrousel, ce qui n'était pas à la portée de tout le monde. Face à cette remarque, je ne pus qu'acquiescer. Elle n'avait pas tort... Au contraire, même. Elle avait totalement raison ! Qui, à Terrae, aurait été capable de faire ça ? L'avantage que nous avions à travailler toutes les deux, c'est que nous avions toutes les deux des bases extrêmement solides dans ce domaine. En ce qui concernait Isis, elle était particulièrement douée en mécanique, et moi qui ne me trouvait pas si nulle que ça, j'étais vraiment rien à côté d'elle. Mon point fort à moi, c'était l'électricité, et tout ce qui allait avec ça. Après, il y avait les domaines où nous étions toutes les deux aussi fortes, ce qui rendait notre équipe parfaite : la physique, l'aimantation, ce genre de chose. Nous nous complétions d'une certaine façon, car les insuffisances de l'une étaient les points forts de l'autre.
Notre équipe était la meilleure. Imparable. Imbattable. Indétrônable. Et pour que j'en vienne à dire ça, il fallait vraiment que ça soit le cas.
Isis m'offrit alors de prendre un café, et je hochai joyeusement la tête. Elle commença à faire tourner son fauteuil pour prendre la direction de la cafétéria, et je voulus pendant un instant l'aider en la poussant, mais je me rendis vite compte que ça ne servirait qu'à la rendre mal. Elle était encore indépendante. Elle n'avait pas besoin de moi. Même si ça ne partait que d'une bonne intention, elle n'en avait pas besoin : elle pouvait encore se déplacer seule, comme une grande.
Je lui emboîtai donc le pas, si je puis m'exprimer ainsi. Marchant à côté d'elle, je soutins avec dureté le regard que certaines personnes lançaient à Isis ; ces regards de pitié, de compassion. "J'aimerais pas être à sa place". C'est marrant, mais je n'avais même pas besoin d'être télépathe pour lire dans leur regard...
Décidant de passer au dessus de cela, et espérant qu'Isis en ferait de même, je repris la parole avec un air enjoué, oubliant les idiots qui nous entouraient.

-Tu n'es pas obligée de me l'offrir, hein, tu sais !
souris-je. Et puis, pourquoi en aurais-je besoin à cause de mes nouvelles responsabilités ?

Cela me rappelait d'ailleurs que maintenant, comme tout autre Master, j'étais tenue de remplir des dossiers, concernant les personnes ressentant un Vide semblable au mien, ce qui expliquait que c'était plus moi qu'un autre qui percevait ces Appels. De la même façon, j'étais maintenant censée pouvoir exercer un métier véritable, propre Master... Et moi, et bien, à ce niveau là...

-D'ailleurs, comme je n'ai toujours pas trouvé de quelle manière j'allais pouvoir apporter mon aide à l'Institut, au final, je n'ai pas tant de responsabilités que ça pour l'instant, tu sais !
déclarai-je avec amusement. A propos, si on devait te demander de choisir un métier... Tu voudrais faire quoi, toi ? m'enquis-je.



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#   Jeu 31 Juil 2014 - 0:48

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Alors que je retourne mon fauteuil face au chemin, je prie pour qu'il n'y ai pas de graviers sur notre parcours. Vous savez, j'ai fait une sorte de tableau dans ma tête des nouveaux obstacles que présente Robert à chaque minute de ma vie. Outre le fait qu'il est passablement dur à manier dans l'herbe (parce que je sers trop fort et à cause de mon pouvoir ça crève les pneux... Utile je sais), il se trouve qu'il y a un domaine dans lequel il bat des records de nullité : les graviers. Cailloux galets roches de petite taille sable poussière idem, en gros tous les domaines qui peuvent un jour concerner mon pouvoir me sont rendus inaccessibles par une espèce de machine sous évoluée que je vais pas tarder à modifier à ma sauce je crois...
Enfin, tant que personne ne fait mine de m'aider ça va. Je baisse encore légèrement les yeux devant les regards des passants désolés. Certains ont du me voir en forme et s'étonnent, d'autres sont simplement pris de la curiosité malsaine de celui qui veut savoir. Je serai pareille dans ce cas, c'est ça le pire.
Elle me demande pourquoi elle aurait besoin de se faire offrir quelque chose, ce qui me sort de mes noirceurs intérieures à nouveau. A vrai dire j'en sais rien. Attendez, je reprend la liste des suppositions qui m'ont mené à cette conclusion...
Ha si ! Comme je l'ai déjà pensé, je n'ai pas vraiment croisé beaucoup de masters, mais on m'a toujours décrit le passage à ce stade comme une réelle évolution, quelque chose qui nous change, et surtout des nouvelles responsabilités. Garder son train de vie actuel en plus de celui de professeur n'est pas forcément possible, donc boire un café avec une amie devient peut-être plus rare. Supposition. Après je suppose que les masters prennent aussi des cafés entre eux, puisqu'au fond ils connaissent tous quelqu'un de différent, quelqu'un qui n'a pas atteint le rang de master et avec qui ils voudraient garder des relations... Bref, je crois que je m'embrouille toute seule. Mais je sais que personnellement mon train de vie ne pourrait pas être appliqué si j'avais les même responsabilités que celle qui risquent de lui tomber rapidement dessus.
Et le café, ça empêche de craquer. A ce qu'il paraît. Enfin les vertus les plus sûres pour moi sont les capacités que l'humain a de se persuader de certaines choses à un point qu'il les réalise seul. L'effet placébeau. Oui ça j'y crois. Enfin ça ne répare pas des jambes quand même, ça au moins c'est prouvé. A moins que je n'ai jamais eu l'intime conviction que je remarcherai un jour, dès l'instant même où j'ai perdu mes jambes.
"Isis. Tu penses trop."
Ha oui pardon. En plus toutes ces questions sans réponses vont finir par me déprimer, vous allez voir...

- A propos, si on devait te demander de choisir un métier... Tu voudrais faire quoi, toi ?

Je penchais la tête, un peu désorientée.
Avant j'aurai répondu sans complexe "mécanicienne" bien que ça ne soit pas très utile, ou "femme à tout faire", qui répare de l'évier à la montre, mais il faut dire que je ne m'étais pas reposé la question depuis ma pseudo amputation, pour la simple et bonne raison que je ne m'imagine même pas d'avenir.
Etrange d'ailleurs que cette chose, de penser qu'apparemment non, les rêves les plus fous ne se réaliseront pas même si j'essaye alors que je me sais avoir les capacités pour. Ma pensée me tire un sourire. Hé bien après tout, qu'est ce qui a réellement changé ? Mon talent ? Non. Mes jambes ? J'ai dans l'intention de me fabriquer le meilleurs exosquelette de tous les temps, il me maintiendra debout et me fera marcher, courir même si je le souhaite, alors est ce vraiment un obstacle ? De toutes façons on ne risque pas de me donner un job de sitôt, si j'en ai un un jour, bien évidemment.
Je soupire et sourit doucement.

_ Mécanicienne je suppose. Ou femme à tout faire plutôt. Ou prof de sciences, mais j'aurai du mal à monter sur l'estrade je crois !

Rebâtissons les fondations des rêves, je suppose que c'est une bonne chose. Nous commençons à arriver en vue de notre objectif et même tellement en vue que c'est le moment de nous "asseoir". Drôle de notion je sais, surtout pour moi. Sans aucune gêne apparente, la serveuse enlève une chaise pour me laisser de la place et nous passe une carte des boissons.
Pas d'alcool pour moi, on a bien vu ce que ça donnait... Avec Astel ? Il s'était passé quoi déjà ? Ho, je sais pas plus. Mais je me suis réveillée en robe. C'était space. Et sans souvenirs, pourtant je me souviens pas avoir bu -vu que de toutes façons je me souviens pas de grand chose. Boissons pétillantes c'est bien.
Une fois mon choix fait, je lève les yeux vers Mitsuki. Je dis ? Je dis pas ? Ben au pire je ne fais que demander, seul un master pourrait répondre à ce genre de question. En fait non, plutôt "seul quelqu'un qui a le maximum de capacités requise pourrait avoir une idée de comment s'y prendre". Bref. Tout ça pour m'embrouiller encore.
Je pose mes bras sur la table (le fauteuil est d'ailleurs un peu bas, il faudra que je le fasse réglable aussi de ce côté là tiens...) et inspire doucement. Allez. C'est pas le courage qui manque. Si un peu en fait. Bref. On s'en fout, tu es calme ok Isis ?

_ D'ailleurs, j'avais une question à te poser... A ton avis, c'est quoi la meilleure manière de retrouver quelqu'un qui est... parti depuis longtemps disons. Genre, sans laisser d'adresse ou quoi...

Ben évidemment sans laisser d'adresse sinon j'aurai pas besoin de le chercher espèce de débile ! Moi la débile, pas elle, hein. D'un petit mouvement anxieux assez inhabituel, mes mains se joingnent en un tic nerveux et je les regarde faire, étonnée.
Hé bien, si j'avais su qu'une question aussi conne pouvait me rendre aussi bizarre...


#   Jeu 31 Juil 2014 - 1:39

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Mécanicienne... La réponse aurait du me paraître évidente. Comme femme à tout faire d'ailleurs... Puisqu'Isis était véritablement une femme à tout faire. C'était probablement l'une des filles que j'avais rencontré qui était la plus talentueuse avec ses mains. Si ce n'est la meilleure, d'ailleurs.
On ne tarda pas à arriver au café, et je m'assis à une table tandis que la serveuse nous distribuait les cartes après avoir retiré la chaise en trop pour permettre à Isis d'approcher son fauteuil. Je la feuilletais rapidement du regard, sans réellement savoir quoi choisir. Finalement, j'optai pour un diabolo kiwi. Nous fîmes part de notre commande à la serveuse qui s'en alla au bar.
Je reportai mon regard sur Isis et remarquai alors que quelque chose semblait la gêner, ou la perturber, je n'en savais trop rien. J'en vins rapidement à me demander si elle n'avait pas mal quelque part, ou quelque chose de ce genre, mais je stoppai nette mon inquiétude lorsqu'elle prit enfin la parole.
Prise de court, je restai un moment silencieuse. Que répondre à ça ?
Isis semblait un peu mal à l'aise. A vrai dire, c'était la première fois que je la voyais ainsi. Elle avait croisé les mains, et les fixait avec une certaine surprise.
Sa question fit un tour dans ma tête, et j'allai ouvrir la bouche pour répondre, mais rien ne vint. En fait, je... Ne savais pas. Je n'avais jamais trouvé la réponse moi-même, depuis que j'étais arrivée à Terrae. Comment retrouver quelqu'un qui part sans laisser de trace, hein ? C'était le cas de mes parents. De ceux d'Allen. Et je n'avais jamais réussi à les retrouver. Ni même à deviner où est-ce qu'ils avaient pu aller.
Mon regard se perdit un instant dans le vide, avant que je ne me force à revenir à la réalité. Ca ne servait à rien de penser au passé... Après tout, j'en restais convaincue. Un jour, j'arriverais à les retrouver. Je m'entraînais chaque jour dans cet espoir. J'apprenais à me téléporter, non plus en fonction du lieu, mais bien en fonction de l'énergie que la personne dégageait. Une énergie que j'avais déjà ressenti, une énergie que je connaissais. J'étais persuadée qu'en travaillant là-dessus, je pourrais localiser mes parents, et me téléporter à leurs côtés. Les retrouver, les serrer dans mes bras, les aimer. Leur en vouloir aussi, parce qu'ils étaient partis, parce qu'ils ne nous avaient rien dit, ni à Allen, ni à moi. Ils étaient partis, tous les quatre, nous laissant derrière... Sans laisser de trace.
Mais parviendrais-je à trouver leur énergie ? D'abord, est-ce que je la connaissais ? Je savais qui ils étaient, mais tout ce temps que j'avais passé avec eux, je n'avais pas les mêmes capacités que maintenant... Je n'étais pas... Capable de les "sentir". Je ne pouvais pas percevoir leur présence... Alors ce mode de téléportation... Est-ce que... Est-ce qu'il pourrait fonctionner ? Réellement ?
C'était la seule chose qui me retenait. M'empêchait d'y croire. Et pourtant, parallèlement, je continuais à avoir de l'espoir.
Je revins à la réalité lorsque je remarquai qu'Isis me fixait, attendant probablement ma réponse qui mettait du temps à arriver.

-Je... Je ne sais pas,
m'excusai-je. Je n'en sais vraiment rien... Je suis désolée.

Je m'en voulais. C'était peut être idiot, voire même futile, mais je m'en voulais de ne pas être capable de fournir de réponse concrète à sa question. Aussi, automatiquement, je me sentis obligée de compléter ma réponse. Ce que ma nature me déconcerte, parfois.

-Mes parents sont partis sans laisser de trace, c'est... C'est la raison de ma présence ici. Et pour être franche avec toi, je n'ai toujours pas trouvé le moyen de les retrouver. Quand quelqu'un part et disparaît sans laisser de trace, généralement, c'est que cette personne ne cherche pas à être retrouvée...

Et malheureusement, c'était généralement toujours le cas.

-Après je... J'imagine que si cette personne finit pas aller mal, si elle ressent ce qu'ils appellent le Vide... Je pense qu'un Master pourrait le retrouver comme ça. C'est la seule solution j'imagine... Mais autrement, je suis désolée, je ne vois vraiment pas...

Je soupirai, déçue par moi-même. Dans le fond, j'aurais aimé l'aider. Vraiment...
Comme une lueur d'espoir, je me rappelai certains films que j'avais regardé avec Allen, certaines séries aussi. Ces histoires où il y avait toujours de super espions, avec des super ordinateurs, qui pouvaient contrôler toutes les caméras d'une ville, faire des recherches faciales si facilement... Contrôler les comptes pour vérifier si les cartes bleues n'avaient pas été utilisé, et si finalement si, où. Tout ce genre de trucs, quoi. Bizarrement, je savais que dans mon cas, même si j'avais eu recours à ce genre de technologies, je n'aurais pas eu plus de chance de retrouver mes parents. Mais dans le cas d'Isis...?

-Ca peut paraître idiot, mais... J'imagine que certaines recherches, moins... Magique, on va dire, pourraient être utile. Vérifier l'état des comptes, regarder toutes les caméras de surveillance pour retrouver son visage et l'identifier... Je suppose que c'est la solution la plus logique, et probablement aussi la plus réalisable.

Mais entendons-nous, j'étais loin d'être une grande hackeuse. J'imagine que j'aurais pu l'être, j'avais de bonnes notions en maths... Mais je n'avais jamais été très "ordinateur". Aussi n'étais-je probablement pas la plus attitrée pour pirater des sites gouvernementaux afin de rechercher le profil qui m'intéressait... Mais après, qui sait ? Peut-être que mes capacités de Master, et mon contrôle en électricité pouvait me guider.
Enfin... En réalité, je n'en savais rien.

-Il y a quelqu'un que tu aimerais retrouver ?

Ma question semblait assez bête. Clairement rhétorique, suite à sa propre question. Mais en même temps, elle restait ouverte. Elle n'était pas obligée de me répondre. Elle pouvait très bien dire "non", si elle ne voulait pas m'en parler. Nous saurions toutes les deux que c'était un mensonge, mais... Au moins, je comprendrais qu'elle ne souhaitait pas m'en parler.



Merci Ronronnn ♥️
#   Jeu 7 Aoû 2014 - 23:22

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Elle ne sait pas.
Après tout, je pense que c'est comme n'importe quel problème technique : ça se règle par des solutions complexes qui nécessitent quelques moyens que je n'ai pas. Sinon la police n'aurait pas autant de mal à retrouver les personnes disparues. J'essaye de m'imaginer chaque parcelle de cette terre indépendamment d'une autre, j'essaye de visualiser ça dans mon esprit à côté d'un homme, debout, tout ce qu'il y a de plus normal. Je noie ensuite cette homme dans une foule d'autre et mon image mentale devient surchargée, à tel point que je ne vois plus l'homme initial et qu'une parcelle de terrain m'apparaît comme un point. Voilà. Voilà dans quoi je dois retrouver Dunkan. Et le pire, c'est que ça ne me décourage pas un instant.
Elle me raconta. Elle me dit qu'elle était dans le même cas, que c'était ses parents qui avaient disparus. J'ai ouvert les yeux, compréhensive. Mais j'ai vite déchanté devant l'injustice qui était en train de se faire dans mon esprit. J'aime mes parents. Mais s'ils avaient disparus, ça ne m'aurait probablement pas fait autant de peine que l'absence de Dunkan. C'est cruel mais c'est comme ça. Je ne peux pas imaginer être séparée de lui alors que l'absence de mes parents ne me cause qu'une vague nostalgie.
Puis elle me dit que si cette personne ressent le Vide, alors peut-être... J'inspire lentement. Le Vide. Non. Je souhaite le revoir certes, mais je ne lui souhaite jamais ça. Jamais. Au delà du fait que c'est un sentiment affreux, je suis intimement convaincue qu'il fera plus de mal à lui qu'à n'importe qui d'autre.
Dunkan n'en a pas l'air, mais il est fragile. Il est naïf, spontané et croit en la bonté des autres. Rien qu'imaginer qu'il puisse perdre cette confiance, qu'il puisse se sentir seul au point... A ce point là... Il ne serait plus jamais le même qu'avant. Il ne pourrait pas se relever sans conséquences irrémédiables sur sa personnes. Et ça me fait peur, rien que d'y penser.
Elle envisagea comme moi plus tôt la réponse purement technologique, et il me vint à l'esprit qu'il y avait sûrement quelques tonnerres qui auraient pu m'être utiles, mais cette solution avait déjà été abordée. Déjà utilisée. Déjà ratée. Par des professionnels. Je ne formais donc pas de ce côté là un espoir tangible. Et la dernière porte de secours, qui était les pouvoirs, ne semblaient pas être une réponse non plus.
Une question sans réponse ? Comme un sudoku impossible ? Pas de chances, ça me connait.

-Il y a quelqu'un que tu aimerais retrouver ?

Je pris alors à nouveau conscience de ses yeux fixés sur moi. Des yeux pleins de vitalité et pourtant encore empreints d'une pointe de tristesse.
Je souris. Peut-être était-ce une question que j'attendais, au fond. La dernière fois, j'avais éludé, je m'étais cachée derrière un mur de mensonges, mais maintenant à quoi bon fuir ? Je ne peux plus de toutes façons. Je crois bien que l'absence de mes jambes m'en a fait prendre conscience... Je respire doucement et ferme les yeux, avant de les ré-ouvrir, déterminée.
Ce n'est qu'une histoire comme tant d'autres.

_ A vrai dire oui. Avant d'arriver ici, je vivais dans un cirque appelé "Le Magnifique" et je m'occupais de dresser les tigres et de faire quelques représentations ce genre de choses -mais ça je crois que tu le savais déjà. Et...

Allez, ça devrait pas être si dur que ça quand même non ? Tu racontes une histoire, tout pleins de souvenirs heureux, cette partie devrait sortir d'elle même !

_ J'étais amie avec un garçon du cirque de mon âge. Dunkan.

"Ben voilà !" J'ai l'impression qu'il me manque quelque chose... Ma bouche se fait pâteuse. Ça fait si longtemps que je n'avais pas prononcer son nom, c'est comme un mot magique, comme si je l'appelais...
"Pff, n'importe quoi ! Trouillarde va !" Oui bon ben c'est bon hein...

_ Il avait un tempérament assez énergique, un peu comme toi d'ailleurs ! (un petit rire franchit mes lèvres, avant que je me ravise) Non, presque pire je dirai. Il pouvait pas s'empêcher de bouger, ça devenait insupportable. Mais bref ! Il a disparu... Il y a deux ans maintenant. Avec son père. Et... C'est aussi un peu la raison de ma présence ici. Entre autre.

Je sirote doucement ma boisson. C'est étrange. Je n'ai pas l'impression d'avoir été pitoyable. Pas trop sensible je veux dire. Je n'ai pas envie de pleurer dès que je pense à lui. Ce serait une insulte pour les moments qu'on a passé ensemble.
Je hausse les épaules, suivant le cours de mes propres pensées.

_ Mais enfin. C'est pas comme si il était mort. Ça me laisse une chance.

Je la gratifie d'un clin d’œil.
Tiens, je suis plus bavarde en ce moment...


#   Sam 16 Aoû 2014 - 19:37

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Lorsqu'Isis me donna quelques détails de son passé, je repensai au petit carrousel que nous avions créé, et qui, finalement, reposait toujours dans ma chambre -enfin, dans mon logement de master, maintenant. A l'occasion, je devrais donc le lui rendre... Nous avions après tout décidé d'une "garde partagée", et même si le moment était probablement mal choisi pour y penser, je ne pouvais m'empêcher de le faire, et de me dire que c'était injuste que je l'ai gardé pour moi. En un sens, ce carrousel pouvait avoir le "pouvoir" de lui rappeler quelques souvenirs, non ? La forme était la même que les chapiteaux, et puis les couleurs, ce genre de chose ça pouvait parfois faire penser à un cirque... ou bien était-ce moi qui me montait la tête depuis qu'elle m'avait raconté cette partie de son passé ?
Elle évoqua ensuite l'un de ses amis, un certain Dunkan, qui était son ami au cirque quand elle était encore là-bas -et quand lui l'était encore aussi, apparemment.
J'appris donc que cet enfant était parti, avait disparu, avec son père, probablement sans laisser la moindre trace. Cette dernière déduction se confirma quand il s'avéra qu'Isis ne me fournissait pas davantage de détails sur cette disparition. Il était simplement... "parti". Sans laisser le moindre mot. Et c'était donc pour cela qu'elle était ici désormais...
Je ne pus malgré tout pas m'empêcher de sourire lorsqu'elle m'affirma qu'il me ressemblait, mais pas totalement, car il était beaucoup plus énergique. Cette comparaison me rappela l'une de nos anciennes conversations, où, sans donner de détail, elle m'avait affirmé que je ressemblais à l'un de ses amis. Ca me fit donc plaisir -logique- et en même temps, ça me gêna, car j'avais quelques traits communs avec un garçon qui l'avait abandonnée.
Aussi, je ne pus m'empêcher de me demander quelles pouvaient être les raisons de son absence. De cette disparition soudaine. Dans un premier temps, je lui en voulais, même sans le connaître, car il était la raison du Vide d'Isis, la raison de cette souffrance qu'elle avait éprouvée et qu'il l'avait menée ici. Ma réflexion me poussa assez loin pour que j'en vienne à penser que s'il n'avait pas fait ça, Isis ne serait jamais en fauteuil roulant. Elle ne serait pas là, elle n'aurait pas enduré tout ce qu'elle avait enduré ici, et même avant d'arriver...
Je me pinçai la lèvre inférieure, tandis que mon amie ajoutait qu'il n'était pas mort et qu'elle avait bien encore une chance de le retrouver. Je hochai la tête à contre-coeur, avant de me rappeler que sa disparition s'était accompagnée de celle de son père. Alors j'envisageai la possibilité que ce garçon ne soit pas le responsable... Que son père l'ait poussé à partir, ce genre de chose... Je lui offris alors un sourire que j'espérais doux, et réconfortant.

- Je suis persuadée qu'un jour tu le reverras... Enfin, je l'espère. C'est difficile à dire, et ce qui m'embête c'est que je suis totalement incapable de t'aider... La seule chose que je pourrais faire, ce serait de me téléporter partout pour voir si je ne le voyais pas, mais là encore... Ce serait parfaitement inutile. Vu la surface de la Terre, j'aurais beau me téléporter partout, le pourcentage de chance pour que je tombe sur lui est tellement bas que ça frôle le ras des pâquerettes...


Un soupir d'impuissance m'échappa.

- Mais son père n'était pas un membre du cirque ? Je ne comprends pas pourquoi ils seraient partis... Ou bien est-ce parce que votre cirque était en train de couler ? Et sa mère, elle n'est pas partie avec eux ?

Je me rendis compte que je n'arrêtais pas d'entortiller mes doigts, et, gênée, je me mordis la lèvre inférieure.

-Désolée... Ca ne me regarde pas du tout, excuse-moi.



Merci Ronronnn ♥️
 

Et comment vas-tu, maintenant ? Pv : Isis <3

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