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Les cris des sirènes - Ou comment une guitare rends l'ombre plus fébrile que la mort
##   Jeu 22 Mai 2014 - 18:48

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Teru Tetsukamen
Teru Tetsukamen
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Emploi/loisirs : Sanglot sans pleurs - Silencieuse mélancolie - Plainte de guitare - Cri strident des Sirènes
Humeur : Je suis mort, il y a bien longtemps.
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黒いギター - Kuroi gitā - La guitare noire

« J’entends les chants des sirènes [...]
Je veux toucher le soleil avant que la pluie n’vienne... »

Orelsan – Le chant des sirènes

Ou comment la vue d’une guitare rend l’ombre plus fébrile que la mort

Ce visage qui se mouvoit au loin comme un feu follet, aux vestiges encore enfantins, qui semble hésiter à passer la frontière faciale de l’âge adulte, ce sourire blancs et rempli de mille fossettes qui semblent danser à chaque éclat de rire. Ryu est entouré, il parle au milieu d’un groupe de lycéen aux uniformes bleus, ils sont une demi douzaine au fond de cette salle de classe, devant la fenêtre ouverte. L’heure de la pause déjeuner touche à sa fin, ils profitent des dernières minutes. Ils rient. Le couloir est calme, les personnes passent, se rendant aux casiers en chaussons, Teru, derrière la vitre annexée à la porte coulissante de la salle, observe. Son regard est pétillant, il a un sourire à ses fines lèvres.
-Qu’est ce que tu fais, Takeda ? Demande une voix féminine dans son dos.
L’adolescent fait doucement volte-face, ses cheveux noirs, mi-longs, suivant un mouvement ample.
-Je ramenais ces bécher au labo.
Miko Shimizu le regarde d’un air perplexe, jetant un coup d’œil à ses mains vides. Ces contenants en verre sont transparents, pas invisible, à sa juste connaissance. La seule réponse de Teru est un sourire franc, doux, comme il savait alors les faire. Il n’avait pas de réponse cohérente , ou d’excuse valable à donner pour se justifier, l’eu – t – il voulu.
-Dépèche-toi, alors, Takeda, les labos sont à l’autre bout du batiment, fais remarquer diplomatiquement Miko.



Des souvenirs, sombres dissonances, qui ressurgissent des ténèbres comme fantôme lugubre et hurlant tandis que l’ombre décharnée erre lentement dans les couloirs des salles de cours. Car nombreuses sont les salles de cours, Terrae est un institut, bâtiments de poussière, après tout, et bien que Teru eut été un de ces lugubres scientifiques comme il en a et aura d’autre, il s’était plus intéressé au raisonnement logique et à l’explication scientifique de ces phénomènes. De ces jeunes aux capacités hors du commun.

Teru avançait lentement, mais, assaillit par ces spectres menaçant, apparitions agressives et résurgence aussi inopinées qu’incontrôlables, L’ombre se réfugia dans la première porte qui voulu s’ouvrir. Il s’engouffra dans la salle, une pièce isolée, au fond du couloir, qui était ouverte mais déserte. Les stores étaient tirés, l’atmosphère tamisée et la lumière, ténue. Ignorant les néons, l’interrupteur se trouvant à sa gauche, l’ombre décharnée s’adossa au mur et prit ses temps entre ses mains. Son crane tambourinait douloureusement, la clameur sourde qui s’était élevée en lui le laissait interdit.

Il attendit longtemps, que sa respiration irrégulière entre ses cotes se calme, que son cœur cesse de vouloir se jeter hors de la pièce, que son pouls cesse de lui gonfle en rythme ses bras amaigris, presque féminin, sous l’étoffe fine de son pull à capuche d’un gris sombre. Et lorsqu’il fut capable de relever la tête, il posa sur la pièce un regard vide, mort, ses iris autrefois sombre et brillants d’intelligence ternis.

Les formes sombres qui structuraient l’espace ne lui laissèrent aucun doute sur la fonction de la pièce. Ses yeux en amandes, aux traits asiatiques, fins, s’exorbitèrent un quart de secondes, et son cœur fit une embardée. Une salle de musique. Comment une telle chimère était-elle encore possible ? Ce n’est pas sur cette lugubre île maudite, ni même durant cette année d’errance infinies dans ces ténèbres que Teru avait franchi le pas de la porte d’une salle de musique. L’ombre famélique s’avança doucement dans la pièce, silhouette nébuleuse, irréelle, dans cette atmosphère tamisée. Parmi les nombreux instruments peuplant la pièce désertée par ces éplorées silhouettes étudiantes, un violoncelle se dressait fièrement sur son présentoir. Teru tandis une main osseuse, presque efféminée, et pinça une corde. Le son perça le silence oppressant de la pièce comme une lame.

Teru chercha un instrument des yeux. Un instrument en particulier, il avait emmené la sienne avec lui, seul objet soufflant le désir éteint en lui : Une guitare. Il y en avait une, sous une house. Hésitant entre guitare et basse, la fine silhouette sombre enleva d’un geste ample le tissus masquant à sa vue une guitare électrique d’un rouge vermeil, éclatant, aussi écarlate que le sang. L’être émacié passa ses doigts fins sur le manche verni, et resta ainsi figé longtemps, telle une statue.




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##   Ven 23 Mai 2014 - 20:21
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L’horizon se rapproche, de plus en plus. Je sens l’abime, je ne tarderais plus à tomber. Le calme dont je fais preuve, la sérénité qui m’a envahi. Tout cela n’est pas feint. L’orage à délavés mes pleurs, l’orage a délavés mes peurs. Pourquoi pleurer à la fin d’une histoire que l’on a déjà lu ? Pourquoi pleurer une fin prévisible ?

Ma respiration est douloureuse, parfois difficile. Je me bats avec mes muscles, avec mon corps. Dans cette terrible bataille je sais que nous avons tous perdu d’avance. Pourtant je continue. A ce que j’ai compris de ma maladie, à ce que j’en ai déduit aussi la partie motrice de mon cerveau fonctionnera de moins en moins bien. Je me bats de plus en plus pour respirer.

Certains se réveillent tous les matins, moi je sais bien que je n’en aurais plus beaucoup. Mes lendemains disparaissent. Pourtant je suis encore là. Mon corps est ma prison et chaque réveil une victoire.

C’est une drôle de sensation que d’être appelé mourant. Comme si je n’étais plus là, comme si je n’étais plus vivant. Pourtant je résiste, dans un dernier pied de nez grotesque à la camarde. Je suis encore debout, enfin tout est relatif me direz-vous, mes jambes ne m’obéissent plus. Je suis en fauteuil roulant. Maintenant j’effraie les escargots et les papillons.

Je me suis rapidement adapté à cet objet… Non. En fait une adaptation serait sans aucun doute plus profonde, je pourrais dire habitué. Je me tais. Acclimaté peut être sonne mieux. C’est pas comme si ça me semblait naturel, mais je fais avec. Je n’ai d’ailleurs pas d’autres choix.

Je pourrais être révolté, je ne le suis pas. Je pourrais être terrifié, je ne le suis pas plus. Blasé peut-être. J’en ai trop vu. Trop souvent j’ai souri pour les autres, pas assez pour moi. Moi, je ne suis pas perdu, je suis un laissé pour compte de la vie.

Dans mon fauteuil je suis enchainé comme je le suis dans mon corps. Pourtant la liste, ma liste de choses à faire avant de mourir s’allonge de jour en jour. C’est cruel, mais ça me donne la force d’ouvrir les yeux. Encore et toujours, comme si je pouvais réellement me rattacher à ça. Je ferme les yeux et les rouvre avec difficultés. Je m’avance dans ce sombre couloir.

Les roues de mon fauteuil raisonnent dans le long couloir. Dans un bruit surréaliste. Je m’avance vers la sombre salle de musique. Il est tôt, ou peut-être tard. Je ne suis plus sûr. Je manœuvre pour ouvrir la porte. Ce n’est pas évident. Rien ne l’est jamais il faut dire. A tâtons je cherche l’interrupteur. La lumière m’éblouit, je cligne des yeux, je retrouve peu à peu ma vue.

Un homme hésitant ce tient là. L’idée me vint un instant, un sombre instant, que c’est l’apparence qu’à choisi la camarde. Je chasse cette idée. Il ne bouge pas.

« Vous vous sentez bien ? »

##   Sam 24 Mai 2014 - 23:28

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Teru Tetsukamen
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La silhouette accroupies de l'ombre trésaille à peine lorsque les néon de sombre salle, au stores tirés, s'allument un par en clignotant, en grésillant lugubrement. Le bruit des néons, un bruit particulier, qui avait un goût amer de souvenirs englués de ténèbres, salles de classe dans laquelle Teru avait pu passer quelques heures, mais également Laboratoires, et l'ombre émacié avait passé en ces lieux macabres bien plus de temps encore.

Pas moins de cinq ans. Plus ? Peut être, comment savoir avec exactitude ?...

Le manche de la guitare luit à la lumière blafarde, et la caisse vermeil de la guitare, couleur d'un sang chaud et écarlate qui semblait avoir depuis longtemps quitté le corps sec et maigre de l'ombre décharnée pour devenir noir et amer, comme les ténèbres. Un éclat de lumière grenat brilla sur le vernis rouge. Teru esquissa un geste en voulant tendre une main fine et osseuse vers la guitare, mais arrêté son geste lorsqu'il entendit un bruit, ou plutôt, qu'un bruit effleura son conscient.

Tournant lentement son visage aux trait fins et aux joues creuses, et posa sur le fauteuil qui avançait doucement dans la pièce un regard sombre et terne, comme si l'ombre fixait un point dans le vide.

- Vous vous sentez bien ?

La fine silhouette sombre sous la lumière directionnelle des néons l'entendit, et comprit. Son regard ne s'alluma pas de ces éclats de lucidité, mais il prit un temps de réflexion avant de répondre. Teru s'y prit à deux fois avant que sa voix rocailleuse, ayant peu l'habitude de s'exprimer et rendu caverneuse après plus d'un an de silence, n'articule ces quelques mots :

- Je... Savez-vous... Jouez d'un instrument ?...

L'ombre se releva, lentement, et posa sa main sur la guitare, puis lentement, la prit, et par un ultime effort, passa la bride noir par dessus sa tête, laissant retomber l'instrument ainsi retenu contre son torse émacié. Son bras, peu souple, avait tiré chaque muscle jusqu'au coude dans le mouvement. Il lui semblait rèche, comme déjà raide.

Car je suis mort, il y a bien longtemps, pensa-t-il.

Une main fine, aux phalanges fragile, caressa le manche. Une autre les cordes, la guitare n'était pas branchée, s'en échappa seulement un bruit mat. Soupir de guitare électrique, ou calme avant la tempête.




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##   Mar 27 Mai 2014 - 21:47
Anonymous
Invité

L’homme, car la silhouette décharnée qui sévissait dans l’ombre s’avère être un homme, élude ma question. Je lui souris, comme je sourirais à tout un chacun, avec douceur, avec douleur. Mon sourire ressemble sans doute à une grimace. Je ne me regarde plus, mon reflet m’effraie tellement il est loin de celui que je suis.

Dans mon cœur, j’ai fait mon choix. J’accepte qu’il puisse être la maraude, j’accepte que cette entrevue mette un point final à ma biographie. J’accepte et je souris. Je garde la tête haute.

Cet être parait tellement esseulé. Sans doute bien plus que moi pour qui la solitude est une plaisante compagne. J’ai grandi dans un hôpital, je n’ai jamais été réellement seul, et ma solitude n’en était que plus grande perdu que j’étais entre ces mains impies qui scrutaient mon corps, tâtaient ma chair, prenaient mon poux. Je ne m’appartenais plus. La solitude que l’on ressent quand l’on est entouré des siens et la plus amère.

Aujourd’hui que j’en suis libéré, la solitude est ma compagne. Amie intime, qui sait écouter, et m’entoure d’un voile protecteur. Je sens tellement de solitude dans cet… Homme.

J’ose espérer qu’il ne fut qu’un homme. Je m’approche de lui doucement. Comme tout ce que je fais par ailleurs. Un loup reconnait toujours un loup. Ses membres n’ont rien à envier aux miens. Ils sont si mince, sa peau semble seulement étirée par ses os, par ses tendons. Il semble si fragile. Si prêt du gouffre, et pourtant encore vivant.

- Je... Savez-vous... Jouez d'un instrument ?...


La question est approprié au lieu. Je dois admettre que j’avais presque oublié la raison de ma venue ici, dans le temple de l'apprentissage de la musique des hommes. Je suis là pour essayer. Pour apprendre, je ne veux pas mourir sans avoir vécu. Je ne veux pas vivre de vide.

- Je suis là pour apprendre.


Je le regarde interrogateur. Songeur. Certains pensent que je n’ai pas d’amour propre, d’autres que je profite de ma maladie pour exiger des autres leur aide. Ces deux choses sont véridiques. Après tout encore une fois je ne puis me débrouiller seul. La musique, est une inconnue avec laquelle je n’ai jamais vraiment conversée. Dans ce lieu de vie appelé hôpital le silence est respectueux.

- Accepteriez-vous de m’enseigner quelques notes ?


Dans cette question il y en a deux. Séparément elles donneraient : En êtes-vous capables ? Le ferez-vous ? je suis avare de mots. Le silence est mon ami, le rompre pour de veines paroles serait une offense envers lui. Que pourrais-je dire de plus. La faucheuse doit déjà tout savoir à mon sujet. Elle me donnait, elle me nargue depuis tant d’années, et m’observe du coin de l’œil. Oiseaux pris dans ses filets qui ne cesse de se débattre dans l’espoir de pouvoir une dernière fois gouter le bleu du ciel du bout de ses ailes.
##   Mer 4 Juin 2014 - 22:09

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En… Enseigner ?...

L’ombre émaciée hésite, bute sur le sens des mots qui semble tourner et dansant comme des diables au rictus souriant dan son crane, tant leur raison lui échappait.

Enseigner… Quelques notes…

Teru acquiesça de la tête, lentement, et tendit du bout des bras la lourde guitare au jeune homme. Les bras maigres se mirent à trembler sous le poids de la guitare, car même pour une électrique, celle-ci était lourde, la faute à un micro apparent, sans aucun doute, même si le regard de la silhouette sombre et décharnée ne s’attarda pas sur ce détail. Au moment où les mains de son interlocuteur effleurait le bois écarlate verni, Teru retira vivement l’instrument, un geste vif, étonnant.

La silhouette décharnée fit passer la bride de la guitare par-dessus sa tête, ses cheveux sombres qui affleuraient ses épaules, et passa doucement la bride de cuir sombre sur les épaules du jeune homme, puis posa la lourde guitare sur ses maigres jambes, qui contrairement à celles famélique sous la toile du jean sombre de Teru, ne semblaient plus marcher. Lentement, Teru se courba, et, les mots ayant du mal à sortir de sa gorge caverneuse, il désignât de son doigt fin et osseux les cases, les cordes, sur lesquels le jeune homme devait placer ses doigts.

-La…. C’est un… Un La mineur, les français disent la, et les américains, Am… Accord de La mineur… C’est… Tu peux chanter dans ces accords ou… Ou te laisser emporter par la musique, même si ce n’est pas musical ou correcte… On s’en fout, tu sais, il faut que ça sorte de la…

Teru effleure de la pointe de son doigt féminin le ventre du jeune homme, monte jusqu’à sa poitrine, son flanc gauche.





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##   Lun 9 Juin 2014 - 2:06
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La patience est le fort du jeune eau. Il n’a pas beaucoup de temps, chaque seconde devrait lui être précieuse… Et pourtant. Pourtant il laisse le temps à l’ombre de prendre sa décision. Il ne le brusque pas. Il a appris au fil des années passées dans un hôpital que presser les gens n’apportait jamais rien de bien bon. Il le sait, et il se doute que s’il presse l’ombre, il va la brusquer. Il ne veut pas laisser la fleur à éclore se fermer sur elle-même.

Enfin, l’homme ce décide. Il commence par vouloir passer le lourd instrument au jeune homme. Destan tend les mains, bandant un maximum ses muscles pour essayer de ne pas voir ses bras céder sous le poids de l’instrument qui parait assez lourd. Tout ce qu’il arrive à faire c’est à faire trembler ses bras. Il rage intérieurement mais ne dit rien. Sa faiblesse l’affole.

Heureusement, on ne lui remet pas le précieux instrument entre les mains. Heureusement, il ne le fait pas tomber. Cela soulage quelque peu dans sa détresse qu’il ravale. Il doit être fort. Maintenant plus que jamais. Son sourire réapparait sur ses lèvres, et s’en est presque hypocrite. Pourquoi souris-tu homme perdu ? N’as-tu donc pas peur. Le sourire illumine ses joues émaciées.

Il disparait dans une grimace comique quand il comprend que l’autre jeune homme veut… Qu’il chante. Seigneur dieu. Il ne peut s’empêcher de frissonner lorsque le long doigt de l’homme passe de ses côtes à son flanc. Son tee-shirt est là pour cacher sa minceur cadavérique. Remarque… Il n’a rien à envier au jeune homme lui faisant face.

Il pense un instant à renoncer… Mais il n’est pas là pour rien. Il doit essayer. Un son roque monte de son corps. Il essaie d’imiter la note joué par le jeune homme. Il force. Vraiment… Dans ce qui ressemble à un cri, plus qu’à un chant il cherche tâtonne pour trouver le ton. Son corps vibre sous l’effort. Puis une quinte de toux le prend. Il ne contrôle pas ses muscles. Il devrait le savoir. Il tousse, et essaie de reprendre son souffle.

« désolé. »
##   Mar 17 Juin 2014 - 13:56

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L'ombre sait, Teru en a conscience. Le chant, cet entité qui semble si cruelle, si sombre d'ombre, les voix cassée et les justes notes, lui non plus ne sait pas. Il a su un jour, peut être. Reviennent sans cesse des souvenirs douloureux d'un Ryusuke tapant maintes cymbales sur une batterie, heureux de se défouler un instant. Teru l'accompagnait souvent à la guitare, à la basse, et chaque se faisait la réflexion que l'on dirait que tout parait si simple, avec cet homme blond, qui réussi tout ce qu'il entreprend. Des souvenirs tranchant comme de sombres lames, une ode musicale inoubliable.

La voix du jeune homme ne porte pas. Il semble avoir du ciment dans la gorge, cruels fantôme, démon du chant. Mais Teru n'a pas articuler plus de dix mots depuis un an, et ses cordes rêches peinent  aligner plus de deux intonations d'affilés. Sa voix est aussi grave que celle d'un fumeur, et elle semble mal assurée, gutturale, caverneuse, elle ne demande pas son avis pour s'éteindre ou vibrer. Son éternel cri muet, réduit au silence par son propre corps, condamné à rester spectateur de sa propre déchéance, mort silencieuse.

Pour la première depuis bien des années, Teru éprouve de la compassion pour cet être qui est lui aussi malmené pas ses cordes vocale, par sa trachée, par son corps entier qui refuse jusqu'à son existence même. Les mots étant difficile à prononcer, surtout après le passage de cette vague d'altruisme qui ne laisse que des éclat brisée dans la maigre créature qu'est l'ombre de Teru, celui-ci pose sa fine main sur l'épaule osseuse du jeune homme. Il aurait aimer lui dire, mais c'est dans ce simple geste qu'il tente de lui faire passer : Ce n'est pas grave, c'est bien, courage. Il ne sait pas, quels mots dit-on déjà dans ce situations ? Quels mots pourraient-il dire ? Ceux là sonnent comme un triste non-sens.

Ombre parmi les ombres projeté à la lumière crue et blafarde des néons, Teru cherche des yeux un instant, de ces yeux sombre, noirs, cernés, de ce regard vide, perdu. Il trouve rapidement, dans un coin, ce qui semble un ampli marshall cabossé, mille et une prise Jack, et des angles râblés par le passage incessant des élèves. Une basse est sur un support plus loin, Teru l'identifie tout de suite. Lentement, de ces gestes gauche, il allume l'ampli sans hésiter parmi les mille et un moniteur, et se saisit de la basse, déjà branché. Il se muni aussi d'une des prise, et s'occupe lentement de brancher la guitare électrique posé sur les montants du fauteuil du jeune homme, dans ses bras.

L'ampli crachote un instant. Autant ne pas effrayer son interlocuteur, Teru règle un son doux, pas trop métalleux, et pas trop fort, bien que le fait que les murs d'une salle de musique ne soit bien insonorisé soit difficilement à remettre en doute. Ce n'est pas une incertitude, c'est une nécessitée.

Quelques notes alignés sur sa basse. La silhouette famélique de Teru, qui s'est assit afin de supporter le poids de la basse en évitant de chanceler sans aucune dignité, surtout qu'il aurait bien du mal à retrouver son équilibre, avec ses muscles atrophiés, commence à jouer. Mais il ne joue pas comme lorsqu'il est seul, car ces notes là sont le plus souvent inaudibles, et parmi les brumes acide de sa raison, Teru sait qu'il va aujourd'hui devoir jouer un air qui n'a pas abandonné toute sa raison, une mélodie en quelque sorte plus humaine.

Ses mains volent, l'une gratte les cordes, de ses doigts blanc et osseux, si gauche, qui sur ce manche ont l'air d'appartenir à une tout autre personne, l'autre alignant les accords et les picking comme une danse. Petit slide, la mélodie est plus légère, beaucoup plus grave que le son d'une guitare.

Teru doit-il chanter à son tour pour montrer l'exemple ? Il n'a pas l'habitude de ce genre de situation, peut-il jouer avec sa voix ? L'heure n'est plus aux incertitudes. L'ombre clôt les yeux un instant. Il réfléchit.

Un accord, deux accord, trois accord, quatre accord. Pas de barré, il connait leur équivalence à la guitare, aussi vagues que soit le tranchant de ses sombres souvenirs. Il pourrait essayer de les marquer mais il a même du mal à tenir un stylo. Que ces mains dansent sur les guitares tient alors du miracle.

L'ombre se perds, ne sait plus quoi faire. Elle tourne intérieurement en rond dans ses ténèbres en attendant le dilemme.

Un riff simple se fait alors entendre. Sa basse, il l'utilise cette fois que les deux notes les plus grave, que des pom pom réguliers et mélodieux, et répète toujours les mêmes notes, la même mélodie.

Encore une effort.


La lumière sainte des blafard
Âmes devant des phares
Instruments qui dévisagent
Les visages
Blêmes
Ombres sages
En quelques pages
Sans haine
Quelques vers
Pour noyer la mer
Et les ténèbres
Vibre et zèbre
Les mornes cordes
Aux voix s'accordent
Sons rauques, peu mélodieux
N'emporteront pas nos pleurs aux cieux
N'emporteront pas ces mots à eux
N'importuneront pas ces affligeants Dieux
Qui ne font plus de différence
Entre cru et vraisemblance
Au regard de ces instruments
qui scrutent éternellement
Les cœurs et les visages
Les vers sur les pages...



Sa voix se casse, sa voix s'éteint. Il reprends, son parfois grave, parfois distordant. Rien de parfait, rien de musical. Juste sa voix, les cordes d'une basse, et tout ce que ses ténèbres peuvent cracher.




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##   Mer 3 Sep 2014 - 20:48
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Le silence est souffrance. Le silence est suffocation après un ultime cri poussé dans la brume. L’enfant devenu homme se bat contre ce corps amoindrit comme depuis tellement d’années. Il sait que la lutte est terminée et qu’il a perdu la dernière bataille. Seulement il lui reste encore à négocier la façon dont il rendra les armes. La tête haute. Voilà ce qu’il veut. Il ne veut pas montrer sa faiblesse et trouve tout aussi vain de la dissimuler. Alors il montre sa force. Peu à peu il reprend le contrôle de son corps. Ses spasmes s’espacent et diminuent d’insanité avant de cesser.

Il se tient droit la tête haute dans son fauteuil.

L’ombre bouge dans la pièce. Elle semble s’affairer. Elle semble s’animer un bref instant lueur d’une flamme qui n’attend que d’être soufflée. Un instant malgré sa faiblesse elle semble vivre. Comme si la passion de l’ombre lui redonnait de la consistance. Il redevenait humain l’espace d’un souffle comme s’il s’arrachait de son linceul pour faire un magistral fuck à la maraude. Destan le regardait amusé et serein. Il avait toujours aimé les personnes pleines de vies. Les personnes qui se battaient. Ce gamin ? jeune homme ? Ombre était encore ce qui lui convenait le mieux ressemblait à beaucoup de ses amis. Ceux qui se savaient condamnés mais luttaient pour continuer.

Sauf qu’il sentait en lui un possible lendemain. C’était le cas parfois, parfois on sentait que la maladie ne gagnerait pas. Il ne savait pas ce par quoi le garçon était passé… mais il savait que maintenant il ne pourrait qu’aller de l’avant. C’était comme ça que l’on progressait dans la vie en mettant un pied devant l’autre et en apprenant à marcher. Il imaginait que lui-même avait su courir avant de savoir marcher et avait été destiné à foncer dans un mur. Il ne regrettait rien.

Le silence est apaisement quand le râle s’éteint. Ils ne chantent pas ils crient leur haine d’exister. Le peur du lendemain incertain. Leur rage d’exister. Ils crient la vie qui chante encore en eux. Il chante et ce n’est pas harmonieux. Il chante et cela n’est pas de la musique. Il chante et cela n’est pas juste. Pourtant son chant sonne comme la vérité. Comme s’il ne pouvait autre que ce qu’il était. Comme on chanterait le monde, et comme si tout était à sa place.

Drole de sensation. Destan sourit. Il n’hésite pas longtemps avant d’applaudir le jeune homme quand celui-ci arrête sa mélopée. Pas longtemps et en même temps une éternité, il attend que la dernière note ait finie de vibrer dans l’air, il attend que son corps se détache de ce chat surréaliste. Alors il applaudit. Parce que c’est ce qu’on doit faire non dans ce genre de situations non ?

Le jeune malade trouve que cette conduite est celle à avoir. Enfin jeune malade. Jeune en âge, vieux en temps passé en tant que malade. De cela on se moque non ?
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