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« Et je le voyais assis dans la lune pêchant des étoiles... » {ft. Wyatt ♥}
##   Mar 24 Juin 2014 - 13:36
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« Like a star burning bright, lighting up the darkest night,
I'll shine, shine your way. »



J'aimais les soirées d'été.
Sûrement parce que l'ambiance légèrement moite de ce début de saison estivale, additionné au doux chant des cigales, permettait à mon esprit de vagabonder loin. J'aimais ce moment magique où ma conscience glissait doucement dans les ténèbres de mes souvenirs, me laissant seule avec moi-même, dans l'air chaud qui agitait les branches des arbres. L'été m'apportait la quiétude que je cherchais désespérément, incessamment, avec parfois, une angoisse proche de la panique ce qui, entre nous, était inhabituel dans ma personnalité. C'était peut-être mon côté rêveur qui stimulait parfois ces pensées à mi-chemin entre songe reposant et cauchemar étouffant. Mais cette perpétuelle dualité dans mon esprit faisait partie intégrante de moi, peu importe ce que je faisais pour m'en débarrasser.
C'était probablement parce que tant de choses défilaient sous mon crâne douloureux, que mes pas me menèrent – non pas directement aux bâtiments des dortoirs – mais en direction des salles de classes à l'intérieur de l'académie.
La nuit n'était pas encore tombée, mais le soleil déclinait paresseusement derrière les nuages incendiaires, embrasant le ciel d'une explosion de couleurs, toutes plus tape-à-l'oeil les unes que les autres, comme si elles voulaient être vues par la Terre entière. Mes pieds s'avancèrent légèrement jusque dans les couloirs déserts – la journée de cours de certains élèves n'était pas encore totalement achevée – et mes yeux parcouraient les détails de l'endroit sans vraiment les voir. Curieux comme je ne pouvais m'empêcher de regarder dehors, encore et toujours l'extérieur. Légèrement perdue, je m'arrêtais soudainement, un peu déstabilisée. Depuis l'intérieur, je jetais par la fenêtre, un regard mélancolique sur les adolescents pleins de vie qui parlaient joyeusement dans la cour en contrebas. Le ciel s'assombrissait lentement. Quel âge avait Charlie, maintenant ? Il devait mesurer presque la même taille qu'eux, désormais. Peut-être qu'il avait aussi les mêmes préoccupations, peut-être, lui aussi, pensait-il à l'amour, aux jolies filles et aux jeux vidéos... Peut-être même qu'on m'oubliait, à la maison. Je secouais la tête avec obstination, essayant de ne pas broyer du noir, et je me retournais, déterminée. C'est alors qu'une jolie plaque gravée attira mon attention. « Salle d'Astronomie ». Presque comme sous un charme, je posais délicatement ma paume sur la poignée glacée, et appuyais dessus, incertaine. La porte en bois grinça doucement en s'entrouvrant, et je me glissais rapidement à l'intérieur, le pas un peu moins hésitant.
Il se fit même littéralement enthousiaste lorsque je me fus avancée dans le sanctuaire étoilée. L'immense pièce donnait immédiatement sur une large baie vitrée qui laissait entrer la vague lueur de l'extérieur. Quand la nuit était-elle arrivée ? Je perdais la notion du temps, lorsque mon inconscience me submergeait et me plongeait dans la contemplation de choses stupides et futiles. Mais l'ambiance feutrée et intime du lieu me relaxa immédiatement, comme par magie. Alors, je fis quelques pas de plus jusqu'au centre de la salle : de vastes panneaux explicatifs disposés au quatre coins montraient de larges schémas du ciel. En hauteur se balançait avec bienveillance, l'observatoire imposant, et face à la vitre louchait un télescope, spectateur solitaire de jours et de nuits chaque fois différents. Avec nostalgie, je me déplaçais aisément entre les diverses chaises et tables d'études qui rappelaient que la salle servait avant tout à des cours, et je me positionnais face à la vue impressionnante qu'offrait une des pièces les plus haut-perchées du pensionnat. Les cieux étaient maintenant violacés et se fondaient dans un merveilleux dégradé jusqu'au orange du coucher de soleil. La lune faisait timidement son apparition, amenant avec elle, quelques petites étoiles pâlissantes. Mes doigts caressaient la surface froide avec une délicatesse infinie, traçant très attentivement et avec une certaine désinvolture aussi, les contours flous des astres nocturnes. Quand j'étais petite, ma mère me racontait souvent cette histoire fabuleuse qui éveillait mes fantaisies les plus sauvages avant que le sommeil ne m'emporte...

- « Le soleil aimait tant la lune, qu'il mourait chaque soir, s'éteignant avec dignité, pour la laisser vivre »… murmurais-je d'une voix de conteuse – empruntée à mes réminiscences d'enfance –, le regard perdu dans le vide.
##   Sam 28 Juin 2014 - 18:19

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J'avais quitté mon travail au refuge la veille. Refusant d'y être plus longtemps. J'avais besoin. Besoin plus qu'envie. De retrouver la musique. Les sons. Les chants. Je n'avais pas encore postulé comme professeur. Je suis diplomé pour. J'aurai du commencer à travailler l'été dernier. Si Drew n'avait pas disparu. Si je n'étais pas arrivé ici.

Je soupire. Mes pas me mènent dans la partie cours de l'institut. J'y viens rarement. Peut-être juste une fois. En salle de musique. Mais ça n'est pas le moment. La salle d'astronomie est plus tentante. La porte est ouverte. J'entre et m'installe dans un coin. Un livre sur les genoux. Astronomica. Je n'y connais rien. C'est ennuyeux. Je le pose sur une table face à moi. Minuscule. Plus petite que celle que les élèves ont en Angleterre. Juste la taille du livre. Il faut dire qu'il est plutôt grand aussi.

" Galaxies, étoiles, planètes et vol spatial hein... "

Je ne sais pas exactement le temps que je passe à lire. Je me perds un peu à chaque fois. Comme dans une bulle. Quelque chose hors du temps. C'est agréable. La première fois que je relève les yeux. Il doit être quatorze heures environ. Une parti importante d'élèves circulent dans les couloirs. Juste avant la reprise. Le repas est passé. Je mangerai plus tard. Je peux bien sauter un repas. Ça ne me tuera pas. La seconde fois. On est en fin d'après-midi. J'ai bien envie d'un café. Peut-être qu'il y a un distributeur dans le coin. Je cherche de quoi marquer ma page avant de quitter la salle. M'assurant que la porte reste ouverte. Je reviens quelques minutes plus tard, un café bien chaud dans les mains. Et reprends ma lecture où elle en était. Appréciant les informations sur l'univers dans lequel nous gravitons. Il faudra que je fouille ce coin de la bibliothèque du Coffee n' Book si je retourne un jour à Londres un moment.

Je m'endors sans vraiment y faire attention. La tête posée sur mes bras. Tournée vers la large fenêtre. Je dois bien dormir deux heures avant qu'on ne me réveille. Une voix plus précisément. Bien que l'entrée de la jeune fille m'ait déjà éveillé un minimum. J'ouvre lentement les yeux. Remarquant à peine la couleur singulière de ses cheveux. Observant juste la fine silhouette. Je n'ai pas envie de bouger. Je reste immobile.

" Le soleil a rendez vous avec la lune. Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend. "

Juste un murmure. Les paroles d'une chanson. Le Soleil et la Lune. Drew avait essayé de la chanter une fois. Elle reste toujours jolie. Agréable à entendre. Même si je ne me souviens plus vraiment des paroles. Ni du rythme. Juste celui du refrain peut-être.


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##   Dim 3 Aoû 2014 - 1:42
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Spoiler:
 
J'étais absorbée. Tellement concentrée sur mon propre petit monde que le reste s'était transformé en bruit de fond. Jusqu'à ce qu'une voix – une drôle de voix, d'ailleurs, pensais-je au même moment – résonne au fond de ma tête. La phrase allait et venait au creux de mon oreille comme le ressac de l'océan, entêtant mais relaxant. Je mis un peu de temps à revenir à la réalité.

Malgré le ton légèrement monotone, il me sembla déceler un rythme, un battement régulier, derrière chacun des mots. Ou alors, peut-être que je perdais juste la tête. Je me retournais trop lentement, pour une personne sous le coup de la surprise, et pendant plusieurs secondes, la seule chose que je pu faire fut de le fixer. Enfin, « lui »... ou plutôt, son corps qui était simplement posé là, flegmatique, dans la semi-obscurité de cet univers artificiel. Alors, peu à peu, un minuscule sourire empreint d'une certaine complicité.

Le genre de complicité qu'on éprouve lorsqu'on a un fou rire en même temps que son voisin, au cinéma. Probablement qu'en arrivant ici, en me retrouvant seule face à mes peurs les plus noires, je m'étais progressivement renfermée sur moi-même. Charlie n'avait rien arrangé. Moi non plus. Je ne voulais pas m'écarter des autres. Je ne voulais pas finir mes jours seule, laide, entourée de cinq chats qui me lécheraient la figure pendant trois jours avant qu'on ne remarque ma disparition. Je voulais vivre une vie normale, où j'aurais des amis normaux et un travail on ne peut plus normal. Et ça me rendait dingue. Parce qu'à l'instant même où mes yeux croisèrent celui de mon nouveau camarade, je compris que pas un seul de mes putains de choix ne m'avait conduit à un chemin « normal ». Pas un seul.
Je pris doucement conscience que j'étais simplement plantée là à le regarder, sans ouvrir la bouche ne serait-ce que pour dire « Bonjour, enchantée, je suis bizarre », et sûrement avec le même air qu'un poisson agonisant au bord d'un lac. Mon silence me parut étrange et angoissant. C'est probablement pour ça que la première chose qui sortit de ma bouche fut d'une banalité affligeante.

- C'est joli.


J'avais chuchoté ça, sans bouger d'un poil néanmoins. J'avais l'impression d'être comme paralysée par ma propre bêtise. Ou pas, en fait. Je me contrefichais d'avoir l'air stupide. Tout ce que je voulais, c'était parler. Peu importait de quoi, du moment que je pouvais écouter cette voix. J'étais intriguée par cet inconnu qui soufflait sa phrase avec un naturel déconcertant, attendrie aussi, par une nouvelle rencontre. Je n'étais pas quelqu'un de solitaire. Finalement, mes mots me parurent très justes. Ce qui défilait partout dans ma tête, c'était très « joli ».
##   Mer 6 Aoû 2014 - 14:38

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Elle se retourne. Ces yeux plongés dans les miens. Ces beaux yeux bleus. Plus foncés que les miens. Mais incroyablement profonds. C’est comme si elle y avait enfermés un orage. Oui. Un orage. Comme ceux en mer. Ces événements terribles qui ôtent la vie. Et elle. En silence. Elle ôte la voix. De longues minutes passent. Peut-être même un quart d’heure. Pourtant. Nous n’en sommes pas moins à l’aise. Ainsi. Dans ce silence. Et soudainement. Cette envie d’hilarité. Ce besoin de rire. Ce sourire retenu qui tord nos visages. Impossible d’y résister. C’est plus fort que la volonté elle-même de rester neutre. Un rire contenu. Celui qui soulage. Qui aide. Ceux qui me rappellent tant Drew. Drew et notre complicité. Nos fous rires soudains au milieu de l’amphi. Et soudainement. Sans même la connaître. Elle semble amicale. Douce. Agréable.

- C’est joli.

Jolie oui. Elle. Ce moment. Cette rencontre. Ce début de chanson. Tout y était joli. Joli. Doux. Réconfortant. Sûrement presque propice aux confidences. Mais pas maintenant. Pas de suite. Là. Il suffit de profiter. Conserver cette atmosphère cotonneuse. Je ne me relève pas. La tête toujours confortablement posée sur mes bras. Ignorant la potentielle douleur due à l’immobilité.

Toi aussi.

Un petit sourire étire mes lèvres. Idiot. Pourtant. Aucune pointe étrange dans ma voix. Juste la sincérité de l’instant. Les confidences. La vérité. La spontanéité. Elle est jolie oui. Avec ses cheveux longs. Probablement roses. Même avec leurs reflets étranges dans la nuit. Ni trop grande. Ni trop petite. Elle respire quelque chose. Comme de la confiance. Cette douceur. Comme les pâtisseries. La fatigue me fait rire. Bêtement. L’angoisse aussi. Sûrement. Je ne la vois pas bien. Tout est flou. Mais ça n’est pas désagréable. Heureusement.

Tu viens voir les étoiles ?

Innocent. Enfantin. Un état second. Vieux de plusieurs années même. Depuis quand suis-je aussi sérieux ? Aussi tendu ? Je ne me souviens pas avoir ri depuis mon arrivée. Et pourtant ça fait bien un an… Depuis quand suis-je aussi sombre ? Renfermé. Je soupire. L’envie de tourner la tête. De pleurer. De craquer. La fatigue. L’angoisse. Les nerfs. Et elle. Cette petite âme. Petite fille. Elle qui souffre aussi. Peut-être même plus. Une légère grimace déforme mon sourire. Pardon. Je dois sûrement rompre l’agréable atmosphère instaurée…

Quelle heure est-il ?

Neutre. Probablement la gorge emplie de sanglots. Je ne me rappelle pas non plus avoir souvent pleuré ici ? Une fois avec Jun. Et encore… Pas avec Aëlita. Non. Personne. Pas non plus seul dans ma chambre. Et pourtant. J’en ai eu l’occasion. Probablement oui...


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##   Mer 6 Aoû 2014 - 18:43
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Je souris. Juste un sourire, sans rien derrière. Avec une discrétion presque craintive, je fais deux petits pas en avant. J'essaye de m'approcher. Un tout petit peu. Comme l'on s'approche d'un animal rare croisé au détour d'un chemin, qu'on a peur d'effrayer. Il ne faut pas qu'il s'enfuit. Ce serait trop dommage. Ce serait bien trop triste. Avec lenteur, je fais glisser mes pieds sur le sol et je m'arrête. Régulièrement. Mes lèvres se retroussent un peu plus lorsque ces deux mots flottent dans l'air. Je réponds tranquillement, d'un air sibyllin. Il faut prendre son temps, ne pas le brusquer.

- Je sais.

Pas de mépris. Pas de sarcasme. C'était un « je sais » très simple. Un constat. Remercier quelqu'un pour un compliment me semblait relativement stupide. Après tout, ça n'était pas un cadeau. Je le pensais assez singulier pour croire que s'il n'avait pas voulu le dire, il serait resté silencieux. Alors pas de remerciement. Juste une approbation. J'ai arrêté de bouger. Le bruissement du tissu de ma robe s'est éteint. Je crois que j'ai recommencé à l'observer un peu bizarrement. Parce qu'il avait de nouveau ce curieux sourire qui semblait n'appartenir qu'à lui. Étrange comme on peut se sentir plus à l'aise et plus proche d'une personne que l'on vient de rencontrer, qu'avec sa propre famille. Ah, encore un léger rictus, son corps qui tremble légèrement. Je me demande pourquoi. Peut-être que je suis drôle. Peut-être que je lui rappelle des choses drôles. Ou peut-être qu'il est fou. Un peu comme moi, alors. Je prends sa question très au sérieux. Sûrement parce qu'il la pose avec une grande honnêteté. Je ne vais pas lui mentir. Je suis juste là pour être quelque part où je ne serais pas entourée de souvenirs. Je n'ai toujours pas compris que c'est moi qui les amènent partout où je vais.

- Non. Je n'y comprends rien de toute façon.

Finalement, nous ne sommes peut-être pas aussi semblables que je veux me le faire avaler. Je me vois plus faible. Alors comme ça nous sommes différents. Mais tant mieux. Où est le plaisir lorsqu'on est identiques ? Et puis là je le sens clairement. Le petit pincement tendre qu'une personne ressent en voyant un proche dans un sale état faire le dur. Je suis mal placée pour lui faire la morale. Un frisson me parcoure alors qu'il parle. J'ai répondu un peu tristement. J'espère que ça ne s'est pas trop vu.

- Peut-être celle de redevenir des adultes ?

Je voulais savoir quel était la peine qui étouffait chacun de ses mots. Mais qui étais-je pour m'introduire dans ses douleurs intimes ? Elizabeth. Et Elizabeth n'était pas lâche. Je ramasse stupidement les quelques éclats de courage qui ont survécus et je m'approche franchement. Plus que quelques centimètres me séparent de lui. Je le regarde un long moment. C'est ma spécialité. Mais lui, je ne me lasse pas de l'observer. Uniquement ordinaire. Drôle d'oxymore. J'ai vraiment décidé de ne pas lui mentir.

- Je ne vais pas demander si ça va.

Je me suis juste assise sur la chaise à proximité. Et le regard planté sur lui, j'ai attendu.
##   Mer 6 Aoû 2014 - 19:27

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Et sa voix. Douce. Mélodieuse. Comme celle de Maman. Sans arrière pensée. Juste sa voix. Sa douceur. Sa sincérité. Ces sourires idiots. Dents blanches et bien droites. Cette drôle d’expression sur son visage. Mélange de concentration et de mélancolie. Puis sa réponse. Sa voix. Encore. Et encore. Cette sincérité. Sincérité que je n’ai pas réellement l’habitude d’entendre. Ni de voir. Depuis Aëlita. Bien que voir est un grand mot. Après tout. Je ne vois plus grand chose de clair. Même son si beau visage qui se rapproche. Lentement. Doucement. Un bruissement par ci. Un autre par là. Sa jolie robe. Ses pieds peut-être nus ? J’aime être pieds nus. C’est agréable. Simple. Léger.

Une simple question. L’heure. Juste l’heure. Et ma voix qui déraille. Ma voix que je n’ai jamais entendu si misérable. Est-ce vraiment la mienne d’ailleurs ? C’est étrange. Avec cette gorge nouée. Cette affreuse boule qui me fait de plus en plus mal. C’est inhabituel. Désagréable. Et mes yeux qui commencent à me brûler. Ma poitrine aussi. Je déteste ça. J’ai toujours détesté ça. Toujours. C’était encore pire chez les autres. Je relève les yeux vers cette jolie petite fille. Me laisse à nouveau submerger par ses beaux yeux et son adorable voix. Adultes hein… Pourquoi ne pas rester comme ça encore un peu ? Assieds-toi oui. Mais restons là un peu non ? Pourquoi revenir si vite à la réalité ?

Non. En effet. Tu ne le demanderas pas.

Ma voix est immonde. Grave. Rauque presque. Pleines de sanglots contenus. De douleur trop peu exprimé. De mensonges amassés. Mais je ne romps pas ce contact. Visuel. Doux. Lent. Juste nos yeux. Bleus ciel sur bleus océan. Un instant de silence revient. Long. Court. Calme. Agréable. Mais je le sens. Je la sens. Cette boule. Elle vibre. Elle tremble. Violemment. Elle m’étouffe presque. Et ça devient petit à petit insoutenable. Je suis incapable de parler. Je fixe simplement cette douceur dans ses yeux. Je sais que je vais craquer. Bêtement. Comme ça. Un an plus tard. Et elle qui n’a rien demandé. Qui voulait simplement être tranquille. Elle se retrouve là. Avec moi. Misérable. Fatigué. Effrayé. Effondré…

J’ai… J’ai envie de les voir… Les étoiles… Celles dans tes yeux…

Pathétique. La voix basse. Un murmure. Si difficile à sortir. La gorge si serrée qu’elle en fait mal. La migraine qui pointe le bout de son nez. Et les larmes qui viennent embrouiller ma vue. Pas encore sur mes joues. Plus cachées derrière mes paupières. Juste là. Sur mes yeux. Ma tête toujours pas relevée. Son visage si proche. Ses beaux yeux à elle. Les beaux yeux de Maman et Waren. Cette aura. Cette douceur. Depuis quand plus rien n’inspire autant confiance qu’elle ? Même Jun… Même Aëlita ne semblaient pas aussi rassurant qu’elle. Et cette voix. Cette voix qui appelle à la confidence de l’instant. A la délivrance. Tu as l’air trop douce et trop irréelle pour exister. Comme un secret. Une boîte magique qui vient. Qui prend. Avec douceur. Et qui repart. En silence.

Ne pars pas… S’il te--

Ma voix se coupe. Mes mâchoires se resserrent à m’en faire mal. Ne pleure pas. Wyatt. Tu es grand. Fort. Adulte. Ne pleure pas devant elle. Elle n’en a pas besoin. Elle a ses propres problèmes. Laisse-la vivre? Ne la force pas à essuyer cette larme traîtresse.


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##   Mer 6 Aoû 2014 - 22:01
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Je pense que si je le regarde, c'est parce que je ne sais pas quoi faire. Ou du moins, je le sais. Mais j'ai peur. Peur qu'au moindre mauvais vent, tout son être se brise. Ou peut-être que j'avais peur de me briser. C'est dur, vous savez, le sentiment de ne rien pouvoir faire. La vulnérabilité. L'inutilité. Je voulais faire quelque chose. Parler. Bouger. Peu importait du moment que je réagissais. Mes doigts tremblaient. Mes jambes aussi. Je voulais l'enrouler dans une armure, mais j'étais terrifiée par l'idée d'empirer la chose. Chaque mot qu'il s'efforçait de retenir m'effrayait encore et encore. Chaque blessure résonnant dans sa gorge étouffait sa voix. N'étais-je pas aussi perdue que lui ?

C'était parce que je connaissais ces sentiments que je comprenais. Pour une fois j'étais celle qui pouvait apporter son aide. Je refusais de rester les bras ballants. C'était borné, stupide et indiscret, mais je refusais de regarder quelqu'un d'autre se perdre. Est-ce que ça changeait quelque chose ? Non, bien sûr que non. Mais au moins j'aurais agis. Je ravale mes propres larmes. Je ferme les yeux un instant. Le lien est coupée. J'ai peur qu'il ait disparu pour toujours lorsque je les rouvrirais. Même si même paupières sont serrées au point que des milliers de lumières dansent derrière, je la sens couler. La larme. Alors avec regret, je l'essuie. Du bout de l'index. Comme on chasse une petite bête inoffensive. Je ne sais pas si je suis la seule à comprendre le dégoût derrière la souffrance. Le noir toujours au fond des iris, je m'entends respirer. Je m'entends répondre. Comme dans un rêve. J'ai soufflé ça. Ma voix revenait de loin.

- Je me demande s'il reste quelque chose. Dans mes yeux.


Je suis un peu amère. Je ne vais pas lui voiler la face. Alors avec crainte, je reviens vers la réalité.
J'ai été la première à craquer. Oh, non, non... s'il te plaît, ne te sens pas coupable, ne te sens pas responsable. Je suis la seule à blâmer. Est-ce que toi aussi tu te sens pareil ? J'ai envie de lui demander. J'ai vraiment envie de faire le bon geste. Mais est-ce que ça le rassurera ? Je garde l'espoir que le lien est toujours là. Ténu. Je dois paraître plus forte que je n'en ai l'air. Mon instinct me traite d'égoïste. De fuyarde. Je suis toujours immobile. Silencieuse. Les tremblements s'intensifient. Au Diable les conflits intérieurs. J'ai un cœur. Je me lève. Et je me laisse tomber tout près de lui. Je vais rester. Comme lorsque je veillais Charlie dans la nuit. Que je le berçais en lui parlant. Que je le câlinais pendant qu'il riait. "Ne pars pas…", a-t-il dit.

- D'accord.

Deux seuls mot. Et pourtant, il me paraissent forts. Ce n'était pas de la gentillesse. C'était de la tendresse. De la tendresse, dans ma main qui s'empara de la sienne. De la tendresse au bout de mes doigts qui caressaient ses cheveux. De la tendresse dans mes mots qui tentaient de panser ses plaies.

- Tu as perdu quelqu'un sans qui il est devenu difficile de vivre. Ton cœur a été salement brisé. Et la mauvaise nouvelle, je ne vais pas le nier, c'est que tu n'arrivera probablement jamais à totalement t'en remettre.

Je prends une longue inspiration. Je scrute l'eau bouillonnante qui menace de dévaler rageusement, derrière ses paupières closes.

- Mais c'est aussi la bonne nouvelle. C'est peut-être déprimant, mais son souvenir vivra toujours ici, ai-je murmuré en posant une main sur son cœur. Et on s'en sort. On le doit. C'est comme avoir une jambe cassée qui ne guérira jamais complètement – elle fait toujours mal lorsque le temps devient froid, mais on apprend à danser en boitillant.

Mon sourire revient. Petit. Nouveau. Faiblard. Mais brave.
##   Mer 6 Aoû 2014 - 22:36

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Elle est là. Au mauvais endroit. Au mauvais moment. Et je la force à rester. Avec cette demande digne d’un enfant. Un enfant perdu. Brisé. Fatigué. Un gosse à qui il manque l’amour. L’amour d’une famille. D'une maman. D'un papa. D'un grand frère. L’amour de la personne qui partageait sa vie. Avant de disparaître soudainement. Disparaître comme mes dernières barrières quand elle accepte. Quand sa main recouvre la mienne. Quand elle caresse mes cheveux avec cette douceur qui me manque affreusement. Mais que je cache. Encore. Et encore.

Je craque finalement. Laissant libre court à mes larmes. Mes sanglots. Mes mains enserrant la sienne alors que je prends doucement conscience qu’elle sait exactement quoi faire. Quoi dire. Et qu’elle le fait avec exactitude. Comme entraînée. Habituée. Et je redeviens l’espace de quelques instants cet enfant. Ce petit garçon fragile et turbulent. Alors que j’essaye d’étouffer les témoins de la douleur qui revient. Encore plus forte maintenant que je lui laisse le champ libre.

Et je l’écoute. J’écoute attentivement ses mots. Y cherchant de quoi me calmer. Me sortir de cette situation. Tout en essayant de profiter un maximum de sa chaleur. Presque celle d’une Maman. Pourtant… Pourtant ses mots me brisent encore plus. Et je laisse passer un geignement affreux que j’atténue en serrant les mâchoires. Sa main quitte les miennes pour se poser sur mon cœur. M’arrachant un violent frisson. Le manque. Oui, le manque d’affection. D'amour. Même si Jun le comble partiellement. Il me fait un autre pilier. Quelqu'un à qui me confier. Mais elle n’y est pour rien. Elle n’était même pas là pour ça. Et elle donne tellement envie. Envie de se blottir contre elle. De la laisser caresser mes cheveux jusqu'à ce que les sanglots s’arrêtent. Elle est ce genre de personne. Celle qui arrive au pire moment. Et qui fait les plus belles choses.

Je pouffe discrètement entre mes sanglots, son exemple est parlant, amusant, il détend et réconforte. Je passe le bout de mes doigts sur sa main. Y cherchant une quelconque imperfection. Mais rien. Je mets encore un moment à me calmer. Mes pleurs, aussi violent soient-ils, me laissent ensuite épuisé. Lessivé. Mais soulagé. Et soudainement. J’ai peur. Peut que tout ça ne soit que le fruit de mon imagination. Que je ne la revois plus jamais.

Toi aussi, tu as une jambe cassée hein ?

Je reste encore un moment immobile, sa main dans mes cheveux, l’autre entre les miennes. Nos sourires sont faibles, légers. Mais ils sont là, ils tiennent bon, et ils respirent le soulagement. C’est vrai. Drew n’est plus là. Il est devenu difficile de vivre. Encore plus en se voilant la face. Mais je peux continuer. Il restera là. Même si j’en viens à ne plus distinguer les choses avec mes yeux fatigués, je reconnaîtrais encore son souvenir. Probablement que sans elle, j’aurai fini par pleurer jusqu'à en tomber de fatigue, ce qui n’est plus très loin du cas actuel, sans vraiment savoir quoi en tirer.

Merci.

Je ressers sa main et me redresse tout doucement, lui laissant voir mon visage souillé des anciennes larmes versées mais recouvert d’un agréable sourire, plus sincère que la majorité de ceux qu’il m’a été donné de faire ou voir ici.


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##   Mer 6 Aoû 2014 - 23:28
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« Tu aimera ton voisin tordu, de ton cœur tordu », avais-je entendu dire. Et bien d'accord. Mes sentiments étaient peut-être usés jusqu'à la corde, mais je continuerai de les ressentir. Je continuerai de rester là, et j'attendrai toujours, jusqu'à ce que je puisse le faire se sentir mieux. Dites que c'est pour apaiser ma conscience. Dites que c'est pour assouvir mon envie de reconnaissance. Peu importait du moment qu'il allait bien. Je savais quel bien cela faisait d'ouvrir les vannes. De crier jusqu'à ses poumons explosent. C'était dur. Dieu seul savait ce que l'on ressentait après.

C'est pour ça que je continuais à partager mon réconfort avec lui, même après qu'il ait craqué. Je n'aurais pas voulu qu'on m'abandonne. Je ne souhaitais ça à personne, pas même à mon pire ennemi. Plus il avait hoqueté, plus je l'avais soutenu. Si j'avais pu serrer sa main plus fort, je l'aurais fait. J'observais – combien de temps exactement avait-il enfoui ça ? – des semaines, des mois, des années de tristesse dévaler ses joues pâles. Et j'avais même étouffé un rire sanglotant.

Si mes gestes étaient fluides et assurés, mes mots étaient tout nouveaux. J'avais trébuché dessus, mais il m'avait écouté. Il avait comprit. Et j'étais heureuse de savoir qu'ils avaient servit de pansements. Et lorsqu'il déciderait de les arracher, j'espérais être là pour voir ses cicatrices s'atténuer. Au moins un peu. Je l'entends rire. Doucement. Un souffle de soulagement parcourut lentement mon corps. Ses doigts me chatouillent un peu. Mais je ne bouge pas. Pas encore. Ce n'est pas le moment. Je n'ai pas envie de rompre l'instant. Je laisse la paresse de l'après-tempête m'engourdir. Je regarde son visage épuisé. Comme après une guerre. Mais n'en était-ce pas une ? Il sera fort. Pour l'instant, je n'en étais pas sûre, mais j'avais confiance en sa solidité. Et moi, est-ce que je m'endurcirais ? Je laissais à mon tour échapper un petit rire. Il me faisait rire. Toute cette honnêteté dans ses phrases. Ça allait me manquer, si je ne le croisais plus. Même si la bataille s'était calmée, je continuais à faire courir mes doigts entre ses mèches sombres, comme un réflexe méthodique.

- Oui. Elle guérit lentement. Mais ça ira.

Je ne sais pas si ces trois derniers mots avaient été pour lui, ou pour moi. Je n'avais qu'une certitude : ce serait peut-être long, ce serait sûrement pénible, mais à partir de maintenant, les choses iraient un peu mieux. Je lui adressais un regard complice. Oui, je pense que ça ira. Quoi que « ça » soit. Il le fallait. Les personnes qui avaient disparues de nos vies trouveraient probablement un moyen de nous botter les fesses pour nous donner une bonne raison de pleurer, si nous gâchions notre existence. En l'entendant me remercier, je secouais la tête de droite à gauche.

- Non. Tu me passera tes béquilles, lorsque tu sera rétabli.

J'essayais juste de lui dire « ne t'en fais pas » avec mes mots brisés. Tu t'en sortira, petit soldat.
##   Jeu 7 Aoû 2014 - 9:38

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Wyatt L. Stevens
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Je souris. Faiblement. Elle est restée. Et elle reste encore. C’est peut-être une chance finalement. Ces mots qui flottaient dans l’air étaient réconfortant. Tout ira bien. Ce sera long. Long et douloureux. Parfois fatiguant. Mais ça ira. Je me calme lentement. Fermant les yeux de temps à autres. Sa main douce était agréable dans mes cheveux. Finalement. Elle est sûrement pile ce qu’il me fallait maintenant. Un épaule sur laquelle pleurer. Une personne avec qui on peut craquer. Elle aussi a failli. Mais cette fois elle a été forte pour moi.. Il faudra que je sois fort pour elle la prochaine fois. Il y aurait une prochaine fois. Évidemment.

Et si je t’en passais une ? On devrait se soutenir mais on arriverait à marcher en boitant comme deux vieux canards fatigués.

Je pouffe en imaginant l’espace d’un instant deux canards se tenir par le bras et boiter de concerts. En me redressant j’entends un bruit sourd. Le livre est tombé. Tant pis. J’ai appris suffisamment aujourd’hui. Je pourrais bien lui montrer les étoiles. Voir celles dans ces yeux quand elle n’aurait plus besoin de béquille. J’embrasse furtivement sa joue. Réflexe d’enfant. Remerciement et promesse silencieux. Et je me rends compte que je n’ai pas son nom. Et qu’elle n’a pas le mien. Ce qui me fait rire un peu.

Appelle-moi Wyatt, ou bien Lawrence.

C’est une impression. Une sensation. Mais j’avais envie. Envie qu’elle m’appelle Lawrence. Personne ne le fait ici. Wyatt est plus court. Plus simple. C’est aussi le premier. Mais Lawrence me manque. A la maison on m'appelait parfois Lawrence. Surtout quand tout allait bien. C’était un signe en quelques sortes. Comme avec Drew. Quand on utilisait nos autres prénoms. Ce signe qui était comme un appel à l’aide. Je souris à ce souvenir. Les yeux plongés dans le ciel étoilé face à nous. Ce doit être une des rares salles avec une si large baie vitrée. C’est agréable. Comme si on nageait au milieu d’elles.

Tu n’as pas besoin d’y connaître grand chose pour apprécier les étoiles tu sais ?

J’avais envie… Je ne sais pas. Partager quelque chose. Autre chose que ma tristesse et ma douleur. J’avais envie de la voir sourire et peut-être l’entendre rire. Elle le méritait. Vraiment.


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##   Mer 20 Aoû 2014 - 20:23
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Je souris doucement à sa suggestion. Il est gentil. C'est drôle, mais j'acquiesce en silence. Il faudra se soutenir, à partir de maintenant. Et pour longtemps. On ne laisse pas les gens comme ça, derrière soi. Pas quand on a vu un torrent de peine surgir comme ça. Je crois que son rire me rassure autant que celui de mon frère. Je suis ce genre de personne naïve, qui pense que tant qu'on réussit à se regarder sourire dans le miroir, on peut continuer à surmonter tout ce que la vie nous envoie en pleine face. Et ici, des tas de personnes continuaient à avancer malgré les difficultés. Alors pourquoi pas nous ?
Je médite un instant sur son image. Je sursaute quelque peu en entendant le bruit sourd d'une chute. Et je sens ma joue frissonner quand je sens ses lèvres dessus. Mon sourire s'élargit béatement. Avec ses cheveux en bataille, on dirait un gamin tombé d'un arbre. Vous savez, celui qui s'est cassé la figure, à qui il manque une dent, mais qui lève le pouce en l'air après s'être mit un pansement. C'était exactement le même sentiment.
Je laisse un rire léger outrepasser la limite de mes lèvres à son invitation. Je pouvais choisir entre les deux prénoms ? Quelle nouveauté. Décidément, j'avais encore beaucoup de chose à apprendre auprès de « Wyatt-Lawrence ». Je laisse un instant « Lawrence » tourner dans mon esprit. Ça sonne bien. Ce doit être son second prénom. Personne ne s'appelle par son deuxième prénom. J'avais l'envie d'avoir une certaine exclusivité, auprès de lui.

- Je suis juste Elizabeth.


J'ai dis ça comme ça. Juste pour m'échauffer. Pour faire rouler les mots dans ma bouche, avant de le laisser timidement s'aventurer au-dehors. Pour l'essayer, comme on essaye une nouvelle paire de chaussures. Il faudra l'utiliser, maintenant qu'on l'a dit. J'en ai aussi profité pour me présenter. Un peu. J'en dirais plus tout à l'heure. Profitons juste de n'être que « Lawrence » et Elizabeth, pour l'instant.

- Explique-moi, alors.


Je le regarde de nouveau. Il me fait rire. Beaucoup. Peut-être qu'il ne le voit pas, parce que mon visage est constamment compréhensif, mais je me sentais plus détendue que dans ma propre maison, lorsque je parlais avec lui. J'avais l'impression que nous pourrions parler de tout. Et de rien, aussi. Je voulais savoir ce qu'il aimait, ce qu'il n'aimait pas. Quelle était son dessert préféré, et même s'il avait déjà eu un chat. Je voulais que nous nous racontions des idioties, aussi.

- Raconte-moi des histoires que je ne connais pas, Lawrence.


Et je ne sais pas pourquoi, mais je ris. Sûrement le contrecoup de toute cette histoire-là. Mais je ris. Un petit rire frais qui agite doucement mon corps d'un soubresaut.
##   Mar 2 Sep 2014 - 17:30

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Son rire. Pas extraordinaire. Pas banal. Pas fort. Léger. Doux. Il n’y avait rien de brusque dans ce que l’on faisait. Rien de déroutant. Juste de la lenteur. De la compassion. Toutes ces choses que l’on cache habituellement. Je détourne le regard vers la large baie vitrée. L’espace dans toute sa splendeur. Une des plus belles nuits de l’année. Bien qu’elle revête d’un caractère plus spécial que les autres. Autant par cette rencontre inopportune que par ce ciel lumineux.

Je hoche la tête. Juste Elizabeth. Je souris légèrement. Lui expliquer. Je n’en connais pas plus qu’elle. J’ai juste lu un livre. Juste quelques notions qui datent du lycée. Qui ne sont peut-être plus d’actualité d’ailleurs. Allez savoir. Je me lance tout doucement. La voix encore un peu enrouée. Ce n’est pas désagréable pour autant. Ça donne un peu plus de mystère. Renforce l’impression de découverte. C’est bien. Vraiment. Je remarque à peine son rire. Ses traits détendus. Je me prends au jeu. Me laisse moi-même emporter par ces étoiles et ces constellations que je décris un peu maladroitement. Parlant parfois de choses sans rapports. Évoquant une idée par-ci par-là. Une pensée furtive. Et c’est agréable. Parler sans barrière.

Je souris. Des histoires. C’était l’activité favorite de Drew. Raconter des histoires. Inventer de nouvelles choses. De nouvelles idioties. De quoi faire peur les filles. Amuser les garçons. Animer les soirées. Il était toujours celui qui mettait l’ambiance. Sans lui tout était plus fade. Moins drôle. Je ne sais pas si je peux faire ça aussi. C’était un peu fou. Il avait toute cette énergie qui débordait et qui venait infiltré les autres. Cette joie de vivre qu’il avait plus ou moins conscience de transmettre. C’était un phénomène. Un bon phénomène. Et… Soudainement je me fige. Lawrence. C’est comme ça après tout n’est-ce pas ? Je serai Lawrence. Celui que personne ne connaît ni ne voit. Et elle sera Bethy. Celle qui vit sans qu’on la voit. Et elle rit. Encore. Et encore. Et je ris aussi. Comme convaincu que oui, tout ira mieux. Que nous étions au fond du trou. Qu’avec cette main, cette corde tendue, tout est possible. Et je me plais à penser que c’était le destin. Chose immatérielle et naïve. Mais rassurante.

J’en ai beaucoup à te raconter, Bethy. Des folles, des tristes, des drôles.

Et je commence. Lentement. Je regarde devant moi. Toutes ces étoiles. Toutes ces merveilles qu’on oublie de regarder. Ou que l’on regarde sans y faire attention. Sans vraiment les voir. Et je lui raconte. Je lui fais imaginer que chaque étoile est une personne disparue. Et le ciel ressemble soudain à une foule immense. Un spectacle de vie. Je ne sais plus très bien combien de temps on reste là. Assis. Côte à côte. Face à cette cohue. Ces rêves. Parlant d’un artiste qui serait cette étoile bien brillante. D’un enfant malheureux qui serait celle bien petite. De ces groupes de poètes ou d’écrivains qui rassembleraient des constellations. Et nos rires continuent de résonner. A chaque bêtise racontée. Chaque petite erreur. Lapsus. Confusion.

Tu sais Bethy… Elles sont belles les étoiles dans tes yeux.

Un nouveau sourire tendre. Une voix à peine plus forte qu’un murmure. Une confidence. Un secret. Elle me manquera ma Bethy. Oh oui. Mon exutoire. Ma corde magique. Sa tendresse et son rire. Sa douceur et son indiscrétion. Mais là journée est loin d’être finie. Enfin, plutôt la nuit. Et elle s’annonçait longue. Agréable mais longue. Pleines de ces histoires.


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