Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Pour toujours, c'est un temps très, très long, et le temps a une façon bien à lui de changer les choses...
Mer 25 Juin 2014 - 15:22
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"Pour toujours, c'est un temps très, très long,
et le temps a une façon bien à lui de changer les choses..."

Big Mama, Rox et Rouky

Mon fauteuil se coinça contre un cailloux.
Je lâchais un soupir de désespoir las en regardant le cailloux faisant obstacle à ma volonté. Hé bien, tu n'as que ça à faire que de m'empêcher de passer ? T'as rien d'autre à foutre, tu vois pas que je galère déjà assez avec ce fauteuil mal foutu ? Bon enfin je te comprends au fond, c'est dur de pas pouvoir se déplacer... Tu sais j'ai un cailloux adoptif aussi, je sais ce que c'est... Et puis j'ai ce...
Je relève la tête, surprise. Non. Nooooon. Je parlais vraiment à un cailloux ? Dans ma tête je veux dire mais même, c'est le début de la dégénérescence mentale ! Je secoue la tête et pousse la roue un peu plus fort, sentant mon pouvoir de titan se propager dans mon bras. Je serre légèrement les dents pour m'éviter un sarcasme à voix haute, manquerait plus qu'on croit que je parle seule...
C'est drôle comme le monde change... d'en bas. Par exemple, je n'ai aucun mal à pousser mon fauteuil moi même (pour une fois je dis merci à mon pouvoir) mais toutes les extravagances que je me permettais avant ne sont plus d'actualité. Parce que dans le cerveau des autres, "être handicapé" rime avec "faiblesse" ou "déficience", qu'elle soit physique ou mentale. Et si tu n'as pas l'un, tu as l'autre. Au moindre geste déplacé, on peut donc penser d'un ton condescendant "excusons la, elle est handicapée ce n'est pas de sa faute".
Je sens les larmes monter et je force la marche. La marche ? Ha ha. Je serre les dents. Visiblement c'est plus dur que ce que je pensais, de prendre de la distance. Je n'y arrive pas, c'est plus fort que moi. Voyant que je semble encore buter sur une bordure ou je ne sais quoi d'autre, un passant me demande si j'ai besoin d'aide. Mon "non" est glacial.
Désolée. Mais non, je n'ai pas besoin d'aide. Je me débrouille très bien toute seule, je pense toute seule, je mange toute seule, je n'en ai pas besoin de votre fausse compassion mélangée à de la pitié. C'est hautement désagréable, vous n'imaginez même pas.
Je continue mon chemin, comme je peux. Je dois prendre des chemins détournés, ne pouvant passer dans l'herbe. Je dois voir ces gens qui, allongés au soleil, me suivent des yeux, se demandant si la politesse les oblige à se lever pour proposer leur aide. Arg ça suffit, je deviens amère.
J'inspire un grand coup quand je sens que mon objectif se rapproche. Quelle idée d'y aller, hein ? C'est ridicule. Je ne trouverai pas de réponses là bas et je n'aurai rien de plus qu'une douleur de plus au cœur et dans la tête.
Je me stoppe à la vue du chapiteau. L'entrée est pourtant là, devant moi, et je suis à nouveau incapable d'avancer. Parce que je ne peux plus rentrer. il y a des escaliers, des gradins, pas de places pour les fauteuils auprès des tigres.
A nouveau, je sens mes larmes supplier de sortir, et je me force à garder ma sérénité. Mais je n'y arrive pas. Mes yeux sont perdus dans le vague, submergé par tant de souvenirs, et les pensées logiques ne suffisent plus à me satisfaire. Pourtant je dois le faire, je dois y arriver. Sinon comment avancer encore ?
J'inspire. Je regarde ces couleurs, la musique des entraînements s'élevant me donne des frissons. Dans ma tête résonnent les rugissement des tigres, les voix si connues...
Un souffle.

_ Adieu.
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Jeu 31 Juil 2014 - 16:10
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« Yuki lui tourna le dos afin de cacher une larme brillante qui perlait au coin de son œil et James, attendri par ses petites oreilles qui tombaient quand elle était triste, s’approcha doucement et la prit par les épaules. »

J’inspirai profondément en m’efforçant de retenir l’horreur que m’inspirait cette immondice. Mon ordi me chauffait les genoux et le soleil d’après-midi filtrait au travers du store baissé.
Non mais quelle idée, ce forum rpg ! Tu vas un peu loin dans ton expérience, non ?

Je m’y étais mis il y a un peu plus d’un mois et j’étais modérateur d’un forum plus que classique, nomme « Pensionnat Sakura », un internat japonais regroupant vampires, loup-garous, nekos et humains dans un contexte surfait et extrêmement populaire. Mon personnage, James, était l’archétype du type trop cool et populaire, président du conseil des élèves et attaché à une pauvre orpheline très mignonne –nommée avec beaucoup d’originalité Yuki- qui était une neko, et lui un vampire assoiffé de (son) sang, et bien entendu tous deux vivaient un amour impossible. Écœurant.

Bref, tout ça pour voir comment réagissent les idéaux humains en différentes situations. C’était intéressant mais plutôt éprouvant. Le plus dur était de penser à la manière de James.

« Il laissa planer un doux moment de silence avant de lui murmurer tendrement ces quelques mots :
-Je serai toujours là pour toi, Yuki. Je veillerai sur toi. »

Dégoûté par tant de niaiserie, je m’extirpai de cette guimauve collante en claquant le clapet de mon ordi d’un coup sec. Je résolus de ne pas perdre ma journée tout en m’étirant, puis je remontai le store en clignant des yeux. Que faire aujourd’hui ? Mon regard erra sans intérêt sur les restes d’une expérience visant à synthétiser une molécule au nom imprononçable traînant sur mon bureau, sur une pile de journaux, romans et mangas, sur les   de caractère que j’avais établies sur les gens qui passaient devant la fenêtre de mon bunker. Je n’avais envie de rien.

Une touche de couleur attira mon attention vers le portemanteau. Intrigué, je tâtonnais afin de sortir la chose de la masse sombre de mes vêtements. C’était une écharpe, à laquelle il fallut quelques instants à mon cerveau embrumé pour y associer le nom d’Isis.

Tandis que mon amie prenait forme dans mon esprit je décidai de la trouver et de passer le restant de mon après-midi avec elle. Tout en enfilant un T-shirt je me demandai où la chercher, puis sans idée précise je sortis de ma chambre et errai un bon moment dans l’institut, cherchant une touffe de cheveux blancs au milieu de la foule des élèves accablés par la chaleur.
C’est étrange l’appréhension qui naît lorsqu’on cherche quelqu’un. On espère à la fois ne pas le rater et à la fois ne pas chercher quelque part où il vient de passer, ou quelque part où il passera quelques minutes après nous. Après tout les probabilités de  se trouver au même endroit et au même moment sont infimes si les deux êtres sont en mouvement.

Au bout d’un certain temps je sortis dans la ville en écumant les terrasses et les boutiques avant de m’arrêter, quelque peu découragé. Puis, presque résigné à rentrer m’assommer de niaiseries dans mon antre, j’errai du côté de la place, quand un cri aigu éveilla mes sens. Ce devait être un singe. Le cirque. Oui, si je n’avais pas croisé mon amie sans m’en rendre compte, c’est là que je la trouverais ! Ragaillardi à cette pensée j’accélérai et fis le tour du chapiteau.

Elle était bien là, assise près de l’entrée du cirque. J’eus un sourire soulagé et me dirigeai vers elle, finalement heureux, en fixant ses cheveux, puis comme je la contournai son visage. Je m’assis parterre face à elle et ouvris la bouche pour la saluer. Avant de la refermer. Un fauteuil. Un fauteuil roulant. Oh non.
Ok, garde ton calme mon petit.
Son air déprimé aurait dû m’avertir, mais je n’y pris pas garde. Je lui souris, d’un sourire simple et sincère comme j’aimerais toujours en faire.

_Bonjour… Je  suis content de te voir.

Là, je me suis senti bête. J’ai regardé son visage triste et je me suis dit que c’était à mon tour de la consoler.

_Un jour tu me raconteras… Mais pour l’instant, ça te dirait de faire un tour du côté de la ménagerie ?


Je m’étais levé et placé à côté d’elle. Isis n’a pas besoin de moi pour pousser son fauteuil. J’espère juste que les animaux sauront la sortir de sa torpeur.
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Jeu 31 Juil 2014 - 16:59
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HRP : Simple rappel, après ce post c'est toujours à toi >.< Et je préfère cette police, c'est chouette *^*

Je soupire, désespérée par mon acte on ne peut plus niais.
Avouez que dire "Adieu" de cette façon à une partie de sa vie, c'est plus ou moins adhérer au cliché de la fille trop torturée qui -enfin- décide de prendre un nouveau départ -qui généralement constitue la scène finale du film, évidemment, puisque qu'elle vient de passer presque deux heures à faire des conneries. Cliché que je semble suivre étonnement bien depuis presque deux mois, mis à part que je n'ai pas encore entendu la mélodie du générique de fin. Et ce même avant de perdre l'usage de mes jambes, je dirai.
Là où quelqu'un de normal se contenterait de ne plus venir tout simplement, quelqu'un comme moi décide d'aller se planter juste devant l'objet du regret pour une raison mystérieuse qui n'est sûrement pas de tourner la page, puisque depuis que mon mot est prononcé je n'ai qu'une envie c'est d'entrer. Peut-être peut-on qualifier ça d'une sorte de masochisme passif...
En attendant, je reste plantée devant ce foutu chapiteau, les idées voyageant entre mes envies et ma raison -idées contraires évidemment, sinon ce ne serait pas drôle- mais donnant l'aspect extérieur d'une statue de cire hyperréaliste du style Supermarcket Lady version handicapée.
Dans un soucis de hasard opportun (parce qu'il faut bien qu'il se passe quelque chose), je sens quelqu'un s'approcher de moi d'un pas serein. Je jure intérieurement que si cette mystérieuse personne me propose son aide je ne serai pas trop méchante même si effectivement, elle est bien la cinquième à m'avoir posé la question dans l'heure qui vient de s'écouler.
Seulement, le pas et la démarche me sont familiers, et ce malgré le temps certain passé. Il ne faut donc pas longtemps à mon cerveau pour faire le lien entre les yeux bleus océans en face de moi et le nom de leur porteur. Astel.
Ma première réaction est une crainte tout à fait compréhensible. Celle tout à fait commune du "il ne m'a jamais vu en fauteuil bon sang de oups mais pitié qu'il me demande pas ce qu'il s'est passé !" ou du moins quelque chose de semblable.
La seconde fut une réelle surprise, empreinte d'incompréhension. Malgré le fait que'un fauteuil roulant soit la chose la plus visible possible sur une personne, il ne semblait absolument pas en avoir pris compte dans sa vision des choses, du moins pas avant qu'il soit complètement assis en face de moi. Oui, je veux dire complètement assis, en train de me sourire et tentant d'ouvrir la bouche, avant de la refermer.
Je reste dans mon mutisme mi-déprimé mi-surpris.
Là c'est bon, je crois qu'il a vu.
Et la crainte revient au galop. C'était trop tôt, trop précipité. Alors que j'avais eu du temps pour me préparer à rencontrer Mitsuki, celle là était trop brutale, trop...

_ Bonjour… Je  suis content de te voir.

Ha.
Haha.
Astel ne serait pas Astel sans ça n'est ce pas ? Je souris pâlement mais satisfaite. Moi aussi je suis contente. Et ces premiers mots viennent détruire à coup de pelle ma frustration, me libère un instant de mes chaînes. J'ai vraiment de la chance il faut dire. Terrae est un endroit plein de personnes formidables et compréhensives, Astel en fait parti. Je ferai d'ailleurs bien de retrouver ce master, Gaetano, pour m'excuser...

_Un jour tu me raconteras… Mais pour l’instant, ça te dirait de faire un tour du côté de la ménagerie ?

Un ange, c'est ça qu'il doit être. J'en aurait aussi pleuré si je n'avais pas été aussi calme à ce moment là. Calme et tout à fait libérée. Si j'avais des doutes ? Ils avaient disparus. Je ne suis pas venue pour simplement regarder et tourner la page. Sinon je n'oublierai pas mon objectif initial aussi rapidement...

_ Je suis ok pour la ménagerie. Les tigres si possible...

Mes yeux brillent ? Peut-être. Peut-être qu'au final je n'ai qu'une envie, c'est de reprendre le cirque ? Ma bêtise me fait soupirer, puis ricaner doucement. Je crois que je me pose trop de questions...

_ Et ça, dis-je d'un air un peu désespéré en montrant mes jambes, c'est juste qu'un arbre les a trouvé appétissantes...

Ridicule ? Oui je sais. J'aurai voulu faire plus con j'aurai pas pu...
Un nouveau cri de singe retentit.
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Jeu 31 Juil 2014 - 21:39
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Elle eut l’air ému, mais ne dit rien. Moi, je savourai l’expression de son visage. C’est beau un visage humain, surtout quand il exprime ce qu’il y a en-dessous Peut-être aussi parce que c’est si rare.
Regarde comme elle est mignonne ! On dirait Yuki♥
C’est ravissant cette niaiserie… Tout à fait immonde de curiosité malsaine.


Je me demande ce qu’elle fait ici. Elle a beau aimer le cirque, en fauteuil et sans plâtre comme ici, elle n’est pas prête de s’y remettre. Cela expliquerait cette soudaine baisse de moral, je pense.
Je suis sûr que c’est juste parce que tu lui manquais♥

Les tigres… Isis est un tigre. Forte et sauvage, les yeux brillants…
Ces réflexions me tirent un demi-sourire ironique. Que de sympathiques considérations…

Nous marchions -enfin moi je marchais et elle roulait- vers la ménagerie (emplacement conservé par mon cortex préfrontal au fin fond de mes synapses depuis ma précédente visite) quand elle déclara d’un ton amer qu’un arbre les avait mangées –ses jambes je veux dire.- L’humour. Un moyen comme un autre de minimiser sa douleur. Cela me ramena quelques mois –presque un an- en arrière, lorsque je n’avais pas d’autre défense que le relativisme et l’humour.
Maintenant que tu vas mieux tu devras tout recommencer à zéro si un jour tu en as de nouveau besoin… Tes barrières sont presque abolies à présent.


Autour de nous flottaient diverses choses, allant des odeurs chaudes et puissantes aux cris suraigus de singes, en passant par d’autres barrissements, nuages de poussière, hennissements, feulements, rugissements, etc. Un univers tout entier nous entourait, nous nous happait et je crois que nous y entrions tous deux avec bonheur.

Quand j’étais petit j’étais allé au cirque, une fois. J’avais d’ailleurs tellement aimé ça que plusieurs semaines après je m’essayais encore aux acrobaties sur le canapé du salon et à donner des ordres au chat de la voisine.
Mais elle qui avait vécu son enfance dans un cirque, je n’osai imaginer ce qu’elle ressentait à présent, devant les tigres. Par une sorte de curiosité scientifique je tentai d’entrer dans ses pensées, avant de renoncer un peu chancelant devant l’intensité de ses émotions.
Tu vois ? Tu n’es plus capable de supporter des sentiments forts. Lamentable. Tu n’aurais jamais dû tenter de t’en détacher. Tout est à refaire.


Je refoulai cette stupide voix cynique. Isis avait besoin de joie, et pas d’une conscience extra-critique.

Contemplant les puissants félins allongés flegmatiquement dans leur cage je mesurai leur puissance si patiente et leur force endormie mais prête à se déchaîner. Malgré moi j’étais impressionné par mon amie en l’imaginant côtoyer ces monstres féroces, mais un coup d’œil à ses yeux brillants m’assura de la force de sa passion.

-Ça te manque, pas vrai ?

Bien sûr que ça lui manque, tu as vu sa tête ?

C’est un amour maudit…
Je soupirai, excédé par les réflexions de ces voix autant que par ma question indélicate. J’aimerais qu’elle puisse retrouver son ancienne relation avec les tigres, mais sans ses jambes ça risque d’être difficile… Quoique je la sache prête à tout pour ça.

-Si tu veux, j’essaierai de t’aider. Pour les tigres je veux dire.

Je lui souris en m’efforçant de lui communiquer un peu de chaleur humaine, ou du moins le peu que je possédais.
Une quête désespérée… Comme c’est romantique ! Tu seras son chevalier servant, Astel♥

Oh toi, tu ferais mieux de la fermer…
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Dernière édition par Astel Maär le Ven 1 Aoû 2014 - 10:50, édité 2 fois
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Ven 1 Aoû 2014 - 0:53
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GERONIMO !!!
Ho my fucking god ! Un crique ! Un putain de cirque ! Avec le chapiteau coloré, de la musique, des animaux, la joie, la bonne humeur, la... tellement de mots restent bloqués dans ma gorge, trop nombreux à vouloir sortir en même temps. Je sautille sur place, frémissant d'impatience de m'approcher, je cours, m'arrête, tape dans les mains, contourne l'édifice. Je n'en crois pas mes yeux. J'entends d'ici les cris des animaux et l'odeur de leur cage, et même ça, ça m'avait manqué !
Mais tout ceci n'est qu'un rêve. Il n'y a ici ni chapiteaux ni odeurs réelles, il est clair que mon cerveau fabrique tout ça pièce par pièce. Ce n'est qu'un vague souvenir de mon vécu, une pâle copie pour que le rêve continue. Alors j'arrête de bouger. J'observe, je critique, les bras croisés contre le corps et l'air boudeur. "Le Magnifique" était plus grand. Plus subtile aussi. Genre moins aplati, moins bourrin dans l'impression, je dirais. Ha, et il y avait plus d'agitation même hors des heures de spectacles.
Je fronce les sourcils, septique. Oui non, si c'est une copie du "Magnifique", il est moins cool. Beaucoup moins cool, ça me fait de la peine de penser que j'ai aussi peu de souvenirs du vrai. Je commence à peine à bouder qu'un cri bien connu me déchire littéralement les tympans et qu'une masse m'écrase l'épaule.

_ Putain Toto !

Hé, j'ai 19 ans, je peux me permettre d'être grossier si je veux. Surtout si la bestiole que j'ai cherché toute la matinée vient de subitement de me priver et de ma contemplation et de mon oreille interne. Je le chasse -ou plutôt essaye- d'un coup de main pour me frotter -inutilement- l'oreille et pousse quelques jurons forts appropriés, parce qu'avouez que sans ça c'est moins naturel comme scène.
Toto lui ne décolère pas : il est complètement surexcité, ce qui me laisse un soupir de résiliation au bord des lèvres. Comme moi un peu plus tôt, il cours, saute, s'arrête puis repars, tape dans ses pattes... Et me donne le tournis.

_ Oui ben c'est bon, pas besoin d'être aussi chiant, on va y aller, dans ce cirque !

Toto crie à nouveau de contentement et de joie, puis je l'invite à regagner mon épaule avec un sourire rêveur. Commençons par la ménagerie !
A nouveau un frisson me parcours, un petit frisson de bonheur pur comme il n'y en avait plus eu depuis longtemps. Je me met à marcher d'un pas assuré, presque dansant.

_ Finalement, je crois que je commence à l'apprécier, ce rêve...
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♫ Honey I'm good !

Souvenirs souvenirs... :
 
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Ven 1 Aoû 2014 - 18:07
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Plus nous nous approchons de la ménagerie plus les souvenirs se mélangent à la réalité. Je pourrais presque voir Clotilde la trapéziste dans la caravane sur notre droite, ou Hector et Philomène se frappant en cherchant la manière la plus drôle possible de le faire. Et là, n'est ce point l'ombre des acrobates qui massent leurs porteurs avant la représentation ?
Les fantômes sont balayés d'un geste de l'esprit par les cris des animaux, bien réels, eux. Et là encore... Le moindre hennissement fait se dresser mon oreille, les silhouettes de lamas dans le champs attirent inexorablement mon regard et je lutte pour rester concentrée sur mon objectif. Justement, l'objectif. L'objet d'attention, d'appréhension aussi. Et Astel me mène comme il sait, si attentif à mes réactions, je le sens. Et enfin, trop tôt pourtant, au détour d'un chemin, les rayures sombres sur le pelage mordoré-orangé de la bête apparaissent, comme surréalistes. Le pelage de la bête. Le monstre. Le tigre.
Il était de coutume pour les cirques de posséder plusieurs lionnes, au moins un lion (voir deux ou trois plus jeunes, pour les grands cirques) et enfin la coqueluche, plus chère et plus protégée, le tigre. Cependant ces statistiques avaient de plus en plus tendance à s'inverser lorsque j'avais tenu Ersh dans mes bras pour la première fois. Un tigron mal élevé, incapable de se tenir tranquille, dans les bras d'une petite fille émerveillée, muette de stupeur et de joie.
Le tigre nous regardait. Grand, majestueux, las surtout, nos regards se croisèrent sans qu'il n'esquisse un mouvement. Je me sentais... petite. Minuscule même. Qu'étais-je au juste ? Qu'est ce que je pensais pouvoir faire face à ces géants ? Je n'étais plus celle qui les avais dressé, élevé, et avait une quelconque autorité sur eux... Ce n'était le regard vert de défis de Ersh que j'avais en face de moi, mais celui du désintérêt d'un tigre inconnu devant un touriste comme les autres.
Je me pinçais les lèvres.
Ça faisait mal. Mal d'être ignorée comme ça.
Depuis quand avais-je oublié cette partie de moi ?

-Ça te manque, pas vrai ?

Oui, ça me manque. Beaucoup. Beaucoup trop. Est ce le sentiment de supériotié ? L'ordre ? Ou tout simplement ma nature, la répétition de ce que j'ai appris, ce que je fais depuis ma naissance ? Peu importe, ça me manque. Ersh me manque. Mes parents me manquent. Le cirque me manque. Dunkan me manque.
Mais mes mains se crispent sur une seule et unique chose. Ce foutu fauteuil.

_ Oui.

Un soupir, à nouveau. A peine audible. Je fixe toujours ce tigre désintéressé. Depuis quand suis-je devenue si faible ?
Une flamme s'allume dans mon regard. Une renaissance. Un défis. Je ne suis pas faible.

-Si tu veux, j’essaierai de t’aider. Pour les tigres je veux dire.

Un petit rire sort de mes lèvres. Si mignon... Tu m'étonnes que je l'ai confondu avec un petit garçon à son arrivée. Astel, que ferai-je sans ton nez caché dans ton écharpe et ta façon de chercher à comprendre l'humain ? Que ferai-je sans quelqu'un qui me ressemble autant ?
Je recule mon fauteuil avec hargne.

_ Merci, mais j'aurai trop peur qu'il te dévore tout cru. En entrée.

J'accompagne ma réplique d'un clin d'd’œil amusé avant de jeter un dernier regard à la bête. Puis Astel. Puis les alentours. Puis un soupir. Un seul. Je dois être devenue folle.

_ Astel, est ce que tu pourrais amener le dresseur de fauves ici s'il te plait ? J'aurai une requête à lui faire.

Joie. Excitation. Appréhension. Peur.
On verra ce qui gagnera.
Dans l'arène.
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Ven 1 Aoû 2014 - 19:53
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_Merci mais j’aurais trop peur qu’il te dévore tout cru. En entrée.

Je ricanai intérieurement. Hé James, tu vois le chevalier servant que je suis ? Même la princesse le trouve trop faible ! Princesse qui, rappelons-le, est en fauteuil roulant… Et qui semble très sûre d’elle-même qui plus est.
Je l’observai promener son regard partout, me faire un clin d’œ… UN QUOI ?! Ça veut dire qu’elle m’aime bien, ou juste qu’elle fait ça pour compenser ses paroles un peu dures ou pour… s’amuser ?
Je te l’avais dit, elle t’aime !♥
C’est juste un réflexe pour dissiper sa gêne et l’adrénaline suscitée par un défi, imbécile.

Un défi ?

-Astel est-ce que tu pourrais amener le dresseur de fauves ici s’il te plaît ? J’aurais une requête à lui faire.

Ah oui. Un défi. La princesse voulait vraiment abolir le mur du donjon entre le dragon et elle. Et tous les chevaliers du monde ne vaudraient pas un mur. J’hésitai un moment, avant que ma promesse et son air décidé ne me persuadent d’y aller.
Je lui lançai un regard un peu inquiet assorti d’un sourire du même ordre, puis tournai les talons en direction des roulottes.
Comment reconnaît-on une roulotte de dresseur de fauves ? J’étais un peu perplexe, planté au milieu des caravanes bariolées.
Utilise tes pouvoirs magiques mon chou ♥
Pour une fois que tu sers à quelque chose, toi…

Je m’approchai d’une roulotte d’où émanait une bonne odeur de cuisine et lançai péniblement mes pensées vers l’intérieur. Afin d’être le plus proche possible de ma cible je m’appuyai contre le mur de bois juste sous la fenêtre. C’était une acrobate du nom de Lily, et un peu gêné de cette intrusion je sortis tant bien que mal de sa tête la couleur de la roulotte du dénommé Gildas, dresseur de fauves de son état. J’eus un sourire satisfait en me dirigeant vers la roulotte rouge. Rouge, quel cliché pour un cirque…
Quelques marches de bois permettaient d’accéder à la porte, qui conformément aux normes européennes de sécurité (et à la position apparente des gonds) devait s’ouvrir vers l’extérieur. Très pratique pour éjecter les visiteurs indésirables de son escalier…

Légèrement contrarié par cette roulotte antisociale je pris garde à me placer sur le côté pour frapper à la porte. S’ensuivirent quelques interminables secondes dont dépendait
Le sourire…♥ Non, la santé mentale d’Isis.
Le personnage qui ouvrit –violemment, il devait apprécier le concept anti-visiteur- la porte me laissa également un tout petit peu perplexe. Pour décrire un peu mieux la « chose » je parlerais d’un homme dans la quarantaine, brun et assorti d’une splendide moustache en guidon de vélo. Portant une sympathique bedaine à bière et un caleçon rayé de vert. Bougonnant un agréable "Qu'est-ce tu m'veux....?" en clignant des yeux.
Je l'aime déjà ce type...
Je tentai de lui expliquer que j'avais besoin qu'il vienne pour parler avec mon amie, ce qui me valut en retour un grattement de barbe naissante et un air dubitatif. "Et pourquoi je f'rais ça, hein?"
Hinhinhin, un fantastique sujet d'expérience, mon petit! On va s'amuser...
Pour une fois, j'appréciais cette conscience. J'allais m'essayer, ou non plutôt exercer une fois de plus un peu de manipulation.
Je m'introduis dans ses pensées -cette fois, pas la moindre gêne intimiste- afin de trouver les motifs de son... Heu refus ça ira. Sans surprise, c'est de la simple flemme. C'est elle qui gouverne nos existences...

Sans surprise non plus, ce sympathique gaillard est un poil macho. Oh oui, parle-lui de princesses en détresse!
Intérieurement satisfait, je me composai un visage innocent et lui dis avec ma voix la plus ingénue

_Monsieur Gildas, mon amie est blessée, elle a besoin de vous!

Je laissai quelques instants à son cerveau embrumé pour comprendre ma phrase puis ajoutai

_Je ne pourrais jamais revenir la voir en lui disant qu'on n'a pas voulu m'aider! Elle est déjà si triste...

Vas-y, prends-toi pour la main secourable relevant la princesse, c'est ce que je veux...
Il se gratta encore la barbe en marmonnant un "mouaiif" peu enthousiaste puis fit un geste évasif signifiant certainement qu'il allait enfiler quelque chose de plus qu'un caleçon. J'étais satisfait, mais fatigué des efforts que j'avais dû produire pour lire deux fois de suite dans des esprits. Je m'assis sur la dernière marche en l'attendant, contemplant le ciel parcouru de quelques rapides nuages et résonnant des cris encore proches de la ménagerie, parmi lesquels le cri de ce singe hystérique qui n'avait pas arrêté depuis tout à l'heure.
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Lun 4 Aoû 2014 - 15:23
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La ménagerie... était une ménagerie.
Une belle, pleine d'animaux diverses et pas le moins du monde loufoque pour quelqu'un qui a grandi dans ce genre d'environnement. Variés, aux cris plus que différents, aux odeurs plus ou moins écœurantes... Et aux nombreux touristes aussi. Car la ménagerie est toujours ouverte au publique dans les horaires hors spectacle. C'est une façon de faire naître le lien entre les animaux et le publique -enfin ça c'est l'explication d'Isis hein, moi j'y connais rien. Pour moi il n'y a pas de besoin de chercher une explication à chaque chose : c'est ouvert c'est ouvert, on peut entrer donc on y va. Attitude qui -je l'admet- m'a plusieurs fois posé problèmes parce que soit disant, lorsque le garage d'une maison est ouvert ça veut pas dire qu'on a le droit d'entrer.
Je circule donc entre les rangées de cages un peu petites à mon goût mais bref, prenant bien soin d'écarter le plus possible mon singe de mon oreille encore intacte, vu l'apparent plaisir qu'il prend à hurler. Et ses collègues, à force de lui répondre, finissent par le guider à lui, et nous nous retrouvons devant la cage aux singes. Je crois que j'ai jamais vu quelque chose d'aussi bruyant de ma vie, sérieusement. Tellement bruyant qu'un responsable du cirque a finit par débarquer pour nous demander ce que Toto faisait en dehors de sa cage, altercation qui fut suivi d'un éclat de voix de ma part parce que Toto ne va pas dans une cage, avant que je ne parte finalement en courant, un poil honteux de m'être énervé ainsi et surtout assez trouillard face au taser que le gars pointait sur moi.
Fatigué après une course courte mais intensive, je m'asseyais à un angle de cage et explosait de rire, Toto avec moi. J'étais crevé. Jamais courir aussi peu ne m'avait autant épuisé. Je tâtais mon ventre, les larmes au yeux, passait doucement un doigt sur mes cicatrices.
Elles ne faisaient pas mal. Du moins pas à l'extérieur. Mon ventre par contre me brûlait et mes poumons semblaient se remplir d'eau, comme trop petits. J'essayais de me calmer. Pourtant cette douleur vive commençait à me faire douter. Étais-je vraiment dans un rêve ? On a pas al comme ça dans les rêves, normalement...
Je secouais la tête pour chasser mes idées noires. Puis me relevais.

_ Viens Toto, on va voir les tigres...

Ou le tigre. Bien que dans ma vie il n'y en aura jamais qu'un seul. Un seul tigre qui méritait mon attention. Il devait avoir vieilli maintenant, s'être assagi, et Isis devait vraiment être très forte dans l'arène, avec lui à ses côtés...
Un soupir traversa mes lèvres. Isis et Ersh, c'était comme moi et Toto. Indissociable. La dangerosité en plus. Même si je savais qu'elle allait bien, qu'elle vivait probablement sa vie comme elle l'entendait, j'avais mal. J'avais envie de la revoir. Mais... Si tout ça était vrai, alors j'avais vraiment... Tué...
Je secouais à nouveau la tête, plus fermement. Les tigres. On va juste voir les tigres ok ? D'un pas léger je me dirigeais vers ma destination, évitant les autres membres du cirque pour ne pas me faire encore accusé de vol. Ce serait bête qu'on me sépare de Toto pour une raison aussi débile.
Arrivé devant, je remarque une fille en fauteuil, les yeux fixés sur la bête, qui elle semble complètement l'ignorer. Je me pince les lèvres en me demandant ce qui a bien pu lui arriver pour qu'elle soit dans cet état mais me ravise. Des fois on met des gens en fauteuil pour assez peu de choses, au final. Plus que m'approche, plus je ne peux m'empêcher de la fixer. J'ai l'impression de connaître cette stature. Et puis elle a les cheveux blancs, exactement comme...
Je secoue -encore et toujours- la tête et me donne un petit coup. Ce n'est qu'une illusion de mon esprit. Il y en a pleiiiiin des filles aux cheveux blanc, pas vrai ? Pas vrai ? Je me fige. Ce n'est pas une illusion. Il y a bien une fille, dos à moi, les yeux fixés sur un tigre. Une fille qui a les mêmes cheveux blanc, coupés de la même façon, et ce même tatouage du cirque sur le bras gauche...
Je me fige.
Non.
Non.
Non.
C'est impossible.

_ Isis ?

Ma voix est brisée. Je ne sens pas de larmes couler sur mes joues, comme il aurait fallu qu'il y en ai. Il n'y a rien. Un vide. Ca ne peut pas être elle. Impossible. Pas ici. Pas maintenant. La Isis que je connais est au cirque Le Magnifique, qui est en ce moment à Atlanta. La Isis que je connais n'est pas en fauteuil mais debout, bien portante. La Isis que je connais ne se ferait JAMAIS snober par un tigre. Jamais.
Ca ne peux pas être elle. Pourquoi je me sentirai mal alors ?
Elle se retourne. Vive. Trop vive. Comme elle. Ce visage... est le sien. Celui qui a bersé mon enfance de doux rêves. Celui de personne d'autre qu'elle. Seules deux cicatrices sont apparues. Différentes. Elles ne font pas parti de mon monde.
Je reste immobile. Bloqué. La joie profonde de la revoir m'envahit, folle, ravage tout. Mais ma tristesse, mon désespoir la détruit. Je ne bouge pas, balancé par les forces contraires de mes humeurs. Suis-je parti si longtemps ? Ou est-ce ce rêve qui tourne au cauchemars ?
J'ouvre la bouche.
Je la referme.
Je serre le poing.
Je m'agace.

_ Bon sang ! Mais qu'est ce que tu fais ici ?!?

Dis moi que tout ça est faux. Que ce n'est qu'un rêve. Un cauchemars. Que je vais me réveiller. Bon sang... Toi, ici. Tout ça.
C'est juste impossible.

_ Qu'est ce... Qu'est ce qui s'est passé...

Et comme un château de carte, mon monde chute. De haut.
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Mer 6 Aoû 2014 - 0:53
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_ Isis ?

Impossible.
Il y a des choses que l'on espère, d'autres que l'on redoute, d'autres que l'on attend, et d'autres encore qu'on appréhende. Ce qui était en train de se passer était impossible. Car cet événement réunissait à lui tout seul ces quatre catégories. Mon esprit partait en live complet et je ne faisais rien pour le retenir.
Car qui oublierait une voix ?
Qui oublierait cette voix ? Après l'avoir entendu pendant 16 ans, l'avoir côtoyée tous les jours, l'avoir adorée et détestée. Après l'avoir perdue. Mais surtout, après l'avoir cherché. Pendant tant de temps et d'années qu'on pensait cet objectif impossible ? C'est tout bonnement impossible.
Impossible que ça se produise là, maintenant. Il a disparu sans rien dire. Il y a deux ans. Il ne peux pas être là. Je l'aurai su. Dunkan n'est pas le genre de gars qu'on peut rater. Je l'aurai senti. Ce doit être une illusion de mon esprit. Il ne peux pas avoir ressentit le vide, comme moi, il ne peux pas...
Je tournais mon fauteuil, avec précipitation et crainte.
Dunkan.
Il avait changé. Mais c'était lui. Ce même regard basculant sans cesse entre la joie et la tristesse, ces cheveux en bataille et surtout... Toto. Ce singe, à son épaule, frétillant d'impatience de se jeter dans mes bras, mais sentant son maître trop anxieux pour se lancer. Sur son visage, une mèche turquoise. Une mèche que je ne connaissais pas. Je ne le connaissait plus. Mais c'était lui. Là devant moi ! Alors que j'avais prévu d'engager tous les moyens possibles pour le retrouver, il se trouvait là comme ça !
Tout ça semblait trop facile. Trop de coïncidences.
Je ne bougeais pas. J'aurai voulu me jeter dans ses bras. J'aurai voulu...
Mon Dieu. Qu'est ce qui est en train de se passer ?

_ Bon sang ! Mais qu'est ce que tu fais ici ?!?

Je pourrais te renvoyer la question. Tout est trop surnaturel pour que je crois à ta présence. Il y a encore quelques secondes, Astel était là, il me parlait... C'est un rêve pas vrai ? Une illusion de mon esprit ?
"Oui bon t'en as pas marre de me remettre tout sur le dos là ?! C'est si choquant que ça ?!"
Tu ne comprends pas, esprit rationnel ! C'est... Tout bonnement impossible !
"Qu'est ce que tu en sais ? Aurais-tu parier te retrouver là il y a trois ans ? Qui sait ce qu'il a vécu avant..."
Deux ans. Deux ans c'est long. En un mois, ma vie a changé. Non, du jour au lendemain. Qu'en est-il de toi ? Es-tu vraiment là ? Qu'est ce qu'il s'est...

_ Qu'est ce... Qu'est ce qui s'est passé...

Nos phrases se complètent, comme toujours. En cet instant, c'est comme si tout avait changé, mais qu'au final... N'avons nous pas toujours été ensemble ? Je suis perdue. Perdue et heureuse.
Car je le sais, je n'ai pas pu devenir folle en aussi peu de temps. Astel me l'aurait dit, il lit dans les pensées. Et si je n'ai pas pu devenir folle alors... C'est qu'il est vraiment là. Qu'il a ressenti le vide. Qu'il... Je ne sais pas. Je veux savoir. Là maintenant tout de suite. Mais si il est là, nous avons le temps maintenant n'est ce pas ? Nous avons tout notre temps, comme avant. Il ne va pas partir pas vrai ? Personne ne pourra emmener ce gamin irresponsable loin de moi, n'est ce pas ?
Je soupire, les larmes aux yeux alors que son regard reste fixé sur mon fauteuil. Oui, il s'en est passé des choses. Je m'approche doucement de lui, tendant la main vers Toto. Vers son visage.

_ Beaucoup de temps, Dunkan. Beaucoup de choses. Bienvenue dans votre nouvelle maison.

Je souris comme je le peux. Terrae est le meilleur endroit. C'est le meilleur endroit pour toi Dunkan, tu verras tu vas adorer. Maintenant que tu es là... Ca va être génial. Il faut que je prévienne mes parents. Il faut que je leur dise. Que je leur dise que je t'ai retrouvé, que tu es revenu !
Ses yeux sont perdus dans le vague.

_ Je...
_ Tu ne comprends pas, n'est ce pas ? (un rire, le rire d'avant, remonte le long de ma gorge et éclate) C'est pas grave, ça prendra du temps, je crois, pour qu'on remette tout au clair... Au sujet de ça -je montre mon fauteuil- et ça -en désignant sa mèche-... Mais on y arrivera promis.

Toto pousse un cri de joie pure et saute sur mon épaule pour venir se blottir contre moi. Il fait ensuite plusieurs fois le tour de ma tête pour la sentir et finit par revenir sur mes genoux, me tirant un petit rire.

_ Hé bien en voilà un qui n'a pas changé... Mais toi tu me parais plus statique qu'avant !
_ Mais... C'est juste...

Il bégaye. Il se reprend. Il regarde ailleurs, piétine, regarde successivement mon visage, le sol, le ciel. Doucement, il approche une main, la retire. Pour mieux la ré-avancer. Il frôle ma joue avec un "wow" dubitatif. Un contact... Après si longtemps, je n'y croyais plus. Un frisson de bonheur me parcours. Je ne peux pas m'empêcher de sourire.
Autour de nous il n'y a plus rien. Plus de temps, plus d'espace, plus personne. Une bulle nouvelle vient de se créer. Une bulle immense, pleine de chaleur, de sons des souvenirs, du passé et du présent, d'une chaleur qui nous avait manqué. Je suis heureuse. Éperdument heureuse.

_ Non mais attends c'est pas possible ce genre de trucs !
_ T'es vraiment long à la détente...
_ C'est plus de la coïncidence à ce niveau !
_ Si tu veux je m'en vais hein...
_ Non ! Non surtout pas ça non ça va pas ouais ?! Me faire une frayeur pareille ! Tu restes là, tu bouges pas et... Et heu...
_ Je peux pas bouger Dunkan.

Il rit. Son rire. Son rire que je connais si bien. Que j'ai failli oublier. Comment ai-je pu ? Comment a t-on pu être séparer ? Pourtant tout redémarre si facilement... Tout est si naturel... Nous n'avons pas besoin de parler, nous n'avons pas besoin d'aborder les sujets qui fâchent. Là maintenant, c'est juste lui. Lui et moi.
Un silence se fait. Nous nous regardons. Longtemps. Sans bouger. Nous sourions. C'est impossible, pas vrai ? Mais bon Dieu qu'est ce que c'est bien !

_ Ta mèche te va bien.

Je le sens se crisper. J'ai peur d'avoir dit quelque chose... Quelque chose de mal. Mais comme toujours, il sait cacher les choses. Il se reprend. Mais qu'il ne se leurre plus, je ne le laisserai rien me cacher. Plus cette fois.

_ Je peux pas vraiment dire la même de ton fauteuil...
_ T'es con !

Un fou rire nous prends à nouveau. Puis silence. A nouveau.

_ Je peux te faire un câlin ?
_ Pourquoi tu demandes ?
_ Ben je sais pas... Ca va pas te faire mal ?
_ Ben si tu me fous ton bras dans la gueule oui mais sinon ça devrait aller !
_ Plaisante pas, je suis sérieux...
_ Tu peux.

Après s'être dandiné sur place quelques secondes, il tombe à genoux et me sert dans ses bras. Ses cheveux me titillent et je me surprends à respirer. A le sentir. A le coller contre moi plus fort que d'habitude, lui tirant un "aïe, tu m fais mal là !" que je contrais avec un "désolée" embêté. Si je peux pas contrôler mon pouvoir dans ce genre de situations, c'est mal parti...

_ Tu as grandi...

Un silence.
Plus long.
Plus dur.
Et le fossé des années et des kilomètres qui nous séparaient vole en fumée.

_ Ça devrait pas être possible...
_ Raaaah, tais toi un peu et sois heureux !
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Mer 20 Aoû 2014 - 20:48
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Sous mes doigts le bois sec de l'échelle était tiède et sentait encore le soleil. Son toucher rugueux me rappelait mon enfance sur le vieux parquet du grenier. Très touchant.
Les sentiments se mélangeaient en moi : mon cerveau se partageait entre l'appréhension pour mon amie apparemment inconsciente de vouloir se frotter à des félins monstrueux, et une fierté teintée d'admiration pour cette fille différente qui n'avait peur de rien. Dis plutôt qu'elle a confiance en elle. C'est ce qu'il te manque et que tu admires, non?
Ha, il y avait aussi l'amusement condescendant quant à ce cher Gildas en caleçon -non, sans caleçon, enfin habillé par-dessus plutôt- qui venait de sortir héroïquement de sa cabane à roulettes. Je me levai souplement en contenant l'étonnement qui n'avait pas manqué de me prendre à la vue de la veste de dresseur rouge et or surmontant le vieux jean délavé que portait l'homme.
Innocemment, je fis semblant de cacher une grande admiration pour mon phénomène, en espérant que sa perspicacité -à l'évidence immense- lui permette de déceler ma véritable impression. Ça ferait du bien à sa bonne volonté.

_Merci beaucoup, monsieur, ce sera un véritable honneur pour mon amie! Je crois qu'elle est à la ménagerie pour l'instant...


En me plaçant un peu derrière lui, à droite de son champ de vision je pouvais l'entraîner où bon me semblait. En l'occurrence le faire passer devant. Parfait.
Comme nous marchions -enfin moi je marchais et lui se dandinait d'un pas de héros en haut d'un gratte-ciel- je devinai à son attitude gauchie qu'il s'apprêtait à se retourner. Je recomposai rapidement mon visage d'angelot blond pour répondre à sa future question.

"Et dis-moi, petit, elle a quel âge ton amie?"

Répugnant personnage. J'ouvris de grands yeux ronds -cela rappelle les enfants, dont les globes oculaires ne grandissent pas, et qui ont donc déjà leur taille adulte, bref, de grands yeux- pour lui répondre:

_Je crois qu'elle a le même âge que moi, monsieur!


Tu es adorable, Astel! ♥
C'est cela, oui. Je dirais plutôt machiavélique.
Je réprimai un soupir d'agacement. Le rp ne m'apportait rien d'autre que James l'idiot. Peut-être devrais-je arrêter. Et je ne suis rien de tout cela. Je suis moi, ou plutôt je suis, c'est tout. Les adjectifs ne rendent jamais justice à la vérité des choses. Ils sont comme des adolescents : absolutistes. Obtus. Comme toi, petit.

Retour dans l'atmosphère chaude de la ménagerie. Au milieu des cris aigus des singes, je crus entendre des voix humaines. Mais non, Isis devait toujours être noyée au fond des yeux du tigre. Je contournai une cage aux barreaux froids à la suite du colonel héroïque.

Et là... Je contins à grand-peine un flot dévastateur de violence envers le garçon. Le garçon agenouillé, perdu dans l'étreinte d'Isis. Tu te rends compte à présent que tout ne tourne pas autour de toi? Elle connaît bien d'autres gens. Ce n'est pas étonnant qu'il y ait des garçons de son âge. Au prix d'un violent effort je conservai mon visage innocent. Si ce type  était ami avec Isis il était probablement tout aussi extraordinaire qu'elle.
Et que toi mon chou ♥
Hoho! Le petit Astel aurait-il un rival?


_Salut! lançai-je en souriant à l'adresse du garçon. Je me tournai à demi vers Isis. Sans commettre l'erreur de tourner le dos à l'individu, ni de l'ignorer.
Tu es un homme ouvert, Astel ♥
_Isis, je te présente Monsieur Gildas. Il est ici pour t'aider.

Je plantai mon regard dans le sien en essayant de lui faire comprendre que si elle pouvait jouer les demoiselles en détresse, ce serait bien. En espérant que le jeune mèche-bleue ne fiche pas tout en l'air. Je déteste les gens hyperactifs.
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Jeu 28 Aoû 2014 - 11:38
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Je savourais ce bonheur.
Quand elle avait parlé, j'avais su que ce n'était pas un rêve. Qu'elle était vraiment là. Pourtant quelque chose au fond de moi ne pouvait pas admettre que ce soit vrai, sûrement un petit reste d'esprit rationnel. J'avais tremblé. J'avais hésité. Puis je l'avais touché. Son visage, sa peau si douce et ses yeux calmes remplis d'étoiles. Elle était heureuse. Profondément heureuse. Tout comme moi je l'étais de me retrouver enfin devant elle.
Mais cette réalité en apporta une autre. J'avais... Bel et bien... Tué mon père. Il m'avait bel et bien manipulé. J'étais sur le point de pleurer. C'était impossible. Qu'il faille ça pour la revoir, impossible. Elle n'était pas avec Le Magnifique, pas avec ses parents, pas... là où je croyais qu'elle était.
Je respirais dans ses bras. Pour la première fois depuis longtemps, j'étais ce petit garçon dans les bras réconfortant de sa mère, j'étais tout à fait tranquille, toutes mes émotions allaient dans le même sens. Et il y avait son rire. Elle me taquinait, toujours comme autrefois. Et mon cœur faisait des bons à chaque fois.
Comment avais je pu ? Sans qu'elle ait besoin de le dire, je savais le mal que je lui avais fait. Que mon départ avait fait. Je savais qu'elle me poserait la question, un jour ou l'autre, qu'on devrait avoir des discussions pas agréables. Des discussions sur nous, sur notre parcours. Sur nos souffrances.
Mais pour l'instant, il n'y avait que nous. Que cette étreinte. Ce petit bout de mur, cette congère salvatrice au bord de la falaise. Et elle me serrait au point de me faire mal. Moi au contraire, je la tenais fébrilement. J'avais trop peur qu'elle se casse sous mon bonheur.
Puis une larme coula. J'aurai voulu pleurer toute l'eau de mon corps. Je n'étais plus celui qu'elle avait connu, et inversement. J'étais un meurtrier, plus que la moitié de moi, plus qu'un humain reconstitué avec des morceaux d'autres. Un objet de folie. Et elle, sans rien savoir, elle me tenait dans ses bras, elle m'accueillait, comme avant. J'avais frappé avec une lame, sans un doute, et elle n'en savait rien. Comment pouvait elle encore m'aimer après ça ?
Puis il y eut des pas. Des pas que je maudis d'avoir gâché cet instant. Je levais les yeux vers les arrivants, tenant toujours Isis de près. Je ne voulais plus la lâcher. Comment de simples figurants pouvaient biser cet instant ?
Le premier inconnu était un homme grand à moustache, à l'air ridiculement fier d'un chevalier servant un peu pédophile. Le second m'inquiétait plus. Il me salua. Il ne me connaissait pas mais il était évident qu'il avait une raison de se trouver là, qu'il n'était pas un simple passant. Il était plutôt grand, je dirai autant que moi si je n'étais pas assis par terre, évidemment. Ses cheveux fins et blonds contrastaient avec ses yeux bleus profonds, où je ne décelais aucune violence. Aucune peur, aucune appréhension. Juste un regard doux envers Isis, le regard d'une connaissance proche...
Je haïssais ce blond. Jaloux ?! Moi ?! Possessif ? Pff, n'exagérons rien ! Mais... Pour qui il se prends là ?! Il voit pas que c'est un moment intime ?! Il dérange ! Et il connaît son nom en plus ! Non, je ne peux pas accepter... Qu'en deux ans, elle se soit fait de nouveaux amis ? Je manque de me jeter su lui, fou d'une rage triste. Alors c'est ça ? Maintenant je ne compte plus que pour un simple ami ? Deux ans, c'est trop long...
Il nous présente le vieux moustachu -pff, on dirait un pervers ce snob !- puis me tourne vers Isis. De l'aide ? Elle a besoin d'aide et je ne l'ai pas senti ?! Je boue intérieurement. Je suis un piètre ami. Je sers à rien. Moins qu'un humain... Mais je ne peux pas perdre contre ce gars. Sa présence même est une provocation.

_ C'est qui ce mec ?

Ma voix est un peu dure. J'essaye de l'accompagner d'un sourire, mais sans succès. Lui a l'air si cool, si calme... Il se la père tellement ! Je grogne en voyant de la gentillesse profonde dans ses yeux quand elle le regarde. Bon sang, ça m'énerve de ne pas savoir.
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Jeu 28 Aoû 2014 - 11:40
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_ Salut.

Je relève la tête, surprise par cette approche et ce pas discret que je n'avais pas vu venir. Une voix douce, qui doucement revient de mes souvenirs. Astel. Je lui avais demandé de... Ho. C'est vrai. Je relève le visage, les larmes aux yeux. Dunkan a désormais les yeux levés, mais reste attaché à moi. Je ne veux pas le lâcher. Lui non plus.
Mais par rapport à Astel... Je ne lui ai jamais dis. Jamais parlé de Dunkan, ou alors par des allusions. Et là... Dans cette position... Ben quoi ? Qu'est ce qu'elle a cette position ? Elle me dérange par rapport à lui alors que entre Dunkan et moi c'est comme ça depuis qu'on est petits ? Ridicule.
J'essaye de faire abstraction de ces trucs bizarres en moi, entre le bonheur et la crainte. Mais ce que je vois dans les yeux d'Astel, et dans la réaction un peu étrange de Dunkan... C'est qu'ils ne sont pas fait pour s'entendre. Par définition, mon ami d'enfance ne s'entend avec aucun des autres garçons que je fréquente, c'est sn côté possessif, mignon mais un poil envahissant Alors j'imagine qu'après deux ans... ça doit être pire. Si pendant deux ans il a autant désiré me retrouver que je n'y ai pensé, alors je vais devoir avoir une petite explication de valeurs avec lui...
Mais enfin, ce n'est pas le moment d'y penser. Astel m'apporte son aide et Dunkan l'agresse. Je suis calme, tout va bien se passer.
Je tend une main vers Dunkan et l'autre vers Astel.

_ Dunkan, Astel, mon premier ami ici. Astel, Dunkan, mon ami d'enfance.
_ Meilleur ami, rectifia ce dernier.
_ Meilleur ami, j'accordais avec un sourire simple à Astel.

Un grognement se fit entendre sur mes genoux et je laissais échapper un petit rire.

_ Et Toto. Le singe de Dunkan.

Bien qu'on ai jamais trop su qui était le singe et qui était le maître.
Je pense qu'il n'est pas dur pour quelqu'un comme le terre télépathe de comprendre Dunkan. Tout le monde pourrait y arriver sans trop de difficulté, d'ailleurs. Je compte donc sur lui pour la jouer diplomate et ne pas rentrer dans son petit jeu... Ni se sentir agresser. Celui qui se sent agressé par un gamin de 5 ans a toujours tort.
Les larmes toujours dans les yeux, je me retourne vers le dresseur de fauve apparemment bien en pied et dans la complaisance de sa personne. Je ne pris pas la peine d'essuyer cette lueur d'eau dans mes yeux, au vu du regard que me lançait Astel. Visiblement, la petite bedaine de notre bon Monsieur Gildas était remplie de contes un peu trop charmants.

_ Monsieur, j'ai en effet besoin de votre aide. Disons que... Je voudrai rentrer dans la cage du cirque. Avec un tigre.

Dunkan se releva brusquement, vert d'une appréention assez contaminatrice je l'avoue. A peine retrouvée, je souhaite me lancer dans l'entreprise la plus égoïste et la plus dangereuse depuis presque deux ans. Mais je me sens... Revivre. Cela fait très longtemps que j'aurai du le faire. Renouer avec cette partie de moi. Je sers la main de Dunkan pour le calmer, avant qu'il ne parle. Il ouvre la bouche, puis la referme.
Je suis confiante. Ai confiance aussi. Il se tait, tendu.

_ Je ne sais pas combien de temps... Il me reste, alors je voulais ressentir ça, au moins une fois. Vous comprenez ? Vous pourriez m'aider à réaliser mon rêve ?

Pfff, non mais quelle guimauve. Dire que je pensais ne jamais dire de choses aussi niaises...
Avec un dernier regard vers Astel, je hochais la tête. Merci.
Un regard qui agaça profondément Dunkan.
Mais je ne vais pas toujours faire ce qui lui fait plaisir.
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Lun 1 Sep 2014 - 19:09
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...C'est quoi toutes ces émotions ?! Tout ça juste pour un mec qui fait un câlin à Isis ? En plus tout ce fouillis hormonal n'est pas FICHU de s'ordonner correctement ?! Non parce qu'entre la haine profonde et la colère, ya aussi de la gêne et de la déception, et plein d'autres sentiments inidentifiables qui s'incrustent. Autant dire tout de suite que je suis très loin d'avoir l'habitude d'héberger autant de choses contondantes sous mon pauvre petit crâne blond. Je les avais même soigneusement bannis les uns après les autres, histoire d'avoir la paix. Histoire également qu'ils n'influent plus sur mes actes. DE QUEL DROIT se permettaient-ils de faire cette recrudescence organisée ? Avaint-ils organisé un gigantesque complot pour me détruire durant leurs années d'inactivité ? La retraite il faudrait la supprimer pour être en sécurité.
Hého, petit ! Tu savais que ça arriverait non ? Allez, embraye et assume maintenant.
"Hoooo, Astel ! Enfin tu deviens humain ! Je suis si heureux pour toi ! ♥ "

Après avoir -très rapidement- analysé la sobre réponse de monsieur mèche-bleue j'en déduis qu'il ne m'appréciait que très moyennement. Au moins nous entrions dans une relation de réciprocité. Je ne laissai, comme à mon habitude, rien paraître de plus qu'un vague intérêt, attendant d'observer la réaction de mon amie. Isis. Fidèle à elle-même, comme toujours. Elle nous présenta, calmement, Dunkan et moi. Et céda à l'insistance de son ami d'enfance avec un sourire pour moi qui ne manqua pas de provoquer quelques extrasystoles consécutives et une bouffée de chaleur très malvenue. Devine ce que ça veut dire, petit ?
Je ne pris pas la peine de m'intéresser aux répliques cyniques de cet imbécile de conscience.
Ha, encore une chose à noter, les cris suraigus de singes appartenaient au singe, qui lui-même appartenait à mèche-bleue.
Isis jette un oeil au ventre à pattes toujours planté comme un pigeon avec ses nouvelles plumes à ma gauche. Ou un lapin peut-être. Ha oui, ça va mieux un lapin. Elle -Isis, bien sûr- fut remarquable dans son interprétation de la princesse éplorée. Tellement que son meilleur ami "bouffon ♥" y crut aussi. Je mourais d'envie de lui faire honte, à ce mec trop spontané et hyperactif, pour qu'il me laisse de la place auprès d'Isis. Mais ça ne serait pas bien. Je ne le ferai pas.
Si tu ne fais rien ta place va finir par être prise, petit !
Et si je ne fais rien, la princesse va peut-être mourir. J'espère vraiment qu'elle sait ce qu'elle fait. Parce que je crois que le marteau piqueur hôte de ma tête va la faire éclater sinon.
Je partageai un regard avec elle. En espérant qu'il y en aie d'autres.

~

Gildas fut surpris par la demande d'Isis. Rien d'étonnant, je suppose, surtout quand ce genre de requête est formulé par une infirme. Que faire pour qu'il accepte ? Ha. Les laisser "seul à seule". Virtuellement bien sûr; je ne ferais jamais une chose pareille avec un type comme lui, bien qu'il paraisse connaître son métier. Je m'effaçai discrètement pour laisser la sphère de conversation du vieux type vide de tout autre que de mon amie. Je me détestai intérieurement de la laisser ainsi, mais un mot acide de ma conscience me persuada d'achever le mouvement.
Malheureusement je ne pris pas suffisamment garde à mon entourage et me heurtai au torse de mèche-bleue. Ce type ne comprenait donc rien ?!
Si j'avais été un autre que moi je l'aurais attrapé par le bras pour le faire reculer. Sauf qu'étant moi, le simple contact d'un corps, surface dure recouverte d'une mince couche de peau molle et si fragile, si fragile et si facilement déchirable, m'avait repoussé. Non. Plus jamais je ne voulais toucher cette chose écoeurante.
Je m'effaçai derrière Dunkan et m'appuyai contre une cage vide.
Trop de sentiments, trop d'émotions et trop de sensations. Je ne suis plus bon à rien. Incapable. Je serrai les dents.
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Lun 15 Sep 2014 - 23:25
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J'ai pas aimé son regard. Il fait style que tout va bien mais ce type est trop calme. A vue de nez, il doit être plus grand que moi et ça aussi ça ma saoule, parce que j'ai fait vachement d'efforts pour grandir et que ça sert encore à rien. Comment ça ça a rien à voir ? C'est obligé d'être en rapport peut-être ? Je sers les dents et me relève, rompant le contact avec... Elle. Enfin presque. Ma main ne peut pas s'empêcher de s'attacher, s'attarder sur les bouts de ses doigts. C'est tellement impossible que j'ai l'impression que si je le lâche, ça va soudainement disparaître, s'envoler...
Elle nous présente. Je rectifie légèrement les présentations. Faudrait pas qu'il s'imagine qu'il puisse me prendre cette place, celle du meilleur ami. C'est MA place. Et celle de Toto. Enfin j'espère. En vrai, ça doit être ce que je veux. Je veux que ce soit toujours la mienne. Même après ces deux ans, je refuse que cet arriviste me prenne mes privilèges, me prenne Isis. Égoïste ? J'ai fait pire. Je suis plus à ça prêt.
Elle sert ma main, elle parle. Elle dit des mots qui font se comprimer mon cœur, presque exploser ma cage thoracique. Des mots qui sont comme des coups de poings contre ma poitrine. Elle parle de temps. De temps qu'il lui reste. Alors elle va partir ? Mon esprit tombe en rade. Je ne bouge pas, incapable de penser. Les tigres. La cage. Dans son état ?! Je me retiens et serre sa main.
Je voudrai l'engueuler. Lui hurler que ça ne sert à rien. Qu'elle peut tout aussi bien regarder, que je me jetterai dans la cage plutôt que de la laisser y aller. Que je me ferai bouffer plutôt qu'elle y perde la moindre goutte de sang.
Mais sa main est rassurante. Elle n'a pas peur. Ou alors elle le cache bien, comme toujours. Elle n'a pas l'air mourante mais... Elle me regarde. Doucement. Elle veut mettre fin à mes doutes. Ma gorge se noue. Je ne dirai rien, tu le sais, mais je ne peux pas être aussi confiant que toi... Alors que je viens de te retrouver...
Je m'apprête quand même à dire un mot, parce que je sers à rien si je reste planté là, et l'autre débile- Astel c'est ça ?- me fonce de dos dedans, sans que j'ai le temps de le venir voir. Je grogne et me recroqueville sur moi-même lorsqu'il frôle sans le vouloir une des cicatrices qui barrent mon abdomen.

_ Tu peux pas faire attention ?!

Il se recula, me lançant un regard pour que je fasse pareil. Qu'est ce que tu crois ? Que je sais pas que c'est l'affaire d'Isis ?! Elle gère, je la laisse gérer ! Même si j'ai troooop envie de l'en empêcher, elle est la seule personne avec qui je peux me contenir. La seule.
Le monsieur hésite. Il insiste un moment pour être dans la cage et je manque de le frapper. Comme si elle avait besoin d'aide ! Enfin si, elle en a besoin mais... Ouais bref, pas de lui. Cet arrogant en tutu... Toto me retient de faire encore une bêtise.
Puis il finit par accepter. Peut-être parce qu'Isis a l'air faible, alors ça me révolte. Elle est tout sauf faible. Elle est même largement plus forte que moi.
Et nous nous dirigeons vers le chapiteau, sous les cris des animaux.
Astel, moi et Isis. Et l'autre. Mais lui je m'en fout.


Et c'était quand même une super putain de mauvaise idée.
Surtout vu ce qu'il s'est passé après.
Vraiment.
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♫ Honey I'm good !

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Mar 16 Sep 2014 - 11:01
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Féminin

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Humeur : Un mélange d'otarie et de sudoku impossible... Vous voyez ?

Il y a des choses qu'il faut être aveugle pour ne pas rater. Et encore, les aveugles sentent les choses comme personne, surtout ce qui ne se voit pas. Mais la face de Dunkan est un indicateur d'ambiance assez efficace, de même que les regards en croix de Astel. En fait, dire que qu'il y avait une bonne ambiance depuis l'arrivée de Astel et Gildas serait une hérésie totale.
Et bizarrement, je ne peux pas en vouloir à Dunkan d'être désespérément possessif et gamin, c'est sa nature et je préfère le voir comme ça que complètement déprimé. Par contre, je trouve ça perturbant que Astel, qui il me semblait commencer à s'ouvrir, se retrouve à se cacher comme ça dans un coin, comme au début, lors de notre première rencontre. Je dois dire que ça semble m'inquiéter assez pour que je lance un petit regard de reproche quand Dunkan l'agresse à nouveau verbalement alors qu'ils se sont bousculé. Ce qui m'empêche de le gronder gentiment est cette main qu'il a sur son ventre et Toto qui réagit de la même façon. Cette manière qu'il a de se recroqueviller et de devenir violent d'un coup, et d'une même façon protéger son corps m'inquiète.
Mais je dois faire figure d'assurance malgré tout, et à la fois d'assez de jeu d'acteur pour convaincre Gildas le chevalier servant. Et comme -disons le pour une fois- je suis un génie, tout se passe sans problèmes et nous nous dirigeons vers le cirque.
Alors que Dunkan est devant d'un air boudeur et que le dresseur me pousse (ben oui, il ne va pas laisser faire ça moi même, je suis trop faible... Pathétique), j'en profite pour prendre un peu de retard et me mettre aux côtés de Astel. Je lui tire un sourire doux. Ne te referme pas s'il te plaît, pas maintenant. Je vois bien que Dunkan ne t'aime pas mais ne fais pas la bêtise de te sentir touché par ce qu'il dit, c'est encore un enfant, il te teste et est jaloux à la fois. Quand il prendra conscience de ton importance pour moi, il acceptera je te jure. Accepter quoi ? C'est ce que j'aurai aimé dire, mais j'ai du mal à définir ce qui se passe vraiment. C'est pour ça que je me contente d'une phrase. De toue façon le reste il pourra le lire dans ma tête, si l'envie l'en prends, je ne saurai jamais si il le fait ou pas.

_ Ca va aller.

Autant pour toi que pour moi j'espère.


Il est entré.
Terrible, carnassier, et à la fois désintéressé. Au regard meurtrier et mort à la fois. Mes mains se crispent sur ma chaise.
L'attente a pris fin. Mais elle était terrible.
Il y a à peine deux minutes, je franchissais les barreaux, laissant derrière moi un dresseur attentif et deux amis chers. Inquiets. Tellement que ça dépeignait sur moi. Quand l'a porte s'est fermée, j'ai pris... Peur. J'étais désormais dans une bulle, où personne ne pourrait venir me sauver, face à la bête. Si proche d'eux et si loin à la fois. Que quelques mètres et déjà la sensation de perte. Ils sont dans le noir, moi dans la lumière, je les vois à peine, ça me panique. Et si ils n'étaient plus là à la fin ? Si j'étais vraiment seule avec le tigre ?
Je serre les dents et fait taire mon esprit irrationnel. Ils sont là, ils ne vont pas partir. Ils ne feront pas d'erreurs non plus. Même Dunkan, que je sais stressé au point de nous faire une rupture d'anévrisme, même lui il ne dirait rien. Il sait à quel point c'est important.
Puis il est entré.
Souple, massif, un félin, capable de m'arracher la tête d'un seul coup de patte s'il l'avait voulu. Il préfère me contourner, une fois dans un sens, puis dans l'autre. Il m'observe et je ne bouge pas. Pétrifiée. Il faut que je bouge. Il faut que je lui montre qui est le maître. Maintenant.
Mais... Tout est si différent. Mon assurance de mes 16 ans s'est envolée, je sais que je ne suis pas immortelle, pas intouchable. Pire que ça, je n'ai jamais été aussi près de la bête. Ses yeux sont à ma hauteur désormais, je n'ai pas cet avantage des bipède si, non, tellement rassurant.
Je panique parce que je n'y arrive pas. Je sens les larmes pointées. L'espace d'un instant, il n'y a que le tigre et moi. Que Ersh et moi. Mais ce n'est pas Ersh. Malgré son regard de reproches ce n'est pas lui. Je me mords les lèvres à nouveau. Il faut que je bouge.
Il rugit. Je tremble. Je saisis le fouet et donne un coup. Il est surpris. En colère. Je ne suis pas son maître. J'essaye de me calmer, de respirer. Personne ne me sortira de là, je suis seule. C'est ce que j'ai voulu. Et je vais y arriver.

_ Назад ! Отложенный !

Arrière. Recule.
Je suis pitoyable. Pourquoi est ce que je pense que le russe me rendra plus forte ? C'est impossible. J'inspire tout doucement. Il faut que je sois assurée. Il le sent. Il rugit à nouveau, mais n'avance plus. Je me redresse. Je dois reprendre le contrôle, au maximum.

_ Мир вы. Весьма сладкий...

Calme toi. Tout doux.
Il ne comprends sûrement rien. Mais tout est dans la voix. Ce calme approximatif que je dois lui transmettre. Il rugit, je donne un coup. Il rugit encore, je répète les mêmes ordres.
Je panique. Ca ne marche pas.
Il me regarde, plus agressif, je sens une présence qui bouge à ma droite, sûrement Gildas. Je tremble. Non, je vais y arriver, il le faut ! S'il intervient, tout va...
Mais il a raison de bouger, le tigre n'est pas calme.
Et il ne se calme pas.
Et il me fixe, fixe ma faiblesse, ce fauteuil.
Il regarde mes yeux effrayés.
JE serre les dents.
Il est prêt, il va me sauter de dessus.
Il va me mordre, enfoncer ses dents dans ma chaire et l'arracher, n'en laisser que des lambeaux. Comme mon père. Je vais voir ce saut, je vais sentir encore une fois la douleur se reprendre en moi comme un poison. Je vais hurler. Et il ne me laissera pas vivante. Il achèvera sa proie comme le tueur qu'il est. Comme Ersh aurait fait si il n'avait pas été abattu. Monstre. Monstre...
Il plie ses pattes arrières, prêt à bondir. Il me fixe, la haine dans les yeux. Mais qu'est ce que j'ai fait ? Je voudrai crier... Je cris sans le vouloir.

_ Отложенный ! Отложенный ! Отложенный !

Ma voix est forte, mais pas assurée. Elle plie face à ce montre.
Le visage de mes parents me revient, eux qui sont si loin, à qui je ne donne pas de nouvelles. Celui de ma mère, détruite par la vente du cirque. Celui de mon père, que l'absence de son bras hante ses nuits. Il a eu peur. J'ai eu peur. Et cette peur est ancrée au fond de moi comme un chat tapi dans l'ombre, elle se déverse en ce moment dans mon corps, me pétrifiant, m'empêchant de parler. De bouger. Face à cette bête.
Et je perd tout contrôle.
La peur fait trembler le sable de l'arène. La peur fait trembler les grilles. La peur va jusqu'à détruire l'accoudoir de mon fauteuil, que je tiens trop fermement. Le fouet se brise, de toutes façons le tigre n'y faisait plus attention. Il le voir, ce moment de faiblesse. J'ai perdu tout contrôle sur moi, sur le monde, sur lui, sur mon pouvoir. Je tremble. Je voudrai pleurer. Je n'y arrive pas.
Il bondit.
Je hurle.
Ma peur me glace plus que lui.
Je hurle et le tigre aussi.
Un projectile vient de l'atteindre. J'ouvre les yeux et aperçoit le sable, ce sable que je hais tant, durcit en petit cailloux qui viennent heurter la bête. Qui tournent autour de moi, qui me heurtent aussi, durement. Qui m'ensevelissent.
Et la bête, sentant le sol trembler, attaqué de toutes part par quelque chose que je ne comprends ni ne contrôle, se projette, comme folle, contre les grilles.
Vers eux.
Et les brise.
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Pour toujours, c'est un temps très, très long, et le temps a une façon bien à lui de changer les choses...

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