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La Gardienne des bois [ Aelita ]
##   Jeu 31 Juil 2014 - 11:31

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La lune jetait une lueur blafarde sur les arbres qui m'entourait. Tout cela donnait une impression mortuaire, presque sépulcrale au décor, pourtant si beau dont j'étais le spectateur. Il faisait si sombre, et pourtant, je ne me perdais pas. Je savais que je ne pourrais me perdre, car la lune me guidait. Sa lumière perçait par moment entre l'épais feuillage, guidant chacun de mes pas, étouffés par la mousse des sous-bois. Je marchais depuis longtemps maintenant, mais je ne comptais pas m'arrêter. L'air était si frais ici, tellement plus que sous le ciel étoilé. La chaleur lourde, qui persistait même quand la nuit tombait, ne parvenais pas jusqu'ici. De ce fait, je profitai de ma marche pour respirer et jouir de cet air rafraîchissant ma peau.
Au bout d'un moment, mes pieds ne purent plus supporter mon poids davantage. Je m'installais donc sur la racine d'un énorme chêne centenaire, et me reposais tranquillement.

Cela faisait maintenant un peu plus de six mois que j'étais devenu étoile. Six mois durant lesquels je m'étais entraîné dur, avec ou sans Ryu, afin de mieux comprendre cette nouvelle énergie qui m'habitait. Le pouvoir des étoiles est si différent de celui des initiés. Plus sauvage, plus fort mais en même temps plus intime. Je ressentais qu'avec le contrôle que j'exerçais à présent sur mes pouvoirs, je pouvais avoir mon propre style, qu'ils m'appartenaient davantage. Les limites avaient été repoussées si loin cependant, que je ne parvenais plus à les voir. J'avais presque l'impression de recommençais du début, de devoir tout refaire encore une fois. Et pourtant... Lorsque je regardais les particules d'air danser autour de moi, lorsque je sentais la brise du soir me caressait la joue, je ne pouvais m'empêcher de ressentir cette joie au fond de moi, comme si je me complétais au fur et à mesure. Comme si mes propres pouvoirs me tendaient les bras. J'avais remarqué que la fatigue arrivait de plus en tard lors de mes entraînements, ce qui me donnait l'impression que mes pouvoirs faisaient presque partie intégrante de moi. J'aimais sentir les picotements de l'air sur ma peau, je ne m'imaginais plus sans. C'était dur de se souvenir de cette époque où je n'étais qu'un garçon ordinaire tant tout ceci me semble naturel maintenant.

Alors que je tente de percer le feuillage pour apercevoir le ciel auquel je suis si habitué, j'entends le grognement d'un animal familier au loin. Un sourire s'esquisse doucement sur mes lèvres. C'est un sanglier, j'en mettrais ma main à couper. C'est exactement le même bruit, qu'Ys avait d'ailleurs pris pour une sorte de monstre ( ce qui m'avait valu d'être assommé par une branche en plein course ). Je lâchais un rire bref à ce souvenir. Je m'étais tellement amusé ce soir-là. Mais au moins, la pauvre bête avait eu de quoi se nourrir en chocolat... avant que je lui prenne malencontreusement sa part. En me souvenant de cela, je me rappelle également ce que Ys me disait a propos de traîner seul dans la forêt ou les bois en pleine nuit. Dans un sens, il n'a pas tort, c'est dangereux. Mais d l'autre, dans ce cas précis, je suis entré bien profond dans la forêt au vu du temps que j'ai marché. Je me demande si quelqu'un viendrait vraiment jusqu'ici, surtout en plein nuit. A moins qu'il y ait des braconniers, mais je ne suis pas sûr que Mademoiselle Honda apprécierait.
Bien reposé, je me relevai pour entamer de nouveau ma marche. Cela me mena à une sorte de petite clairière, bien cachée dans les sous-bois, qui laissait filtrer en partie la lueur blafarde morbide de la lune. Avec un petit sourire amusé, je me dis que ce serait le parfait endroit pour tourner un film d'horreur. J'allais m'avancer dans la clairière lorsqu'un autre bruit attira mon attention. Un bruit que je ne connaissais pas. Me concentrant sur les particules d'air, je réalisai que c'était un être humain qui approchait...
##   Sam 16 Aoû 2014 - 15:51

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La tristesse infinie.
Les yeux perdus dans le vague et encore rougis par mes pleurs, je ne voulus pas quitter le lieu où, de désespoir, je m'étais réfugiée. Cette fois, les ronces ne s'étaient pas mises à pousser sans que je ne les retienne ; autour, la terre n'avait pas tremblé, le ciel n'avait pas semblé me tomber sur la tête en même temps que des trombes d'eau gelée. Mes mouvements ne possédaient plus cette grâce féline qui les animait auparavant, mon visage ne semblait plus que refléter ce vide immense, profond et insondable qui agitait mon cœur. Non, il n'y avait plus rien d'autre. Je me sentais si faible, si démunie ; en même temps, le poids de la culpabilité, de la douleur et de la solitude manquait de me faire m'écrouler.
Depuis combien de temps avais-je vécu seule, dans cette forêt ? Mes seuls compagnons étaient ces animaux que je croisais l'une ou l'autre fois, et qui venaient me prêter un peu de chaleur, un peu de présence. Mais si la présence d'un animal me permettait quelques fois d'oublier mon état, ma situation, elle ne pouvait remplacer celle qui me manquait tant. Un fragment de mon âme. Celui qui avait tant veillé sur moi, qui m'avait tant aimée, et que j'avais tant aimé en retour.
Light. Light me manquait terriblement, encore plus profondément qu'auparavant. Mais je savais, je savais que je pourrais le retrouver. Après tout, il était venu pour moi. Il était là, pour me sauver... M'emmener loin. Cette nuit, j'avais rêvé qu'il m'emportait très loin de Terrae, qu'il me gardait dans ses bras en me berçant de tendresse et de mots doux. Mais à mon réveil, alors que le soleil était loin de se lever, mon rêve s'estompa.
Mes larmes avaient séché sur mes joues, enfin, et je posai mon menton sur mes genoux, observant autour de moi. En m'endormant, je n'avais pas fait attention où je me trouvais ; une simple clairière éclairée par la lune blafarde. Toute courbaturée de ma position moins que confortable, je tentai de me redresser en titubant, m'appuyant à un arbre proche. Une fois de plus, j'eus l'idée de toute plaquer ; mais comment faire ? Comment faire pour se sortir de cette situation ? Je n'étais qu'une fugitive, brisée, incapable de la moindre pensée cohérente. Mon état de fatigue ne s'arrangeait pas, après tout. Alors que faire ?
Une nouvelle fois, j'eus une pensée pour cette petite fille, dans son berceau, et mon ventre se tordit. Un goût de bile se glissa sur ma langue, et je secouai la tête pour ne plus y penser. Je retrouverai Light. Il fallait que je le retrouve. Voilà la seule évidence qui existait encore pour moi.
Lentement, je levai mon visage vers la lune, et l'observai longuement, debout en bordure de la clairière, silencieuse. Je voulus en sortir, entrer dans les sous-bois, et effectuai quelques pas ; mais, non loin, je distinguai une énergie d'Air, et me tournai dans sa direction. Je sondai immédiatement ses pensées, aux aguets. Pourtant, il n'avait pas l'air dangereux...
Lorsqu'il s'avança de quelques pas dans la clairière, je pus apercevoir ses cheveux et sa peau blafarde, son visage. Je me tendis, sans bouger, comme prise en flagrant délit. Ma respiration se fit plus lente, plus profonde, mais aussi plus tremblante. Il n'était qu'un enfant – un enfant... Ma mâchoire se crispa ; mon regard se fit à nouveau désespéré, et je reculai, reculai... Comme une môme apeurée, cherchant à fuir ceux qui lui voudraient du mal.

– Pourquoi personne ne peut me laisser seule ? balbutiai-je à demi, la voix enrouée d'avoir trop pleuré.

J'étais à bout. Mes épaules tressautèrent un peu, mais je me refusais à pleurer devant qui que ce soit, peu importait mon état.
Une larme m'échappa pourtant.

– Je voulais juste... je voulais juste... murmurais-je encore, le visage déformé par le désespoir.

Le retrouver, et quitter cet Enfer.


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##   Sam 16 Aoû 2014 - 22:20

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Alors que je tente d'apercevoir la personne dissimulé parmi les ombres, un rayon de lune éclaire doucement son visage, puis le reste de son corps. C'est une femme, elle semble un peu plus âgée que moi et pourtant si jeune à la fois. Elle est d'une rare beauté, une beauté simple, sauvage, terriblement frappante. Tout comme l'aura qu'elle dégage. C'est l'une des premières choses qui me frappe : son énergie. Comme si un torrent mystérieux m'avait fait prisonnier et me ballotter férocement d'une rive à l'autre. Mais ce qui marque mon regard, davantage que cet impression qu'elle dégage, c'est ce masque de tristesse qui la couvre. Pire que la tristesse... Non, de la détresse même. Pourtant cela n'altère pas ses traits. Je vois une larme qui coule doucement de ses yeux et, pour une raison inconnu, je sens mon coeur se fendre pour elle. Devant tant de vulnérabilité et de désespoir, je ne parviens pas à prononcer un seul mot. Que dire... Quel mot serait suffisant pour calmer sa peine ? Comment puis-je même envisager l'apaiser... ? Ses yeux sont noyés par le chagrin et sa voix brisée par la solitude.

Ses paroles me font frissonner. Elle parle comme une personne affligée, une femme fatiguée d'avoir trop pleuré mais qui ne peut plus s'en empêcher. Je reste figé un moment puis, lentement, je m'avance sans bruit, ne voulant pas lui faire peur.

- Je suis désolé, je ne voulais pas vous déranger mademoiselle, murmurais-je avec calme.

Que voulait-elle ? Que cherchait-elle ? Quoique ce soit, c'est suffisamment important pour la briser. Je m'arrête à bonne distance. Imperceptiblement, je reste méfiant, quelque chose me chuchote de ne pas trop m'approcher d'elle. Pourtant, la voir si vulnérable me donne envie de la réconforter, de la rassurer.

-Ne pleurez pas mademoiselle, ça va aller, lui dis-je avec douceur.

Je sais que la plupart des gens répondent "vous n'en savez rien". C'est très bête d'ailleurs ce que je viens de dire. Mais moi, je le pense intiment. Je pense toujours que, quelque soit l'épreuve que l'on traverse, les choses iront mieux tôt ou tard. Ma vie, ma maladie, mon expérience... Tout ça m'a permis de comprendre que, même si le monde s'écroule autour de vous, il ne tient qu'à vous de le ramener à la vie.

-Qu'est-ce qui vous arrive ? Je peux peut-être vous aider, proposais-je gentiment.

Puis, me souvenant de ses premières paroles, je pris un air gêné et commence à rougir légèrement.

-Mais si vous voulez vraiment rester seule alors je peux m'en aller! C'est juste que... je ne suis pas habitué à rencontrer des gens la nuit, lui avouais-je, toujours gêné.

Je ne sais pas pourquoi je lui dis ça, mais quelque chose me poussait à être honnête, à ne pas lui mentir. De toute façon, ce n'était pas mon genre. Et quelque part, je me disais que lui parler peut être un moyen de la détourner de son chagrin.
##   Jeu 21 Aoû 2014 - 13:56

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Quelle était ce sentiment qui lui resserrait la poitrine ? Cette déchirure au fond de son cœur ? N’était-elle pas tout simplement le reflet de ma propre détresse ? J’avais tellement envie que tout ce que j’avais vécu ces dernières années ne soit qu’un affreux cauchemar. J’avais tellement envie de pouvoir retrouver la chaleur de mon foyer, les bras rassurants de l’homme que j’aimais ; mais comment le pouvais-je ? Ils m’avaient tout pris… Peut-être l’avais-je mérité, au fond. Toute cette douleur. Toute cette souffrance. Peut-être qu’au fond, le jour même où ces pouvoirs me sont tombés dessus, tout ceci était prédestiné ? Je ne voulais pas. Je ne voulais pas. Je voulais juste le retrouver. Le revoir. Pleurer dans ses bras toutes les larmes de mon maigre corps. J’aimerais pouvoir, une fois de plus, juste une fois, ressentir à nouveau ce bonheur, cette douceur, cet éclat de tendresse dans ses yeux azur. Ses beaux yeux azur…
Light, pourquoi m’avais-tu laissée seule… ?
Le jeune garçon restait immobile. Et je l’observais, les épaules lâches, presque courbée comme le serait une petite vieille trop lasse de vivre. Je commençais à comprendre, petit à petit, pourquoi le monde ne m’acceptait pas. Pourquoi Terrae ne m’accepterait plus. J’étais un monstre, pas vrai ? Un monstre. Un monstre qui dévorait les enfants, car il jalousait ces parents heureux, ces hommes et ces femmes qui serraient leur progéniture entre leurs bras. La seule chose que je ne pourrais jamais serrer contre mon cœur était cette solitude qui creusait un peu plus ma tombe à chaque instant qui passait. Allais-je finir ma vie de cette manière ? … Seule ?
Je reculai d’un pas alors qu’il s’approchait, les yeux grands ouverts, presque effrayée. Pourquoi était-il ici ? N’avait-il pas peur que je lui fasse du mal ? J’allais lui faire du mal. J’allais le faire. Mais je ne le voulais pas ! Je ne voulais pas lui faire de mal ! Il n’était pas là pour me blesser. Il était même compatissant. Et j’avais tellement, tellement besoin d’un peu de réconfort. De tendresse. De douceur. Rien qu’un mot de réconfort. Rien que mon prénom prononcé, autrement que haineusement. Pas ce titre atroce que l’on me refilait sans que je le veuille. Je ne voulais pas être l’Avatar. Je ne voulais être qu’Aëlita.
Mais à présent, n’était-ce pas déjà trop tard ?

- Non ! Ne pars pas ! lâchai-je subitement, la main tremblante, le visage maintenant pâle.

« Ne me laisse pas encore seule. »
Les mots ne franchirent pas mes lèvres, mais mon visage trahissait à présent mon angoisse. Je me sentais presque frénétique, nerveuse ; j’avais envie de m’envoler et de rester à la fois, de lui parler et de le réduire en miettes. Mais son expression semblait si sincère, tellement bienveillante ; celle d’un enfant qui souhaiterait connaître les maux d’autrui. Un guérisseur… les guérisseurs étaient toujours… de ceux qui aimaient. De ceux qui aimaient les autres tellement profondément qu’ils s’oubliaient parfois eux-mêmes. Etait-il trop tard pour apprendre à aimer ?
Les larmes coulaient encore. Je les essuyai d’un geste vif, retenant mes sanglots. Je ne voulais pas être si faible…

- Ne me regarde pas, articulai-je avec difficulté, lui tournant presque le dos et laissant mes cheveux auburn cacher mon visage. Ne me regarde pas…

Lentement, je m’appuyai contre un arbre. Pourquoi suffisait-il de ces quelques mots, de ce seul regard, pour me remettre dans cet état ? N’avais-je réellement besoin que d’une épaule ?
« Mais ce n’est pas l’épaule sur laquelle je souhaite m’appuyer… »
Un temps infini sembla passer. La lune continuait son chemin dans le ciel : la terre ne s’arrêterait pas de tourner pour moi.
Puis, enfin, je me décidai à lever les yeux vers le garçon. Si frêle. Il me rappelait cette enfant dans son berceau… Encore pur de toute vanité. Et pourtant, la douleur se lisait aussi dans son cœur, blotti au fond de ses entrailles.
Pourquoi étais-je devenue un monstre ?

- Tu ne devrais pas rester là, continuai-je finalement dans un souffle. J’en ai assez de tout ça…

Assez de faire du mal autour de moi. Assez de souffrir. Assez de vivre.


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##   Sam 23 Aoû 2014 - 19:16

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Plus le temps passait, plus je suis convaincu que la jeune demoiselle n'est vraiment pas dans son état normale. Elle respire la tristesse et semble couvrir mon coeur d'une chape de profond désespoir. Je peux ressentir sa peine, nul besoin d'être sensitif. Ses yeux et sa voix en témoignent. Mais je reste paralysé, voyant sa réaction lorsque je me suis approché. Elle a peut, elle est loin d'être rassuré par ma présence. Alors que le peu de monde que je rencontre la nuit me trouvait inoffensif, et même s'inquiétait de me savoir seul, c'est bien la première personne que je vois qui soit effrayé par moi. Mais je ne me vexe pas, je suis trop abasourdi pour cela. Je vois bien que ce n'est pas à cause de mon apparence ou quelque autre préjugé que ce soit. Elle est vraiment effrayé par ma présence, par n'importe qu'elle présence qui s'approche d'elle.

Mes yeux se teinte de tristesse à leur tour. Contempler ce spectacle me faisait mal, d'autant plus que je ne savais pas quoi faire. Je ne peux pas approcher... Je me préparais à me retourner pour la laisser tranquille, voyant que ma présence lui faisait plus de mal que de bien, mais au même moment, je l'entends me supplier de rester. Je me retourne alors de nouveau vers elle, un peu surpris mais je laisse vite un petit sourire esquissait mon visage, pour la rassurer et lui montrer que je ne lui veux pas de mal.

-D'accord, je reste avec vous mademoiselle.

Je reste toutefois à bonne distance pour ne pas l'effrayer. Je me baisse progressivement et m'agenouille face à elle, pour être plus confortablement installé. De cette manière, elle verra aussi que je ne suis pas une menace, que je ne tenterai rien contre elle.

-J'aimerais bien savoir comment vous vous appelez, demandais-je gentiment.

Après qu'elle m'ait demandé de rester, je peux remarquer que son visage se teinte d'une autre lueur. La tristesse est toujours présente mais la perspective d'avoir peut-être une oreille pour l'écouter semble la rendre un peu... heureuse sans doute ? Je me rends compte que je peux peut-être l'aider, contrairement à ce que je croyais. Elle semble en plein désarroi, pleines de doutes, comme si elle ne savait pas elle-même ce qu'elle devait faire. Je ne lui dis pas mais, je pouvais la comprendre. Ce qu'elle ressent, cette envie de combattre la solitude à tout prix... Je connais ça. Du temps où j'étais encore, je faisais déjà l'expérience du rejet et de la solitude. Le temps passait, les saisons changeaient et moi j'attendais mais personne jamais ne venait. Il m'a fallu grandir pour parvenir ici, à Terrae, cet endroit où j'ai enfin pu connaître ce que c'était vraiment que la chaleur humaine.
Mais pour une raison inconnue, Terrae ne lui faisait aucun bien à elle. Je sens même que cet endroit l'accable davantage qu'elle ne l'apaise. Je ne la comprenais pas, et en même temps je la comprenais. Une personne aussi triste ne devait pas rester, elle devait avoir quelqu'un près d'elle... Alors pourquoi errait-elle seule dans la forêt ?

Elle me demande alors de ne pas la regarder. Je sursaute alors, comme si j'étais pris en train de faire une faute, et me tourne maladroitement vers le bosquet d'où je venais, me mettant de côté par rapport à elle.

-Désolé, je ne voulais pas vous gêner, balbutiais-je en rougissant.

Je réfléchissais à une manière de lancer la conversation, pour la détourner de ses idées, lorsqu'elle me dit une chose qui me laissa perplexe. Étonné, je ne pus m'empêcher de la regarder de nouveau avant de brusquement détourner à nouveau le regard comme elle me l'avait demandé, rougissant encore une fois.

-Pourquoi dîtes-vous ça ? Vous ne semblez pas méchante pourtant, lui dis-je avec un doux sourire.

La suite m'intrigua encore davantage. Assez de tout ça... Mais tout ça quoi ? Son histoire m'échappe, mais je peux ressentir qu'elle en a lourd sur le coeur. Je ne veux pas la laisser seule, elle a besoin de moi... Ou d'une personne pour la réconforter et éloigner ce voile de tristesse qui recouvre son coeur.
##   Jeu 28 Aoû 2014 - 17:16

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Pourquoi lui avais-je demandé de rester ? C’était… tellement stupide. Une réaction digne d’une enfant – celle que j’avais été, celle que j’aurais certainement voulu rester. Et lui, qui semblait si inoffensif, si doux, me terrorisait. Mais pas par sa carrure, pas par de la violence ; mais justement par cette gentillesse non feinte qui émanait de lui. Un enfant. Pourquoi les enfants étaient-ils toujours si purs, si bons, si sincères ? Je détestais tellement leur bonté, parfois, leur insouciante démarche. Tout en eux m’attire, et pourtant, pourtant, jamais je ne pourrais plus connaître ce bonheur. Tant dans mon cœur qu’en voyant… non. Je ne voulais plus y penser. Cet enfant que Light aurait mérité de connaître, mais que je n’aurais jamais été en mesure de lui offrir, de toute façon. Peut-être que je mourrai seule. Sans lui. Sans personne pour se souvenir de moi.
Le garçon s’agenouilla, et je serrai les dents. La colère m’emplit à nouveau en le voyant si docile. Ne pouvait-il pas écouter ce que les autres lui disaient ? Ne pouvait-il comprendre quand on le mettait en garde ? Et ce regard… j’avais tellement besoin de parler, de réconfort, d’une épaule, de n’importe quoi pour m’appuyer ; mais ce regard, n’était-ce pas de la pitié ? Avais-je donc l’air si pathétique dans mon étrange dégaine ? Avais-je donc l’air si… faible ?
Un frisson remonta le long de mon échine et un goût amer se glissa sur ma langue. J’étais si pitoyable…

- Mon nom… est Aëlita, je lâche d’une voix rendue légèrement rauque par mes pleurs. Mais tu l'oublieras. Comme tous les autres.

J’essuie mon visage en tâchant de reprendre une expression plus digne. Moins anéantie, tout du moins. Mes yeux se fichent dans ceux de mon interlocuteur.

- Pas... méchante ?

Un rire sans joie m’échappa. Un rire dément. Peut-être étais-je déjà devenue folle, mais qui pouvait le savoir ?
Au dessus de nous, la lune brillait toujours. Je me mis à la fixer un instant, alors qu’un vent glacial se levait. Mon visage semblait creux. Tout autant que mon regard. Vide.
Le Vide. Profond…

- Pourtant, tout le monde ici me traite de monstre. Je suis un monstre… Alors pourquoi tu restes ?

L’écorce de l’arbre contre lequel je me tenais craqua lorsque mes ongles, s’allongeant en de solides griffes, la lacérèrent. Un sourire pâle se dessina sur mes lèvres. Un sourire empli de tristesse, de colère et de rancune. Le ressentiment d’avoir été abandonnée. Traitée injustement.

- Tu ne connais rien. Tu ne sais rien, je continue, sans le regarder, préférant observer l’écorce labourée sous mes doigts.

Pourquoi était-il encore là ? Pourquoi était-il si sympathique à mon égard, hein ? Pourquoi ? Pourquoi ?!

- Je pourrais te tuer d’un mouvement… sans effort. Et personne ne le saurait.

Je sentais à nouveau mes yeux me brûler. Cette couleur iridescente animer mes iris. Rouge, bleu, marron, or et argent… Qui luttaient pour reprendre le contrôle, qui luttaient pour que je me laisse enfin aller. J’avais tellement envie de parler à quelqu’un. Tellement besoin de parler.
Mais je n’en avais pas le droit.

- Je ne veux pas de ta pitié condescendante ! je lâche finalement en serrant brusquement le poing, arrachant un bout de l’arbre au passage, sans le quitter des yeux.

Assez. Assez des mensonges. Assez de cette gentillesse illusoire. J’avais besoin de parler. J’avais besoin de chaleur. J’avais besoin de Light.
Je m’approchai lentement. Les yeux baignés de larmes et les traits déformés par trop de sentiments contraires. Pourtant, je ne lui fis rien, me contentant de laisser ma voix claquer dans le silence de la nuit. Hystérique. Je voulais juste qu’il comprenne.

- Tout ça ne te suffit donc pas ?! Laissez-moi être seule ! C'est vous qui avez voulu tout ça ! C'est de votre faute !

Et qu’il s’en aille.


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##   Dim 26 Oct 2014 - 9:36

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Au regard qu'elle me lança, je compris que quelque part, j'avais fais fausse route. Dans mon désir de vouloir bien faire, de ne pas la braquer, je pense qu'elle a pris ma gentillesse pour autre chose, quelque chose de malsain... De la pitié sans doute. C'est pour cela qu'elle semble en colère tout à coup, de nouveau sur la défensive. Encore une fois, je me sens désarmé. Je ne savais pas réconforté les gens, et je n'avais jamais été confronté à un tel désespoir. Est-ce que l'on peut seulement réconforté une personne dans cet état? Et elle, le veut-elle vraiment ? Elle semble attendre, espérer quelque chose... ou quelqu'un. En tous cas, une chose qui ne semble ne pas vouloir venir. Peut-être avait-elle simplement besoin d'un ami, ou d'une personne à qui parler ? Ou peut-être voulait-elle vraiment rester seule ? Comment savoir... Son état d'esprit semblait aussi changeant que la brise.
Je parvins tout de même à lui arracher quelques mots. A ce qu'elle se présente, pour pouvoir l'appeler par son prénom. D'une voix rendue rauque par ses pleurs, elle m'offrit enfin son nom. Un petit sourire se peignit sur mes lèvres.

-Aelita..., répétais-je doucement. C'est joli comme prénom. Ça sonne très bien!

Je le pensais vraiment. Rien qu'en prononçant son nom, j'avais l'impression de chanter à moitié. C'était agréable comme sensation. C'est pourquoi sa remarque me surprit. Elle y mettait tant de hargne, persuadée que j'allais oublier son prénom. Voulant la rassurer, et un peu par réflexe également, je la contredit aussitôt.

-Bien sur que non je n'oublierais pas! Je n'oublie jamais un prénom.

Je en disais pas ça seulement pour la clamer, mais aussi parce que c'était vrai. J'avais l'habitude de rencontrer si peu de gens la nuit, voire personne, qu'il m'était facile de retenir leurs prénoms. Je me souvenais de tous, sans exception. Le sien ferait de même. Gravé au fond de ma mémoire, il ne s'effacerait plus.
Je commençais alors à frissonner. Un vent, glacial, se levait progressivement. Je restai interdit un instant. Il n'y avait pas une once de vent il y a quelques secondes, et je l'aurai senti arriver. De plus, aucun vent ne peut être froid en plein été. Je tourne mon visage vers elle, tandis qu'elle répète mes derniers mots, comme si elle n'en revenait pas de ce que j'avais bien osé dire. J'étais interdit, je ne comprenais rien à ce qui se passait. Je la soupçonnais d'être à l'origine de ce vent mais je ne comprenais pas pourquoi elle était en colère. Qu'avais-je fait ? Je ne voulais pas la blesser pourtant, je voulais juste l'apaiser, la consoler. La suite m'offrit les réponses que je cherchais, du moins en partie...
Elle enchaîna les phrases dans un rythme si rapide que je en parvenais pas à m'interposer. Je voyais l'écorce ployer puis se fendre, avant qu'elle n'arrache carrément un morceau de l'arbre. La perplexité se faufila en moi. Comment pouvait-elle faire ça ? Je pensais qu'elle était air... Mais dans ce cas, elle ne pourrait pas arracher l'écorce avec autant de faciliter. Et ses ongles... Je ne comprenais pas. Des sentiments divers et variés faisaient rage en moi, mais l'incompréhension était dominante. J'avais l'impression de me trouver devant une gigantesque énigme, que je ne parvenais pas à résoudre. Mais surtout, sa voix résonnait dans ma tête, un phrase en particulier. Bien que ses étonnantes capacités me préoccupaient, lorsque j'ouvris la bouche, c'était bien autre chose qui en sortit.

-Pourquoi est-ce que l'on vous a dit ça ? Ou plutôt pourquoi pensez-vous être un monstre ?

Je lui avais parlé sur un ton doux, un sourire triste sur le visage. Je ne connaissais pas son histoire c'est vrai, mais je ne savais que trop ce que c'était que d'être rejeté pour une chose que l'on ne maîtrise pas, que l'on n'accepte pas soi-même. Ce que ça faisait d'être traité de monstre... Je ne souhaitais ça à personne. Moi j'avais eu al chance d'avoir des gens autour de moi pour me sauver, pour éclairer ma vie. Elle, ne semblait avoir personne. Ou alors, cette fameuse personne était perdu et elle ne la retrouvait pas. C'est cela qu'elle cherchait si désespérément?

-C'est vrai que je ne vous connais pas, mais je sais que personne ne mérite d'être traité de monstre, expliquais-je

Sa menace, prononcé sur un ton diablement froid, me fit frissonner. Je n'avais pas l'habitude des menaces et, quelque part, je sentais qu'elle pourrait le faire, qu'elle pourrait passer à l'action. Mais je n'avais pas peur.
Pour la simple et bonne raison que je connaissais mon destin depuis longtemps. Elle en ferait qu'avancer un peu l'échéance. Je n'avais pas peur parce que j'avais accepter le destin de tout homme, celui d'un jour s'endormir pour un long, très long sommeil. Et je n'avais pas peur car je sentais, au fond de moi, que même si elle en était capable, elle avait aussi une part sensible, fragile, qui quelque part l'ne empêcherait.

-Je vous en sens capable... Mais vous ne le ferez pas, je le sens aussi, dis-je calmement, toujours avec douceur.

Je prenais de gros risques, mais je n'avais pas l'impression de vivre la chose ainsi. Je n'avais pas l'impression de vivre l'instant crucial de ma vie. Je me demandais juste qui elle était, comment on pouvait plonger dans un abîme de détresse si profond ?
Pour la première fois alors, j'entrevis ses yeux, rendus encore plus visible par l'émotion qui l'habitait. J'en restai bouche bée. Mon esprit, mon âme toute entière semblait avalait par un torrent en fusion colorée, comme happée par mille couleurs d'un arc-en ciel. Mon univers se composait d'argent, d'or, puis de rouge et de bleu, de marron et de orange... Je flottait dans un espace hors du temps, surement hors de l'espace même également. Pour la première fois j'entrevis ses yeux, pour la première fois, j'eus l'impression, depuis si longtemps, de contempler le soleil à nouveau.
C'est comme cela que je compris, après m'être noyé dans ce torrent de lumière, la réponse à mon énigme m'apparut, apportant encore plus de questions avec elles. Avec un grand sourire ravi, je lui parlais calmement, encore secoué par mon expérience.

-Vous avez des yeux magnifiques.

Elle me cria dessus une nouvelle fois, ne semblant pas avoir entendu ce que j'avais dit. Tout est de notre faute ? C'est nous qui avions fait ça ? Que voulait-elle dire ? La perplexité passa de nouveau dans mon visage. De nouvelles questions allaient et venaient sous mon crâne, mais une chose était sure. Elle souffrait... pour une raison que nous étions censée connaître mais qui m'était inconnu. Ryu... Il y a des choses que tu ne m'avais pas dîtes ? Des choses aussi importantes ?

-Je ne sais pas de quoi vous parlez mademoiselle Aelita..., répondis-je piteusement, presque honteux de ne pas savoir.


##   Mar 28 Oct 2014 - 23:28

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Humeur : Vous tenez vraiment à ce que je réponde ?

La pitié. La pitié… Quelle invention remarquable. Un sentiment qui ne devrait même pas exister mais qui, pourtant, emplissait le cœur de nombreuses personnes. Il suffisait de quelques mots, d’un air un peu plus vulnérable. Il suffisait qu’on me voit si faible, si pathétique, pour que la pitié revienne au galop. Peut-être était-ce vrai, je méritais cette pitié – j’avais vécu tant de choses, subi tant d’autres. Mais avec tout ce que j’avais accompli par la suite, toute cette haine qui s’était accumulée d’elle-même, je n’aurais pas dû pouvoir recevoir ce genre d’attention. Je ne savais même pas si je souhaitais que l’on me plaigne ou non. Mais là, le voir ainsi, je ne pouvais pas l’accepter. La pitié, elle n’existe que pour les chiens. Et j’étais une humaine, j’étais encore humaine ! Même si mon humanité se faisait ronger de toute part depuis deux longues années, même si j’étais dans l’incapacité la plus totale de m’en sortir seule, sans plus blesser qui que ce soit. Je repensais encore à cette enfant que j’aurais pu tuer si ma raison ne s’était pas interposée. Comment tuer une créature si fragile, si belle, si pure ? Comment moi, aux mains si souillées, aurais-je pu accomplir un tel acte ? La barbarie possédait désormais un nom, et je croyais sans aucun doute possible qu’il était le mien.
Aëlita.
Et lui, avec ses airs ingénus, souriait si gaiment en me disant qu’il était beau, qu’il possédait une belle sonorité. Une belle sonorité ? Il ne résonnait plus que comme une preuve de la noirceur qui sévissait dans mon cœur et qui prenait possession de mon esprit, et contre lequel je ne pouvais plus lutter. Lili. Lili était un beau prénom. Je l’aimais tellement. Deux syllabes affectueusement agencées. Lorsque je m’imaginais Light le prononcer, j’imaginais dans le même temps le sourire qu’il étirait lorsqu’il m’appelait, ce sourire mutin si doux et si tendre qu’il lâchait en s’approchant, porteur de toutes les promesses. Light… Pourquoi n’étais-tu pas à mes côtés ? Pourquoi ne pouvais-je pas te retrouver ? Nous étions pourtant dans un endroit si petit, si exigu ; pourquoi n’arrivais-je pas à te rejoindre ? Je le souhaitais, pourtant. Je ne souhaitais désormais plus que ça, si lasse et fatiguée que j’étais à présent. Une pauvre loque délabrée. Ce n’était pas comme ça que j’aurais souhaité qu’il me retrouve, mon beau Light…
Mes yeux se fermèrent, et je serrai les dents.

- Tu ferais mieux de l’oublier, pourtant.

La colère se faufila à nouveau en moi. Le vent, ma force, mon apparence. Mes pouvoirs influaient sur eux, les contrôlaient sans que je n’arrive à m’y opposer. Pourquoi me faisaient-ils faire toutes ces choses ? Je ne comprenais même plus. Ils cherchaient à me protéger, je le sais – ils désirent toujours le faire, mais pourquoi si violemment ? Parce que je n’étais pas stable ? Mais c’était eux qui me rendaient ainsi ! Eux, et les traitements que m’avait infligé cette nouvelle Terrae, que je haïssais du plus profond de mon âme. Comment étais-je censée leur pardonner à tous ? À lui aussi, qui me fixait de ces yeux emplis d’incompréhension. Je savais bien qu’il se demandait qui j’étais – mais ne pouvait-il pas faire comme les autres et fuir ? Faire comme tous les autres, hurler à la mort et chercher à se mettre à l’abri avant que le monstre n’abatte sa colère sur eux ? Je ne voulais pas faire de mal ce soir, j’étais si mal, si désespérée ; mais pourquoi fallait-il que tous ces sentiments viennent enfler progressivement et me mettent dans cette position de faiblesse ? C’est cette faiblesse qui entraînait tout le reste, bien entendu ; pourtant, j’étais l’Avatar. N’étais-je pas destinée à être la plus puissante, une arme massive, destructrice ?
Quelque part, tout au fond de moi, j’entendais la voix de Light me murmurer que je pouvais faire des choses extraordinaires à l’aide de mes pouvoirs, qu’ils n’étaient pas une malédiction, mais un don. Un don dont je me devais d’user pour le bien des personnes qui m’étaient chères. Mais toutes ces personnes me furent enlevées ; comment pouvais-je espérer avoir droit à cette rédemption qui m’était auparavant si chère ?
Le petit homme parla à nouveau, et mes sanglots manquèrent de redoubler. Je refusais d’avoir l’air si frêle face à lui, et je laissai simplement mes yeux le fusiller de toutes parts.

- Pourquoi ? Tu me demandes pourquoi ?

Un rire hystérique m’échappa. Un rire ponctué de larmes et de légers hoquets, un rire qui me donna, l’espace d’un instant, l’air plus folle que je ne l’étais réellement. Pour une fois, j’étais lucide. Incroyablement lucide. Mais savoir que notre existence n’était désirée par personne n’aidait en rien à se reconstruire. Et j’avais tellement besoin de pouvoir me reconstruire. Avant de retrouver Light. Pour ne pas le décevoir. Mais y arriverais-je seulement sans lui ? Je ne savais pas… Et honnêtement, je ne m’en pensais aucunement capable.

- Je suis l’Avatar. Un monstre que vous avez enfermé. Vous avez voulu que j’en sois un. C’est ce que je suis devenue.

Hideko aurait dû me laisser auprès de mon bien-aimé. Il m’aurait chérie, m’aurait empêchée de faire des bêtises. Il m’aurait aidé à me canaliser. Mais non… non, ce doux passé n’eut jamais lieu. Certainement était-ce même un futur que l’on ne pourrait jamais atteindre.

- Regarde-moi. Tu me trouves belle ? TU ME TROUVES INNOFFENSIVE ?

Une nouvelle bourrasque fit vaciller les arbres aux alentours et l’envoya valser dans les airs. Il atterrit plusieurs mètres plus loin, contre le tronc de l’un d’entre eux. Dans son esprit, je n’avais noté qu’un nom. « Ryu ». Il était évident qu’il s’agissait du même homme, celui qui habitait avec Hideko et qui l’avait aidée à nous séparer, à nous faire souffrir. Je m’approchais de lui, les joues encore baignées de larmes mais le visage cette fois-ci totalement déformé par la rage.

- REGARDE CE QU’ILS ONT FAIT !

Mon pied atterrit violemment contre sa poitrine, le maintenant contre l’arbre. J’appuyais un peu plus, consciente de pouvoir lui briser la cage thoracique d’un seul minuscule mouvement.

- C’est ça, la conséquence de leurs secrets.

Un peu plus fort.

- Tu as tort de faire confiance à tout le monde...

Mes larmes roulèrent jusque dans mon cou, et mon pied retourna lentement au sol. Mon expression se fit profondément lasse, alors que je gardais mes yeux humides ancrés dans les siens.

- Je suis tellement fatiguée.

Sans attendre, je me téléportais. Noyer ma souffrance ailleurs, dans mon amère solitude.
J’en avais tout simplement assez.


I will destroy you.
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La Gardienne des bois [ Aelita ]

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