Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Accident et connaissance [ Micha ]
#   Lun 4 Aoû 2014 - 17:20

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Je tourne en rond. Je ne vois pas comment dire ça autrement! Cela va faire presque trois ans maintenant que je suis à Terrae et que le même scénario se répète. Je patiente bravement, enfermé dans ma chambre, le temps que le soleil se couche et ensuite, je sors pour me balader et découvrir des endroits que je ne connaîtrais peut-être pas encore. Cela m'a permit de tenir très longtemps puisque Terrae est un espace si vaste que je désespérais un jour d'en faire le tour. Et pourtant... c'est bien l'impression que j'ai en ce moment. Tous ces couloirs et ces salles de classe se ressemblent pour moi. Je ne suis plus le petit garçon impressionne qui était arrivé quelques années auparavant. J'avais appris à grandir et à connaître mon lieu de refuge. De ce fait, pour la première fois, une sensation peu agréable se fraye un chemin en moi : une sensation d'ennui.

J'étais pourtant loin de me douter que Terrae me réservait encore des surprises. Alors que je me promenais tranquillement dans le couloir, les yeux baissés sur le sol éclairé par la lune, mon regard accrocha une lumière artificielle, juste à côté de moi. Intrigué, je m'approchai prudemment avant de réaliser qu'elle provenait d'une petit porte, que je n'avais encore jamais remarqué auparavant. Cet endroit est l'un des plus sombre, les rayons de la lune y parviennent difficilement et cela rend les observations un peu difficile. J'ai beau vivre la nuit, je ne suis pas un chat, je ne suis pas nyctalope. Un peu curieux, je m'approchai de l'entrée, qui dévoila aussitôt un escalier de pierre, au marche plutôt raide de ce que je pouvais, qui s'enfonçait dans les profondeurs de l'école. Un sous-sol ? Un souterrain ? Un abri peut-être ? En tous cas, une chose est sure, je n'est jamais mis les pieds dans les sous-sols de Terrae, et pour cause, je ne savais pas qu'il y en avait.

Franchement désireux de savoir ce qu'il y en-dessous, je n'hésite que quelques secondes avant de prendre mon courage à deux mains et d'entrer. J'espère juste que j'ai le droit d'être là. Mais je en vois pas pourquoi il laisserait la porte ouverte sinon... et puis s'il y a de la lumière, c'est bien qu'il y a quelqu'un à l'intérieur non? La confirmation me vient immédiatement. J'entends une sorte de gros fracas associé à une sorte de grognement indistinct. Cela ressemblait fort à une personne en tous cas... Et je peux sentir mon instinct de guérisseur se mettre en marche. Il y a quelqu'un là-dessous, et surement blessé. Mon pouvoir me le confirme.
Les escaliers, qui de loin m'avaient semblé long, ne l'étaient pas tant que ça en fait. Une vingtaine de marche en colimaçon plus bas, et je mettais enfin pied à terre... Enfin, façon de parler.
La pièce dans laquelle j'étais était très encombrée, des étagères partout, des livres, des cartons, des caisses, des câbles... on dirait que personne ne l'avait rangé depuis un bon moment.
Je traversais le chantier tant bien que mal et aperçus alors un homme au sol. Il semblait effectivement blessé mais quelque chose d'autre me marquait. Pour sa taille, je trouvais sa corpulence peu développé, et mon pouvoir m'indiquait bien que la maladie au sens propre du terme n'y était pour rien. Il semblait faible, mais un jour il avait dû ressemblait à un sacré bonhomme. Je ne savais pas trop quoi en penser, mais pour une raison quelconque, je me sentais triste en le regardant. Chassant ses pensées de mon esprit, je me ressaisis vite pour me précipiter à son chevet. Je m'agenouillais en douceur à ses côtés, lui parlant avec gentillesse.

-Vous êtes blessé Monsieur? Laissez-moi voir!

Monsieur... Il y avait longtemps que je n'avais plus appeler quelqu'un comme ça. Mais lui semblait plus âgé que les gens que je croisais. A part Ryu, Je leur aurais d'ailleurs donné le même âge je pense.
#   Mer 6 Aoû 2014 - 20:31

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15H46. Je sors finalement de la salle commune, lieu un peu plus supportable que les autres, mais toujours aussi rempli d’adolescents et autres enfants d’une dizaine d’années. L’écart d’âge est désagréable à sentir, et leurs regards sans cesses braqués sur moi au moment où j’entre restent très difficile à supporter. Certes, je dois ressembler à une personne sans doute malade, ou que sais-je encore. Mais, pour ma défense, j’ai passé plusieurs semaines sur un lit, nourrit grâce à des tubes et assommé à l’aide de calmants. Rien de très bon pour entretenir les muscles qui composait mon corps avant. Je ne peux m’empêcher de m’adosser à un mur en marchant, trop faible tiens, ça m’aurait étonné qu’il en soit autrement. Non, passe ton chemin, ne me fixe pas comme ça s’il te plaît, j’ai juste l’impression de redevenir cette bête de foire que j’étais à l’hôpital…

17H14. Je descends encore quelques marches pour attendre le rez-de-chaussée, qui me sauvera temporairement des adolescents bourrés d’hormones et du bruit. Juste un peu de calme serait le bienvenu, ce qui aurait été rapidement fait sur le toit, mais avec la pluie qui semble inonder Terrae aujourd'hui, impossible de sortir. Il me faudra trouver un autre endroit où passer ma journée et une bonne partie de ma nuit. Ce qui ne semble pas non plus être une bonne idée, j’ai à peine la force de me lever, et pourtant je vais devoir le faire pour aller manger. Manger… Comme si j’en avais envie, je ne tiens presque rien de toute façon, je vomis la moitié de mon assiette si j’essaye de manger convenablement. Ça ne rime à rien.

20H58. Chasser la nature, elle revient au galop. Je me retrouve à nouveau dans les toilettes près du réfectoire, la tête dans la cuvette, très élégant selon les rires que j’entends derrière ma porte et au-dessus de ma tête. Ah, au moins ça les amuse hein… Je me retiens de pleurer, je me donne déjà assez en spectacle comme ça, ils n’ont pas besoin de plus.

21H43. J’ouvre la porte menant aux sous-sols de l’institut, au moins, là, personne ne viendra, enfin, en théorie. Je ne me souviens pas si, en descendant, la porte se referme convenablement ou pas, je mets déjà pas mal de temps pour trouver comment allumer l’endroit, pour éviter de tomber dans cet escalier en colimaçon. Les cartons et autres objets traînant sur les étagères me rappellent vaguement le débarras que nous avions dans la maison, celui où nous entreposions un peu tout ce qui ne nous servait plus à rien. Un sourire fatigué étire mon visage, c’était exactement ça, des cahiers, des souvenirs, des photos, des jouets… Je trouve enfin le bouton de la lumière qui, une fois allumée, me révèle de longs couloirs un peu plus loin. Je m’assieds quelques minutes pour respirer, rageant silencieusement contre ma respiration saccadée à cause de la fatigue. Je ne peux plus rien faire, l’exercice m’aiderait pourtant à me relever, mais dans mon état, impossible de faire plus que descendre ou monter les escaliers… Une fois debout, je ne sais comment, je trébuche, emportant avec moi plusieurs cartons, bravo, excellent, je passerai sûrement la nuit à ranger tout ça.

21H57. Quelqu'un descend, je l’entends et par réflexe je rapproche mes jambes de mon corps. Grossière erreur, la plaie située au niveau de mon genou, se met à saigner plus violemment, envoyant des décharges électriques dans mon corps. Je relève la tête, sûrement avec l’air effrayé d’un animal pris au piège, ce que j’ai l’impression d’être en réalité, et fixe le petit, plus si petit, garçon se mettre à genou à côté de moi. Il me parle, mais je ne l’entends pas, je ne l’écoute pas vraiment, ses cheveux et ses yeux sont intrigants, très intéressants… Je hoche finalement la tête sans le quitter des yeux et déplie ma jambe au sol. En baissant les yeux, je constate que, ce que je pensais être une simple égratignure du genou, s’avère en réalité être un éclat de verre qui s’est enfoncé dans ma jambe, avec tous ses petits amis débris de verre aussi, sinon c’est moins amusant… Je sens ma tête dodeliner contre le mur un instant, ma conscience se faire la malle quelques secondes avant de revenir en me faisant grincer des dents quand il touche ma jambe.


#   Mer 6 Aoû 2014 - 21:17

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Je l'observe à la dérobée, alors que je me penche sur sa jambe. Il semble mal à l'aise comme si... comme si il avait peur de moi en fait. Est-ce que j'ai été trop brusque dans ma manière de faire, mon inquiétude a t-elle été mal interprétée ? Ou alors c'est mon apparence qui lui fait peur, ce ne serait pas la première fois. Pourtant, comme je le disais, il semble adulte, malgré son apparence amaigrie et fatigué. Pour un peu et j'aurais l'impression qu'il est sous-alimenté. C'est peut-être le cas....
En tous cas, il n'est pas rassuré par ma présence. Peut-être voulait-il être tranquille à la base et que je l'avais perturbé. Je me mordis légèrement la lèvre inférieur. Je n'ai pas pu m'en empêcher. Sentant quelqu'un blesser, mon instinct de guérisseurs me pousse à y aller. C'est ainsi. Mais je peux comprendre qu'il ne se sente pas en confiance. C'est à moi maintenant de faire un maximum d'effort. Guérir sa jambe serait surement un bon début.

-Ne vous inquiétez pas monsieur, je vais regarder!

Je contemple un peu plus méticuleusement les dégâts, et retient un hoquet de surprise. Un bout de verre s'est carrément planté dans sa chair et, en observant mieux, je constate que de nombreux éclats de verre sont venus se loger dans la blessure et sa peau tout autour. C'est franchement moche, pas joli à voir du tout, mais il est hors de question que je le laisse comme ça. Par contre, il fallait que je procède avec énormément de précaution ou autrement je risquai d'aggraver le tout. Le visage de Ryu s'imposa naturellement à moi, blasé, avec ce regard qui en disait long. Un léger sourire se dessine sur mon visage. Je ne dois pas douter, je dois avoir confiance. Je vais le faire, et bien en plus.

Avec délicatesse, je pose mes mains autour de la blessure. Je le sens se crisper et lui adresse un regard d'excuse. Je ne peux pas lui éviter la douleur, malgré toutes mes précautions mais j'en prends le maximum pour ne pas qu'il souffre inutilement. Après avoir palpé la blessure avec un maximum de douceur, je m'adresse à lui d'une voix rassurante.

-Vous risquez d'avoir un peu mal, mais je vais essayez de faire vite pour ne pas que vous souffriez, lui dis-je gentiment.

Puis, avoir avoir inspiré un bon coup, je saisis l'éclat de verre d'une main ferme et le retire d'un seul coup bref. Je pose alors aussitôt mes mains à quelques centimètres de sa blessure pour apaiser la douleur. Une douce lumière illumine mes paumes alors que la plaie commence doucement à se refermer. Les éclats de verre se déplacent enfin et, usant de mon pouvoir sur l'air, je me sers d'un petit courant pour les soulever un par un, délicatement. Très concentré, je n'aperçois pas son visage ni même ne perçois sa voix si jamais il me parle. Manipuler l'air et la guérison est une chose très complexe, que je n'avais jamais testé auparavant, surtout de manière aussi fine. C'est plus compliqué que ce que je croyais, vraiment plus. Mais depuis mon passage étoile, je perçois bien plus de chose de nuance, avec des limites toujours plus éloignées. Je sais que je vais réussir. Et cela fonctionne.

Le dernier éclat de verre s'envole et je referme la plaie. Le genou apparaît alors aussi lisse qu'auparavant. Je relâche mon pouvoir d'un coup, expirant à longs soupirs pour reprendre mes esprits. Même si ça avait été difficile, j'étais content d'y être parvenu. D'un geste de la main, j'envoie les éclats de verre dans un coin, en joli tas, que je me promets de jeter plus tard. Je tourne alors mon regard vers l'homme. Après cette petite expérience je suis plus que jamais persuadé qu'il a eu affaire à des médecins auparavant, et pendant longtemps. Son corps me parle et je le comprends. Mais je ne lui demande pas, ça ne me regarde pas.

-Votre genou est comme neuf maintenant Monsieur, lui dis-je avec un grand sourire avenant.

Mon regard d'azur si clair se plante de le sien, mon sourire toujours aux lèvres. Je veux qu'il soit à l'aise, il semble toujours si inquiet, tellement sur le qui-vive.
#   Mer 6 Aoû 2014 - 21:49

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21H58. Je le regarde sans le regarder. Il palpe ma jambe, je le sens, la cicatrice va être méchante, encore une à ajouter à ma collection. J’ai à peine la force de hocher la tête en l’écoutant, je sais bien que ce sera douloureux, j’en ai vu d’autres, je n’ai juste plus la force de m’en sortir tout seul maintenant. Ma tête retombe sur le côté, mes yeux dans le vide, dirigés vers l’éclat de verre dans ma jambe. Elle me tourne soudainement quand je vois sa main s’en approcher, non, attends, pas de suite, attends !

22H03. Je rouvre les yeux, reprenant légèrement pieds avec la réalité. Je me suis bêtement évanoui suite à la douleur et la peur, c’est pathétique. Quand je dirige mon regard vers lui, il semble incroyablement concentré sur sa tâche, et je ne remarque pas immédiatement la lueur qui émane de ses mains et semble doucement apaiser la douleur en réparant ma peau. Un léger courant d’air me fait frissonner et je geins à cause de la douleur que cela provoque.

Merci…

22H06. Je me concentre enfin sur ce qu’il fait, sur ses mains, et je sursaute en y voyant la lueur caractéristique qui s’en dégage, qu’est-ce que c’est que ça ? C’est ça les… Pouvoirs dont elle m’avait parlé en m’emportant ? C’est… Effrayant. Je le regarde refermer la plaie lentement, laissant mon genou lisse et sans cicatrice. Ma respiration s’accélère soudainement, la panique, la surprise, tout est nouveau, trop nouveau, pourtant il n’a pas l’air dangereux.

Micha… Pas Monsieur.

22H07. Il me sourit et, par automatisme, je lui réponds faiblement. Je ne suis pas à l’aise, mais je n’ai pas non plus envie de fuir, je n’en aurai de toute façon probablement pas la force. Je repose ma tête contre le mur sans le quitter des yeux, peinant à garder les miens grands ouverts. Je fatigue trop vite depuis ma sortie de l’hôpital, je manque trop de muscles, de nutriments, de motivation ou de volonté.

Tu as les cheveux blancs… Malade ?

22H10. Je prends mon courage à deux mains, ou au moins ce qu’il en reste, et entame une discussion avec lui, je lui dois bien ça, il m’a évité de nombreuses heures de douleurs avant qu’on ne remarque mon absence, si on l’avait seulement remarqué un jour. Ma respiration est moins saccadée, mais toujours aussi rapide due à ma faiblesse actuelle, je tente de me relever mais abandonne rapidement et sors simplement le calepin et le stylo qui sont dans la poche de mon blouson. Je suis encore un peu sonné à cause du sevrage brutal depuis mon arrivée ici, je n’ai pas envie d’oublier quoi que ce soit quand je rencontre des personnes capables d’aider les autres et de pas simplement les regarder et ce moquer plus ou moins bruyamment. Ce sera aussi peut-être plus simple quand je serai trop fatigué pour parler, ce qui pourrait arriver même si j’en doute.


#   Mer 6 Aoû 2014 - 22:28

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Je sursauta en entendant sa voix. Elle semble lointaine, éraillée, comme s'il n'avait plus parlé depuis longtemps. A l'image de son corps, qui donne l'impression de ne pas avoir été soigné et nourri depuis tout aussi longtemps. Je me demande ce qui a pu arriver à cet homme. Il semble si fragile là maintenant alors que je l'observe avec discrétion, pour ne pas l'offenser. La fatigue semble le clouer au sol, sa tête contre le mur qui agit comme reposoir. Une lueur de compassion illumine mes yeux. Pas de pitié, je ne sais que trop combien c'est désagréable, mais juste de la pure empathie. Il me fait penser à une ombre, sans réel désir de vivre. Je ne suis pas sensitif certes, mais je peux tout de même sentir ce genre de chose. Moi-même il y eut une époque où je me demandais si cela valait vraiment la peine de continuer à vivre malgré... ça.

Il me reprend sur l’appellation. Il n'aime pas le monsieur on dirait. Un petit sourire amusé naît sur mes lèvres. Ryu avait un peu réagit pareil lui aussi chaque fois que je l'avais appelé ainsi. C'était amusant. Micha donc... Je ne connais pas ce nom. Je ne saurais même pas dire d'où ça vient. En tous cas, c'est très joli. Il sonne très bien.

-Micha alors, confirmais-je en hochant la tête. Moi je m'appelle Matheo. Enchanté!

Je penche légèrement la tête sur le côté en souriant, comme un enfant contemple un nouveau jeu. Il semble un peu plus détendu, la preuve il parle... Du moins il essaie. Il en parvient pas à faire des phrases complètes, la fatigue semble s'emparer de lui au même moment, terrassant les mots qui pourraient lui venir.
Il remarque pourtant mes cheveux je note avec un nouveau sourire. Je hoche la tête pour lui répondre sur le coup avant de préparer une meilleure réponse.

-Ils étaient blonds clairs avant... dis-je en prenant une mèche de mes cheveux.

Puis, conscient de parler pour ne rien dire, je reprends de façon plus directe.

- Je suis un enfant de la lune comme on dit, peut-être en avez-vous déjà entendu parler ? En science, ils appellent ça xeroderma pigmentosum, mon corps n'a aucune protection contre les UV donc je ne peux sortir que la nuit, quand le soleil est couché.

J'avais l'impression de raconter cette histoire à chaque fois. En même temps, elle fait partie de moi, c'est normal que les gens le sachent ou se pose la question.
J'hésite un instant d'abord, ne voulant pas paraître indiscret, mais puisqu'il m'a questionné sur ma maladie, cela me rend davantage curieux sur ce qui le préoccupe... ou l'a préoccupé.

-Et vous Mon... Micha, repris-je vous êtes malade aussi? Je vous trouve... très affaibli.


#   Mer 6 Aoû 2014 - 23:03

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22H12. Matheo hoche la tête pour me répondre, malade donc, c’est dommage, il mérite sûrement plus de vivre tranquillement que ces adolescents irrespectueux que je côtoie depuis mon arrivée. Je souris faiblement, blond clairs, comme Liov, parce que les miens restent quand même un peu plus foncés, mais juste un peu. Je note simplement le nom le plus facile à retenir de sa maladie sous son prénom, ça n’a tout de même pas l’air d’être une des maladies les plus enviables.

Appellation barbare.

22H14. Je ne sais plus quoi dire, sa question, prévisible, me laisse muet un instant. Je ne suis pas malade non, enfin, pas au sens médical du terme, mais ne peut-on vraiment que voir cet aspect de la maladie ? Je quitte ses yeux un instant, reprenant mon souffle en tentant de réunir le peu de force et de courage que je possède pour lui répondre. Il a été honnête, respectueux et agréable, je ne peux pas lui mentir, ce serait inconcevable. Même si ça reste une option très tentante…

Oui et non. J’ai passé de longues semaines dans un lit d’hôpital… En état de semi-conscience.

22H15. Affaibli, évidemment. Quand on reste allongé presque un mois - ou bien était-ce davantage ? - le corps n’est plus entretenu, les muscles fondent à une vitesse incroyable, probablement en même temps que les neurones tiens. Puis, en étant bourré de cachets, il est difficile ensuite de ne pas devenir cinglé sans eux. J’ai encore un peu de mal à m’y faire, parfois les nuits sont longues et douloureuses, et les cauchemars se font récurrents.

Ce sont ces cas où les médecins décident qu’un homme est trop dangereux pour lui-même et pour la société. Alors… Ils finissent par l’attacher et le droguer pour qu’il reste calme et sous contrôle.

22H18. Une toux violente me secoue contre le mur et je grimace. Je parle trop peu pour que ce soit agréable à faire et à écouter quand il m’arrive d’utiliser mes cordes vocales. Ma voix rauque et difficilement élevée en témoigne, je ne pense pas pouvoir faire l’effort de parler normalement très longtemps encore. Je relève la tête et la tourne vers Matheo, retrouvant ses iris bleutés presque similaire aux miens et à ceux de Liov. Blond clair aux yeux bleus, il paraît que c’est ce qui attire le plus les filles tiens. Je ferme les yeux un instant, juste quelques secondes, pour me reposer un peu…

22H25. Je rouvre les yeux en sursaut, et en sueur sous mes vêtements. Je m’endors trop vite et cauchemarde systématiquement, ce qui réduit parfois mes nuits à quelques heures tout au plus. Je me tourne vers Matheo, espérant le voir pour ne pas me retrouver seul alors qu’il avait l’air si doux. Peut-être que ma très légère sieste l’a fait partir, d’autant plus que maintenant, je vais commencer à avoir faim, et ce n’est pas forcément ni le moment ni l’heure pour ça… Je soupire et reprends mon calepin tombé au sol entre mes jambes avant de finalement vérifier que Matheo est toujours là.


#   Jeu 7 Aoû 2014 - 9:19

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"Appellation barbare"

Je sursaute légèrement en entendant ça puis, comprenant à quoi il faisait allusion, je hoche doucement la tête. C'est vrai que ce n'était pas la meilleure... mais aucune ne convenait vraiment. La scientifique était trop compliqué à retenir pour les gens, et la littéraire... était un peu loin de la réalité. Dit comme ça, on pourrait presque croire à un miracle alors que la vérité est tout autre, bien emmitouflée derrière l'appellation. Mais j'y étais habitué depuis le temps. Ni l'une ni l'autre ne me faisait plus rien.

A voir sa réaction lorsque je lui retourne la question sur une possible maladie, je comprends que j'ai visé juste dans un sens, mais pas de la manière la plus subtile sans doute. Il détourne ses yeux avec tristesse, refusant de croiser mon regard, comme s'il réfléchissait à ce qu'il devait me dire ou non. Au fond de moi, je m'en voulais, je m'en voulais de lui infliger ça et d'avoir laisser ma curiosité prendre le dessus. Il n'avait clairement pas envie d'en parler, ce devait être quelque chose de dur pour lui et je n'avais pas le droit de remuer le couteau dans la plaie. Pourtant il commence à me répondre, toujours sans me regarder, de peur que je le juge ou de croiser quelque chose dans mon regard qui ne lui plaise pas ? Je ne sais pas... mais je l'écoute, attentivement.

Je prends un air pensif. De longues semaines à l'hôpital... oui ça correspond. D'autant que les médecins ont dû le bourrer de médicaments à mon avis... un peu comme moi lorsque je devais m'y rendre. S'il avait été enfermé aussi longtemps dans un lit, allongé sans arrêt, son corps a forcément subi des pertes. La suite qu'il me livre m'aide à faire le point sur le tout. Il m'a dit cela d'un ton si brisé, comme si le simple fait de le dire était une épreuve en soi. Associé à sa voix éraillé d'avoir trop peu fonctionné, je constate de plus en plus les ravages que cet homme à subi. Une énorme chape de tristesse s'abat sur moi. Je me sens mal pour lui, je voudrais l'aider. Si les médecins lui ont infligés c'est qu'il devait avoir une sorte de problèmes mental... ou une profonde dépression. Bizarrement, je parierais sur la deuxième possibilité. C'est cette impression que j'avais ressenti au premier coup d'oeil, un homme qui se laisse mourir. Un homme brisé.

J'essuie rapidement mes yeux avec ma manche, me rendant compte qu'ils sont embués. Pas question de pleurer en plus. Ca ne m'est plus arrivé depuis longtemps et je ne recommencerai pas, surtout en sa présence. C'est la dernière chose dont il a besoin.

- Ca va aller Micha. Ici il n'y aura plus de médecins... vous allez pouvoir commencer à vous reconstruire par vous-même, petit à petit... Comme chacun l'a fait ici, lui dis-je avec douceur.

Puis, un petit sourire aux lèvres, je continue sur ma lancée.

-Mais si vous avez besoin d'un guérisseur, n'hésitez pas à me demander hein, m'exprimais-je joyeusement.

Je remarque alors qu'il s'agite contre le mur. Une quinte de toux le prend, le secouant violemment. Pris de peine pour lui, je pose délicatement ma main sur son épaule et laisse agir mon pouvoir de guérisseur, tandis qu'il sombre dans un sommeil plus ou moins forcé. Je me rends compte que mon pouvoir est en partie impuissant sur ses problèmes. Il lui manque de l'énergie, de la force vitale, des muscles, de la nourriture... Choses que mon pouvoir ne peut lui donner, choses qu'il doit se donner seul. Je réalise alors, avec tristesse, que je suis impuissant à l'aider. Du moins par la magie. Seule sa volonté peut lui permettre de remonter, mais l'a t-il toujours ? A t-il vraiment envie de remonter la pente ? me demandais-je, en le regardant dormir.

Je suis d'abord tenté de partir, pour le laisser se reposer en paix, amis je chasse bien vite cette pensée de mon esprit. Je n'allais certainement pas le laisser seul dans un sous-sol, encore moins pour dormir. Ce n'est pas un rat! Résolu à patienter jusqu'à son réveil, je m'installai contre le mur, à quelques distances de lui pour ne pas le perturber si jamais il bouge. Ce qu'il fait d'ailleurs. Son sommeil est agité, et apparemment pas par des rêves tout roses. Il se réveille en sursaut, en sueur également, balayant l'espace autour de lui des yeux. D'abord intrigué, je réalise soudain que c'est moi qu'il cherche. Je sors alors de mon coin, et me rapproche lentement pour ne pas le surprendre.

-Je suis là Micha, ne vous en faîtes pas, lui dis-je avec un sourire rassurant.

J'avise alors un calepin sur ses genoux, le même que celui que je croyais avoir remarqué tout à l'heure. Je n'y avais pas spécialement prêté attention mais maintenant que je le revois, je me demande bien ce que c'est.

-Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur ? Vous semblez particulièrement y tenir, demandais-je avec douceur.

#   Jeu 7 Aoû 2014 - 10:22

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22H16. J’ai à peine la force de relever la tête pour lui faire face quand il me répond. Il a l’air confiant et soulagé, pourtant, je ne sais pas si j’ai réellement envie de me relever moi-même. C’était tentant, en arrivant, de faire le fou pour être à nouveau allonger et assommé, ça évite de souffrir. Pourtant, avec ces derniers mots, j’ai un peu l’impression d’exagérer, tout le monde souffre en arrivant de toute façon non ? Mais est-ce que tout le monde se relève ? Il n’y a jamais vraiment aucun incident ici ? C’est utopique, il doit bien arriver quelques événements pour prouver que tout n’est pas rose même ici.

22H18. Une violente quinte de toux me secoue et Matheo glisse sa main sur mon épaule pour tenter de m’apaiser. Je me crispe un peu, ce qui augmente un peu la douleur, mais je n’y peux rien, même en sachant qu’il ne fera aucun mal, ce sera même tout le contraire plutôt si j’en crois ce qu’il vient de dire. Guérisseur hein, ce n’est pas comme s’il allait pouvoir m’aider pour le moment… J’essaye quand même de le remercier, en vain, je sombre dans un sommeil agité avant de pouvoir articuler la moindre syllabe.

22H25. Je me réveille en sursaut, cherchant Matheo des yeux. Je ne le vois pas la première fois, la vision encore un peu floue de mon réveil brutal et préfère récupérer rapidement mon calepin. Je sursaute légèrement en entendant sa voix d’ailleurs, résigné comme je l’étais à simplement relire ce que j’avais noté avant de remonter manger un morceau. Je souris faiblement en l’écoutant, oui, j’y tiens, c’est un des rares objets que j’ai gardé avec moi, avec la barrette favorite de Yelina et la peluche de Liov. Des souvenirs de ma vie d’avant.

C’est celui que j’utilisais en travaillant. Ça a été mon cadeau quand j’ai monté en grade.

22H27. Je lui tends le calepin avec une certaine hésitation, il reste encore quelques notes de mes dernières missions au début, mais rien de trop compromettant. Et il y a ces photos, à l’avant Yelina et moi, au fond, Yelina et Liov et une autre de notre petite famille. J’aime les regarder quand je me sens sur le point d’abandonner, ils me donnent un peu de force, mais pas assez pour remonter la pente. Je sais bien qu’ils ne seraient pas d’accord avec ça, mais ce n’est pas comme si je pouvais réellement me relever non ?

Là, c’est Yelina, elle avait un vrai caractère de lionne. Et là, Liov, c’était un petit ange turbulent.

22H29. Mon épaule frôle celle de Matheo et je me permets de m’y appuyer, cherchant un peu de son soutient, de sa force, pour essayer de ne pas sombrer davantage alors qu’il m’a aidé sans aucunes arrière-pensées. Un instant je me demande pourquoi il est arrivé là, il n’a pas l’air aussi détruit que je pensais les gens l’être ici. Enfin… Les adolescents que je croise habituellement n’ont pas non plus l’air si malheureux. Il y a seulement ces enfants, les tout petits que je croise parfois dans les couloirs, qui ont l’air un peu ailleurs, un peu absents. La vie est injuste parfois...


#   Jeu 7 Aoû 2014 - 13:28

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Ma question sur son petit calepin lui arrache un sourire. Faible certes, mais un sourire quand même. Je lui renvoie la pareille en étirant mes lèvres en un petit sourire joyeux. J'ai enfin réussi à le mettre peut-être un peu en confiance. Au début, je ne pensais pas qu'il serait prêt à sourire mais je suis ravi de le voir faire. C'est un début... Même si son sourire, autrefois vraiment beau j'en suis sûr, semble teinté d'une tristesse sourde, dont je ne parviens pas à faire abstraction.

Il m'explique qu'il a obtenu ce carnet lors de sa montée de grade. Je hausse les sourcils, surpris. Tout d'abord parce que je mets un petit moment à comprendre de quoi il peut s'agir et ensuite, parce que j'imagine que, au vu de son état, sa carrière doit être achevé depuis. Je baisse le regard sur le calepin. Il le tient un peu comme un enfant tiendrait son doudou fétiche, avec amour et possession à la fois. Bien sûr qu'il est important pour lui, tout le clame.

-Vous étiez soldat ?, demandais-je pour confirmer mes doutes.

C'est dur à imaginer maintenant quand on regarde sa silhouette, mais un oeil de guérisseur peu voir bien au-delà. Sous cette allure frêle et affaiblie, je devine que son corps a été en bien meilleur état. Il y a... comment dire ? Des signes qui ne trompent pas. Mais forcément, son séjour à l'hôpital a dû faire plonger tout cela.

Il me tend alors son calepin d'une main tremblante. Mes yeux naviguent du carnet à son visage, comme pour m'assurer qu'il soit sûr que je regarde. C'est intime, personnel ce genre d'affaires... On ne partage pas ça avec tout le monde et je ne voulais pas m'immiscer dans sa vie privée avec si peu d'égards. Voyant qui ne le reprenait pas, je le pris entre mes mains et ouvris. Je ne regarde pas ce qu'il y a écrit, ça ne me regarde pas, en revanche, une chose qui attire mon attention, ce sont des photos qui semble se détacher du lot. Avec d'infinies précautions, je les dévoile et les contemple avec fascination. Une femme et un enfant... Je peux apercevoir Micha aussi sur l'une d'entre elle. Celui-ci se redresse légèrement et commence à me faire les présentations. Je relève les yeux vers lui, écoutant ce qu'il me raconte puis rebaisse le regard vers les photos. Aucun besoin de détails pour comprendre... Tout fait sens seul. Je devine aux photos, à la description qu'il me fait d'eux qu'il doit s'agir de sa femme et son fils. Le pire, c'est que je ne peux refréner un frisson d'effroi lorsqu'il emploie le passé... Alors c'est cela qui l'a brisé si profondément. Perdre sa femme et son enfant... Quelle douleur plus terrible peut exister ? Des êtres qui comptent plus que tout pour vous, pour les perdre en même temps, ensemble, sans qu'il en reste un seul pour se raccrocher de la perte de l'autre.

J'ai envie de pleurer, là maintenant, mais je n'en fais rien. Micha lui ne pleure pas, et c'est lui qui est dans la peine. Alors je me dois d'être fort aussi, ne serait-ce que pour lui. Ils ont l'air si heureux en plus sur ces photos. La dame, Yelina, ressemble bien à se qu'il me décrit... une lionne. Quant au petit bout de chou, à part peut-être Daisuke, je crois que je n'en ai jamais rencontré de si mignon. Qu'est-ce qu'il pouvait ressembler à son père quand même... même si on pouvait distinguer un air de la mère également. Je ne pus m'empêcher de sourire face à temps de bonheur, sur une image.

-Ils sont très beaux. Et ton fils est vraiment très mignon, lui dis-je

Je n'employais pas le passé, volontairement. Cela ne servait à rien. Il sait que j'ai compris, j'en suis sûr. Et puis, le bonheur des photos, c'est aussi qu'elles nous permettent de vivre les choses dans l'instant présent où on les regarde. Nul besoin du passé ici.
Je sens alors un petit poids sur mes épaules. Je tourne la tête pour le voir s'appuyer sur moi. Un petit sourire s'épanouit sur mon visage, bien que teinté de tristesse. Cet homme semble vraiment à bout. Il a traversé l'enfer on dirait... Et quelque chose me dit que son calvaire n'est pas encore terminé. Mais il ne doit pas rester seul. Je m'en assurerais et d'ailleurs, je ne voulais pas l'abandonner. Il a besoin d'aide, de la mienne aussi.

Pour alléger l'atmosphère, je décide d'entamer une conversation plus détournée.

-Au fait, Micha... comment êtes-vous arrivé ici ? Vous êtes là depuis longtemps ? demandais-je, tout en lui retendant son calepin.

Un objet si précieux doit être bien garder, et rester près de son propriétaire.
#   Jeu 7 Aoû 2014 - 16:28

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22H26. Matheo est intéressé sans pour autant que ça ne devienne morbide, ce qui m'aide à être plus à l'aise avec lui et ne pas abandonner maintenant pour simplement avorter la discussion et fuir. Sa question me tire une sorte de grimace, soldat, ça aurait très bien pu l'être d'ailleurs... Je repense quelques secondes à mon arrivé dans la brigade et ma montée en grade rapide pour un jeune homme de moins de 25 ans à l'époque, ce qui a été une énorme source de conflits au final avec les autres.

" Espion. "

22H28. Matheo saisit mon calepin, j'ai un court instant de panique en le sentant quitter ma paume, mais je ne sais aucun mouvement pour le récupérer, je lui fais confiance, il me le rendra. Il frissonne en m'écoutant et je retiens un soupir, j'aurai mieux fait de me taire, je n'ai pas envie d'être plains pour mon passé. Heureusement, il ne dit rien, il parcourt simplement les photos du regard en souriant. En le regardant, lui qui semble si jeune tout en faisant très adulte... Il doit avoir une famille aussi, à moins qu'il n'en ait plus non plus. Je me plonge peu à peu dans des pensées de plus en plus sombres et en vient même à sursauter en l'entendant parler.

" Il avait trois ans là. "

22H30. Un léger instant le silence nous enveloppe, ça n'en devient pas moins agréable, juste posés l'un contre l'autre. Il doit être la première personne qui m'inspire confiance ici, enfin... Assez pour que je ne sois plus sur la défensive actuellement. Je l'entends à peine quand il reprend la parole, un peu ailleurs tout en essayant de ne pas sombrer alors que je sors vaguement la tête de l'eau.

" Aucune idée, je devais être à peine conscient jusqu'à être ici. Je ne me souviens plus vraiment de mes premiers jours non plus, je crois que ça date d'il y a une semaine environ. "

22H33. Je referme la poche de mon blouson après y avoir remis le calepin, avec une lenteur un peu agaçante, mais je ne peux pas faire plus. J'écoute Matheo avec attention, me concentrant au maximum même si cela me demande beaucoup d'efforts. Je trouve ça agréable, parler à nouveau, ma gorge est un peu moins douloureuse qu'au départ et ma voix doit être moins rauque aussi. Je sens juste par moment mon estomac se tordre plus ou moins violemment, la faim commence à se faire sentir, mais j'ai peur de tout rendre à nouveau.

" Tu sais où trouver des biscuits ? "

22H40. Enfin debout, après de nombreux essais manqués, j'emboîte le pas à Matheo, il me suivra. Et pour ce que je sais vaguement de lui pour le moment, il préférera être derrière moi dans les escaliers pour éviter que je ne me blesse à nouveau, il a ce genre d'aura, celle d'un protecteur. Un peu comme un ange, il faut dire que sa couleur de cheveux aide aussi à la comparaison, mais il respire la douceur et la maturité, c'est rassurant.


#   Jeu 7 Aoû 2014 - 18:16

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Un espion ? Cet homme était espion ? Je sais que ça peut sembler très puéril comme réaction mais je ne peux m'empêcher de sourire comme un gamin. Surement parce que je suis loin de la réalité... Dans ma tête, j'imagine tout une série d'aventures à la James Bond, ou des infiltrations secrètes. Pour moi, il n'y a pas de doute, c'est quelque chose de définitivement classe. Et j'en avais un vrai avec moi! Après, je n'ose pas trop montrer mon enthousiasme parce que je ne connais pas les expériences qu'il a pu vivre. Je ne souhaite pas être heureux s'il a en réalité fait des trucs horribles, ce qui a probablement dû arriver... Mais je ne voulais pas non plus qu'il prenne ça comme du manque d'intérêt, bien au contraire. Je suis littéralement fasciné.

-Ouah un vrai espion! Je n'aurais jamais cru en rencontrer un jour... en-dehors des séries télé je veux dire, dis-je avec un rire amusé.

Je hoche la tête pour lui faire comprendre que j'ai entendu. Trois ans... c'est si jeune, trop jeune. Et je me rappelle encore de la photo, il était si adorable dessus, un vrai bout de paradis. Je réalise alors pleinement que la vie peut être vraiment injuste... Je ne connaissais pas l'histoire et je ne lui demanderai certainement pas, mais je sais une chose : personne ne mérite de vivre ça, même son pire ennemi. Je souffre pour lui mais c'est bien la seule chose que je peux faire, à part être présent pour l'aider, dans la mesure de ses besoins et de mon possible.

Je l'écoute attentivement. Il ne se souvient pas bien... je en suis pas vraiment surpris. Je me contente de lui sourire, lui assurant que ce n'est pas grave. Il doit être ne plein sevrage j'imagine, s'il n'a pas amené de médicaments ici, mais s'il restait à l'hôpital, c'est les médecins qui s'en chargés, lui ne devait rien avoir. Donc, il n'a pas de médicaments, il est effectivement en train de se sevrer. Je comprends mieux son comportement maladif. J'avais appris de nombreuses choses à travaillant à l'infirmerie de Terrae pour parfaire mes connaissances de guérisseurs, je sais que les sevrages sont longs et difficiles. Mais je sais aussi que lui pourra s'en sortir, parce qu'il est hors de question qu'il reste dans cet état.

Sa voix coupe court à mes pensées. Je le regarde un instant, surpris, avant de lâcher un petit rire, amusé. Des biscuits ? J'en déduis qu'il a un petit creux, et qu'il est sacrément motivé d'ailleurs puisque qu'il vient de se lever. La démarche semble un peu chaloupée mais il parvient aux escaliers sans encombres. De toute façon, je suis là, je le suis comme son ombre. Discrètement, je déplace une grosse masse d'air dans le minuscule espace entre lui et moi, de façon à ce que s'il se penche en arrière, il soit immédiatement stabilisé. D'abord un peu stressé à l'idée qu'il se blesse, je réalise qu'il se débrouille très bien. En quelques minutes, nous sortons hors des ténèbres du sous-sol pour nous plonger sous la lumière de la lune. Je cligne un instant des yeux, presque rassuré de revoir l'astre qui accompagne mes pas.

-Alors des biscuits... le plus simple serait d'aller à la cafétéria, ils ont un peu de tout. Et ils ont l'habitude des extras nocturne avec moi, ajoutais-je avec un grand sourire.

Je me place alors à ses côtés, calquant mon rythme sur le sien pour ne pas le dépasser et intervenir en cas de problème. Je ne me colle pas trop à lui non plus pour qu'il son espace vitale, je ne veux pas l'envahir ou le rendre claustrophobe.
Tandis que nous marchons, après avoir apprécié quelques minutes de silence en sa compagnie, je ne peux m'empêcher de lui demander une chose qui me turlupine depuis l'instant où je l'ai guéri.

-J'imagine que le master qui t'a conduit ici t'a parlé de Terrae et des pouvoirs. Je n'ai pas eu l'impression que tu sois surpris par mon intervention, comme tu ne m'as posé aucune question...


#   Jeu 7 Aoû 2014 - 23:06

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22H27. La réponse, ou plutôt la réaction de Matheo me tire un mince sourire. Les séries sont en général bien loin de la vérité, James Bond et compagnie ne restent que de parfaites petites anecdotes que l’on s’amusait à raconter entre nous. On infiltrait rarement, on filait souvent, on récoltait des tonnes d’informations discrètement en se faisant passer pour des mendiants parfois. Rien de très palpitant en dehors des très rares fusillades qui n’éclataient que trop rarement de peur de perdre l’équilibre instable des quartiers fragiles de la ville. Quelque chose ressemblant vaguement aux années folles tout en étant plus calme et plus mesuré.

22H41. Matheo réagit comme je m’y attendais et se place directement dans mon dos une fois dans les escaliers, j’ai même l’impression d’être plus ou moins porté. Je fronce les sourcils et fait rapidement le liens avec les brises d’un peu plus tôt, contrôler le vent, est-ce réellement faisable ? C’est un élément des plus capricieux, enfin, c’est l’impression qu’il me donne avec toutes ces tempêtes et cyclone qui sortent de nulle part.

22H47. La clarté de la lune qui traverse les larges fenêtres face à nous en sortant m’éblouissent l’espace de quelques secondes. J’écoute la voix claire de Matheo, soulagé quelque part de ne pas être seul à me balader dans l’institut la nuit sans raison valable autre que le soutient dénué de pitié qu’il m’apporte gratuitement. J’essaye d’ailleurs de forcer mon pas à se faire plus rapide qu’habituellement pour ne pas le retarder davantage, ce qui est un échec presque cuisant. Je soupire et tente au moins de ne pas m’arrêter tous les dix mètres pour m’adosser au mur, j’aurai tout le temps de m’asseoir et me reposer une fois à la cafétéria.

22H53. Le silence que je maintenais, volontairement ou non, est rompu par Matheo quand nous arrivons dans les derniers couloirs nous séparant de la cafétéria. J’essaye de me souvenir de ce dont cette femme avait bien pu me parler, mais je devais avoir l’esprit trop embrumé pour retenir quelque chose. Les quelques rares souvenirs que j’ai depuis mon arrivée sont très similaires et me renvoient rapidement à des sensations plus ou moins désagréables.

Je ne m’en souviens pas, peut-être… Il m’est arrivé de voir d’autres s’entraîner je suppose. C’était surprenant et un peu fou au début, ça ne l’est plus vraiment à force de le voir. On s’y fait.

23H06. Nous entrons dans la cafétéria qui me paraît presque trop calme, à peine illuminée, elle donne un aspect différent qui me plaît davantage que celui en journée. Je m’y sens plus à l’aise et l’idée d’y rester plus longtemps que les autres jours ne me dérange pas tant, c’est toujours mieux que le toit où il pleut encore assez violemment. Je jette un coup d’œil à travers les fenêtres et fixe un moment la pluie s’abattre sur les vitres.


#   Ven 8 Aoû 2014 - 13:23

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Sa réponse me tire un bref sourire. On ne lui a pas vraiment expliqué, il s'en est juste rendu compte par lui-même, ce qui n'est surement pas la meilleure façon de l'apprendre. Je me souviens encore comment Aoi me l'avait révélé, elle s'était juste envolée devant moi, qui restai bouche bée d'admiration. Impossible d'oublier un truc pareil, du coup, je comprends un peu ce qu'il ressent en en parlant. J'hésite à me lancer dans de grandes explications mais, comme il ne me le demande pas, et que je ne veux pas le fatiguer dans l'immédiat, je me contente de me taire. Il a l'air au bout du rouleau, marcher jusqu'ici semble lui avoir demander des ressources insoupçonnées. Je ne me rends pas bien compte, mais je compatis tout de même. Il doit souffrir le martyr s'il est en manque de médicament... Les sevrages ne sont jamais évident.

Comme si je me trouvais chez moi, je navigue dans la salle jusqu'au petit comptoir, que je contourne sans problème. Je ne sais pas exactement ce qu'en pense Micha mais moi, j'ai toujours trouvé ça triste un réfectoire vide, en pleine nuit... Je n'y suis venu qu'une seule fois avec Ryu, et il y avait encore du monde mais c'était bien la seule fois où je n'étais pas complètement seul, dans le noir. Pour moi, une cafétéria c'est vivant, ça bouge. La nuit, c'est presque film d'horreur.
Secouant la tête, je me mets en quête des fameux biscuits demandés. Je relève alors la tête, laissant mes yeux dépasser légèrement du comptoir pour fixer Micha.

- Au fait, quel genre de biscuits vous voulez ? Parce qu'il y en a pleins...

C'est vrai, toutes sortes de marques et de goûts. Je n'ai pas l'habitude d'en manger, je préfères de loin un repas bien consistant sans grignotage, comme me le répète tout le temps le docteur. Puis, pour lui montrer le choix qu'il avait, je commence à sortir toutes les boîtes une à une et les expose à sa vue.

-Voilà... je crois que c'est à peu près tout, constatais-je en fouillant une dernière fois le placard.

Je me demande tout de même s'il va parvenir à manger correctement. A regarder son état actuel, je me dis qu'il ne doit pas beaucoup se nourrir, et ce n'est surement pas quelques biscuits qui vont le rassasier.
#   Ven 8 Aoû 2014 - 13:52

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23H08. Je quitte la fenêtre et la pluie qui s’y abat pour me retourner vers Matheo qui se trouve derrière le comptoir, enfin, je distingue à peine ses yeux de l’autre côté et ses cheveux, il fait vraiment sombre au final. Je me demande un instant si Matheo n’est pas plus à l’aise dans un endroit plus vivant puisqu'il ne peut que sortir la nuit, contrairement à moi. Ce serait compréhensible, le peu de temps qu’il peut passer hors de sa chambre serait plus agréable avec du monde… Peut-être qu’il reste du monde en salle commune ? Ce n’est pas celle que je préfère ici, mais au moins il se sentirait peut-être moins coincé qu’avec un adulte dans mon état.

Ah… Je ne sais pas. Désolé. Peut-être quelque chose à la vanille, ou aux fruits rouges, ou peut-être autre chose…

23H10. Il a sorti toutes les boîtes qui étaient entreposées dans les placards, je prends pleinement conscience que, depuis le départ, on se focalise sur moi et sur ce que je veux dire ou faire. Une petite sensation de malaise me prend et je m’approche pour attraper le premier paquet que j’aperçois, bon, des biscuits fourrés au chocolat… En espérant que mon estomac survive au choc.

Merci Matheo.

23H11. Avec une légère appréhension j’ouvre la boîte et en sort un biscuit, je le fixe un moment avant de croquer dedans et de le mâcher lentement, essayant d’y chercher un goût agréable pour me forcer davantage à le garder en bouche. Mon estomac me fait mal quand le maigre bout de biscuit que j’ai mâché y parvient, mais je ne dis ni ne montre rien à Matheo, je n’ai pas plus envie de l’ennuyer que ça.

Tu veux peut-être aller en salle commune ?

23H15. J’ai miraculeusement réussi à manger presque trois biscuits avant d’avoir la nausée. Je clos violemment les yeux et essaye de la retenir, écrasant sans le vouloir ledit biscuit entamé qui était dans ma main. Moi qui pensait pouvoir manger convenablement… Je repose le paquet de biscuits sur une table au hasard et passe derrière Matheo pour aller boire un coup et m’éviter de rendre le peu que j’avais ingéré.

Ta maladie, elle te fait vivre à l’envers c’est ça ? C’est pas trop difficile ?

23H18. Je souris faiblement à Matheo, de plus en plus curieux par rapport à lui, à cette maladie, et au reste. Je n’ai plus envie que l’on parle de moi ou que l’on se concentre sur mon état, moins j’en parle et moins j’y pense, mieux je me porte. Je ne pense pas non plus à lui dire d’arrêter de me vouvoyer, quelque chose que je rectifierais plus tard, nous n’en sommes qu’au début de la nuit, le début de sa journée.


#   Ven 8 Aoû 2014 - 20:49

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Quand je l'entends me demander des fruits rouges ou de la vanille comme goût, je fouille rapidement les sachets, avant de me rendre à l'évidence. Il n'y en avait pas. Je me frotte l'arrière de la tête, gêné. Je lui ais sorti tout ce qu'il y avait, il ne reste rien. Je me prépare à m'excuser, un peu penaud lorsqu'il s'approche de lui-même pour au final prendre un gâteau au chocolat. Il me dit même merci! Un peu surpris, j'esquisse cependant un sourire, ne comprenant pas pourquoi il me remercie.

-Oh vous savez je n'ai rien fait du tout... Il n'y a même pas ce que vous vouliez à la base.

C'est vrai que dans un sens je n'y pouvais rien. Mais je me sentais quand même déçu. Je regarde à mon tour la pluie tomber contre les carreaux. La pluie tombe pas mal ces temps-ci malgré l'été... Du coup je peux passer encore moins de temps dehors. Mais en même temps, ça me permet de découvrir ce que je n'ai pas pu voir encore dans l'école, comme des sous-sols.
Lorsque il me parle d'aller en salle commune, je secoue doucement la tête en souriant.

-Il n'y a plus personne à cette heure-ci... Et puis, je préfères vous tenir compagnie, ajoutais-je en souriant gentiment.

Je le pense vraiment. Ce n'est plus seulement de la gentillesse. Cet homme avait souffert, et il souffre encore. Or, depuis que je l'ai rencontré, il semble se porter un peu mieux, surement heureux d'avoir une âme avec qui discuter et une épaule sur laquelle il peut s'appuyer. Je suis un guérisseur après tout, c'est aussi mon rôle de m'occuper des gens.
Sa question sur ma maladie, avec son petit résumé rapide, me tire un petit rire. De bon coeur, je lui réponds sans hésiter.

-C'est un peu ça oui. C'est pour ça que je ne connais pas grand-monde malgré le temps que je suis ici. Je ne vis que la nuit donc ce n'est pas facile de rencontrer des gens, ajoutais-je, amusé.

Puis, avant de continuer, je reprends une petit inspiration, cherchant mes mots.

-C'est difficile oui, et à la fois non... J'ai toujours vécu ainsi, et je savais que ma vie serait ainsi dès mon plus jeune âge. Quand on sait à quoi s'attendre, on ne s'en plaint pas, dis-je tout simplement. ]i]Et puis j'ai quand même pu faire de jolies rencontres.[/i]


 

Accident et connaissance [ Micha ]

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