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[Event - C] J'aime pas le soleil, j'aime pas marcher et j'aime pas non plus le désert. Comptez pas sur moi pour trouver le décor sympa.
##   Mer 20 Aoû 2014 - 17:18

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La chaleur écrasante d’un mois d’août en plein milieu d’un coin paumé en Tunisie… Rappelez-moi pourquoi je suis là, au juste ? Mon regard court tout autour de moi, j’observe et essaie de retenir mon agacement pendant que je roule. Anna, une étoile marionnettiste particulièrement bruyante qui a insisté assez lourdement pour avoir la place à l’avant, babille depuis que nous avons quitté l’aéroport de Tunis, où un de mes contacts nous a fourni le véhicule. La clim’ est pétée et le cockpit de la voiture, si nous n’avions pas les fenêtres ouvertes, aurait tôt fait de ressembler à un four. Et encore. Là, je crois qu’on a du bol, on a le vent qui nous rafraîchit un peu ; à partir du moment où on sera dehors, je crois que je vais littéralement fondre comme un pauvre petit glaçon abandonné en plein désert. Parce que ouais, ouais, je suis désolé ; y a que de la caillasse partout, cet endroit c’est pas un pays civilisé, c’est carrément le désert ! Les endroits de néant technologique, c’est vraiment pas fait pour moi.
Je plisse le nez en voyant le GPS manquer de nous lâcher une énième fois, et bidouille mentalement dans ses circuits pour essayer de le reconnecter au satellite tout en essayant de regarder la route. Essayer, vous connaissez ce verbe ? Généralement, quand on l’utilise, y a 90% de chance pour qu’on se retrouve en fin de compte à dire « Ah ben merde, ça a pas marché »… Et vu que je n’ai jamais été spécialement chanceux ni doué, on va dire que les 10% restants ne seront pas pour ma pomme aujourd’hui. Hélas. Ce serait trop beau qu’un truc fonctionne un jour dans ce monde !
Le pneu rencontre assez violemment un caillou en plein milieu du chemin et éclate avec fracas, me forçant à l’arrêt plusieurs mètres plus loin. Mes mains se crispent sur le volant, et j’inspire et expire longuement plusieurs fois pour refouler mon envie de hurler et de m’arracher les cheveux (pas les cheveux, on a dit !). À côté de moi, Anna commence à nous faire part de son mécontentement, et un regard assassin de ma part suffit à la faire taire. Pendant environ trente secondes, après quoi elle reprend de plus belle. Je crois que cette fille a pris la décision de me casser les pieds assez sauvagement – j’en oublierais presque Astel et son cynisme, que j’ignore en sortant de la voiture pour ouvrir le coffre. Et découvrir à mon plus grand désespoir que nous n’avons pas de roue de secours.

- Venez, on continue à pieds.
- Quoi ?! Dans cette chaleur ?! Vous espérez tout de même pas nous faire marcher des kilomètres ! Surtout qu’on sait même pas si cette base est là !
- Y a qu'un moyen de le vérifier. On est bientôt arrivés, alors arrête de gaspiller ton énergie à te plaindre, je grogne avec mécontentement. Si on trouve rien, quelqu’un de bien intentionné aura qu’à venir nous chercher…

La rouquine se tait enfin, malgré son envie de répliquer, et croise ses bras sur sa poitrine, avant d’entamer sa marche. J’attrape un des sacs contenant de l’eau et quelques petits trucs à manger (et à faire exploser, en cas de besoin) et la suis en soupirant, invitant le télépathe à faire de même. Je porte le GPS à bout de bras, espérant ainsi un peu mieux capter un réseau absolument chaotique dans le coin. Mais, à partir d’un certain temps passé à marcher, les muscles douloureux et assommé par la chaleur, je me décide à le baisser. J'en ai marre...

- Bon, si vous voyez un bâtiment, je vous autorise à hurler « Terre à l’horizon »…

Honnêtement, j’espère que la base sera là. Sinon on est bon pour planter la tente (chose que je ne sais absolument pas faire) et attendre que quelqu’un nous récupère. Ça y est, je savais que c’était un mauvais plan…



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Dernière édition par Aaron Williams le Mar 3 Fév 2015 - 21:31, édité 1 fois
##   Sam 23 Aoû 2014 - 16:39

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"-Non Yuki. Ensemble nous y arriverons, je te le promets.
La jeune fille secoua la tête et baissant les yeux, puis se dégagea de l’étreinte protectrice de son amant pour courir de toutes ses forces vers la sortie.
-Non Yuki, attends, je t’en prie ! Je ne veux pas te perdre aussi ! s’écria-t-il, désespéré.
-Tu m’as déjà perdue, James ! dit-elle en pleurant. Notre histoire est impossible, nous le savions dès le premier instant…"

Une pierre sous les roues du break me fit brutalement revenir sur mon siège et je secouai la tête, exaspéré. Ce James commençait décidément à prendre trop de place. Parce que tu lui en donnes, petit. Il te plaît au fond.
J'eus un soupir mental. Si d'aucuns me disaient solitaire, au fond je n'étais jamais vraiment seul avec ce vampire en pleine crise d'ado et cette conscience extracritique logés au fond de mon cerveau. Peu importe.

Aujourd'hui était un jour important, quoiqu'il n'en aie pas l'air. Parce qu'à l'arrière de cette antiquité roulante sans clim, avachi sur la banquette à écouter une rousse bavarde se plaindre tout en tentant de se mettre en valeur, conduit par un type narcissique et exaspéré, j'étais tout de même en train de vivre ma première mission. Je sais, dit comme ça ça n'a rien de très glorieux, mais qu'importe mon orgueil, cette journée promettait d'être intéressante.

Si étalé -façon flaque d'eau- que mes yeux dépassaient à peine le bas de la vitre brûlante, je promenais mes yeux sur le paysage désertique en cherchantun point d'accroche à mon regard. C'était peine perdue, nous étions tout de même au coeur d'un désert rocheux uniforme sur es dizaines de kilomètres dans toutes les directions, et perdus en Afrique. Pour moi c'était très étrange, je n'étais jamais sorti de Finlande que pour me rendre au Japon, à Terrae, et ce que je connaissais de déserts je l'avais vu à la télé. Inutile de dire qu'en vrai c'était carrément autre chose.

La chaleur entre autres, à laquelle je n'étais pas DU TOUT préparé, moi qui vivais d'ordinaire entre fjords et glaciers... Mon impression générale était celle d'une liquéfaction, voire d'un passage à l'état gazeux à force de chaleur. Et pour ne rien gâcher le GPS s'était pris de l'envie de faire la grève. Il était sûrement de fabrication française. Je repris espoir quant à la suite de ma vie en voyant le master -Il s'appelait Aaron- crisper son visage alternativement vers la route et le petit appareil. Visiblement, d'après son air soudainement résigné, la manipulation avait échoué.
Même les masters sont faillibles on dirait... Il ne suffira pas à assurer ta sécurité, petit. Tu devras être méfiant.
Mes réflexions furent interrompues par un bruit sec. Sans être expert, au vu de la bancalité du véhicule, je pouvais affirmer qu'un pneu venait de rencontrer son destin.

Nous sortîmes, pour Aaron avec mauvaise humeur, pour la fille en récriminant contre le susdit master, et pour moi en contemplant avec curiosité l'immensité encore plus immense une fois qu'on était sorti de la voiture. Le paysage avait des reliefs très doux, incapables de cacher n'importe quel bâtiment à moins qu'il soit souterrain. Ce que j'espérais, car sinon nous risquions de marcher longtemps. Je ne savais même pas sur quelles informations le master s'était basé pour nous emmener ici.
"Ca t'apprendra peut-être à faire confiance aux autres, Astel!"

En voyant l'homme attraper un sac je songeai à ce que je pouvais prendre moi aussi. La conclusion fut rue : rien, absolument rien. Je n'avais que mes vêtements et une gourde d'eau chaude. Mon piètre pouvoir, aussi. Mais l'endroit manquait cruellement de végétaux pour l'exercer.

L'étoile rousse avait fini par bouder devant notre manque de réaction, et le master par baisser les bras, abandonnant l'idée de capter un signal GPS. le moral était, je crois, au plus bas, quoiqu'il puisse certainement encore descendre si nous passions la nuit ici. Je n'avais pas proféré un mot depuis que j'avais salué le "contact" du master nous laissant la voiture. Visiblement il savait ce qu'il faisait, et n'avait pas envoyé une limousine neuve se faire achever sur la caillasse brûlante. Peut-être devrais-je dire quelque chose pour détendre l'atmosphère.

_Hé Anna. Je m'éclaircis la gorge, qui s'était desséchée et me donnait une voix de centenaire. Tu viens d'où? la chaleur a pas l'air de trop te déranger.

Elle était en effet la moins rouge de nous trois. Autant que je puisse en juger sur le cuiseur électrique de mon front. La jeune fille daigna un instant relever la tête pour me considérer sans grand intérêt. "Je suis italienne." Après quoi elle se replongea dans son silence buté. Je soupirai discrètement en jetant un regard en coin vers Aaron. Lui avait peut-être l'habitude de ce genre de situation. Ne te fais pas d'illusion, vous êtes dans de sales draps!

Un éclat de soleil attira mon regard au loin. Ce n'était rien. Juste un reflet sur une surface polie. Je me fourrai les mains dans les poches, résigné, avant de les en retirer aussi vite. Il faisait trop chaud.
Youhouuu, petit! Une surface polie ans un désert? Non mais réagis!
...
...
Fenêtre?

_Heu, je crois qu'on devrait aller par là, dis-je en désignant la direction du phénomène. J'ai vu un truc qui brille. Ca devait être un truc en verre.



##   Lun 25 Aoû 2014 - 0:53

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Certainement y a-t-il quelqu’un, quelque part, qui s’imagine que j’ai déjà eu trop de chance dans ma vie et qui trouve cool de m’envoyer en plein désert tunisien en plein été, paumé, sans GPS, sans bagnole, avec deux énergumènes… très spéciaux. Autant Anna me donne envie de me flinguer parce qu’elle parle trop pour ne rien dire – non, franchement, je savais que j’étais particulièrement saoulant quand je m’y mettais, mais là, c’est un peu abusé de me mettre une orchidoclaste pareille sur les bras. Surtout que, sérieusement, Astel, il ne dit rien. Genre rien du tout. Je veux bien croire qu’il ait légèrement du mal à s’adapter au climat, à en juger par la cocotte-minute qui lui sert de tête, mais je me sens seul au monde moi ! Enfin, seul au monde avec cette fille, c’est pas la logique absolue, mais je pense que n’importe qui penserait la même chose à ma place. C’est sûr que ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir la chance merveilleuse de partir en vacances (ahah) de cette manière, mais bon, là c’est plus rando sauvage que club med... Allez Aaron, dis toi que ça pourra que te faire du bien ! Avec toutes ces histoires, t’en a oublié de te muscler un peu, et puis marcher, c’est bon pour la santé ! Surtout sur de la rocaille chaude comme la braise. En parlant de ça, j’ai l’impression que mes pompes vont fondre à chaque pas que je fais en laissant une trace noirâtre derrière moi. Avec un bruit des plus appétissants, et sploutch sploutch sploutch. Oui, voilà, ce bruit immonde là – ou le bruit que fait la catin de service en roulant une pelle à son mec de la semaine. Enfin pas tout à fait, mais c’est dans le même esprit j’imagine. Oh et puis au pire, non… Je veux pas imaginer.
Lentement – presque au ralenti, comme dans un mauvais film – je tourne la tête vers Astel, désespéré, alors qu’il vient juste d’essayer de relancer Anna dans une discussion qui promet d’être longue et douloureuse. Mais non, rien, même pas. Notre italienne de service à la langue bien pendue semble quand même avoir décidé d’économiser ses forces, après avoir constaté qu’on risquait de pas voir de bâtiment avant un looong moment. Adieu civilisation…
Je reporte mon attention sur mes pieds, faute de ne pas avoir un autre endroit où fixer mon regard, et continue à me traîner dans ce four. Jusqu’à ce que, oh ! miracle ! Astel nous dise apercevoir quelque chose.

- Un truc en verre ? En vrai verre ? Genre… Comme une fenêtre ? Ou comme un truc potentiellement créé par un humain ?

Un immense sourire s’étire sur mes lèvres. Ma vivacité retrouvée, je lâche un « En avant !! » bien sonore en me dirigeant vers l’endroit indiqué par le blond. Je refuse de mourir bêtement dans ce désert, c’est clair ?! Et si on trouve rien, on aura qu’à estimer qu’on aura pas trouvé de base, et… Et quoi, ça vous pose un problème ? Oui j’ai envie de rentrer chez moi rapidement, dans la mesure du possible, alors bon. Au pire, c’est qu’un labo de plus… Il suffira d’y envoyer un tonnerre et un eau ; comme ça, ce sera parfait ! Voilà ! Quelle idée de merde de prendre une feu en plein cagnard, sérieusement ? Une eau ! Une eau, ça aurait été parfait ! Mais voilà, je réfléchis pas ! Ou alors je réfléchis trop, et du coup, ça a l’effet inverse… C’est à voir. Peut-être qu’en fait, les gens intelligents sont stupides et les gens stupides intelligents ? À méditer.
Nous continuons notre marche un moment, et en profitons pour faire quelques pauses pour boire un peu. Mais on va bientôt se retrouver à court d’eau à ce train-là. Enfin bon. On est presque en vue du bâtiment, c’est déjà ça de gagné.
En se rapprochant, nous pouvons apercevoir quelques voitures garées, et le complexe, visiblement désert de l’extérieur. Je mets ma main en visière pour mieux l’observer, et me tourne vers mes coéquipiers.

- Bon, sachant qu’on est sur une étendue plane et déserte, ils ont certainement déjà dû nous repérer s’ils sont encore dedans. Je peux toujours neutraliser les caméras de surveillance en nous rapprochant mais il faudra être prudent. Ok ? Personne ne s’éloigne seul.

Il faut bien les prévenir, avec cette tête-brûlée, on ne sait jamais.

- Le but, c’est d’entrer, de récupérer des infos, mettre la base HS et s’en aller. Et le plus rapidement possible. Je pense que c’est faisable.



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Dernière édition par Aaron Williams le Mar 3 Fév 2015 - 21:31, édité 1 fois
##   Lun 25 Aoû 2014 - 22:54

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Je crois qu'avoir aperçu cette chose "potentiellement créée par un humain", comme le dit si bien notre master, ne me soulagea même pas, ou si peu. C'était étrange l'impression persistante qu'il m'arriverait ce qu'il devait arriver et que le héros ne meurt qu'à la fin de l'histoire. Peut-être n'avais-je même pas réalisé que je risquais quelque chose, après tout.
De toute façon, maintenant il est certain que tu vas risquer quelque chose, mon petit. Laisse tomber tes illusions, ça vaudra mieux.
Je contemple le sourire conquérant du brun amoureux de ses cheveux en songeant qu'à l'instant d'avant il avait la tête de celui qui se préparait à mourir.

"Ho mais alors l'espoir fait vraiment vivre ! C'est incroyable ♥ "
Je dirais plutôt les hormones, genre la dopamine, ça te dit quelque chose tête d’œuf?
La rousse, probablement contaminée par l'entrain communicatif d'Aaron, avait elle aussi un peu relevé la tête, et décroisé les bras -quoi que ce soit plus probablement pour s'épargner sa propre chaleur humaine-.
Nous fîmes une pause, entamant sévèrement notre maigre stock d'eau, pendant laquelle je consacrai toute mon énergie à refuser les propositions de James d'engager la conversation avec Anna en parlant de ses cheveux ou de la taille de sa poitrine.
Non mais.
Nous reprîmes la marche jusqu'à que les premiers véhicules, frileusement serrés autour du bâtiment probablement aussi chaud que la gueule d'un dragon, soient en vue. Par conséquent, les fenêtre étaient elles aussi en vue, et nous en vue des fenêtres. En même temps il était absolument impossible de se dissimuler où que ce soit d'autre que derrière le bâtiment, et pour ça il aurait déjà fallu l'approcher. Il nous attendait, ce labo, niché tant bien que mal derrière un tas de caillasse plus petit que lui, avec ses toits plats typiques des pays sans pluie et la même couleur orangée uniforme que tout le reste du désert.

Le master -tonnerre, d'après ses dires- nous proposa de neutraliser les caméras de surveillance. Avant de nous recommander de rester groupés. Là, je m'avouai plus que sceptique. à quoi bon mettre le système K.O. si il suffit aux scientifiques de se pencher par la fenêtre pour nous voir aussi bien que trois glaçons sur une poêle? Mais au moins il était certain que j'allais suivre son conseil. Je ne me faisais pas d 'illusion sur mon niveau : sans aucun doute c'était moi le "noob" de l'équipe, accompagné par une étoile et un master surentraînés.
Profite de leur pouvoir, et tu t'en sortiras, petit.
Le master, d'ailleurs, ne semblait douter de rien. Soit il était un peu trop sûr de lui, soit ses pouvoirs étaient véritablement immenses, mais en tout cas il venait tout de même de nous proposer, à nous, pauvres humains, de défoncer plusieurs tonnes de pierre et de métal, puis de repartir.
Laisse tomber le bon sens, petit, tu fais de la magie tout de même !

_J'aime pas trop l'idée de "on-rentre-on-casse tout-on-repart" mais j'imagine qu'on a pas le choix. bougonnai-je d'une voix de tortue mangeant du papier. Et quant aux charmants locataires de ce bunker, s'ils nous ont pas encore tués c'est peut-être qu'ils nous attendent, non?

Cette dernière hypothèse me paraissait plus qu'envisageable. Mais après tout peut-être que je me faisais des idées, qu'ils étaient juste négligents, aveugles ou absents.
Haha, très drôle, gamin.
Quand nous fûmes prêts -ce qui ne prit pas longtemps au vu de l'immense quantité d'objets que nous emportions- nous marchâmes vers le conglomérat de blocs qu'on appelait base. L'architecture sus-saharienne était vraiment discutable.
D'autant plus qu'on semblait s'en rapprocher à reculons, ou quelque chose de ce genre, mais en fin de compte notre destination paraissait plus loin que prévu, tandis que nous soulevions de nos pieds mi-cuits des nuages de poussière qui prenaient un malin plaisir à visiter la totalité de nos couloirs branchiaux.
"Que de poésie, Astel !  ♥"
Nous nous arrêtâmes un instant dans le mince ruban d'ombre concédé à regrets par la lumière zénithale, juste devant la porte, avec une sorte de résignation quant aux scientifiques -qui de toute évidence n'avaient pas encore prévu de se faire connaître.
"La princesse te regarde, mon chou ♥ C'est le moment de faire preuve d'initiative !"

_Bon... Je vais essayer de sentir si quelqu'un se balade dans les alentours, alors ne bougez pas trop s'il vous plaît.

Je m'assis contre le mur tiède et fixai mes yeux sur un lointain point imaginaire tout en lançant mon esprit tout autour de moi à la recherche d'une pensée consciente. Je l'imaginais à la fois comme une toile et une vague se répandant lentement dans l'obscurité. Je négligeai les faibles étincelles lancées par quelques insectes au niveau du sol et celles, plus importantes, dues à une sorte de lézard sans doute. Au-delà, rien de plus gros. Par acquis de conscience, je vérifiai plus haut, à l'étage -je n'atteignais pas la terrasse, mes pouvoirs étant trop faibles-. Rien.

_Je n'ai rien senti dans mon rayon d'action, dis-je en clignant des yeux. Je pense qu'il fait dans les douze mètres approximativement alors je ne garantis pas que ce cloaque soit entièrement vide. Mais j'essaierai de sonder régulièrement au fur et à mesure de notre avancée.

Wahouu ! Ca faisait longtemps que je n'avais pas autant parlé. Mais après tout ce n'était pas si désagréable, si on passait outre la soif. Je devrais le faire plus souvent. Tu en es incapable, petit. Et tu le sais.



##   Dim 21 Sep 2014 - 19:34

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Enfin, le laboratoire ! L'avoir dans mon champ de vision me tire un long soupir de soulagement ; mine de rien, c'est presque rassurant de savoir qu'on est finalement pas paumé en plein milieu du désert. Non, mais, sérieusement, ce n'est pas que me balader sur une étendue plate, poussiéreuse et aussi aride qu'une poêle à frire ne fait pas partie de mes hobbies, mais il faut tout de même avouer que niveau tourisme, j'ai déjà vu mieux. Bon, je ne suis pas le mieux placé pour faire toute un débat mental sur l'utilité ou non de ramper dans ce coin de pays complètement paumé, mais voilà. Si déjà je suis ici, autant faire part de mes impressions au premier passant venu, hein. (Oui, oui, c'est bien connu, il y a des passants dans le désert.) Quoique, nan, c'est une mauvaise idée ; au vu de l'assèchement de ma gorge, je crois que je risque de me péter une corde vocale ou deux si j'essaie de croasser quoi que ce soit pour le moment. Bon sang, qu'est-ce que j'ai hâte de rentrer, et d'enfin arrêter de me prendre pour Indiana Jones ! Quoique, j'ai beau avoir sa classe légendaire (avec la tête fumante comme une cocotte minute, évidemment) j'ai ni le chapeau, ni le fouet. Le chapeau, c'est pas question, j'aurais l'air trop débile, et le fouet, désolé, mais je suis pas spécialement fan de BDSM... Sérieux, d'ailleurs, c'est quoi ce délire de fouetter les gens ? Ok, les sado-maso, tout ça, je peux concevoir qu'y a des gens qui aiment se faire violenter et d'autres carrément pires qui aiment frapper leur partenaire... Mais ils sont vraiment pas bien dans leur tête nan ?! (Les morsures ça compte pas. Et les menottes non plus. Ah ah ! Non ça ne sent pas le vécu, je vous interdis de penser ça.)
Je crois que la chaleur commence sérieusement à me monter à la tête. Je suis pas certain d’être capable de faire quoi que ce soit si on se retrouve face à une bande de scientifiques armés, et ça n’est vraiment pas pour me plaire. Non mais c’est vrai quoi, c’est quoi cette idée de merde de planter sa tente en plein désert ? Pourquoi pas l’Antarctique tant qu’on y est ! Non mais je vous jure, les gens ont de ces logiques. Les endroits les plus discrets sont TOUJOURS en pleine ville ! Soyez discrets, et vous vous ferez toujours retrouver. Soyez super bourrins et super naturels, et allez-y, faites ce que vous voulez, personne fera attention à vous dans votre petit quartier super chic super animé ! Et basta ! BASTA !
Merde quoi… Je suis qu’un pauvre geek qu’on a sorti de son habitat naturel, moi !
Je tente de reprendre mon calme et bois un peu à ma gourde, avant de la tendre aux deux autres, puis de la ranger dans mon sac. On a pris un sacré stock mais je ne doute pas qu’il soit épuisé très rapidement.
Rapidement, nous nous glissons près des murs et je laisse Astel s’enquérir de toute présence humaine autour de nous. J’acquiesce et le remercie. Mais sa réponse ne me satisfaisant pas réellement, j’étends mon propre champ d’action pour tenter de toucher les auras présentes à l’intérieur. Mais tout est trouble, très flou. Mon nez se plisse, et je m’interroge.

- Il y a sûrement des brouilleurs à l’intérieur…

Ce qui n’est franchement pas rassurant. Durant un instant, j’aimerais leur intimer de faire demi-tour ; on pourrait simplement prendre une des jeeps alignées près du bâtiment et s’en aller, avant de revenir avec du meilleur matos. Je fixe les deux adolescents d’un air absent, essayant de me dire que, de toute manière, si ce n’est pas eux, ce seront d’autres personnes qui devront s’en charger. Autant dire que partir maintenant serait simplement une perte de temps.

- M’sieur ?

Je sors de ma rêverie et pose mon regard sur la jeune fille, interrogateur. Pourquoi c’est si difficile de se concentrer sur quoi que ce soit ?

- J’suis d’accord avec lui, fait-elle en désignant Astel de la tête. On a déjà dû être repérés, alors on fait quoi ? Je nous vois mal entrer là-dedans comme ça. Surtout si on sait pas combien ils sont.

J’acquiesce, parfaitement conscient de ça, et me mordille la lèvre en m’adossant à la tôle fumante, avant de bondir. Merde, c’est chaud…

- Ca ira. Et s’il se passe quoi que ce soit, sortez, ok ? J’avoue qu’y a pas grand-chose pour se mettre à l’abri dans le coin, mais bon…

Lentement, je me passe une main sur le visage. Le moindre geste devient laborieux.
Allez. Allez. Si y a un problème, tu pourras compter sur tes pouvoirs, pas vrai ? Il faudra juste éviter leurs seringues. C’est tout.
Je m’approche du complexe et pousse la porte. Eh ben, c’est vachement bien sécurisé ici, dites-moi… C’est vraiment se jeter dans la gueule du loup, là je crois qu’on en est tous parfaitement conscients. Le cœur battant, nous entrons dans la première pièce, à peu près aussi accueillante que l’enfer lui-même. C’est chaud bouillant. Ahah. Pas drôle…
Nous avançons, et je sens des auras s’agiter dans les pièces supérieures et adjacentes. Mais c’est trop flou, j’arrive pas à suivre leurs mouvements ; ils pourraient être dans la salle suivante que je le remarquerais même pas.
Je serre les dents en entendant un « clic » caractéristique. Les portes se verrouillent. Et un gaz se répand dans la pièce, nous faisant tousser lourdement, presque suffoquer.
Ça y est, je crois qu’on est dans la merde.



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Dernière édition par Aaron Williams le Mar 3 Fév 2015 - 21:32, édité 1 fois
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Oh, la princesse est d'accord avec toi mon chou ! ♥ C'est merveilleux !
Toi ta gueule. Le vieux vient de dire qu'il y avait des brouilleurs à l'intérieur pauvre gamin.
Des brouilleurs. Vraiment. Ca a l'air embêtant, mais à vrai dire je ne peux que deviner ce que c'est: des "trucs" qui gênent la perception à distance j'imagine... Voilà qui explique le vide étrange lors de mon excursion en territoire mental. Et qui explique également que les fameux scientifiques planqués -ou pas- là-dedans sont sacrément organisés en cas d'offensive "magique". Donc que tout était prévu. Et nous, n'étions que trois pauvres gens, dont deux ados et l'autre à peine adulte, et... Ok, je me calme.
Si tu es ici, il y a deux possibilités: soit c'est parce que tu es capable de mener cette mission accompagné des deux phénomènes, là, soit c'est que Terrae est vraiment mal organisée.
J'espérai que Mlle Honda savait ce qu'elle faisait. Ce qu'elle faisait de nos v--
Le master nous conseilla de fuir en cas de problème.

Comment !? Mais tu es un chevalier, tu te battras pour la princesse, n'est-ce pas ? ♥

Je songeai avec agacement que ce serait chacun pour sa peau, c'est tout. Ca éviterait les conflits de sauvetage du genre "non mais c'est MOI qui la sauve, alors dégage minable !"
Rien que penser me donnait chaud en cet instant. Je pouvais presque sentir mes circonvolutions cérébrales chauffer alternativement dans la cocotte minute qui me servait de crâne. Avec un peu de chance ce crétin de James en profiterait pour s'évanouir.
Tandis que Mr Williams poussait la porte je me demandai fugitivement comment se battaient les scientifiques. D'après ce que j'avais compris on ne pouvait jamais savoir à l'avance s'ils chercheraient à faire des prisonniers ou juste à éliminer tout le monde. Et au vu des rumeurs qui couraient sur les prisonniers en question, j'en venais presque à me demander ce que je préférerais. Oui, j'avais du mal à croire à tant d'ignominie. Les humains ne sont-ils pas fondamentalement faits d'espoir ? Et quand on creuse et qu'on tue toutes les couches d'âme, à la fin, il y a toujours un petit point -minuscule- de lumière, non ? Mais peut-être eux n'en étaient-ils pas à ce point de profondeur et ne voyaient-ils que les voiles cachant l'étoile...

Arrête avec tes illusions à deux balles, l'humain est trivial, grégaire, opportuniste et parasite, aucune pitié pour un autre que lui... C'est l'évolution qui a voulu ça... Les plus forts gagnent, les autres crèvent.

Je crois que je compris où ma chère conscience me classait.
Nous entrons. Ici il n'y a pas grand-chose, il fait toujours très chaud -un tout petit peu moins, il faut bien que le mot clim serve à quelque chose- et par-dessus tout ça, pas d'autre bruit que nos respirations fatiguées. Et le petit bruit froid d'une porte en métal qui nous enferme dans ce piège à rats.
Puis plus rien. Un instant de qui-vive intense et de suspense insoutenable comme un vieux film à sensation. Personne ne jugea bon de dire quoi que ce soit -principalement parce qu'à présent nous toussions tous comme si nos poumons avaient décidé de prendre des vacances de nos cages thoraciques. A côté de moi la petite rousse avait une toux
si fluette qu'on avait envie de la prendre dans ses bras.
Ta gueule James, c'est pas le moment.

 Maintenant on est fixés. Si ya personne ici, il y a au moins des gens qui nous regardent par caméra pour nous balancer leurs petits cadeaux de bienvenue.
J'entendis du bruit derrière une autre porte blindée. Des voix humaines très assourdies. Je lançai mon esprit dans cette direction, m'attendant à voir ce milieu sombre et sa vague lumineuse... Mais bon, ce serait trop beau d'y arriver à chaque fois, hein ? J'échouai lamentablement à quoi que ce soit d'autre que fixer le vide en toussotant avec un air stupide.
Minable.
Enfin, de toute façon ça aurait été inutile puisque nos chers hôtes avaient décidé devenir nous accueillir. Je me raidis en entendant la poignée de la porte faire rincer ses ressorts, en me demandant fugitivement si le type avec sa main sur la poignée se brûlait ou pas. Puis la porte s'ouvrit sur un petit groupe de gens. Ils étaient cinq, les scientifiques. J'étais un peu étonné à vrai dire: pas de blouse blanche couverte de sang, pas de prothèse optique pleine de boutons, pas l'air plus intéressant que quiconque, et même pas de discours de mégalo de la part du type qui avait l'air d'être le chef. En revanche, des armes il y en avait. Moi quand on m'avait dit seringues j'avais pensé à quelque chose du type lancer de couteau, et j'avais compté sur leur maladresse. En fait, c'étaient des pistolets à seringues hypodermiques. Le genre de truc qu'on voit dans les films et qui entre tout seul sous la peau. De loin.
J'avais pensé quelque chose au sujet du fait que je ne me sente pas vraiment en danger, puisque les histoires se finissaient bien. Eh bien maintenant c'était moins vrai. Ces cinq-là, avec leurs airs sérieux de jeunes cadres sortant du métro, ils auraient filé les jetons à n'importe qui.
Même toi, petit ? Allons, je te pensais plus insensible que ça !
La salle était plus ou moins carrée. D'un côté il y avait nous, de l'autre les scientifiques. D'ailleurs c'était curieux, je me sentais bien plus proche des deux autres à présent. Instinct grégaire peut-être. Je transpirais de plus en plus abondamment, l'adrénaline faisait bien son boulot. Normal d'ailleurs on était plus ou moins foutus, bien que nos pouvoirs nous donnent une certaine supériorité, ils étaient tout de même plus nombreux, et nous enfermés.
Tandis que l'homme levait lentement son flingue je tentai de faire un truc avec mon pouvoir -bon, les plantes étaient exclues, mais restait la terre, et ici ça n'en manquait pas-. Mettons... un petit tremblement, juste de quoi les déconcentrer. Surtout que tu n'es pas capable de faire plus, hein !
Hein ?! Tremblement j'ai dit ! Allez ! TREMBLEMENT !
... Là je ne dirai pas que je ne m'y attendais pas. Je m'en doutais même. Mais j'aurais tellement préféré me tromper...

_Le gaz bloque nos pouvoirs. Les miens au moins.

C'était une vraie catastrophe. Moi je ne savais pas me battre sans mes pouvoirs. Tout au plus savais-je éviter quelques coups et en redistribuer sommairement. Là nous étions vraiment mal barrés. La seule chose à faire c'était d'éviter les seringues en espérant que le master et son flingue viennent à bout des cinq superméchants avant qu'il se prenne une dose de somnifère. Ou de poison, sait-on jamais ce qu'il y avait là-dedans.
Deux des scientifiques -deux femmes- échangèrent un mot à voix basse, les yeux fixés sur moi. Je frissonnai, avant de planter mes yeux dans ceux de la plus proche. Je n'y lus rien, elle savait ce qu'elle faisait; aussi détournai-je rapidement les yeux vers le type armé devant les autres. Qui appuya sur sa gâchette en une détonation assourdie, libérant son mortel -ou pas- projectile. Vers moi. Au même moment le bruit plus franc du pistolet de Mr Williams me fit réagir : Je me jetai sur le côté tandis que la seringue rebondissait contre le mur.
La rousse criait, de ce cri aigu et insupportable qui est propre aux filles.

_ANNA ! Attention !

Et c'était parti. A présent les cinq scientifiques étaient en phase de tirer. J'ignorais leurs instructions, mais ils les respectaient bien on dirait. Nous n'avions aucune chance.



##   Ven 10 Oct 2014 - 17:48

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Pourquoi quand quelque chose peut aller mal, ça ira forcément mal ? C’est la loi de Murphy qui fait ça ? Non parce que je sais pas pourquoi, mais ce gars, déjà, je l’aime pas. Ouais, c’est vrai ; c’est quoi ce type trop pessimiste qui déprime tout le monde avec ses idées à la gomme de merde qui nous permettent non pas d’anticiper, mais d’encore plus nous stresser à l’idée d’échouer ? (Parce que oui, quoi, après tout, pourquoi dans la loi fondamentale de la vie c’est pas « Quand quelque chose peut aller bien, ça ira forcément bien » ? Ce gars est vraiment un connard, ou alors c’est la petite fée qui squattait son cerveau qui lui a soufflé des trucs pas très nets après s’être shootée aux amphets.) Tout ça pour dire que ouais, bon, d’accord ; autant on est pas une équipe de commando, autant on a quand même du matos. Je crois qu’Anna a un taser dans son sac – chose qui me rappelle vaguement d’assez mauvais souvenirs, que je refoule quasi immédiatement dans un coin de ma tête pour ne pas faire angoisser mon angoisse – mais je sais pas si elle aura la présence d’esprit de la sortir en cas de besoin. Et surtout pas si elle en aura le temps. Genre si elle le faisait maintenant, ce serait cool, moi je dis. Mais elle est encore à demi en train de s’étouffer dans la fumée qu’ils viennent de nous envoyer en pleine tête, alors…
Bon. Y a du monde qui est en train de se pointer, et c’est vraiment très mauvais. Je vais pas entrer à nouveau dans mon délire de persécution sur le fait que, définitivement, j’ai vraiment PAS de chance (pourquoi j’aurais de la chance, sérieux, c’est vrai ? Je suis sûr qu’il y a un dieu malfaisant qui veille à ce que le moindre de mes faits et gestes entraînent une catastrophe – ou, au pire, qu’une catastrophe survienne dans le moindre endroit où je mets les pieds.) mais franchement, là, je trouve qu’on fait difficilement pire comme combo.
Je sors mon arme de son étui et le braque sur la porte fermée, derrière laquelle des bruits commencent à se faire entendre. Je suis calme, parfaitement calme ; tout va bien. Nous sommes trois, dans une position merdique, sans pouvoirs, avec une arme et un truc qui fait des éclairs – et plus que moi, pour une fois – face à des scientifiques déterminés à nous exterminer jusqu’au dernier. Ahah. Ok, super, c’est cool, merveilleux, j’adore ça.
Un sourire nerveux s’étire sur mes lèvres à la remarque ô combien constructive d’Astel. Merci gamin, si tu voulais faire paniquer l’autre greluche, déjà qu’elle a manqué de tomber en apoplexie, maintenant, je crois qu’elle va nous massacrer les tympans pendant les dix prochaines minutes. Autant je suis pas capable de garantir notre survie, autant je suis encore moins capable de garantir que si on s’en sort, on sera encore capable d’entendre quoi que ce soit. C’est super, les missions de ce type, franchement. J’adore ça. Ca m’enchante tout particulièrement.
Un échange de tirs. Ma vue défectueuse me gêne, mais je tire dans leur direction, espérant au moins en toucher un. Mais l’idée de les tuer par inadvertance, bien que nous soyons dans une situation qui pourrait l’excuser, me met mal à l’aise – pire encore, l’idée de le faire devant des adolescents me plonge dans un état de confusion intense.
Je m’écarte sur le côté et indique nerveusement aux plus jeunes de se planquer derrière un meuble, n’importe quoi, qui pourrait leur faire office de protection.
L’une de mes balles atteint l’un des hommes à la jambe ; au moins mon arme les tient-elle à distance l’espace de quelques secondes, en obligeant à se planquer derrière le mur qui jouxte la porte. Je sais que s’ils me visent et que je suis touché, la partie s’arrêtera pour tous les trois. Mes réflexes m’aident à échapper à leurs projectiles. Je me glisse dans un coin de la salle pour garder la porte dans mon champ de tir, mais tout en me dissimulant de nos ennemis.
Je jette un œil vers Astel et Anna, collés dans le même coin de salle que moi, le cœur battant. Ils vont bien. Mon dieu ils vont bien.

- Ca va tout le monde ?

J’essaie de garder un regard et un visage assuré. Pas si simple. Mais s’ils pètent un plomb, ça risque de pas le faire.

- Anna, sors ton arme.

Un des hommes essaie à nouveau d’entrer, mais je tire à ses pieds pour l’obliger à sortir à nouveau de la salle. Le clic caractéristique d’un chargeur vide résonne à mes oreilles, et je serre les dents. Le temps de recharger, ils auront peut-être le temps d’entrer ? De nous injecter leur produit. Mon rythme cardiaque accélère un peu plus ; je recharge mon arme en tirant un chargeur de la poche ouverte de mon sac, les gestes un peu saccadés. Mes mains sont moites, j’ai l’impression que l’arme va m’échapper à tout moment.

- Si quelqu’un a une idée de génie, je suis preneur.

Mais honnêtement, réfléchir dans des situations aussi chaotiques, c’est pas mon trip. Ça craint, j’ai vraiment l’impression de servir à rien, d’être totalement impuissant. Il faut que je fasse un truc, là, c’est pas possible. Je peux pas les laisser crever ici.
Rapidement, je parcours la salle du regard, à la recherche de quoi que ce soit susceptible de nous servir d’arme, d’aide, de… je sais pas. Soit on sort, et on est dans la merde (dans le désert, franchement…) soit on reste, et on attend de l’aide.
De l’aide…
De la main droite, toujours en tenant mon flingue pointé sur la porte, j’appuie sur un bipper dans ma poche, qui enverra un signal directement à Terrae. Maintenant, faut juste que quelqu’un le voit. Et nous envoie une équipe en renfort. Ahaha.
Non, parce que c’est évident. On pourra pas s’en tirer seuls. À la limite, si on arrive à sortir, je peux toujours faire démarrer une de leurs jeep pour qu’on s’arrache. Mais ce sera pas simple.

- La porte est verrouillée ? je fais à voix basse en désignant la porte par laquelle on est entrés, mâchoire crispée. Sinon faut qu’on passe par là où ils sont…

Mon regard se pose sur une des seringues échouée au sol.

- On peut les utiliser si elles sont pas cassées… je continue, essayant de trouver quelque chose pour nous en tirer en un seul morceau.

Il faut qu’on tienne. Il faut qu’on tienne.
Anna se penche pour en ramasser quelques-unes et nous les distribuent, les membres tremblants, sursaute quand je tire à nouveau.

- On va essayer de passer en force. Y a forcément un moyen de sortir par ce côté du bâtiment. Anna, si y en a un qui s’approche trop, tu l’électrocutes avec ton taser. Si vous récupérez leurs pistolets à injection, vous les mettez hors d’état de nuire. Ce sont des anesthésiants, donc pas d’hésitation.

Mes lèvres se pincent, et j’avance, toujours le long du mur.

- Restez derrière moi.

Soudainement, je passe le seuil et envoie mon poing dans le visage de la femme, dont le nez produit un craquement assez désagréable. Je profite de la surprise générale et des beuglements des gars pour bondir derrière elle et l’utiliser comme bouclier, le canon pointé sur sa tempe et le bras la bloquant au niveau du cou pour la forcer à se tenir tranquille. Je bluffe, évidemment. C’est pas comme si j’allais lui tirer dessus. Mais bon, au moins, on pourra pas être atteints de leurs anesthésiants…

- Où se trouve la sortie, messieurs ?



Je vis en #FEA347.


Un peu d'amour ♥:
 


Dernière édition par Aaron Williams le Mar 3 Fév 2015 - 21:32, édité 1 fois
##   Ven 21 Nov 2014 - 20:25

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Je me suis déjà présenté ? Non ? Bah je vais le faire, avant de ne plus en être capable... J'm'appelle Astel, je suis finnois, j'ai 18 ans. je suis blond, mince, je m'habille en sombre, j'ai des yeux bleus et un air neutre et impénétrable. Chuis plutôt calme, dans le genre un peu geek, puis je m'énerve vraiment rarement, pour ne pas dire jamais. J'ai aussi beaucoup de sang-froid (Astel, 10 ans, devant le micro-onde qui crame de l'intérieur: "Maman, ya un petit problème à la cuisine ! ") Voilà. Souvenez-vous de moi, amen, inch'Allah, et tout ce qu'on veut. Non si je dis ça c'est parce que je vais mourir. Genre bientôt. Non non je suis pas un emo gothique au bord du suicide, d'ailleurs mes habits sont bleus, pas noirs, et puis ya pas de fenêtre ici, puis je suis blond. C'est juste que je me fais tirer dessus par des tarés de la dissection, que je n'ai pas d'arme et qu'on est trois contre cinq. Voilà. Adieu donc cher monde, je t'aimais bien un peu même si tu m'en as fait voir beaucoup, je vais disparaître. Un peu jeune quand même, c'est dommage. Faut que j'arrête de penser, c'est pas le moment.

Williams nous fait signe de se planquer, et je prends Anna par le bras pour la tirer vers une pile de cartons qui attendaient visiblement d'être déballés. Il n'y en a pas beaucoup, mais ils sont très lourds. Je souris rapidement en avisant le sigle qu'il y a dessus. Ikea. Hahaha, clin-d’œil du vrai monde dans ce trou paumé. ESBJÖRN c'est son nom, fauteuil noir en bois laqué. J'envisage fugitivement d'en sortir un (enfin un bout, ils sont en kit vous savez !) pour me défendre, avant d'abandonner cette idée. Trop d'emballages, pas le temps. Puis j'aime pas Ikea.
A côté de moi la rouquine sort un impressionnant flingue de son sac, difficile de penser en la voyant qu'elle sache s'en servir. Mais comme je suis certainement pire qu'elle dans ce domaine, je ne dis rien. Mon coeur rate un battement ça s'appelle une extrasystole petit quand j'entends que l'arme du master tire dans le vide. Plus de balles. Il recharge durant une infinie portion de temps, jeforce sur mon cou pour entrapercevoir ses gestes rapides et fébriles. Je ne sais rien faire sans pouvoir. Juste penser. Trop. Mais, là, pas d'idée valable plus d'une minute, aucun plan plausible. Inutile. Aaron appuie sur une télécommandetout en évitant le tir soutenu des seringuomanes. J'espère que c'est utile, et pas une bombe ou je sais pas quoi. J'espère que Terrae existe dans ce bout de plastique.
Il a l'air super stressé. On l'est tous je crois. On va tenter de sortir de force, tout va se jouer sur la surprise et sur l'adresse d'Aaron et d'Anna. Moi je n'ai rien d'autre à faire que défendre ma peau. Mais ils s'en chargent. Je serre les dents et ramassant du bout du pied deux seringues encore entières. Celles qui sont brisées ne m'inspirent pas confiance et je les éloigne, on ne sait jamais que l'évaporation du liquide soit elle aussi narcotique. Accroupi, une seringue dans chaque main, je marche dans les pas du master. Il va falloir blesser quelqu'un avec ces aiguilles cruelles, repoussantes. Il va falloir les faire entrer sous la peau de quelqu'un, dans sa chair. J'aimerais bien ne pas avoir à le faire.
Je reste immobile comme il bondit sur une scientifique pour s'en servir de bouclier, puis me précipite derrière lui, incertain des enjeux du moment. Un pistolet, arme mortelle, collé à une tête vivante, pensante, paniquée. Elle ne veut pas mourir. Lui ne veut pas tuer. Pourvu que tout se passe bien.

- Où se trouve la sortie, messieurs ?

Je défie du regard la même femme que tout à l'heure. Rien, les yeux ne sont après tout que des organes, des globes en matière organique, et derrière, le vide et le noir. Beaucoup de noir pour elle, elle est d'ici, la peau brune et les yeux sombres. Je veux partir. Retrouver les fjords pâles et les cheveux blonds de mon idiote de petite soeur. Et Isis. Surtout Isis.
Une tension incroyable s'établit; moi je regarde la fille, Aaron regarde tout le monde tour à tour, et Anna regard le type qui a l'air d'être le chef. Ils nous regardent aussi. Jaugent. Calculent. Je calcule aussi. Il y a une autre entrée ? Une sortie ? C'est loin ? Il faudra bien que le master lâche la scientifique à un moment ou à un autre, et là il se passera quoi ? Ce sont des fauves, ils sont prêts à nous sauter dessus, et la femme aussi se débat, un peu, elle ne veut pas mourir. J'ai l'impression de m'agiter moi aussi, dans la toile immense d'une créature tentaculaire que je ne connais pas. On attend. On s'englue profondément dans le regard des autres, ils sont peut-être humains eux aussi, peut-être qu'on l'est... Peut-être qu'on ne l'est pas. Le défi s'accroît, mon sang si froid se surprend à vouloir bouillir, tout va exploser bientôt et nous mourrons tous. On attend.
On attend.
Encore.
Un tressaillement de l'oeil; c'est le petit au fond. C'est pour nous ! Il esquisse un mouvement microscopique, rien de plus au fond que l'intention de penser à bouger. Et ça suffit. De mauvaise grâce les autres reculent, leurs mains tressaillant de tension et d'adrénaline. Les notres aussi. Pourvu qu'Aaron n'appuie pas sur la gâchette, que la petite rousse ne tremble pas, que je ne brise pas mes seringues de trop les serrer. Nous les dépassons, marchant sur le fil invisible et si fin de l'équilibre précaire de la situation. J'ai l'impression d'être environné de flammes, comme dans les films, d'avoir les yeux qui flambent et de brûler de l'intérieur. J'ai l'impression qu'eux aussi, que nos pensées s'affrontent encore sous la chaleur torride.
Le salut est au bout du vestibule, nous étions dans un sas, la porte blindée nous nargue depuis ses gonds énormes, elle doit absolument être ouverte, sinon nous perdons tout. Eux ils le savent mais ne disent rien. Tout n'est que regards et tension, tandis que la fille marche tant bien que mal à reculons sous le contrôle nerveux du master. C'est possible maintenant, on peut y arriver. Ils nous suivent lentement, rien d'étonnant à cela, ils croient encore pouvoir gagner. La fille fait un petit cri qui résonne lorsqu'elle trébuche légèrement, et je dépasse le master pour poser la main sur la poignée, non sans avoir regardé les scientifiques derrière moi. Mais j'ai encore les seringues, prêtes à servir, dans l'autre main. D'ailleurs je pourrais en utiliser une pour endormir l'otage. Je regarde ses mains, son cou, sa peau mate. Non; non, ce n'est pas utile. J'inspire et ferme les yeux.
Mes doigts se referment sur le métal chaud, une sensation que j'éxècre autant que j'aime.
j'appui-- PUTAIN C'EST FERME ! .La poignée se bloque sous ma main, et moi, figé, je perds avec désespoir mes yeux sur une vis de la porte. Non... NON !

Je n'ai pas bougé, je n'ai pas brisé l'instant, mais rien qu'une fraction de seconde en plus et tout disparaîtrait. De rage j'appuie encore et encore sur cette poignée, mais c'est inutile, c'est fermé, il me faudrait la force d'un Titan, la force d'Isis, je ne sais rien, je ne suis rien, plus rien...
Une vibration, sèche, bruyante, un ressort qui lâche. Plus rien ne la retient et elle s'abandonne. La porte s'ouvre sous ma poussée, le soleil m'éblouit, la chaleur me terrasse, je vis, je sens, mon coeur bat encore, et je suis dehors !
reste la partie la plus délicate... leur prendre une voiture, leur rendre la fille, et se casser fissa avant qu'ils nous fassent sauter. Mais nous sommes libres. Dehors, et ils sont dedans. Anna rapetisse de moitié comme elle expire enfin. Mais ce serait plus simple de l'endormir, de l'embarquer avec nous. Je regarde son visage hargneux.
J'aurais pas dû. Elle le sent et me déverse son regard brûlant de haine et d'impuissance. Si les regards étaient aussi efficaces que des flingues, je serais mort d'une balle en plein coeur. j'aimerais pas être à sa place, ele va en baver. Soit on l'embarque et on la garde prisonnière, soit elle reste et se fait mettre au secret parce qu'elle n'a pas su se défendre. Belle situation. Elle a compris. Elle se débat, fort. Elle sait que le Master n'appuiera pas.
Le fil se romp.
L'équilibre bascule, tout chute infiniment vite et je serre mes seringues dans mes mains moites. Elle lance son poing serré vers le visage du master. La porte s'ouvre en grand, le chef de la bande se dresse devant nous, Anna se jette du côté d'Aaron pour l'aider tant bien que mal. Ils sont vulnérables. Les autres arrivent, armés, on ne leur a pas pris leurs flingues, le taser et le pistolet sont occupés dans la mêlée. Il ne reste que moi. Et eux. Ils se précipitent vers nous; normal, une chance pareille ça ne s'invente pas, je pense avec un optimisme désabusé. Je dis rien, j'ai pas envie de parler. Ils disent rien non plus, ya juste Aaron qui parle depuis le début. Le reste est un silence plus violent qu'un ouragan.
Je leur fais face, armé de mes pauvres seringues quand eux n'ont qu'à apppuyer sur un bouton pour en envoyer une... Allez, j'agis. Je vise le chef, lève le bras et dans le même mouvement tire mon projectile vers sa cible. Le temps s'arrête, une fois encore. Il sera fatigué, demain. Putain, non...

NONNNN !!!

Lentement, doucement, la cruelle aiguille vint sous mes yeux écarquillés d'horreur se planter dans mon épaule. Putain, ça fait un mal de chien. Je me ramasse la gueule par terre, j'entraperçois la femme émerger de la mêlée, le petit mec courir vers moi, puis, avec une sombre satisfaction, quelque chose prit possession de moi, m'enferma dans ses bras sombres et chauds, voilant ma vue de l'ombre de ses doigts trop nombreux. Il faisait chaud, putain, trop chaud, j'y voyais plus rien, bordel de merde, je savais même plus où était le sol, si le ciel me veillait encore, si autre chose que mon sang dans mes oreilles existait. Puis le noir devint encore plus noir, encore plus noir. Encore. Encore. Encore.

Encore...



##   Ven 5 Déc 2014 - 18:36

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Le temps se suspend. C’est insupportable, autant de tension dans une même pièce. Nous, de notre côté, qui attendons presque que la mort nous emporte avec elle. Pas besoin de pouvoirs pour savoir que les deux élèves qui m’accompagnent sont terrorisés. Pas besoin de plus pour savoir que je ne tirerai pas non plus. Que je suis aussi paniqué qu’eux, intérieurement. Que je suis incapable d’émettre la moindre pensée cohérente. Mais là, il ne faut pas que je pense. Il faut juste que j’agisse. Agir d’abord, penser après. Nous sortir de là. Penser à la suite des opérations, comment repartir, dès qu’on aura mis le nez dehors. Au soleil. Pour le moment, rester concentré. Dans le moment présent. Je ne peux plus savoir ce que les autres pensent. Je ne peux plus manipuler personne. Et soudainement, comme on se prend un grêlon gros comme une pastèque en pleine poire, je me rends compte. Sans mes pouvoirs, je suis qu’un moins que rien. Et cette constatation est autant déplaisante que terrifiante, au final. Je suis qu’un moins que rien, et je vais sûrement entraîner des gens avec moi dans la mort. Charmant programme.
Ma main moite manque de laisser échapper mon arme, et je dois resserrer ma prise pour être certain de ne pas la laisser choir au sol. Rester concentrer. Ne pas laisser voir son trouble, au moins pour les gosses, au moins pour qu’eux puissent rentrer en vie. Peut-être que les renforts arriveront à les récupérer, si j’essaie de gagner du temps. Les laisser partir devant. Pas sûr qu’ils sachent conduire. Mais dans le désert, y a pas besoin de savoir conduire. Faut juste aller tout droit. Y a pas de mur dans lequel rentrer, c’est cool. Juste des crevasses dans lesquelles il faut éviter de tomber.
Tout va bien se passer.
Ou alors on va tous y rester.
La sueur coule le long de mon dos. Le sang cogne à mes tempes. J’ai l’impression de sentir tout mon cerveau palpiter – c’est peut-être le cas, au final. J’ai l’impression de ne plus rien ressentir, même en moi-même. D’avoir été coupé d’un de mes sens majeurs. De mon sens majeur, à vrai dire. Le seul que j’étais capable d’utiliser, pour comprendre le monde autour de moi. Comme si on enlevait l’ouïe à un aveugle, ou la vue à un sourd. Un monde noir et vide, où plus aucune lueur de vie ne palpite. C’est effrayant, d’être autant coupé de soi-même. Des autres. Peut-être que si j’avais pas eu ces pouvoirs, j’aurais jamais pu survivre dans ce foutu bordel. Ça aurait peut-être évité de faire autant de conneries si j’avais directement sauté, plutôt que d’attraper cette foutue main.
Putain. Le jour où je serai incapable de me servir de mes pouvoirs, je vais devenir quoi ? Si on arrive à sortir de là…

L’un des mecs dans le fond tressaille. Mon cœur s’accélère et j’ai l’impression qu’on arrivera peut-être à s’en tirer tous les trois. Alors je resserre encore ma prise sur mon flingue. Appuie un peu plus mon bras contre la gorge de la femme. Tente de garder un putain de regard déterminé qui est totalement décalé avec le bordel présent sous mon crâne. Lorsqu’ils se reculent pour nous laisser passer, j’essaie difficilement de retenir un soupir de soulagement. Nous avançons. Je me retourne alors que nous les dépassons pour ne jamais cesser de leur faire face. Derrière, Astel entraîne Anna vers la porte. La sortie. Je les laisse faire ; je peux pas m’occuper de tout. Pas besoin de dire quoi que ce soit. L’instinct de survie fonctionnera bien chez eux aussi, hein. Alors j’attends que la porte s’ouvre, de sentir l’atmosphère lourde de l’extérieur nous assommer un peu plus.
Pendant quelques secondes, je panique lorsque la poignée s’actionne, mais que rien d’autre ne se produit. Pas de souffle d’air, pas de lumière aveuglante. Rien que la porte qui reste close derrière nous. J’attends. Regarde derrière moi. Derrière nous. Et la porte s’ouvre enfin. Elle s’ouvre putain. Elle s’ouvre. Alors nous sortons – ou du moins nous tentons. Je suis distrait, pendant quelques secondes. Et je n’anticipe pas le coup de cette lionne qui se débat soudainement.
Maintenant, ce n’est plus que dans ma tête que le bordel a lieu ; le chaos est tout autour. Des pas dans la poussière, des coups échangés ; Anna se jette à mes côtés pour m’aider. M’aider, parce que je suis incapable de maîtriser qui que ce soit physiquement parlant, que j’ai perdu trop de poids, trop de muscle ; que de son côté l’adrénaline, la peur et le besoin de survie sont beaucoup plus forts que ma propre détermination. Pourtant, je ne plierai pas. Je n’abandonnerai pas. Mais à côté, les autres se dirigent vers Astel. Et je ne comprends que beaucoup trop tard que je n’aurais pas dû le laisser se débrouiller seul.
Ils l’emmènent. Ils l’emmènent putain ! Alors je reprends mon flingue, je tire. Je me retiens de leur courir après, me contentant de les viser, en espérant toucher l’un d’entre eux. La femme en profite pour s’éclipser après avoir jeté Anna au sol. Nous sommes dépassés. Nous sommes dépassés. Et quand finalement, le visage en sang, je ne peux plus rien faire d’autre que regarder leurs 4x4 rouler en laissant derrière eux une chape de poussière, j’ai envie de me laisser tomber sur le sol. Au bout de mes forces.
Anna reste un moment sans rien dire, avant de me secouer et de m’obliger à me mettre à l’abri, à l’intérieur. Pendant un moment, mon cerveau est en mode pause. Je suis incapable de dire quoi que ce soit. Parce que je sais que quoi que je dise, ça servira à rien. Et ça ne ramènera pas Astel. On ne peut qu’attendre comme des abrutis que le temps passe. Ce temps que je passe à me fustiger pour mon incompétence.
Il n’y a plus personne à l’intérieur. À l’extérieur, plus de bagnoles. Aussi nous n’avons qu’à attendre que quelqu’un se pointe pour nous ramener à Terrae. On est bien obligés. Là, on peut rien faire de plus. Ça me tue.

Quand le Master Tonnerre arrive, Nikkou, il me lance un regard désolé, mais me lance une tape d’encouragement sur l’épaule. Ils ont mis du temps à nous retrouver apparemment – il fait nuit à Terrae, en même temps, tout le monde dormait. Les visions de Tomoe lui ont été retransmises grâce à l’un des télépathes ; ça lui a évité de faire tout le chemin jusqu’ici. Je lui dis que c’est ‘pas grave’. Qu’on est contents qu’il soit là. Dans son coin, Anna doit se retenir de rajouter qu’y en a un qui aimerait bien penser la même chose, aussi.
En rentrant, on met en place une petite cellule de crise. Anna tient absolument à aller chercher Astel, et je campe sur mes positions en disant à Hideko que j’irai avec elle. C’est vrai. Quand on foire sa mission, on fait en sorte de la rattraper nan ? Alors je la rattraperai. Le temps de localiser la puce placée dans les vêtements d’Astel, et de mieux préparer notre offensive, nous aurons le temps de récupérer. Mais est-ce que ce sera suffisant ? Je n’ai aucune envie de me reposer. Même s’il le faudrait. Le temps de monter une équipe, de toute manière… Il faudrait attendre quelques heures de plus… Mais est-ce qu’il tiendra quelques heures ? Est-ce qu’ils n’auront pas le temps de le torturer pendant ce temps ?
Avec Anna, on est mis au repos forcé à l’infirmerie, après que nos petits scientists en herbe aient prélevé les composants du gaz sur nos vêtements. Ils nous appelleront quand ils auront du nouveau. En attendant, ils préviennent les élèves, et demandent de l’aide – mais pas avant le lendemain matin, pas le choix ; le décalage horaire nous a fait arriver dans la nuit. Et puis, il nous faut au moins un membre en plus pour nous accompagner. Une étoile, de préférence. On peut pas réveiller tout Terrae. Surtout qu’on a pas encore récupéré nos pouvoirs.
Quand on se réveille, une fille s’est proposée. Isis Nial, une amie d’Astel. Visiblement assez remontée, mais au moins, elle est motivée à aller le chercher. Et c’est tout ce qu’il nous faut. Quand je l’ai vu, j’ai été assez surpris en revanche. Mais je ne dis rien. J’ai rien à dire de toute manière. Et Mitsuki lui fait confiance. Pour moi, c’est amplement suffisant. D’autant qu’elle est Titan. Et franchement, ça ne sera pas de trop, croyez-moi. C’est pas que j’ai une force de moule, mais même tenir tête à une femme j’arrive pas, alors bon. Ma virilité en prend un coup.
J’crois que je suis déjà la risée des Masters, de toute manière ; ça en plus ou en moins, j’en ai rien à foutre. Mais je laisse pas un élève entre leurs mains. Déjà tout ce temps de perdu…
Après avoir longuement discuté stratégie, on prend notre matos et Nikkou nous redépose près de Tunis, de nuit, pour nous éviter de nous refaire des heures de voyage – avec un peu de chance, il sera seul. En général, ils ne dissèquent pas les gens en pleine nuit. Ils ont des heures de boulot aussi, hein. J’espère qu’ils l’auront pas touché – en 5, non, 6 heures ? il y a des chances. Alors je prie. Je prie, je prie. Tellement fort.
J’assure au Master que ça va. Qu’on se rejoindra ici, et qu’on le rappellera dès qu’on aura récupéré Astel. Que cette fois, tout se passera bien. J’emprunte une voiture (un problème avec ça ?) et nous roulons jusqu’à l’endroit indiqué par le GPS. Ils ont pas dû remarquer la puce, et c’est tant mieux.
Faisant craquer mon dos, je souffle bruyamment. Puis me tourne vers les deux autres juste avant de sortir de la voiture. En sentant l’énergie d’Anna bouillonner à l’intérieur d’elle, malgré sa légère fatigue, je suis rassuré : on mènera cette mission jusqu’au bout. Ça me rassure tellement de me dire qu’on a de nouveau nos pouvoirs. Qu’on peut compter sur eux. On est vraiment rien sans ces conneries…

- Cette fois, on y va. Remarque ? Question ? Suggestion ?

Hideko ne m’a imposé que trois règles.
Ne tuez personne.
Ramène les gosses vivants.
Reste entier.
En revanche, qu’elle ne compte pas sur moi pour ne pas incendier leur complexe. Faut pas déconner non plus.



[HRP : Bon, je fais le topo ! Y a environ 7 ou 8 heures de décalage entre Tunis et Tokyo ; ils ont été téléportés en fin d’aprem’ (de Tunisie) pour arriver aux alentours de minuit/1h du mat’ au Japon. Du coup, s’ils partent le matin, c’est la nuit en Tunisie, de nouveau…
De rien 8D *a conscience de pas avoir été clair dans son post*]



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Dernière édition par Aaron Williams le Mar 3 Fév 2015 - 21:33, édité 1 fois
##   Mar 16 Déc 2014 - 10:57

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C'est fou comme les choses graves n'arrivent que lorsqu'on ne s'y attends pas. La mission avec Mitsu s'était bien déroulée, si bien que j'en avais presque oublié sa possible dangerosité. Pourtant, j'aurai du me douter que ça ne serait pas si facile pour tout le monde...
Je ne dors pas beaucoup, généralement. Déjà avant j'avais du mal à dormir, maintenant c'est pire. La douleur me réveille au moins trois fois par nuit et me laisse paralysée. Il me faut facilement 5 minutes pour oser enfin bouger et prendre des anti-douleurs. Comptez une demi heure avant qu'ils ne fassent effet et vous avez une idée de mes nuits. Au final, je préfère attendre de tomber de sommeil que de me coucher et d'attendre le sommeil.
Or là, je ne dormais pas. Ou plus. J'avais commencé ma nuit à 17h la veille pour rattraper de la mission en Pologne et pouvoir bosser à l'amélioration de mon exosquelette. J'étais donc réveillée quand la master a doucement toqué à la porte. Elle m'a demandé si j'avais quelques minutes à lui accorder. Si j'étais partante pour une mission (j'ai articulé un "oui" convaincu, les mains dans une étrange machine et un tourne vis à la bouche, elle a pas paru très optimiste.) Elle m'a dit que c'était une mission de récupération. J'ai lâché mes affaires pour la regarder, attentive.
Elle m'a dit qu'il s'appelait Astel.
J'ai dit oui.

Je tremblais. Je tremblais tellement j'étais furieuse.
Contre moi, contre lui, contre ce master et cette étoile qui avaient osé revenir sans lui... Comment avaient-ils pu le laisser là bas ?! Je bouillais, mes mains travaillaient pour se détendre. Je sentais ma fureur actionner mon pouvoir, si bien que j'arrivais à modeler les pièces qui me manquaient en terre si dure qu'on aurait dit de la pierre. Il me restait deux heures avant le levé du jour. Je devais être prête avant. Et je me sentais d'humeur à faire un hélicoptère en boîte de conserve.

Tout s'était déroulé trop lentement. Le levé du soleil, l'explication des plans stratégiques (au milieu du désert ? Ben heureusement que j'ai pris mon exosquelette, vous imaginez pousser le fauteuil dans le sable ?), tout ça c'était trop long. Le master a fait une drôle de tête en me voyant arrivé, mais il s'est abstenu. L'étoile feu s'est par contre permise une petite remarque du type "c'est ça les renforts ?" à laquelle je répondis en souriant, broyant Pierre entre mes doigts (vous savez mon cailloux adoptif !). Alors que Nikkou allait nous téléporter je pris deux minutes pour me lever et me maintenir en position debout. Je saisis ensuite ma béquille, fabriquée pour l'occasion. Cheatée oui, même carrément. J'aimerai pas être celui qui se prendra le bout de celle ci dans la tête (20 centimètres de plomb au bout, qui veut déguster ?), pas non plus celui qui goûtera au bout d'armure qui protège mon bras droit (carbonate de tungstène, une vraie merveille qui résiste aux balles).
Certes, ça me donne un peu l'air d'un chevalier du Moyen âge mais personne n'a encore prouvé que ce n'était pas efficace (à côté de la nana super bien fringuée et à la mode, on aurait dit que je sortais d'un moteur de voiture, ce qui n'était pas foncièrement faux, mais de toutes façons on m'a toujours dit que je m'étais trompée d'époque.) Pourquoi tant de violence ? Je ne refuse pas de l'utiliser contre eux. Parce qu'ils ont Astel, je suis capable de renoncer à mes engagements de non violence.
On est donc partis. ET mis à part le fait que j'appréhendais la téléportation comme s'il s'agissait de la fin du monde (en même temps excusez moi mais depuis QUAND c'est possible physiquement parlant ?!), tout s'est bien déroulé. J'ai ignoré la fraicheur vive de la nuit en Tunisie, le mal causé par la montée en voiture (et les regards en croix qui questionnaient sans cesse mes capacités sur cette mission), tout ça je m'en foutais. Je n'avais qu'un seul objectif : le trouver, le sauver. Même si on devait faire du rentre-dedans.
Il fait nuit. Pas pour très longtemps certes, mais d'après moi on devrait avoir le temps de finir la mission avant le levé du jour. Sinon nous aurons perdu. Et puis nous aurons l'effet de surprise... Je ferme les yeux, pour me calmer. Je sens autour de moi cette terre morte, ce sable résultat de la pierre dégradée. Je sens sa vie, sa respiration, son chaud le jour, son froid la nuit. Je respire avec elle. Puis j'ouvre les yeux. Je le sens.
On arrive.

Infiltration. J'étais déçue quand j'avais entendu ça, je l'avoue, parce que pour une fois j'aurai bien aimé faire un peu de bruit. Un peu beaucoup. Mais enfin, vu les regards de mes camarades je crois qu'on aura quand même un petit quartier libre.
Avancer dans la nuit est loin d'être facile, surtout en plein désert. Déjà parce qu'il fait froid, ensuite parce qu'il faut faire attention à ne pas être repéré (après la téléportation je peux croire aux nyctalopes. Et aux lunettes infrarouges. Et aux caméras thermiques. Surtout aux caméras thermiques.) J'étais tenté de lever un peu de sable en protection mais maintenir cette barrière thermique aurait été beaucoup trop consommateur en énergie avant même l'arrivée au lieu dit (si j'en étais capable déjà à la base).
Nous approchons donc. Infiltration... Super drôle. Il doit y avoir au grand maximum trois portes de secours en dehors de l'entrée ultra gardée. Sans compter les alarmes... Je vous dis pas la galère !
J'atteins la première un mur, espérant que notre master tonnerre ait fait le nécessaire pour les caméras. Je souffle. Calme. Bon, je fais plus de traversée du désert en pleine nuit après ok ? J'attends que les autres me rejoignent et les regarde avec attention. Bien. On y est. Enfin. Trop tôt.
On y va ?


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##   Sam 3 Jan 2015 - 21:56

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On sort de la voiture. Et on se lance. Isis prend des béquilles légèrement améliorée - et à la vue de son exosquelette, je me demande qui les a créés. Si c'est elle, chapeau. Tout le monde n'est pas capable de le faire. Et si c'est elle, encore une fois, je pense qu'on a pas trop de souci à se faire – ça me rassure un peu, quelque part. Malgré tout ce qu'elle ressent, elle parvient à rester calme. C'est une rationnelle. Ce qui m'aidera probablement moi aussi. Je n'arrive plus à rien rationaliser en ce moment, c'est effroyable. Alors je me repose sur elle. Au moins pour ça. Ce n’est pas si stupide, pour une fois. (Ca change.)
Pendant ce temps où nous traversons une bonne moitié de désert, je tente de rester parfaitement calme. Mesuré. Difficile pour le pauvre petit tonnerre que je suis, destiné à me ronger les sangs en passant mille et une fois tous les scénarios possibles et imaginables dans ma tête, qui se révèle au final être un cinéma particulièrement distrayant. Concentré au maximum, je tente de repérer la moindre installation électrique sur un périmètre le plus large possible. Me contente de tout bloquer, pour qu'ils ne nous repèrent pas. Je ne me laisserai pas avoir cette fois. C'est hors de question que je me laisse à nouveau traîner dans la boue comme hier. Je refuse catégoriquement que nous échouions ici. C'est impossible. Et inconcevable. Ça n'arrivera tout simplement pas.
Nous atteignons le complexe et Isis s'approche d'un mur, où nous la rejoignons. D'un geste, je désigne la porte, un peu plus loin.

- On y va. Si on croise des gardes, on les assomme. Et on repart aussi sec. Faut qu'on soit rapides.

Nous longeons le mur, tous stressés. Mais aucun de nous ne parle. Par peur de quoi ? De se déconcentrer ? Simplement parce que nous en sommes incapables ? Ce n’est pas si facile de gérer une mission de récupération. Ni de gérer une mission tout court. Rester calme. Rester concentré.
Ça va aller.
Les portes sont presque à notre portée, mais personne n’en garde l’extérieur. La plupart des gardes doivent se trouver à l’intérieur. Faire des rondes. En me concentrant, je discerne une présence derrière les portes. Ok. Deux derrière la porte, quelques-uns un peu plus loin, deux de l’autre côté du bâtiment. Ils tournent. Aucun ne reste en place. Alors je fais un signe à mes deux coéquipières. Attends un peu.
Attendons. Quelques temps. Quelques minutes. Pour voir. Sinon, j’ouvrirai les portes. Mais pas tout de suite – cette fois, je ne me précipiterai pas.
Le temps semble long dans ce désert froid. Derrière moi, Anna s’impatiente ; elle s’agite, nous jette des regards insistants. Je sais qu’elle ne tient pas en place, et c’est la même chose pour moi. Mais je suis persuadé qu’ils ne peuvent pas laisser l’extérieur sans surveillance humaine. Ils savent probablement déjà que nous avons le pouvoir de contrôler leur système électrique. Les allées et venues ne sont là que pour les rassurer. Sinon, ils n’auraient pas mis autant de monde.
Réfléchis Aaron, c’est le moment. Calme. Reste calme…
L’un des hommes nous aperçoit en tournant au coin du complexe, et je lui envoie une décharge à distance pour le tenir tranquille. Il s’effondre et ne bouge plus. L’autre va bientôt arriver, de l’autre côté. Je laisse les deux filles s’en charger, avant de m’approcher des portes et de les ouvrir. Pas le choix que de nous occuper des deux autres – rapidement et efficacement. Anna semble un peu plus déterminée. Vraiment, avoir une terre au regard aussi fort ne pouvait que nous faire du bien. Une titan, sérieux… Comment voulez-vous qu’on ne se sente pas plus forts avec une personne comme elle dans l’équipe ?
Une fois à l’intérieur, je m’assure de refermer les portes derrière nous – j’ai presque envie de dire, heureusement que tout est automatisé de nos jours, ça arrange pas mal les choses. Un instant, je me concentre. Entre en contact avec tous les êtres humains présents dans le bâtiment. Quelques secondes s’écoulent pendant lesquelles je ne dis rien. Jusqu’à le repérer, dans une salle bien gardée. Mon nez se plisse et j’expire longuement. Zen. Calme, Aaron. Calme. Repère-le juste. Ne te concentre pas sur le reste, ou tu vas encore craquer. C’est promis, après tout ça, quand je rentrerai, je me prendrai des vacances bien méritées aux Canaries et je mourrai les pieds en éventail sous le soleil cuisant, avec une tronche d’écrevisse trop cuite. Ça c’est une belle mort !
Un nouveau signe à mes partenaires et nous avançons ; j’essaie de repérer la configuration de l’endroit pour retrouver la salle, et pousse un soupir agacé en entendant le roulis mécanique provoqué par l’exosquelette de la Terre. Sérieux, elle va finir par nous faire repérer en plus… Pas que quatre mecs assommés qui traînent par terre soit pas des plus discret non plus, mais bon, y a des limites à notre bonne fortune – surtout quand je fais partie du groupe, et tout le monde sait pertinemment que je porte la poisse.
Nous nous apprêtons à tourner à un angle et je les arrête toutes les deux, indiquant qu’un groupe de trois personnes se dirige vers nous. Enfin vers l’entrée, mais vers nous, quoi. J’imagine qu’ils viennent parce que les autres leur ont pas donné de nouvelles. Enfin j’en sais rien, faut pas me poser la question !
En attendant qu’ils tournent, je prépare un joli feu d’artifice dans chacune de mes mains.
En fait, j’ai pas envie d’avoir de la pitié.



HRP : Désolée pour la réponse pourrie et pour le retard... C'est vraiment nul...



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Dernière édition par Aaron Williams le Mar 3 Fév 2015 - 21:30, édité 1 fois
##   Mar 27 Jan 2015 - 22:32

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HRP : J'ai même plus le droit de m'excuser pour le retard... Désolée T-T

- On y va. Si on croise des gardes, on les assomme. Et on repart aussi sec. Faut qu'on soit rapides.

Hum, j'aime comme parfois notre esprit fait des raccourcis révélateurs et souvent pas forcément de bonne augure. Essayez par exemple d'associer sa phrase telle que mon oreille peut et l'a entendu pendant un instant : "Si on croise des gardes, on les assomme sec" et ça vous donne une petite idée du craquement sinistre qui se forme dans mon esprit. Le mot rapide aussi venait compléter mon analyse totalement primaire. Je pensais un instant que je devais être sacrément sur les nerfs pour envisager la mort de quelqu'un de façon si claire et que ça ne me choque aucunement.
Mais heureusement pour eux, je ne suis pas du genre à renier mes principes. Sinon rien ne me différencierait plus de ces monstres. Je ne tuerai point. Sauf dans un cas de force majeur. Tout de même. Mais vous savez, il y a bien d'autres façons de les faire payer, surtout quand on a la force que j'ai. Sadique ? Non, c'est amplement plus juste de leur renvoyer leur douleur que de les tuer. La mort est si facile. Mais je ne parle pas de torture, je ne me vois pas continuer alors qu'on me supplie d'arrêter. Là est toute ma différence avec eux. Celle qui me permet de rester calme, d'ailleurs.
On arrive à la porte. On attends. Que Aaron rende son jugement sur la situation. Attendre dans le froid est amplement plus stressant je peux vous l'assurer. Surtout quand la mission est aussi cruciale. Je crois que c'est dans ces moments là justement où on sent le plus la pression. On doit réussir. Échouer n'est pas une option, même si la phrase est clichée je l'admets. Je serre les dents. L'attente debout est d'autant plus insupportable à cause de mes jambes. Je commence à avoir les mains congelées, par pitié, je veux qu'on entre dans ce complexe, au moins c'est chauffé à l'intérieur...
Aaron bouge. Un homme s'effondre derrière lui. Mon sang ne fait qu'un tour lorsqu'il nous indique l'autre côté. Mon corps se stabilise, ma main rejoint ma poche, un caillou part avec une précision phénoménale dans la tempe du garde et Anna se charge de s'assurer de son état d'homme assommé avant de le porter doucement au sol. Le bruit. Dans le désert, tout s'entend.
Puis tout se déroule rapidement. Softement. Sans bruit. Les portes s'ouvrent, Anna se charge d'un garde et Aaron de l'autre. Rapidement. J'entre alors que les portes se referment et observe attentivement les lieux. Si notre master a un don pour l'électrique, il ne faut pas négliger le reste. Les bobonnes incendie, les douches en cas toujours de petite flambée, les portes pare-feu, les aérations, les détecteurs de fumées. Pas sûrs qu'on en ait besoin mais on ne sait jamais. Et surtout, le plan de secours du bâtiment qui s'imprime dans ma tête comme un mail mis en favoris (oui je suis pas très fière de ma comparaison. Bref.)
On s'avance dans le premier couloir. Je vois bien que mon appareil fait un bruit monstre à côté du silence qui règne et me maudis de ne pas l'avoir plus huilé, avant de me dire que vu le froid extérieur ça aurait de toutes façons servi à rien. Oui je vois votre regard agacé sir Aaron, j'y peux pas grand chose. Enfin, une canalisation fuyante fait plus de bruit, on va pas non plus aller jusqu'à porter plainte non ?
Il nous arrête à nouveau à l'angle. Trois personnes. Je serre les dents. Vu sa réaction il va pas attendre qu'elles nous arrivent dessus. Donc je vais être en désavantage. Pff, foutu pouvoir au corps à corps. Je réfléchis rapidement. Se lancer en avant pour se débarrasser et les laisser s'occuper du reste de loin ou couvrir derrière si l'un d'entre eux arrive à passer ? La première serait plus logique si j'étais valide, mais je ne suis pas valide.
Plus le temps de réfléchir, mes camarades sortent de leur cachette. le premier se fait avoir par surprise, le second n'a pas non plus le temps de se ressaisir et le troisième, déjà plus sur ses gardes, tente une fuite. Et comme par hasard son but n'est autre que le bouton de l'alarme au bout du couloir. Je souffle. Bon, espérons que l'alarme soit morte déjà.
Je dépasse mes camarades et lance une pierre qui rate son but (j'aime pas tirer en mouvement, trop d'incertitudes) avant d'enfin le toucher. Calibre plus gros, ça marche mieux. La pierre grosse comme un poing et lancée à vitesse non raisonnable le percute avant qu'il ait le temps d'alerter ou de tourner.
Par contre, je suis d'avis que le cri du grand brûlé ne va pas rester secret très longtemps. Il va falloir accélérer et éviter les précautions trop coûteuses en temps. De plus, je ne sais pas ce que notre master a fait aux caméras de surveillance mais la supercherie ne risque pas de durer non plus.
Je respire. Pas question qu'on se sépare. Mais les couloirs sont étroits, ça nuit à notre libre déplacement dans le bâtiment. Réfléchis, réfléchis...  Ho. Non. J'aime pas avoir des idées tordues. Mais bon, c'est comme ça qu'on avance non ? Même si oui, là mon idée est du genre super con. Mais vraiment.
Alors que nous repartons je me penche vers Anna. Je lui propose mon idée et elle lève un sourcil, pas convaincue du tout. Mais bon, je suis la tête pensante du groupe à la base non ? Non ? Non pas du tout mais j'en ai l'air c'est déjà ça, et puis on avancera plus vite. Je passe donc devant, commençant à perdre le contrôle de mon corps. Pas très agréable. Mais j'ai moins mal. Je cours plus vite. Je passe devant. Pourquoi ? Parce que les titans encaissent mieux. Et qu'ils savent ce battre au corps à corps.
Nous tournons, commençant déjà à avoir un aperçu des futurs ennemis qui arrivent. Anna a pris possession de mon corps, me rendant plus rapide, plus agile. Et m'envoie au combat. Ses réflexes sont plus rapides que les miens d'ailleurs, même quand elle manipule quelqu'un (en même temps je suis souple et consentante, ça doit aider). C'est ce qu'on pourrait appeler un combo de pouvoirs... Ou de la stupidité. On verra quand on aura franchit le prochain couloir, puis le prochain...
Elle me fait tourner l'anglais abruptement et je tombe plus ou moins nez à nez avec deux hommes. Elle libère l'emprise de mes bras pour me laisser viser mes petits cailloux de dissuasion avant de me projeter en avant pour frapper. Corps à corps, c'est beaucoup plus impressionnant quand tu as l'impression de rien contrôler. Ana arrive ensuite pour achever le reste avec son feu. Bien. Ça a l'air de marcher plus ou moins.
Je tourne le regard juste à temps pour voir Aaron s'occuper de ceux qui arrivent déjà. Hm. On commence faire trop de bruit, à être trop visibles. Je soupire. Il faut qu'on aille plus vite. Je me relance dans la bataille la plus silencieuse possible en regardant les environs. J'indique ensuite une direction à Ana. Plus qu'un couloir. Plus que cette petite porte comme les autres au milieu. Et il est juste derrière.


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##   Sam 14 Fév 2015 - 0:48

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Les cris que poussent nos adversaires ne tardent pas à alerter d’autres gardes, postés un peu partout dans le complexe. Ils sont assez nombreux, mais je suis certain qu’à nous trois nous parviendrons à les maîtriser. L’important est de ne pas se laisser toucher par les aiguilles emplies de poison. Je n’aimerais pas avoir à déplorer quelques morts en plus. Que ce soit de notre côté ou du leur. Non parce que je doute qu’on arrive à rester calmes très longtemps si l’un de nous se fait neutraliser… Déjà que savoir l’un des élèves entre leurs mains me fait pas réellement bander, je crois que je vais définitivement péter un plomb si les filles sont blessées. (Oh ! une jolie rime. Faire rimer bander avec blesser, c’est classe quand même, avouez-le.)
À peine les mecs apparus à l’angle du couloir suivant, je me suis empressé de leur balancer de petites boules lumineuses aux pieds, qui ont eu le merveilleux effet de les électrocuter avant qu’ils ne puissent faire un pas de plus. L’un d’entre eux, certainement plus prudent, n’a eu aucun mal à se reculer avant l’explosion de la… chose. Pour les deux autres, j’espère que ça leur a fait mal – mais visiblement pas suffisamment, puisqu’ils se remettent rapidement du choc électrique.
Tout s’accélère. Anna évite un des types qui se jette sur elle pendant qu’un autre court vers le fond du couloir. Je m’apprête à me lancer à sa suite lorsqu’Isis me dépasse pour se jeter sur lui. Pas le temps de s’en occuper ; je la laisse se charger de lui et m’oppose à celui qui me fait face. Salut mec, ça va ? J’espère que t’as une bonne mutuelle, parce que là, avec les frais que tu vas avoir, tu vas en avoir bien besoin. Il pointe son pistolet vers moi et je lui envoie un courant suffisamment puissant dans le bras pour qu’il le lâche, avant de l’envoyer contre le mur opposé à l’aide d’une décharge d’énergie. Assommé, il ne moufte plus. Anna n’a pas trop de mal à se charger du sien non plus. Après l’avoir brûlé au je-ne-sais-combientième degré, elle lui donne un méchant coup à l’arrière du crâne en l’insultant copieusement au passage, et il tombe, lui aussi inerte. Un regard vers la Terre m'apprend qu'elle a parfaitement réussi à maîtriser son adversaire, lui aussi. Parfait. Trois sur trois, strike. Vous avez gagné la partie, les gars.
Enfin, pas encore visiblement, hein. Les cris des gardes ont alerté les autres, et je suis maintenant intimement persuadé, vu la grande vague de personnes qui se dirigent vers nous, que nous sommes loin d'avoir été aussi discrets que prévu. Au pire, vous savez quoi ? On s'en fout, c'est pas grave. On leur fera la peau, ça ira très bien comme ça. De toute manière, la cellule d'Astel ne doit pas se trouver bien loin... Pas vrai ?
Pas vrai… ?
Pendant que je tergiverse dans mon coin, les filles se font des messes basses qui me tirent un froncement de sourcils. Mais pas de temps à perdre, nous nous élançons dans le couloir. Isis nous dépasse alors, et je vois Anna, nez plissé, le regard fermement ancré sur elle, et ces légers fils d'énergie qui circulent entre elles. Honnêtement... ouais, honnêtement, c'est du génie. Faites moi penser à le leur dire tout à l'heure, vous voulez bien ? Non parce que comme c'est parti je sens que je vais lamentablement oublier...
Isis se jette dans la mêlée et je la suis, n'hésitant pas à faucher les hommes avec des sortes de fouets électrifiés. J'attrape un pistolet à injection tombé par terre et l'utilise plusieurs fois contre nos ennemis, balançant des sphères luminescentes sur la tête de quelques-un d'entre eux, avant qu'elles ne s'y accrochent comme une sorte de poulpe. Pauvres bonshommes qui sont secoués de spasmes... Enfin bon, c'est pas comme s'ils me faisaient pitié, hein...
On continue à avancer, difficilement, jonglant de nos pouvoirs pour nous en tirer. On traverse un couloir, puis deux.
Puis je tique. M'arrête net, manque de me prendre une seringue. Ou une balle. Je sais pas trop. Mes coéquipières s'en occupent au bon moment pour m'éviter de m'écrouler, mais je ne leur jette pas un regard.
Là. Il est juste là.

- Les filles ! je beugle avec l'élégance d'un cachalot à poils ras. Ramenez-vous !

On se rassemble dans un coin et je désigne une porte qu'Isis devra défoncer. Elle est fermée à clé, et non pas contrôlée par un panneau d'accès électronique – et vu ma corpulence, je dirais, carrément athlétique (ou arthritique ?), c'est même pas la peine que j'essaie de m'en charger. Anna et moi nous chargeons des derniers chieurs qui se ramènent dans notre champ de vision.

- Poussez-vous, ça va chauffer, lâche la marionnettiste avec un sourire que je qualifierais de carrément malsain.

Un jet de flamme passe dans le couloir, et j'en profite pour faire cramer tout le circuit électrique du complexe. Les couloirs s'éteignent, uniquement éclairés par les petites lampes de secours accrochées au mur et le langues de feu qui grimpent le long des parois. Je vise encore l'un ou l'autre mec pendant qu'Isis entre pour s'occuper de chercher Astel, jetant fréquemment des regards derrière moi.

- Comment il va ?!



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##   Sam 7 Mar 2015 - 9:50

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HRP : Désolée pour le retard T-T Astel c'est à toi mon chou ♥

Vous savez, il est vraiment dur de laisser son corps contrôlé par quelqu'un d'autre sans ne rien faire. Ana me fait faire des mouvements dont je n'ai pas vraiment l'habitude depuis que j'ai perdu l'usage de mes jambes, et je me demande souvent comment j'arrive à avoir un tel équilibre même soutenu par son pouvoir. Je la laisse donc gérer comme je peux, luttant contre mon instinct qui veut bouger tout seul et m'arrange pour amplifier mon pouvoir quand je sens qu'elle veut frapper. A plusieurs reprises elle lâche soudainement sa tutelle pour se concentrer sur un autre ennemi et je dois me rattraper tant bien que mal mais elle s'arrange tout de même pour ne jamais me laisser tomber au sol, ce que je trouve tout de même appréciable.
Lorsque les premières seringues partent je fronce les sourcils et serre les dents. Ok. J'ai aucune idée de ce qu'il y a dedans mais c'est dangereux, je peux le sentir aux réactions de mes camarades, qui accélèrent à ce moment là le rythme. Alors que le combat se fait plus dense, moins clair, j'en profite pour foncer plus ou moins dans le tas, empêchant les seringues de m'atteindre grâce à la petite merveille moyenâgeuse que j'ai à l'avant bras. Même si j'ai plus de facilité pour traiter l'ennemi au corps à corps je fais des efforts pour utiliser mon don terrestre, tout de même plus pratique dans ce genre de couloirs étroits.
Il arrive malgré tout un moment où je rejoins le groupe, vu le mode qu'il y a, car trop de risques de finir séparées d'eux. Puis Aaron sonne le rassemblement, signe qu'il a trouvé. Je le sais, à son visage et parce que le combat ne m'a aucunement fait oublier mon objectif. Peu importe combien j'en frappe, je suis là pour Astel. Il me signale la porte silencieusement. Une porte blindée, sans ouverture automatique, ok. Je crois qu'après avoir défoncé ce truc j'aurai plus de mains et plus de forces mais bon, ce n'est qu'un petit sacrifice.
Puis les lumières sautent. Alors que Ana et Aaron attirent l'attention grâce à leurs sphères lumineuses, je me faufile le plus silencieusement possible vers la porte, écrasant un crâne avec ma béquille au passage. Heureusement si puis-je dire, mes compagnons font assez de bruit pour me laisser aller vers la porte tranquillement. Par contre quand j'arrive juste devant je me rends à l'évidence, ça va faire un max de bruit quand je vais frapper dedans.
Je respire un grand coup, stabilise mes appuies. Il faut que ça parte en un seul coup. Sinon je suis dans la merde. J'arme mon poing, concentre tout le pouvoir que je peux à l'intérieur et, pas un mouvement de balancier, l'envoie contre la porte. Le bruit est pire que ce que je pensais. J'ai tapé la plus grande faiblesse de la porte, elle a d'abord plié puis le métal s'est déchiré dans un craquement affreusement sonore. Les gonds ont volé en éclat, il ne me restait plus qu'à tirer la porte déformée. Comme je le pensais le bruit provoqué a commencé à ramener des gens vers moi. Je grognais et installait la porte comme pare balle avant de m'engouffrer dans la pièce.
Le spectacle auquel j'assistais alors me parut surréaliste. Improbable. Astel, allongé comme dans une salle d'hôpital, l'air tordu par la douleur, au milieu de fils, de pochettes, de centaines d'engins mesurant je ne sais trop quoi. Je me mis à trembler. De rage. Je commençais à enlever les sangles le plus délicatement que je pouvais, puis ce fut au tour des seringues. Et cette vision manqua de me faire pleurer. Leur taille était disproportionnées pour la constitution d'Astel. Il était beaucoup trop pâle, j'avais presque l'impression d'avoir un cadavre en face de moi. Je débranchais les derniers fils et ignorais la question d'Aaron, trop concentrée à trouver comment transporter Astel dans son état.
Je ne pouvais pas le transporter sur mon dos au risque de lui faire mal et de perdre moi même l'équilibre. Il faudrait que je rajoute un contre-poids sur mon exosquelette pour la prochaine fois. Jurant sur mon incompétence je choisis le plus simple. Je pris le lit. Oui c'est encombrant mais au moins il reste allongé et il a moins de risques de se recevoir des projectiles à l'horizontale. Et c'est provisoire, évidemment.
Je retournais dans le couloir où le combat faisait encore rage , le lit derrière moi.

_ Aaron, Ana ! J'ai besoin d'aide !

J'attendis qu'ils se replient derrière la porte qui faisait toujours barrage et demandais à l'un d'entre eux de tirer le lit pendant que j'avançais, porte à la main, comme un bouclier. Je sentais la fatiguer arriver, je n'avais pas l'habitude d'autant utiliser ma force. Heureusement, savoir ce qui se tramait derrière moi et la peur, l'adrénaline me maintiennent debout.
Je sais pas si ça tiendra longtemps, cette protection. Mais au moins c'est assez résistant contre leurs petites seringues. On aura plus de mal si ils sortent un bazooka, par contre.


Merci Frosteen pour le dessiiiiiin ♥
##   Lun 16 Mar 2015 - 19:26

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HRP: tu sais ce qu'il te dit, le chou ? ♥


Je sombre tout entier dans la pénombre rougeâtre de mes paupières closes. Plus rien, aucune sensation, pas même celle de mon corps; ne reste qu'un esprit errant sans fin et sans but, nulle lumière jamais ne paraît devant moi. Il n'y a que le noir... Je le connais bien, celui-là, je l'ai toujours connu, ou presque. Il était là, à me guetter sans fin, à se jeter sur moi à la moindre occasion. Prédateur. Je l'ai toujours connu.

...Pourquoi ?

Ca y est, lumière. Violente, blanche comme une lame et puissante autant que je suis faible. Je cligne des yeux, lentement, sans rien sentir encore. Des questions vagues se bousculent en moi sans vraiment se formuler, dans un bouillonnement informe. Mais c'est où ici ? Qu'est-ce que je fous là ? Et pourquoi ? Pourquoi tout ce noir ?
Soudain une flèche incandescente remonte du plus profond de mon cerveau et irradie tous mes sens à la fois. Des souvenirs, des souvenirs violents, de nuits sanglantes aux ongles incrustés de chair, des souvenirs d'abominations désespérées, aussi noires qu'un monde sans étoiles, sèches et arides et déchirantes, des cicatrices, encore, elles sont toujours là PUTAIN !!! Je hurle comme jamais je ne l'ai fait sous la douleur qui me submerge Non, non ce n'est pas moi ça, je ne peux pas porter autant de choses puis j'ai si mal J'AI MAL PUTAIN QU'EST-CE QUE J'AI FAIT?!!
Alors je hurle encore, à m'en déchirer la gorge, tordu de convulsions et de douleur, sans pouvoir me soulever sous mes entraves. C'est un cauchemar c'est ça ?! Un putain de cauchemar où on peut pas bouger, juste attendre de se faire dévorer vivant par l'incarnation dégueulasse de toutes nos peurs, juste un cas de psychanalyse basique, hein ?! MAIS POURQUOI J'AI MAL?! Je me tords encore sous la douleur qui me parcourt tout entier. Chaque nerf, CHAQUE NERF hurle à mon cerveau qu'il se fait arracher, de toutes ses forces, ils s'en foutent de moi ou quoi ?
Quelque part sur mon bras gauche, je sens confusément une douleur encore plus puissante. Je ne sais pas, brutalement je coule, je sais pas je m'éteins ou quelque chose comme ça, tout est si flou et je ne sais toujours pas ce que sont ces formes blanches qui dansent autour de moi, je voudrais juste mourir puis arrêter, j'aurais dû le faire il y a longtemps, une fois j'ai failli mais j'ai failli puis j'ai pas sauté à cause de ce connard de master et maintenant maintenant je suis plus pareil mais je veux quand même arrêter... Je suis plus pareil...? J'ai des... pouvoirs ? Mais pourquoi je m'en sers pas si je suis magicien ? Quand Emma le saura elle sera super jalouse, vous verrez. Je redresse péniblement la tête pour voir mon bras qui hurle si fort... Ha non, quelque chose appuie dessus. Mais j'ai quand même vu un truc qui sortait de moi. Un truc dur et piquant puis je le sens aussi dans mon... dans moi. Et il y en a d'autres ! plein ! Dans le ventre, les épaules, les mains, le cou, la poitrine et jusqu'aux pieds ces... choses intruses me recouvrent et introduisent en moi des flots de lave incandescente dévastant tout sur son passage. ...Pouvoirs ? Dans un soubresaut de douleur mon esprit s'ouvre aux alentours, laissant entrer la tempête blanche, le Tumulte, l'Ouragan qui m'emporta avec lui dans un brouillard blanc. Je ne hurle plus maintenant. Trop fatiguant...


J'ouvre les yeux, encore une fois, dans un effort monstrueux. La douleur, cette connasse, n'a même pas attendu ça pour m'emporter et je cri... Non. Un truc immonde m'étire la bouche et m'empêche de respirer. Paniqué, j'écarquille encore les yeux en essayant de toutes mes forces d'inspirer autre chose que du sang. Je vais mourir, non, pas déjà !! Un gargouillement informe sort de ma gorge incandescente tandis que je lutte désespérément. C'est vraiment dur de crever. Je me débats de toutes mes forces pour m'enlever ce truc, déplaçant des... horribles choses dures à moitié plantées dans ma chair. Quelque chose force dessus et me déchire les entrailles, JE VAIS CREVER PUTAIN ! Mes yeux chialent des larmes qui ravagent ma peau à vif, comme autrefois je pleure encore de désespoir, impuissant dans mon corps tressautant sous le manque d'oxygène. Soudain quelque chose me frappe violemment sur la tempe CA Y EST JE RESPIRE un air au goût de sang et de métal, chimique et aseptisé, suffocant. Je suis encore vivant. Merde. Trempé de sueur. Chaque nerf à vif. ILS M'ONT FAIT QUOI ?! Je redresse encore une fois la tête en tirant de toutes mes forces sur la courroie qui la plaque... sur quoi ? un lit ?
Et merde. Une putain de table de dissection. Mon sang bat de toutes ses forces contre mes tempes; sang ? Ou ce liquide jaunâtre qui entre dans mon bras ? Ou celui, incolore, qui reste dans la seringue vide sur la table ? Je vais mourir. J'ai si mal. Il y a tant de bruit, de bips électroniques, de machines, de tuyaux, de capteurs, de sondes enfoncées sous ma peau, de métal dans ma chair, d'électrodes, de gens en blouse verte qui discutent à messe basse tout autour. Je me demande comment je peux encore être conscient. Il me manque une grande plaque de peau sur la jambe et au moins la moitié de mes cheveux au vu du courant d'air; je devrais être mort, je voudrais être mort, mais ils font quoi là ?!  Une des silhouettes se précipite vers moi et m'injecte un truc au creux du poignet, je déconnecte sous la douleur, tendu comme un arc sur le point de se rompre, les dents serrées de toutes mes forces sur le bout de plastique, les paupières crispées à m'en faire éclater les yeux. Pitié, quelqu'un, sauvez moi avant qu'il soit trop tard...

...C'est froid, ça déchire PUTAIN !!! Je sors de mon coma sous la douleur, l'épaule. La silhouette sombre est penchée sur moi, recourbée, concentrée, respirant calmement sous son masque verdâtre. CE CONNARD EST EN TRAIN DE ME DECOUPER L'EPAULE !!! Je hurle, les cordes vocales brisées, bestialement, de douleur pure concentrée et universelle, ça y est je peux hurler ! Je suis trempé, sueur, larmes, sang salés qui entrent et brûlent mes plaies aussi sûrement qu'un acide, je tends tout mon corps encore une fois mais impossible, impossible de bouger je suis attaché, pas même un petit centimètre; je hurle d'impuissance totale, les yeux révulsés hurlant encore et encore tandis que le scalpel tourne et retourne dans la plaie, sectionne mes nerfs en feu comme un morceau de viande un putain de cobaye que je suis; ils ont l'air contents ces salauds, satisfaits et notant des trucs absurdes, je voudrais tous les buter. Leur arracher un à un des lambeaux de chair, qu'ils voient ce que ça fait. Sans sourciller, je le ferais.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!... Un truc dans la blessure, je connais ça, je le connais je le connais ! NON ils ont pas pu faire ça ! Je ferme les yeux pour ne pas voir, j'aurais dû le faire il y a bien longtemps mais trop tard, je le sais, je la sens cette petite graine qui germe dans la blessure; je voudrais arrêter, tout arrêter, c'est mon pouvoir qui fait ça ! Elle grandit trop vite, c'est une herbe sauvage et ses racines me transpercent, c'est pas naturel, les plantes ne doivent pas grandir si vite J'AI MAL ! Elle se nourrit de moi la connasse. MAIS JE SUIS PAS DE LA TERRE ! Dégage ces racines de ma chair ! Tout ça m'appartient, ça m'appartient OK ?! Une feuille me frôle le visage en grandissant et en ressort rougie de mon sang. Arrête-toi... Moi, j'arrête pas de chialer. Maman... Aide-moi je t'en prie... Que quelqu'un me permette de m'appuyer sur lui, qu'on me soutienne je veux juste me laisser porter par autre chose que la douleur... La douleur me porte, je m'en remets à elle à présent. Il n'existe plus rien d'autre. Je n'ai qu'à me laisser sombrer pour être consolé. La plante me tiendra compagnie... Un voile obscur tombe lentement sur moi.

J'entrevois des fragments de pensée qui tournent sans fin autour de moi, me foncent dessus pour me submerger sous leur intensité, mais pourquoi ? Est-ce moi qui fais ça ? Non ! NONNNNN ! Encore de l'horreur, des tortures, de cruels sourires, des mines impassibles, du sang du sang des plaies, un immense charnier humain et moi là au milieu moi mourant et me décomposant parmi les autres NON ce n'est pas possible !  Je sens pourtant les draps raidis de sang sous mon corps meurtri et la douleur sourdre de tous mes membres comme une immense toile m'enveloppant dans un cocon acéré. C'est tout. Je sens et je vois puis je ne sens ni ne vois plus, mon esprit s'égare je crois sur les chemins de cette machine inquiétante.              ...                

Encore un réveil dans ces sombres heures. Combien de temps s'est écoulé depuis le début ? Je suis secoué de temps à autres et les pointes de métal et de plastique savent me le faire savoir. Tout tourne autour de moi et je sens confusément des cris et des mouvements qui m'entourent. Que se passe-t-il ? Je crois que je ne suis plus attaché, enfin un peu presque libre, la tête abandonnée sur le côté, et sûrement à moitié nu. J'entrouvre les paupières encore une fois - la dernière ? Je n'espère plus rien d'autre.
Une... porte ? Encore une machine, qui marche derrière, le sol défile, jonché de munitions diverses. Je ne comprends pas... J'ai froid maintenant. Pourtant je transpire encore sous la douleur qui se résorbe, un peu. Je me sens tout engourdi. Je voudrais juste que quelqu'un me prenne dans ses bras pour me dire que tout est fini. Partir, loin de ces machines sordides qui dévorent ma vie. Je m'en fous de ma vie. Je veux juste plus avoir mal, que tout ça s'arrête. Qu'on me fiche la paix. Je veux qu'on me fiche la paix.
Je crois que j'ai grogné cette dernière phrase; une tête enflammée de cheveux me regarde bizarrement et je déteste son regard. Quoi, je suis pas beau ?! T'aimes pas me voir à poil ? Bah alors fallait pas me déshabiller ma jolie, va te plaindre en Enfer.
Je comprends rien. Personne ne me plante de seringue dans les veines, on ne me découpe plus, on ne joue plus avec mon cerveau fatigué. Des gens verts se ruent vers moi et d'autres leur tirent dessus. Il y a encore des gentils dans cette histoire ? Tout façon je m'en fous, ça peut pas être pire. J'essaye de bouger, péniblement, mais je parviens tout juste à soulever mon avant-bras. Eh bah j'ai plus qu'à  attendre la suite du programme alors. Vivement la mort. Jme les gèle dans ce lit à roulettes. J'ai l'impression d'être un caddie au rayon frais. Je capte un visage que je connais, blanc comme la lune et auréolé de rideaux éclatants. Ma pauvre, toi aussi tu te fais bouffer par les machines. J'en rage. Je serre les dents en refoulant mes larmes. C'est pas le moment, puis ça fait mal. J'essaye d'articuler son nom et rien ne sort. Que ces moments sont longs, ne peuvent-ils pas s'arrêter ?

D'un coup, la lumière, beaucoup, énormément de lumière qui m'éblouit et me crame le fond des yeux. Mais je m'en fous j'ai dit. Le soleil, je le regarde en face, ouais c'est pas bien mais c'est la dernière fois toute façon. Le ciel est bizarrement bleu. C'est vraiment le ciel ? Pourquoi n'est-il pas blanc... Je vois un bras pas vert, un bras d'humain pas d'insecte fouisseur, je le connais lui aussi peut-être. Je ferme les yeux un court instant pour m'appliquer.

_Tu... es venu ?

Je sais même plus à qui je parle. Mais je m'en fous j'ai dit.



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