Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Do, ré, mi... Tu veux quoi toi ?
#   Dim 7 Sep 2014 - 19:46
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Il fait beau. Pas trop chaud, ni trop froid. Le soleil brille et il n'y a pas beaucoup de nuage. Bref le temps parfait quoi. Shinobu ne s'est plus intéressée au ciel depuis longtemps. Pour elle, le ciel est toujours gris, et les rayons du soleil luttent sans arrêt pour se faire leur place sans vraiment toujours y arriver. À ses yeux, le ciel est souvent gris même lorsqu'il fait beau.

Mais aujourd'hui ce n'est pas pareil. Non. Aujourd'hui elle a fait attention au soleil. Elle s'est dit « juste une fois ».

Elle est allée au parc, sa guitare sur le dos. Elle a laissé son caractère de chien au moins pour la matinée, avant qu'on ne l'attrape pour la mettre dans une salle de cours de force. Oui parce qu'elle s'est levée de bonne humeur. C'est bizarre mais ça arrive quelque fois. Et alors elle décide de profiter de sa bonne humeur. Toute seule.

Elle a laissé tous les livres qu'elle avait emprunté à la bibliothèque sur les pouvoirs et les affinités. Ça fait déjà un petit moment qu'elle les a, et elle devra penser à les rendre. Maintenant qu'elle en sait plus, elle pourra accepter son initiation et elle ira ensuite embêter Monsieur le Master une fois qu'elle l'aura retrouvé. Maid tout ça viendra après, quand elle remettra sa carapace en place.

Elle s'installe sur un banc et sors sa guitare qu'elle pose sur ses jambes. C'est une folk que ses frères lui ont offert il y a longtemps. Son dernier souvenir.

Ses doigts se placent automatiquement sur le manche, comme chaque fois qu'elle touche sa guitare. Elle commence à jouer et s'isole à sa manière, pour quelques temps. C'est un moment magique. Il y a un vent léger qui lui agite ses cheveux et qui accompagne sa voix. Un moment dont elle va bien profiter. Tranquille.

La jeune fille s'arrête deux minutes et esquisse un sourire. Elle tient quelque chose. Elle pose son médiator et ouvre son sac pour chercher son petit carnet et un stylo. Elle gribouille rapidement les noms des notes qu'elle a utilisé, quelques paroles un peu plus bas et elle reprend son instrument pour vérifier. Les notes sonnent juste. Il lui faudra encore trouver une rythmique mais elle tient le bon bout du fil. Son sourire s'étend. Elle est vraiment contente pour la première fois depuis quelques mois.

Et ça aurait pu durer.
#   Lun 8 Sep 2014 - 18:09
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Do, ré, mi.


feat. Shinobu




7h16. C'était l'heure à laquelle Marvin s'était tiré de son plumard. L'heure il l'avait retenu parce que c'était le genre de truc qui arrivait une fois tous les dix ans. Un peu comme une éclipse, voyez. Se réveiller reposé, les idées en place et avec en mémoire la totalité de sa soirée, il avait pas l'habitude. Allez savoir pourquoi il faisait toujours autant la gueule une fois devant le miroir. Ses putains de cernes avaient pas bougé, il était presque aussi indolent que la veille. Il lui faudrait surement plus d'une nuit de sommeil pour retrouver une gueule acceptable, mais c'était déjà peine perdue. C'était tout lui, déclarer forfait avant d'avoir posé le pied sur la ligne de départ. Il en était même pas fier, c'était comme un accident, un pt'it malheur qui l'avait fauché avant la soirée qu'il avait prévu de passer. Pour dire l'entière vérité, il s'était juste allongé pour réfléchir à onnesaitquoi, et ses nuit blanches passées en avaient profité pour le bouffer. C'était pt'être pas plus mal de penser à recharger les batteries, de temps en temps. Juste histoire de pas finir à l'hosto, et d'affoler la galerie qui le méconnaissait.

Il aurait pt'être du profiter de cette ponctualité non habituelle pour se pointer en cours à l'heure et clouer le bec de ces sales profs qui parlent beaucoup trop. Mais nan, c'était trop évident pour un gars avec si peu de logique. Matinal ou pas, sa journée allait pas en changer. Et puis c'qu'on pensait de lui, il s'en foutait. C'est avec cette idée bien encrée dans le crâne qu'il avait filé de sa chambre, un sourire placide collé sur les lèvres. Il avait bien envie de faire un crocher par la cafétéria, pour dire de pas sortir le ventre vide, comme si quelqu'un avait pu s'en soucier. Il repoussa vite l'idée en découvrant la queue déjà bien longue, de toute évidence trop longue, alimentée par tous les bons étudiants près à détaler en cours à peine la cloche sonnée. Une moue dubitative étira lentement ses traits en songeant au croissant qu'il allait laissé derrière lui. Parce que forcément, quand on a l'habitude de se pointer vers la fin de matinée, y a plus personne. Mais y a plus forcément de croissant non plus.

ll sembla répondre à sa propre remarque par un haussement d'épaules et, fourrant ses mains dans ses poches comme pour cacher ses ongles rongés, il se dirigea d'un pas nonchalant vers la sortie. Pas de croissant, tant pis. En sortant, l'étonnement lui fit lever le menton. Ses yeux sombres arborèrent le ciel avec curiosité, presque admiratifs. Le brun avait toujours pensé qu'il faisait nuit, à cette heure là. C'était aussi surement dû à la saison, tout comme l'astre brillant qui chauffait déjà ardemment l'air. L'allemand ferma les yeux et inspira, désireux de goûter à ces sensations si souvent décrites dans les livres. Il attendit, attentif, mais déjà l'incompréhension dessinait des plis sur son front. Comme il s'en doutait, c'était qu'un ramassis de conneries. Déçu, il s'avança dans l'allée qui menait au petit parc, déjà hors des murs de l'établissement.

Oh bout de quelques minutes à divaguer dans sa pt'ite tête, il s'était retrouvé dans un endroit inconnu, qui manquait pas d'charme. Il s'était juste laissé guidé par le vent et les chants sournois des oiseaux saisonniers. Enfin, c'est ce qu'on dit. Moi j'dis plutôt qu'il s'était joliment paumé entre tous ces arbres, et qu'il avait pas la moindre idée de quel chemin prendre pour rentrer. Il était toujours aussi futé, Marvin. Toujours si peu anxieux de son sort, il sembla totalement l'ignorer et s'affaira à trouver un endroit où s'asseoir. Il allait traîner là un moment, pis quand il en aurait marre il se mouverait dans un autre quartier, histoire de repousser encore un peu le problème. Comme ça, il fera nuit, et ce sera encore plus le bordel, mais c'était pas grave.

Le brun finit par trouver c'qu'il voulait. Mais la place était pas libre, et même s'il était pas du genre perso, cette fille là avait un truc pas commun, qui titillait sa curiosité. Pis ça lui plait bien de rester avec quelqu'un qui a quelque chose. Pourtant il s'avance pas, ses deux iris brunes vont seules courir sur l'instrument qu'elle semble tenir avec assurance. C'était une guitare. Et voilà comment on appâte un Marvin. Il se cale contre le dossier du banc, tout juste hors de son champ de vision. Il veut pas qu'elle s'arrête, parce qu'il aime c'quelle arrive à faire. Vu qu'il est pas doué en musique - comme pour la plupart des autres trucs, en fait - il se contente pleinement du rôle de spectateur. Et encore d'avantage lorsque les artistes savent y faire. Y en a des forts et des moins bons en tout, il s'dit que c'est normal. Pourtant il pense pas à se demander ce qu'elle fait là, assise au milieu de nulle part à aligner ces quelques accords. Il est tout près, mais les notes couvrent aisément le bruit de sa respiration, et puis c'est pas un bruyant.

Marvin ne retint pas un soupire déçu lorsqu'elle s'arrêta après quelques minutes, et sembla saisir un carnet pour y noter des signes barbares. Autant la musique il aimait, mais le solfège c'était son supplice depuis la pt'ite école. Fallait dire qu'il était pas très patient non plus. Il finit par se lasser de son jeu d'espionnage improvisé, et contourna brusquement le banc pour venir s'appuyer de l'autre côté, dissuadé de s'asseoir près de l'inconnue pourtant mélodieuse. Elle était pas désagréable à regarder, certainement pas plus que lui. 'Fin pour l'instant, c'qu'il voulait c'était pas l'effrayer.

<< C'est joli. >>


Dernière édition par Marvin Wolf le Dim 26 Oct 2014 - 17:25, édité 3 fois
#   Dim 14 Sep 2014 - 17:11
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« Do, ré, mi… Tu veux quoi toi ? »


C’est son premier morceau depuis des jours, des semaines, et on peut même aller jusqu’à des années. Depuis qu’elle l’a rejoint, et qu’il l’a contrainte à supporter des filles aux faux problèmes, et des garçons tous plus stupides les uns que les autres dans leur monde huppés. Des gens qu’elle évitait, qu’elle n’approchait en aucun cas, qu’elle ne connaissait pas quand eux disaient la connaitre. Ces mêmes gens qui se moquaient ouvertement de sa musique mais qui disaient l’apprécier. Depuis ce temps –là, elle n’a pas composé. Elle n’en avait plus envie. Il n’y avait plus personne pour donner son avis. Lui s’en fichait royalement, et c’est toujours le cas. Mais elle ne lui a jamais dit, ne le lui dira jamais, même si ça lui fait mal.

Elle n’essaiera plus rien avec lui, elle ne veut plus être déçue. Maintenant, elle joue pour elle, et pour elle seule. C’est pour ça qu’elle reviendra sans doute dans ce parc, à un moment où tout le monde est censé être en cours. Personne ne la perturbera, et pendant quelques heures, elle pourra être tranquille, naturelle, et seule avec sa musique. Elle n’aime pas qu’on la dérange de toute façon, et elle a suivi assez de cours pour être obligée de s’en taper d’autre.

A un moment, elle redresse la tête. Elle a cru entendre du bruit, mais comme elle n’a vu personne, elle s’est reconcentrée sur son jeu. Elle avait encore du temps avant qu’une foule d’abrutis ne débarque, alors qu’est-ce qu’elle craignait ? Juste par précaution, elle reste attentive mais très vite, elle est absorbée par ses accords. Elle les enrichit, les transforme, s’arrête de temps à autre pour gribouiller sur son carnet et reprend tout du début.

Et puis soudainement, elle entend une voix. Son accord sonne mal, elle sursaute brutalement, et se lève aussitôt qu’elle voit quelqu’un apparaître. C’est un jeune homme, il a l’air un peu plus vieux qu’elle. Elle se met instantanément en alerte et se méfie. Elle recule un peu, et fronce les sourcils. Il faut qu’elle se calme, elle n’a rien à craindre n’est-ce pas ? C’est juste un type qui a complimenté son morceau. Il devait sans doute l’écouter depuis un  petit moment, et il était resté en retrait pour ne pas la déconcentrer. Tout le monde ne pouvait pas être comme les gens auxquels elle avait eu à faire avant de perdre tout ce qu’elle avait, pas vrai ?

Elle se rapproche un peu, et son caractère de merde revient au galop. Un ton plus sec qu’elle le veut, mais plus ou moins habituel et elle demande :

«  T’es qui toi ? Tu veux quoi ? »

Et puis l’instant paranoïa passé, elle soupire, allume une cigarette et détourne le regard. Il l’a complimentée, elle devrait le remercier non ? Et puis il n’a pas l’air méchant, il a un truc différent. Il a l’air gentil, tout simplement. Alors ses joues s’empourprent légèrement. Oui, parce qu’elle se méfie d’abord et elle réalise ensuite. Personne ne lui a dit que sa musique était jolie depuis longtemps, et elle n’a jamais remercié personne pour ça. Elle lâche un semblant d’excuse, et fixe le gazon au loin.

« Hum… Merci. Je voulais pas être si sèche. »
#   Dim 14 Sep 2014 - 20:51
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Do, ré, mi.


feat. Shinobu




Il observa la blonde faire un bond en arrière, alors qu'un sourire venait tenter de cohabiter avec  ses yeux encore écarquillés mais il sent que les tons ne s'accordent pas. Alors il s'adoucit, lui offre un visage plus amical et empathique puisqu'elle semblait déjà s'être braquée.  Et c'est dur de le garder, son sourire, lorsqu'elle lui lance une de ces répliques cinglantes qui fait  baisser les yeux. Mais Marvin bouge pas, il s'dit qu'il aura essayé, que c'est dommage parce qu'il les aime bien, ceux qui aiment la musique. Pourtant ça a pas trop d'sens, il se serait détourné et pourtant une fois seul dans sa  chambre d'interne, allongé sur son lit il y aurait repensé. Ça l'faisait chier d'se faire troubler par certaines chose, aussi rares soient-elles. Comme déstabilisé, il se mordit la lèvre sans vraiment s'en rendre compte, glissant d'un air tendu ses mains dans les poches de son jean. Pt'être qu'elle l'eut prit en pitié quand elle tenta d'se rattraper, et sans savoir pourquoi, ça l'faisait marrer.

Son regard sombre se releva légèrement pour se confronter à la froideur de ses yeux. Non, ils s'étaient radoucis. Il se demanda si c'était bien la valeur de ses modestes paroles qui faisait rougir la jeune fille. Amusé, la commissure de ses lèvres trembla de nouveau alors qu'il passait une main dans sa tignasse brune. Après tout, l'Allemand avait simplement fait preuve de sincérité. Parce que c'était ce qu'il trouvait le plus important, qu'il ne supportait pas les taches qui se muraient dans de belles illusions couvertes de trous. Mais les cons de ce genre on les repérait vite, et on s'détournait d'eux comme de la peste. Mieux vaut être seul que mal accompagné dit-on.

Des secondes, des minutes, peut-être même des heures s’étaient écoulées. Le garçon gardait le silence, comme s’il ne savait pas quoi répondre. D’un côté, peut-être désirait-il être tranquille, ne pas s’enquiquiner d’une discussion éculée. Mais s'il l'avait abordé, se dérober maintenant serait peut-être précipité. Ce n'est pas comme s'il en était incapable, mais elle avait l'air gentille, rien de plus. Si, elle était musicienne. C'était le petit plus qui l'avait attiré jusqu'ici, comme un loup un peu trop curieux. Comme abattu par ses propres pensées, il s'appuya négligemment contre le dossier du banc, l'observant allumer sa cigarette d'un œil un brun surpris. Il avait commencé à se demander si les filles étaient en droit de fumer dans ce pays, à croire que oui.  A son tour il cala un bâtonnet entre ses lippes, et tira une taffe, soufflant la fumée avec une certaine classe, adaptant son attitude comme pour qu'elle embrasse sa vision machiste du monde. Ça l'étonnerait presque, mais il s'en fout.

Quand ça fait déjà deux trois fois qu'il a puisé son courage dans sa solution miracle, les yeux courant toujours sur le sol comme si trop la fixer s'rait comme la provoquer, il commence à s'demander si c'était vraiment une bonne idée,  de venir jusqu'ici. Parce que même si parler avec les autres, c'est pas un grand défi pour le brun, il sait jamais jusqu'où ça peut aller. Des fois ça t'échappe même et tu t'retrouves à courir derrière le train, comme un con. Mais c'est pas tout le temps pareil - même si ça l'est souvent. C'est dommage, mais après avoir jeté un œil à ce qu'elle semblait fixer depuis un moment, il préfère y aller un peu à l'aveugle, quitte à s'retrouver dans la merde après. Parce que c'est toujours la même, avec Marvin. << T'inquiètes. Moi aussi j'ai une guitare. >> Il s'interrompt le temps de prendre une nouvelle bouffée. << Pourtant, j'ai beau essayer et m'entraîner, ça reste toujours aussi inaudible. >>
Il sent sa bouche s'entrouvrir en un sourire et la fumée fuse entre ses dents blanches, poussée par un demi rire alors qu'il secoue lentement la tête, sincèrement amusé par sa propre réflexion. C'était de repenser à la tête de son père, à chaque fois qu'il le voyait passer avec l’instrument sous le bras pour aller faire vibrer la maison d'ondes absolument insupportables. Pourtant jamais il s'était énervé, il l'avait toujours encouragé. Fallait croire que ça avait pas suffit pour faire de lui un expert passionné. De toute façon, de ça aussi, il s'en foutait. Laissant de côté sa soudaine nostalgie, l'Allemand déglutit et rassembla assez de courage pour plonger dans le regard de la fillette ses deux iris brunes. << Ça fait longtemps que tu joues ? >>


Dernière édition par Marvin Wolf le Sam 6 Déc 2014 - 13:00, édité 2 fois
#   Sam 27 Sep 2014 - 20:11
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« Do, ré, mi… Tu veux quoi toi ? »



Le gazon est particulièrement verdoyant, il s'étend à perte de vue, avec ses roses, et ses roses, et... Oui, très beau. Et il a l'air bien entretenu aussi, mais qu'est-ce qu'il peut être inintéressant. Aussi inintéressant que ses chaussures, son jean, sa veste ou ses lacets. Mais c'est juste que la jeune fille ne veut pas soutenir le regard du brun. Quoi ? On voit tant que ça qu'elle est gênée ? Elle n'est pas parvenue à faire disparaître les rougeurs de ses joues alors probablement. Elle expire longuement sa fumée, pour essayer de ses donner contenance et passe une main dans sa trop longue tignasse blonde. C'est un tic, elle n'y peut rien. Elle se sent obligée de tripoter ses cheveux dès qu'elle ne se sent pas sûre d'elle. C'est ironique lorsque l'on sait qu'elle est toujours sûre d'elle. D'ailleurs, elle se demande pourquoi elle n'a pas encore envoyé le brun chier comme elle l'aurait fait en temps normal. Et puis elle se souvient de sa réflexion interne et tire sur sa cigarette pour éviter de soupirer.

Elle détourne le regard du gazon, qui commence franchement à l'ennuyer, enfin pas qu'il l'ait vraiment intéressée. Et puis elle sursaute presque lorsqu'elle entend le brun parler. Combien de temps s'est écoulé depuis qu'elle-même a parlé ? De longues minutes, elle en est certaine. Alors elle ne s'y est pas attendu, et elle a été surprise. Elle enfonce sa main libre dans sa poche de jean, l'autre tenant encore la cigarette qui se consume sans qu'elle n'y touche. Elle ouvre la bouche pour répondre et finalement, elle se ravise alors qu'un petit sourire se dessine sur son visage. Combien de temps a-t-elle pensé la même chose lorsqu'elle avait commencé ? Des guitares, elle en avait cassé un bon nombre, pour énerver son substitut de père et lui montrer sa frustration. AU début, elle avait horreur de ça. La guitare, le piano, et tout ce qui touchait à la musique. Et puis elle a fini par s'y habituer, elle y a trouvé un échappatoire. Maintenant, elle a besoin de la musique, tut simplement.

Elle finit par lever les yeux, et croise deux iris sombres. Son sourire de fait un peu plus timide et elle se détourne pour s'asseoir sur le banc. Elle pose son étui au sol, place sa guitare sur ses jambes et tapote la place qu'elle a libéré à côté d'elle, une fois sa cigarette éteint. Puis elle cherche à croiser de nouveau le regard du brun, et elle le fixe. Elle aime parler les yeux dans les yeux, parce que la plupart des gens faux ne savent pas soutenir le regard de l'autre.

Elle lui rend son sourire et hoche la tête. Cette fois, elle va se montrer moins sèche, moins distante. Peut-être qu'elle pourra avoir une conversation normale avec quelqu'un pour une fois. Mais elle doit faire un effort, elle le sait. Parce que pour Shinobu, provoquer les gens et se montrer méchante, c'est aussi naturel que respirer. Mais elle se redit qu'il avait l'air gentil, et elle veut essayer de se fier à son instinct pour cette fois. Si ce n'est pas la bonne, tant pis, elle sait comme gérer.

« Huit ans. »

Huit ans. C'est long huit ans quand même. Elle ne s'en est jamais rendu compte. Elle lâche le brun du regard pour poser les yeux sur sa guitare. Une Fender. C'est son père qui lui a offert, quand elle su bien jouer et qu'elle a commencé à apprécier ce qu'elle faisait. C'est le seul cadeau venant de lui qu'elle ait jamais aimé. Et du coup, elle ne s'en est jamais débarrassée. Parfois, ça l'énerve, parce qu'elle se dit qu'elle s'accroche encore, et ça lui rappelle son manque de courage au moment fatidique. Maintenant, elle sait qu'elle retrouva sa véritable famille dans un bon bout de temps. Il lui reste encore beaucoup de choses à vivre. Mais elle ne veut plus espérer lamentablement. Un jour, elle se débarrassera de cette guitare, mais pas pour le moment.

« J'sais toujours pas qui t'es en fait. Moi c'est Shinobu, mais y a des gens qui préfèrent m'appeler par mon deuxième prénom, Heaven, parce que l'autre c'est trop japonais. »

Son paternel, les filles qu'il lui a imposé et toutes ces personnes présentes aux soirées arrosées auxquelles elle assistait avant de venir à Terrae. Personne depuis qu'elle a été embarquée loin du taudis où on l'a brutalement salie et dépouillée ne l'a jamais appelée par son vrai prénom. C'est drôle de se rendre compte de ça quand on se présente à quelqu'un. Et qu'est-ce que ça fait chier putain.
#   Dim 28 Sep 2014 - 12:37
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Do, ré, mi.


feat. Shinobu




Le temps se fait un peu plus long à moins qu'il ne se soit figé. Marvin inspire calmement, se délectant de l'air frais du monde extérieur comme s'il venait de le redécouvrir. Depuis combien de temps n'avait-il pas pris la peine de sortir le nez de sa piaule ? Sa vielle chambre aux rideaux tirés qui sentait le renfermé, avec des tas de bordel un peu partout, qu'on doit enjamber dès qu'on s'met en tête d'atteindre un bout de la pièce. Et combien de fois lui avait on pas dit qu'ça finirait par le tuer, ce mode de vie complètement décalé, si la solitude n'l'avait pas bouffé avant que ça arrive. L'Allemand pince des lèvres avant de tirer une énième taffe, et fixe la blonde sans vraiment y faire attention, pensant plutôt que c'est l'air qu'il regarde si ardemment. Il s'en rend pas compte, il est perdu dans sa tête à chercher à faire avancer les choses. Une dizaine de secondes passent comme ça avant qu'elle ne se décide à aller se poser et à tapoter la place libre qui reste sur l'autre moitié du banc, invitant explicitement le brun à venir s'y asseoir. Une lueur de curiosité et d'excitation traverse ses yeux sombres et sa main droite vient ébouriffer ses propres cheveux.

La surprise vient former des plis sur son front alors qu'il se met à l'aise non loin d'elle, les jambes tendues devant lui, comme un pacha. Et ça lui plaît, la façon dont elle s'est installée, les doigts sur les cordes de son instrument prêt à dégueuler des notes somptueuses. Huit ans, c'est long ça. C'était soudain plus si étonnant, de la voir se débattre comme ça, de voir que ça avait suffit à l'attirer tout près d'elle. Sa curiosité lui faisait pas défaut, et il le savait ça, qu'sans elle il serait déjà mort. Faudrait qu'il pense à la remercier, un jour. La blonde semblait partie pour causer, alors il l'interrompt pas, n'tentant même pas de cacher le petit sourire qui vient faire trembler sa commissure. Heaven, ça voulait dire un truc en anglais, mais son excellente maîtrise de la langue lui permettait pas de savoir quoi. Et ça l'foutait mal, quand même, de l'appeler par un truc qu'il ne comprenait même pas. Et puis Shinobu, c'était pas moche. Certainement pas plus que son nom à lui. << Shinobu. Moi c'est Marvin. >>

Marvin. Il s'demande un instant à quoi ses parents avaient pensé le jour où ils l'avaient déclaré à la mairie. Sa mère lui avait dit une fois qu'à l'origine, il devait s'appeler Klaus, un truc comme ça. Son père avait subitement changé d'avis sur le chemin, et il avait écrit Marvin sur le papier, sans prendre la peine d'appeler maman pour lui demander. Autant dire que ça avait bardé une fois de retour à la maison, y avait même pas mal d'assiettes qui avaient volé. Pas la peine de préciser que l'Allemand en garde aucun souvenir. Il sait même pas si ça l'arrange aujourd'hui, le prénom change rien à la personne, d'après lui.

Il relève un instant le nez vers le ciel, laissant ses yeux analyser ce qui a au dessus de sa tête. Y a même pas de nuage pour empêcher le soleil de lui cramer la peau. D'habitude, il préfère pieuter sous les abris, Marvin. Même quand l'astre brûlant lui propose explicitement de venir lui réchauffer le dos. Lassé de ses petites réflexions, il s'étire, grimace même un peu en entendant son dos craquer. C'était plus fatiguant que dans ses souvenirs, le monde extérieur, les gens, le bruit, toussa. Et la fille qui commençait peut-être même à le trouver chiant et monotone. Alors il lui fait un sourire, avec son air de gamin innocent, celui-ci qui a surement jamais voulu de mal à personne. Et ça marche, dans le sens où il veut, il a plein d'idées pour la suite de la journée. C'était rare qu'il soit à court d'idées. Marvin respire un grand coup, déjà un peu rassuré d'avoir quelqu'un à qui parler et de ne pas passer sa journée seul à broyer du noir. Mine de rien, ça finit par être ennuyant, de vivre sans couleurs. Il respire l'air frais qui s'oppose complètement à celui qu'on peut sentir dans la chambre du pensionnat. Il respire à plein poumons ce qu'on lui offre gratuitement, sans se soucier du reste.  << Et qu'est ce que tu fais là, assise toute seule ? >>

Et lui alors, qu'est ce qu'il y faisait exactement ? Il l'demandait parce que si elle voulait juste jouer de la guitare, y avait pleins d'endroits aussi calmes que celui ci, et plus proches du bâtiment. Qu'on avait pas besoin de faire des kilomètres à pied pour s'isoler et se poser des questions existentielles. Et ça il le savait, pt'être encore mieux que les autres. Lui il s'était perdu, dans ses pensées comme au sens littéral. Et ça l'fait chier de l'admettre, qu'il sait plus où il est, qu'il prend ce qu'on lui donne sans chercher plus loin. C'est pas comme si ça avait pas toujours été comme ça.


Dernière édition par Marvin Wolf le Mar 21 Oct 2014 - 17:18, édité 1 fois
#   Dim 12 Oct 2014 - 18:51
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« Do, ré, mi… Tu veux quoi toi ? »



Elle le regarde regarde le brun s'installer à côté d'elle, caressant d'un geste distrait les cordes de sa guitare. Pour une fois qu'elle a dépassé l'étape de la frayeur, elle veut en profiter. Ce n'est pas tous les jours qu'elle parle à quelqu'un - un homme qui plus est - sans l'insulter ou ne lui accorder aucun intérêt comme à son habitude. Alors pour cette fois, et juste cette fois, elle fait un effort, un gros effort. Après, elle retourna dans sa chambre, ou elle traînera en ville, tant qu'elle n'est pas contrainte d'aller en cours. A ses yeux, c'est un programme plutôt bon.

Elle retire la cigarette qu'elle a calé entre ses lèvres pour faire tomber les quelques cendres qui se sont accumulées, puis elle finit par l'écraser au sol, sous sa bottine. Voilà une chose de faite. Elle passe ensuite sa main dans ses cheveux, fidèle à ses habituels tics de comportement. Lorsqu'elle le regarde de nouveau, elle remarque le petit sourire au coin des lèvres du brun. Alors qu'elle voulait froncer les sourcils, elle a une petit moue. Qu'est-ce qu'il y avait qui le faisait sourire ? Elle avait des prénoms parmi tant d'autre, alors qu'est-ce qu'ils avaient de drôle ?

- Marvin... Qu'est-ce qui te fais sourire là ?

Chassez le naturel et il revient au galop. Par réflexe, elle s'est mise sur la défensive. Elle ne supporte pas qu'on se moque d'elle, tout simplement. Et elle espère bien qu'il ne se moque pas d'elle, ce serait dommage pour une première rencontre. Ah quoique non. Même pas. Elle a oublié l''autre abruti fini qui l'avait laissé escalader la grille et se prendre un coup de jus alors qu'il pouvait aller chercher quelqu'un. C'était vraiment LA mauvaise première rencontre, et rancunière comme elle est, elle surmontera bien ses peurs pour l'affronter si elle le croise de nouveau un jour, en supposant qu'elle le reconnaisse. Elle avait déjà oublié son nom.

- Ce que je fais ici ? Le contraire des autres, je sèche.

Pas besoin de supporter encore tout un tas de cours. Elle doitbien se servir du fait qu'elle ait malgré tout eu des profs particuliers. Et elle n'a aucune envie de réécouter les mêmes choses parfaitement inutiles. Ce n'est pas à l'école qu'on apprend la vie, et ça elle le sait très bien, alors pourquoi est-ce qu'elle devrait perdre son temps dans une salle de classe ? Elle n'est pas faite pour la théorie. C'est pour ça qu'elle sait qu'elle n'aura jamais un de ces grands emplois, où on est contraint de rester dans un bureau jusqu'à vingt-trois heures, à travailler non stop, et où on ne voit la vie qu'à travers une fenêtre qui donne vue sur les immeubles et des rues polluées. Très peu pour la jeune fille, elle s'en passe volontiers.

- J'ai pas d'chance de me faire griller, j'pense pas que les pions ou les profs viennent jusqu'ici.

Et même si ça arrivait, elle se serait débrouillée pour disparaître avant qu'on ne l'attrape.

Elle n'ajoute rien de plus, et recommence à gratter, plaquant des accords au hasard sur le manche. Elle en a tellement l'habitude maintenant, qu'elle les connait même mieux que par coeur. Ce sont des automatismes, c'est presque aussi naturel pour elle de plaquer des accords que de respirer. Et finalement, c'est plus agréable que ce qu'elle pensait au début.
#   Mar 21 Oct 2014 - 17:22
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Do, ré, mi.


feat. Shinobu




Il est fier de lui. Il a réussi à la capturer dans ce qui semble être sa plus grande passion. Pas d'une façon de tyran qui va surveiller ses faits et gestes ni comme un enfant qui se permettra de juger tout ce qu'il voit, et de critiquer s'il ne peut pas les comparer à son propre comportement. Il l'a capturé d'une façon très abstraite, planté là à l'observer gratter ses cordes. Bien sur qu'il est tout heureux de constater qu'elle lui fait assez confiance pour continuer sa besogne sans broncher, même si sa mâchoire est serrée et qu'elle lui lance des regards en biais. Puis elle reprend et ses yeux vont chercher les siens alors qu'il esquisse un sourire fasciné. Savoir qu'elle y a consacré autant de temps, à la musique ou à sa passion en général, ça le dépasse autant que ça peut l'éblouir. C'est surement parce que lui, sait pas s'intéresser à quoi que ce soit. Qui a rien qui a su profondément le captiver en dix-huit années d'existence. Faut dire qu'il ne cherche pas désespérément, ça fait un bout de temps qu'il a jeté l'éponge. Il est comme ça et on le changera surement pas. Alors il regarde tous ces gens, ceux qui ont assez de patience et d'intérêt pour ces choses qui lui semblent futiles. Pourtant il le voit, qu'au fond des yeux de la blonde la musique n'est pas anodine. Peut-être que c'est pour tenter de partager un bout de sa passion qu'il reste assis si sagement près d'elle. Ses iris scintillent et sa bouche reste entrouverte même si ça fait un moment que sa clope est écrasée par terre.  

Sa remarque vient le tirer de sa rêverie et élargit son sourire de gamin, pendant qu'il est occupé à ramener ses jambes contre lui, comme s'il essayait de s'asseoir en tailleur mais qui avait pas la place. Alors il se tortille et essaye de se mettre bien sans pour autant être envahissant. C'est qu'il s'y connait, de ce côté là, les mecs qui partagent sa piaule seraient surement les mieux placés pour venir se plaindre. Y a un truc qui vient lui chatouiller le nez alors il le fronce et grimace, comme si une mouche venait de l'effleurer, c'est surement comique. Mais comme il peut pas se voir il tente de juger par l'expression de la blonde, de vérifier si elle est pas en train de se foutre de sa gueule. Y a pourtant pas un risque, son regard est rivé sur sa guitare et c'est comme si il était pas là. Le brun se surprend même à penser que cette sensation est pas désagréable. Pt'être qu'elle baisse un peu sa garde, qu'elle s'est aperçue de son effarante inoffensivité. Il tente tout de même de rester de marbre, de planquer les traits qui se sont installés de long en large sur son son front. Dans le petit monde de Marvin, y a jamais eu de filles qui sèchent. Ça les intéresse pas, elles ont peur ou pt'être qu'elles ont pas la droit. Mais rien est tout rose ou tout bleu. Ses idées partent dans tous les sens ce qui crée un contraste plutôt absurde avec le sens même du mot sécher. Il s'en rend pas compte, c'est déjà ça. << Alors je suis pas tout seul, à avoir délaissé les cours. >> Parce qu'il l'avait cru, pendant longtemps.

Puis soudain il en a marre, il est lassé de rester si calmement planté là à attendre que ça se passe. C'est sans doute les rayons du grand astre à force de lui cramer la peau qui avaient épuisé sa patience, aussi mince soit elle. Le brun se lève brusquement, balayant de ce geste tout espoir de dompter la demoiselle par de banals sourires affables. Avec sa patience d'un gosse de huit ans c'est pas si étonnant, mais c'est pas trop grave, y a rien de méchant, ça s'arrête là. Ses dix-huit ans il les fait pas mais peu importe, ça lui plaît de jouer les Peter Pan. Et ça lui plairait bien de partir à l'aventure un jour sans prévenir personne, avec un pote ou un inconnu, un baluchon et un sac de couchage sur le dos. Il s'était promis de le faire quand son père l'avait foutu dehors. 'Pis le temps avait passé et il avait jamais donné suite à cette promesse. Pourtant il y croyait dur comme fer qu'elle avait pas été faite dans le vent, qu'un soir il se déciderait à se tirer de ces murs pour aller ailleurs, assez loin pour qu'on se passe de l'envie de le chercher. Marvin aurait bien aimer se ré-installer là et parler de tous ses petits projets à la blonde, lui montrer comment ça brillait dans ses yeux lorsqu'il parlait de là où il irait. C'est toujours , ou bien loin, car il sait pas encore exactement où, et il a pas envie de savoir. Peut-être parce qu’il aime l’imprévu, qu’il ne veut pas crever sans avoir rien vécu.  Sur ses lèvres vient se coller un sourire gluant d'éblouissement. Il a envie de lui montrer, de lui faire goûter un petit peu de son rêve. Et puis c'est pas tous les jours qu'on croise une fille qui sèche, c'est un truc qui se fête. << Dis, Shinobu. T'as pas envie qu'on bouge quelque part ? Si t'as pris la peine de venir jusqu'ici pourquoi pas aller encore plus loin ? >> Il se félicite de sa franchise et étire un peu plus ses lèvres déjà bien ouvertes. Ça sonne comme un défi qu'il se lance autant à lui même qu'à Shinobu. Le genre d'envie trop frivole pour être avouée, où y a ni piège ni contrainte. Simplement que ça lui plairait, de l'embarquer dans une de ses minis aventures. Ça lui plaît d'exposer ses théories qu'il sait foireuses aux inconnus qui deviennent des amis. Ça fait toujours la conversation, et surtout la relation. Il se marre parce qu'il est fier de pas être de ceux qui se cantonnent à des acquis bien stricts. Dans ce monde, l'originalité est la seul manière de se démarquer, dit l'homme qui ressemblait à tous les autres. Il piaffe encore un peu mais choisit de redescendre sur terre, pour entendre si jamais la blonde se décidait à lui répondre. C'est même pt'être déjà chose faite. Si il divaguait pas autant, il le saurait.


Hors rp : Désolé pour l'attente, j'étais assez inspiré au début mais pas pour avancer. J'ai eu un gros blanc. 'Pis j'avais pas mal de travail aussi. J'ai fini par me bouger, j'espère que ça te va.


Dernière édition par Marvin Wolf le Ven 20 Fév 2015 - 19:36, édité 1 fois
#   Sam 29 Nov 2014 - 10:22
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« Do, ré, mi… Tu veux quoi toi ? »



Elle est restée silencieus un long moment. Elle n'avait pas grand chose à dire. Il faut dire que la vie d'une fille comme elle, hors de son milieu quotidien, n'avait rien e très palpitant. Ennui. Enfin, pas que sa vie d'avant ait été passionnante, pas du tout, et elle est bien contente de s'en être tirée, sans quoi elle ne serait pas assise là, sur ce banc à discuter avec un type qu'elle vient de rencontrer non, elle .serait sans doute déjà six pieds sous terre, si on avait eu la présence d'esprit de l'enterrer. Mais elle espérait malgré tout quelque chose de mieux, de moins quotidien, habituel. Les cours, les élèves, les profs. Tant de choses qu'elle ne voulait pas supporter. Et elle les éviterait aussi longtemps qu'elle le pourrait. Elle était dans un nouveau pays après tout, alors pourquoi irait-elle passer de nombreuses heures d'affilées enfermée dans une salle de cours à supporter professeur et tout un tas d'élèves qu'elle n'arriverait pas à comprendre alors qu'il y avait tant d'endroits qu'elle pourrait aller découvrir. Le Japon était son pays maternel non ? Alors elle pouvait au moins rendre sa vie à Terrae utile.

Mi mineur, Do, ré, Sol... Elle note sur son carnet. C'est un enchaînement qui lui sera probablement très utile. Elle juge tout ce qu'elle écrit utile de toute façon. Elle note tout sur son carnet pour ne pas oublier l'ordre dans lequel elle a joué ses accords même si elle fait parfaitement que tout est gravé dans sa mémoire. C'est juste une habitude qu'elle refuse de lâcher. Elle s'arrête et lâche sa guitare des yeux lorsqu'elle entend la voix de Marvin. Tout seul ? Elle est certaine qu'il n'y a pas qu'eux qui séchaient les cours. Ou presque... Elle n'avait pas rencontré beaucoup de gens alors elle ne savait pas réellement. Mais toutes les chambre étaient vides, alors à moins que tout le monde se soit donné rendez-vous en ville, il devait forcément y avoir d'autres élèves comme eux qui traînaient.

Le brun se lève brusquement. La jeune fille le regarde et hausse un sourcil. Elle se demande ce qu'il lui prend. Il a un nouveau sourire. Mais qu'est-ce qu'il a à sourire autant ? Il n'a pas mal aux joues à force ? Son sourire s'étend encore plus. Bouger... Oui, pourquoi pas. Elle en a assez de rester assise là, même si elle a sa guitare avec elle. Elle se lève, et remet le précieux instrument dans sa housse. Aller plus loin... Oui, mais où ? On pouvait toujours aller loin, sans vraiment savoir où aller. Aller plus loin... C'était quand même très abstrait comme phrase. Elle la note rapidement sur son carnet, c'est presque illisible mais c'est écrit. Elle passe les lanières de sa housse sur ses épaules et dégage de son dos sa tignasse blonde pour être plus à l'aise. Elle ne sait pas où ils iront, et elle s'en moque un peu. Elle va juste ravaler ses craintes et voir ce qu'ils pourront découvrir.

- J'te suis.

C'est marrant, ça sonne comme s'ils partaient à l'aventure. Le genre de chose qu'elle aurait aimé imaginer, faire quand elle était gosse, et qu'elle pouvait encore jouer avec ses frères. Le genre de chose qu'elle n'avait jamais pu faire.

HRP : Voilà ! Désolée pour cet horrible retard. Chaque fois que j'ai voulu répondre, j'ai manqué de temps et il a fallu repousser encore et encore. Mais c'est enfin posté.
#   Sam 6 Déc 2014 - 13:03
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Do, ré, mi.


feat. Shinobu




Le détour réservé aux avoeux n'aura pas été vain, puisque Shinobu s'interrompt et s'affaire à ranger toutes ces petites affaires. Marvin est satisfait, il devine que c'est partie gagnée avant qu'elle ne le lui confirme par elle même. C'est qu'il aurait eu l'air hébété à devoir rentrer seul maintenant, surtout que malgré ses iris froides et son ton détaché la blonde avait pas l'air méchante. Il la laisse donc prendre son temps pour décoller ses fesses du banc et dégager son épaisse tignasse, estimant d'un air hésitant le moment où il devrait mettre les voiles. Restait encore à décider où mettre le cap. Il n'y avait pas qu'une possibilité, et le brun aurait pu en profiter pour réaliser qu'en effet, le matin on peut faire beaucoup plus de choses que lorsqu'on se réveille vers dix-sept heures. Les commerces viennent d'ouvrir et les rues ne sont pas bondées étant donné que tout le monde - pratiquement - est au travail. Mais il ne réalise rien, il est trop occupé à fouiller dans sa mémoire pour retrouver le chemin à emprunter. C'est probablement car son japonais désastreux ne lui permettait pas de se fier aux panneaux, et qu'il était trop fier pour demander son chemin devant sa nouvelle pote. C'est peut-être aussi car il n'a aucune confiance en les autres, bien que personne n'aurait trouvé d'intérêt à l'envoyer dans une mauvaise direction. Tous ces petits trucs qui font qu'il est obligé de ralentir et de jeter des coups d’œils hasardeux à chaque carrefour. Et ça paye drôlement bien, pour une technique à la Marvin, vu qu'il fini par apercevoir les barrières vertes qu'il cherchait.

Fête Foraine. C'est ce qui est marqué sur la grande pancarte, avec de jolies lettres et des couleurs éclatantes. C'était pt'être une idée minable, ou juste enfantine. Mais Marvin ne se soucie pas de ça, il est persuadé qu'il y a au moins une chose qui pourra l'intéresser. Ou tout juste assez pour lui montrer qu'il a fait un effort dans le but d'éradiquer cette atmosphère pesante et désagréable qui régnait perpétuellement entre eux. Il veut s'échapper et se donner les moyens de s'amuser dans cette routine lassante, mettre un instant de côté le brun noisette fade et inexpressif de ses pupilles qui regarde le tourbillon de la vie sans broncher. Et pt'être dans la foulée, entraîner Shinobu dans quelque chose de moins triste que ce qu'il voit jusque là à travers son expression renfermée. Il n'est pas voyant, il tâte, devine, estime avec sa modeste expérience. Et espère que ça suffira à la faire sourire rien que le temps d'une journée. Aussi bien pour elle que pour lui : être accompagné d'une fille qui tire la tronche n'a jamais été agréable pour personne.

Il met un pied devant l'autre jusqu'à se tenir devant l'entrée, là où les tickets sont vendus. Ça coûte pas cher en semaine, et même si la blonde avait pas assez sur elle, lui avancer allait rien lui coûter, moralement. Il fouille dans sa poche à la recherche d'un billet ou d'une pièce qui traîne, ne laissant pas la place à l'inquiétude sur son visage. Les poches de Marvin sont toujours pleines de trésor, on devrait bien y trouver quelques sous. ll brandit une minute plus tard un billet, largement assez gros pour leurs places à tous les deux et se surprend même à envisager lui payer la sienne. Lui même étonné de sa générosité, il observe sa camarade, les yeux plissés en face d'elle à quelques mètres. << Ça te branche ? Y a des attractions vraiment biens, et pleins de trucs à manger. >> Et voilà comment passer pour un goinfre devant une jolie fille. Mais Marvin percute pas un instant, il penche juste la tête sur son épaule en quête d'une approbation. Il savait que c'était bien seulement par des avis de " potes ", ses horaires et son emplois du temps désastreux lui avaient pas permis de se forger un avis personnel. Et pis sans parler des problèmes de thune, il fait pas ce genre de sortie toutes les semaines. Il vérifie une fois de plus pour être sûr que ça fait le compte et qu'il passera pas pour un con, et à l'occasion montrer à la blonde que ça le gêne pas de l'inviter, vu qu'il y a bien trop dans sa paume pour lui tout seul. Il veut pas faire face à des questions trop profondes, juste échanger une poignée de temps avec une inconnue contre des rires et un échappatoire de plus.
#   Dim 1 Fév 2015 - 12:03
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« Do, ré, mi… Tu veux quoi toi ? »



Elle marche sans dire un mot à côté de Marvin. Elle n'a rien à dire et n'aime pas parler pour ne rien dire de toute façon. Et puis d'un certain côté, elle appréhende. Parce qu'elle ne connait pas la ville, parce que la visiter était le cadet de ses soucis lorsqu'elle était arrivée ici. Et puis elle a encore tellement de chose à faire avant de penser à faire du tourisme. Il y a par exemple ce master, qu'elle doit retrouver quand elle sera initiée. Et il faut qu'elle en sache un maximum avant.

Elle s'allume une cigarette et regarde les panneaux indiquant le nom des rues. Il lui semble que Marvin a un peu de mal à se repérer. Elle pourrait lui proposer son aide, le japonais étant sa langue maternelle. Mais elle ne sait pas où ils vont alors ça ne servirait à rien. Elle se contente de marcher, et elle verra bien où ils vont arriver. Et puis son regard finit par être attiré par des barrières colorées devant eux. En s'approchant, elle lève un peu la tête et regarde l'enseigne. Une fête foraine. Elle n'a pas la moindre idée de ce dont il s'agit et se rembrunit un peu. Marvin à l'air de connaître lui. Elle n'a jamais mis les pied dans un endroit de ce genre quand elle était petite, faute de moyens pour quitter la ville, et sans doute parce que les dealers et autres gens de cette trempe auraient tout détruit. Ils ne connaissaient pas les fêtes foraines là d'où elle venait et elle n'échappait pas à la règle. Et même en vivant chez son substitut de paternel, elle n'avait jamais entendu parler de ce genre d'endroit. Les gens de l'acabit de son père n'ont pas tous les mêmes problèmes. Avec les enfants de ces gens, c'était plutôt shopping, tasse de thé, et discussion, jusqu'à ce que Shinobu ne décide de dériver et fréquenter d'autres personnes et d'autres endroits. Pour autant, elle n'entendait pas parler de fête foraine.

Elle suit Marvin qui se dirige vers l'endroit où on vend les tickets d'entrée probablement. Elle le regarde fouiller dans ses poches et sortir un billet. C'est un peu beaucoup pour une seule personne alors elle regarde les prix. Mais son regard est très vite attiré par les gens derrière les barrières qui semblent s'amuser et qui crient. Même si elle ne montre pas, elle est émerveillée. Elle découvre quelque chose qu'elle n'a jamais vu, et ça attise sa curiosité. Une réaction purement enfantine, mais après tout, elle est une gamine. Elle a grandi trop vite sans rien connaître des plaisirs de l'enfance parce qu'il y avait la vie qu'elle devait affronter. Peut-être qu'il est temps de rattraper un peu de cette enfance lamentable ?

La voix de Marvin la tire de ses pensées, et à cet instant elle se sent gênée. Horriblement gênée. Elle espère que ça ne se voit pas sur son visage. Elle le regarde puis détourne les yeux en passant une main dans ses cheveux. C'est peut-être bizarre de n'avoir jamais fait de fête foraine à seize ans. Elle ne veut pas paraître ridicule. Alors elle répond tout simplement :

- Euh ouais... Allons-y...

Si ça ne lui plait pas, il y aura toujours un endroit pour trouver de quoi manger comme le lui a dit Marvin. Alors au pire des cas, si elle a une boisson et un donut, elle ne se plaindra pas.

HRP : Sorry !! C'est plus horrible un retard pareil, c'est abominable. Vraiment désolée.
#   Ven 20 Fév 2015 - 19:41
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Do, ré, mi.


feat. Shinobu




Marvin a surement une tronche émerveillée lorsqu'il fait ses premiers pas entre les stands, la blonde toujours non loin derrière lui. Ça sent l'enfance, avec des couleurs criardes, des rires de mômes et des odeurs sucrées à s'en donner mal au crâne. Et même si le brun n'est pas en mesure de toutes les analyser en même temps, il ne retient pas son regard qui se balade de trésor en trésor, un éternel sourire de bienheureux accroché aux lèvres. Il essaye de voir tout ce qu'il a envie de faire et où il faudra passer pour y revenir plus tard. Mais c'est l'espace réservé à la bouffe ici, avec quelques minis jeux pour les gamins. Les vraies attractions sont dans la deuxième partie du parc. Pas que ça l'intéresse pas d'essayer d'attraper des canards en plastocs trafiqués, il laisse couler son regard envieux vers les quelques mômes agités qui rigolent et crient autour du bassin. Ça devait être le genre de souvenir qu'on garde précieusement à l’abri dans un coin de sa tête. Et ça fait foutrement envie. Une chance que l'odeur du chocolat lui fasse détourner la tête avant qu'il se mette à se poser des questions trop profondes. Marvin se dit tout de même que ce serait pas malin de s'en mettre déjà plein la panse à peine arrivé. Ça les ramollirait dans leur élan en plus de leur donner la gerbe quand ils se retrouveront la tête en bas à hurler comme on a pas souvent l'occasion de le faire. Il doit juste ignorer les appels explicites que fait résonner son bide jusqu'à ses oreilles et faire un détour, en évitant du même coup d’emmêler son pied dans l'autre. Fallait espérer que Shinobu n'soit pas une adepte du petit dèj. Il se demande tout de même si ça plait à sa nouvelle pote ici, espérant que c'est sa pseudo fierté qui lui colle cet air faussement désintéressé sur le visage. Le genre de détail qui n'effleure pas le brun, qui n'arrive pas à ternir ne serait-ce qu'un peu la lueur émerveillée qui s'est installée dans ses yeux noirs. Il veut analyser tout ce qui se trouve autour de lui, par terre jusqu'au dessus de sa tête, pour voir tout ce qu'il y a à voir et du même coup, satisfaire sa curiosité et ravir ses sens. << Je veux faire celui là. >> Lance t-il d'un coup en pointant une espèce de boule géante du doigt. C'était une de celles dont tous les journaux japonais avaient parlée lors de leurs innovations. Et c'était peut-être bien la seule actualité dont il avait été au courant cette année là. Faudrait pas trop s'intéresser à ce qui se passe hors de sa bulle, il craint peut-être trop ce qu'il pourrait voir si il mettait la tête dehors.
Sans attendre l'approbation de la blonde, et convaincu que son idée est la meilleure, il commence à se mouver vers la minuscule file d'attente. Minuscule forcément, quand on se rappelait de sa longueur lors des dernières vacances scolaire. Mais aujourd'hui c'était quasiment vide. Vérifiant que Shinobu ne s'est donc pas fait bouffer par la mini-foule, il s'engage dans le bâtiment puis dans la file après avoir lancé un regard foncé à une fille qui essayait de lui passer devant. Et son regard part une nouvelle fois dans tous les sens, la déco futuriste donne une impression grandiose. Le brun est tout à son aise avec ses airs de petit garçon. Il peut de nouveau s'en mettre plein les yeux et plein la tête. Parce que dans un p’tit village tout gris de vieilles pierres, on trouvait pas beaucoup de parcs authentiques. Ou pas du tout. Ou il s’en souvient plus, parce que que c'est dans une partie de sa tête qu'il tient pas à remuer. Un instant, il s'arrête dans ses accès de curiosité insatiable pour jeter un coup d’œil à la blonde. << Tu crains pas la vitesse ? >> Il lâche d'un air rêveur. Aucun sourire. Il vient tout juste d'y penser. Peut-être volontairement un peu trop tard, puisqu'ils attendent déjà le feu vert pour sauter dans le wagon et partir pour des sensations mi-flippantes, mi-démentes. C'était au choix. Marvin allait vite devoir choisir son camp.

Hrp : C'était long ( le temps d'attente, pas le post, mais j'pense que t'as saisi, du coup ) mais j'ai été très occupé. Also, c'est court mais vu que t'avais pas super avancé j'étais un peu coincé. Pis j'te laisse toujours la possibilité de lui foutre un vent. o/
#   Mer 4 Mar 2015 - 21:49
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« Do, ré, mi… Tu veux quoi toi ? »



- Euh je... Pouvais payer tu sais ? Enfin, j'veux dire... Merci...

Elle étouffe un soupir. Ce n'est pas vraiment ce qu'elle voulait dire, mais faut croire qu'elle n'a jamais vraiment été douée pour ça. Quoique, d'habitude, elle est bien plus directe. Alors pourquoi elle ne s'est pas juste contentée d'un "merci" ? C'était amplement suffisant. En fait, c'est qu'elle n'aimait pas devoir à quelqu'un. Une sale habitude sans doute, mais dès lors que quelqu'un lui offrait quelque chose, elle était persuadée que cette personne attendait quelque chose en retour. Lorsque ça venait d'une femme, ça passait, elle remboursait ce qu'elle devait. Pour un homme en revanche. Elle ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer les pires scénarios possibles. La faute au passé. Il revient toujours, sans arrêt, il est omniprésent, évanescent, il ne disparaît jamais et resurgit quand tu ne t'y attends pas, quand tu souhaites tout sauf ça. Enfin... Ce n'est pas le plus important. Un flot d'odeur vient chatouiller le nez de Shinobu, et elle essaie de les distinguer. Elle est certaine qu'il y a tout un tas de choses dans cet endroit auxquelles elle n'a jamais touché, qu'elle n'a jamais mangé, qu'elle n'a jamais vu, faute de moyens, et puis fautes d'attention. Mais elle a le temps non ? Elle peut découvrir autant de choses qu'elle le veut pas vrai . Alors c'est ce qu'elle va faire. Elle regarde les enfants qui s'amusent à des stands. Ils crient et rien autour de petits bassins d'eau, chacun muni d'une baguette pour attraper les petits canards qui y flottent. Pourquoi prennent-ils autant de temps ? Ça n'a pas l'air si compliqué. Mais mine de rien, ça l'intrigue et la déride. Derrière eux, il y a des adultes. Probablement des parents qui accompagne leurs enfants. Aussitôt, son émerveillement soudain s'envole en fumée. Des parents... C'est beau l'enfance, elle aurait aimé connaître ça elle aussi. La joie d'aller dans une fête foraine avec des parents aimants, couvrant leurs enfants de cadeaux, et assurant leur bonheur. Ça, c'était réservé à ce qui vivait de l'autre côté du mur là d'où elle venait. Les pauvres gens qui se débrouillaient dans leurs vies miteuses et misérables dans les bas quartiers ne pouvaient pas s'offrir ce genre de luxe. C'était à peine s'ils n'étaient pas contraints voler pour se nourrir. Ça devait être beau l'enfance... Ça pouvait être beau.

La jeune fille s'arrache à l'observation du groupe d'enfant pour regarder la direction que le brun indique et elle reste sans voix : il pointe un manège. Il est haut, il est grand, il est rond, et elle est certaine, ou peut-être qu'elle l'imagine, que ça bouge beaucoup. Elle sent déjà une petite boule se former dans sa gorge et son estomac se tordre. Qu'est-ce que c'est que cette chose ? Ils n'allaient quand même pas monter là-dedans ? De toute évidence, sa panique intérieure ne devait pas se voir puisqu'elle voit Marvin se diriger vers la file d'attente, qui est d'ailleurs horriblement minuscule. Shinobu le suit sans dire un moment. Elle a peur mais elle veut quand même essayer. Ça ne peut pas être pire que ce qu'elle a déjà vu. Et elle peut voir du coin de l’œil des gens qui ont l'air un peu plus jeunes qu'elle. Si eux peuvent le faire, il n'y a aucune raison qu'elle même n'y parvienne pas. Pourtant, arrivés devant le wagon, alors qu'ils n'ont plus qu'à y entrer, elle se crispe. De la vitesse ? Elle n'était pas au courant de ça. A quelle vitesse allait se truc ? Vite, très vite, parce qu'à l'intérieur, des gens échauffaient déjà leurs voix pour être de ceux qui hurleraient le plus fort. Mais personne ne battrait le niveau sonore des cordes vocales de Shinobu si elle montait dans cette chose.

- En fait, je n'ai... J'ai jamais fait ça... Mais je vais le faire, faut juste que je... M'habitue.

Elle sent ses joues rosir et elle baisse la tête. Elle n'aime pas se sentir aussi vulnérable, aussi... Gamine. Et elle est certaine qu'il va se moquer. Mais c'est la faute de l'endroit si ses désirs d'enfant remontent à la surface si brutalement. Elle n'a jamais rien demandé elle. Elle fronce les sourcils et monte dans le wagon, histoire de montrer un semblant de détermination. Est-ce que ses tremblements incessants se voient beaucoup ? De toute façon, elle est montée, et il est trop tard pour sortir. Mais pourtant... Maman, j'ai peur.

- Bon, tu montes où t'attends le déluge ? J'aime pas la pluie perso, lâche-t-elle dans un instant d'assurance.

Elle s'accroche fermement à la barre, on ne sait jamais. Le wagon avance vite et de plus en plus vite. C'est euphorisant. L'air crispé de la jeune fille disparaît de son visage et laisse place à une euphorie sincère. Elle crie et lève les bras dans les virages. C'est génial, c'est fantastique. À cet instant, elle est presque certaine qu'elle sourit. De là où elle se trouve, elle peut voir tous les gens en bas. Elle aurait voulu se pencher et leur faire un signe, mais elle ne veut pas trop prendre de risque. Quand le manège s'arrête, elle tremblote un peu, mais elle est contente. Et elle n'a jamais été aussi contente.

- On en fait un autre ? demande-t-elle.

Elle a un grand sourire sur le visage, et elle est certaine que ses yeux ambres pétillent. Comment peut-on passer d'un état si blasé à une telle excitation ? Elle marche un peu et regarde autour d'elle. Comme elle ne connait pas l'endroit, elle a besoin de se repérer. Mais une autre idée lui passe par la tête, une autre envie, la faute à la gamine qu'elle est encore.

- Non, en fait, j'veux une barbe à papa. J'en ai jamais mangé, j'veux essayer.

Elle laisse errer ses yeux à la recherche d'un stand. Il y en a beaucoup, partout, elle devrait bieb trouver son bonheur.
#   Mar 10 Mar 2015 - 17:28
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Suite du rp : On va rattraper le temps perdu.
 

Do, ré, mi... Tu veux quoi toi ?

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