Terrae, Une nouvelle ère commence...

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[Fini] Pourras-tu me guérir ? [rp solo]
#   Mar 28 Oct 2014 - 22:12

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[Aux éventuels lecteurs : attention spoil ! Si vous n'avez pas lu le livre Jane Eyre, de Charlotte Brontë, et que vous comptez le lire un jour, ne lisez pas ce rp ! Vous voilà avertis... ]

Aujourd'hui, je n'ai pas cours. Voilà un peu plus d'un mois que ma dernière mission s'est terminée. Je me remets gentiment de tout ça, tout ce que j'ai vécu, des traumatismes, de mes erreurs et de mes peurs... mais je ne vais pas bien... pas encore. Je lâche un soupir. Je suis venue à la bibliothèque dans un but précis : me trouver un petit coin tranquille où personne ne viendrait me déranger et où je pourrais lire un bon livre. Comme il ne fait pas très beau dehors et qu'il fait froid, beaucoup d'élèves ont eu l'idée de venir se réfugier ici, mais cela ne m'a pas empêchée de trouver ma cachette. C'est donc entre deux rayons, à l'opposé de l'entrée de la bibliothèque, dans une section que personne ne parcourt jamais, que je me suis assise contre le mur. Le livre que j'ai choisi est posé sur mes genoux et j'hésite un instant avant de l'ouvrir. Je ne suis pas sûre d'être dans le bon état d'esprit pour le lire. Je lui ai promis que je le lirais pour pouvoir en discuter avec lui après, mais j'ai peur que mon humeur m'empêche d'apprécier cet ouvrage. Je serais déçue si c'était le cas. Donc, j'hésite... Je soupire à nouveau et caresse la belle reliure en cuir de mes doigts. Je suis à chaque fois étonnée du nombre de bouquins qui possèdent un tel extérieur. Souvent, ils ont une banale enveloppe en carton, mais non, ici à Terrae, il y en a beaucoup avec de belles reliures. Je souris et finit par ouvrir ce livre si important à mes yeux : Jane Eyre de Charlotte Brontë.

Le premier chapitre ne fait que huit pages et je le termine rapidement. Le ton est tout de suite mis : la petite Jane est maltraitée par les gens chez lesquels elle vit. Mon cœur se serre à la lecture de ces quelques pages, car elles me renvoient à ma propre situation lorsque j'étais à l'école, mais pour moi, c'était bien moins grave. En arrivant à la maison, j'avais la paix ! Certes j'étais plutôt invisible alors, mais au moins on ne se moquait pas de moi. Jane, elle, devait endurer continuellement les brimades de ce John Reed et de sa mère. Je déteste instantanément ces deux personnages. Le chapitre suivant est tout aussi terrible et humiliant pour la petite fille, mais heureusement, il y a une lueur d'espoir dès le chapitre trois, lorsqu'un homme lui propose d'aller en pension. Je suis heureuse pour elle. Franchement, je m'apprêtais à refermer ce livre. Non pas qu'il ne soit pas intéressant, au contraire, mais je jugeais une telle frustration très mauvaise pour mon humeur. Sans doute ai-je besoin de rire et de romance et non pas de l'histoire terrible d'une fillette maltraitée... mmh, je ne sais pas ce dont j'ai besoin. Je ne ressens qu'un vague malaise permanent, mais je n'arrive pas à mettre de mots sur ce que je ressens réellement. Alors, faute de mieux, je continue ma lecture en espérant qu'au moins cela me change les idées. Dans les chapitres suivants, Jane peut enfin aller en pension et quitter son terrible foyer. La vie n'y est pas toute rose, la discipline est stricte, les jeunes filles ne possèdent pas grand-chose, il n'y a pas assez à manger et pas suffisamment de vêtements pour se protéger du froid, mais Jane ne subit plus de brimades, elle se fait des amies et comme elle est bonne élève, elle s'intègre très facilement et est appréciée de ses maîtresses. Il y a même de l'amélioration dans les conditions de vie après l'épisode tragique d'une épidémie qui a ravagé une grande partie de la pension, mais Jane n'a pas été touchée et elle continue de vivre tranquillement dans cet établissement. Même si la souffrance de voir partir des camarades, des amies, est toujours présente, le quotidien semble bien meilleure que dans son ancien foyer et cela me met du baume au cœur. La vie n'est pas facile, il y a de nombreuses épreuves à surmonter, mais elle est aussi parsemée de moments de joie et ce sont ces instants qu'il faut retenir. Je lève les yeux de mon livre et réfléchis un instant. La situation de Jane s'est considérablement améliorée, mais je ne suis pas encore au quart du livre. Je suis partagée entre l'excitation de connaître la suite de sa vie et la peur qu'il ne lui arrive de nouveaux malheurs. Franchement, il me faudrait beaucoup de douceur et d'espoir. J'espère que tout ira bien pour elle.

Je me replonge dans ma lecture pour constater que tout semble aller bien, même si elle n'est pas satisfaite de sa condition. Elle aimerait découvrir le monde, voyager, rencontrer de nouvelles personnes. Il lui manque quelque chose dans sa vie. Je suis partagée entre deux sentiments : d'une certaine manière, je la comprends. Elle n'a toujours connu que deux endroits, ses deux foyers, et elle aimerait connaître le monde, mais d'un autre côté, je la trouve un peu ingrate de cette chance qui lui est donnée de vivre dans un lieu paisible où elle exerce un métier stable et intéressant et où elle ne manque de rien. Certes, ce n'est pas la grande vie et le luxe, mais en a-t-on vraiment besoin ? Elle ne souhaite simplement pas se contenter de ce qu'elle a, car elle sait qu'elle peut avoir mieux... ou alors, elle a simplement envie de découvrir de nouvelles choses, une simple curiosité... J'espère qu'elle ne le regrettera pas. Jane finit par trouver un nouvel emploi comme gouvernante pour une jeune fille dans une belle demeure un peu isolée. Tout le monde y est adorable et bienveillant, mais après quelques mois, elle semble s'en lasser à nouveau. Je referme le livre vers le début du chapitre douze. Pourquoi ne pas se contenter de ce bonheur ? Il lui fallait de l'agitation, de l'aventure. Je soupire encore une fois. Voilà le problème, c'est que moi, j'avais, en quelques sortes, goûté à l'aventure... et cela ne m'avait franchement pas réussi. Pourquoi vouloir vivre l'aventure si c'était pour risquer sa vie ou son bonheur ? Devait-elle se prouver quelque chose ? Qu'elles étaient ses motivations ? J'ai aussi rêvé, étant enfant, que je partais sur un bateau pour découvrir le monde... et, au final, n'ai-je pas vécu mes aventures au travers de mes écrits et de mes lectures ? Oui, c'était ça ma manière à moi de vivre l'aventure. Tout cela, aujourd'hui, me parait bien futile. Le risque encouru est bien trop grand pour un résultat incertain, trop incertain. Je ferme les yeux, car je sens les larmes me monter aux yeux. Qu'est-ce que j'ai à nouveau ?!? Pourquoi je pleure comme ça ? J'appuie ma tête contre le mur et laisse s'exprimer mon chagrin. Et dire que c'est comme ça depuis plus d'un mois maintenant...



merci Haley


Dernière édition par Selvi Sayanel le Lun 2 Fév 2015 - 20:47, édité 1 fois
#   Mer 7 Jan 2015 - 19:46

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Lorsque mes larmes se tarissent, j'essuie mes joues et prends une profonde inspiration. Ça va un peu mieux. Sans trop savoir pourquoi et plutôt par réflexe, j'ouvre à nouveau le livre que je tiens dans mes mains et recommence ma lecture. Les espoirs de Jane, de voir quelque chose de nouveau se produire, se réalisent bientôt lorsque le maître de la propriété, un certain M. Rochester, revient chez lui. Elle le trouve d'abord froid, mais petit à petit se crée entre eux un lien d'amitié assez spécial. Ils parlent  de longs moments ensemble et les sentiments de Jane se développent, bien qu'elle ne prétende à rien, car elle sait sa condition bien inférieur à cet homme. Elle se sent enfin heureuse et elle ne sent plus ce besoin d'aventure. Et, même lorsqu'elle comprend qu'il va se marier à une jeune femme riche  et de bonne famille, elle ne se laisse pas prendre par la jalousie et la rancœur. Elle regrette simplement un mariage qui ne semble basé que sur le titre et la richesse et non sur le cœur, mais elle ne juge pas. Un autre élément de mystère vient troubler la quiétude de la maison. Une jeune femme semble tenue captive et a un comportement très étrange, parfois très dangereux et Jane en a un peu peur, même si elle ne la croise que très rarement. Je suis impressionnée par sa force de caractère, sa gentillesse et sa prudence. Elle est une femme admirable et je comprends que ce n'est pas par orgueil qu'elle attend plus de la vie.

Cette fois-ci, je suis happée par l'histoire et ne peut plus détacher mes yeux des lignes qui se succèdent. Je vis avec Jane dans ce château occupé par un groupe de gens de la haute société. Je vois et j'observe leurs occupations, leurs jeux. Je ne peux m'empêcher de penser à elle et de réfléchir à ce qu'elle ressent, ce qu'elle pense, bien au-delà des mots écrits. Et lorsqu'elle apprend que sa tante, cette Mme Reed, est mourante, elle n'hésite pas un instant à aller la rejoindre comme elle le lui demande, malgré tout le mal qu'elle a bien pu lui faire. Je comprends que Jane souhaite se réconcilier avec elle, que le temps a refermé les blessures et que tout est pardonné. Tout est pardonné... cela paraît si simple... et pourtant, c'est bien une chose que j'ai du mal à faire... pardonner. Je soupire et pour la première fois depuis un long moment, je détache mes yeux de ma lecture. Comme fait-elle ? Est-ce son éducation qui l'a préparée à ça ? Ou alors est-ce dans son caractère ? Pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ? Me vient soudainement à l'esprit une phrase que j'ai due lire dans un roman : « Pour pouvoir pardonner aux autres, il faut avant tout se pardonner à soi-même les erreurs que l'on a pues commettre. » Alors, c'est ça ? Je pèche par orgueil ? Finalement, si je me sens si mal en ce moment, ce n'est pas parce que j'en veux à quelqu'un, mais parce que je ne me pardonne pas ma conduite. Je pourrais haïr les scientifiques et vouloir les anéantir. Oh, on ne peut pas dire que je les apprécie, mais je ne souhaite pas leur mort... j'aimerais qu'ils entendent raison et qu'ils nous laissent tranquille. Non, en fait, je me déteste, parce que je me trouve lâche et parce que j'ai l'impression d'avoir trahi des amis ou du moins des camarades... hum... j'ai surtout l'impression d'avoir trahi Terrae lors de ma première mission et dans la seconde, malgré le fait que je savais à quoi on devait s'attendre, je n'ai rien pu faire pour protéger Ludmila... Chris non plus d'ailleurs. Est-ce qu'il s'en veut autant que moi ? Est-ce qu'on aurait vraiment pu éviter ça ? Je n'en suis plus très sûre. Peut-être que ça devait se produire, qu'on n'y pouvait rien et qu'il faut l'accepter... Mais ce n'est pas tout, je sais qu'il y a autre chose, sauf que je ne sais pas vraiment ce que c'est. Peut-être qu'une première étape serait d'être un peu plus indulgente envers moi-même et pour la suite, on verra...



merci Haley
#   Mer 14 Jan 2015 - 22:54

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Après ma longue réflexion, je suis restée un moment le regard dans le vague, à penser à je ne sais quoi, je ne m'en souviens plus. Tant pis, ce ne devait pas être si important que ça, ou alors ça me reviendra à l'esprit. Je plie mes jambes pour bouger un peu et continue ma lecture. Jane est arrivée chez sa tante qui est effectivement très malade et les gens autour d'elle semblent se désintéresser de son état. Ses deux filles Eliza et Georgiana ne lui rendent pas visite très souvent et elles semblent attendre patiemment la mort de leur mère. John n'est pas présent, car il est mort et c'est d'ailleurs cet événement qui a poignardé mortellement Mme Reed. Jane se rend à son chevet pour apprendre qu'un de ses oncles est venu la demander trois ans plus tôt, mais que, par vengeance, la vieille femme n'a pas daignée transmettre le message. Jane souhaite lui pardonner, mais elle ne veut rien savoir et ne souhaite pas de réconciliation. Elle finit par mourir seule dans sa chambre. Cet épisode ne m'arrache aucune émotion particulière. Mme Reed reste fidèle à elle-même et Jane a pu exprimer son souhait de pardonner. Elle n'y peut rien si la bénéficiaire n'en veut pas. Après un mois d'absence, Jane finit par retourner dans son nouveau foyer, si je peux appeler cela comme ça, mais elle a le cœur lourd, car elle ne sait pas combien de temps elle pourra y rester. En effet, une fois M. Rochester marié, elle devra partir et cela la remplit de chagrin. Je ne peux m'empêcher d'être triste pour elle. Elle aime sincèrement cet homme, mais à l'époque, l'amour ne suffit pas pour se marier. Il faut aussi des richesses et des titres de noblesse. C'est tellement... d'époque. Cela ne sert à rien de juger la situation avec une vision actuelle. Il y a tout de même quelque chose qui me choque et me gêne. Jane rêve secrètement et souvent malgré elle d'épouser cet homme et je pense qu'il l'aime aussi. Certains de ses gestes et certaines de ses paroles semblent annoncer cela, pourtant, il a fait le choix de choisir une autre femme comme épouse, certainement pour sa fortune et son nom. Alors pourquoi continuer à torturer la pauvre Jane ? Elle agit raisonnablement, lui semble vouloir la tenter continuellement. C'est un comportement qui me déplaît et pas seulement dans le contexte du livre. C'est vrai, il a le droit d'aimer une femme et de vouloir en épouser une autre, mais qu'il foute la paix à la première. Je trouve ce M. Rochester quelque peu antipathique. Et il faut bien avouer... que je ne m'attendais pas à ce qui suit.

Après quelques nouvelles pages parcourues, j'apprends qu'il la demande, elle, en mariage et non pas la jeune femme riche. Je retiens un cri de surprise en lisant ce passage et comprends que le reste n'a peut-être été qu'un quiproquo. Je ne m'attendais vraiment pas à ça, je dois l'avouer. Cependant, la suite est encore plus étonnante... et triste ! Après de nombreuses pages retraçant le mois précédent le mariage, rien d'extraordinaire, si ce n'est le combat mené par Jane pour ne pas trop étaler les sentiments de son cœur et garder une certaine prudence et une certaine distance avec son futur époux, arrive le jour du mariage et le drame. Je n'en reviens toujours pas... quoi que, ce n'est pas vrai. Je sentais que quelque chose clochait. Je n'arrivais pas à dire quoi. Je trouvais, peut-être plus dans l'écriture et les émotions caricaturales des personnages, les choses bien étranges. Jane repoussait sans cesse davantage M. Rochester. Elle semblait ne pas aimer sa situation. Lui voulait la couvrir de cadeaux, elle ne cherchait que la simplicité. Et lui, amoureux transi, cherchant sans cesse à satisfaire sa bien-aimée... je ne sais pas. Cela ne me paraissait pas réelle. Comme si, depuis la demande en mariage, quelque chose s'était rompu entre eux ou non, comme si elle le testait pour être sûr que ce n'était pas un simple caprice de riche. Je suis sans doute trop intransigeante... et puis, je n'y connais pas grand-chose à l'amour, alors bon, mon analyse ne vaut pas deux sous. Enfin bref, ceci étant... le jour du mariage... eh bien, il n'y a pas de mariage, car on apprend que M. Rochester est déjà marié et qu'une nouvelle union est donc impossible. Eh bien oui, à l'époque, le divorce n'existait pas. C'était totalement interdit ! J'éprouve une profonde tristesse pour Jane qui voit son rêve partir en miette. Non seulement elle ne peut pas épouser l'homme qu'elle aime, mais en plus elle doit le fuir. Et il ne faut pas oublier qu'il l'a trahi en lui cachant ce « détail » de sa vie. Alors, certes, sa femme est folle, c'était un mariage arrangé et on lui a même menti à l'époque, alors qu'il était encore bien jeune... mais tout cela ne vaut rien en ce temps-là. Un mariage ne peut être rompu que par la mort ou une faute grave. La folie n'en est pas une. Il s'en suit un long dialogue entre les deux ex-futurs époux. M. Rochester essaie de convaincre Jane de rester à ses côtés, qu'il l'aime et bla et bla. Plaidoyer très touchant et plein de passion. Il lui explique son histoire et en vient même aux larmes lorsqu'elle le rejette. Je suis impressionnée par la force de caractère de Jane qui résiste. Elle l'aime de tout son cœur, mais elle sait que sa conscience lui interdit de rester avec lui. Comme c'est dur ! Quelle époque terrible à vivre tout de même. Aujourd'hui, on n'en ferait pas tout un foin... non, je n'ai pas le droit de comparer. Il faut que j'arrête de prendre ce raccourcis trop facile et insensé. Jane finit donc par le quitter et elle fuit discrètement. Le chapitre 27 s'achève lorsqu'elle entre dans une voiture qui l'emmène loin de son bonheur.

Je décolle un instant mes yeux du livre. Vraiment, elle n'a pas de chance. Pauvre Jane... et dire qu'à ce moment, elle a deux ans de plus que moi, si je me souviens bien, et tant de souffrances déjà vécues ! Cela me renvoie à ma propre existence. J'ai, moi aussi, vécu de nombreuses souffrances et je suis actuellement en train d'en affronter une. Je me demande comment Jane va surmonter la sienne. Va-t-elle déprimer comme moi ? Non, elle semble avoir une volonté bien plus ferme que la mienne. Elle ne se laissera pas abattre, je le sens... ou du moins, je l'espère. Peut-être que je le souhaite, car j'aimerais qu'elle me communique un peu de son courage. Je ne sais pas trop... Je lâche un soupir. J'ai l'impression d'avoir lié mon destin à celui de la jeune femme. Si elle s'en sort, alors je me remettrai, sinon, nous sombrerons toutes les deux. C'est plutôt étrange, quand j'y pense... Hum... Courage Jane.



merci Haley
#   Sam 17 Jan 2015 - 12:27

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La voiture dépose Jane à un croisement. Elle n'avait pas assez d'argent pour aller plus loin. Elle dort donc à la belle étoile, allongée sur une pierre plate et, le lendemain, se met en quête d'un emploi, mais surtout de quelque chose à manger. Je ne m'étais pas rendu compte de la gravité de la situation. La voilà seule dans une région inconnue avec, sur elle, aucun bien à échanger. Elle renonce d'abord à mendier, cherchant du travail, mais ne trouvant rien, elle y est contrainte. Les gens sont méfiants et la rejettent. Elle passe une seconde nuit dehors. Le deuxième jour fait écho au premier. Alors que tout semble perdu, que la tempête se déchaîne, elle aperçoit une lumière au loin et la rejoint. Il s'agit d'une maison isolée. Le maître de maison la recueille, la nourrit et lui permet de se reposer. Mon cœur se libère de la peur sourde qui s'y était installée. Je ne crois pas que j'aurais supporté la mort de Jane et je suis heureuse qu'on lui accorde un répit. Son bienfaiteur est pasteur et il a deux sœurs qui prennent la jeune femme en pitié. Après s'être reposée, Jane leur explique son histoire en restant assez vague sur certains détails, notamment les noms et les lieux. Elle prend même une autre identité, car elle ne veut pas risquer qu'on la retrouve. Elle souhaite se cacher et ses hôtes acceptent la situation. Elle se lie rapidement d'amitié avec les deux jeunes femmes et le pasteur lui trouve bientôt un emploi d'institutrice dans sa paroisse et une petite ferme où elle pourra vivre convenablement. Je suis contente que tout s'arrange. Elle devra vivre simplement, mais elle ne manquera de rien. Pourtant, même si elle n'y fait presque pas allusion, elle pense souvent à M. Rochester et elle souffre de ne pas savoir comment il va. Elle l'aime toujours, bien évidemment, mais étouffe sa passion comme elle le peut. Je suis impressionnée par sa détermination. Les jours passent. Elle fait de nouvelles rencontres et travaille avec beaucoup d'application et de sérieux.

Un soir pourtant, tout est chamboulé : le pasteur découvre sa véritable identité. Je retiens mon souffle un instant, avant de sourire. Un heureux concours de circonstance a voulu que lui et ses sœurs soient les cousins de Jane ! Et on apprend encore qu'un des oncles de Jane est mort récemment, le fameux ignoré par Mme Reed, et qu'il lui lègue, à elle seule, tout son héritage. La richesse lui apporte une certaine satisfaction, mais sans plus. C'est surtout le bonheur d'avoir enfin de la parenté, des gens avec lesquels elle s'entend très bien d'ailleurs, qui la comble de bonheur. Mon regard s'illumine en parcourant les mots couchés sur le papier. J’entraperçois pour Jane le bonheur tant attendu. Elle n'est plus seule. Malgré tous les obstacles, toutes ses peines, elle vient de trouver une nouvelle famille et un nouveau foyer... Une nouvelle famille et un nouveau foyer, cette phrase résonne dans mon esprit. Je sens à nouveaux les larmes se frayer un chemin jusqu'à mes yeux et je ne comprends pas tout de suite pourquoi, mais soudain, tout s'éclaire. J'ai aussi eu cette chance ! Lorsque j'ai eu mon vide, on m'a proposé un nouveau départ... une nouvelle famille et un nouveau foyer, Terrae ! Je pleure à présent, mais cela m'est égal. J'ai compris que je ne devais pas rejeter cette chance. Certes, je ne peux pas reprendre un nouveau départ cette fois-ci, mais en ai-je besoin ? Il y a plein de gens que j'apprécie et qui m'apprécie ici. Je ne suis pas seule et je peux certainement m'appuyer sur eux pour remonter la pente. Je crois... je crois que j'ai calmé mon orgueil et que je ne m'en veux plus, en tout cas pas autant qu'avant. Je ne sais pas comment l'expliquer et je ne pense pas que cela vienne de ma lecture, mais mon âme s'est apaisée. Je viens de me rendre compte, et d'accepter, que je n'avais trahi personne. Enfin, je suis presque sûre que personne ne pense cela. Je dois bien être la seule, car j'ai, certes, fui ce jour-là, lors de la bagarre, mais ce n'était plus vraiment moi. C'était mon instinct, mon moi animal qui commandait. J'étais blessée, confuse, perdue et ma conscience s'était terrée dans ma tête. Je ne pensais plus, alors pourquoi m'en vouloir ? Pourquoi regretter un comportement inévitable ? Même si ces derniers temps n'ont pas été faciles à Terrae, c'est mon nouveau foyer, ma terre d'accueil et je dois la respecter pour ça. Je dois accepter cette main qu'on me tend.

Mon destin n'est plus lié à celui de Jane comme tout à l'heure. Peu importe ce qui lui arrive dans la dernière centaine de pages qu'il me reste à lire, cela n'influencera pas ma vie. Je pourrai cependant ressentir un peu de tristesse ou de joie pour elle, mais ce ne sera que superficiel. Je respire une grande bouffée d'air. Comme tout cela est étrange ! Pourquoi guérir ? Pourquoi maintenant ? Oh, tout n'est pas terminé, il y a encore de nombreuses choses à régler, mais tout ne me paraît plus si insurmontable. Il faudra que j'aille parler à Ludmila. Je n'ai pas eu l'occasion de la revoir depuis notre dernière mission. Je suis bien allée lui rendre une petite visite, une fois, à l'hôpital, mais elle dormait et je n'avais pas souhaité la déranger. Nous devrons avoir une discussion. J'en ai besoin et peut-être qu'elle aussi. Oui, c'est ce que je dois faire ensuite. Puis, j'irai voir Kiyo et Chris pour leur parler. Mes pleures se sont apaisés et, à présent, un sourire illumine mon visage. Je me sens mieux cette fois, vraiment mieux.



merci Haley
#   Lun 2 Fév 2015 - 20:46

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Bien que la fin du livre soit intéressante, je n'arrive pas à me concentrer comme pour le rester. Mon cœur est plus léger et mon esprit serein. Je suis pourtant confrontée à de nombreuses surprises ! Au début, le temps passe agréablement pour Jane auprès de ses cousins, mais bientôt, le pasteur se fait de plus en plus pressant à son égard. Il lui demande d'apprendre une nouvelle langue avec lui et ne cesse de la surveiller quant à son attitude et sa manière d'être. Il ne lui laisse pas un moment de répit. Jane, qui est de nature obéissante et appliquée, subit sans broncher son servage, comme elle l'appelle. Pourtant, lorsqu'il lui demande de partir aux Indes avec lui et de devenir sa femme, pour de simples raisons pratiques et certainement pas par amour, elle ne cède pas. Je trouve ce passage extrêmement déplaisant. Ce personnage est un homme dur, froid et intransigeant. Il est très croyant et heureusement pour lui, vu son métier, mais il se sert de sa religion et des dogmes avec tant de force et de sévérité. Il est moralisateur et ne rechigne pas à utiliser le chantage pour essayer de convaincre Jane. Jamais il ne se remet en question et, même s'il prend la peine de questionner Jane, il est persuadé qu'elle acceptera, car pour lui, il s'agit du dessein de Dieu. J'en viens à le détester. Je trouve honorable sa conduite et sa sévérité envers lui-même. Il croit en certaines idées et il les applique. En bref, il reste fidèle à lui-même. Ce qui me gêne, c'est qu'il souhaite forcer les autres à penser comme lui. Il est tellement arrogant ! Il considère qu'être un des envoyés de Dieu justifie tous ces actes, actes qu'il croit bien évidemment juste et honorable. Je ne sais pas... cela m'énerve. Il a le droit de croire ce qu'il veut, mais, à mon sens, il n'a pas le droit de vouloir imposer ça à d'autres, surtout quand ces derniers ne le veulent pas. En fait, je trouve ça un peu prétentieux de croire qu'on sait ce qui est bon pour les autres, simplement parce qu'on considère avoir les bonnes croyances. Je respecte les croyants et je pense pouvoir dire que je crois moi-même, mais il ne me viendrait jamais à l'idée d'aller réprimander quelqu'un qui ne croit pas comme moi et qui ne ferait pas ce que je pense être juste pour lui en fonction de ce que je crois. Enfin bref, je m’égare un peu et préfère revenir sur ma lecture. J'arrive bientôt à la fin. J'espère juste que Jane continuera à tenir tête à son cousin, sinon, elle me décevrait beaucoup...

Elle décide, pour calmer son esprit et fuir son cousin tyrannique, de partir à la recherche de M. Rochester pour être sûr qu'il va bien, car elle a un mauvais pressentiment. Elle trouve son ancien foyer en ruine suite à un incendie et apprend par un aubergiste du village voisin ce qui s'est passé. Mme Rochester a mis le feu et l'incendie s'est propagé. M. Rochester a aidé tous les domestiques à s'enfuir, puis il y est retourné pour aider sa femme qui, entre-temps était montée sur le toit. Avant qu'il ne s'approche suffisamment d'elle pour l'attraper et la faire descendre, elle s'est jeté du toit et en est morte. Lui a fini enseveli sous les décombres, mais il a survécu à cette épreuve. Il reste cependant estropié et aveugle. Jane demande où il habite à présent et part le rejoindre, puisqu'il est libre. Elle le trouve assis sur un banc et est prise de compassion pour lui. Il est devenu beaucoup plus humble soit dit en passant, et ils finissent par se marier, fin de l'histoire.

Je referme le livre. Je suis heureuse pour Jane, car tout se terminer plutôt bien en définitive. Certes son mari est infirme, mais elle est avec l'homme qu'elle aime et va pouvoir vivre simplement comme elle le désirait. Je me permets un sourire. Je suis restée accablée bien trop longtemps. J'étire mes jambes et constate que l'heure est bien avancée. Peut-être la bibliothèque est-elle déjà fermée ? J'ai passé toute la journée ici, perdu dans mon livre. Il est temps que je reprenne vie ! Je me lève et parcours les rayons pour remettre le livre à sa place. Il faudra que je Lui en parle... peut-être. Il ne peut pas savoir à quel point son bouquin m'a été d'un grand secours. Hum, il est probable que n'importe quelle histoire aurait fait l'affaire, je ne sais pas, peu importe. C'est en lisant Jane Eyre que certains détails de ma vie me sont revenus à l'esprit et que j'ai réalisé une introspection décisive. Je ne peux que Lui en être reconnaissant. Merci de m'avoir mis du baume au cœur.

En arrivant devant la porte de la bibliothèque, je marque une légère pause. En franchissant cette entrée, je retourne à la réalité, mais une réalité bien moins sombre que celle que j'ai quitté en arrivant ici, car je ne vois plus seulement ce qui est mauvais et triste, je vois à présent toutes les joies et les beautés que le monde nous offrent. Allons !



merci Haley
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