Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Et la lumière ne fut plus... [ Ouvert ]
#   Sam 15 Nov 2014 - 17:17

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Aujourd'hui, cela faisait exactement une semaine que j'étais entré dans cet hôpital. J'avais demandé aux docteurs de ne rien dire à personne, de ne prévenir personne. J'étais majeur, j'étais dans mon plein droit et ma situation n'exigeait pas d'avis extérieur. De plus, j'étais sûr qu'il préviendrait la directrice, et donc Ryu, et la dernière chose que je voulais, c'était l'inquiéter. Et puis... S'il venait me voir, je ne pourrais m'empêcher de lui poser toutes les questions qui me viennent à l'esprit. Qui est Aelita ? Qu'est-ce qu'un avatar ? Pourquoi est-elle si en colère ? que voulait-elle dire en disant que c'était de notre faute ? Toutes ces questions remuaient sous mon crâne, sans paraître vouloir être résolues.
Je me tournais légèrement sur le côté, et lâcha un bref cri de douleur. Mes côtés étaient encore douloureuses, mais je n'étais pas trop amoché. J'avais déjà mal dans tout le corps à force de rester allongé mais le fait de ne pas pouvoir me retourner quand je le souhaitais était encore pire et renforçait d'autant plus la douleur. Les médecins m'avaient dit que j'avais quelques côtés cassées, des contusions et bleus un peu partout mais rien de vraiment grave. Dans un premier temps, j'avais été soulagé... Mais il ne semblait pas vouloir me laisser partir, préférant s'assurer de mon complet rétablissement.
J'étais donc fasse à une impasse.
D'un côté, je brûlais d'envie de sortir d'ici, de respirer un peu d'air frais. Les gens étaient gentils, les infirmières très agréables et toujours disponibles mais je ne pouvais pas renoncer à l'idée que rester prisonniers d'un lit d’hôpital était fort déplaisant.
D'un autre côté... Un problème, de plus ne plus fréquent, me taraudait. Ce n'était pas seulement les côtes qui me faisaient mal, mais mon corps entier et de plus... J'avais l'impression que les objets, le décor, la lumière même déclinaient. Je savais qu'il fallait que j'en parle, c'était important.

Je triturais nerveusement le pyjama que l'on m'avait passé à mon entrée ici, regardant par la fenêtre le ciel se parait d'étoile. Le côté positif de l'hiver, c'est que la nuit tombe très tôt, je peux donc voir des gens, bien plus que d'habitude. C'est une chance, mais aussi terriblement frustrant.
Je jette un coup d'oeil dans le couloir, personne. Seules quelques infirmières passent de temps à autre. Peut-être devrais-je les appeler... Peut-être pas... Je n'ai encore pris de décisions. Je n'aurai pas dû réfléchir normalement mais cette fois, je n'étais pas seul. C'était évident que pour une chose pareille, on préviendrait la direction. Tout le monde saurait, ils seraient tristes. Je ne veux pas qu'ils le soient. A ce moment-là, le visage de Ryu, réprobateur, s'imposa à moi. Un petit sourire naquit sur mes lèvres. "Oui, je sais, je n'ai pas changé tant que ça finalement..."
J'entends d'ici les blagues de Misao, se moquant gentiment de moi pour dissimuler sa peine.
Le joli rire de Daisuke, que j'ai entendu et vu pour la première fois lors de son anniversaire. Tout le monde semblait si heureux ce jour-là
Je peux sentir les regrets de Micha également, persuadé de me fatiguer à longueur de journée.
Je les vois tous, je les entends tous...
Ce fut la dernière chose que j'emportais avec moi. La dernière lumière que je pus voir. Une larme, unique coula sur ma jour, tandis que la lumière m'était refusée pour toujours.
J'attendis un moment, puis, calmement, sans geste brusque, je sais l'appareil près de mon lit et en pressait fort le bouton, deux fois d'affilé. J'entendis des pas, la porte s'ouvrir.

-Infirmière, pouvez-vous appeler un médecin s'il vous plait ?
#   Dim 16 Nov 2014 - 12:04

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10H13. J’ouvre les yeux, toujours aussi peu habitué à me lever aussi tard quand ce n’est pas parce que j’ai veillé avec Matheo. Il y a eu pas mal de remue-ménage ces dernières semaines, je sais qu’il a participé évidemment, je sais qu’il est encore allongé dans ce fichu lit d'hôpital. C’est une façon de reprendre des forces, mais passer ses journées seul n’est pas franchement le meilleur au monde. Il faut dire aussi que ça fait un sacré petit changement de ne plus le voir, mais je ne me sens pas d’aller le voir là-bas, les mauvais souvenirs ont la vie dure hein.

14H57. Je ne tiens plus en place, j’ai du ranger la chambre au moins trois fois de suite. Je soupire et m’assieds sur son lit. Au final, il n’a pas grand chose à lui ici, probablement comme tout le monde. Je sors mon carnet de ma poche et laisse mes doigts le frôler. Un de ces violents maux de tête surgissant. Ils me fatiguent, parce que ça devient récurrent. Dire que je pensais être tiré d’affaires puisqu'il n’y avait plus de problèmes avec ma santé. En parlant de santé… J’ai pas encore pensé à aller fouiner un peu sur la maladie de Matheo. J’ai pas osé lui en parlé non plus. C’est un peu comme s’il me demandait de parler de ma vie avec Yelina et Liov.

17H49. Bientôt deux heures que je suis entouré de bouquins scientifiques à la bibliothèque. Rien de très concluant. Des explications vagues. Quelques articles mais totalement inutiles puisque je me fiche de savoir à quoi tout ça est du. J’ai juste envie de connaître les conséquences. Le déroulement. J’ai envie d’en avoir le coeur net avant d’oser le voir. Imaginons un instant que son truc là le rende encore plus blanc que blanc, comment je suis censé le distinguer avec les draps de son lit ? Bon, mauvais humour. Je sais. On essaye de se rassurer comme on peut hein. Les horaires habituelles de visites vont se terminer… Je pose les livres sur un chariot et prend la direction de l’hôpital, angoissé. Il ne me garderont pas, pourquoi le feraient-ils ? Je rends seulement visite à un ami. Rien de bien méchant. J’inspire un grand coup en voyant se profiler au loin le bâtiment.

Pour Matheo hein…

18H02. Je pense que rester immobile devant l’entrée n’est pas forcément une bonne idée. Je déglutit et entre, nerveux en voyant quelques regards se tourner vers moi. Et puis où est l’accueil d’abord ? C’est pas possible une organisation si peu… organisée. Enfin, j’aurai préféré y arriver moins vite si c’était pour bafouiller devant la réceptionniste. Oh bien sur elle est gentille comme tout. Elle comprend aussi rapidement mon retard quant aux horaires habituelles, même si elle me fait gentiment comprendre que je ne pourrais probablement pas le voir si une infirmière passe par là. Je hoche la tête et la quitte rapidement en direction de la chambre fatidique.

18H14. Non mais franchement, ils ont réellement besoin qu’un hôpital ressemble à une feuille de papier blanche ? C’est angoissant au possible. Quoi qu’il en soit… J’y suis. J’hésite un instant avant de finalement entrer en apercevant une blouse blanche à l’autre bout du couloir. Il a l’air encore plus faible en fait. Sa voix ne trompe pas d’ailleurs. Un instant, mon estomac se serre, la vie est vraiment dégueulasse avec les gens bien hein.

Désolé, je doute d’avoir le physique adéquat pour postuler comme infirmière... Bonjour Matheo.

[J'espère que ça ne te dérange pas que je saute sur l'occasion, j'allais te demander si on pouvait relancer un rp, alors j'en profite. Mais dis-moi si ça t'embête. Byebi♥]


#   Dim 23 Nov 2014 - 21:59

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Je déteste les hôpitaux. Je déteste l’idée de devoir rendre visite à quelqu’un d’alité. Pourtant, quand j’y repense, je me dis que je ne peux pas les laisser là-bas. Seuls. Roxanne, tout d’abord. Blessée par ces fichues missions. Ces foutus scientifiques. Si avant je n’étais pas certaine de ce que je devais faire, si je ne savais pas qui croire, qui rejoindre, quelle cause suivre. Mais quand j’ai vu tous ces blessés, toute cette souffrance, toutes ces tragédies, toutes mes questions se sont envolées. Après l’incompréhension et le désespoir, la colère est montée. Violente et perfide, elle a brûlé au creux de mon ventre, s’est transformée en rage. A brûlé, encore et encore. Pour exploser lorsque j’ai appris que Matheo se trouvait lui aussi à l’hôpital.
Oui, bien entendu, les deux choses ne sont pas forcément liées. Mais bon sang, j’en ai assez. Assez de voir tous mes proches finir à l’hôpital, et rester là à attendre. J’ai eu besoin de passer mes nerfs. Je crois que j’ai failli tordre ma batte de baseball à force de la frapper contre un arbre. J’ai abandonné quand j’en ai eu assez de m’exciter dans le vide. Mais je voulais pas venir les voir sans m’être calmé un peu avant. Ils vont déjà assez mal comme ça, je doute que me voir trépigner comme un gosse capricieux.
Je suis allé voir Roxanne une nouvelle fois. Puis j’ai bifurqué jusqu’à la chambre de Matheo. Il est un peu tard déjà, donc j’espère que je me ferai pas jeter dehors. Je cherche la chambre de mon ami, pensif, les mains dans les poches. Compte les numéros, soupirant longuement. Puis, j’aperçois enfin le numéro que je cherche, mais la porte est déjà ouverte. Je glisse un œil à l’intérieur, fait la moue. Un peu embêté, de peur de déranger.

- Ah… Désolé, je vais partir. Je pensais pas qu’il y aurait quelqu’un… J’ai pas envie de déranger, je lâche en faisant la moue.

Je détaille l’homme debout dans la chambre et le salue d’un signe discret. Il est grand, blond, les yeux aussi bleus que les miens. Un peu plus jeune, je crois, mais pas de beaucoup je dirais. Ce n’est pas un adolescent comme la majorité des gens ici.

- Salut… et salut Matheo… j’hésite un peu.

Mon dieu… Il a l’air encore plus fantomatique que d’habitude. Qu’est-ce qu’il se passe dans ce foutu institut, sérieusement ? Hideko va m’entendre gueuler. Vraiment très fort… C’est pas le rôle de ses Masters en robe courte de protéger les élèves, nan ? Mais bon, ils sont peut-être trop occupés à se charger d’eux-mêmes, les pauvres chéris…



PLS en #b7273d.


Dernière édition par Misao Honda le Ven 18 Aoû 2017 - 23:27, édité 1 fois
#   Sam 29 Nov 2014 - 19:41

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Au départ c'était juste flou, comme avoir de l'eau dans les yeux. Puis, ça devint sombre, comme si la lumière fuyait chaque parti de mon iris. Le contours s'effacèrent, les couleurs blanchirent, les traits se brouillèrent... C'est ainsi que le monde ressemblait, avant qu'il en disparaisse à son tour.
Moi qui n'avais jamais vécu ma vie que la nuit, voilà que la dernière lumière de ma vie venait de s'éteindre. La seule lumière qui me permettait de voir ce monde plongé dans le noir constamment, ce seul éclat qui au final me me faisait relativiser, me donnant envie de découvrir ce monde sous la clarté lunaire... Mais maintenant, même la lune, cet astre de mon châtiment, je ne pouvais plus la voir, je ne pourrais plus lui faire de reproches. La seule clarté qui avait guidé mes nuits jusqu'ici... venait de m'être ravi pour toujours.
Je m'étais adressé à tout hasard à la personne qui entrait dans la chambre, ce ne pouvait être qu'une infirmière. Qui d'autres cela pouvait être ?
Pourtant je fus surpris d'entendre la voix d'un homme. Pour la première fois, j'eus envie de pleurer toutes les larmes de mon corps. Une voix, juste une voix... Voilà à quoi se résumaient les gens maintenant pour moi. Juste une voix.
Je fus pris de soubresauts, puis une fois calmé, fis rapidement le tri dans ma tête pour savoir de qui venait cette voix. Je la connaissais forcément. Ce n'était pas un inconnu qui s'était adressé à moi. La réponse me paru alors évidente.

-Micha... Micha c'est toi ?, demandais-je d'une voix mal assurée.

Je ne savais pas trop dans quelle direction m'adressait. Je savais qu'il était sur ma droite, mais c'était vague. Je gardais la tête baissée, ne voulant pas exposer mes yeux, dorénavant inutiles, aux siens. J'avais si honte... Moi qui n'étais pas grand chose auparavant, me voilà réduit à moins que rien.

-Pardon... pour la méprise...

Des sanglots dans la gorge, je parvenais à peine à maîtriser les tremblements de ma voix. Je le savais pourtant, je savais que cela aller arriver. J'avais peur que cela arrive. Pourtant je n'ai rien dit, je n'ai prévenu personne. Pour me protéger, pour protéger les autres aussi peut-être... Pour ça. Tout ça pour parvenir à cette peur si intense, qui ne m'avait plus quittée depuis ces dernières semaines. Pourquoi... Pourquoi la seule lumière encore présente dans ma vie, devait m'être retirée?
Une autre voix, plus lointaine, moins familière aussi me parvint. Quelqu'un d'autres entrait dans la chambre. Sa voix ne m'était pas inconnu non plus, plus que Micha, mais puisqu'il vivait avec moi, je la reconnaissais plus facilement. Mais cette autre voix, qui s'adressa ensuite à moi, je la connaissais aussi. Cette façon de parler, bien qu'ici elle soit différente, gardait des timbres que j'avais déjà entendu. Un mince sourire triste étira mes lèvres.

-Bonsoir Misao... Tu es là aussi ? Comment tu as su que j'étais... là ?

Encore une fois, je gardais la tête baissée, cachant mes yeux. Je passai une main rapide sur mon visage pour vérifier une chose : que mes paupières étaient closes.



#   Dim 14 Déc 2014 - 18:37

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18H15. Je ne pensais pas que ce serait si difficile de le voir en venant. Il est juste… Allongé, là, blanc comme un linge, enfin, encore plus que d’habitude. Sa tête baissée ne me disait rien qui vaille, parce que Matheo était quelqu'un qui aimait regarder les gens, pour le peu qu’il voyait de personnes autour de lui justement. Le voir comme ça était affreusement dur. J’avais envie de m’asseoir là, de le réconforter, un peu comme lui l’avait fait pour moi. Comme il le mérite d’ailleurs.

Gagné.

18H18. Il y avait une angoisse qui ne me quittait pas. Celle de comprendre pourquoi il gardait la tête baissé, pourquoi il se cachait. De comprendre ce qui l’avait fragilisé au point même que sa voix en tremble. Alors, sans y penser, sans chercher plus loin, j’attrape juste sa main et la serre dans la mienne. Et, parce que je ne peux pas m’en empêcher, parce qu’au fur et à mesure il est devenu un peu comme une autre famille pour moi, je me lève. Je passe mon autre main dans ses cheveux pour l’attirer contre mon torse, un geste totalement stupide en fait je pense, mais je ne voyais franchement pas quoi faire autrement. Et je dépose juste un baiser sur le haut de sa tête, ma main serrant désespérément la sienne. La vie est vraiment une merdeuse hein…

Tu peux compter sur moi tu le sais hein ?

18H24. A peine ais-je lâché Matheo pour me rasseoir qu’une autre personne arrive. Et soudain, je ne me sens plus si à ma place que ça. Mon cœur s’emballait, qu’est-ce qu’il fallait que je fasse ? Je déglutis et laisse Matheo parler, l’interpeller. Misao, encore inconnu au bataillon. Je me penche alors vers mon ami pour lui chuchoter quelques mots, parce que je n’ai vraiment pas ma place là, je n’ai pas envie de m’imposer et de me confronter à autrui non plus,un peu comme une fuite, j’en suis devenu le champion en ce moment.

Je vais vous laisser, mais je reviendrais vite. Promis.

18H26. J’embrasse sa tempe du bout des lèvres, comme j’aurai probablement pu le faire pour mon petit frère si j’en avais eu un. J’ébouriffe rapidement ses cheveux et m’excuse auprès de Misao avant de sortir, ma visite aura été rapide et écourté mais je reviendrais. Pas seulement parce que je lui ai promis, mais parce qu’il va probablement en avoir besoin, foutue maladie hein…

19H05. Je regarde le plafond depuis le lit de Matheo depuis un bon moment maintenant. Encore un peu préoccupé, la tête pleine de questions. Et puis, il faut l’avouer, un peu gêné de ne pas le connaître tant que ça, si bien que ses amis me sont inconnus. Et après je me vente d’être un bon ami à lui, de le considérer comme une autre petite famille… Tu parles. Je me roule en boule et m’endors rapidement, certain de me réveiller en pleine nuit de toute façon.


#   Lun 29 Déc 2014 - 21:47

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L'ambiance est spéciale. Trop particulière. J'ai l'impression d'avoir interrompu quelque chose, et le seul truc qui me retient encore dans la pièce est ce petit homme allongé dans son lit, le visage profondément triste, le regard prostré vers le bas. Cette vision me serre le coeur - pourquoi il faut que tous mes proches finissent toujours dans un lit d'hôpital ? Ou dans un piètre état. À vrai dire, même là, si je sais que je ne suis pas coupable, si je sais que ce n'est pas de ma faute, que ce n'est pas à cause des événements de cet été, je ne peux pas m'empêcher de me dire que... quelque part, ça doit y être lié. Tout est lié, ces derniers temps. À croire que c'est le sort qui s'acharne sur moi, hein. Certainement que ce n'est pas le cas, mais... je ne sais pas. C'est un peu... dérangeant. De tout le temps avoir l'impression d'être au centre des problèmes de tout le monde. De se dire que c'est parce qu'on a fait le con que des gens se retrouvent là.
Mais peut-être que ça n'a aucun rapport. Peut-être. Comment je pourrais le savoir ?
L'homme debout dans la chambre me fixe bizarrement. Il lâche la main de Matheo et s'excuse. J'ai envie de le retenir, de lui dire de ne pas se déranger pour moi et que je repasserai plus tard, mais il s'eclipse en vitesse. Je le regarde partir sans rien dire, perturbé. Pourquoi il réagit comme ça ?

- Désolé, je voulais pas... le faire fuir, je m'excuse auprès de Matheo, un peu piteux.

Avant de constater une fois de plus sa tête baissée. Mais ce que je n'avais pas vu jusqu'ici, ce sont ses yeux clos. Pourquoi il ne nous regarde pas ? Pourquoi il est aussi triste ? Un étau compresse ma poitrine et un tourbillon m'empêche de réfléchir, m'empêche de comprendre. Matheo, pourquoi tu ne me regardes pas ? Où il est passé, ton air joyeux et espiègle ? Où elle est passée, ta candeur ? Hein ? Qui te les a pris ?
Je m'approche un peu et effleure sa main.

- Ca ira ? Je reste un peu... si tu veux.

Ca n'ira pas.

- Tu... il t'est arrivé quoi, bon sang ? je lâche, la gorge serrée.

En fait, je sais pas si j'ai envie de savoir. Mais j'en ai besoin. Qu'est-ce qu'il s'est passé bordel ? Matheo, dis-moi pourquoi tu ne me regardes pas...


HRP : Pardon pour la petitesse du post T-T



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#   Ven 2 Jan 2015 - 19:27

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La soudaineté de ma cécité m'empêchait d'utiliser correctement mes autres sens pour me repérer. J'essayais de me repérer au bruit de pas, au frottement des vêtements... Mais c'était impossible pour moi et surtout, j'étais encore trop en état de choc pour faire un véritable effort. Bien sur, je faisais des efforts en présence de Micha, car je me doutais qu'il s'inquiétait et je ne voulais lui donner plus de raison en craquant devant lui. Je m'en serais voulu toute ma vie. Du moins le peu qu'il m'en restait... C'est pourquoi lorsque je sentis la main de Micha sur la mienne, je ne pus m'empêchait de sursauter. Je n'avais entendu son approche. Je sentis en revanche un poids sur le lit près de moi et je compris qu'il s'était posé à côté... Je sentis alors sa main dans mes cheveux, alors qu'il attirait ma tête contre son torse. Le chaleur de son torse, sa douceur aussi, me firent frisonner. La chaleur humaine, dans mes moments de désespoir, avait le don de me faire pleurer, de me faire craquer... Je me retins malgré tout, inextremis, mais je ne pus m'empêcher d'enfouir mon visage dans ses habits, profitant de ce câlin improvisé pour chercher du courage, du réconfort. Lorsqu'il me dit que je pouvais compter sur lui, j'esquissai un sourire silencieux.

-je le sais... Mais je ne veux pas alourdir ta peine. Tu as déjà bien assez de soucis comme ça, dis-je doucement.

Je pensais qu'il devrait se trouver un meilleur infirmier à présent. Moi... Je ne valais plus rien. Je ne sentais plus rien. Je ne voyais rien. Tout était devenu si uniforme à mes yeux. Le décor, les gens, les couleurs, les formes... Tout ça n'existait plus. J'avais si peur, j'étais si désemparé que j'en tremblais. je les contenais tant bien que mal, tandis que des sanglots me secouaient. Moi qui avais tant essayer de me retenir, je n'arrivais plus à tenir. Sa chaleur et sa gentillesse balayaient toutes mes résistances, comme d'habitude.
Puis soudain, il s'éloigna brusquement. Surpris, et pris au dépourvu. Je secouai la tête sur les côtés, cherchant à comprendre avant de me calmer... je ne pouvais rien voir de toute façon.
Misao était entrer davantage dans la pièce. J'allais le saluer plus poliment lorsque Micha m'annonça qu'il partait. Je hochai la tête dans le vide. je m'en doutais... Il n'aimait pas trop se mêler aux autres, il était encore trop introverti, trop blessé par la vie. Je voulu le saluer de la main, me retins. Ca ne servirait à rien, je ne voyais pas où le saluer... Misao m'adressa alors la parole et s'excusa. Un léger sourire aux lèvres, je secouai la t^te, les yeux ostensiblement baissés.

-Non non ne t'excuse pas... Il n'est pas à l'aise quand il y a du monde.

Je sens alors qu'on effleure ma main. Il s'était rapproché, je baissai davantage la tête, instinctivement. Lorsqu'il me demanda ce qui n'allait pas, je mordais mes lèvres. Je ne pouvais pas le cacher. Plus maintenant. De toute façon, il le découvrirais bien...

-Je me suis fait attaquer. J'ai quelques cottes de brisées.

Je lâchais ça avec nonchalance, pour relâcher la tension qui envahissait mon corps. Je cherchais à gagner du temps. Il ne serait pas dupe. Pas lui... Je soupirai. Je me jetai à l'eau.

-Mais j'ai un autre problème...

Je voulus continuer. Je n'y parvenais pas. Je n'arrivais pas à le prononcer à haute voix. Pas encore. C'était si soudain. Je ne pouvais tellement pas y croire, malgré l'écran opaque devant moi. Alors je trouvais un autre moyen... Je ne sentais pas mes prunelles, je ne savais pas si elles étaient closes ou pas. Je posai un doigt, délicatement, près de mes yeux. Mes paupières étaient closes. Je relevait alors mon visage, espérant que j'étais en position droite, je ne me rendais pas compte. Je levais mes paupières, d'abord doucement... puis franchement. Le noir. Toujours le noir. J'exposais ainsi mes yeux vides à une lumière qui n'y passait plus.

-Maintenant tu sais...


#   Ven 16 Jan 2015 - 15:48

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Vous avez déjà ressenti ça ? Cette impression malsaine d'être entré au mauvais moment, de déranger assez profondément ? C'est ce que je ressens, là. Ce malaise au bord des lèvres, malgré le sourire figé qui s'y suspend tant bien que mal. Matheo n'a pas l'air de m'en vouloir – la situation lui semble comme naturelle, habituelle. Peut-être qu'ils se connaissent bien. Je n'aurais pas dû venir. Rien qu'à l'idée de croiser les autres personnes que Matheo connaît, mon ventre se tord douloureusement. J'ai pas envie de voir Ryu non plus. Pas plus que ce type n'avait l'air de vouloir rester en ma compagnie. Bon sang j'ai l'impression d'être un indésirable. Si Matheo ne voulait pas me voir, il me le dirait, pas vrai ? Pas vrai …?

- Je vois, ouais…

Doucement, je déglutis. Essaie d'attendre un peu, me rapprocher du lit pour poser ma main sur la sienne. J'ai pas grand-chose à dire, à part que je suis super inquiet. Il a l'air vraiment mal en point, faible. Et il ne me regarde pas. Sa réaction me perturbe. Il n'agit jamais de manière aussi distante. Il a l'air… profondément triste, aussi. Je ne comprends pas. Je ne veux pas comprendre. Quelque chose se bloque dans ma tête. Quelque chose qui ne veut pas se dire. Pourtant, je crois que je sais déjà.
Lorsqu'il me dit pour ses côtes, une vague d'indignation monte en moi. Je me retiens de serrer les dents et me contente de lui renvoyer un sourire maladroit, un peu crispé. Qui ? Qui a osé lui faire du mal ? Pourquoi lui, sérieux ?! C'est le type le plus adorable que je connaisse, il… Putain ! Si je croise celui qui a fait ça je crois que je me verrai dans l'obligation de lui faire la peau. Peu importe qui c'est. Ni pourquoi. J'en ai assez. Assez que des gens si bien intentionnés envoient tous ceux à qui je tiens à l'hosto. Assez que le monde entier me fasse un beau bras d'honneur.
Je m'apprête à réponde un truc – je suis même pas sûr de pouvoir dire quoi – quand il reprend la parole. Un autre problème ? Quel genre de problème ?
Mon cœur se serre. Non. Non, non, non. Pitié non.
Ses pupilles vides. Ses iris ternes. J'ai envie de pleurer. J'en ai marre. J'en ai marre…
Je prends une longue inspiration, tremblante, pour me calmer. Mes yeux sont humides, malgré tout ce que je fais pour paraître fort. On dirait un gosse qui vient d'apprendre la cécité de sa grand-mère, tiens…

- T'inquiète pas, Matheo.

Ne pas s'inquiéter. Très drôle Misao. Très drôle. Bravo. Quel soutien.

- Je serai là, je continue, la gorge serrée à m'en faire mal.

Doucement, je m'approche pour l'étreindre. Pas trop brusquement, pour ne pas l'effrayer, et surtout pour ne pas lui faire mal.

- Je suis désolé, j'aurais aimé…

Aimé quoi ? Faire quelque chose ? Oui. C'est ça.
La vie est injuste. Terrae est injuste. Être guérisseur, et ne même pas pouvoir se soigner soi-même. Être déjà condamné à la nuit, et maintenant l'être aux ténèbres.
Moi aussi, je peux lui faire un bras d'honneur, à cette vie de chiotte.

- Tu peux aussi compter sur moi. Ok ? Ok, Matheo ?

Je ne sais pas qui j'essaie de rassurer, là. Peut-être plus moi que lui, au fïnal.
Pardon Matheo, je sais pas quoi faire.



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#   Dim 5 Avr 2015 - 19:20

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Je ne le sens pas convaincu par mes paroles. Il semble troublé, comme si il venait de se rendre compte que sa présence n'était pas souhaité ou qu'il débarqué au mauvais moment. J'esquissais, autant que faire se peut, un sourire pour le détendre. J'étais très heureux qu'il soit ici avec moi. Je n'aimais pas être seul. Encore moins depuis que je savais ça... Je pensais à tout ce que je n'allais plus pouvoir faire, à ce que j'allais devoir de réapprendre encore une fois. Cela semblait tellement impossible comme tâche. Je ne voyais pas réussir seul. Voilà pourquoi j'étais content d'avoir de la compagnie, et puis, Misao est quelqu'un de gentil, cela ma fait plaisir qu'il soit là.
Je sens sa main se poser sur la mienne. Je me crispe légèrement, pas par dégoût du contact, mais parce que je n'ai pas fait attention au fait qu'il approchait, ce qui m'a surpris. Il fallait que j'apprenne à écouter, à sentir... Tout à réapprendre, encore... Mais le pire, c'est sa réaction lorsqu'il comprend enfin ce qui m'arrive. Je ne parviens pas bien à me le représenter, mais au son de sa voix et à l'accélération de son souffle, je comprends qu'il est triste pour moi. Peut-être davantage. Et là, je ne sais pas comment faire pour le faire sourire... Je ne voulais pas le rendre triste, je ne veux pas qu'il s'apitoie sur moi.

Gentiment, je resserrais ma prise sur sa main, et pose l'autre sur la sienne, en signe d'apaisement.

-Ne t'en fais donc pas autant pour moi, Misao. Je m'en sortirais, je me débrouillerais. C'est ce que j'ai toujours fait jusqu'à présent non ?, demandais-je avec amusement

Il me dit alors vouloir être présent pour moi, et que je devais pouvoir compter sur lui. Un franc sourire naquit sur mon visage. Je me dirigeais vers le son de la voix, mon seul repère à présent, pour qu'il voit bien que je n'étais pas triste.

-Bien sur que je sais pouvoir compter sur toi. Tu es si gentil, dis-je avec douceur.

Je reprends alors ma posture habituelle dans mon lit, fatigué de rester dressé, ça me fait trop mal aux côtes. Puis, pour ne pas le laisser se morfondre, je rajoute d'un ton guilleret.

-Allez, souris. Enfin, peut-être que tu souris déjà je ne sais pas. Ce serait dommage que tu sois si triste alors que tu es venu me tenir compagnie non ?

Je penche alors la tête sur le côté, dans la direction où il est censé se trouver.

-Dis... Tu peux ne rien dire à Mademoiselle Honda s'il te plait? Pas pour l'instant du moins..., demandais-je d'un ton grave.

Ma demande pouvait paraître étrange, si ça se trouve, elle était déjà au courant, mais je tenais à les garder loin de ce genre de soucis pour l'instant.



#   Jeu 9 Avr 2015 - 0:05

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L'heure n'est pas aux sourires et aux rires ces derniers temps, semble-t-il. Mon cœur se serre douloureusement quand je comprends de quoi souffre Matheo. La vie est vraiment mal foutue. J'ai envie de péter un truc. Je sais pas, de balancer quelque chose par la fenêtre. Mais pas question de laisser Matheo me voir comme ça. Enfin. Me "voir". Est-ce qu'on peut encore dire les choses de cette manière, à présent ? Ça m'énerve, ça m'énerve tellement. Je me sens mal.
Doucement, comme à son habitude, comme si ce n'était pas lui qui souffrait le plus, Matheo serre ma main dans la sienne et dépose l'autre par-dessus. Le geste a au moins le mérite de m'empêcher de verser quelques larmes. Si lui ne le fait pas, je n'ai pas à le faire non plus. Il faut que je me calme, me reprenne. Il ne veut pas ça. Il veut juste rire et sourire comme avant. Profiter de la vie. Mais comment on peut profiter de la vie quand plus la moindre couleur ne nous parvient ?
Une autre question me vient. Pourquoi n'a-t-il parlé à personne de la baisse de sa vue …? Il veut toujours faire en sorte de ne blesser personne, hein… Mais il se rend pas compte que c'est pire ?

- Sûrement oui, j'acquiesce lentement, me calmant petit à petit.

Me dire qu'il sait pouvoir compter sur moi me fait frémir un instant, mais je lâche un petit rire. Comme pour l'approuver. Mais je ne l'approuve pas. Tu ne sais pas ce que j'ai fait, Matheo. Tu ne sais pas…

- Je souris. T'inquiète pas. Je vais bien, moi, tu crois quoi ? J'ai toujours la pêche, tu me connais.

Je lui lance un clin d'œil qu'il ne verra jamais. Mais j'en ai besoin pour me faire croire que tout va bien. Que tout ira bien. C'est égoïste, peut-être. Mais après tout, je suis quelqu'un d'égoïste…

- Promis. Je lui dirai rien. C'est à toi de décider quand mettre les gens au courant. Je… je suis désolé de m'être incrusté au passage. Tu voulais certainement pas me voir maintenant.

J'ai une expression embarrassée. Puis je me demande comment Hide-nee réagira quand elle saura. Ou même Ryu. Puisque j'ai cru comprendre qu'il était proche de lui…
Matheo se rallonge et je l'observe, soupire doucement.

- Tu veux peut-être que je te laisse te reposer ? Ou que je t'apporte à boire, quelque chose ?



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#   Dim 12 Avr 2015 - 18:15

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Je garde les yeux fermés pour ne plus lui exposer mes globes vides et morts. Je sens qu'il n' a pas besoin de ça en ce moment. Il essaie surement de profiter de ma cécité pour se donner contenance mais je me rends compte que perdre un sens, ça développe bine les autres. Ce n'est pas une légende en fait... Je capte plein de petites choses. Et j'entends bien sa voix, où perce la tristesse, bien qu'il me dit qu'il sourit. Après, je ne dis pas que ce n'est pas le cas mais moi, je veux le savoir heureux. Je veux qu'il me fasse ce grand sourire qu'il m'a fait lorsqu'on s'est rencontré la première fois et j'ai tant ri. Cet homme à l abatte de base-ball chassé des dortoirs par la tyrannie des plus jeunes... Je renforce donc ma prise sur sa main, lui passant toute la force en ma possession. Je parviens à sourire, imaginant son visage dans mon esprit tel que je me le rappelle.

-Alors tant mieux! Je suis heureux dans ce cas. Merci Misao, dis-je simplement.

Je hoche la tête avec force lorsqu'il me promet de ne rien dire. J'avais bien trop peur de la réaction de Ryu. Les infirmières m'ont racontés comment il était lors de mon étoilisation, après l'attaque des scientifiques. S'il apprenait ce qui m'arrive actuellement, comment réagirait-il ? Il serait surement très triste et... Je me sentirais mal de le rendre triste.

-Je le lui dirais... quand je serais prêt. J'ai peur de sa réaction...

Peur n'était peut-être pas le mot adéquat mais je redoutais les effets de ma cécité. Bien sur que je lui dirais mais quand ? Je préfère réfléchir d'abord de mon côté, pour savoir comment m'y prendre, comment annoncer une chose pareille...
Lorsque Misao me propose d'allait me chercher à boire, je hoche la tête rapidement, prenant conscience que ma gorge est un peu dessécher.

-Oh je veux bien une canette de soda s'il te plait! Mais ne te dérange pas si tu n'en as pas envie...

Oui je sais, c'est lui qui m'a proposé mais bon, même aveugle, je reste le même il semblerait. De ma main droite, je désigne l'endroit où sont censés se trouver mes affaires.

-Dans mon manteau tu trouveras de la monnaie! Je ne vais pas te laisser payer quand même...

Quelques instants plus tard, j'étais seul. J'entendais ses pas qui résonnaient dans le couloir et poussais un long soupir. C'était dur de se contraindre à la neutralité comme ça. Bien sur que j'étais triste, j'étais désemparé. Ma vie ne serait plus jamais la même. J'allais devoir tout réapprendre depuis le début, apprendre de nouveau moyen de me préserver. Je ne pourrais plus admirer les couleurs, je ne pourrais plus jamais regarder des photos pour me donner l'impression de voir le monde... Qu'est-ce que j'allais devenir. Même avec mes pouvoirs je devenais inutile, je ne pouvais plus aider personne. Je ne voyais rien. Seules les voix, ainsi que les visages que j'ai dans mes souvenirs me permettent de ne pas être totalement aveugle face à une personne. Mais si ça se trouve il a changé depuis le temps... Il a peut-être une nouvelle coupe de cheveux, ou une cicatrice quelque part (je n'ai pas pensé à le sonde d'ailleurs.) Son retour interrompt mes pensées et je retrouve bien vite ma mine réjoui et souriante.

-Désolé de t'avoir fait déplacer, merci.

Je retire la languette, en faisant bien attention à ne pas ne mettre partout. IL ne manquerait plus que les infirmières me voient avec une canette dans le lit, au risque de tâcher les draps.

-Alors raconte-moi. Que s'est-il passer dernièrement dans ta vie ? Tu as eu une mission concernant les scientifiques toi aussi ?

Ce n'était pas un sujet très joyeux mais c'est le premier qui m'est venu à l'esprit.


#   Lun 13 Avr 2015 - 19:08

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Pourquoi c'est aussi difficile de faire semblant d'être de bonne humeur ? Hein ? Ça n'a jamais été si compliqué. En temps normal, on a juste besoin de sourire un peu, et les gens font semblant de pas le remarquer, parce qu'ils voient que tu fais un putain d'effort pour pas les rendre plus tristes qu'ils le sont déjà. Même si ça marche pas trop, au final, tes vrais amis (et je parle pas de ceux qui sont incapables de comprendre que tu puisses parfois te sentir mal, toi aussi, comme si seule leur seule et unique existence importait ; Matheo, bien entendu, est pas comme ça) te pardonnent parce qu'ils savent. Ils savent, eux aussi, et ils comprennent. Ils te cherchent pas forcément des excuses, mais ils sont juste là pour toi. Pourquoi ? Question débile. C'est tes amis. C'est tout.
Lui, il sourit aussi. Il sourit aussi même si je reste persuadé qu'il a plus mal que moi. Comme toujours j'dois avoir l'air un peu débile. Alors je serre juste sa main dans la mienne pour le remercier d'être là aussi.

- C'est normal. Hideko a toujours été très empathique de toute manière...

Puis je garde le silence un instant. Tâche de lâcher les mots qui sont coincés dans ma gorge.

- Et Ryu aussi, j'imagine...

Même si au final, je ne le connais pas. Je sais reconnaître ses qualités, mais je refuse de les voir lorsque nous nous trouvons face à face. Il y a ce blocage. Et cette colère qui revient. Pas contre lui, mais contre moi-même. Parce que c'est moi qui aurais dû être là pour ma sœur. Et pas quelqu'un d'autre. C'est stupide, certainement. Mais peu importe. J'en suis encore là-dessus, après autant de temps. L'obsession. J'en connais un rayon là-dessus, hein...
Je change de sujet et profite de la demande de mon ami pour me lever et lui chercher une canette. Puis secoue la tête.

- Mais non c'est bon. Ça me gêne pas, t'en fais pas. C'est pas pour quelques centimes que je serai ruiné.

J'essaie de prendre le moins de temps possible pour aller lui chercher à boire ; l'idée de le laisser seul ressasser ses pensées me rend mal à l'aise au possible. J'introduis quelques pièces dans le distributeur, lui choisis un soda au pif et le lui ramène avec un sourire. J'essaie d'ignorer la tête qu'il fait avant qu'il ne comprenne que je suis de retour et la lui tend :

- Tiens. Pas de souci je te dis, alors arrête de t'excuser p'tite tête.

Je l'observe ouvrir la canette avec un sourire amusé. Eh bien, il se débrouille quand même pas trop mal hein...
La question qu'il me pose soudainement me fait néanmoins perdre mon sourire. Mes yeux se baissent alors que mon rythme cardiaque accélère. Il n'est pas au courant, hein ? Il n'est pas au courant... Dieu merci...
Je ne peux pas lui dire.

- Hum. Non pas vraiment. J'ai pas... enfin j'ai préféré ne pas y prendre part. Tu sais, j'ai un peu de mal avec mes pouvoirs. J'aurais été un poids. Alors bon... Je suis resté aider directement à Terrae... je souffle.

Pitié qu'il ne comprenne pas que je lui mens. Pitié qu'il ne comprenne pas.

- Et toi alors ? Tu as aidé un peu ? Je suis sûr que vu comme tu te débrouilles avec tes pouvoirs, tu n'as pu être que d'une grande aide ! je le relance avec un sourire plus joyeux.



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#   Jeu 7 Mai 2015 - 19:35

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Je ne peux retenir un soupir de soulagement lorsque je comprends qu'il gardera mon secret, du moins jusqu'à ce que l'hôpital informe Mademoiselle Honda. Ce qu'il ne devrait pas tarder à faire mais je leur ai demandé de retarder la procédure, le temps de... réfléchir un peu.
J'acquiesce distraitement à sa remarque, et souris même en l'entendant concéder à Ryu la possibilité de s'inquiéter. Je suis sûr que ça, il a dû faire un véritable effort pour le reconnaître, connaissant son aversion pour mon professeur particulier.

-Ça n'a pas dû être facile à dire ça, ma moquais-je gentiment. Oui... Ryu est très empathique. Autant que Mademoiselle Honda. Ils sont bien assortis...

Je me tais à ce moment-là, me rendant compte que mes mots ont dépassé ma pensée. J'espérais ne pas avoir vexé Misao. En tant que frère protecteur, il a du mal à accepter le fait que Ryu est surement pris sa place momentanément, celui du protecteur. Il me l'avait expliqué, et c'était compréhensible... C'est dommage de ne pas pouvoir voir au-delà c'est tout. Malgré tout, Misao a de grandes qualités donc il est largement excusable. De plus, j'appréciais sa présence à ce moment précis.
Je souris légèrement en l'entendant m'envoyant gentiment, mais fermement, sur les roses pour les sous. Bon, soyons honnêtes, je n'avais pas prévu qu'il m'écoute... Il n'est pas feu pour rien. Tout en buvant ma canette avec précaution, y allant à tâtons pour être sûr de ne rien renverser, je l'écoutais me raconter ce qu'il faisait durant l'attaque. Je hochai la tête, ne comprenant pas pourquoi on l'avait mis à l'écart. Il y avait quelques initiés qui avaient participé il me semble non ? Après, s'il dit lui même ne pas trop maîtriser ces pouvoirs, c'était surement plus prudent qu'il reste à l'intérieur... Cela n'avait pas dû lui faire très plaisir.

-Au moins tu es sain et sauf, c'est le plus important!

Je lâche un rire léger suite à sa dernière remarque. Je n'avais pas l'impression d'avoir été si utile mais encore une fois, le visage de Ryu s'imposa à moi pour me rappeler à l'ordre... Décidément rien ne change vraiment.

-Eh bien Ryu et Mademoiselle Honda disent que oui alors je suis content. Mais j'aurais préféré ne pas avoir à me battre pour être honnête, je ne suis pas taillé pour..., dis-je dans une vaine tentative d'humour.

Hrp: désolé, c'est court et nul, je me rattraperais la prochaine fois T.T


#   Lun 18 Mai 2015 - 18:12

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Pas facile de dire ça ? Ahah... S'il savait à quel point. S'il savait à quel point ce Ryu m'insupporte, s'il savait à quel point je le déteste. Peut-être qu'on peut dire que j'ai pas de réelles raisons de le faire - ce qui, avouons-le, n'est pas vraiment faux - mais ça ne m'en empêche pas réellement. C'est pas tellement de la jalousie, je crois. C'est surtout que j'ai eu besoin de détester quelqu'un pour ne pas me haïr moi, et que c'est tombé sur lui. Et maintenant, ça continue comme ça. Peut-être que ça continuera encore longtemps, j'en sais rien. Mais bon... J'ai pas envie de me battre contre ça aussi. J'ai pas envie de faire des efforts pour lui. Lui non plus ne m'apprécie pas, mais il se force, pour ma sœur. Même quand elle n'est pas là. Alors ouais. J'vais tenter de contenir mon aversion pour lui, pour continuer à faire plaisir à tout le monde. Mais de là à dire qu'ils sont bien assortis... je ne sais pas. Je ne sais pas…

Pour la peine, je rigole quand même, parce que ce pauvre Matheo a l'air d'avoir peur de… je sais pas, d'avoir dit un truc qui m'aurait vexé très certainement. J'veux pas le rendre triste, et puis même. C'que je pense de Ryu ou du couple de ma sœur ne concerne que moi, personne d'autre. Ils n'ont pas à faire attention à moi de ce côté-là.

Peu après, je reviens avec sa cannette et la lui donne. Il se débrouille comme un chef et si la situation n'était pas si triste, j'en aurais presque ri.

- T'inquiète, y a pas de raison qu'il me soit arrivé un truc ! J'étais pénard moi !

Au fond, je suis heureux qu'il n'ait pas entendu toutes ces rumeurs. Fondées ou pas, elles me poursuivent toujours et sont en train de me détruire petit à petit. Vivre dans le mensonge, c'est pas vraiment glamour non plus mais bon. Honnêtement je m'en fous, tant qu'il ne sait pas.

- J'comprends, oui. Mais si tu as pu te rendre utile, alors faut essayer de pas y penser. En plus avec ton pouvoir, tu as pu soigner des gens j'imagine. J'aimerais bien avoir un pouvoir comme le tien, qui ne soit pas si destructeur…

Puis, un sourire se dessine sur mes lèvres.

- Franchement j'aurais donné beaucoup pour voir ça. En plus, tu peux voler maintenant non ? Comment ça fait ? C'est bien ?

J'essaie de l'aiguiller un peu vers une autre discussion, plus joyeuse. Ne pas penser à tout ça…



HRP : Ton post est parfait mon chou t'inquiète <3 Le mien n'avance pas beaucoup les choses mais bon !



PLS en #b7273d.
#   Ven 31 Juil 2015 - 10:59

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Mes paroles semblèrent le plonger dans une grande réflexion. Etait-ce parce que j'avais parler de Ryu ? En tous cas, il resta silencieux un long moment, si bien que je ne savais pas si je devais attirer son attention ou le laisser penser tranquillement. Je choisis cette dernière option, en profitant pour méditer à mon tour sur mon futur e ce que je pourrais bien faire maintenant. Est-ce que tout serait comme avant ? Certainement pas, non. Mais pourrais-je conserver quelques repères ? Il faudrait voir. avec le temps et la pratique peut-être qui sait... En même temps que je mourrais d'envie de sortir de cet hôpital, j'en avais un peu peur également. Pour moi, à présent, le monde était surtout un vaste inconnu... obscur. Même la lune, ma compagne indéfectible depuis mon enfance, me rejetait à présent. Je n'étais aimé ni du soleil ni de la lune. De quoi le pourrais-je encore alors ? Des ténèbres à présent ? Est-ce un signe ?

Misao reprit la parole pile à ce moment-là de mes réflexions. Sa remarque me fit rire. Je ne sais s'il était vraiment pénard, mais le fait qu'il ne lui soit rien arrivé me rassure. J'étais bien content. Par contre il semblait croire que j'avais été particulièrement utile, ce qui n'était pas vraiment exact...

-Je n'ai pas soigné tant de monde que ça... En fait lors de la mission, c'est surtout Ryu et Chris qui ont fait le gros du travail. Moi je les ai supporté de mon mieux plutôt, expliquais-je avec un sourire.

Mes cristaux leur avaient été utiles selon eux, mais j'aurais aimé faire plus, plus que de me faire blesser par les scientifiques. Je n'étais pas peu fier de les avoir repoussé, mais je me disais que un autre master aurait mieux, plus vite, sans dépenser d'énergie inutile;.. sans faire courir de risque aux autres.

-Et puis, je ne trouve pas le feu si destructeur que ça. Pour moi, quand je pense à cet élément, j'imagine un grand feu de cheminée autour duquel ma famille se réchauffe et se réconforte, avec une bonne tasse de chocolat chaud! Le feu à ses bons côtés aussi!

Il me semblait avoir déjà entendu quelqu'un parlait ainsi de son élément, même si je ne me souvenais plus qui. Tous les éléments se valent à mon goût. L'air peut-être dévastateur aussi... Mais comme tout, il a c'est bon côté. Je ne connaissais pas son pouvoir, mais même s'il était marionnettiste, ce pouvoir a de bons côté également. C'est ce sur quoi il faut se concentrer. Sinon, on ne fait que se rendre triste, et se complaire dans sa tristesse.

Je laissai un petit rire m'échapper, tandis que je secouai vivement la tête, en signe de dénégation.

-Je ne vole pas encore non! Je... lévite plutôt. J'arrive à dépasser l'accoudoir d'un canapé en me concentrant bien. Mais tu verras, un jour je volerais pour de bon!

Un jour... peut-être.


Hrp: retard inadmissible, fallait me harceler ma belle! Et ton post est parfait, regarde le mien, il ne fait rien avancer du tout <3


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