Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Entre les ombres. [Nath]
Ven 13 Fév 2015 - 17:12
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Nathanaël observa l'Étoile, guettant sa réaction. Elle semblait très étonnée de l'avoir vu revenir vers elle. Sans doute, s'attendait-elle à le voir fuir, quitter la chambre sans même un regard, mais c'était mal connaître le jeune homme. Il n'abandonnait pas si facilement... surtout qu'elle était sa seule amie, sa seule véritable amie, ici à Terrae. Jamais il n'avait été aussi proche de quelqu'un et, en même temps, aussi loin. Les autres élèves qu'il avait côtoyés n'étaient que des connaissances, des copains, mais jamais il n'avait cherché à approfondir ce lien, cette amitié. Avec elle, c'était bien différent. Sans doute ses sentiments pour la Tonnerre l'avait aidé à se rapprocher d'elle, mais il y avait autre chose. Il sentait qu'elle était seule, comme lui, et qu'il pouvait l'aider, avec sa douceur et sa patience. Alors non, il ne l’abandonnerait pas ainsi. Malgré le ton sec employé par la Sensitive, le Terre ne put retenir un éclat de rire. Ce n'était, en fait, pas si drôle que ça, car cela cachait beaucoup de choses. Elle n'acceptait pas ses conclusions et sa vision de la situation. Il reprit donc rapidement un air grave et écouta la suite. Il se contenta d'acquiescer au propos de l'Étoile. Il comprenait qu'elle n'était pas encore tout à fait libre et qu'elle ne le serait peut-être jamais. Si des scientifiques un tant soit peu organisés avaient pu venir à Terrae, qu'est-ce qui empêcherait un autre groupe de venir porter atteinte à l'école et à ses pensionnaires ? Peut-être avait-elle travaillé pour des gens comme cela. Il frissonna face à cette idée. Ce qu'elle venait de lui annoncer, au final, c'est qu'elle acceptait de se sacrifier pour que des personnes dorment sur leurs deux oreilles. Il détestait cette situation. Il ne voulait pas qu'elle prenne ce rôle, mais ce n'était pas à lui de décider. Au final, s'il était vraiment son ami, il n'avait pas le droit de la juger pour ce choix, car la situation était, à présent, différente. Avant, la Tonnerre avait tué parce qu'on le lui demandait, maintenant elle tuerait pour protéger ce en quoi elle croyait. C'était tellement... complexe. Pouvait-il accepter cela ? Le Terre savait que certaines personnes à Terrae, des masters notamment, avaient déjà tué, que ce soit dans leur passé personnel ou pour protéger l'école. Il s'agissait parfois d'accidents, dû à la mauvaise utilisation des pouvoirs, parfois c'était intentionnel.

Nathanaël fixait toujours la Sensitive et il fut surpris de la voir bouger, se rapprocher dangereusement de lui. Les battements de son cœur s'accélérèrent. Que faisait-elle ? Le jeune homme retient de justesse un soupir de soulagement quand les lèvres de la jeune femme rencontrèrent sa joue. Il n'aurait pas été préparé à autre chose. Elle ne finit pas sa phrase. Il sentit son émotion et fut touchée par ses mots. Elle croyait en lui et c'était un cadeau précieux qu'elle venait de lui faire. Sa main quitta l'épaule de la jeune femme et vint se poser délicatement sur sa joue.

Je te le promets.

Le Titan ponctua sa phrase d'un sourire doux.

Et en retour, me promettrais-tu de ne plus jamais laisser quelqu'un te dicter ta conduite et d'être celle que tu souhaites être ?

Il avait confiance en elle. Malgré tout ce qu'elle lui avait révélé, malgré tout ce que cela impliquait, il n'avait pas perdu la foi. Le Terre était convaincu que si la Sensitive était libre de ses actes, elle prendrait les bonnes décisions, même si cela impliquait parfois de se salir les mains. Cette idée le répugnait et il aurait aimé pouvoir changer cela, mais une voix lui murmurait qu'il n'y pourrait rien, que la seule chose qu'il était capable de faire, c'était être présent et la soutenir pour que sa vie soit moins pénible. Nathanaël comprenait que le passé de l'Étoile ne disparaîtrait jamais de sa vie et qu'elle devrait constamment lutter pour lui survivre. Au moins, elle n'aurait plus à surmonter ces épreuves toute seule à présent.
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Sam 14 Fév 2015 - 23:40
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Je ne sais pas si je suis en train de rougir. Je pense avoir perdu cette faculté de rougir spontanément il y a longtemps. Oui je suis capable de rougir sur demande, ça j’en suis certaine. Je maitrise mon corps comme une artiste sa palette. Pourtant là j’pense que si j’en étais encore capable de rougir spontanément, je devrais être bien cramoisie. J’ai honte de moi quand je vois son regard perdu.

Il a cru que j’allais l’embrasser. Sans doute aurais-je pu le faire en cet instant. Pas pour de bonnes raisons. Je l’aurais fait pour le rassurer. Pas parce que je l’aime. Pas parce que j’en ai envie. Je l’aurais fait pour lui. Ce qui en soit aurait été lui manquer de respect. Lui mentir aussi. Est-ce que j’aime ce gamin ? Oh mon dieu oui. Non je retire. Dieu n’y est pour rien. Oui j’aime Nathanaël. C’est clair et net. Il est actuellement je dirais la personne la plus importante dans ma vie. En même temps il est la seule personne qui compte sur moi.

De ce fait il est important pour moi. Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé. C’est un peu cela et pas tout à fait. Je ne sais pas. Ce jeune homme est quelque part tellement surréaliste pour moi. Tellement intègre et tellement… formidable. Tu es ce que je voudrais que tout homme soit. Alors je te voue amour et admiration. Seulement l’amour que je te voue n’est nullement celui que je vouerai à un homme. J’en ai conscience.

Quand je questionne mon cœur sur celui qu’il aime l’image de Julien s’impose encore et toujours. Je me dis que le temps l’effacera, ce sourire ambigu qu’il m’adressait quand je ne comprenais pas où il voulait en venir. Ses bras m’enlaçant, ses lèvres frôlant les miennes incertaines. Nous étions des enfants, car pour lui j’étais redevenue une enfant.


Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s'aiment
Ne sont là pour personne
Et c'est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour
Jacques Prévert

Il n’est pas seulement mon premier amour. Je lui dois qu’il reste aussi l’unique. Celui avec qui j’avais envie d’être, celui a qui je me donnais autant pour lui que pour moi. Ton étreinte me manque. Ta chaleur me manque. Tes discours passionnés me manquent aussi. Je pouvais passer des heures à t’écouter parler de tes passions, du lycée ou de l’avenir. Sauf que tout ça n’existe plus, je l'ai gommé par ma bétise. Alors je veux que tu restes l’unique à avoir gravé ton nom sur mon âme. Et j’ai honte du trouble que je provoque chez mon ami, car je sais qu'un jour ce petit sentiment nous rendra malheureux.

« Si je te promettais cela, je te laisserais dicter ma conduite. »


Ma main se pose sur la sienne doucement. Son contact m’est agréable et pourtant je le romps pour me lever. Je suis plus stable sur mes jambes, toujours aussi frigorifiée mais stable. Je crois que l’anesthésie ne fait plus effet. Je fouille dans l’armoire et retrouve mes affaires. Je suis un peu désespéré de retrouver mon tee-shirt mais surtout le pull du blond entaillés. Ils ont été découpés pour qu'on puisse me les retirer sans abîmer encore plus ma main je présume. De même que mon soutif, lui ça doit être une erreur. Ce n’est pas étonnant en soit mais ça a le don de m’exaspérer.

« Désolée ils ont eu la peau de ton pull… Je t’en dois un. Regarde ailleurs veux-tu ? Je vais m'habiller.»


Je me saisis de mon pantalon et tant bien que mal réussi à l’enfiler à une main. Je galère un moment avec la dite main pour fermer les boutons de devant. Non je ne fais pas comme tout le monde. Non je n’ai pas une fermeture éclair. Je suis bizarre. Je regarde avec dépit mes chaussettes, le pull coupé, ma main immobilisée et celle liée aux perfusions que je n’ose débrancher. Je soupire. J’ai pas envie de me débattre en vain.

« Tu peux m’aider à enfiler le reste ? »

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Mar 17 Fév 2015 - 1:25
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Aux propos de l'Étoile, Nathanaël haussa un sourcil. Il lui fallut un temps pour comprendre. Si elle lui promettait d'être celle qu'elle avait envie d'être, en un sens, elle le laissait lui dicter sa conduite, puisqu'elle ne pourrait pas être quelqu'un d'autre sans briser cet engagement moral. Cependant, il  serra les lèvres. Certes, la formulation était maladroite, mais elle jouait un peu avec les mots... comme lui parfois. Elle avait raison, il espérait simplement qu'elle avait compris ce qu'il souhaitait. Oui, elle avait certainement saisi le sens implicite de ses mots. La Tonnerre posa ensuite sa main sur celle du jeune homme, avant de se lever et de se diriger vers l'armoire où se trouvait ses vêtements. Son pull ? Oh c'était un peu embêtant, surtout vu le peu de vêtements qu'il y avait dans sa garde robe, mais pas une catastrophe. Il tourna la tête, fixant l'oreiller blanc chiffonné, et n'envisagea pas une seule seconde de tenter un coup d’œil furtif.

Ne t'en fais pas pour le pull, j'en ai d'autres...

Ce n'était pas vraiment un mensonge, car, bien évidemment, le Titan avait d'autres vêtements à se mettre, mais pas totalement la vérité étant donné qu'il n'avait que deux autres pulls, mais c'était jouable. Il ne fallait juste pas qu'il en salisse un trop vite pour lui laisser le temps de laver l'autre. Il réglerait ce détail plus tard, ce n'était pas important. Soudain, le Terre se demanda si la Sensitive avait vraiment le droit de faire ce qu'elle faisait. Elle avait subi une opération et était sous médication. Elle s'était réveillée il y a peu de temps et déjà elle souhaitait enfiler ses vêtements ? Le personnel hospitalier ne serait certainement pas très content de voir cela. Nathanaël ne put cependant retenir un sourire. L'Étoile savait ce qu'elle faisait et elle le ferait comprendre aux infirmiers et aux médecins, il en était sûr. Il l'entendit se débattre, puis soupirer et enfin l'appeler. Le Terre ne bougea pas tout de suite. Avait-il bien entendu ? Il ne savait pas où elle en était dans son habillage et il ressentait une certaine appréhension. Il ne souhaitait pas profaner les frontières de sa sphère privée. Il prit une courte inspiration et se retourna. Elle était en pantalon, toujours avec sa robe d'hôpital, et il aperçut le reste des vêtements de la jeune femme, ainsi que son pull, toujours dans l'armoire. Il se leva et s'approcha d'elle.

Tu vas devoir te battre avec les médecins, j'espère que tu en es consciente...

Nathanaël se tut, lui sourit et prit la paire de chaussettes qui traînaient sur l'un des plateaux de l'armoire.

Viens, assieds-toi sur cette chaise.

Il lui saisit gentiment le bras et l'amena vers le siège. Ensuite, il posa un genou à terre, prit délicatement le pied de la demoiselle et enfila la première chaussette, puis fit de même avec le second pied. Le Titan retourna ensuite vers l'armoire et constata que son pull n'avait pas été la seule victime du massacre, le T-shirt et le... soutien-gorge de la Tonnerre n'y avait pas survécu non plus. Le Terre sentit le rouge lui monter aux joues. Heureusement, il était caché par la porte de l'armoire. Les seules sous-vêtements féminins qu'il avait eu l'occasion de voir était ceux de sa mère lorsqu'elle les mettait à sécher au-dessus de la baignoire, sur un petit étendage, alors là, ça lui faisait un petit choc. Ah non, une fois il avait reçu une enveloppe avec une petite culotte rose à dentelles à l'intérieur, c'était il y a un an environ. Une folle... oh oui, la s'en était bien une, avait décidé de lui faire un petit cadeau. La fille en question l'avait harcelé pendant deux mois avant de choisir une autre victime. Bon, d'accord, c'était Le cas extrême. Il chassa ce souvenir désagréable et tâcha de se concentrer sur autre chose. Il prit le T-Shirt de la jeune femme et vint se placer devant elle.

Tu veux vraiment remettre ça ? Je pourrais aller te chercher quelque chose d'autre, il me reste un pull propre dans mon armoire...

En fait, Nathanaël était indécis sur la marche à suivre. Il savait bien, en regardant le bras de la Sensitive, avec les perfusions, qu'il ne parviendrait pas à lui passer une des manches. Seuls ses vêtements découpés pourraient être enfilés entièrement, mais dans ce cas-là, comment le jeune homme devait-il procéder ? L'Étoile souhaitait-elle enfiler ses habits par-dessus la robe d'hôpital ? Et si ce n'était pas son intention, comme allait-il l'aider ? En fait, il avait peur de l'attirance qu'il ressentait pour elle. Il avait peur de commettre un impaire. Il tâcha cependant de prendre un air détaché.

Bon, avec tes perfusions, ça ne va pas être facile...

Il lui sourit timidement, attendant les ordres de la Tonnerre.
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Mer 18 Fév 2015 - 0:24
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« Oui tu en as en tout et pour tout deux autres. Tu en portes un, j’ai vu l’autre dans ton placard. Bon j’admets j’étais un peu groggy, il se peut que j’ai loupé un tas d’affaires sales… Mais je  ne pense pas. A la réflexion je ne t’ai jamais vu porter que ces trois pulls. »

Oui, même si ce n’est pas ma préoccupation première les vêtements, si je réfléchis j’arrive à me souvenir de toutes les fois où je l’ai… à défaut de croiser, observé à la bibliothèque. Sans m’approcher de ceux qui m’ont faite, je garde un œil sur eux. Nathanaël semblait de plus en plus fatigué, Lucky désireux de me casser la figure, Akira déboussolée de ma disparition des radars… celle qui me fait un peu peur c’est Ludmila, elle file vraiment du mauvais coton.

Enfin je n’arrive pas à me souvenir l’avoir vu porter autre chose que ces trois pulls. Je peux assurer que j’ai une bonne mémoire. Malheureusement pour moi. Si j’avais la capacité d’oublier ma vie serait d’autant plus facile. Je ne la possède pas, et pire je ne veux pas oublier. Plus jamais.

« Si tu ne veux pas que je t’en achète un je te passerais un des miens. J’en ai qui devraient t’aller de quand… Je portais des choses amples. »


De quand j’étais Ipiu. Franchement cette gamine se fringuait de tout, du moment que c’était pas cher, que c’était ample et masquait ses formes. Elle n'hésitait pas à s'habiller chez les hommes. J’ai décidé de changer de style. Complètement, dans le but que l’on ne nous confonde pas. Je ne suis pas elle. Pourtant je pourrais récupérer ce pull sans souci, je sais que malgré son envie de me casser la gueule, Lucky garde mes affaires. Il espère que je reviendrais. Merde. Je n’aime pas cette idée.

Vraiment. Je ne peux pas rentrer. La colère s’apaisera et il m’oubliera. Sans doute. Ou il me détestera. Je ne sais pas de quoi j’ai le plus peur. Sans doute qu’il ne m’oublie jamais. Qu’il ne soit blessé à jamais par ma faute…

Mais tu n’as pas le courage de l’affronter. Tu as déjà bien assez peur de ta relation avec Nathanaël. Tu refuses de mettre tous ceux que tu aimes en danger. Qui comprendrait ta peur ? Ta culpabilité ? Personne ne te connait. Personne pas même toi. Tu ne te comprends pas. Tu ne t’apprécies pas. Que voit-il en toi de si particulier ? Tu n’es pas aimable. Tu n’es qu’une coquille vide. Comment peut-on aimer une coquille vide ? Aimer quelqu’un qui ne s’aime pas. Je ne le comprends pas… Et je crois que sur ce point nous serons sans doute longtemps différents, il m’aime plus que je ne m’aime. Je ne me respecte même pas.

« Je pense pas qu’ils vont me garder, la perf... il reste que la solution glucosée, toutes les autres poches sont vides. Je suis consciente et capable de prendre moi-même mes médicaments, s’ils ne passent pas en voix per oros, je m’y connais pas. Si je retire pas la perf direct c’est que je ne suis pas tout à fait certaine, j’ai moyen envie qu’ils me replantent une aiguille… J’ai pas un capital veineux très impressionnant. Ils ont déjà eu du mal à en trouver une de potable regarde. »


Tu lui montres les bleus qui parsèment ton bras… Les ecchymoses sont sombres sur ton bras trop clair. Tu ne te souviens plus de ces temps plus doux où de l’ambre courait sous ta peau. Il t’aide à enfiler tes chaussettes. Tu l’en remercie. Il a plus d’égard envers toi que tu n’en as toi-même. Tu manques de lui faire la réflexion. Mais tu te retiens. Tu ne veux pas de ce malaise entre vous deux.

Si tu avais vu le pourpre de ses oreilles peut-être te serais-tu sentie gênée. Tu connais le trouble de son âme, et tu sais bien que ta présence en elle-même lui est dangereuse. Pourtant tu prends, encore et toujours, sans réfléchir aux conséquences, tu prends ce qu’il te donne en sachant pertinemment que tu ne pourras jamais lui donner ce qu’il attend en retour. Il s’en convainc pour l’instant, il peut se passer de tes sentiments… Mais si un jour il te demandera, qu’adviendra-t-il de vous ? Vous vous perdrez inexorablement.

Pourtant tu refuses de te laisser aller à cet avenir, pas encore. Il est trop gris. Trop terne pour que tu acceptes ce devenir. Tu voles un peu de sa présence tant qu’il supporte encore la tienne. Se rend-il compte de combien tu lui prends ? Il semblerait que non, sinon il t’aurait déjà délaissée. Sinon il se serait déjà lassé. De toi, de ta douleur et de ta faiblesse. Toutes ces petites choses qui t’écœurent.

Tu lui montres ce qu'il faut faire de ta main libre sur celle qui est immobilisée. C'est encore le plus simple. Tu ne peux pas le faire seule.

« Regarde si j’utilise le sparadrap comme et fait une boucle avec le tuyau de la perf, on n’a plus qu’à passer la poche dans la manche, puis la main et le bras, je passe la tête de l’autre côté et ça sera magique. Je serais habillée comme une folle qui s’échappe d’un asile, avec la blouse qui dépasse de sous des habits volés. »


Tu lui fais un clin d’œil, refusant de voir le regard qu’il t’adresse. Tu as tellement peur de ce regard. Ce regard qui te promet son départ. Alors tu l’ignores, même si cela te fait honte. Tu utilises celui sui croit qu’être ton ami lui suffira toujours. Tu souhaites secrètement qu’il trouve une fille ou un homme de son âge. Ainsi jamais tu n’auras à le quitter. Ou plutôt jamais il ne te quittera.
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Mer 18 Fév 2015 - 18:55
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Décidément, je crois que je n'aime pas ce mois de janvier. Après le retour catastrophique d'Huo, il y a quelques jours à peine, j'ai eu bien du mal à me reprendre. Disons que courir partout d'un service à l'autre de l'hôpital, parce qu'il n'y a que trois fichues Masters guérisseuses sur tout Terrae, ce n'est pas réellement la joie tous les jours. Norah est à l'infirmerie, et les trois-quart du temps, Yuuna n'est pas sur le village. Ne reste plus que moi, quelques Etoiles qui traînent, et les médecins et infirmières qui sont tantôt méfiants, tantôt trop - beaucoup trop - exigeants. Je suis épuisée, et j'ai l'impression de ne pas avoir dormi depuis une éternité.
Alors je peux vous assurer que voir Lydie débarquer dans la salle de consultation pendant que je m'occupait d'un patient, et surtout de la voir dans tous ses états, ça ne m'a pas réellement fait plaisir. J'ai terminé de m'occuper de l'homme face à moi avant de le laisser partir, puis de me tourner vers elle. L'infirmière, un peu énervée, m'a parlé d'un titan qui aurait pété les plombs et aurait blessé des agents de sécurité. Elle ne voulait pas m'appeler avant, probablement parce qu'elle sait pertinemment qu'être Master ne me dispense pas de ne même pas être majeure, mais, d'après elle, elle n'arrivait plus à les calmer ni les contenir. Ils étaient en colère, et je n'avais pas d'autres choix que d'aller m'en occuper moi-même.
Aussi j'ai laissé rapidement mes occupations pour aider aux soins des agents de sécurité blessés. Visiblement, l'un d'entre eux a méchamment fait la rencontre d'un mur... Son dos n'est pas dans un très bon état. J'essaie d'obtenir des renseignements de leur part pendant que je le soigne ; ce qu'il s'était passé, pourquoi ce titan les avait attaqués. Lorsqu'ils me répondent, je hausse un sourcil. L'histoire me semble un peu confuse, aussi je soupire d'un air agacé. Bon... Je sens que ça va encore être une partie de plaisir. Qu'est-ce qu'ils veulent que je fasse de plus au juste ? Que j'aille leur parler ? Je ne suis pas assistante sociale, que je sache... Du moins, je crois. Je n'ai pas signé de contrat de ce type, moi...
Après un moment passé dans la salle à les sermonner - on évite de s'attaquer au gens, on est polis avec eux, on ne se bat pas dans un hôpital, et bon sang si vous voulez appeler un Master, faites le directement et pas une heure après en espérant que ça se sache pas - je ressors, passablement de mauvaise humeur. On me donne le numéro de la chambre et je l'enregistre dans un coin de ma tête, avant de me diriger vers elle. Bon. J'espère que les fameux troubles-fêtes ne vont pas me sauter dessus, je n'ai vraiment pas envie de me mettre en colère maintenant.
Je m'approche de la porte et toque doucement, avant de l'ouvrir lentement. La scène qui se tient sous mes yeux pourrait me faire rire si je n'étais pas si lasse. Et, surtout, si je n'avais pas connaissance des antécédents de cette fille. Hideko nous en a parlé, assez longuement je dirais même. Ipiu Raspberry, espionne appartenant au Centre. Peut-être une traîtresse ? Pour le moment, on en sait rien. J'ai beau n'avoir aucune envie de les agresser, je reste méfiante.

- Bonjour. Je peux entrer pour vous parler un peu ?

Un léger silence s'installe, avant que je ne continue à l'intention de la patiente, dont le médecin m'a parlé tout à l'heure.

- Tu ne devrais peut-être pas encore sortir, tu sais, je soupire. Vous voulez bien m'expliquer ce qu'il s'est passé tout à l'heure ? Trois agents de sécurités sont dans un état... assez pitoyable.

Je n'irais pas jusqu'à dire que les connaissant, ils l'avaient probablement mérité, mais bon.

- Vous allez bien ? Je peux repasser plus tard si vous voulez, mais bon...

Question stupide à poser à quelqu'un qui s'est fait hospitaliser. Mais la question porte plus sur les événements de tout à l'heure. Est-ce qu'ils ont été blessés, est-ce qu'elle n'a pas aggravé ses blessures ? Ce genre de choses. Mais d'après les dires des autres, elle n'a pas eu trop de mal à les maîtriser. J'hésite à entrer dans la chambre, toujours dans l'encadrement de la porte. J'ai vraiment l'air d'une gamine paumée, c'est dingue.
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Ven 20 Fév 2015 - 23:09
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Nathanaël avait été étonné que l'Étoile se souvienne des vêtements qu'il portait et qu'elle sache ce qu'il possédait. Sa tentative de lui cacher la vérité avait lamentablement échoué et, même si cela l'embêtait un peu, ce n'était pas une catastrophe. Il s'était contenté de hocher la tête lorsqu'elle lui avait proposé l'un de ses pulls. Le jeune homme n'avait pas souhaité entrer en conflit et puis, il avait effectivement besoin de vêtements, alors quelles raisons avait-il de refuser ? De toute manière, il lui fallait attendre la fin du mois avant de pouvoir augmenter son stock d'habits. Ensuite, il avait remarqué qu'elle n'avait pas prononcé le nom d'Ipiu. Cela l'avait réconforté dans son idée qu'elle ne souhaitait plus être appelée ainsi. Le Terre s'était soudain demandé si elle lui dirait son vrai prénom, un jour. Il n'avait pas encore osé le lui demander, comme si c'était quelque chose de précieux, de secret. C'était, en fait, très important et il aurait vraiment aimé le connaître, mais il serait patient, attendrait que cela vienne d'elle. La Tonnerre lui avait ensuite parlé de ses perfusions. Le Titan avait froncé les sourcils en voyant les bleus sur les bras de la jeune femme. Cela devait faire mal, mine de rien, et il n'appréciait pas de savoir qu'elle souffrait inutilement. Puis, il l'avait aidée à s'habiller. Il se retrouvait à présent avec le T-Shirt de la Sensitive dans les mains. Il écouta attentivement ses instructions, puis se mit en action et observa à la lettre ses recommandations. Une fois habillée, elle lui fit un clin d’œil. Heureusement pour lui, elle ne le vit pas rougir, car quelqu'un frappa à la porte au même instant, lui faisant tourner la tête dans cette direction.

Une jeune femme fit son apparition et leur demanda si elle pouvait entrer leur parler. Nathanaël ne comprit pas tout de suite qui était cette personne et ce qu'elle leur voulait. Puis, l'inconnue s'adressa à l'Étoile et il comprit qu'elle travaillait ici, à l'hôpital. Le Terre rougit à nouveau, mais de honte cette fois. Oui, il avait fait quelque chose de mal et avait failli l'oublier, trop occupé par l'histoire tragique de son amie, ses conséquences et ses souffrances. Il ne laisserait pas l'Étoile porter le chapeau pour lui. Il devait réagir vite, prendre les devant avant que cette dernière ne puisse placer un mot, car elle le lui avait dit. Elle ne souhaitait pas qu'il le fasse. La jeune femme leur demanda encore s'ils allaient bien. Elle semblait hésiter, un peu perdue. Le Titan s'avança vers elle, déterminé, se tenant volontairement entre elle et la Sensitive, un peu près à mi-chemin entre les deux.

Je suis désolé d'avoir créé ce désordre dans un lieu tel que celui-ci. J'ai laissé la colère prendre le dessus sur ma raison et je le regrette sincèrement. Je souhaitais voir mon amie ici présente, avoir des informations quant à son état de santé, mais le médecin ne voulait rien me dire, alors j'ai craqué et j'en suis vraiment navré. Je n'ai aucune excuse. J'espère que les hommes que j'ai blessés se portent bien. J'irai les voir tout à l'heure, si vous me le permettez, et je m'excuserai personnellement pour mon comportement affligeant.

Nathanaël marqua une courte et s'approcha un peu plus, toujours avec la même détermination dans le regard.

Quoi qu'elle vous dise, elle n'y est pour rien. Je suis le seul responsable pour cet acte de violence et je tiens à en assumer les conséquences.

Le ton de sa voix avait fortement baissé. Il s'agissait plus d'un chuchotement même, mais le Terre avait l'intuition que cela n'empêcherait pas l'Étoile de comprendre ses propos. Cependant, il ne la laisserait pas s'exprimer sur ce sujet. Il trouverait un moyen de l'interrompre. Il ne fallait pas que l'inconnue la croie, car elle avait tort de se croire en partie responsable. Nathanaël était le seul fautif et il comptait bien assumer ce statu. Il ne fallait pas croire que cela était une question d'honneur, non, c'était, selon lui du moins, ce qui était juste. Il était peut-être vrai que les médecins avaient mal interprété les propos de la Tonnerre, mais ce n'était en aucun cas sa faute, ni celles des docteurs non plus d'ailleurs. Pourquoi fallait-il toujours trouver un coupable lorsqu'il n'y en avait pas ? Tout cela avait été un malheureux concours de circonstances qui avait débouché sur une situation et un comportement bien réels : il avait cédé à sa colère et cela, il aurait du mal à se le pardonner.
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Dim 22 Fév 2015 - 23:45
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Humeur : Vous connaissez le syndrome de la cocotte minute ? Bah voilà. sous pression et prête à exploser !

Tu es gêné et elle le voit. Elle te sourit amusée, tu aurais aimé qu’elle ne sache pas que tu lui cachais une partie de la vérité. Il faudra t'y habituer. Elle devine tout. Toujours. Elle n’a pas besoin de ses pouvoirs pour savoir ce que ressentent les gens, leurs expressions, leurs mouvements. Tout cela guide bien plus qu’un don qu'elle ne subit plus qu’elle ne le maitrise. D’ailleurs sans ce bruit de fond sentimental elle arrive peut-être à être enfin sûre des siens. Et surtout des tiens. Elle voit ton trouble et ne le souligne pas. Elle s’en veut bien assez de ce qu’elle t’a demandé. Elle ne pensait pas à la gêne que cela jetterais sur tes joues.

Si tu lui demandais son prénom, elle ne saurait répondre. Tu t’en voudrais longuement de la douleur qui naitrait dans ses yeux. Car elle souffre de son absence de passé, elle souffre de cette perte bien plus qu’elle ne te l’avouera. Elle souffre de ne pouvoir se construire sur des bases ébranlées. Elle souffre de la douceur qu’il y a dans les bribes de souvenirs qui remontent à la surface de sa mémoire. Si tu avais posé la question elle t’aurait jeté ce regard, ce regard lointain de celle qui s’est perdue, de celle qui ne connait pas ses racines. Elle est une fleur déracinée, avant d’être teinte de rouge. Elle en a conscience. Alors ta question vous aurait blessés tout deux.

Ni l’un ni l’autre n’en avez conscience. Tu l’aides autant que possible et si elle ne peut que serrer les dents et croiser les doigts pour que l’aiguille ne se démette pas et ne se perde pas dans sa veine bleue. Elle ne dira pas que c’est la première, mais elle n’aime pas quand on doit la retirer. Elle sait que si elle est amenée à rester ici, elle va avoir droit à une voie centrale. Elle sait que les infirmières ne peuvent plus tellement trouver de veines exploitables. Alors le fait qu’on ne lui en ait pas posée une alors qu’elle était sur la table d’opérations la conforte dans son idée qu’on ne lui demandera nullement de rester… De toute manière, elle ne tolèrerait pas qu’on lui mette une voie centrale.

Elle a trop peur dans cet hôpital. Elle ne le dira pas mais sa conviction de ne pas pouvoir rester vient aussi de sa peur qu’on lui demande de le faire. Alors, elle chercherait le moindre prétexte pour partir… Mais tu es là, et elle ne peut te montrer à quel point elle est… Misérable. Pas après ce qu’elle t’a dit. Elle se doit d’être forte à tes yeux, et peut-être est-ce parce que tu es à ses côtés qu’elle est forte ? Sans doute que l’un ne va pas sans l’autre. Si tu n’avais pas été là pour l’obliger à être forte elle serait déjà partie. C’est ce qui s’est passé après sa dernière mission contre les scientifiques, dès qu’elle a été capable de bouger, elle s’est tirée. Sans doute trop tôt. Mais elle a tellement peur ici. Sais-tu pourquoi les hôpitaux sont blancs ? Pour qu’on puisse faire partir les tâches de sang à la javel. Javel qui peut aussi accessoirement être injectée dans les veines des patients… Après de tels traitements elle ne s’étonne pas qu’on ne trouve pas une veine potable pour planter une aiguille.

On toque à la porte et une jeune fille entre. Aoi Amazaki, l’une si ce n’est la plus jeune master. Elle est soigneuse. L’ombre le sait, elle a réuni des informations sur elle, comme sur chacun des masters de l’établissement. Elle est d’un naturel gentil jugerait la femme. Elle demande si elle peut entrer et la femme incline la tête.

« Entre, bien entendu. »


Ne pas sortir de là ? Hum. Non en fait ce n’est pas vraiment envisageable. Pourtant elle le fera si on le lui demande elle restera. Malgré la peur. Elle restera parce qu’elle doit être forte. Elle ne veut pas faire pitié. Elle prend la poche de solution glucosée qui coule encore goutte à goutte dans ses veines. Elle la descend au dessous de sa main la posant sur le lit quelques secondes, un filet de sang remonte le long du tuyau. Elle récupère la poche et la replace sur le prechoir, son sang regagnant lentement ses veines.

« Retour veineux okay ! Si les médecins ont de nouveaux trucs à me filer l’aiguille n’a pas bougé, que je sois habillée ne change rien d’autre que mon confort et celui de mon jeune ami. »


Tu prends la parole et t’interposes entre les deux femmes. Ta tirade bouleverse ton amie qui ne pense pas un instant à te remettre en question. Tu as exposé la situation telle que tu l’as vécue, et tu ne rejettes pas tes tors. La violence est toujours un mauvais choix, tu en as conscience. La violence ne te mènera jamais, et ça elle en a conscience. Tu ne t’es pas contrôlé, et tu en es coupable. Mais tu sais tu ne les as pas tués, et ce n’est entre pas et absolument pas normal que des vigiles se soient inclinés devant un gamin de 17 balais, toute ceinture noire de karaté qu’il soit, tout titan qu’il soit. Il y a genre un grave problème de sécurité ici. Et à la blonde ça lui fait froncer les sourcils maintenant qu’elle y pense. Va peut-être falloir qu’elle les entraine un peu ces petits cons. Elle ne peut pas les laisser faire semblant de servir à quelque chose. S’il y avait un problème avec le Centre l’hôpital serait une cible de choix.

Elle glisse sa main dans la tienne pour te montrer qu’elle te soutient. Qu’elle te comprend et qu’elle est là pour toi. Tu n’es pas seul. Elle sera toujours ton alliée. Si tu dois te faire engueuler, elle te soutiendra une fois encore parce qu’elle sait que tu t’en veux.

« La responsabilité c’est quelque chose de vachement compliqué à évaluer, tu es celui qui a porté les coups, je suis celle qui t’a mis dans cette situation, ils sont ceux qui ont rompu le dialogue. On peut parler de responsabilité à de nombreux niveaux. Tu n’avais pas à être violent, on est d’accord. Dois-tu porter toute la responsabilité de ce qui est arrivé, non. »


Elle se tourne vers la master sachant que tu ne veux pas qu’elle fasse cela. Qu’elle intervienne. T’attendais-tu réellement à ce qu’elle reste silencieuse. Connais-tu si peu ton amie ? Oui évidemment que oui. Elle te laisse toujours dans le vague et quand tu crois l’avoir saisie elle file entre tes doigts, qui pour l’instant retiennent sa main.

« Je suis désolée pour la situation actuelle. »

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Ven 27 Fév 2015 - 0:43
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Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

Un léger malaise me prend lorsque je pousse la porte de la chambre. Le regard des deux personnes présentes se pose sur moi, et j'identifie immédiatement la femme. Me retrouver face à elle à présent me rend légèrement nerveuse, mais mon visage ne trahit pas la moindre trace d'angoisse. Du moins, je crois.
Je les fixe tour à tour ; le blond pique un fard alors que je leur explique la raison de ma présence ici. La femme, elle, ne semble absolument pas gênée par mon arrivée. Cette chambre, c'est carrément un autre monde. J'ai l'impression d'avoir interrompu quelque chose. Dans le même temps, difficile de rebrousser chemin maintenant. Autant leur demander ce qu'il s'est passé, avoir leur version des faits. Je pourrais très bien leur remonter les bretelles après. J'imagine. Même si je n'ai toujours pas l'impression que ce soit mon rôle, mais après tout. Si on me le demande…
La blessée tripote sa poche de sang et me rassure sur le fait qu'elle ne comptait visiblement pas sortir. Un sourire m'échappe et je hoche la tête, cependant sans répondre.
Puis le garçon, titan, s'avance vers moi. Son nom m'est inconnu mais je ne l'interroge pas de suite et me contente de l'écouter, soupirant un peu. Comment se mettre en colère quand quelqu'un de quasiment mon âge s'excuse avec un tel aplomb et une telle sincérité ? Difficile. Je suis juste agacée, parce que je ne sais pas à qui je suis censée tirer les oreilles pour le bazar qui a été mis. Super situation…
Lorsqu'Ipiu se lève pour glisser sa main dans celle de l'adolescent, je ne me sens vraiment pas à ma place et me retiens de faire demi-tour. Autant dire que je me suis rarement sentie aussi inutile de ma pauvre existence. Honnêtement ? Je ne sais pas ce que je fais ici… Mais ça avait eu l'air de rassurer tout le monde qu'un Master s'en occupe. Problème : je l'étais depuis moins d'un an, n'étais connue de personne et ne jouissais donc de la moindre autorité. Très honnêtement, je me demande si Yuuna n'aurait pas mieux géré le coup que moi, malgré son jeune âge. Ahh… C'est triste, ça.
Doucement, j'acquiesce et les regarde, tour à tour.

- Je ne vais pas vous mentir, mais ce serait une très mauvaise idée d'aller les voir tout à l'heure. Ils sont suffisamment remontés pour ne pas les tenter de mettre l'hôpital sans dessus-dessous une nouvelle fois… Lorsqu'ils se seront calmés, en revanche, pourquoi pas.

Puis, un soupire m'échappe. Comment continuer ?

- Si vous reconnaissez vos torts, c'est tant mieux. J'aurais aimé éviter de vous faire la morale, ce n'est pas vraiment mon point fort. Cela dit, vous avez sévèrement blessé nos agents, même si…

… Mêmes s'ils sont particulièrement stupides et l'avaient probablement mérité ?

- Bref. Ce n'est pas une raison. Je leur parlerai. Histoire de faire comprendre au personnel soignant que la politesse, c'est pratique aussi parfois.

Puis, je croise les bras sur ma poitrine, les fixe un long moment en retenant un soupir de plus. Mon regard se porte sur l'adolescent.

- Comment tu t'appelles ? je l'interroge, avec un sourire. Si tu veux vraiment te faire pardonner, aide nous un peu. Pourquoi tu ne viendrais pas t'occuper des chambres ? Nos aides-soignantes sont débordées, elles ont énormément de travail ces derniers temps.

Le message est assez clair : je n'ai pas envie de faire de rapport d'incident à la directrice - me retrouver face à face avec elle a quelque chose d'un brin malsain. Certainement est-ce à cause de mon combat contre elle… Dans tous les cas, ce n'est pas quelque chose que je peux laisser passer. C'est... disons... un conseil très appuyé ?

- Quant à toi… Ton médecin me charge de te dire que tu pourras partir en fin d'après-midi. Mais il ne veut pas que tu sois seule si tel est le cas. Donc contente-toi de ne pas faire de vague tant que tu es blessée. S'il te plaît ? Il repassera tout à l'heure, j'imagine.

La réunion exceptionnelle qu'avait fait Hideko au sujet d'Ipiu Raspberry me revient en tête, et un pli de contrariété barre mon front. Je ne sais pas comment je suis censée me comporter avec elle, mais je me méfie. Je n'arrive pas à la voir comme une élève ordinaire. Ce n'est pas le genre de personne que l'on peut traiter comme un lycéen.
Malgré tout, je leur lance un sourire que je veux rassurant. Après tout ce que je viens de leur lâcher, je suis pas sûre que ça fasse le bon effet mais bon !

- Si vous avez besoin de moi, venez me voir, d'accord ? S'il y a le moindre problème aussi. Ne gérez pas les choses seuls à l'avenir, vous n'en tirerez jamais rien de bon. D'accord ?
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Je vole en #F54759
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Dim 24 Mai 2015 - 2:03
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A la fin de sa tirade, Nathanaël ne baissa pas les yeux, regardant toujours avec détermination la jeune femme qui était entrée dans la chambre. Il souhaitait ardemment prendre l'entière responsabilité de ce qui s'était passé, mais il savait qu'il ne pourrait pas tenir tête à la Tonnerre. Il aurait aimé l'empêcher de se sentir coupable, mais cela était en dehors de ses compétences, il en avait bien conscience. Lorsqu'il sentit la main de son amie se glisser dans la sienne, le Terre sentit une douce chaleur réconfortante envahir son coeur. Il voulait assumer ses actes seuls, mais sentir le soutien de la Sensitive n'avait pas de prix. Il ne put s'empêcher de serrer légèrement sa main en tournant la tête vers elle. Ses mots, il les comprit parfaitement. Elle lui exprimait sa manière de voir les choses et il saisit le message qu'elle souhaitait lui transmettre. Il accepta en acquiesçant la tête, bien qu'il ne puisse pas concevoir que sa faute soit amoindrie par le contexte. Cela serait trop facile. C'était fou, tout de même, de constater que lorsque cela nous concernait, on ne réagissait pas de la même manière que lorsque ça concernait quelqu'un d'autre. Toute sa réflexion sur la responsabilité, il tâchait de la mettre en application, mais pas les circonstances atténuantes du contexte. Il était toujours plus tolérant pour les autres. Il souhaitait être dur avec lui-même, parce qu'il voulait progresser, devenir meilleur, mais il ne remarquait pas nécessairement la négation que cela représentait. Les objectifs qu'il s'imposait étaient toujours plus difficiles et les limites plus strictes. Il cherchait la perfection. C'était en partie l'histoire de sa vie. Le fait d'être un surdoué ne l'avait pas aidé de ce côté-là. Il laissa son amie parler, sans chercher à l'interrompre, car le Titan savait qu'il ne pourrait pas l'en empêcher. Et puis, la Sensitive avait le droit d'avoir son avis. Elle s'excusa à son tour auprès de la jeune femme et il serra sa main un peu plus fort, la fixant sans pouvoir détacher son regard d'elle. Il ne l'abandonnerait jamais.

La nouvelle venue finit par prendre la parole. Nathanaël réussit alors à poser ses yeux sur cette dernière et hocha la tête. Il décida, en suivant ses conseils, de ne pas aller s'excuser tout de suite, mais d'attendre que la tension soit retombée. Le regard du Terre devint soudain très sérieux. Il avait parfaitement compris le message et n'hésita pas une seconde avant de répondre.

Je m'appelle Nathanaël Lancer et je serais ravi de me rendre utile.

Il savait que son emploi du temps était déjà chargé, mais il n'avait pas peur d'être dépassé. Cela serait bien la première fois que cela lui arriverait. Il s'accorderait simplement un peu moins de temps libre. Ce n'était pas un drame. La jeune femme s'adressa ensuite à la Tonnerre. Elle semblait un peu contrariée, mais finit par leur sourire. Le Terre acquiesça.

D'accord, merci.

Il ne souhaita pas aborder maintenant la question de ses horaires de travail. Il s'adresserait plus tard à la réception de l'hôpital. En attendant, il espérait pouvoir passer encore un moment avec son amie pour être sûre qu'elle allait bien et qu'elle n'avait besoin de rien d'autres. Savoir qu'elle pourrait rapidement quitter l'hôpital le réjouit, car cela voulait dire que son amie allait plutôt bien, physiquement en tout cas. Le Titan ne savait cependant pas s'il devait lui faire part de son souhait ou simplement rester. Soudain, une pensée lui traversa l'esprit et il reporta son attention sur la jeune femme qui leur faisait face.

Excusez-moi, mais je ne connais pas votre nom. Cela sera certainement plus simple pour moi de savoir qui je dois demander, lorsque je viendrai m'annoncer pour le travail.

Nathanaël se permit un petit sourire. Au cas où elle en douterait, oui, il viendrait aider. Il tiendrait parole. C'était la moindre des choses.
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Merci Ipiu <3
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Mer 27 Mai 2015 - 3:41
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Même si ces agents sont de fieffés incompétents et que le singe de Dunkan aurait sans nul doute plus résisté face à Nathanaël, c'est cela Aoi que tu comptais dire ? J'enrage intérieurement, en silence. La rage qui nait de cette peur qui me ronge. Cette peur qui me coupe de ceux-même auxquels je tiens. Cette foutu peur de tous les mener au trépas, d’être l’instigatrice de la fin de Terrae. Je suis le poison qui court sur la terre et la corrompt, je suis le sel jeté sur le champ fertile. Je suis Henrietta.
Cela me terrifie de voir la facilité déconcertante avec laquelle ils ont été passés. Oh, je dois admettre que je suis bien heureuse d’un côté qu’ils ne s’en soient pas si bien sortis. S’ils avaient blessé Nathanaël ils l’auraient vraisemblablement payé cher. Ils se plaignaient, douce ironie, un Terre les avait attaqués ? Et ils pleuraient là ? C’était drôle en quelque sorte de voir des hommes remis en place par un enfant. Oh, les pauvres choux, ça faisait un peu bobo à l’égo ? Mieux vaut avoir mal là qu’à la vie. Enfin, peut-être qu’une bonne correction les remettra d’aplomb. Sérieusement s’ils me demandent de rester à l’hosto je sais comment je peuplerais mes journées… Un frisson parcourt mon dos. Merde.

Franchement la suite ne me rassure guère plus, Aoi n’a pas vraiment les épaules pour être master. Pas encore, c’est une jeune fille qui ne comprend ce qu’elle fout là. Elle le fait car on lui a dit de le faire, bien évidemment ça n’est pas écrit sur son visage, je pourrais même dire que j’ai récupéré mes pouvoirs si je voulais me vanter. Sauf que bien sur ce n’est pas le cas, pas encore ; elle a une expression neutre comme si elle cherchait à se maitriser, ça montre qu’elle cherche à cacher quelque chose. Ah et elle parle un petit peu plus haut que d’habitude. Guère, mais pour quelqu’un qui a déjà entendu sa voix, c’est notable… Bon okay, pour quelqu’un qui a déjà entendu sa voix et fait très attention à ce genre de détails. On n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace. Des masques j’en ai porté de nombreux et de mieux composés.
Son métier est de soigner, le mien de tuer dans les deux nous devons mentir, nombre de mes masques seront plus réconfortants que ceux qu’elle aura à porter dans sa vie. Quand j’annonce à quelqu’un qu’il va mourir, il n’a pas le temps de se faire à cette idée.

Je sens au travers du contact de la main bien d’autres choses. Le remord, c’est bien. Il devra apprendre à vivre avec et mettre cet événement à sa juste place. Il n’est pas anodin, mais il n’est pas capital. Il faut qu’il en prenne note, qu’il comprenne l’erreur, mais pas qu’il se gâche la vie avec. Et c’est toi qui quelques heures plus tôt l’a engueulé parce que tu aurais pu le tuer… Tu n’avais même pas amorcé un geste en ce sens, pourtant… Crétine. Je suis vraiment une crétine, certains parlent de justice à deux vitesses, moi je dirais qu’il existe une morale à deux vitesses. Celle que je m’applique et celle que j’applique aux autres. On a tort tous les deux Nath, je crois… Mais je sais qu’on n’est pas prêt ni l’un ni l’autre à l’admettre.

J’essaie de ne pas crier de joie quand elle m’annonce que je pourrais partir en fin d’après-midi. Comment dire, d’ici deux heures tout au plus je quitterais l’antre du démon. Faut pas croire, même si je ne crie pas de joie je me sens soulagée dans le fond. J’essaie que ça ne se voit pas trop, mais franchement sur le moment je n’y fait pas vraiment pas gaffe.

« Ne t’inquiète pas. Je serais sage comme une image. Regarde je fais déjà papier peint. »


De suite une petite blague. T’es p’t’être pas au bout du rouleau ma vieille. Certainement que tu as encore de la ressource si tu as assez d’énergie pour tenir le coup. T’es forte, pour ça du moins. Ce qui sera moins évident c’est quand je me retrouverais seule avec lui. Bêtement je n’imagine pas qu’il puisse partir. Non, j’ai peur qu’il parte. J’ai peur de craquer mon slip s’il n’est plus là et d’me faire dessus. Merde.
Et j’ai pas envie qu’il parte. Merde.
T’es vraiment une crétine ma tendre Ipiu. Un coup tu lui dis « casses-toi » et l’instant d’après tu veux lui demander de rester. Je suis une putain de girouette. Pourtant ma main ne se décide malheureusement ( ?) pas à lâcher la sienne. J’en ai besoin, tout simplement. Merde.

Aoi lui dit son nom. Je ne suis pas certaine que la jeune fille, femme. Garde de cette entrevue un souvenir impérissable. Peut-être l’oublierait-elle tout simplement si Nath n’était pas si… Droit ? S’il avait décidé de ne pas revenir, sans doute ne s’en serait-elle-même pas réellement souciée. Là j’imagine que cela va être vachement dur pour les vigiles de le voir passer tous les jours… Mais ce qui sera encore plus dur ça sera la correction que je prévois de leur mette, et les entrainements auxquels ils ne couperont pas… C’est bien d’être capable de leur donner très envie de s’entrainer… Avec et sans pouvoir.

La femme, je me décide à contre cœur de la nommer ainsi se décide à partir. Elle n’avait que cette envie depuis le début je ne peux qu’en être certaine. Elle me laisse ce sentiment du « j’ai fait ce que j’avais à faire mais je m’en serais bien passée. » Elle nous laisse seuls avec cette main partagée.

« Je parie que tu ne réussiras pas à me faire penser à autre chose que ce foutu hôpital jusqu’à ce que je sorte ! »


Invitation à rester et défi ? Un peu des deux, mais nous passons par la suite une agréable après-midi à parler jusqu’à ce que le docteur vienne indiquer à l’infirmière qu’elle peut m’enlever ma perfusion… Qui avait bien entendu déjà quitté mon bras… Aussitôt dit aussitôt fait non ? C’pas comme ça que ça marche ? la suite de l’histoire passa simplement. J’avais menti, je ne comptais pas dormir chez quelqu’un ce soir… Mais Nathanaël ne l’entendait pas de cette oreille. J’avais fini chez Aaron pour le calmer… Et ne pas passer la nuit dans sa chambre.

Débile profonde va.
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Entre les ombres. [Nath]

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