Terrae, Une nouvelle ère commence...

Partagez | 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
Blackout... [Pv : Ludmila] [Suite de l'arène]
Mar 3 Fév 2015 - 8:06
avatar
Masculin

Messages : 335
Date d'inscription : 23/02/2014
Age : 17
Emploi/loisirs : Lire et écrire.
Humeur : Je larveeee ~



Il ouvre brusquement les yeux alors que son corps entier est irradié de douleur. La lumière disparaît et il discerne un visage derrière. Trop vieux pour être élève... Son corps fait soudain la demande en oxygène et il se voit obligé d'ouvrir la bouche. Il a beau avoir mal partout, il ne saurait pas dire qu'est-ce qui est là, et qu'est-ce qui ne l'est plus. Bordel...
- Aaron ?

Selon le ton, on aurait dit que ce n'était pas la première fois que la personne disait son nom. Ses yeux qui n'avaient, jusqu'à alors, pas décrochés du plafond, glissèrent lentement vers la personne qui s'était reculée. Femme, finalement. Elle avait une espèce de veste blanche... Où était-il ?
- J'ai...

Les mots ressemblaient à un lourd grondement. Parler lui fit horriblement mal. Il avait la bouche pâteuse et la gorge affreusement sèche. Il bougea les doigts puis recula les bras afin de se redresser. Problème, son torse et son bras gauche se réveillèrent et lui envoyèrent des décharges de douleur. Tellement violente qu'il retomba avant même d'avoir pu se soulever.
-... mal ? Proposa la femme de finir pour lui. C'est normal, tu as eu une sacré chance. Tu aurais pu avoir bien plus que deux côtes cassées, un léger traumatisme crânien et l'épaule et le coude  gauche déboîtés ET cassés.

L'adolescent continue de la regarder avec un air hagarde alors que les connexions se faisaient. Lentement mais sûrement. Mais pour le moment, détecté la colère et le reproche dans la voix de ses interlocuteurs était beaucoup trop demandé.
-... faim, achèves-t-il en soufflant et en cherchant de sa main libre le bouton pour redresser le lit.
- Reste tranquille, le gronda l'infirmière. Ah les tonnerres, j'vous jure... Exceptionnellement, mais je t'assure que si tu bouges le temps que je revienne, tu te débrouillera seul pour ton petit déj.
-.... peux encore marcher, grogna-t-il malgré sa gorge.
- Entorse.

Le visage arrive à esquiver une moue sceptique tout en essayant de voir sa jambe. Bordel... Il a bien trop mal. Ce n'est que lorsqu'elle part qu'il se rend compte de quelque chose. Il ne voyait rien à gauche. C'est-à-dire... l'adolescent tourna la tête vers ce côté et vit un rideau. Oh... Pas grave, il ne loupait pas grand chose. Mais quand même... c'est normal ? Les forces lui reviennent peu à peu, mais pas du tout les souvenirs. Comment avait-il pu se faire tout ça avec une simple lame ? Ou alors, il était tombé. Mais sur un truc sacrément haut et sacrément dur pour... pour avoir mal comme ça. Deux côtes cassées, bordel... ça représentait... la moitié du quart du nombre de côtes totales... L'adolescent arrêta de réfléchir trente secondes. Il venait, vraiment, de faire des maths ? God... En même temps que les sensations, arrivait la douleur. Très très très forte.

L'adolescent avait l'impression que son propre gémissement se mélanga avec celui d'un autre. Bizarre...  Pourtant ça ne devrait pas être le cas. Il est dans les vapes un long moment, jusqu'à ce qu'un bruit semblable à l'ouverture la porte se fait de nouveau entendre. Il essaye de focaliser sa vision sur quelque chose, mais rien à faire, elle finit toujours pas dériver ou se flouter. Génial. Bien qu'il soit dans le brouillard le plus complet, il arrive à entendre des mots.
- 'jours... réveillée ?... Ami aussi... reviens.

Lorsque l'infirmière arriva, elle a l'air beaucoup plus joyeuse. A qui pouvait-elle parler ? Une chose était sûre, il n'avait pas entendue de réponse. Elle lui posa un plateau avec des tartines, de la confiture, de l'eau, du jus d'orange, du lait et un yaourt. Elle veut... vraiment qu'il mange tout ça ?
- Aller, fit-elle en l'aidant à s'asseoir. T'as intérêt à finir ton lait et ton yaourt, tu guériras plus vite et peut-être que ça t'aidera un peu à grandir.

L'adolescent lui lance un regard noir en essayant de ne pas s'affaler sur le plateau. C'est bon, il le sait pertinemment qu'il n'est pas bien grand, ce n'est pas la peine de l'enfoncer de cette façon. Il est tellement crevé... Il essaye d'ouvrir le peau de confiture mais... avec une main ce n'est pas du gâteau. L'infirmière le prend en pitié et finit par enlever l’opercule pour lui. Elle essaye mettre d'étaler à sa place, mais le garçon chasse sa main en rouspétant.
- J'peux l'faire, c'est bon. Ch'ui pas totalement incapable...

Il y arrive, gauchement, mais heureusement qu'il est droitier. Alors qu'elle s'approche du rideau pour l'écarter, l'adolescent l'interpelle, la moitié de la tartine dans la bouche.
- Mon oeil ?
- Traumatisme crânien, lui répète l'infirmière. Tu t'es sacrément cogné la tempe en tombant et du fait que tu as été étranglé, du sang a été injecté dedans. Enfin... C'est un truc trop compliqué pour t'expliquer simplement. Donc, tu devras le garder fermer pendant un moment. Mais ne t'inquiètes pas, si tu restes tranquille tu pourras de nouveau voir dans trois jours.
- TROIS JOURS ?!

Ne pas crier... ça fait beaucoup mal. Elle lui jette un regard amusé puis écarte le rideau. L'adolescent ne voit rien puisqu'elle se trouve hors de son champ de vision et qu'il a la flemme de tourner la tête. Il ramène sa jambe libre sous lui alors qu'il est tassé. L'oeil vide toisant le mur en face.
- Bah, tu n'es pas content ? ça te fait trois jours de plus avec ta bien aimée.

Aaron s'étouffa violemment alors qu'il tournait vivement la tête. Il voit la rouquine. Ludmila. Il remarqua rapidement son bras en écharpe et un air râleur vient aussitôt sur son visage. Elle était faite en quoi pour n'avoir qu'un bras de cassé ? Et puis, comment s'était-elle fait ça ? Il devait avoir l'air malin avec son attelle à la jambe, son bras immobilisé et la moitié du visage bandé. C'était sans compter les marques rouges de doigts autour de son cou.
- Euh... lâche-t-il en cherchant à l'aveugle le verre d'eau. Ça faisait longtemps... Il s'est passé quoi ?

Son unique oeil visible est légèrement écarquillée. L'infirmière les a laissé seuls et il ne sait pas s'il doit la haïr pour ça. Non mais... franchement ? Il s'est passé quoi ? Il arrive à chopper un truc et le ramène au centre de sa vision.
- Euh... tartine ? Lui proposa-t-il en lui tendant le morceau.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mar 3 Fév 2015 - 12:50
avatar
Féminin

Messages : 1280
Date d'inscription : 08/02/2014
Age : 19
Emploi/loisirs : Faire chier le monde et être un vrai petit diable ;)
Humeur : Ca vous regarde? Non mais sérieux laissez moi tranquille!

Raaaaaah non mais c'est pas vrai je rêve! Je m'étais VRAIMENT loupé. Je n'avais presque rien! Un bras cassé et un trauma crânien. Que dalle! J'avais rien! Je ne me souvenais pas de ce qu'il s'était passé pendant la chute. Où était Aaron, ça restait la grande question. Sûrement dans son lit, pénard, en train de me maudire.
La porte s'ouvrit sur une infirmière qui me sourit.

- Bonjours la rescapée! Enfin réveillée? Vous nous avez fait une belle trouille avec ton ami aussi!

De quoi parlait-elle? Ouille ma tête... C'était de la torture.

- Attendez, je reviens.

Elle passa derrière le rideau. J'entendis rapidement qu'elle parlait mais ne comprit pas à qui, ni pourquoi. Sûrement un autre patient. Je tentai de me lever, hors de question que je reste ici. J'avais un suicide à monter. Un qui foirerait pas.

- TROIS JOURS ?!


Je me figeai. Cette voix, je ne la connaissais que trop bien. Oh non ne me dîtes pas que ce con a...

- Bah, tu n'es pas content ? ça te fait trois jours de plus avec ta bien aimée.

Comment ça sa bien-aimé?! Elle voulait notre mort à tous les deux ou quoi?! Il allait me tuer! J'aurais voulu disparaître. J'avais compris que le personnel croyait juste qu'on avait glissé. Raté, c'était planifié et... Impulsif. Raaah les Tonnerres.
Elle ouvrit le rideau. Elle venait de signer mon arrêt de mort. Mon Dieu non faîtes que je me sois trompé!
Je dois pas être bénite parce que c'est et bien Aaron qui était en face de moi. Oops... Ca allait bardait pour moi... J'aurais aimé pouvoir m'enfuir.

- Euh... Ça faisait longtemps... Il s'est passé quoi ?

Je le détaillai. Il était en bien mauvais état. Pire que moi. J'avais eu de la chance comparé à lui. Et encore, il était vivant! Mais pourquoi avait-il sauté ce fou?! Je l'en ai haïs. Il n'aurait pas dû.
L'infirmière referma la porte derrière elle et je détournai le regard. Je repensai à ce qu'il avait dit... Il ne s'en souvenait pas! Aucun doute qu'il retrouverait les souvenirs, mais j'avais une chance de m'en sortir. Pour cette fois. Je mentais plutôt bien, autant essayait.

- Euh... tartine ?

Je l'ai flingué du regard. Idiot. Il avait faillit mourir et le voilà qui me proposait une tartine. Crétin va! J'ai soupiré.

- Tu ne te souviens de rien? Ca s'est passé il y a quelques heures seulement... On était à l'arène et on s'est battus, j'avais la rage à cause de toute cette histoire. J'ai finis par limite t'étrangler. Tu nous à téléporté sur les gradins et on a un peu parler. Sauf que... Il y avait je ne sais quoi sur le sol et j'ai glissé. Je ne savais pas que tu étais tombée avec moi. Je te demande pardon.

Je mentais mais rien ne l'indiquait. Le désolé était sincère. Espérons juste qu'il me croit. Il était encore capable de me tuer, même en fauteuil roulant!
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mar 3 Fév 2015 - 15:37
avatar
Masculin

Messages : 335
Date d'inscription : 23/02/2014
Age : 17
Emploi/loisirs : Lire et écrire.
Humeur : Je larveeee ~

L'adolescent inclina la tête alors qu'il lui semblait discerner des foudres dans son regard. Pourquoi ? Qu'avait-il fait pour les mériter ? Proposer une tartine était un crime si... horrible ? Un soupire s'échappe et son oeil se met à observer le morceau de nourriture qu'il a entre les doigts. Il l'écoute d'une oreille assez distraite. Elle parle trop. C'est trop dur à suivre. Il essaye de faire des rembobinages, mais sa tête lui fait tellement mal. Son corps tout entier lui fait tellement mal... Et surtout son oeil, il le gratte. Mais s'il le grattait, ça risquerait de s'infecter alors... non.
- Donc pas de tartine, soupire-t-il légèrement déçu après un long moment.

Son regard tombe pitoyablement entre sur ses doigts inanimés alors que les connexions se font brutalement. Son regard s'assombrit tandis que son moral tombait au plus bas. Il ne croyait pas une seule seconde à l'histoire de Ludmila. S'il avait toujours évité l'arène et ses immenses gradins c'est car il avait toujours trouvé que cet immense bâtiment ferait un bon spot pour... se foutre en l'air. Et c'est sûrement ce qu'il avait dû faire. Génial. Sans rien ajouter de plus, il se laissa tomber sur le côté. Tournant pour de bon le dos à la rouquine. L'adolescent ferme les yeux et le ferme le plus fort possible. Il se fiche de la douleur qui lui vrille le torse ou de son oeil qui le démange. Il a de nouveau envie de... mourir. Comme il y a trois ans. Bordel. ça faisait déjà plus d'un qu'il ne lui avait pas vu. Pas adresser un véritable mot, sans haine, ni amertume.
Il voulait son frère.
Il voulait le revoir.
Il finit par craquer. De sa main libre, l'adolescent tire un oreiller vers lui et y enfouit sa tête. Cachant ses larmes et retenant ses sanglots en maltraitants l'oreiller. Puis il se rappel que la rouquine se trouve aussi dans la pièce. Non, non, non... Il ne pouvait pas l'inquiéter, pas l'embêter avec ça. Même si elle lui avait proposée de l'aide au café, il ne pouvait pas. Elle avait déjà assez de problème avec sa famille, il n'allait pas lui rajouter un parasite sur le dos. Il gère la crise en s'enfonçant les ongles dans la paume de sa main. Des demis-lunes rouges ne tardent pas à apparaître ainsi qu'un léger picotement. Son souffle se mit à trembler alors qu'il inspirait. Et l'imita lorsqu'il posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- Y a... personne qui n'est venu ?

C'était futile.
C'était inutile.
Complètement stupide de croire que son frère allait venir. Y avait plus personne qui pouvait le prévenir. Y avait plus personne qui tenait à lui, alors pourquoi était-il encore là ? Crispé, la tête enfouit dans l'oreiller à attendre sa réponse...
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mar 3 Fév 2015 - 15:59
avatar
Féminin

Messages : 1280
Date d'inscription : 08/02/2014
Age : 19
Emploi/loisirs : Faire chier le monde et être un vrai petit diable ;)
Humeur : Ca vous regarde? Non mais sérieux laissez moi tranquille!

Aaron semblait déçu mais aussi troublé. Il ne se souvenait pas. Je ne savais pas si je devais ou non lui dire ce qu'il s'était vraiment passé. Son regard se voila un instant. Un instant de trop. Mon Dieu, Aaron... A ce moment-là, j'avais pas encore pris conscience de ce que j'avais fait. La pression retombée tout juste et j'avais toujours autant envie de me foutre en l'air. Mais savoir que ce garçon avait tenté de me rattraper, qu'il était tombé à cause de moi.... Pour moi... Je m'en voulais terriblement. Je ne voulais pas ça.
Il se tourna dos à moi. Qu'avait-il? J'ai appelé mais pas sûr qu'il m'est entendu. Il a attrapé un oreiller et malgré tous ses efforts, les sanglots ne paraissaient pas moins présent. Appelé ça l'instinct fraternelle, l'amitié ou même l'affection, il n'empêche que j'avais mal pour lui. Je me suis redressée puis lever malgré la douleur qui me parcourait tout le corps. J'ai faiblement gémis mais j'ai avancé jusqu'à son lit, où je me suis assise. Toujours dos à moi, il n'a pas semblé m'avoir entendu.

- Y a... personne qui n'est venu ?

Je savais que la réponse que j'allais lui donné allait lui faire du mal, mais à quoi bon mentir? J'ai soupiré et poser une main sur sa tête, dans ses cheveux, faisant attention à ne pas lui faire mal. J'ai caressé sa tignasse noire, comme on le fit pour rassurer un enfant. Je voyais bien à quel point il était mal. Crispé, il semblait souffrir d'un mal que la médecine ne peut guérir.

- Personne n'est venu, je suis désolée.

J'ai soupiré, que dire de plus? Il attendait une réponse positive et je lui offrais tout le contraire. On était aussi seuls l'un que l'autre. Dans les draps blanc de l'hôpital, il semblait tellement chétif! J’oubliais parfois qu'il n'avait qu'un an de moins que moi. Il s'était pourtant souvent montré plus mature que moi.

- Eh! Aaron écoute euh... Enfin je... Je sais que ce n'était pas la réponse que tu attendais. Et je crois savoir qui tu aurais voulu savoir prés de toi mais... Crois moi, s'il était là, il n'aimerait pas te voir dans un tel état. Moi je n'aime pas te voir aussi mal.

J'ai souris avec tristesse, qui sait s'il le remarqua ou non. Je parlais tout bas, comme si ce que je disais ne devait pas être su par d'autres. Je continuais à lui caresser la tête, attendant que sa crise passe. Attendant qu'il aille mieux.

- Tu sais... Au besoin... Enfin si tu veux parler ben... Je suis là quoi. Tu l'as bien été toi, à l'arène. Même si ça m'a pas vraiment empêché de sauter. Et de t'entraîner dans ma chute. Mais tu me connais, je suis bornée. C'est ma faute si tu es là. Je te demande pardon.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mar 3 Fév 2015 - 17:13
avatar
Masculin

Messages : 335
Date d'inscription : 23/02/2014
Age : 17
Emploi/loisirs : Lire et écrire.
Humeur : Je larveeee ~

La réponse tombe comme une masse sur sa stabilité mentale. L'écrase et la réduit à néant. Personne n'est venu. Bien sûr que cette personne n'était pas venue. Elle ne le savait pas. Elle s'en contrefichait... L'adolescent se mordit la lèvre. Tellement fort. Le vide plus fort que tout. Il avait beau sentir une chaleur, qui lui aurait paru, réconfortante, dans un autre temps, à côté de lui, il se sentait plus seul que jamais. Qu'importe le mouvement rassurant dans ses cheveux. Il essaya de le fuir, ce mouvement, en s'enfonçant dans le matelas et en fuyant contre l'oreiller, mais rien à faire. C'est comme quelqu'un de gentil qui s'enfonçait dans la noirceur juste pour t'aider à en ressortir. Quelqu'un de plus fort. L'adolescent écoute la rouquine lui parler. Lui dire des choses qui passent pas une oreille pour ressortir aussitôt par l'autre. Il ne voulait pas être raisonné. Il ne voulait pas qu'elle lui trouve des excuses. Il le voulait simplement. Il étouffe ses hoquets contre l'oreiller mais rien ne peut trahir ses soudaines élévations que subissent ses épaules à un rythme irrégulier. Ça lui fait mal. A un point pas possible, il aimerait juste perdre conscience pour ne plus avoir à penser à ça, mais il n'y a aucun moyen pour. Soudainement... un mot lui saute aux oreilles. Sauter. Puis un second : T'entraîner. Et un troisième : ma faute. Bordel...

L'adolescent se crispe soudainement. Des flashs successivement lui reviennent. Comme lorsqu'il avait revu la rouquine au sous-sol. Sauf qu'il n'a pas que des parties d'une discussion cette fois, c'est toute la scène. Avec les paroles. Crispé de cette façon, on aurait dit un lévrier ayant enfin pisté son gibier.
- T'es drôle toi, lui fit-il avec amertume la voix cassée. Tes morales je commence à en avoir légèrement marre... Ne te mutile pas, et qui le fait maintenant ? Arrêtes de te laisser aller, t'veux en parler ? S'il était là, il n'aimerait pas te voir dans un tel état... et tu penses pas que pour ta soeur c'est pareille ?

L'adolescent lève sa main et attrape le poignet de Ludmila pour l'empêcher de partir. Sans le vouloir, il le serre affreusement.
- Tu crois franchement que ça ne lui ferait pas du mal de te voir te foutre en l'air. Même si elle est morte...

Le dernier mot avait été soufflé si doucement qu'il ne semblait être qu'une brise. L'adolescent soupire et pivota lentement en essayant de se faire le moins possible mal, alors qu'il tenait toujours le poignet de la demoiselle.
- Écoutes, Ludmila. Moi je suis un p'tit, et toi tu es une grande, alors on serait jamais d'accord. On se ficherait toujours de ce que tu dis l'autre. Tu es bornée, je suis capricieux, on pourra pas faire autrement sauf que là... Tu trouves pas qu'on est aller un peu trop loin ?

Il plante son seul oeil bleu dans celui de la rouquine. Un oeil humide qui a laissé une traînée mouillée sur sa joue.
- Regarde toi, souffle-t-il. Regarde moi. On est dans un sale état parce qu'on est trop fier pour accepter qu'on peut perdre alors.. Alors voilà...

L'adolescent ne savait pas quoi ajouter, un puissant mal de tête arrêtait chacune de ses pensées. Il finit par lâcher la main de Ludmila pour passer sa propre main dans ses cheveux. Dégageant momentanément son front.
- T'as raison, soupire-t-il. Il n'aimerait pas me voir dans un tel état, et c'est bien sûr à cause de ça que je ne me suis pas jeté plutôt. J'plaisantais pas lorsque je te disais que j'avais aussi envie d'en finir. Et bah j'me suis loupé. Certes, cette fois c'était plus pour te rattraper qu'autre chose donc...

Un long râle s'échappe alors qu'il lève l'oeil vers le haut. Il en a marre. Il ne suit même plus ce qu'il dit et serait incapable de répéter les deux derniers mots qu'il venait de dire. Il eut une toux sec et sa gorge fit entendre sa douleur. Puis un soupir s'échappe en même temps que ses paroles enraillées.
- Donc arrêtes de te la jouer au monstre-hideux-qui-ne-mérite-pas-d'avoir-des-amis-et-dont-la-mort-serait-bénéfique-a-tout-le-monde parce que c'est complètement faux...


Il soupire de nouveau. Il n'arrive vraiment pas à se concentrer. Sa tête lui fait bien trop mal pour continuer. Sa main se leva mollement et il se frotta l'oeil.
- Tu veux pas simplement comprendre que je suis un ami, que je suis là et que je n'ai guère envie d'assister à ton enterrement ? souffla-t-il complètement épuisé.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mar 3 Fév 2015 - 18:29
avatar
Féminin

Messages : 1280
Date d'inscription : 08/02/2014
Age : 19
Emploi/loisirs : Faire chier le monde et être un vrai petit diable ;)
Humeur : Ca vous regarde? Non mais sérieux laissez moi tranquille!

- T'es drôle toi. Tes morales je commence à en avoir légèrement marre... Ne te mutile pas, et qui le fait maintenant ? Arrêtes de te laisser aller, t'veux en parler ? S'il était là, il n'aimerait pas te voir dans un tel état... et tu penses pas que pour ta sœur c'est pareille ?

Je le méritais et tout ce qu'il disait été vrai. Mais je ne pouvais accepter cette vérité. Il n'avait pas le droit! Aaron m'attrapa le poignet, et serra. Impossible de m'enfuir cette fois-ci, j'allais devoir affronter la réalité.

- Tu crois franchement que ça ne lui ferait pas du mal de te voir te foutre en l'air. Même si elle est morte...


Il soupira et se tourna enfin vers moi. Je me décalai pour lui laisser la place. Les mots qui suivirent m'arrachèrent un soupire. Il avait raison, tout deux étions allé trop loin.
Son œil valide trouva les miens, mordoré. Il avait pleuré. Je me suis mordue la lèvre. Il avait raison. Ils avaient tous eu raison. Cela faisait un mois que Blue m'avait quitté. Un mois que je voulais mourir. Pourquoi ne pas m'être battue?
Il lâcha mon poignet et repoussa les mèches qui lui tombaient sur le front. Si une infirmière été entrée, elle n'aurait pas compris.
Il a toussé et je me sentais coupable. Ma faute. C'était ma faute. Si seulement Blue n'était pas morte... Blue... Aaron avait raison. Si elle me voyait, elle devait être détruite de me voir ainsi. Pour ma sœur, j'avais toujours fait en sorte d'être debout alors que j'aurais dû être à terre. Je ne m'étais jamais laissé tombé parce que je savais qu'elle était là et qu'il ne fallait pas que je faiblisse. Hors, sous prétexte que Blue avait disparut de ma vie, j'avais faiblis. J'étais tombée. Je n'avais pas le droit de lui faire ça.

- Donc arrêtes de te la jouer au monstre-hideux-qui-ne-mérite-pas-d'avoir-des-amis-et-dont-la-mort-serait-bénéfique-a-tout-le-monde parce que c'est complètement faux...Tu veux pas simplement comprendre que je suis un ami, que je suis là et que je n'ai guère envie d'assister à ton enterrement ?

J'ai tristement souris et j'ai approuvé de la tête. J'avais besoin de réfléchir à tous ça. Blue... J'avais fait tous ça en ne pensant qu'à moi. En égoïste. Rin ne me pardonnerait probablement jamais. Aaron (alias mon prof de maths) avait dû supporter mon horrible humeur. Ipiu... Mon Dieu ce que je lui avais montré comme image. Et Aaron, que j'avais envoyé à l'hôpital. Ma faute.
J'ai légèrement souris.

- T'as raison, j'ai pas réfléchis et j'ai agis comme une égoïste. J'aurais pas dû. Je suis désolée que tu sois ici et dans un tel état à cause de mes bêtises.


Je me suis baissée vers lui et l'ai embrasser sur le front, comme je le faisais souvent à Blue avant.

- Maintenant repose toi, tu dois être fatiguée. On parlera plus tard moustique.

Sur ce, je me relevai et avançai vers mon lit. Si je pensai à pas mal de chose, une question apparut dans mon esprit: Allais-je me battre maintenant?
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mer 4 Fév 2015 - 3:16
avatar
Masculin

Messages : 335
Date d'inscription : 23/02/2014
Age : 17
Emploi/loisirs : Lire et écrire.
Humeur : Je larveeee ~

L'adolescent voulait de l'eau pour sa gorge sec mais le verre lui semblait horriblement loin. Comment ça se pouvait-il ? Ah... C'était bien trop compliquée, il verrait cela plus tard. Son oeil fatigué revient sur Ludmila. Il n'aurait pas su dire quelle était l'expression qui se dessinait sur son visage. Mais ce dont il fut certain, ce fut de la moue nerveuse qui apparut sur son propre visage. Sa faute, sa faute, et aller quoi d'autre ? C'était quand même lui qui lui avait proposé de sauté. Il ouvrit la bouche pour répliquer mais avant que le moindre son ne sorte, la rouquine l'embrassa sur le front. La nervosité se transforma en désarroi et il s'enfonça dans le matelas tandis que son teint blêmissait. Non, non, non... Il réussit quand même à mettre sa fatigue de côté et lui attrapa le poignet alors qu'elle s'apprêter à partir.
- Hey, maugréa-t-il. C'est aussi de ma faute. L'oublie pas, hein.

Aaron était bien trop fatigué pour arriver à en dire plus. Il ramena sa main et détourna la tête. Sa faute... C'était lui qui l'avait amené à l'arène et c'était encore lui qui l'avait proposée de sauter. Génial non ? Il ferma son unique oeil et sombra presque immédiatement dans le sommeil.

*

- On aurait dû le laisser sous surveillance.
- Mais il s'...
- Oui il s'était réveillé, mais vous n'auriez jamais dû le laisser se rendormir. Un traumatisme crânien reste un traumatisme crânien... Ça fait trois jours qu'il est dans cet état et ce...

Aaron se sentait tellement lourd et tellement fatigué. Où était-il ? Il avait la très très vague impression de reconnaître l'une des voix mais pas l'autre. Il ouvrit doucement son oeil alors que la voix qu'il connaissait essayait de lui parler.
- Aaron ? Aller il faut te...

Mais déjà l'adolescent retournait dans les vapes.

*
Aaron ouvrit brusquement l’œil. Un horrible cauchemar fuit avant même qu'il arrive à se rappeler son sujet. D'accord... Où était-il, cette fois ? Un horrible bip sonore retentissait à une vitesse exagérée. C'était agaçant. Mais au moins, il ne risquait pas de s'endormir avec un truc pareil. L'air était glacé et il ne voyait toujours rien du côté gauche. Et il se doutait bien qu'il n'y avait rien d'autre qu'un mur ou une machine de ce côté. Il louche de son unique oeil visible et eut l'impression de voir un masque posé sur son nez. Masque à oxygène ? Il inclina sa tête vers la gauche et fut surprit de remarquer quelqu'un. Une rouquine. Ou une brunette, il n'arrivait pas trop à distinguer dans la semi-obscurité de la chambre.
- Hey... gémit-il.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mer 4 Fév 2015 - 22:19
avatar
Féminin

Messages : 1280
Date d'inscription : 08/02/2014
Age : 19
Emploi/loisirs : Faire chier le monde et être un vrai petit diable ;)
Humeur : Ca vous regarde? Non mais sérieux laissez moi tranquille!

Je me souviens qu'Aaron avait semblé surpris par mon geste et il s'était enfoncé dans les matelas, avant de murmurer que c'était aussi sa faute. Il avait sombré dans un sommeil profond suite à cela. J'avais regagné mon lit, où je m'étais aussi endormie, peu encline aux doux repos mais plutôt aux cauchemars.
Je m'étais réveillée seulement le soir même. Sauf que cette fois-ci, la chambre n'était plus occupée que par moi. Je me suis affolée de ne pas voir Aaron. J'étais inquiète. Une infirmière est venue me voir et m'a expliqué que le traumatisme mêlé au sommeil avait plongé le pauvre garçon dans un coma. J'ai eu les larmes aux yeux. C'était de ma faute, si je n'avais pas sauté, nous n'en serions pas là. J'ai demandé à avoir de ses nouvelles, aucune ne me fut donnée. Je n'ai pas retrouvée le sommeil suite à cela.
Deux jours plus tard, on m'a laissé sortir. Je n'étais plus en danger. Aaron, lui, ne s'était pas réveillé. Je me sentais coupable et inquiète. Je suis allée dans sa chambre individuelle. Il était relié à ces machines qui vous donnent les vertiges rien qu'en entendant les bip-bip. Ce qui me rassurait, c'était qu'aucun n'était long et ininterrompu. Je tirai une chaise à côté de lit et je m'y assis. Il avait un masque à oxygène. Je retins mes larmes mais pour être honnête, la douleur était bien là. Autant l'avouer, je m'étais attachée à lui, et qu'il le veuille ou non, j'aurais aimé être une amie plus digne de ce nom pour lui.

- Je suis désolée Aaron. Tout est de ma faute... Depuis le début! Je te jure que je regrette! Mais t'as pas le droit de rester comme ça. Dehors, t'as des tas de gens qui t'aiment à commencer par ton frère!


Mais aucune réponse ne me parvint. Je restai là pendant toute la journée. Je somnolai un peu la nuit qui suivit, toujours là, lui tenant la main. Je ne partirais pas temps qu'il ne se réveillerait pas! Je me l'étais jurée.
C'est à l'aube du matin suivant qu'il ouvrit enfin les yeux. Je ne le remarquai pas tout de suite. Les infirmières avaient beaucoup parlé sur ma présence. Je n'avais pas voulue partir.
Je somnolai sur ma chaise et la fatigue ainsi que la douleur commençaient à se faire ressentir. Je ne tenais plus sa main, à quoi cela avait-il servit de toute manière?
Ce matin-là pourtant, j'ouvris les yeux alors qu'il bougeait la tête vers moi. Son œil valide brillait d'une lueur vive mais assombrie par la fatigue. Je n'y crus pas.

- Hey...

Il avait gémit plus que parler et cela me serra le cœur. Je me suis précipitamment levée de ma chaise, surprise.

- Aaron...!

Je refoulai mes larmes, pas besoin qu'il s'inquiète ou qu'il réfléchisse, il avait plus important à penser.

- Aaron, mon Dieu mais... Comment te sens-tu? Ça va?

J'avais posé mes mains sur son matelas, tâchant de ne pas me faire trop envahissante. Mais la douleur et le soulagement me torturaient le cœur et j'avais besoin de savoir si oui ou non, il allait mieux.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Jeu 5 Fév 2015 - 9:10
avatar
Masculin

Messages : 335
Date d'inscription : 23/02/2014
Age : 17
Emploi/loisirs : Lire et écrire.
Humeur : Je larveeee ~

Son oeil se plissa de fatigue alors que la personne se relevait brusquement. Visiblement surprise... L'adolescent était tellement fatigué qu'aucune émotion ne réussit à se glisser sur son visage. Il n'arrivait pas à reconnaître la personne en contre-jour. Vraiment pas. Ou alors il s'était simplement grillé un ou deux neurones de mémoires pendant qu'il dormait. D'ailleurs... depuis combien de temps dormait-il ? Suffisamment longtemps pour inquiéter la personne en face de lui. C'est en entendant sa voix qu'il arrive à l'identifier et un très léger sourire apparu. Ludmila. Les questions ne tardèrent pas à arriver, et il était bien trop amorphe pour sortir une connerie alors il marmonna.
- Comme une crêpe...

Dans le langage de l'adolescent, cela signifiait qu'il était crevé. Fatigué à pouvoir dormir des semaines et des semaines. Sauf que là, il ne pouvait pas dormir à cause d'un horrible bruit strident régulier.
- Pitié éteins le machin qui fait ce bruit, grogna-t-il en essayant de s'asseoir. Je vais devenir cinglé si l'entends encore...

Il avait capté le truc. Va savoir quand, mais il avait tout intérêt à se relever avec le bras droit. Surtout qu'il ne pouvait pas bouger le bras gauche. Il arriva à s'asseoir et ramena ses jambes vers lui. Assit en tailleur, il tient prudemment le bord du lit pour éviter de tomber. Tous les fils qu'il avait sur lui, râlèrent. Surtout le masque à oxygène. Il se battit quelques secondes contre et finit par arriver à l'enlever.
-Ah, soupira-t-il une fois enlevé. Et toi, tu vas comment ? La forme ?

Bien qu'il ait légèrement grimacé en s'asseyant, l'adolescent commençait à sentir la douleur revenir. Bordel... Il ne s'était pas loupé.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Ven 6 Fév 2015 - 20:39
avatar
Féminin

Messages : 1280
Date d'inscription : 08/02/2014
Age : 19
Emploi/loisirs : Faire chier le monde et être un vrai petit diable ;)
Humeur : Ca vous regarde? Non mais sérieux laissez moi tranquille!

Le moment où je compris qu'il m'avait reconnu, c'est quand il a sourit. Ça m'a rassuré et j'ai appuyer sur l'appel afin qu'une infirmière vienne regarder l'état du garçon. J'étais inquiète bien que soulagé de le voir enfin éveillée.

- Comme une crêpe...


HEIN?! J'ai dû faire une de ces têtes! Il m'affolait grandement mais je n'ai rien dis.

- Pitié éteins le machin qui fait ce bruit, fît-t-il en essayant de s'asseoir. Je vais devenir cinglé si l'entends encore...

J'ai souris avec indulgence, oubliant un instant le pourquoi du comment nous étions arrivés dans cet hôpital.

- Navrée mais je ne peux pas arrêter cette machine. De plus je te signale que tu es déjà cinglé Aaron Eran. Désolée de pas te l'avoir dis avant.

La plaisanterie était nulle mais je tentais de me rassurer, il allait bien. C'est alors que monsieur fît de la résistance! J'eus beau tenter de l'en empêcher, il s'assit avant de retirer son masque. L'infirmière allait me désintégrer! Aaron grimaça en s'asseyant et je me permis moi aussi de m'assoir sur son lit, prenant une toute petite place, les jambes dans le vide.

- T'es au courant que si tous ces fils sont reliés à ton corps, c'est pour une bonne raison? Le masque à oxygène aussi je te signale!

Il me désespéré par sa bêtise. D'une certaine manière, lui et moi n'étions pas si différent. J'ai soupiré.

-Ah.Et toi, tu vas comment ? La forme ?

Je l'ai dévisagé avec curiosité. Soit il se foutait de moi, soit il était vraiment dans les vapes à cause des calmants. Ca me rassurait pas vraiment.

- J'ai eus l'autorisation de sortir, c'est que ça doit aller bien. Toi par contre... Tu nous as fait une sacrée peur!

Pile à ce moment là, l'infirmière entra dans la chambre, m'adressant un sourire avant de flinguer Aaron du regard.

- Ton amie a raison Aaron. Et si tu persistes à ne pas vouloir mettre ce masque, ça ne risque pas de s'arranger!

J'ai eus un petit rire, on aurait dit une mère grondant son gamin.

- Non mais laissez tomber! Ce gosse est aussi têtue qu'une mule!

Je me rendis compte que c'était la première fois que je riais depuis toute cette histoire. Depuis Blue. J'ai fixé Aaron, étonnée. Mon Dieu... Que se passait-il?
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Lun 9 Fév 2015 - 14:45
avatar
Masculin

Messages : 335
Date d'inscription : 23/02/2014
Age : 17
Emploi/loisirs : Lire et écrire.
Humeur : Je larveeee ~

Un sourire débile s'incrusta sur le visage de l'adolescent lorsqu'elle lui signala qu'il était déjà cinglé. Et il pouffa légèrement à la suite. Il ignora complètement ses avertissements et s'assit en connaissance de cause. Bordel... Qu'est-ce qu'il avait mal. Son regard se posa contre le mur et il tenta de reprendre pied avec la réalité. Ce qui était assez dur avec les calmants qui faisaient encore effet. Il ne capta qu'un mot sur deux dans la phrase de Ludmila et il inclina la tête sur le côté en répétant :
- Peur ?


Un pli naquit sur son front lorsqu'une autre personne vint rajouter quelque chose. Bordel... Il n'arrivait même plus à suivre trois pauvres phrases. La personne se rapprocha et l'adolescent la reconnue vaguement grâce à sa tenue : l'infirmière. Mais il n'esquiva pas un geste, il était bien trop dans les vapes pour ça. La femme lui prit le masque de la main et s'appliqua à le lui remettre en le grondant comme un gosse.
- Restes un peu tranquille, si tu continues de t'agiter de la sorte tu en as pour des mois ici.


Le masque remit, elle appuya sur les épaules de l'adolescent pour le forcer à s'allonger. Il tenta de grogner quelques choses mais rien ne sorti. Alors qu'il levait la main pour protester, l'infirmière lui donna une légère claque dessus.
- J'ai dis : reste tranquille. Vous êtes vraiment impossible, les tonnerres !

Aaron abandonna en lâchant une moue d'enfant battue. Il la laissa vérifier ce qu'elle voulait puis lâcha un soupire lorsqu'elle partie enfin. Après avoir lancé une énième mise en garde.
- Veillez à ce qu'il reste couché, il aura moins mal.

L'adolescent leva les yeux vers le plafond avant de tourner la tête vers Ludmila. Elle avait vraiment l'air dans un meilleur état que lui. Fais chier... Elle, elle avait pu sortir. Alors qu'il moisissait dans cet endroit depuis... depuis combien de temps ? Quatre, cinq jours ? C'était beaucoup trop pour lui. Soudain un sourire malicieux se glissa sur son visage alors que son oeil se mettait à pétiller.
- Dis, tu ne voudrais pas m'aider à sortir ?


Il attrapa la barrière et s'en aida pour se redresser. Bordel... ça faisait beaucoup trop mal. Combien avait-elle dit ? Deux côtes non ?, Arf... Par étonnant qu'il ait autant mal. Puis, elles étaient surtout du côté gauche. Foutu côté gauche, va. Il avait l'impression que ce côté n'était plus qu'une masse douloureuse de chair.
- J'en ai marre d'être ici, lâcha-t-il en cherchant à défaire son masque.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mar 10 Fév 2015 - 18:38
avatar
Féminin

Messages : 1280
Date d'inscription : 08/02/2014
Age : 19
Emploi/loisirs : Faire chier le monde et être un vrai petit diable ;)
Humeur : Ca vous regarde? Non mais sérieux laissez moi tranquille!

Je ne savais pas comment interpréter ma petite taquinerie. C'était quelque chose que je n'avais pas fait depuis bien des jours. Pourquoi maintenant?
En tombant, je n'avais pas regretté mon geste désespéré. J'avais seulement pensé à Blue, à Rin, à mon père, à Selvi, à ma mère, à Aaron, à cet homme qui m'avait tout prit, à Aaron, à Marlie, à Ipiu, à ma vie passé, à ma vie présente. J'ai pensé à tellement de chose que je n'ai pas eu le temps de regretter. La chute fût trop courte et le temps d'y penser, me voilà à hurler silencieusement ma douleur.
Aurais-je dans mon geste, eu une once de regret? N'aurais-je finalement pas voulue sauter? Avais-je vraiment voulue rejoindre ma sœur?
J'ai toujours admiré la théorie qui dit que l'on prend conscience de ce que l'on a quand on est en train de le perdre. J'ai pris conscience du manque de ma sœur le jour où je l'ai perdue à jamais. Pris conscience de ma vie passé le jour où je me suis faîte violée au détour d'une ruelle. Pris conscience de mon bonheur lorsque j'ai dû perdre mes repères. Pris conscience de la deuxième chance que m'offrait Terrae quand les scientifiques en ont menacé l'existence. Pris conscience de l'espoir qui m'habitait quand j'ai sauté.
Terrae m'avait un jour apporté le sourire. J'avais perdue ma sœur, ne pourrais-je après tout pas être heureuse de nouveau? Ça restait à prouver mais j'avais étrangement envie d'y croire, ne serait-ce qu'un instant. Le chemin serait long et parcourut d'embûche. Mes anniversaires, les siens, et dans un an, l'anniversaire de sa mort. J'aurais dû mal à m'en remettre c'est certains, mais j'eus une infime once d'espoir. Un espoir que j'avais toujours eus mais que j'avais refusé de voir. Refusé d'entendre alors qu'il me criait de résister. Une prise de conscience. J'avais eu une prise de conscience et mon rire en était la preuve formelle. Les discussions que j'avais eu avec mes amis me revinrent en mémoire et j'avais honte. Je m'étais montrée insupportable. J'irais m'excuser, c'était certains.
Attention je ne dis pas que d'un coups, j'étais heureuse et je ne pensais plus ni à ma sœur, ni à me jeter. Loin de là. Mais j'avais quelque chose que je n'avais pas eu depuis longtemps: L'espoir. L'espoir, aussi infime soit-il, d'avoir peut-être un jour, moi aussi droit au bonheur. Je prendrais mon temps. J'irais m'excuser. Et je reprendrais ma vie. J'allais faire des efforts. Mais à l'époque, ça je n'en avais pas conscience. Je savais seulement que j'allais tenter de m'accrocher.

L'infirmière ordonna à Aaron de rester tranquille et fila sans demander son reste. Elle me demanda néanmoins de veiller sur lui afin qu'il ne bouge pas. Elle pouvait compter sur...

- Dis, tu ne voudrais pas m'aider à sortir ?


Il avait un sourire malicieux au visage et je sentis mal sa petite idée. Impossible ce gosse je vous promets!
Il se mit assis et retira le masque à oxygène. Non mais oh il foutait quoi?!

- J'en ai marre d'être ici.

Je me suis vivement approchée de lui et l'ai obligé à se recoucher, lui collant le masque contre la bouche et les mains sur le matelas, l'obligeant à rester calme. Chaud avec un bras en moins mais facile vu son énergie débordante.

- Non Aaron. Tu restes là. Finis les bêtises et les blessures. Je crois qu'on a tout deux retenu la leçon. Faut pas jouer avec le feu. Il n'y a aucune justice je te l'accorde: C'est moi qui saute et c'est toi qui te retrouve là. Mais t'es dans un trop mauvais état pour bouger de là.

De toutes façons, vu les antidouleurs et le shoote de médoc qu'on lui avait administré, il lui serait impossible de se téléporter. Ou même de ne serait-ce que tenir debout. J'ai ébouriffé ses cheveux d'une main douce et légère, comme je le faisais à Blue quand elle boudait.

- Aller, c'est pas si terrible tu verras! Et puis... Vois le bon côté des choses, vu la bouffe qu'il serve ici, tu pourras te goinfrer en sortant sans culpabiliser!

La blague était pourrie, et dénuée de sens mais c'était l'une des rares que j'avais faites depuis le drame. C'était léger et indétectable mais en fait, c'était une amélioration parmi tant d'autres. Il y en aurait d'autre, et je me relèverai, même si à ce moment là, je ne le savais pas. Même si à ce moment-là, je croyais vraiment que j'allais recommencer mes bêtises.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mar 10 Fév 2015 - 19:15
avatar
Masculin

Messages : 335
Date d'inscription : 23/02/2014
Age : 17
Emploi/loisirs : Lire et écrire.
Humeur : Je larveeee ~

La rouquine n'était pas de son côté. Cette simple observation lui tira une grimace alors qu'elle l'obligeait à s'allonger de nouveau. Mais non ! Il n'avait pas envie de rester dans cet horrible endroit. Alors ce n'est pas parce qu'on lui disait d'y rester qu'il y resterait. Mais... il faut dire que quand on est shooté au médoc et qu'on vient de se lever, il est beaucoup trop facile pour une fille de le dominer. Même si, en temps normal, cela n'aurait pas été beaucoup plus difficile. Il finit par se laisser faire lorsqu'elle lui remit le masque. Bordel... y avait quoi dedans pour le crever autant ? Il détourne la tête lorsqu'elle commence à l'engueuler gentiment. Les traits de son visage se transforme en une moue boudeuse lorsqu'elle fait allusion à la chute. Et l'adolescent ne pu s'empêcher de rentrer la tête dans les épaules quand elle lui ébouriffa les cheveux. Il se retourna avec un léger sourire et, alors qu'elle a finit, il lui met une légère pichenette contre le front en disant.
- On va se mettre d'accord sur un truc
, gronda-t-il d'une voix étouffée à cause du masque. J'ai AUSSI sauté. Bon... ok, c'est plus trébucher misérablement mais... Arrête de me donner l'impression que c'est uniquement de ta faute. Parce que ça ne l'est pas. Et si tu le fais, je t'assomme.

Il devrait peut-être s'y reprendre cinq ou six fois avant de réussir sans coup, mais il le ferait, vraiment. Un sourire insolent apparu sur son visage alors qu'il levait le menton vers elle et répondit sur un ton assez insolent, provocateur.
- Puis tu crois quoi ? Que c'est avec ma corpulence de moustique je m'en prive ?!

Un léger rire s'enfuit mais il le regretta aussitôt. Ça faisait beaucoup trop mal pour ses pauvres petites côtes. Mais bordel... Comment cinq mètres pouvaient-ils faire autant de dégâts ? Certes, il s'avait qu'il s'était choppé la grippe juste avant et n'avait pas beaucoup mangé ces derniers temps mais... non, ce n'était pas possible que cela fasse autant de dommage. Ah et puis merde... Maintenant que c'est fait, c'est fait. Il leva la main droite et pinça la joue de Ludmila.
- Par contre, j'trouve dommage que moi je n'ai pas de joue d'hamster, ça m'aurait permis de pouvoir manger plus de truc...

C'était idiot comme plaisanterie, mais voilà... L'adolescent eut un pauvre sourire et il tourna complètement la tête vers la droite. Tentant de voir la fenêtre et, par la même occasion de savoir quelle heure il était.
- D'ailleurs, c'pour ça que je veux aller au café. Leurs chocolats chauds étaient un pur régale, tu t'en souviens ?
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mar 10 Fév 2015 - 19:37
avatar
Féminin

Messages : 1280
Date d'inscription : 08/02/2014
Age : 19
Emploi/loisirs : Faire chier le monde et être un vrai petit diable ;)
Humeur : Ca vous regarde? Non mais sérieux laissez moi tranquille!

- On va se mettre d'accord sur un truc. J'ai AUSSI sauté. Bon... ok, c'est plus trébucher misérablement mais... Arrête de me donner l'impression que c'est uniquement de ta faute. Parce que ça ne l'est pas. Et si tu le fais, je t'assomme.

La remarque fût ponctuée d'une pichenette sur mon front. Aïeuh! J'ai souris néanmoins, pour la forme. M'assommer? Dans son état? Il avait l'air de bonne humeur. Il me répondit de suite par un sourire insolent et j'y ai répondus.

- Puis tu crois quoi ? Que c'est avec ma corpulence de moustique je m'en prive ?!

Il a rit et le son de son rire me rappela douloureusement à quel point nous deux, on avait eut du mal à s'entendre.
Il a levait sa main droite et m'a pincé la joue à laquelle j'ai émis une plainte. Non mais oh!

- Par contre, j'trouve dommage que moi je n'ai pas de joue d'hamster, ça m'aurait permis de pouvoir manger plus de truc...


Comment ça des joues de hamster?! En plus avec mes bêtises j'avais maigris! Donc non j'avais pas des joues de hamster! Pas vrai? Hein? Hein??? Hein??????
Aaron a eut un autre sourire et je l'ai décoiffé encore une fois avant qu'il ne tourne la tête vers la fenêtre.

- D'ailleurs, c'pour ça que je veux aller au café. Leurs chocolats chauds étaient un pur régale, tu t'en souviens ?

J'ai doucement souris et j'ai acquiescé doucement, me rappelant l’après-midi qu'on avait passé tout deux. Il avait mal commencé et c'était ce jour-là que réellement, Aaron et moi étions devenus un peu plus que des connaissances: Des amis.

- Oui je m'en souviens très bien! Tu m'avais enquiquiné! Mais c'était un très bon moment.. Si tu veux... Temps que t'es ici, je peux toujours tenté de te rapporter un chocolat la prochaine fois que je viens. Discrètement.

Je lui ai fait un clin d’œil. Oui Aaron, j'allais revenir. Parce que toi, tu ne m'avais pas laisser partir. Parce qu'au final, je t'aimais bien quand même. Et parce que d'une certaine manière, tu me rappelais ma petite sœur. T'avais la même insolence. Mais pas la même provocation. Pas les mêmes remarques. Et ça me plaisait. T'étais un sale gosse. Mais je t'aimais bien quand même.
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

Mer 11 Fév 2015 - 7:38
avatar
Masculin

Messages : 335
Date d'inscription : 23/02/2014
Age : 17
Emploi/loisirs : Lire et écrire.
Humeur : Je larveeee ~

Le léger sourire resta alors que la rouquine faisait entendre sa voix. C'est vrai qu'il avait passé un super moment au café même si ça l'avait un peu embêté de devoir s'excuser en premier. Mais... il fallait l'avouer, c'était entièrement de sa faute si la patinoire avait fini de cette façon. Tss... Son nez se fronça de désapprobation lorsqu'elle lui propose de lui en ramener. C'était une offre alléchante. Très alléchante même. Mais... ce ne serait pas la même chose. L'adolescent tenait à des petites choses complètements stupides et il n'aimait guère lorsqu'elles n'étaient pas tenus.
- Ch'ui partant pour l'offre, marmonna-t-il. Mais je veux vraiment y aller. Parce que c'est horrible d'être coincé ici. Alleeeer !

Il lui lança un regard de chiot suppliant en insistant toujours un peu.
- S'il te plaiiiis ! Le bip me rend encore plus cinglé. Me faut juste des béquilles et le tour est réglé !

A en croire ses propos, le bip avait déjà fini par le rendre cinglé. Comment voulait-il se rendre au café alors qu'il avait un bras immobilisé, une cheville bandée, deux côtes cassés et un oeil fermé ? Soit, il était complètement cinglé, soit les médoc lui tournait tellement la tête qu'il ne faisait plus attention au fait que ses propos soient logiques.
- Puis il parait que le soir y a des musiciens ! C'est bien mieux que cet affreux bip.


L'adolescent tourna la tête vers la gauche, vers la porte, afin de s'assurer qu'il n'y avait personne. Puis la tournant de nouveau vers la rouquine, il insista en prenant une petite voix et en la regardant avec de grand yeux.
- S'il te plaiiiiiiit !
Voir le profil de l'utilisateur


Revenir en haut Aller en bas

 

Blackout... [Pv : Ludmila] [Suite de l'arène]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Terrae, Une nouvelle ère commence... :: Terrae Village. :: Hôpital.
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant