Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Blackout... [Pv : Ludmila] [Suite de l'arène]
Mer 11 Fév 2015 - 17:17
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- Ch'ui partant pour l'offre. Mais je veux vraiment y aller. Parce que c'est horrible d'être coincé ici. Alleeeer !

Il avait un regard suppliant, une petite voix mielleuse. C'était horrible de résister! Il me rappelait beaucoup Blue. Le même ton suppliant. Le meilleure moyen de m'avoir. Je n'ai jamais pu résister à une demande de ma sœur. Elle était ma vie, ma princesse et je l'aurais comblée d'or et de cadeaux si j'avais pu. Je le faisais dés que j'en avais l'occasion. Blue le savait bien que je ne pouvais rien lui refuser et elle s'en servait bien. Mais j'aimais trop voir son sourire pour m'en priver. Ma petite sœur, c'est pour ainsi dire moi qui l'ai élevée. Papa et maman avait des boulots prenant et c'est moi qui allait la chercher après les cours. Moi qui l'aidait dans ses devoirs, moi qui lui apprenait les bonnes et mauvaises choses.
Je revins au présent.

- S'il te plaiiiis ! Le bip me rend encore plus cinglé. Me faut juste des béquilles et le tour est réglé! Puis il parait que le soir y a des musiciens ! C'est bien mieux que cet affreux bip.


Je commençais à craquer devant sa mine de chien battu et il le savait très bien. Pi moi aussi j'avais envie d'un café.

- S'il te plaiiiiiiit !

Il me fixa, implorant et je finis par capituler. J'ai levé la main en l'air en signe de résignation et j'ai soufflé:

- Bon d'accord d'accord! Mais tu seras en fauteuil et interdiction de râler où je te laisse ici!

Je souriais et je lui fis signe de m'attendre ici. Je filai dans les couloirs jusqu'à trouver un fauteuil roulant que j'empruntai avec discrétion. Ca allait être galère avec un bras pour pousser mais on aller y arriver!
Je revins et fis signe à Aaron qu'il avait plus qu'à monter.

- Je te préviens que si on se fait prendre je te fais passer un sale quart d'heure moustique!

Je me surprenais avec mes idées de bêtises, qu'est-ce-que j'étais en train de faire? Je me rendrai compte bien plus tard que je réapprenais à vivre. Merci Aaron. Juste merci. Sans toi, j'aurais sauter mais pour de bon, sans autre forme de procès. Mais tu m'as suffisamment fait chier pour que je reste. Et pour que je vive.

On a arpenté avec discrétion les couloirs blanc immaculé d'un hôpital plutôt vide. Arrivés vers l'entrée, je me rendis compte que s'il était dur de conduire le fauteuil d'Aaron, il le serait encore plus de traverser le hall d'entrée sans se faire repérer.

- Bon. Prépare toi, on va devoir faire vite donc évite de tomber d'ac?

Et j'ai courus. L'infirmière qui avait notre charge hurla qu'il fallait qu'on s'arrête mais on a pas écouter et j'ai ris. On a passé les portes de l'hôpital et on a continué notre course pour éviter de se faire attraper sans avoir eu notre café. Un peu plus loin pourtant, je leva la tête vers le ciel, où le soleil brillait alors qu'il faisait un froid de canard.
On avait tout juste eut le temps d'enfiler nos blousons et compagnie avec Aaron, donc on était couvert. Mais le froid était mordant et pourtant... Je ne m'étais jamais sentie aussi vivante.
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Jeu 12 Fév 2015 - 11:54
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Ça avait toujours marché de faire les yeux de chien battu avec son frère, alors pourquoi ça ne fonctionnerait pas avec la rouquine ? Après tout, elle était aussi une grande soeur donc... C'était bas de faire les petits yeux pour avoir ce qu'il voulait mais bon, c'était l'adolescent. Un adolescent qui agissait plutôt comme un gosse. Un immense sourire apparut sur son visage lorsqu'elle capitula. Il allait râler sur le fait d'être en fauteuil mais il retient in extremis la plainte. Ce serait nul de tout gâcher à cause de sa mauvaise fois. Il n'attendit même pas qu'elle soit sortie de la chambre pour commencer à se débarrasser de tous ces fils et de cet horrible masque. Il grimaça quand il enleva les aiguilles de son bras. ça faisait mal, bon... moins mal que toutes ses autres blessures mais ce n'était pas du tout agréable. Le pire fut quand il retira la pince de son doigt. Le bip se mua en un long bruit strident et régulier. Alors, il se pencha, tendit la main et réussit à éteindre l'appareil. Ceci fait, la rouquine arriva alors qu'il posait un pied à terre. Il réussit à s'y glisser rapidement mais pas sans douleur.Tout son côté gauche l’élança. L'adolescent serra les poings alors que la demoiselle le menaçait.
- Même deux quarts d'heure si tu veux, lança-t-il en riant.

Aaron avait beau rire, il se sentait assez mal en vérité. La tête lui tournait et des petits points noirs dansaient dans son champs de vision. Il approuva mollement lorsque Ludmila lui parlait. Il se disait que c'était simplement l'hôpital qui lui faisait cet effet et que tout irait mieux une fois dehors. Mais ça n'allait pas mieux. La vitesse qu'il avait du prendre pour fuir le hall lui avait donner envie de vomir... L'adolescent inspira profondément et pencha la tête en arrière. Son oeil lui piquait et le froid arrivait à le mordre à travers son blouson. Il sourit à Ludmila.
- Tu vois ! On n'a pas eu de sou...
- Vous deux !
- Merde...

Le nez de l'adolescent se plissa alors qu'il pencha légèrement la tête pour voir l'infirmière. Il était sûr que c'était sa voix après le nombre de fois où elle l'avait engueulé. Certes, elle ne l'avait fait que deux fois, mais c'était déjà beaucoup pour l'adolescent. Elle arrivait tellement vite qu'ils n'avaient aucune chance de fuir.
- Je peux savoir ce qui vous prends ?!
Les gronda-t-elle. Si votre ami doit rester couché c'est pour une bonne raison ! Les côtes qui sont cassés sont trop proches des poumons et un seul faux mouvement et paf, ça les transperce, vous voulez vraiment ça ? Il doit vraiment souffrir, assit.

Aaron détourna la tête. C'est vrai qu'il avait salement mal, mais... il le voulait son chocolat chaud. C'était stupide d'insister pour une chose aussi futile. Il ne put s'empêcher de baisser la tête lorsque l'infirmière lui jeta un regard noir. Elle reprit sur le même ton.
- Alors vous allez cessez vos conneries et vous tenir tranquille jusqu'à votre sortie de l'hôpital.


Et sans laisser le temps à la rouquine de répliquer, ou de faire quelque chose, elle prit le fauteuil et lui fit faire un demi tour. L'adolescent se tassa dedans alors qu'il lança un petit regard à Ludmila.
- C'est pas grave, lui fit-il, on se voit la prochaine fois ?

Pour dire vrai... Il détestait cette expression. ''La prochaine fois'' Qu'est-ce que ça voulait dire ? Quand est-ce que ça pouvait bien être ? Il détestait être autant dans le flou quand il s'agissait de revoir quelqu'un. "La prochaine fois" ça pouvait très bien dire dans quelques heures que dans plusieurs mois ou plusieurs années... Il ferma complètement son esprit et ne fit plus du tout attention au raboutage de l'infirmière. Elle le réinstalla dans le lit avant de le laisser seul.

~

Une petite semaine s'était écoulée. Ou alors trois jours, il ne savait plus trop. On avait finit par lui retirer le bandage qu'il avait à l'oeil et, fort heureusement, il n'avait plus rien. Cela faisait bizarre de tout revoir des deux yeux quand on s'était un tout petit peu habitué à ne voir que d'un seul oeil. On lui avait aussi dit qu'il s'était juste déboîté l'épaule et que donc, pour le coude il n'avait rien. En gros... il leur avait juste fait de grosse frayeur pour trois fois rien. A part ses côtes et sa cheville, tout allait assez bien. Il n'avait pas revu Ludmila, peut-être l'infirmière n'avait pas voulu la laisser passer ou alors, elle l'avait simplement oublié. Tant pis, se disait-il, ce n'est pas bien grave. Mais il n'y croyait pas du tout. Il se sentait bien seul et tout petit dans cet chambre bien blanche. Ses vêtements noirs lui manquaient et il l'avait l'impression de faire tâche. C'était horrible comme impression, et c'était sans doute à cause de ces pensées qu'il avait eut une petite mine pendant toute cette semaine. Et c'était sans doute à cause de cela, qu'il essayait de se rendre, clopin-clopan, jusqu'à la porte pour quitter en douce l'hôpital. Mais, c'était sans compter sur cette porte qui s'ouvrit sans prévenir alors qu'il l'atteignait enfin. Il perdit l'équilibre et se retrouva les fesses au sol. Une mine complètement déconfite et sur le point de pleurer apparu alors qu'il relevait la tête vers la personne en gémissant.
- Maiiiis...

C'était pathétique. Et un peu pitoyable. Et sa fierté et son ego en prenaient pour leurs grades mais vu l'état émotionnel de l'adolescent, ils étaient les derniers de ses soucis.
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Sam 14 Fév 2015 - 19:14
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Bon. On s'est fait choper. Je vous jure c'était pitoyable mais j'avais retrouvé un minimum ma joie de vivre. Un minimum. Il m'avait fallut rentrer chez moi et voir les dégât infligés à ma chambre pour comprendre. Les meubles, renversés, les rideaux brûlés... Ce tableau m'offrit un flash back monumental. Je me revoyait quelques temps plutôt, quand Rin était venu chercher réponse à ses questions. On avait rangé ma chambre et nous étions quittés avec distance et douleur car une fois de plus, il m'avait dit d'appeler ma sœur. Mais je ne voulais pas. J'avais dis non. Quelques temps plus tard, on avait fait comme si de rien n'était et j'avais revu ma cousine. C'était une belle journée mais nous nous étions quitté avec plus ou moins la mort à l'âme. Ce jour-là, je m'étais rendue dans sa chambre, inquiète et je l'avais trouvé endormi, torturé. Je n'avais pas vraiment su quoi faire. J'avais seulement prié muettement pour que tout se passe bien. Couillonne va. Rien ne s'était bien passé. Quand je l'avais revu, j'étais dévastée. J'avais tout perdu.
La vue de ma chambre me fît comprendre lentement que j'avais perdu Rin. Ici même, le jour où je m'étais rendue aux arènes, je l'avais indirectement perdu. Jamais il ne me pardonnerait d'avoir tenté de le quitter de la pire des manières: par la mort.
Se n'est pas lui que je fuyais, mais bel et bien une réalité que je refusais de voir: Inconsciemment, j'avais appris à vivre sans elle. Je l'avais trahis. Encore. Elle m'avait toujours manqué bien sur, mais j'avais su sourire sans elle. Hors, quand vous êtes grande sœur, c'est pas normal de pouvoir vivre sans l'autre. Sans votre moitié, sans votre cadet. Impossible. Et pourtant, je devais me faire une raison, je l'avais fait. Pendant pratiquement une année, j'avais mis de côté ma sœur au profit de mon propre bonheur.
J'ai soupiré et j'ai pris trois jours pour moi. je n'avais vu personne et personne n'était venu. J'avais envie de voir Rin, mais je ne m'en sentais pas le droit. J'avais lentement commencé à réfléchir. Blue avait trépassé c'est vrai, et de vous à moi, jamais je ne pourrais m'en remettre entièrement. Je l'avais abandonné en pensant nous sauver et lui offrir une vie de famille avec mes parents comme elle l'avait toujours vécue. J'étais partie avec perte et fracas, dans le silence d'une nuit noire. J'avais vécue, grandis et fait des rencontres. Ignorant ses appels et ses messages, j'avais voulue nous offrir une nouvelle chance, loin de l'une de l'autre. Sans jamais me douter de ce qu'elle vivait dans l'ombre d'un sourire, j'avais trahis ma sœur en l'abandonnant à mon sort, celui que j'aurais dû vivre plutôt qu'elle. Mais je repensais sans cesse à son sourire le jour de sa mort, quand elle m'avait reconnue. J'aurais aimé pouvoir lui sourire aussi, mais ce qu'elle emporterait de moi, c'était mon inquiétude et ma culpabilité. Comment vivre avec ça sur le cœur? Vous pouvez me le dire?
Mais Blue, tel que je la connaissais, n'aurait jamais voulue ma mort, même si c'était pour nous retrouver. A l'heure même où j'y pensais, si le ciel existait, elle devait me voir et comprendre celle que j'étais devenue. Elle avait dû voir Ipiu, Aaron et Rin. Aaron et moi alors qu'on filait à travers l'hôpital en quête d'un chocolat. Et elle avait dû sourire, parce qu'elle avait vu que j'avais retrouvé un semblant de vie. Mon sourire à l'hôpital, elle avait dû le voir aussi, elle qui n'y avait plus droit depuis deux ans qu'en de rares occasions. Je m'en suis voulue. Mais j'en avais assez. J'irais m'excuser au près de chacune des personnes qui avait tenté de me raisonner alors que moi, je n'avais pas vu plus loin que le bout de mon nez. Le premier à qui je devais des excuses, c'était Aaron. Il était à l'hôpital à cause de moi.
Je m'y suis rendue après avoir fait un tour en ville, ayant récupéré deux chocolat chaud. A l'hôpital, les infirmières me flinguèrent du regard mais je leur souris, montrant mes boissons. On me laissa finalement entrer. Quand j'ouvris la porte, j'entendis distinctement un bruit sourd, comme quelqu'un qui tombe. Puis un:

- Maiiiis...

J'ai passer la tête par l’entrebâillement avant de trouver Aaron, couché au sol, les yeux brillant de larmes contenues. Il avait l'air plus enfant que les précédente fois où je l'avais vu. J'avais honte de venir le déranger et peut-être m'en voudrait-il, mais je lui devais ça au moins: une promesse. Je la lui avais faîte trois jour plus tôt, je comptais bien la tenir. J'étais revenue. Et à moi même, je me promis d'essayer d'avancer, de vivre. Se serait ma punition pour le meutre de ma sœur: Vivre avec cela sur le conscience. Peut-être apprendrai-je à aller mieux, ou peut-être que je mourrai de chagrin sans jamais cesser de vivre, par promesse. Mais j'avancerai. Je vivrai. Je me le promis.

- Ben alors Aaron, t'as toujours pas abandonné l'idée de t'enfuir? T'aurais u m'attendre au moins! Je t'aurais aidé!

Je lui ai souris et lui ai montré les chocolats.

- Mais avant, on prend des forces d'acc?

HRP: T'as vu? Tas vu?! Ludmi redevient vivante!
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Mar 17 Fév 2015 - 8:34
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Le corps entier de l'adolescent se mit à trembler brusquement alors qu'il clignait des yeux pour refouler les larmes. Il ne comprenait pas pourquoi il se sentait aussi mal d'un coup. Pourquoi revoir la rouquine le mettait dans un tel état. Ses lèvres fermées tremblaient pour s'empêcher de se tordre dans une grimace douloureuse. Il avait mal partout. Il essaye d'inspirer mais ce fut un souffle tremblant qui entra et ressortit avec un départ de sanglot. Il était un peu déçu... Pourquoi continuait-il d'espérer que ce soit son frère ? C'était stupide. Il ne savait même pas qu'il était là. Les souffles qui s'enfuyaient étaient tous tremblants et il ne réussit qu'à accorder un pauvre sourire tremblant à la rouquine.
- J'en pouvais plus, s'efforça-t-il de répondre. J'me serai bien cassé dès le départ, mais je pouvais à peine me redresser.

Certes, il avait encore du mal maintenant, mais il le faisait avec plus de faciliter. Alors qu'il ramenait ses jambes contre lui, la rouquine lui montra un tasse. Même deux, mais elles étaient beaucoup trop hautes pour qu'il puisse voir leurs contenues. Un "oh" silencieux essaya de s'enfuir lorsqu'elle lui proposa de reprendre des forces et des petites étoiles se mirent à briller dans ses yeux. Ce n'était quand même pas...
- C'est pas une plaisanterie ? Fit-il légère sur la défensive. C'est vraiment pas une plaisanterie ?

L'adolescent était un peu sur ses gardes car la dernière fois, l'infirmière lui avait croire que s'en était. Alors que c'était juste du lait... Il avait été vachement déçu sur le coup, et l'était encore un peu maintenant. Assit sur le sol glacé de l'hôpital, un soupir s'échappa alors qu'il baissait la tête.
- J'en ai vraiment marre...

Hrp > Désolé, c'est vraiment médiocre...
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Mar 17 Fév 2015 - 15:49
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Son sourire était timide, presque forcé. Il semblait déçu et je ne mis que peu de temps  comprendre. Il l'attendait lui. Son frère. Bon Dieu comme je le comprenais! C'était de la torture de le voir attendre son grand frère, cela me rappelait bien trop ce que j'avais fait endurer à Blue. Mais après tout, quitte à avoir miné le moral de ma jeune sœur et à lui avoir ôté la vie, pourquoi ne pas tenter de rendre sa joie de vivre à cette enfant perdu qu'était Aaron à l'époque où je l'ai connu?

- J'en pouvais plus. J'me serai bien cassé dès le départ, mais je pouvais à peine me redresser.

Je suis allée poser les tasses sur sa table de chevet avant de revenir vers lui. Ce gosse était d'un têtu! Il était impossible et pourtant, j'apprendrais peu à peu à l'apprécier. Dommage pour lui, il allait m'avoir de grès où de force dans sa vie.
Ces yeux brillèrent quand il reconnu les tasses. J'ai souris, heureuse de voir poindre une lueur de joie dans ses yeux plein d'espoir brisé par mon arrivée. Que voulez-vous, je pouvais pas me métamorphoser en son frère! Plutôt que cela, j'espérai au moins pouvoir satisfaire son amitié.

- C'est pas une plaisanterie ? C'est vraiment pas une plaisanterie ?

Il était méfiant, à croire que je n'avais que ça à faire, lui mentir. Non mais! J'étais plus amusée que vexée. J'ai levé les yeux au ciel et l'ai aidé à se relever avant de l'emmener jusqu'à son lit. Ça devait beaucoup le fatiguer.

- J'en ai vraiment marre...

Il l'avait murmuré si bas alors qu'il était toujours sur le carrelage blanc et stérile que je crus avoir mal entendu. Je n'ai fait aucune remarque car au fond, que pouvais-je bien répondre? Le "moi aussi" me serait venu à l'esprit mais je n'en avais aucun droit. Il était là par ma faute. Il allait plus mal que moi et son frère lui manquait. Au fond, on se ressemblait un peu, Aaron et moi.

- C'est quoi cet air méfiant que tu m'as peint sur ton visage moustique? Non mais! Je suis allée au café exprès pour toi et tu oses remettre ma parole en doute? Pff rien que pour ça tu mériterai de pas en avoir de ce chocolat!


Je le taquinais, bien sûr qu'il aurait droit à se tasse! Il était de nouveau sur le lit, le pauvre il devait en avoir marre! J'ai attrapé une chaise et lui ai tendu une tasse.

- Mais bon, ma bonté me perdra que veux-tu, prend le ton chocolat!

Je ne voulais pas parler de choses qui fâche s'il n'en avait pas envie, mais peut-être devons nous un jour passer par là non? Ouvrir les yeux, chacun le fait, seulement, certain le font trop tard. Comme moi. Autant éviter cela à mon ami.

- Tu sais Aaron... J'ai bien vu la manière dont tu réagis quand la porte s'ouvre et cet air déçu que tu as au visage quand les personnes rentrent sans qu'elles soient celui que tu attends. Je comprends parfaitement, je le vis au quotidien. Mais il ne tient qu'à toi de le prévenir tu sais? Il n'est pas au courant de ton état et n'est pas là pour la simple et bonne raison que tu ne l'as pas voulu. Ou que tu n'as pas pu te résoudre à le faire.

J'ai réfléchis un instant, allais-je lui dire ce que Rin avait tenté de me faire comprendre? Oui.

- Comment le dire avec tact...? Pour moi, il est trop tard, et jamais je ne pourrais espérer revoir ma sœur. On me l'a enlevé pour la simple raison que je n'ai pas assuré. Je ne suis pas ici pour te faire la morale, je veux seulement t'éviter le drame. Alors je te donnerai le conseil que je n'ai jamais voulu écouter, à mon grand regret: Appelle-le. Il te manque, ça se voit. Et un jour, il sera trop tard pour te dire que tu aurais mieux fait.

HRP: Chut c'est très bien!
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Mar 17 Fév 2015 - 18:05
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L'adolescent serait volontairement resté au sol mais ce n'était pas dans les plans de la rouquine. Il n'en pouvait plus de ce lit. Trois jours qu'il ne le quittait plus ! Encore, si ça avait le sien, ça ne l'aurait pas dérangé, mais celui-là... Il en avait marre, vraiment marre. Il cacha la douleur sous une grimace boudeuse. Grimace qui se changea immédiatement en moue déconfite alors qu'elle le menaçait de reprendre la tasse. Il tendit instinctivement les bras pour saisir la tasse mais... trop loin. Et se pencher était une véritable torture.
- Mais non, non, non, fit-il vraiment très vite. J'ai jamais dis ça ! J'oserai pas faire ça ! S'il te plait !

Un ton implorant qui essayait de se faire convainquant. Il croyait vraiment qu'elle n'allait pas le lui donner. Naïf comme pas deux... Quand elle lui tendit la tasse, il la saisit immédiatement et la ramena près de lui. Comme si Ludmila pouvait changer d'avis et essayer de la lui reprendre. Trop tard. Qu'elle essaye seulement d'y toucher ! Alors qu'il l'amenait à ses lèvres, il marmonna sur le ton d'un enfant boudeur.
- Méchante Ludmila...

Il avait a peine trempé ses lèvres dans l'exquise boisson que la rouquine reprit la parole. Mais pour entamer quelque chose qui lui semblait comme un sermon. Et un long en plus. Il décrocha rapidement. Déjà que suivre un long discourt quand il n'était pas malade, c'était compliqué, alors encore un peu sous les effets des calmants... Il réussit à ne pas lever les yeux vers le plafond et il se contenta de lever sa tasse et de plonger son regard dedans. Pendant quelques secondes, il fut complètement absorbé par l’arôme sucrée et ne fit plus du tout attention à Ludmila. Quand il se raccrocha à la conversation, il entendit un : appelle le. Aussitôt l'arôme de la boisson lui sembla bien fade et il ne put s'empêcher de détourner brusquement la tête.
- De toute façon, clama-t-il en levant le nez. Il a du travail. Je ne ferai que le déranger. Alors ça ne sert à rien.

Ça ne sert à rien... Combien de fois avait-il employé cette expression... Mais c'était vrai. ça ne sert à rien. De s'ouvrir les bras. De crier au loup. De pleurer... Tout cela ne servait à rien puisqu'il ne les remarquait pas. Il avait tenté de dire ces mots d'un ton détaché mais le dégoût et la déception étaient beaucoup trop présent.
- Il préfère courir après des fantômes qui nous abandonné que de s'occuper de ceux qui restent, alors je ne vois pas pourquoi je continuerai de le tirer par la manche pour qu'il se retourne.

Parce qu'il me manque... Il la connaissait sa réponse. Il la connaissait mais il ne voulait pas en entendre parler. Il ne lui manque pas, c'est indéniable, sinon il aurait tenté de le joindre. Plus d'une fois. Mais non. Absolument rien. Le ton était le même sauf que cette fois-ci, il avait baissé la tête vers son chocolat. A moitié plein, ou a moitié vide, fallait savoir. La tasse dans la main blessée, il leva celle qui était indemne et la passa dans ses cheveux. Relevant les mèches sur son front pour les remettre en arrière. Elle ne tardèrent pas revenir à leurs places.
- Puis... souffla-t-il en fermant les yeux. J'en ai ma claque. J'ai plus envie de continuer...
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Mar 17 Fév 2015 - 20:16
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- Mais non, non, non. J'ai jamais dis ça ! J'oserai pas faire ça ! S'il te plait !

J'ai éclaté de rire, il était trop mignon avec sa bouille de gamin là! On aurait vraiment dit un p'tit bout d'chou! Non vraiment il avait l'air d'un gosse. Je lui ai tendu sa tasse et j'ai ris quand j'ai vu sa réaction. Vous voyez gollum avec son anneau? LA MÊME!

- Méchante Ludmila...

WHAT?!

- Non mais ça va oui! Attend je vais te chercher le saint Graal, je brave l'odieuse infirmière qui te garde captif et même pas un merci? Pfff je sais même pas pourquoi je t'apprécie moustique.


Il m'a pas écouté quand je lui ai expliqué. J'étais vexée. Non mais sèrieux Aaron, il aurait fallu que tu te réveilles, tu fonçais droit dans le même mur que moi! Et l'impact était trop violent pour que je te laisse le prendre.

- De toute façon, il a du travail. Je ne ferai que le déranger. Alors ça ne sert à rien.

Fous toi de ma gueule Aaron je te dirais rien. Je l'ai fixé, s'il croyait que j'allais le croire il pouvait se mettre le doigt dans l’œil!

- Il préfère courir après des fantômes qui nous abandonné que de s'occuper de ceux qui restent, alors je ne vois pas pourquoi je continuerai de le tirer par la manche pour qu'il se retourne.

J'ai ouvert de grands yeux. Aaron ne l'avouerait jamais mais en faîtes, si son frère lui manquait, il ne l'appellerait pas. Pour la simple et bonne raison qu'il lui en voulait!  

- Puis... J'en ai ma claque. J'ai plus envie de continuer...

Il avait tenté de replacer sa mèche vers l'arrière mais rien à faire. J'étais mal pour lui parce que je comprenais.
Je lui ai ébouriffé la tête, comme à un gosse.

- Tu sais moustique, tu me rappelles un peu ma petite sœur. Comme tu réagis. Mais elle, elle a pas abandonné alors que Dieu seul sait combien elle m'en voulait de l'avoir abandonné. Mais elle voulait des explications et elle voulait me retrouver. Tu devrais demander à ton frère pourquoi il est pas revenu. Pourquoi il recherche je ne sais quoi plutôt que de s'occuper de sa teigne de petit frère.


Je lui souris doucement, attendrie par sa réaction. Il me faisait penser à elle.

- Un petit frère qu'il a la chance d'avoir. Et qu'il ferait mieux de se bouger les fesses de venir le voir sinon c'est moi qui vais le chercher. Alors appelle-le Aaron.

Oui je mettrais mes menaces à exécution si Aaron ne faisait rien. Il avait le droit au bonheur. Le doit à la vérité. Je lui ai souris et j'ai bu une gorgée de mon chocolat. Un délice. J'avais presque oublié tiens.
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Mer 18 Fév 2015 - 10:42
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Un frisson désagréable lui secoua les épaules alors que la rouquine lui ébouriffait les cheveux. Non. Il se recula brusquement pour se dérober à la gentille attention. Non. Non. Non ! De mauvaise foi, il détourne la tête en ravalant sa colère. Heureusement que la barrière était là, sinon il aurait basculé de l'autre côté. Vu comment reculer faisait mal, alors tomber. Il bouillonnait intérieurement. Il avait envie de l'engueuler, de lui crier dessus mais... c'était Ludmila. Elle était la seule a être venue et il n'avait pas envie de se retrouver tout seul. C'était égoïste, irrationnel. Le souffle tremblant et une sourde colère dans la voix, il lui répondit.
- Je ne suis pas comme ta soeur.

L'adolescent tremblait de colère. Il était jaloux. Jaloux de ses parents. Parce que son frère leurs courrait après au lieu de s'occuper de lui. Jaloux qu'ils captivent toute son attention et qu'il reste en arrière. Les doigts crispés contre la tasse, il avait l'impression qu'un immense poids lui oppressait le cœur. Les cheveux devant les yeux, ils cachaient son regard qui s'était ternis à cause de la colère.
- Je sais pourquoi il est parti. Je sais aussi pourquoi il ne revient pas. Et c'est bien pour ça que j'en ai marre.


Il repensait au ruine de son ancienne vie... ça faisait mal d'apprendre que tout ça était complètement faux. Faux de chez faux. Mais ce qui lui faisait le plus mal était de savoir que son frère le fuyait, en quelque sorte. C'était sa faute, si les parents étaient partis. Sa faute si Akyro s'était retrouvé seul. Mais il n'arrivait pas à s'en vouloir pour cela. Ni même à se pardonner. Parce qu'il n'arrivait pas à le saisir.
- L'appeler ne servira à rien, fit-il froidement en ramenant la tasse à ses lèvres. Il a du boulot. Comme toujours.

Le dégoût se faisait très bien entendre. Du boulot, encore et toujours du boulot. La gorge nouée, il reprit du breuvage. Il avait l'impression qu'il avait un gout amer maintenant...
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Mer 18 Fév 2015 - 14:22
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- Je ne suis pas comme ta soeur.

Il m'a craché les mots au visage, comme si tout cela était de ma faute. La colère se lisait dans sa voix, dans son mouvement de recul. J'étais un peu blessé qu'il refuse à ce point l'aide ou l'affection de ses amis. C'était flagrant qu'il s'en fichait. Il voulait changer de sujet.
Il avait détourné le regard, et il serrait si fort la tasse qu'un instant, je crus qu'il ne réussisse à la briser.

- Je sais pourquoi il est parti. Je sais aussi pourquoi il ne revient pas. Et c'est bien pour ça que j'en ai marre.

J'avais là haine face à ses paroles. Sa jalousie était bien présente et cela me révoltait. Lui avait encore la chance d'avoir une famille et il l'a rejeté?! J'étais furieuse. Il n'avais pas le droit de dire cela.

- L'appeler ne servira à rien. Il a du boulot. Comme toujours.

- On se ressemble bien plus que tu n'es prêt à l'admettre tu sais.

J'en avais assez entendu, ça suffisait, j'étais pas en état. J'ai posé ma tasse à peine entamée et me suis levée sans un mot. Arrivée à la porte, j'ai cependant stoppé. Autant le lui dire cash non?

- Ton frère t'a appelé la dernière fois à la patinoire, et quelque chose me dit que se n'était pas la première fois. Le jour où tu comprendras la chance que tu as d'avoir encore une famille, tu auras tout compris Aaron. J'espère seulement que tu le comprennes avant qu'il ne soit trop tard.

Et je me suis barrée. J'en avais assez entendu. Je suis pas allée, bien loin, j'avais juste besoin d'un peu d'air. J'étais devant l'hôpital et je tentai de rester calme. C'est alors qu'une infirmière s'est approchée de moi:

- ...
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Mer 18 Fév 2015 - 18:18
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Aaron détourna la tête. Il ne voulait plus l'entendre. C'était suffisant. Il en avait marre. Elle... Elle ne comprenait pas ! Il encaissa les mots. Comme toujours. Pourquoi les ignorer ? Il savait très bien qu'il n'en était pas capable. Que même s'il faisait semblant de ne pas capter, ça rentrait. Ça restait quelque part au fond de sa tête. Tapis. A attendre. Le meilleurs moment pour revenir. Il tremblait de colère, mais aussi de tristesse. Pourquoi il ne lui disait pas ? Pourquoi... Après tout, c'était ce qu'elle voulait qu'il fasse...
La porte claqua.
La bouche de l'adolescent se tordit en une grimace alors que de grosse larme se mirent à couler le long de ses joues. Les sanglots bloqués au fond de la gorge. Pourquoi fallait-il qu'il bousille tout ? Pourquoi rejetait-il a chaque fois cette aide ? Pourquoi ne l'acceptait-il que quand elle venait de son frère... Il se laissa tomber sur le côté en même temps que les sanglots s’enfuirent. Des sanglots bruyants. Il se recroquevilla en tirant sur les oreillers et la couverture. Il voulait vraiment disparaître. Disparaître...

~

Une jeune infirmière essayait de le réconforter. Assise sur le bord du lit, ses doigts glissaient avec une douceur maternelle dans les cheveux de l'adolescent. Elle avait réussi à apaiser ses douloureux sanglots.
- Ne m'en veut pas Aaron, mais je lui ai donné le numéro de ton frère... Mais ce n'est pas parce que tu es tombé sur le répondeur, qu'elle l'aura forcément. Tu aurais du lui dire, non ? C'est ton amie, après tout.

Mais l'adolescent faisait la forte tête. Serrant l'oreiller toujours plus fort contre lui. Il ne voulait pas l'admettre. Il ne voulait plus rien admettre. Il voulait simplement être avec son frère.
- Tu inquiètes tous le monde, continua-t-elle doucement. Taper dans l'oreiller ou te mutiler ne résous rien. Faire le mur non plus. Cette fille te tendait la main, alors saisit là ou écoute un peu ses conseils.

Il savait pertinemment qu'elle le grondait, mais elle le faisait d'une telle manière qu'il avait l'impression d'être réconforté. C'était mesquin, perfide mais tellement gentil... Naïf comme il pouvait l'être, il se fit berner en toute beauté. Il n'y avait pas d'arrière pensée derrière tous ces mots doux, juste une bonne intention. Elle lui frictionna doucement le bras en ajoutant.
- Tu sais que ton téléphone est dans le tiroir alors... arrête un peu d'hésiter.

Pour un peu plus, il aurait pensé qu'elle l'aurait embrassé sur la tempe. Mais non, elle connaissait les limites avec son patient et préférait ne pas les franchir. Puis, elle ne savait pas si elle aurait le courage de calmer une autre crise de larme. Il lui rappelait tellement son fils... Au final, elle dû laisser l'adolescent pour s'occuper d'autres patients mais aussi pour prévenir la demoiselle qu'il était enfin calme.

Dix-sept heure, jours d'hivers, le soleil était couché depuis un moment et il n'avait pas le courage d'aller allumer la lumière. Seul la lumière de son téléphone éclairait la pièce. Avoir le courage... Simplement le courage. Il finit par composer le numéro et complètement fébrile et recroquevillé, il attendit. La sonnerie s'éleva une fois. Une seconde fois. Puis une troisième fois. Il s'apprêtait à raccrocher quand il entendit :
- Trois heures du mat... Je bosse demain, tu veux quoi ?
- Désolé...
- Hein ?
- Dé...déso...
- AARON ?!
-...lé...
- BORDEL, TU ES OU ? Qu'est-ce que tu as encore foutu ?

L'adolescent se recroquevilla. Il aurait aimé étouffé les sanglots mais sa main valide tenait le téléphone. Son frère avait hurlé tellement fort qu'il n'avait pas fait gaffe à la porte qui s'ouvrait derrière. Bien qu'il ne soit pas à côté de son frère, il pouvait presque sentir la panique qui le gagnait. Il mit la conversation sur haut parleur pour pouvoir mieux étouffer ses sanglots.
- Attends ! Attends ! Attend, c'est quoi cette petite voix ? Qu'est-ce que t'as foutu ?
-...
- Aaron, réponds ! Arrête de te foutre de moi !
-...
-...
-...
- Tu sanglotes, il s'est passé quoi ?
-...
- Aaron, parles... Je ne vais pas t'engueuler... Il s'est passé quoi ? Tu as recommencé à te mutiler ? Tu t'es ouvert les veines ? Aaron...

L'adolescent l'imaginait bien se prendre les cheveux en pestant intérieurement. Il savait aussi à quel point ses silences étaient horribles pour son frère.
- Arrêtes... S'il te plaît arrêtes, ça. Tu sais que je les ai en horreur. Pour une fois que j'ai le temps de répondre, tu voudrais pas essayer de taper la convers ?
- T'as trente-quatre ans... T'es vieux.
-...
-...
- T'es bête... , fit-il en riant
- Ça avance ?
- De quoi tu parles ?
- Ça avance ?
- Pff... Depuis quand tu t'int...
- Ça avance ?
-...
- Réponds.
-...
- Kyro...

Aaron s'était brusquement redressé. Lui non plus ne supporter pas les silences de son frère. Surtout après une question aussi importante. Il haïssait sa voix pour s'être fait aussi criarde.
- Non.

Il l'avait lâcha avec une froideur particulière mélangée à du dégoût. L'adolescent sentait très bien à quel point il était déçu et dégoûté. Mais... c'était sa chance.
- Reviens, lâcha-t-il a voix tremblante et s'effondrant entre les oreilles et la couverture. Reviens... Me laisse plus seul...
-...
- S'il te plait... Viens me chercher...
- Je... peux pas...
- Kyro...
- Je dois dormir...
- Kyro...
- Bonne nuit...

La gorge nouée, les lèvres tremblantes et les yeux remplis de larme, il vit l'écran s'illuminer pour annoncer la fin de l'appel. Deux minutes vingt-sept... C'était une mauvaise idée. Une très mauvaise. Il ne sait pas comment il fait pour retenir l'envie de balancer le téléphone contre le mur et il n'en avait aucune envie. Il n'avait même plus envie de frapper les oreillers ou de s'agiter. Se contentant de pleurer silencieusement contre les oreillers...
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Mer 18 Fév 2015 - 20:50
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- Ludmila?

Je me suis tournée vers elle, toujours aussi furieuse. Elle avait l'air gentille comme tout. Elle me tendit un papier avec une ribambelle de numéro. J'ai pas vraiment compris.

- Aaron n'est pas celui qu'il semble être. Au fond, je suis persuadée que son frère lui manque. Et qu s'il savait comment faire, il accepterait votre aide.

- Comment va-t-il?

Elle soupira mais elle n'avait pas besoin de répondre plus, j'avais compris. J'ai soupiré et lui adressant un simple remerciement, j'ai filer vers le grand édifice blanc. Aaron n'allait pas bien et avait refusé mon aide. Par fierté ou détresse, je ne sais, mais je me devais d'être là. J'ai inspiré et toqué. Je suis entrée et sans un regard pour moi, Aaron mis le haut parleur à son téléphone, de sorte que j'entendis tout. Il ne m'avait pas vu mais je l'entendis pleurer. Je ne me suis pas approchée. J'hésitai.

- Attends ! Attends ! Attend, c'est quoi cette petite voix ? Qu'est-ce que t'as foutu ?Aaron, réponds ! Arrête de te foutre de moi !Tu sanglotes, il s'est passé quoi ? Aaron, parles... Je ne vais pas t'engueuler... Il s'est passé quoi ? Tu as recommencé à te mutiler ? Tu t'es ouvert les veines ? Aaron...Arrêtes... S'il te plaît arrêtes, ça. Tu sais que je les ai en horreur. Pour une fois que j'ai le temps de répondre, tu voudrais pas essayer de taper la convers ?
- T'as trente-quatre ans... T'es vieux.
- T'es bête...
- Ça avance ?
- De quoi tu parles ?
- Ça avance ?
- Pff... Depuis quand tu t'int...
- Ça avance ? Réponds. Kyro...


Aaron c'était redressé et c'était une vrai torture que de la voir endurer tel supplice. J'ai serré le numéro de son frère dans ma main.

- Non.
- Reviens, lâcha-t-il a voix tremblante et s'effondrant entre les oreilles et la couverture. Reviens... Me laisse plus seul... S'il te plait... Viens me chercher...
- Je... peux pas...
- Kyro...
- Je dois dormir...
- Kyro...
- Bonne nuit...


La conversation prit fin et j'entendis Aaron sangloter. Ça me déchirait le cœur. Doucement je me suis avancée vers lui, sans savoir quoi faire. C'était de ma faute s'il était dans cet état. Je lui avais dit d'appeler son frère et il m'avait écouté. Idiote. T'as pas été foutue de sauver ta soeur et tu tentes de donner des conseils? J'ai soupiré doucement et m'asseyant sur son lit, j'ai caressé ses cheveux, doucement, comme une grande soeur, comme une mère... Comme quelqu'un qui l'appréciait. Ce que j'étais.

- C' était courageux de ta part de faire ça Aaron. Si.. Kyro ne le comprend pas, il le comprendra plus tard. Mais au moins, tu lui as montré que t'avais encore besoin de lui. Je suis désolée qu'il n'est pas comprit. Et t'as le droit de m'en vouloir, c'est moi qui t'ai dis de l'appeler.

Je continuai de caresser sa tignasse noire de jais, d'un geste apaisant.

- Je serai là d'ac? Si besoin, tu sauras que tu peux venir taper à ma porte.
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Jeu 19 Fév 2015 - 17:43
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Aaron ne voulait plus en entendre parler. Voilà, il avait essayé et qu'est-ce qui s'était passé, il se prenait un gros vent. Non, non et non. Il ne voulait plus essayer. Il en avait marre. Marre de toujours tout rater. Marre de se faire ignorer. Marre de se faire jeter. Marre d'échouer. Ça faisait trop mal pour pas grand chose. Pour absolument rien, même. Il essayait à grande peine de retenir ses sanglots, ses larmes, mais rien à faire. Ça faisait beaucoup trop mal. Trop émotif... Pourtant, y avait pire. Un viol, être orphelin... Y avait pire. Y avait toujours pire. Non, lui était là, seulement car son frère ne voulait plus de lui. C'était pathétique. Et se rendre compte de cela lui anéantissait encore plus l'esprit. Il en avait vraiment marre... Il serrait de plus en plus fort l'oreiller contre lui. Étouffer ces horribles sanglots qu'il ne voulait plus entendre. Étouffer sa peine. La tête enfouit dans le bout de tissu, il mettait de côté tous ce que lui disait Ludmila. Parce qu'il savait que s'il y faisait attention, il serait odieux envers elle. C'était toujours comme ça... Quand il n'allait pas bien, il s'en prenait à tout ceux qui voulait l'aider. Et finissait tout le temps seul... C'était peut-être une généralité, ou alors c'était lui qui n'allait pas bien... Mais en tout cas, il ne voulait plus supporter ça. Ces paroles compatissantes qui résonnaient avec un certain dégoût dans ses oreilles. Le monde était de nouveau affreux.
- Laisse moi tranquille, finit-il par hoqueter. Va-t-en.

Rejeter... Rejeter les autres pour ne plus être rejeter, ça serait plus facile comme ça ? Au moins, il arrêterait d'être blessé par manque de contact. Au moins, il ne se brûlerait plus entre les lips de l'Allemand et n'aurait plus envie de le rejoindre. Au moins, ça ne finirait plus comme à l'arène. Il arrêterait de se soucier des autres, de son monde, de tout, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Non ? C'était dommage que ce ne soit pas aussi facile. Il se recroquevilla encore. Il voulait se faire le plus petit possible, comme ça, il arrêtait de se faire écraser. Il arrêterait de souffrir...
- Laisse moi, répéta-t-il en se dérobant aux attentions. Laisse... Laisse moi.
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Ven 20 Fév 2015 - 20:14
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Un instant, rien qu'un, un instant de bonheur. Je ne demandai que cela et voilà qu'il m'était refusé, alors que je l'avais tant espéré pour cette enfant perdu qu'était Aaron.
Il pleurait et je ne savais que faire de tant de tristesse, je luttai pour contenir mes idées noires et voilà que je devais aider Aaron avec les siennes. Mais ça irait, je le savais.

- Laisse moi tranquille. Va-t-en.

Non Aaron, je n'allais pas t'obéir, même si tu me blessais plus que de raison, même si tu repoussais le monde autour de toi par crainte de souffrir. Je sais ce que cela fait Aaron. Le rejet. Je le connais d'une manière bien singulière et pourtant, c'est toi qui en sautant à mes côtés, m'a montré combien j'avais tords. A mon tour maintenant.

- Laisse moi. Laisse... Laisse moi.

Il s'est dérobé et j'ai pas insisté, à quoi bon? Il aurait toujours le dernier mot de cette manière là. Je suis restée, là, sans parler, seulement en étant là, au cas où il veuille parler. S'il voulait rejeter sa haine ou sa rancœur sur moi, qu'il le fasse, je n'étais plus à ça près après tout et ça lui éviterait de perdre d'autre amis.
Il fallait qu'il arrête de rejeter les mains tendues et les amis. Car moi par qui la faute fût commise, je le regrettai amèrement de manière peu exquise.
Cogne Aaron. Hurle. Crie. Frappe. Pleure. Déprime. Et puis relève toi et n'abandonne pas. Souris. Ris. Profite. Fais le con avec tes amis. Regrette et dis toi "tant pis!". Souviens-toi. Aie confiance.  Accorde toi le droit au bonheur. Ne te laisse pas abattre. Soit fier. Montre leur. Vis. Vis car personne ne le fera à ta place. Tu me l'as montré. Je dois me relever. Pourquoi pas toi? Pourquoi toi, tu aurais le droit de tomber, et moi non? Se serait injuste, admet le. Il fallait que tu te redresse. La tête haute et le dos droit. Une défaite? Deux victoires. Toujours. Je n'aurais jamais dû l'oublier, et toi, tu devras t'en souvenir.

- Non Aaron. Je ne partirai pas. Même si tu le voulais vraiment.
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Sam 21 Fév 2015 - 15:18
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Pourquoi la croire ? Pourquoi ? Ça ne servait à rien... Ses attentes allaient encore le blesser. Comme toujours. Elle allait partir. A un moment ou à un autre. Alors pourquoi la croire ? Il... C'est stupide, se répétait-il en boucle, elle va partir, comme tous les autres. Il ne voulait pas y accorder plus d'importance et pourtant... Pourtant il espérait. Il voulait vraiment qu'elle reste mais elle allait forcément partir, donc non. Il fallait mieux la jeter immédiatement. La jeter elle et toute ses illusions. Plus vite il s'en débarrassera, moins il se blessera. C'était ça la logique. Non ? Alors pourquoi ça ne fonctionnait pas ? Pourquoi il n'y arrivait pas ? Même retenir ses sanglots était si difficile... Etait-ce parce qu'il en avait trop pris dans la figure et qu'il ne pouvait plus tenir ou, car il était trop faible car il n'en avait pas pris assez ? L'adolescent sentait la présence de la rouquine à côté de lui, et ça le rendait dingue. Complètement dingue. Il voulait la jeter avec force, s'en débarrasser pour ne plus souffrir mais... il voulait aussi aller se réfugier contre elle et accepter sa main tendue. Non... Non... Non, il avait déjà fait ça et il s'était retrouvé seul. Encore. Puis il s'était tourné vers Marvin et ça avait la belle gamelle. Quelle idée stupide de se tourner vers un solitaire ! S'en était tellement pathétique qu'il avait envie d'en rire. L'espoir était pathétique. Il espérait toujours que son frère vienne, et il se retrouvait en larme. Il espérait que Marvin vienne, et rien du tout. Il espérait réussir à attraper cette main que lui tendait Ludmila et au final il lui tournait le dos. C'était pathétique.

Recroquevillé à l'autre bout du lit, les larmes avaient fini de couler. Ou plutôt, elles s'étaient ternis. A force de trop puiser dans sa douleur et sa tristesse. Il n'y avait plus un bruit. C'était flippant. Et dérangeant. Crispé contre les oreillers et la couverture, il ferma les yeux. Elle allait partir. Elle allait partir. Et quand il rouvrirait les yeux, elle ne serait plus là. Elle allait partir, tentait-il de se consoler, comme les autres. Mais, même les yeux fermés, il la sentait près de lui, ce qui ne faisait que le crisper encore plus. Elle n'allait pas partir... Non, la rouquine était bien trop entêtée pour ça.
- Lud, finit-il par dire d'une toute petite voix cassée. Pourquoi tu ne m'écoutes pas ?

La question était horriblement froide.
- Pourquoi tu ne dégages pas ? Qu'est-ce que je t'ai fais, pour que tu restes ?


Se rendre horrible pour la faire partir. Ce n'était pas bien difficile, il l'avait déjà fait une fois, alors pourquoi pas une seconde ?
- Pourquoi tu fais quelque chose pour moi alors que tu n'as rien fais pour ta soeur ?


Tais-toi, se disait-il.
- Pourquoi tu veux m'aider alors que je t'ai poussé à sauter ?


C'était facile de lui dire ça sans la regarder. Sa lâcheté était bien trop facile. Et son ton froid, glacial beaucoup trop détestable.
- Dégage, lâcha-t-il froidement. Dégage simplement.
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Lun 23 Fév 2015 - 0:10
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- Lud. Pourquoi tu ne m'écoutes pas ?

Parce que même si je ne te le dirais pas, et parce que même si je ne sais pas le montrer, je tenais à toi moustique. Même si t'y croyais pas. Même si tu pensais que j'allais partir. J'aurais peut-être dû mais non. J'allais rester. Je te le prouverai.

- Pourquoi tu ne dégages pas ? Qu'est-ce que je t'ai fais, pour que tu restes ?

Pourquoi ses mots ne me blessaient pas? Ah ouai c'est vrai! Déjà entendu de la bouche du paternel. Drôle comme ça ne me faisait plus rien. Niet. Nada. Que dalle. Tu pouvais essayer Aaron, tu n'y arriverai pas.

- Pourquoi tu fais quelque chose pour moi alors que tu n'as rien fais pour ta soeur ?

Parce que justement, pour elle, je n'avais rien pu faire. Il était trop tard quand je me suis rendue compte de mon erreur. Mais ça Aaron, tu ne voulais pas le comprendre non plus.

- Pourquoi tu veux m'aider alors que je t'ai poussé à sauter ?

Parce que ça m'a permis de prendre conscience de mes bêtises et du mal que je faisais autour de moi.

- Dégage. Dégage simplement.

Il était froid et distant. Accablé et désespéré. Mais je savais que ce qu'il disait, au fond, il ne le pensait pas.

- Ose me le dire droit dans les yeux Aaron. C'est facile de lâcher ça de dos, sans regarder quiconque. Mais en face, aurais-tu le courage de le faire? Dis moi que tu veux que je m'en aille en le pensant et en face et je t'écouterai Aaron. Sinon accepte mon aide... Et mon amitié.

La balle était dans son camps. A lui de faire son choix.
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Blackout... [Pv : Ludmila] [Suite de l'arène]

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