Terrae, Une nouvelle ère commence...

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L'histoire du seigneur Feu.
Lun 11 Mai 2015 - 19:41
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« Je dirais depuis la fin de l’été. »

J'ai simplement hoché la tête, consciente que j'étais là depuis quelques mois de plus que toi. J'étais arrivée dans l'hiver, apeurée et j'avais appris à connaître Terrae sous un manteau de neige. J'y avais connu Maria, qui parti quelques temps plus tard. Puis Rin avait appru sur un toit un certain soir et bientôt, nous voilà amis puis couple. J'avais connus aussi bien des personnes, et les rencontres n'étaient pas toujours des plus bonnes, mais toutes m'avaient fait comprendre combien Terrae m'était devenu cher. A tel point que j'avais participé aux missions, sans me poser plus de question.
Je regardai avec angoisse l'heure. Il était bientôt temps que j'aille en cours... Déjà? Je n'avais pas vu le temps passer.
En plus, j'avais sciences. J'avais comme une envie de sécher, pour pas voir l'autre imbécile de Dunkan. Mais non, pas le choix. Maria allait finir par me tuer sinon.

« ça te dirait qu’on quitte ce bâtiment ? Enfin j’veux dire qu’on aille se balader à deux pour le coup hé ! »


J'ai hoché la tête. SI je n'avais plus beaucoup de temps, je pouvais au moins le passer avec toi. Tu avais une aura apaisante Afya, sache le. Avec toi, on voyait le calme et la sérénité. Tu étais un peu comme une bouffée d'air frais. On voyait que tu ne cherchais pas les prises de tête.

- Oh et puis pourquoi pas après tout! Par contre, je devrais aller en cours d'ici peu.

J'ai eu un sourire désolée, et nous sommes sortie dans un dehors ensoleillé. Je ne savais pas de quoi parler. Je ne savais pas engager les discussions, encore mois les débuts ou les rencontres.

- Alors... Tu viens d'où Afya?

Pitoyable Ludmi, tu pouvais pas faire pire?
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Lun 11 Mai 2015 - 22:59
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Les cours ? Qu’est-ce que c’est ? La noire ne les suit que peu. Elle n’a pas le niveau pour suivre ceux de Terrae, c’est à peine si elle sait lire et écrire. Elle n’a pas cette culture-là, chez elle tout se passe à l’oral. Chez elle il n’y a aucune raison d’envoyer les filles à l’école. Elles sont là pour avoir des enfants et faire à manger. Un truc comme ça, et même lorsque comme Afya elles peuvent aller de temps en temps à l’école, ce n’est pas leur principale occupation… Ni leur principale préoccupation. La noiraude, a de réelles difficultés à suivre… Mais elle s’accroche, pourtant ce jour là elle ne se sent pas le courage d’aller se confronter à leur regards. Elle ne se sent pas d’être à nouveau le cancre de la classe. Elle répond souvent à côté de la plaque, mais que voulez-vous ?

Alors elle a proposé de partir, de s’échapper parce qu’au fond, même si elle ne le reconnaitra pas, même si elle ne s’en rend pas foncièrement compte, elle se sent mal à chaque fois qu’elle ne sait répondre que par un conte. Elle a toutes les réponses, mais son monde ne tourne pas au même rythme que celui des autres. Elle observe et sans comprendre sait. Elle sait comment les choses s’intriquent les unes dans les autres. Elle sait pourquoi le soleil se lève à défaut de savoir comment.

Elle connait la raison des choses et non leur fonctionnement. Elle est humaine plus que nombre d’entre ceux qui la regardent de haut. Seulement Ludmila est plus sérieuse qu’elle-même. Quand la noiraude ne cherche qu’à fuir, la rousse elle décide d’aller en cours. Elles affronteront donc le regard de leurs camarades de classe. Bien qu’elles aient sensiblement le même âge, Afya n’est pas capable de suivre les mêmes cours que ceux de son âge, elle est donc avec les élèves de la classe inférieure… De trois classes inférieures en réalité. Pourtant elle s’accroche et croit en son avenir la petiote. Un jour elle écrira des histoires… peut-être… Pour l’instant elle préfère les raconter.

« On peut rentrer à pied à l’école si tu le souhaites. »


C’était somme toute concilier leur sortie et leurs devoirs. Grâce à Ludmila, Afya se forcera une fois encore à faire le bon choix. Sais-tu combien leur regard la blesse ? Combien tenir droite est un supplice ? Elle s’en veut d’avoir tenté de fuir. Elle s’en veut et ira aujourd’hui encore en cours. Forte. Droite. Riez. Elle ne pliera pas. Pas une fois de plus.

« Je suis née en Afrique noire. »


Quel pays ? Difficile à dire, la grande ville la plus proche était Gagnoa (là où j’ai grandi ♥) et ce n’était pas bien grand. Comment dire ? les frontières tracées par les blancs n’étaient pas celles de son peuple. Elle connaissait la guerre civile. Elle connaissait la douleur. Elle avait vécu tout cela, et pourtant quand elle vous parlait de chez elle ce n’était pas de la misère et de la crasse qu’elle vous parlait. Elle parlait de l’aloco, et des bananes plantains, des mangues vertes, Elle parlait des pagnes bigarés, de le joie de vivre des gens… Elle ne voyait que le meilleur. Toujours.

« Et toi Ludmila, d’où viens tu… Je veux dire d’où viens-tu vraiment ? »

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Le masque dansait avec la lune...

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Mar 12 Mai 2015 - 16:14
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« On peut rentrer à pied à l’école si tu le souhaites. »

J'approuvai sans dire mot, et nous suivions donc le chemin pour rentrer. Cela nous permettrai d'apprendre encore un peu à se connaître et pourquoi pas, à s'apprécier.
J'attendis patiemment que tu répondes à ma question, laissant un silence s'installer, sans qu'il soit gênant pour autant.

« Je suis née en Afrique noire. »

L'Afrique noire. Des pays parfois miséreux, et pourtant, des enfants et des habitants qui malgré la pauvreté, vivent leur vie avec un doux sourire aux lèvres. Comme si le simple fait d'être en vie était un cadeau du ciel.
Nous les Européens, on pouvait pas comprendre. Pour la majorité, il nous suffisait d'ouvrir la bouche pour être nourris, et ce, depuis la naissance.
L'Afrique était le pays préféré de ma jeune sœur, qui voulait aller y vivre une fois en âge de partir de la maison. Elle voulait adopter un enfant et l'élever dans son pays natal, lui inculquant les valeurs essentielles sans que jamais il ne souffre de rien. Ma sœur était une sainte. Une rêveuse. Et moi, je l'ai empêché de rêver.

« Et toi Ludmila, d’où viens tu… Je veux dire d’où viens-tu vraiment ? »

Moi? Moi je viens d'ici et d'ailleurs. Je ne viens de nulle part puisque là d'où je viens, je ne suis plus ni la bienvenue, ni même une étrangère. Je suis la paria du quartier, la salope d'à côté. L'enfant indigne et la sœur malhonnête. Je suis la garce et la maîtresse des hommes éméchés, fidèle au lit plus qu'au partenaire qui y loge.
La vérité est que dans les ragots que j'ai pu entendre de moi dans ma ville, aucuns n'étaient vrai.

- Je viens d'une petite ville de France. Un quartier où les rumeurs courent vite et où la vérité n'éclatent jamais. Une ville où il fait bon de vivre lorsque nous avons moins de dix ans, mais où l'on vous abat au moindre faux pas.


Tout était imagé bien sur, mais c'était la pure vérité. Et je crois que c'était ça, le plus triste.
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Jeu 21 Mai 2015 - 19:56
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Tu ne t’intéresses pas l’avoir mais à l’être. C’est peut-être ce que cherchait réellement la jeune femme. Elle te regarde et ne cherche pas à savoir ce que tu es, mais qui tu es. Son regard aux yeux lunesque transperce les apparences, c’est cela sa force. Voir les choses telles qu’elles devraient être, et non telles qu’elle paraisse. Parfois elles ne sont pas encore mais elle sont en devenir. Tu es forte Afya, même si tu ne t’en rends pas compte. Pourtant tu vois ce que les choses pourraient être à travers leur terne réalité. Tu inventes le monde tel qu’il devrait être.

Vous prenez ainsi le chemin des écoliers, celui que nombreux avant vous ont empruntés. Vous aviez tout le droit de par votre rendez-vous médical le droit de déserter, pourtant c’est encore vers l’école que vous vous dirigez. Vous auriez pu vous décider à prendre le chemin buissonnier, mais la rousse vous a poussé sur la bonne voie. Toi tu continues à t’étonner des couleurs ternes de ce monde, mais tu te focalises sur de petites choses. Tu n’avais jamais vu de papillons de cette couleur, d’où peut bien venir ce bleu profond ?

A peine la question germe-t-elle dans ton esprit que l’esprit papillon disparait, sans doute n’avez-vous en réalité jamais arpentés le même monde. Pourtant ses belles ailes bleues continuent à danser dans ton esprit de nombreuses minutes après qu’il vous ait quitté. S’il a réellement été présent à vos côtés. Il a aspiré ton esprit qui pourtant est resté connecté à celui de la blanche. Tu l’as malgré ton esprit papillonnant écouté parler de chez elle. Tu connais ce genre d’ambiance, de ce genre de village. Tu sais qu’il n’y a pas réellement de différence entre l’enfance et l’après… Les rumeurs courent pareillement, seulement arrive un jour où on les laisse nous atteindre. Ce n’est pas que le monde est été plus beau durant l’enfance, ou que personne n’ait jamais craché dans votre dos de ce temps-là, c’est plutôt qu’à l’époque vous ne vous en souciez pas.

C’était l’bon temps. Le temps ou vous ne compreniez pas les règles du jeu. Tu ne commentes pas et le reste de la balade se passe dans un gentil babillage. Vous parlez un peu de tout, beaucoup de Terrae à croire que votre vie d’avant reste un sujet tabou. Vous avez essayé pourtant de vous engager sur cette discussion mais, c’était sans doute un peu tôt pour vous deux. Vous ne vous connaissez pas assez pour livrer ce qui vous a fait. C’est un lieu cruel que Terrae où il manque à chacun trop pour qu’il reste celui qu’il a été. C’est un lieu cruel qui rassemble les cœurs et là où le vide est si grand s’installe un peu de chaleur.

Parfois la présence de quelqu’un d’autre suffit à combler ce vide et parfois non. Aujourd’hui cela semble suffire, alors tu te cantonnes aux questions générales. Tu as du mal.

« Il fait aussi froid qu’au Japon en France ? »


Le chemin passe vite et bientôt se profilent devant vous les murs d’enceinte de l’école.
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MERCI RONRON
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Dim 31 Mai 2015 - 21:00
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« Il fait aussi froid qu’au Japon en France ? »

Je sors de mes noires pensées, tentant de reléguer Blue au second plan. Mais ça fait mal. Parce que je me souviens plus vraiment de sa voix, ni de son rire. Parce que peu à peu, j'oublie le son de ses pas, et celui de ses sanglots. J'oublie un peu plus chaque jour combien elle aimait sourire. Ma sœur était un rayon de soleil. Le miens. Je soupirai un instant, et mon regard se perdit dans le vague.

- Cela dépend de la région. J'habitais dans une ville où il faisait bon en été et frais en hiver. La chaleur d'un foyer était encore la meilleur chose que l'on pouvait espérer en décembre.


Je détourne mon regard des grand arbres qui nous entoure et continue de marcher doucement, perdue dans mes pensées.
Les bâtiments se profilaient à l'horizon et voilà que nous étions à présent devant eux. Plus qu'à rejoindre ma salle de cours. Le moment d'amitié touché à sa fin, nous revoilà comme avant: Deux inconnus se demandant ce qu'elles foutent là.
Il était temps pour nous de nous séparer, et de repartir à nos vies respectives.

- Et bien Afya, merci de m'avoir éviter un aller chez le psy. Pas que je n'aime pas ça, mais sans façon. Je ne pense pas y remettre les pieds. Alors... A une prochaine fois OK? J'ai un cours qui m'attend et il faut que j'aille prendre deux trois affaires dans ma chambre.

Je t'ai adressé un sourire discret et sans un mot de plus, je t'ai fais un signe et j'ai disparu. Les cours ne m'ont jamais paru aussi long que ce jour-là.
Je ne pouvais m'empêcher de repenser à toi Afya. Une jolie jeune femme abîmée par la vie, entaché par sa cruauté à jamais. Belle africaine jeune et pleine de bonheur. Pleine d'avenir. Je ne pouvais penser qu'ici, tous avaient perdu plus qu'ils n'auraient pu supporter. Comme y croire? Le monde était-il donc si cruel?

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