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Et l'absence de ce qu'on aime, quelque peu qu'elle dure, a toujours trop duré.
##   Lun 22 Juin 2015 - 18:14

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Il m'est souvent arrivé d'être nerveuse. Avant d'aller en cours, bien souvent, puis à mon arrivée à Terrae, lorsqu'il a fallu que je commence à parler avec les personnes de mon dortoir. Bito, puis Mitsuki et Allen ; jusqu'à il y a quelques temps, je ne gardais que de bons souvenirs avec eux. Mitsuki a failli mourir, puis Allen a complètement disjoncté. Mais ce n'est pas le sujet. De l'angoisse, je l'ai aussi ressentie avant et après le combat de ma masterisation. Avant parce que j'avais peur ; après parce que je me sentais sale. Mal. Le défi qu'on m'avait imposé ne voulait pas quitter ma tête. Puis Huo. On s'est mis ensemble, et il a fait sa mission suicide stupide plusieurs mois plus tard. Là, j'avais plus peur que je n'étais nerveuse. Ensuite, la mission que j'ai dû diriger à Paris, avec Huo et un morphe dont j'ai depuis totalement oublié le nom. Y repenser m'a remis face à l'une des promesses que je m'étais faites.

Il n'empêche qu'à présent, je suis aussi morte de trouille, mais pas pour les mêmes raisons. Mes études se passent plutôt mal, pour ne pas dire que je suis complètement déprimée à l'idée de ne plus sortir de la bibliothèque ou des amphis, et mes amis me manquent. Ma mère me manque. Parfois, je lui rends visite ; elle semble heureuse de me voir, et nous discutons souvent longuement avant que je ne m'endorme comme une masse, complètement lessivée. Cette fois-ci, ma visite n'a rien de particulièrement banale. Pour elle, certainement. Mais ce n'est pas un peu de réconfort que je recherche, cette fois-ci. Ce sont des réponses.

Une fois la nuit tombée et ma mère endormie, je me glisse dans le salon pour fouiller ses tiroirs. Il me faut du temps pour trouver ce pour quoi je suis venue. Mon cœur se serre et, dans une longue inspiration, je note l'adresse sur un bout de papier. Tout retourne rapidement à sa place dans les tiroirs, que je referme soigneusement et sans le moindre bruit. D'un pas léger comme une plume, je retourne dans mon ancienne chambre et me glisse sous les draps, sans parvenir à trouver le sommeil avant un long moment.

Le lendemain, je salue ma mère et lui annonce mon retour sur Terrae pour les vacances. Mes partiels sont passés il y a quelques jours à peine, aussi me reste-t-il quelques temps pour profiter d'un repos bien mérité. En attendant les résultats, j'entends. Vous savez quoi ? Je n'ai vraiment pas hâte de les connaître…

Arrivée chez moi après un petit temps de vol, je défais mon sac, prends une douche rapide et attache mes cheveux en une queue de cheval haute. Je m'habille et mets quelques vêtements de rechange dans un sac bandoulière, puis attrape mon billet d'avion, payé avec l'argent que j'ai gagné l'année dernière à l'infirmerie puis à l'hôpital. Si on m'avait dit que j'utiliserai ma paie pour aller en Europe… je crois que j'aurais fait une tête un poil étrange. Mais c'est vrai, je me le suis promis. Il faut que j'y retourne.

Je glisse le papier dans ma poche, attrape mon portable pour envoyer un message à Huo l'avertissant de mon départ pour quelques jours. Je fais de même avec Mitsuki, lui souhaitant bon courage avec Allen. S'il daignait passer la voir, je ne savais pas trop… Avant de partir, je passe rapidement voir la directrice pour la mettre au courant. Je sais qu'elle ne s'opposera pas à mon départ, mais mieux vaut ne pas disparaître sans prévenir pour régler des histoires personnelles.

Direction l'aéroport. L'Europe est beaucoup trop lointaine pour que je puisse m'y rendre en volant. Je pourrais aussi demander à Mitsuki de m'y déposer en passant. Mais je crois que de longues heures de calme ne pourront me faire que du bien… En même temps, avec 17h de vol, je crois que je vais le sentir passer assez violemment, une fois de plus. Je me réjouis d'avance…

Mon avion décolle aux alentours de 10h30, et d'après l'heure d'arrivée, il sera 15h passées en France lorsque nous atterrirons. C'est long, mais j'ai pris de quoi m'occuper - ce qui explique peut-être la taille gigantesque de mon sac, cela dit. Une fois installée dans mon siège, je me décide à terminer ma nuit avant même que nous ne partions, déterminée à faire taire la moindre petite voix dans mon esprit. Celles qui, insidieusement, me glissent des idées pas très sympathique sur les hypothétiques raisons qui auraient poussé ma mère à garder cette adresse secrète. Mes lèvres se pincent, et je me retourne plusieurs fois sur mon siège, incapable de faire plus que des micro-siestes. Au bout d'un moment, je sors mes affaires de cours de mon sac, et commence déjà à plancher sur les sujets que j'ai moins bien compris pour les approfondir. Cette fois-ci, le temps passe plus vite, et c'est complètement lessivée que j'arrive à dormir.

Puis, enfin, Paris.

Un peu nerveuse, j'attends l'un des trains en baragouinant quelques mots de français pour réussir à me repérer dans ce dédale de couloirs, prendre mes billets puis atteindre le quai. C'est. Abominable. J'aurais vraiment dû être plus attentive en cours. Le pire, c'est que je les comprends ! Mais eux, eux ils ne me comprennent pas. Un soupir m'échappe. Heureusement que j'ai pensé à emprunter une puce traductrice en plus… Sinon ce serait la croix et la bannière pour se faire comprendre. J'entre dans le train lorsqu'il arrive et soupire de désespoir en voyant le monde. C'est donc debout que je passe la totalité du trajet. Au retour, j'y vais en volant, c'est dit. Au moins je ne serai pas agressée par les autres passagers et leurs sacs.

C'est avec soulagement que j'atteins finalement le petit hôtel pas trop cher que j'ai repéré avant de partir. Je récupère les clés, monte les escaliers comme un zombie et m'affale finalement sur le lit. Il est seize heures passées.

J'envoie un court message pour dire à Huo que je suis arrivée, que tout s'est bien passé et que non, ce sera compliqué pour lui de me rejoindre maintenant, puis vais prendre une douche et me change. Nervosité. Un coup d'œil dans le miroir. Je me détache les cheveux, puis attrape les quelques mèches qui me tombent devant les yeux pour les attacher en arrière. Lisse mon pantalon, prends une longue inspiration. Courage Aoi. Courage.

Finalement, j'interpelle un taxi en sortant et il ne tarde pas à m'amener à l'adresse que je lui indique. Une fois devant la porte, je lève les yeux vers le numéro, puis respire un grand coup avant de sonner. La buzz indicatif du déverrouillage me tire de mes pensées. Mon cœur bat plus fort dans ma poitrine. Lentement, je pousse la porte et m'avance dans le couloir jusqu'à l'entrée de son bureau. La petite plaque indicative sur le bois sombre manque de me faire partir en courant. Je toque doucement, puis pousse le battant.

Mon regard croise celui d'un homme d'âge mûr, et je tressaille légèrement. Ma gorge s'assèche mais un sourire hésitant se glisse sur mes lèvres.

- Excusez-moi …? je souffle dans un français approximatif. Je recherche quelqu'un… Casadon.

Respire.

- Je m'appelle Aoi. Aoi Amazaki.

Ce n'est que ton père.



Je vole en #F54759
##   Lun 22 Juin 2015 - 19:14
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J'étais assis tranquillement sur la chaise en face de mon bureau. J'observais les documents que j'avais laissé traîner là depuis suffisamment de temps pour qu'il se rassemble sous la forme d'une pile qui ne tenait debout que par la bonne volonté amusée de la physique qui y voyait une anomalie enfantine avec laquelle passer le temps. Alors que je pesais le pour et le contre pour en tirer une et me mettre au travail, je me demandais quand est-ce qu'elle en aurait marre et la laisserait s'écrouler, comme un enfant qui écrase une fourmilière pour voir l'agitation qui suit.

Après un soupir, je laissais la pile intacte. Ma paresse l'avait emporté une fois de plus, assurant une croissance toujours en hausse à la pile d'ici notre prochaine confrontation. Je soupirais une fois de plus et observais le reste de mon bureau. Hormis quelques stylos et un écran d'ordinateur on n'y trouvait rien de bien intéressant. Je n'avais aucune photo que je puisse me permettre d'y afficher. Pas que j'en ai beaucoup en stock de toute manière. Je ne suis pas quelqu'un de très photo. Les rares que je possède sont soit précieusement gardés dans un coin de mon portefeuille, derrière toutes mes cartes, soit dans un tiroir oublié de mon appartement.

Alors que je repartais dans mes pensées, qui concernaient une des dernières missions que l'on m'avait confiées et qui était particulièrement retorse, je fus ramené à la réalité par la sonnerie de la porte de l'immeuble. Je reprenais une position plus convenable dans mon siège avant de réfléchir à qui ça pouvait bien être. Je n'avais aucun rendez-vous de prévu . Était-ce un nouveau client qui préférait le contact direct au désormais traditionnel appel téléphonique ou e-mail ?

J'appuyais sur l'interrupteur permettant de déverrouiller la porte d'entrée puis me lever pour en faire de même avec celle de mon bureau. Après ça je retournais rapidement à mon siège, prenait une pose convenu et finalement me décider à prendre une feuille sur la pile en priant pour qu'elle ne s'écroule pas par la même occasion. Je faisais mine de l'étudier en guettant les bruits de pas qui ne devrai pas tarder d'arriver dans le couloir.

Finalement, les bruits se font entendre. Une fois proche de ma porte ils s'arrêtent quelques temps avant qu'un toquement ne les remplace de manière discrète.

« Entrez, c'est ouvert. »

La porte s'ouvrit doucement dans un léger grincement. Je n'avais jamais jugé utile d'huiler les gonds ou quoi que ce soit, elle s'ouvrait bien et ce côté fonctionnel me suffisait. Et puis ça ajoute à l'ambiance je trouve.

Celle qui franchit la porte était plutôt du genre mince et grande, ses longs cheveux bruns lui descendaient à la poitrine et tombaient sur des habits simples. Ses traits me rappelaient vaguement quelque chose... Elle devait être japonaise. Ça doit être pour ça. Peut-être métise, sa vie ne devait pas être très simple tous les jours si elle vivait là-bas.
Lorsque mes yeux ont croisé les siens, je l'ai sentie hésitante et stressée. Ce pour quoi elle est là ne doit pas être une chose facile à raconter à un étranger.



J'eus un blanc puis finis par me ressaisir. Cette jeune fille qui était devant moi... Non, ça ne pouvait être possible. Je veux dire ; j'avais déjà imaginé cette situation des dizaines de fois. Qui ne l'aurait pas fait à ma place ? S'imaginer qu'un jour sa fille débarque à son bureau car elle nous cherchait et nous as finalement trouvé. Selon les versions ce qui advient ensuite change du tout au tout mais cette partie-là, elle, ne change jamais.

Vous savez ce qui est nul avec l'imagination ? C'est que vous avez beau imaginer une scène des dizaines de fo... non des centaines de fois, vous n'êtes pas davantage prêt quand le jour fatidique arrive.

« Je... »

Je fermais la bouche sans ajouter d'autres mots, me passais la main sur les joues et sentis la barbe mal rasée qui les recouvrait. Cela faisait un moment que je ne m'étais pas rasé. On m'avait dit de le faire il y encore peu mais je ne l'avais pas fait. J'aurais dû l'écouter, je me serais senti moins bête en cet instant.

« Je suis Casadon. »

J'avalais ma salive avant d'ajouter.

« Salut... Aoi. »

Je m'étais retenue de dire 'ma puce'. La femme que j'avais sous les yeux n'avait plus rien de la petite que j'avais laissé avec sa mère.
##   Lun 22 Juin 2015 - 22:59

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Mon cœur a failli imploser. Je ne sais pas combien de temps j'ai passé à le fixer sans bouger. Lui aussi semble choqué durant un moment, et je le sens qui me détaille. Mal à l'aise, je commence à me triturer les doigts, baissant les yeux au sol pendant quelques secondes alors que mes joues se mettent à chauffer à cause de la gêne. Ma respiration se fait plus rapide mais je tente de garder mon calme, d'économiser chaque mot, chaque geste, pour ne pas paraître… Ne pas paraître quoi ? Ne pas paraître trop cloche ? Trop émotive ? Ou simplement ne pas risquer de sentir ma voix partir en trémolos insupportables ? En réalité, je crois que j'ai juste envie de paraître bien. De faire bonne impression, pour cette première rencontre. C'est sûrement bête, mais… enfin. Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de rencontrer son père, n'est-ce pas ?...

Doucement, je relève les yeux vers lui, bien décidée à l'affronter. Je n'ai pas fait plus de quinze heures de voyage juste pour m'enfuir une fois devant lui, n'est-ce pas ? Reste calme, Aoi. Respire. Tout va bien se passer. Il n'y a pas de raison. Il n'y a pas de raison qu'il te dise de partir, n'est-ce pas ?

Il finit par se présenter. Passe une main sur son menton recouvert d'une barbe. Il est mal à l'aise, lui aussi. Normal, dans un sens. Je ne sais même pas s'il était au courant de mon existence. Pourtant sa réaction, l'entendre prononcer mon prénom de cette manière, me fait penser qu'il savait. Je. On sait tous que l'on a un père. En revanche, un père ne sait pas toujours qu'il a un enfant. Alors. S'il savait, pourquoi est-il parti ? Pourquoi est-ce que je ne m'en souviens pas ? J'étais si petite ?

Mon cerveau s'est mis au ralenti. Les questions fusent et tournent, je sens l'émotion me tordre la gorge douloureusement. Lentement, mes yeux s'humidifient. J'esquisse alors un sourire un peu tremblant, tente de prendre une longue respiration. Je…

- Je ne dérange pas …?

Il m'a fallu de longues secondes pour être capable de dire une chose pareille. Mon niveau en français est vraiment proche du zéro absolu, ahah. Doucement, je me mords la lèvre, tente d'arrêter de me triturer les doigts mais c'est vraiment dur. C'est. En fait, j'ai mis près de quinze heures à me dire qu'il fallait que je me prépare mentalement à la rencontre. Mais là, là, c'est beaucoup trop. Je ne comprends pas ce que je fais là. Je ne comprends pas. Et en même temps, malgré la tristesse, les questions, il y a aussi cette pointe de soulagement. Ce soulagement qui dirait presque "tu viens de quelque part".

- Pardon, je- Je suis contente de te rencontrer, je souffle.

Ma voix se brise et cette fois, les larmes montent. Je me passe une main tremblante sur le visage en retenant un sanglot comme je le peux. Mon sourire tremble un instant. Pourtant je n'ose pas avancer, trop intimidée par cet homme juste à quelques mètres de moi.

- Je ne sais pas ce que je suis censée faire, je lui avoue en japonais, tout en essuyant quelques larmes. Je croyais que ce serait simple, mais ça ne l'est pas du tout…

Maladroitement, j'essaie de croiser son regard en m'efforçant de rester le plus digne possible. Difficile. En fait, je m'en veux un peu de réagir de cette manière-là. Parce que ce n'est pas du tout comme ça que j'aurais voulu que ça se passe. J'aurais voulu m'avancer vers lui, le serrer dans mes bras en lui disant qu'il m'avait manqué, savourer cette rencontre. Mais voilà, ce n'est qu'une rencontre pour ma part. Pas des retrouvailles. Je n'ai pas le moindre souvenir de lui, aussi loin que je m'en souvienne. J'aimerais en avoir eu.

Pas de "pourquoi tu es parti", ni aucune question de ce genre. J'ai envie d'être heureuse. J'ai vraiment envie d'être heureuse.

- Désolée. Si tu as du travail, je ne resterai pas longtemps. Mais si ça ne t'embête pas j'aimerais... discuter ?



Je vole en #F54759
##   Mar 23 Juin 2015 - 0:38
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Elle me regarde avec un sourire si fragile, on dirait qu'elle va pleurer ou s'écrouler d'une seconde à l'autre. Rien que la voir ainsi fait que je sens mon cœur se pincer et qu'une boule se forme dans mon estomac.

- Je ne dérange pas …?

Je me lève rapidement de mon siège, les bras balançant un peu dans tous les sens, comme s'ils cherchaientt à donner à eux seuls une explication à mes propos incohérents.

« Non ! Bien sur ! Si tu veux... Tu peux... euh... »

Je me passais une main dans les cheveux tout en laissant échapper un petit grognement de mécontentement. Je ne pensais pas que c'était aussi compliqué de proposer à quelqu'un de s'asseoir en face de moi.

Je jetais du coup un œil à la chaise. En bois simple, elle n'avait pas d'accoudoir et son dossier était raide. Idéal pour faire passer un message de professionnalisme rigide doublé d'un léger 'fous moi le camp' parfait pour éviter les longs palabres de certains clients. En bref, tout le contraire de ce dont on a besoin pour accueillir un proche que l'on n'a pas vu depuis longtemps. Encore moins lorsqu'il s'agit de sa propre fille qu'on a abandonné à l'enfance la plus tendre.

Elle est contente de... Oh !

« Euh... Oui, moi aussi. Bien sur ! »

Ou plutôt c'est ce qui serait sorti de ma bouche si je n'avais pas retourné ma langue plusieurs fois dans ma bouche et jugé avisé de ne pas sortir une telle idiotie. Alors que je cherchais des mots plus justes pour lui répondre elle poursuit avec des mots aux accents oubliés de passé. Même si je comprends ce qu'elle dit, il faut du temps à mon cerveau pour comprendre ce qui se passe et encore davantage pour en comprendre le sens.

Mon vieux traducteur s'est activé. Elle vient de me parler en japonais. Elle est en train de pleurer. Elle ne sait pas comment réagir face à moi. Je comprends ça ; je suis dans une situation similaire après tout.

Elle cherche à capter mon regard avec ses yeux emplis de dignité tandis que les larmes tombées y ont laissé une humidité caractéristique. Oui, on peut bien voir que c'est notre fille. Je ne peux retenir le sourire qui se fraye un chemin sur mon visage, vestige d'une fierté passé de voir ma descendance agir avec bravoure. Comme la fois où elle s'était levé pour... Suis-je idiot ? La fille qui est en face sait depuis longtemps se tenir sur ses jambes et venir voir son vieux père qu'elle n'a jamais connu doit lui semblait bien plus complexe que de soulever son corps du sol.

Je me force à faire disparaître ce sourire de mon visage tout en emprisonnant précieusement dans mon cœur ce sentiment de fierté qui est en train de me bouffer de l'intérieur comme un feu le ferait avec du bois sec.

« Bien sur, tu en as le droit. Ne t'en fais pas pour mon travail, je ne comptais pas faire gran... je veux dire on est fermé pour la journée ! »

Léger sourire en coin, un pas vers elle, un arrêt poli puis les politesses usuelles. Faire comme si c'était pour un travail. Faire comme si c'était ma meilleure cliente qui cherchait des réponses sur l'énergumène qui aurait dû lui servir de père mais qui avait disparu. Ce Casadon Irotaka.

« Vo... Tu peux t'asseoir. Tu as dû faire un long voyage. Tu veux du café peut-être ? »

Je me rappelais la chaise qui était en face d'elle.

« Attends une seconde, je vais t'en chercher une autre. »
       
On ne dit pas fous le camp à une gamine qui a fait tout ce chemin pour venir vous voir.
Je fonçais dans la pièce adjacente sans vraiment attendre sa réponse pour y chercher une meilleure chaise ainsi que la cafetière, deux tasses et des sachets de cappuccino.
##   Mar 23 Juin 2015 - 18:07

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Soudainement, il se lève et s'agite, bougeant les bras en tous sens pour étayer ses propos. À vrai dire, ses propos eux-mêmes ne sont pas très cohérents – face à cette constatation, je me contente d'étirer légèrement mes lèvres. Lui non plus n'est pas très à l'aise. Je ne sais pas si je dois trouver la chose dérangeante, ou simplement amusante. Rassurante, peut-être. S'il agit de cette manière, c'est que je n'ai pas tort non plus d'être aussi perturbée, pas vrai …? Enfin, dans un sens, j'imagine que j'en ai le droit. Mais j'ai besoin de me rassurer. De me dire que je ne suis pas simplement faible. Que je suis seulement perdue. Ça viendra, me dis-je. Tout vient avec le temps. Il faut simplement être patient.

Alors que j'essuie mes larmes de mon mieux, plissant le nez en me fustigeant mentalement pour mes réactions enfantines, je tente de croiser son regard pour me redonner un peu de courage. Ce que j'y lis me fige quelques instants, serrant doucement mon cœur. Pourquoi a-t-il ce sourire, ce regard-là ? Chaleureux. C'est tellement étrange. On dirait que c'est quelque chose de naturel, pour lui, de me regarder de cette manière-là. Maladroitement, je lui rends son sourire. Sans rien ajouter de plus. Mes joues sont rapidement sèches, même si mes yeux humides continuent à briller.

Il est gentil, je pense alors. Il m'assure qu'il ne comptait… visiblement pas faire grand-chose de sa journée, et je ne peux retenir un léger éclat de rire. Fermé ? Comme si j'allais le croire, tiens. Je ne ferai cependant pas de remarque, quand bien même l'une d'entre elles me chatouille la langue.

- Merci beaucoup, je souffle avec un sourire.

Puis, soudainement, je remarque une chose, et lève les yeux vers lui – il est gigantesque, ce n'est pas de ma faute. Il a compris ce que je lui ai dit, tout à l'heure ? Pourtant, il continue à parler français. Est-ce qu'il aurait une puce, lui aussi …? Enfin, quelque part, ça m'arrange bien. Ce sera moins compliqué.

Il s'avance et me désigne la chaise, sur laquelle je m'apprête à m'asseoir. En tentant de ne pas le remercier une fois de plus, ce serait bien. J'ai l'impression de ne faire que ça depuis tout à l'heure : bonjour, merci, pardon, merci, merci, pardon… Bref…

- Ah, je- Non c'est bon, pas de café pour moi, merci ! Ce n'est pas la-

Il quitte la pièce en me disant qu'il va me chercher une autre… une autre quoi ? Une autre chaise ? Mais ? Embarrassée, j'hésite à le suivre mais reste finalement bloquée sur place, une main posée sur le dossier du siège. Hum. C'est. C'est un peu plus compliqué que prévu, en fait. À ce moment-là, je repense à maman et retiens un soupir. Je me doutais bien que ce ne serait pas comme avec elle, je ne m'y attendais même pas. Je ne suis pas naïve à ce point. Mais je pense qu'au fond, j'aurais voulu qu'il y ait cette même compréhension avec lui. Cette mise en confiance directe. Au lieu de ça, on s'agite tous les deux dans tous les sens pour retarder le moment où on s'adressera réellement la parole.

Lorsqu'il revient, je me tortille les doigts. Pourquoi est-ce que j'ai repris ce vieux tic, soudainement ?

- Ce n'est vraiment pas la peine, c'est une bonne chaise… (Un silence plane. Hum.) Je peux t'aider à faire le café si tu veux ? je lui propose gentiment.

Honnêtement, ça m'arrangerait beaucoup qu'il dise oui, là. J'ai besoin de m'occuper les mains, là. Je m'approche pour lui prendre la cafetière et les tasses. Distraitement, je toussote et rajoute sans le regarder :

- Oh, tu sais, j'habite à Terrae depuis quelques années. Enfin. Ce n'est pas la même Terrae que vous avez connue avec maman... C'est à Tokyo. Mais c'est beau aussi.

Sourire gêné.

- J'y ai rencontré beaucoup de gens. Les enfants de quelques personnes qui étaient sur l'île aussi. Yureka, Mist et Dark. Tu les connais peut-être, je ne sais pas.

Non, j'ai pas trouvé autre chose pour lancer la conversation, là. C'est mieux que le pitoyable "quoi de neuf ?" que j'ai failli lui lancer. J'espère qu'il comprendra que j'aimerais qu'il me parle un peu de lui, après ça.



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Dernière édition par Aoi Amazaki le Mar 4 Aoû 2015 - 21:24, édité 1 fois
##   Mar 23 Juin 2015 - 19:45
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Je pose la chaise à côté de l'ancienne puis le reste sur le bureau.

« Non pas besoin, je peux le faire moi-même ne t'en fait pas. »

Elle prend malgré tout la cafetière alors je la laisse faire sans ajouter de commentaire.
Je m'assois à nouveau dans mon siège alors qu'elle m'annonce qu'il existe un nouveau Terrae et qu'elle y vit désormais. J'avais en effet entendu pas mal de rumeurs qui tournait autour mais penser que ma fille y serait... Elle n'a vraiment pas eu une enfance facile, hein. J'y suis sûrement pour quelque chose... Et dire qu'à l'époque je pensais qu'il n'arriverait jamais rien de tel à nos enfants. Je devais être trop naïf.

Je prends une tasse distraitement sur la table. Alors comme ça il se situe désormais à Tokyo, hein ? Je me demande ce qu'il est advenu de notre île. Je ne sais même pas si des gens y sont restés ou s'ils sont enfin tous partis.

Elle sort des noms qui m'envoies encore un peu plus dans le passé. Pour certains ça faisait longtemps que je ne les avais plus entendu. Ainsi eux aussi ont des enfants qui ont fini au nouveau Terrae ? Il faut croire que c'est quelque chose qui se transmet dans la famille.
J'amenais ma tasse à mes lèvres. Le goût qui ne m'avait jamais été plaisant me ramena au présent et à la fille face à moi qui me regardait.

« Je vois... Je les ai connu, oui. »

Je lui souris légèrement avant de poser ma tasse sur le bureau.

« Et tu t'y plais ? Tu dis y avoir rencontré beaucoup de personnes. Je suis sur qu'ils sont tous plus originaux que les autres, pas vrai ? Tu t'en es faits des amis ? Des rivaux ? »

Tu as participé à des guerres ? Tu as eu des problèmes avec ceux qui s'en prennent aux gens à pouvoir ? Et surtout, la question qui me brûle les lèvres mais que je ne poserais pas ; qu'est-ce qui a causé ton éveil ?
##   Jeu 25 Juin 2015 - 14:11

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La cafetière entre mes mains a au moins le mérite de m'occuper suffisamment pour que je ne me sente pas forcée de le dévisager sans arrêt. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de lui jeter de temps en temps un petit regard, pour observer sa réaction lorsque j'évoque la Terrae actuelle. Je nous sers nos café et lui tends sa tasse, finis par en prendre une aussi en m'asseyant sur la chaise qu'il vient de me ramener. Une gorgée amère manque de me faire grimacer, mais je me contiens comme je le peux. On va éviter de faire cette tête-là, d'accord ? Ce serait mieux.

Finalement, l'homme en face de moi me répond distraitement, un peu perdu dans ses pensées. Je me mordille doucement la lèvre, sans trop savoir si j'avais dit une bêtise ou pas. Je fais tourner la tasse entre mes mains en baissant les yeux vers elle, puis esquisse un sourire léger à sa question suivante. Des rivaux ? L'idée m'a presque fait rire. Il ne me semble pas m'être battue contre suffisamment de gens pour les considérer comme des rivaux. Moi-même, je ne suis pas vraiment du genre à détester les gens que je croise, ou à chercher à faire mieux qu'eux. À y repenser, ma relation avec Huo a un peu démarré de cette manière. Mais avec lui, c'est un peu différent. J'ai juste un gros gros problème avec les marionnettistes, je crois...

- C'est chez moi maintenant, je ris doucement. Je n'échangerai ma vie là-bas contre rien au monde.

Même si j'ai déjà connu des moments tristes. Que Terrae a été attaquée par les scientifiques l'année dernière. Et Aëlita... Allen, ces derniers temps... À ces pensées, mes sourcils se froncent l'espace d'un instant, mais je relève les yeux vers Casadon en tentant de me maîtriser. N'y pensons pas. Souris, Aoi, souris.

- Là-bas, les gens sont un peu spéciaux c'est vrai. Mitsuki, surtout. C'est la fille de Dark et Mist, j'ajoute finalement pour le renseigner. Allen est le fils de Yureka. C'est un peu tendu avec lui ces derniers temps, mais ce sont mes amis les plus proches. Elle est Master aussi, et elle est téléporteuse, comme eux. C'est un vrai génie, tu devrais la voir !

Mes joues s'empourprent un peu lorsque je me rends compte que je m'emballe. Mais c'est mieux que de penser à l'état de mon meilleur ami.

- Enfin bon... Les gens sont tous plutôt sympathiques. On peut facilement discuter avec eux, même si certains sont plus difficiles que d'autres. Comme partout, j'imagine. Mais on se serre plutôt les coudes, pour la plupart.

Et je ne pense pas qu'à Huo... Un instant, je songe aussi à mes collègues Masters, à cette femme, Ipiu, qui oscille entre Terrae et le Centre. On ne sait pas vraiment ce qu'ils ont dans la tête. La plupart des gens ne semblent pas vraiment dangereux ou quoi, mais... Certains, les adultes surtout, cachent beaucoup trop de choses. Une ambiance malsaine flotte parfois dans les airs, surtout dès qu'il s'agit de quitter Terrae pour des missions. Les gens deviennent paranoïaques...

Doucement, j'offre à mon... père un sourire désolé. J'ai l'impression de raconter des choses sans importance, mais quelque part, il ne peut pas savoir tout ça... Alors ce n'est pas si inutile que ça, non ?

- Je suis un peu idéaliste, je crois, j'ajoute, songeuse, avant de reprendre avec un rire. C'est plus sympa de discuter avec les gens que de leur taper dessus. Même si certains le cherchent un peu !

Je repose alors ma tasse sur le bureau, l'imitant. J'essaie surtout de ne pas renverser du café partout, ce qui se révèle être plus compliqué que prévu.

- Et... toi ? Comment ça se passe ici ?



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##   Jeu 25 Juin 2015 - 20:56
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Je l'observe attentivement lorsqu'elle me répond. Pas que je veuille la fixer, je dirais plus que c'est une déformation professionnelle. Tirer le maximum d'informations dès l'entretien évite de tomber dans des boulots inutilement difficiles par la suite.

Je suis heureux d'apprendre qu'elle vit d'une manière qui l'a satisfait là-bas et qu'elle s'y est faite des amies. Pourtant je ne peux m'empêcher de noter plusieurs choses que je garde pour moi. Comme par exemple le fait qu'elle tente de maîtriser l'expression de son visage face à moi ou ce 'aussi' qui est distraitement sorti, signifie-t'il qu'Aoi est elle aussi passée master ? Ou est-ce cet Allen ? Étant le fils de Yuyu ça ne me surprendrait pas.

Choisir la voie pacifique à tout prix... C'est un bon objectif mais qui a ses limites. Si elle n'a pas eu à faire face à ce genre de situation c'est une bonne chose je suppose.

« Oh ! Tu sais, le quotidien. Il faut bien travailler. Et puis à la base je suis d'ici même si les événements m'ont poussé à quitter le pays un temps. Au final c'est un peu chez moi ici. »

Dire ça ainsi, je ne pense pas que le jeune moi le verrait d'un bon œil. Ce n'est pas comme si vivre ici avait été plaisant. A vrai dire, ça avait même été tout le contraire et je n'y avais absolument pas l'impression d'un chez moi. C'était pour cette raison que j'avais été heureux de me rendre à Terrae et que je n'avais eu aucune difficulté à suivre Kumiko dans son pays par la suite.

Une pensée me revint à l'esprit. Il ne devrait plus tarder à revenir de sa course. Il fallait que j'envisage comment j'allais pouvoir gérer la situation. C'est à ce moment que je me dis que la physique avait appelé son amie destinée à venir rire du spectacle qui se déroulait dans cette pièce.

« Je ne t’ai pas encore posé la question. A vrai dire je ne sais pas si ça se fait au nouveau Terrae mais c'était presque comme demander son nom à l'époque... Tu es de quelle affinité, pour ton pouvoir ? Si c'est une question dérangeante, n'y réponds pas évidemment. Je ne te forcerai pas. »

La raison pour laquelle il était si facile de demander était probablement car ceux qui portaient les habits réglementaires avaient au final leur pouvoir d'indiquer sur eux, demander était plus une formalité.
Le pouvoir de quelqu'un en dit long sur son caractère et inversement. Même si j'ai quelques indices il serait intéressant d'avoir la réponse directement. Devoir en passer par là pour connaître sa fille... Je dois être déplorable.
##   Ven 3 Juil 2015 - 0:28

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C'est assez… perturbant d'être fixé de cette manière. Mes joues chauffent probablement de manière excessive, et ce sans que je ne parvienne à me contrôler. C'est un peu compliqué, là, tout de suite. Je veux dire, qui ne serait pas embarrassé ? Qui n'aurait pas peur ? Qui ne serait pas… Je veux dire… C'est bizarre comme situation, tout de même. Pas désagréable non plus, mais j'aimerais bien ne pas me sentir aussi mal à l'aise. Il me décortique du regard et semble vouloir capter le plus d'information à mon sujet rien que de cette manière. Mon sourire donne le change, mais ça ne veut pas dire que je ne ressens aucun malaise, bien au contraire.

J'essaie de détourner un peu la conversation, pour en apprendre un peu sur lui, aussi, mais il ne semble pas vraiment déterminé à en dire grand-chose. J'avoue, c'est assez décevant mais je ne compte pas m'avouer vaincue pour autant. Il ne faut pas le presser, être… compréhensive ? Mes yeux se baissent alors sur ma tasse. Les événements, hein. Avant Terrae, peut-être ? Je ne poserai pas la question. On a tous cette part de nous qu'on ne veut pas révéler, pas sans la confiance qui vient avec le temps. Et même, parfois. On ne le révèle jamais. C'est mieux quand les choses sont enfermées. Bloquées en nous. Au moins elles ne contaminent pas les autres… C'est déjà assez déprimant comme ça.

- Je comprends, oui. C'est une belle ville… J'y suis venue l'année dernière. Mais je ne savais pas comment te retrouver, et je n'avais pas vraiment le temps… je soupire, repensant à ma mission avec Huo et ce morphe. C'était une situation un peu tendue.

Cette fois, mon regard se fait plus sérieux et mon nez se plisse légèrement. Le monde n'était vraiment pas prêt à nous recevoir, hein… Enfin bon, n'y pensons simplement pas. Ce n'est pas le moment.

Doucement, je secoue la tête et reprends ma tasse en relevant le regard vers lui lorsqu'il se remet à parler. Un sourire mutin se glisse sur mes lèvres et, lentement, j'agite mon index. La cafetière se soulève de quelques centimètres et flotte au-dessus du bureau. Je me le permets parce que nous sommes seuls dans la salle.

- Oh, je suis air, guérisseuse. Ce n'est pas vraiment un secret. Chez nous aussi, c'est normal de le demander. Ça fait partie de nous, après tout ! Même si certains sont susceptibles comme tout, et aiment bien te lancer des boules de feu dessus pour te le faire comprendre, je ris.

La cafetière reprend doucement sa place dans un léger bruit, étouffé par le coussin d'air que je lui ai créé. C'est tellement facile, ce genre de choses, maintenant… Dire qu'avant je galérais à soulever un stylo. Ahem.

Ma tête s'incline de quelques degrés et je souris. Tente de cacher mon embarras vis-à-vis de ce que je vais lui demander. Je ne sais pas si ça se fait.

- Tu… (Cette fois, le tutoiement est hésitant. Mais je ne me vois vraiment pas vouvoyer mon géniteur…) Tu étais titan, toi, non ? Je crois ?

Je me suis toujours demandée comment ça fonctionnait… C'est un pouvoir étrange, un peu brute, mais on a su me démontrer qu'il n'était pas aussi destructeur que ce que je l'imaginais. Un peu comme le feu... Par contre, la terre, ça doit être vachement chouette à contrôler, tout de même !

Et puis, je me souviens. Leurs pouvoirs, ils ne les ont plus... Comment a-t-il vécu cette perte, lui ? À cette pensée, mon cœur se serre. Si je perdais les miens, je ne sais vraiment pas ce que je deviendrais...

- Ça doit être dur de ne plus avoir ses pouvoirs…



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##   Dim 5 Juil 2015 - 2:23
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Ainsi, elle était déjà venue à Paris il n'y a pas si longtemps. On aurait pu se croiser à cette occasion qui sait ? Enfin, il se peut que ça soit arriver mais que l'on n'est pas reconnu l'autre. Ce n'est pas comme si j'arpentais les rues en analysant chaque passant dans l'espoir d'y reconnaître ma fille. Et je pense qu'il en était de même pour elle. Surtout si la situation était... tendue, comme elle dit.

Je regarde la cafetière s'envolait et hoche simplement la tête. Je vois, une air donc.
Une ange air ; une guérisseuse. Ça correspond à son idéal d'un monde où la discussion suffit. Néanmoins, je suppose qu'elle a déjà dû comprendre à travers son pouvoir à quel point la vision du reste du monde diffère sur ce point-là. Il est vrai qu'employer la loi du plus fort est souvent plus aisé après tout.

Je me mis à rire lorsqu'elle m'annonça que certains se présenter de manière plutôt agressive. Ça me rappelait mes propres débuts. Au départ je me sentais obligé de détruire quelque chose pour montrer mon pouvoir. Avec le temps on apprend à faire autrement; on fait apparaître un imposant rocher qu'on soulève ensuite ou on accélère la croissance d'une plante. Des choses simples et non destructrices pour dévoiler ses pouvoirs en somme.

« C'est exact. Nous n'étions pas nombreux mais nous aimions nous affronter. Je dirais même que c'était probablement plus fort que nous. Nous étions des démons terre, que veux-tu ? »

Je souris avant de poursuivre.

« C'est probablement contre un autre titan que j'ai fais certaines des choses les plus stupides de ma vie et que j'ai échangé les coups les virulents. Oh, on n'était pas tous forcément violent hein. On s'entendait très bien avec les autres et on était parfaitement capable de calme. C'est juste qu'il nous semblait normal pour des gens manipulant la force de savoir qui était le plus fort.  »

Je pourrais parler pendant des heures de cette période. Et j'avais probablement commencé avec le moins bon exemple à donner à ma fille. J'aurais pu lui parler de mon coin de forêt où je m’entraînais à faire pousser des fleurs par exemple. Mais non, j'avais parlé de se taper dessus pour le plaisir. Allez, rattrape ça mon gars !

« Mais être titan ça ne s'arrêtait pas qu'à ça, hein ! C'était aussi être un manipulateur de la terre, un sculpteur précis et patient ainsi qu'un créateur de vie qui manipulait les minéraux pour optimiser et accélérer la naissance de végétaux ! Enfin, j'en parle comme si nous avions disparu mais je suppose qu'il doit y en avoir au nouveau Terrae, tu dois déjà savoir tout ça...  »

J'eus l'impression que plus je me débattais et plus je me tournais en ridicule, aussi je préférais m'en arrêter là. Pour ne pas m'enfoncer davantage je préférais reprendre ma tasse et boire une gorgée de jus de chaussette âpre afin de laisser passer un temps de vide.
Je n'aurais pas dû. J'aurais mieux fait de continuer à m'enfoncer plutôt que... non, je n'aurais même pas dû aborder la question des pouvoirs en premier lieu.

J'avais parfois l'impression que lorsqu'on me posait une question sérieuse, je devais moi-même y répondre le plus sérieusement possible. Cette question était de celles-là.
Je m'enfonçais dans ma chaise avant de lui répondre, le plus honnêtement possible.

« Oui ce fut dur. Pour tout le monde je pense. Pour moi... Je pensais avoir accepté ce fait rapidement. »

Je pris une inspiration et poursuivi.

« Tu sais ce qui est horrible avec le pouvoir de titan ? C'est qu'à première vue c'est l'un des moins dérangeants à perdre. Je veux dire, de la force brute c'est quelque chose qui semble accessible à n'importe qui s'il s'entraîne correctement. Alors on se dit qu'il suffit de s'entraîner pour le retrouver. Après ça on s'entraîne trois fois plus qu'avant. Mais ça ne suffit pas. On ne comprend pas pourquoi ce pouvoir qui semble être à deux doigts d'êtres à nouveau notre est en fait toujours inaccessible. Alors on s'entraîne toujours plus. Toujours plus pour s'en rapprocher sans jamais l'atteindre. C'est ça le piège. Et je suis tombé dedans. Je suis désolé... »

Je ne pus empêcher des larmes de couler. Ma voix avait pris au cours de mon explication un ton de regret que je n'avais pas réussi à supprimer.

J'étais tombé dedans et pas qu'un peu. Si on avait clairement dit ce qu'il risquait à mon ancien moi j'ai la certitude qu'il aurait immédiatement abandonné. Mais dans la vie on ne te dit jamais ce genre de chose, pas comme ça. C'est à toi de le comprendre et de faire vite. Avant qu'il ne soit trop tard. Avant que ça ne soit irrémédiable. Avant que ça ne détruise l'équilibre de ta famille.

Je me passais une main sur le visage, étalant les larmes pour les faire disparaître plus rapidement.

Oui, après il est trop tard. Après que tu es commencé à passer de plus en plus de temps à t'entraîner. Après que tout ton temps libre ne soit dévoré à la salle de sport. Après que tu es arrêté de rentrer le soir à des horaires décents et en étant sobre. Après que tu es échangé des mots que tu ne pensais jamais être capable de prononcer. Après avoir retrouvé ta femme en pleurs, te demandant de la laisser tranquille. Après ne pas avoir trouvé les bons mots et les bons gestes quand il le fallait. Après... après avoir préféré fuir pour ne pas avoir à reconnaître ses erreurs.

Je n'osais pas regarder la fille qui se trouvait en face de moi dans les yeux. J'en avais probablement trop dit et pas assez à la fois. Quand elle comprendra celui que j'étais, elle ne voudra probablement plus me parler. J'aurais pourtant voulu profiter de ce moment avec elle plus longtemps.
##   Mar 4 Aoû 2015 - 22:16

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L'affrontement… C'est vrai que je n'ai pas souvent eu l'occasion d'entendre parler de l'ancienne Terrae, mais s'il y a bien une chose que j'ai retenu des belles histoires de maman, c'est qu'ils avaient tous un goût très prononcé pour le défi. Un rire m'échappe à cette idée. Même maman avait appris à se battre – un bon moyen pour se concentrer et catalyser sa colère et son énergie. Parfois, je me dis qu'elle aurait fait une bonne tonnerre, tout simplement. Mais quelque part, ne sommes-nous pas tous… voués à être plus que ce qu'indiquerait notre affinité ? Lorsque nous passons Master, toutes ces différences n'ont plus la même valeur. Aussi, je tique un peu à la mention de son pouvoir. "Démon terre". Il est vrai qu'à l'époque, nous ne parlions pas de solaire ou lunaire mais d'ange ou démon. Peut-être pour éviter les malentendus. Les démons n'étaient pas tous mauvais, et les anges pas tous bons. Il y a avait un juste milieu. Ici, c'est pareil. On peut tomber sur une ordure partout…

Lentement, je hoche la tête de haut en bas lorsqu'il me parle des autres titans. Il semble revivre depuis l'instant où il s'est mis à en parler, comme en proie à de vifs souvenirs, parfois amusants, peut-être douloureux, mais surtout… puissants. J'ai l'impression de découvrir un peu ce qu'il est, comment il est, ses tics de langage, sa manière de se mouvoir. La passion qui l'anime brise les barrières que je croyais voir entre nous, et ça me fait sourire. Tout doucement, un peu discrètement, parce que je n'aimerais pas le mettre mal à l'aise ; surtout pas. Il parle, et ça me fait du bien. Il parle, et j'aime l'écouter au point que j'ai l'impression de me sentir bercée. Je ne sais si c'est parce qu'il évoque cette époque avec tant de conviction, ou si c'est justement parce qu'il parle de Terrae, mais je n'ose vraiment pas l'interrompre. Pas comme si j'en avais envie, cela dit… Lorsqu'il se rattrape, je ris à nouveau. Secoue la tête.

- Je ne connais pas beaucoup de terres. Il y en a assez peu, ou alors ils se font discrets. Ils sont comme les eaux, on les voit rarement. Alors j'aime bien en entendre parler par des gens qui l'ont contrôlé, ou qui le contrôlent. Ce doit être bien… mais il faut être très patient, j'imagine, je souris encore.

Enfin. J'aurais peut-être dû m'arrêter là. Éviter de lâcher aussi simplement une chose… évidente au possible. Mon sourire se trouble un peu, et je me retiens de baisser les yeux. Finis simplement par briser le contact visuel pour boire et reprendre un peu contenance. L'expression de son visage et le ton de sa voix a changé. Du tout au tout. Il inspire, et je relève des yeux interrogateurs vers lui. Non, je ne sais pas ce qui est le plus dérangeant. Tout simplement parce que, pour moi, d'autant plus maintenant que je suis Master, mon pouvoir fait partie de moi. Depuis quatre ans et demi, il fait partie de moi. Comment pourrais-je accepter de le perdre ? Comment pourrais-je accepter de laisser s'en aller ces jours ? Comment pourrais-je… simplement comprendre qu'on puisse trouver un pouvoir moins dérangeant qu'un autre à perdre ? Pourtant, je tente de l'imaginer. Et j'acquiesce parce que je ne sais pas quoi faire d'autre, ma tasse toujours à portée de mes lèvres, sans pour autant que je ne les pose dessus.

Puis je comprends ce qu'il tente de me dire. Ce besoin compulsif de retrouver ce qui nous a été retiré. Mon regard se trouble et je lui jette une expression indéchiffrable, alors que des larmes lui échappent.

Je reste interdite de longues secondes, avant de finalement reposer ma tasse. Sans rien dire, je me lève.

Des tonnes de choses tournent dans ma tête, et je comprends assez rapidement que, ce dont il parle, c'est des raisons qui l'ont poussé à s'éloigner. Probablement. Je ne dois pas tout savoir, et certainement ne le souhaité-je pas réellement. Alors je me contente de me rapprocher, suffisamment pour pouvoir poser ma main sur la sienne.

- Pardon, je ne voulais pas que tu pleures, je souffle avec une expression mi triste, mi embêtée.

Il me faut quelques secondes de plus pour mettre en ordre mes pensées, mais les mots qui s'échappent de mes lèvres le font sans que je n'ai à y repenser à deux fois. Une fois de plus, je bénis l'aisance que me donne mon statut, cette voix douce, et ce regard que j'espère être apaisant. Situation étrange…

Avec hésitation, timidité tout simplement, j'attrape lentement sa main, si grande, alors que la mienne paraît minuscule à côté. Mes yeux sont embués, malgré tout ce que je tente de faire refluer. Je reste une enfant face à lui. Une enfant qui voudrait paraître grande.

- Tu sais, je pense qu'on fait tous des choses que l'on regrette. Essayer de retrouver une part de nous, ce n'est pas… bête. Beaucoup l'auraient fait…

J'essaie de renouer le contact visuel.

- Moi aussi, certainement.

Aller en fac de médecine, c'est aussi accepter qu'un jour je ne sois plus capable de faire briller mes paumes pour soulager la douleur des gens, quelque part. Je m'y prépare probablement. Petit à petit. Est-ce que c'est cruel envers moi-même ?

- Je ne t'en veux pas pour être parti… je lâche avec un sourire gauche.

… je t'en veux juste pour n'être pas revenu. Mais tu le sais probablement, alors je ne le dirai pas. Tu n'en as pas besoin, et ce n'est pas une chose que je souhaite prononcer. Parce que malgré tout, je suis là, et je suis heureuse d'être ici. Même si, parallèlement, parler de tout ça me broie le cœur. Bien sûr que je suis triste. Bien sûr que j'aurais préféré qu'il reste. Mais après ? Est-ce qu'en parler changera les choses ? Ça ne fera que nous mettre plus mal à l'aise. Et je suis certain qu'il le sait…

- Toutes ces heures d'avion ne méritent pas d'être gâchées par des reproches de ma part. J'aimerais qu'en repartant, aucun de nous deux ne ressente de regrets.

À part, peut-être, celui de n'être pas resté plus longtemps ici.

- Est-ce que… tu crois que c'est possible ? je l'interroge avec hésitation.



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##   Sam 8 Aoû 2015 - 12:16
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Je la vois se lever et je me dis que ça y est, c'est fini. La fille qui était venu voir quel genre d'homme était son père avait atteint son objectif et s'apprêter à partir loin de cet être qu'elle ne voudrait plus voir une seconde de plus.
Je voudrais me lever et l'arrêter, m'excuser, la supplier de me pardonner. Mais je n'en ai pas le droit et je le sais alors je me contente d'attraper le bord de mon bureau et de serrer aussi fort que je le peux. Ça ne change pas grand chose sauf peut être de calmer légèrement cet instinct d'agir, peu importe comment.

Après être resté des interminables secondes face à moi, elle ne se retourne pas. Ne fait pas claquer la porte et encore moins entendre de bruits de pas décidés quitter l'immeuble. Non, au contraire. Dans un mouvement que je ne comprends pas, elle s'approche de moi. Calmement. Gentiment.
Elle pose sa main sur la mienne et immédiatement j'arrête mon petit jeu avec. Ce n'est qu'à ce moment que je sens toute la tension qui s'en relâche. Je ne comprends pas. Je ne peux pas comprendre. J'aurais... j'avais claqué la porte face à mes parents dans ce genre de situation.

Je la regarde avec un mélange d'incompréhension et d'... non, surtout de l'incompréhension en fait. Cette enfant avait incroyablement bien grandie sans moi. A vrai dire, je doute quand je la vois ainsi. Je me dis que mon éducation l'aurait peut-être plus pourri qu'autre... Déesse, regardez-moi..! Encore en train de me lamenter sur mon sort alors que ma fille, qui est celle en droit de se lamenter ici, tente de réconforter l'idiot que je suis. Quel exemple suis-je en train de donner là? C'est certain qu'un tel homme ne peut pas être un bon père. Mais cette fille n'a pas besoin de voir une telle lavette devant elle. Je dois...

- Je ne t'en veux pas pour être parti…

Je n'aurais jamais crut que de simples mots puissent causer en moi ces émotions. Un profond soulagement évidemment. Comme si mon cœur avait enfin était libéré d'un immense poids. Alors pourquoi? Pourquoi cette douleur lancinante était-elle aussi là? Comme si en me refusant un châtiment elle me condamnait à une éternelle pénitence.

Je me forçais à lui sourire, si c'était le prix de son pardon je l'accepterai volontiers.

« Oui, je pense que c'est possible. »

Je refermais mes mains sur la sienne, le sourire toujours au lèvre. Je pense qu'il est temps que ce pauv' vioque se bouge un peu pour sa fille.
##   Mer 28 Oct 2015 - 22:15

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Mon cœur se serre. C’est tellement étrange comme situation. Tellement douloureux, aussi. Est-ce que ce n’est pas trop naïf que de réagir de cette manière ? Tout le monde ne l’aurait pas fait, et même moi je m’en étonne un peu. Je pensais que je lui en voudrais, mais j’ai accepté son absence depuis tellement longtemps qu’à présent, je ne me sens pas de continuer à appuyer dessus, comme un bleu douloureux. Je ne sais pas comment voir les choses, je ne sais pas ce qu’on est censé en dire ; c’est trop étrange, à la fois terriblement nouveau et terriblement familier, un peu comme une vieille histoire qu’on m’aurait déjà racontée. C’est étrange, d’être à la fois si présent et si loin de son propre corps…

L’homme face à moi sourit, malgré tout. C’est un sourire forcé, un peu perdu, et je suis heureuse lorsque sa main se referme sur la mienne. Moi aussi, je souris. Du même sourire un peu faiblard que le sien, en reflet à ses propres sentiments, je crois. Est-ce qu’on doit s’arrêter là ? Honnêtement, je ne vois plus quoi dire ; lui, pour autant, n’a pas l’air plus bavard. Mais c’est dans son caractère, je crois. D’être mesuré. Je le crois, et pourtant, je ne le connais pas. Je pourrais tout autant me tromper. Mais cet homme, mon père, je ne sais rien de lui, au final. Je ne peux pas demander à le connaître de cette manière. Est-ce qu’il le souhaite vraiment, au fond ? Peut-être qu’il ne veut pas me le dire, peut-être-

J’arrête ici mes pensées, m’éloigne doucement en essuyant mes yeux humides avec un rire.

— Pardon, je suis un peu émotive. C’est récurrent.

Une façon de lui dire que ce n’est pas grave. Une façon de plus. Une manière, aussi, de lui dire que je suis heureuse qu’il ne m’ait pas chassée. Je crois que je ne parle pas assez.

Je m’apprête à ajouter quelque chose, certainement sans queue ni tête maintenant que j’y repense, lorsque j’entends la porte de l’immeuble s’ouvrir, suivie de la porte d’entrée. Mon regard se dirige vers elle, et je reporte mon attention sur Cas-… Enfin, sur mon père, pour lâcher à mi-voix, et avec un sourire embarrassé :

— Oh, je devrais peut-être te laisser, si tu as du travail, c’est sans doute… mieux ?



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##   Sam 31 Oct 2015 - 15:30
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- Pardon, je suis un peu émotive. C'est récurrent.

Je me dis qu'elle doit tenir ça de sa mère. Néanmoins, je m'évite bien d'énoncer cette pensée.

J'entends du bruit. Quelqu'un est rentré dans l'immeuble et se dirige vers mon bureau. A cette heure, pas la peine de se poser la question sur son identité. Il a bien choisi son moment celui-là.

"Non, au contraire. Tu seras surement intéressée de rencontrer cette personne."

Il finit par ouvrir la porte. Un sac de course dans une main et du courrier dans l'autre. Quand il vit que je n'étais pas seul dans le bureau, il salua poliment notre cliente tout en jetant un coup d'oeil rapide. Il ne s'arrêta qu'un instant sur elle. Ses yeux dérivèrent à nos mains posées les unes sur les autres et se fit une idée - erronée - de la situation. Quand ils remontèrent finalement sur moi, son expression changea pour laisser transparaitre un peu d'incompréhension.

C'est sur que de me voir réconforter une cliente lui paraît une chose habituelle, en revanche voir des stigmates de larmes sur mon visage doit être un spectacle au combien plus original pour lui. A dire vrai, je ne pense pas qu'il m'est jamais vu pleurer.
Il ne posa néanmoins aucune question et passa dans la salle à côté pour y déposer ce qu'il transportait.

Je lançais un léger sourire à ma fille avec un regard lui faisant comprendre qu'elle devrait attendre encore un peu si elle voulait poser des questions.
Il revint un peu plus tard. J'étais à nouveau serein dans mon fauteuil, ou du moins j'espérais en avoir l'air, et attendais qu'il prenne la parole.

"Désolé de mon retard. Alors, quel est le cas de madame?" dit-il en reposant une partie de son poids sur un coin de mon bureau.

"Elle est passée voir son vieux père." Un sourire apparaît sur mes lèvres. Je ne rate pas une seule seconde de sa réaction.

Tout d'abord, il hausse légèrement un sourcil. Puis face à mon expression et à ce qu'il a vu plus tôt, il finit par faire le lien. Son visage passe par la surprise pour rapidement se tourner vers elle. Il la détaille réellement pour la première fois.

"Math, je te présente Aoi. Aoi, je te présente Math. Ton frère adoptif."
##   Sam 31 Oct 2015 - 17:35

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Intéressée par la rencontre de cette personne ? Je lève un regard perturbé vers Casadon – que je n’arrive toujours pas à appeler « père » ou « papa » dans ma tête, c’est un poil trop étrange – et essaie de chercher dans son expression un signe, quelque chose, n’importe quoi qui puisse me répondre. Mais rien à faire. La porte s’ouvre et je me recule légèrement, embarrassée d’être vue dans cette position, et essuie discrètement mes joues. Je lâche un « bonjour » dans un français maladroit, perturbée par le regard qu’il pose sur moi. Il est plutôt grand – plutôt très grand, je dirais – et il porte un costume. C’est assez drôle, parce qu’on dirait qu’il a… je ne sais pas. On dirait qu’il a mon âge. La tenue lui donne un air un peu étrange, avec ses dreadlocks.

Cette fois-ci, mon regard devient complètement trouble. Je ne comprends pas, là. Je ne comprends vraiment pas. Le garçon change de pièce pour déposer son paquetage, et Casadon se réinstalle sur son fauteuil en attendant. Moi, je reste debout, trop mal à l’aise, et le cœur qui se serre petit à petit. C’est son collègue ? C’est ça ? Un collègue aussi jeune ? Trop jeune pour être allé à Terrae, je ne vois pas pourquoi ça m’intéresserait… Peut-être que je ne veux pas le voir, je ne sais pas… Je tremble un peu. Personne ne le remarque. Mon visage reprend une expression plus neutre. Je crois.

Il revient et s’installe sur le bureau. Le « madame » me fait tiquer. J’ai un sourire nerveux en observant le très court dialogue entre les deux hommes, et surtout la réaction qu’elle provoque chez le plus jeune. Il me fixe. Je prends une inspiration.

Frère.

Ah.

Oh.

Euh.

Mes lèvres s’entrouvrent et j’essaie de parler, mais rien ne sort. Je reste bloquée dans une expression de pure surprise, sans trop savoir quoi dire. Ma main finit par chercher le dossier de la chaise à tâtons et je m’y rassois pour ne pas qu’on voit mes jambes trembler.

Des dizaines de sentiments tourbillonnent. Il y a l’incompréhension, la surprise, la colère, aussi. Aucun ne se démarque, et je finis par fixer mon regard sur un point du bureau. Allons donc… Les choses se sont donc déroulées de cette manière… Je relève finalement mon regard vers Casadon. Le moment se brise. L’air se fige. Et ce n’est pas une expression. Un court instant, mes yeux sont illuminés d’une lueur argent.

Enfin, mes yeux se reposent sur le garçon. Sur « Math ». Sur « mon frère ».

J’essaie de sourire, mais c’est dur, là. Je le fais quand même, légèrement. C’est un sourire bien piteux que tu nous fais-là, Aoi…

— Je ne m’attendais pas à ça… je lâche finalement. Maintenant, je comprends pourquoi tu n’es jamais revenu.

Pas un reproche. Une constatation amère. Mes yeux brillent à nouveau, et je me relève pour me mettre face à… Math. J’hésite, puis m’incline légèrement, d’un geste qui se fait assuré malgré ma maladresse, malgré les tremblements que je ressens dans ma main. Légers trémolos, si légers… J’ai l’impression d’étouffer dans cette pièce.

—  Je suis désolée pour l’intrusion. Je ne vais sans doute pas tarder à partir, vous avez sûrement des choses à vous dire et-… Je ne suis vraiment pas prête pour ça. Dis-lui que j’ai été ravie de le rencontrer.



Je vole en #F54759
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Et l'absence de ce qu'on aime, quelque peu qu'elle dure, a toujours trop duré.

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