Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Debout le mort ! Sinon je te mange les orteils... [Solo]
Mer 8 Juil 2015 - 0:01
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Calme.
C'était calme. Houston n'avait pas l'habitude du calme dans sa tête. Pas l'habitude du calme dehors, il fallait toujours que tout bouge autour de lui, que tout s'agite comme une anguille pour qu'il se sente tranquille. Le calme le paralysait, le congelait sur place. Il s'entendait respirer? C'était la première fois dans sa vie que Houston avait conscience qu'il respirait. Qu'il respirait mal, en plus de ça. Il n'osait pas faire un bruit, de peur de provoquer quelque chose, une catastrophe nucléaire, peut-être. Là tout de suite, il aurait eu besoin d'une catastrophe nucléaire.
Il approcha. Un pas, à peine plus. Il serrait les dents. Hésita. Avança un peu plus. Pas un bruit, le calme plat dans sa tête. Il approcha sa main. Hésita encore. Ferma les yeux. Frôla sa peau de ses doigts. A peine. Rouvrit les yeux.
La chambre était lumineuse, fraîche. Il aurait détesté la lumière, encore plus le froid de la climatisation. Le rythme régulier des bip de la machine, celui tout aussi calme et parfait de la respiration artificielle, tous ces tuyaux, ces fils qui pénétraient sa peau si jeune, il aurait détesté tout ça à coups sûrs. Pourtant, ça avait l'air si... irréel ? Il était là, sage, dormant comme un enfant, prêt à ouvrir les yeux pour faire une blague. Pourquoi il restait les yeux fermés ? Pourquoi il les ouvrait pas, tout simplement ? Pourquoi il râlait pas contre la médecine ou contre l'infirmière ? Comment pouvait-il avoir été réduit au silence, comment ?
La réponse nouait dans le ventre de You des nœuds qu'il avait du mal à comprendre.

_ Hey du con, je suis là maintenant.

Sa voix n'était qu'un murmure. Trop de silence. Il pensa à répéter plus fort. Il n'y arriverait pas.
Tu l'as forcé à venir alors qu'il en avait pas envie, tu l'as forcé à faire tant de chose, il est un peu comme ton prince charmant non ? La princesse se réveille quand le prince charmant arrive.

_ Tu peux te réveiller, Was.

Sa voix était brisée. Brisée par cette énorme boule dans sa gorge, comme si elle avait voulu exploser. Pourquoi il bougeait pas, putain ?! Il savait qu'il avait pas de cerveau, mais à ce point... Il pria. Il l'appela dans sa tête, plein de fois, comme si la solution pouvait être là, au final. Was. Reviens pour lui, au moins. Tu crois qu'il a pas déjà assez souffert ?

_ Genre là tout de suite, ça serait cool. J'ai pas que ça à faire.

Encore plus serrée, sa voix. Plus en colère ? Non, il n'y arrive pas. Il... Bloque.
You regarda ces cheveux blonds parfaits, cette peau d'ange, cette taille idéale... Tout son contraire. Il serra les dents. Un visage endormi, comme ça. Qui ne se réveillerait pas. Wassily, putain. Ils s'étaient toujours appelés comme ça, Was et You. Parce que ça leur faisait oublier ce qu'ils étaient, qui ils étaient, quelques secondes.
Houston se tourna vers la fenêtre, sentant une nausée monter.
Les enfants jouaient dans le parc, la chaleur était étouffante et y'avait même pas de vent, ou alors pas assez, ça vous tuait les T-shirts en moins de deux et ça vous obligeait à prendre une douche tous les jours. Dis lui, dis lui que tu crèves de chaud malgré la clim.

_ Il fait un vrai temps de merde dehors, du soleil plein partout, comme je détes-

"J'en ai rien à foutre, crétin."
Il se mordit la lèvre, si fort qu'il en saigna.
Dos à lui, il ne put s'empêcher de les lâcher. Les larmes.
Il se laissa tomber au sol.
Michigan, t'es un enfoiré. C'est ta faute, putain.
T'es un putain d'enfoiré.
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Mar 25 Aoû 2015 - 10:57
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_ Dites, est ce que vous pourriez éviter d'appuyer sur le bouton d'appel toutes les trois minutes, le médecin de votre frère est en opération, ça ne le fera pas arriver plus vite, surtout qu'il ne risque pas de changer d'état.

Sympa. Les infirmières ont toujours le chic pour le fatiguer. En même temps, il doute pas que Michigan a du bien les épuiser de son vivant, alors si il continue même quand il dort... Sauf que là c'est pas lui, même si il aimerait bien le voir appuyer sur le bouton. Bouger un morceau de doigt, au moins. L'air de dire « t'inquiète je fais semblant juste pour te faire chier. J'hiberne parce que je suis un ours ». Un putain de gros lourdaud d'ours. Qui fait chier.

_ C'est pas mon frère, qu'il grogne. Et j'ai demandé un lecteur de CD tout à l'heure, pas une télé.

Elle regarde la télé qu'elle venait d'allumer. C'était pas de sa faute, elle avait écouté que d'une oreille, d'habitude ils demandent la télé pas un poste, mais c'est vrai que celui là il avait un peu le look hippie. Tss. Elle tourna les talons avec un « je vous ammène ça ».
Pendant ce temps, Houston regardait la liste de ses CDs, celle qu'il avait apporté caché dans la housse de son ordinateur et celle que son cousin avait chez lui. Cet enfoiré lui avait dit qu'il détestait ses musiques, pourtant il avait la moitié de ses groupes favoris. C'était un sentimental, même si il voulait pas l'admettre. N'empêche qu'il détestait, non ?
L'infirmière revint, brancha l'appareil à la prise la plus proche et se releva. Avant de sortir, elle hésita. S'arrêta. Elle va encore lui sortir une de ses banalités. Ils font tous ça, comme si ils arrivaient à imaginer la douleur. Comme s'ils savaient. Ils le regarde comme s'il était sorti de nulle part. Il y a un mois, il n'y avait personne à son chevet, maintenant il y a « lui » et son nom bizarre. Le mec qui sort de nulle part.

_ Je suis désolée pour tout à l'heure, j'espère qu'il se réveillera bientôt.
_ Vous fatiguez pas. Vous avez raison, il risque pas de changer d'état.

Sa gorge est serrée. Ca lui coûte de dire ça. Parce que lui il veut, il veut que cet enfoiré ouvre les yeux. Il s'en fout des règles de la science et de la neurologie, tant qu'il respire c'est qu'il vit non ? Houston n'attend que ça. Sinon il ne serait pas là. Il passe la moitié de son temps ici, à attendre. Attendre un truc que la plupart des gens ont pensé bon d'ignorer. L'espoir c'est pour les faibles, You. C'est lui qui disait ça.
Elle sort.
Il est seul avec le mi-mort mi-vivant. Il attend. Il le regarde. Il en a marre du silence, alors il se lève, il cherche un CD. Les Beatles ? Hm non. Queen ? Scorpion ? Muse ? Les Rolling Stones ? Les Blues Brothers ? Son regard se pose sur un autre. Un de la collection de Michigan. Eagles. Allez, va pour Eagles.
Il installe le CD dans le lecteur, va se rasseoir. Chantonne.
Si il déteste tant que ça, ça devrait le réveiller non ?
Et il attend.
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Mar 3 Nov 2015 - 23:46
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_ Et sinon, t'as l'intention de lever ton cul de ce lit un de ces jours ou pas ? Parce que tu commences sérieusement à maigrir tu sais ? Pas que ça soit moche, t'as toujours été une sorte de canon de beauté -et encore là c'est négociable. Mais bon quand même. Et puis ta peau va clairement finir abîmée à force de pas bouger. Je t'aiderai bien mais t'es clairement trop lourd et à part te faire tomber au premier pas par terre je vois pas trop l'intérêt. Non mais sérieux pour la peau, t'en as pas marre ? Je sais un peu ce que c'est, à force de rester sur mon siège tout le temps j'ai aussi eu des problèmes mais là, clairement, ça devient excessif.

Silence.
Sa tête blonde ne bouge pas d'un pouce.

_ Je sais pas si tu te souviens, la dernière fois que je dormais et que tu es venu me voir, tu disais que tu allais me violer si je me réveillais pas. C'est un de du foutage de gueule quand même, parce que moi si je te disais ça tu bougerais pas non plus pas vrai ? En fait tu bouges jamais, tu parles jamais, ça te plait temps que ça d'être un légume ? Tu préfères quoi, carottes, poivrons ou asperges ? Perso c'est asperge. Va savoir pourquoi. Bon et sinon je suis un peu déçu tu vois. Parce que j'ai installé un super complexe dans les sous-sol, j'aurais bien aimé te montrer à quel point je suis un génie, tu vois.

Silence.
Silence.
Putain de silence.
Enculé de putain de silence.
Il serre les dents.

_ Non sérieux Michigan. Sérieux quoi. Tu fais chier. Clairement.

Sa race d'enculé de putain de silence. Comme il dit.

_ Tu sais qu'on m'a attribué un "pouvoir" dans la soirée ? Bah oui tu sais, t'en avais un toi aussi. Tu vois c'est ça que je supporte pas chez les fils de pute comme toi. T'étais pas foutu de me donner un putain d'indice, t'as fait ton bâtard comme si tu savais rien. T'as jamais cherché à me rendre tout ce que je t'ai donné, et au moment où je réussi à faire un trait sur cette vie là, tu trouves encore à me faire chier hein ?! Tu m'appelles dans ton bled de malade et t'es même plus là ?! Avoue que c'est... Putain mais je te savais pas connard à ce point ! Et tu m'imposes ta vue de princesse endormie de mes deux, putain de gamin décérébré ?! T'avais QUOI dans la tête à ce moment là, tu m'expliques ?! T'as cherché quoi, dans ta tête de stupide être inférieur de 20 ans pour trouver une idée aussi CONNE que de foutre ta vie en l'air et celle de tous les autres avec ?!

Connard de sa race d'enculé de... Vous avez compris.
Silence.
Son bras part tout seul vers le pot de fleur qu'il a amené. Cling !
Plus de pot de fleur.

_ OUI JE SUIS EN COLÈRE PUTAIN ! Non mais explique moi COMMENT je peux ne pas être en colère ?! Tu veux des nouvelles de Seattle ?! Elle a fait une demande pour qu'on lui retire ses pouvoirs, elle s'est barrée tu vois ?! Et pas que ses pouvoirs, sa mémoire aussi, parce qu'elle t'a vu là, étalé comme un con sur ton sol de merde, à... Haaaa ! Maintenant tu vois y'a que moi, QUE MOI QUI SAIT POUR TOI, t'existes même plus tu vois, personne te connaît, personne vient te voir, c'était QUOI ton but, t'as voulu finir comme moi ou quoi ?! Ta sœur vit à Chicago maintenant tu vois, Terrae ça existe plus pour elle. Je suis tenté de faire la même chose tu vois, te laisser là poireauté dans ton lit de crasse jusqu'à ce que tu pourrisses tout seul. Putain !

Silence.
Encore et toujours ce silence. Et Houston qui serre les dents. Très fort. Parce que ça lui fait mal. Mais tellement mal. Il n'en pouvait plus du silence. Il ne voulait plus qu'une chose, entendre sa voix. La seule voix qui lui avait dit de tenir, qui l'avait soutenu par des insultes, par des plaintes. La voix à laquelle il s'était raccroché toutes ces années s'était tue. Et ce silence lui faisait peur.
Il avait peur que cette voix fut en effet celle d'un fils de pute profond. Il avait peur de ne plus croire en rien. Pourtant il était là. Juste devant lui.
Il s'approcha, le giffla.

_ MAIS BOUGE PUTAIN ! MAIS BOUGE ! Pourquoi tu bouges pas, du con ?!

Ses mains tremblaient violemment. Il était froid. Pourtant, son dossier indiquait qu'il était feu. Feu Solaire. Un peu son contraire.
Il attendit, encore, dans ce silence qu'il n'arrivait pas à briser seul. Il n'en pouvait plus. Il voulait partir, ne jamais revenir, mais c'était trop tard, maintenant qu'il avait cette "chose" avec lui. Pourtant il se connaissait. Il savait qu'il viendrait. Encore. Toujours. Tout le temps. Pour s'assurer qu'il n'avait pas bougé. On ne sait jamais.
Il prit ses affaires et se dirigea vers la porte.

_ Ha, et ils ont dit que j'étais Eau, Voyant. C'est drôle hein ? Tu trouves pas ? Ouais ta gueule, tu sais quoi.

C'était vraiment drôle. Un voyant en retard.

~*~

_ Ouf, il est enfin parti !
_ De qui ?
_Le mec aux cheveux blancs là, Chicago ?
_ Ha, Houston.
_ Ouais, Houston. Il est en train de péter un boulon lui aussi ?
_ Dis pas ça, il passe tous les jours, c'est son seul visiteur...
_ Pas vraiment étonnant vu le personnage non ? En tous cas il faudra qu'il arrête de brailler comme ça hein, il va vraiment finir par se faire interner.
_ Ouais. Je lui dirais demain.


~*~

La première fois cette nuit là, pendant les 2 petites heures que Houston Carter avait attribué à son sommeil, il rêva du réveil de Michigan. Rêve ou vision ?
A son réveil, en sursaut et en sueur, il ne se souvenait pas de son rêve.
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Lun 15 Fév 2016 - 21:34
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Le livreur était mal à l’aise. Il avait ces deux roses, ces deux cartes, et il y avait lui, allongé dans un lit d’hôpital, relié à une machine. Il ne savait pas quoi dire. Il se contenta de prendre un vase, mettre de l’eau, et poser les cartes sur la table de nuit. Les deux roses trôneraient ici sans que leur destinataire ne les voie.


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Sam 4 Juin 2016 - 14:07
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/!\ POST DÉPRIMANT ET PARLANT DE SUJET GRAVE ET PAS JOYEUX DU TOUT /!\
A ne pas lire si vous êtes pas en forme please >.>




La pièce était silencieuse, comme toujours. Houston n'avait même pas pris soin d'allumer la lumière. Après tout c'était le soir, et l'heure des visites était passée depuis longtemps déjà. Même si on ne lui interdisait jamais de venir le voir, quelque soit l'heure.
Houston attendait. Il savait que quelque chose était sur le point de se produire, il le savait parce qu'il l'avait vu. Plusieurs fois. Quatre fois dans la même semaine, en fait. Mais ça pouvait tout aussi bien se passer dans des mois. Surtout qu'il avait vu beaucoup de choses. Il avait vu le réveil de son cousin, et il avait vu... Autre chose. Lequel était un rêve, lequel était une vision ? Il n'en avait aucune idée. Alors il attendait. Parce que de toutes façons, il ne  pouvait rien y changer.
Puis la porte s'ouvrit. En silence, comme si la personne qui entrait de voulait pas se faire entendre. Le médecin fut surpris de voir que quelqu'un était déjà là... Mais entra en silence, fermant doucement la porte derrière lui.

_ Bonsoir, Houston.
_ Bonsoir.

Un silence s'en suivit, dans lequel les deux hommes regardaient celui qui dormait, depuis trop longtemps déjà. On ne pouvait rêver d'une pareille princesse.

_ Vous savez, commença Houston, j'ai essayé de l'embrasser, une fois. Je me demandais si ça ferait comme dans tous ces films à la con, que d'un coup hop ! Magie il se réveille au bon moment et tout... Mais je me suis dit qu'il faudrait vraiment que je sois arrivé au bout de tout espoir pour en venir à embrasser volontairement cet enfoiré. Il doit encore puer l'alcool, je suis sûr... Vous voulez pas l'embrasser pour moi ?
_ Houston...
_ Vous êtes désolé, vous avez tout fait, vous venez d'apprendre quelque chose d'horrible à entendre et vous aviez décidé de venir vous recueillir un instant avant de m'appeler. Je vous épargne cette partie de la conversation, c'est la quatrième fois que je l'entends.

Le silence retomba sur la pièce comme une hache sur la tête d'un innocent.

_ Vous savez donc la mauvaise nouvelle...
_ Non, justement. Je suis venu pour que vous me l'annonciez.

Le docteur soupira, comme s'il éxécutait un geste de yoga. Puis il rompit le silence.

_ Je sais que vous ne voulez pas entendre l'introduction, mais je vais la dire quand même. Nous avons réussi à maintenir votre cousin dans un état stable pendant son sommeil, et même si son cerveau avait été très endommagé, on pouvait toujours croire à une guérison ou un réveil miraculeux, il y en a, parfois. Mais, avec la nouvelle donnée...

Houston ne réagit même pas. Il en avait trop marre que cela traîne en longueur et avait trop peur d'entendre la fin.

_ Nous avons fait tout notre possible pour les hémorragies, les maladies naturelles ou autres symptômes vitaux, mais là où même les guérisseurs se retrouvent limités, c'est quand le corps lui même se détruit.

Et la sentence tomba.

_ Michigan est atteint d'une tumeur au cerveau.

Et un silence total répondit à la sentence. Houston n'osait même pas respirer. Seul le médecin osait encore parler.

_ Elle est encore bégnine, nous pourrions l'enlever. Mais elle a pu être causée par la médication actuelle de votre cousin, et plus nous nous efforcerons de le guérir plus elle pourrait se développer. Il est certain qu'elle n'aurait pas fait son apparition sans l'acte de votre cousin, mais tenez le pour dis, je ne ferait aucune chimio-thérapie ou autre traitement dur à un patient endormi ayant déjà perdu nombre de ses capacités cérébrales. Si il restait un espoir qu'il se réveille, je peux vous dire que maintenant, il se dirige lentement vers la mort.

Les propos étaient froids, mais la voix du médecin tremblait. Il ne pouvait pas voir le visage de Houston, ce dernier lui même ne savait quelle tête il faisait. C'était juste le vide, dans ses pensées.

_ Nous n'avons pas le droit, conformément aux règles en vigueur au Japon, de lui apporter une mort médicalement assistée, mais sachez que je ne me mettrais pas non plus en travers de vos volontés. C'est une décision qui appartient à vous et à sa famille la plus proche.

Nouveau silence. Long. PLus long. Houston ne sait toujours pas quoi dire. Pas quoi penser. Il est vide, à l'intérieur. Un temps passe. Dans cette chambre sombre, personne ne parle.

_ J'attendrais votre décision autant de temps qu'il faudra, mais si vous envisagez l'opération, il vaudrait mieux qu'elle soit exécutée dans un délai court.

Silence. Houston pleure, malgré lui. Il n'a pas envie de pleurer. Il a envie de hurler. Alors quoi ? C'était tout ? C'était ça la fin que Michigan voulait ? Putain, c'était pitoyable. Il avait vraiment rien réussi dans sa vie de merde, même se tuer il avait raté. Et il voulait faire quoi maintenant, porter la responsabilité à lui, son cousin ?
Il l'a déjà trop engueulé, dans son sommeil. Il a tout essayé, vraiment, sauf le baiser. Il a tout essayé, lui, pour le ramener. Michigan lui avait donné une raison de vivre, et c'était de rattraper ses conneries. Mais il en faisait, de ces conneries, putain, mais des tellement énormes ! Il ne pensait vraiment qu'à lui. Ca avait toujours été le cas. Et celle là, elle ne passait pas.
Houston pleurait, mais il ne voulait pas pleurer. Il voulait haïr son cousin. Mais même sur l'annonce de la fin, il voulait se raccrocher au peu de vie, à ce souffle faible. Il voulait s'y accrocher de toutes ses forces.
Le médecin, qui n'y voyait qu'un silence de peur, commença à partir. Lui tourner le dos. Lui aussi. C'était la fin. En fait, c'était fini depuis un bon moment. Houston n'avait juste pas vu passer le rideau, celui avant le générique. Il avait attendu, passé tous les noms, tous les producteurs inconnus, en espérant uns scène de fin qui vous fait saliver sur la suite. Mais il n'y avait pas de suite.

_ Docteur.
_ ... Oui ?
_ La semaine prochaine, vendredi, veuillez à ce que personne ne rentre dans la pièce. Je vais- je vais prévenir sa famille.
_ Ne prenez pas de décision hâti-
_ Ça fait trop longtemps que j'attends. Qu'il attend. Je pense qu'il est temps... Que je me fasse à l'idée.
_ ...
_ Doc-

Un hoquet violent sortit de la gorge de Houston. Les larmes lui nouaient la gorge, non, l'étranglaient. Sa voix était fébrile, aiguë, souffrante. Houston n'était plus qu'un être en peine.

_ Doc-teur...
_ ... Oui ?
_ Ça fait- ça fait combien de temps qu'il est là ?
_ ... Plus d'un an.
_ Ha- ha, aaaaaaaaaa... P-ptain, ça passe, ça passe tellement vite...

Et il ne put plus articuler un mot. Noyé dans ses mains remplies de larmes, il gémissait, tremblait comme une feuille.
Et le médecin sortit.
Et seuls les pathétiques pleurs de Houston venaient combler le silence de la pièce.
Et Michigan dormait.
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Sam 8 Oct 2016 - 23:57
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HRP : EST CE QUE JE VAIS ENFIN ARRIVER A LA FIN ?! /pan/



Le regard d'Alabama le fixait avec insistance.
Il ne la regardait pas, préférant fixer ses yeux sur le sol. Il ne savait pas ce qui pouvait le traverser, si il se prenait à la regarder. Est ce qu'il ressentirait cette haine qu'avait son cousin pour sa mère ? Cette peine pour le drame qui leur était arrivé ? Cette rancune pour l'avoir séquestré dès son plus jeune âge ?  Il ne voulait pas savoir. C'était juste... trop bizarre.
Il l'avait contact, comme il le faisait habituellement. Un message, un sms. Il ne s'était pas senti d'appeler, même pour quelque chose d'aussi important. Il savait que sa voix n'aurait pas d'impact, qu'elle se srait brisée. Ou alors, qu'il aurait prononcé les mots comme ça, sans vie et sans saveur, comme on lirait un texte de loi. Les deux, il n'osait pas les imaginer. Ces deux manières de dire qu'un homme est parti.
Il finit tout de même par lever les yeux, mais pas vers la mère, vers la fille. Voir Seattle ainsi, après qu'elle eut quitté Terrae, c'était quelque chose d'affreux. Elle avait les yeux rougis et gonflés mais essayait de se retenir de son mieux. Elle avait pleuré, c'était écris dans tous les pores de sa peau, et elle semblait vouloir avoir l'air forte. Mais elle ne croisait le regard de personne, et laissa même sa mère poser sa main sur son épaule.
Houston était assis au chevet du mort vivant. Les deux femmes en étaient encore loin. Elles s'approchaient, doucement, prudentes, comme si Michigan allait se relever d'un coup. Non, il n'allait pas se relever. Houston l'avait cru, un instant, aussi. Mais non, les bip résonnaient de manière constante, sa poitrine se levait et se baissait, mais il ne se passait jamais rien d'autre.
Le silence était gênant. Lourd. Le médecin avait quitté la pièce depuis quelques minutes déjà. Il avait laissé derrière lui une seringue. Il avait précisé que ce n'était pas obligatoire. Qu'ils pouvaient renoncer, ils avaient le droit. Houston se tourna vers les deux femmes, les deux derniers membres de la famille. Il n'avait pas invité Dunkan, il n'avait rien à voir là dedans, il n'aurait pas compris. Il n'avait invité que les plus proches.

_ On y est.

Sa voix était rauque. Il ne se reconnaissait même pas. Ces jours à ne pas dormir l'avaient finalement affectés... Les deux femmes tremblèrent un instant, comme pétrifiées. La première à réagir fut Seattle, qui se précipita vers son frère, ne pouvant pas retenir ses larmes. Elle lui saisit la main, émettant un gémissement lorsqu'elle se rendit compte qu'il était froid. Pas encore comme un cadavre, mais presque.
Elle ne murmurait rien, elle pleurait en silence, se reprochant sûrement encore beaucoup de choses. Mais ce n'était plus le temps où Houston la tenait dans ses bras pour la laisser pleurer.
Alabama s'approcha. Dans ses yeux, une immense peine. Elle avait tout raté. Perdu son mari, perdu l'amour inconditionnel de sa fille, perdu son fils. Elle passa une main tremblante sur le front du blond. Elle ne l'avait pas assez aimé. Elle le savait. Houston le voyait dans ces yeux, les yeux de la dame de fer venaient de se fracturer, de laisser apercevoir cette immense peine.
Si Michigan avait pu voir ça, il aurait probablement ris. Mais il se taisait, encore.
Elle regarda Houston. Toute cette détresse se déversa en lui.

_ Il a maigri.

Ces mots n'étaient pas les bons. Mais l'esprit était là. Houston sentit l'impuissance monter en lui. Oui, il avait maigri. Il avait perdu la plupart des traits qui faisaient sa beauté. Malgré tout, sa mère le reconnaissait enfin pour ce qu'il était. La douleur de cette dernière se transforma enfin en larmes.

_ Je suis désolée, You.

Il le sentait, elle s'excusait. Pour lui, pour Michigan, pour tout. Elle s'excusait de faits qui n'étaient pas excusables. Et elle le savait. Elle baissa à nouveau la tête, résignée. Seattle n'avait pas levé la sienne. Elle s'excusait aussi, parce qu'elle ne pouvait pas le faire. Après toutes les atrocités qu'elle avait imposé à son fils, elle ne pouvait pas même l'achever.
Il allait devoir le faire.
Il se mit à détester les lois japonaises en matière de santé.
Il pris la seringue sur la table.
Puis le bras de son cousin.
Le contact l'ébranla. Il ne l'avait pratiquement jamais touché. Même dans la plus grande de ses colères contre lui, dans cette chambre. Même dans sa plus grande tristesse. Il n'avait jamais pris ses mains, touché sa peau, de tout le vivant de ces deux êtres, il avait fallu que leur seul contact physique soit pour ce genre de chose. Il se donnait envie de vomir.
Il laissa ses doigts traîner sur la peau froide.
Puis il approcha l'aiguille.
Tout paraissait si irréel.
Personne ne regardait ce qu'il faisait.
Le fait même de savoir était suffisant.
Il injecta le produit, comme on injecte un vaccin, un remède. Il jeta la seringue, sans même regarder où. Sa deuxième main vint rejoindre la première sur le poignet du blond.
Son pouls était si lent. Sa peau si froide.
Personne dans la pièce ne pouvait briser le silence.
Personne ne pouvait détacher ses yeux de son visage.
Le visage d'un homme mourant depuis trop longtemps.
Et le pouls ralentissait. Lentement. Il devenait plus dur à détecter.
Les larmes aux yeux du geek.
Qu'avait il fait ?
Il avait tué son cousin.
Puis le pouls ne fut plus.
Et les sanglots emplirent entièrement la pièce.
Alabama sortit, doucement, en déposant un baiser sur le front de son fils.
Seattle la suivit, en pleurs, claquant la porte derrière elle.
Houston ne savait pas depuis combien de temps ils étaient partis.
Il continuait de regarder le visage de son cousin.
Qu'avait il fait ?
Il ne s'en remettrait jamais.

Et, l'espace d'un instant, Houston se dit qu'il aimerait bien oublier.
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