Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Retrouvailles avant la tempête [Aaron E.]
Dim 19 Juil 2015 - 2:19
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Elle n'avait jamais vraiment aimé l'orage, du moins quand elle était petite et même des années après, cette peur ne l'avait jamais totalement quitté. Cependant, depuis qu'elle possédait son pouvoir sur l'élément de l'air, elle avait commencé petit à petit à aimer ce phénomène naturel, certes l'idée de rester à l'extérieur avec des éclairs pouvant frapper à tout instant était surement stupide mais c'était autre chose. C'était avant tout l'idée de pouvoir entendre le vent qui faisait qu'elle attendait toujours qu'un orage éclate, le vent lui faisant toujours penser qu'elle écoutait un chant ou des murmures dès que ce dernier se mettait à souffler, lorsqu'elle ne le voyait pas bouger et s'agiter autour d'elle, sous forme d'étranges arabesques. Non vraiment, chaque élément avait son charme mais pour elle, l'air était certainement l'un des éléments qu'elle préférait.

Quoiqu'il en soit et on l'aurait compris: Tahia avait fini par apprécier les orages. De ce fait, il n'aurait surement pas été surprenant de la voir à l'extérieur de l'institut, observant avec attention le ciel. Pourtant, aucun signe immédiat ne laissait à penser que les choses allaient changer: la journée était encore chaude et ensoleillée, quelques nuages blancs venaient parsemés le ciel bleu et le vent ne soufflait pas encore bien fort. Entre autre, c'était ce que l'on pouvait aisément appeler une journée d'été, l'adolescente avait même choisi de s'habiller simplement en prévision de cette journée: vêtue d'une robe blanche lui arrivant aux genoux, de sandales argentées et ses longs cheveux détachés, autant dire que l'étudiante profitait pleinement de cette journée. Bien que le temps ne semblait pas destiné à changer, la brune avait tout de même remarqué que le vent avait commencé à souffler un peu plus fort dans l'après-midi et que des nuages gris clair avaient aussi commencé à faire leur apparition. Autant dire que les choses devaient bien finir par se dégrader mais cela ne posait pas vraiment de problèmes à l'étudiante. Elle avait laissé l'infirmerie aux bons soins de l'infirmière en chef et était passée quelques instants dans sa chambre afin de récupérer une veste dans le cas où le temps, en plus de changer, ferait baisser légèrement la température. Et alors qu'elle quittait la pièce une fois le vêtement trouvé, une seule question subsistait dans son esprit: où pourrait-elle profiter de ce spectacle?

Tout en traversant les couloirs de l'institut, Tahia réfléchit à toutes les possibilités qui lui étaient offertes: certes, elle aurait pu rester dans sa chambre et observer depuis sa fenêtre mais elle aurait pu faire cela si le temps s'était dégradé dans la soirée et la jeune fille trouverait ennuyeux l'idée de rester à l'intérieur, il fallait absolument qu'elle sorte. Les autres possibilités restaient dans ce cas la cour du bâtiment, son entrée, à moins d'aller jusqu'au village ou se promener aux alentours de Terrae. En effet, elle pouvait choisir ce qu'elle voulait du moment qu'elle pouvait sortir mais la brune n'avait pas la motivation de partir trop loin, entre autre le village et les autres lieux faisaient partie de ce registre. Soupirant au fait qu'elle était incapable de se décider, la brune releva la tête, qu'elle avait gardé baissé jusqu'à maintenant, avant de s'arrêter d'un coup, observant une porte avec attention. Pendant quelques instants, elle ne bougea pas, fixant toujours la porte avec surprise et curiosité mélangée. Puis, un sourire finit par venir étirer ses lèvres alors que peu à peu, ses souvenirs refaisaient surface sur l'endroit où menait cette porte. Comment avait-elle pu oublier cet endroit, qui se trouvait à l'extérieur de l'institut et plus que tout, qui restait l'un des lieux le plus proche du ciel. Oui maintenant, tout était très clair dans l'esprit de l'étudiante et son choix fut vite décidée: elle attendrait l'orage sur le toit de l'institut. Depuis le temps qu'elle n'y était pas retournée, autant dire que cela lui manquait un peu de savoir ce que le lieu était devenu.

Se rapprochant de la porte et poussant cette dernière, Tahia avisa l'escalier montant vers le toit du bâtiment et elle s'y engagea sans la moindre hésitation, son regard ne quittant pas le sommet de l'escalier où l'attendait une porte close dont elle savait parfaitement ce qui se cachait derrière cette dernière. Ce fut donc l'affaire de quelques minutes avant que l'adolescente ne parvienne devant la seconde porte et ne l'ouvre par la suite, laissant ainsi un courant d'air s'engouffrer à l'intérieur de l'escalier, du moins jusqu'à ce que la porte soit refermée. Posant son regard tout autour d'elle, l'adolescente fut assez contente de voir qu'elle était toute seule et que rien n'avait changé. Les choses étaient restées les mêmes sur ce toit, même après une année sans y être retournée. La jeune fille s'étonna à cette pensée, d'ailleurs: cela faisait déjà un an qu'elle se trouvait dans cet institut, un an depuis que le Master était venu la chercher, un an depuis qu'elle avait ressenti de nouveau son Vide... S'avançant un peu plus sur le toit, l'étudiante finit par arriver en bordure de ce dernier, ses yeux à présent plongés à l'horizon. Et dire qu'une année était déjà passée, qu'elle était maintenant âgée de dix-huit ans et que pourtant, elle avait l'impression que certaines choses n'avaient pas vraiment changé. Certes, le Vide était toujours là, c'était indéniable et peu importe ce qu'elle ferait, l'étudiante avait fini par accepter le fait que ce Vide sera toujours présent au fond d'elle. Ce dernier était moins pesant maintenant mais sa simple présence rappelait toujours par quoi la jeune fille était passée pour en arriver là.

Et pourtant, Tahia avait fini par se faire à l'idée que certains évènements appartenaient au passé et que peu importe ce qu'elle voudrait faire pour les oublier, ces derniers seraient toujours là, incrustés aussi bien mentalement que physiquement. Instinctivement, la jeune fille posa sa main sur son œil gauche, œil qu'elle avait cessé de cacher finalement, certes elle se sentait toujours un peu mal à l'aise quand quelqu'un voyait cette couleur grise et terne, ainsi que sa cicatrice, mais elle avait finalement pris sur elle pour arrêter de les cacher. Au final, c'était devenu rare qu'elle retourne à cette vieille habitude et la brune pouvait déjà considérer cela comme un progrès de sa part. La méfiance était toujours présente à l'égard des autres personnes qu'elle croisait mais force était de constater que travailler à l'infirmerie avait eu un effet bénéfique sur la brune, cette dernière étant dans son élément naturel et lui permettant d'agir en tant que guérisseuse. Soigner une blessure ou une maladie n'était pas un problème pour elle, que cela soit grâce à ses pouvoirs ou son savoir en matière de soins "normaux", elle avait toujours su gérer ce genre de soucis. Cela lui fit d'ailleurs penser à cette adolescente rousse qu'elle avait soigné il y a quelques jours de cela, Ludmila Parker si elle se souvenait bien. Cette dernière lui avait dit être une Tonnerre Lunaire, ce qui l'amena à penser à la chose suivante: c'était juste elle ou elle avait quelque chose avec les Tonnerre?

Parce qu'entre la rouquine qui s'était cassée le bras, le Master qu'elle avait accompagné en mission et dont elle ne savait pas si elle devait l'apprécier ou le détester, ainsi qu'un autre jeune homme qui lui semblait maladroit, enfantin et attachant à la fois, Tahia se demandait vraiment s'il n'y avait pas un souci entre elle et ceux d'affinité Tonnerre. Cette pensée lui fit d'ailleurs se souvenir du dernier Tonnerre auquel elle avait pensé, à savoir Aaron Eran. Il y avait bien longtemps qu'elle ne l'avait plus revu et elle se demandait toujours comment il allait depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus, surtout après ce qui c'était passé ce jour là... Le bruit de la porte qui s'ouvrit fit sursauter la jeune fille en même temps qu'elle sortit de ses pensées.

" Qui est-là? "
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Mar 21 Juil 2015 - 23:03
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Tu te demandais encore comment un simple bout de papier rose avait put déclencher cette tempête alors que des nuages sombres progressaient vers le bâtiment principal. Tu étais épuisé, éreinté et tu avais ouvert ta fenêtre dans le seul espoir de soulager une horrible pensée quand un vent puissant t'avais remit les méninges en place. C'était stupide. Stupide et inconscient. Tu te retournas pour contempler les dégâts de ta panique, les coudes posés sur le rebord. Une. Simple. Lettre. Elle trônait rageusement sur ton bureau alors que ta chambre était sans dessus dessous. Tu pensais sérieusement à retourner deux siècles plus tôt en voyant les débris d'ampoule. Le vent te faisait frissonner. Il s'engouffrait dans ta chambre et semblait vouloir tout aspirer. Quelques feuilles de cours s'envolèrent mais tu t'en fichais complètement. Avec cette stupide lettre, tu risquais fort de ne plus remettre les pieds dans une salle de classe avant un moment. Comportement stupide. Frapper ta couette, et hurler dans tes oreillers ne changera jamais rien et pourtant tu continuais de le faire. Espérant vainement. Le dos de tes mains étaient en sang, tu avais encore craqué, tu soupiras. Stupide, stupide. Tu le savais. T'avais sérieusement besoin de te changer les idées, de ne plus céder... Le toit ? C'était un peu suicidaire vu ton état, mais avec un tel vent, ça mettrait peut-être toutes tes idées de côté. Puis... Tu pourrais t'en débarrasser. Un dernier regard haineux envers le bout de papier rose, coincé sous des livres renversés, et tu disparaissais dans la salle de bain.

Lorsque tu en ressortis, tu avais des bandages qui partaient des coudes jusqu'au bout des doigts. S'il n'y avait pas eu ce vent, tu aurais surement crevé de chaud avec ton blouson. Fallait vraiment que tu arrêtes si tu voulais tenir l'été. Bof... Le vent avait mit un peu plus de bordel dans ta chambre et tu fis gaffe à ne pas marcher sur des bouts de verre en allant fermer la fenêtre. Ouf ! Ça faisait du bien ! Tu étais tout décoiffé et des nuages noirs se profilaient à l'horizon. Ça promettait de dégénérait... Tu choppas la lettre, la planqua dans une des poches et alors que tu t'affairais à lacer tes vieilles converses, tu repensas à l'Allemand. Le temps était presque pareil quand vous vous étiez rencontrés, non ? Y repenser te serra le coeur et remit presque les larmes aux yeux. Ah non ! Tu n'allais pas recommencer... Au final, tu laissas tomber les lacets et sortit en trombe. T'aurais pu te téléporter, c'est vrai, mais l'idée de ne t'effleuras l'esprit que quand tu te retrouvas dans les derniers escaliers. Bah bravo. A quoi te servait ton pouvoir de téléporteur si tu ne l'utilisais jamais ? Mais en même temps avec tes humeurs, c'était devenu tellement aléatoire... Tu te cherchais des excuses en plein milieu d'un escalier, et tu trouvais cela presque normal. T'avais vraiment besoin d'air...

Tu repris ta petite grimpette, mais beaucoup plus calmement qu'avant. Il fallait dire que ces deux étages avaient mis à mal tes poumons. Bordel... T'avais aussi drôlement besoin de faire de l'exercice. Mais tu te justifias en te disant que c'est parce que tu les avais montés quatre à quatre comme une furie et que non, tu n'étais pas devenu faiblard. Bon... si tu commençais à réconforter ta fierté, ou ton égo, tu n'étais plus très sûr qui était qui, c'est que ça s'arrangeait ? Va de l'avant et les choses finiront par s'arranger toute seule, t'avais envie d'en rire amèrement, mais tu te contentas de fourrer tes mains dans tes poches. La seconde d'après tu en sortais la lettre. La lettre de Marya. Toute rose. La discussion te revient en tête. Ainsi que les événements. Et tu t'empressas de la déchirer en deux. Non, non et non, tu ne voulais plus rien à voir avec ça. Tu voulais tout oublier. Tu la déchiras une nouvelle fois alors que tu passais dans une antichambre. Tu te fichais des mots doux, des mots sympas...
" Qui est-là? "

Tu couinas de surprise en te plaquant contre la porte. Tu ne t'étais pas préparé à ce qu'il y ait quelqu'un sur le toit. Ton coeur s'affola alors que tu relevais la tête et regardais autour de toi. Le vent fit voler ta capuche et tu te retrouvas complètement désœuvré devant une personne que tu pensais ne plus jamais croiser. Si tu avais pu, tu te serais liquéfié sur place, mais ton corps était fait de chair et tu devais surement avoir l'air d'un lapin prit dans les phares d'une voiture. T'avais oublié comment respiré et tu devais sûrement la regarder comme si elle était un fantôme. Bah bravo. Mais en même temps avec sa robe blanche et ce temps apocalyptique... Tu as un million de souvenir qui te traverse l'esprit en un dixième de seconde et de nouveau le bazar revient dans ta tête. Pour être balayé presque instantanément par une bourrasque de vent. L'avantage d'être si réceptif à l'environnement... Tu frissonnes parce qu'il te glace jusqu'au fond de tes os et te rends compte que tu as la lettre, déchirée en quatre, entre les doigts ET que Tahia est proche du bord.
- Qu'est-ce que tu fais ? ne peux-tu t'empêcher de demander, soudainement très inquiet, en t'avançant. Tu ne vas pas sauter quand même !

Tu tends la main pour la prendre par le bras et la faire reculer mais tu te rappelles de sa confessions et tu l'arrêtes à quelques centimètres. Étrangement, tes yeux s'étaient presque remplis de larme et quand tu remarquas que son oeil gris était dévoilé, tu baissas les tiens. Bordel... Qu'est-ce qu'il t'avait prit sur le coup. Tu regardas ta main, bandée, et la ramena vers toi. Tahia n'allait pas sauter... Tu es complètement stupide. Tahia est sage, elle est intelligente, elle ne ferait pas une bêtise pareille... Merde, voilà que tu te remettais à réfléchir comme un gosse. Un gosse qui avait désespérément besoin d'une lumière. Non. Tu repenses à l'arène et doucement ton regard dérive vers le vide. C'est vachement haut... Tu déglutis avec difficulté en faisant un pas en arrière. Non.

Dans ta précipitation, tu avais enfoncé les morceaux de la lettre dans ta poche et tu n'arrivais pas à trier tout ce que tu avais ressenti en la voyant près du bord. C'était stupide. Vraiment. Tu inspires profondément et tu fus secoué par une sorte de sanglot, tu n'étais plus sûr de rien. D'une main, tu te massas la nuque alors que tu la regardais en face.
- Hé hé, ça faisait un sacré moment. Toi aussi, tu viens admirer l'orage ?

Tu ne savais plus sur quel pied danser, et ça te mettait plus que mal à l'aise. Tu ne savais même plus comment réagir... Tellement de choses avaient changé. Tu effaças les débuts de larme du revers de la manche en regard droit devant toi. Le paysage avait quelque chose d'effrayant et d'envoûtant à la fois. Tu retiens tes manches du bout des doigts. C'est bizarre... En présence de Mitsuki ou de Ludmila ça ne t'avais pas dérangé de les montrer, mais tu redoutais plus la réaction de Tahia. Un peu comme si tu craignais la réaction de ton fr... Merde.

Tu changeas brutalement de sujet en mettant ta main au niveau de ton front et en l'amenant vers la française. Comme si tu comparais vos tailles. Il ne faisait aucun doute que tu étais plus grand qu'elle. De quelques centimètres, mais c'était déjà cela ! Tu lui esquissas un sourire malicieux en la regardant. Tu claquas les doigts et te téléporta à sa gauche.
- Bouh ! fis-tu amusé. T'as vu ? Je les contrôle presque !

Bon, c'était de la poudre au yeux. Une telle téléportation était devenu un jeu d'enfant. Mais ça l'amusait. Va savoir pourquoi. Mais... merde. Il ne cherchait quand même pas à l'impressionner ! C'était stupide ! Elle n'était pas ton frère, et elle ne le serait jamais. Tu serras doucement les poings pour supporter cette stupide idée.
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Mer 22 Juil 2015 - 23:37
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Cela aurait pu être n'importe qui parmi toutes les personnes se trouvant dans l'institut et qui serait venu sur le toit pour une raison ou pour une autre. Envie de regarder l'orage, rester à l'extérieur, envie de calme,... C'était après tout plus ou moins les raisons pour lesquelles Tahia était venue sur le toit et sans doute n'était-elle pas la seule à avoir ce genre de pensée. Aussi, bien qu'ayant été surprise d'entendre la porte s'ouvrir, elle n'aurait pas été dérangée si quelqu'un d'autre venait sur le toit. Cependant, alors qu'elle se tournait pour voir qui était arrivé, l'adolescente resta elle-même paralysée sur place lorsqu'elle vit de qui il s'agissait. Pourquoi d'ailleurs réagissait-elle ainsi? Ce n'est pas comme si elle avait peur de se retrouver confronter à lui à nouveau, après tout elle n'arrêtait pas de se demander comment il allait depuis le temps, mais l'adolescente avait l'étrange impression que quelque chose était différent. Pourtant, alors qu'elle fixait Aaron, rien n'attestait que le jeune Tonnerre avait changé: il avait toujours ces mêmes cheveux noirs, cette même peau blanche et surtout, ces mêmes yeux bleus qui laissaient voir tellement d'émotions chez le jeune homme. Non, il n'y avait vraiment rien qui laissait voir que l'adolescent avait pu changer au cours de cette année, depuis qu'ils ne se sont plus vus.

Alors pourquoi? Pourquoi avait-elle l'impression que le garçon qui lui était accidentellement tombé dessus alors qu'elle lisait dans la cour, ce même garçon qui avait eu droit à un beau saignement de nez après s'être pris la porte de la cafétéria en pleine figure, n'existait plus autant qu'avant? Tahia ne pouvait pas dire exactement ce qui était différent de son camarade, alors que ce dernier s'avançait vers elle, de l'inquiétude se lisant dans le regard d'Aaron alors qu'il lui demandait ce qu'elle faisait et si elle n'allait pas sauter. Sans doute le regard de la brune devait paraître surpris par cette remarque car alors qu'elle vit la main de l'adolescent s'approcher, sans doute pour l'attraper et l'éloigner du bord, l'étudiant avait suspendu son geste et ce fut peut être à cet instant que la jeune fille comprit pourquoi ce sentiment qu'Aaron était différent lui était venu. La tristesse et l'impression que son camarade allait pleurer à tout instant, c'était ce qu'elle voyait alors qu'elle fixait les iris bleus en face d'elle, du moins jusqu'à ce que l'adolescent baisse ses yeux, ramenant par la même occasion sa main vers lui. Les bandages autour de la main de l'adolescent n'échappèrent pas à la brune, qui se demandait bien ce qu'il avait pu se faire, surtout en remarquant que son autre main était tout aussi recouverte de bandages. Elle aurait pu essayer de ne pas plus s'en soucier mais se connaissant, la jeune fille savait que tant qu'elle ne connaitrait pas la raison d'une blessure, elle n'arrêterait pas d'y songer jusqu'à ce qu'elle obtienne une réponse.

Au final, Aaron la regarda de nouveau avant de reprendre la parole, déclarant que cela faisait longtemps puis lui demandant si elle était venue admirer l'orage elle aussi. Comme Tahia le pensait, il n'y avait pas qu'elle qui, visiblement, venait voir le temps se dégrader, bien qu'elle soupçonnait son camarade d'être là pour une autre raison que celle de vouloir simplement voir de plus prêt l'orage. Mais il était vrai que cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus, en effet, un peu moins d'un an si ses souvenirs étaient bons et c'était dans la cafétéria, lorsque l'adolescent essayait de lire le journal de son frère et que la jeune fille lui avait proposé de lui traduire la partie française. Combien de fois s'en était-elle voulue alors qu'elle avait vu son camarade brisé et en pleurs alors qu'il écoutait ce qu'elle lui lisait, elle aurait donné beaucoup pour oublier ce qu'elle avait accepté de faire. Certes, cela avait permis de clarifier les choses concernant ce qui était vérité et mensonge dans la vie de l'adolescent mais découvrir bien malgré elle quelque chose qu'aucun enfant ne mérite de vivre, la rendait bien triste et même aujourd'hui, elle se reprochait toujours d'avoir lu ce foutu passage. Même, elle avait l'impression que sa propre vie avait été une partie de plaisir contrairement à celle du jeune homme, au moins sa vie, aussi injuste qu'elle avait pu être, n'avait pas été ponctuée de mensonges constants et elle avait pu connaître un peu le bonheur avant que les choses pires n'arrivent. L'adolescente n'était donc pas la plus à plaindre dans cet institut.

Alors qu'elle sortait de ses pensées, Tahia ne sut si elle devait être amusée ou légèrement vexée lorsqu'elle vit qu'Aaron avait l'air de comparer leur taille à tous les deux, comme pour lui montrer qu'il était plus grand qu'elle à présent. La brune finit par opter pour une moue boudeuse alors que son camarade lui souriait malicieusement avant de disparaître sous ses yeux pour réapparaitre à sa gauche, la faisant légèrement sursauter. Et alors qu'il lui disait qu'il contrôlait presque ses téléportations, l'adolescente se dit qu'une chose n'avait pas tout à fait changé au final: la stupidité quasi enfantine de l'étudiant. Et alors qu'il restait toujours amusé de son petit tour, la jeune fille fit la première chose qui lui passa par la tête: elle frappa le sommet du crâne d'Aaron, heureusement pas bien fort pour lui faire mal, avant de soupirer légèrement d'agacement.

" Que ça fasse longtemps ou non que l'on ne s'est pas vu, tu n'as pas changé niveau idiotie ou comportement enfantin. Et que tu sois plus grand que moi ou non ne changera rien au fait que je serai plus âgée que toi, même si ce n'est que d'une année, Monsieur le Tonnerre Lunaire. "

L'agacement passé, Tahia finit par retrouver une attitude plus calme envers son camarade, elle lui offrit même un petit sourire. Cela faisait longtemps oui et Aaron lui avait tout de même beaucoup manqué, il n'y avait pas grand monde avec qui la brune pouvait se sentir à l'aise et montrer plus ou moins les différentes facettes qu'elle pouvait posséder. Cependant, la jeune fille ne pouvait s'empêcher de regarder une nouvelle fois les mains de l'adolescent et sachant parfaitement que son esprit allait finir par se régler dans le mode "guérisseuse", elle prit, non sans une certaine hésitation, une des mains de son interlocuteur et observa avec attention les bandages. Elle pouvait au moins dire que le jeune homme avait bien soigné sa blessure mais le fait que cela soit les deux mains qui soient ainsi bandées, cela lui paraissait un tant soit peu étrange.

" Qu'est ce que tu t'es fait aux mains? Et rassure-moi au moins que ce ne sont que les mains et pas d'autres endroits. " 
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Jeu 23 Juil 2015 - 13:27
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Tu louchas vers le haut de ta tête en ramenant tes mains à l'endroit où Tahia avait frappé et tu lui fis de grand yeux de chien battu. Tu savais que c'était enfantin, mais tu ne pouvais pas t'en empêcher. Sa remarque te fit sourire idiotement, tu te redressas fièrement. Il valait mieux cette euphorie de gamin que ta mauvaise humeur dépressif. Tu ne comprenais pas pourquoi ce soudain changement de comportement avec Tahia mais tu le garderais volontiers. Qu'importe si c'était grâce à elle que le mensonge avait commencé à s'effilocher et que tout s'était peu à peu effondré, tu lui en serais toujours reconnaissant. Parce qu'au moins, maintenant, tu avais toute la vérité devant toi. Et bien que tu continuais de la renier, tu savais que plus rien autour de toi n'était mensonge. Du moins, tu l'espérais.

Tu savais très bien pourquoi tu appréciais autant Tahia, mais tu refusais de l'admettre car cela signifiait plonger encore dans ton passé. L'affronter une nouvelle fois, et pour rien au monde tu le voulais. C'était comme cette lettre, pour la lire tu devais te souvenir de chose, et toi, tu ne voulais pas t'en souvenir. Et au final, elle se retrouverait surement au vent. Loin de toi. Très loin. Tu savais que tu devrais lui répondre, lui dire d'arrêter d'envoyer des lettres, que ça ne servait à rien, sauf te blesser un peu plus, mais t'en avais pas le courage. T'avais peur de la... blesser. Arriver à cette conclusion, t'ébranlas un peu. Tu comprenais le pourquoi de la lettre en français et tu te détestais un peu plus. Il n'avait jamais voulu que tu l'apprennes comme ça, de cette façon. C'était juste... un plan B. Il aurait surement voulu te le dire en face, et maintenant... Tu clignas des yeux pour en chasser les larmes. Non, non, non. Stop. Tu devais arrêter d'y penser. Une bonne fois pour toute. Arrêter.

Ton coeur s'emballa alors que tu te rends compte qu'elle tient ta main. Une vague de dégoût envers toi-même t'envahis et tu résistes à l'effort de la reprendre. Non, non, non, ça n'allait pas ! Pas comme ça... Tu masquas la panique derrière un sourire embêté en reprenant ta main et en les secouant devant toi en signe de négation.
- T'inquiètes pas, t'inquiètes pas ! fis-tu gêné en te reculant. C'est rien. Je me suis battu contre un feu, et j'ai eu la bonne idée de vouloir bloquer ses flammes avec mes bras ! Très, très mauvaise idée... Et comme ce n'est pas la première fois et que c'est assez superficiel, l'infirmière m'a juste filé de la Biafine et m'a laissé partir. Mais franchement c'était ma faute, donc ça m'apprendra un peu. C'est vraiment rien, te fais pas de soucis !

Tu parlais vite. Un peu trop vite. Tu espérais que ça ne se remarque pas. Tu étais bon menteur, normalement... Alors tu ne comprenais pas que tu puisses être dans cet état avec juste un petit mensonge. Parce que ce n'était qu'un petit, mensonge, hein !? Puis ce n'est pas comme Tahia aurait pu y faire... oh, wait ! Tahia était guérisseuse ! Non... ? La panique et la honte firent rougir ton cou et le bout de tes oreilles. Mais merde... Pourquoi ça te faisait cela avec la brune et pas avec la rouquine ? Ce n'est pas comme si elle était ta grande soeur et qu'elle saurait automatiquement que tu mentais... Tu pris la première chose qui te sauta aux yeux comme sortie de secours.
- Dis, tu as pensé à prendre un parapluie ? Demandas-tu en regardant l'horizon noir d'où le bruit de la pluie vous parvenez déjà. Parce que moi, absolument pas et vu ce qui nous vient dessus...

Mais non ! Tu n'étais pas trouillard pour deux sous ! Tu avais juste peur de te retrouver trempé jusqu'au os et de te souvenir de quelques passages confidentiels et ridicules. Tu ne t'étais pas réellement calmé, ta voix le prouvait. Tu n'osais plus t'approcher du bord, une certaine angoisse te serre le ventre et te titille l'oeil gauche. Uhm. Ça t'apprendras à vouloir essayer de voler... Oh ! Tu te tournes soudain vers Tahia, les yeux brillants de malice.
- Dis, dis, dis, tu sais voler maintenant ?! Parce que les Airs, ils en sont capable, non ?

Tu papillonnais entre divers sujets pour éviter de rester trop longtemps focaliser sur un et ainsi tu évitais de faire des liens entre tout et tu restais gamin. C'était intelligent ça ! Pas vrai ? Par contre, tu te demandais si cela restait toujours compréhensible pour Tahia.
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Ven 24 Juil 2015 - 2:16
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Il ne voulait pas lui en parler, n'est-ce pas? Ou bien avait-il simplement peur de lui dire la vérité? C'était ce que Tahia se demandait alors qu'elle regardait Aaron pendant que ce dernier lui expliquait ce qui était arrivé à ses mains. Autant son sourire aurait pu être aussi convaincant que son explication, à savoir un combat contre un élève d'affinité Feu, ce qui lui a valu des brûlures au niveau des mains, brûlures apparemment superficielles, autant le jeune homme parlait bien trop vite pour que cela paraisse crédible et qu'il était inquiet qu'elle sache ce qu'il s'est vraiment passé. Cela n'aurait échappé à personne, surtout pas à l'adolescente qui semblait encore plus suspicieuse alors qu'elle fixait son camarade. Qu'il ne veuille pas en parler est une chose mais qu'il lui dise, dans ce cas, qu'il ne voulait pas aborder le sujet concernant l'état de ses mains au lieu d'inventer un mensonge, ou alors s'il tenait à mentir, qu'il mente bien, afin que cela soit crédible et qu'elle ne puisse pas remarquer la différence entre un mensonge et une vérité. Cela lui éviterait d'avoir à s'inquiéter plus qu'elle ne commençait déjà à l'être, en plus de réfléchir à ce que l'adolescent avait pu faire pour se retrouver dans cet état et autant dire que cela ne l'aidait pas du tout à se calmer. Et dire qu'elle était venue sur le toit pour se détendre et profiter de l'orage, on dirait que son programme allait être légèrement bouleversé.

D'ailleurs, Tahia eut le sentiment qu'elle avait bien raison en disant que son camarade lui mentait lorsqu'elle vit le jeune homme rougir et cela n'aida pas du tout à convaincre la brune que l'excuse d'Aaron était réelle, ce qui la fit soupirer une nouvelle fois. Elle avait besoin de savoir, qu'importe si c'était l'étudiant qui s'était causé les blessures sur ses mains ou si c'était quelqu'un d'autre, elle voulait simplement la vérité et des explications, enfin ce n'était qu'une option pour les explications, du moment qu'elle avait la vérité, elle arrêterait de vouloir insister sur ce point. Qui plus est, elle doutait fortement qu'Aaron la laisse regarder les blessures alors raison de plus pour qu'il lui dise les choses simplement plutôt que de les lui cacher, cela éviterait qu'elle insiste et finisse par le forcer à retirer ses bandages pour les lui montrer. Oui, on s'imaginait très mal l'étudiante réussir à forcer qui que ce soit à lui obéir mais quand il est question de blessures, elle arrêtait de plaisanter et prenait les choses très au sérieux alors autant ne pas la contrarier et se plier à sa demande si on voulait éviter de la savoir agacée. Personne, jusqu'à présent, n'avait eu à faire face à ce côté là de la jeune guérisseuse car elle n'avait pas à insisté et dans tous les cas, quand les gens venaient à l'infirmerie, c'était pour être soigné, pas pour faire les gamins et refuser de se soigner pour tel prétexte. Et la jeune fille espérait que l'adolescent soit assez intelligent pour ne pas tenter d'être le premier à y avoir droit.

La question d'Aaron prit totalement Tahia au dépourvu, lorsque ce dernier lui demanda si elle avait pris un parapluie avec elle, étant donné qu'il n'en avait pas et qu'avec l'orage qui approchait, il ne faisait aucun doute qu'ils allaient ressortir du toit trempés. Autant dire qu'en cet instant, ils auraient surement eu l'air de deux imbéciles en oubliant de prendre quoi que ce soit pour se protéger de la pluie. Mais pour sa part, l'adolescente se moquait un peu de savoir qu'elle allait être mouillée par l'orage, du moment qu'elle pouvait écouter les murmures et les chants du vent, elle n'allait pas se plaindre de recevoir un peu d'eau, cela n'avait jamais fait de mal à personne, après tout. Bon peut être un rhume et un peu de fièvre mais rien que l'on puisse considérer comme dangereux. En tout cas, alors que la jeune fille allait répondre à son camarade, ce dernier lui demanda alors si elle savait voler à présent. Bien que cette question prit de nouveau la brune par surprise, elle fut beaucoup moins interloquée lorsqu'il lui déclara que les personnes d'affinité Air pouvaient le faire. On pouvait dire que la réponse à cette question était aussi vraie que fausse étant donné que les Airs ne volaient pas à proprement parlé, ils étaient simplement "portés" par le vent, qui leur permettait de se maintenir dans les airs quelques instants. Mais pour que cela puisse se produire, il fallait que la personne ait un contrôle total sur le vent, ce qui était encore bien loin d'être le cas pour l'étudiante.

" Si je veux pouvoir voler un jour, il faudra que je puisse utiliser le vent à ma guise et avoir un contrôle total sur lui pour pouvoir espérer décoller du sol. Et puis, on ne peut pas vraiment dire que l'on vole, c'est simplement l'air autour de nous que l'on contrôle, de sorte qu'il puisse nous porter comme bon nous semble. "


Tahia avait dit tout cela alors qu'elle se redressait et se diriger vers le centre du toit, levant légèrement les bras et se concentrant sur le vent autour d'elle, ce dernier soufflant plus fort, faisant voler ses longs cheveux bruns et sa robe. Mais elle s'en moquait et garda sa concentration, cette dernière finissant par porter ses fruits alors qu'une boule, pas plus grande qu'une balle de tennis, n'apparaisse dans sa main droite. Se tournant vers Aaron, l'adolescente lui montra cette boule d'air avant de reprendre la parole:

" Tu vois, cette boule d'air s'est formé car j'ai demandé au vent de se condenser pour former cette espèce de balle. Mais à part cela ou rendre l'air plus tranchant, je ne peux pas encore demander beaucoup de choses au vent et ces attaques ne durent pas très longtemps donc nécessitent que je les utilise rapidement si je ne veux pas me retrouver totalement sans défense. "

Se faisant, la balle d'air que Tahia tenait dans sa main commençait à rétrécir de plus en plus, jusqu'à disparaître totalement. Cependant, bien que cette conversation sur les Airs lui ait permis de se souvenir de ce qu'elle avait pu apprendre sur son affinité, l'adolescente n'avait pas oublié le mensonge que son camarade lui avait offert pour justifier l'état de ses mains. Aussi, croisant les bras contre sa poitrine, elle fixa son camarade d'un air plus sérieux mais aussi un peu...triste?

" Aaron, dis moi la vérité pour tes mains, s'il te plait. Je ne veux pas que tu me dises à quoi tu pensais, ce qui est à l'origine de ta blessure, je veux juste que tu arrêtes de me mentir en prétendant que ce n'est qu'une brûlure, aussi probable que ton excuse aurait pu l'être si tu te montrais plus crédible. C'est soit ça et je ne te poserai pas plus de questions, soit je t'emmène à l'infirmerie, de gré ou de force, et je vérifie par moi même tes blessures. Et là, je peux t'assurer que les questions seront posées. "

C'était surement un coup bas de sa part mais Tahia avait besoin de savoir et qu'Aaron lui mente sur le simple fait de ses blessures était loin de lui plaire. Aussi, elle attendit calmement la réponse de l'adolescent. Au loin, on pouvait déjà entendre les grondements du tonnerre alors que la pluie n'allait pas tarder à s'abattre sur le toit.
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Ven 24 Juil 2015 - 20:32
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Tu fourras les mains dans tes poches en écoutant Tahia parler des subtilités du contrôle de l'air. Elle avait beau utilisé des mots simples, pour toi, ça revenait au pareil au même. Que ce soit l'air qui supporte un poids, des fils ou de la magie, pour toi c'était voler. Après, les détails tu t'en foutais un peu, et ça se remarquait sur ton visage à ta mine de gosse pas intéressé. Mais tu fis quand même l'effort de l'écouter. Curieux de voir ce qu'elle allait faire. Tu avanças un pied pour lutter contre le vent qui se faisait plus fort. Lorsque tu réalisas qu'il était comme happé vers la brune, tes yeux s'écarquillèrent comme des soucoupes et un semblant de sourire commençait à apparaître. Tu avais beau être à Terrae depuis plus d'un an, voir quelqu'un utiliser ses pouvoirs t'émerveillait toujours autant. Comme un gosse qu'on amenait voir des tours de magie au cirque. Tu te fichais de devoir plisser un peu les yeux pour voir cette boule d'air, tu en étais émerveillé.

Est-ce que ton frère avait aussi vu ce genre de chose ? Oh. Ta joie fut soudainement bridée mais tu parviens à garder ton sourire. Pourquoi... Pourquoi tu te mettais à repenser à ça alors que tout allez bien ? Merde... Tu y pensais vraiment tout le temps. Ton coeur se serra. Tu n'y arrivais absolument pas. Sentant tes mains trembler légèrement, tu inspiras et te reconcentras sur la conversation. Tu ne comprenais pas vraiment l'explication de Tahia : Demander au vent ? Ça te semblait aussi utile qu'étudier le climat du pays. A moins que le vent ne soit une sorte d'entité divine, ce qui te semblait absolument gros... mais ça correspondait à l'idée secte de Terrae ! Et si les Tonnerres aussi avaient leurs Entités ?! Tu te tournas vers l'orage, le contemplant plusieurs secondes avant de faire volte-face vers la française avec un immense sourire de gosse qui s'apprêtait à faire une connerie :
- Tu penses que je pourrais demander aux éclairs de me passer leurs électricités ?!

Cette idée te survolta et tu te tournas de nouveau pour le contempler. T'avais hâte d'essayer... Aussi stupide et suicidaire que l'idée était ! Ça pouvait être drôle ! Tu te demandais déjà comment tu t'y prendrais. Essayer "d'entrer" dans les nuages comme tu le faisais avec le réseau électrique ?! Uh... ça te paraissait un peu complexe...
"Aaron, dis moi la vérité pour tes mains, s'il te plait."

Tu arrêtas de sourire et tu te crispas. Non. Non... Pourquoi elle ne voulait pas comprendre ? Pourquoi tu devais toujours t'expliquer... ? Tu baissas le regard, vers le vide. Non.
- C'est rien j'te dis ! la coupes-tu froidement. T'as pas besoin d't'en soucier.

Tu n'écoutes plus ce qu'elle te dit. T'en as rien à faire. Mais... pourquoi tu serrais les poings si tu en avais tellement rien à faire ? Tu ne voulais pas t'avouer que l'opinion de Tahia comptait plus que celle des autres. Même plus que celle de l'Allemand... Non. Tu étais désespéré, il fallait le reconnaître. Chaque fait, chaque geste te rappelait quelque chose, et ils t'enfonçaient un peu plus. Même ces foutus morceaux de papiers ! Ils semblaient peser des tonnes dans ta poche... Tu inspiras profondément et sortis tes mains de tes poches. C'était pathétique, hein ? Et triste... Tu réagissais violemment pour rien alors qu'on essayait de t'aider. Tu t'enfonçais toi-même... Comme si ça t'arrangeais. Comme si à un moment plus rien ne pourrait te faire du mal. C'était peut-être ce moment que tu cherchais à atteindre... Juste ne plus souffrir.

Tu finis par fermer les yeux en te vidant la tête. T'étais devenu doué pour le faire mais ça ne durait jamais longtemps. Alors tu en profitas, tu essayas de voir où était ton parapluie. T'avais jamais fais de la téléportation à distance mais fallait bien essayer un jour ! Peut-être là... Tu ne savais pas trop comment t'y prendre... Visualiser et balancer ? Uh... ça n'avait l'air de faire grand chose et tu devais surement avoir l'air malin au bord du toit. Tu essayes une deuxième fois mais vraiment... ça a l'air de marcher aussi bien qu'un éclopé. Tu grommelles en sentant la pluie et finis par renoncer en te téléportant. Mais oh ! miracle, ça a fonctionné et tu te retrouves avec ton parapluie transparent entre les mains. Tu sauterais presque de joie ! Si tu ne te trouvais pas au bord du toit... Par contre, tu viens de claquer toute ton énergie et t'es bien content de ne pas l'avoir utilisé pour monter. Mais voir le monde tourner un peu c'était pas très cool... Tu l'ouvres en frémissant alors que tu déjà un peu trempé. T'as même pas le droit de dire que c'est moins une... Tu te retournes et vas vers la française pour lui offrir un petit coin de sûreté.
- Tu ne crains peut-être pas la pluie mais je doute que tes vêtements partagent ton avis.

Tu avais dis cela tranquillement, un peu soucieux, comme si tu ne l'avais pas engueulé quelque minutes plus tôt... T'avais beau être un connard égoïste, il t'arrivait parfois d'être sympa. Tu lui adressas un sourire malicieux.
- Être plus grand que toi ne changera rien au fait que c'est plus pratique quand il est question de tenir un parapluie, Mademoiselle l'Air Solaire !

Bon c'était très mal formulé, mais tu t'en fichais un peu. Tu voulais juste dissiper ce malaise. Juste oublier toutes les remontrances qu'on te faisait. Ça ne devait pourtant pas être aussi important ! Tu disais que tu te fichais de l'opinion des autres et pourtant... Tu levas le nez et admira le ciel noir au-dessus de vous.
- Oh ! Mais si tu peux contrôler le vent, tu peux aussi l'entendre non ? ça fait quel bruit ? Tu crois que le Tonnerre ça...

Tu arrêtes brutalement de débiter des conneries alors qu'un grondement sourd vous entoure. Tu admires les éclairs, te demandant si ça pouvait te recharger. Uhm... Ça te semblait une très mauvaise idée maintenant que tu avais ça sous les yeux.
- Oublies, marmonnes-tu amusé par cet étrange élan de manque d'intelligence.

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Sam 25 Juil 2015 - 22:05
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Il n'y avait donc rien à faire pour qu'il lui parle de cela... Elle aurait dû s'en douter un peu car elle savait au combien son camarade pouvait être buté quand il était question d'un sujet où ils ne seraient pas d'accord ou du moins, où chacun avait un point de vue de différent. Elle y avait déjà eu droit une fois, la première fois où ils s'étaient rencontrés et cela n'avait pas été très joyeux, autant le dire, même si au final, cela s'est plus ou moins bien conclu malgré certains points abordés un peu trop tôt, peut être. Quoiqu'il en soit, Tahia avait presque l'impression de se retrouver un an en arrière, lorsqu'elle avait rencontré Aaron et le ton froid de son camarade était le même que lorsqu'il avait refusé l'aide de la jeune fille concernant le Vide. Et maintenant, il utilisait à nouveau cette froideur car il refusait que la jeune guérisseuse sache et l'aide pour ses blessures, encore une fois, il se refusait à accepter l'aide que pouvait apporter les autres. Quelque part, la brune se sentait triste pour son camarade qui semblait vouloir garder les choses pour lui au lieu de choisir de les faire partager avec les autres, vouloir tout porter sur ses épaules...c'était un peu ce qu'elle avait fait pendant un temps, avant d'accepter que les gens puissent l'aider et même s'il arrivait que parfois, elle veuille garder certaines choses pour elle, elle avait aussi conscience que l'avis des autres pouvaient aussi avoir son importance. Et c'est pour cela que l'étudiante éprouvait aussi de la colère pour le jeune homme car il ne voulait pas comprendre.

Comprendre que des gens pouvaient vraiment se soucier de lui et vouloir l'aider, peu importe son attitude ou bien ce qu'il avait pu faire qui puisse le mettre dans cet état là. C'était le point de vue de Tahia et quelque part, le fait qu'elle n'ait pas revu Aaron avant aujourd'hui faisait qu'elle ne savait pas ce qu'il s'était passé pour lui pendant tout ce temps, entre ce qui était arrivé à la cafétéria avec les réponses qu'apportaient la lettre qu'elle avait lu et maintenant sur ce toit, alors que la tempête avait commencé à se déchainer. Et même si jusqu'à présent, son camarade avait l'air plus ou moins normal, la brune ne pouvait s'empêcher de se pauser toujours les mêmes questions le concernant: Est-ce qu'il lui en voulait d'avoir lu cette partie du journal de son frère? Est-ce que tout allait bien pour lui? Pour un peu, on pourrait prendre les inquiétudes de la jeune fille comme celle d'une mère envers son fils ou plutôt, une grande sœur qui s'inquiète pour son petit frère mais surement pas l'inquiétude d'une adolescente pour un de ses amis. Et au fond, même la brune devait reconnaître que c'était un peu ça: depuis l'orphelinat jusqu'au centre, elle avait toujours veillé sur les gens, que cela soit des enfants ou des adultes, dans le cas des blessés ou des malades, ce qui lui avait souvent conféré un rôle de maman ou de grande sœur suivant la situation. Et il semblait que l'institut n'allait pas faire exception non plus à ce réflexe que pouvait avoir la jeune guérisseuse.

Il s'était écoulé quelques instants après qu'Aaron lui ait répété qu'il n'y avait rien et qu'elle n'avait pas besoin de s'en soucier, la pluie avait eu le temps de commencer à tomber, d'abord quelques petites gouttes d'eau, avant que ces dernières ne prennent un peu plus de force. Déjà Tahia commençait à être mouillée par la pluie, du moins jusqu'à ce qu'elle se rende compte que son camarade avait disparu quelques secondes avant de réapparaitre avec un parapluie en main. Ah oui, c'est vrai qu'en tant que téléporteur, il pouvait apparaître et disparaître à n'importe quel endroit, en outre, il pouvait facilement aller chercher un parapluie pour éviter de se faire mouiller davantage. Mais visiblement, la téléportation n'avait pas l'air non plus d'être simple et agréable étant donné que pendant un instant, elle eut l'impression que l'adolescent avait la tête qui tournait et se trouvait au bord du toit n'était pas la meilleure place pour tomber dans les pommes ou autre. Quoiqu'il en soit, l'étudiant avait tôt fait d'ouvrir le parapluie fraichement récupéré avant de s'approcher de la brune et placer le parapluie au dessus d'elle, lui disant que si elle ne craignait pas la pluie, cela ne serait pas le cas concernant les vêtements. Ce n'était pas faux, sa robe avait commencé à prendre un peu l'eau et ses cheveux étaient mouillés mais là encore, l'adolescente se moquait bien d'être trempée ou non. Pourquoi recommençait-il avec cette histoire de taille? Que cela soit lui qui soit plus grand qu'elle ne sera pas aussi différent si c'était elle qui tenait le parapluie, qu'elle soit plus petite ou non. Cela risquait vraiment de durer encore longtemps cette affaire.

Et alors que les deux jeunes gens observaient le ciel gris, Tahia fut tirée de sa contemplation par l'adolescent, qui lui demanda si, en plus de contrôler le vent, elle pouvait l'entendre et quel bruit pouvait faire ce dernier. Il allait commencer une phrase concernant le tonnerre avant de s'arrêter et de lui dire d'oublier de suite. Et même si la jeune fille fut reconnaissante à son camarade, elle ne voulait pas trop rester sous un parapluie avec le tonnerre à côté et pouvant frapper à tout moment. Aussi, elle retourna se mettre sous la pluie, quitte à se mouiller davantage, ce n'était pas bien grave.

" J'ignore quelle était ton idée concernant le tonnerre mais je serai bien curieuse de voir si pour quelqu'un d'affinité Tonnerre, l'élément en question peut avoir un effet direct, surtout avec un parapluie, qui est un excellent paratonnerre pour une journée d'orage comme aujourd'hui. "


Bon, l'idée de voir l'étudiant frappé par la foudre était moyennement plaisante mais s'imaginer Aaron couvert d'électricité statique à cause de l'impact d'un éclair pourrait être assez drôle à voir. Mais gardant cette pensée dans son esprit, la brune repensa à ce que lui avait demandé son camarade concernant l'air. Se tournant vers l'adolescent, elle reprit donc la parole:

" Il me semble que nous avions déjà parlé de cela la dernière fois, lorsque l'on était à la cafétéria mais je comprends que tu ais pu oublier. Mais pour te donner un exemple simple: là où une personne normale ou n'étant pas d'affinité Air entendrait simplement le souffle du vent, moi j'entendrai tantôt des murmures tantôt une sorte de mélodie, tout dépend de la force du vent et du temps en règle général. "

En faisant référence à la cafétéria, Tahia ne put s'empêcher de se souvenir de ce qui s'y était passé et espérant que son camarade n'ait pas vu son expression changer, elle préféra se détourner. Pouvait-elle vraiment lui poser la question? Certes, cela éviterait qu'elle ait à insister de nouveau concernant les blessures d'Aaron mais elle avait aussi tellement peur de lui demander. Depuis ce jour là, combien de fois s'était-elle reprochée d'avoir accepté de lire ce passage? Parce qu'au fond, elle se sentait réellement responsable du fait que le jeune homme ait été aussi ravagé ce jour là. D'autant plus qu'elle n'avait rien fait pour le calmer, elle était simplement restée là, comme une idiote...avant de s'en aller...

" Est-ce que tu m'en veux, Aaron...? Est-ce que tu m'en veux pour ce qu'il y a eu à la cafétéria?"

Elle ignorait si le jeune homme voyait de quoi elle parlait mais elle voulait tout de même lui dire, depuis tout ce temps, l'adolescente voulait simplement une réponse.

" Si ce qu'il y a eu l'an dernier est la raison pour laquelle tu ne veux pas t'expliquer, je comprendrai. Après tout, je suis un peu responsable de comment tu peux être maintenant. Si j'avais refusé de traduire, peut être que les choses auraient pu être différentes: oui, le mensonge aurait toujours été là mais j'aurai donné n'importe quoi pour ne pas te voir comme tu l'as été ce jour là. T'avoir vu dans cet état... Je suis tellement désolée... "

Elle avait tout fait pour rester calme mais sa voix avait fini par céder et ce fut à son tour de ravaler un sanglot, alors qu'elle conservait sa tête baissée. Personne n'aurait pu dire si l'eau qui coulait sur son visage était la pluie ou ses larmes mais Tahia resta ainsi, n'osant pas regarder Aaron, c'était déjà assez le simple fait de craquer devant lui, autant ne pas en rajouter plus.  
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Dim 26 Juil 2015 - 10:44
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Tu étais tellement absorbé par la contemplation de ce ciel gris que tu ne remarquas pas immédiatement que la brune s'était décalée pour retourner sous le pluie. Tu repensais à cet après-midi de Septembre pluvieux ou avec Allemand vous aviez finis complètement trempés à cause d'Eau farceur. Tu repensais à quel point tu avais été pathétique... et lamentable. Et ça te fait drôlement mal au cœur. Ça te prends à la gorge comme une odeur d’ammoniaque et tu te retrouves de nouveau à papillonner pour éviter de t'en souvenir. Pour éviter de te rappeler tout ça... C'est peut-être de bon moment, mais ils font beaucoup trop mal. Tu reviens sur terre un peu en retard puisque Tahia avait commencé à te parler. Tu te mets à loucher sur le haut de ton parapluie lorsqu'elle te rappelle que c'est un bon paratonnerre avant de hausser les épaules. Tu es Tonnerre, donc techniquement, ça ne peut rien te faire ! Par précaution, tu prends quand même le parapluie dans ta main gauche, histoire d'éviter que ça passe par le coeur ou une connerie du genre, mais tu ne le lâches pas. Tu n'as vraiment pas envie d'être trempé. Par contre... La française c'était une autre histoire. Tu as une moue agacée en la voyant sous la pluie. Elle allait finir par tomber malade avec ce vent de dingue et cette pluie. T'avais envie de tendre le bras pour la remettre à l'abris mais elle n'aurait sûrement pas apprécié...

Tu as beau ne rien comprendre à ses explications sur le pouvoir des Airs, tu ne peux t'empêcher de les adorer. Parce que ça te fait rêver et que stupidement, tu essayes. C'est comme ça que tu te retrouves à tendre l'oreille pour "écouter" le vent. A essayer d'entendre ces murmures, cette mélodies... C'est stupide. Tu n'entends que son sifflement et le tonnerre le domine largement. Ça t'effraies un peu et rapidement le parapluie te semble être une idée de moins en moins bonne. Mais tu ne veux vraiment pas finir mouillé... Tu as l'air tellement stupide seul sous ton parapluie...
- Qu...oi ? lâches-tu en entendant sa question.

Tu ne comprends pas. Tu ne comprends plus rien. D'où elle la sort cette idée ?! Merde ! Tu paniques et te recules d'un pas. C'est... pas possible. Tu ne comprends pas comment tu as fais pour que tout merde à ce point. Pour lui donner cette impression... Tu as la gorge serrée et l'impression que ton monde se brise une nouvelle fois : encore une personne qui va t'abandonner. Tu suffoques intérieurement tandis que le ciel se brise avec les éclairs. Non, non, non ! Tu ne voulais pas ! Pas ça... Tu ne voulais pas être de nouveau abandonné...
- Non, non, non ! t'écrias-tu en l'attrapant par les épaules pour la forcer à se retourner alors qu'elle n'avait même pas finis de parler. Dis pas ça. Dis pas ça. Pourquoi j't'en voudrais ? C'est complètement stupide ! C'est... Non...

Tu finis par la lâcher et tu te retournes. Tu n'y arrives pas... C'est... T'inspires profondément et te tiens tes coudes pour éviter de trembler comme une feuille. Tu ne savais pas comment le dire et ça t'énervais. Tu les lâchas et leva tes mains en signe de résignation avant de les mettre derrière ta tête et de faire les cent pas.
- J'ai.... revu mon frère, lâches-tu sans lever les yeux. Et.... Et...

Tu retournes encore, tu ne sais vraiment pas quoi faire, quoi dire... Tes pensées partent en vrille et tu es incapable de mettre ça au clair et tout finis par sortir car tu les as retenu trop longtemps...
- Et c'est pas d'ta faute ! Ok ? J'aurai finis par le savoir ! J'aurai demandé à un master, à un autre étudiant ou... ou je sais pas qui ! Mais j'aurais finis par le savoir et franchement je... je... je sais pas comment te remercier pour me l'avoir dit ! Je... Je comprends pas pourquoi tu t'en veux... ça aurait fini comme ça a...

Tu enfouis ton visage entre tes mains bandées et trempées. Tu n'y arrives pas. Tes pensées partent dans tous les sens... T'es même pas capable de rester tranquille et tu bouges sans t'arrêter. Tu trembles de froid, de panique, de peur, de colère, de... de tout. Tu remontes tes mains dans tes cheveux et les ramènes en arrière en regardant la française.
- Ch'ui parti de Terrae pour aller à New-York, recommenças-tu en baissant le regard. Sans rien dire à personne. En Février, ou Janvier... ça... ça a pas trop d'importance et... et j'ai... je l'ai revu.

Un sanglot t'interrompit et tu te retournas brusquement. Non, non, t'en étais incapable... Tu arrivais pas... Tu t'agitais devant Tahia comme un fauve en cage et ta voix était tremblante, rapide, furieuse...
- Et... tu ne peux t'empêcher de t'accroupir et de faire des mouvements de balancier, d'avant en arrière, la tête enfouis dans tes mains. Et ça s'est mal passé. Je... Je sais pas... Je sais pas ! Il aurait dû survivre ! C’était censé aller mieux ! Il était en bonne voie et... et non. Non, non, non... Même mes tuteurs y sont... et j'ai vu mes parents... et...

Tu hoquetas et lâchas ton visage pour reprendre tes coudes. Tu étais complètement désespéré, perdu, de revivre ton passé. ça s’emmêlait, se confondait, se perdait dans ta tête. Les mots devenaient impossibles à dire et tu étais à la limite de faire une crise de panique. Le regard fixé sur tes chaussures qui prenaient l'eau, tu continuas.
- Et après en rentrant y a... y a sa fiancé qui m'appelle, tes mains remontent dans tes cheveux pour se crisper dans ta nuque. Et... Et... Et puis y a mes parents qui adoptent la fille de mes tuteurs et... et juste merde.

Tu caches de nouveau ton visage entre tes mains et cesses tes mouvement de balancier pour te renfermer sur toi-même, mais tu es trop lancé pour t'arrêter.
- Et c'est pas d'ta faute, répètes-tu. Je l'aurai su, j'aurai demander à la rouquine française, Ludmi, j'aurai d'mandé à un master, à un élève, j'l'aurai appris par sa fiancé par... par plein de personne. Ou... merde, désolé, j'imagine que j'ai gardé ça trop longtemps, désolé.

Tu inspires, tu as l'impression de suffoquer, que tout se trouve sur le bout de ta langue et que tout veut sortir. T'es trempé. Complètement. Et perdu aussi... C'est lamentable. Pitoyable. Tu changes de position et restes assis en tailleur en face de la française sans lever les yeux de tes mains bandées.
- Eet... Et ils ont un fils de neuf ans ! C'est ça qui me met dans cet état... J'en suis jaloux. Je le déteste. Eeeet... Et c'est juste le bordel. J'y comprends rien et j'vois pas comment le prendre. Comment l'supporter et... et ça finit comme ça à chaque fois que je reçois une lettre. C'est...

Tu détestes sentir ta voix trembler. Tu détestes ton état. Avec un nouvel hoquet, tu essuies tes yeux du dos de ta main -ouch- et continues :
- C'est la seule chose qui me calme un peu et en parler aux autres c'est pas question parce que c'est gros. Trop lourds... Et ils finissent par s'en vouloir, se sentir coupable ou des conneries comme ça alors que c'est entièrement de ma faute et... Et puis ils partent. Ils partent et j'me retrouve de nouveau tout seul... et... et j'supporte pas ça...

Tu inspires par coup alors que brusquement tu te calmes. Comme si t'avais tout dit alors que tu sais qu'il reste énormément à dire. Tremblant de froid et de panique, tu te frictionnes les bras en attendant une réaction. Tu ne sais pas ce qu'il t'a prit... La peur ? La panique ? T'en sais rien... T'en sais foutrement rien. Tu as la gorge qui te fait souffrir et les yeux rouges, à force d'avoir pleuré à plusieurs moments. Ce n'était même plus des pleurs continus... Juste des pleurs de détresse et de panique. Tu inspires en hoquetant alors que tu enfouis de nouveau ton visage entre tes mains.
- Désolé... Désolé... Je ne sais pas ce qu'il vient de me prendre... J'crois que c'est le côté Impulsif des Tonnerres... Excuses-moi, tu ne voulais sûrement pas savoir tout ça...

Hrp > Désolée o.o c'est énorme et... très panique comme réaction. Si ça te dérange je peux essayer de changer ^^'
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Mar 28 Juil 2015 - 3:37
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Not alone - Red

Comment les choses en étaient arrivées à ce point, exactement? La journée avait pourtant commencé normalement et rien n'avait laissé présager que certaines choses tourneraient aussi mal en l'espace de si peu de temps et pourtant... Tahia aurait voulu que tout se passe bien pour le reste de cette journée: la matinée s'était pourtant bien déroulée et avec l'orage qui s'était préparée, elle aurait espéré que son après-midi se passe tout aussi bien. Et pourtant, voilà où elle en était actuellement: debout sur le toit de l'institut, la pluie tombant avec toujours autant de force et cette dernière mouillant aussi bien ses vêtements qu'elle même, la jeune fille se demandait si au final, cet orage était le présage que les choses allaient finir par s'assombrir pour elle. Va savoir. Ce qui était sur, c'est que la brune n'avait plus la tête à admirer et écouter quoi que ce soit vis à vis du paysage pluvieux qui s'offrait désormais face à elle. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle aurait quitté le toit depuis longtemps et se serait enfermée dans sa chambre le reste de la journée, sans doute elle aurait eu froid après avoir été autant trempée mais cela lui importait peu, elle saurait quoi faire pour se soigner si cela devait arriver. Mais dans l'immédiat, elle ne pouvait pas partir comme cela et pour cause, elle n'était pas seule sur le toit et autant dire qu'elle aurait vraiment souhaité que ses retrouvailles avec cette personne se passent autrement et qu'elle ne soit actuellement pas en train de pleurer parce qu'elle se sentait fautive.

Fautive vis à vis d'Aaron car elle était sûre que c'était de fa faute si son camarade était maintenant si différent et surtout si triste. Sans doute était-ce bien stupide de la part de Tahia de penser ainsi mais depuis tout ce temps, elle ne cessait de se demander si le jeune homme lui en voulait pour ce qui était arrivé et si la brune était réellement fautive ou non. Et au final, voilà où ils en étaient tous les deux... Si la brune y avait prêté attention, elle aurait vu la surprise mais surtout la panique de l'étudiant après qu'elle lui ait demandé s'il lui en voulait. Et alors qu'elle avait continué à parler, la jeune fille fut interrompue par son camarade qui l'avait saisi aux épaules, lui disant qu'elle n'avait pas à dire cela, qu'il ne comprenait pas pourquoi il lui en voudrait et que c'était complètement stupide. Jamais elle n'aurait cru être interrompue de cette façon là mais en tout cas, si elle n'avait pas été aussi surprise de l'intervention de son camarade, on pouvait être sûr que l'adolescente aurait elle même commencé à paniquer au contact soudain du jeune homme. Mais elle était bien trop choquée pour prêter autant attention au fait qu'Aaron la tenait aux épaules, d'autant plus qu'il l'avait lâché peu après avant de se détourner, se tenant les coudes alors qu'il essayait de ne plus trembler. L'étudiante remarqua à ce moment là qu'il avait lâché son parapluie, au moment où il s'était approché d'elle pour lui dire qu'il n'avait pas de raison de lui en vouloir, et qu'il était maintenant aussi mouillé qu'elle.

Et pourtant, alors que le jeune reprenait la parole, semblant hésiter sur ses mots, Tahia semblait avoir oublié tout ce qui l'entourait: elle avait oublié la pluie qui continuait de tomber, elle avait oublié le froid qui commençait à parcourir son corps, elle avait oublié les murmures du vent. Tout ce qu'elle voyait actuellement, c'était Aaron et ce que de dernier lui disait et autant dire que la brune appréhendait quelque peu la suite. Tout d'abord, il lui avait déclaré qu'il avait revu son frère. Cette simple phrase ne put que rappeler à l'adolescente que c'était justement de la disparition du frère de l'étudiant que tout était parti, puis du journal que son camarade avait gardé pendant tout ce temps pour essayer de retrouver son frère. Alors, au final, son frère était bien en vie... La jeune fille fut sortie de ses pensées lorsque l'adolescent lui déclara que ce n'était pas de sa faute car il aurait pu le demander à n'importe qui d'autre, que cela soit un Master ou un autre étudiant, et que dans tous les cas, il aurait fini par savoir. Mais jamais elle ne se serait attendue à ce que son camarade la remercie de lui avoir dit la vérité, qu'il ne comprenait pas pourquoi elle avait pensé qu'il lui en voudrait car cela aurait surement fini comme ça... Que cela soit elle qui l'ait dit ou non... La jeune guérisseuse ne pouvait tout de même s'empêcher de sentir son cœur se serrer dans sa poitrine alors qu'elle fixait le jeune homme tremblant devant elle et qui semblait à cet instant si perdu mais aussi tellement fragile.

Et pourtant, malgré l'envie de lui demander d'arrêter et qu'ils feraient mieux de rentrer, Tahia n'avait toujours pas parlé et continué d'écouter Aaron sans bouger, attendant que ce dernier finisse par se calmer de lui-même. L'étudiant avait repris la parole, lui expliquant qu'il était parti à New York sans en parler à qui que ce soit à Terrae et que c'était là-bas qu'il l'avait revu mais que les choses s'étaient mal passées. Le jeune homme avait recommencé à s'agiter et la brune soupçonnait que la suite était tout sauf réjouissante et elle en eut rapidement la preuve lorsqu'elle entendit son camarade dire que son frère aurait dû survivre. Cela voulait dire qu'il était...? L'adolescente ramena une de ses mains sur sa bouche en comprenant où le jeune Tonnerre voulait en venir, la suite ne faisant qu'empirer les choses alors qu'il parlait d'une part de ses tuteurs puis de ses parents. Pour la suite, la brune eut beaucoup de peine à comprendre ce que l'adolescent voulait lui dire tellement les phrases étaient hésitantes, comme voulant se bloquer dans la gorge d'Aaron alors qu'il se forçait à vouloir les dire. Si cela continuait ainsi, peu importe ce que dirait le jeune homme après ça, s'il ne parvenait pas à se calmer à nouveau, elle le ferrait s'arrêter et tant pis s'il ne voudrait plus en parler après. Si son camarade voulait lui parler de quoi que ce soit, que cela soit dans de bonnes conditions car l'adolescente aurait vraiment voulu connaître tout cela dans des circonstances plus favorables et moins difficiles comme maintenant. 

Il lui répéta une seconde fois que ce n'était pas de sa faute avant de s'excuser, disant qu'il avait surement gardé tout cela pour lui trop longtemps. Assis en tailleur face à elle qui était encore debout, Tahia ne savait vraiment plus quoi penser de tout ce qu'elle était en train d'entendre, surtout en sachant que c'était surement loin d'être terminé, la reprise de parole de l'adolescent lui donnant raison. Alors elle l'écouta à nouveau en silence, n'osant cette fois pas prononcer la moindre parole alors que son camarade continuait à lui parler. Enfin, la brune eut alors une explication sur pourquoi le jeune homme ne voulait pas parler des problèmes qu'il pouvait avoir à qui que ce soit. Au final, cela se résumait un peu à ses réactions à elle lorsque le jeune Tonnerre lui avait parlé la première fois de son frère et même encore maintenant: le sentiment de culpabilité et l'impression de vouloir se reprocher quelque chose alors que l'on est en rien responsable. Mais le plus difficile fut lorsqu'il rajouta qu'à cause de cela, ces personnes finissaient par partir et le laisser seul. A cet instant, alors que l'adolescent avait de nouveau caché son visage et reprenait la parole après un instant de silence, la guérisseuse finit par faire ce qui, pour elle, était surement la meilleure chose à faire: s'avançant vers le jeune homme, elle s'accroupit pour se mettre à son niveau avant de le prendre dans ses bras, ignorant le fait qu'il soit aussi mouillé qu'elle.

" Ce n'est pas de ta faute, Aaron. Ce n'est pas ta faute ce qui est arrivé à ton frère, ce n'est pas ta faute ce que tes parents ont fait. Rien n'est de ta faute et tu ne mérites pas de souffrir autant pour ça. "


Même elle ne savait pas trop quoi dire après tout ce que son camarade lui avait raconté. Mais alors qu'elle était toujours là, le tenant dans ses bras alors qu'elle avait commencé à passer doucement sa main dans le dos d'Aaron pour essayer de le calmer, Tahia ne pouvait décidément pas rester muette après tout cela.

" Les choses qui nous tiennent le plus à cœur ou qui nous ont le plus marqués dans notre vie, c'est normal que l'on veuille les garder pour soi, en pensant que c'est la meilleure solution. Pendant longtemps, j'agissais aussi de cette façon, gardant mes souffrances en refusant de la partager avec les autres et même en arrivant ici, cela m'arrivait encore de le faire. Et pourtant, quelqu'un m'a dit un jour qu'il existait des blessures que même la médecine ne pourrait jamais guérir, que c'était à nous de les refermer en laissant le temps les faire cicatriser mais que pour cela...je devais briser mon silence et relâcher enfin mes sentiments... Et surtout que je n'étais pas seule... "


Les mots venaient d'eux même alors que Tahia parlait et penser que ce qu'elle disait à son camarade correspondait aux mêmes paroles que lui avait dites sa Grand-Mère il y a neuf ans de cela, autant dire que même la brune en était assez surprise. Mais jamais elle n'avait pu oublier ces paroles, c'était impossible. Et alors qu'elle avait laissé un moment de silence, la jeune fille reprit doucement la parole:

" You're not alone, Aaron. I am here... "




[HRP: Besoin de préciser que je suis à deux doigts de fondre en larmes après avoir écrit ça? J'espère que ça ira en tout cas et je conseille, pendant la lecture, d'écouter la musique dont j'ai mis le lien au début de ma réponse.]
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Mer 29 Juil 2015 - 14:45
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Tu tremblais. Tu étais de nouveau perdu. Complètement perdu. T'avais l'impression d'avoir une enclume sur le coeur, un noeud coulant dans la gorge et des vipères dans le ventre. Tu t'étais rarement senti aussi mal. Tu ne put t'empêcher de te crisper quand Tahia te prit dans ses bras. Depuis que t'avais appris que l'Allemand était parti, tu ne t'étais plus du tout laissé toucher. Encore et encore des souvenirs. Tu en avais marre... Tu voulais que tout s'arrête. Que chaque mot arrête de remonter des tonnes de souvenirs... L'enclume devient ancre quand elle tente de te réconforter. Les mots de touchent et peut-être qu'ils agiront plus tard, mais pour le moment ils te font juste trembler de tristesse un peu plus entre ses bras.
- Non, non... chuchotes-tu alors qu'elle continue de te parler, si je l'avais pas énervé, il serait enc...

Oui, tu pensais encore que c'était de ta faute. Si tu n'étais pas venu, peut-être qu'il ne serait jamais mort. Il se serait rétablit correctement sans peste à ses côtés pour le déranger, le faire paniquer. Les mots de la française te font pleurer et tu te raccroches à ses bras. Tu te hais d'agir autant en enfant, mais tu ne peux rien y faire. T'es un enfant à qui on a ordonné de se comporter comme un adulte et maintenant qu'il n'y a plus de surveillance tu en redeviens un. Si tu ne le méritais pas, alors pourquoi ça t'arrivais... ? Le noeud coulant se resserre alors que tu te raccroches à sa voix pour vraiment tenir. Ne pas craquer pour de bon. Tu aimerais faire de ces mots, une lanterne, une lueur, mais tu ne sais pas comment t'y prendre et il ne restait que de simple mot. Teintés d'espoir. Tu repenses à quand tu étais rentré de New-York, à ces quelques jours avec la rouquine. Au mot de Mitsu. Tu n'es pas seul. Ressaisis-toi. Simplement. Arrêtes d'embêter les autres avec ça. Qu'importe s'ils te disent qu'ils sont là. Ils finissent tous par partir, c'est ça ? Comme avec l'Allemand... Et le monde ne tourne pas qu'autour de vous. Tu hoquettes contre Tahia en tentant de reprendre de l'air. Tu sais que tu devrais accepter cette aide, mais... mais tu n'y arrivais pas. Tu la lâches doucement, suffoqué par tant de proximité alors que tu ne la supportes, plus et te frottes les yeux pour faire partir les larmes. Tu n'oses plus la regarder. Pire... tu n'arrives pas à la remercier d'être là pour toi. A chaque fois tu te détournais des personnes qui te le disaient comme si tu avais peur de leurs faire mal, de les enfoncer un peu plus...
- J'ai l'impression que l'on ne me dit que cela... Ludmi, Mitsu et toi... Mais... Mais j'arrive pas à le croire...

Tu serres de nouveau tes coudes en regardant ailleurs. Tu te sens coupable de ne pas réussir à croire en eux. Et complètement honteux de recourir à de telle chose pour te calmer.
- Je... Je sais que c'est pas la solution... J'ai... J'arrête pas de tenter d'arrêter mais... mais... mais y a toujours un truc qui finit par m'en redonner envie et... et comme c'est la solution de facilité...

Tu es complètement abattu et trempé. Le froid te fait autant trembler que la peur et la tristesse mais tu n'y prêtes plus vraiment attention. T'as l'horrible goût de la culpabilité sur la langue qui te dégoûte juste un peu plus de toi même.
- Dé... désolé... T'avais sûrement prévu d'être tranquille et au final tu t'inquiètes pour moi... vraiment désolé, Tahia.

Tu finis par lâcher tes coudes pour passer doucement tes mains sur ton visage. T'as les yeux qui te piquent à force de pleurer. Tes cheveux sont complètement trempés et tu les rabats en arrière. Tu regardes au loin, les éclairs éclataient et le tonnerre gronder. Tu serres ton t-shirt au niveau de ton coeur qui te fait tellement mal en n'arrivant pas à détacher ton regard.
- J'ai... J'ai l'impression de tout foirer... Que dès que ça à l'air d'aller bien, bah je fais un truc qui fait tout foirer... t'as jamais eu cette impression ? La journée aurait pu être tellement sympa mais... mais non... désolé.

Tu la fermes avant de dire encore plus de connerie et de t'excuser en boucle. Le vent de fouette, et te décoiffe comme pas possible alors que tu t'étais dégagé de l'étreinte de Tahia. Tu... Tu ne savais pas pourquoi te retrouver dans les bras de quelqu'un te mettait dans cet état. Il ne s'était pourtant presque rien passé entre l'Allemand et toi et pourtant. Pourtant... Merde...
- Je sais juste plus quoi faire, murmures-tu d'une voix brisée sans savoir à qui au vent ou a Tahia. J'ai plus d'lumière, j'ai plus rien, j'ai l'impression qu'on m'a tout prit... et c'est juste quand je perd quelqu'un que je me rends compte qu'il me restait quelques choses...

Le collier de ton frère n'est plus là depuis tellement longtemps que ça t'attriste encore plus. Tu aurais voulu retrouver sa forme réconfortante, mais non... Tu serras un peu plus fort le tissu.
- Et... Et j'ai l'impression que tout le monde va bien, autour de moi, qu'ils ont réussit à surmonter leurs vides et que... que moi non et je veux pas embêter...

Doucement... Tu inspires très lentement tellement c'est douloureux et finis par lâcher ton t-shirt. Tu n'as pas le courage de relever la tête pour regarder Tahia. Tu es lâche, peureux...
- T'as jamais eu cette impression ? D'être le seul qui restait sur place alors que les autres avançaient ? Que t'étais juste pas capable de te relever car tes genoux étaient tellement explosés...

Ta gorge est douloureuse, tu baisses la tête, ne sachant plus quoi dire. tu te hais d'oser dire ça...
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Ven 31 Juil 2015 - 19:11
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Jamais elle ne s'était sentie aussi démunie devant une situation comme celle-ci et autant dire que ce n'était pas prêt de s'arranger, elle en était sûre, même en essayant de faire en sorte que les choses s'améliorent. Mais en même temps, Tahia comprenait que cela ne serait pas simple, compte tenu de ce que lui avait dit Aaron et il était évident que même en essayant de l'aider le mieux possible, le jeune homme mettrait beaucoup de temps avant que les choses changent pour lui. Et alors qu'elle le tenait dans ses bras, essayant de le réconforter, l'adolescente put sentir son camarade se crisper à son contact, comme s'il avait peur du simple fait qu'elle veuille le toucher. Quelle ironie quand on pense que jusqu'à présent, c'était la brune qui avait peur du contact avec les hommes, certes la peur était toujours présente et sans doute qu'elle ne disparaitrait pas avant très longtemps mais elle faisait suffisamment confiance à son camarade pour savoir qu'il ne lui ferait aucun mal, d'où le fait qu'elle pouvait prendre sur elle. Et puis, elle ne pouvait pas vraiment l'expliquer mais, il y avait quelque chose qui la poussait à vouloir agir comme tel avec l'adolescent, agir comme le ferait une grande sœur envers son cadet et plus elle y pensait, plus elle se disait que ce n'était pas non plus la chose la plus surprenante, compte tenu de son attitude vis à vis des personnes plus jeunes qu'elle, que cela soit des enfants ou des adolescents. Quand elle appréciait l'un d'entre eux, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir agir de cette manière.

Et sans doute que le cas d'Aaron ne faisait pas exception à cette règle et son état ne faisait que renforcer cette envie de vouloir l'aider, peu importe la situation. Tahia aurait vraiment souhaité qu'il cesse de se reprocher d'être responsable lorsqu'il commença à lui dire que s'il n'avait pas énervé son frère, sans doute serait il encore...encore vivant. Qu'il se sente toujours coupable est normal mais il ne pouvait pas dire que tout était de sa faute car chacun avait eu sa part de responsabilités dans cette histoire, pas uniquement son camarade, qui maintenant avait reçu les conséquences de tout ce qui est arrivé. Après un moment, le jeune homme avait commencé à se détacher d'elle, essayant de faire disparaître ses larmes et n'osant pas la regarder. C'était terrible à quel point il avait changé: il n'était plus ce jeune garçon qui lui semblait tellement plein de vie, enfantin, maladroit mais ayant pourtant une grande gentillesse et une part de souffrance en lui. Maintenant, la guérisseuse avait l'impression que cette souffrance l'avait totalement consumé, faisant disparaître cette innocence qui le caractérisait tant pour laisser place à une autre personne plus triste et détruite... Au fond, elle avait l'impression de se voir elle lorsqu'elle avait neuf ans, ce triste soir où elle avait ressenti son Vide pour la première fois, ce même soir où elle avait perdu toute innocence et foi en l'humanité. Et voir quelqu'un ressentant la même souffrance que celle qu'elle avait ressenti par le passé, était vraiment quelque chose qu'elle avait du mal à supporter, autant pour elle que pour la personne concernée.

Visiblement, elle n'était pas la seule à essayer de soutenir son camarade lorsque ce dernier lui cita d'autres noms, entendre le nom de Ludmila lui fit penser à la rouquine qui s'était cassée le bras tandis que le second nom ne lui disait rien sur le coup. Mais il ne parvenait pas à les croire... Bon Dieu mais qu'est ce qu'il y avait eu d'autre durant cette année pour que le jeune homme soit aussi peu confiant maintenant et se mette à douter autant des autres?! Tahia ne pouvait pas le lui reprocher mais tout de même, là cela devenait de plus en plus difficile d'imaginer que le Aaron devant elle était le même que celui qu'elle avait connu la première fois et cela ne l'attristait que plus encore. D'autant plus lorsqu'il rajouta qu'il avait conscience que ce n'était pas le mieux et qu'il avait essayé de faire changer cela mais à chaque occasion, il se passait quelque chose qui lui faisait reprendre cette voie et donc recommencer à zéro. Les tremblements du jeune homme rappelèrent à la brune qu'ils étaient toujours sous la pluie, trempés jusqu'aux os et très certainement vont ils attraper un rhume le soir même ou le lendemain mais dans l'immédiat, ce dernier point était bien la dernière préoccupation de l'adolescente. Il s'excusa une nouvelle fois, disant que sans doute la jeune fille aurait voulu être tranquille au lieu d'avoir à s'inquiéter pour lui, ce qui fit étrangement soupirer la concernée. Oui elle aurait voulu profiter de cet après-midi mais quand il était question d'un de ses amis, son plaisir personnel disparaissait rapidement et puis, était-ce donc si peu normal de se préoccuper des gens auxquels on tient?

Oh combien elle avait envie de le reprendre dans ses bras à cet instant mais Tahia se devait de l'écouter, il fallait qu'Aaron vide son sac une bonne fois pour toute, qu'il arrête de cacher des choses, que cela soit pour ses sentiments comme pour ce qui lui est arrivé. Il n'y avait que de cette façon là qu'il puisse espérer aller mieux et pouvoir avancer par la suite. Sans doute n'en aurait-il pas conscience sur le coup mais c'était la seule solution s'il voulait espérer pouvoir changer quelque chose. L'impression de tout foirer... De ne plus savoir quoi faire... Tout cela avait du sens et se comprenait, même si cela n'en restait pas moins difficile. Et l'impression d'avoir en face d'elle un miroir de ce qu'elle avait été enfant ne faisait que s'agrandir davantage encore: le sentiment que l'on nous enlevait quelque chose, ne plus avoir d'espoir ou de "lumière", comme le disait le jeune homme. Oui, c'était vraiment comme elle avait pu l'être avant et comme elle l'était toujours... La petite fille innocente et pure était morte ce même soir où une autre petite fille est née, détruite et sans espoir pour sa part. Et cette deuxième petite fille était toujours là, même après avoir grandi pendant toutes ces années. Donc oui, le sentiment de ne pas avancer là où les autres ont continué à vivre, elle le connaissait aussi, peut être même trop. Certes, sans sa Grand-Mère, sans le centre, la brune n'aurait surement jamais réussi à se relever mais elle savait que même grâce au soutien que tous ces gens ont pu lui apporter, ils ne pourront jamais lui rendre ce qu'elle a perdu car tout cela était mort et ne reviendra jamais.

" Si tu ne l'avais pas énervé, peut être serait il encore vivant, n'est ce pas? Si tu n'y étais pas allé, peut être qu'il ne serait pas mort? Tu sais, si le monde se construisait à partir de 'si' et de 'peut être', cela n'aurait plus beaucoup d'intérêt d'y vivre. Si je n'avais pas fait confiance à ces hommes il y a neuf ans, peut être que je n'aurai pas perdu ma foi en l'homme et mon innocence de gamine. Si Grand-Mère ne m'avait pas trouvé, peut être que je serais morte dans cette ruelle... "

Les mots avaient été prononcés d'une façon assez dure mais Tahia voulait qu'il comprenne qu'il n'était en rien fautif et que même s'il pouvait être possible que son frère aurait pu survivre, rien n'attestait qu'il ne serait pas mort non plus, avec ou sans la présence d'Aaron.

" Tu trouverais normal toi que quelqu'un fasse passer ses propres envies et son bien être avant celui des autres? Il n'y a que les égoïstes et les imbéciles qui peuvent penser à ce genre de chose. Et je ne suis surement pas l'un ou l'autre et surtout pas lorsque je vois devant moi un ami qui souffre! Je ne suis pas Ludmila, certes, ni cette Mitsu mais j'ai pas l'intention de te laisser comme ça, que cela te plaise ou non, que tu crois en mes paroles ou non! "

Tahia finit par s'adoucir après avoir prononcé ces paroles et elle se sentit déjà un peu plus légère après avoir dit cela à Aaron. Ce n'est pas grave s'il croyait ou non en ce qu'elle disait mais elle ne comptait pas le lâcher comme ça, c'était hors de question! Elle reprit alors la parole, d'une voix plus douce que précédemment:

" Quand je te regarde...j'ai l'impression de me voir moi quand je n'avais que neuf ans. Seule, détruite, ayant perdu espoir et foi en tout. Et même aujourd'hui, alors que le centre m'a aidé à me relever, je sens que tout n'a pas encore changé et même, que certaines choses ne pourront jamais changer pour moi... Que mon Vide ne partira jamais vraiment et que même si j'arrive à le surmonter, il me pèsera toujours car il est né le jour où j'ai tout perdu et qu'une partie de moi est morte, aspirée et tout aussi présente dans ce Vide... "

La guérisseuse avait dit cela alors qu'elle avait posé sa main sur sa poitrine, au niveau de son cœur, là où elle pouvait encore sentir le Vide, moins pesant qu'à son arrivée mais qui était encore là pour lui rappeler pourquoi il était là, dans sa poitrine. Après quoi, elle laissa sa main retomber le long de son corps avant de s'approcher et de prendre doucement une des mains bandées d'Aaron.

" Tu veux que l'on rentre? Je crois que maintenant, ce n'est plus trop le lieu approprié pour discuter de tout ça. Je vois déjà le rhume arriver pour nous deux donc, autant ne pas aggraver encore plus notre cas. Tu veux qu'on passe à l'infirmerie ou dans ma chambre? Dans tous les cas, qu'on puisse se sécher et que je regarde quand même tes mains. "




[HRP: Vu la situation, je pense que poursuivre le RP ailleurs est le mieux. A toi de voir si tu veux continuer et où tu souhaites que ça continue.]
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Sam 1 Aoû 2015 - 0:04
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Tu tritures longuement le tissu de ton t-shirt, attendant lourdement une réponse. T'as le cœur plus lourd et tu flippes. Mais vraiment. T'as peur de sa réaction comme si cela avait été ton frère. Mais Tahia n'est pas ton frère, elle ne peut pas te faire la moral comme il te la faisait ! Mais tu ne peux t'empêcher d'appréhender la suite, des vipères dans le ventre. Ça n'a beau durer que quelques secondes, tu es déjà mort de trouille, t'as déjà levé la tête pour guetter sa réaction. Et ce que tu vois te rends comme un gosse qui viendrait de voir le croque-mitaine. Ses mots te choquent et te blessent. Elle n'a pas le droit de parler de lui comme ça ! Tu ouvres la bouche pour répliquer mais aucun son n'en sort. Tu voudrais lui crier qu'elle n'a pas le droit de... de... de quoi ? Tu ne sais même pas contre quoi... D'exposer les faits ? Tu te sentais affreusement stupide. Tu refermes la bouche et baisses honteusement la tête. Tu es illogique. Y a pas d'autre chose à dire. Tu rentres la tête les épaules alors qu'elle te balance son propre passé. Un illogique égoïste. Qui pense être le seul à souffrir. Tu haïs brièvement la rouquine pour t'avoir balancé ça, puis t'en prend à toi-même. Et ça te piétines un peu plus le moral.

Tu oses lever les yeux vers elle alors qu'elle t'interroge sur la normalité de faire passer ses envies personnelles avant celle des autres. Tu ouvres la bouche pour approuver mais encore une fois tu te retrouves dans l'impossibilité d'émettre le moindre son car la réalité te frappe de nouveau. Et ça fait mal. Mais au moins c'est dit : t'es qu'un imbécile égoïste. Tu rentres de nouveau la tête dans les épaules en faisant de grand yeux de chien battu, sans t'en rendre compte. Tu sers les pans de ton t-shirt tellement fort que tes phalanges palissaient alors que son discourt te... retournait. Tu baisses une nouvelle fois les yeux : pleins de larme. Au bord des pleurs. Merde. Non. Non, non, non... T'avais la sale impression d'avoir déjà entendu un discourt pareil par le passé et ça te faisait flipper. Tu ne voulais pas qu'elle les voit. Qu'elle voit ses larmes de douleur, de peur, de crainte, et pourtant t'es juste incapable de lever la main et de les essuyer. Paralysé par ces prises de conscience. Tu ne ressens même plus les piqûres glacées de la pluie et du vent.

Tu n'oses plus lever le regard, ses mots te font beaucoup trop mal. Comme des petites flèches qu'on lâcherait une à une sur toi. T'as l'impression de suffoqué et que le monde s'écroule avec cet orage. ça te vrille les oreilles et t'aimerait, soudain, disparaître comme eux. POUF ! Plus d'Aaron Eran. Plus de douleur, plus de souvenir, plus de vide... Mais ça aussi t'en es complètement incapable. Ta gorge est affreusement douloureuse. Tu t'isoles brusquement. Tu ne veux plus avoir mal. Tu ne veux plus en parler. Tu ne veux plus rien de ton passé ! Mais t'es brutalement rappelé à la réalité quand Tahia prit l'une de tes mains. Y a toute la détresse du monde qui se lit dans tes yeux alors que tu relèves la tête.
Et que tombes nez à nez avec elle.
Et ses yeux vairons.
Bleu et gris.
Immaculé et souillé.

Tu te crispes de nouveau en sentant ton cœur s’alourdir et tes mâchoires se contractaient. Yep, tu flippes. Et t'es complètement acculé. Yep, tu ne peux absolument rien faire. Sauf secouer, lentement, la tête. Non, tu n'as absolument aucune envie de rentrer. Enfin... si! T'es trempé, au bord de la crise de nerf, mais... non ! Juste non, tu ne voulais pas en discuter. Tu préférais enterrer ça pour ne plus rien ressortir. Tu n'en as rien à faire d'un rhume, sérieusement. Sur le moment, c'est le dernier de tes soucis. T'en avais strictement rien à foutre. Ça te donnerait juste une excuse pour ne pas quitter ton lit. La seconde demande te fit l'effet d'un électrochoc et tu tentas brusquement de reprendre ta main. Tu ne savais pas pourquoi, l'idée que quelqu'un jette un œil à... à... à ça, t'étais absolument intolérable.
- NON !

Tu ne comprends pas pourquoi tu as crié. T'es complètement effrayé, tu n'oses plus respirer et tu reprends tes mains. Non... T'as les yeux pleins de larme alors que tu n'arrives pas à détacher ton regard d'elle. T'es fébrile. T'as encore paniqué. Doucement ton regard retombe au sol comme si tu réalisais que tu venais de crier. Il te faut encore un peu de temps avant de desserrer la mâchoire et de respirer. Mais ça n'aide en rien... Tu as toujours aussi mal au cœur. Tu détournes la tête, mort de honte alors que les secondes s'écoulent. Que t'es de plus en plus trempé. Que t'es de plus en plus perdu. Acculé...
- Non, répètes-tu plusieurs ton plus bas. Je...

Tu avais une toute petite voix hésitante et meurtrie. C'en était pathétique.
- Je gère...

Tu voulais plutôt qu'elle ne voit pas ton désastre du nouvel an. Tu te haïs plus que tout pour ça. C'était pas une belle marque et franchement... franchement t'en étais dégoûté. Tu savais qu'un soigneur aurait pu faire disparaître cette cicatrice mais... mais ça aurait été replonger dans tous... Et ça tu ne voulais pas... Tu constates que t'es de nouveau au bord des larmes et tu détournes un peu plus la tête.
- T'inquiètes pas pour ça...

Depuis quand parler était-il devenu si dur ? Tu lèves lentement une main et la pose sur ton cou comme si cela aurait pu délier ta gorge serrée. T'es devenu incapable de parler plus fort qu'un murmure.
- C'est... pas vraiment la première fois, Tahia... Tu n'as pas à t'in...

Ne venait-elle pas de te dire qu'elle... qu'elle... ça devenait le bordel dans ta tête, l'impression d'avoir un marteau piqueur. Tu inspires mais c'est trop douloureux pour remplir à fond tes poumons.
- Je gère juste... Je sais comment m'en occuper, t'en fais pas...

Tu fermes les yeux qui te sont soudainement douloureux. T'as une migraine de tous les diables et froid comme pas possible. Un éternuement vient même te confirmer qu'il serait temps de bouger. Mais t'en fais qu'à ta tête et ramène tes genoux contre toi en y posant le menton. Tu aimerais la rassurer... lui prouver que c'est rien mais... comment faire alors que t'en étais même pas convaincu toi-même ? Tu expires lentement en fermant les yeux. Bordel, t'es las. Tu comprends un peu mieux la rouquine et ses airs de vieille aigris. Tss...
- C'est... Ne le prends pas trop personnellement, je... pense que je ne supporte pas qu'on s'en occupe... Désolé...

C'est surtout que tu cherchais à cacher quelque chose de plus gros. M'enfin, ça, elle ne pouvait pas le savoir. T'avais pas l'impression d'avoir foiré quelque part. Enfin, si on exceptait tout le début de cet après-midi. Tu fermes les yeux alors que la pluie est battante et le vent violent. Va savoir pourquoi, tu arrives à savourer le grondement céleste.
- Juste le temps de souffler, marmonnes-tu dans le vide avant de te retourner vers Tahia. Je vais rester encore un moment sur le toit, ce n'est pas la peine de me surveiller si t'en as pas envie.

Bon peut-être que ce ton détaché... Ah mais merde ! Si t'étais même plus capable de contrôler tes intonations ! Où allait ce foutu monde !?
- Tahia ?

T'avais une toute petite question bête qui te restait en tête et tu sentais clairement qu'elle allait te déranger temps qu'elle n'aurait pas été posée...
- Pourquoi tu fais tout ça ? J'veux dire... J'ai vraiment pas l'impression de mériter tout ça... Alors... pour... quoi ?

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Dim 2 Aoû 2015 - 3:05
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Cela n'aurait tenu qu'à elle, Tahia aurait fait un bond de dix mètres lorsqu'elle avait entendu son camarade crier après qu'elle lui ait tenu la main et qu'elle lui ait proposé qu'ils rentrent par la suite. A se demander qui était le plus effrayé entre Aaron et elle mais ce qui était sûr, c'est que la jeune fille avait reculé de quelques pas, laissant le Tonnerre se calmer et reprendre son souffle, ce qui n'avait pas l'air d'être bien simple pour lui. Dans l'immédiat, elle savait qu'il valait mieux qu'elle le laisse se débrouiller et qu'elle se contente d'attendre qu'il reprenne la parole, le pousser davantage ne servirait à rien, sinon le remettre dans cet état et sans doute ne voudrait-il plus lui parler si elle s'y prenait mal ou insistait trop. Qui plus est, l'adolescente ignorait ce qui avait causé ce refus assez violent du jeune homme, si c'était en rapport avec le fait qu'il ne voulait pas rentrer tout de suite ou bien si c'était...en rapport avec les blessures qu'il avait pu se faire aux mains. Cela devait être quelque chose de grave ou au contraire de très important pour que son camarade refuse de lui montrer ou même de lui laisser simplement regarder si elle pouvait soigner ou constater simplement l'ampleur des dégâts. C'étaient, en tout cas, les différentes hypothèses pouvant justifier l'attitude de l'adolescent mais pour le moment, la brune resta au même endroit, à quelques pas du jeune homme et attendait calmement, la surprise et la frayeur passées pour ne laisser place qu'à de la curiosité et surtout le besoin de comprendre. Ce qui risquait surement de prendre encore pas mal de temps.

Par la suite, Aaron finit par reprendre la parole d'une voix plus calme, bien que toujours hésitante et toujours aussi triste, lui disant qu'il gérait et qu'elle n'avait pas à s'inquiéter pour ça. Et il croyait vraiment qu'elle allait gober ça? Parce qu'actuellement, Tahia avait justement toutes les raisons de s'inquiéter et comme elle l'avait dit précédemment, dès qu'il s'agissait d'un ami qui n'allait pas bien, elle continuerait de s'inquiéter pour ce dernier tant que les choses n'iraient pas bien. Et là, voir le jeune homme trempé, tremblant et de nouveau au bord des larmes, ce n'était pas aujourd'hui que la guérisseuse allait le lâcher ou restait indifférente à son état, cela n'était pas dans ses habitudes et en tant que guérisseuse, elle se devait de faire quelque chose. Qui plus est, son regard s'était fait un peu plus perçant lorsque l'adolescent lui déclara que ce n'était pas la première fois. Ce n'était pas la première fois pour quoi? Pas la première fois qu'il se blessait aux mains? Il n'était tout de même pas en train de lui dire que les blessures qu'il portait, il se faisait lui même...?! Et après, il lui disait ne pas s'inquiéter ou de ne pas s'en mêler?! Non mais il se moquait d'elle là, c'était pas possible! L'adolescente ferma un instant les yeux, prenant une grande inspiration et essayant de se calmer, ou plutôt essayant de calmer la colère qui commençait lentement mais surement à prendre le pas sur son calme. Et très sincèrement, elle n'avait vraiment pas besoin de ça, elle devait garder la tête froide pour ne pas faire quelque chose qu'elle allait regretter ensuite.

Les remarques suivantes eurent plutôt l'effet d'intriguer davantage Tahia, notamment concernant le fait qu'il préférait s'en occuper lui même et qu'il aurait du mal à supporter que quelqu'un s'en occupe. Il aurait honte de ses blessures? Cela se pourrait oui et sans doute que s'il le voulait, les choses pourraient s'arrêter. La brune ne pouvait pas lui en vouloir de prendre cette initiative mais tout de même, c'était assez agaçant et dans tous les cas, même si c'était bien son camarade qui se blessait lui même, elle n'allait pas le juger pour ça. Oui, elle l'engueulerait, c'est certain, lui demanderait pourquoi mais elle n'irait pas le juger sur ses actes. Son boulot était au contraire de l'aider, pas de l'enfoncer davantage. C'était, en tout cas, ainsi que les choses devaient fonctionner et que l'adolescente comptait faire, aussi bien en tant que guérisseuse qu'en tant que camarade. Du moins, encore fallait-il qu'Aaron accepte de le comprendre et ce n'était pas prêt d'arriver, tête de mule comme il était alors qu'en cet instant, il commençait à éternuer, prouvant que le froid commençait à venir et que cela n'allait pas s'améliorer par la suite s'il choisissait de rester sur le toit. Bien que la brune commençait à ressentir de légers frissons et tremblements dus au froid, il n'y avait encore rien de bien grave qui puisse la convaincre qu'elle ferait mieux de retourner se mettre au chaud plutôt que de rester sous cette pluie glaciale. Ou du moins, elle ne rentrait pas tant que son camarade n'acceptait pas de rentrer avec elle, répondant ainsi silencieusement à la remarque de ce dernier sur le fait qu'elle pouvait partir si elle ne voulait pas le surveiller.

Cela lui fit bizarre lorsque l'adolescent l'interpela par son prénom, non pas que c'était la première fois qu'il le faisait, le fait qu'il l'appelle par son prénom, mais cela lui faisait une drôle d'impression sur le coup. Cela n'empêcha pas Tahia de se faire attentive à ce qu'Aaron comptait lui dire et lorsqu'il lui demanda pourquoi elle faisait tout cela, là où lui avait l'impression de le mériter, la guérisseuse se demandait si elle devait rire ou pleurer, très sérieusement. Il était vraiment sourd, il y a pas d'autres explications possibles sinon il n'aurait jamais posé une question dont la réponse semblait pourtant si évidente.

" Aaron Eran... Es tu juste sourd ou complètement stupide?! "

Elle aurait voulu que cela soit dit calmement mais trop tard, la brune savait que c'était inutile d'essayer de rester calme là où elle savait qu'il valait peut être mieux qu'elle se montre franche et beaucoup moins gentille. Se plantant devant l'autre adolescent, elle reprit la parole d'un ton un peu agacé:

" Maintenant, tu vas m'écouter attentivement parce que je vais pas te le répéter des centaines de fois, du moins je n'arrêterai pas de te le répéter tant que ça ne sera pas rentré dans ton crâne d'entêté! Alors, tu vas ouvrir bien grandes tes oreilles, m'écouter et me regarder pendant que je te parle! "

Ses tremblements avaient repris, de froid ou de colère, peu importe, Tahia s'en moquait désormais, maintenant concentrée sur son camarade.

" D'abord, tu me dis de ne pas m'inquiéter pour toi et maintenant tu me demandes pourquoi je fais tout ça pour toi! Bordel, ce n'est pas évident à la fin?! Tu es mon ami! Tu entends? AMI! Quelqu'un en qui j'ai toute confiance, avec qui je serais très contente de passer du temps, de rire! Et avant toute chose, quelqu'un que je soutiendrai en cas de coup dur ou quand ça ne va pas, au lieu de lui tourner le dos et le laisser dans cette mauvaise passe! C'est ça, un ami! Et plus que ça, tu es un petit frère pour moi! Un petit frère que je n'ai jamais vraiment eu et que je ne saurais surement jamais si j'en ai eu un! "




[HRP: Tahia est brune, ce n'est pas une "rouquine"]
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Dim 2 Aoû 2015 - 19:27
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Tu levas brusquement la tête à l'entente de ton nom. Un frisson coupable te parcourra. A la vue de la brune, et de ses reprises, tu essayes de te faire aussi petit que tu le pouvais. Qu'est-ce que t'avais encore fait ?! Tu ne comprenais pas pourquoi elle t'engueulait si soudainement. Surtout que Tahia n'est pas du genre à s'énerver, non ? T'es complètement désorienté l'instant de quelques secondes et tu la regardes se déplacer, la bouche bée, comme si... comme si elle venait de s'envoler juste sous tes yeux. Alors qu'elle t'avait dit qu'elle n'en était pas encore capable. Uh... Tu rentras un peu plus la tête dans les épaules face au ton agacé. Tu refermes la bouche et retient ton souffle en sentant que ça va barder pour toi. Ton frère employait la même expression quand, vraiment, ça allait mal. Sur le moment t'avais tendance à détourner la tête et à regarder ailleurs pour échapper au regard perçant de ton interlocuteur mais la française dégageait une sorte d'aura qui fit que tu te pétrifias.

Mais ça ne dura pas très longtemps. Honteux de ta question plus que stupide. Ton regard finit par tomber et dériver jusqu'au bord du toit alors que t'écoutes plus que d'une oreille. Ok, c'est bon, t'as eu tord de poser ça, tu le feras plus. Tu te caches derrières tes mèches sombres mouillés et n'oses pas répondre. Mais la fin te fait tilter. Et là, vraiment tu captes plus. Les liens d'famille, depuis que t'es en âge de comprendre les choses et bien... tu les as jamais comprise. Et maintenant ça te fout un bordel pas possible dans ta tête. ça accentue cette douleur et tu serres les dents en regardant ailleurs. Tu ne veux pas lui répondre. T'as absolument aucune idée de quoi lui dire. Même pas une once. Et quand bien même tu le ferais, ça ne lui ferait pas changer d'avis.

Alors tu te tais en regardant ailleurs.

Sur le moment, t'aimerais vraiment être ailleurs. Loin, loin, loin. A un endroit où t'aurais pas besoin d'prendre de décision et où on ne paniquerait pas en voyant tes bandages, à chaque fois. Mais tu ne peux juste pas. T'es là. Sur ce toit. Où il pleut averse. Que tu es trempé jusqu'au os. Avec ce foutu orage. Et Tahia. Et rien à lui répondre. Tu lui en veux de savoir que tu es un frère pour elle. Déjà qu'avec le tien, tu n'étais pas très sympa, chiant, pot-d'colle, entêté, gamin... t'avais pas envie d'être comme ça avec la française. Toi ce que tu voulais juste c'était ton frère. Qui n'est plus qu'un foutu tas de cendre maintenant. Ta gorge se serre et tu te crispes. Tu ne voulais pas d'une grande soeur ou d'un autre grand frère, tu voulais ton frère. Merde. C'est justement à cause de ce genre de raisonnement que tu te retrouves tout seul avec toutes tes pensées abaissantes ! Que tu captes que le monde ne tourne pas qu'autour de vous deux, et que maintenant qu'il n'était plus là, tu devais te démerder comme un grand.
- Merde, lâches-tu avec énervement en te relevant brusquement. Je déteste vraiment cet endroit !

Être en hauteur. Être le centre de quelque chose. Devoir prendre des décisions, des choix. Merde t'avais que dix-sept ans ! Tu ne pouvais pas juste faire tout ça sans te soucier des conséquences ! Non, non, toi tu devais faire face à... ça ! Alors que y avait des gens qui subissaient sans fois pire et se relevaient, toi t'étais toujours dans ton coin à remuer le passé. Tu passes tes mains sur ton visage et en profites pour ramener tes cheveux en arrière. Complètement trempé. De la tête au pied. Bravo. Ça t'agace un peu plus. Surtout que maintenant que t'y penses, tu éternues. Et c'est ridicule.
- Mais vraiment, râles-tu en sautant d'un pied à l'autre. On descend ?

Tu tentes vainement de sortir de cette discussion. De t'en éloigner pour ne plus jamais revenir dessus. Mieux tu l'évites, mieux ça ira ! T'as logique est illogique mais t'en as rien absolument rien à faire. Tu inspires profondément et alors que tu te diriges vers la porte pour descendre tu lâchas tout d'une traite nerveuse.
- Je pense que j'y... ai absolument rien compris et j'ai vraiment pas envie d'en parler plus longtemps alors arrêtons d'en parler. Oui, oui, je sais, tu te fais du soucis pour moi, mais c'est pas le soucis qui a m'aider à aller mieux si je n'ai pas envie d'être aider et franchement je suis bien trop entêté pour faire un truc alors que j'en ai pas envie. Donc... Arrêtons juste d'en parler. Et si tu reviens dessus, je t'ignore, mais vraiment, Tahia. Alors stop.

Tu fuyais, mais tu t'en fichais, c'est ce que tu savais le mieux faire de toute façon. Alors que t'avais la main sur la poignée, prêt à retourner à l'abris du vent, de la pluie et de tout le merdier de dehors, tu te retournas. Pour regarder la brune. T'avais l'impression de t'être pris un coup d'jus mais tes cheveux toujours aussi mouillés te prouvaient le contraire. Il fallait vraiment que tu te mettes au chaud ! Le temps d'éternuer, tu reprends avec un soupire.
- C'est égoïste, excuse moi, je le sais. Et complètement stupide, aussi... Mais je ne veux plus parler. Okay ?

Tu avais l'impression qu'elle ne serait pas d'accord, mais tu l'avais prévenue, si elle tentait de revenir dessus, tu n'y ferais pas attention.

Hrp > La rouquine c'est Ludmila ^^' Je suis désolée si ça porte à confusion, je ferai plus attention la prochaine fois !
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Retrouvailles avant la tempête [Aaron E.]

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