Terrae, Une nouvelle ère commence...

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L'homme né de la lune.
#   Dim 30 Aoû 2015 - 19:43
Messages : 35
Date d'inscription : 30/08/2015

Carte d'identité.

Prénom : Tjay Ahmès
Nom : Ibn la-Ahad
Âge : 25 ans
Affinité et pouvoir : Terre Solaire
Greffe : Aucune o/






Apparence.


“ Votre enfant est atteint de vitiligo.”

Les mots ont résonné dans leurs oreilles. C’était obscur, comme mot. Mais ils ont vite compris qu’il s’agissait des tâches qui parcouraient ta peau, dévorant la couleur pour tant la blanchir. Même une partie de ton oeil droit n’a pu y échapper. Une moitié blanche, l’autre marron clair. Elles habillent ton corps, élégamment. Certains trouvent ça moche, mais toi, ça te plaît. Puis, grâce à elles, tu as su que tu venais de la lune. Pas tout à fait humain, en somme. Et ça, c’est top. La lune avait été ton berceau.

Tu as donc sur tout le corps des zones où ta peau est blanche, qui contraste bien avec ta peau basané. Même tes cheveux sont complètement blancs par zone. Aucun poil n’est épargné. J’ai bien dit aucun. Comprenez bien. Heureusement, au niveau du torse, il n’y a pas grand chose à déclarer, à ce niveau. Il est à croire que tout est parti dans cette barbe que tu oublies bien souvent de raser, aimant bien le bruit quand tu la grattes. Et puis, elle est plus douce ainsi. Les gens n’aiment pas quand ça pique, c’est bien connu.

Mais ton corps, tu l’as recouvert un peu plus, avec de nombreux tatouages. Ils sont divers et variés, pour la plupart complexe. Quitte à se faire tatouer, autant que ce soit beaux à regarder. Tu as toujours apprécié les belles choses. Le cou est tatoué des deux côtés, un visage féminin dans une rose, accompagné d’une phrase : “Never Again”. L’autre est une rose tout court. Pas de visage, cette fois. Au dessus du sourcil droit, on peut y lire cela : LXXXVIII. Pourquoi écrire en chiffre romain quatre-vingt-huit? Tu aimes bien l’année. La faute sûrement à la première conférence mondiale sur le Sida qui a eu lieu la dite année. Non, il ne faut parfois pas chercher dans ta logique.
Le bout des doigts est tatoués également. Ça oscille entre des points, une larme sur le petit doigt ou encore le nom “Miller” sur un autre… Oui, tu l’as aimé à ce point, celui de l’avoir encré jusque dans la peau. Sur le torse, entre les pectoraux y règne une couronne. Même si elles avaient été des chevaliers, ta mère et ta soeur restaient une reine et une princesse. En plus du reste, il fallait leur rendre hommage encore un peu…

Autrement, ce n’est pas un poids lourd, loin de là, avec ses soixante kilos pour son mètre soixante-douze. Jenny te dépassait d’une tête, et de dix millièmes de petits grammes. Tu t’en fichais bien. Elle aurait pu être un homme comme petite et mince, tu l’aurais aimé pareil. Après tout, elle t’a aimé toi. Même avec ta barbe mal dégrossi. Et tes trop grands pieds. Avec ta peau parfois pas si douce. Avec tes cicatrices, notamment celle à la lèvre supérieure, ou celle que t’as laissé la balle, il y a longtemps.



Caractère.


Avant que tu ne tires, tu étais quelqu’un d’à peu près bien, Tjay. Tu as fait des erreurs, tu n’as pas été réellement au collège, au lycée, mais tu n’as jamais été vraiment un mauvais bougre. Certes, tu piochais dans les économies des autres, pour toi, mais tu veillais toujours à ne voler que chez les riches. Tu aimes parfois te dire que tu es une sorte de Robin des Bois des temps modernes. Tu volais aux riches pour te donner à toi, le fils de personne, pauvre gosse paumé dans les rues de ta ville détruite par la guerre. Tout est encore si poussiéreux, aujourd’hui encore. Tout aussi fragile que toi. Ta ville, elle te représente bien. Des ruines un peu partout, de la poussière qui vole, mais une douceur que seuls ceux qui y ont vécus peuvent déceler.

Avec Jenny, tu as pu être celui que tu aurais pu toujours être, s’il n’y avait pas eu tout cela. Tu étais attentionné avec elle, par peur parfois qu’elle te quitte, autrement. Tu n’élèves jamais la voix, non plus. Tu as trop peur de faire revenir la guerre, si tu hurles de nouveau. Elle te hante, en permanence. Du coup, tu n’es que rarement en colère. Si jamais, tu préfères te taire, observer, apprendre. Tu préfères recevoir le coup, plutôt que le donner. Au grand malheur de tes proches, de prime abord. Tu n’as jamais été soldat, tu ne le seras jamais. Les armes ne sont pas faites pour toi. Même quand elles sont sous ton lit.

Non, tu préfères la douceur du clavier, le son des touches qui s’enfoncent sous tes doigts. Tu préfères très largement voir des lignes de codes se faire sous tes yeux. Souvent, Jenny te demandait comment tu pouvais y voir des informations, des noms, dans tout ce fatras. Tu te contentais de sourire, comme réponse. Comment ne pouvait-elle pas y voir la même chose que toi? Il ne te manquait que les lunettes carrés typique d’intello dans ces moments-là, pour correspondre à un cliché qu’on se ferait sur les hackeurs et informaticiens de tout poils. Le binaire est un précieux allié. Un ami presque. Parfois même un confident, quand tu as envie de communiquer avec d’autres imbéciles de ton genre.

Mais depuis ce coup de feu, tu ne rigoles plus. Tu te contentes d’écouter, de te perdre dans tes pensées. Elles sont toutes dédiés à Toumaï. Plus une seule ne va à Jenny, parce que vous évitez d’avoir trop mal, tu l’as effacé de ta mémoire, presque. Le déni est plus fort que la raison, que l’intelligence. Ou alors, c’est ton cerveau qui l’es trop pour toi, qui a compris que pour survivre, il devait te rebooter. Tu préfères réfléchir aux yeux violets et les boucles blondes plutôt qu’aux cheveux noir et aux lèvres carmines. Au fond, ont-elles vraiment existés ? Ah, sûrement qu’un fantasme sorti tout droit de ton imaginaire… Sûrement…

Le silence est un précieux ami. Tu l’apprécies plus que de raison. Sans lui, tu te sens perdu. C’est pas si fou, quand on a passé une partie de sa vie à entendre le bruit des tirs, des hommes qui hurlent de douleur ou de peine. Ou entendre celle de ton père, pleurant la nuit ses amours perdus. Pourtant, il t’avait encore… Tu as vite compris qu’il t’avait abandonné, lui même s’étant perdu dans son deuil. Vous n’étiez rien, sans vos chevaliers. Ton château n’avait pas été de bois finalement, mais plutôt de sable. On n’a cessé de le piétiner, et pourtant, toi, tu es toujours là, assis dessus. Ce n’est pas grave, tu es patient, et tu dis qu’un jour, il deviendra solide, de nouveau.

Un jour, quand tu pourras sentir de nouveau les mains de ta soeur près des tiennes.
Ce jour, quand elle saura, quand vous vous retrouverez, tu pourras lui dire.

“- Je suis peut-être le fils de personne, mais je suis le frère de quelqu’un.”

Un frère qui a tué, pour elle.
Et pourtant, tu n’es toujours pas un soldat.



Gouts.


Tu aimes les furets. Je vous jure, un vrai fana. Tu squattais souvent chez un ami qui en a trois, du coup. Tu aimes le tofu, aussi. Beaucoup, même. Tu pourrais devenir végétarien, en fait. La viande est loin d’être ton met préféré. Pas comme les furets, qui eux adorent les poussins, par exemple. C’est pourquoi t’as jamais eu de furets toi même. Pas envie d’avoir des poussins morts dans le frigo. Donc, tu te contentes des animaux chez les autres. C’est comme les enfants. C’est mieux chez les autres. Les avantages juste, sans le reste. Encore que parfois, un enfant, ça peut pleurer, même quand ça devrait pas.

Vous avez déjà goûté au fajitas au tofu ? Parce que toi oui, et tu adores ça. Sûrement ton plat préféré. Surtout quand elles sont bien épicés. Un délice à ne pas mettre dans toutes les bouches. D’ailleurs, t’aimes bien quand elles sont charnues. T’aime bien avoir de la matière à mordre. Jenny s’en plaignait souvent, que tu mordais parfois trop. Pour une fois que t’as un côté passionnel, on te le calme directement. Ah, tu t’en remettras va. Puis ça va, tu pouvais lui mordre le cou. Ça, t’avais le droit. Ouais, t’aimes bien mordre. Pas trop fort, t’es pas un bourrin non plus. Juste ce qu’il faut, en somme.

L’informatique, c’est ton petit dada, ta passion pas si secrète. T’as monté ton premier pc tout seul, comme un grand. Qu’est-ce que tu as pu être fier, ce jour-là. Un vrai paon. Il y avait personne pour le voir, mais c’est pas grave. Tes yeux à toi, ça suffisait. Bon, il était pas génial et il a vite lâché, étant assemblé avec les pieds. T’as persévéré, appris sur le tas. Pareil pour les codes, pour le hack. T’as de la chance de vite comprendre les choses, en somme. Et donc, te voilà tout puissant avec un clavier sous les doigts. Bon, souvent, c’est pour faire des bêtises qui portent pas trop préjudice. Enfin, ça, c’est que tu t’ai dit, pendant des années, avant de voir le dossier de ta soeur.

Finalement, on peut dire que c’est ton arme à toi, le clavier. Parfois, ça fait bien plus de dégâts qu’un coup de feu. Le preuve, toi t’y a survécu, d’autres ont pas la chance de pouvoir dire ça.

Mais sinon, t’aimes vraiment le tofu. Et les malboro. Sans filtre, c'est mieux encore.
La crème solaire aussi, pour ta délicate peau.



Histoire.

Tu pleures, Tjay Ahmès. Tu suffoques, même. Le monde semble si oppressant, toujours si dur. Il t’a toujours tout pris. A croire que tu t’y ai habitué, car pour une fois que tu possédais un début de quelque chose, tu l’as tué. Non, ça n’en valait pas le coup. Elle avait pu tant changer. Un lien de sang ne valait pas le sang qui coulait contre tes pieds. L’échange n’était pas équivalent.
Alors, tu te meurs, intérieurement. Tu amènes l’arme contre la tempe, et pense à tirer. Mais quand tu le fais de nouveau, le chargeur est vide. Tout comme toi.

Le silence règne. Tout s’écroule, pour la dernière fois.

~
~

Tu n’as pas toujours vécu dans le sang et les larmes. Il y a eu d’abord les rires et les joies de l’enfance. Ils ont été nombreux. C’est plus facile, dans une famille aimante. Ils t’ont aimé tout de suite, même avec ta maladie. Surtout avec elle. Ils ne t’auraient pas voulu autrement. Ton oeil dépigmenté était ce que préférait ta mère chez toi. Tu étais un trésor, un joyaux précieux. Ils t’ont alors donné ton prénom : Tjay Ahmès. Littéralement il signifie “l’homme né de la lune”. Ton père avait souri quand elle avait évoqué tout cela. Il l’aimait si fort. Plus fort que n’importe qui, même vous, vous ne pouviez parfois rien face à la force de son amour pour sa chère femme. Il avait quitté tout le confort moderne pour elle. Il continuait son travail d’archéologue, certes, mais il était devenu l’homme qui aimait cette femme, plus qu’autre chose.

Ainsi, tu n’as pu que constater en grandissant combien l’amour pouvait rendre les gens forts. Pour toi, ils étaient invincibles, ensembles. Si bien qu’un jour, ils ont eu une nouvelle preuve de leur amour. Elle était si petite, si normale, malgré ses grands yeux violets te fixant intensément. T’étais pas bien grand encore, même si tu l’étais toujours plus qu’elle. Une petite princesse, qu’on t’a annoncé. Toumaï, la princesse. Toi, l’enfant de la lune, elle, le soleil. Elle avait les cheveux de votre père et les yeux de votre mère. Toi, c’était le contraire. L’idée te faisait sourire, petit.

Aujourd’hui, elle ne t’arrache plus rien. Pas même un rictus.

T’as grandi, en faisant attention à pas trop montrer que tu l’aimais fort. Tu voulais pas voler la vedette aux parents. Alors, tu jouais doucement avec tes jouets, pour ne jamais la réveiller. Toi et tes jeux de grands, elle et ses siestes de petite. Elle dormait beaucoup, souvent. Tu étais toujours très silencieux, c’était une grande qualité. On t’oubliait facilement, malgré ta peau, tes yeux. T’aurais bien aimé au fond, que le monde aussi ne se souvienne pas de toi. De toi, et de ta famille.
La princesse fête ses six ans, ce jour-là. Tu lui apprends enfin qu’elle en est une, et que tu lui construis le plus beaux des châteaux. Tu seras son chevalier. T’es enfin assez vieux pour commencer à l’être. Votre château est de bois, il est si beau. Comme ses éclats de rires, ses sourires. Ils t’arrachent à ton silence habituel, tu t’exprimes enfin, un peu. Votre père n’est pas là, mais vous savez qu’ils pensent fort à vous tous. Puis il avait promis à Toumaï qu’il lui ramènerait un cadeau, des ruines qu’il devait dépoussiérer. Il n’aurait que deux jours de retard, ce n’était pas si grave. Puis, il ramenait toujours des jolies choses, comme pour compenser.

Mais il n’a jamais pu lui offrir son cadeau.

Deux ans plus tôt, la guerre avait éclaté dans votre pays. Elle était souvent fatale, mais si on fermait la porte, elle ne pouvait pas rentrer, n’est-ce pas ? Enfermée dehors, c’était l’idée. C’est cette idée là qui t’arrache un rictus, aujourd’hui. Tu étais si stupide. Tu l’es toujours, en fait. Un jour, ton cher père t’avait montré quelque chose de magique. Ça portait le nom d’arme, et pas juste celle qu’on mime avec les mains. Il t’a expliqué qu’elle pourrait protéger les femmes de la maison, que quand il n’était pas là, c’était ton rôle à toi. Il t’avait montré où la cacher, pour toujours l’avoir à portée. Suite à ça, t’as dormi avec cette arme sous toi.

Et alors, dans la soirée, il y a du bruit, partout autour de vous. Ça devenait de plus en plus fréquent, ces temps-ci. Tu regardes les hommes en contre-bas, par la fenêtre. Ils sont si nombreux, si effrayants. Les jambes tremblantes, un d’eux te regarde, le regard dur, froid. Tu trembles un peu plus, pleure même. Tu te demande pourquoi tu as fait ça. Un mauvais pressentiment te brûle la gorge, d’un coup. Tu as fait une bêtise. Tu as montré à la guerre que tu existais. La princesse rentre dans ta chambre, t’arrache à tes pensées. Tu te dis qu’il ne faut pas que la guerre la voit, elle. Ou que Toumaï ait à l’affronter. Tu te rappelles que tu es l’homme de la maison. Le chevalier, soldat, enfant.  On tambourine à la porte, on veut la casser, même.

Elle cède. Comme toutes les autres. Tu essayes de tenir sur tes jambes.

Tu caches la petite, sous le lit, sans réfléchir. Tu as oublié, tout oublié. Tu n’es qu’un enfant qui voudrait être un prince, aussi. Tu n’as jamais été fait pour être le chevalier. Tu essuies tes larmes, avances, enfin. Il y a des cris, beaucoup. Tu n’as jamais vraiment entendu ta mère hurler à ce point. Tu sens qu’elle a peur. Ce que tu sais pas encore, c’est qu’elle n’a pas peur pour elle-même, mais pour vous. Et toi, comme un idiot, tu descends, pensant aider. Tu n’as fait que la condamner. Du haut de tes onze ans, tu viens donc de condamner ta mère, si aimante, si aimée.

Elle hurle encore plus, quand tu arrives. Pourquoi fait-elle ça contre toi ? Tu n’y es pour rien, tu voulais juste aider. Tu t’agites, essaye de comprendre. L’homme de la ruelle est là, il te regarde encore, toujours le même regard… Non, ce n’est pas tout à fait ça. Ton sang se glace, tu te rappelles des histoires qu’on t’as raconté, de ces hommes trop grands qui aime les autres, bien trop petits. Tu comprends un peu, pourquoi elle crie tant. Tu veux partir, mais on t’attrape le poignet, et ta si douce mère se transforme en furie. C’était elle, le véritable chevalier, plutôt que reine. Et ils l’ont abattu. D’un coup, d’un seul.

Quelques instants s’écoulent, avant que tu ne comprennes. Le regard est toujours posé sur toi. Il sourit, désormais.

C’est à ton tour de hurler, tu ne retiens plus les larmes, elles coulent pour de bon. Tu tires de toutes tes forces, pour essayer de rejoindre ta chère mère, pour qu’elle survive. Tu dois être trop bruyant, ils essayent de te faire taire, te frappe un coup, puis deux, puis d’autres. Ils veulent plus t’entendre hurler, te disent que tu vas finir comme l’autre bonne femme. Comme le chevalier qui est tombé. Tu es totalement paniqué, tu veux juste disparaître, t’enfuir, ne pas mourir. Tu ne peux pas, tu ne dois pas. Un autre bruit que le son des mains sur tes joues se fait entendre, dans les escaliers. Tu as haïs ce son là.

Elle descend, la princesse, avec ton arme à toi, celle qui t’avait été confié par le roi. Ils n’ont pas le temps de réagir, elle a été plus rapide qu’eux. Sans savoir comment, elle arrive à tirer, à toucher. Le premier tombe, sans avoir eu le temps de comprendre qu’il allait mourir. Le second suit, et les autres aussi. Il en reste plus que deux, dont celui qui te tient par le bras. Et il a compris qu’il était le suivant. Alors, d’un geste, il te place devant lui, et la balle atteint une cible. C’est l’essentiel, non? Elle perce ta peau, pénètre la chair, déchire les tissus. La douleur est si vive. Tu te demandes si ta mère à eu le temps de la ressentir aussi, avant de mourir. Tu as mal, puis tu t’effrondres, à ton tour.

Tu voulais préserver ta soeur de la guerre, mais finalement, elle est venu la prendre. Elle n’a épargné personne.

Deux jours. Deux longues journées, à voguer entre délires fiévreux, intenses douleurs et déshydratation. Tu humes l’odeur de la mort, difficilement. Elle s’approche de toi, sournoisement. Au fond, à cet instant précis, l’enfant que tu es souhaite mourir. Plus que tout. D’un geste lent, tu as réussi à attraper la main froide de ta mère. Tu pourrais pleurer, mais tu n’as plus rien à donner. Tu n’as plus rien à offrir, à cette femme qui a voulu sauver ta vie. Intérieurement, tu t’excuses auprès d’elle. “Désolé maman, de ne pas avoir su être l’homme dont vous aviez besoin”.

Le goût du sang dans ta bouche est dégoûtant. Tu finis par céder au sommeil, de nouveau, espérant qu’il soit éternel, cette fois. Ils t’ont tout pris, alors tu peux bien disparaître. Mais le monde est dur, et jamais il ne t’obéira réellement. Alors, tu finis par ouvrir de nouveau les yeux, dans une pièce au mur si blanc. Tu as envie de les souiller à l’instant même où ils apparaissent. Rien n’est aussi blanc, dans la vraie vie. Pas même toi, malgré ta maladie. Surtout pas toi. On t’explique que tu es à l’hôpital. On te dit que tu es chanceux, que ton père t’as retrouvé à temps, qu’un peu plus, tu étais mort. Tu regrettes qu’il soit rentré si tôt. Ne pouvait-il pas épousseter ses bibelots une minute de plus?

Au fond, il aurait sûrement préféré, lui aussi. Pour ne pas avoir à se forcer de vivre, pour toi.

Voici comment tu t’es retrouvé à ne plus être le fils de quiconque. Ton père n’était plus rien, suite à ça. Il n’a même pas pensé à te sortir de ce pays, dans lequel la guerre continuait à faire rage, où les rapts d’enfants ne cessaient de croître. Il est à croire qu’il faisait tout pour que tu disparaisse aussi. Tu as appris à te taire un peu plus. Tu n’as plus pleurer, à partir de là. Les dernières personnes à t’avoir vu pleurer étaient mortes, en partie. Alors, tu as décidé qu’il était temps d’être fort, d’être un homme. L’enfant est bien mort, finalement. La guerre avait réussi.

Tu continues à grandir, tu continues à regarder ta peau de ce drôle d’air. Tu évites ton père, au maximum. Il s’est mis à l’alcool, n’est plus que l’ombre de celui qu’il a été. Les ordinateurs deviennent ton refuge. Tu récupères des pièces dans les maisons abandonnés, explore de nuit, devient débrouillard. Puis, à force d’essayer, tu arrives un jour à en refaire marcher un. La guerre s’arrête enfin à tes dix-sept ans. Tu es si grand, désormais. Tu n’habites plus vraiment avec ton père. Change de nom de famille, pour devenir le fils de personne. Tu le fuis. Tu te sens coupable.

Tu te sens si coupable. Tu n’as pas été capable d’être soldat, même adulte.

Tu n’es qu’un pauvre gosse paumé qui se fait tatouer avec des aiguilles à peine stérilisé. Mais pour une fois, tu as de la chance, tu n’attrapes aucune maladie. Une suffit, n’est-ce pas ? Tu te fais tatouer un visage d’une jeune femme dans le cou, un jour. Quand on te demande qui elle peut être, tu souris, simplement. Jamais tu n’as parlé à qui que ce soit de ta soeur. Mais tu n’oublies pas, jamais. Alors, comme pour souligner le traits, tu t’es imaginé les siens si elle avait pu grandir. Et ainsi est né ce si doux visage, si souriant, comme quand elle jouait avec tes bouts de bois. Dans votre château.

La vie continue, et tu t’enfonces de plus en plus dans le monde informatique. Tu deviens très bon dans ce domaine, à tel point qu’un jour, une femme t’aborde, dans la rue, vers tes vingt ans. Elles te parle d’un Centre, qui voudrait employer tes talents. Toi, tu es à la rue, sans emploi, hackant souvent des comptes pour te payer des hôtels, de la nourriture, des vêtements. Tu acceptes alors, sans vraiment hésiter. Elle veut des informations sur des gens, elle veut que tu fouilles dans le passé des gens, dans leur présent, leur futur. Tu deviens alors son corbeau, celui qui lui fournit tout ce qu’il est possible de trouver sur les gens.

Henrietta Jalla, tel est son nom. Du moins, c’est ainsi qu’elle se présente. Une belle rousse aux yeux verts.

Deux ans plus tard, toujours à son service, tu rencontres une autre jeune femme, qui te fait une proposition encore plus folle, pour toi… Elle te demande de vivre avec elle, sous le même toit, pour partager le même lit, la même vie. Elle devient la femme que tu aimes, qui efface la peine, les remords, la tristesse. Elle devient ton autre, ton tout. Tu apprends vite à l’aimer, à la chérir. Elle caresse le tatouage dans le cou, elle apprends à te connaître plus, bien plus. Elle finit par tout savoir de toi, tout apprendre.

Tu flirts un peu par mail avec la fameuse Henrietta, innocemment. Tu deviens plus joyeux, et souvent ta tendre moitié te rappelle les limites à ne pas franchir. Tu souris souvent, pour la rassurer. Toi, tu sais. Tu sais qu’il n’y a rien, qu’il n’y a qu’elle, cette chère Jenny Miller. T’es juste un peu con, un peu jeune. Tu redeviens l’enfant. Elle panse tes plaies. Elle t’aime. Comme toi. Et elle caresse ton cou, tes tâches, sans aucun dégoût. Ses doigts frôlent souvent la cicatrice que ta soeur t’as laissé, avant de partir. C’était son anniversaire à elle, et pourtant, c’est toi qui a eu un cadeau de sa part. Tu l’aimes tellement, cette cicatrice. Elle est la seule chose que la guerre t’ai offerte.

Un an passe, ton père est sur son lit de mort. Elle rode toujours autant, cette dernière.

Tu vas le voir, pour une dernière fois. Des années que tu évites son fantôme, que tu essayes d’oublier, de l’effacer. Mais il revient toujours, pour te hanter, tenter de te briser. Cette fois, il va y arriver. Il a appris, pour qui tu travailles. Il sait. Il te hait. Il t’insulte. N’as-tu pas honte de travailler pour ceux qui vous ont pris votre famille? La bouche entrouverte, il t’assène la vérité tel des poignards dans la chair. Dans le coeur. Puis il meurt, débarrassé de ses pensées, de ses secrets. Tandis que toi, tu pleures.

Il est parti, mais l’idée reste. Était-ce vrai ? Comment savoir, comment être sûr ? Tu débutes tes recherches, dans le plus grand des secrets. Tu n’as plus de contact avec Henrietta, depuis quelques temps. Elle a disparue, complètement. Tout te rends malade, irascible. Il te FAUT savoir. Des mois de recherches, tu collectes toutes les informations que tu peux, dans le plus grand des secrets. Même Jenny ignore. Même elle. Puis, un jour, tu te lances dans l’aventure. Un jour, tu infiltres un peu plus le centre, sous prétexte d’une mission que l’on t’as confié. La dernière, l’ultime. Et tu fouilles, profondément.

Un nom apparaît. Puis un dossier. Puis tu apprends, comprends. Elle a survécue. Et elle se fait appeler Henrietta.

Les mots te manquent. Le souffle aussi. Dans le dossier, tu as su pourquoi tu n’avais plus de contacts avec elle. Elle a été envoyé à Terrae. Tu fouilles un peu plus, découvre l’existence du lieu. Tu deviens obsessionnelle, habité par l’idée de la retrouver, de la revoir. Tu vomis souvent, avec le stress, avec la culpabilité. Jenny te voit maigrir, te voit mourir à petit feu. Elle s’inquiète, mais toi, tu es aveugle. Aveuglé par tes sentiments, par les écrans. Le monde continue sa route alors que la tienne est revenue treize ans en arrière.

Puis tu comprends, ce qu’il te reste à faire. L’arme en main, le jour de tes vingt-cinq ans. Il temps d’offrir à ta chère soeur son cadeau d’anniversaire.

Et tu tires.
Jenny s’écroule.

Les liens du sang représente tant pour toi ? Cela valait-il la peine de te priver de la femme de ta vie?

La guerre t’auras tout pris, toutes les femmes de ta vie.

Toumaï. Le nom résonne dans ta tête.
Si vide.

Pourquoi ? Tu n’as jamais su.





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À propos de vous...

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Comment avez-vous découvert le forum ? : Une certaine personne qui m'en a parlé souvent !
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Dernière édition par Tjay Ahmès Ibn la-Ahad le Lun 31 Aoû 2015 - 12:38, édité 6 fois
#   Dim 30 Aoû 2015 - 19:52

Personnage ~
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Humeur : Vous connaissez le syndrome de la cocotte minute ? Bah voilà. sous pression et prête à exploser !

Je t'aime. Épouse moi ♥


#   Dim 30 Aoû 2015 - 20:24

Personnage ~
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Emploi/loisirs : jouer avec le feu
Humeur : Wahouuuuu !

Bienvenue à toi qui a un nom si long ! =)



2ème compte d'Elio

Nakoma, sa marionnette:
Spoiler:
 


#   Dim 30 Aoû 2015 - 20:53

Personnage ~
► Âge : Vingt-deux.
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► Rencontres ♫♪ :
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Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

Bienvenue sur le forum petite citrouille Seduce

Pour l'histoire, je n'ai pas grand chose à dire à part que j'aime beaucoup la manière dont tu écris ! C'est suffisamment clair et détaillé, j'ai hâte de voir ce que tu nous réserves pour le caractère ! Bonne idée le télépathe, par ailleurs, ça faisait longtemps qu'on en avait pas eu ;) En plus, le frangin de la p'tite Toum, c'est franchement top ! (Je sais pas si j'espère qu'Aaron et lui vont se croiser un jour en fait xD)
(Au passage, j'ai été trop deg quand j'ai vu qu'il avait tué Jenny, c'est triste xD)

Bref, j'ai validé les codes, malgré la micro faute de frappe mais bon je vais pas chipoter xD

Bon courage pour la suite, si tu as la moindre question je suis dispo ! I love you



Je vole en #F54759
#   Dim 30 Aoû 2015 - 21:09
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Invité

Hello!

Bienvenu sur Terrae ! J'adore ton histoire et la manière dont elle est racontée, j'ai hâte de lire la suite!

Bye~
#   Dim 30 Aoû 2015 - 21:49
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Merci beaucoup pour l'accueil ! Je tente de finir la fiche ce soir, promis ahah !

Merci aussi pour les compliments, je suis très touché ! Et désolé pour la faute dans le code ahah, j'étais trop pris dans l'histoire... *^*
(Oui, pauvre Jenny, je me sens assez monstrueux dans ces moments-là ahah !)

Merci encore ! Determined


#   Dim 30 Aoû 2015 - 22:14

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Bienvenu à toi. L’histoire est.... géniale, le nom? Super original, j aime beaucoup, vivement le caractère.

ps: Quand tu en auras marre d'ipui et que tu voudras divorcer épouse moi après elle *-*
#   Dim 30 Aoû 2015 - 23:35
Messages : 35
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Ahahah merci beaucoup Sébastian ! Promis alors... Le divorce risque vite d'arriver tout de même, bien que j'en aurai pas marre, d'elle <3

J'en profite pour dire... FICHE TERMINÉE ! Des bisous, je rends l'âme ahah :D


#   Lun 31 Aoû 2015 - 12:36

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Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

Bon ben voilà, j'ai fini ma petite lecture et je suis très heureuse de te dire que :

de 1°, j'adhère vraiment à ton style et j'espère qu'on aura le plaisir d'avoir un RP, un jour !

de 2°, le caractère est ok vis à vis de l'affinité, j'ai déjà validé l'histoire donc... tintintintiiiiiin ! Tu es officiellement validé ! J'espère que tu te plairas parmi nous, et plus si affinité Suspect

I love you



Je vole en #F54759
#   Lun 31 Aoû 2015 - 12:40
Messages : 35
Date d'inscription : 30/08/2015

Woh, merci beaucoup ! Merci merci merci ! Hâte de RP avec vous tous !


#   Lun 31 Aoû 2015 - 13:14

Personnage ~
► Âge : 24 ans et une âme d'enfant ♥
► Doubles-comptes ? : Aaron W, Aoi, Misao
► Rencontres ♫♪ :
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Messages : 666
Date d'inscription : 29/05/2015
Emploi/loisirs : Alimenter mon tumblr et péter vos mirettes avec mes kits fluos ♥
Humeur : Un peu perdue, mais ça va, merci de vous soucier de moi ♥

Bienvenue sur Terraaaee ! *^*

Franchement ta présentation est originale, et j'aime beaucoup ta manière d'écrire ! J'espère qu'on se croisera en RP ! (Bravo pour la validation rapide au passage ^w^)

Bon RP <3


S'émerveille en #E7654D

Treasure box ♥:
 
#   Lun 31 Aoû 2015 - 15:22

Personnage ~
► Âge : 17 ans... Ouais, non, 15, en fait.
► Doubles-comptes ? :
► Rencontres ♫♪ :
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Messages : 1227
Date d'inscription : 06/07/2013
Age : 19
Emploi/loisirs : Rien que du vide.
Humeur : A peu près la même que toi le matin quand tu te réveille, sauf que moi, c’est un état permanent.

♫ BIENVENUE ♫

Tu verras, Terrae est un endroit merveilleux remplit de dépressifs et de détraqués, j'espère que tu t'y plairas :D

Pour le 'Plus si affinité' proposé par Aoi, je tiens à te prévenir qu'après quelques RPs, tu seras initié ... Et tu auras une affinité ........ /SORTIE/

Bon, je retourne à ma lecture, j'ai bientôt fini le premier paragraphe de ta fiche Evil or Very Mad


♠️♠️♠️

Spoiler:
 

#   Mer 2 Sep 2015 - 21:05

Personnage ~
► Âge : 18 ans
► Doubles-comptes ? :
► Rencontres ♫♪ :
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Messages : 256
Date d'inscription : 16/09/2013
Age : 20
Emploi/loisirs : getting datas...
Humeur : var humeur=meteo*identity/neuro_1

Je... je peux t'appeler Altaïr ? /pan/

Ahem hem. Non sérieusement je vais plutôt rejoindre le club des admirateurs de ton style d'écriture.



#   Jeu 3 Sep 2015 - 20:22

Personnage ~
► Âge : 18 ans
► Doubles-comptes ? :
► Rencontres ♫♪ :
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Messages : 639
Date d'inscription : 31/01/2012
Age : 19
Emploi/loisirs : Chanter, utiliser mes pouvoirs, me retrouver dans des situation improbables et juste vivre avec le sourire !

Waw, c'est beau. Je vais pas faire bien original mais il faut bien avouer que ta manière d'écrire est splendide, franchement j'adore *o* Bienvenu sur Terrae et pis bon rp ^^


~ Si on cesse de rêver, on meurt ~
Spoiler:
 

Spoiler:
 
#   Sam 5 Sep 2015 - 11:37

Personnage ~
► Âge : 25 ans.
► Doubles-comptes ? :
► Rencontres ♫♪ :
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Messages : 2507
Date d'inscription : 24/12/2010
Age : 23
Emploi/loisirs : Heuu... Directrice à plein temps, à c'qui paraît.
Humeur : C'est vous qui voyez :3
http://terrae.forumpro.fr

Bienvenue avec du retard ♥ Eclate-toi bien ici !



Spoiler:
 

 

L'homme né de la lune.

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