Terrae, Une nouvelle ère commence...

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La mélodie de la nuit [with Matheo]
Lun 19 Oct 2015 - 1:36
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PLEIN PHARE !

Nicolas ouvre soudainement en grand ses yeux alors qu'il semblait sur le point de s'endormir. Sa tête n'aspirait qu'au repos et pourtant voilà, son corps entier lui refusait une nuit complète. Il avale alors difficilement sa salive, et avec un petit espoir un peu fou, commence à prier tous les Dieux qui existent en risquant un coup d’œil sur le radio-réveil. ...Il est tard, ou tôt selon la façon dont vous voyez les choses.

Putain de bordel de merde de mes coudes !

L'instant d'après, il rejetait sa couette d'un mouvement rageur et s'assit au bord du lit, habillé seulement de son caleçon... car, de sa fuite de son ancien chez-lui, il avait oublié d'emporter un pyjama et avait acheté des choses bien plus pratique que des vêtements de nuit, comme un téléphone par exemple. Visage dans ses mains, position de penseur dévoré par ses réflexions, il se demandait s'il avait assez de malchance pour être toujours réglé à l'heure française.

Il resta ainsi quelques instants, avant de se dire que, ce qui pourrait éventuellement lui faire du bien, ce serait de l'air frais... Parce que l'odeur d'adolescents enfermés dans une pièce n'était pas très agréable, surtout s'il s'avérait que son camarade de chambré était un pétomane invétéré, qui s'exprimait tout en lyrisme même au plus profond de son sommeil de plomb. Décidant soudain qu'il valait mieux pour lui qu'il s'encrasse les poumons plutôt que d'écouter une énième symphonie en prout majeur par l'orchestre de Montcuq, il se leva prestement, s'habilla et fila hors des dortoirs des novices sans se faire prier.

Dehors, il soupira. Le calme de la nuit déteignait sur lui, rapide et efficace, comme si l'inspiration touchait du doigt un poète pour le voir écrire des pamphlets toute sa vie durant par la suite. Il sortit de son blouson de cuir son matériel de clopage et roula tranquillement son petit plaisir tout en marchant doucement, sans but.

C'est une vraie nuit. Une nuit avec pas un chat dehors, l'écho des pas qui résonne dans les rues et seulement la lune qui éclaire le chemin. On peut presque entendre les respirations posées des gens dans leur lit, en train de rêver, à l'arrêt et pourtant vivant.

Il passe devant le parc et se décide d'y entrer. Habituellement, il n'y va pas... Trop de monde quand il fait beau, pas agréable quand le froid de l'automne s'insinue partout dans les vêtements alors qu'on se pose sur un banc. Mais là, la nuit est belle que même sa fraîcheur ne l'arrête pas... Il en profite même pour s'installer à une balançoire. Aller, je me sens un peu foufou. Ses pieds touchent le sol, et même se sachant seul, il n'ose pas se balancer. D'ailleurs, il ne se souvenait pas d'avoir déjà fait de la balançoire... Si, peut-être tout petit, avec son père.

Il allume alors sa cigarette, la flamme vacille et brille comme un brasier devant ses yeux d'argent s'étant seulement adaptés aux éclats de lune. Il inspire alors et relâche la fumée en murmurant une simple mélodie. Tout est paisible, tout est calme. Cela faisait qu'il n'avait pas ressenti autant de paix en lui, au point d'être assez détendu pour chantonner. Il admire les couleurs bleues et noires de nuit, son odeur et son silence... Il en apprécie les moindres détails avant de fermer ses paupières. Même le vent frais lui faisait du bien, faisant doucement danser les feuilles des arbres, les herbes un peu plus hautes que les autres, rendant vivant le tableau, tout autant que ces gens dormant paisiblement dans leur lit, comme il l'imaginait un peu plus tôt.

Un vent frais qui lui fait arrêter de pousser la chansonnette pour éternuer tout d'un coup... Fichtre, ça caille un peu quand même. pense-t-il en réprimant un tremblement.
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Jeu 22 Oct 2015 - 17:48
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Un petit vent frais s’immisça sous mon manteau, me faisant frisonner légèrement, plus en raison de la situation que parce que j'avais vraiment froid. J'étais sorti par des nuits bien plus fraîche que celle-ci. Cependant, la fraîcheur s'installait doucement au Japon et, bien que ce soit le cauchemar de tous les étudiants de Terrae, j'étais ravi de sentir à nouveau cette sorte de morsure sur ma peau. A présent que je ne distinguais plus ni les formes, ni les couleurs, ni personnes... Ce genre de sensation étaient pour moi la preuve que j'existais toujours. Je me sentais en quelque sorte! Je sais que ça peut paraître compliqué mais lorsque l'on perd un sens, lorsque l'on perd ses repères il est bon de se raccrocher à des choses infimes, qui paraissent ridicules aux yeux des gens. Ce froid, c'était la preuve que j'existais toujours, dans un monde bien réel que je ne pouvais distinguer.

Je poussais un léger soupir. Je n'avais toujours pas annoncé la nouvelle à mes parents. IL faudrait que je demande à quelqu'un d'écrire pour moi mais je n'arrivais pas à me dire qu'il fallait que je sois à nouveau un poids pour eux. J'avais pesé sur leur vie depuis ma naissance, je les avais même mis en danger lorsqu'ils sont venus à Terrae... Je n'avais pas le droit de les faire souffrir à nouveau. Pourtant je devais le faire.
Je secouai la tête avec tristesse. Du temps. C'est tout ce qu'il me faut.

Je marchais un peu par automatisme, mon corps se souvenant mieux que moi les chemins que j'avais pris autrefois. Mon pouvoir me permettait de me repérer pour ne pas foncer dans quelqu'un ou quelque chose ( je ne savais pas l'heure qu'il était ) mais j'avançais sans but, sans savoir vraiment où j'allais. J'essayais de passer en revue les lieux que je pouvais croiser, tout ce qui pouvait s'y trouver. Je me remémorais les arbres de la forêt, les flots du lac, les toits du village, le visage des gens, la forme de la lune... Tout cela me manque, plus que je ne peux le dire à mes amis.
Un bruit attire mon attention. Le vent me porte les échos d'une mélodie que l'on fredonne, un air qui m'est inconnu mais qui résonne dans mes oreilles. Intrigué, je laisse mes pas me conduire vers le lieu d'où elle provient, me dirigeant toujours grâce à mon pouvoir. Je sens bientôt effectivement une énergie, pas très loin de moi. Au décor que je peux esquisser grâce à ma perception des particules d'air, en sentant autant de structures près de moi, j'en déduis que je dois être au parc. Un sourire étire mes lèvres. Il y avait longtemps que je n'étais pas venu ici. C'était là que j'avais rencontré Aoi pour la première fois... Cela fait si longtemps j'ai l'impression.
La mélodie s'interrompt au moment où j'arrive par un éternuement. "Il y a mis du coeur j'ai l'impression " pensais-je amusé. Doucement, je pénétrais dans l'enclos du parc.

-Tu devrais te mettre à l'abri si tu as froid. Ne va pas t’enrhumer, lui dis-je avec douceur

Je capte vaguement une silhouette grâce aux particules d'air mais son énergie m'est inconnue. Cela ne veut pas dire que je ne le connais pas, j'ai encore du mal avec ces techniques.
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Jeu 22 Oct 2015 - 19:32
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Nicolas sursaute, va pour se redresser mais oublie qu'il a les mains dans les poches et les chaînes de la balançoire entre lui et ses bras. Du coup, en se retournant, il trébuche, accroché à moitié à la structure... Il se retrouve les quatre fers en l'air, emmêlés dans la balançoire... l'air de s'être fait Picassoté en une respiration de loutre asthmatique. Pourtant, il ne pousse pas un bruit, même pas un petit juron pour agrémenter le ridicule de sa situation. Il est juste là, les yeux grand ouverts sur la silhouette qui se découpe dans la nuit, un peu pâlot... Une lune vivante. est la première chose qui lui traverse l'esprit. :

-Ah ! arrive-t-il enfin à articuler. 'Scuse je... Je m'attendais pas à ce qu'il y ait quelqu'un...

Forcément, la nuit. Chez lui, avant, peut-être, mais à Terrae, il ne s'y attendait pas du tout... En plus il chantonnait... Il chantonnait quoi ! Il aurait pu en rougir mais voulu passer à autre chose, pour ne pas perdre le peu de contenance qui lui restait après cette acrobatie qui aurait mis Houdini au placard pour des siècles. Amen. Il toussota. :

-C'est parce que je me suis assis. De base, je suis pas quelqu'un de frileux.

Et puis seulement il regarda son vis-à-vis. Sa première impression était bonne... Ce garçon lui semblait blanc et pâle de partout, d'autant plus avec les couleurs de la nuit. Tout petit et tout fin par rapport à lui... Il était mignon. Avec des yeux bleus, tout aussi pâles que sa peau.

Nicolas pencha sa tête sur le côté, soudain curieux... Il ne le regardait pas. Enfin si, mais pas exactement lui. Il avait déjà vu ça, il y a longtemps ; des souvenirs d'une camarade de classe qui venait rarement en cours en primaire, toujours accompagnée d'un adulte qui prenait des notes. :

-Tu as une mauvaise vue ou tu es aveugle ?

C'est pas la première chose qu'on devait remarquer chez lui, il se tenait tout à fait comme quelqu'un qui avait une vue parfaite : il devait avoir l'habitude ou des sens très développés. Il n'y avait que son regard qui fuyait à peine, et si Nicolas n'avait pas eu le chic de fixer les autres dans les yeux quand il leur parlait, il n'aurait jamais deviné ça.

Merde, j'ai peut-être été indiscret. Il fit quelques pas en avant, sans empiéter dans l'espace vital de celui qui lui faisait face et s'exprima avec un air d'excuse. :

-Ah pardon... Je pensais pas à mal, je suis juste curieux. Quand j'étais petit, mes yeux étaient un peu sensible à la lumière du jour, vu qu'ils sont très clairs. C'est pour ça que j'aime me balader la nuit.

Mal à l'aise d'avoir peut-être posé une question gênante, il resta devant lui, les mains dans les poches, ne sachant pas s'il devait se présenter convenablement, simplement le laisser tranquille ou lui proposer de marcher ensemble, pour ne plus avoir le froid de la nuit qui colle à la peau.
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Ven 23 Oct 2015 - 8:52
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Au lieu de la réponse à laquelle je m'attendais, une réponse humaine je précise, je n'entends qu'un bruit de chaînes et une sorte de glissement. L'air intrigué, j'imagine aussitôt que la personne à trébuché ou bien qu'elle s'est coincée dans ce qui semble être une balançoire à en juger par le gémissement du métal. Un petit sourire amusé se peint sur mon visage, mon don de guérisseur ne repère aucune blessure mais je demande tout de même:

-Ca va ? Tu n'es pas blessé ?

Nouveau grincement qui annonce la libération de mon interlocuteur je présume. Puis j'entends sa voix, enfin. C'est un garçon, le timbre de sa voix m'indique qu'il doit être jeune, du moins plus jeune que moi ( ça ne veut pas dire que ça voix est aiguë hein! ). Je pouffe légèrement devant sa surprise, ce n'est pas le premier à penser que personne ne sort la nuit à Terrae. J'étais une exception à la règle.

-Désolé de t'avoir perturbé alors, dis-je gentiment

Je l'entends dire qu'il n'est pas frileux de base. je hoche la tête avec entendement. Il ne faisait pas chaud ces dernières nuits, où je commençais à peine à ressortir, mais cela aurait suffit pour que n'importe qui ait froid. Il doit avoir l'habitude aussi, ou alors il est vraiment insensible au froid. Il y a des gens comme ça, mais je n'en ai jamais rencontré! Je suis souvent seul al nuit, parce qu'il est tard et que est gens ont soit froid, soit ils sont fatigués. "La deuxième option revient plus fréquemment" pensais-je amusé.
Je me tourne dans la direction d'où me parvient le son de sa voix. Je n'avais pas la géographie du parc en tête, donc je ne me repérais pas trop. Il était vers ma droite me semblait-il. En poussant ma perception plus loin, je parvins à dessiner sa silhouette dans ma tête grâce à l'air ambiant. Il était effectivement assis sur une balançoire.
Sa question attirait mon attention un instant, tandis qu'un joli sourire étirait mes lèvres.

-Je suis aveugle. Pas de naissance, c'est plutôt récent en fait, expliquais-je. Mais ne t'en fais pas, je parviens à me débrouiller à peu près correctement.

J'achevais cette phrase sur un ton malicieux. Pas besoin d'inquiéter une nouvelle rencontre avec mes simagrées. Toutefois, il semblait qu'il n'ait pas besoin de moi pour ça puisqu'il s'excusa presque aussitôt en m'expliquant un peu ses raisons. Ils avaient les yeux fragiles aussi ? Je résistais à la tentation de vérifier avec mes pouvoirs, parce que ça ne se faisait pas et que je ne voulais pas violer son intimité.

-Je suis désolé pour toi, dis-je d'un ton triste. Mais toi, pourquoi t'excuses-tu ?

C'est vrai que je n'avais pas compris, j'étais même surpris qu'il s'excuse. Je pensais que c'était peut-être à cause d'un geste ou une pensée mal placée mais, en me rappelant sa phrase, je compris que c'était parce qu'il pensait être trop curieux en me demandant si j'étais aveugle. Un léger éclat de rire me vint, que je ne retint pas. Je secouai aussitôt la tête.

-Tu n'as aucune raison de t'excuser, c'est normal d'être curieux, surtout avec quelqu'un comme moi, répondis-je joyeusement pour le rassurer.

Lentement, je commençais à marcher pour rentrer totalement dans le parc. Je m'installais sur une balançoire, non loin de la sienne il me semblait, et commençais à me balancer légèrement pour faire bouger mes jambes et ne pas rester inactif.

-Tu es ici depuis longtemps ? repris-je

Puis, aussitôt, une pensée me percuté l'esprit, et je maudis mon manque de rapidité et de finesse.

-Au fait, je m'appelle Matheo, enchanté!

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Sam 24 Oct 2015 - 1:34
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Ses sourcils dessinent un arc à la question qu'il lui pose... Pourquoi il s'excusait ? Pourquoi il me demande ça, ouais ?! Mais c'était pas une question bête en vrai... Car c'était pas une politesse balancé comme ça pour la gloire d'être juste, avec le bruit mat d'un steak pas encore cuit posé sèchement sur une poêle -cette comparaison va trop loin- non, il le pensait sincèrement. Parce que... :

-Parce que ma mère m'a dit d'être poli dans la vie. Euh... puis il ajoute, très sérieux. Et aussi parce que certaines personnes n'aiment pas qu'on pointe du doigt ce qu'ils sont.

C'est vrai ça ? On va pas en faire tout un fromage, de la cécité ou des autres problèmes de santé... Shit happens ! Nicolas avait peut-être l'habitude de traîner avec des gens comme ça avant : en même temps, au village, les moindres faiblesses étaient exploitées pour te ramener plus bas que terre... Cette fille que j'ai connu en primaire, elle a déménagé à cause de ça je crois... En s'excusant avec ce jeune homme, il avait voulu instinctivement le mettre en confiance, lui signifier qu'il allait pas s'en prendre à lui ou cafter à des gros durs ce qui faisait de lui "quelqu'un d'autre". ...Sa façon à lui de dire qu'il l'aimait bien quoi.

Il le rassure, d'un sourire doux et joyeux. Il dégageait beaucoup de calme, ce dont Nicolas n'avait pas beaucoup l'habitude... Même son rire était délicat. C'est dire, à côté je dois passer pour une grosse brute. Sans la moindre difficulté, il s'installa à la balançoire d'à côté et commença à se balancer. Nico l'imita, sans bouger ses jambes toutefois. Il était sûr qu'il n'arriverait même pas à le faire s'il essayait... Il allait pour répondre à sa question quand le pâlot se présenta d'un coup... Ah oui ! Les politesses. Car faut le dire, lui-même n'y avait pas pensé après sa petite gymnastique tordue. :

-Enchanté. Moi c'est Nicolas. Et je suis arrivé il y a... quelques semaines, je crois ?... Je n'suis qu'un novice.

Il n'était pas pressé. Il prenait son temps pour se faire à Terrae, à ses nouveaux cours, à cette nouvelle vie qui s'offrait à lui. Être novice lui allait très bien... Puis il se tourna vers Matheo : il semblait aussi jeune que lui mais n'arrivait pas à lui donner d'âge précis... Quand à savoir s'il venait d'arriver ou pas, il avait des doutes. Apparemment, on pouvait embarquer des gens de tout horizon et de tout âge ici, alors essayer de deviner un truc pareil, c'était se donner du mal pour rien. :

-Et toi ? Ca fait un moment que t'es ici je me trompe ?

Ce n'était qu'une supposition, mais si sa cécité était récente mais qu'il arrivait tout de même à trouver une balançoire dans l'immensité de Terrae, il devait connaître un minimum le coin. A moins que... Magie, pouvoirs, tout le tralala machin pouêt pouêt. Ce qui mérite d'être un exploit quand même. Tiens, j'te donne mentalement une médaille en chocolat pour ton flegme apparent et ta débrouille au milieu de la nuit.
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Sam 24 Oct 2015 - 8:50
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Le léger silence qui accompagne ma question me laissa penser qu'il était un peu perturbe par ma réplique. Remarque, je pouvais le comprendre, je n'avais pas été d'une finesse exemplaire sur le coup, ça partait d'une véritable curiosité. Dans ma tête il n'y avait rien eu qui justifie des excuses d'où ma question. La réponse ne se fit d'ailleurs pas attendre. Je pouffais légèrement sur ma balançoire lorsqu'il me dit que c'était une question de politesse élémentaire.

-Quand on fait quelque chose de mal oui, ce n'est pas ton cas, ajoutais-je en le taquinant un peu.

La suite me fit prendre un air un peu plus sérieux, reflet du ton de sa voix au même moment. Les gens n'aiment pas que l'on pointe leur handicap ou faiblesse... Il n'a pas tort dans un sens, certaines personnes n'aiment pas ça, ou le conçoivent comme un surplus de pitié, ce qui difficilement tolérable.

-Je comprends ce que tu veux dire... Pour ma part, je ne me considère pas vraiment comme handicapé, donc tout va bien!

C'est vrai quand on y réfléchit, peu d'aveugles peuvent se repérer aux particules d'air ambiant pour se repérer ou capter les forces de vie alentours. Plus j'y repense, plus je me dis que ce pouvoir m'était destiné, une sorte d'assurance post accident. Et dire qu'il m'avait rendu si triste dans un premier temps.
Il se présenta à son tour. Nicolas... c'est un nom sympa. Plus facile à retenir que la plupart de ceux que l'on trouve à Terrae ( j'ai beaucoup de mal à retenir les noms japonais ). Et il me dit de lui-même que c'est un novice. Je souris gentiment, ne sachant s'il m'indique son rang ou s'il affirme juste qu'il n'est là que depuis vraiment peu de temps.

-Oh ? Tu n'as pas encore reçu tes pouvoirs c'est ça ? demandais-je.

En même temps, s'il n'est pas là depuis longtemps c'est un peu normal. J'ai mis du temps aussi à les obtenir mes pouvoirs. Etant donné que je ne sortais que la nuit, je pouvais difficilement m'acclimater au même rythme que les autres. Mais c'est venu, petit à petit.

-Tu te plais à Terrae ? Tu as rencontré des gens sympas déjà ?

Je sais que ça fait un peu surréaliste de demander ça, mais c'est un peu mon inquiétude envers tous les nouveaux. Certains s'adaptent vite d'autres noms. J'avais rencontré de tout. S'il était ici depuis quelques semaines, je suis sûr qu'on a déjà dû lui expliquer les choses ou bien qu'il a rencontré d'autres personnes que moi. Du moins j'espère.
Il me renvoya la question, pas trop sûr de lui. Je lui offrit un grand sourire pour le rassurer, peut-être qu'il avait besoin d'être détendu.

-Je crois que ça va faire presque trois ans... Non plus même! Je ne me souviens pas vraiment, dis-je sur un ton d'excuse.
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Sam 24 Oct 2015 - 20:13
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-Bon si tout va bien !...

Nicolas lui offre un sourire pour la forme... Et pis il paraît qu'on peut entendre les sourires, dans le son de notre voix, alors on sait jamais. Sur la balançoire, il s'occupe les mains en roulant une autre cigarette... Il a perdu l'autre lors de sa petite "soca dance" un peu plus tôt. Elle a du s'éteindre et, même si la lune éclairait plutôt bien les environs, distinguer une aiguille dans une botte de foin devait se révéler plus facile.

Tout en faisant aller ses doigts, forgé par l'habitude des mouvements, il écoutait attentivement Matheo. Il n'était pas curieux du pouvoir des autres, enfin si, mais dans les détails... S'il se laissait aller à la curiosité, il pouvait poser des tonnes de questions sur les différents éléments, les origines de tout ça et le pourquoi de l'existence des particularités lunaires et solaires. Trop concentré sur le théorique... Beaucoup moins sur les personnes en elles-mêmes. Du coup, il n'avait jamais le réflexe de demander ce qu'il en était pour les autres... En même temps, c'est comme si on rencontrait quelqu'un pour lui demander sa carte d'identité. Ca manque de... je sais pas, fun ?

-Yep, pas de pouvoirs. J'suis encore tout frais !

S'il avait rencontré des gens sympas ?... Il n'y a que de ça ici faut croire. Au fond de lui, il ne savait pas s'il avait juste eu de la chance de tomber sur des personnes sociables ou si, dans le fond, la douleur que chacun avait rencontré dans sa vie, bien qu'elles soient toutes différentes, les réunissait tous au point qu'ils s'acceptent sans condition dès le départ. Il prit une grande inspiration, de l'air frais sembla s'insinuer jusque dans les profondeurs infinitésimales de ses poumons. :

-Des gens sympas... répète-t-il comme pour donner une signification aux mots. En fait, j'ai l'impression que tout le monde l'est ici. Des gens serviables et aimables... Ca me change aussi, c'est peut-être pour ça que j'ai cette impression... Mais sinon ouais, j'ai rencontré des gens biens.

Il pensait surtout à Huo en fait... Qui aurait cru qu'une petite séance de tatane pouvait aussi unir des gens comme ça ?... Nicolas apprenait à se montrer plus sociable depuis ; il pouvait même un peu plus accepter un contact physique s'il s'y était préparé avant. Un exploit. Que dis-je ?!... Une révolution !

A l'écoute de la paire d'années à Terrae qu'avait vécu Matheo, Nicolas eut un haussement de sourcils léger. Trois ans eh beh... J'étais où moi il y a trois ans ?... En cinquième en train de revendre de la came à des camarades de classe pour pouvoir m'acheter à manger... Ouais c'est vrai. Retenant un soupir, il alluma sa nouvelle cigarette. :

-Eh beh, trois ans... T'es carrément un ancien comparé à moi !

En expirant la fumée, il jeta un regard à son voisin de... balançoire. Il semblait tout fragile et pourtant, Nicolas soupçonnait une forme de force intérieure. Aucune idée d'où ça pouvait lui venir, il n'avait que des intuitions mais celle-là lui semblait plutôt juste et réelle, au point que ses nerfs lui titillent les mains comme parcouru d'un coup de jus presque imperceptible. Et puis seulement, la mémoire lui revint et cette sensation désagréable disparut. C'est pas tout le monde qui apprécie le tabagisme passif... :

-Si la fumée te dérange, dis-le moi hein.
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Sam 24 Oct 2015 - 21:36
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Je hochais la tête avec satisfaction, content qu'il soit plus détendu en quelque sorte. Je continuais de me balancer légèrement, renforçant la sensation de morsure causée par le froid de la nuit. J'aimais cette sensation, même si elle me rappelait mes nuits de solitude en France, elle était aussi synonyme de beaucoup de chose pour moi. Je me tournais alors vers Nicolas, lorsqu'il me sortit qu'il était tout frais. Je pouffais légèrement avant de répondre.

-Bah, personne ne le reste bien longtemps, répondis-je d'un ton taquin

En temps normal, j'aurais peut-être ajouté un clin d'oeil, pensais-je avec tristesse. Mais là, c'est devenu impossible pour moi maintenant. Non! Non! Il en faut pas penser à ça. Sinon il va percevoir mon trouble et ce n'est pas bien. Ça ne fait pas bonne impression sur une nouvelle rencontre.
Je l'écoutais alors me raconter ce qu'il pensait des gens de Terrae. je restai silencieux, sans le couper, tout en méditant ses paroles. J'acquiesçai distraitement, songeant que, en effet, Terrae abritait des gens formidables. J'y avais rencontré une seconde famille, un lieu où je me sentais en paix. J'avais des amis, de vrais amis... chose que je n'avais jamais connu auparavant.

-Je suis heureux que tu vois les choses comme ça, affirmais-je. Certaines personnes se sentent... Mal à l'idée de quitter leur ancienne vie ou ne s'adapte pas à Terrae. Je me sens triste pour eux. Alors je suis ravi que toi, tu sois bien.

Je terminais ma phrase sur un ton joyeux. Je pris un peu d'élan et sautai hors de ma balançoire pour atterrir sur le sol. Je chancelais légèrement, après tout, je sautai hors du noir pour mettre les pieds dans du noir. Je retrouvais bien vite mon équilibre cependant et me tournai vers mon nouveau compagnon nocturne.

-D'ailleurs que fais-tu ici en pleine nuit ? Tu as des problèmes pour dormir ?

Chaque fois que je croisais quelqu'un la nuit, c'était presque toujours parce qu'il avait une insomnie. Il sembla assimiler le fait que j'étais ici depuis longtemps car un petit silence suivit mes paroles. Un sourire étira mes lèvres lorsqu'il répéta, rajoutant au passage que j'étais un ancien, manière polie j'imagine pour me traiter de vieux. Je rigolai légèrement.

- On peut dire ça comme ça! D'ailleurs, si tu pouvais me vouvoyer ou faire la révérence, ce ne serait pas de refus, dis-je avec amusement.

Une illumination me vint alors. Depuis tout à l'heure, j'entendais de drôles de bruit et je me demandais si c'était lui qui les faisait. Une odeur me prit alors aux narines, que je reconnus comme étant du tabac. L'explication vint toute seule, je comprenais mieux maintenant ces espèces de froissements intermittents. Je créai une légère brise de mon côté pour dissiper la fumée. En tant normal je n'y étais pas sensible, mes parents étaient fumeurs après tout, mais depuis que j'ai perdu la vue, mes autres sens sont assez développés et là... Je fais l'expérience de mon odorat. Sa question me tire une légère gêne et je peux sentir mes joues rosirent.

-Non non ne t'inquiètes pas, dis-je d'un ton le plus convaincant possible

Je commençai à marcher un peu, tournant autour de certains jeux du parc avec nostalgie. Je n'étais pas beaucoup venu mais j'étais content de revenir pour redécouvrir tout ça. Je m'assis sur le siège d'un tourniquet et, sachant que je n'arriverai pas à le faire tourner en courant moi-même, je le poussai avec mon vent, pas pour aller vite mais suffisamment pour qu'il se mette en branle en douceur.

-Hey! Un tour de manège ça te dit ?, proposais-je avec un regain d'enthousiasme.
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Sam 24 Oct 2015 - 22:46
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Nicolas se détendit vraiment. Cette rencontre de la nuit n'était pas comme les autres. Matheo avait l'air de saisir d'autres choses de la vie en communauté qui, jusque là, n'avait fait que frôler sa petite tête bien vide. S'adapter à Terrae m'était apparu comme vital pour la suite... J'avais pas pensé que certaines personnes pouvaient souffrir d'être séparé de leur famille. Il le regarda s'envoler de sa balançoire, plongé dans ses pensées, et ça lui tira un sourire... Au fond de lui, une petite envie voulait faire la même chose... mais à la place, il répondit à sa question. :

-Plusieurs raisons à ça en fait... J'pense que je dois encore être réglé "à la française", j'ai souvent des insomnies chroniques... et j'adore la nuit. C'est calme et relaxant... Donc j'ai souvent besoin de ces petites virées nocturnes tu vois ?

Il rit en cœur avec Matheo. Sa blague sur l'ancienneté est bien passée, un miracle quand on connait l'humour étrange de Nico : un peu flou, tentant tant bien que mal de s'adapter à son auditoire... Mais là, pour un premier essai, c'était un succès. Avec un peu de chance, je serai un clown dans les mois à venir... et pis l'humour c'est drôle, ça fait rire et s'amuser, c'est rigolo. La profondeur de ses pensées méritaient d'être abyssale quand il le voulait.

Matheo lui dit de ne pas s'inquiéter pour la fumée, pourtant, les lèvres de Nicolas s'étirent. Il n'était pas une lumière et ne voyait pas si bien que ça dans le noir, mais pas besoin d'en être une pour remarquer la gêne de son camarade et le léger changement de couleur sur sa peau blanche comme la lune. Il attendit qu'il s'éloigne pour éteindre sa cigarette, l'air de rien, comme s'il l'avait déjà terminée. Il pourrait bien fumer plus tard, ce n'était pas un problème, mais il avait pas envie d'insister.

Puis il l'appela. Nicolas se retourna pour le voir assis à un tourniquet, tournant légèrement par on se sait quelle... magie. Un nouveau sourire fendit son visage... S'il n'avait pas encore assez de maturité pour apprécier un tour de manège sans s'en sentir un peu honteux, il était prêt à filer un coup de main pour que les autres en profite. Il se leva, fit un grand mouvement tout en faisant une révérence, sans même se demander s'il pouvait le "capter" ou pas, et annonça d'une voix profonde. :

-Mais bien sûûûr cher aîné ! Permettez que je vous tournâââsses !

Il trottina jusqu'au tourniquet et compris rapidement le principe. Tout est dans le nom ; il faut tourner. Bravo p'tit génie. Il voulut bien faire mais se trouva emporté dans la tourmente et, pour éviter de chuter et de répéter l'épisode de la balançoire, il posa lourdement son séant sur une des places libres. D'abord déboussolé, il finit par aimer le mouvement constant du manège et même, le petit vent qui accompagnait leur rotation. Un petit plaisir simple qui lui fit comprendre pourquoi les gosses aimait autant ça, alors que ça ne faisait que des ronds. :

-J'dois t'avouer, ça doit bien faire sept ou huit ans que j'ai pas fait ça... J'en ai pas beaucoup de souvenir en plus. Mais c'est chouette en fait !
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Sam 24 Oct 2015 - 23:29
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Un air surpris se peignit sur mon visage, tandis que je lâchais un petit "ooooh". Je laissais un sourire étirer mes lèvres, contaminé par une joie irrépressible.

-Alors tu es français aussi ? D'où tu viens ? Moi je viens d'un petit village de Dordogne, Montignac... Je ne sais pas si tu vois où c'est, c'est vraiment tout petit, dis-je avec excitation.

Je crois que c'était le premier français que je rencontrais à Terrae. La majorité des personnes ici étaient japonaises, et d'ailleurs, maintenant que j'y pensais, beaucoup de mes amis l'étaient aussi. Du moins, ils étaient quasiment tous asiatiques. J'étais bien content de rencontrer un occidental et surtout un français, je me sentais tellement moins seul!

-Moi je ne sortais toujours que la nuit, donc je ne sais pas si on peut dire que je suis réglé à la française, dis-je en riant. D'ailleurs, c'est particulièrement français les insomnies ?

J'avais demander ça pour plaisanter mais, puisque je l'avais posé, je me demandais si c'était vrai. Il y a beaucoup d'idées reçues sur les français, peut-être que celle-ci en est une de plus. Allez savoir.
Je perçu du mouvement de son côté, et je l'entendis se rapprocher. Je ne bougeais pas, je ne me sentais pas en danger. Il était très gentil au contraire, et je ne percevais rien qui puisse me laisser croire qu'il me veut du mal. Ys se mettrait en colère s'il m'entendait, lui qui veut que je sois très prudent... Nouvelle perturbation parmi les particules d'air. J'avais l'impression qu'il bougeait bizarrement, le temps que je capte ce qu'il fait, un léger rire s'empara de moi. Je n'eus toutefois pas vraiment le temps d'en profiter car le tourniquet se mit en tourner plus vite tout à coup. Un peu surpris par cette nouvelle vitesse non prévue, je trébuchais en me plaquant à moitié sur le siège. Je manquais de glisser mais je me maintins. Une fois redressé, je constatais que mon compagnon avait presque eu les mêmes soucis que moi et se tenait maintenant à mes côtés. Pour dissimuler ce petit incident, je repris mes manières ampoulées.

-Merci bien le nouveau! Il faudra toutefois travailler votre délicatesse, je suis en cristal moi, ajoutais-je en contenant mal mon amusement.

Il m'avoua au passage qu'il n'en avait plus fait depuis qu'il était petit. Je commençais alors à réfléchir sur la dernière fois que j'avais fait du tourniquet. En même temps, c'est une attraction pour les enfants à la base, mais moi... Je ne me souviens pas en avoir déjà fait petit avec mes parents.

-Je crois que les seules fois où j'en ai fait, j'étais tout seul dans le parc la nuit, comme maintenant en fait... Sauf que tu es là, dis-je avec douceur, en lui souriant.

Je pris un ton de voix destiné à lui faire comprendre que ce n'était nullement un reproche, bien au contraire. J'étais ravi de percer ma solitude d'un peu de compagnie. Mais bientôt, la fameuse sensation tant détesté du tourniquet se manifesta. Une sorte de mal de ventre me prit, pas fort évidemment puisque nous ne tournions pas vite mais suffisant pour que je me laisse tomber lorsqu'il fut arrêté.

-Pfiou... J'avais oublié la sensation que ça faisait quand ça allait trop vite. Quand je te disais que tu n'étais pas très délicat, repris-je en rigolant
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Dim 25 Oct 2015 - 17:51
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-Montignac ?... Attends, mais c'est là où il y a les grottes de Lascaux nan ?!... J'y allais en voyage scolaire ! J'viens d'Auvergne donc le voyage en bus était pas trop cher tu vois ! Mais tu dois pas connaître... Mon village était bien plus petit et surtout composé de petites fermes éparses... La campagne quoi !

Jamais il aurait pensé parler du village de son enfance aussi gaiement... En même temps, il n'avait pas croisé de français comme lui, jusqu'alors. C'est sans doute ce pourquoi il arriva à sourire jusqu'à la fin de sa tirade, avant de laisser s'éteindre doucement la flamme de la joie. Il ne voulait pas en parler plus, de peur d'enchaîner sur des pans trop tristes de son passé. Il n'ajouta rien et préféra pouffer à la plaisanterie de Matheo sur les insomnies. :

-Un tiers des français se plaignent d'insomnies chroniques mais ils dorment en moyenne huit heures... Un asiatique sur deux dort moins de six heures par nuit et pourtant, on les entend moins se plaindre !... Non en vrai, le propre du français, c'est de jamais être content.

La tête de Nicolas ne lui servait que pour retenir des informations, s'en servir c'était autre chose. On pouvait vraiment comparer son cerveau à une espèce d'ordinateur... ou de livre plutôt : bourré de trucs plus ou moins utiles mais qui ne lui servait jamais. Sauf en cours, parfois, quand il se souvenait qu'il devait l'allumer/l'ouvrir et s'en servir un minimum.

Mais ce tourniquet du diable ! Il doit être possédé ce truc !... Après avoir retrouvé son équilibre, il s'en voulut de ne pas avoir maîtrisé sa force. C'est qu'on n'a pas la même perception de la vitesse de six à quinze ans ! :

-Ah... Excuse-moi. Je ferai attention la prochaine fois.

Nicolas s'amusait, simplement, sagement... Sans s'attendre à ce que quelqu'un sortent des buissons pour les racketter, ce qu'était un soulagement de plus mais c'était une sensation bien plus simple qui l'habitait. Plus évidente. La simple joie de faire une rencontre plaisante, au point de rougir un peu quand Matheo lui avoue être souvent tout seul la nuit, mais qu'il est là maintenant... Beh... Ma présence c'est pas un cadeau hein. Il doit dire ça à force de solitude.

Le manège ralentit doucement et Matheo tomba. Il ne s'y attendait tellement pas qu'il sursauta en poussant un juron. Il immobilisa complètement l'engin, faisant crisser ses pompes dans les graviers et se précipita vers "l'homme de cristal". Il descendit précipitamment et se baissa pour l'aider à se relever. :

-Raaah désolé vraiment ! Je m'attendais p... !!!

Le soulevant à la taille, il s'attendait juste à le redresser... Mais au poids plume de son camarade, il réussit quasiment à le soulever au-dessus de lui... comme un enfant. Gêné, autant par cette surprise que par le fait qu'il ait touché quelqu'un d'autre sans se sentir oppressé, il le reposa doucement. Et il ne put s'empêcher de lâcher. :

-T'es tout léger.
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Lun 26 Oct 2015 - 10:11
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Je hochais la tête en entendant sa description. C'est vrai, c'était dans ses environs que se trouvait les répliques de la grotte de Lascaux. C'était la principale attraction de mon village, en plus du festival qui avait lieu chaque année.

-Dans le mile! Mais je n'y suis jamais allé...

Les grottes étaient fermées la nuit, donc je n'avais jamais eu l'occasion de m'y rendre. Mes parents et ma soeur avaient tentés de me rassurer en me disant que de toute façon, ce n'était pas génial, voire laid et qu'on n'y voyait vraiment pas grand chose. Leurs efforts m'avaient convaincus mais maintenant, je ressentais à nouveau cette pointe de nostalgie et de déception à l'idée de ne pas avoir pu visiter le patrimoine de ma région.
Lorsqu'il m'annonça sa région, je poussai un sifflement de surprise.

-Ah oui effectivement, tu es encore plus loin de la civilisation que moi, dis-je en riant.

Ce n'était pas forcément vrai, mais chez nous, on avait beaucoup de clichés sur des régions comme l'Auvergne... Mon père faisait souvent des blagues concernant l'électricité ou l'eau courante, des plaisanteries pas forcément justifies d'ailleurs. Je les gardais pour moi, n'osant en faire part à Nicolas, ce n'est pas le moment de se brouiller avec une personne que je viens de rencontrer!
Ses statistiques sur les français attirèrent ma curiosité; Moi qui avais dit cela pour plaisanter, en fait c'est une réalité approuvée scientifiquement parlant ? Je ne savais pas. La chute de son analyse me provoqua un léger rire en revanche.

- Ca je veux bien te croire. Mais j'imagines que ça peut être très décontractant de se plaindre de temps en temps! proposais-je amusé. Tu te plains beaucoup toi ?

Quoique je me souviens que ma soeur adorait ça se plaindre, elle disait que ça la soulageais, que c'était bon pour le moral... Allait comprendre!
Mon atterrissage forcé sembla lui causer une certaine frayeur puisque j'entendis un poids tombé derrière moi alors que le tourniquet n'était pas encore totalement arrêté, j'entendais encore son grincement. Il se précipita vers moi en s'excusant, et je sentis une telle sincérité que je ne pus m'empêcher de le rassurer immédiatement.

-Non non, ce n'est pas de ta faute, j'ai sauté volontairement!

J'ai juste un peu cafouillé à l'arrivé mais bon, je ne pensais pas que j'aurais autant de mal à me rattraper. Comme quoi, j'ai encore des progrès à faire. Je n'eus pas le temps de méditer sur le chose qu'il m'aidé à me relever mais il y mit tant de force que je décollais aussitôt du sol. Je lâchais un petit cri de surprise, qui se dissipa bientôt car mes pieds retrouvèrent la terre assez vite. Sa remarque me tira un doux sourire.

-Ce n'est pas plutôt toi qui est assez musclé ? répliquais-je d'un ton léger

Je n'en savais rien à vrai dire, comme je ne le voyais pas. Depuis tout à l'heure, j'imaginais à peu près son apparence selon sa voix, ses mouvements et surtout, mon imagination. Il y avait bien une manière de savoir à quoi il ressemblait, le docteur spécialisé que je voyais me l'enseignait mais je n'osais pas... Je ne le connaissais pas il pourrait croire que je cherchais violer son espace intime.
Quand à mon poids plume, je n'avais pas imaginé être si léger que ça. Personne n'avait eu à me porter jusqu'à présent.

-C'est normal que je sois tout léger. Ma carrure n'est pas très imposante comme tu vois et mes muscles ne peuvent pas se développer...

Bon là, je lui en avais peut-être trop dit pour m'arrêter en cours de route. Ca ne se fait pas de dire un truc pareil pour après se taire en mode " je ne te dirai rien! ". De toute façon, tout le monde était quasiment au courant à Terrae, ce n'était un secret pour personne.

-En fait, je suis atteint de xeroderma pigmentosum, tu as peut-être vu ça en SVT, on nous appelle aussi les enfants de la lune. Mon corps n'a aucune protection contre les UV, du coup je ne peux sortir que la nuit et je dois faire attention aux endroits où je mets les pieds, certaines lampes en dégagent trop, dis-je en rigolant. C'est aussi pour ça que je ne suis pas bien mat ou développé physiquement, mon corps n'a pas cette capacité.

Mon exposé était presque complet, j'hésitai à rajouter autre chose mais tant qu'à faire, autant lui expliquer complètement pour qu'il comprenne mieux.

-Ma cécité, expliquais-je en montrant mes yeux, c'est à cause de ça. Mon corps se dérègle petit à petit.

Maintenant il savait tout.

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Lun 26 Oct 2015 - 15:50
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Se plaindre... Nicolas aimait à croire qu'il faisait ça aussi rarement que possible. Ou du moins, qu'il le faisait, mais dans sa tête. Ce qui techniquement n'est plus se plaindre, puisqu'il faut le faire de vive voix. Mais si c'est pas le cas, pinaise, j'dois être le gars qui se plaint le plus au monde ! De plus, ces origines Auvergnates doivent beaucoup aider à ça... Mais gardez ça pour vous, après les parisiens, ce sont les hommes les plus chauvins et les plus râleurs de France... Et ne commencez pas à leur parler rugby et pâté de pomme de terre, un conseil, juste en passant.

-J'me plains... en sileeeence... dit-il dans un murmure de mystère.

De toutes les excuses bidons qu'il pouvait sortir, celle d'avoir fait exprès de provoquer sa chute était celle qu'on pouvait le moins croire. Comme le fait que la fumée le gêne pas... J'suis pas aveugle moi hé ! Mais il garda sa remarque... Il voulait éviter d'être désagréable avec Matheo, surtout qu'il l'appréciait l'air de rien. Et s'il était musclé, oui. Mais c'était pas un exploit... Dans son village, soit t'étais costaud, soit on te brisait en deux. Alors pour un gosse, il semblait fait, mais c'était pas une raison pour soulever de terre un jeune homme avec une telle facilité.

Alors quand il le reposa, Matheo lui expliqua pourquoi. Il ne connaissait pas bien la maladie de xerodermaaa-truc... Par contre, le syndrome de Cockayne ouais... Parce que Cockayne, cocaïne... Ca m'a fait rire sur le coup. Et comment dire que la situation actuelle ne prêtait pas à rire... Si la dégénérescence du corps de Matheo allait jusqu'à la cécité, c'était plutôt sérieux. Mais Nicolas avait du mal avec le sérieux...

Il avait eu de la chance avec son corps le Nico... Car même si avec ses yeux clairs il était sensible au soleil, il pouvait se balader dehors ; il fallait juste qu'il mette des lunettes de soleil l'été et qu'il évite de marcher dans les rues où le sol est trop clair, le soleil se reflétant d'autant plus fort sur les trottoirs blancs. Même s'il avait un souffle au cœur, il pouvait très bien courir et vivre pleinement, grâce à l'endurance qu'il s'est forgé au fil des années. Même s'il avait souffert de beaucoup de blessures, il cicatrisait vite et n'avait jamais eu de soucis d'infections tant il soignait ses plaies béantes. Même si parfois, ses articulations "grinçaient" comme ceux d'un petit vieux, d'avoir trop forcé dessus durant la journée ou de s'être battu avec un peu trop de zèle, il restait jeune et s'en remettait avec une bonne nuit de sommeil. Les enfants de la lune se remettent pas de leur maladie en une nuit, puisqu'ils la vivaient.

-Oooh... Ça explique tout.

Il ne voyait pas quoi dire d'autre... C'est vrai quoi ! Matheo était marqué à vie par cette maladie, il ne pourrait pas le soigner par des mots... Pourtant, Nicolas refusa de se laisser aller à la tristesse. On fait avec ce qu'on a, il semble l'avoir compris lui. Mais le rire qu'il lui offrait en expliquant tout ça n'était pas le même... Il voulait l'entendre rire aux éclats, des éclats scintillants et doux de la lune, une étoile filante pour sourire.

-Attends, file-moi tes mains !

C'est là qu'il comprit à quel point Terrae avait eu une influence positive sur lui : avant, il n'aurait jamais fait ça... Il serait passé à autre chose, en changeant de sujet, ou aurait allumé une autre cigarette, pour occuper le temps. Là, il prit doucement les mains de son camarade, mains qui lui paraissaient plus froides que les siennes, et posa l'une sur la cicatrice de sa mâchoire... Il lui fit glisser le doigt dans le creux net que lui avait causé sa blessure. :

-Ca, c'est un coup de couteau que j'ai pas eu le temps d'éviter... Et ça...

Il posa l'autre main sur son arcade éclatée. Le trou était plus inégal et surtout, il avait été fait il y a un peu plus d'un mois maintenant... Plus fraîche, le fait de poser les doigts d'un autre que lui dessus le chatouilla légèrement. :

-Un caïd m'a éclaté le crâne contre un mur... me pétant l'arcade au passage. ...Tu vois, j'ai beau être costaud, on a tous un truc qui déraille faut croire.

Il ne cherchait pas à minimiser l'importance de la maladie de Matheo en la comparant à quelques cicatrices voyantes, ni à ses propres expériences. Les maux d'autrui, ça ne se compare pas. Je peux pas me comparer à un gamin qui a grandi dans les bras de la mafia, je peux pas comparer la faim que j'ai enduré avec celle d'un autre... C'est tout à chacun, mais on a le droit de les apaiser en les partageant. Et c'est beau putain. En expliquant ce qui l'habitait, Matheo lui montra qu'il avait une forme de confiance en lui... Alors Nicolas faisait de même, lui exposant ses faiblesses. :

-Hé, si toi t'es l'enfant de la lune, j'veux bien être l'enfant du sang. J'ai du en perdre bien des litres dans ma petite vie ! lui avoue-t-il dans un sourire. M'enfin bref, héhé... tu veux marcher un peu pour te dégourdir les pattes ou tu préfères t'asseoir après "avoir sauté volontairement" du tourniquet ?
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Lun 26 Oct 2015 - 19:59
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Il aime se plaindre en silence hein ? Je retins un nouvel éclat de rire, toujours tourné dans sa direction. Pour moi, quelqu'un qui se plain, il le fait savoir, à tout le monde, tout le temps. Genre ma soeur c'était ça, quand elle avait un problème on le savait, on connaissait la nature du problème, la difficulté insurmontable qu'il représentait sauf que nous, bien sur, on ne s'en rendait pas compte. Mais là...

-Si c'est en silence, alors tu es le moins plaintif du monde! Ou au plus, le moins agaçant, ajoutais-je d'un ton ton taquin.

Je poussais alors un long soupir, qui résonna dans le silence suivant mes explications. Je ne savais pas ce qu'il se passait. Est-ce qu'il était triste ? Il digérait ? Il écoutait ? Je l'ai déjà dit mais le silence est l'arme la plus redoutable contre un aveugle, c'est une nouvelle perte de repères par rapport à ceux qu'il a déjà perdu. De ce fait, ne plus l'entendre me stressait énormément. Bon pas complètement, je l'entendais respirer et sa respiration n'avait pas changée tant que ça. C'est dans ce genre de moment que j'envie les télépathes, qui peuvent tout savoir sur tout. N'empêche il faudrait aussi être capable de ne pas entendre les choses qu'on ne veut pas et ça... c'est plus difficile à mon avis. Finalement, il met fin au suspens en lâchant une réplique digne d'une comédie. Un peu surpris sur le coup, j'étais habitué à des réactions bien plus dramatiques genre " mon pauvre", "ça ira tu verras ", je n'en revenais tellement pas en me repassant le séquence dans la tête que je finis par éclater de rire. Un rire franc et sincère.

-Décidément... Tu es unique en ton genre!

Je n'allais pas tarder à comprendre à quel point. Je le sentis prendre ma main, et si le contact imprévu me fit d'abord sursauter, je le laissais faire, curieux de savoir quelle idée il avait derrière la tête. Mes doigts touchèrent une plaie dans ce qui semblait être le creux de sa mâchoire. Je sursautai à nouveau au contact de sa peau froide, surement à cause de l'air de la nuit, tandis que je sentais les bords boursouflés d'une coupure, cicatrisé avec le temps mais pas jolie jolie. L'explication qu'il me donna me fit lâché un " Quoi...?" mais sans plus de cérémonie, ma main remonta et mes doigts se posèrent sur ce qui sembla être l'arcade de son sourcil. Une méchante bosse, voire carrément plaie la perturbait et, si je pus retenir une exclamation cette fois lorsqu'il m'expliqua, je fronçais légèrement les sourcils.

Beaucoup de choses remuaient dans ma tête, alors que je laissais mon bras retomber à mes côtés. Pas besoin d'être un génie pour comprendre que c'était un bagarreur, seulement... Je savais que Huo avait un lourd passé, comme pas mal de gens que je connaissais, mais je ne les avais jamais vu amoché à ce point, je veux dire, de façon si visible. Lorsque j'ai effleuré sa peau, je me suis rendu qu'au endroit intact elle était assez douce, pas encore totalement raidie par l'âge. Bref, il était jeune et il semblait avoir eu de sérieux problèmes auparavant. Je n'osais toutefois pas lui en parler de peur de le replonger dans ses mauvais souvenirs. En revanche, une question me vint presque aussitôt, et je ne pus m'empêcher de la poser.

-Dis-moi... ces cicatrices... Elles te plaisent ou tu aimerais qu'elles s'en aillent ? demandais-je avec hésitation.

Ce n'était pas très clair dit comme ça, mais je lui proposais de les effacer s'il voulait. J'avais déjà accomplir le procédé avec Ryu en étant initié. Ces plaies-là étaient plus moches mais je pensais pouvoir y arriver. Mais je savais aussi que certaines personnes attribués leurs cicatrices à des trésors de guerres, des marques de bravoure ou je ne sais quoi et que du coup, elles préféraient les garder. Je lui proposais ça par gentillesse, par réel désir de l'aider. S'il me dit non, je n'insisterai pas.

Je pliai et dépliai mes doigts suite au contact que j'avais eu avec son visage. La demande que je voulais lui faire depuis le début commençait à prendre sens dans mon esprit, mais je n'osais toujours pas. S'il m'avait fait toucher son visage volontairement, il acceptera surement.

-Nicolas... J'hésite à te demander ça mais... Est-ce que tu me laisserais toucher ton visage pour que je dessine tes traits ? Je veux dire que... J'aimerais vraiment te voir. Savoir à quoi tu ressembles quoi, ajoutais-je piteux.

Peut-être qu'il n'aimait pas être touché non plus mais maintenant que je lui avais demandé, je ne pouvais plus reculé. Il fallait assumer. Dans un autre sens, la possibilité qu'il accepte me stressait aussi car ce serait la première fois que j'expérimentais ce procédé, et je ne savais pas ce que ça allait donner. Mais lorsque je l'ai touché tout à l'heure, mes talents de guérisseur et mon toucher ont fait un travail remarquable... Je sentais que je pouvais m'y risquer sans crainte.

Mes réflexions s'interrompirent lorsqu'il me parla d'être l'enfant du sang pour avoir un équivalent à mon prénom, je lui offris un sourire amusé, mais un peu triste.

-C'est plus effrayant je trouve, j'ai l'impression d'être dans un film de samuraï, avouais-je en souriant largement cette fois.

Manière de lui dire aussi que mon titre était bien plus beau que le sien. Nah! Sa proposition résonna en moi et j'hésitai quelques minutes avant de répondre.

-Comme tu veux. je veux bien qu'on marche...

Mais avant de partir, je voulais entendre sa réponse pour mon examen. Autrement, je me contenterais d'imaginer sa tête dans mon esprit.
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Lun 26 Oct 2015 - 21:15
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Unique en mon genre ? Une surprise sincère emplit ses traits. Ça pour sûr qu'il était unique, il était lui ! Et si on trouve un lui tout pareil ailleurs, il aurait du mal à y croire déjà... C'est bien le seul truc qu'il peut trouver sympa chez un humain ; c'est que tout le monde est unique, ce qui fait que chaque rencontre reste mémorable, même les pires... N'empêche que ça lui fait tout bizarre d'entendre ça... On dirait presque un compliment. Le rire qui suivit cette déclaration finit de rassurer Nicolas.

Et puis il présenta les cicatrices de son visage... Il entendit l'étonnement s'échapper de Matheo dans un souffle et il vit ses sourcils se froncer lorsqu'il relâcha ses mains. Là, présentation faite... Heureusement qu'il n'a pas vu l'état de mon épaule et qu'il ne connaît pas son histoire, parce que si un petit couteau donne cette réaction... Ses pensées se tarirent... Il savait qu'une lame, c'était rien de bénin dans l'esprit des gens. Il fallait pas minimiser ça comme si ce n'était qu'un mauvais moment à passer, comme une piqûre chez le médecin. La violence, c'est comme les antibiotiques, c'pas automatique.

Ses yeux s'ouvrirent un peu plus à la question qu'il lui posa. Il toussota, un peu gêné de parler de ça... J'suis déjà pas un mannequin alors les cicatrices... Qui aime porter ça de toute façon hein ? Il soupira avant de répondre. :

-Je les hais. Quand je me regarde dans le miroir, elle me rappellent combien j'ai souffert... justement. Je sais que j'aurais pu m'en débarrasser ici mais non. Elles me rappellent qui je suis, ce que je suis devenu en traversant ces épreuves... J'en tire aucune fierté. Juste... Elle sont là. Je garde le meilleur et le pire de moi.

Nicolas ne savait pas s'il avait été bien clair... Il avait encore du mal à mettre des mots sur ce qu'il ressentait à propos de ces marques. Il faut dire que jusqu'à ce qu'il arrive à Terrae, il pensait devoir faire sa vie avec, subir des regards curieux et des questions venant d'éventuels amis, partenaires, connaissances qu'il aurait au fil des ans. Il les avait accepté depuis longtemps, les enlever aujourd'hui lui semblait... certes possible de l'ordre du visible. Mais il savait... Il savait que même sans ça, il continuerait, chaque matin, à se couvrir de pansements et de bandages, son petit rituel du matin avant le café. Il continuerait à gratter les zones à la peau sensible bien qu'elle ne le soit plus. On peut le dire : ainsi s'était-il fait.

Matheo ajouta une question qui était loin de le surprendre... Après tout un aveugle voit avec ses oreilles, son nez et ses mains. Pourtant, il ne put retenir un frisson... Guider quelqu'un sur la route de ses traits pouvait encore aller, mais laisser une personne libre de le visiter l'inquiétait encore un peu... Si bien qu'il ne répondit pas tout de suite, laissant Matheo plaisanter sur sa proposition d'être un enfant de sang... Ok, j'avoue, c'était de très mauvais goût. ...le laissant accepter sa proposition de marcher...

Il savait que c'était à son tour, il devait répondre au moins. Mais son regard se perdit par dessus l'épaule de son vis-à-vis... Peut-être trouverait-il du courage dans les ombres du parc ? Quelques secondes ressemblèrent à des minutes avant qu'il ne ferme ses yeux. :

-Ok.

Nicolas, impassible comme s'il avait été anesthésié, retira son foulard pour que Matheo puisse faire ce qu'il avait faire correctement. Se penchant en avant, à quelques centimètres de lui, il fixa le regard aveugle de son ami, le temps qu'il fasse son oeuvre. Maintenant, avant que je ne change d'avis... :

-Vas-y. l'encouragea-t-il, sa voix soudain plus grave, plus posée.
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La mélodie de la nuit [with Matheo]

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