Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Tourne d'Automne | Roxanne
Mer 11 Nov 2015 - 17:52
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Bleu ciel

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Il n’est pas bien avisé cet homme qui regarde le monde au travers d’un objectif. Le se promène un œil fermé et l’autre concentré sur l’image déformée que lui renvoie l’appareil. Il vient de sortir son jouet, les couleurs de l’automne nippon ont réveillé en lui le cinéaste. Il aime les images en mouvement. Il suit de l’objectif le trajet d’une feuille portée par le vent. L’homme s’émerveille comme un gamin, il ne connait pas le nom de cet arbre et s’en contre fout. Il observe, immobile le vent dans ses branches.

Ses amis ont été surpris par les premières photographies qu’il leur a envoyé du sol nippon. Officiellement il a disparu la semaine dernière. Sa demande de démission est arrivée après son départ sur le bureau du recteur de l’académie. Il ne peut plus rentrer, plus comme avant. Il l’a décidé il n’enseignera plus jamais, et ça lui a fait du bien. Alors en attendant de trouver ce qu’il veut faire de sa vie : il crée.
En l’occurrence il crée une vidéo pour ses amis. Il a filmé beaucoup de choses de ce distributeur de culottes pour bouteille qu’il a vu en ville, il a investi et en a acheté plus d’une demi-douzaine. Il a décidé que l’invention était trop extraordinaire pour ne pas en habiller toutes ses bouteilles et toutes celles de ses  amis.
Il a filmé la foule au réfectoire. Ce qui est drôle ici c’est qu’on entend de toutes les langues sur la vidéo. Sans traducteurs ils vont en prendre plein les oreilles. Plein les yeux aussi même si la séquence finale ne fera pas plus de quinze seconde quand tu l’auras monté. Pour l’instant homme fantasque il se balade comme la feuille qu’il a vue tomber, au grès du vent.

Ses amis sont habitués à le voir papillonner à droite, à gauche. Toujours à monter des grands projets et à les réaliser. C’est peut-être le plus surprenant l’artiste réalise toujours ce qu’il a en tête… Et ce qu’il réalise est toujours pour le moins… Surprenant. Toujours…

L’œil dans le viseur il ne fait pas attention à ce qui se déroule autour de lui et divague dans les allées du parc. Il n’y a plus de feuilles vertes sur les arbres et le paysage semble flamboyer. Lui aussi il s’est enflammé, enflammé par la passion. Passion qui l’habite. Alors il n’a pas fait attention à la fille. C’est bien une fille ? Il l’a percutée alors qu’il se baladait en filmant le ciel. C’est beau le ciel, il l’a toujours été pour toi… Et le bleu étincelant, il aime tant cette couleur.

Il l’a percutée et le choc lui a fait ouvrir l’autre œil et baisser la tête. Il a eu deux réflexes, ne pas lâcher sa caméra ce qui aurait été une grosse erreur pour ses finances et rattraper  la personne qu’il a percuté par le bras. Elle a les cheveux couleur de ciel. Il retire sa main après être certain qu’elle s’est stabilisée et qu’elle ne va pas tomber.

Naturellement lui vient une question, qui n’est pas nécessairement celle qu’on attendait de sa part et dans cette situation, il ne lui demande pas si elle va bien. Elle est assez grande pour râler en cas contraire.

« Ça fait quoi d’avoir la tête dans les nuages ? »


Il remet sa caméra sur son œil, elle est maintenant au centre de l’image, il ne peut plus la manquer.
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Mer 11 Nov 2015 - 19:40
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Ce matin est un des rares où je sors, la fraîcheur de l’automne ne me plaît guère, pourtant, parfois, il me prends l’envie de travailler dehors, de respirer un peu cet air frais et indomptable, enfin, pour moi au moins il l’est. J’ai pris mon petit sac, qui me sert à ranger mes crayons, et tout mon nécessaire de dessin, et j’ai emporté avec moi mon grand carnet à dessin dont la plupart des feuilles n’y sont plus attachées et ne tiennent dedans que grâce à une magie que je ne connais pas. Parfois je me demande même si elles n’ont pas leur propre vie et conscience, franchement, parce que pour tenir là-dedans, faut s’accrocher, même moi je m’y retrouve plus quand je cherche un dessin bien précis.

Je finis dans le parc à une heure du matin où il est un peu abandonné, où le calme règne. Je contemple un instant ce que le banc où je me suis assise m’offre comme vue, quelques arbres qui dissimulent entre leurs branches un petit espace clair et vide de toutes invasions florales. J’ouvre mon carnet, enfin, une fois ouvert, il est clairement beaucoup trop grand pour mes jambes, je peux juste placer une partie de la page contre mes cuisses, je soupire et relève les yeux en attrapant mon crayon préféré… Je vais dessiner quoi avec tout ça moi ? Je fixe ma feuille blanche et repense à ce pan de mur dans le couloir des terres qui auraient bien le droit à une petite mise au point. Et je commence à essayer d’y mettre des dimensions, de voir ce qu’il serait possible de faire avec le tableau que j’ai sous les yeux. Je fais la moue quand je trouve le mur trop petit pour pouvoir faire tout ce que je veux y mettre, mais finis quand même par dessiner.

Croquis que je termine presque une heure plus tard, mon perfectionnisme finira par m’avoir un jour. Enfin, il me causait déjà pas mal de soucis à l’époque où je travaillais, rendre mes projets à temps était juste mission impossible, et pourtant j’y arrivais, je m’étonnerais toujours. J’étends mes pieds et laisse ma tête retomber en arrière, les yeux rivées sur les feuilles de l’arbre au-dessus. C’est amusant de voir ce mélange de couleur, des feuilles encore vertes se battent pour rester ici alors que d’autres, plus jaune, voire rouge, finissent par abandonner le navire et se laisser porter par la légère brise matinale pour aller visiter le sol dur et froid où elles finiront écraser sous une semelle en caoutchouc.

Je reprends mon dessin un moment avant de vite m’en lasser et de simplement regarder ceux qui traînent dans le reste de mon carnet. Je m’attarde sur les arrangements de certaines pièces de maison ou d’appartements, je passe avec rapidité ceux qui représentent mon état d’esprit des dernières semaines, et surtout celui d’un certain brun que je ne citerai pas. Ah… Misao hein, j’ai eu envie de le voir, parce qu’il me manque, nos petites bagarres, nos rires et les parties de jeu vidéo me manquent aussi. Parfois je me surprends à y penser, la mélancolie et les regrets m’étouffant un peu, peut-être que si j’avais pu lui montrer à quel point je tenais à lui et lui faisait confiance, il n’aurait pas disparu, ou peut-être que justement c’est ça qui l’a fait fuir... De temps à autres, j’ai envie de lui envoyer sa batte dans la figure, parce qu’il le mérite quelque part, mais rapidement, je laisse tomber, il n’en vaut plus la peine, plus pour moi en tout cas. Je suis fatiguée de perdre ceux auxquels je tiens, alors je laisse tout ça de côté, pour que ça fasse moins mal, et la plupart du temps ça marche, vraiment, mais pas tout le temps...

_ Arg, je recommence ! C’est pas vrai ! Allez hop, on se bouge ma grosse !

Je grommelle et referme mon carnet en froissant quelques feuilles avant de me lever et de marcher un peu dans le parc sans regarder où je vais. Du coup, forcément, il fallait bien que ça arrive, que je percute quelqu’un. Je me sens basculer et lâche mon carnet pour pouvoir me rattraper au sol, ce que je n’ai finalement pas besoin de faire puisque l’adorable personne que j’ai bousculé le fait à ma place. Je la remercie silencieusement et m’apprête à me baisser pour ramasser mes feuilles éparpillés, parce que forcément mon carnet s’est ouvert c’est bien connu il fait tout pour me pourrir la vie, mais je me fige en entendant sa question. C’est quoi ce bordel ? La tête dans les nuages ? Je relève la tête et le fixe un moment avant de comprendre, oh seigneur, celle-là, on me l’avait jamais faite. Le coup de l’appareil non plus.

_ Hé bien, je dois dire que c’est plutôt agréable, on est tout léger là-haut.

J’attends que son appareil disparaisse de mon champ de vision, histoire de voir le visage de ce petit monsieur, enfin petit, certainement pas en taille hein. J’en ai presque oublié mes feuilles en fait, même si au final, non, parce que j’en vois une s’envoler du coin de l’oeil et tourne rapidement la tête dans sa direction, et merde… Bon hé bien, chambre inconnue, te voilà à refaire. Je me baisse et rassemble rapidement mes feuilles, encore plus froissées entre les pages du carnet maintenant, tant pis, j’en achèterai un autre.

_ Dis moi, ça fait quoi de voir le monde à travers une lentille ?

Je me relève avec mon carnet, et franchement, le désordre y règne, je sais même pas si les feuilles vont y rester tellement elle déborde. Mais je me vois mal partir maintenant, c’est pas franchement poli non plus si vous voulez quoi. Et puis, il a l’air plutôt original comme garçon, et pas aussi jeune que ceux que je croise d’habitude, alors bon, un peu de compagnie ne peut pas me faire de mal.
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Ven 13 Nov 2015 - 16:44
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Le froid lui pique la peau, il s’est rasé ce matin et c’est en soi un exploit quand on tient d’une main une caméra. Il a oublié un petit carré en haut sur la joue droite car il n’avait pas cette partie dans son centre de vision. Il se rase tous les trois jours après ce délais il ne supporte plus les poils qui poussent sur son menton. Ça lui gratte, pourtant il trouve ça chouette la barbichette, il trouve ça foutrement sexy même… Juste lui il ne peut pas, il ne la supporte pas. Alors tous les trois jours il s’arme d’un rasoir qu’il ne maitrise pas et s’entaille à plusieurs reprises la peau tendre de son menton.

Heureusement, aujourd’hui la fraicheur matinale vasoconstricte les capillaires de son visage, mettant fin aux petits saignements. Ça en plus de lui donner un peps phénoménal, quand il fait froid en l’intérieur et chaud dedans, l’énergie s’échappe de l’homme. Il boue à l’intérieur de passion. La caméra en bout de bras, il est animé d’une grande joie. La joie d’un enfant à qui on a offert un carton et qui peut en faire ce qu’il veut au fil de son imagination. Il ne se fixe d’autres limites que ce qu’il imagine.

Il est excité comme une puce, il marche vite avant de s’arrêter par instant plus d’une demie heure pour filmer une branche. Il adore ces couleurs éclatantes. Il aime la couleur, mais cela se voit à l’écharpe rouge qui côtoie le pull bleu et le pantalon jaune. Sans compter les immanquables tâches de couleurs qui agrémentent chacune de ses tenues. Charlie-Ange c’est un arc-en-ciel de couleurs qui entre dans le champ de vision des gens. Il ne faut plus que souhaiter qu’il n’y ait pas  d’épileptiques sur son chemin.

Sur son chemin par contre se trouve miss nuages. Miss nuage il a failli l’envoyer valser. Faut croire que puisqu’il n’y avait qu’une autre humaine dans le parc, il fallait qu’il la renverse. Un peu de malchance, beaucoup de maladresse, on le présente plus, voici Angie.
Il pointe sa caméra sur la jeune femme, elle est colorée et pour cela il l’aime déjà. Une œuvre d’art comme il les aime, vivante et vibrante. Chaque personne est à ses yeux une œuvre d’art aux yeux de l’artiste. Alors il n va pas sans dire que si les dites personnes ont les cheveux colorés, elles n’en sont que plus réussies.

« C’est chouette de voir le monde  à travers une lentille, on se focalise plus sur les petits détails. »

Il remarque les feuilles éparses sur le sol et s’accroupit pour aider la jeune femme à rassembler son carnet. Chouette travail, s’il devait le juger… Peut-être trop scolaire, mais ce n’est qu’un détail. C’est prometteur, quand elle s’affranchira de ce supporte ce sera mieux. Il filme le visage d’un homme, il lui semble l’avoir déjà croisé au réfectoire, ce ne sont pas ses histoires. Il filme la feuille car il a gardé sa caméra sur l’œil. Celui-ci est le meilleur du lot, enfin de ce qu’il a pu voir. Celui-ci on sent l’affection qu’éprouve l’artiste pour le modèle. Il tient toujours la feuille dans sa main quand dans le coin droit du cadre il voit une feuille partir au loin… Il rend le dessin du jeune homme à sa propriétaire et s’élance donc pour récupérer la feuille qui s’envole et y parvient non pas sans la froisser. Faut dire qu’à une seule main c’est toujours un peu plus compliqué. Surtout pour évaluer les distances, il doit s’y reprendre à deux fois.
C’est un peu dépité qu’il rapporte le dessin à sa propriétaire.

« Désolée… Je ne voulais pas l’abimer. »
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Dim 15 Nov 2015 - 15:32
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En me relevant, devant monsieur à la caméra, je remarque avec un léger rire qu’une partie de sa petite barbe mal rasée est restée accrochée à sa joue droite, mais je n’ai même pas le temps de lui faire la remarque qu’il parle à nouveau, et j’aime cette tonalité dans sa voix, comme une petite étincelle, et c’est incroyable comme ça m’a manqué. Alors j’oublie complètement mes feuilles et le fixe simplement, me perdant dans mes pensées pour me demander depuis combien de temps exactement je n’ai pas croisé quelqu’un qui ne ressemble pas à un légume dépressif, parce que j’ai l’impression de n’avoir fait que ça en trois ans, bon, à part Misao bien sur, c’était un sacré rigolo aussi, mais c’était différent.

Je trouve aussi amusant qu’il ne quitte pas sa caméra, comme une sorte de bouclier en plus de lui permettre de mieux voir le monde, je le laisse alors filmer le seul dessin qui sort du lot, celui de Misao, de toute façon ce n’est pas comme si tout le monde allait le voir non plus, ni comme s’il savait qui ça représente franchement. Je sursaute en le voyant se mettre à bouger brusquement, non, j’ai pas eu peur, c’est juste, okay il m’a surprise à bouger d’un coup là ce grand bonhomme, je sais pas, tu préviens quand tu te prépares à faire le fou quand même non ? Un jour j’ai failli cause une crise cardiaque à quelqu’un en faisant ça, hé bien, je pense que je ne recommencerai plus ahah. Je récupère la feuille froissée, celle du prochain décor du mur des couloirs Terre de Terrae.

_ Oh, t’en fais pas, ça lui donne un peu de peps même !

Je les range rapidement et souris en lui tendant la main, c’est pas comme si j’allais perdre mes bonnes habitudes non plus, ce serait dommage, bon même si je mets un petit moment avant de me rendre compte que je lui tends la mauvaise, parce qu’il tient sa super caméra dedans, donc au final, je passe bien pour une idiote, mais c’est pas comme si j’avais pas l’habitude, un jour je m’abonnerai, ou je ferai un concours pour décider de la personne la plus stupide et maladroite de Terrae, et ce sera très drôle, vraiment.

_ Roxanne, et toi ? Oh, et tu as oublié un petit bout de ta joue droite ce matin en te rasant. C’est quoi comme caméra ? Elle a l’air sacrément fragile quand même, un petit bijou de technologie je suppose. Avant j’avais un appareil photo réflexe, mais je l’ai perdu, c’est dommage.

Et voilà, c’est reparti en divagation, je pense sincèrement que je serai capable de tenir un monologue de dingue qui commencerait par le mot “Chaussette” et finirait par le mot “Patate” qui pour moi ferait du sens, alors qu’en réalité je passerai d’un sujet à l’autre juste avec un mot clé parfois, ah le cerveau, cet organe si complexe, un jour je le comprendrais, un jour, lointain probablement, très lointain même… Un peu comme cette tâche sur son haut, elle doit être genre méga vieille, parce que ça se voit qu’elle a décoloré, et qu’elle est imprégné dans le tissu maintenant, en fait, il en a même pas mal des tâches, et je me demande ce que c’est avant de me rendre compte que ça doit être de la peinture, en même temps, un artiste reste un artiste, en tout cas, c’est l’impression qu’il donne avec sa jolie caméra.

_ Est-ce que c’est de la peinture ? Parce que si tu veux, j’ai un super truc pour les tâches, même si elles pourront pas être sauvées celles-ci j’imagine, avant j’avais un ami genre super maniaque, alors les tâches, que ce soit de la peinture, ou quoi que ce soit d’autres, il les faisait toutes disparaître ! Incroyable hein ? Moi ça m’amusait du coup de faire des tâches, juste pour le voir se fatiguer à les enlever ahah !

Je m’arrête et relève la tête vers la sienne, ah, je l’ai encore fait ! Je m’excuse discrètement et laisse mes yeux voguer sur le parc et l’ombre des feuilles au dessus de la fontaine un peu plus loin, faudrait que je me fasse un haut avec une jolie fontaine dessus, ce serait genre génial. En plus, ça irait très bien avec la robe que je porte maintenant, parce que j’ai un super dessin d’oiseaux blancs qui s’envolent en laissant derrière eux des traces de couleurs, du coup, ça ferait genre trop bien une fontaine avec une eau de toutes les couleurs ! Et comme maintenant, je ne quitte plus mes superbes chaussures de gros durs toutes rouges, hé bah, ça fera un contraste génial ahah !
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Gribouille en #cc6666
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Dim 15 Nov 2015 - 18:04
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Il s’en veut réellement d’avoir abimé l’œuvre de la jeune femme, même si elle lui semblait scolaire, il n’aime pas lui-même perdre ses bébés, ses petits gribouillis il les chéri tous. Alors il est désolé d’avoir chiffonné celui de la jeune femme. Pourtant il ne faut pas croire qu’il fut triste, ce dessin est comme un enfant parti du nid, il a grandi et a changé alors même qu’on croyait ne pas l’avoir perdu de vue. Il n’est plus un simple bout de papier mais une œuvre vivante. C’est toujours un peu dur de voir ses enfants grandir sans soi, alors il est désolé pour elle… Mais heureux pour son œuvre qui n’a pas disparu, qui ne s’est pas perdue mais qui a grandi.
C’est un drôle d’optimiste que cet homme qui lui fait face, pourtant cela ne semble pas gêner la jeune fille, cela semble même lui plaire. Il est habituel que l’homme énerve les gens qu’il rencontre à voir toujours le bon côté des choses. C’est parfois étonnant combien les gens préfèrent voir les choses en noir, se plaindre, ils fuient la lumière. Lui, il n’est pas les gens. Changer d’air lui a fait du bien et il a repris son habituelle bonhommie.
Il est heureux quelque part de la réponse de la jeune femme quand il lui rend son dessin. Ils se comprennent. Il ne faut pas se dire « entre artistes c’est normal. Nombre d’artistes ne se comprennent pas, il n’y a qu’à voir comment ils parlent des œuvres les uns des autres. Grotesque ? Merdique ? Ce sont des thermes communs dans leurs bouches pour parler du travail de leurs camarades. Alors s’attendre à ce que deux artistes qui se rencontrent au hasard soient sur la même longueur d’onde, c’est un peu… Optimiste justement ?

« Angie, enchanté Roxanne. »


Il saisit la main de la jeune fille pour lui faire un étrange baise main. L’art de ne pas comprendre qu’elle s’était planté ? Il plaidera coupable, il a cru qu’elle lui tendait la main pour cela, ses amis lorsqu’ils visionneront le film rigoleront sans doute, saisissant la nuance qui lui a échappée. Ensuite sa main qui a lâché celle de la jeune femme est partie explorer sa joue. Il y découvre en effet une petite zone laissée hirsute. Tant pis, il y reviendrait demain, elle ne le grattait pas, c’était déjà ça. Si elle l’avait gratté il ne l’aurait pas supportée. Un peu tiqué sur les bords monsieur Petit.

« Hum, je ne sais pas, j’l’ai trouvé dans un vide grenier je ne saurais pas te dire le modèle, le mode d’emplois était en… Chinois ? Coréen ? Je saurais pas dire, mais elle fonctionnait et était pas chère… puis elle a une qualité d’image superbe. »


Angie tout craché, même s’il ne capte rien au mode d’emplois il a appris à utiliser l’engin et les fichiers se téléchargent de la même façon. Donc il aime cette machine, il n’a pas besoin de la comprendre pour l’aimer non ?

L’entente ne pouvait pas durer, ils restent deux artistes. Il la regarde avec des yeux terrifiés. Elle a bien parlé de lui enlever ses tâches ? Pourquoi veut-elle faire ça ? Elles ne sont pas assez bien pour elle ses tâches ? Lui il les aime. Elles montrent que son linge a du vécu. Il aime tout ce qui est vivant, il n’aime pas ce qui est froid et standardisé, il aime ses tâches parce que ça rend ses vêtements non pas sales, mais uniques.

« Mes tâches sont très bien où elles sont pourquoi je voudrais les enlever ? »
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Mar 1 Déc 2015 - 14:54
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Angie, ce n’est pas un prénom très commun, enfin, je ne l’ai jamais entendu qu’en tant que surnom, du coup, c’est surprenant, mais ça reste amusant. Un peu comme ce baisemain tient, ça fait genre super longtemps que je n’en ai pas eu, la dernière fois, il me semble que c’était au bal de promo de mon lycée. Je ne me souviens plus vraiment qui en était à l’origine en fait, peut-être un des grands frères qui étaient venus s’amuser avec nous, ça a l’air assez coincé du coup en fait, parce que franchement, à un bal, un baisemain avant une danse, c’est pas commun non plus.

_ Angie, c’est un surnom ? Non pas que ce n’est pas mignon hein, promis, c’est juste une question, au cas où.

L’art de se rattraper en s’enfonçant encore plus par Roxanne, y en a pas deux comme ça. Enfin, le sujet est vite éclipsé au profit d’un autre plus intéressant, parce que les appareils, ça coûte une blinde, et en trouver un en bon état comme ça dans un vide grenier, c’est juste fou, mais c’est une bonne nouvelle pour lui au moins. Je souris et hoche la tête avant de changer à nouveau de sujet, après tout c’est comme ça qu’on apprend à connaître les gens non ? On discute, on change sans arrêt de sujet, on enregistre les informations qu’elles soient utiles ou non, même si j’ai une nette tendance à enregistrer ce qui est totalement insignifiant, mais on m’a toujours dit que les plus petites informations étaient toujours les plus importantes, parce que c’est celles que l’on lâche sans même s’en rendre compte parce que c’est juste naturel.

_ Je ne sais pas, pourquoi voudrais-tu les garder ? Moi, j’aime bien garder des tas d’objets, mais les tâches m’ennuient, surtout quand ce sont des tâches de nourriture, parce que je suis incapable de manger sans faire une seule tâche, et parfois c’est gênant. Mais quand ce sont des tâches de feutres, ça ne me dérange pas tant que ça, alors j’ai des t-shirts avec pleins de tâches qui ont bavées et qui sont irrattrapables, mais tant pis, ça rajoute du charme, ou de l’originalité ?

J’ai la petite impression de l’avoir froissé et c’est embêtant, ça m’ennuie, je n’aime pas froisser les gens, surtout quand ils sont aussi gentils que lui, bon, ils sont tous un peu gentils à leur manière ici, c’est un peu le pays des bisounours, mais bon, ils sont pas tous… Arg, comment dire, zut hein, je me comprends, voilà, ça suffira. Je frissonne légèrement, parce qu’il commence à faire frais à force de ne pas bouger, mais je n’ose quand même pas bouger et m’éloigner un peu, imaginons qu’il ne me suive pas, j’aurai l’air franchement stupide non ? Plutôt oui.

_ Dis, t’as pu prendre l’autre côté du parc dans ta petite boîte depuis que tu es là ? C’est plutôt joli, il y a moins d’arbres donc ça fait comme une clairière même s’il y a pas mal de buissons, j’ai même joué au baseball avec un ami une fois, c’était amusant, même si courir après une balle c’est pas franchement mon truc. Je préfère largement le tir, surtout à l’arc, c’est calme.

Je m’étire au milieu de l’allée en repensant à cette fois avec Misao et sa tentation d’apprentissage de l’art du baseball, un échec pur et dur, vraiment. J’ai bien compris, mais y avait pas moyen que je frappe avec assez de force, ou que je frappe tout court ahah.
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Mer 2 Déc 2015 - 22:11
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" C'est l'abréviation de Charlie-Ange, mais il n'y a guère que mes parents qui aient l'obligation et l'habitude de l'utiliser au complet, et ce n'est pas que lorsqu'ils ont quelque chose à me reprocher. Ils m'ont condamné à prendre du retard sur tous mes camarades toute ma scolarité, ils avaient fini d'écrire leur copie que je finissais à peine de noter mon prénom,"
Il exagère avec une pointe d'humour. "Ils n'ont pas le droit d'utiliser mon surnom eux !"

Il raconte n'importe quoi Angie, enfin presque.  C'est vrai qu'il a eu un peu plus de mal que sa camarade Marie a apprendre à écrire son prénom en moyenne section, mais rien de trop affolant. C'est plutôt son écriture tremblée qui avait alerté son institutrice au CP quand à l'ore des premières dictées il s'était confronté aux premières difficultés de son handicap. Il n'arrivait qu'avec peine à  suivre le rythme qu'elle imposait, et ce au prix d'une écriture pratiquement illisible.
Comme de nombreux garçons on l'avait accusé d'avoir une écriture de cochon. Souvent on lui avait dit de s'appliquer sans même s'en douter qu'il pouvait ne pas le faire exprès. Il en avait sans doute gardé une quelconque animosité envers le système scolaire qui l'avait plus tard poussé à lâcher prise pendant le collège ? C'est assez lointain pour que la réponse n'ait aucune importance.

L'art de s'enfoncer par Roxanne Tessier, cela lui tire un sourire. Il connaît ce genre de situations où il faudrait mieux se taire pour ne pas continuer à s'enfoncer mais où pressé de se rattraper on ne peut s'empêcher de parler. En général en ces moments on souffre temporairement de logorrhée, le flux de paroles que l'on prononcé augmente plus que sensiblement. Une part du cerveau essayé de crier " mais tu vas la fermer ta grande boîte à camembert du con ?" Sauf que la grande boîte en question s'ouvre et se ferme indépendamment de toute volonté.
Il connaît et il sourit, pas moqueur le moindre du monde, juste amusé de voir que cela n'arrive pas qu'à lui.

"Elles sont les rides de mes habits, elles marquent leurs joies comme leurs peines... Sans elles ils n'ont aucun vécu. "

La logique de cet homme n'est point commune. C'est un artiste diront ceux qui ne le connaissent pas bien, c'est Angie diront les autres. Il a un esprit particulier, une réflexion dont on ne peut nier la logique mais dont les bases sont dissemblables de celles communes. C'est logique mais décalé.

" C'est quoi le principe de base-ball ?"

Il n'a jamais joué au base-ball, pour lui c'est un jeu américain que l'on voit dans nombre de séries. Il n'en a jamais saisi les règles mais à appris qu'une batte était une arme contendante. La télévision n'a que rarement été un média de connaissances, mais plutôt un aspirateur de cerveau....

"Je n'y suis jamais allé, on y va ensembles ?"

La question n'est que pure rethorique, la femme comme l'homme ne font que s'assurer qu'ils ne vont pas se séparer. C'est un peu comme des enfants qui se demandent à plusieurs reprises "on y va ?" pour être sûrs d'être suivis. La solitude est-elle trop lourde ? Peut-être pas, ils prennent juste du plaisir à la compagnie l'un de l'autre.
Alors pourquoi se séparer si tôt ?

HRP :
 
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Mer 6 Jan 2016 - 10:22
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Charlie-Ange hein, pas commun non plus si tu veux mon avis, enfin, après tout… Du coup, je me pose trente secondes la question, parce que ce serait franchement cool qu’il soit aussi français, le premier d’ailleurs que je rencontrerai. Je me demande si ça a fort changé là-bas, enfin, il vient probablement d’un autre coin du pays, c’est tellement grand par rapport à Terrae, au Japon même. De toute façon, le sujet n’est pas là, et c’est d’ailleurs plutôt intéressant de voir les tâches comme des témoins de la vie de nos vêtements. C’est vrai qu’en général on cherche pas mal à les garder super longtemps, donc on en prend soin, du coup, faut que ça reste bien propre. Je crois aussi qu’en général, c’est plutôt mal vu, de se balader avec des vêtements pas propres… Enfin, je suppose, c’est comme ça que j’ai grandi d’ailleurs, tout propre, tout beau.

_ Alors… Le baseball. C’est un peu un jeu de brute en fait. Y en a un qui jette une balle, un autre qui frappe dedans. Je crois qu’un certain nombre va chercher la balle du coup, et celui qui a frappé doit courir. C’est assez fatiguant, mais j’aime bien, enfin, quand j’en faisais. Tu voudrais essayer ? Ou bien juste voir ce que c’est ?

C’est un peu comme ça qu’on se dirige vers la clairière, qui du coup, donne un bon avant goût de ce que pourrait être un terrain de baseball. Il ne manque que des bases, enfin je crois qu’il appelait ça comme ça. Mais c’est pas si mal, on voit déjà les marques d’ailleurs, y a un coin où l’herbe pousse moins bien, à force que les joueurs frottent leurs pieds dessus.

_ Tu vois ? C’est pas mal hein, y a beaucoup de lumière en plus. Je ne m’étonnerai même pas de trouver des gens en train de bronzer ici en plein été. Moi, non, parce que je bronze pas, je brûle ahah. Tu as déjà été à la mer ? Moi, je préfère la montagne, mais parfois j’y allais quand même, surtout en groupe en fait. Enfin, moi, je surveillais la serviette ahah.

Je m’assieds sur une sorte de petit rocher pas loin de là où nous sommes, je laisse une place pour Angie, même si je me doute qu’il ne va pas le faire, je le vois plutôt se balader et prendre des photos, c’est exactement ce qu’il faisait avant en tout cas. D’ailleurs, je dessinerai bien, mais y a pas grand chose qui m’inspire dans ce coin-là du parc. C’est un peu trop vide.

_ Je trouverai ça fort joli, un arbre à fleurs, juste là. Pas toi ? Tu as déjà fait un sport comme l’escalade, ou bien du tir à l’arc, ou un truc du genre. Un truc calme, mais différent de la photo, de la peinture, de ces choses-là.

Je le regarde du coin de l’oeil un moment, il a l’air plus costaud qu’il ne semble quand il parle. C’est étonnant d’ailleurs, toute cette douceur qui sort d’un corps comme ça. Enfin, il a pas l’air non plus d’une grosse brute, faut pas exagérer, mais ça change de tous ces adolescents à peine adulte que je vois la plupart du temps.

_ Dis, ça fait longtemps que t’es ici ?

Peut-être qu’il ne connaît pas encore l’été ici, ou bien qu’il en a déjà passez trois. Qui sait ?


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Ven 15 Jan 2016 - 22:45
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Un courant d’air se glisse dans cet espace intime entre son tee-shirt et son dos lui tirant un frisson. Le temps après s’être adouci c’est rafraîchi. Il n’est pas bien loin de faire froid.  L’hiver approche, il pointe son nez, hume l’atmosphère, tâte le terrain et retourne se lover bien au chaud dans sa tanière. Pourtant de jours en jour il découvre un peu plus le monde, faisant frissonner ce grand homme en quête de chaleur. Il a toujours aimé avoir chaud, "un lézard" avaient l’habitude de dire ses parents. Il faut avouer qu’il a cette sale manie de s’exposer au soleil dès qu’il pointer son nez. Il n’en aime pas moins la neige et le froid, mais il allait toujours vers la chaleur.
C’était peut-être ce qui lui manquait le plus ces derniers temps, la chaleur… humaine. Il avait laissé derrière lui ceux qui constituaient le socle sur lequel il s’était construit, et pour agréable et reposant que fut son séjour en ces terres, il n’en manquait pas moins d’amis. Alors il avait froid comme tout un chacun, car cette année l’hiver avait aussi progressivement gagné son cœur. C’est peut-être en quête de cette chaleur qu’il se rapproche doucement de la jeune fille.

Elle lui explique ce qu’est le baseball, il ne comprend pas vraiment ses explications et où elle veut en venir. Si cela aurait pu être frustrant, cela ne l’est pas pour lui. Il imagine bien la peine que cela doit être de décrire quelque chose de simple et qui s’explique par soi-même à un crétin dans son genre d'inculte. Il la ressentait souvent quand en cours d’histoire de l’art on lui demandait de décrire une œuvre.  Comme tous il avait du apprendre les grandes compositions classiques, mais… A chaque fois il ne pouvait s’empêcher de dire ce que lui inspirait l’œuvre, quels sentiments, quelles émotions avaient voulu transmettre l’artiste… C’était parfois bien complexe.
Pourtant il essaya d’aider la jeune fille, ou peut-être de paraître moins bête qu’il ne l’était sans y parvenir, et essaya de reformuler ses dires. L’expérience lui avait appris qu’on ne comprenait réellement quelque chose que lorsque l’on pouvait le reformuler avec ses propres mots. Alors il essaie sans crainte de se tromper, si elle le reprend il comprendra mieux.

« C’est comme jouer avec un chien mais avec quelqu’un qui va changer la direction de la balle que l’on lance ? Cela pourrait être drôle d’essayer… il y a quelque chose comme Décathlon à Terrae ? »

Le baseball dans les yeux d’un non initié peut vraiment ressembler à tout et surtout à n’importe quoi diront les gens. Après tout l’image n’est pas l’acte mais son interprétation.

Leurs pas les ont menés vers cet autre monde dont elle parlait plus tôt. L’atmosphère y est réellement différente, plus claire. L’air semble tellement fragile qu’il pourrait se briser. Il espère que la petite caméra enregistre tout ça pour ceux qu’il n’a peut-être pas encore totalement décidé de laisser derrière lui.

« J’ai grandi près de la mer, plus jeune avec mon frère ainé on adorait construire d’immenses châteaux de sable… Et puis un jour nos châteaux sont devenus des statues… J’aime la mer, les coquillages, ils donnent une source inépuisable de créativité. »

Et un grand sentiment de nostalgie qui le submerge. La mer chez lui n’a jamais été la plus chaude, bien souvent s’y tremper relève plus du défi que du plaisir. Adolescent il avait détesté sortir amoindri des eaux froides, en grandissant il les avait trouvées vivifiantes, et n’avait plus accordé beaucoup d’intérêt à la taille de son chibre. La nostalgie aurait pu s’envoler avec les paroles de la jeune femme, mais ses crocs acérés se sont un peu plus refermés sur lui.
Il se revoit plus jeune, quand il se croyait encore invincible tester de nombreux sports et se retrouver chaque fois un plus désemparés devant son handicap. Il le limitait en tout, surtout en sport et encore plus dans les sports de précision. Il tremblait, mais contrairement aux gens « normaux » à tous ces « bien portants » qu’il avait jadis envié, il ne pouvait pas le contrôler. Cela l’avait blessé, mais les plaies  avaient cicatrisé, et aujourd’hui c’est avec  un demi-sourire qu’il contemplait ces souvenirs.

« Je ne suis pas convaincu qu’un arbre fleuri ne brise pas l’harmonie de ce lieu. C’est un équilibre précaire et tout surplus serait sans doute en trop. »

Le vide n’est que rarement un manque, il a son son, sa mélopée.

« J’ai essayé ce genre de sports il y a longtemps, mais je n’étais pas bien doué. »

Elle lui a laissé de la place et il s’est naturellement assis à son côté. Quoi que l’on puisse penser filmer une image statique a un intérêt. Toujours, l’image est son propre intérêt, et il y a toujours ces petites choses qui bougent lentement, ces détails, ces effets d’ombres dynamiques. Tout cela a sa propre beauté.
La chaleur de la jeune fille traverse la manche du jeune homme, ce n’est pas s’il était en train de se faire dorer la pilule sur une plage justement, mais c’est agréable.

« Je suis arrivé il y a un peu moins de deux semaines, et toi ? D’où viens-tu ? »


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Mar 26 Jan 2016 - 19:07
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C’est agréable, tout simplement, de pouvoir discuter, partager un peu avec quelqu’un. Le petit plus avec Charlie, c’est qu’il a cette aura, c’est facile de lui faire confiance. Bien sur, j’ai le défaut de toujours faire confiance trop vite, les gens me font ça, mais avec Charlie, je me dis que, peut-être, ça peut être un bon choix. Parce qu’il a cette douceur et cette compréhension qu’on trouve rarement chez les autres, pas besoin de trouver les bons mots, il comprendra, ou alors, il ne se fâchera pas. Ou peut-être que si, ça reste à voir en fait, et lui expliquer comment marche le baseball, alors que moi-même je n’ai fais qu’un semblant de jeu il y a longtemps, c’est un peu stupide.

_ Oui, ahah. C’est un peu comme ça. Et quand tu fais gagner l’équipe, c’est un peu comme avoir un biscuit. Tout le monde est content.

J’essaie un moment de repenser aux magasins en ville, mais je suis incapable de lui dire s’il y a un decathlon, pas faute d’essayer non plus. Mais je ne me souviens que de ce que je fais, je sais qu’il y a un bon glacier, c’est pas la saison certes, mais je le sais parce que j’y ai été. La dernière fois, j’avais oublié qu’il y avait un micro-onde en salle commune, est-ce que c’était là au moins ? Bref, je l’avais juste jamais utilisé… Parfois ça m’ennuie, mais la plupart du temps, comme je ne retiens que ce qui est utile, ça fait de la place pour le reste !

_ Aucune idée… Il faudrait faire un tour en ville pour voir, peut-être ?

Grandir en bord de mer, ça doit être plutôt sympa, genre, en été non. Parce qu’avec les touristes, ça doit être vachement bombé et surtout bruyant, et j’aime bien quand c’est calme. Alors, je préfère largement mes champs et mes vaches, pas de bruits, de quoi faire du vélo sans se fatiguer. C’est d’ailleurs comme ça aussi que j’ai finis par faire du tir à l’arc, c’est plus facile quand t’as une forêt à disposition franchement.

Il prend la place à côté de moi, et je l’écoute, plus ou moins attentivement, parce que je ne sais pas quoi lui dire pour le moment, c’est rare mais ça arrive. J’essaie de dresser une liste des différents sports que j’ai pu pratiquer, parce qu’il y en a eu pas mal, mes parents râlaient souvent à cause de ça, je changeais d’avis tous les ans.

_ Moi, j’en ai essayé pas mal, mais je m’ennuyais rapidement. J’ai fait de la gymnastique, mais j’ai du mal avec les sports de groupe. C’est pour ça que j’ai aussi vite arrêté le football, le basket, le hand, le rugby même. J’aimais bien le tennis, mais mon club a fermé. C’est bête.

C’était même abominable pour mes parents, parce que m’avoir à la maison, c’était fatiguant pour eux. J’étais presque hyperactive, besoin de bouger, d’avoir du bruit partout, de me fatiguer. Et sans le sport, j’aurai pas pu calmer tout ça. D’ailleurs, c’est même après le tennis que j’ai commencé le tir je crois… Fallait bien quelque chose pour me canaliser, et ça a marché mieux que tout le reste en plus.

_ Oh, ça fait vraiment pas longtemps alors. Moi… Je suis arrivée il y a quelque chose comme trois ans et demie. Je suis arrivée de France, alors, ça me change pas mal, mais on s’y fait. De toute façon, j’avais pas vraiment le choix ahah.

Non, pas vraiment. C’était ça ou continuer de dépérir. Ah la dépression, quelle atroce chose que cette chose-là. Je pense qu’un jour, j’aurai pu juste m’allonger au milieu du cimetière et attendre au final. J’avais perdu un peu tout espoir, c’est dommage, moi qui croyais tellement en la vie et ce qu’elle apporte de bon… Mais ce temps est révolu !

_ Tu verras, l’été, ici, c’est vachement chaud quand même. Et y a beaucoup plus de monde dehors aussi. Les gens retrouvent le soleil et leur envie de vivre, enfin, tu vois, ils sortent, ils rigolent, ça veut pas dire qu’ils sont morts hein !

J’ai presque envie de rire de mes propres bêtises. Mais quand j’y pense, je me dis qu’au final, c’est un peu comme s’ils l’étaient. On voit plus grand monde, y a plus de bruits, plus de gamins qui court et crient dehors. Ils attendent tous avec impatience la neige, les batailles qui suivront, et pour certains, Nöel.

_ Comment tu vas ? Je veux dire,  tu t’en sors ? Si tu veux, on pourra aller manger un morceau un jour, ou juste aller s’asseoir sur un banc, moi, ça me va aussi, même si j’aime bien manger. Tu as un dessert préféré ?

C’est l’instinct qui me fait repartir sur quelque chose de plus léger, parce que je me connais, je sais que je suis sensible à tout ça, qu’à l’époque déjà, c’est ça qui m’avait fait plonger, et que j’ai pas envie d’y retourner, parce que cette fois, je sais pas si j’aurai quelqu’un avec moi pour me donner un coup de main. Bref, je tourne la tête vers lui, m’appuyant un peu plus contre lui, la chaleur qu’il procure, aussi bien physique qu’émotionnelle, et lui offre un sourire. Tout démarre toujours bien avec un sourire.
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Dernière édition par Roxanne Tessier le Dim 7 Fév 2016 - 16:11, édité 1 fois
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Mer 27 Jan 2016 - 22:58
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Il rit de la comparaison qu’il a lui-même lancé mais qu’el achève bien joliment par une comparaison tout aussi drôle que grotesque. Un humour simple et bien filé qu’il est simple de partager. C’est dans l’absurde que le comique nait et s’en est des plus cocasse. Ça lui fait un bien fou de rire, depuis combien de temps ne l’a-t-il plus fait ? Il n’en est pas certain, peut-être a-t-il rit seul dans son coin, rire réflexe pour meubler le silence pesant ? Rire devant l’une de ses étourderies, mais rire seul ce n’est pas vraiment rire. C’est automatique et cela le fait te sentir bien seul. Rire d’un trait d’un autre humain, ça a quelque chose de libérateur. Un peu comme si maintenant il était plus léger, se libérant un peu de la tristesse qu’il portait depuis quelques temps.
Elle ne sait pas s’il y a un Décathlon, il imagine que ce n’est pas la première question qu’on se pose en arrivant quelque part… Hum, y-t-il un magasin de sport dans cette ville ? Rare sont-ceux dont c’est la principale préoccupation.

« Je regarderais sur une carte. »

Enfin, il trouverait quelqu’un pour trouver sur une carte à sa place. C’est bien plus simple car il ne maitrisait pas le japonais. Peut-être trouverait-il l’information en anglais sur googlemap s’il réussissait à emprunter un ordinateur à la bibliothèque. Il trouverait une solution ou une autre, il n’était pas pressé.
Elle lui fait la liste de sport qu’elle a essayé, il en a lui aussi tenté quelques -uns. Curiosité et espoir l’avaient mené à essayer, réalité l’avait rappelé à l’ordre. Son corps n’était pas libre de se mouvoir à sa convenance et peu importaient les heures d’entrainement il gardait continuellement cette rigidité qui le ralentissait et le gênait dans ses mouvements.

« Je comprends totalement. »

Même si c’était sans doute pour des raisons bien différentes qu’il n’aimait pas les sports d’équipe. Il se sentait alors comme un poids pour les gens de son équipe tantôt inutile, tantôt un poids. Sa lenteur gênait leur jeu, il avait par contre toujours bien aimé la gymnastique ou seul sur les tapis ou aux barres parallèles il pouvait choisir son rythme sans l’imposer à personne… mais les préjugés de ses parents sur ce sport les avaient toujours empêché de le laisser s’y inscrire aussi n’en avait-il faut que scolairement. Le plus drôle dans cette histoire était que cela ne l’avait pas empêché des années plus tard de sortir avec des hommes.

Ainsi elle aussi vient de France, cela l’étonne sans l’étonner il a déjà remarqué que les gens venaient de partout ici. Il prend plaisir à parfois se promener dans la foule terraenne pour prendre des accents et des langues plein les oreilles. Il aimait cette ambiance cosmopolite.

« Oh ! Moi aussi je viens de France, je visais à la Rochelle et toi tu viens d’où ? »

Si deux étranger se retrouvent à des kilomètres de leur domicile, la nostalgie fini souvent par les lier. Ce n’est pas une loi absolue, mais il l’a souvent vérifiée ses périples.

« Ils ne sont pas morts, ils ont juste oublié comment vivre. »


C’est un peu son histoire à lui aussi. Il n’est pourtant pas triste en disant ces mots qui sonnent à son oreille comme un constat. Il réapprenait lentement lui dont l’univers s’était arrêtait. Il essayait mais il se rendait compte combien il lui était encore dur de se projeter vers l’avant. Il devait d’abord réapprendre à vivre au jour le jour…
La myriade de question qui l’assaillit est dense, et s’il n’en perd pas le flot, il ne sait quoi répondre à la majeure partie des questions de la demoiselle bleu-ciel. C’était étrange, il ne savait pas s’il allait bien ou s’il allait mal. C’était peut-être tantôt l’un puis l’autre. Il était perdu. Alors plutôt que de se torturer, il avait décidé d’arrêter de se poser la question.

« Je vais… mieux, je crois. On sort quand tu veux où tu veux, je n’en suis qu’à l’exploration des lieux. Si tu veux bien me servir de guide ce serait avec grand plaisir ! »
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Dim 7 Fév 2016 - 16:12
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C’est facile de discuter avec lui, quelque soit le sujet, ça lui va, il répond quand même, et il n’a pas l’air de s’ennuyer. C’est aussi agréable de l’entendre rire, et de rire avec lui, ça faisait un moment que je n’avais pas ri, que ce soit pour quelque chose de stupide ou de vraiment drôle. J’ai tendance à simplement rire quand des gens sont autour de moi, seule dans ma chambre, c’est assez silencieux et austère au final…

J’hésite à lui poser quelques questions sur les sports qu’il a pu faire, mais ne le fait pas, il en parlera s’il veut, je n’ai pas envie de forcer quoique ce soit. Et puis, de toute façon, ce sont des sports qu’il a abandonné, à quoi bon essayer de se justifier ou de les lister ? Moi, je le fais parce que je me rappelle mes échecs, c’est un sale vieux réflexes. Rappelle-toi de ce que tu n’as pas pu faire pour être certaine de te donner à fond dans ce que tu feras. Enfin, ç marche pas de toute façon, mais ça coûte rien d’essayer, à part mon moral de temps à autres, mais là, ça va plutôt bien alors je ne m’en plains pas.

La Rochelle, La Rochelle… J’en ai un vague souvenir sur une carte géographique, mais c’est carrément pas dans le coin où j’ai grandis, c’est drôle d’ailleurs, de repenser à ces régions de France que je n’ai encore jamais visité, alors que c’était mon propre pays et que j’y ai vécu plus de 20 ans.

_ C’est sur la côté atlantique non ? Moi, je viens d’Epinal, enfin, de base, on déménageait pas mal quand j’étais petite.

Je repense vaguement à toutes ces maisons dans lesquelles j’ai vécu, parfois quelques mois, parfois quelques années, mais jamais bien longtemps, pas assez en tout cas pour se faire trop d’amis. Enfin, ça a changé au lycée, on a arrêté de déménager, c’était plutôt cool, on était pas trop loin de l’école que j’intégrerai après de toute façon, c’était l’idéal. Enfin, je sors vite de ces pensées plus ou moins badantes

_ Ouais, ils vont réapprendre dans quelques mois, avec le retour du soleil et de la chaleur. Moi, dans tous les cas, j’aime me balader, donc bon, j’ai pas tant l’impression de ça d’oublier comment vivre. C’est juste dommage de croiser moins de monde.

Je me rends compte d’ailleurs de ma question un peu… Stupide ouais, carrément, quand il me répond. Non mais qui a idée de demander à un nouveau comment il gère tout ça ? Ahah, grosse blague, forcément pas si bien que ça, le temps de s’adapter, et puis tous les soucis etoo. Ouais, j’appelle ça des soucis, ça fait moins peur que le reste.

_ Ouais. Pas de soucis, dis-moi juste ce que tu veux voir en premier et on peut y faire un tour, y a un peu de tout dans le coin. Enfin, au moins, j’en ai l’impression avec ce que je sais.

Ouais parce que, j’ai tendance à rester dans les même trucs, ma petite routine, on sort pas trop loin du village, on se balade dans les rues intéressantes, enfin, au moins pour soi, et on va pas s’aventurer dans les ruelles avec des trucs plus ou moins intéressants ou effrayants. Enfin, de toute façon, c’est partout pareil, tu fais ce qui te plais, et tu y restes cantonné.

_ Pourquoi tu as décidé de prendre ta caméra ce matin en te levant ? Enfin, si c’est correct de te le demander. J’aime bien imaginer les gens se lever avec une sorte d’illumination et se dire “Tiens, aujourd’hui, ce sera caméra.” ça me fait beaucoup rire. Parfois ça m’arrive, ça m’est arrivé ce matin d’ailleurs. C’est pour ça que je suis sortie pour dessiner. Parce que c’est quand même plus agréable d’être au chaud mais bon, j’avais envie de prendre l’air en même temps, du coup, je suis pas allée à l’atelier.

Enfin, de toute façon, la dernière fois que je suis allée là-bas, ça s’est pas si bien passé que ça, j’ai failli me brûler, encore, en m’énervant sur une pauvre maquette qui faisait pas comme je l’avais décidé. Peut-être que ça aurait été plus facile si j’étais marionnettiste, plutôt qu’invisible.
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Dim 14 Fév 2016 - 11:52
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Epinal ce n’est pas vraiment la porte à côté. C’est assez étrange et quelque part mystérieux la façon dont deux étrangers se sentent lié par un pays alors qu’ils sont bien éloignés de leur patrie. Etrange d’autant plus qu’ils n’habitaient pas la même ville ni même la même région. Ils ont probablement connu des existences très dissemblables, et pourtant quelque chose les lie. Du moins c’est le sentiment de l’homme en cet instant. Eloigné des siens est-il normal de se raccrocher à ceux qui y ressemblent le plus ? Il n’en sait et rien et pourtant c’est instinctif.

« Oui, et Epinal c’est bien celui du côté de Strasbourg ? Je ne suis pas trop porté géographie. »

Adepte du « je suis au-dessus de mes pieds où qu’ils ne se trouvent ? » c’était le cas, il avait toujours cru que la Terre était ta maison, mais éloigné des siens ne se sent plus chez lui. Qui l’eut cru ? Il appelait maison cette ambiance chaleureuse qui le liait à sa famille. Enfin, la famille qu’il s’était choisi. Il adorait être avec eux, ils l’avaient fait tenir debout bien des années. Sauf qu’un jour cela n’avait plus suffi, alors il était parti et s’il ne regrettait son choix, il regrettait leur absence.

« J’aimerais que tu m’amènes à un endroit que tu aimes. »

C’était logique pour notre Ange, quand il demande à quelqu’un de lui faire découvrir un endroit il aime en apprendre autant sur la personne qui lui montre le chemin. Quel intérêt sans cela ? Sentir la présence d’un être humain qui vibre à ses côtés est tout ce qu’il demande. Pourquoi forcer cet humain en une direction qu’il ne prendrait pas de lui-même ? Il se sentirait peut-être alors inutilement intrusif. S’il se baladait avec la jeune femme, il voulait qu’elle prenne autant de plaisir à leur promenade que lui.

« Ou des endroits que tu aimerais découvrir. »

C’est simple d’être un Angie n’est-ce pas ? Se faire plaisir en faisant plaisir. Pas de grandes déceptions dans ce petit monde, mais parfois faire plaisir aux autres ce n’est pas suffisant, il suffirait d’un rien pour que il s’en rende compte ce jeune homme… D’un rien qui le sépare peut-être encore du bonheur. Et il court et il court sans savoir où il va, et il s’perd, et il s’perd sans espoir de retour.

« J’avais envie de montrer à mes potes combien Terrae est belle… Alors j’ai pris ma caméra… »

L’air froid fait exploser ses poumons, réveillant cette âme qu’il a fait taire. Le froid vifie sa pensée, la rend légère. Il aimerait que chaque jour soit ainsi fait d’un ciel immensément bleu, et un air immensément pur. Il se saisit d’une des mèches de la jeune fille entrainée par le vent et la replace doucement derrière son oreille de sa main gantée. Ce geste lui est venu naturellement mais à la réflexion il n’est pas le bienvenu. Ce qui est fait est fait.

« Tu te teint les cheveux depuis longtemps ? J’ai entendu dire que ça abimait les cheveux mais les tiens restent soyeux… C’est bien une coloration dit ? »

L’art de passer pour un idiot et bourru. Il essaie de détourner le sujet, pas très à l’aise avec son geste. Il a agi avec elle comme s’ils se connaissaient de longue date, et c’est gênant. Le froid n’est plus seul responsable du rose de son visage.
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Mer 17 Fév 2016 - 11:39
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C’est une sensation étrange, de se sentir d’un seul coup, plus proche de quelqu’un juste parce qu’il débarque du même pays. Parce que, Epinal et La Rochelle, c’est pas la porte à côté, et même si j’ai pas mal déménagé petite, on a jamais été dans ce coin-là, trop de vent je suppose.

_ Ouais, dans le grand Est ahah. T’en fais pas, je suis pas une tête non plus.

Je cherche un des endroits que j’apprécie le plus à Terrae, hors atelier, parce que ça craint un peu quand même. Bon, y bien l’animalerie, mais je sais pas si c’est ouvert, puis autrement… La salle d’arcades, la salle de tir dans le gymnase. Seigneur, j’ai de ces passes-temps…

_ Bon écoute, je sais pas trop si tu vas apprécier, mais bon. Suis-moi.

Et c’est parti, direction… Surprise ! Bref, je trouve quand même son idée de filer des photos ou des vidéos de ses amis très sympathiques, mais je ne peux pas empêcher une partie de moi de me dire que franchement, c’est un petit danger quand même. Qui dit que parmi ses amis, certains ne connaissent pas des scientifiques qui pourraient se servir de ce qu’ils voient là-dessus pour trouver encore d’autres choses à utiliser contre nous ? Oh je sais, c’est carrément tiré par les cheveux, mais c’est automatique depuis les dernières grosses missions à leur encontre qu’on a eu à faire. Moi qui ne me méfiait de rien ni personne, j’ai appris à filtrer les informations que je laissais sortir d’ici. Juste une habitude à prendre, bon, ça peut grave pourrir l’ambiance parfois mais bon, mieux vaut prévenir que guérir.

_ C’est sympa. Moi j’ai pas grand monde dehors. Peut-être mon père, et encore, on était pas très proches.

Enfin, tout dépend de quel père on parle. Celui qui m’a élevé de toute façon a disparu il y a quelques mois maintenant, je l’ai juste su parce que l’hôpital qui s’occupait de lui m’a envoyé un courrier, mais autrement, pas de nouvelles. Bonne nouvelle non ? Pas le temps d’y penser plus que ça, Charlie me surprend en remettant une de mes mèches de cheveux derrière mon oreille. Je lui souris et réfléchis un instant à sa question alors qu’on se rapproche de plus en plus de notre destination.

_ D’aussi loin que je me souvienne, ils sont comme ça. Plus ou moins clair, ça dépend de la période de l’année en générale. Je suppose que ma mère avait trouvé un truc à mettre dans mon shampoing pour que ça reste comme ça sans abîmer mes cheveux.

En réalité, j’en sais vraiment trop rien, je me suis jamais posé la question. Personne ne me l’a jamais demandé, peut-être que ce n’est pas normal si ce n’est pas une coloration etoo. Tant pis, de toute façon, au pire, je pourrais toujours dire que c’en est une et que je suis blonde dessous, ou rousse. Bref.

_ Et voilà, on est arrivé. Alors, c’est pas franchement le genre d’endroit auquel on s’attend.

Je le fait suivre jusqu’au dance dance révolution. Okay, c’est un jeu grave crevant, mais c’est carrément drôle. J’y vais pas souvent en fait, parce que déjà, seule, c’est nul, et puis, j’ai pas eu envie d’y aller ces derniers temps, pas de motivation.

_ T’as déjà testé ? C’est amusant, fatiguant hein, mais amusant.

J’hésite à lancer le jeu, parce que toute seule, j’ai pas envie, et s’il veut pas faire une partie avec moi, ce sera juste ridicule. Puis, pour ses potes, ce serait cool, leur montrer qu’on peut s’amuser aussi ici ~
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Jeu 18 Fév 2016 - 21:54
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Pas une tête ne voulait pas dire que comme pour Angie une carte de géographie était pour elle un mystère insolvable. L’homme était doué d’une étrange capacité que de mélanger tous les points sur une carte ; il ne savait se repérer que dans les lieux qu’il avait visités. S’il n’avait jamais mis les pieds à Epinal même il se souvenait vaguement avoir croisé un panneau en allant à Strasbourg. Pourquoi se rendait-il là-bas ? L’histoire vaut sans doute le mérite d’être compté car elle met en évidence tout l’illogisme de l’homme. Une de ses connaissances d’internet avait organisé une soirée loup-garou par là-haut. Autant dire qu’il avait traversé toute la France pour cela et sans le moindre regret.
C’était d’ailleurs lors de cette soirée qu’il avait rencontré la jeune fille qui lui présenterait plus tard son ex. C’était un temps lointain où tout allait bien, où le jeune homme agissait avec moins de modération suivant chacune de ses impulsions. Cela pour dire qu’il lui était sans doute moins évident que pour la jeune fille de se repérer sur une carte de géographie… Mais il n’allait pas se vanter d’un tel don, essayant de préserver encore un instant son honneur et sa crédibilité.

Elle devient d’ailleurs son guide, le préservant de la joie de se perdre et lui faisant découvrir Terrae. Il la suit sans se presser, il un pas plus ample que le sien, et c’est un peu compliqué de l’ajuster à ce dernier. Soit il va trop vite s’il marche à son rythme, soit il va trop lentement car il essaie de l’attendre. Il finit par faire un compromis et raccourcit son pas.
Elle lui dit qu’elle n’a personne dehors. Il ne peut comprendre, lui qui a toujours eu besoin de s’entourer. Comment vivre en solitaire ? Mais c’est parfois quand on est le plus entouré qu’on se sent le plus seul. Quand on se sent incompris quand on n’a plus la voix. Voir du monde et ne pas réussir à l’atteindre est parfois bien pire qu’un simple isolement. L’espoir n’existe plus, juste la désillusion.

Bon, tout est logique dans le meilleur des mondes elle a les cheveux bleus et c’est naturel. Non, cela ne gêne personne ? Pas même l’homme, de toute manière il est encore à moitié persuadé d’être en plein rêve. Une jeune femme aux cheveux bleus, quoi de plus naturel dans les songes d’un artiste ?

Il n’a jamais mis les pieds dans un tel lieu et doit avouer que cela a toujours éveillé en lui une certaine curiosité. C’est le genre d’endroit qu’il n’a jamais eu l’occasion de visiter car ce n’est pas le genre de lieu où l’on vient seul. Pas quand on s’appelle Charlie-Ange et qu’on a toujours quelque chose de mieux à faire ailleurs.

« J’ai jamais mis les pieds dans une arcade… Comment on joue à ce jeu ? »
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Tourne d'Automne | Roxanne

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