Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Les couleurs de la nuit | Mattheo
Ven 12 Fév 2016 - 10:23
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Réalisant sans doute mon trouble, il s'empressa de me rassurer. Enfin s'empressa, il m'expliqua plutôt ce qu'il attendait vraiment de moi, qu'il n'exigeait pas du tout que je me dénude, loin de là même. Lorsque je compris que cela porterait sur des vêtements de couleur, je ne pus retenir un soupir de soulagement. Effectivement cela me semblait bien plus envisageable, largement même. S'il voulait simplement peindre sur des vêtements, cela m'allait mieux.

-Oh pardon, je n'avais pas compris... Je pensais que tu voulais me peindre directement sur le corps, dis-je en rougissant.

Il me dit que le tissu pouvait prendre des formes insoupçonnées. Je haussais les sourcils, curieux de savoir ce qu'il entendait par là. Bien sûr, je ne pourrais jamais pleinement réalisé, ce qui me rendait un peu triste au fond de moi dans cet échange. C'était un artiste, mais l'art était une chose à laquelle je n'aurais plus jamais accès à présent... Les tableaux, le dessin, la sculpture... Je ne pourrai plus rien admirer maintenant, et cette discussion me faisait prendre conscience de l'ampleur de ma perte. J'essayais le plus possible de ne rien laisser paraître, me contentant de sourire.

-S'il s'agit de vêtements, je pense que c'est envisageable oui, lui répondis-je avec amusement.

Mais n'y connaissant rien à l'art, une nouvelle question, sûrement un peu idiote me vint à l'esprit.

-Mais... Tu veux peindre les vêtements que j'ai sur moi ou en choisir d'autres ?

Comme je le disais, je n'étais pas artiste, du coup je ne comprenais pas forcément ce qu'ils voulaient. Lui semblait avoir une idée très précise du résultat, il me l'avait montré, je l'avais senti.



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Dim 14 Fév 2016 - 22:46
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Gouttes de peinture.
 


Feat Mattheo.


_________________________________________________


La vie est plutôt mal faite car en ces temps-là l’homme ne savait pas quel serait son pouvoir, ne ce qu’il pourrait en faire. Il ne savait rien non plus des inquiétudes et la déception de celui qui lui faisait face. Peut-être pourtant un jour pourrait-il palier à l’absence de vision du jeune homme, projetant directement les images dans son esprit. Cependant il y aurait une limite à ce don qu’il lui sera donné, il ne sera jamais impartial et ne pourra pas se contenter de projeter l’image telle qu’elle est dans l’esprit de qui que ce soit, ce sera l’image telle que tu la voies qu’ils pourront voir.

Le jeune homme semble rassuré de ce qu’il a appris. Se dénuder le gênait vraiment. Angie peut le comprendre, ce n’est pas évident de se laisser au regard de ceux que l’on ne connait pas nous juger. Il faut s’assumer pleinement, et aujourd’hui sans doute que lui-même n’oserait plus se mettre à nu devant un autre artiste. Les temps changent, les hommes ne font que changer avec lui.

« Je pensais te trouver d’autres vêtements. Tu dois tenir à ceux que tu portes non ? »

Bon, après il est toujours temps de changer la couleur d’un vêtement dont on s’est lassé. C’était peut-être le moment de refaire sa garde-robe ? Pourtant par courtoisie il chercherait autre chose. Il pouvait faire ce qu’il voulait de ses propres habits, mais il ne pouvait pas « détériorer » ceux du jeune homme. Ce n’était pas respectueux, même si dans l’absolu pour Charlie-Ange ce n’était pas les détériorer mais les améliorer.
Pour lui la création était quelque chose de magique. Il aller sublimer son jeune compère et ses vêtements. Leur donnant une vie insoupçonnée. Une vie que lui seul pourrait voir et créer. Ils ne seraient plus simplement un homme et le tissu qui le couvre mais une œuvre d’art transcendant la réalité.
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Dim 3 Juil 2016 - 21:09
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Je tâtais les vêtements que je portais, tentant de me remémorer au toucher à quoi il ressemblait. Je portais un pull un peu trop large pour moi et un jogging de ce que je pouvais voir. Ce n'était pas vraiment la tenue des grands soirs mais j'admets ne pas trop vouloir les abîmer, même si leur ajouter une touche de couleur, que je ne verrais de toute façon pas, leur prêterait sûrement un plus joli teint. Et puis, il faut savoir se renouveler aussi. D'ailleurs, j'en ai plein des affaires trop large, alors une de plus ou de moins. Je pourrais en profiter pour mettre la main sur Ys et lui faire m'acheter des vêtements... Bien que je n'ai pas une confiance absolu dans ces goûts. De même, si je laissais faire l'homme en face de moi, comment savoir si ce serait bien ? Non pas que je n'ai pas confiance mais nos goûts étaient peut-être différents. Oh et puis après tout...

-Ne t'en fais pas, j'en ai d'autres dans ce style! Tu peux les utiliser si tu veux, dis-je avec un sourire

Je me redressais, un peu anxieux malgré tout. Je n'avais jamais laissé quelqu'un me peindre dessus, ou tout simplement, je n'avais jamais rencontré d'artiste. Ma soeur dessinait et peignait de temps en temps mais c'était un hobbie, juste un passe-temps pour se vider la tête. Elle n'était pas artiste et ne s'était jamais revendiquée comme tel.

-Tu sais ce que tu fais ? Enfin je veux dire, tu as déjà fait ça avant ?

Question stupide Matheo, s'il te l'a proposé, c'est sûrement qu'il a de l'expérience dans ce domaine. Rougissant un peu, je repris aussitôt pour éviter de le vexer inutilement. Ce n'était pas mon intention.

-Excuse-moi de te poser des questions idiotes, ça me stresse un peu... Mais au fond, je suis sûr que ça peut être amusant!

Un nouveau sourire éclaira mon visage. Oui ça pourrait être amusant. Du coup, le temps qu'il se décide sur la marche à suivre et me donne ses directives, je décidais de continuer à faire la conversation comme si de rien n'était.

-Au fait, d'où viens-tu ? Comment trouves-tu Terrae ?

Hrp: ... Je suis tellement désolé. je me repends et me répends. Ce topic avait disparu de la liste et j'étais persuadé que c'était à toi de répondre... Je t'aime quand même. Pardon encore <3 <3
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Dim 3 Juil 2016 - 22:43
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« C’est super merci ! »

Il a l’habitude de ceux qui chérissent leurs vêtements tels qu’ils sont. Bien peu aiment comme lui les sentir vivre, se souvenir au travers des différentes taches, des griffures, les trous. Tout ça forme un ensemble, une sorte de tableau et d’album de photo qui lui permet de se rappeler les bons comme les mauvais souvenirs. Il y a par exemple cette chemise que lui avait offerte son ex qui aujourd’hui repose au sommet d’une poubelle. Il a fait payer à ce pauvre morceau de tissu le mal-être qu’il ressentait en le portant. Il aurait pu le déchirer, s’en servir pour peindre, le dénaturer jusqu’à ne plus le reconnaitre, mais encore une fois son cœur l’aurait reconnu malgré tout. Alors il l’avait abandonnée, espérant qu’un autre la trouverait et se plairait à porter ce cadeau du destin.

Pourtant le jeune homme ne semble pas faire cas de la destinée de ses fringues. Tant mieux, il aurait sinon du reporter à plus tard son œuvre car il n’aurait pu sacrifier aucune de ses propres fringues pour son œuvre et aurait dû aller en chercher d’autre pendant la journée pour ne peindre que le lendemain soir. Aurait-il encore eu l’inspiration qui pulsait alors dans ses veines ?
Question de rhétorique lorsque l’on sait que ce sont les artères qui battent et non les veines. De cela il ne sait rien. Les questions ne sont pas idiotes, jamais, celles de l’homme lunaire encore moins. Il a raison de s’interroger.

« En réalité je n’ai jamais travaillé les matériaux ainsi. J’ai déjà fait du body-painting sur des corps nus, tagués des corps habillés avec des bombes de peinture, travaillé des tissus imbibés de peintures et d’argiles, mais jamais je n’ai imbibé des tissus portés de peinture. C'est une nouvelle expérience ! »

Nul mensonge, cela n’allait pas dans son sens que de cacher cela. Il préférait être sincère. Il sourit bien que l’autre ne le voit pas, mais peut-être le sent il ? Etrange idée. Alors qu’il parle il est parti en exploration, cherchant encore les couleurs dont il aurait besoin. Il sait qu’il lui en faudra en quantité, mais heureusement pour lui l’atelier est grand et ses propres réserves ne sont pas minces. Il rassemble le tout dans la partie la plus éclairée de la pièce.

« Je suis français, j’ai grandi à La Rochelle, je ne sais pas si cela te dit quelque chose. Je ne sais pas encore si j’aime Terrae ou pas, elle m’a permis de faire un break ce dont j’avais besoin. Après… Le temps permettra à mon jugement d’être plus sûr… Et vous ? Vous y êtes depuis plus longtemps il me semble qu’en pensez-vous ? »
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Lun 4 Juil 2016 - 13:49
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Il semblait vraiment content que je l'autorise à me peindre directement dessus. Son enthousiasme était plutôt contagieux et, sans m'enr endre compte, un large sourire étira mes lèvres. Au moins, on ne pourrait plus me reprocher de ne pas tenter de nouvelles expériences!
La fait qu'il n'ait jamais tenté la chose auparavant me tendit quelque peu mais je finis tout de même par me détendre rapidement. Après tout, cela pouvait quand même être bien, je serais son galop d'essai. Et puis, c'est avant tout pour s'amuser! Mais une question me vint à l'esprit.

-Mais ça va peser une tonne après que tu les ais imbibés de peintures non ?

Je n'étais pas vraiment inquiet, juste curieux. J'étais certes fragile mais je n'étais pas non plus en sucre. Au pire, je pouvais voir ça comme une occasion rêvé de développer mon sens de l'endurance et ma volonté.
Je l'entendis s'agiter dans tous les sens, et le suivais autant que faire se peut avec mon don aérien. Des cliquetis de métal, des bruits d'objets lourd que l'on pose... tout cela composait une symphonie que je percevais très bien. Je n'eus pour autant aucun mal à distinguer ses paroles. Un petit "ooh" surpris m'échappa soudain.

-Moi aussi je suis français! Je viens de Montignac, une petite ville de Dordogne. Je connais la Rochelle de nom mais je n'y suis jamais allé. C'est vrai qu'on peut voir le Fort Boyard là-bas ?

Oui j'étais à nouveau curieux. Mêlée à la joie, la curiosité peu devenir vite envahissante, et pourtant je faisais des efforts. C'était le premier français que je rencontrais depuis que j'étais à Terrae, j'étais très ému. Il ne connaitrais pas nécessairement ma ville, en même tmeps peu de monde y venait sinon l'été, mais la Rochelle, ça c'était connu. Je vois une ville au bord de l'océan, avec un grand fort au milieu, ce pourquoi j'ai posé la question. J'aurais adoré faire un tour de bateau un jour, je suis sûr que ça doit être agréable de sentir le vent marin sur son visage.

-Dis, tu es déjà monté dans un bateau ? C'est comment ?

Un détail me chiffona cependant, et après une rapide grimace, je secouais la tête dans sa direction.

-Tu peux me tutoyer, je ne suis pas si vieux. Par contre, tu voudrais peut-être que je te vouvoies ? demandais tout à coup, inquiet.

Le tutoiement était très simple à Terrae, tout le monde avait à peu près le même âge et, si ce n'est les masters, tout le monde tutoyait tout le monde. Je ne m'étais donc pas posé plus de question que ça mais si ça se trouve, lui voulait respecter les conventions. Ca ne me dérangeait pas de le vouvoyer s'il préférait, je ne voulais pas qu'il se sente mal à l'aise. Je pris alors conscience que je ne lui avais pas vraiment répondu.

-Je suis ici depuis... Longtemps. un peu plus de trois ans, peut-être même quatre. Je ne sais plus exactement, dis-je en souriant, penaud.


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Ven 8 Juil 2016 - 11:36
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« En effet le poids augmentera, sans doute plus que s’il avait s’agit d’eau… Et tu auras une impression de froid… »

Qui ne sera pas une impression d’ailleurs. La remarque pour anodine qu’elle soit permet à l’homme de prendre conscience d’une importante chose. Ils sont aux portes de l’hivers et le temps frais allié à l’apparente faible constitution de son modèle ne feront pas bon ménage. Il réfléchit, comment faire pour rendre les choses moins… il ne dirait pas risquées bien que ce mot convienne en vérité assez bien à la réalité de ses sentiments. Son regard se met à sonder la pièce à la recherche d’une issue qu’il finit par trouver. Le radiateur est là, recouvert de tout un bazar que des générations de bricoleurs ont entassé. C’est étonnant de voir ce que quelques années suffisent à faire comme accumulation.

« Je vais essayer de monter le chauffage ! »
déclare-t-il.

Ce n’est pas l’idée du siècle car chauffer un tel lieu pourrait prendre du temps, mais l’air n’y étant pas glacé mais plutôt tiède il estime qu’il n’aura pas à attendre que les murs chauffent mais juste que l’ambiance se réchauffe. Cela devrait être rapide. Il commence à déplacer les planches de bois et les morceaux de tissus épars qui trainent sur le dit radiateur. Etranges choses qui se sont entassées ici. Une fois le radiateur dégagé il force pour en décoincer le robinet, s’usant les mains et les muscles sur le vieux grippé qui finit par céder. Il sent dès lors l’eau bouillante remonter dans les tuyaux de ferraille, une bonne chose de faite.

« On sait que Fort Boyard existe et on y amène parfois les amis venant de loin, mais comment dire ? Il a toujours été là ? Non, c’est encore autre-chose… Quand les touristes viennent pour le voir ils sont en vacances et c’est une étrangeté pour eux, pour nous qui vivons à côté cela fait partie du paysage. Quand on est en vacances, on préfère faire comme tout le monde : partir loin de chez nous, faire du tourisme ailleurs. »

Triste réalité que de ne jamais se contenter de ce que l’on a sous les yeux. L’herbe est plus verte ailleurs, bien que ce proverbe n’ait de sens que si vous consommez régulièrement du cannabis. On peut grandir auprès des choses les plus belles, les plus étranges du monde jusqu’à les trouver banales et ce qui pour d’autres est un périple était devenu pour lui un chemin de croix.

« J’ai de graves lacunes en géographie… C’est où la Dordogne ? »

Le brevet des collèges et l’apprentissage des cartes de France en géographie sont bien loin. Bien entendu cela sous-entendrait qu’il les ait un jour apprises, ce qui n’est pas le cas. L’élève turbulent qu’il était avait toujours mieux à faire que de se visser le cul sur une chaise pour étudier. C’est un miracle qu’avec sa technique de travail il ait atteint un tel niveau d’étude.

« Je suis déjà monté sur un bateau en effet, mais euh… Je ne saurais pas le décrire ? C’est naturel ? Utile ? Un peu comme prendre le train, c’est un moyen dont tu as besoin ni plus ni moins. »

Bonjour le pragmatisme. Où est donc pensé son grain de folie ? il semble s’être dissout dans son café ce matin. Le vouvoiement était revenu avec naturel, en fait l’homme se moquait du mode utilisé. Parler pouvait se passer de mot, le respect pouvait donc se passer du vouvoiement.

« Ne t’inquiètes pas, c’est les vieilles habitudes. »

On vouvoie son modèle pour mettre une foutue distance entre vous et éviter de le laisser croire que vous avez d’autres idées que celles que vous énoncez. Cela lui avait parfois posé problème en fait, il avait dû expliquer que ses gestes étaient ceux d’un artiste et non d’un amant… Mais comment l’expliquer à l’homme au visage pâle. Il se sent rougir, doit-il vraiment expliquer tout ça ? Seigneur, quelle cruauté…

« Pardon, j’ai déjà eu quelques… ‘’soucis’’ avec ce genre de projets… j’ai appris à mettre de la distance… »
il avale sa salive, cherche ses mots. « Je vais te toucher, avec de la peinture, j’vais imbiber tes vêtements, des fois essayer de leur donner une forme différente… Mais ce ne seront pas des avances d’accord ? »

Ces mots lui brûlent le gosier. Purée. C’est dur de parler de ces choses-là sans se sentir absolument con !
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Mar 12 Juil 2016 - 18:00
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Je frissonnais en l'écoutant. Je m'imaginais recouvert d'une substance étrange et froide, je m'imaginais en train de grelotter... alors que la peinture n'irait sûrement pas aussi loin dans l'effet produit. En soir, ça ne me rebutait pas. Je lui faisais confiance, et lui, n'y pouvait rien le pauvre. Je me contentais donc de hocher la tête avec un sourire. Je m'y ferais. Je l'entendis se déplcer alors qu'il m'indiquait où il allait. Le chauffage ? Pourquoi pas... Mon sourire se fit plus doux. L'attention qu'il me portait était touchante, agréable. Il ne me connaissait pas mais je sentais qu'il avait vraiment envie que son modèle soit à l'aise.

-Ne t'en fais donc pas tant. Je suis solide, je survivrai, dis-je en rigolant.

Mon intérêt curieux revint au galop lorsqu'il répondit au sujet du Fort Boyard. Il aimait les phrases alambiquées aussi d'après ce que je pouvais noter. Peut-être avait-il reçu une éducation différente, ce qui expliquait pourquoi il me vouvoyait. Ou alors il était simplement dans son monde, comme la plupart des artistes, ce qui n'était pas un tort.

-Oui, c'est un peu pareil chez moi. Les gens se précipitent pour voir les grottes de Lascaux ou le festival qui a lieu tous les étés. Moi j'aurai aimé pouvoir partir en vacances..., dis-je d'un air songeur.

Je repris bien vite mon air joyeux, ne voulant pas le troubler avec mes états d'âme. Il devait déjà se concentrer sur son travail, en plus répondre à mes questions, je n'allais appesantir l'atmosphère en parlant de choses tristes. Ce n'était pas non plus très enthousiasmant pour une personne que l'on vient juste de connaître.

-La Dordogne c'est à côté de la Gironde. Mon village est à environ 2h30-3h de Bordeaux. Tu vois mieux ?

Ce n'était pas le coin le plus connu de la France, c'était normal qu'il ne connaisse pas. La Rochelle ça c'était connu, et ça faisait rêver. Rien que d'imaginer l'océan, la plage, le port... Cela donnait envie de visiter. Peut-être qu'un jour, je m'autoriserais le voyage, même si l'idée de rester enfermé, surtout dans une nouvelle ville restait déprimante.
Je l'écoutais me parler du bateau, mais une nouvelle question me vint presque aussitôt.

- Et tu n'as pas le mal de mer ? Il paraît que l'océan sent bon... c'est vrai ?

La suite me laissa sans voix. Il ne me donna pas plus d'explications sur le vouvoiement en revanche, il se lança dans une explication très gênante sur ce qu'il allait faire et surtout, sur le fait que je ne devais pas mal interpréter ses gestes. Mes joues se colorèrent de rouge, et une douce chaleur me prit le visage. Je secouais alors la tête.

-N... Ne t'inquiètes pas, je n'interprèterai pas les choses... mal...

Je me tenais droit, inspirant profondément pour me détendre et, surtout, pour évacuer les rougeurs qui prenaient possession de mes joues. Je préférais me concentrer sur son travail, ce qui empêchait mes pensées de vagabonder.

-Hum.. sinon, tu sais comment tu vas t'y prendre ? Je dois faire quelque chose de particulier ?
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Mer 20 Juil 2016 - 19:24
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Solide ? Il n’en avait pas l’air, frêle aurait mieux convenu si on avant demandé l’avis de monsieur Petit, mais qui était-il pour remettre en question les certitudes de Matheo ? Il ne le connaissait que par une apparence qu’il ne maitrisait plus. Ce reflet de lui-même était sans doute bien éloigné de ses réalités, l’homme lui faisant face ne pouvant les partager avait-il le droit de le juger ? Non, il le savait. Tout comme il savait qu’il prendrait sur lui de s’occuper de son modèle s’il prenait froid. Il n’était pas de ceux qui accusaient le monde entier plutôt que de faire face à leurs erreurs. Il était plutôt de ceux qui s’attribuaient les erreurs des autres car il ne les avait pas prévenues.
Vivre avec soi-même est parfois compliqué pour l’homme qui ne sait le faire sans culpabilité. Il était exigeant plus envers lui qu’envers les autres. Ce qui le rendait facile à malmener et à manipuler, mais heureusement depuis qu’il vivait à Terrae personne n’avait su abuser de sa faiblesse… Peut-être l’avait-il même bien cachée.

Lascaux, cela lui disait finalement quelque chose même si cela ne l’aidait guère à situer les lieux. Il en avait souvent parlé en cours, enfin c’était plus un débat interne à sa promotion qu’un réel sujet d’étude : l’art primaire était-il de l’art ou une simple représentation, forme d’écriture à la même place qu’un orgueilleux mode d’emploi ? Ne prenant pas partie dans ces palabres le jeune homme avait juste décidé de négliger cette part de l’art qui ne l’intéressait somme toute pas du tout.

La gironde ? Euh… Il était à deux doigts d’avouer qu’il ne savait même pas qu’une telle région exista, à moins qu’il ne s’agisse d’un département ? Il n’avait pas suivi tout le renommements de régions de ces dernières années. Il vivait dans un monde à l’écart négligeant ce qui ne l’intéressait pas. Bordeaux par contre il connaissait, il arrivait même à peu près à le situer pour dire !

« Oui du coup je vois mieux ! »

A deux ou trois heures de routes quand on se situait à l’autre bout du monde c’était déjà pas mal non ? Ils n’étaient plus au centimètre près maintenant. Il mit un peu de temps à répondre à la question de Matheo. (HS : comment tu le prononces d’ailleurs ? Matéo ou Masséo ?) Il commence à préparer ses couleurs.

« En fait ça dépend, les ports ça pue toujours j'crois, s'il y avait quelques cadavres dans la baie ça ne m’étonnerait guère, ça pue et ça remue les tripes parfois quand il fait chaud, mais quand on est sur la côte, loin de tout et que le vent porte une odeur d’iode aux narines ça à l’odeur de quand tu rentres chez toi. »

A la réflexion ça avait l’odeur de quand il rentrait chez lui, ce n’était sans doute pas un fait communément partagé.

« Enfin, pour moi ça sent bon… J’peux pas certifier que tu aimerais aussi… »

Il est toujours bien précautionneux avec ses avis et opinions, permettant à ceux des autres de diverger (verger). Il voit les joues du jeune homme se teinter de rouge et rougit aussi pour faire bonne mesure. Il ne pensait pas assez loin et n’avait pas prévu cette réaction. Le voilà qui se retrouvait dépassé par les évènements. Il se mordit l’intérieur de la joue et se sentit coupable de penser qu’heureusement l’homme blanc n’était pas témoin de sa gêne. Il se reprit d’ailleurs assez vite.

« J’ai commencé à préparer les teintes, je ne sais pas si tu le sens mais il y a plusieurs baquets de différentes tailles remplies de peinture, là c’est de l’orange, là du bleu, là du jaune et ici du rouge, je suis en train de faire un bleu turquoise et après je ferais un bleu nuit. » dit-il indiquant tour à tour les bacs des couleurs qu’il énonçait en frappant doucement dessus. « Je vais commencer à les étaler avec les doigts pour bien imbiber le tissu et je lui imprimerais la forme que je désire quand il sera bien humide… Si ça te va je vais te faire assoir au début car ça pourrait prendre du temps… Cela te va ? »

Si c’était le cas il était déjà en train de lui avancer un tabouret pour qu’il prenne ses aises. Il n’allait pas tarder à se mettre à peindre.
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