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Huo, tu brilleras si fort que le soleil en pâlira.
##   Mer 16 Déc 2015 - 18:05

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Une semaine est passée. Mes blessures ont commencé à cicatriser, avec l'aide des guérisseuses de l'institut, et je peux presque me regarder dans une glace sans avoir envie d'y jeter le premier objet qui me tombe sous la main. Je tente de voir le bon côté des choses : à présent, Huo va pouvoir passer Master. Il le mérite, et je dois réfréner la bouffée de fierté qui m'envahit quand j'y repense.

Après, ce serait mentir de dire que je ne lui en veux pas. Mentir de ne pas dire que je refuse encore parfois de le voir, lorsque je me sens trop en colère. Mais avoir pu m'ouvrir, à l'hôpital, et lui expliquer tout ce que j'avais sur le cœur est un pas en avant, je suppose. À présent, il faut dépasser ça et aller de l'avant... Il n'y a pas vraiment le choix.

Dans ma main serrée, la pièce semble scintiller. Je suis toute intimidée de me tenir là, comme en maîtresse de cérémonie, alors qu'il y a un an à peine c'est moi qui me trouvais en face, en nouvelle venue. J'essaie d'accrocher le regard de Mitsuki, celui d'Hideko, comme pour me rassurer ; puis je prends une longue inspiration, certes un peu tremblante, et reprends mes esprit. Mes yeux se ferment. On m'a expliqué comment il fallait faire, maintenant reste à ne pas se tromper...

Je ramène mes mains l'une contre l'autre, paume contre paume ; entre elles se trouve la pièce, celle qui lui a servi pour m'appeler dans l'arène, cette pièce que je hais et que je maudis. Doucement néanmoins, avec pudeur, je me sers de cet Appel, ce Murmure délicat et lancinant, pour guider Huo jusqu'à nous.

Viens prendre le titre qui te revient. Renais et brille comme tu n'as jamais brillé, Huo...



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##   Mer 16 Déc 2015 - 18:38

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Huo Zhang
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Cette semaine m'a paru à la fois bien trop longue et trop courte. J'ai ressassé ma culpabilité et mon ressentiment, ma tristesse aussi. J'ai encore du mal à accepter ce que j'ai fait à Aoi. Ne pas reconnaître mes actes, ce n'est pas dans mes habitudes. Mais du coup j'ai eu aussi le regret. Celui de ne pas avoir été à la hauteur. Du moins pas comme j'aurais dû. Se battre c'est quelque chose oui mais être juste, c'est différent. Je ne l'ai clairement pas été.

Je sais qu'elle est encore en colère contre moi et je le comprends. J'ai conscience de m'être comporté comme un salaud une fois de trop. Pourtant je l'aime. Énormément. Mais je ne sais pas... Je dois être trop égoïste, trop formaté. Je n'ai pas réussi à dépasser ça et je l'ai blessé. Aussi bien physiquement que moralement. c'est pas un truc dont je suis fier. C'est sûrement pour ça que mon sentiment vis à vis du fait de passer Master est très mitigé. Bien sûr j'en suis heureux, et fier aussi qu'on reconnaisse ma valeur. Mais quelque part je pense que je n'aurais pas dû le mériter de cette façon.

Ce n'étais pas un beau combat. C'était violent, cruel et mauvais. C'était tout ce qui fait mes mauvais côtés. J'espère que j'arriverai à montrer l'autre part en tant que Master. Je voudrais prouver que Nico ne s'est pas trompé en me prenant comme un modèle, que Matheo ne s'est pas trompé en me disant que j'étais que quelqu'un de bien. Je voudrais qu'Aoi aussi puisse me regarder en face un jour, plus tard, et qu'elle se dise que ça en valait la peine.

L'Appel m'a réveillé. Étrangement cette sensation ne m'a pas été douloureuse contrairement à celle que j'ai ressenti la première fois. Je me suis habillé rapidement avant de clopiner dans les escaliers. Ma jambe me fait encore un peu mal même si elle est guérie. J'ai poussé la porte doucement, sans frapper. Je sais pourquoi je suis là. Mais j'ai quand même un peu peur.

Je m'avance. Aoi est milieu, la pièce entre ses mains. Je lui renvoie un sourire doux. Enfin.


##   Mer 16 Déc 2015 - 23:30

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Une inspiration. Il entre dans la pièce et je me retiens de détourner le regard. Les autres Masters sont en cercle dans la salle, autour de nous, alors qu'il s'avance vers moi. Il ne dit rien, se contente de me sourire. En face, je ne souris pas. Je n'en ai pas envie. L'amertume, encore, qui se réveille à la seule vue de son visage. Il n'aura qu'à dire que je suis froide, tant pis. Mais il aurait pu nous saluer, au moins. Un bonjour, salut, je ne sais pas. J'essaie d'arborer une expression calme, même si c'est difficile. Un sourire crispé. Pourquoi je suis là... Sérieux, tu me fais chier. Tu ne pouvais pas laisser quelqu'un d'autre gérer ça ?

— Bonsoir, Huo.

Une pause.

— Tu sais certainement pourquoi tu es là. Nous t'offrons la possibilité de combler ce Vide en toi, celui qui t'a amené à Terrae.

Ma bouche est un peu sèche, et j'essaie de garder un débit de locution normal. Être Master aide un peu, je suppose. Dans la tenue, la voix. Je sors de ma poche une petite fiole qu'on m'a remise, et la lui montre. Le liquide scintille dans le récipient de verre.

— Si tu souhaites nous rejoindre, tu devras boire le contenu de cette fiole. Il te plongera dans une sorte de sommeil, qui te confrontera à toi-même. Ton passé, tes rêves, tes espoirs... Ton pouvoir. C'est ce qui te permettra de devenir Master. Maintenant, tu as le choix entre retourner à une vie normale... ou bien accepter de rester et jurer de protéger l'institut et ses habitants.

Je m'humecte les lèvres, mal à l'aise. Tente un sourire.

— Si tu as des questions, tu peux nous les poser. Sinon...

J'ouvre ma main, au creux de laquelle est posée la fiole, qui n'attend que d'être prise. Je sais quel choix il fera. Mais j'attends qu'il le prononce à voix haute.



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##   Ven 15 Jan 2016 - 19:00

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-Bonsoir.

Je frissonne doucement, ne rajoute rien. Que pourrais-je dire ? Je prends la fiole doucement, regarde le liquide à l’intérieur. Aurais-je ce courage ? La question est posée. Mais moi dans mon cœur je connais cette réponse. Je l’ai toujours su peut-être. Ou alors c’est simplement ce qu’on m’a dit. Il n’y a plus que moi qui ne suis pas convaincu.

-Je n’ai plus de question. Juste une réponse. Tant que je vivrai je jure de défendre Terrae et ceux qui y habitent.

Ce n’est pas le moment de laisser mes considérations personnelles prendre le dessus. On reparlera de tout ça plus tard. Pour moi, l’heure est venue de savoir si je serais capable de racheter mes erreurs et mes fautes. Je débouche la fiole et avale son contenu d’un trait. Je sombre.

*****

Je suis assis sur un vieux canapé au tissu usé, râpeux. Ma tête est appuyée sur le bord du dossier, rejetée en arrière. Le silence. Je me redresse et observe, intrigué. Je suis chez moi. Enfin… Ce que je considérais comme chez moi. L’appart que je partageais avec le gang avant. Vide. C’est étrange, d’habitude il y a toujours quelqu’un. Mais là pas de garçons en train de se chamailler, pas de bruit dans la cuisine. Tout est désert et froid. Je me lève, glisse les mains dans mon blouson en cuir. J’ai dû m’assoupir sur le canapé et ils sont tous partis. Même Jun…

Je ne comprends pas bien ce que je fous ici. J’ai rien qui me rattache encore à cet endroit. Ce n’est qu’un rêve, un souvenir. Je m’approche de la cuisine. Un cadre photo traine sur la table, je le soulève pour le regarder. C’est moi. Habillé comme maintenant à 18 ans. Mon pouce effleure la surface vitrée, pensif. Je ne souris pas à l’objectif, juste un coin de lèvre relevé. Les cheveux courts sur la nuque et le regard inexpressif semblent me transpercer. Je repose le cadre, comme brûlé. J’avais vraiment une tête de petit con. A bien y réfléchir ça n’a pas vraiment changé.

Un bruit sur le balcon me fait tourner la tête. J’aperçois furtivement un éclat doré et m’avance vers la porte fenêtre. Je l’ouvre en grand et sort.

*****

Le soleil m’aveugle en se reflétant sur la mer. Le vent humide me fouette le visage et je frissonne un peu de froid. J’entends seulement le bruit du ressac, apaisant. Il n’y a rien ici non plus. Je m’approche doucement du quai, attiré par un éclat métallique. Je ne vois rien. Je regarde autour de moi mais tout est vide. Je me penche un peu vers l’eau.

Une impulsion violente me frappe entre les épaules et je bascule dans le port. Le froid me prend à la gorge, intense, mordant. Je peine à remonter tout de suite, le souffle coupé par la mer glaciale. J’arrive enfin à sortir la tête de l’eau mais il n’y a personne. Juste une mouette grise qui me fixe d’un air narquois avant de s’envoler en ricanant. Je grelotte et tente de sortir de l’eau en m’approchant des quais.

Mes vêtements sont lourds, imprégnés de liquide. Je me débats un peu dans l’étreinte humide de la mer. Autour de moi l’eau change lentement de couleur. Je frissonne d’horreur. L’eau se colore peu à peu de rouge. L’étreinte se resserre. Ce n’est plus celle de l’eau. Je ne veux pas regarder. Je ne veux pas me noyer mais quelque chose m’attrape à la cheville. Je me fige. Je sens que je commence à couler. Le sang m’emplit les narines, poisseux et aigre. Je sombre sans résister.

J’entends des cris assourdis par l’eau, des gémissements d’agonie, des plaintes. Je suis figé par le froid, incapable de bouger. C’est ma faute. C’est moi. Je les ai tous tué. Tous. Quels que soient les excuses, les prétextes que je me trouve ça reste moi qui ai appuyé sur la gâchette. Je leur ai pris leurs rêves, leurs espoirs, leurs familles. Tout ça détruit parce que je-

Une main agrippe mon poignet et me sort brutalement de l’eau. Je crachote, tousse. Mes yeux et ma gorge me brûlent. Je suis couvert de sang, mes vêtements dégagent cette odeur aigre et cuivrée qui colle à la peau et je les sens qui sont plaqués sur celle-ci par l’humidité. Je lève lentement les yeux vers mon sauveur.

Elle me sourit doucement et je sens comme une main étreindre ma poitrine. Je tends le bras devant moi pour la toucher, comme pour savoir si elle est réelle mais j’aperçois le sang qui goutte encore de ma manche et la baisse précipitamment. Je ne peux pas… Elle se penche pourtant vers moi et me prend la main doucement, sans peur. Je frémis.

-Regarde dans quel état tu t’es mis encore ! On n’a pas idée de saloper ses fringues comme ça.

Ses yeux pétillent. Sa main est chaude. Moi j’ai envie de la prendre dans mes bras. Je retiens mon envie de pleurer.

-Xiao… Qu’est-ce que tu-
-Bah pourquoi tu me regardes comme ça l’idiot ? On dirait que t’as vu un fantôme.

Je jette un œil à mes vêtements. Ils sont tachés de boue et pas de sang. On dirait que je me suis fait trainer par terre dans un chantier humide. Le décor n’est plus celui des quais, je suis devant le bâtiment où se trouve le journal.

-Non… Non, ça va.
-T’es encore allé du côté du terrain vague hein. J’t’avais dit que j’ai ce qu’il faut pour le reportage, tête de pioche. Pas besoin d’aller t’amuser à te rouler dans la boue.
-C’est pas ton problème, je bougonne.
-Si justement, je te rappelle que c’est moi ta responsable.
-Tu m’emmerde Xiao, je ne suis pas un gosse.
-Si peu, elle rigole.

Je me trouble, la regarde un peu. Je détourne le regard quand elle relève la tête de son appareil qu’elle avait dans les mains. Mon regard croise le mien dans le reflet d’une vitrine. Je m’arrête, me regarde. Jean, t-shirt noir, blouson en cuir. Toujours les mêmes fringues. Je passe ma main sur ma nuque, mes cheveux sont longs, attachés en une natte basse. Je frissonne. Sentiment de malaise. Rien n’est comme il devrait être. Le poids qui tire légèrement ma tête en arrière me semble en même temps familier et étranger. Comme tout ce qui est ici. Encore cette sensation dérangeante que je ne devrais pas être là.

-Quand t’auras fini de t’admirer, on pourra peut-être y aller.

Je sursaute, acquiesce lentement.

-Dis… Qu’est-ce que tu avais vu en moi ? J’veux dire… Pourquoi tu as accepté de m’aider ? Tu sais rien de ce que j’étais avant ni si je-
-Rha mais t’as pas fini de te plaindre ? Qu’est-ce que j’aurais pu voir de mal en toi ?
-Je ne sais pas… Un démon ?

Elle rit doucement et je souris un peu. Au fond la question n’est pas idiote. Je dois avoir toujours tendance à tomber dans le drama. Je ne suis certes pas parfait mais… Je n’ai pas tant de défauts que ça, si ? Au final je crois que la seule vraie chose qu’Aoi m’a reproché c’était de ne pas lui avoir fait confiance, ni à moi. Je crois qu’en fait le problème n’est pas la confiance des autres, c’est celle que je me donne à moi-même.

-Tu n’es pas un démon Huo Zhang.

Son regard brille d’une lueur de compréhension. Elle a raison. Je viens seulement de le réaliser. Je suis ce que je veux être. C’est à moi de décider de ma vie. Plus que jamais je ne vais pas me laisser faire par ceux qui ont voulu me façonner.

*****

Je suis juste planté devant le restaurant. Comme figé dans le temps, glacé. J’ai l’impression que quelqu’un me serre l’estomac avec une main fantôme. J’ai avalé un pain de glace et je n’arrive pas à bouger. Tétanisé simplement devant la porte. Je crois que pour une fois depuis longtemps je suis mort de trouille. Je ne veux pas entrer là dedans.

J’entends un rire de mouette au dessus de ma tête et lève les yeux. L’oiseau grisâtre est là, perché au dessus de la porte. Il s’envole d’un coup d’aile en ricanant. Je serre les poings et expire lentement. Après tout ce n’est qu’un Rêve. Il ne peut rien m’arriver. Je carre les épaules et franchis la porte. Xiao est un peu plus loin et je viens m’asseoir en face d’elle.

-Je pensais pas que tu viendrais. Tu viens jamais d’habitude.
-J’avais envie de passer un peu de temps avec toi. Puis ça faisait longtemps.
-Oui. Pourquoi cette envie subite ?

Elle sourit en coin. Je la connais, elle aime me taquiner là-dessus. Ca me gêne un peu parfois. Parce qu’elle ne dit jamais clairement ce qu’elle pense de moi. Je fais pareil. Si on se mettait dans cette situation… Enfin ce serait dangereux pour elle.

-A quoi tu penses ?
-Que tu me manques.

La première balle a sifflé près de mon oreille avant de se ficher dans le comptoir en bois. J’ai pensé fugitivement que c’était trop bête. De ne pas pouvoir lui dire au revoir une deuxième fois, même si ce n’était que dans ma tête.

Je me suis jeté à terre, roulé en boule près de la table pour éviter les balles qui fusent dans tous les sens. J’aperçois à peine Xiao de l’autre côté. Des éclats de bois et de verres pleuvent. Les lanternes en papier suspendues au dessus du comptoir se déchirent. Mais le plancher se teinte de rouge. Je me précipite vers Xiao. Elle a une main pressée sur son flanc, son haut est plein de sang. Je tremble. Non non non. Pas encore. Je tente d’appuyer sur sa blessure avec mes mains, fébrile. Pourquoi il fallait que ça se passe comme ça ?

Je sens comme un sanglot me comprimer la gorge. Elle me lance un regard déjà trouble et pose sa main sur la mienne. Du sang partout. Je hoquète un peu, j’ai l’impression que quelqu’un a attrapé mon cœur à travers ma cage thoracique pour le serrer. Elle ferme doucement les yeux. Je panique, appelle son nom. Plusieurs fois. Je-

Un hurlement inhumain retenti. Je crois que c’est moi. La rage m’aveugle. La colère et la haine. Je voudrais pouvoir sortir de là et tous les massacrer. Les bruler vifs jusqu’au cendres. Je n’ai pas bougé, mes mains sont encore sur son flanc qui ne se soulève plus. Mon regard est fixé sur un lampion rouge et or avec un motif de dragon qui est tombé, déchiré, plus loin.

-Il n’y aucune dignité dans la mort.

Ce n’était pas moi. La voix est étrange, basse et grondante, animale. Je regarde autour de moi, ne vois rien. La voix me souffle un « devant toi imbécile » clairement amusé. Je tourne la tête mais il n’y a rien. Mon regard tombe sur la lanterne et le dragon me lance un clin d’œil. Et il enfle, prend une forme matérielle jusqu’à envahir entièrement la pièce.

-Est-ce donc cela que tu veux ? Brûler le monde jusqu’aux cendres ?
-Non ! Je ne- Je voulais seulement… Me venger.
-Et tu te sens satisfait maintenant que tu l’as tué ? Tu as trouvé la paix ?
-… Non.

La situation semble simplement irréelle. Les écailles aux reflets dorés ondulent devant moi et il baisse sa tête pour me regarder dans les yeux. Je frémis. Il est si… Imposant. Si beau. L’image même de la noblesse et de la force pure.

-Toi aussi tu pourrais être cela. Mais il n’y a aucune moralité, aucune fierté dans la mort.
-Je le sais.
-Alors pourquoi continues-tu à penser qu’elle t’importe plus que ta vie ?
-Parce que je ne mérite pas de vivre. Je ne méritais pas cette confiance.
-N’est-ce pas plutôt aux autres d’en décider ?
-Je l’ai enfin compris.

Il esquisse un sourire amusé entre ses longues moustaches et pointe une griffe sur mon torse.

-Mais penses-tu mériter un tel pouvoir ?

Je frémis mais soutiens le regard ambré qui me fixe comme un projecteur. Je ne suis pas arrivé jusqu’ici pour renoncer. Je sais que j’ai les capacités de devenir meilleur. Et je le veux aussi. Ce n’est pas qu’une question de confiance non plus. Parce que j’ai envie de compter un peu. J’en serai digne.

-Montre-moi alors.

J’avance doucement ma main, paume en avant vers lui. Je le vois se pencher vers moi, son énorme tête se courbe et le bout de son museau touche ma peau. Je frémis. C’est comme de toucher un mur d’énergie pure. Il se met à luire doucement avant d’exploser en une gerbe de flamme. Tout disparait, noyé dans cet incendie, et alors que le décor semble fondre et se déchirer j’entends encore sa voix.

-N’oublie pas Huo. Le Feu n’est pas que Destruction. Il est aussi Renaissance.

De loin il me semble apercevoir Xiao. Elle est dos à moi dans le noir. Comme sur cette photo que j’ai mise dans ma chambre. Puis finalement elle se retourne et me sourit, me faisant un signe de la main. Derrière elle part une vague de flammes dorées qui englouti tout sur son passage avant de m’envelopper. Je me sens comme dans un espèce de cocon chaleureux.

C’est comme être pris un tourbillon, dans les bras d’une personne sans identité. C’est les yeux d’Aoi et le sourire de Jun. C’est la peau pâle de Matheo et le dos de Xiao. C’est les cicatrices de Nicolas et les remarques grinçantes de Piu.

C’est tout ça à la fois. C’est comme faire face à une foule qui m’a attrapé pour me tirer hors de l’eau, hors de l’horreur. Ils me sourient tous. J’ai envie de pleurer. Mon cœur déborde de gratitude mais aussi de tristesse et de nostalgie.

Matheo se penche vers moi le premier avec Nico. Il me sourit gentiment.

-Il faut avoir plus confiance en toi Huo.
-C’est vrai ! Pense un peu à tout ce qu’on va pouvoir faire ensemble.

Encore un sourire et il s’efface. Nico me donne un petit coup sur l’épaule. Comme pour me dire de me reprendre. Je frissonne un peu. J’ai un beaucoup moins froid. Piu me regarde avec ce sourire amusé. Elle est debout.

-Aller debout ! C’est pas en restant comme ça que tu vas te racheter. Tu as promis de nous montrer, non ?

J’acquiesce doucement, le cœur un peu serré. Je me rend compte de la chance que j’ai de les avoir tous. Je suis tombé à la renverse quand la vague m’a traversé et Jun se penche pour me prendre la main et m’aider à me relever. Il me lance seulement un sourire doux sans rien dire avant de reculer. Et Aoi vient m’enlacer doucement, ses bras autour de ma taille. Je frémis avant de lui rendre son étreinte, enroulant les miens autour de ses épaules.

Je sens sa chaleur qui entoure mon ventre à travers mes vêtements. C’est tellement serein, tellement apaisant. J’enfouis ma tête dans son épaule en fermant les yeux.

-Je ne voulais pas te faire de mal.

Elle se décolle de moi et me sourit doucement avant de me donner un petit coup de poing joueur dans l’estomac. Je souris en coin.

-Je te protégerai toujours Aoi. Je te le promet.

Elle acquiesce et disparaît à son tour. Je ferme les yeux doucement, gardant leur chaleur tout au fond de moi. Je ne ressens plus qu’une immense gratitude qui m’emplit entièrement.

*****

Et j’ouvre les yeux.


##   Ven 15 Jan 2016 - 19:49

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Sa réponse me provoque un long frisson le long de l'échine. Je savais bien qu'il ne dénierait pas les responsabilités qui lui incombent mais l'entendre le dire, de cette manière, me tire un demi sourire doux. Eh bien, nous y voilà, hein... Il débouche la fiole, la boit.

À tout à l'heure, mon beau...

Son corps s'effondre sur le sol et j'accompagne son mouvement en le retenant d'un coussin d'air, très doucement pour ne pas lui faire mal, et je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'il y voit. Dans tous les cas, ce n'est pas le moment de nous déconcentrer. Comme lors du passage d'Akihiko, nous nous mettons en cercle et utilisons notre énergie pour canaliser la sienne, qui gonfle dans son corps, se distord un peu. Son visage se crispe par moments et, inquiète, je me mordille la lèvre. Mon cœur se serre plusieurs fois lorsque je vois la tristesse et la souffrance sur ses traits. Et qu'on vienne me dire que je lui en veux... Combien de temps pourrais-je agir de manière aussi stupide, au juste ?

Les minutes s'égrènent. Une quinzaine passe, tandis que ses pouvoirs continuent à bouillonner en lui. Son énergie se fait plus forte, d'un seul coup ; son visage s'apaise. Quelque chose brille en lui, quelque chose de fort, de serein à la fois ; c'est beau et doux, chaud et rassurant. Mes yeux me piquent mais je ne pipe mot, tente de reprendre mon sérieux pour ne pas adopter un visage troublé lorsqu'il se réveillera.

Puis il rouvre les yeux, se redresse. Je lui lance un sourire doux, les yeux brillants. Je ne te le dirai pas encore, mais je suis fière de toi, mon chéri... Tu brilles si fort, maintenant.

Chaque mouvement semble empreint de cette énergie gracieuse et mesurée qui nous définit, nous Masters. J'attends qu'il se remette debout.

— Bon retour parmi nous, je souffle doucement.

Un ange passe. Je n'oublie rien, mais je suis trop sous le choc pour réagir dans la seconde qui suit.

— Si tu nous montrais de quoi tu es capable maintenant, mon chéri ?

Sous l'impulsion de mon pouvoir, une chaise inutilisée (probablement la future sienne en fait, mais lui dites pas) vole dans sa direction, dans son dos, en visant la tête. C'est pas parce que je suis fière de lui et que j'ai failli pleurer que je suis plus en colère, hein !




(♥♥♥♥♥♥
Je t'aime je suis fière T^T ♥)



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##   Ven 15 Jan 2016 - 23:13

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Je papillonne doucement, tente de reprendre contact avec la réalité. Tout me semble étrangement plus vif, plus réel.  Le sourire que me lance Aoi est si semblable à celui qu'elle avait dans mon rêve. Je me relève lentement. Je n'ai pas l'impression d'avoir changé et pourtant... Je sens que je suis différent. Tout est plus fluide, plus maîtrisé. Je me sens en contrôle total.

Elle me souhaite bon retour et je frémis, encore un peu troublé. Je veux répondre mais le temps que je rassemble mes pensées elle reprend la parole. J'ai à peine le temps de réagir mais n'en ai au final pas tant besoin que ça. Je me suis juste tourné à moitié vers la chaise qui volait vers moi et elle s'est fracassé en miette en entrant en contact avec moi sans me toucher.

Je sursaute, un peu surpris par la réaction, et lève une main devant mes yeux pour l'observer. Le reflet est à peine perceptible mais je la vois dans la pénombre. Ma Greffe. La protection du dragon.

-Je pense que ça répond à ta question Princesse.

Je fais une moue surprise. Ma voix aussi est différente. Alors c'est ça... Etre un vrai Master. Je ne pensais pas que ce serait aussi intense au final. Mais je suis agréablement surpris quelque part. Je ressens encore cette chaleur en moi et je sais qu'elle ne me quittera plus.

-Merci pour tout. Je suis heureux d'avoir pu en arriver jusqu'ici.

Je m'incline doucement devant elle. Pas une marque de respect que j'emploie souvent au final. Mais ce soir c'est la soirée des première fois en quelque sorte.


##   Sam 16 Jan 2016 - 13:22

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La chaise éclate violemment contre un mur d'énergie pur, qui retrace les contours du corps d'Huo, sans pour autant le toucher. Mon nez se plisse légèrement. Une Greffe de... protection ? Je frissonne un peu. Je crois que je ne pourrai plus me moquer de lui en le traitant de faiblard, maintenant, c'est presque triste. Et en même temps, à le voir comme ça... Le dos droit, les yeux bien ancrés dans les miens... Il n'y a pas d'hésitation, juste une constatation surprise. C'est tellement perturbant, et en même temps, je me sens tellement plus légère de le voir ainsi.

Il parle, et sa voix s'élève dans la pièce, pure et cristalline. J'ai un moment d'arrêt. Il m'a appelée Princesse avec cette voix. Il m'a vraiment appelée Princesse avec cette voix. Devant tout le monde. Il veut sincèrement que je lui envoie une deuxième chaise en pleine tête ? Aha... Bon sang, je ne vais même plus pouvoir le martyriser. Si on se reparle un jour. Ahah. Pourquoi je suis pas crédible quand je dis ça...

Je m'empourpre un peu, étire un sourire amusé lorsqu'il s'incline. Tss. Trop parfait, le petit Huo, maintenant...

— Il n'y a personne à remercier. C'est grâce à toi, et toi seul, que tu es ici.

Un temps passe, léger. Je cherche le regard d'Hideko, pour m'assurer que tout est fait dans les règles.

— Maintenant... Tu pourras prendre ton temps pour déménager tes affaires de ta chambre au logement qu'on te proposera, au village.

Je tire un peu sur la manche de mon vêtement.

— Si tu n'as rien à ajouter et que tu n'as plus de question à poser, tu peux aller te reposer.

Bienvenue parmi les Masters, Huo. Bienvenue parmi nous.



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##   Dim 17 Jan 2016 - 15:08

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Elle rougit. Je retiens un sourire amusé à sa réaction. Je n'aurais peut-être pas dû devant les autres. C'était un peu inapproprié mais bon... Si je dois devenir Master de toute façon autant qu'ils s'y habituent tout de suite. Les conventions sociales ça a jamais été trop mon truc. J'esquisse un sourire en coin.

-Je suppose que je peux être fier de moi alors.

Ce n'est pas vraiment prétentieux si c'est elle qui le dit après tout. J'acquiesce doucement. Un logement. Ca va me faire bizarre après tout ce temps passé dans les couloirs des Feux. Mais en même temps je crois que ça me fera du bien aussi, d'avoir un appart pour moi. Oui parce que bon je me connais. Une maison c'est pas la peine d'y penser j'y arriverai pas. C'est trop grand je la trouverai vide je crois.

-Non je crois que ça ira...

Si j'ai d'autres questions ce ne sera pas dans l'immédiat. Et puis au pire les autres ne vont pas disparaître. Pour le moment j'ai envie de rentrer dormir. Je me sens encore fatigué même si j'ai pu me reposer à l'hôpital depuis. Et demain... Demain je crois que je prendrais la pleine mesure que ce que j'ai fait. Je me recule un peu vers la porte et me retourne au moment de sortir avec un sourire amusé.

- A demain.

Je referme la porte derrière moi en sortant. J'ai envie de sauter de joie mais me contiens un peu. Je me sens vivre.


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Huo, tu brilleras si fort que le soleil en pâlira.

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