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Une rivière, ce n'est pas un tronc. || Mekaro ♥
##   Sam 14 Mai 2016 - 21:29

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C'est rigolo, mais j'ai l'impression d'être déjà passé par là... C'est une impression ? Non ? Oui ? Je sais pas, honnêtement. J'me doutais que ce serait pas de la tarte de trouver un mec paumé au beau milieu de la forêt amazonienne, mais alors de là à me dire que j'allais passer des heures à tourner en rond, franchement, je vois pas.

Ok. Je suis SUPER calme. Nan mais c'est vrai, je vous promets, je suis ultra calme, je respire la zenitude par tous les pores de ma peau. Enfin, je pourrais plutôt dire que mes pores ne respirent pas grand-chose vu que j'suis en trans totale, mais c'est pas grave. Vous avez déjà vu une cocotte-minute ? Une tomate bien mûre ? Maintenant, imaginez un glaçon dans le sahara. Sauf que ce sahara-là, il n'a pas de sable, il a juste de la terre, des arbres et des putains de lianes tueuses sur tout le chemin.

Et les moustiques. Putain, je vais choper un virus de merde, moi, je vous jure ! Cash je me fais dépister quand je rentre à la maison, c'est pas POSSIBLE de vivre dans un tel TROU. J'ai même pas de réseau. PAS DE RÉSEAU. ENCORE. NON MAIS C'EST VRAI, QUOI, ILS POURRAIENT PAS INSTALLER DES SATELLITES QUI FONCTIONNENT A TRAVERS CES CONNARDS D'ARBRES ???

Putain.

Je suis rouge, rouge, rouge. L'écarlatitude. Il fait trop chaud putain. J'ai l'impression que mon mollet a été bouffé par les insectes, ça démange, mais un truc de fou. Au moins, j'suis sûr qu'elle est toujours là, cela dit ! Nan parce que le moindre bruissement de feuilles me fait trembler au mieux de peur, au pire de dégoût. En plus, y a pas dix minutes, je me suis pris le pied dans une racine et j'ai fait un rouler-bouler de trois mètres. Ma chemise est foutue, FOUTUE OK ? Elle était blanche avant, ben, maintenant, elle est pleine de terre. Heureusement que j'ai un chapeau pour me protéger des coups de soleil. Déjà que j'ai les cheveux plaqués sur la nuque à cause de la transpiration, j'vous jure que j'aurais pas kiffé faire une insolation, si déjà j'suis le mec le moins sex du monde, là. Puis bon, vous savez quoi ? Je pue. J'dois avoir des auréoles de dix kilomètres sous les bras. J'EN AI MARRE. JE VEUX RENTRER. LA FORÊT, J'AIME PAS CA.

Ce que je fous dans ce trou paumé ? Ahah. Retrouver un élève, pardi. Un élève qu'on a dû stalker via la voyance de Tomoe parce qu'on avait rien pour le surveiller. Non parce que vous savez, les tribus Megentruké, là, elles ont pas trop d'accès à internet, hein, au cas où vous vous poseriez cette question DEBILE.

Voilà. Donc je suis là depuis 3h, et je suis content d'avoir un cristal de téléportation dans ma poche. J'aimerais bien rentrer, mais on va encore me reprocher de pas faire mon taf - alors que je le fais très bien mon taf, bordel, j'me bats pour mes élèves etout !

Nan mais PUTAIN POURQUOIIII. Oui, avec un point. Parce que je veux pas qu'on réponde à cette question. On doit me punir, pas moyen.

Manches retroussées, j'écarte un peu de verdure (lol, y a que ça ici en même temps, avec les serpents et les animaux bizarres. j'ai cru voir une araignée gigantesque tout à l'heure. j'attends le moment de tomber sur un putain de jaguar pour hurler à la mort.) avec l'espoir de tomber sur autre chose qu'un tronc d'arbre. OMG.

Une rivière. Non mais, une rivière, les gars, c'est pas un tronc, ok. Je pleure presque, les mecs. Nan vraiment. Bon, c'est pas à cause de la rivière, c'est à cause du mec qui trempe dedans, là, mais voilà. Je pleure dans ma tête.

J'AI TROUVE UN HUMAIN. J'AI TROUVE UN VRAI HUMAIN…tout nu…

Je regarde ses ballotantes avec circonspection avant de lever les yeux vers lui. J'comprends pourquoi Tomoe bafouillait quand elle parlait de lui, putain. Il est super bien foutu ce mec. Putain, il va p'tetre pouvoir m'aider à trouver mon Mekoro !! ET ADIEU ENDROIT NON CIVILISE !! JE NE T'AIMAIS POIIINT !!

Mon visage rouge par la chaleur et tout luisant de sueur se fend d'un immense sourire quand je le vois. Je saute de joie, manque de glisser sur la parcelle de terre sur laquelle je me trouve et avance précautionneusement vers lui. J'suis déshydraté, ma bouche veut plus parler, ok.

— Héééé, salut mec ! J'veux paaas te déranger pendant ta baignade, promis, je mate pas, j'suis pas pédé… (lol) J'm'appelle Aaron ! Euh... Toi savoir parler ? Toi parler ma langue ? Moi besoin village ! Moi besoin trouver Mekoro ! Euh... merde non c'est pas son nom...

Putain, c'est hyper raciste c'que tu fais Aaron, sérieux !! Mais bon, y a plus important là et j'suis excédé : le nom de ce mec. Je sors mon téléphone de ma poche, où y a marqué les infos qu'on connaît à son propos.

— Euh, Mekaro Kre ? C'est un Mebengo..kré ? Putain mais comment ça se prononce ?

J'ai envie de balancer mon portable, je m'énerve tout seul là. J'lève les yeux vers le mec et constate que la peau de mes bras habituellement blanche comme mon cul est rouge écarlate. Putain, le coup de soleil, quoi. J'vais encore me faire appeler l'écrevisse pendant deux semaines.

— Bref, moi devoir trouver lui, moi pressé, tu vois ? Because que moi bouffé par insectes et soleil et moi vouloir rentrer maison now. Genre vite ?

Pitié, dites-moi qu'il me comprend, je vais mourir sinon. (et qu'il mette un slip putain, ou un pagne ; ils connaissent pas les pagnes les indiens ??? Non mais sérieux, comment vous voulez que je me concentre sur autre chose que son cul ??? même Gae est pas aussi bien monté c'est d'une injustice)



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##   Dim 15 Mai 2016 - 14:27

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La rivière était si claire autrefois... L'on voyait les galets qui parsemaient le fond et les poissons nageaient gaiement... Aujourd'hui, l'eau est aussi trouble que l'âme de Mekaro. Les meprires ne l'ont même pas accompagné cette fois... On a peur de se tremper dans cette eau sale, souillée en amont... Pourtant, Mekaro continuait d'espérer, il continuait à croire que des poissons courageux arrivaient encore à respirer, à venir jusqu'ici... Mais la tige de timbo n'avait même pas à faire son effet... Des corps de poissons morts flottaient ça et là. Il n'osait même pas les toucher... Il pousse un soupir et lève la tête vers la cime des arbres de la jungle. Il entend le bruissements des feuilles, le cri des animaux, le souffle rauque d'un homme... Le souffle d'un homme ? Mekaro se redresse et regarde dans la direction d'où vient le son inhabituel. :

-Qui ?

Un kube, plus si blanc que ça, apparaît soudain, ayant écarté de larges pans de végétation. Son visage s'éclaire quand il voit la rivière avant d'inspecter Mekaro de haut en bas... Encore ce regard. Mek ferme ses paupières mais ne s'offusque pas plus que ça... Après tout, les étrangers, de son point de vue, avaient l'étrange habitude de se couvrir de tissus. Néanmoins, il ne bouge pas et ne dit rien, une statue les pieds dans l'eau.

L'étranger manque de tomber en venant à lui... Il ne comprend rien de ce qu'il raconte, sinon les quelques mots qu'il tente de prononcer dans sa langue. Ça le fait sourire. Pas que ce soit drôle, mais il trouve ça touchant... Comme lorsqu'un meprire tente de prononcer ses premiers mots. Puis il sort un objet bizarre de sa poche... C'est lumineux et il y a des symboles dessus... Ah oui ! Son chef en avait parlé, les autres cultures apprennent à "écrire" leur langage. Une pratique assez répandue apparemment, puisqu'on ne se fiait plus vraiment à l'apprentissage oral en dehors de quelques tribus, même au sein des kayapos. Bref, c'est à ce moment que Mekaro reconnaît son nom.

Il penche la tête sur le côté et lui offre un sourire. Le pauvre kube avait du longtemps marcher dans la jungle pour être aussi coloré et essoufflé... et tout ça pour le trouver lui, il se demande bien ce pourquoi il méritait de faire autant d'efforts mais le pauvre étranger avait du en souffrir... Il posa alors sa main sur son torse et le tapa trois fois. :

-Mekaro Kre.

Il ne connaissait aucune autre langue que la sienne, mais il espérait s'être fait comprendre pour rassurer le kube roussi par la moiteur de la jungle et les éclats du soleil. Il sortit de l'eau de la rivière pour s'approcher d'un seau, posé au bord, avec de l'eau de pluie à l'intérieur... Il y plongea ses mains et s'approcha de l'étranger pour les poser délicatement sur ses joues en feu et ses bras découverts... Puis il prit une large feuille non loin d'eux et s'éventa pour lui montrer comment faire. :

-Comme ça. Rester frais.

Puis il lui prit la main pour mettre la feuille dans sa main. C'est à ce moment qu'il se rendit compte que la barrière de la langue risquait de devenir un sérieux problème... Si le kube rouge était là pour lui, il ne comprendrait rien de ce qu'il avait à lui dire. Une seule solution... Espérer que le chef ait appris la même langue que l'étranger. Il fit la moue et d'un signe de la main, l'encouragea à le suivre... Il fit l'effort de prendre un chemin facile, longeant la rivière puis un passage souvent repris par les membres de la tribu... Sur le chemin, bien qu'il ne sache pas si le kube le comprenait, il expliqua. :

-Le chef parle d'autres langues. Il me dira les mots que tu veux me dire, je ne te comprends pas petit kube rouge. Il sourit. Ma mère te donnera eau et pommade aussi. Le soleil attaque la peau comme les esprits dévorent les imprudents.

Ils arrivent assez rapidement au village ; il est construit de façon circulaire, les cahutes placés autour du centre du village où la place réunit les femmes au travail ainsi que le chef et le chaman qui parlent politique... Beaucoup d'hommes aident les femmes dans les champs, de l'autre côté des maisonnées, puisque c'est la saison de la récolte... Un petit frère de Mek se jette sur lui et il le soulève dans ses bras. Les éclats de rire du petit s'estompent en voyant le kube aussi rouge que les plumes de certains oiseaux de la jungle... puis il rit de nouveau. Mekaro le repose et secoue ses cheveux dans tous les sens, l'index levé comme pour lui dire de ne pas se moquer... Puis il s'approche du chef, à côté de qui il s'assoit en tailleur. :

-Chef Wanù, l'étranger est venu pour moi je crois mais je ne comprends pas ses mots.

Le vieil homme humble hocha simplement la tête et fit signe à l'étranger de s’asseoir. :

-Parles-tu anglais ?

A peine fut-il installé qu'une nuée d'enfants les entourèrent... Quand ils entendaient des mots dans d'autres langues, ils se montraient très curieux. La mère de Mekaro apporta un bol d'eau au kube et sortit un pot contenant un onguent fait de racines sombres qui sentait la vanille... Le chef pointa du doigt les bras rougis de l'étranger. :

-Elle calme les brûlures et soigne la peau. Que nous vaut l'honneur de ta visite étranger ?

Mekaro suivait de très près la conversation bien qu'il n'y comprenne rien... Une petite fille arriva à s'installer sur ses jambes sans qu'il ne s'en rende compte. Il lui fit signe d'être sage et revint à l'échange qui s'opérait devant ses yeux sombres.


##   Dim 15 Mai 2016 - 17:22

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Ah ouais. Nan mais le mec, il se fout de ma gueule, là. Genre il me mate en mode teubé et il bouge pas. J'me sens trop mal à l'aise, les mecs. C'est vraiment un choc des cultures, je vous dis pas le regard qu'il a eu sur mon portable. J'espère que ça le fera pas flipper. Non parce que c'est vrai, faut que j'me mette à sa place deux minutes ; je peux pas lui tendre directement une puce traductrice, je sais pas du tout comment il pourra interpréter ça. Ahhh... Ok. Ok. Ca iraaa. Zenitude et papillons. J'ai mal à la tête.

Il sourit quand je parle et franchement ça la fout mal. Mais il semble reconnaître un mot dans ce que je dis, et j'ouvre grand la bouche - ouais, mâchoire ballante, comme sa teub (sortez moi cette image de la tête pitié) - sans qu'un mot n'en sorte. Surprise. Soulagement. J'acquiesce quand il me fait comprendre que c'est lui. Souris un peu, parce que je suis putain de content, là. Ce sera beaucoup moins compliqué à partir de maintenant, je pourrais chialer de bonheur les mecs. Je reprends son geste pour me présenter alors qu'il s'avance vers moi.

— Aaron, j'articule correctement.

Mekaro s'approche d'un seau et je le regarde faire sans comprendre, les yeux un peu dans le vague. Je sursaute quand ses mains trempées et froides arrivent sur mes joues, puis mes bras. La feuille dans ma main. Je la regarde un instant, sans comprendre, puis lève les yeux vers lui en voyant s'éventer. (Réflexion 1 : il est putain de gigantesque, je bug trois secondes en captant qu'il doit faire trente centimètres de plus que moi.) Acquiescement ; je reproduis le geste en hochant la tête, une main sur le coeur. Bon, c'est sommaire comme signification, mais ça me semble assez clair pour accompagner mon "merci".

Puis il… ok. IL SE CASSE. IL VA ME LAISSER L-- Ok, non, zen, il me demande juste de le suivre. Je me hâte de trottiner à sa suite, les clés dans la poche de mon pantacourt cliquetant légèrement dans le processus.

— Hé, attends ! Marche pas si vite, j'ai des p'tites jambes moi !! On va où ?

C'est le moment où j'suis content de constater qu'il me comprend pas, en fait. Par contre. PAR CONTRE. "Petit kube rouge" ? PETIT KUBE ROUGE ? Je le prends SUPER mal, là, ok !! Je veux bien que mes bras soient morts et mon visage écarlate parce que j'arrive pas à réguler ma température, mais est-ce que tu es obligé en plus de me rappeler que je suis putain de minuscule ???

Perturbé, je le regarde sans rien ajouter d'abord. Il ne me comprend pas, donc, inutile de parler. J'acquiesce simplement en touchant mon oreille, histoire qu'il comprenne que j'avais compris ce qu'il m'avait dit. On discutera avec son chef, en espérant qu'il parle anglais. Parce que s'il parle portugais, comptez pas sur moi, je repars cash.

Essoufflé - malgré tout, l'humidité sur mes joues et mes bras m'ont fait du bien - je le suis tant bien que mal. On voit l'aisance qu'il a à se déplacer ici... Forcément, j'ai envie de dire. C'est assez intimidant. Et bien plus encore quand j'arrive dans son village. Je détaille l'endroit, un peu émerveillé de me retrouver dans un tel endroit. C'est dingue, c'est vraiment… différent. Très apaisant, aussi, en quelques sortes. Je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être parce que ce n'est pas le tumulte sensoriel des grandes villes, ou même des villages dans des endroits moins en retrait.

Les gens me regardent bizarrement, ils ne sont pas haineux mais curieux, et un petit rit en voyant mon visage bouffi. Je tente un sourire maladroit en levant la main dans un signe de salut encore plus confus. Je reste un peu à l'écart en l'observant parler avec un vieil homme, assis en tailleur. Il m'invite à m'asseoir et je m'installe en essayant de ne pas paraître trop lourdeau. Je veux parler, soulagé de constater qu'il parle anglais, mais je suis perturbé soudain par l'attroupement de tous ces enfants aux alentours. Je leur jette un regard curieux, puis leur souris encore, avec maladresse, me retourne lorsqu'une belle femme m'apporte un bol. Mâchoire ballante bis. Puis je la referme et incline légèrement la tête vers l'avant, vers la femme tout d'abord, puis vers le vieil homme.

— Je vous remercie énormément. Je parle anglais, oui. Mon nom est Aaron. Aaron Williams.

Doucement, je pose le bol devant moi et bois une gorgée d'eau. Un soupir. Ma pauvre gooorge. Les soins attendront, hein. Il faut d'abord que je voie comment je vais leur annoncer pour Terrae et tout le tatouin... Je pense vraiment pas que ce mec va nous suivre, mais il faut tenter. Je sens le vide en lui pulser, son appel qui s'est fait plus fort depuis que nous nous sommes approchés.

— Je viens de très loin pour parler à Mekaro Kre. Excusez-moi si je suis maladroit, je ne sais pas vraiment comment vous expliquer tout ça. Il y a un certain temps, nous avons ressenti un appel venant de lui. C'est quelque chose qui nous a attiré ici, et qui m'a guidé dans cette forêt. Je n'aurais pas été en mesure de le trouver autrement.

Très calme, très mesuré, Aaron. Sois mesuré. Sérieux.

— L'endroit d'où je viens est spécial, et il est connecté à des personnes qui sont elles aussi spéciales. Elles ont une sorte de potentiel en elles. Des questions qu'elles se posent et auxquelles nous pouvons apporter des réponses. Mekaro Kre en fait partie, lui aussi, tout comme j'en ai fait partie autrefois.

Je me tourne vers Mekaro avec un sourire, puis reporte mon attention sur le chef du village - ou du clan, ou de je-ne-sais-quoi.

— J'ai un appareil qui me permet de comprendre votre langue, vous n'êtes pas obligés de me retraduire ce qu'il dira, je fais en retirant ma petite oreillette pour la leur montrer, puis la remettre.

Un instant passe. C'est difficile, comment je suis censé discuter avec lui avec toute sa famille autour ?

— S'il veut que nous discutions seul à seul de la raison exacte de ma visite, je peux lui en donner une qui lui permettra de me comprendre. Sinon, je respecterai sa décision de m'en référer à vous.

Situation merdique. Je me sens grave observé.



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##   Dim 15 Mai 2016 - 18:47

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Le petit kube semble comprendre qu'il est tombé sur la bonne personne... Il est bien chanceux car la jungle est grande. Mekaro le regarde faire le même geste pour se présenter, et à son nom, il hausse un sourcil. ...Ã ron ? ..."Il est lumière" ? Dans sa langue, ce nom avait peut-être une autre signification. C'était sans doute le cas d'ailleurs : quel homme porterait un nom pareil s'il rougit sous le feu de l'astre suprême ? A moins qu'il n'ait des parents pleins d'espoirs et un chaman pas trop regardant. Ou peut-être donnait-on les prénoms d'une manière différente ailleurs, qu'en savait-il ?... Dans tous les cas, il fallait éviter de perdre "Lumière" sur le chemin, lui donner un coup de main pour s'éventer et aller au village directement... C'était aussi un devoir que de présenter un invité à Wanù.

Au village, sa mère l'accueille comme il se doit et bien que les enfants se montrent curieux, Mek se sent léger... L'étranger n'est pas à l'aise certes, mais il a quelque chose en plus qui touche le jeune kayapo ; il est loin de se comporter comme les autres ayant visité le village. Il sourit et salue de manière maladroite, il semble intimidé mais aussi bien plus sensible, ouvert à ce qu'il y a devant lui, des hommes, des femmes et des enfants. Mek joue avec les cheveux de la petite sur ses genoux pendant que le chef écoute attentivement le petit kube rouge, bien content d'avoir eu un peu d'eau. Il ne comprend rien mais il entend parfois son nom. Il ne tressaille pas, il ne s'impatiente pas, il jette un œil à l'outil étrange que Lumière sort de son oreille, mais il attend. Même lorsque le chef prend une pause et une longue inspiration avant de faire la traduction pour lui. :

-Aaron Williams vient de très loin car tu l'aurais appelé Mekaro. Tu as apparemment des questions dans ton cœur qui ont amené les esprits à le chercher lui pour qu'il vienne à toi... Il vient d'un lieu qui répondront à tes questions car tu es spécial.

Mekaro bat plusieurs fois des paupières... Les esprits seraient sortis de la jungle... pour lui ? Parce qu'il avait peur pour elle ?... Et il était spécial ? Il ouvrit la bouche mais le chef l'interrompt. :

-Parle à Aaron. Il te comprend grâce à son instrument d'oreille. Et que si tu veux discuter avec lui, il peut t'en donner un. Je pense qu'il souhaite te parler de bien plus de choses qu'il n'y paraît. ajouta-t-il en jetant un regard malicieux à l'étranger.

Il voit sa mère se tendre du coin de l’œil et le chaman avoir l'air perplexe. Les yeux de la tribu voyagent entre Aaron et Mekaro mais ce dernier reste calme. :

-Lumière... enfin... Aaron, ce village est le mien, ce village c'est moi. J'ai confiance en Wanù notre chef.

...et beaucoup moins confiance en cet outil qui rentre dans l'oreille. Le chef d'ailleurs l'arrête un instant pour l'aider à prononcer correctement le nom du petit kube rouge, grande marque de politesse, avant de le laisser reprendre. :

-Tu es grand dans ton âme Aaron, pour être venu, mais personne ne peut répondre à mes questions. Il y a des kubes bien plus dangereux que tous les esprits malins de la jungle qui la détruise... et qui nous détruisent. Ce n'est pas de réponses que mon cœur a besoin, c'est une solution. Et quand à la véritable raison de ta venue...

D'un mouvement de bras, il souleva facilement la fillette qui jusque là était encore sur lui. Mek tapa deux fois dans ses mains attirant d'un seul coup tous les yeux des enfants. Sa mère gloussa légèrement au mouvement synchrone des petites têtes. :

-Meprires ! Les cueilleurs doivent avoir soif dans les champs. C'est votre devoir d'aller leur porter de l'eau !

La nuée de gosses disparut soudain, comme s'il avait prononcé une formule magique... Les enfants de la tribu ne manquaient jamais une occasion de se montrer utile, pour gagner leur nom ou simplement pour faire plaisir au mangeur d'esprit. Puis seulement, la mère de Mekaro se leva. :

-Je vous laisse entres hommes, c'est une grande discussion il me semble.

-Merci mère.

Elle caressa le haut du crâne de l'étranger. Une manière polie de dire "au revoir". Mekaro la regarda s'éloigner avant de revenir à lui. :

-Mieux ? Maintenant, sois honnête. Les esprits écoutent.

-Les esprits écoutent. reprit le chef Wanù.

Et comme pour attester du soudain sérieux de cette petite réunion, le chaman commença à prononcer plusieurs formules, chantonnant des prières et des mots de bienvenus,... tout ce qui dans cette situation semblait vitale ; le bonheur du village, celui de l'invité, l'équilibre des forces de la nature et les grandes décisions qui risquaient d'être prise au cours de cet échange.


##   Mer 18 Mai 2016 - 15:01

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Ce doit être ma rencontre avec un (peut-être ?) futur novice la plus étrange au monde. J'essaie de garder contenance mais m'évente de temps en temps quand je sens des bouffées de chaleur me monter à la tête. C'est clair que ça ne doit pas paraître très poli, mais au fond, je suis certain qu'ils comprennent que tout le monde n'est pas habitué à la chaleur tropicale de cet endroit. La moiteur rend d'ailleurs la chose d'autant plus difficile à supporter qu'elle enraye mes poumons déjà malmenés par la clope.

Sans rien dire, je laisse le chef traduire ce que je souhaite dire à Mekaro. Les esprits... C'est vrai qu'ils ont cette culture très centrée sur les esprits et la forêt ; je ne sais pas bien s'ils sont des protecteurs ou des esprits frappeurs, mais dans tous les cas, il ne faut pas que j'oublie cette spiritualité.

Le vieil homme me lance un regard en coin, malicieux, et je souris en coin à mon tour, sans mauvaises intentions. Perspicace, le bonhomme. En attendant, je me sens de plus en plus observé, autant par la mère de mon protégé que par les autres membres du village. Un homme, en retrait, semble lui aussi perplexe. Je me contente d'acquiescer lorsque Mekaro me fait comprendre que je devrai parler devant le reste de la tribu… ce qui, il faut bien le dire, me met clairement mal à l'aise. D'autant que je comprends pas bien pourquoi il m'appelle Lumière, mais bon… Observation du chef qui le reprend sur mon prénom. Je m'apprête à lui dire que ce n'est pas si grave quand Mekaro reprend, et je me tiens tranquille. Je gigote un peu, mal à l'aise dans cette position inconfortable et où je suis au centre de l'attention, comme un nouveau venu indésirable. Bien qu'il ne me fasse pas tellement sentir comme tel, ils sont courtois et charmants ; bien plus que certaines personnes à qui j'ai déjà pu avoir à faire.

Reprise. Besoin d'une solution, hein… Il y a un moment d'arrêt pendant lequel il s'adresse à sa tribu, aux enfants spécialement, qui se dispersent. J'ai un sourire ; tellement de charisme dans ce mec, sérieux. C'est la stature alliée à son calme tempéré qui agit, je crois bien... Il a l'air d'être quelqu'un qu'on a envie de suivre. Je le détaille en inclinant légèrement la tête, avant de me reprendre. La fatigue me rend dissipé, et je frotte mon oeil à demi aveugle pour me redonner contenance. Pendant ce temps, j'entends Mekaro échanger avec sa mère, que je ne voulais pourtant pas chasser. Nous laisser entre hommes... Je suis tenté de la retenir, de lui dire qu'une mère a le droit de savoir pour son fils, plus que les autres hommes aux alentours, mais je me retiens. C'est différent ici, sûrement. Tout est différent, même cette caresse légère sur le sommet chaud de mon crâne. Je lève les yeux vers elle, surpris. Souris et incline légèrement la tête, poli.

Je me retiens de déglutir. Derrière, l'homme se met à chanter des paroles que je n'entends pas de là où je suis. Se remettre droit. Je reprends, vers Mekaro cette fois :

— Rien dans ce que je t'ai dit n'est faux. La raison pour laquelle je préférais vous en parler en petit comité est que cela impliquerait de partir de ton village. Je ne voulais pas effrayer les enfants ou les attrister.

Une pause, avant de me rendre compte que c'est au chef Wanù qu'il faudrait que je m'adresse. Mes oreilles rougissent mais mon visage reste calme alors que je lui lance un regard reconnaissant et empli d'excuses. Mais c'est à Mekaro que tous ces mots s'adressent, et ils n'auraient pas l'air aussi sincères si je les passaient à quelqu'un d'autre. La sincérité réside dans la simplicité ; un visage dépouillé et naturel, que ne viennent pas entraver des subterfuges destinés à le convaincre.

— La solution que ton cœur recherche réside dans ce que nous pouvons t'offrir. Il ne s'agit pas de biens matériels, ni d'argent, ni d'un rang, ou quoi que ce soit de tel. Il s'agit plutôt de quelque chose qui est interne à toi, qui t'appartiendra et que tu pourras utiliser comme tu le souhaites.

Bon, moment délicat. Je laisse à chaque fois un peu de temps au chef pour la traduction, comme si je sentais que chaque mot prononcés avaient leur importance.

— Ce que je vais te montrer ne peut naître qu'à l'endroit où je t'emmènerais si tu acceptais, et ce ne serait bien sûr pas définitif, tu pourras retourner dans ton village lorsque nous saurons que tu es prêt. Il s'apprend, se contrôle et se dirige ; c'est ton cœur qui saura quand et comment l'utiliser, et j'espère que tu auras conscience que faire le mal avec ces dons serait bien pire que faire le mal de tes mains d'homme.

Un sourire, adressé à Mekaro comme au chef.

— Je ressens de l'honnêteté et de la force dans ton cœur, malgré tout je ressens du trouble. Tu dis que mon âme est grande, mais elle l'est probablement bien moins que la tienne. Je pense que nous n'avons pas tort de te faire confiance. N'oublie simplement pas que tu es un homme et que les hommes ne peuvent pas décider de tout. Nous ne sommes ni des dieux, ni des esprits, et quand bien même nous possédons cette force, elle ne doit pas être utilisée pour causer du tort aux autres. Cependant elle pourra vous protéger, vous et votre forêt, des personnes qui vous veulent du mal.

Est-ce que le concept de dieu leur est connu ? Je me demande...

Puis, honnêtement, je ne sais pas pourquoi je le mets tant en garde. Peut-être parce que je ne dévoile habituellement pas ce passage avant que les novices aient accepté ? Par peur que ce ne soit que par cupidité qu'ils acceptent de nous suivre ? Je me sens bête de le rappeler à quelqu'un de si simple dans son mode de vie ; mais quelque part, j'ai peur que la fureur, si elle vient un jour, ne l'amène à faire plus de mal qu'il ne l'aurait souhaité.

— Je vais vous montrer. Ça ne vous fera pas de mal, n'ayez pas peur.

Moment très tendu. Une inspiration alors que je surveille le tourbillon de leurs émotions très étroitement. Je tends mes mains devant moi, posées sur mes cuisses, paumes vers le ciel, et laisse apparaître quelques filaments d'électricité. Ils se tordent, se rejoignent et forment de légères billes lumineuses qui flottent au dessus de mes mains. Le visage illuminé par leur lueur, je relève les yeux vers mes hôtes.

— Nous sommes reliés à la nature ; de par mon caractère, je suis relié à la foudre. Je contrôle cet élément, mais je peux aussi lire ce que votre cœur ne dit pas. Je sais que tu es perdu, mais nous pouvons vraiment t'aider à trouver un moyen de combler ce vide en toi, et à trouver une solution pour en éloigner la cause, conclus-je, avant de faire une pause puis reprendre sur le même ton que je souhaite doux mais sincère. Si vous avez des questions, vous pouvez me les poser et j'y répondrai. Je n'ai rien à vous cacher. De même, si tu souhaites refuser, je disparaîtrai et vous ne me verrez plus jamais.

Les lumières s'éteignent. Maintenant, c'est l'attente. Le moment de vérité.



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##   Mer 18 Mai 2016 - 20:34

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Le chef Wanù traduit presque mot à mot, c'est difficile étant donné qu'ils changent de signification d'une langue à l'autre. Pourtant, Mek sent que le chef ne fait pas beaucoup d'efforts de traduction ; il prend son temps, ça fait parti de son caractère mais l'étranger semble adapter ses paroles pour eux. Ça le touche. Pas beaucoup de kubes font l'effort de se faire comprendre dès qu'ils savent qu'ils peuvent parler anglais. De plus, il le regarde dans les yeux, lui, pas le chef. Il lui parle à lui. Il sourit au regard qu'échange Aaron avec Wanù quand ce dernier l'encourage bel et bien à regarder Mek plutôt que lui.

Quitter le village ne lui avait jamais frôlé l'esprit... Il était né ici, il vit ici et il allait mourir ici. La jungle était sa maison et la terre sous ses pieds, sa mère et sa tombe. Partir... Il savait que des kayapos avaient voyagé à travers le monde pour faire entendre leur cause, avec plus ou moins de succès... Il se voyait mal en tant que porte-parole de son peuple. ...Il n'était qu'un guerrier chasseur, pas un chef ou un chaman. il passait son temps libre avec les meprires et c'était tout ce qui comptait... L'idée de les quitter, et ce même pour le temps que le soleil disparaisse et revienne au-dessus de leur tête, lui fendit le cœur. Penser qu'en regardant le ciel, il ne verrait peut-être pas le même ciel que sa tribu puisque lui a-t-on dit, la terre est ronde, les heures changent, le temps n'a pas de sens d'un endroit à l'autre...

Si, comme le dit Lumière, il le rejoint pour résoudre son problème, le problème de son cœur  ayant tout de même résonné au-delà de la jungle, au-delà des frontières, au-delà des langues et donc, presque au-delà des hommes, n'en créerait-il pas un autre en partant de sa maison, de sa famille ?... Mekaro se plie en soupirant un peu. Il réfléchit, son visage appuyé sur ses poings, un statue de roche.

Il se concentre sur ce qui est dit et sur ce qui est montré. Les mouvements du petit kube rouge, sa respiration haletante parfois, la façon dont il s'évente. Il le met en garde et le rassure. Mais principalement, il le prévient, il lui rappelle... Il n'est qu'un homme. Il hausse un sourcil. C'est un principe qu'on lui a inculqué depuis son rituel d’appellation, et même bien avant cela : les esprits sont la force, les hommes sont les mains. Un homme peut tenir les esprits dans sa main pour s'en servir comme d'outils, mais il doit se rappeler à jamais que ce n'est pas lui qui possède la véritable puissance... Qu'un kube qui rougit pour un peu de soleil lui dise ça avait quelque chose de drôle, mais aussi et surtout d'inquiétant.

Wanù passe un instant à lui expliquer ce qu'est un Dieu ; un être suprême, plus puissant que n'importe qui, plus puissant que les esprits dans les autres croyances et qui n'existe qu'à travers la foi de ses croyants... Mek hausse un sourcil, le chef les épaules et le chaman crache par terre... C'est... bizarre. Un Dieu qui n'existe pas vraiment et qui serait tout puissant comparé à des esprits que l'on peut voir, dont on constate l'existence au quotidien... Comme les kubes avaient des mœurs étranges... Il y a de quoi s'inquiéter un peu plus, de s'imaginer que les étrangers puissent se comparer à un être pareil. Il jette à Lumière un regard suspicieux mais reprend sa position de réflexion... Il ne parlerait pas tant que l'étranger n'irait pas au bout des choses, et c'était étonnamment long.

Et puis Lumière leur montre.

Lumière crépite comme le ciel qui se déchire quand les esprits sont en colère... Wanù lâche un juron alors que le chaman recule, même Mekaro qui, n'avait pas aussi peur des esprits que le reste du village, recula un peu sous le choc. Des esprits dans ses mains ! Lumière a des esprits qui dansent au-dessus de ses mains !!! Wanù se reprend et traduit ce qu'il arrive à percevoir au travers des jets de lumières, de la tempête miniature. Aaron était lié aux esprits, à la nature, il ne faisait qu'un avec, bien plus qu'aucun membre kayapo. Il lui offre de répondre à ses questions, ce vide au fond de lui serait comblé par les esprits... Et soudain son nom faisait sens... Il était destiné à manger les esprits. Un peu de dégoût et d'incompréhension totale le submerge. Pourquoi lui ? Et puis soudain l'idée d'être complet surpassa tout. Elle déferla sur ses doutes, la peur d'être éloigné des siens... Lumière portait son nom, Lumière avait la solution, Lumière était la lumière.

Et puis les petits esprits d'Aaron se turent. On entendait plus que le bruit de la jungle, les enfants qui jouaient plus loin, le chant des travailleurs récoltant le manioc. ...et le chaman qui hurle. :

-MALICE !

Wanù ne bouge pas, la mâchoire serrée, fixant les mains de l'étranger. Mekaro tend sa main pour calmer le chaman. :

-Wayanga, paix.

-Malice ! Les hommes n'ont pas le droit de maîtriser les esprits ! Les esprits sont des outils mais on ne leur retire pas le respect ! Ce kube CRACHE sur eux ! Il possède l'esprit qui déchire le ciel pour jouer salement avec ses mains qui arrachent les arbres et le cœur des animaux pour les rouler dans la boue ! Même pas pour manger ! Pour les rouler dans la boue !!! Il veut détruire le village en nous enlevant le Mangeur d'Esprits car il nous protège ! MALICE !!!

Mekaro ne sait pas quoi faire, la situation s'envenime... Le chef ne bouge toujours pas alors que le chaman s'empare d'un caillou d'une main tremblante. Alors qu'il arme son bras, Mekaro se place entre Lumière et lui, bras écartés. :

-NON !

Le caillou rebondit pitoyablement sur le torse de Mekaro et retombe au sol d'où il vient dans un bruit mat. Un nouveau silence habité par les sons de la jungle, puis le chef reprend la parole. :

-Assez. J'ai réfléchis. Si Aaron Williams avait voulu détruire le village, il l'aurait déjà fait, par le biais des esprits qui l'habitent.

-Les esprits l'envoient chercher Mekaro pour sacrifice !

-Wayanga ! Assez, j'ai dit ! Il s'agit justement de notre Mekaro. Si le vide qui l'habite est bel et bien présent, il ne pourra accomplir son devoir de guerrier Mebêngôkre. Et si c'est un piège que les esprits malins, que l'esprit malin qui déchire le ciel nous tend, j'ai confiance. Le Mangeur d'Esprits est un grand homme. Il est fort. Il le mangera.

Il se leva en souriant et tapota le bras de Mekaro, ne pouvant l'atteindre autrement. :

-Les esprits ont entendu. Maintenant, c'est entre Mekaro Kre et Aaron Williams. Partons Wayanga.

Le chaman leur envoya un regard mauvais rempli de haine que Mek n'avait jamais vu encore chez lui... puis ils s'éloignèrent en dehors du village, sans doute discuter de tout ça avec les autres guerriers.

Mekaro se rassoit bruyamment, se laissant pathétiquement tomber, de nouveau face à Lumière. Un mélange de peine et de désespoir, il pousse un soupir déchirant comme s'il pleurait, les mains dans le visage... Un geste de son peuple qu'on peut traduire par "Je ne sais pas, je suis perdu". Mais quand il se redresse, il n'y a pas de larmes... Les gestes sont parfois bien plus forts que les mots, mais là, il le sait... il ne pourra pas communiquer de cette façon avec Lumière. :

-...Donne ton outil de l'oreille.

Il était temps d'affronter les temps prochains.

Mekaro s'en empare. Il le tapote d'abord au creux de sa main. Il est de la matière qu'il ne connaît pas, qui couvre parfois les étrangers et leurs appareils qui capturent les images. Il le pose sur son oreille en s'attendant à ce qu'il tienne tout seul mais il tombe. Il grimace, ayant eu peur de le casser, passe doucement sa main dessus pour la décrasser et suit les instructions de Aaron pour l'installer... Au bout d'un moment il écarte les mains pour constater que l'outil ne bouge plus... Bon. Une chose de faite. :

-Pardonne mon Wayanga. Il est agité, aussi fort que les esprits, depuis que des kubes coupent les arbres non loin du village.

Il baisse les yeux. :

-Je ne crois que tu fasses du mal aux esprits, ou que tu sois envoyé par eux. Tu as traversé le monde, tu m'as cherché dans la jungle parce que je suis... vide. La tribu, ma famille, ne peut pas comprendre. Leurs noms n'est pas mêlé au sort des esprits mais le mien oui. Et j'entends tes voix.

Il tapote son torse d'où un bruit creux s'élève. Car c'était un fait, Lumière avait quelque chose dans la voix. Il y avait un lui qui brillait aussi fort qu'un autre, un peu plus petit, était sombre... Mais les deux, à ce qu'il entendait, étaient en paix. Sa voix était une harmonie qui échappait un peu à Mek.

Pourtant il baisse de nouveau le regard vers les mains de Lumière avant de relever la tête en le pointant du doigt. :

-Alors je sais que tu peux comprendre. Je ne peux pas me lier aux esprits sans savoir. Est-ce qu'ils sont d'accord ? Ou... C'est quelque chose qu'on ne choisit pas ? C'est la volonté des esprits ?... Et si je fais une erreur, est-ce que ma tribu, mon peuple en subira les conséquences ?


##   Ven 27 Mai 2016 - 17:58

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Tout ça semble difficile à assimiler pour Mekaro. Je m'en rends compte au fur et à mesure que je lui parle, et me demande à chaque seconde si j'ai raison d'aller plus loin. Pourtant, au final, je n'ai pas vraiment le choix ; je suis un Master et il ressent le Vide ; si je suis là, c'est qu'il mérite autant qu'un autre de venir, ou au moins que je le lui propose. Certainement la chose sera difficile à comprendre pour lui ; à envisager, aussi, sûrement. Pourtant je crois que c'est difficile pour tout le monde de se dire qu'on doit quitter l'endroit où on se trouvait auparavant pour pouvoir être accepté ici. Les seuls qui ne ressentent pas cette difficulté sont ceux qui n'ont plus rien à perdre ; ceux qui sont tellement au bout du rouleau qu'ils se demandent même si continuer à vivre vaut le coup.

Pourtant, je continue. Parce que je sais que, si on n'est pas toujours motivés, c'est aussi une solution. Une bonne solution. Peut-être pas pour lui, mais pour moi, pour beaucoup d'autres, elle l'a été. L'avantage d'être aussi passés par-là, pour nous Masters, est qu'on peut comprendre les peurs qui naissent dans le cœur des autres. Ici, particulièrement, cette indécision me déchire. Mais je continue, j'explique, calmement, avec les mots qu'il faut, en espérant être intelligible. Au bout d'un moment, je laisse tomber l'idée de m'éventer, bien trop pris dans mon discours. Gardons la tête haute, Aaron. Ce n'est pas le moment de laisser tomber. Ce n'est pas à toi de faire ce choix pour lui.

Subrepticement, je reprends mon souffle avant de leur faire une démonstration. Mekaro et l'homme debout derrière eux, celui qui chantait, reculent face à la vision des filaments électriques. Le chef jure. Le flot d'émotions, violentes et désordonnées, me frappe de plein fouet mais je ne flanche pas. Je garde le même visage serein, neutre plutôt, sans mouvoir un muscle. Mon souffle s'accélère cependant et je reprends en expliquant à mes trois interlocuteurs de quoi il en retourne. Puis laisse mes pouvoirs s'estomper.

Parmi la peur, l'incrédulité et la colère, je perçois quelque chose de plus fort, provenant tout droit de Mekaro. Un sentiment… non pas de sérénité, ce n'est pas vraiment ça ; ni de l'apaisement. C'est plutôt quelque chose comme de la détermination ; de la certitude, peut-être ? Un mix de rouge et de orange, une pointe de vert et de marron. De l'assurance ? J'ai un sourire discret en sentant naître toutes ces choses si brusquement, et me dis que j'arriverai peut-être à discuter avec lui, tout à l'heure… S'il le désire.

Pour le moment, j'ai un autre problème sur les bras. Le dénommé Wayanga commence à s'énerver réellement ; ce n'est pas que de la peur, mais de la colère, surtout. J'essaie de rester calme, calme alors que je comprends tout ce qu'il dit, tout ce qu'il m'assène en plein visage, ce qu'il me crache au visage dans sa langue. Je m'humecte les lèvres sans répondre, tente de ne pas réagir, mais vainement, puisque je me retrouve bien vite le poing serré, à fixer cet homme. Calme-toi, Aaron, tu veux ? Ce sont leurs croyances, évidemment qu'il allait se mettre en colère. Tu crois vraiment que des croyants, de quelque horizon qu'ils soient, sont capables de comprendre, de simplement croire ? Croire en quelque chose auquel moi-même je n'ai pas cru au départ… Ici, ce n'est pas question de croire, mais plutôt de voir, de ressentir. J'ai envie de fermer les yeux et de le laisser déverser son flot de colère et d'incompréhension sur moi.

Au fond, c'est vrai, pourquoi c'est nous qui avons été choisis, d'entre tous les autres hommes ? Pourquoi tout le monde n'aurait pas ce potentiel ? Ce n'est pas que question de vide, il doit s'agir de quelque chose de plus, mais quoi, mais quoi... Est-ce qu'on représente un avenir, ou au contraire, comme il le dit, quelque chose de destructeur, de profondément mal ? C'est le genre de discours qui vous ébranlent, sans que vous ne sachiez pourquoi, alors même que vous êtes certains de ce que vous êtes, de ce pourquoi vous êtes ici…

Une longue respiration, je fais un geste pour me lever lorsque le chaman ramasse une pierre, mais Mekaro s'interpose. Debout, je pose une main sur son bras en espérant l'apaiser. Malgré tout, je dois avouer être plutôt content de ne pas m'être fait lapider, là, sur le coup…

— Attendez, c'est bon-

Le chef parle, et je m'interromps à nouveau, sourcils légèrement froncés, cette fois, dans une expression de frustration intense. Ils ne me laisseront pas m'expliquer plus, hein, c'est ça ? Calmons-nous. Le chef sait ce qu'il fait, pas vrai ? Il calme rapidement le chaman - ou, plutôt, l'oblige à se taire - en lui exposant son point de vue. Mon bras retombe mollement le long de mon corps, et je me sens vidé de mon énergie en interceptant le regard haineux de Wayanga.

C'est drôle, on dit que tout le monde sourit dans la même langue, mais c'est le cas de toutes les autres expressions émotionnelles. Tandis qu'il passe près de nous pour s'éloigner, je m'efforce de diriger mon pouvoir de sensitif sur lui, au moins pour atténuer un peu les réactions physiologiques liées à sa réaction de rage. Un moment, je reste là, bêtement, à les fixer s'éloigner d'un air impassible, avant que Mekaro ne se rassoit au sol. Il me fait un peu de la peine, comme ça...

Une hésitation, avant que je ne fouille dans ma poche et que je ne me laisse tomber face à lui. Je lui tends la puce traductrice et sors la mienne pour lui expliquer comment la placer correctement. Puis, voyant que tout est bon de son côté, j'esquisse un sourire.

— Ça devrait être placé correctement maintenant. Tu me comprends ?

Un instant passe, avant que Mekaro ne reprenne la parole. J'acquiesce légèrement, l'écoutant attentivement, un peu rassuré de voir que lui ne va pas essayer de me casser en deux.

Bon, réfléchissons...

— Je vais être sincère avec toi, je ne sais pas comment ces pouvoirs nous ont choisi, mais il est certain qu'ils le font. Ce sont peut-être des esprits comme tu le dis, je n'en sais rien. Mais si je suis ici, c'est parce que tu m'as appelé. C'est quelque chose d'intérieur, comme une intuition, sauf qu'elle porte ta voix. Je préfère ne pas me demander d'où vient tout ça, pour me concentrer sur l'essentiel : cette magie est là et elle existe, c'est tout ce qui compte.

Est-ce que ça se traduit, ça, "intuition", dans sa langue ? je me demande avec une moue. Je me passe une main sur la nuque, étire un sourire grimacé.

— Excuse-moi, je suis un peu sous le choc encore. Je crois que ça faisait longtemps qu'on ne m'avait pas accusé de tous les maux de la terre de cette manière.

Cette impression un peu distante d'être un monstre, un tueur, un tortionnaire. Je souris malgré tout, vague. Reprends. Concentration.

— On ne fait du mal à personne, j'ajoute, presque comme une nécessité. Nous sommes ici pour nous reconstruire, ou reconstruire ce qui nous a amené à douter de cette manière, mais je pense que tu l'as compris. Ces pouvoirs, s'ils ne veulent pas de toi, tu n'en auras pas. Mais si nous sommes là, tous les deux, face à face... Il n'y a pas de raison, pas vrai ?

Un sourire, encore un.

— Si tu n'en veux pas, tu peux refuser. Ce n'est qu'un choix que je te pose. Les conséquences, quant à elles, dépendront non pas de ton choix présent mais de tes choix futurs.

Mes yeux se ferment et je me penche pour m'appuyer contre mes mains jointes, tandis que mes deux coudes sont posés sur mes cuisses.

— En dehors de ton village, dans le monde, il existe d'autres hommes, ceux que vous appelez les... kubé ? je crois, hésité-je. C'est eux qui correspondent à la majorité du monde, et ils pensent avoir raison sur tout. Je ne dis pas que je suis mieux qu'eux, parce que moi aussi je suis issu de ce peuple, malgré tout, un jour, comme toi, quelqu'un est venu me voir pour me demander de rejoindre Terrae.

Un silence, avant que je ne reprenne en me redressant, cherchant à nouveau le contact de ses yeux :

— La plupart de ces gens ne sont pas au courant que nous possédons ces pouvoirs, et ils en ont peur lorsqu'on leur en parle. Beaucoup ont des réactions comme celle de cet homme, Wayanga je crois. Ils ne comprennent pas notre magie et nous considèrent comme des monstres, ou du moins des personnes dangereuses. Ce n'est pas ce que nous voulons être.

Un rire m'échappe alors que je regarde autour de moi.

— Le problème, ce n'est pas tant toi, c'est aussi les autres, je pense. Ils peuvent t'amener à te dresser contre eux, et tu les blesseras sûrement immanquablement dans l'histoire. Ce n'est pas ce que tu souhaites, ni ce que nous souhaitons, mais parfois, ça arrive sans qu'on n'arrive à l'en empêcher.

Mes yeux se lèvent vers le ciel, et je plisse l'oeil gauche plus fortement que le droit. Faudrait que j'songe à retourner voir Norah pour la consult' d'ophtalmo.

— Alors oui, peut-être que ça leur fera du mal, mais si tu fais attention, si tu ne te jettes pas tête baissée... Il n'y a pas de raison, non ? C'est comme pour tout le reste. Dans tous les domaines de la vie. Tu as l'air d'avoir l'habitude des responsabilités. Il faut utiliser sa tête, et nous sommes là pour placer des limites à tes actions, au début du moins.

Je pense aux enfants en disant ça, à la confiance que les membres de son village ont placée en lui. Le "mangeur d'esprits", hein...

— Merci de m'écouter Mekaro, et merci de m'avoir défendu tout à l'heure, j'ajoute au bout d'un certain temps. Tu n'étais pas obligé de le faire. Là, je sais pas si je réponds réellement à tes questions, ce n'est pas vraiment celles auxquelles j'ai l'habitude de répondre. Alors si je ne suis pas clair, dis-le moi, d'accord ?

Enfin, je baisse le regard vers le bol rempli de cette pâte étrange à étaler sur les bras et l'attrape pour le détailler de plus près.

— Je devrai juste en mettre sur mes bras, c'est ça ? Elle sera absorbée par la peau, ou c'est à rincer ?

Je suis un noob.



Je vis en #FEA347.


Un peu d'amour ♥:
 
##   Mer 1 Juin 2016 - 21:46

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Une fois l'outil d'oreille installé, Mekaro hoche la tête. Ça lui fait bizarre d'entendre deux fois la voix d'Aaron. Et comme il a deux voix dans sa voix, ça fait beaucoup de voix. Autrement dit c'est perturbant d'entendre sa langue quand on en voit une autre se dessiner sur les lèvres de l'autre, surtout dans un langage aussi simplifié que le kayapo. En face de lui, le petit kube rouge gratte sa nuque, mais c'est pas à cause d'un moustique... Il est blessé dans son âme, il n'a rien dit quand le Wayanga s'est mis en colère mais il a mal... Mekaro le voit aussi bien que lorsque l'astre de feu se lève ou se couche. Alors il pose son immense main sur le genou de l'homme venu le voir, il sourit doucement. :

-Petite Lumière est gentil. Il ne faut pas écouter la peur quand elle parle. Wayanga a peur, autant qu'une proie !

Oui c'est définitif, dans son coeur, Aaron venait de passer un étrange rite d'appellation et il allait toujours le nommer ainsi... C'était plus facile à prononcer que son nom de kube de toute façon. Ensuite, il comprend qu'Aaron n'a aucune certitude. Cette "magie" vient peut-être des esprits, ou non. Son village ne devrait pas en souffrir tant qu'il faisait les bons choix, comme aujourd'hui et hier en fait. Le choix qu'il avait à faire désormais était le sien, mais il pouvait faire un pas en arrière... Pas comme à la chasse où la moindre erreur est fatale.

Les autres kubes, ceux qui n'ont pas les esprits dans leurs mains apparemment, ont peur d'eux. Il réagit au mot "monstre", un mot qu'il ne connaît pas et que l'outil d'oreille crachote difficilement. Il garde sa remarque dans un coin de sa tête et continue sagement d'écouter Petite Lumière. Ce dernier continue sur sa lancée, la peur des autres... La peur. C'est ce qu'il vivait au quotidien ; la peur de voir les siens disparaître... Mais il pouvait engendre mille haines de leur part si c'était pour sauver le village, pour comprendre pourquoi on ne les laissait pas vivre comme ils l'entendaient, comme de fiers guerriers kayapos.

Au final, Petite Lumière a l'air bien perdu dans ses explications pour lui demander s'il a bien répondu. Mekaro sourit. Non vraiment, s'il était un esprit malin, pourquoi le mettrait-il autant en garde ? Ce n'était pas rassurant ou plein de compassion, juste des faits. C'était tout ce qu'il fallait au Mangeur d'Esprit. :

-C'est très bien Petite Lumière. J'ai compris.

Alors qu'il lui demande comment mettre la pommade, Mek est déjà debout et s'approche de lui pour s'asseoir plus près. Il met une bonne dose de la mixture sur seulement deux de ses doigts avant de prendre l'avant-bras de Petite Lumière. :

-Regarde. Une petite épaisseur qui couvre la peau. explique-t-il en même temps qu'il s’exécute. Laisse-moi faire tes joues.

Il reprend de la pommade et l'étale délicatement avec ses pouces, ne lui laissant le temps de dire quoi que ce soit... Mek avait l'habitude des meprires récalcitrants à se soigner. Mek était le premier qu'on appelait au moindre caprice. Du coup il avait tendance à agir de cette manière un peu paternel avec tout le monde. Mais avec un kube aussi rouge c'était une première !

Il pousse un soupir une fois que c'est fait, en baissant ses bras en même temps. Petite Lumière allait sentir la fraîcheur de la mixture apaisante dans quelques instants... Il l'admettait, il avait très envie de voir son expression à ce moment. En attendant il reprit la conversation. :

-Dans mon peuple, on appelle les kubes les blancs qui viennent d'au-delà la jungle. Mais on a appris que tous les kubes ne sont pas blancs et surtout, que tous les kubes ne méritent pas ce nom... Mais on les appelle ainsi à défaut de trouver un mot. C'est de ceux-là que Wayanga a peur, il te prend pour ces kubes qui coupent les arbres pour euh... "le bien des tribus", qu'ils disent.

Il surveille l'expression de Petite Lumière de très près, mais apparemment, il a la peau très très brûlée pour ne pas encore sentir les effets. C'est à ce moment que Mekaro se rend compte que l'un des yeux de Petite Lumière est plus faible. Hm, il doit pas être bon chasseur à cause de ça. :

-Que des hommes ne comprennent pas les esprits ne me fait pas mal. Qu'ils m'habitent ou pas d'ailleurs... Qu'ils t'habitent ou pas aussi. Je suis le Mangeur d'Esprit ! J'ai grandi avec la crainte de les mettre en colère rien qu'en respirant. Les kubes ne sont pas aussi dévastateur qu'eux. Je ne suis pas certain, c'est vrai. Mais j'ai abandonné la colère et la peur il y a longtemps, c'est une belle arme pour le chasseur aguerri.

Sourire. :

-Moi, je veux bien te suivre Petite Lumière, même si les esprits ne veulent pas de moi, parce que je veux bien d'eux... Je veux bien vous comprendre, les "kubes magiques", que vous soyez des "monstres" ou non.

Là... La pommade faisait effet, il le sentait à la fraîcheur que dégagea soudain Petite Lumière. :

-Ah ! Ça fait du bien hein ?

Petit éclat de rire. Il l'aimait bien sa Petite Lumière.


##   Mar 14 Juin 2016 - 22:56

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Être seul avec Mekaro est vraiment apaisant, tout à coup. Pour autant, j'ai du mal à me concentrer sur ce que je vais lui dire, et j'ai l'impression que tout est dans un fouilli indémêlable. Certainement parce que je suis perturbé par sa manière de se tenir, son regard droit qui ne cille jamais ; par l'endroit où nous nous trouvons, par les événements précédents peut-être, un peu. Qui suis-je au final pour dicter aux autres ce qui est le mieux pour eux ? Je n'ai pas ici l'impression de lui faire de publicité, pour autant je n'arrive pas à me sortir du crâne les paroles de l'autre homme, Wayanga. Fondamentalement, ce qu'il dit n'est pas faux ; peut-être aurais-je dû prendre des précautions plus importante, mais je ne me sentais pas de mentir à ces gens. Ils sont tellement simples, non pas d'esprit, car à ce niveau, je pense qu'ils sont bien plus ouverts et conscient des choses vraiment importantes que la plupart d'entre nous, mais dans leur mode de vie qui ne porte pas à confusion quant à ce qu'ils ressentent et ce qu'ils sentent.

Les paroles de Mekaro, celles qu'il prononce pour me calmer, me tirent un sourire sincère. Il n'est pas un mangeur d'esprit, il est simplement attentif et dévoué. Est-ce que ce ne sont pas là les meilleures qualités de l'être humain ? J'acquiesce doucement, pour lui signifier que je sais bien tout ça ; au fond, c'est une habitude, mais il est naturel d'avoir peur. Les humains ont toujours peur de ce qu'ils ne connaissent pas, et, autant que l'intolérance, c'est l'ignorance le plus grand des fléau.

Quelque chose m'intrigue cependant que je parle, une fois de plus, cette manière étrange de m'appeler, qu'il reprend une fois de plus... Et encore, même après toutes mes explications tournicotées. Il n'a pas vraiment tiqué, par ailleurs, comme si tout s'intégrait parfaitement dans son esprit. C'est sûrement une bonne chose, j'ai tendance à beaucoup parler pour ne rien dire ; et si je ne l'embrouille pas, alors je peux m'estimer heureux, voilà tout. Peut-être simplement quand j'ai parlé de monstre, même sans que je ne comprenne le pourquoi de sa réaction, infime dans ces émotions à la fois tourbillonnantes et ordonnées.

Doucement, j'acquiesce une fois de plus, un peu plus rassuré. Alors je me permets de l'interroger sur cette étrange pâte à s'étaler sur les bras, et me retiens de lui dire que je peux le faire seul quand Mekaro me montre comment faire. Je l'imite pour terminer d'étaler la pâte et faire de même sur le second bras, avant d'ouvrir grand les yeux lorsqu'il me dit vouloir s'occuper de mon visage.

— Ah, non, c'est b-

-on. Bon, bon, bon... J'ai l'impression d'être un enfant de qui on s'occupe ; c'est à la fois vexant d'être considéré comme une petite chose fragile, surtout face à un géant pareil, au corps taillé et gigantesque, façonné par la terre, et à la fois amusant. J'en aurais rougi davantage si mes joues n'avaient pas été couvertes de cette pâte, mais me contente de rire doucement, touché par sa sollicitude.

— Merci, répondis-je simplement.

Parfois, je me trouve un peu vaniteux, ou orgueilleux, je ne sais plus bien. Peut-être un mélange des deux, certainement, qui m'empêche de m'épencher plus longuement sur ma reconnaissance envers les autres. Alors je le laisse faire, un peu embarrassé par la situation. C'est drôle, mais quelque part, j'aime bien qu'on prenne soin de moi comme ça, aussi. Peut-être parce que je n'ai pas eu une mère très présente, très attentive à mes soins ; pas qu'elle ait été une mère abjecte, mais elle était en tout cas tout à fait médiocre. Ce qui ne m'empêche pas de ressentir ce pincement au coeur ou cette tendresse quand je pense à elle, malgré tout. Je dois aimer souffrir, peut-être, quelque part ! Ou alors j'accuse trop bien le coup, à force. Je ne sais pas bien. Mais là, comme un enfant devant un jeunot de vingt-deux ans, je ferme juste les yeux un instant comme par réflexe quand je vois ses doigts trop près d'eux. Puis je les rouvre et fais la moue, avant de reprendre mon sourire. Mekaro semble avoir beaucoup à dire, de son côté aussi.

Alors, pendant qu'il reprend la parole, je me contente de m'étaler correctement la pâte sur l'autre bras, celui dont il ne s'était pas occupé et où j'avais commencé à mettre la mixture étrange. J'esquisse une nouvelle moue lorsqu'il parle de ces connards qui déforestent l'Amazonie. C'est un coin tellement beau et ils font des trucs horribles... Détruisent leur habitat, leur maison, les poumons de la planète ; encore un des rares endroits où l'homme n'a pas posé sa fichue patte... J'admets que je ne peux que comprendre la haine de Wayanga ; moi aussi, si j'avais des "ennemis" pareils, j'aurais du mal à différencier les autres étrangers d'eux-mêmes. Tous les hommes sont pareils au final, hein ?

Puis, je repose mes mains sur mes cuisses en attendant la suite. Le produit picote un peu, mais rien de spécialement affolant. Disons que ça fait du bien, mais c'est un peu étrange… J'ai un rire lorsqu'il me montre, une fois de plus, qu'il est bien plus tolérant que bon nombre de personnes que j'ai rencontrées. Combien de personnes d'une autre religion, ou d'une religion tout court, nous ont déjà dévisagés pour nous dire que le fait que nous ne croyions pas nous rendait différents ?

Lui parle comme un sage, alors qu'il est encore jeune. Plus si jeune cependant, et sa stature, encore, me fait oublier ce fait ; pourtant, j'apprécie tellement cette sérénité qu'il dégage, cette honnêteté aussi. Il est de ceux qui vous disent et vous prouvent qu'ils peuvent porter n'importe quel fardeau. Même celui du Vide semble facile à porter ; pourtant, son Appel est toujours là, il résonne dans mon esprit et je l'entends nettement, bien qu'assourdi depuis quelques temps. Peut-être est-ce simplement parce qu'il a déjà pris sa décision ?

— Dans ce cas-… commencé-je, avant de sursauter un peu en sentant la pommade devenir beaucoup plus fraîche, un peu comme lorsqu'on met du baume du tigre sur sa poitrine quand on est malade. Wow ! C'est super bizarre, c'est- ça fait du bien, oui ! ris-je encore, agréablement surpris.

Je reporte mon attention sur la conversation, et donc sur Mekaro, les yeux pétillants. Il a un chouette rire, ce gars. Il est cool, même si on vient pas du tout du même monde.

— Je pense qu'ils voudront bien de toi, rassure-toi. Ils n'ont jamais refusé personne, à partir du moment où ils les ont appelés, souris-je.

Sérieux, c'est super bizarre, cette fraîcheur soudaine... ! Je suis certain que je n'aurai pas un affreux coup de soleil, cette fois. Pour une fois, hein ! Il faudra qu'il me donne sa recette, parce que ça pourrait vachement m'aider, moi et mon allergie intempestive au soleil.

— Tu sais, Mekaro, je ne pense pas qu'on puisse être certain de ce qui arrivera, de toute manière. Il y a toujours une part d'imprévu… Et si les choses ne te conviennent pas, tu pourras toujours faire demi-tour. On ne retiendra pas contre ton gré. Je pense qu'aller à Terrae sera assez étrange pour toi, ça te changera beaucoup d'environnement. J'espère vraiment que tu arriveras à t'adapter, mais tu as l'air d'être débrouillard. C'est vrai que tu es un bon chasseur, et si ces qualités te sont utiles dans la forêt, ici... Elles le seront sûrement dans le futur, ailleurs ?

Doucement, je pose ma main sur la sienne.

— Dis-moi quand tu es prêt à partir, et je t'emmènerai, d'accord ? Je répondrai à toutes tes questions si tu en as.

Doucement, je m'étire avant un sourire et lève le nez vers le soleil en plissant les yeux. Puis, enfin, je reporte mon attention sur Mekaro :

— Ah !... Pourquoi tu m'appelles "Petite Lumière", au fait ? l'interrogé-je enfin, un peu curieux maintenant que mon travail était en partie fait.



Je vis en #FEA347.


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##   Ven 1 Juil 2016 - 4:27

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Mekaro, le regard attendri, laissa Aaron réagir à la fraîcheur de la pommade ; plus on avait chaud, plus elle devenait fraîche, ce qui était parfait pour calmer les brûlures ou aider les personnes âgées à trouver le sommeil lors des nuits moites. Les yeux de Petite Lumière brillaient autant que ses mains remplis d'esprits. Il avait l'impression qu'ils étaient vraiment dedans, il eut un mouvement de son torse, s'abaissant un peu pour être au même niveau que lui, inspectant le fond de sa pupille comme s'il pouvait les y trouver... A la place, il constata que ses iris avait la couleur du bois de l'arbre Satiné, rouge-orange encore imbibé de sève, vivant,... Il ne commenta pas le fait que les esprits n'avait jamais refusé de venir à quelqu'un. Dans la jungle, s'il y a un mot qu'on ne peut pas prononcer, c'est "jamais" ! Et quand on sait que les esprits peuvent se montrer taquins avec les Hommes, on n'est à l'abris de rien. Mais Mekaro ne s'en offusquerait pas, il respecterait la volonté des esprits. Toujours. Et ça, on peut le dire.

Quand à la suite, il fit de gros yeux ronds en reculant. Mekaro était bon chasseur pour le village, mais il ne s'en vantait pas... Comment il pouvait être sûr de ce qu'il avançait en étant qu'un simple invité ? Ses joues rougirent légèrement sous sa peau mate. :

-Oh ! Merci Petite Lumière ! Être chasseur kayapo, c'est ma fierté ! Et aussi, pour ta compréhension... C'est vrai que je ne connais rien de ton monde. Mais j'ai déjà vu des gens habillés de "plastique" ! Et des appareils qui capturent les images... La première fois, j'ai eu un peu peur qu'ils capturent aussi la vie dedans le papier, mais Wanù m'a expliqué après. Puis il ajouta en riant, après une seconde de réflexion où son regard se posa au loin avant de revenir sur Aaron. Je comprends mieux quand on m'explique, même si c'est dur des fois !

Quand Aaron pose sa main sur celle de Mek', celui-ci met sa seconde main libre par dessus... C'est un geste, chez lui, qui signifie "Je suis là. J'écoute." et qui est si naturel qu'il ne réfléchit pas à un instant à le faire, comme on recule une main d'une flamme. Il sourit encore avant de répondre. :

-Je dois saluer mes amis et rendre une dernière fois hommage aux esprits. Je serais prêt bien avant que l'astre ne se soit couché, ça ira ?

Mekaro ne se voyait pas partir sans dire au revoir une dernière fois à sa fratrie, sans embrasser une dernière fois sa mère, avant d'avoir écouté les derniers conseils sages de son chef. Ce n'était pas un adieu, aussi il espérait que ses parents ne demanderaient pas des pleureuses... Non, hors de question que ce soit un adieu.

Il se leva en voyant Aaron s'étirer, il allait d'abord rejoindre son chef, c'était le plus sage... Il se demandait s'il devait continuer à traiter Petite Lumière comme son invité quand celui-ci lui demanda pourquoi il l'appelait ainsi. :

-Oh... Pardon A-a-ron. dit-il en faisant l'effort de prononcer son nom comme il fallait. Je sais que c'est pas bien de ne pas t'appeler par ton nom mais c'est dur... La première fois que je l'ai entendu, j'avais pas l'outil de l'oreille que tu m'as passé... Avec les sons des mots de mon peuple, j'ai entendu "Petite Lumière"... eeet... je trouve qu'il te va bien mieux !

Il n'était pas moqueur, il était plus que sincère... Surtout une fois qu'on sait qu'il maîtrise les esprits de lumière qui déchirent le ciel. Si ça n'avait été que lui, il aurait demandé à Aaron de rester une nuit au village, le temps de passer un rituel d’appellation avec ce nom avant de partir... Mais bon, le wayanga ne serait sans doute pas d'accord avec cette façon de faire. Nommer un Kube. Ce devait être le pire affront à faire aux esprits à ses yeux.

Mekaro prit une grande inspiration, comme s'il respirait pour la première fois l'air de son village... A s'en éclater les poumons, imprimer au mieux ce souvenir pour l'emporter avec lui avant sa prochaine visite. Puis il revient à Aaron. Il fallait le traiter comme un invité malheureusement, le wayanga devait encore être en colère, connaissant le chaman, il avait tendance à traîner ses craintes et ses rages des jours durant. En tant qu'ami, ce serait trop, et il resterait enfermé jusqu'à leur départ... Ce que Mekaro, dans sa gentillesse, ne souhaitait pas pour les habitants de son hameau. Il expliqua alors la marche à suivre à Aaron, certain que lui, il l'écouterait. :

-Je vais faire ce que j'ai à faire, mais tu devras me suivre. Pardonne-moi. Comme je suis le premier kayapo que tu as vu, je suis responsable de toi, c'est notre coutume. Ah ! Tiens.

Il retira le bracelet de perles qui ceignait son biceps pour le donner à Petite Lumière... Il était bien sûr mille fois trop grand pour lui, mais s'il le tenait à sa main, ça comptait tout de même. :

-C'est mon bien le plus précieux, tu dois le garder le temps que tu passes dans le village car tu es mon invité... Il eut un élan de fierté en voyant les perles blanches éclater au soleil. Il est beau n'est-ce pas ? C'est Mère qui l'a fait pour moi ! Bien, maintenant, suis-moi...

D'un pas souple, il se dirigea jusqu'à la case du chef... Il se plaça dans l'entrée, empêchant la lumière de pénétrer à l'intérieur, pourtant il vit parfaitement que le chaman n'était pas là. Il en ressentit un grand soulagement. :

-Chef Wanù. Les esprits ont parlé. Je pars avec Pet-... A-a-ron... Oui... Wi-li-amsss...

-Nous, Metyktires, perdons un grand chasseur... Mais j'espère que tu trouveras ce que tu cherches sur la voie que tu empruntes. Ce village sera toujours le tien Mangeur d'Esprit. Il se leva difficilement puis les rejoignit à l'entrée. Va, je vais prévenir les habitants, un chant s'impose pour ce grand moment.

Mekaro hocha simplement la tête avant de partir... Il s'empara de l'épaule de Aaron comme s'il était un ami de toujours et lui lança un grand sourire. :

-Je vais te présenter ma famille. Tu devras enlever ce qui couvre tes pieds pour entrer, car la maison est sans esprits... Je sais pas si tu comprends... C'est dur d'expliquer ce qui m'est évident...

Il cherchait encore ses mots quand ils arrivèrent devant la cabane de rondins de bois et de feuilles de palme. Certains murs étaient tressés et couverts de quelques peintures protectrices. On entendait les bruits que faisait sa fratrie en chahutant de là où ils étaient et pourtant quand ils entrèrent, le silence s'abattit. La mère de Mekaro baissa les yeux mais son père, lui, fit glisser ses yeux scrutateurs sur toute la personne d'Aaron, alors que ceux des plus jeunes voyageaient entre le paternel et Mek. :

-Ah, le wayanga est passé ?

-Tu sais. Il ne fait que ça. Passer.

Sans un sourire, le père se leva et se dirigea vers Aaron... Mekaro avait une confiance toute particulière en son géniteur, mais il songea d'un coup que son silence pourrait éventuellement angoisser Petite Lumière... ...De toute façon, il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que le chasseur eut un rire bref, un grand sourire avant de tapoter l'épaule d'Aaron et de pointer du doigt ses pieds nus. :

-Mais un homme qui respecte les esprits et mon peuple est toujours le bienvenu chez moi ! Entre, entre mon ami ! As-tu soif ? As-tu faim ? Vas-tu emmener mon fils donc ? AH ! Je te souhaite du courage avec ce grand singe ! Impossible de lui parler sans avoir mal au cou, celui-là, c'est ma fierté et la raison de mon mal de dos tout à la fois !

-Père !

Les deux hommes s'esclaffèrent, ils avaient le même rire. Et tandis que ces deux-là riaient à n'en plus pouvoir, la mère de Mekaro s'empara délicatement de la main de Petite Lumière. :

-Pardonne-les petit kube et viens t'asseoir. Je vois que tu as bien mis ta pommade. Tu vas mieux ? Je suis allée chercher de l'eau pour toi.

Elle, elle possédait le même sourire tendre que Mekaro alors qu'elle lui tendait un bol d'eau bien fraîche. Ils s'installèrent en rond, dans l'espace exiguë, les petits aidant les adultes à repousser un peu les hamacs qui pendaient des larges troncs d'arbres utilisés naturellement comme de piliers pour maintenir solidement toute la maison. :

-Douce Ajo, va chercher du poisson pour ton frère et son invité.

-Alors, les esprits ont parlé ?

-Oui Père. J'ai décidé de suivre mon ami.

-Puissent-ils te guider... et tes frères devenir aussi bon chasseur que toi !

-Oh je ne crains pas ! fit Mekaro en secouant la crinière d'un de ses petits frère, encore sans nom. Chef Wanù va organiser un chant avant mon départ.

-Ah ! Mais alors je dois préparer les peintures !

-Mère ! Tu !... tenta Mekaro alors qu'elle était déjà debout et partie.

-Laisse-la. Ça lui fait plaisir.

Douce Ajo revint bientôt avec le poisson demandé... Mais sa mère n'étant plus là pour lui donner les directives, elle resta un moment planté devant le garde-manger. Mekaro, voyant sa détresse, mima le geste lui indiquant qu'elle devait poser le plateau au centre du cercle. Elle se détendit aussitôt et s’exécuta. La père piocha aussitôt dedans, mais la petite, en s'installant, ne cessait de zieuter Aaron en rougissant. :

-Et bien ?

-Est-ce que... est-ce que je peux faire les peintures pour le kube ?

La voix de la jeune fille était si faible qu'il eut du mal à l'entendre... Douce Ajo était timide, aussi petite et fine que Mek' était large et immense. Elle avait gagné son nom car elle était, de tout le village, celle qui faisait le mieux les pommades et cataplasmes qui guérissaient. L'Ajo étant une plante médicinale que son peuple utilisait beaucoup. Mekaro regarda Petite Lumière, un peu interdit. C'est vrai, il devait lui aussi avoir quelques peintures pendant la cérémonie, c'était la moindre des choses et ça calmerait peut-être un peu le wayanga. Toutefois, il voulut expliquer à son ami de quoi il retournait avant de lui laisser le choix. :

-Ici, les peintures sont nos protections. Un peu comme tes vêtements. Ce sont surtout les femmes qui se peignent et qui font les tatouages. Douce Ajo doit encore apprendre, c'est un art très sérieux pour nous, si bien qu'on a tendance à laisser les jeunes faire leurs peintures entres eux pour s'entraîner... Tu serais le premier mekrare à peindre pour elle. C'est selon ton choix.

-Si tu n'as pas peur de te retrouver avec des peintures de femme !

-Père !

Et ils rirent de nouveau alors que Douce Ajo se mit à rougir violemment, n'osant plus regarder Aaron du tout.


HRP : Néo lance attaque pavé. Néo n'a plus d'énergie. ...C'est très efficace ! *meurt sur son clavier*


##   Lun 18 Juil 2016 - 18:26

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Humeur : Aha ! ... Attendez, c'était une vraie question ?

Évidemment qu'être chasseur est sa fierté ; si sa réaction m'étonne un peu, je me rends compte après coup que c'est complètement stupide d'avoir pensé que ça ne le toucherait pas. Au moins, c'était un compliment qui a directement trouvé le chemin de son coeur… Par ailleurs, le voir m'expliquer qu'il a déjà vu des gens avec des appareils photo et tout ça me tire un sourire amusé, cette fois-ci, mais pas moqueur. Lui-même en rie, alors je me permets de faire de même et le suis sans bruit. Évidemment que c'est dur ; mais il aura toujours quelqu'un pour lui expliquer les choses, quelqu'un pour trouver les mots. Certes, tout n'aura pas la même valeur pour lui, ou le même intérêt, et il ne comprendra peut-être pas le but de certaines choses, mais ce n'est pas ça le plus important. Il aura des yeux neufs sur un monde totalement différent du sien... Et plus j'y pense, plus je me demande s'il sera effectivement capable de tenir le coup. Est-ce que ça ne sera pas trop difficile pour lui ? Ou bien s'adaptera-t-il correctement à ce monde étrange ? C'est à voir... J'espère surtout que la pollution ne lui refilera pas une toux d'enfer. On est habitués aux émanations de gazs polluants, et ça nous touche déjà pas mal, surtout à Tokyo où la pollution est infernale ; même moi j'me retrouve à cracher mes poumons dans les mauvais jours. Même si c'est certainement la clope qui met mes poumons dans un aussi mauvais état, hm...

— On t'expliquera les choses, ne t'en fais pas. À moi aussi, on devra m'expliquer comment vous fonctionnez, ici... Je n'ai pas envie de faire de bourde.

Enfin, j'acquiesce lorsqu'il pose sa main sur la mienne et m'annonce devoir faire ses derniers préparatifs. Mon sourire se fait plus doux à nouveau.

— Bien sûr. Nous avons le temps. Rien ne presse, et je ne vais pas te demander de partir sans un mot, souris-je. Prends le temps qu'il te faut.

Avant qu'on ne se lève, je l'interroge sur la raison qui le pousse à me surnommer d'une telle manière et hausse deux sourcils, avant de rire en l'entendant accentuer les premières syllabes de mon prénom. Alors comme ça, Aaron, ça ressemble à "Petite Lumière" en-... bref dans leur langue. C'est curieux… et amusant à la fois. Un peu trop sympa pour moi, cela dit... Je n'ai jamais réellement été associé à la lumière, quand bien même je contrôle la foudre. C'est un peu... troublant, on va dire.

— Wow… Etrange, ris-je. Je sais pas trop quoi te répondre, là. Au pire, ça me gêne pas vraiment, mais c'est vrai que ça me perturbe un peu.

Je le laisse prendre son temps, déjà pour se décider d'aller saluer sa famille puis pour le faire, en me demandant ce que je vais faire pendant ce temps. Je m'imagine déjà attendre là pendant des heures, ou en bordure du village, que le temps passe jusqu'à son retour. Mais visiblement, ça ne se passera pas de cette manière ; il me faudra le suivre et… je m'inquiète un peu à l'idée de rencontrer toutes ces personnes. Probablement la peur d'être traité comme l'homme de tout à l'heure, avec crainte. Mais ils avaient tous l'air d'être accueillants... Faisons-lui confiance, hein ?

Mekaro retire son brassard de perles pour me le donner. J'observe l'ouvrage précieux d'un oeil curieux, en plissant mon oeil invalide et admirant les coloris. J'acquiesce légèrement, autant pour lui dire  que j'ai compris que pour signifier mon admiration.

Puis, enfin, je me lève et le suis en silence. Le bracelet est dix fois trop grand pour moi, mais je me contente de le passer sur mon bras, pour le coincer sur mon épaule. Ca tient un peu mieux et m'évite de devoir le trimballer, j'ai peur de le casser. Il retourne parler au chef et je reste à l'écart, silencieux et embarrassé. Je lui ai dit de prendre son temps, mais j'ai un peu peur de ne vraiment pas savoir comment me comporter au bout d'un moment. J'ai beau être calme maintenant, je ne le serai pas constamment, surtout pas avec cette chaleur. J'ai besoin de m'agiter un peu, puis de me laisser retomber dans mon lit avec une apathie toute larvesque.

Un peu surpris par la soudaine proximité de Mekaro, je sursaute légèrement en sentant sa main se poser sur mon épaule et finis par sourire doucement en acquiesçant. Hmmmm. Rencontrer sa famille, hein... J'ai un peu peur de ce que ça va donner. Sans rien ajouter tout d'abord, j'acquiesce ; enlever les chaussures, d'accord. Je crois que je comprends ce qu'il veut dire, oui.

— Dans certaines religions, il faut faire la même chose en entrant dans un temple. Je ne sais pas bien pourquoi, pour eux, mais ce doit être pour le même genre de raisons.

Garder ce qui est "sale" à l'extérieur, peut-être ? Je ne sais pas bien. J'observe curieusement la maison avant de me déchausser, et laisser chaussures et chaussettes à l'extérieur. Quelques bruits s'entendent, puis, quand nous entrons, le silence se fait. Hummm. Je sens le malaise jusqu'ici.

Celui que je suppose être le père de Mekaro me dévisage de haut en bas, et je subis son oeil scrutateur sans rechigner, malgré tout un peu mal à l'aise. La bourrade qu'il me met - ouais, non, clairement, c'était une bourrade, ou bien c'est juste moi qui suis faible ?! - manque de me faire vaciller et je souris à mon tour, embarrassé, avant de ne pouvoir retenir mon rire.

— Ah, je- merci ! Ne vous en faites pas, j'ai l'habitude des gens plus grands que moi… Mais c'est vrai que ma nuque ne va pas aimer, souris-je en coin en relevant - très longtemps, le temps de trouver son regard - les yeux vers Mekaro.

Enfin, la mère de Mekaro se rapproche et prend ma main avec beaucoup de douceur. Je la laisse faire et hoche la tête lentement, avec un sourire de plus. J'accepte l'eau avec plaisir :

— Je vous remercie pour votre pommade, elle me fait beaucoup de bien… et merci pour l'eau. Vous n'avez pas besoin de vous donner tant de mal, je n'ai pas envie de vous importuner.

Les petits, eux, s'agitent autour dans une ribambelle de rires et de paroles enjouées pour aider leurs parents. Je me sens un peu bizarre, là, pieds nus dans cette maisonnette bien peuplée et avec ce bol d'eau à la main, traité comme un roi alors que je viens leur enlever prochainement leur fils. Je ne sais vraiment pas comment ils font, mais ils sont tous tellement chaleureux, ça me fait énormément de bien. En voyant cette jolie famille, j'ai immanquablement une pensée pour la mienne. Je repense à ma mère, décédée, qui s'occupait encore parfois de mes soeurs avant de disparaître. Les repas à table, les chamailleries, les sourires, ces rares sourires qui nous faisaient ressembler à une famille heureuse, le temps d'un soir. Le père de Mekaro, lui, me renvoie à mon propre père ; pas mon père biologique, mais l'autre, mon père, le vrai, celui qui m'a élevé et que je n'ai pas revu depuis dix ans. Mon coeur se balance amèrement dans ma poitrine à y repenser. Peut-être que je devrais retourner sur Boston pour le voir... S'il n'a pas déménagé. (Là, c'est le moment où j'peux ricaner bêtement, parce que je sais pertinemment qu'il n'a pas déménagé. Je ne stalke pas les gens. C'est faux.)

Perdu dans mes pensées, je suis un peu pris de cours quand la mère de Mekaro demande à l'une de ses filles de chercher du poisson ; j'essaie de lui dire que c'est bon, je n'ai pas faim, lorsque j'entends la discussion de Mekaro et son père. Trop d'informations en même temps ; dépité, je bois une ou deux gorgées d'eau fraîche - qui me font le plus grand bien - et reporte mon attention sur eux. Je ne comprends rien à ce qu'il se passe, c'est génial. Un chant ? Les peintures ? Il faudra vraiment qu'ils m'expliquent...

Entre temps, nous nous sommes installés, j'ai reposé le bracelet sur mes genoux et je regarde la jeune fille - Douce Ajo, c'est ça ? - s'approcher avec le poisson... J'aurais bien aimé l'aider, mais je ne sais pas plus ce qu'elle est censée faire qu'elle. Mekaro l'aide et elle finit par poser le plateau au centre ; je n'ose pas vraiment me servir, trop embarrassé, d'autant plus que la gamine ne cesse de me lancer des regards en coin, un peu gênée elle aussi. Situation étrange quand tu nous tiens...

Etrangement, je ne m'attendais pas à cette question venant d'elle ; j'admets ne toujours pas savoir de quoi elle parle, et Mekaro se charge de m'expliquer. Resté silencieux jusqu'ici, j'acquiesce en assimilant les informations. Surtout les femmes, hein ?... Après tout, ce n'est pas gênant… J'ai un sourire en coin en entendant le père se moquer et reporte mon attention sur la fille, avant de regarder Mekaro.

— Dis lui que ça ne me gêne pas... Enfin, si ça ne vous gêne pas vous ? Je ne sais pas si c'est réellement correct, ça ne risque pas de mettre en colère Wayanga, enfin, encore plus je veux dire ?

Puis un rire.

— Elle est gentille, en tout cas. Si ça ne pose pas de problème, je veux bien qu'elle le fasse.

Et un regard vers Mekaro, plus circonspect. À voix plus basse, comme si j'avais peur de me faire comprendre des autres, je rajoute avec un visage interdit, avant d'étirer un sourire amusé :

— ... Ca ne change rien si ce sont des peintures de femme, hein ? Ou alors on va me pointer du doigt et faire des commentaires bizarres ?

Non c'est pas vrai, je me sens pas atteint dans ma virilité inexistante, c'est faux. (Oui, non, j'ai le droit de dire qu'elle est inexistante vu la carrure des types de cette tribu, c'est l'injustice de la génétique.)

Finalement, assez attiré par le poisson, je pointe le plat et continue sur le même ton, sans oser en prendre :

— Hum, je peux ?

Mignon petit Aaron perdu, ahah. Ahem.



HRP : OMG I DID IT
ET JE SUIS A JOUR AVEC RONRON
#sambadejaneiro yay
désolée j'ai pas trop continué sur la suite de leurs aventures comme je sais pas comment vont réagir les gens autour de la table ♥ du love ♥ reviens viiiite



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##   Jeu 4 Aoû 2016 - 3:47

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Mekaro était l'homme du présent, bien plus inquiet de la façon dont son monde allait l'accueillir plutôt que de la façon dont il risquait de voir le monde de Petite Lumière. Pas sa famille, non, il voyait dans les yeux pétillants de son père qu'il aimait déjà le kube qui avait respecté sa maison et dans la tendresse de sa mère qui secoua ses mains devant elle alors que son invité lui dit qu'il ne voulait pas les importuner. Mais les gens du village, à travers les paroles véhémentes que devait faire circuler le Wayanga à l'instant même, allaient sans doute se méfier de celui qui allait les priver du protecteur Mangeur d'Esprit. Il s'inquiétait pour le petit kube rouge, certes, mais il avait l'appuis de sa famille nombreuse désormais. Tout allait bien se passer, il en était certain. Enfin, ça allait bien se passer s'il expliquait exactement de quoi il retournait à Petite Lumière. Il se frappa le front, geste international attestant le fait qu'il était bien bête d'avoir cru un instant que son invité allait deviner ce qu'était les chants pour son peuple. Il demanda à Douce Ajo de patienter un instant pour la traduction afin qu'il puisse lui expliquer correctement ce qui allait se passer. :

-Pardonne-moi Petite Lumière, vraiment. Je vais te raconter.

Il lui fait signe de la main qu'il peut se servir en poisson puis fait semblant de libérer sa gorge. Le silence s'abat sur la maisonnée, les petits attentifs écoutant leur grand frère et le père s'appuyant à un tronc pour déguster sa part de nourriture. :

-Les premiers Mebênkôgres sont sortis de l'eau en chantant. Ils ont chanté la terre sous leur pied, ils ont chanté la nourriture qui les entouraient, ils ont chanté les esprits bons et mauvais qui habitaient la jungle avant eux, pour qu'ils les accueillent dans leur paradis qui est aujourd'hui aussi le notre. Maintenant, nous, Metyktires, nous avons le devoir de chanter encore. Chanter pour l’appellation, quand un petit gagne son nom. Chanter pour le bemp, et chaque fois que les esprits nous font rentrer victorieux de la chasse. Chanter les esprits aussi, qui sont toujours là, qui veillent et nous respectent comme nous les respectons, qui nous accueillent encore dans leur paradis.

Un frère gloussa de joie, le père fit claquer sa langue sur son palais pour l'intimer au silence. :

-Aujourd'hui, Chef Wanù me fait honneur et a décidé de m'offrir un chant ; un chant pour mon départ, pour que les esprits qui m'accompagnent soient toujours bons envers moi, un chant pour le village pour qu'il soit protégé après mon départ. C'est un moment de fête pour mon peuple et donc nous mettons de la peinture. Que tu en mettes prouvera au Wayanga que tu veux participer à la protection du village, et au mien, même si tu connais pas nos chansons. De plus, pour nous, la peinture est le cœur de notre peuple... Les femmes nous peignent mais c'est un moment de partage pour tout le monde. Ça nous unit. Douce Ajo a vraiment eu une bonne idée... Et c'est un honneur que tu lui fais en acceptant.

Douce Ajo inspira brutalement avant de couvrir son visage de honte d'avoir laissé explosé sa joie. La petite famille sourit de la voir si heureuse. :

-Et puis, Père est taquin. Il plaisantait pour les peintures de femmes, elles sont bien différentes de celles des hommes et Douce Ajo s'appliquera.

-Oui ! s'exclama soudain cette dernière en rougissant.

C'est à ce moment que la mère de Mekaro fit son retour, un bol contenant de la peinture rouge dans une main, un bol contenant de la peinture noire dans l'autre. Douce Ajo se leva pour aider sa mère, sautillant presque sur place, lui annonçant que le kube avait accepté de la laisser le peindre. D'abord surprise, la mère laissa la petite prendre les bols pour les installer plus loin. Les mains libres, elle les ramena alors près de son cœur tout en se baissant légèrement vers Petite Lumière. :

-Merci kube ami. J'ai tout appris à ma fille, elle fera de toi un encore plus beau chasseur.

-Ah ! Mais il faudra lui enlever la pommade et ce qui le couvre non ?

-Mek' ! s'écria la mère. On ne demande pas à un kube de se mettre à nu ! Tu aimerais que je te demande d'enlever tes tatouages ?! Non. Alors laisse faire Ajo. De toute façon tu n'aimes pas la peinture toi.

-C'est parce que Mère m'en met trop en espérant qu'un jour son fils soit aussi beau qu'elle est belle.

La femme plissa les paupières, suspicieuse, mais on voyait à ses joues qu'elle était touchée par les mots de son fils. Le paternel rit, c'est qu'il savait manier sa langue, son aîné ! Puis il se leva, indiquant qu'il allait se préparer lui-même. La mère, elle, s'empara du bras de Mekaro pour le forcer à aller s'asseoir sur une rondelle de bois tandis qu'Ajo faisait de même avec Petite Lumière. Les deux hommes étaient assis côte à côte, tandis que les deux femmes échangeaient quelques paroles, organisant leurs idées pour les peintures de leur différent modèle. Mekaro chuchote alors à son invité. :

-C'est vrai que j'ai jamais aimé la peinture, en vrai. Les femmes et les enfants se retrouvent à peu près toutes les lunes autour du cœur du village pour se peindre entre eux. Petit, je finissais toujours couvert de la tête au pied, ça me fatiguait !

Il ponctue sa phrase d'un rire discret qu'il tait quand les dames reviennent à eux. Sûre d'elle et expérimentée, la mère plonge ses doigts dans la peinture rouge pour en étaler, avec douceur, sur la moitié supérieure du visage de Mekaro. Douce Ajo était intimidée mais, une fois qu'elle retira la pommade du visage de Aaron, elle trempa un bâton sombre et très fin dans la peinture noire avec grâce. Elle arriva à sourire au kube sans rougir, ce qui était un exploit. Elle lui expliqua la signification des peintures qu'elle allait lui faire. :

-Je vais te faire des rayures d'insectes sur la mâchoire, car c'est grâce aux abeilles que mon peuple a appris à vivre en communauté, le village sera rassuré. Sur ton front, en partant de tes yeux, des esprits de la Lumière qui hurlent. Wayanga a dit que tu pouvais les tenir dans ta main, et je pense que mettre un peu de toi en peinture c'est important aussi. Je ne peux pas te faire la peinture des porte-paroles car tu n'es pas un Chef Mebênkôgre mais, si j'ai le droit de faire ton cou, je peux t'ajouter les plumes d'un bel oiseau chanteur, pour montrer que tu viens en paix. Qu'en dis-tu ?

Mekaro était impressionné par sa petite sœur. Sage et perspicace, il songea soudain qu'il était bien dommage qu'une femme ne puisse devenir Wayanga, car elle en ferait une très puissante. Qu'il était fier le Mangeur d'Esprit, il ne put s'empêcher de sourire.


##   Mer 7 Sep 2016 - 0:44

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L'optimisme de Mekaro est rafraîchissant. Tout l'est, ici, en réalité. Le calme de l'endroit, les gens, qui sont tous tellement accueillants... Ailleurs, aux US, ou partout dans le monde, dans les pays qu'on dit civilisés, dans ces endroits où poussent des tapis de béton au lieu des tapis d'herbe, personne ne nous a jamais invités de cette manière. Des élèves, j'en ai cherché plein ; des dizaines, des centaines peut-être, des gens qui sont venus, restés, partis. Et là, la famille m'accueille, alors que je vais leur enlever leur fils, leur fierté... ?

Quelque part, j'ai du mal à comprendre cette notion de famille, au sens strict du terme. J'ai la mienne, bien sûr, mais elle est disparate, composée des personnes que je rencontre et qui se lient à moi. Au fond, je sais pas si j'aurai un jour ce type de famille-là ; si je l'ai réellement eue un jour. Un père, une mère, des frères et des soeurs ; des gens qui me ressemblent dans le coeur et l'esprit, avec qui je suis lié par la chair et le sang, qui partageraient ce type de moments avec moi. Mais la famille qu'on se choisit, celle que l'on construit, est-ce qu'elle n'est pas importante, elle aussi ? Quand je regarde Terrae, j'y vois ma maison. Pour autant, parfois, je me demande comment c'est, ailleurs... Pas que je ne connaisse rien du monde, il me semble l'avoir assez bien côtoyé, mais pas par tous ses aspects. Juste, peut-être, m'installer ailleurs... Près de la mer, au soleil, dans un endroit dépeuplé ; mais maintenant, j'ai Gaetano avec moi, et il y a Mitsuki, Ipiu, Nicolas, Tomoe, Tjay... Tellement de monde, de visages, de sourires, d'échanges, de liens. Pourtant, parfois, il faut savoir s'en aller aussi... Un peu comme lui ?

Perturbé, je l'écoute en piochant doucement un peu de poisson, remerciant encore la mère d'un signe de tête. Leur histoire est belle. Chanter... Chanter pour tout, pour l'air et la vie, de joie, et par respect... Un sourire doux s'étire sur mes lèvres, un peu timide cependant. Alors j'acquiesce ; je laisserai sa soeur me peindre si elle le souhaite. Mes yeux recherchent ceux de la jeune fille alors qu'elle se cache derrière ses mains, à la fois heureuse et honteuse ; sa joie pulse un instant dans l'habitacle, en même temps que celle, plus ténue, des autres membres de la famille. Un nouveau sourire de ma part, amusé mais respectueux, que je lui offre directement.

— Dans ce cas je suis heureux de la laisser faire... Je suis certain qu'elle se débrouillera à merveilles.

De toute manière, même si ce n'était pas le cas, ce n'est pas dit que je remarque quelque chose, hein. La réaction ravie et honorée de la mère me fait monter le rouge aux joues, et je lui renvoie un sourire accompagné d'un hochement discret de la tête pour lui signifier mon accord... Avant de me mordre la lèvre pour ne pas rire à la suite de la discussion.

— Au pire... Ça ne me gêne pas. Enfin, si je pouvais garder mon bas ça m'arrangerait tout de même, je ris à l'attention de Mekaro. Mais je ne suis pas très pudique, ce n'est pas vraiment un affront. Enfin, pas pour moi. Je suis bizarre, je crois. Ne leur dis pas que je t'ai dit ça.

Bonjour, on dirait que je suis nudiste, au revoir. Dire que c'est une vraie pratique dans certains pays... J'crois que ce qui me gêne le plus, c'est mes tatouages, en fait. Je sais pas trop la réaction qu'ils auront s'ils voient le serpent sur ma poitrine. J'me demande s'ils l'associent aussi au vice dans leur culture.

Un rire gloussé m'échappe et je continue :

— J'aurais adoré.

Mais on n'a pas vraiment le même caractère, surtout… J'observe la mère peindre le visage de Mekaro, avec une attention qui m'étonne un peu ; comme quoi, il m'arrive aussi de faire taire mon côté turbulent. Je me retiens de sursauter lorsqu'Ajo me surprend, en enlevant délicatement la pommade sur mon visage. Je me sens aussi intimidé qu'elle, tout à coup, mais lui rends son sourire avec autant de sincérité qu'elle.

Les abeilles... Des esprits de la lumière ? Un sourire. Bon sang, elle est tellement mignonne... À chercher ce qui conviendrait le mieux, autant à moi qu'aux autres. J'acquiesce doucement, tout en lui répondant sur un ton naturel :

— C'est parfait. Tu es vive pour ton âge, hein ?

Un sourire, encore un. La mère et le frère sont tellement fiers... Ca fait plaisir à voir. Entendre. Sentir ?

— Le cou ne me dérange pas. Je dois enlever mon haut pour la laisser faire, tu penses ? Je ne sais pas trop comment ça marche... j'ajoute à l'attention de Mekaro, à côté. Et les esprits de la lumière... C'est une bonne idée. J'ai hâte de voir le résultat. C'est un honneur qu'elle me fait à moi aussi, tu sais.

De toute manière, je suivrai leur avis. Je ne veux pas attirer la colère de leur Wayanga. Alors j'attends les premiers coups de pinceau, curieux de la sensation de la peinture sur ma peau.



Je vis en #FEA347.


Un peu d'amour ♥:
 
##   Mar 28 Fév 2017 - 19:02

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Mekaro traduit -ce qu'il comprend, il n'a aucune idée de ce qu'est un nudiste- et Douce Ajo rougit, sourit, hoche la tête selon. Elle dit qu'il n'a pas besoin de se déboutonner, qu'elle ferait attention au tissu qui lui sert de vêtement. Et puis comme sa mère, elle trempe ses doigts dans la peinture. Le noir, mélange de charbon et de sèves, sur ses pouces ; le rouge, résine de jenipapo, sur ses index. Elle commence par ses joues, traçant la robe des abeilles d'un geste lent et précis. La couleur ressort tellement sur la peau blanche qu'elle n'a techniquement pas besoin de mettre une seconde couche mais elle s'applique... et passe de nouveau ses doigts, avec douceur, sur la peau de kube. Le rouge apparaît moins, peut-être parce qu'il a souffert de la chaleur moite de la jungle. Elle dessine les esprits qui fendent le ciel au-dessus des sourcils de Petite Lumière. Elle prit garde à ce que cela ne durcisse pas les traits de son visage ; elle voulait embellir les yeux ambres. Enfin, elle redressa le menton du kube pour appliquer les derniers traits de peinture sur son cou. Elle trempa quasiment tous les bouts de ses doigts dans les différents bols de peinture et, d'un seul geste sûr et habitué, dessina des plumes, une à une. Les détails prirent plus de temps. Elle se servit de son auriculaire pour faire chaque barbe et barbule. Une fois terminé, elle souffla et se recula pour voir le résultat.

Petite Lumière:
 

Mekaro, les peintures de son visage terminées bien avant celles de Petite Lumière, se penche en avant pour voir le résultat. Il glousse. :

-Impressionnant ! Bon travail Ajo.

La petite sœur rougit encore une fois et s'en va en remerciant le kube sans attendre une réponse. Mekaro soupire. :

-Ne lui en veut pas, elle est très timide.

La mère sourit, le père opine du chef. Toute la petite famille semble approuver le résultat. Petite Lumière est devenue Grande en quelques traits de peinture. Et l'activité reprend, la mère s'occupe des plus petits tandis que le père va dans une pièce voisine où il stocke les bracelets et colliers de cérémonie, les perles s'entrechoquant à chaque mouvement. Mekaro les pointe du doigt. :

-Le Wayanga va d'abord parler au feu, au centre du village puis nous allons danser et chanter autour de lui. Tu n'es pas obligé de nous accompagner, certains vont rester sur le côté et simplement taper les pieds en rythme. Quand tout le monde sera prêt, nous irons là-bas.


HRP: Je fais un post court pour que tu puisses gagater sur Ronron en mode Guerrier Kayapo (il peut faire un selfie XD)... Il est beau heiiiiin 8D ?


##   Mar 28 Fév 2017 - 20:00

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C'est fou, je suis tout nerveux lorsque la jeune Ajo s'approche de moi pour me peindre. A côté, sa mère s'occupe de Mekaro et je suis ses instructions silencieuses - garder la tête droite, la baisser, lever le nez vers le ciel - pour lui faciliter la tâche, docile. Le contact de la peinture sur ma peau est étrange, un peu désagréable, au début. Je me doute que ça doit un un peu lourd en séchant.

Pendant ce temps, je détaille l'adolescente face à moi. Elle a l'air dextre ; on ressent toute l'application qu'elle y met, sa concentration, sa fierté, sa volonté de bien faire. Parfois, je souris lorsqu'elle me chatouille la peau. Les arts qui se transmettent paraissent toujours "plus beaux"…

J'essaie de m'imaginer à quoi ressemblera le résultat final en suivant imaginairement les lignes tracées par ses doigts. Lorsqu'elle s'éloigne, j'incline un peu la tête, curieux, et esquisse un sourire.

—Alors, c'est bien ? je demande à Mekaro.

La jeune fille s'embarrasse encore, avant de s'en aller. Je voulais la remercier, mais j'en ai à peine eu le temps. Une moue se dessine sur mon visage, avant que je ne détaille les peintures de Mekaro.

—Les tiennes sont chouettes. Elles ont une signification précise aussi ? je lui demande en souriant. Et comment dit-on "merci" dans ta langue ?

Il faut bien penser à cette petite, elle s'est tellement impliquée que je me suis senti rougir… Et d'ailleurs, voir le résultat m'intéresse grandement, maintenant ! Je louche un peu pour essayer de les apercevoir, mais franchement, rien de très concluant. Alors je hoche la tête en écoutant Mekaro m'expliquer comment vont se dérouler les choses.

—Je suis nerveux, je souris maladroitement.

Farfouillant dans mon sac, je sors mon téléphone portable pour activer le mode selfie et m'admirer. OMG JE SUIS BEAU.

—C'est vraiment génial, je m'enthousiasme, me retenant de sautiller sur place comme un gosse - parce que c'est pas très très swag.

Puis je prends une photo (bon, d'accord, pas qu'une, mais PUNAISE GAE VA ÊTRE VERT) pour garder le souvenir.

—Je veux jamais oublier ce moment, je dis à Mekaro. Ca garde les images en imprimant la lumière dedans. Tu veux essayer ? Enfin, si tu ne veux pas, il n'y a pas de problème, bien sûr.

J'ai vraiment l'air d'un foutu touriste - ce que je suis évidemment.



Je vis en #FEA347.


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Dernière édition par Aaron Williams le Lun 21 Aoû 2017 - 14:57, édité 1 fois
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