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Remmetons les choses au clair (avec Charlie-Ange)
##   Ven 27 Mai 2016 - 18:21

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Kurei Yataro
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Humeur : Interchangeante et difficile à deviner quand elle diffère à la norme

Je respire profondément, ma concentration focalisé uniquement sur mon corps et ce que je suis en train de faire. Voilà quelques jours que je suis arrivé à cet endroit qui s’appelle Terrae. Cette maison des fous, à ce que j’ai pu voir jusqu’à présent. Les mots de la jeune fille que j’ai rencontré à l’entrée de cet… établissement… n’ont toujours pas quitté mon esprit. Elle parlé des pouvoirs. Comme de la magie. Et elle était sûre de ce qu’elle disait, elle le croit certainement. Mais pas moi. Je sais faire la différence entre de la fantaisie et de la réalité, et la magie ne fait certainement pas partie de la réalité.

toc

La flèche que j’ai relâchée de mon arc se pointe dans un arbre à environ un mètre de l’arbre que j’ai pris pour cible et je fonce les sourcils. J’aurais pu m’y attendre. C’était la même chose avec les trois ou quatre flèches précédentes. Je sais que mon manque de précision est partiellement dû au fait que  mon attention et mes pensées sont ailleurs. Et puis, il est fort probable que mon arc et mes flèches y sont des coupables aussi. Après tout, cela faisait longtemps depuis que j’ai tenté de faire un yumi, et la toute première fois que j’en ai fini un. Sans parler des flèches. Sans un maitre qui me regarde à travers l’épaule, il est certain que j’ai mal fait quelque chose… ou même beaucoup des ‘quelque choses’.

Je secoue la tête et me dirige vers les arbres que j’ai choisi pour cibles et retire mes flèches, mais je ne retourne pas à ma place précédente et ne retourne pas à l’entrainement – mon premier depuis des années, bien que j’ai remarqué ne rien avoir oublié. J’ai juste perdu en concentration et précision, mais ça peut se travailler.

Décidant de prendre une pause, je m’assoie aux pieds de l’arbre, mes flèches d’un côté et mon arc de l‘autre et mes pensées retournent à leur cheminement d’avant. Terrae. L’endroit que je considère une maison des fous. L’endroit que j’aurais pu (et dû) quitter le moment où j’ai réalisé où est-ce que je me suis retrouvé. Mais je suis resté. Je me suis décidé de rester. Certes, je ne suis pas taré comme le ‘Master’ l’a certainement pensé quand il m’a dit de venir ici, mais ce n’est pas comme si j’aurais où aller sinon. Entre une maison des fous et les rues des villes, je préfère de loin une maison de fous. Pas uniquement pour moi, mais pour Liryo.

Le mec qui m’a dit de venir ici m’a pris pour un fou. Mais même dans ce cas-là, il m’aurait pas menti, je croix. Et il a dit que je pouvais trouver un moyen d’aider Liryo ici. Alors autant chercher. C’est le seul endroit où il y a un espoir pour lui de toute façon et donc je dois rester. Je dois chercher. Même si cela reste bien un travail d’un fou (quelle ironie…), je dois au moins essayer. Je dois être sûr. Je ne me pardonnerai jamais si au moins je n’essaye pas.


Dernière édition par Kurei Yataro le Sam 28 Mai 2016 - 21:40, édité 1 fois
##   Ven 27 Mai 2016 - 18:58

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Charlie-Ange Petit
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Les oiseaux chantent quand son esprit fulmine, le renouveau dans la nature le remplit lui aussi d’une nouvelle énergie. Le chant des oiseaux dans la cour l’a réveillé bien plus tôt qu’il ne l’espérait, mais toute trace de sa fatigue de la veille semble avoir disparu, remplacée par une étrange sensation coulant dans ses veines. Il se sent bien, calme. Ses questionnements intérieurs semblent s’être tus avec le soleil qui vient frapper son visage. Il sourit en plissant des yeux, l’idée de se rendormir effleure sa conscience mais le sommeil le fuit encore, aussi il décide d’étendre ses bras et de s’étirer dans un nonchalant bâillement.

Devant la glace embuée par la chaude douche qu’il vient de prendre, il se demande comment occuper le temps libre qu’il vient de glaner. Il hésite sincèrement, n’ayant rien de prévu il peut aller où le guide ses pas. S’il voulait faire du shopping, ou aller peindre rien ne le retiendrait de le faire. Pourtant sondant son cœur, il se rend compte qu’il n’a aucune envie de perdre son précieux temps en futilité. Non, à la réflexion, la peinture n’est pas pour lui une activité futile, mais il ne ressent pas le besoin de sortir ses pinceaux et d’aller planter son chevalet dehors.
Il passe une main dans ses cheveux un peu long, se disant qu’il pourrait aller se les faire couper, un instant de réflexion le fait conclure qu’il peut encore attendre. Ils ne tombent pas encore dans ses yeux. Indécis, il finit par chausser ses baskets et sortir de son encombrée chambre.

Voyageur, tu n’as pas de chemin ; construis ton chemin en marchant, dit l’adage. Se livrant à la frivolité que lui offre son réveil matinal il décide de ne pas se fixer d’objectif. Il avance, droit devant lui, quitte l’établissement scolaire où se cache le dortoir. Il s’éloigne coupant à travers champs, profitant encore et toujours de la douceur du temps. La nature qui s’était tue tout l’hivers reprend enfin son chant. Il a l’impression d’être entouré par une multitude de bruits, cette mélodie ravit son cœur. Il s’abaisse un instant creusant la terre du bout des doigts il récupère quelques poignées de poussière entre ses mains jointes. Les particules jadis disjointes se réunissent en une sphère ronde et compacte. Il lui a fallu un mois pour obtenir ce résultat et aujourd’hui cela lui semble tellement simple.
Il se relève, un sourire énigmatique sur le visage. Il ne sait même pas ce qui le met de bonne humeur, alors qu’il se sait seul une mélodie simple nait de ses lèvres. Il sifflote le cœur joyeux, libre et oisif, en cet instant tous ses soucis semblent s’être envolés. Ils reviendraient bien assez tôt noircir son cœur pour qu’il se permette de les oublier l’espace d’une matinée.

Il voit l’ombre accueillante du sous-bois, se rendant compte qu’il a un peu chaud il détourne à nouveau ses pas. Les arbres l’entourent bientôt. Alors qu’il marche au fil de ses envies, la sphère de terre dans sa main change lentement de forme. D’abord simples et géométriques, un cube, un losange, elles deviennent de plus en plus sophistiquées, accaparant de plus en plus de la concentration de l’homme. Ce qui devait arriver, finit par arriver. Ne se préoccupant plus nullement de là où il pose ses pieds, une racine mal placée finit par le faire chuter dans un vacarme mêlé d’une ribambelle de jurons.


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##   Sam 28 Mai 2016 - 0:40

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Je ne sais pas combien de temps je reste assis aux pieds de cet arbre sans reprendre mon arc. Mes pensées tournent dans tous les sens alors que j’essaie de trouver des possibilités d’aider Liryo en ce lieu. Mon arc est oublié quand je laisse la nature m’entourer, me faisant oublier où je suis. Petit à petit, mes pensées de Terrae et même de Liryo se calment quand le chant des oiseaux remplie ma tête. Je ne combats pas cette influence et laisse mes pensées s’échapper. Ça ne sert à rien de se prendre la tête avec ces choses pour le moment. Tout d’abord, va falloir vraiment connaitre le lieu où je suis arrivé et essayer de découvrir pourquoi on m’avait dit que j’ai pourrait aider Liryo en venant ici. Mais pas maintenant. Maintenant, mon cerveau demande de repos.

Cette forêt me fait penser à une jungle. Elle est pleine de vie, difficile à naviguer par moment, c’est facile de s’y perdre. C’est comme un château de Mère Nature. Son parfait palais. Un de très peu encore présent au monde si on compare avec le nombre avec lequel Mère Nature a commencé. J’éspère que les hommes n’y toucherons pas. L’humanité a déjà pris beaucoup trop de territoire à la reine d’origine de notre planète. Et en plus, nos propres palais, aussi grands qu’ils soient, ne seront jamais aussi beaux que les palais de la Mère Nature.

Me retrouvant plus calme et à l’aise que je ne l’étais depuis des mois, je me relève et reprends mon arc. Quand j’encoche la flèche, il n’y a qu’elle, mon arc et moi qui existons. En ce moment même, je suis un archer de la reine de la Terre, je ne fais qu’un avec la forêt qui m’entoure. C’est ici mon chez moi, c’est ici où le passé ne conte pour rien. Il n’y a que la flèche et moi et juste le moment présent, ce moment de calme, ce moment où je peux retrouver mon centre. Et quand la flèche partira, elle retrouvera sa cible, qui a mes yeux n’es plus un arbre, mais une cible vivante, un des ceux que je dois éliminer en tant qu’un archer de ma reine… un archer de la Mère Nature qui protège son domaine tel les elfes dans les contes…

Un bruit soudain parviens à mes oreilles, le bruit des feuilles secs dérangés soudainement, des petites branches qui se cassent sous un poids lourd, tout une symphonie mal organisé des bruits naturels et en même temps tout autre que cela. Mon rêve se brise et quand je relâche ma flèche, ce n’est qu’un arbre qu’elle perce. Je baisse mon arc. Avec le rêve, mon calme presque surnaturel est brisé aussi et par reflexe, je remonte les murs et palissades autour de mon cœur qui sont tombés sans que je m’en aperçoive. Je me retourne calmement en direction de laquelle m’est provenu le bruit, mes mouvements lents et mon expression probablement désintéressé – c’est la tête que je fais d’habitude en tout cas. Mes yeux trouvent l’origine de cet vacarme infernal, du moins presque. La personne qui l’a fait a dû tomber et restait encore caché à ma vue par les buissons. Quelques pats devant moi, je remarque un objet par terre qui m’attire mon attention et je lève un sourcil d’un millimètre en surprise. Il me semble que c’est une… fleure ? Peut-être un peu déformé, mais c’est le plus à ce que l’objet ressemble. Une pierre en forme de fleure.

« Vous allez bien ? Vous ne vous êtes pas blessés ? »

Je demande quand je ne vois toujours personne se relever et je fais quelques pas vers là où il me semble que quelqu’un a chuté. Quand je m’approche, mes yeux trouvent encore la pierre bizarroïde et je remarque soudainement que ce n’est pas une pierre, mais de la terre. Ou peut-être de l’argile. Pas mal. La personne qui l’a fait a dû y mettre beaucoup de travail pour lui donner cette forme, ben qu’elle soit encore imparfaite.

Mes yeux quittent la fleure bizarre et retournent vers les buissons où je parviens finalement à percevoir quelqu’un. C’est un jeune homme probablement de mon âge ou plus âgé, je ne sais le dire. La seule chose que je sais, c’est qu’il est difficile de ne pas le voir entre les feuillages vu ses habits multicolores. Il les a peints ou quoi ?

Je décide que cette question sera mieux gardée dans mon esprit. Au lieu de ça, je lui offre une main pour lui aider à se redresser. Bien que je ne pense pas qu’il soit content que son visage ait eu un contact aussi proche et intime avec le sol, je dois avouer que je préfère ça à la possibilité qu’il soit entré sur le trajet de mes flèches. Il lui manqué pas beaucoup, vu la direction dans laquelle il semble s’être dirigé.

« Une forêt toute entière et vous étiez pas loin d’être en plein milieu du trajet d’une flèche vers cet arbre-là. Vous êtes soit extrêmement chanceux, soit l’inverse. Vous n’avez rien ? »

Je dis en pointant brièvement vers l’arbre un peu plus loin vers ma gauche et sa droite où ma flèche est enfin entré dans la cible que j’ai voulu, puis je retourne mes yeux vers lui. Bon, au moins il semble aller bien. Maintenant il va probablement s’excuser poliment et repartir où que ce soit qu’il allait. En tout cas c’est que j’espère qu’il fera.
##   Sam 28 Mai 2016 - 21:28

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Le temps s’arrête en même temps que sa respiration, alors qu’il sent le monde se mouvoir plus lentement que lui, il jure, et enfin rencontre le sol dans un fracas qui rompt la mélodie de la nature. Les oiseaux s’envolent, fuyant ce bruit qui les effraie, un instant tout devient silencieux. La nature, après avoir retenu son souffle cherchant la présence d’un danger, n’en trouvant pas, reprend sa mélopée, ne se souciant guère du protagoniste étalé à ses pieds. Le charme s’est brisé, pour lui, au contact douloureux de ses mains sur le sol. Il a eu ce réflexe de tendre les bras devant lui pour se protéger, qui malheureusement aura été vain car trop tardif…
Sa tête heurte le sol, il se retrouve un instant étourdi avant de reprendre ses esprits. Se redressant lentement il cherche du regard la petite fleur de lys sur laquelle il travaillait avec ardeur. Celle qui occupant toutes ses pensées l’avait déconcentré au point qu’il en oublie de regarder où il mettait ses pieds sur ce terrain impropre à la marche en aveugle qu’était la forêt. De nombreux pièges semblaient posés là, masqués par une couche de feuilles sèches, attendant les imprudents.

Il est étonné de trouver un homme lui faisant face, il ne l’a pas attendu approché tout désorienté qu’il était. Est-ce son esprit qui lui joue à nouveau des tours ? Cela s’est déjà vu, un coup à la tête n’étant pas souvent la meilleure des augures pour sa raison. Pourtant, l’homme au visage neutre lui semble réel. En contradiction avec cette absence ostentatoire d’expressions dans ses traits, sa voix se fait un peu inquiète. Il lui demande s’il va bien. Suite à une telle chute, il est normal que ce fut la première des préoccupations de l’inconnu. Charlie-Ange se redresse lentement et s’asseyant sur son séant se frotte le museau pour se donner une contenance qu’il est loin de posséder.

« Je vais bien, je pense. »
dit-il honteux.

Si sa chute avait pu se passer d’autres spectateurs qu’un merle et un écureuil, cela lui aurait tout à fait convenu, le timide homme, comme bien d’autres n’aime pas qu’on le voit en piteuse posture. Enfin, pour le coup qu’on l’entende. Il est certain que le brun qui lui fait face n’était pas présent quand il a perdu l’équilibre, mais pourrait-il le jurer alors que son attention était accaparée par la petite fleur qui a roulée trop loin pour que son regard ne la distingua parmi les ombres de la forêt ? Non, bien sûr que non. Alors celui qui lui fait face n’a pas assisté à la chute mais en a seulement constaté le résultat. Il ne sait si cela est plus enviable.
La première impression qu’il a dû donner ne doit pas être des plus brillantes, mais n’y pouvant à présent rien changer il ne peut que l’accepter. Cela le gêne un peu, il s’est pourtant promis de ne plus rester paralysé par sa timidité dans de telles situations… situations qui du fait de sa maladresse se produisent malheureusement trop régulièrement à son goût.

L’inconnu au regard sombre lui tend une main pour l’aider à se relever. Il hésite un instant sondant son corps pour voir si ce dernier ne souhaite pas rester à terre encore quelques minutes, mais il se sent étonnamment bien. Entier, il n’a pas perdu une jambe dans la bataille et son esprit semble s’être assez éclairci pour qu’il se saisisse de la main qui l’aide à se redresser.

Le passage en position debout se fait sans heurt, plus de peur que de mal pense-t-il en essuyant un peu de l’humus qui macule son front. Il n’a pas fait les choses à moitié, l’ombre des sous-bois ayant gardé l’humidité d’une ancienne averse a rendu la terre plus salissante encore. Une marque humide et boueuse reste sur son front.
Il regarde dans la direction que pointe le brun et voit la flèche fièrement plantée dans un arbre. Il était en effet sur la trajectoire. Il décide qu’il a eu de la chance et lance avec un sourire mi-figue mi-raisin :

« Je l’ai entendu arriver et je me suis jeté au sol. »
Il essaie de prendre un air bravache qui ne convainc personne, pas même lui. Devant l’absence de réaction sur le visage de son vis-à-vis, il reprend son sérieux et ajoute avec sincérité « Je plaisante, je l’ai échappée belle, le sol fut un moins rude adverse que votre flèche. »

Et la défaite fut aussi moins douloureuse, s’il ne doute pas de l’habilité des soigneurs de Terrae pour soigner sa plaie, il se passerait avec plaisir de devoir leur expliquer comment elle était arrivée là. Il cherche du regard l’arc qui devrait se trouver à proximité, mais ne le trouve pas, il est encore dissimulé à sa vue par des branchages. Par contre son regard retrouve la petite fleur à l’origine de tous ses maux. Il s’accroupit et la prend délicatement dans sa main avant de la glisser dans sa poche. Il la finira plus tard.
Ce faisant il constate l’état déplorable dans lequel se trouvent ses mains, crottées par de la terre de même que l’est son pantalon et son front. S’il est adepte des taches de peinture, la boue ne lui plait guère, il cherche son pouvoir et passant une main sur ses habits comme pour les épousseter il récupère la terre qui les macule. Il fait de même pour son visage, bientôt une petite boule de terre totalement sphérique flotte au-dessus de sa paume. Sans même y penser il la compresse mentalement pour en extraire quelques gouttes d’eau et la glisse tout aussi mécaniquement que la fleur de terre sans la poche de son pantalon. Il s’adresse au jeune homme :

« Avez-vous un arc où vous entrainez-vous à la propulser à l’aide de votre pouvoir ? »


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##   Dim 29 Mai 2016 - 0:06

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Je suis soulagé quand l’homme en face de moi m’assure qu’il va bien, mais comme d’habitude, je refuse de le montrer. Ça ne serait peut-être pas de ma faute s’il lui arriva quelque chose, puisque de toute façon ma flèche l’a loupé de loin, mais ce n’est pas véritablement la question.

A son faux assurance comme quoi il a ‘entendu la flèche arriver’, j’ai presque envie de souligner que j’ai relâché ma flèche après l’avoir entendu chuter, mais l’homme en face de moi semble réaliser que sa tentative de sauver sa face était plutôt raté. Alors il essaye de la faire passer pour de la plaisanterie. Je me passe de répondre. Il a l’air assez embarrassé par la situation sans que j’y ajoute des commentaires, surtout que les seuls mots qui me viennent à l’esprit sont loin d’être adaptés à le mettre plus à l’aise. Quelque part je le comprends. Je ne voudrais pas me retrouver dans une situation telle que la sienne non plus.

Du coin de mon œil, je le vois prendre la fleur de terre que j’ai remarquée auparavant. Elle était donc à lui. Il pourrait être artiste, ou au moins un artiste amateur, vu l’état de ses habits (après tout, c’est bien des taches de peinture là, non ?) donc c’est peut-être lui qui l’a fait. Ou peut-être c’est juste un objet précieux. Quoi qu’il en soit, cela ne me concerne pas.

« Tant que vous n’avez rien. »

Je dis finalement et décide de lui tourner le dos pour revenir à mon entrainement et le laisser repartir comme je soupçonne qu’il ferra. Mais avant que je ne puisse agir selon ma décision, mes yeux le voient passer sa main sur ses vêtements et son front et, comme par magie, la boue qui le couvrait se retrouve en boule flottante juste au-dessus de sa main.

Si ce n’était que mon expression et mes émotions ne corrèlent pas, je serais probablement très visiblement stupéfait. Au lieu de ça, mon expression reste parfaitement neutre et désintéressé, comme si je voyais ce genre de chose tous les jours ou toutes les quelques heures. Dans ma tête, c’est une toute autre chose quand le visuel me rappelle encore une fois des mots de la fille aux yeux vairons quand elle a laissé échapper  quelque chose au sujet des pouvoirs. Pouvoirs que j’ai soupçonné magiques. Sur le moment, je pensais qu’elle était dingue et que je me suis retrouvé à une maison des fous. Je le pensais même il y a quelques minutes. Mais me voilà en train de voir quelque chose devant moi qui ne peut être que de la magie quand la boule se compresse et le jeune homme la mets dans une poche de son pantalon.

J’étais pourtant sûr d’être saint d’esprit, mais en voyant une chose toute à fait impossible, je me retrouve douteux de ce que j’ai pensé évident. Peut-être c’était bien que j’étais envoyé ici par ce type. Il avait peut-être remarqué que je faisais des hallucinations, que je perdais la raison. Après tout, ce que je viens de voir ne peut être qu’une illusion… une hallucination. Oui, voilà ce que ça doit être ! Il n’y a aucune autre explication que celle-là. Personne ne peut faire flotter de la terre, après tout, c’est logique.

« Avez-vous un arc où vous entrainez-vous à la propulser à l’aide de votre pouvoir ? »

La question entre par un de mes oreilles et sort par l‘autre, à peine ayant le temps d’être digéré. Mes pensées étant complètement ailleurs, je réponds automatiquement, sans réfléchir, comme si je ne venais pas d’être demandé la chose la plus incroyable que personne ne m’a jamais demandé.

« Je m’entraine à l’arc. »

C’est ma propre voix qui m’aide à retrouver mon centre et à retrouver plus ou moins mes esprits, bien que je doute que mon interlocuteur ait remarqué quoi que ce soit de ma réaction interne suite à son acte que je n’arrive toujours pas à croire avoir vu. Ceci dit, ce n’est pas comme si je pouvais prétendre que rien n’est arrivé. Bien que je sois sûr d’avoir halluciné le petit jeu de boue devenant une boulle flottante, je ne peux pas nier ce que je viens d’être demandé. Encore un taré qui croit au pouvoir magiques alors. Mais vu que je commence à halluciner la même chose, peut-être que je devrais au moins essayer d’apprendre ce qui m’attends. C’est peut-être ce lieu qui fait les gens halluciner des pouvoirs, et vu que je semble commencer aussi, il est probablement trop tard pour sauver ma psyché. J’ai beau être habitué à me perdre dans mes pensées et mes rêves, mais là, je suis sûr que ce n’était pas une telle vision. C’était différent, mes propres pensées n’y influèrent pas, donc ça ne peut être qu’une hallucination. Probablement la première des innombrables qui vont suivre. Alors autant se préparer à ce qui m’attend. Essayons d’entrer tout doucement dans le sujet…

« De quel genre de pouvoir vous parlez ? »

Bon, c’est loin d’être subtil, j’avoue, mais il est trop tard. De toute façon, plus tôt que je lui fasse comprendre que je n’ai aucune idée de quoi il parle, et plutôt il me racontera ses hallucinations. J’aurais au moins une idée à quoi s’attendre chez moi-même. J’espère…
##   Dim 29 Mai 2016 - 10:37

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Charlie-Ange Petit
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Les yeux de l’homme cherchaient à terre l’évidence qui se trouvait dans la main de l’archer. L’arc majestueux s’étendait en une courbe aérienne. Le français n’en avait jamais vu de tel, il était habitué à ceux plus courbes qu’utilisaient les européens. Grand, bien plus que ceux qu’il avait déjà rencontrés. Fin à l’extrême, l’objet lui semblait-il, aurait pu se briser à la moindre sollicitation. Il était loin d’imaginer la résistance qu'il pouvait montrer et la tension qu’il pouvait supporter. Il n’en notait pour l’instant que l’élégance et l’esthétisme. Ce n’était pas un guerrier contemplant une nouvelle arme, mais un artiste face à une nouvelle œuvre.
Pour avoir souvent travaillé le bois au fil de ses pérégrinations artistiques, il se dit qu’une telle finesse ne pouvait être l’œuvre d’un individu lambda, et qu’il avait fallu des heures de travail, de patience et de nombreux échecs avant d’atteindre ce résultat.

La confirmation vient des mots du brun, le trouble aussi. Alors cet arc pouvait résister aux assauts d’une flèche, il cherche encore un instant un autre propulseur, plus résistant. Un qui aurait permis à la flèche d’arriver si loin sans remettre en cause toutes les lois de physique qu’il pense établies. Il n’en trouve pas et se résigne avec bonne humeur, après tout ne-sont-ils pas à Terrae ? Ici la notion d’impossible n’est que bien vague, il n’est pas sûr qu’elle figure encore dans le vocabulaire de tout un chacun.
L’étonnement, lui, a trouvé le chemin de ses traits et s’épanouis sur son visage. Une réaction toute enfantine face à une œuvre qu’il ne connait pas mais l’émeut. Cette réaction ne changera jamais il serait à parier, l’artiste aime créer autant qu’il prend plaisir à découvrir. L’inconnu n’est à ses yeux plus qu’une grande œuvre à observer.

Il est bien étrange de trouver de semblables sentiments dans le cœur des deux hommes se faisant face. Tous deux surpris et désappointés pour des raisons bien différentes. L’un découvrant les pouvoirs de l’autre, le second découvrant la magie de la création de son vis-à-vis au regard bleuté. Pourtant ce que le premier cache derrière un visage de marbre, Charlie-Ange n’a pas de filtre adéquat pour le dissimuler. Il montre ce qu’il ressent, sans la moindre atténuation, sans le moindre remord. La vie est trop courte pour perdre du temps à se forger des masques, faire semblant c’est trop fatiguant pense-t-il. Faignant dans l’âme il préfère se concentrer sur ses passions que de se compliquer la vie.

Il se rend compte de sa méprise, l’absence de réactions sur le visage du brun, n’est nullement le reflet d’une absence de surprise face à ces paroles. Il ne semble pas au courant des pouvoirs en général. Il jure dans sa tête, jusqu’à présent il avait toujours été le nouveau, celui à qui on explique. Expliquer à son tour ce qu’étaient les pouvoirs lui semblait une tâche bien compliquée. Pourtant il allait devoir le faire n’est-ce pas ? C’était d’un complexe ! Ce qu’il avait accepté comme réalité avec le temps lui semblait encore souvent irréel, pourrait-il mettre assez de conviction dans ses propos pour qu’ils soient percutants ?
Il n’en était pas certain, et s’il n’avait jamais eu de soucis à enseigner l’art que l’absence d’intérêt de ses élèves, il ne s’était jamais tenté à enseigner un sujet qu’il ne maîtrisait que partiellement. C’était pourtant le cas des pouvoirs, s'il commençait à maîtriser le peu qui lui avait été donné, il ne comprenait toujours pas les règles qui les régissait d'une manière générale. S’émerveillant de trop devant eux il doutait de leur tangibilité, pensant trop souvent encore rêver. Il n’était décidément pas la personne la plus adaptée pour ce job-là.
Pourtant la force des choses lui retirait le temps du doute. L’action devait toujours primer sur la réflexion. Aussi stoïque que fut l’homme lui faisant face, il aurait été criminel de ne pas l’aiguiller quant aux dangers, mais aussi merveilles de Terrae. Il prit une inspiration comme pour se donner du courage. Ce qu’il allait raconter était incroyable :

« Tu ne sais vraiment rien ? »
il soupire, il avait gardé cet espoir idiot que l’archer le faisait marcher. Tant pis, il s’approche de lui pour se trouver à une distance raisonnable pour une longue conversation. Il n’aime pas hausser le ton ce Petit homme. « Les pouvoirs dont je parle sont liés à la nature et à l’homme. A la place du vide que tu as ressenti en arrivant ici, un jour on te proposera d’obtenir des pouvoirs. Tu ne pourras pourtant pas choisir celui que tu développeras comme on choisit un hobby dans lequel s’investir. Ton pouvoir te sera encore plus intimement lié que tes choix, il dépendra autant de tous ceux que tu as déjà fait que de tous ceux que tu feras. » Il fait une pause, peu sûr d’être totalement clair. « En gros, ton caractère détermine ton pouvoir, ce qui peut parfois être très surprenant d’ailleurs, car on découvre beaucoup sur soi-même lors de l’obtention de nos pouvoirs… » Il se rend compte que ce n’est peut-être pas ce qui intéresse son vis-à-vis. « Les pouvoirs que tu reçois peuvent te permettre de contrôler, l’eau, la terre, le feu, l’air mais aussi la foudre en fonction de l’affinité que tu recevras. » Bon c’était déjà le principal, mais il manquait un petit quelque chose… « Tu pourras tirer tes pouvoirs de la lune ou du soleil, en fonction de cela il y a des pouvoirs différents pour chaque affinité majeure… Mais je ne me souviens pas de tous, je sais que je suis terre, comme tu as pu le remarquer, solaire et que de ce fait je peux créer des illusions visuelles dans l’esprit des gens, les terres lunaires développent eux une force incommensurable, on les appelle des titans. J’ai aussi une amie tonnerre qui sait se téléporter… Désolée de ne pouvoir t’en dire plus, les masters, les professeurs qui donnent des cours, pourront sans doute mieux t’expliquer que moi… » Après-tout c’étaient eux qui lui avaient enseigné tout ce qu’il savait à propos des pouvoirs, à son habitude il n’avait pas pris de notes et n’avait finalement retenu que ce qui lui était utile à l’emploi.


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##   Dim 29 Mai 2016 - 12:26

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Humeur : Interchangeante et difficile à deviner quand elle diffère à la norme

En regardant le jeune homme devant moi, j’ai presque l’impression de regarder dans un miroir enchanté qui au lieu de refléter mon visage reflète mes sentiments. Le châtain porte une expression d’un gamin qui rencontre le Père Noel pour la première fois quand ses yeux retrouvent mon arc. Il n’a visiblement jamais vu un yumi. Cela ne m’étonne pas vraiment. Il n’a pas l’air japonais et à mes connaissances, hors du Japon, les gens qui ne s’entrainent pas au tir à l’arc japonais n’en ont jamais vus.

Mon observation de lui est interrompue lorsqu’il me demande si je ne sais vraiment rien des pouvoirs. Je lève subtilement un sourcil. Ai-je l’air de prétendre ? Aurais-je posé une telle question si j’étais au courant ? Les mots quittent presque mes lèvres avec un ton sarcastique et même légèrement moqueur, mais avant qu’elles ne puissent le faire, il continue à parler après s’être approché de moi. Tant mieux. Quelque chose me dit que mes répliques piquantes et satiriques ne sont pas les plus adaptés pour le faire parler.

Quand il commence son explication, je m’assoie à nouveau aux pieds d’un arbre et lui fais signe de me joindre poliment sans l’interrompre. J’ai un pressentiment que ceci va devenir une conversation plutôt longue. La première chose qu’il mentionne qui me frappe est ‘le vide que j’ai ressenti’. Je me tends légèrement, ma mémoire me présentant trop facilement le moment de ma vie où j’ai me suis effectivement senti vide… creux… vidé de toute vie et même de volonté de vivre. Dans ma tête, je vois mon oncle, son sourire moqueur et cruel quand il m’avoue la vérité sans hésitation, sans scrupule. Je serre mes poings et chasse la mémoire de ma tête. L’arc dans ma main commence à trembler légèrement à cause de la force avec laquelle je le tiens et je le relâche pour le reposer avec soin à mes côtés. Les émotions qui accompagnent ce maudit souvenir m’ont évidemment pas quittés, mais j’arrive à nouveau à calmer mes réactions et avec un peu de chance, mon lapse de contrôle n’a pas été remarqué.

« Donc ces pouvoirs sont les miennes et c’est moi qui les développe… mais ils doivent m’être offert d’abord ? Je crains que je ne comprenne pas tout à fait ce que vous voulez dire. »

Je dis finalement quand ma source d’information s’arrête de parler, continuant à écouter sa réponse avec une seule oreille alors que mes pensées commencent à tourner dans ma tête. Le coup des différents pouvoirs liés aux éléments aussi bien qu’à la lune ou le soleil est assez compréhensible (ce qui est étonnant en lui-même, vu qu’il s’agit des hallucinations des malades), mais la façon dont les pouvoirs sont obtenus ne l’est pas du tout en ce qui me concerne. Cependant, si j’ai bien compris une chose, c’est que ces pouvoirs ne se manifestent pas par eux-mêmes. Il faut un tiers pour que je les obtienne. Donc, logiquement, tant que personne ne me ‘donne’ mes pouvoirs, je ne vais pas pouvoir les ‘développer’, ce qui doit revenir au fait que je ne vais pas commencer à halluciner que je puisse pratiquer la magie. La personne qui ‘donne’ ces ‘pouvoirs’ doit droguer les gens qui vont la voir les obtenir ou un truc dans le genre. Il n’y a aucune autre explication.

Mais tout cela n’explique pas pourquoi j’ai vu le jeune homme assis à côté de moi faire voler de la boue et la compresser.

Attends. Il a dit qu’il avait de pouvoir de terre et qu’il tire ses pouvoirs du soleil. Bien que cela ne me dit pas plus ‘qu‘il peut contrôler la terre’, il a aussi précisé que cela veut dire qu’il est capable de créer des illusions. Illusions et hallucinations ne sont pas loin l’un de l’autre. Alors il m’a fait halluciner ce trick ?

Pas possible. Les pouvoirs magiques, ça n’existe pas. Ce n’était qu’une hallucination de ma part… mais elle ne pouvait pas être produite par celui qui est assis à côté de moi. Si cela était le cas, cela voudrait dire que ses pouvoirs sont bel et bien réels et ceci n’est tout simplement pas possible !

Mes pensées continuent à tourner en rond comme ça jusqu’à me donner une migraine et finalement j’abandonne la tentative de m’expliquer ce à quoi j’ai assisté il y a à peine quelques minutes. Il n’y a pas d’autre explication qu’une hallucination, tout simplement, bien que je n’aime pas du tout ce que cela implique. Je deviens fou. Super. Comme si je n’avais pas une vie assez pourrie sans encore un problème.

« Cela explique au moins pourquoi il a insisté que je vienne ici… »

Je marmonne dans ma barbe me rappelant trop tard que le jeune homme à côté de moi va probablement tout entendre et ne rien comprendre. Tant pis. Mes pensées repartent à nouveau dans un cheminement que je contrôle à peine. Terrae doit être une maison des fous et le mec qui a manœuvré pour me faire venir ici à du penser que je suis aussi taré que tous ceux qui sont ici. J’aimerais bien dire que ce n’est pas le cas, mais plus j’y pense, plus il devient évident que je dois être en train de perdre ma tête. Parce que ce que j’ai vu et ce qu’il vient de m’être expliqué ne peut dans aucun cas être vrai et réel.
##   Lun 30 Mai 2016 - 9:54

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Et bien voilà, on y est. A parler de ce que l’on ne maitrise pas pleinement on se retrouve fatalement à être mal compris. Il aurait dû s’y attendre. Les mots pour enseigner ses passions ne lui ont pourtant jamais manqué. Le timide Angie pouvait devenir très loquace lorsque l’on parlait des choses qu’il aimait. Il pourrait parler pendant des heures du bleu de ciel qu’il adore photographier, de la peinture à l’huile et des diverses manières de la pratiquer. Aujourd’hui c’est différent. Il aime ses pouvoirs, ce n’est pas la question, mais ils lui sont si intimement liés qu’en parler autrement que par les généralités qu’on lui a apprises lui semble trop intime. Un peu comme s’il devait narrer ses parties de jambe en l’air. C’était gênant. Le problème étant qu’en parler en survolant la généralité qui se transmettaient depuis que Terrae existait, c’était un peu comme transmettre la sainte parole. Les mots s’étaient lentement empreints d’un mysticisme auquel il avait du mal à adhérer.
Au final, la comparaison avec le sexe qu’il venait de faire dans sa tête, bien que fortuite elle semblait fondée. Idéalisé, scénarisé, chacun avait une idée sur la forme qu’il devait prendre le coït. Chacun ses espoirs et ses fantasmes, ses attentes qui finiraient par être déçues car c’étaient en même temps moins et plus que ce que l’on en racontait. C’était personnel, et ce avant toutes choses. Chacun le vivait à sa façon, avec ses mots.
L’analogie avec les pouvoirs était dès lors possible. On vous décrivait vos pouvoirs, on vous imposait sans le vouloir dès votre arrivée une vision d’eux. Cette vision prenait d’ailleurs trop souvent un aspect mystique, comme s’ils ne dépendaient pas de vous, comme s’ils ne vous appartenaient pas. On vous faisait une faveur parce que vous vous étiez à un instant senti vide. C’était… Tellement réducteur ! Il y avait autant de rapports à ses pouvoirs qu’il y avait de Terraens, autant de façon de vivre avec. On pouvait s’en servir tous les jours, comme on pouvait les brider. On pouvait les aimer ou les redouter, comme avec le sexe on voulait avoir toute maitrise dessus mais bien souvent ça vous échappait… Pour le meilleur et pour le pire.

Il cherche ses mots pour répondre à la question de l’homme lui faisant face, ce dernier lui a fait signe de s’installer à ses côtés dans l’humus. Charlie-Ange, très au fait de ses dernières mésaventures, regarde le sol d’un air méfiant. Il se décide finalement à s’installer sur une racine qui en dépasse et le protège de la boue. Qui l’eut cru, l’homme n’a pourtant pas la réputation d’être précautionneux. Faut-il que l’esprit lui tourna encore pour qu’il ne s’assit pas en tailleur dans l’humus sans se soucier de crader son futal.
Il ne trouve pas les mots pour expliquer au mieux ce qu’il vient déjà de narrer, mais pourtant se force à reprendre la parole.

« Tu ne choisis pas le moment où tu reçois tes pouvoirs, on nomme ce passage l’initiation. Tu es appelé par les masters et on te propose soit de recevoir des pouvoirs, soit de rentrer là où tu vivais avant et de reprendre ton ancienne vie. »

Bien entendu chacun était libre, s’il décidait que son vide n’était au final pas si important, que ce qu’il avait vécu à Terrae ne lui plaisait pas, ou encore… Que sa famille, sa vie d’avant lui manquait trop, il pourrait partir sans qu’on ne lui reproche rien. Pourtant, l’attrait de la magie était si grand ! C’était comme rentrer dans un autre univers, comme recevoir sa lettre pour Poudlard ! Même sans n’en avoir jamais eu l’ambition consciemment jusqu’alors, il ne pouvait comprendre que l’on refuse cette chance. Les films et le fantastique universel faisaient, d’après lui, naitre un sentiment de frustration chez chacun. Le « ça n’existe pas » que l’on se répétait un peu déçu en sortant d’une salle de cinéma l’avait toujours titillé, aussi il ne comprenait pas ceux pour qui, cela aurait pu exister, mais le refusaient en quittant Terrae.
Il sait qu’il ne peut le leur reprocher, mais même se taisant, il ne peut s’empêcher de le faire dans son cœur. Chacun est différent, il le sait, personne n’aspire au même bonheur ni aux mêmes ambitions… Il se sent toujours un peu bête quand il se surprend à porter un jugement si dur.

« Il » a dit le brun ? Il doit parler du master qui l’a amené ici, la question comme souvent dans cette situation est qui. De plus en plus souvent les masters n’expliquaient rien, car ils savaient qu’ils ne seraient pas crus. Alors ils emmenaient leurs protégés ici, les laissant découvrir par eux-mêmes les merveilles de ce lieu.

« Mais bien sûr !
il s’exclame, une démonstration vaut miles discours. Choisis, n’importe quelle pierre que tu voies et désignes-la moi du doigt puis ne la quitte pas des yeux. » L’homme n’est pas encore un virtuose des images mentales, pourtant quand son comparse s’exécute il tend son esprit vers le sien. Il se concentre, plissant les yeux, les paumes des mains serrées sur ses genoux. Il se concentre pour faire clignoter la pierre au loin de toutes les couleurs, passant du rose au bleu avec une certaine lenteur. L’exercice lui demande beaucoup d’énergie. Pourtant plutôt que de créer une illusion de toute pièces il s’est contenté de changer les couleurs de la réalité. Certes, tout cela est factice, et quand il arrête son petit numéro, éreinté, elle reprend sa coloration normale. Grise un peu terne, recouverte d’une couche de mousse verte.


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##   Mar 31 Mai 2016 - 1:39

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Mes pensées furent interrompues à nouveau par l’explication de l’homme à côté de moi. Dans ma tête, un rire sarcastique fait office de réponse. Reprendre mon ancienne vie ? Quelle vie ? Comme si j’en avais une ! Quelle rigolade. Ce n’est probablement pas le cas de tout le monde, certes, mais pour moi, le choix dont il parle n’existe pas. Je n’ai pas une autre vie à laquelle je peux retourner. Pour moi, il n’y a que rester à Terrae ou revenir dans les rues. Ou la nature, s’il n’y a pas des villes à proximité. C’est censé être une vie, ça ? Uniquement un idiot pourrait le penser.

Mais même dans un autre cas, je ne pense pas que j’aurais choisi de partir. Non pas parce que ce lieu est un endroit que je peux considérer comme un nouveau chez moi, mais à cause de Liryo. Que ce soit réellement une maison des fous ou non, on m’a dit que je pouvais trouver un moyen de le soigner ici. Alors je dois essayer.

D’autre part, c’est possible que je n’aie jamais ce choix à faire. Après tout, cela fait deux ans que je suis à Terrae et je n’ai toujours pas eu l’occasion de faire cette ‘initiation’. Certes, j’ai passé la plupart de ces deux ans dans les lieux les plus désertes que j’ai pu trouver, mais cela n’explique rien. De toute façon, la seule raison pour laquelle j’ai évité les gens était tout simplement parce que je ne voulais pas devenir fou comme eux. Et puis, c’était la même chose que quand mon monde s’est écroulé autour de moi. J’ai eu beau dormir dans un dortoir avec au moins dix autres garçons, j’aurais aussi bien pu être un ombre ou un fantôme. Alors est-ce qu’il est étrange qu’au bout d’un moment j’ai arrêté d’observer les gens et d’aller vers eux ? (J'ai toujors évité les lieux où il y a foule, certes, mais quand même...) Je ne pense pas. Surtout que même en les observant je n’arrivais pas à trouver des informations utiles. Pour un asile, les gens qui s’y trouvent ont l’air bien saint d’esprit si on oublie la croyance en la magie.

Mais bon, je ne peux pas me plaindre. Au moins j’ai eu le temps de construire mon arc et quelques flèches pour me remette au tir à l’arc. Je n’avais même pas remarqué à quel point ça me manquait. Mais le réaliser me fait me sentir plus coupable. N’aurais-je pas dû passer ce temps à essayer de trouver de l’aide pour Liryo ? Moi, qui sait exactement ce que c’est avoir besoin d’aide et de ne pas en recevoir et qui a promis de faire tout ce qu’il pouvait pour aider ce petit chaton ? (Ou plutôt jeune chat maintenant, puisqu’il approche les trois ans. Du moins c’est ce que je crois mais bien évidemment, je ne peux pas lui poser la question et je ne sais pas quand est-ce qu’il est né exactement.) Et je n’ai pas tenue cette promesse…

Avant que je ne puisse sombrer dans mes sentiments de culpabilité, la voix du châtain à mes côtes perce mes pensées à nouveau. Il me demande de lui designer une pierre et ne pas la quitter des yeux. Sans trop réfléchir à la demande étrange, je lui montre la première pierre qui me passe sous les yeux et la regarde presque sans la voire, sur le point de me perdre à nouveaux dans mes pensées. Mais cela ne m’est pas permis quand la pierre commence nettement à changer des couleurs.  Je cligne mes yeux une, puis deux fois, mais le spectacle continue. Finalement, je regarde la personne à côté de mois malgré sa demande de ne pas laisser la pierre de mes yeux. Il a l’air très concentré, comme si quelque chose lui demandait toute sa concentration. Perplexe (bien que je ne le montre pas), je retourne mon regard à nouveau vers la pierre à couleur changeante jusqu’à ce qu’elle arrête et redevienne grise comme il faut. Pour un moment je ne dis rien avant de poser une question plutôt rhétorique, puisque je suis presque certain de connaitre la réponse.

« Le changement des couleurs de la pierre était bien produit par vous ? »

Je n’arrive pas à le croire. Ce n’est pas possible. Mais en même temps, je ne peux pas le nier. Je viens de le voir et il ne peut pas s’agir d’une simple hallucination, vu que j’ai désigné une pierre au pif  et qu’elle s’est mise à changer des couleurs uniquement quand je l’ai désigné comme on me l’a demandé. Et puis, si ce n’était qu’une hallucination toute simple, il est très peu probable que mon interlocuteur aurait vu la même chose comme il semble avoir vu et même s’y être attendu.

Bien évidemment, il pourrait aussi bien s’agir d’une illusion de sa part. Il avait dit qu’il pouvait en créer. Mais cela reviendrait au même. Que ce soit une illusion ou non, les deux possibilités reviennent au fait que les pouvoirs dont il parle, et donc la magie, sont réels. Soit ça, soit je suis aussi timbré que ceux que je croyais être des patients d’un asile.

« Incroyable. »

Bien que ce soit toujours un peu dur à croire, une partie de moi embrasse cette possibilité que la magie soit réelle. C’est certainement la partie désespéré de moi. Après tout, logiquement, je soupçonne que Liryo est bien au-delà du secours même pour le meilleur des vétérinaires. Sa maladie a eue beaucoup de temps pour s’établir après tout, et donc, à ce que je sache, il est extrêmement peu probable que qui que ce soit puisse l’aider. Mais en même temps, Liryo est mon meilleur et même mon seul ami. N’est-ce pas compréhensible que je m’accroche à toutes les possibilités de lui aider, peu n’importe leur improbabilité ou leur stupidité ?

Finalement, cet espoir fou finit par prendre le dessus dans mon esprit, bien que mon visage reste neutre comme d’habitude. Bien qu’elle soit forte, cette émotion est loin d’être assez forte pour être visible, mais je peux tout de même l’entendre dans ma voix. Je doute que le jeune homme qui viens de me faire croire que je suis fou l’ait entendue, par contre, puisque le changement de tonalité est minuscule. Même moi je l’entends à peine, donc s’attendre à ce que quelqu’un que je viens de rencontrer le remarque, c’est d’en demander trop. Mais cela ne me gêne pas. Au contraire, je préfère quand mes émotions ne peuvent pas être vues par ceux qui m’entourent. Cela assure au moins que mes émotions ne soient pas utilisées contre moi.

« Ces pouvoirs dont vous parlez… est-ce que certains d’entre eux peuvent servir à guérir, que ce soient des blessures plus ou moins profondes ou des maladies ? »
##   Mar 31 Mai 2016 - 22:18

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Charlie-Ange Petit
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C’est un véritable fiasco que cette rencontre. Peut-être car elle fut précédée de celle un peu brutale avec le sol pour Charlie-Ange, il doit avoir du mal à s'exprimer. Il a l’impression que son vis-à-vis ne capte rien à ce qu’il lui rencontre. Certes il peut comprendre que ces histoires de pouvoirs semblent abracadabrantes, mais l’absence de réactions sur le visage de l’homme est assez étrange. On pourrait s’attendre à y trouver de la surprise, ou bien même de l’interrogation, rien de cela. Il reste neutre comme si les paroles du français ne l’atteignaient pas. L’écoute-t-il seulement ?
Il en a la sensation pourtant. Alors pourquoi a-t-il l’impression que le courant ne passe pas. Est-ce que l’homme se moque tout bonnement de lui ? Connaissant les pouvoirs il se contente de mettre son aîné dans l’embarras et d’observer ses réactions ? On trouve vraiment tout types d’oiseaux dans cette contrée. Il ne saurait même pas émettre une hypothèse pour l’instant à son sujet.
Angie part toujours du principe que les gens sont gentils, c’est peut-être un tort qui lui aura coûté beaucoup au cours de sa vie. Coûté en temps, et il ne faut pas le nier en larmes. Pris pour un idiot par les mauvaises personnes, exploité parfois. Il faisait toujours de son mieux pour tout le monde, appréciant les sourires qu’il faisait naître sur les visages de ceux qui l’entouraient. Il était toujours prêt à dépanner quelqu’un, à expliquer quelque chose. Très vite certaines de ses connaissances ayant cerné ce trait de sa personnalité en avaient tout bonnement profité, et lui ne s’était rendu compte de rien, pensant que celui-ci était vraiment tête en l’air oubliant toujours son livre de cours, cet autre-là devait avoir du mal à communiquer en public puisqu’il ne lui parlait que quand il n’était pas entouré de ses connaissances.
C’était parfois allé loin, mais heureusement à la fac il avait rencontré des amis qui avaient su le soutenir et pointer du doigt ceux qui profitaient de lui. Le mettant en garde, quand ils estimaient que les attentes d’autrui dépassaient celles qu’il devait accepter.

En l’absence de ceux qui avaient essayé de l’endurcir, peiné de le voir toujours tomber dans le piège de l’hypocrisie et de la manipulation de ses pairs, il n’était plus certain de ce qu’il devait penser. Son caractère doux reprenait le dessus, et il n’imaginait pas un instant que son vis-à-vis se moqua de lui. Il se demandait juste s’il portait bien sa puce traductrice. Il cherchait une émotion le regard de l’homme lui faisant face avait-il compris ce qu’il venait de se passer ? S’était-il passé quelque-chose d’ailleurs ?
L’ancien professeur douta de son pouvoir, après tout il n’était initié que depuis quelques mois, il aurait tout aussi-bien pu ne pas réussir à imposer l’illusion à l’esprit du jeune homme. La pierre restant grise, il pouvait toujours attendre qu’un quelconque événement se produise. Les questions étaient plus nombreuses que les réponses et le visage stoïque de Kureï ne l’aidait en rien à deviner quoi que ce soit. Heureusement sa voix vint bientôt briser le silence, apportant à Charlie-Ange la réponse à la question qu’il n’osait formuler : c’était-il bien passé quelque chose ?

« Oui, je suis rassuré, je commence tout juste à maitriser mon don, j'avais peut qu'il ne se soit rien passé ! »

C’était en effet lui qui avait produit l’illusion que la pierre clignotait dans l’esprit de l’archer, toute autre personne ayant assisté à la scène n’aurait d’ailleurs rien pu voir d’étrange. Créer une si simple illusion dans un seul esprit lui prenait déjà bien trop d’énergie. Il avait plus de facilité avec la terre, peut-être car il l’avait déjà de nombreuses fois modelée avant même de la contrôler, il imaginait souvent des mains et des outils invisibles la façonnant avec finesse. Ainsi prenaient forme de petites figurines aux formes variées.
Dans l’absolu, il aurait pu en aller de même de l’autre pan de son pouvoir, l’homme aurait pu peindre touche par touche de nouvelles illusions. Il n’était pas versé dans l’art du mensonge, et cela lui semblait tellement peu naturel qu’il se mettait peut-être ses propres barrières.

C’est à l’instant où l’archer lâcha un incroyable que Charlie-Ange compris que ses paroles et les émotions qu’affichaient son visage étaient totalement dissociées. Il en déduit que s’il voulait comprendre quelque chose à cet homme, il devait faire abstraction de son expression neutre. C’était déjà un début, maintenant la chose établie, cela serait sans doute plus facile pour lui de communiquer. Il ne chercherait plus de réponses dans les traits du brun mais dans ses paroles.

Il comprit d’ailleurs que l’idée de guérison était importante pour ce dernier. Certains auraient sans doute d’abord demandé s’ils pourraient voler ou faire apparaître des choses, lui avait demandé s'il était possible de guérir. Donc, pour lui, l’idée de guérir était primordiale. Cela semblait être sa première préoccupation. Alors, l’ancien enseignant ne le fit pas attendre avant de lui donner sa réponse :

« Il existe des airs guérisseurs, je ne sais s’ils sont solaires ou lunaires, mais ils aident à l’infirmerie et à l’hôpital. »


En vrai, ils ne soignaient pas tous les petits bobos quotidiens, mais il avait entendu dire qu’un bon nombre de personnes leur devaient la vie. Lui-même n’avait, heureusement, jamais eu affaire à eux. Il était né avec un handicap, mais en contrepartie n’était jamais malade. La prudence le caractérisait tout autant, si bien qu’il ne se blessait que très rarement. Ou du moins rarement gravement, il s’écorchait souvent, était souvent couvert de bleus car il avait une idée de son schéma corporelle un peu altérée, ou du moins qui s’altèrait au moindre mouvement. Il se cogne tout le temps !

« Vous êtes ici depuis longtemps ? »
finit-il par demander, repassant en un instant du mode enseignant au mode monsieur tout le monde. C’était ainsi, il avait toujours tutoyé ses élèves. C’était des gamins, et il se souvenait très bien qu’à leur âge quand un prof le vouvoyait il se demandait s’il avait fait une connerie. En général, la réponse était oui, mais il se demandait surtout pour laquelle on allait l’enguirlander… elles étaient si nombreuses !
Il voulait comprendre un peu mieux quel type de personne était l’homme qui lui faisait face. Il avait ressenti un instant plus tôt un problème de communications entre eux… Et cela l’intrigué. Il n’était pas bien malin, il aurait dû comprendre que ce visage dénué d’expression n’était rien d’autre qu’une invitation à la solitude.


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##   Mer 1 Juin 2016 - 0:31

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Sur le moment, je n’ai absolument aucune idée comment réagir à la réponse que j’obtiens. Il avait donc rien vu ? Il n’y a que moi qui ai vu la pierre changer des couleurs ? C’était une illusion alors. Une hallucination comme avant, rien d’autre. Et dire que je commençais à penser le contraire, aussi idiot que cela ne peut sembler. Ridicule. Comment aurais-je pu penser que ce trick de magie était réel ? La magie n’est jamais réelle !

Et pourtant, les doutes et l’espoir qui ne devraient pas être là persistent. Le châtain avait dit qu’il pouvait créer des illusions dans l’esprit de quelqu’un et il s’attendait bien à ce que je voie quelque chose. Il ne pouvait pas le voir lui-même, donc il n’était pas sûr, mais il a voulu que moi, je voie quelque chose. Et je l’ai vu. Ce n’est pas une simple hallucination dans ce cas. Si elle est produite par lui, cela prouve que ses pouvoirs existent.

Mais quel genre de preuve ce petit spectacle peut-il être ? Une fois passé, il n’y a rien qui prouve qu’il a vraiment eu lieu, que ce n’était pas tout dans ma tête. Enfin, même mon vis-à-vis avoue que justement, c’était tout dans ma tête. Rien ne peut prouver qu’il a vraiment fait quelque chose d’extraordinaire pour que je voie une illusion. En effet, même une simple hypnose aurait suffi, et l’hypnose, ce n’est pas de la magie. Au final, l’homme en face de moi ne m’a rien prouvé et la partie logique de mon cerveau ne s’attarde même pas une seconde avant de me faire m’en rendre compte.

La magie n’existe pas. Elle n’a jamais existé. C’est logique. C’est ce que je savais depuis toujours et rien n’a encore changé. (Et rien ne changera à ce niveau-là non plus, à moins que je perde la raison.) La magie n’existe toujours pas. J’ai juste halluciné. Certes, devenir fou n’est pas vraiment la meilleure des possibilités, mais au moins elle est logique. On peut faire confiance à la logique. Ce n’était pas ma croyance en la magie ou les fées qui m’a permis de survive après tout. C’était ma capacité d’adaptation, mon intellect et une quantité non négligeable de chance, tout bêtement. Mais aucune magie. La magie n’existe pas.

Et pourtant, l’espoir qui naquit en mon esprit pendant les quelques secondes ou l’idée me passait par la tête que la magie peut bien exister ne disparait pas. La magie n’existe pas. Je le sais bien. Il n’y a aucun doute et il n’y en aura pas tant qu’il n’y a pas des preuves. Et il n’y en a pas. Mon espoir est alors complétement sans fondement. Il aurait dû disparaitre avec l’idée idiote que la magie pourrait être réelle. Mais il persiste. Il persiste et je n’arrive pas à l’éteindre. Je suis visiblement beaucoup trop désespéré pour abandonner cet espoir, aussi fou qu’il soit.

« Des airs… Alors des gens qui peuvent contrôler l’air… ? »

Je suis tellement habitué à être seul et à me parler à moi-même aussi souvent que je ne garde mes pensées dans ma tête que je ne remarque même pas que je prononce ces mots doucement à voix haute. L’infirmerie et l’hôpital, voilà où je pourrais retrouver des gens capables d’utiliser de la magie pour soigner quelqu’un… pourvu que ces pouvoirs soient réels, ce dont je doute fortement. Mais même à travers le doute, j’ai de l’espoir. C’est assez étrange de ressentir cet espoir fou en même temps que la résignation qui vient avec le savoir que mon souhait ne se réalisera jamais puisque la magie n’existe pas. Ces deux émotions sont complétement opposées. Elles devraient, dans l’absolu, s'annuler l’une l’autre. Ou la plus forte l’emporter sur la plus faible. Je ne devrais pas les ressentir en même temps, et pourtant c’est ce qui m’arrive. Je pense que pour une fois le fait que mes émotions ne se montrent jamais sur mon visage n’a pas d’importance. Après tout, comment devrait-on montrer des émotions contradictoires lorsque celles-ci sont éprouvées en même temps ?

Je soupire légèrement et lève ma main pour frotter l’arrière de ma tête comme si pour remettre mes cheveux en place bien que je fais le contraire et les mets dans un désarroi encore plus prononcé qu’avant. Une action habituelle quand je suis gêné. Bon, et si on reviendrait aux choses sérieuses ?

L’homme qui m’a parlé des pouvoirs a dit que les gens capables de guérir se trouvent à l’infirmerie et à l’hôpital, ce qui fait du sens. Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir l’infirmerie et franchement, je n’ai pas du tout envie de la voir. Voilà pourquoi je faisais toujours attention pour ne pas me blesser et ne pas avoir une autre raison pour y aller. Mais même si ça n’avait pas été le cas, j’aurais évité ce lieu. Si je me blesse, c’est ma propre faute, alors autant s’en occuper soi-même comme d’habitude. Mais je devrais y passer un de ces jours, peut-être. Et peut-être même je le ferais si je deviens complétement fou et commence à croire en la magie. Ou si je trouve des preuves plus satisfaisantes pour leur existence que l’hallucination produite par un petit coup d’hypnose, ce qui ne risque pas d’arriver.

Par contre, j’ai vu l’hôpital. Je me rappelle même m’être perdu dedans, pour ma plus grande horreur, tellement il est grand. Je hais les hôpitaux. Mais même quand j’y étais, je rencontrais que des infirmières. Aucun docteur et encore moins un magicien guérisseur. Il y avait aussi une fille (quel était son nom déjà ?), plus exactement une patiente que j’y ai rencontré. Je me rappelle qu’elle me rappelait beaucoup moi-même et Liryo, et donc j’ai passé l’après-midi avec elle en essayant de lui remonter le morale. Mais encore une fois, je n’ai vu aucun docteur ou guérisseur comme ceux dont a parlé le jeune homme. Peut-être ils y sont. Peut-être pas. Peut-être j’irais un jour pour voir, mais je pense éviter l’hôpital le plus possible. De toute façon, Liryo est un chat. Ce dont il a besoin n’est pas un hôpital mais un vétérinaire, et encore un qui pouvait créer des miracles. J’aurais vraiment dû me mettre à la recherche beaucoup plus tôt. Pourquoi ne l’ai-je pas fait ?!

Une voix perce soudainement mes pensées et je lève les yeux pour voir que le jeune homme aux cheveux châtains est toujours à côté de moi. Pourquoi n’est-il pas parti ? J’aurais pensé que mon attitude et ma visible perte dans mes pensées serait un signe assez clair que je voudrais être seul à présent, mais apparemment, ce n’est pas le cas. Bon, tant pis. Il était assez gentil pour répondre à mes questions, alors je devrais au moins faire la même chose. Il ne tardera probablement pas à partir de toute façon.

« Deux ans. »

Je réponds brièvement, de façon distraite non pas parce que je veux être impoli envers mon vis-à-vis, mais parce que mes pensées sont tout simplement ailleurs, occupées par Liryo et ma promesse envers lui. La promesse que j’ai trahie sans jamais le vouloir. Quel idiot je suis. Quel misérable idiot.

Deux ans…

Cette réponse me frappe soudainement quand je me rends compte de ce que cela signifie. Voilà deux ans que je suis à Terrae, un asile ou même tout un village des fous vu la taille de l’établissement et tout ce qui l’entoure, cette forêt incluse. Deux ans que j’aurais pu trouver un traitement pour Liryo, ou au moins en chercher, peu n’importe qu'il l'ait aidé beaucoup ou juste un peu. Deux ans perdus que je ne pourrais jamais rattraper. Mais qu’est-ce que je faisais pendant ces deux années au juste ?

Rien. Rien de vraiment important et je le sais. Ce savoir me rend malade. Je suis un idiot. Un imbécile. Voilà que j’ai la possibilité de faire plus pour Liryo qu’avant, lorsqu’on vivait dans les rues. Me voilà en position parfaite pour au moins tenter de faire quelque chose pour lui. Et pendant deux ans, j’ai rien fait, habitué à ce que je ne puisse faire rien de plus que ce que je faisais déjà. Deux ans ! Mais plus maintenant. Je te le promets, Liryo. Dès maintenant, je vais faire vraiment de mon mieux pour t’aider. Et s’il y a un moyen de te soigner, je le trouverais, coûte que coûte. Je te le jure, Liryo. Je le jure.


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##   Ven 3 Juin 2016 - 23:05

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Charlie-Ange Petit
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Le silence de la forêt est tout relatif, une vie bruyante d’y développe. S’ils prenaient la temps de tendre l’oreille alors s’en rendraient-ils compte. Pourtant les deux hommes perdus dans ce bois qui n’est pas leur habitat naturel. Peu importe la volonté qu’ils mettraient d’ailleurs pour en faire partie, ils resteraient toujours deux humains perdus dans cette immense forêt. Sans être totalement étrangers, ils auraient toujours le choix de partir, d’être autre que ce qu’ils prétendaient être ici. Ce choix les rendait en même temps étranger à ce lieu. Être libre c’était un peu cela, partout chez soi et en même temps jamais à la maison.
C’était étrange que le raisonnement de l’homme à ce sujet, il ne se sentait pleinement libre que lorsqu’il faisait ce que l’on attendait de lui. Peu ou prou. C’était d’ailleurs une contradiction profonde avec son âme d’artiste, alors il avait fait le choix. Rompu ses attaches, il avait dit merde. Merde à ses parents et à la vie confortable qu’il aurait pu avoir, il avait dit merde à la simplicité, il avait besoin de cette fausse liberté pour l’instant, pour se reconstruire, mais il savait que tout au tard il finirait par reconstruire un foyer pour se sentir pleinement lui-même. Pleinement libre.
Drôle de personnage que celui qui trouve sa liberté dans la prison de ses attachements affectifs. Drôle et un peu triste, dans le fond que celui dont le bonheur dépend d’autrui autant que de soi. A la merci de ses pairs, et de ceux qu’il a candidement commencé à apprécier. A chérir, et à protéger aussi. Abusés, plus qu’à son tour, quel funeste horizon se profilait pour lui dans l’avenir, mais heureusement l’heure n’était pas à la duperie.

« En effet, j’en connais une… La dernière fois qu’on s’est entrainé ensemble elle avait presque détruit un mur de l’arène… »


Penser à Oksa le fait sourire. Il faut croire que toutes les filles aux cheveux bleus qu’il rencontre depuis qu’il est Terrae sont pleines de vies. Elle, malgré son jeune âge a réussi à lui remettre les idées en place et à lui redonner de l’espoir. Un exploit quand on connait le caractère négatif porté par la dépression qui a dominé ces derniers mois chez le français.
Elle lui avait bien remué les puces, rougissant par la suite de s’être montrée si bavarde. Il n’en avait que plus apprécié sa franchise qu’il avait compris le courage qu’il lui avait fallu pour la braver. C’était sans aucun doute les prémices d’une amitié, avec l’une de celle qui en un autre lieu et un autre temps aurait été son élève. Terrae permettait ce changement de statut et cet estompement des différences pour que tous puissent se côtoyer sur un pied d’égalité. C’était un monde utopique, il n’avait qu’une crainte c’était de tout voir s’effondrer.

« Je crois qu’elle est guérisseuse, mais elle débute… »


Elle n’avait même pas réussi à guérir ses plaies. Elle les avait refermées, presque, c’était déjà pas mal. Lui-même ayant du mal avec ses pouvoirs ne pouvait pas imaginer qu’elle ait fait moins que son possible. Chacun faisait toujours son maximum au regard de l’homme. Ce doux rêveur, ne voyant que le meilleur dans l’Homme.

Il voit le brun passer sa main dans sa crinière en lâchant un soupir. Que se passe-t-il encore dans sa tête ? Ce n’est décidément pas évident à suivre. Quand bien même le jeune homme eut été plus expressif qu’il en eut été de même remarque. Il n’était pas doué pour lire les émotions des autres, il se contentait d’être là toujours, pour ceux qui allaient bien comme ceux qui allaient moins bien. Il se tenait à disposition de ses amis, leur prêtant une attention toute particulière quand ils se disaient être en détresse. Beaucoup appréciaient l’épaule qu’il leur prêtait quand ils allaient mal et le trouvait très attentif… En réalité, même si c’était le cas il était trop tête en l’air pour se concentrer sur de tels détails. Il était là, toujours à la même place et laissait les autres venir à lui. Toujours, c’était peut-être un défaut, car n’osant pas aller vers les autres, il se retrouvait seul quand lui-même était emprunt au doute. Il n’arrivait pas à se reposer sur autrui, affrontant ses démons en silence, et sombrant dans ce même silence, il s’affaissait loin des regards aimés.

L’assertion de son vis-à-vis lui file un coup. Comment peut-on rester deux années à Terrae sans rien savoir des pouvoirs ? Bien entendu il était demandé à ceux qui ne savaient pas en faire usage, de ne pas les utiliser dans les couloirs, mais même avec cette précaution les débordements n’étaient pas rares. C’était impressionnant qu’il n’ait rien vu… en quelques sortes. Son comportement montrait bien qu’il n’avait pas envie de voir. S’aveuglant lui-même. Etonnant aussi qu’il n’ait pas été initié… Mais qu’il vive en reclus dans les bois ne devait pas y être étranger. Quelle idée. Prenant conscience peu à peu de la situation du jeune homme, Charlie-Ange ne se demanda pas dans quoi il s’était fourré. Il n’était peut-être pas assez intelligent pour voir les ennuis quand il fonçait tête baissée dedans.

« Hm… Tu n’as pas faim ? »

Ouai, mauvaise approche mais on s’en fout. Dans l’idée il fallait bien qu’il essaie de tester la profondeur du problème, le brun allait-il seulement à la cantine ? Kurei se demandait s’il ne chassait pas plutôt… Avec un tel arc, pourquoi pas après tout.
Autre chantier à entreprendre, il fallait qu’il accepte d’ouvrir les yeux. Ne rien connaitre sur les pouvoirs après deux ans à Terrae relevait de l’exploit. Se voiler les yeux de la sorte ne devait pas être facile ! Pour rompre un peu cette obstination, le Petit homme eut une idée. Mine de rien il ressortit la bille de terre de sa poche et recommença à la travailler avec son esprit, la faisant s’élever bien au-dessus de sa main, il la faisait prendre d’étrange formes. Il limait les angles, les redessinait. Il ne se concentrait plus vraiment sur le résultat mais faisait en sorte que les mouvements de matières fussent impressionnants.


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##   Sam 4 Juin 2016 - 15:55

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Kurei Yataro
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Encore une fois, les mots du jeune homme à côté de moi ne font que traverser mon cerveau, qui réussit à peine de traiter l'information qu'elles contiennent. Il connait donc une guérisseuse, mais il semble qu’elle soit un apprenti débutant. Alors ça ne m’aide pas. Moi, j’ai besoin d’un maitre dans son art, quelqu’un à qui je pourrais demander de m’aider, ou plutôt d’aider Liryo, sans que je doive attendre des années le temps qu’il apprenne à le faire. Il est fort probable que Liryo n’ait pas tant de temps. Mais d’un autre côté, s’il y a un apprenti, alors il doit y avoir un maitre aussi. Si je pouvais rencontrer cette personne, alors je trouverais son maitre d’autant plus facilement. Du moins c’est ce que je pense. Qui sait, peut-être même le jeune homme à côté de moi connait ce maitre. Si c’est le cas, ça me faciliterait la tâche énormément et me ferait gagner du temps.

Ceci dit, tout cela n’est valable que si la magie existe et si certains dons permettent de guérir. Et surtout, ces pouvoirs de guérison doivent pouvoir aller au-delà des blessures superficielles, ils doivent pouvoir guérir ce qui est interne, ce qui est causé par d’autres organismes. Ce dont j’ai besoin est un traitement pour une maladie, pas uniquement de la capacité à soigner des blessures.

« Cette personne dont vous parlez… connaissez-vous son maitre ? »

Je finis par demander finalement. Décidemment, tant que j’ai la possibilité et que mon interlocuteur veut bien répondre à mes questions, autant en profiter et récolter le plus d’informations possibles. Ça me permettra d’avoir une meilleure idée de par où commencer.

Bien sûr, je ne m’attendais pas à ce qu’il me soit permis d’entretenir une conversation ressemblant plus à une interrogation qu’autre chose. Je m’attendais à ce que le jeune homme me pose des questions aussi, bien qu’elles soient probablement plus au sujet de moi-même que d’autre chose, vu qu’il sait sur Terrae beaucoup plus des choses que moi. C’est logique, vu que contrairement à moi, il semble être une personne très sociable. Ceci dit, la question d’est-ce que j’ai faim n’était pas sur la liste des questions attendues. Mais ce qui me frappe plus que ça, c’est le tutoiement. Je plisse légèrement les yeux. Qui est-il pour me tutoyer ? On se connait à peine, on vient de se rencontrer, je ne connais même pas son nom où lui le mien, alors pourquoi pense-t-il qu’il peut être aussi familier avec moi ? Certes, il n’est pas Japonais et ne connais probablement pas notre culture, mais quand même ! Les Japonais ne sont pas les seuls à voir la familiarité avec des étrangers comme manque de respect, si ? La première fois qu’il l’avait fait, j’ai prétendu de ne pas y avoir fait attention, surtout qu’il s’est repris lui-même, mais je n’ai pas la moindre intention de l’ignorer quand je sens qu’il le fait exprès.

Je le regarde du coin de l’œil, remarquant la bille de terre qui flotte au-dessus de sa main et change rapidement de forme. Ce spectacle-là est différent du précédent. Il ne s’agit pas d’une simple démonstration. La bille de terre flotte bien trop haut et ses déformations sont bien trop marqués et flashy pour cela. Soit il a remarqué que je ne suis pas complètement convaincu et essaye encore une fois de me faire croire à l’existence des pouvoirs magiques, soit il a décidé de remuer le couteau dans la plaie en soulignant que lui possédait des pouvoirs et pas moi. Dans le premier cas, ce n’est vraiment pas la peine. Il peut me le monter autant qu’il veut et je ne vais toujours pas le croire à cent pourcent. Ce n’est pas que je ne veux pas le croire. C’est juste que il m’est impossible d’y croire à l’aveugle quand la chose à laquelle je veux croire va à l’encontre te toute logique et dépasse toutes les limites du possible que j’ai jamais connues. Ceci dit, je voudrais bien le croire, parce que si tout ça est réel, alors j’ai une chance de sauver Liryo.

Dans le deuxième cas, il ne réussira pas non plus. Après tout, il est impossible d’être jaloux de quelque chose si on a du mal à le croire.

« Je vous remercie, mais ça va pour l‘instant. Mais si vous préférez rentrer vers le village ou la cantine de l’établissement, je ne vais pas vous retenir. »

Je lui réponds, mon ton minimalement plus froid et distant alors que j’insiste un peu plus sur le vouvoiement qu’avant pour lui faire comprendre que je n’apprécie pas qu’il me tutoie. Je ne contrôle même pas cette réaction, c’est quelque chose que j’ai toujours fait quand quelqu’un était trop familier avec moi. La première réponse à faire, c’était de se renfermer et devenir plus formel pour regagner de la distance.

Ceci dit, c’est étrange pour moi que quelqu’un me pose cette question par principe. Quand j’étais jeune, il y avait des repas aux heures fixes et ils arrivaient justement quand j’avais faim. Une fois dans les rues, personne ne s’en souciait et j’ai dû me demerder tout seul. A cette époque-là, j’ai appris ce qu’étais la faim at j’ai aussi dû apprendre à vivre avec. Même maintenant, après deux ans ici où la nourriture n’est plus un problème, je me retrouve parfois ignorer quand j’ai un peu faim. Certes, après toute une journée au plus tard je vais à la cantine où quelque chose comme ça, mais sinon, je peux bien rester des heures sans manger et tout simplement ignorer le fait que mon estomac est vide. Surtout quand j’ai quelque chose de plus important à penser. Comme l’existence potentielle des pouvoirs magiques, la possibilité qu’il y en existe une branche capable de guérir et de là, trouver soit quelqu’un soit un moyen que je pourrais utiliser moi-même pour aider Liryo.


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##   Ven 10 Juin 2016 - 20:32

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Charlie-Ange Petit
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« Oui et non, il y a je crois deux masters qui maitrisent ce don, mais je ne les connais pas personnellement. L’une officie à l’infirmerie et l’autre à l’hôpital si je me souviens bien, mais je ne suis pas plus sûr que cela. »

Il fait en sorte de ne pas avoir à en connaitre plus à vrai dire. Il aime bien rester entier et ne pas avoir à souffrir de ces gênantes blessures qui l’amèneraient à côtoyer les guérisseurs. Prudence est mère de sureté dit le proverbe, et prudent normalement il l’est. Bien entendu sa récente mésaventure prouve que si prudent qu’il fut, son côté tête en l’air pourrait finir par le mettre un jour dans un réel embarras. Aujourd’hui il s’en est sorti avec quelques écorchures, ses mains et ses genoux étant à peine égratignés, sur sa tête pousserait peut-être une bosse, mais rien qui ne nécessita leur intervention. Peut-être que sa négation de lui-même et son attitude à toujours se positionner en retrait l’empêcherait même en cas de blessure plus importante de consulter quelqu’un de cette affinité, il se dirait qu’il y avait forcément des gens qui en avaient plus besoin que lui et ne se sentirait pas le courage de déranger pour lui-même. C’était quelqu’un de timoré que cet homme.

Ainsi le nippon ne connait l’existence de la cantine. Charlie-Ange retient un soupir exaspéré, les personnes qui ne veulent pas d’aide méritent-elles d’être aidées ? Sa réponse a toujours été oui, car le libre arbitre est faussé dans de telles situations. Parfois on n’a pas d’autre solutions que de rejeter la main tendue, et il serait à parier que le brun irait même jusqu’à y planter ses dents pour faire bonne mesure. Il n’est pas sociable, c’est le moins que l’on puisse dire, manque de chance pour lui, l’ancien enseignant s’en moque. Il n’est pas de ce type d’hommes que l’on offense, mais il comprend que son vis-à-vis a besoin de temps.
Il le comprend à la manière dont il regarde le petit amas de terre qui se déforment dans d’esthétiques courbes qui mobilisent, il doit l’avouer une grande part de sa concentration. Il ne peut d’ailleurs plus jouer plus longtemps, la maitrise de son pouvoir est loin d’être parfaite et lui demande une énergie qu’il ne possède pas encore. La bille redevient sphérique et rejoint dans un vol élégant sa poche. Il se permet un air satisfait, il a parfaitement maitrisé la trajectoire de la boule de poussière, du moins c’est ce qu’il pense alors qu’elle est sur le point de rentrer dans le repli de tissu. Elle lui échappe précisément à ce moment-là, allant rouler sur l’humus un peu plus loin. Son expression se fait amusée. Il ne rage plus de ses erreurs mais apprend lentement à les corriger. Il se baisse et se saisit de la sphère entre son pouce et son index, il la fait rouler quelques fois entre ses doigts avant de la ranger définitivement.

Il sourit encore malgré le ton froid et détacher que prend l’autre. Un vouvoiement n’est pas un frein aux insultes, bien au contraire. C’est souvent derrière les plus belles manières que se font les insultes les plus grossières. Il ne se battra pas pour cela, ce n’est pas son combat. Au jeune homme d’apprendre, pense-t-il réellement que l’ancien professeur lui ait manqué de respect en le tutoyant ? Ne se rend-il vraiment pas compte de la vulgarité et du dédain qui transposent dans ce ton froid ? Non, il est ainsi fait que tous les autres humains lui semblent inférieurs. Ce n’est pas inné, on lui a inculqué ce savoir biaisé.
Il se conduit, tel qu’on lui a appris, avec un mépris savamment constitué et un air hautain. Si cela ne vexe nullement notre protagoniste qui ne s’en rend tout bonnement pas compte, cela lui fait comprendre quelque chose : le brun a besoin de temps et son insistance ne sera pas la bienvenue. Rome ne s’est pas construite en un jour.

« Dans ce cas, je vous souhaite une bonne fin de journée. Peut-être nous recroiserons-nous. »


Il est repassé au vouvoiement sans même s’en rendre compte, imitant son comparse sans s’en rendre compte. C’est un homme arrangeant. Sans plus de cérémonies, Angie se relève, époussetant son pantalon il sourit à celui qui lui fait face avant de s’en détourner à lui disant « A bientôt peut-être. »

Sur le chemin du retour il ne flâne plus vraiment, s’interrogeant sur l’étrange rencontre.


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##   Jeu 16 Juin 2016 - 23:24

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Kurei Yataro
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Je ne donne aucune vraie réponse à l’information qui m’est offerte. A vrai dire, j’aurais dû m’en douter que s’il existe des maitres guérisseurs, alors ils travailleraient certainement dans les endroits où leurs capacités seraient utiles. Du moins dans le cas où elles existent vraiment. Je ne suis toujours pas convaincu et je doute que je le serais bientôt. Mais je ne vois aucune raison pour ne pas essayer de trouver des preuves pour moi-même, que ce soient des preuves pour ou contre l’existence de la magie, pour ou contre l’idée que j’ai halluciné la présentation de la magie de toute à l’heure et que je devienne tout simplement fou. Et qui sait… si jamais c’est vraiment réel, si jamais la magie existe… alors peut-être il existe un moyen de traiter Liryo.

Je peux toujours espérer. Et je sais que dans l’état mental que je suis, cet espoir ne me quittera pas tant que je ne sois pas convaincu que la magie n’est qu’un conte pour des enfants. Une illusion. Après tout, Liryo est mon seul vrai ami. Le dernier être vivant dans ce monde qui m’est proche. Je ne veux pas le perdre comme j’ai perdu tous les autres. Je ne veux pas. Je ne peux pas. Si je le perds… Si je le perds aussi…

Non, je ne peux même pas y penser. Cela ne peut pas arriver. Je ne peux pas le permettre. Alors dès demain, je me mets au travail. Plus tôt que je commence et plutôt je trouverais une réponse.

J’étais tellement perdu dans mes pensées que j’ai failli ne pas remarquer quand l’homme à côté de moi s’est levé. Je tourne mon regard pour le regarder quand il époussète son pantalon. Est-ce qu’il a vraiment besoin de faire ça ? Vu l’état général de ses vêtements, je dirais personnellement qu’un peu plus ou un peu moins de poussière ne ferait pas de différence, mais bon. Je ne suis pas vraiment en position de commenter. Je me contente d’incliner légèrement ma tête en première réponse.

« Merci pour toutes vos explications. Une bonne journée à vous aussi. Et peut-être à bientôt, si nos routes se recroisent. »

Je réponds poliment, mon ton perdant à nouveau la froideur qu’il avait pris auparavant. Il ne s’agissait que d’un moyen pour regagner de la distance, après tout. Bien évidemment, il est possible qu’il pense que je le vois comme inferieur à moi, mais bien que cela n’est pas le cas, je ne vois pas de raison pour m’assurer qu’il n’y a pas de malentendu. Après tout, quels sont les chances qu’on se revoit ?

Je ne le regarde pas partir, tout comme lui il ne se retourne plus en partant. Mes yeux montent vers le ciel, une de mes mains se fermant sur mon arc quand je me perds dans mes pensées à nouveau. Cette rencontre m’a donnée beaucoup des éléments de réflexion, après tout.


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