Terrae, Une nouvelle ère commence...

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La colère de Zeus [Nico!]
Mer 31 Aoû 2016 - 1:41
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La réaction de Nicolas est glaçante. Il est simple de voir monter la colère en lui. Bien qu’il n’ait pas bougé, sa pupille s’est réduite avant même que je ne sois touchée, sa mâchoire se contracte en même temps que la mienne et je peux voir les muscles de son avant-bras se tendre, montrant qu’il serre les poings. Je sens son regard glisser sur moi, comme une question, mais il n’attend pas la réponse, il comprend immédiatement et agit. Son rire me fait presque sursauter, je ne m’y attendais pas. Mais, loin d’être joyeux, il est trop fort, effrayant. Il s’éteint, devient lourd, et se termine sur un « Non » n’appelant aucune réponse. Nicolas ressemble à un animal féroce prêt à tout pour défendre sa meute. Je pose mes yeux sauvages sur l’être en face de moi, et réalise que si je suis parfois bestiale dans mes réactions, il est le grand méchant loup, à côté de lui, je ne suis qu’une biche apeurée.

Avant que j’ai pu réaliser ce que compte faire Nicolas, il m’attrape par le bras et me tire derrière lui, un peu trop fort. Je grimace en sentant ma peau brûler légèrement et mon os me faire mal. Dans le même temps, l’homme saoul se retrouve au sol. Je n’ai pas pu voir comment le Tonnerre a fait, trop préoccupée par le fait qu’il me tirait. Le garçon se tourne vers moi et me prend l’épaule pour nous emmener à la grande roue. Je ne dis rien. Je ne m’échappe pas sous sa main, même si j’en ai envie. Je me retourne une fraction de seconde, juste assez pour poser mon regard froid sur le goujat par terre en train d’essayer de se relever. Je reporte rapidement mon attention sur la route devant moi et nous marchons jusqu’au manège où Nicolas dit simplement au forain de ne pas accepter le poivrot dans son attraction. Celui-ci se contente de nous faire monter sans rien dire, lui répondant simplement d’un hochement de tête.

Je m’assois en premier, le Tonnerre à ma suite. Le garçon soupire. Je l’observe. Il parvient à afficher un sourire, malgré ses sourcils froncés et sa main accrochée à la rambarde, si fort que ses phalanges en sont blanches. Quant à moi, je me contente de reporter mon attention sur mon poignet que je n’ai pas lâché depuis l’épisode du vieil alcoolique. J’y pose mes yeux. J’ai toujours marqué facilement. Ma peau est rouge, et je sais pertinemment que j’aurai des traces bleus demain. Mon ventre se serre. Cette douleur me rappelle celle que je ressentais dans le foyer. Cette manière de m’attraper était la même que celle qu’avaient ces garçons trop peu délicats qui voulaient me toucher, me violer, et qui me collaient à eux de cette manière. Je retiens un haut le cœur et glisse mon regard sur le ciel alors que nous montons. Je ne peux pas en vouloir à Nicolas, il a fait ce qu’il fallait. J’aurais pu me défendre seule – bien que personnellement, c’aurait été mon poing dans sa joue que l’homme aurait eu – mais il faut avouer qu’il m’a aidée. J’ai encore cette sensation de lui devoir quelque chose.

Avant de lui devoir quelque chose, peut-être que tu pourrais lui montrer un peu de reconnaissance.

Mes yeux de biche fuyants viennent rencontrer ceux du loup. Je m’efforce de lui montrer un sourire, qui ressemble peut-être plus à une grimace finalement. C’est étrange, habituellement je sais ne pas me montrer triste ou inquiète, mais ce soir, c’est plus difficile. Il me semble que mes masques se fragilisent au contact de Nicolas. Je m’éclaircis la voix en me raclant légèrement la gorge avant de prendre la parole. Si mon regard a changé, ma voix est toujours aussi posée, sûre d’elle.

« Merci. »

Je ne peux rien dire de plus. Après tout, j’ai conscience qu’il aurait fait ça pour n’importe qui, pas particulièrement pour moi. Je ne vais donc pas lui dire « Oh c’est tellement gentil de ta part ! ». Non, ce n’est pas gentil. C’est humain. Même moi, qui n’aime pas particulièrement l’humanité, je défendrais quelqu’un en train de se faire agresser de cette manière, encore plus si cette personne est avec moi. Toutefois, une certaine reconnaissance passe par mon regard plus que par ma parole. Ce que je suis incapable de dire, mon corps le montre.

Je finis par de nouveau détourner mon regard vers le ciel. Les nuages sont partis pour la plupart, et les étoiles montrent leurs branches. Je souris.

« A chaque fois que je vois les étoiles, je me dis que j’aimerais en être une. »

Simplement cela. Si Nicolas veut des explications, il n’aura qu’à me les demander. Je ne suis pas du genre à justifier la moindre de mes phrases, au contraire. Je plonge dans la voie lactée par la pensée, et laisse mon esprit voyager.
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Mer 31 Aoû 2016 - 3:08
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Quand on est en colère, la colère maladive j'entends, il y a cet instant où l'on revient doucement à soi et où, petit à petit, on se rend compte de ce qu'il s'est passé... Nicolas déglutit beaucoup, de la bile dans la gorge, tellement il se dégoûte ; il voit la Miss tenir son poignet, il voit la trace rouge même dans la pénombre, il voit qu'il lui a fait mal physiquement... Pour quelqu'un qui ne voulait pas la blesser c'est raté... Et puis quelque part dans ta tête, quelque chose essaye d'effacer ce souvenir, d'effacer la haine pour te permettre de retrouver un équilibre intérieur. Demain, ce passage de ton existence sera vague au mieux, un grand trou noir dans ta mémoire au pire. C'est comme ça depuis la disparition d'Oldie... Petit à petit, Nicolas veut oublier le Loup Noir de toutes ses forces... Dans sa petite tête, il ne se supporte plus. Il se hait autant qu'il a haï le semblant d'homme qui a voulu toucher la Miss. Car lui aussi après tout, il n'était qu'une autre sorte d'animal, le prédateur en cage qui n'attendait qu'une chose ; avoir le contrôle total sur son corps pour se laisser aller à ses envies primitives. ...Tout comme ces gens au village qui passaient leur temps à l'humilier parce qu'ils n'avaient que ça à faire.

Après tout ça, il faut se reprendre... Parce qu'on n'est pas tout seul, parce qu'il faut rassurer. Aussi et peut-être surtout pour se convaincre qu'on est pas totalement un monstre. C'est à ce moment que la Miss arrive à reprendre la contrôle de sa voix, d'une manière assez impressionnante d'ailleurs. Sans presque aucune intonation inquiète ou attristée, elle le remercie. Nicolas grogne et tente de se redresser... mais sa main est toujours accrochée à la rambarde... Merde. Il pointe son index libre vers elle et dit, par rapport à son simple remerciement, de manière très sérieuse. :

-Pas de ça.

Sa voix est rocailleuse, comme s'il n'avait pas parlé depuis des jours, ça fait toujours ça quand il revient. Il tente de retirer sa main coincée d'un coup sec de l'épaule mais ça ne fonctionne pas, alors que la navette montait vers le ciel ses muscles ont du être engourdis par le froid... Ça et sa crispation. Putaiiiiin...... Il serre les dents et claque sa langue. Bon, manière forte. Il fait aller son épaule, faisant claquer son articulation et fait lentement glisser ses doigts un à un loin de la barre métallique... Sa main se recourbe comme une araignée morte et chacune de ses phalanges émet un craquement immonde. Une fois libre, il tente de réchauffer sa main avec l'autre... Inutile vu qu'il est bouillant à cause de sa rage. Mais petit à petit, il se détend.

Il s'étale sur le dossier de la navette et regarde le ciel... Le forain a la gentillesse d'arrêter la roue alors qu'ils sont au sommet ; un peu loin des sons de la fête, tout proche du ciel qui tombe sur eux. La tête en arrière il soupire. La Miss voulait devenir une étoile...

Quand on ferme les yeux, on peut encore les voir. Pas tout le monde y arrive, mais si on a déjà vécu la nuit, si on a déjà été son ami, si on a déjà dansé avec elle pour vivre et survivre, on peut le faire. Les étoiles, elles sont belles, elles sont là, l'air éternelles alors qu'elles ne sont peut-être déjà plus. Pourtant elles sont si fortes qu'on les voit encore... même en fermant les yeux. Elles guident les nuits des égarés, elles font chanter les poètes désœuvrés, elles nous manquent quand le jour est levé... Mais elles sont toujours là. Elles seront toujours dans les yeux de ceux qui savent. Et elles sauront toujours tout sur ceux qui les aiment.

Nicolas ferme les yeux, redresse la tête et inspire doucement. Quand ses paupières s'ouvrent lentement, sa pupille a retrouvé son galbe naturel et se pose sur la Miss. Quelque part, elle était déjà une étoile en fait. Le vent des hauteurs font aller leurs cheveux sauvages. Le regard scintillant dans la nuit, l'iris si grise qu'elle paraît blanche et lumineuse comme les yeux d'un animal, il glisse jusqu'au poignet rougi de la demoiselle. :

-Pardon.

Si tu savais comme je me hais.

Il déglutit encore. Passer à autre chose. Faire le vide. Quelque chose ! Il s'assoit de manière plus correcte pour frotter son visage de ses mains. Il avait la sensation de porter toute la peine du monde sur son cœur alors que- Je suis juste un abruti fini. C'était pas un masque ça, c'était moi. Mais je ne peux pas l'accepter. Il tousse et pose son menton sur ses poignets endoloris. Alleeeeeeeeeeeeeeeeeeeer passe à autre chose !!! Il plisse les paupières... Il essaye vraiment de trouver un sujet neutre pour se sortir du cercle vicieux de l'apitoiement. Il se raccroche aux étoiles. :

-Je te conseille d'aller visiter la salle d'astronomie dès que t'as l'occasion. Je n'y suis pas allé mais il paraît qu'ils ont un matos plutôt correct pour mater le ci-... Oh pis merde ! Fais-moi voir ce poignet !

Raah mais putain mais c'est pas possible d'être aussi con ! Il lui dit ça mais il lui demande pas vraiment son avis. Il se lève pour s'asseoir à côté d'elle, faisant doucement tanguer la navette. Heureusement que le manège n'a pas redémarré d'ailleurs... Il croise les bras et la regarde, sévère mais avec un petit sourire aux lèvres. Non, il ne la touchera pas. Elle devra tendre son poignet, point final.
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Mer 31 Aoû 2016 - 3:56
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Pointant son index vers moi, Nicolas me fait comprendre que les remerciements ne sont pas d’usage. Je lui adresse un mince sourire mais n’ajoute rien de plus. Sa voix est rocailleuse, on pourrait presque croire qu’il n’a pas parlé depuis longtemps. Et pourtant je sais que ce n’est pas ça. Cette voix est celle d’après une colère un peu trop forte, celle que l’on retrouve avec le contre coup.

Un bruit me fait grincer les dents et me retourner d’un coup vers le Tonnerre. Le bruit de ses doigts craquant d’une manière horriblement forte. Sa main semble se tordre, se déformer. Cela m’inquiète. Je ne dis cependant rien, je vois sur son visage qu’il tente de se détendre. En parler n’aiderait pas, au contraire.

Ma déclaration sur les étoiles semble le plonger dans ses pensées. Je fais un peu comme lui, observant cette immensité lumineuse dans laquelle j’aimerais souvent être. J’aimerais briller comme les étoiles, et être pourtant inatteignable, comme elles. Etre observée, admirée, sans jamais être touchée. Il y a un certain paradoxe, avec ces astres lumineux. Elles sont mortes lorsque nous les voyons, et pourtant, nous ne pouvons nous empêcher de les aimer du fond de notre cœur, de les envier. C’est une des rares fois où les humains ne méprisent pas le destin funeste qui les attend, lorsqu’ils regardent le ciel étoilé.

Nicolas me sort de mes pensées. Il s’excuse. De quoi s’excuse-il ? Je me tourne vers lui et vois ses yeux posés sur mon poignet. Mes cheveux détachés volent avec ceux du garçon tandis que je viens glisser mon regard étonné sur son visage. Je murmure d’une voix douce, apaisée.

« Ce n’est pas grave Nicolas. »


Il frotte son visage de ses mains et gigote un moment, sans que je ne sache très bien que dire ni que faire. Il reprend finalement la parole, partant sur un sujet plus léger. Il me parle de la salle d’astronomie, me dit d'aller la voir. Néanmoins, malgré le fait que j'y prête intérêt, il se coupe en plein milieu de sa phrase, demande à voir mon poignet. Sans attendre de réponse, il se lève, faisant tanguer la navette - heureusement que nous sommes arrêtés en haut - et vient me rejoindre de mon côté.

Lui faire voir mon poignet ? Se prendrait-il pour un médecin ? Le garçon me regarde avec un léger sourire aux lèvres qui contraste sacrément avec la sévérité qu’il dégage, les bras croisés de cette manière. Je hausse les sourcils.

« Hum… Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée. »


Ma main est toujours crispée sur le poignet rougi. J’hésite tout de même à le lui tendre. Les contacts ne me plaisent pas particulièrement… et pourtant s’il tient à le voir, en un sens, c’est qu’il doit savoir quoi en faire. Mais après tout, ce n’est pas grand-chose. Simplement un bleu. Ce n’est pas comme s’il m’avait cassé l’os. Et puis... Repenser aux viols que j'ai vécu pour ensuite me laisser toucher, même simplement le poignet, risque d'être dur pour le moment. Au moins pour les quelques minutes qui vont suivre. Il me faut un peu de temps pour me remettre.

« Il n’y a pas grand-chose à voir. J’ai déjà eu ce genre d’hématomes, cela passera tout seul ne t’en fais pas. Vraiment, ne te sens pas coupable pour ça. Tu as voulu me protéger, rien de plus. Ce n’est pas comme si tu m’avais agressée volontairement. »

Mon regard est calme, neutre, mais mon sourire se veut rassurant. Je suis sincère dans ce que je dis. Après tout, il n’a réellement rien voulu me faire de mal. Il n’y a aucune ressemblance entre lui et les voyous malsains de mon foyer. Mon attention se tourne finalement sur sa propre main, qui m’inquiète plus que mon poignet.

« Qu’en est-il de ta main ? Cela me semble plus grave qu’un ou deux bleus. »

Néanmoins, comme lui, même si cela m’inquiète, je n’attraperai pas celle-ci sans son accord. Mes yeux viennent croiser les siens, que je découvre de près si animal. Ils me laissent un moment songeuse. J’aime bien cette animalité, celle chez Nicolas et celle que j’ai construite en moi, qui contraste tant en la noblesse dans laquelle j’ai été élevée. Cela me tire un sourire.

Ben voyons Hamilton, c’est vrai dis-moi, la sauvagerie c’est super…


Je lève intérieurement les yeux au ciel.

« En tout cas, je comprends que tu ne sortes pas souvent si tu te bats à chaque fois… »

Hum. Nous allons espérer que le garçon perçoive l’humour dans cette phrase. Oui, j’aime bien dédramatiser les choses. Peut-être que lui aussi. Après tout, sur le toit, l’idée que nous finissions en poussière ne lui avait pas fait tirer une sale tête.

Hrp: Ok j'ai fini par relire après avoir dormi du coup j'ai modifié je crois un ou deux trucs et ça y est ça a du sens! Wonderful! Enjoy ♥
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Jeu 1 Sep 2016 - 4:10
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C'est pas grave...

C'EST PAS GRAVE ?!

Oh putain s'il n'avait pas déjà retrouvé son calme il aurait pété une pile. Si c'est grave. C'est grave car c'est une blessure. Qu'importe la raison du coup, elle fait mal. S'il n'avait pas été une brute épaisse, s'il arrivait un minimum à maîtriser cette colère autant que ces autres émotions il... mais oui... MAIS OUI C'EST CA ! Il garda cette idée dans un coin de sa tête, revint sur le sujet sans même changer d'expression faciale et soupira à la Miss pour toute réponse. C'est pas grave mais il voulait voir, c'est pas grave mais il voulait en être certain. Aussi, quand il s'installa près d'elle, il ne s'étonna pas de la voir rester immobile, toujours à tenir ce poignet rougi. Une intuition le guide, il perd son sourire et plisse légèrement des paupières. :

-Je ne vais pas te toucher. J'aimerais voir, constater de mes yeux que tu vas bien. Il baisse les yeux. C'est une demande parfaitement égoïste, je ne cherche qu'à me rassurer moi.

Il était toujours d'une sincérité désarmante après ce genre d'éclat, de coup de rage intense. Il ne savait pas trop pourquoi... Il reste alerte et aux aguets, comme si une nouvelle menace allait leur tomber du ciel, mais il était bien plus détendu. Pas évident. Contradictoire. Humain, on dira. Comme la Miss, il parle posément, ne la force en rien et explique son point de vue... Au fond de lui, il est en train de bouillir d'inquiétudes et de regrets.

Puis elle changea de sujet, lui parlant de sa main à lui. Il haussa un sourcil, hésitant un instant puis se décida. Il ramena sa main devant lui, devant elle... entre eux. Il la contracta d'un coup, pliant les doigts dans une position étrange, craquant encore une fois... Les articulations sur le dessus ressortaient blanchies, le bleu de ses veines semblait pulser. Puis il la détendit, fit aller ses doigts qui firent entendre des cliquetis plus légers. Durant sa démonstration, il lui expliqua. :

-Ma main va bien. C'est normal. Je la contracte comme ça par habitude, j'essaye de mettre toutes mes émotions fortes dedans, comme je suis incapable de m'en débarrasser. Je la tasse là, j'ai même pas besoin de tenir quelque chose pour évacuer... Et si mes phalanges claquent autant, c'est parce que, quand on est petit, on sait pas se battre et on met très mal ses poings. J'ai déboîté plusieurs fois mon pouce avant de comprendre. Depuis je claque d'un peu partout.

Il pencha sa tête sur le côté, ses cervicales illustrèrent ses propos puisqu'elles décidèrent de se faire entendre aussi. Il ajouta. :

-Et non, ça ne fait pas mal.

L'espace d'un instant, ses yeux partent loin, dans le vide, dans le son du silence... Il n'était même plus sûr de savoir ce qu'était la douleur au final. Se souvient-il de ses limites ? Quelles tortures avait-il subi déjà ? Laquelle avait été la plus terrifiante au fait ?... La Faim peut-être.

La Miss fait une blague. Si, c'est une blague ! Ça a même le mérite de le retirer de ses réflexions... et de lui faire pousser une espèce de rire bref. Il s'étend alors et pose ses mains derrière sa nuque. :

-Que veux-tu ?... J'ai trop de succès.

Le ménage démarre alors, le surprenant. Il sursaute et s'accroche d'instinct à la navette. Les yeux écarquillés de surprise, il claque les dents d'agacement le moment d'après. :

-'tain ! Il pourrait prévenir ce con !

C'est qu'il en deviendrait vulgaire !
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Jeu 1 Sep 2016 - 19:05
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Nicolas ne lâche pas le morceau si facilement. Il revient à l’attaque, quémandant au moins un coup d’œil sur mon poignet, s’il ne peut le toucher. Son sourire est parti, ses paupières sont plissées. Une demande égoïste, n’est-ce pas ? S’il a besoin de se rassurer, c’est qu’il s’inquiète. Si ce n’est par compassion, c’est qu’il se craint lui-même.

Avant que je ne lui réponde, il m’offre une démonstration pour le moins particulière après avoir semblé hésiter un instant. Sa main se retrouve entre nous deux. Il la contracte, positionne ses doigts étrangement, et craque horriblement à nouveau. Je serre les dents. A voir comme à entendre, cela est désagréable, inquiétant. Même lorsqu’il se détend, il continue d’émettre des petits claquements. J’écoute en même temps ses explications. Se rend-il compte qu’il me laisse entrevoir une minuscule parcelle de sa vie, de lui ? Peut-être s’en fiche-t-il. Ou peut-être ne réalise-t-il pas. Peu importe. Je comprends ce qu’il me dit, et saisis ensuite que non, il n’en souffre pas. Physiquement du moins.

Nicolas est plein de cicatrices physiques, visuelles et sonores, rappelant chaque jours son passé. Comment fait-il ? Comment supporte-t-il de s’en souvenir chaque fois qu’il bouge, qu’il se voit ? Son regard s’est perdu un instant, me faisant me dire que cela ne doit pas être simple. Et pourtant, je ne peux le prendre en pitié. Ce sentiment n’existe plus en moi. Lorsque j’avais ma noblesse, ma richesse, j’avais pitié des autres, de ceux qui n’avaient rien. Aujourd’hui, tout m’a été pris. Père, innocence et pour compléter le kit, pitié. Néanmoins, je parviens à sentir un sentiment de culpabilité se glisser en moi. Lui ne fait pas payer les autres pour son passé. Lui n’en veut pas à la terre entière, sait faire preuve de gentillesse.

Il te fait te sentir mal n’est-ce pas, ce Tonnerre ?


J’ignore, j’encaisse. De toutes manières, est-il réellement ainsi ? Je doute toujours des gens. Il peut simplement « faire le gentil », jouer ce rôle qui plaît à tant de monde sans l’être réellement.

Heureusement, Nicolas revient parmi nous, me ramenant au passage de son rire bref. Je souris lorsqu’il s’étend, faisant le fier, et laisse échapper un clair rire lorsque le manège reprend et qu’il en est surpris.

« Reconnais qu’au moins cela aura stoppé ta vantardise. Remercie le forain, tu ne serais plus rentré dans tes chaussures après. »

Je me suis légèrement détendue, cela va un peu mieux. Même si les questions naissent trop vite dans mon esprit, autant à propos du jeune homme que de mon propre cas, je me sens plus calme. Prête à ne pas me refermer.

J’observe un moment Nicolas, hésitant légèrement. Je finis pourtant par lui tendre mon poignet, le plaçant comme il l’a fait avec sa main entre nous. Mes doigts viennent effleurer sa cuisse sans que je le veuille et je resserre sans m’en rendre compte ma main qui tient l’endroit blessé, m’arrachant une grimace. Je remonte l’ensemble sans un mot, n’aimant pas les contacts involontaires et ne voulant pas montrer d’instabilité. Finalement, je viens planter mes yeux inexpressifs dans ceux du Tonnerre.

« Tu peux regarder. Ou toucher. Enfin je ne sais pas. Tu peux tenter, je ne réponds juste pas de ma réaction. »

Un sourire taquin vient animer mon visage tandis que je lâche enfin l’étreinte de ma main, celle-ci venant se poser sur mes cuisses. Je ne lui mens pas, il peut essayer. Simplement, je ne sais si je le veux ou non, ni si mon corps va l’accepter. C’est en quelque sorte un test.

Sympa pour le gars qui ne t’a rien demandé tiens.
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Sam 3 Sep 2016 - 18:26
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Nicolas retrouve le sourire. Il était pas du genre vantard... encore moins quand il s'agissait de sa colère ou de sa violence. Il en usait pour faire croire qu'il avait de l'humour, ce dont il avait l'impression de manquer cruellement comparé aux répliques de la Miss. Il fixe ses chaussures... Pour toutes les fois où il a du racheter des rangers parce qu'il grandissait, ça lui ferait du mal de ne plus pouvoir les mettre. :

-T'as raison... J'adore trop mes godasses pour me permettre d'être orgueilleux.

L'atmosphère est plus calme, limite douce, au rythme du manège. Nicolas regarde face à lui. Il ne sait pas comment interpréter ce silence mais il l'apprécie. Ça lui permet de faire le point, de se recentrer... Enfin, il s'apprêtait à le faire quand il voit le mouvement de la Miss du coin de l’œil. Nicolas ne comprendra jamais pourquoi il réagit de cette manière... En fait, qui peut comprendre ?... Pourquoi l'instant d'avant il arrive à toucher la Miss pour la protéger mais le moment suivant il la considère comme une menace ? Pourquoi son petit cerveau atrophié ne peut pas faire la différence entre un mouvement amical et un geste violent ? Parce que son passé lui interdit de croire qu'un contact peut être doux, même s'il en reçoit souvent depuis qu'il est ici. C'est gravé en lui comme un écrit saint dans le marbre.

Le frôlement le tend tout entier mais il ne fait pas un mouvement. Son regard se fixe sur la main blessée et il voit que celle qui la tient se resserre. Tiens... Bonjour et bienvenue dans le club des allergiques aux contacts humains. Nicolas ne bouge pas, il serre simplement sa mâchoire et plante son regard dans celui, vidé d'émotions, de la demoiselle assise près de lui. Elle lui tend son poignet, l'invite à la toucher même alors qu'elle le prévient qu'elle ne sait pas comment elle risque de réagir... Okayyy... C'est quoi ? Une menace ou un test ? Il prend une brève inspiration. Quoiqu'il en soit, si elle n'apprécie pas le contact, elle fait l'effort de le comprendre, elle l'autorise à regarder... Quand à savoir comment elle allait réagir et bien... lui non plus. Voilà, ils sont deux. Mais qui ne tente rien n'a rien, bon cavalier monte à toute main, et la chance sourit aux audacieux, paraît-il... Mmmouais. Il "paraît". Supporter deux ou trois chenilles pour connaître les papillons.

Sans la quitter des yeux, il monte doucement sa main vers la sienne. Il s'arrête bien avant de la toucher... En vérité, on a l'impression qu'il s'apprête à recueillir de l'eau de pluie au creux de sa paume, bien qu'il ne s'agisse que de la Miss. Il pose les yeux sur la marque... Elle est rouge et sera sans doute bleutée d'ici quelques heures. Elle a la forme de la force Nico ; il a donc serré, c'est ce qui a causé la blessure. Ses lèvres s'étirent l'espace d'une demi-seconde dans une expression peinée avant de disparaître... C'était fait, il n'avait plus rien à dire puisqu'il s'était déjà excusé, et il ne pouvait pas réparer sa bêtise. Il soupire... Leurs mains ne se touchent pas et pourtant il peut constater les différences : la sienne est large, abîmé et rêche à force de travaux manuels et celle de la Miss est fine, blanche... C'est la main d'une Dame. Il se sent moins que rien à côté de cette main, l'ombre d'une ombre. Il ouvre un peu plus ses doigts ; il n'y a pas de caresses en fermant les mains. Il se trouve tout d'un coup fasciné par cet outil de l'homme, ce bout de chair. Tout ce qu'on peut faire avec elles ; acclamer, prier, griffer, défendre, attaquer, aimer, relâcher, retenir, menacer, désigner, voler, partager,...

Nicolas pose sa main sous celle d'Hamilton, en évitant la blessure, sans plus bouger, la paume ouverte.
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Sam 3 Sep 2016 - 19:39
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En même temps que je me tends lors de ce contact inattendu, il fait de même, mais ne dit rien. Je peux juste voir sa mâchoire se serrer et sens la tension qui émane de lui. J’en déduis que non, il ne touchera pas ma main si facilement. Peut-être est-ce pour le mieux.

Je le vois prendre une brève inspiration. Mais comme il ne me lâche pas des yeux, je garde aussi les miens fixés sur lui, appréhendant ce qu’il est en train de faire. Heureusement, son regard se détache de moi et rapidement le mien se pose sur sa main. Il l’a bloquée bien avant de me toucher. Cela me rassure légèrement. J’avais raison, il ne posera pas un doigt sur ma peau bien trop sensible. Je relève les yeux un instant sur son visage, le temps de le voir grimacer un peu, comme s’il était attristé par ce qu’il voit. Il soupire légèrement, mais retrouve son air habituel. Alors qu’il prolonge l’observation de mon poignet, je l’observe lui. Je suis lentement de mes prunelles, après avoir passé ses cheveux partant dans tous les sens, la petite cicatrice qui orne son arcade gauche, avant d’être attirée par celle qui traverse sa mâchoire droite. Bien plus longue. Je le vois, et me dis qu’il a dû passer sa vie avant Terrae à se battre. Le souvenir des marques sur son torse me confirme ce pressentiment, ainsi que le fait qu’il m’ait dit s’être battu gamin. Il connaît la violence physique, mais n’est-ce pas le cas de tout le monde à l’institut ?

Si Hamilton. Et tu vois bien qu’ils ne mordent pas tous.

Ma main se referme tout à coup lorsque je sens un contact auquel je ne m’attendais pas. Perdue dans mes pensées, je n’ai plus réfléchi à ce que faisait Nicolas. Apparemment, mes suppositions étaient fausses. Mon souffle coupé revient rapidement alors que mes grands yeux verts viennent croiser ceux du Loup. Calmée au bout de quelques secondes, je desserre mes doigts. Comment fait-il ? Comment peut-il me toucher alors qu’il semble aussi rebuté par les contacts que moi ?

Lentement, mes yeux retrouvent nos mains. J’observe sa paume contre ma peau avec un air inexpressif.  La surprise passée, c’est la réflexion qui se pointe. J’aimerais, moi aussi, réussir à avancer. J’aimerais passer le cap, pouvoir toucher quelqu’un sans avoir la nausée, et pouvoir être touchée. Cette vision, de quelqu’un me touchant, sans arrière-pensée, sans idée mal placée, est nouvelle. Ma main se retourne comme au ralenti sur la sienne. Mes doigts pliés en partie, comme les pattes d’une araignée, effleurent sa paume, sans oser la toucher complètement. Je reste quelques instants ainsi, comme mise en pause dans cette position. Puis mes doigts se détendent, et ma main tendue vient s’approcher un peu plus de la sienne, gagnant doucement les quelques millimètres qui les séparaient.

Et là je souris. Je souris car j’ai réussi. Nos peaux se touchent, nos mains sont posées l’une contre l’autre, et je sens mon cœur bondir devant cette victoire. Puis mon estomac se nouer. Les commissures de mes lèvres se tendre, comme tout le reste de mon corps. Je peux même deviner que ma peau déjà blanche pâlie encore un peu plus. Je sais que je deviens livide, pratiquement transparente. Le bout de mes doigts me brûle alors que des images passent en boucle dans ma tête, comme un film un peu trop glauque, un peu trop vrai. Ces garçons et filles – car oui les hommes ne sont pas les seuls profiteurs – du foyer, qu’eux, je touchais sans hésitation, parce que je n’avais pas le choix, refusent de quitter mon esprit. Je vois leur regard, leurs expressions, leurs mimiques. J’entends leur voix, m’ordonnant de les toucher. Et mince, je me suis plantée. Je n’ai pas du tout réussi, j’ai complètement échoué. Je retire ma main et ne bouge plus, les deux posées sur mes genoux, mon regard braqué sur celle du Tonnerre.

Enfin mes yeux remontent, viennent chercher ceux gris de Nicolas. Je suis aussi inexpressive que d’habitude, et pourtant, en moi, c’est un véritable massacre. Je n’aime pas ne pas pouvoir faire ce que je veux. Cela m’agace, me rend dingue. Mes poings se serrent, ma mâchoire se crispe. Je demande, d’un ton calme, posé, en contraste total avec ce que mon corps montre.

« Comment fais-tu Nicolas ? Tu sembles aussi rebuté par le contact que je le suis, alors pourquoi m’as-tu touchée ? Pourquoi as-tu osé ? »
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Dim 4 Sep 2016 - 0:44
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Au contact, la main de la Miss se contracte d'un seul coup. Comme un animal tendu, voulant fuir un piège et pourtant, elle ne bouge pas. Il la sent, à travers leur contact, à son aura, son corps entier qui refuse, par instinct, tout comme lui. Ces yeux verts le fixent, inexpressifs, des questions y semblent perdues mais elle ne prononce pas un mot, trop surprise... Elle se contente de glisser ce regard vers leurs mains. N'ayant aucune idée de s'il a fait une bonne chose ou non, il reste aussi immobile qu'une statue... Si elle veut reculer, elle le fera, si elle veut rester...

Elle se calme, petit à petit. Elle reprend le souffle qu'elle a coupé, elle repose les muscles qu'elle a tendu. Il ne peut rien lire dans ses yeux alors il se concentre sur son corps... Un instant de suspens où elle semble réfléchir profondément, puis, avec une lenteur calculée, elle retourne sa main sur la sienne... Paume contre paume. Nicolas bat un instant des paupières... Il a lui-même du mal à croire qu'il le fait, mais voilà, c'est bel et bien arrivé. Comme il s'y attendait, la peau de la Miss est douce... La sienne ne doit pas être agréable au touché. Il se concentre sur cette sensation là... Cette main qui ne le frappe pas, ces ongles qui ne le griffent pas. Il regarde son visage qui s'éclaire d'un coup d'un sourire, avant de pâlir tout aussi subitement... Qu'importe ce qui passe dans sa tête, ce n'est pas du joli... La Miss paraît tout d'un coup tellement fragile dans sa main...

Elle se retire au bout d'un moment. Elle ne tremble pas, son regard ne dit rien. Son corps entier hurle de dégoût. Il expire, se rendant compte qu'il retenait un peu sa respiration jusque là, et sa main descend petit à petit pour doucement se poser sur sa propre cuisse. Ils ne se lâchent pas des yeux... ce qui pourrait être plutôt terrifiant dans une autre situation. Il ne trouve rien à dire alors il attend sagement, qu'elle pose les questions qui la détruisent de l'intérieur... Elles ne tardent pas, mais Nico ne répond pas tout de suite. Un frisson dresse les poils de ses bras. :

-Je suis dégoûté par les contacts. La chair... Silence. Les gens ont cette passion de briser la chair qui n'est pas la leur... J'ai grandi dans cette certitude et depuis les hommes et les femmes me dégoûtent. Être touché, c'est abaissé sa garde, c'est donner l'occasion à l'autre de te faire du mal. C'est une faiblesse.

Il regarde un instant sa main et reprend. :

-Quand je suis arrivé à Terrae, je suis tombé sur la fille sans doute la plus tactile du coin. Il ne s'est rien passé de grave, je crois que j'ai été trop surpris par sa proximité pour réagir violemment. J'ai rencontré un homme qui aujourd'hui m'apprend à me battre avec respect. J'ai rencontré un prof qui m'a montré que parfois, on pouvait faire confiance à l'humanité des autres. J'ai rencontré une femme qui avait besoin de moi alors je l'ai prise dans mes bras...

Il plante ses yeux d'argent sur elle. De l'or blanc dans la nuit. :

-En venant ici, j'ai crée de nouveaux souvenirs de contact humain... Petit à petit, j'apprends que le toucher est un sens important aussi. Qu'on est capable de caresses et de soutien. Q'on peut faire pleins de choses avec nos mains, autres que blesser. J'ai appris... à aimer les mains.

Il fronce les sourcils. :

-Ne sors pas cette phrase de son contexte s'il-te-plaît, c'était sensé être poétique.

Il rit, et se tait soudain. :

-Tout ça pour te dire que tu apprendras. Il y auras des gens avec qui tu et sentiras proche, qui te rappelleront, d'autres qui te feront avancer, te feront découvrir l'avenir qui te semblait jusque là hors de porté... J'ai réussi à te toucher, car je sais que tu as ça en toi... Découvrir cette partie de toi qui aura le courage d'outrepasser tes limites...

Je te fais confiance le temps que tu prennes confiance en toi.
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Dim 4 Sep 2016 - 3:12
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La main de Nicolas vient aussi rejoindre sa cuisse. Je peux voir les frissons faire se relever les poils sur ses bras alors que je lui pose mes questions et qu’il n’y répond pas tout de suite. Sa voix finit par briser le silence s’étant installé entre nous.

Je l’écoute, attentive, comme suspendue à ses lèvres, désespérément à la recherche de la solution miracle. Je comprends ce qu’il me dit. Je saisis cette sensation que toucher, c’est briser quelqu’un ou se blesser soi-même. J’ai cette impression que, si je me laisse atteindre, je vais trop me dévoiler et être manipulée, utilisée. Mon corps est ma faiblesse, je le sais.

Néanmoins, j’ai plus de mal à accepter la suite de ses propos. Ses rencontres l’ont changé, pense-t-il qu’il en sera de même pour moi ?

Il ne tient qu’à toi de te laisser faire, Hamilton. Si tu acceptes les autres, tu pourras avancer. Si tu les rejettes, tu feras du sur-place.

Nos regards se captent à nouveau. C’est fou, ce contact que nous avons par nos yeux. Ce lien que nous créons, puis brisons, pour le retrouver une nouvelle fois. Encore une fois, je bois ses paroles, m’y accroche comme à une bouée de sauvetage, gardant pourtant mes prunelles vides. J’aime que les choses se passent en moi, pas à l’extérieur.

Peut-être tenons-nous là un de tes plus grands soucis.


L’un d’entre eux éventuellement. Tous, c’est certain que non. « aimer les mains ». Un concept étrange qui me déstabilise. Un sourire m’échappe à sa remarque, ainsi qu’un léger rire plat qui s’éteint en même temps que celui du Tonnerre. Mais je ne réponds pas, attentive à la suite.

Me croit-il capable d’accepter que les autres peuvent me faire avancer ? Me pense-t-il assez volontaire pour chercher et trouver au fond de moi ce courage qui me fera grandir ? Je pensais avoir confiance en moi, mais ce n’est qu’en mon corps que je crois. Pas en la réelle personne que je suis. Mon regard accepte enfin de se muer d’une expression étonnée alors qu’il dit me faire confiance, du moins le temps que je prenne confiance en moi.

Un silence revient. Je ne lâche pas ses yeux, cherchant peut-être sans m’en rendre compte la trace d’une manipulation quelconque, de la recherche de profit devant les faiblesses que je montre ce soir. Enfin, je prends la parole, me décide à m’ouvrir un peu plus.

« Je ne peux pas accepter l’idée que quelqu’un puisse me faire avancer. En particulier ici où tout le monde doit évoluer, vivre avec son passé. Comment peut-on trouver le temps pour aider quelqu’un alors qu’il nous faut déjà nous aider nous-mêmes ? »


Un sourire amer vient se glisser sur mon visage. Encore une fois, je lève ma main au poignet blessé, lentement, encore plus lentement qu’auparavant je crois bien, et viens effleurer le bout des doigts de Nicolas, sur sa main qui un peu plus tôt touchait la mienne. Ce début de contact me file la chair de poule et je m’inquiète d’encore une fois ne pas y arriver. Néanmoins, ma volonté est puissante, je l’avais oublié. Alors je ravale le vomi qui commençait à vouloir monter, et avec lui ma peur, ma colère, ma rage, tout ce que le touché peut faire venir. J’enfouis tout dans mon ventre, bazarde mes souvenirs dans un coin de mon esprit, dans une boîte mal rangée que je verrouille pour le moment, que je mets dans un tiroir dans lequel j’enfonce une clé. J’enferme tout, et décide d’être une nouvelle moi. Je me battrai avec mes démons plus tard. Ce soir je n’en ai pas l’envie, pas la force, pas le temps.

Enfin, au bout de ce qu’il me semble une éternité, ma main se pose sur la sienne, et je retiens mon souffle. Quelques secondes plus tard, je reprends une légère inspiration, soulagée. J’ai tout caché, et ça a marché.

« Je ne peux pas accepter cette idée, mais je peux accepter d’essayer de te faire confiance. Parce que tu me ressembles, un peu en tout cas. »

Mes yeux jusque-là braqués sur nos mains retrouvent les siens, reconstruisent le fameux contact. Une flamme inquiète mais présente y brûle. Un nouveau sourire, ironique celui-ci, étire mes lèvres. Dans ma voix, une pointe d’amertume se fait ressentir.

« Et de ce qui est de savoir qu’il est possible de faire plein de choses avec les mains, ne t’en fais pas, je suis un peu trop au courant ! »


Un rire accompagne ma phrase. Il est jaune et brûle ma gorge. Pourtant, rire de mon passé me semble être le remède miracle que je cherchais. Le jour où je serai capable de m’en moquer sans en souffrir, je serai guérie.

Hrp: Wé faut vraiment que j'arrête de te répondre au milieu de la nuit en dormant à moitié. J'ai relu ce matin et j'ai vu deux trois trucs qui me plaisaient pas trop ou qui sortaient d'on ne sait où donc tu as deux ou trois phrases modifiées. Enjoy ♥
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Mar 6 Sep 2016 - 18:35
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De l'étonnement traverse son visage, Nicolas ne dit rien mais au fond de lui, il est en train de faire la danse de la joie. OH PUTAIN OUI ! Une émotion ! EN-FIN ! Merci ! Puis de nouveau, le silence... Elle cherche quelque chose dans son regard, il n'a aucune idée de ce qu'il peut s'agir alors il reste neutre ; un mensonge, un espoir ? Peut-être même les deux... Et puis elle pose sa question... L'idée que quelqu'un la fasse avancer lui déplaît. Il comprend un peu, la seule différence avec sa vision des choses c'est qu'il avait longtemps cru qu'avancer était tout simplement impossible. Il allait devoir lui expliquer, choisir un peu mieux les mots qu'il employait, parce qu'elle avait raison tout autant qu'elle avait tort... et lui n'arrivait pas à bien expliquer. Enfin... il fera ça un peu plus tard.

Plus tard car de nouveau elle avance sa main... si lentement... on dirait un ralenti de film américain. Ce geste le terrifie, le pétrifie, bien plus que le précédent. Parce qu'il était l'instigateur du contact, il avait encore la maîtrise, là, c'était elle. Elle toute entière... Elle frôle ses doigts. Le tison blanc de feu sur ma chair. Il bat des paupières, sa mâchoire se serre, essayant tant bien que mal de faire disparaître des souvenirs de douleurs. Il inspire brutalement entres ses dents serrées. Le choc des phalanges sur une mâchoire. Elle doit se concentrer, il ne doit pas bouger... Des flashs de chairs à vifs, des sanglots dans une cabane, un trou dans une poitrine... Nicolas tremble. Huo secoue mes cheveux. Non, c'est trop bref ; il faut un souvenir doux, plus fort encore. Aria me fait un câlin. On y est presque.  Déjà il ne tremble plus même si le goût de la bile amer envahit sa bouche. Matheo passe ses doigts sur mon visage pour me voir. Il respire plus calmement...

Ses yeux sont posés sur la main de la Miss sur la sienne. Il a beaucoup de mal à réfléchir mais se dit aussi que ce n'est pas le moment. Alors il revient à son regard vert... Se devait être un étrange miroir. De l'inquiétude, pas de la peur. Une certaine confiance à se fixer, le contact par les yeux plus rassurante que le reste. Il sourit. :

-Un pas après l'autre hein...

Il voulait lui dire aussi qu'elle n'avait pas à faire confiance aux autres pour avancer, que ça allait se faire tout seul... Mais la preuve était là : ils se tenaient la main. Il lui rendit son rire amer... Si elle connaissait trop de choses, lui il en savait bien peu. ...et il ne voulait rien savoir. ...et il allait sûrement pas en parler !

Un toussotement discret se fit entendre... Nicolas se tendit par réflexe mais ne bougea pas sa main, de peur de la surprendre trop vivement. Il se tourna alors vers le forain qui avait arrêté son manège afin qu'il puisse descendre. Euuuh... depuis quand il attend comme ça ? Il rougit légèrement en grattant sa nuque. :

-Ahah ! Désolé on était... 'fin j'ai pas vu quoi.

Il se lève alors et sort sans demander son reste... Il a un mouvement de la tête, fouillant les lieux du regard pour voir si le poivrot était dans le coin. Apparemment, il avait décidé de fuir sa honte puisqu'il n'était plus dans les parages. Tant mieux. Vu comment il avait réagi un peu plus tôt, il avait eu peur d'avoir une occasion de lâcher un peu trop les vannes. Et il n'avait aucune envie de savoir ce qu'il se passerait si cela venait à arriver un jour. Il se tourna vers la Miss, un grand sourire rassuré lui barrant le visage. :

-Une idée de truc bizarre à faire avant que le jour ne se lève Miss ?

Il n'avait aucune idée de l'heure, et il était pas prêt de dormir avec ce qui venait de se passer, ça allait le travailler pendant quelques jours. Puis, comme c'est lui qui avait eu l'idée de venir ici, c'était à son tour de proposer quelque chose. Je... crois que c'est comme ça que ça marche...
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Jeu 8 Sep 2016 - 15:49
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J’ai bien senti qu’il s’est tendu. J’ai bien compris que ce que j’ai fait était risqué. Mais trop tard. Je suis lancée. Je ne peux plus m’arrêter. Malgré sa mâchoire serrée, sa respiration brutale, j’ai continué. C’était peut-être égoïste, mais je savais que si je m’arrêtais là, si je revenais en arrière, je n’en serais plus jamais capable. Son souffle se calme, je ne sais pas trop comment. Concentrée, je n’ai pas suivi autant que je l’aurais fait d’habitude.

Ses yeux et ses lèvres sourient lorsqu’il me répond. Oui, un pas après l’autre. Me presser serait trop brutal. Il le sait. A mon rire répond le sien, tout aussi amer. Je l’observe sans rien dire, le regard perdu dans le vide. Mon esprit est prêt à s’envoler, quand un toussotement fait se tendre le Tonnerre, qui ne bouge néanmoins pas. Je l’imite et me tourne vers sa source, posant mes yeux à nouveau vides sur le forain. Un sourire en coin anime mon visage face au rougissement du garçon. C’en serait presque mignon.

Sans un mot je me lève et marche à sa suite. Ma main est étrangement chaude. Je pense à ce contact, court, mais marquant. Etait-ce ça qu’il voulait dire par « aimer les mains » ? Parlait-il de cette douceur étrange qu’il y a à se toucher sans vouloir se faire de mal ? Je bouge légèrement mes doigts engourdis, plein de fourmis. J’aimerais comprendre comment ce peau contre peau peut procurer cette agréable sensation au lieu de me refroidir, me rendre malade. Certes, ce n’était pas facile, mais le résultat était moins horrible que ce que je croyais. Cela me semble anormal.

Tu viens de découvrir ce que c’est de ne pas vouloir blesser quelqu’un, Hamilton. Garde-le en tête.

Pour une fois, je n’aurais pas eu besoin de la petite voix dans ma tête pour le faire. Je veux me souvenir de ça. Que non, tout le monde ne va pas m’agresser. Je sais qu’entre vouloir et pouvoir le gouffre est profond, mais peut-être pourrais-je au moins essayer ? Je ne sais pas. Je verrai.

Nicolas me sort de mes pensées, se tournant vers moi avec un grand sourire et me demandant si j’ai une idée assez bizarre à lui donner. Je lui rends son sourire, peut-être un peu moins grand, mais présent.

« Laisse-moi réfléchir. Nous nous sommes rencontrés sur un toit, en pyjama, sous l’orage. Nous avons manqué de finir électrocutés sur celui-ci car nous nous y sommes retrouvés enfermés. Tu as dû escalader le mur, finir chez la directrice, fouiller ses tiroirs pour trouver les clefs, puis nous avons dû courir pour échapper au gardien, nous cacher dans une salle de classe, courir à nouveau. Nous avons fini dans ta chambre à parler de choses que je n’aborde habituellement pas – mais cela est certainement parce que je ne parle pas aux autres à vrai dire – puis, je ne sais ce qui t’est passé par la tête mais tu t’es dessapé en m’envoyant des vêtements à enfiler, ce que j’ai, je ne sais pas pourquoi, au lieu de fuir, fait. Encore une fois, nous avons couru – que de sport nous avons fait ! – puis tu as failli te battre après que j’ai eu la sensation d’être prise pour une prostituée. »

Petit blanc. J’ai retenu un « comme ma mère ». Mon regard, mon sourire taquin, rien n’a bougé. Juste cette fraction de seconde où mon souffle se coupe, avant de reprendre, comme si je ne l’avais jamais arrêté.

« Finalement nous sommes montés dans cette grande roue et – je ne vais pas te mentir – j’ai probablement failli te vomir dessus – je suis sexy je sais. Et pourtant j’ai découvert que oui, il est possible de toucher sans faire du mal – même si je reste convaincue que les trois quarts des gens aiment faire du mal, mais cela est un autre problème que ma conscience, mon esprit et moi règleront ensemble, nous nous entendons assez bien. »

Je m’arrête, du moins pour le moment. Le stress provoque souvent cela, cette logorrhée surprenante et assez insupportable. Un pauvre rire m’échappe. Il est tard, je suis fatiguée, perturbée, et cela se ressent. Je n’aime pas trop cela. Je me sens faible. Cependant je continue, je ne veux pas que cette nuit finisse tout de suite.

« En soit, cette soirée n’a rien de bizarre, il faut donc en ajouter, tu as raison. De plus, je te préviens, vu l’heure qu’il est, je compte bien voir le soleil se lever. As-tu déjà lu Harry Potter ? Enfin, peu importe. Nous allons nous la jouer Harry Potter. Partant pour un tour à la forêt ? Ensuite nous pourrons aller au lac ou au champ de fleurs, je suis sûre que nous y verrons très bien le lever du soleil. De toutes manières, tu m’as traînée ici sans rien me dire, donc tu n’as pas le choix. Let’s go ! »

Et me voici en route. OH MAIS QUAND VAIS-JE M’ARRETER DE PARLER SERIEUSEMENT ?

HRP: J'écris plus jamais quand je suis moi-même nerveuse. Je fais péter les plombs à Hamilton sinon je crois o.o
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Dim 11 Sep 2016 - 2:00
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Comment expliquer avec des mots ce qu'il ressentait pour la Miss ? C'était bien plus flou qu'avec Ipiu, qu'il considérait comme une grande sœur un peu folle, ou Ronron comme un parrain qui le guidait. C'était cet entre-deux, mêlé de respect, un peu comme une véritable amie ; ou du moins ce que le commun des mortels appelle "ami". Mais il venait tout juste de la rencontrer, mais il venait juste de comprendre à moitié qui elle était. Faire confiance à ce masque ou à qui elle était réellement ; au final peut importait. Il venait de faire une rencontre qui allait changer sa vie, qui allait lui faire découvrir le bien et le mal de l'existence, qui allait lui apprendre autant que les théories ou les conseils des autres... Ce n'était pas de la confiance, ce n'était pas de l'amitié ; c'était de la compréhension, pure et dure, de quelqu'un qui se cache, comme lui, de quelqu'un qui allait, comme lui. Je le sais. C'était si flou en lui, De la même manière qu'il ne pouvait pas expliquer pourquoi il n'aimait pas sa mère mais la respectait en tant que génitrice, qu'il n'acceptait pas son père... Mon père.

Il revint à la vie comme si on l'avait arraché à cela quelques secondes plus tôt, son corps entier trembla avant de se concentrer sur ce qu'elle disait... Et il l'écouta, et Dieu sait qu'il l'écouta ! Il fixa son regard d'argent sur elle, incapable de quitter son visage des yeux tout le long de sa prise de parole. Il haussa les épaules à la fin de son monologue expliquant tout ce qu'ils avaient vécu dans la soirée... Quoi ? Rencontrer quelqu'un sur le toit, risquer la mort via électrocution ou chute n'est pas normal ? Eh beh... Il en fera une base pour leur retrouvaille... Quelque part, il se doutait qu'un peu d’adrénaline ne leur avait fait que du bien. Par contre, il tiqua sur "prostitué". Son regard se fit dur sans qu'il ne le veuille... Prostituée... qu'est-ce que cela veut dire déjà ? Il n'eut pas bien le temps de réfléchir que son corps entier rejeta le mot, comme une nausée improbable. Il fit un mouvement du bras comme s'il voulait lui prendre la main mais s'arrêta aussitôt... Si un jour... Ce serait elle, toujours elle, qui fera le mouvement vers lui. Il accepta, au fond de lui, de jamais pouvoir la prendre dans ses bras... Car il savait au travers des masques.

Oui... c'était trop flou pour des mots. Précisons.

Il se raccrocha à la suite de ses mots, comme quoi, apparemment, elle avait failli lui vomir dessus. Il avait alors son paquet de cigarettes dans la main et s'arrangea pour en rouler une tout en éclatant de rire. De ce rire qu'il avait appris à faire à Terrae. :

-Ahah ! Je suis touché que tu te sois retenue. Et c'est très sexy effectivement.

C'était vrai. Il n'y a que ceux qui ont peur de la peau des autres qui peuvent connaître ce sentiment : celui du viol, car malheureusement il y a pas de comparaison probable. Mais jamais il ne mettrait ce mot dessus ; ce serait amoindrir les souffrances des victimes de pareilles violences. Chut... CHUT ! Accroche-toi à elle.

Il s'arrête. En même temps qu'elle. Mais littéralement. Au milieu de la foule. Il prit une grande inspiration. :

-Je connais les films Harry Potter, j'ai pas eu le temps de les lire. Mais je vois ce que tu veux dire. On va dans la Forêt Interdite, on va grimper à un arbre et on va y admirer le jour qui se lève... AH ! Viens ! Il pointa du doigt une direction tout en s'y dirigeant. Là-bas, il y a des arbres assez grand pour avoir une vue entière du lac et du soleil tout en ayant des branches basses qu'on puisse atteindre pour grimper et... ah c'est vrai que mes baskets sont trop grandes... bwarf, on va essayer ! Et au pire, si tu y arrives sans vomir, tu peux t'accrocher à moi le temps de la grimpette !

Il reprit son souffle pour lécher la partie collante de sa feuille de tabac. Il roula sa cigarette avant de l'allumer une nouvelle fois d'un claquement de doigt... avant de se demander une chose. :

-Le tabac te dérange pas au moins ? Ouais je demande seulement là mais vaut mieux tard que jamais !


HRP : Je m'arrête maintenant, sinon je m'arrête jamais XD !
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Dim 11 Sep 2016 - 2:33
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Etait-ce un tremblement qui l’avait agité avant que je ne parle ? Ou un simple frisson ? Mon regard se fait scrutateur l’espace d’une fraction de seconde, puis je passe à autre chose. Trop tard. Ce n’est plus le moment de lui demander. L’air du Tonnerre se durcit étrangement alors que je prononce un simple mot : prostituée. Je vois son mouvement de bras vers ma main, m’apprête à la resserrer par instinct quand il s’arrête net. Je suis étonnée, mais ne me coupe pas dans ma lancée pour autant.

Le Tonnerre éclate de rire. Ce dernier est-il naturel ? Il donne l’étrange impression d’avoir été appris, comme lorsque je souris par réflexe, par mimétisme, obligation. Sa réponse m’en tire néanmoins un sincère.

« Tu peux, tu peux. Et je suis toujours sexy voyons. »


Mon nez se plisse un peu lorsque je ris doucement, me moquant de moi-même. Je redeviens sérieuse alors que Nicolas arrête de marcher, s’interrompant au milieu des gens. Après avoir empli ses poumons d’air, c’est son tour de parler.

Je pose mes yeux sur la direction indiquée par le garçon tout en le suivant. Son idée est sympa. Encore une fois nous serons en hauteur, dans les airs. J’apprécie énormément, et lui aussi je crois. A sa proposition de m’accrocher à lui pour grimper je secoue légèrement la tête en signe de négation.

« Je sais monter aux arbres, je laisserai juste les chaussures en bas. Ce n’est pas un souci. »


Il me demande ensuite si le tabac ne me dérange pas. Encore une fois, je résiste à l’envie de lui en demander une, plus difficilement qu’auparavant.

« Non ça ne me déra… »

Oh et puis, qu’est-ce que cela ferait si je lui en demandais une ? De toutes manières, quelque chose me dit que nous nous reverrons et que d’une manière ou d’une autre je pourrai lui rendre la pareille.

« Hum… Non ça ne me dérange pas et d’ailleurs, est-ce que cela te dérangerait de m’en donner une ? J’ai bien du tabac mais dans ma chambre donc si cela pose un problème je peux t’en rendre une la prochaine fois que nous nous nous voyons. Enfin, si tu souhaites que nous nous revoyons. »


Ooooh tu deviendrais presque mignonne à hésiter de cette manière Hamilton.

Mon regard doit se faire assez étonné. Décidément, cela fait beaucoup de fois en une nuit. C'est que je ne m’attendais pas à dire… ce que je viens de dire. Je ne suis pas du genre à proposer à quelqu’un une seconde rencontre. Bien au contraire. Néanmoins, là, je dois en avoir envie puisque je l’ai pratiquement proposée, du moins insinuée. Cela ne m’empêche pas d’être embarrassée et de rapidement embrayer sur autre chose, ne laissant pas le temps à Nicolas de répondre.

« Hum laisse. Alors, cet arbre ? »


Un grand sourire au visage, sans plus me préoccuper de la cigarette, j’observe les branches assez basses. J’enlève les chaussures trop grandes et me retrouve pieds nus. En posant un en appui, je me hisse et réalise soudain quelque chose… Il n’y avait pas que les baskets qui n’étaient pas à ma taille. Le jean aussi. Et ma position n’aide pas. Je le tiens de ma main libre et me tourne vers le Tonnerre, mes yeux redevenus vides de toute expression malgré ce que je sais devoir faire.

« Il semblerait que je vais m’accrocher à toi finalement. »

En espérant que cela passe. En espérant que je n’en sois pas malade. En espérant que cela ne soit pas l’effort de trop.

Vois le bon côté des choses… Au moins tu espères quelque chose, c’est déjà un peu mieux qu’avant.

Ce qu’on ne ferait pas pour voir le soleil se lever…
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Dim 11 Sep 2016 - 3:26
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Humeur : Sex, Drugs and Rock'N'Roll...

Oh yes une fille qui pose ses chaussures pour grimper aux arbres ! Alors, oui, pensée hors contexte, on a l'impression que Nico est sexiste mais pas du tout ; rappelons qu'il a connu la plupart des membres du sexe féminin en mini-jupe dans son collège du village ou en survét' mille fois trop grand à tenter de se faire plus solide ou mature que les garçons, et donc, à éviter de grimper aux arbre. Non puis de toute façon il a été le seul à grimper aux arbres pour survivre par chez lui donc je sais même pas pourquoi j'essaye de l'excuser !!!... Excusez-le ! Merde ! Tout ça pour dire qu'il est heureux d'entendre qu'elle l'accompagnera dans l'arbre... comme deux louveteaux... et pour lui qui adorait ça, c'était comme partager le meilleur des passe-temps avec son meilleur ami.

Et puis elle interrompt sa phrase suivante... Il n'a tiré qu'une bouffée de sa cigarette et son mouvement est en suspend, comme s'il était prêt à l'éteindre le temps qu'elle lui réponde que finalement, ça la dérange un peu... Mais pas du tout. A la place, elle s'excuse ou plutôt, elle se trouve des excuses et Nicolas a un immense sourire qui se dessine sur ses lèvres. Tiens ? Une fumeuse ? Il s'y attendait pas. En fait, des autres il ne s'y attend tellement pas qu'il sera toujours étonné. Comme si le tabac était une chose trop interdite pour être pratiquée pour le commun des mortels... S'il savait... Alors, quand elle lui demande où se trouve l'arbre, il lui tend la cigarette qu'il a à peine entamé. :

-Tiens-moi ça.

L'air de ne pas vraiment lui donner... pour finalement ressortir son paquet pour en rouler une autre. Voilà. Nicolas quoi.

Ils arrivent près du lac en peu de temps, ils n'ont pas couru, ils ne se sont pas pressés... C'est comme si le temps s'arrangeait autour de leur petite bulle de bonheur simple, sans soucis. Nico prend un appuis et un deuxième... Il se sent dans son élément... Les muscles de son dos roulent sous sa peau, habitués, limites félins, retrouvant ce qu'il vivait au quotidien... A la quatrième branche, il se retourne. La Miss était là, immobile au bout de quelques appuis. D'une main elle tient une branche, de l'autre le jean trop grand... Ah, j'avais oublié ce détail. Il y a un temps en suspens avant qu'elle ne lui demande de l'aide.

Nicolas descend d'une branche et tend sa main... C'est encore à elle de faire un pas vers lui. Il attend autant de temps qu'il faut avant qu'elle ne s'empare de sa main. Il sourit encore une fois et dit. :

-Concentre-toi sur le pantalon et accroche-toi.

L'instant d'après, il la soulève de son seul bras libre pour ramener le sien à son cou, qu'elle s'y accroche à son aise. Ce contact est vital, si elle lâche, elle tombe... Elle s'en rendra compte et passera outre. Il a beau se dire ça, il se concentre sur sa propre tâche au maximum pour être aussi rapide que possible. Muscles tendus, efforts minimes, il arrive bien vite à une branche assez haute et solide pour deux sans trop d'efforts et il la laisse prendre ses aises avant de s'installer à son tour. Il ne s'était jamais bien rendu compte qu'il était fort, mais avec le contact de la Miss, le poids supplémentaire sur son dos, il fut bien obligé de constater qu'il devenait un homme... et quelque part, ça lui déplaisait.

Tirant sèchement sur la cigarette qui n'avait pas quitté ses lèvres, il admira l'horizon qui se dessinait au-dessus des autres arbres, bien en dessous des vagues que créait le lac. :

-Y'a plus qu'à attendre le soleil !
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Dim 11 Sep 2016 - 4:37
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Humeur : Taciturne.

Nicolas affiche un grand sourire. Se moquerait-il de mon soudain embarras ? Il me tend sa cigarette en me demandant de la lui tenir. Je l’attrape et l’observe en rouler une seconde. Moyen détourné de m’en donner une ? Apparemment. Mi-gênée, mi-amusée, j’affiche un air contrasté.

« Merci. »

Encore. Je le dis beaucoup trop ce soir, en tout cas à mon goût. Comme pour faire passer le goût amer que me laisse la reconnaissance, je tire une tafe, savourant ce moment où mon envie de nicotine s’assouvit lentement.

Si je suis rapidement bloquée, ce n’est pas le cas du Tonnerre. Il grimpe en habitué avec un naturel étonnant. Il ressemble à un animal sauvage. Ses mouvements sont calculés, agiles, et beaux. Il se retourne vers moi et descend d’une branche avant de me tendre sa main libre.

Il ne te touchera pas de lui-même. Il accepte, mais cela doit venir de toi.

Je le comprends bien. Il me sourit. Peut-être est-ce pour m’encourager. Doucement, mais moins que dans la grande roue, ma main rejoint la sienne. Je retrouve le contact de sa peau rugueuse, de ses doigts qui me semblent si forts comparés aux miens. Nicolas me soulève avec une facilité qui m’étonne. Certes je ne suis pas grosse, mais tout de même, j’ai conscience de peser plus qu’à une époque. Il ramène mon bras à son cou, et je m’y accroche. Je déglutis en nous sentant si proche, en réalisant que nos corps se touchent. Il se dépêche, je peux le sentir. Craint-il que je ne supporte pas ? Il aurait raison. Je serre la mâchoire, cherche quelque chose auquel me rattraper psychologiquement. J’inspire profondément, et une odeur vient me chatouiller les narines. Celle du garçon. Une douce senteur de pluie, mêlée au café et à son odeur naturelle. Un tout qui m’apaise, légèrement, mais qui m’apaise. La première m’est familière, tout comme la seconde. Elles me rassurent, me calment. Quant à la corporelle, je la découvre, mais elle n’est pas proéminente et je peux l’oublier facilement. C’est ainsi que je me raccroche plus à ces repères, rassurants, qu’au cou du garçon, du moins dans mon esprit. J’en oublierais presque que je sens chacun de ses muscles se mouvoir, que nous sommes trop près l’un de l’autre. Ma main accrochée au jean est moins crispée que je ne l’aurais cru, et c’est tant mieux, sinon, la cigarette coincée entre mon index et mon majeur en aurait certainement pâti.

Le trajet est rapide, et nous voici à une branche haute et solide sur laquelle le Tonnerre me laisse m’installer en premier. Je m’y assois, appréciant le vide sous mes pieds, cette sensation d’équilibre précaire mélangée à la liberté d’être en l’air. Je porte la cigarette à mes lèvres et tire dessus, le regard perdu dans le vaste paysage. Je me tourne vers le garçon lorsqu’il parle, et l’observe une demi-seconde. Il est bien plus fort que ce que j’avais cru au premier abord. Je réalise que pour descendre, il nous faudra faire la même chose dans le sens inverse. Il va me falloir m’y préparer psychologiquement dès maintenant. Je souris légèrement et lui réponds, me tournant à nouveau vers le lac, le ciel, l’étendu.

« Oui, il ne devrait plus être long, les étoiles commencent à se faire plus rares. »

Je ferme quelques instants les yeux, appréciant la brise fraîche qui vient me caresser le visage. Lorsque je les rouvre, je vois le ciel se colorer de rose au loin. Je me sens bien, étrangement détendue. Heureuse ? Je ne le sais pas. Ce que je sais, c’est qu’une envie me démange. J’ai le besoin de dire la vérité à au moins une personne, de retrouver ma sincérité d’enfant juste pour cette nuit. Sans regarder Nicolas, je laisse enfin un masque tomber, se briser, pour le moment en tout cas. Il me sera simple de le réparer pour une autre occasion, une autre personne. Ma voix, calme, indifféremment posée, s’élève.

« Mon prénom est Adélaïde. »

Mon regard vient finalement trouver le sien, aussi taquin que menaçant.

« Mais je ne supporte pas que l’on m’appelle ainsi, alors si tu oses le faire devant quelqu’un, je trouverai un moyen de me venger. »

Tu te lances avec un filet, « Adélaïde ». Seras-tu capable un jour de l’enlever ?


Je n’en sais rien. Tout comme je ne suis pas prête à tout expliquer, je ne suis pas prête à ne pas sécuriser le terrain. Je lui souris néanmoins, un peu plus douce.

« Je ne peux pas encore tout dire. Néanmoins, tu sais maintenant mon prénom. »

Comme pour conclure, je tire sur ma cigarette, rejetant la fumée vers le ciel dans lequel viennent aussi se perdre mes yeux.
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La colère de Zeus [Nico!]

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