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Safe and Sound [Etoilisation - RP Solo]
##   Mar 2 Aoû 2016 - 16:55

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Elle n'aurait jamais cru qu'elle se retrouverait devant ce bâtiment après tout ce temps. Presque deux années s'étaient écoulées depuis qu'elle était partie et pourtant, tout était encore si clair dans son esprit, c'était comme si elle n'était partie que la veille seulement. Et pourtant...le temps était passé et rien ne semblait avoir changé, de l'extérieur du moins car il était encore impossible de dire si les choses seraient similaires à l'intérieur. Tel était l'état d'esprit dans lequel se trouvait la jeune Tahia, alors qu'elle se tenait devant le centre qui l'avait accueillie pendant de longues années avant qu'elle ne le quitte deux ans plus tôt.

Elle n'avait pas pu s'empêcher de revenir, préparant un sac où elle avait placé des affaires pour la durée de son séjour, à savoir quelques jours, avant de quitter Terrae en douce pour se rendre à l'aéroport et s'arrangeant pour prendre un avion pour la France, un voyage s'étant révélé à la fois long mais également épuisant, car malgré plus d'onze heures de trajet, l'adolescente n'avait que très peu dormi, à peine deux ou trois heures. Trop de questions, trop de scénarios tournaient en boucle dans son esprit, l'empêchant de trouver le sommeil et l'enfonçant dans ses inquiétudes alors qu'elle ne cessait d'observer l'extérieur par le hublot à côté d'elle. L'arrivée dans le pays francophone eut au moins le mérite de la soulager un peu, bien qu'il soit midi, que la jeune fille était fatiguée de ne pas avoir pu se reposer correctement et qu'elle avait un peu faim. De plus, elle avait mis un peu de temps pour se familiariser de nouveau avec les transports. Ce qui, au final, l'avait amené devant ce bâtiment qu'elle ne connaissait que trop bien.

Elle ne l'avait mentionné à personne, elle savait que n'avoir rien dit aux Masters sur son départ risquait de lui causer des ennuis mais...mais elle avait besoin de savoir, de voir comment les choses se déroulaient. On ne pouvait pas tourner le dos aux souvenirs du passé, ni aux angoisses qui peuvent nous traverser lorsque l'on songe, avec des regrets, à un lieu ou à des personnes que l'on a quitté, en se demandant comment ils peuvent se porter. Même si elle avait fait en sorte de le repousser le plus longtemps possible de son esprit, d'attendre que le Vide au creux de sa poitrine se calme un peu avant qu'elle n'espère y faire face de nouveau, ses pensées la ramenaient toujours vers le centre, vers ses occupants, vers sa Grand-Mère…

Tahia ne put s'empêcher de penser à nouveau à ce jour là, ce jour maudit où elle avait appris que Laurine était morte, laissant derrière elle des visages choqués, abattus et désemparés par cette nouvelle, cette nouvelle que personne ne voulait croire tant elle semblait irréelle. Et à présent qu'elle pouvait y repenser plus clairement qu'à cette époque, l'adolescente ne put s'empêcher de penser à quel point elle avait été égoïste à ce moment là. Égoïste et lâche. Elle avait fui le centre, en pensant qu'elle pourrait fuir la douleur et surtout, qu'elle était la seule à se sentir détruite par la mort de sa Grand-Mère. Alors que tellement d'autres personnes, qui connaissaient Laurine depuis bien plus d'années qu'elle, avaient sûrement dû ressentir bien plus de peine, bien plus de tristesse que ce qu'elle avait pu éprouver. Et toutes ces personnes qu'elle avait connues au fil du temps, avec qui elle avait créé des liens, qu'elle avait soigné, pour qui elle avait pleuré dans certains cas, elle les avait abandonnées, à cause de son égoïsme.

La Guérisseuse n'attendait pas à ce qu'on lui pardonne quoi que ce soit, si tant est que quelqu'un la reconnaisse et lui fasse le moindre reproche sur sa fuite, mais elle voulait sincèrement savoir comment les choses se passaient maintenant, à présent que Grand-Mère Makoto était partie. Le bâtiment semblait toujours en activité et rien n'était à l'abandon contrairement à ce qu'elle avait pu une fois s'imaginer, mais dans ce cas là, qui avait pris la relève ? Qui avait conservé ce lieu ?

" Excusez-moi, mademoiselle, mais je peux vous aider ? "

Tahia ne put retenir un sursaut au son de cette voix : elle n'avait rien entendu de ce qu'il se passait autour d'elle et la fatigue n'avait pas dû arranger les choses. Cependant, la voix lui avait semblé étrangement familière. Se tournant dans la direction d'où elle avait entendu la voix, l'adolescente fit alors face à une femme. Cette dernière était de taille moyenne, quoiqu'un peu plus petite que la jeune fille, et devait avoir une quarantaine d'années, bien qu'elle semblait encore relativement jeune, avec de longs cheveux châtain clair légèrement bouclés dépassant ses épaules. Elle avait une peau plutôt clair, bien que l'on pouvait constater que la femme avait encore gardé quelques couleurs tandis que deux yeux vert clair laissaient entrevoir une surprise non dissimulée. Elle était habillée de manière simple, qui était en tout cas adéquat à la journée, à savoir d'un pantalon noir avec au dessus un haut couleur lilas et des chaussures noires tandis qu'une veste beige venait compléter le tout.

" Hélène ? "

L'adolescente n'en revenait pas de qui se trouvait face à elle. Hélène Sanders, l'adjointe de sa Grand-Mère et une des rares personnes à avoir œuvré pour le centre pendant plusieurs années. C'était une femme d'une très grande gentillesse, qui était toujours au petit soin avec les autres, donnant des conseils et se montrant toujours à l'écoute de ceux qui en avaient besoin. Quand ce n'était pas Laurine qu'elle allait voir en cas de problème, c'était Hélène que Tahia demandait à voir et avec qui elle passait souvent un peu de temps. Alors, imaginez le choc pour la jeune fille de revoir cette femme qu'elle avait connu pendant tout ce temps et avec qui elle était plutôt proche.

" Tahia ? Oh mon Dieu, comme tu as changé ! "

La femme s'avança un peu plus avant de poser ses mains sur les épaules de l'adolescente, la regardant de haut en bas alors que ses yeux pétillaient de joie. Si ça avait été quelqu'un d'autre, sans doute qu'elle aurait vraiment été mal à l'aise mais la jeune fille savait qu'Hélène faisait très souvent cela quand elle retrouvait quelqu'un qu'elle n'avait pas vu depuis un moment déjà. Et autant dire que deux ans avaient amplement suffi pour que la brune ait pas mal changé. Entre ses cheveux qu'elle avait coupés au carré et le tatouage qu'elle s'était faite en forme de plume sur son avant bras gauche, bien que ce dernier soit actuellement caché par la veste qu'elle portait. Et sans doute y avait-il bien d'autres choses mais il ne faisait aucun doute qu'Hélène allait les trouver bien assez vite.

D'ailleurs, la concernée finit par cesser son analyse complète avant de se concentrer de nouveau sur la jeune Guérisseuse.

" Il n'y a pas à dire, tu as beaucoup changé depuis la dernière fois que je t'ai vu. Et ou c'est moi qui commence à me faire vieille ou j'ai l'impression que tu as encore grandi. "

La brune ne put retenir un petit rire à cette remarque. A quarante cinq ans, Hélène donnait l'impression d'avoir un peu moins de la quarantaine et elle ne semblait avoir perdu en rien de son dynamisme et de sa bonne humeur, ce qui était vraiment une bonne chose. Au moins avait-elle gardé l'image que Tahia s'était toujours faite d'elle et ce n'en était que plus réjouissant encore. Aussi, la femme finit par sourire en entendant le rire de l'adolescente avant de reprendre :

" J'aimerai beaucoup que l'on continue cette petite conversation de retrouvailles mais je suppose que cela serait sûrement mieux ailleurs que de rester debout devant le centre. Suis moi, je t'amène en ville. "

La proposition était intéressante mais l'étudiante ne savait pas si c'était une bonne idée ou non. Après tout, Hélène avait sûrement des choses plus importantes à faire au centre que d'aller boire un verre avec elle, même si cela faisait presque deux ans que les deux femmes ne s'étaient pas revues et  qu'il y avait sans doute beaucoup de choses à raconter. Et puis, même si elle craignait les réactions des autres lorsqu'elle rentrerait dans le bâtiment, au moins Tahia aurait l'occasion de voir comment les choses se passaient présentement. Comme si elle avait lu dans ses pensées, la femme lui dit alors :

" Si tu t'inquiètes du fait que je sois absente plus longtemps au centre, ce ne sera pas un problème. Quand ils sauront pourquoi j'ai mis autant de temps à revenir, je peux t'assurer que tout le monde me pardonnera rapidement. Et puis, il faut être aveugle pour ne pas remarquer que tu as un peu peur de vouloir rentrer maintenant. "

Tahia retint un léger soupir, de soulagement ou d'agacement, on ne saurait le dire. Hélène ne la connaissait que trop bien, malgré le temps qui s'était écoulé et cela pouvait avoir ses avantages comme ses inconvénients car cela signifiait, entre autre, qu'elle pouvait difficilement cacher quoi que ce soit à l'adjointe. Tout ce qu'elle pouvait faire actuellement était de s'avouer vaincu et accéder à la requête.

" Très bien, je te suis. Mais on ne s'absente pas longtemps, dans ce cas. Qu'on te pardonne ton absence à cause de moi est une chose mais je ne pense pas qu'ils en diront la même chose si on reste à l'extérieur deux ou trois heures de plus que l'heure à laquelle il était prévu que tu rentres. "

Hélène ne fit aucun commentaire à cela, le sourire sur son visage étant amplement suffisant pour deviner ce qu'elle pouvait penser de la dernière réplique de l'adolescente. Aussi se contenta-t-elle d'ouvrir la marche et de guider la brune à travers les rues de Paris.



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##   Mer 3 Aoû 2016 - 16:32

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Il n'avait finalement pas fallu très longtemps avant que les deux femmes se retrouvent sur la terrasse d'un petit café, placé non loin du centre, de sorte qu'elles auraient tout le temps pour rester un moment avant de retourner près du bâtiment. Cette constatation avait suffi de terminer de convaincre Tahia quant à l'idée de discuter autour d'un verre, même si une légère hésitation résidait toujours au fond d'elle. Après tout, elle savait que des explications allaient devoir être données et connaissant Hélène, cela risquait de prendre un moment et l'ancienne adjointe n'était pas connue pour lâcher l'affaire lorsqu'elle voulait absolument savoir quelque chose.

Mais fort heureusement, la femme ne prit pas tout de suite la parole pour harceler l'adolescente de questions. Elle commença d'abord par passer commande auprès d'une serveuse qui s'était approchée de leur table et même lorsque cette dernière retourna près du comptoir pour récupérer la commande, Hélène ne posa pas la moindre question. Elle se contenta d'observer les alentours, suivant des yeux les quelques passants qui marchaient dans les rues, tantôt un groupe de jeunes discutant et riant entre eux, tantôt une mère de famille accompagnée de ses enfants. C'était quelque chose que Tahia avait toujours remarqué avec l'ancienne adjointe : s'installer quelque part et regarder les gens passer, sans se poser vraiment de question, se contentant de suivre le déroulement de la vie pour tous ces gens.

La brune n'avait jamais été à l'aise devant ce genre de chose et n'y comprenait pas l'intérêt, pensant sans doute qu'il était inapproprié de fixer les personnes autour d'eux, bien que parfois elle se demandait ce qui pouvait bien se passer dans l'esprit de chacun. A quoi pouvaient-ils penser actuellement ? Quelles pouvaient être leurs vies lorsqu'ils ne se trouvaient pas dans les rues ? Bien des questions pouvaient se poser à cet instant mais la Guérisseuse ne voulait pas se mêler de cette histoire de vie privée. Pas qu'elle n'y prêtait aucune attention, si quelqu'un lui parlait et donner des éléments de sa vie, l'adolescente écouterait attentivement les paroles mais elle n'était juste pas quelqu'un qui voulait forcément savoir tout sur tout concernant la vie des autres. S'il y avait des choses qu'ils ne voulaient pas dire, elle ne les forcerait pas à lui dévoiler quoi que ce soit, elle les laisserait au contraire prendre leur temps et parler lorsqu'ils s'y sentiraient prêts.

Tellement plongée dans ses pensées, Tahia ne vit pas la serveuse revenir et ce n'est seulement que lorsqu'un verre rempli de jus de fruit entra dans son champ de vision qu'elle reprit contact avec la réalité. Autant dire qu'elle devait avoir eu un moment d'absence depuis quelques minutes déjà étant donné qu'Hélène la fixait d'un regard qui semblait maintenant rassuré, bien qu'elle ne lui fasse pas la moindre remarque sur le silence pensif de la brune. A la place, elle commença à boire le café qu'elle avait commandé, l'adolescente suivant son exemple et prenant une gorgée de son verre, la saveur des fruits exotiques terminant de la ramener totalement à la réalité. Il se passa un nouveau silence avant qu'enfin, la femme prenne la parole :

" Bien, maintenant que nous sommes installées, je pense que l'on va pouvoir enfin discuter de choses importantes. Ma première question étant surtout de savoir pourquoi tu es revenue vers le centre après avoir disparu pendant presque deux ans. "

Cette remarque ne sonnait pas comme un reproche, bien au contraire, on pouvait clairement deviner qu'Hélène ne posait cette question que par curiosité et sans doute avait-elle pensé pendant tout ce temps qu'il y avait peu de chances que la brune revienne un jour. Après tout, Tahia n'avait laissé aucun message le jour de sa fuite, ne donnant aucune indication sur l'endroit où elle se rendait, ce qu'elle allait faire et pourquoi elle avait décidé de partir, bien que la réponse à la dernière question était évidente pour tous. Il était donc tout à fait logique que l'ancienne adjointe s'interroge sur les raisons de la réapparition de l'adolescente dans la ville. Mais dans tous les cas, la Guérisseuse ne pouvait jouer que la carte de sincérité et dire très clairement pourquoi elle était revenue.  

" Pas un instant je n'ai cessé de penser au centre et à vous tous. C'est pour cette raison que je suis revenue à Paris. Je voulais venir voir comment les choses se passaient, maintenant que Grand-Mère n'est plus là…
-C'est vrai qu'en raison de ton absence, tu n'as pas pu être au courant de tout. Le centre fonctionne toujours, comme tu dois sûrement t'en douter, et j'en suis d'ailleurs la nouvelle directrice. "

Tahia ne put retenir un sourire amusé, qu'elle cacha rapidement derrière son verre. Pourquoi n'était-elle pas surprise de cette nouvelle ? Sans doute parce qu'il ne faisait aucun doute qu'Hélène aurait repris en main le centre, que Grand-Mère soit partie ou simplement parce qu'elle n'était plus apte à être à la tête de toute l'organisation. D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, la brune savait que l'ancienne adjointe avait toujours soutenu les actions du centre, s'y était investie pendant de nombreuses années et pas un instant, elle n'avait relâché ses efforts pour réussir, que cela soit dans les bons comme dans les pires moments que le centre a vécus.

" Cela ne me surprend pas. Tu as toujours adoré ce lieu et ce travail, tout le monde t'apprécie et tu fais toujours tout pour qu'il y ait une bonne ambiance. S'il y avait bien quelqu'un qui pouvait reprendre le centre, c'était toi.
-C'est exactement ce que Laurine a écrit dans le testament qu'elle avait rédigé. Si par malheur il devait lui arriver quelque chose, elle me léguerait le titre de directrice du centre. "

La Guérisseuse dut sûrement faire une drôle d'expression car Hélène afficha un air coupable avant de retourner à son café. S'il devait arriver quelque chose à Grand-Mère hein… Et cette histoire de testament... Elle avait tout prévu, n'est ce pas ? Elle savait qu'il lui arriverait quelque chose dans les temps qui allaient suivre et avait déjà préparé un testament pour léguer le centre à son ancienne adjointe qui était autant dévouée qu'elle à la cause du centre. C'était bien sa Grand-Mère, en effet, pensait Tahia avec un petit sourire triste. Mais elle s'y attendait, d'une certaine manière, les choses n'auraient sûrement pas été autrement. Laurine avait toujours été quelqu'un de prévoyant et ne faisait jamais les choses à la dernière minute, sauf si elle n'avait vraiment pas anticipé ce qui allait se passer prochainement, ce qui, autant le dire, était extrêmement rare.

Le silence devait sûrement être très gênant car Hélène finit par briser ce dernier, changeant ainsi de sujet par crainte que la jeune fille se renferme dans ces anciens souvenirs.

" Et toi, Tahia, où étais-tu pendant tout ce temps ? Tu as coupé tes cheveux, à ce que je vois, alors qu'ils étaient si beaux quand ils étaient longs. Mais ça te donne un air plus adulte et on peut enfin voir tes yeux. "

Tahia ne put s'empêcher de se saisir d'une mèche brune et de lisser lentement cette dernière. Dès que quelqu'un faisait une remarque sur ses cheveux, l'adolescente avait pris l'habitude de les toucher, comme si elle se sentait d'un coup gênée par la forme ou la longueur qu'ils avaient à ce moment là. C'est vrai qu'elle avait encore de très longs cheveux lorsqu'elle était au centre, se servant d'eux pour cacher son œil blessé et sa cicatrice, ce qui en résultait souvent qu'on lui demandait de découvrir son visage. Mais qu'importe qu'on lui répétait sans cesse qu'elle était mignonne sans ses cheveux sur le visage et qu'elle n'avait pas à avoir honte de cacher ses yeux, l'adolescente n'en faisait qu'à sa tête et refuser de retirer cette longue mèche de cheveux qui lui cachait presque la moitié du visage. Alors autant dire que la voir maintenant avec les cheveux courts était presque un choc pour ceux qui avaient eu l'habitude de la voir autrement.

Quant à savoir où elle se trouvait pendant ces deux dernières années, la brune ignorait si elle devait dire quoi que ce soit à la nouvelle directrice. Après tout, Terrae est un lieu qui devait rester secret et elle doutait fortement qu'Hélène la croit si elle commençait à lui parler de pouvoirs magiques. Cela avait déjà été très difficile lorsqu'elle avait fait référence à ce Vide qu'elle ressentait à l'époque et qui semblait lui dévorer la poitrine à chaque instant. Il était donc clair que la Guérisseuse ne pouvait se permettre de dire toute la vérité à Hélène, même si elle avait une totale confiance en cette dernière, elle savait que certaines choses devaient rester sous silence. Aussi, bien qu'elle n'aimait pas vraiment cette idée, Tahia décida qu'il valait mieux mentir un peu, ou plutôt qu'elle dise la vérité sur ce qu'elle avait fait jusqu'à présent tout en omettant quelques détails qui pourraient causer problème si ça devait se savoir.

" J'ai commencé à étudier. Même s'il a fallu que je quitte la France pour ça et que le décalage horaire est un peu difficile. Je sais que ça paraît un peu fou que je quitte totalement le pays mais au final, je crois que ça m'a beaucoup plus aidé que je le pensais. "

La réponse semblait très intéressante car Hélène fut en cet instant très attentive aux paroles de l'adolescente et Tahia se douta que la femme attendait qu'elle lui en dise plus sur ce lieu où elle était partie étudier. Donner quelques éléments en plus n'allaient pas faire de mal, n'est ce pas ? Et après tout, si on excluait que Terrae était un lieu regroupant des personnes souffrant d'un Vide similaire, possédant des capacités extraordinaires...et qui était aussi un asile de cinglés, on pouvait dire sans mal que c'était un institut comme un autre.

" Les gens sont très gentils là bas, il y a beaucoup de jeunes de mon âge même si quelques uns des étudiants sont des adultes reprenant leurs études là où ils s'étaient arrêtés. Le plus difficile reste tout de même la langue étant donné que nous sommes pour beaucoup de nationalité différente mais finalement, c'est beaucoup plus facile maintenant que ça l'était il y a deux ans.
-Tu as pu te familiariser beaucoup plus avec les autres, ce qui t'a sûrement aidé à mieux t'habituer avec les langues. Mais ne considère pas comme fou de partir à l'autre bout du monde si c'est pour avoir trouvé un endroit où tu te sens épanouie. Je suis heureuse de te voir enfin resplendissante, Tahia. "

L'adolescente ne put retenir un léger rougissement à cette dernière remarque d'Hélène, ne sachant quoi penser, bien qu'il n'y avait pas le moindre sous-entendu derrière tout cela. Elle voyait au combien l'ancienne adjointe semblait vraiment heureuse de la revoir et plus encore en voyant à quel point la jeune fille allait beaucoup mieux. Alors pouvait-elle lui reprocher de dire ce qu'elle ressentait à ce moment là ? Sûrement pas et Tahia était elle même heureuse d'avoir pu de nouveau recroiser la route de la femme. Un nouveau silence finit par s'installer autour de la table, un silence à la fois confortable et apaisant, qu'aucune des deux femmes ne chercha à briser, bien au contraire.

Quelques minutes s'écoulèrent ainsi avant qu'Hélène ne pose sa tasse vide et se tourne vers l'adolescente.

" Je vais aller payer la commande, finis ta boisson en attendant. On retourne au centre après. "

Sitôt que la directrice lui déclara cela, la brune termina rapidement son verre, à la fois enthousiaste à l'idée de repartir vers le centre, bien que l'inquiétude demeurait toujours au fond d'elle. Autant Hélène ne lui avait pas tenu rigueur à sa disparition, autant elle ignorait ce qui allait en être des autres membres du centre. Allait-on lui reprocher sa fuite ? Est-ce qu'ils allaient être contents de la revoir après ces deux années d'absence ? Sans doute pour certains mais la jeune fille n'en restait pas moins hésitante à cette idée. Elle ne pouvait être entièrement sûre de ce qui allait se passer lorsqu'elle passerait de nouveau les portes de ce bâtiment qui l'avait accueillie pendant plusieurs années.

Secouant la tête pour chasser ces pensées, Tahia se redressa dès qu'elle aperçut Hélène et sitôt que cette dernière l'eut rejointe, elles rebroussèrent chemin et prirent la direction du centre. Le trajet ne fut pas bien long, étant donné qu'elles ne s'étaient pas installées loin et il ne fallut ainsi pas longtemps avant qu'elles ne se retrouvent au point de départ. La Guérisseuse pouvait sentir son cœur battre plus fort dans sa poitrine, d'excitation ou de crainte, elle ne saurait le dire mais une chose était certaine : la simple vue de la façade du centre suffisait à faire comprendre à quel point ce lieu lui avait énormément manqué.

" Il est temps, Tahia. Tu peux être certaine que tout se passera bien, je t'assure que personne ne t'en veut pour ce qui est arrivé. Nous savions tous à quel point Laurine comptait beaucoup pour toi. "

Les paroles d'Hélène s'étaient voulues douces et apaisantes, la rassurant quelque peu alors que l'adolescente prit une grande inspiration avant de s'approcher des portes, la directrice à sa suite et alors que sa main s'était posée sur la poignet de la porte, elle déclara :

" J'espère que tu as raison, Hélène… "

Car c'était une des choses à laquelle Tahia voulait plus que tout croire.



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##   Jeu 4 Aoû 2016 - 17:50

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Et elle eut raison d'y croire.

L'arrivée des deux femmes n'était pas passée inaperçue et il n'avait pas fallu longtemps avant que les personnes présentes dans le hall reconnaissent Tahia. Quand elle y repensait, la brune ne se souvenait plus exactement comment les choses avaient commencé. Mais ce qui était certain, c'est qu'il y avait eu beaucoup d'exclamations de joie, de surprise voire même les deux alors que l'on se dirigeait vers elle. Et à partir de là, les questions avaient commencé à être posées de toute part, l'adolescente s'était faite enlacée par plusieurs des employés. Mais pas une seule fois, la brune n'entendit le moindre reproche sur sa disparition ni ne vit la moindre expression de colère ou de déception sur les visages qu'elle pouvait voir.

Hélène avait tout de même été obligée d'intervenir pour que tout le monde s'écarte, sous peine que la Guérisseuse manque d'air, ce qui n'avait pas été loin de la vérité. Mais Tahia était bien trop surprise par les réactions de tous pour s'en formaliser ou en être gênée. Et contre toute attente et sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, des larmes avaient commencé à couler le long de sa joue avant qu'un petit rire ne lui échappe, rire qui peu à peu gagnait en force. Au fond d'elle, la jeune fille pouvait sentir une douce chaleur au creux de sa poitrine, un sentiment qu'elle ne connaissait que trop bien et qu'elle avait toujours espéré ressentir en revenant au centre.

La sensation d'être de retour à la maison.

Ainsi avait commencé le séjour de Tahia au sein du centre et elle eut l'impression de revenir plusieurs années en arrière. Hélène avait insisté pour que l'adolescente reste dormir au centre plutôt que de chercher un hôtel ou autre et la brune s'était finalement retrouvée dans la chambre qu'elle avait occupée pendant longtemps, cette pièce qui contenait à elle seule beaucoup de souvenirs, tristes comme joyeux. Et cela ne se termina pas là car par la suite, sitôt qu'elle avait installé ses affaires, la jeune fille avait continué sa visite du centre, recommençant à parler avec les quelques employés qui avaient été présents à son arrivée avant de rendre visite à la plupart des patients qu'elle connaissait déjà et qui furent ravis de la revoir. Bien sûr, certains d'entre eux finirent par lui demander pourquoi elle était partie et à lui reprocher gentiment de ne pas être restée. Mais dans l'ensemble, les retrouvailles s'étaient relativement bien passée et la Guérisseuse n'en fut que plus heureuse encore.

Les jours s'étaient finalement écoulés ainsi, Tahia retrouvant ces habitudes qu'elle avait acquises au fil du temps qu'elle passait dans le centre. Elle avait recommencé à aider dans le soin aux malades et aux blessés, bien qu'elle dut faire preuve de prudence à plusieurs occasions, craignant que ses pouvoirs n'apparaissent quand elle ne faisait pas attention. Si elle s'inquiéta à ce sujet au début, l'angoisse que ses dons de Guérison soient remarqués s'était finalement estompée et que personne n'ait vu quoi que ce soit avait finalement achevé de rassurer l'adolescente. Après tout, même si son pouvoir de Guérison était utile à Terrae, elle n'avait pas pour autant négligé le soin manuel et normal, ce qui lui avait été bénéfique durant ces quelques jours.

Et puis arriva le moment que tous commençait à redouter le plus : le départ de Tahia. En effet, l'adolescente avait expliqué qu'elle ne restait que pour quelques jours, expliquant que son école n'avait accordé que de petites vacances à ses étudiants avant de retourner en cours, ce qui était un petit mensonge mais l'adolescente ne pouvait pas dire qu'elle avait quitté en douce l'institut pour retourner un petit moment en France. Bien qu'elle fut surprise que personne ne soit partie à sa recherche, la brune avait jugé bon qu'il valait mieux qu'elle rentre maintenant plutôt que d'attendre et de voir débarquer quelqu'un d'un jour à l'autre. Elle n'avait vraiment pas besoin de cela pour terminer son séjour.

C'est pourquoi, en cette veille de son départ, Tahia se trouvait actuellement dans sa chambre, lisant un livre en attendant l'heure d'aller dormir, du moins elle espérait qu'elle parviendrait à dormir. Ces quelques jours qu'elle avait passé au centre lui avaient fait le plus grand bien et pendant ce séjour, l'adolescente s'était sentie comme si elle n'avait jamais quitté les lieux il y a deux ans. Peu de choses avaient finalement changé et sa crainte qu'on lui reproche d'avoir fui s'était finalement estompée à mesure que le temps s'écoulait. Certes, elle n'avait aucune envie de partir alors qu'elle se sentait bien à présent mais elle n'avait pas le choix. Elle devait repartir à Terrae.

Un coup à la porte fit sortir la jeune Guérisseuse de ses pensées alors qu'elle se redressa avant de poser son livre sur la table de chevet et de se diriger vers la porte. Il s'agissait d'Hélène.

" Je te dérange ?
-Non, pas du tout. J'étais en train de lire un peu pour essayer de trouver le sommeil. Il y a un problème, Hélène ? "

En observant la femme, l'adolescente voyait que quelque chose n'allait pas. Hélène semblait gênée et ce qu'elle voulait dire était assez délicat étant donné qu'elle se tortillait les mains dans tous les sens et regardait partout sauf la plus jeune. Mais Tahia ne fit aucun commentaire, se contentant de s'écarter pour laisser la directrice rentrer dans la chambre, cette dernière remerciant la brune avec un sourire. Il se passa quelques minutes avant qu'enfin, la femme soupire et se mette à parler.

" Tahia… Je sais que c'est ton dernier jour dans le centre et même si j'aurai souhaité, comme tout le monde, que tu restes, je ne peux pas t'empêcher de repartir dans ton école. Mais avant ça, je dois te donner quelque chose. "

Hélène tendit alors une enveloppe à l'adolescente, cette dernière la prenant avant de l'inspecter un instant. Ce n'était qu'une simple enveloppe blanche, d'un format petit et qui semblait totalement banale, si ce n'est la présence des mots 'A Tahia' et dont l'écriture lui était plus que familière : c'était l'écriture de sa Grand-Mère. Levant les yeux de l'enveloppe, elle demanda alors :

" Qu'est ce que c'est ?
-Le jour de la mort de Laurine, plusieurs enveloppes se trouvaient sur son bureau, chacune avec un nom. Et parmi elles, il y avait cette enveloppe avec ton nom dessus. Personne ne l'a ouvert depuis que l'on a découvert que tu étais partie et je l'ai gardée en attendant que tu reviennes un jour. "

La Guérisseuse ne sut quoi dire en cet instant tant cela la surprit. Grand-Mère lui avait laissé une lettre ? Et ils ne l'avaient sans doute découvert qu'après qu'elle ait fui le centre, elle l'aurait su sinon et serait peut être restée, même s'il y avait lieu d'en douter étant donné la situation à ce moment là. Ou du moins, peut être serait-elle partie quelques jours plus tard au lieu de fuir le soir même où elle appris cette horrible nouvelle. Reposant son regard sur l'enveloppe, Tahia reprit :

" Pourquoi tu ne me l'as pas donnée dès le début de mon séjour ?
-Parce que je pressens que ce que Laurine pourrait t'avoir écrit risque sûrement d'être très difficile. Et quand j'ai vu ces quelques jours où tu étais heureuse, je ne voulais pas te gâcher tout cela avec cette lettre. Garde-la, même lorsque tu l'auras lue, elle est à toi. "

Suite à cela, Hélène sortit de la chambre, laissant l'adolescente seule, debout au milieu de la pièce à fixer cette enveloppe blanche, son regard observant toujours ces deux mots 'A Tahia'. Plus elle regardait, plus les questions arrivaient en masse dans son esprit. Qu'est ce que contenait cette enveloppe ? Une lettre ? Et dans ce cas là, qu'est ce que sa Grand-Mère avait pu écrire dessus ? Beaucoup de questions dont elle ne pourrait avoir les réponses qu'en ouvrant l'enveloppe, même si au fond d'elle, elle n'était pas entièrement sûre de vouloir connaître la vérité.

S'installant sur son lit, la jeune Guérisseuse prit une longue inspiration avant de commencer à décacheter l'enveloppe, révélant un papier plié en trois et dont la couleur et la texture lui rappelait le vieux papier que sa Grand-Mère utilisait souvent, que cela soit pour écrire des lettres ou pour simplement envoyer des petits messages. Il s'agissait donc sûrement d'une lettre, il n'y avait plus de doutes à avoir. Restait donc à savoir ce que cette dernière pouvait bien contenir et ce que Laurine avait bien pu lui écrire. Repensant aux paroles d'Hélène, la brune hésita encore un instant à la déplier, se demandant s'il était sage de sa part de l'ouvrir. Certes, cette enveloppe lui avait été destinée mais elle savait une chose concernant l'ancienne adjointe : ses pressentiments s'avéraient très souvent justes et à cela, l'étudiante espérait que cette fois-ci, la femme avait fait fausse route.

Mais il n'y avait qu'un seul moyen de le vérifier : lire. Fermant les yeux un court moment, elle déplia lentement le papier, attendant encore un instant avant d'ouvrir de nouveau les yeux et de faire face aux dernières paroles que sa Grand-Mère avait écrites avant de mourir.




Elle ne réagissait plus, observant la lettre d'un regard absent alors que les larmes coulaient silencieusement le long de sa joue droite. Il n'y avait plus rien à part ce Vide au fond de sa poitrine, ce Vide qui recommençait à aller et venir à l'intérieur de son être. Et puis, très lentement, la jeune fille porta la lettre contre sa poitrine, se recroquevillant sur elle même alors que des sanglots la prenaient, la faisant trembler de toute part alors qu'elle tentait désespérément de retenir ses pleurs. Tellement de sentiments venaient s'ajouter dans l'esprit de l'adolescente : la tristesse, la colère, le reproche, l'abandon… Ce sentiment tellement affreux qui lui donnait l'impression d'être seule à jamais, de ne plus exister pour qui que ce soit.

Tahia pleura longtemps, personne ne vint la déranger pendant ce temps là, du moins, la porte ne s'ouvrit pas une seule fois et il n'y avait pas le moindre son à part les pleurs de la jeune Guérisseuse qui raisonnaient dans la pièce. C'était mieux ainsi, elle n'aurait pas supporté dans le cas présent que quelqu'un essaye de la réconforter, elle n'aurait de toute façon rien entendu de ce que l'on aurait pu lui dire, tant elle semblait actuellement perdu dans son chagrin et sourde de tout ce qui était extérieur à son esprit. Des centaines de questions tournaient dans sa tête, sans qu'il n'y ait la moindre réponse mais la même chose se répétait encore et toujours, sans qu'elle ne puisse rien faire pour y changer quoi que ce soit : Pourquoi… ?

Les minutes puis les heures s'écoulèrent et Tahia n'avait pas bougé de sa place, restant toujours recroquevillée sur elle. Les larmes avaient cessé de couler et il ne restait à présent plus qu'un regard vide et dénué de toutes émotions. Lentement, l'adolescente reprit une position assise sur le lit avant de se redresser et de se diriger vers l'armoire où se trouvait les quelques affaires qu'elle avait prises avec elle. Ses gestes étaient lents, mécaniques alors qu'elle rangeait ses habits les uns après les autres dans son sac, son visage toujours aussi impassible et vide. Cette tâche effectuée, elle passa la sangle du sac par dessus son épaule avant de prendre la direction de la porte de sa chambre, ouvrant cette dernière et s'apprêtant à passer le pallier avant qu'elle ne suspende son geste et s'arrête. La brune ne bougea plus pendant une minute ou deux, comme si elle venait de réaliser quelque chose et qu'elle ne parvenait pas à s'en souvenir.

Elle rebroussa chemin avant de se diriger vers le bureau de sa chambre et de faire ce qu'elle aurait dû faire il y a deux ans de cela : écrire un message et s'expliquer. Dans son état actuel, Tahia savait qu'elle ne pourrait rien expliquer mais elle ne voulait pas partir comme la dernière fois sans rien laisser derrière elle. Et la seule chose possible était un message. Récupérant une feuille et un stylo, l'adolescente écrivit ces quelques lignes qui lui venaient à l'esprit, espérant que lorsque le message serait lu, elle serait déjà loin du centre.




C'est en se relisant que la brune remarqua les trois perles d'eau qui étaient tombées sur le papier avant de se rendre compte qu'il s'agissait de nouveau de ses larmes. Elle s'essuya les yeux d'un geste frustré, pestant contre ces larmes qui refusaient de s'arrêter avant de prendre le morceau de papier et de le poser sur le lit, le laissant bien en évidence. Après quoi, elle se décida finalement à quitter la chambre sans se retourner, fermant la porte derrière elle avant de traverser en silence le couloir, prenant la direction du hall d'entrée. Tout était plongé dans le noir et seule l'habitude d'avoir emprunté ce couloir tant de fois permit à Tahia de le traverser sans avoir à allumer les lumières. Enfin, elle atteignit l'entrée, la lumière artificielle des lampadaires à l'extérieur du bâtiment éclairant un peu plus les lieux. Actionnant les boutons d'ouverture des portes, la Guérisseuse finit par sortir, quittant la chaleur du centre pour une nuit plus fraîche et chargée d'humidité.

Elle fit quelques pas à l'extérieur avant de se retourner pour contempler la façade du centre. Pour la deuxième fois, l'adolescente quittait ce lieu chargé de souvenirs, aussi beaux que douloureux, et se demandant comment chacun allait réagir en constatant sa chambre vide et le message qu'elle avait laissé. Lui en voudraient-ils de partir de nouveau comme une voleuse ? Ou bien comprendraient-ils son geste et ne la jugeraient pas d'avoir pris cette décision ? Mais une chose était sûre à présent alors que Tahia contemplait le bâtiment : elle ne reviendrait plus jamais ici… C'était triste et difficile à imaginer mais au fond d'elle, elle savait qu'elle ne pourrait plus revenir. Mais avant qu'elle ne quitte définitivement ce passé, elle devait d'abord se rendre à un tout autre endroit.

Murmurant un 'Adieu' à ce lieu où elle avait passé une partie de son adolescence, la jeune fille reprit sa marche à travers la route éclairée par les lampadaires. Le centre s'enfonçait peu à peu dans cette obscurité faiblement éclairée à mesure qu'elle s'éloignait des lieux jusqu'à ce qu'enfin, le bâtiment disparaisse totalement.



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##   Jeu 4 Aoû 2016 - 22:04

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Le trajet jusqu'à sa destination avait pris presque deux heures de marche et à mesure que le temps s'écoulait, Tahia sentait son cœur se serrer un peu plus dans sa poitrine. Les larmes menaçaient de couler à tout moment et ce n'est que grâce à sa volonté que l'adolescente parvenait à les retenir, bien que cette volonté était prête à fléchir à tout moment. Mais elle ne pouvait pas s'effondrer maintenant, elle devait d'abord arriver à ce lieu qu'elle souhaitait tant voir, qu'elle avait besoin de voir.

Enfin, elle finit par s'arrêter devant un petit portail en fer, surmontée d'une croix. Relevant la barre qui maintenait le portail fermé, Tahia se retrouva à l'entrée d'un cimetière. Le lieu n'était pas bien grand bien que plusieurs tombes étaient présentes, certaines étaient décorées de bouquets de fleurs, tantôt vraies tantôt artificielles, ainsi que quelques plaques rendant hommage aux défunts. Il faisait sombre mais les quelques lampadaires présents dans la rue permettaient d'illuminer suffisamment l'endroit pour ne pas se cogner ou se prendre les pieds dans quoi que ce soit. Plusieurs allées avaient été aménagées pour permettre de circuler entre les tombes, sans avoir à faire trop de détours pour rejoindre telle tombe, ce qui allait faciliter les choses pour l'adolescente étant donné qu'elle ignorait où elle devait chercher.

Refermant le portail derrière elle, la Guérisseuse commença sa marche, circulant entre les différentes tombes, ses yeux scrutant les noms gravés sur la pierre à la recherche de celui qu'elle recherchait. Heureusement, cela ne lui prit pas longtemps car bientôt, un nom attira son attention et elle s'arrêta alors devant une tombe, décorée par deux jolies bouquets de fleurs ainsi que par des statuettes représentant des petits anges. Ces derniers firent doucement sourire l'adolescente alors que son regard se posa sur l'inscription qui avait été gravée.


Laurine Makoto
1959 – 2014
Une femme au grand cœur qui méritait de vivre



" Bonsoir, Grand-Mère. Ça faisait longtemps depuis la dernière fois. J'ai du mal à croire que ça fait presque deux ans maintenant que tout ça est arrivé. Que ça fait deux ans que tu...que tu es partie. "

Que pouvait-elle dire de plus ? Elle n'aurait, de toute façon, pas dû être ici. Elle était dans un cimetière au beau milieu de la nuit et le temps laissait à présager que la pluie n'allait pas tarder à tomber. L'adolescente aurait dû attendre le lendemain pour venir voir sa Grand-Mère au lieu de laisser ce simple message à Hélène, elle le savait. Mais elle ne pouvait plus retourner en arrière, c'était au dessus de ses forces et trop de choses s'étaient passées en si peu de temps. Posant le sac sur le sol, Tahia s'agenouilla sur le sol, ne prêtant aucune attention au fait qu'elle risquait de se salir ou quoi que ce soit d'autre. Elle ne savait plus comment réagir en cet instant, voir cette tombe face à elle ressemblait presque à une mauvaise blague, à une situation qui dans son esprit était totalement impossible. Sa Grand-Mère ne pouvait pas être morte, cette tombe était forcément celle de quelqu'un d'autre.

Et pourtant, tous les faits étaient là pour lui prouver le contraire, lui prouver que cette réalité qu'elle ne parvenait pas encore à accepter était bien réelle. La disparition de Laurine survenue deux ans plus tôt, la tristesse qu'elle avait plus que tout ressenti au centre, le Vide qui s'était emparé de son être, cette lettre que sa Grand-Mère lui avait laissée lors de ses derniers instants et maintenant...cette tombe. Plus rien ne pouvait lui démontrer que tout cela n'était qu'une mascarade ou un cauchemar dont elle ne pouvait se réveiller.  

C'est alors que, dans le silence de ce petit cimetière, une voix s'éleva doucement.

I remember tears streaming down your face
(Je me rappelle des larmes coulant sur ton visage)
When I said, “I'll never let you go”
(Quand je disais que je ne t'abandonnerai jamais)
When all those shadows almost killed your light
(Quand toutes ces ombres ont presque tué ta lumière)
I remember you said, Don't leave me here alone
(Je me souviens que tu me disais 'Ne me laisse pas seule ici')
But all that's dead and gone and passed tonight
(Mais tout cela est mort et enterré et derrière nous, ce soir)

Le ciel commença à gronder plus fort alors que les nuages chargés de pluie s'accumulaient. Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Elle se savait condamnée depuis des années et n'avait pas dit un seul mot à qui que ce soit. C'était un secret qu'elle avait gardé derrière ses sourires et ses regards bienveillants, jusqu'à son dernier jour. Elle lui en voulait tellement de lui avoir cachée cela. Elle avait eu une confiance entière envers sa Grand-Mère, lui avait racontée son passé, ses années à l'orphelinat, elle qui n'avait jamais eu la possibilité de connaître sa vraie famille.

Just close your eyes
(Ferme juste tes yeux)
The sun is going down
(Le soleil se couche)
You'll be alright
(Tu iras bien)
No one can hurt you now
(Personne ne peut te blesser maintenant)
Come morning light you and I'll be safe and sound
(Viens lumière du matin, toi et moi seront saines et sauves)

Les premières gouttes de pluie commencèrent à tomber, très doucement et les unes après les autres. Le centre était devenu son nouveau foyer où enfin, elle avait eu le sentiment d'appartenir à une famille car à travers ces malades et ces blessés, ces enfants et ces adultes, elle se savait acceptée et comprise, aimée et choyée comme le souhaiterait n'importe quel enfant. C'était grâce à eux tous qu'elle avait pu enfin revivre une nouvelle fois, panser ses blessures, aussi bien physiques que mentales, refaire confiance en l'être humain.

Don't you dare look out your window darling
(Ne t'avise pas de regarder par la fenêtre, chérie)
Everything's on fire
(Tout est en train de brûler)
The war outside our door keeps raging on
(La guerre derrière notre porte fait rage)
Hold onto this lullaby
(Accroches-toi à cette berceuse )
Even when the music's gone
(Même quand la musique est partie)

La pluie finit par prendre plus de force, s'abattant sur la Terre et mouillant tout ce qui lui était possible d'atteindre et pourtant, une jeune fille se tenait encore à genoux devant une tombe, continuant à chanter sans se soucier du contact de l'eau sur elle. Pourquoi...pourquoi quand elle retrouvait enfin le bonheur, on le lui arrachait sans le moindre état d'âme ? Pourquoi devait-elle souffrir à chaque fois qu'elle reprenait l'espoir que sa vie serait meilleure et qu'elle n'aurait plus à perdre qui que ce soit à nouveau ? Qu'elle n'ait jamais connu sa vraie famille, qu'elle ait été chassée de l'orphelinat, qu'elle se soit faite agresser, tout cela n'était donc pas assez comme souffrance ?! Il fallait encore qu'elle soit de nouveau confrontée à l'abandon ?!

Just close your eyes
(Ferme juste tes yeux)
The sun is going down
(Le soleil se couche)
You'll be alright
(Tu iras bien)
No one can hurt you now
(Personne ne peut te blesser maintenant)
Come morning light you and I'll be safe and sound
(Viens lumière du matin, toi et moi seront saines et sauves)

' La maladie ne nous donne jamais le choix ', ' Tu auras été une des plus belles choses qui me soit arrivée dans ma vie '. La jeune fille ferma les yeux alors que ces phrases lui revenaient à l'esprit, la pluie coulant sur son visage, ses larmes se mêlant à cette eau tombant du ciel. La maladie, personne ne la voyait forcément et cette dernière pouvait frapper à tout instant quand on s'y attendait le moins, détruisant à petit feu. Même l'être que l'on considérait comme le plus fort ne pouvait échapper à ce destin que la maladie pouvait parfois briser. Et dans ce genre de cas, on s'accrochait alors encore plus à la vie, à tout ce qui avait une grande importance pour nous. Pour Laurine, c'était le centre, ses patients, ses amis...et elle, cette petite fille malmenée par la vie et qu'elle avait voulu sauver. Non, elle ne pouvait pas en vouloir à sa Grand-Mère pour ça, elle ne pouvait lui être que reconnaissante pour tout ce qu'elle avait fait, pour lui avoir permis de vivre à nouveau.

Just close your eyes
(Ferme juste tes yeux)
You'll be alright
(Tu iras bien)
Come morning light, you and I'll be safe and sound
(Viens lumière du matin, toi et moi seront saines et sauves)

Mais de cette reconnaissance qu'elle ressentait, à mesure que la colère et la rancœur disparaissaient de son cœur, Tahia fit face alors à cette réalité qu'elle haïssait tant : Sa Grand-Mère était morte, elle ne reviendrait plus jamais et pire que tout, l'adolescente avait fui en pensant qu'elle pourrait empêcher cette souffrance de revenir la hanter. Mais maintenant, elle réalisait que pendant ces deux années où elle avait fui, des gens comme elle avaient dû endurer cette tristesse causée par la perte de Laurine mais avaient su se relever et continuer à vivre là où la Guérisseuse n'avait au final fait que fuir la réalité et devait à présent refaire face à cette tristesse à ce sentiment d'abandon.

Safe...and...Sound
(Sains...et...saufs)

Et les larmes qui s'étaient taries un bref instant revinrent de nouveau alors que Tahia avait posé ses mains sur ses yeux, se recroquevillant sur elle même alors que les sanglots la reprenaient, encore plus forts que les précédents.

" Je suis tellement désolée, Grand-Mère… Je t'ai fui pendant ces dernières années, tu dois être tellement triste que je ne sois jamais venue te voir alors que tu m'attendais plus que les autres, que tu voulais me revoir autrement que maintenant. Je voudrais tellement que tu sois là à nouveau et que tu dises que tout ira bien, que je ne serais plus jamais seule… "

Elle ne pouvait plus s'arrêter, les mots sortaient à flot de sa bouche comme ces larmes qu'elle avait retenues pendant ces deux années et qu'elle n'était jamais vraiment parvenue à faire sortir totalement. Et puis, elle prononça alors ces mots, ces mots qu'elle n'avait plus sorti depuis ce jour.

" Je t'aime Grand-Mère. Je t'aime plus que tout. "

C'est alors que quelque chose se passa. Son corps se mit à trembler alors qu'une douleur soudaine la prit au niveau de la poitrine, l'adolescente posant ses mains sur cette dernière alors que la douleur se mettait à enserrer son cœur tel un étau. Elle poussa un cri alors qu'autour d'elle, les éléments semblaient s'affoler. Le vent se mit à souffler avec plus de force semblant lui aussi hurler, de peine ou de colère, on ne saurait le dire. Des bourrasques de vent se faisaient ressentir tout autour alors que des rafales sifflaient à travers le cimetière, faisant tomber sur leur passage des pots de fleurs, éparpillant ces dernières sur le sol ou les emportant avec elles, de même pour les plaques qui ne parvenaient plus à tenir sur leurs chevalets en raison de la force du vent.

Il n'y avait à présent plus que chagrin, regret et tristesse, mêlés à la douleur qui tiraillait sa poitrine et Tahia ne put que continuer à hurler, ne demandant qu'une chose : que tout cela cesse, qu'elle n'ait plus à ressentir quoi que ce soit, qu'elle soit enfin en paix. Et le vent continuait à souffler, éparpillant et emportant tout ce qui était à sa portée alors que la pluie tombait avec encore plus de force que précédemment.

Et puis, en à peine une minute, tout s'arrêta. Le silence. Le Vide.

Le vent s'était calmé d'un coup, soufflant à présent en douceur alors que la pluie ne devenait plus qu'un crachin. Mais le cimetière ressemblait davantage à un champs de ruine alors que des débris de porcelaine, de verre ou de pierre jonchaient le sol ou les pierres tombales. Une seule tombe semblait pourtant avoir moins souffert que les autres et au pied de cette tombe, à moitié allongée sur le sol et s'agrippant à la pierre pour maintenir un semblant d'équilibre, se tenait une jeune fille. Elle était à deux doigts de s'évanouir, des résidus de la douleur se faisant encore sentir à travers tout son corps alors que sa respiration était rapide et laborieuse. En cet instant, elle ne voulait qu'une chose : s'endormir, pouvoir enfin fermer les yeux et oublier cette douleur et cette fatigue qui lui paralysaient les membres. Qu'importe qu'elle soit dans un cimetière, elle avait même oublié pourquoi elle se trouvait là et à qui appartenait cette tombe sur laquelle elle s'accrochait désespérément.

Elle voulait juste se reposer enfin. Trouver le repos qu'elle recherchait. Ignorant le froid qu'elle ressentait, ignorant ses vêtements mouillés, Tahia commença lentement à fermer les yeux alors que sa respiration redevenait enfin calme. Enfin...elle allait pouvoir dormir en paix.



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