Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Il est temps de grandir [Selvi ♥]
Lun 15 Aoû 2016 - 0:00
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Si durant l’année scolaire les dimanches me paraissent longs puisque je ne travaille pas et que l’institut grouille d’élèves, de gens divers et variés, durant les vacances je les trouve apaisants. Une partie de la populasse Terraenne est en voyage à l’étranger ou tout simplement autour de l’institut, au lac par exemple pour se rafraîchir, ou au village pour un cinéma. Il n’y a alors plus personne, les couloirs sont silencieux et vides, le toit de l’institut enfin libre.

C’est ici que je passe cette fraîche matinée. L’après-midi, c’est en plein soleil et il est impossible d’y rester sans souffrir de la chaleur tandis que vers neuf heures l’air y est doux et agréable, les rayons de la boule de feu ne viennent pas encore brûler ma peau fragile.

Appuyée contre la rambarde j’observe l’étendue de Terrae ainsi que les quelques personnes qui trainent dans le parc. Ce sont pour la plupart des groupes d’amis, quelques rares sont allés s’y installer seuls dans un coin avec un livre ou un ordinateur. Je peux entendre un peu de musique, l’un d’entre eux doit avoir une enceinte, mais aussi leurs rires. Ce n’est pas déplaisant, mais cela me pousse à me poser des questions. Chose que j’évite en général de faire.

Si souvent je suis avec Angie quand je ne sais pas quoi faire, je constate que lorsqu’il n’est pas libre, je suis très seule. Certes, cela peut être agréable de ne pas sans cesse être entouré d’une dizaine de personnes, d’avoir du temps pour soi. Mais j’ai tout de même la sensation d’en avoir un peu trop, du temps pour moi. Il faut dire que j’ai beau tenter d’aller vers les autres, ma maladresse, gestuelle comme langagière, est une réelle barrière. Je ne le réalise que peu à peu. En quatre ans ici, je n’ai tissé de réel lien qu’avec une personne, deux si Akira compte, ce dont je ne suis pas certaine.

J’aimerais pourtant pouvoir être comme eux, en bas, entourée d’un groupe d’amis avec qui je rirais sans retenue. J’aimerais pouvoir confier à quelqu’un mes secrets, mes doutes, mes craintes, ainsi que mes joies, mes soulagements, mes aventures les plus palpitantes. Même si avec Angie on discute beaucoup, nous ne nous sommes jamais racontés nos vies. Je sais simplement qu’il est amoureux de Mitsuki, et que ce n’est pas réciproque. Ceci est déjà un grand pas en avant, j’en ai conscience. Mais enfin, j’aimerais plus.

« Gnieh… »


Ça sent la légère déprime tout ça. Moi qui me croyais faite pour la solitude, j’ai dû me planter quelque part. Je sens mes yeux s’humidifier. Ah non, non, non ! Pas de larmes Oksa ! Et merde, c’est trop tard. D’un geste agacé, j’essuie les gouttes qui coulent sur mes joues brûlantes et secoue légèrement la tête, comme pour me remettre les idées en place.

Bon. Détournons-nous du spectacle désespérant des groupes d’amis dans le parc. Je tourne donc, appuyant mon dos à la rambarde, et réalise que depuis tout à l’heure une jeune fille est derrière moi. Mon regard violet humide vient se planter dans le sien brun.

« … Bonjour ? »
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Lun 15 Aoû 2016 - 18:01
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Encore un dimanche à ne rien faire, à tourner en rond dans ma chambre, à ressasser les mêmes questions...  Ce n'est que le matin, mais je sais déjà comment va se passer la journée. Cela fait bientôt deux mois que j'ai passé mes examens et je ne sais toujours pas ce que je veux faire de ma vie. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, je le sais bien. J'aurais dû m'y prendre plus tôt, réfléchir plus sérieusement à mon avenir, mais les jours ont passé, me volant ce temps de réflexion précieux qu'il me restait. J'ai toujours repoussé l'échéant au lendemain, me disant que j'avais de la marge, comme si la réponse que j'attends allait me tomber du ciel. Qu'est-ce que je peux être stupide et naïve parfois. Là, je suis presque au pied du mur. Je ne peux pas continuer à ne rien faire. J'ai bien gardé mon job à la bibliothèque, mais ce n'est pas suffisant. Je suis adulte, bon sang ! Je suis censée savoir ce que je veux, être mature et tout ce qui va avec...

Je soupire. Je ne suis qu'une élève moyenne, je me vois mal aller à l'université, sauf peut-être pour faire un truc que j'aime vraiment beaucoup... et puis il y a la barrière de la langue. Si tous les cours sont en japonais, ça va être compliqué, pas pour la compréhension orale, bien entendu, mais à l'écrit ! Et si je dois m'exprimer... à moins que je prenne des cours par correspondance, si c'est possible. Je pourrais me débrouiller avec mon niveau d'anglais et prendre des leçons en plus pour m'améliorer. Nouveau soupir.

Soudain, je me lève. J'en ai marre de penser à ça, ras-le-bol de me prendre la tête continuellement. J'ai besoin d'air. Je sors sans plus attendre et m'arrête devant les escaliers de mon étage. En haut ou en bas ? Je ne veux voir personne, alors on va éviter le parc. Je pourrais aller me perdre en forêt, courir un peu peut-être. Ça me ferait du bien. Non, j'ai la flemme. Je monte sur le toit sans plus attendre. J'accélère le rythme, ayant l'impression d’étouffer entre ces murs.

J'ouvre la porte et aperçoit une jeune femme appuyée contre la rambarde. Elle doit être un peu plus petite que moi. Ses cheveux bleus attirent tout de suite mon regard. Je souris, ce n'est pas la première fois que je vois une couleur spéciale. Elle me tourne le dos et ne semble pas m'avoir entendue. Elle doit être perdue dans ses pensées. L'inconnue a soudain un geste brusque avec sa main près de son visage. Est-ce qu'elle... pleure ? Je ne sais pas trop quoi faire. Cela ne faisait pas partie de mes plans. Bon, je vois deux possibilités, soit je pars aussi silencieusement que je suis arrivée, soit je reste et essaie de me manifester sans lui faire peur. Mmh, ce n'est vraiment pas mon genre de laisser les gens pleurer dans leur coin. Allons, ma gentillesse me perdra. Pourtant, avant que je n'aie pu esquisser le moindre geste, elle se retourne et affiche un air surprise. Eh oui, faut croire que je suis discrète.

- Bonjour, désolée, je ne voulais pas te déranger.

Ma voix est douce. Étonnamment, je ne me sens pas trop mal à l'aise en sa compagnie. Il faut croire que ma timidité se calme un peu...  Mon regard s'attarde sur le sien, violet et mouillé.

- Est-ce que tu souhaites de la compagnie ?

Sans attendre sa réponse, je viens m'appuyer à la rambarde à côté d'elle, face au paysage. Ok, je m'impose un peu en fait, mais c'est pour la bonne cause non ? Eh dire que j'avais prévu d'être seule pour réfléchir. Tant pis, une pause me fera du bien.

- Je viens rarement ici le matin. C'est beau.

Je souris. C'est vrai que c'est magnifique. On voit assez loin. J'aperçois des étudiants dans le parc. Ils sont tout petit vu d'ici. Je me demande à quoi ils pensent, quels sont leurs problèmes, car tout le monde en a, comment est-ce qu'ils voient leur avenir, eux...
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Lun 15 Aoû 2016 - 22:30
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La voix de l’inconnue est douce, agréable. Elle s’excuse et je lui réponds du même ton hésitant sur lequel je lui ai dit bonjour.

« Pas de problème… »


Elle me demande si je souhaite de la compagnie. Avant que je n’ai le temps de trouver une manière de refuser poliment, elle vient s’appuyer à côté de moi. Hum… Pourquoi m’a-t-elle posé la question si c’est pour ne pas attendre de réponse ? Je me sens décontenancée et ne sais quoi faire. Tant pis, laissons couler. Elle ne semble pas méchante. Et puis, je me disais justement qu’il était temps que j’aille vers les autres. Ou du moins que je les laisse venir à moi. C’est ce que j’avais dit à Akira je me souviens. Que s’il ne parvenait à se lancer dans le monde, qu’il laisse le monde l’entraîner. Ces paroles s’appliquent aussi bien à lui qu’à moi.
Je me tourne une nouvelle fois pour me replonger dans l’observation du paysage lorsqu’elle dit que c’est beau. Oui c’est beau. Mais c’est une beauté qui me rend triste. Je suis face à ma solitude et chaque fois que cela m’arrive je sens mon cœur se serrer. Je lui réponds, d’une voix plus posée que précédemment.

« Cet endroit est agréable lorsqu’il est vide. Les bruits y montent mais jamais trop ce qui fait que ce n’est pas gênant. Tu n’es pas coincée au milieu de trop d’élèves du coup tu peux admirer la vue sans être dérangé. C’est un lieu paisible pratique pour réfléchir seule. »


Je me tais. J’ai tout à fait l’air d’une associable à clairement dire « Etre seule, c’est chouette ! ». Je vois déjà les livres que je pourrais écrire : « Comment être seule en dix leçons ? » ou « L’asociabilité, c’est simple ! » par Oksa Skily. Ce que je dis est en plus paradoxal avec le fait que je ne veuille plus être seule. Je suis en fait aussi angoissée par l’idée d’affronter le monde qui m’entoure que j’en ai envie, et la solitude est la solution la plus simple. C’est tellement lâche. Je me cache derrière des « De toutes manières, je ne sais pas interagir correctement avec les autres » juste pour ne pas avoir à défier me peur. Je grimace légèrement et tente de me rattraper, me tournant vers la jeune inconnue, mon regard venant chercher le sien.

« Enfin, je ne veux pas dire qu’être tout le temps seule est bien mais je trouve que de temps en temps, être seul avec soi-même peut-être constructif. Cela permet une réflexion efficace. Après c’est juste ce que je pense… »


Je hausse légèrement les épaules et détourne le regard, gênée, pour retourner me plonger dans le paysage, les joues un peu roses. Est-ce que tout le monde a autant de mal à s’exprimer que moi ? Si oui, je les plains tous. Mais les étudiants d’en bas semblent n’avoir aucun soucis là-dessus. Chanceux. Un jour, je serai comme eux. C’est une promesse en l’air, que je me fais à moi-même, mais j’aimerais être en mesure de la tenir. Je soupire, et réalise soudain que la jeune fille va probablement le prendre pour elle. Alors, avant qu’elle n’ait le temps de se dire quoi que ce soit je me retourne vers elle.

« Au fait. Je m’appelle Oksa. Et toi ? »


J’espère ainsi qu’elle comprendra qu’elle ne me dérange pas. Ou en tout cas pas plus que quelqu’un d’autre puisqu’une présence inconnue me rend toujours nerveuse. Je tente de lui adresser un sourire, qui accepte de se dessiner, mince, sur mon visage.
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Mar 16 Aoû 2016 - 12:43
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En soi, si la jeune femme m'annonce qu'elle préfère être seule, je partirai, même si mon comportement lui laisse penser le contraire. Cependant, si elle est comme moi, je sais qu'elle ne se permettrait pas de me demander de rester, même si elle en crève d'envie. Alors, je fais le pari de m'imposer et si vraiment elle veut que je m'en aille, alors elle me le dira. Ou peut-être, qu'étant timide, elle n'osera pas me l'avouer ? Mouai, tant pis... Aaah zut ! C'est ça quand on réfléchit trop...

L'inconnue se retourne simplement et observe avec moi. Je ne peux m'empêcher de sourire. Peut-être ai-je vu juste. J'acquiesce à ses propos. Comme je la comprends ! Je suis moi-même venue ici dans le but de réfléchir, seule. Est-ce une manière détourner de me faire réaliser que je suis de trop ? Ou est-ce qu'elle me partage simplement ce qu'elle pense d'une manière générale ? Je ne sais pas trop. Je la vois grimacer, puis elle se tourne vers moi. Elle semble vraiment troublée. À nouveau, je lui souris. Elle me fait tellement penser à moi ! La jeune femme finit par détourner le regard, gênée. Elle soupire, puis se présente soudainement et affiche un léger sourire.

- Enchantée Oksa, moi c'est Selvi.

Je marque une courte pause.

- Je comprends tout à fait ce que tu ressens. Je suis, moi-même, quelqu'un de plutôt solitaire. J'essaie de fuir les foules comme la peste.

Je lâche un petit rire.

- En plus, je suis généralement plutôt timide, même si là ça ne se voit pas trop, je pense. J'ai quelques amis et ça me suffit. J'évite les fêtes, les rassemblements... Alors, je ne peux qu'être d'accord avec toi.

Un nouveau silence.

- Mais comme tu l'as dit, ce n'est pas pour autant que je suis une ermite.

Je ris à nouveau. Je me sens bien, je ne ressens aucune gêne. Je sais qu'Oksa et moi, on doit avoir beaucoup de points communs et... on va dire que ça me détend. Je comprends sa manière de penser, du moins en partie, et j'imagine qu'elle appréhende la mienne. J'ai vraiment fait de sacrés progrès ! Je suis assez fière de moi, je dois dire. Bon, ce n'est pas encore parfait, je ne me voile pas la face. Rien qu'à voir comment je me suis comportée à l'anniversaire d'Ariana, ça saute aux yeux. Mais... il y a de l'espoir. Je ne souhaite pas changer mon tempérament d'introvertie, ça serait stupide, mais j'aimerais vraiment effacer cette timidité qui m'empêche d'avancer, de faire plein de choses dont j'ai envie. Je ne rêve pas d'avoir une myriade d'amis, mais seulement de ne pas me retrouver figée lorsque je dois parler à des gens que je ne connais pas. Je rêve de ne plus avoir peur lorsque je dois faire quelque chose de nouveau ou d'inhabituelle. En bref, je rêve d'avoir un peu plus de confiance en moi. Soupir silencieux...
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Ven 19 Aoû 2016 - 15:26
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Selvi serait-elle comme moi ? Je doute un peu. Elle semble bien plus sûre d'elle. Cependant, je dois reconnaître que je me sens proche de la jeune fille. Peut-être est-elle partie de loin et a-t-elle fait des progrès. Auquel cas, cela redonne de l'espoir.

Je lui souris en réponse à son rire. J'aime beaucoup son prénom. Si j'y pense, il faudra que je lui demande de quelle origine c'est. Mais plus tard, là ce n'est pas le moment. Elle a donc des amis et ne fait pas l'ermite. J'avais raison, elle est bien plus courageuse que moi. Si à une époque elle avait les mêmes craintes, elle a su y faire face. Je repense à ces trois années passées dans ma chambre à vouloir rester seule, à trouver le monde extérieur trop dur, trop dangereux. Et pourtant, j'ai fini par en sortir. Puis-je considérée cela comme une petite victoire ? Je l'espère. Néanmoins se reposer sur ses acquis, aussi confortable que cela soit, n'est pas une bonne chose à faire. Il faut au contraire que je continue de me batte pour grandir et devenir forte. Mais... tout cela me semble si compliqué. Je croise les bras sur la rambarde et y pose ma tête.

« Je trouve ça dur de se faire des amis. Les gens, quand ils voient qu'aligner plus de deux mots est une véritable épreuve ou quand ils voient une personne rougir juste parce qu'on lui a dit bonjour soit ils se moquent, soit ils pensent que la personne est juste débile... »


J'ai dit ça d'un ton légèrement boudeur, les yeux perdus dans le ciel. Je ne sais pas pourquoi, cela m'a parue simple de confier cela à Selvi. Enfin, peut-être que maintenant elle va prendre peur de moi tiens. Ce serait bête quand même de la faire fuir. Je tourne mes yeux violets sur son joli visage. Elle rit beaucoup, c'est agréable.

« Désolée si je te fais peur avec mes idées un peu étranges. C'est juste... »

Je soupire. En fait, ce n'est pas si simple que cela, de tout dire. J'ai voulu aller un peu trop vite je pense. Je secoue légèrement la tête.

« Oublie, désolée. »


Dire que je ne me suis fait qu'un ami en quatre ans rendrait la chose trop réelle. Cette vérité, j'ai du mal à l'affronter. Peut-être devrais-je retourner faire l'ermite, finalement je ne m'en sortais pas si mal à cette époque là...

Bon je vire déprimée donc il est temps de lancer un nouveau sujet. Je souris à Selvi.

« Du coup, tu es à Terrae depuis longtemps ? Encore élève ou tu bosses ? »


Voilàààà. Parler des autres plutôt que de moi. La meilleure solution trouvée pour ne pas me retrouver à rougir, paniquer et bégayer. Et puis je ne l'ai jamais croisée, c'est surprenant. Il est donc normal que je me demande ce qu'elle fait.
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Ven 19 Aoû 2016 - 21:37
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Je regarde Oksa lorsqu'elle parle. Je la trouve dure avec elle-même et d'une manière générale avec les gens. Peut-être n'a-t-elle pas croisé les bonnes personnes ? Je réfléchis un instant. Non, c'est qu'à une époque j'ai aussi ressenti ce qu'elle vient de me partager. Mais tout le monde n'est pas comme elle le décrit. Il y a des gens qui comprennent et ne jugent pas. La jeune femme me regarde, enchaîne, mais s'arrête en chemin, puis s'excuse. Elle n'a pourtant pas à le faire, je la comprends parfaitement. Un nouveau sourire s'affiche sur mes lèvres. Elle finit par changer de sujet. J'accepte, pour le moment, mais me promets d'y revenir juste après. Je me dis que je peux peut-être l'aider, lui apporter du soutien, lui faire partager ce que j'ai vécu, appris.

- Oui, je suis arrivée il y a trois ans. J'ai passé mes examens finaux cet été et maintenant... je dois décider ce que je souhaite faire de ma vie. Ce qui n'est pas vraiment facile...

Je n'ai pu retenir un soupir et je lâche un rire gêné.

- Pour revenir à ce que tu m'as dit, j'ai rencontré beaucoup de personnes qui trouvent qu'une personne timide est adorable, tu sais. Et puis, la timidité nous fait souvent paraître fragile, alors les gens ont envie de nous protéger. Voilà ce que j'ai pu expérimenter, en plus, bien entendu, des comportements imbéciles que tu viens de citer. Et tu n'as pas des idées étranges, tu n'as pas à t'excuser.

Je fais une courte pause.

- J'ai longtemps cru que je n'étais pas normale, que j'avais un problème. Et il faut dire qu'on ne m'a pas aidée, mais passons. Lorsque je voyais les autres enfants, surtout ceux qui parlent beaucoup, qui rient fort, qui mènent les autres, qui savent toujours quoi répondre, je les enviais, parce qu'il avait l'air si sûr d'eux, si intelligents... Je souhaitais être comme eux, mais j'avais tort. C'est... une amie qui m'a fait comprendre mon erreur. Je ne parle pas fort, mais j'écoute. Je ne suis pas la première à agir, à me porter volontaire, mais je réfléchis calmement. Je ne me mets pas en avant, mais les gens savent qu'ils peuvent me faire confiance. J'ai découvert toutes les qualités que je possédais et je les ai chéries, j'en suis fière. Je ne suis pas meilleure, pas moins bien que ces enfants que j'enviais, je suis différente. Je pense qu'on est complémentaire, d'ailleurs.

Je laisse un petit silence avant de reprendre. Ça me fait toujours bizarre de penser à Jenny, tout ce qu'elle m'a apporté, le bon comme le pire...

- Bien évidemment, ce n'est pas toujours facile. Je doute souvent, je réfléchis trop. Je suis toujours timide, mais ça va mieux. J'ai trouvé des amis formidables qui m'acceptent telle que je suis et je te souhaite d'en trouver aussi de pareil. C'est difficile de faire le premier pas, mais ça en vaut souvent la peine. Il suffit de ne pas se précipiter, observer et choisir les personnes qui nous correspondent le mieux, celles avec qui on s'entend bien, celles qui ne nous jugent pas, celles qui nous comprennent.

Je regarde Oksa avec un sourire. Si elle le souhaite, si elle ne me rejette pas, je suis certaine que nous pourrions devenir amies. J'ai eu la chance de rencontrer des gens formidables, ici à Terrae. Il serait peut-être temps que je transmette à quelqu'un tout ce que j'ai reçu. Il serait peut-être temps que j'aide enfin une autre personne, que je la prenne sous mon aile... si elle le veut bien.
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Sam 20 Aoû 2016 - 22:37
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Je me dis que c'est bon, nous sommes lancées sur un autre sujet mais… Non. Selvi semble têtue tiens. Je l'écoute sans l'interrompre, je n'oserais pas. Et puis, j'ai besoin d'intégrer ce qu'elle me dit. Il faut dire qu'il y a matière à réfléchir. Même si elle laisse des pauses, des silences de temps en temps, on peut dire qu'elle en a, des choses à dire.

Elle termine sur un sourire, auquel je réponds plus timidement. J'ai l'impression qu'elle vient de se confier, de me dire des choses que je n'aurais jamais osé avouer. Alors, je ressens le besoin de faire de même, d'y aller, de lâcher, peut-être pas tout, mais une partie de ce que je retiens depuis trop longtemps. Je me tourne vers le parc et me lance. Je n'ose pas la regarder en parlant.

« Tu sais… Quand je suis arrivée… J'avais envie de tout recommencer à zéro. Je m'étais dit que c'était bon, ça ne serait pas comme avant. Mais… Mais ça ne s'est pas bien passé. Les gens n'étaient pas tous méchants, mais ils avaient leurs habitudes et il était difficile, trop difficile, pour moi de les briser. Alors… Alors j'ai abandonné. »

J'ai honte de dire ça. Honte d'avouer que j'ai un jour baissé les bras. Honte de me dire que j'ai été si faible, si lâche. J'enchaîne tout de même, même si cela n'est pas facile.

« J'ai… J'ai passé trois ans, enfermées dans ma chambre, sans pratiquement oser en sortir. Même lorsque j'allais manger, je prenais un sandwich et je sortais. Je refusais de rester au milieu de tout ce monde. Ça me fichait une peur bleue. »

Je repense à cette époque et en aies des frissons. Je faisais peur à voir, avec mon regard de sauvage, mon visage sur lequel on pouvait clairement lire que je ne voulais pas discuter, pas sociabiliser. J'avais écrit « Au secours » sur mon front.

« Ensuite… J'ai lu un livre qui m'a redonnée envie de voir le monde et j'ai revu une personne qui m'avait marquée dans le mauvais sens à mon arrivée. Ce… Ce garçon était si perdu. »

Un rire triste m'échappe alors que je repense à Akira. Tout se remémorer est douloureux.

« C'est fou de me dire que le fait qu'il ait eu besoin d'un guide m'a aidée à voir plus clair. Je ne sais pas si je l'ai aidée aussi, je l'espère. En tout cas, involontairement, il m'a sauvée. Je me suis vue en lui, incapables que nous étions de communiquer avec les autres, et j'ai décidé que cela suffisait. Qu'il me fallait devenir forte. Je l'ai fait. Je suis enfin allée vers les autres. Mais je suis maladroite, alors cela ne marche pas toujours. J'ai une tendance à ne pas savoir m'exprimer et à toujours faire mal aux autres sans le vouloir, parce que je ne suis pas très adroite. Alors certains, beaucoup même, ont du mal avec moi. »

Je souris soudain. C'est étrange après ce que je viens de raconter, mais c'est parce que je sais ce que je vais ensuite dire. Je me tourne vers Selvi.

« Je me suis quand même fait un ami. Nous sommes tout les deux assez spéciaux, du coup on s'entend très bien ! Mais le problème, c'est que lorsqu'il n'est pas là, je redeviens cette gamine un peu seule. »

Je soupire légèrement, mais mon visage n'est plus aussi triste qu'auparavant. Je suis reconnaissante envers cette jeune fille qui semble désireuse de me réconforter. Et étrangement, malgré le fait que nous ne nous connaissions pas vraiment, il est moins compliqué que ce que je pensais de se confier à elle.

« Merci Selvi. Merci de m'avoir racontée tout ça. J'ai l'impression qu'on a vécu un peu la même chose, mais que toi tu as réussi à avancer. Et je suis contente pour toi du coup ! »


Il est difficile d'être timide avec cette fille. Elle semble presque demander à ce que je ne le sois pas. C'est rassurant en quelque sorte. Elle semble faire partie de ceux avec qui il est simple de s'entendre, de ceux qui ne jugent pas, ceux qui nous comprennent comme elle a dit. Il n'empêche que je ne peux ne pas me demander quelles sont mes qualités. Les siennes sont bien visibles. Elle est d'une gentillesse étonnante, elle est attentive, à l'écoute des besoins des autres. Elle semble aussi être intelligente et réfléchie. Les miennes semblent plus cachées et moins volontaires à se montrer… Néanmoins, je sais qu'il faut savoir se montrer patient.
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Lun 22 Aoû 2016 - 11:54
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Je souris. J'ai tendu un appât et Oksa a mordu à l'hameçon. Elle se jette finalement à l'eau. Je ris intérieurement. Elio aurait certainement adoré ce vocabulaire. Lorsqu'elle commence, évitant soigneusement mon regard, je me mords les lèvres. Elle n'a pas eu de chance, je pense. Elle n'a, en tous les cas, pas eu ma chance. Qu'est-ce qui se serait passé si je n'avais pas croisé Celia en arrivant, mais un imbécile de plus ? Je pense... je pense que j'aurais fait comme mon interlocutrice. D'ailleurs, il m'a fallu un moment pour oser aller manger à la cafétéria, un sacré moment. Et ce n'est qu'un exemple... quand je pense que maintenant, cela ne me fait plus rien. Je ne m'en étais même pas rendu compte. C'est fou.

Oksa continue son histoire. Je hoche la tête, compatissante. Je comprends tout à fait ce qu'elle ressent. Comme j'ai tendance à beaucoup trop réfléchir, j'évite généralement le pire, la répartie impulsive, mais ça m'arrive aussi de faire des gaffes. Et après, je culpabilise pendant des jours. La suite me fait penser à mes débuts à Terrae. Je n'avais que Celia comme amie. Le reste du temps, je le passais seule, mais cela ne me gênait pas tant que ça. J'étais tellement heureuse qu'on me laisse tranquille. J'étais tellement soulagée de passer inaperçue. On a un peu le même caractère, mais on n'a pas vécu la même histoire, alors c'est normal qu'il y ait des différences. Je lui souris lorsqu'elle me remercie.

- Tu sais, toi aussi tu peux avancer. Comme je te l'ai dit, je n'y suis pas arrivée seule. Il faut que tu apprennes à t'entourer de personnes qui t'apportent du positif et à fuir, ignorer les autres. Et puis, il faut être patient. Il faut aussi apprendre à s'accepter tel qu'on est.

Bon, d'accord. Je viens de résumer en une phrase mon discours de tout à l'heure, mais ce n'est pas grave. Ça entre plus facile quand on répète, pas vrai ?

- Merci de m'avoir partagé tes soucis Oksa. Je sais que ce n'est pas facile.

Je reporte mon attention sur la vue. Il y a plus d'étudiants dans le parc à présent. L'heure avance, les gens se lèvent et décident de profiter du soleil. Je me demande si nous serons encore seules longtemps.

- Si une fois tu te sens seule, que tu as envie de parler ou juste de passer du temps avec quelqu'un, viens au 4e étage. J'ai ma chambre là-bas, tu devrais m'y trouver. Et si je n'y suis pas, essaie à la bibliothèque. J'y travaille, alors j'y suis souvent.

Je lui fais un clin d’œil et ris. Bon, il m'arrive d'aller ailleurs aussi, mais ça va commencer à devenir compliqué si je dois lui expliquer dans les détails tous les endroits où elle pourrait éventuellement me trouver. Surtout que c'est très variable. Je suis bête... j'aurais tout aussi bien pu lui donner mon numéro de téléphone portable. Ça aurait été plus simple quand même...
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Mar 23 Aoû 2016 - 16:10
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Selvi est très douce. Elle met en confiance sans même s'en rendre compte on dirait. Cela me fait sourire. Cependant, elle me plonge dans des réflexions intenses. Je me pose des questions. Beaucoup trop. Suis-je capable d'aimer la personne que je suis en ce moment ? Je ne pense pas non. Mais qu'est-ce que je peux changer pour apprendre à m'apprécier ? Tout cela, dans l'idée, me paraît long, fastidieux, épuisant. Je retiens un soupir. Il me faudra y réfléchis lorsque je serai seule. Ce sera plus simple.

Elle me parle ensuite de la manière dont je pourrai la trouver. Elle est au 4e étage. Je ne savais pas si elle était Terre, Eau ou Air, désormais je sais. Nous nous trouvons du coup dans la même partie. Étrangement, j'en suis contente. Mon visage s'illumine légèrement. J'ai l'impression que Selvi et moi nous ressemblons sur beaucoup de points, dans la caractère mais aussi dans notre vie, comme cette proximité entre nos boulots respectifs.

« Tu es Air toi aussi. Nos chambres ne doivent pas être loin l'une de l'autre. C'est surprenant qu'on ne se soit jamais vues ! Ah et je travaille à la librairie. J'aime beaucoup la littérature. Toi aussi ? On pourrait en discuter un jour si tu en as envie ? »

Le rouge me monte un peu aux joues. Je trouve que je me suis emballée. Peut-être n'avait-elle pas envie qu'on se revoit comme ça. Peut-être le proposait-elle par simple politesse ? En même temps, il faut que j'apprenne à arrêter de me méfier des gens. Sinon je risque de rester seule longtemps. Puis elle la première a parlé de la possibilité que nous nous revoyons. Politesse ou non, elle l'a dit et il ne lui reste plus qu'à assumer. Je souris légèrement et ajoute, plus timidement.

« Si tu veux je peux te donner mon numéro de téléphone. Ça serait plus simple non ? »

Je réfléchis ensuite, réalisant soudain qu'elle avait un peu avant commencé à me parler de décisions futures qu'elle devait prendre mais qu'elle avait ensuite changé de sujet. Je n'aime pas tant que ça être le centre d'attention, je décide donc d'inverser les rôles. Je pose un regard faussement accusateur sur le visage de Selvi.

« Et puis comme ça je pourrai te spammer de questions tiens. Tout à l'heure tu as commencé à me parler de ton avenir puis tu as changé de sujet. Ne crois pas t'en tirer si facilement ! »

Mes yeux retrouvent leur douceur naturelle. Je plaisante bien entendu. Si elle souhaite en parler, elle peut, mais sinon, elle est libre de me remballer. Pourtant, j'ai conscience qu'au fond de moi une part voudrait que Selvi parvienne à me confier quelque chose. J'ai réussi, j'aimerais que cela marche dans les deux sens…
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Jeu 25 Aoû 2016 - 11:51
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Je suis heureuse d'apprendre qu'Oksa est une Air comme moi. Finalement, ça ne me surprend pas. C'est un point commun en plus !

- Tu travailles à la librairie ? C'est génial ! J'adore lire et écrire. C'est un de mes passe-temps favoris. Ça me ferait vraiment plaisir de partager ça avec toi à l'occasion !

J'affiche un sourire radieux. Je me suis un peu emballée, mais tant pis. J'espère que ça ne va pas trop la choquer. Je crois qu'elle et moi, on est fait pour s'entendre. La jeune femme propose de me donner son numéro de téléphone. Je ris, gênée. Elle est plus intelligente que moi... ou peut-être simplement plus pragmatique.

- Oui, d'accord. C'est vrai que c'est plus simple. Désolée de ne pas y avoir pensé.

Je sors mon téléphone portable et on s'échange nos numéros. Puis elle revient sur le sujet de mon avenir. Je souris. L'Air semble bien plus à l'aise que tout à l'heure. Elle commence même à me taquiner. Je trouve ça génial... même si en soit sa remarque me pose problème. Pas que ça me dérange de parler de ça, c'est juste que... je ne sais pas. Voilà, c'est simple, je ne sais toujours pas ! Râaaa ! Bon, ça ne sert à rien de s'énerver. Et puis, peut-être qu'en discuter avec elle m'aidera dans ma démarche.

- Eh bien, comme je te l'ai annoncé, j'ai passé mes examens finaux et je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie, le bonheur...

Je ris, gênée et perds mon regard vers l'horizon. Je ne vois plus vraiment ce que je regarde.

- Je trouve difficile de devoir se décider, choisir le métier que je vais faire. Je sais ce que j'aime, mais je ne me sens pas capable de faire quoi que ce soit. J'ai envisagé de travailler à plein temps à la bibliothèque, mais il y a déjà des bibliothécaires. Je viens seulement donner un coup de main. C'est plus un job d'étudiant.

Je marque une courte pause, fronçant le nez.

- Je me suis aussi dit que je pourrais peut-être étudier les lettres à l'université, mais je ne suis qu'une élève moyenne. Mon niveau de japonais est nul et mon anglais n'est pas terrible. Et puis, ça me mènerait où ? Je pourrais essayer d'enseigner le français ici, à Terrae, mais il y a déjà des profs. Je ne pense pas qu'ils auraient besoin de moi... et puis je ne suis certainement pas capable d'enseigner. Je me vois mal me tenir devant une classe.

Une nouvelle pause. Je serre un peu plus la rambarde. C'est la première fois que je mets des mots sur mon problème. Je n'en ai vraiment parlé à personne, même pas Aoi, Celia ou Elio. J'ai gardé ça pour moi, aussi parce que j'ai honte, honte de ne pas savoir ce que je me veux.

- Sinon, j'aime bien l'histoire aussi, mais ça me mène au même point. J'ai aussi pensé à écrire, faire dans le journalisme ou la fiction... mais je sais que je n'ai pas le niveau et c'est un monde dans lequel il est très difficile de percer.

Je me sens mal. Pourquoi je me mets dans des états pareils ? Le fait d'exprimer tout ça, ça le rend plus réel. Je baisse la tête et soupire.

- Je tourne en rond... à chaque fois. Au final, je pense que je vais garder mon petit job à la bibliothèque et je vais peut-être me proposer pour des cours d'appui pour les plus jeunes... à un niveau où je peux encore suivre. Comme j'ai dû travailler pour avoir des notes potables, je peux sans doute comprendre le problème des autres élèves. Et puis, comme il s'agit de face à face, je me sentirai moins mal à l'aise.

Oui, c'est sûr... mais ce n'est pas vraiment un métier. J'aime aussi beaucoup la nature, mais je ne me vois pas faire un métier manuel. Pourquoi c'est si difficile, hein ?! Je n'avais pas prévu d'être aussi morose, mais je n'y peux rien. Désolée Oksa, tu ne t'attendais certainement pas à ça... surtout après tous les discours d'encouragement que je viens de te faire. Je me sens pathétique.
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Lun 29 Aoû 2016 - 21:38
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Finalement Selvi semble réellement enthousiaste l’idée que je travaille à la librairie. L’idée que nous ayons un point commun lui plaît peut-être ? Cela me réchauffe étrangement le cœur. Je ne saurais tout à fait dire pourquoi. Je laisse échapper un léger rire.

« Si tu veux on pourra faire ça oui… »


Encore une fois ce futur. Ce temps qui me perturbe d’une manière récurrente. A nouveau, je réalise que cela signifie que quelque chose se construit plus loin que maintenant. Cela m’effraie légèrement, et me donne envie à la fois.

Néanmoins, lorsque je lui propose mon numéro, elle semble gênée. Mince. Je n’aurais sans doute pas dû faire ça. Pourtant, lorsqu’elle me répond, je comprends que c’est le fait de ne pas y avoir pensé d’elle-même qui la dérange. Je lui souris doucement.

« Non, non. Ce n’est rien. »

Nous échangeons nos numéros. Le visage de Selvi est souriant, cela me fait plaisir. Mais à ma question, elle semble plus tendue. Je l’écoute alors m’expliquer ses soucis par rapport à ses perspectives futures. Elle ponctue certaines de ses phrases d’un rire gêné, marque des pauses, semble monter en tension au fur et à mesure qu’elle parle. Son regard est désormais perdu au loin, et à sa manière de s’y accrocher, on pourrait croire qu’elle ne va plus jamais vouloir lâcher la rambarde. Je l’observe d’un regard inquiet. Elle semble devenir l’opposé de celle qui m’a encouragée quelques minutes avant.

Lorsqu’elle se tait, je reste un moment silencieuse moi aussi. Selvi semble abattue. Je me rapproche à peine et tends maladroitement ma main vers son épaule la plus proche. Je ne sais pas si c’est la chose à faire, mais j’ai souvent vu des gens agir comme ça pour réconforter les autres.

« Écoute, tu dis des choses qui à mon avis ne sont pas forcément fondées. Tu ne peux pas savoir par exemple si tu as le niveau ou non pour percer dans le monde du journalisme ou de la fiction. Comment tu pourrais le savoir ? Tu as une tendance à te dénigrer j’ai l’impression. »

Je m’arrête une fraction de secondes. Je peux la comprendre. Cette sensation d’être incompétent, de ne rien savoir faire. L’impression que, de toutes manières, peu importe ce que l’on fera, cela n’avancera à rien. Je lui souris alors, d’un sourire plus sûr, rassurant.

« C’est normal que tu aies peur de ne pas réussir. Je dirais qu’on doit tous en passer par là. Bon, je ne te connais pas très bien, mais j’ai l’impression que tu es quelqu’un de bien. En tout cas, c’est l’impression que tu dégages.  Alors tu peux avoir confiance en toi. Tu arriveras à trouver ce que tu veux. Je dis pas que ça va venir tout de suite, mais si j’ai bien compris tu as déjà un petit boulot ? Tu peux très bien proposer tes cours d’appui en parallèle en attendant de trouver ce que tu veux faire de ta vie. »

Je rougis légèrement. Je parle rarement aussi longtemps. Ma bouche est sèche, c’est désagréable. J’espère que Selvi acceptera cette sorte de morale que je viens de lui faire, ces conseils que je tente de lui donner. Je crains d’être allée trop loin. J’appréhende la suite, une boule se formant dans mon estomac. Je me mordille la lèvre inférieure et murmure.

« Désolée si je suis allée un peu trop loin… »

Mon regard est à nouveau plus fuyant, mon sourire un peu crispé, ma main retirée de son épaule.
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Lun 29 Aoû 2016 - 22:54
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Lorsqu'Oksa pose sa main sur mon épaule, je reviens brutalement à la réalité, mais ne sursaute cependant pas... au contraire, ce contact m'apaise. Je la regarde et lui souris tendrement. Elle ne semble pas très à l'aise avec le contact. Elle fait un grand effort. Je la trouve adorable, elle essaie de me rassurer, de me remonter le moral. Merci Oksa. J'écoute chacun de ses mots avec attention. Elle a raison. Comment puis-je savoir si ça va échouer ou réussir avant même d'avoir essayé ? Et oui, je me dénigre... encore... sans doute... J'ai souvent fait l'inventaire de ce que j'aimais, mais jamais de ce que je savais faire ou de mes qualités. Je crois... que je me suis trouvée une nouvelle mission. Je suis certaine que ça va m'aider. Cela ne sera pas facile, mais je peux le faire. L'Air me sourit et enchaîne. Ses paroles me rassurent, me mettent du baume au cœur et je parviens sans problème à lui retourner son sourire. Je suis quelqu'un de bien... oui, enfin j'essaie en tout cas. J'essaie de faire ce qui est juste, j'essaie de faire de mon mieux. Sa dernière remarque me fait soudain réaliser une chose... j'ai encore du temps. Cela fait des semaines que je me stresse, que j'ai l'impression de gâcher ma vie parce que je n'ai pas encore d'idées quant à mon avenir, mais... et si je faisais une année de pause, si on peut dire ? Qu'est-ce que ça changerait, hein ? Je pourrais réfléchir tranquillement tout en m'occupant, pas d'urgence. Après tout, j'ai un travail et je peux trouver du boulot en plus pour combler les vides, des petits jobs. Oui, ça va le faire. La jeune femme m'a redonné de la force et du courage ! Je me sens tellement mieux, remontée à bloc ! Perdue dans mes pensées, je n'ai même pas remarqué son trouble. Je sens juste sa main quitter mon épaule.

- Pardon ? Oh, non non, pas du tout ! Tu m'as remonté le moral, merci, merci beaucoup.

Je lui souris sincèrement.

- En fait, ce qui me stressait le plus, c'était cette sensation d'être au pied du mur, de devoir prendre une décision tout de suite. Mais tu m'as fait réaliser que le tic-tac de l'horloge ne s'arrête pas demain, que j'en ai plein, du temps. Je vais m'en laisser, du coup.

Je prends une grande inspiration. Je me sens libre... bon, d'accord, c'est un peu exagéré... disons que je me sens plus légère. Mon problème n'est en rien résolu, mais je me sens moins paniquée, moins oppressée. J'ai le droit de ne pas encore savoir, j'ai le droit de temporiser, encore. Je ne sais pas encore exactement ce que je vais faire pendant ce temps, mais je vais pouvoir tester des choses. Peut-être vais-je m'inscrire à un ou deux cours à l'université, par correspondance, pour voir ce que ça donne. Comme ça, je saurai si mon niveau d'anglais est suffisant ou si je dois m'améliorer et j'aurai l'occasion d'expérimenter les domaines qui semblent m'intéresser sans me mettre la pression. Je pourrai faire plein d'activités, du sport, continuer à dessiner,... J'ai un grand sourire.

- Et toi Oksa, tu en es où ? Ton travail à la librairie, c'est un emploi à plein temps ? Ça doit être génial comme boulot. Je suppose que tu as plein de livres à lire pour pouvoir conseiller les clients. Ça doit te prendre un temps fou !

Je ris. C'est quelque chose que j'aimerais, je pense. J'adore lire, alors si c'est mon boulot, c'est le paradis. Peut-être que je dois vraiment creuser dans le domaine littéraire. À voir, rien ne presse. Soupir bienheureux.
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Ven 2 Sep 2016 - 21:34
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Ainsi je ne lui avais pas semblé malpolie à me mêler de ses affaires. Cela me rassura. Apparemment, je lui aurais même remonté le moral. J’ai plus de mal à y croire, mais si c’est vrai, tant mieux ! Pour une fois que ce n’est pas l’inverse, cela me réconforte. Je lui accorde un sourire timide mais heureux.

« Tant mieux si j’ai pu t’aider ! Cela me fait plaisir. Tu as raison, prend le temps d'être sûre de toi, de tester ce que tu peux. Comme ça tu as le temps de faire des erreurs qui ne seront pas graves aussi! Si tu te précipites trop, ce n'est pas la même... »


J’observe quelques secondes le visage de Selvi. Elle est resplendissante. Un sourire illumine sa bouille. Cela me met du baume au cœur. J’ai réellement pu aider quelqu’un ? Je trouve ça fou, et étrangement gratifiant.

Néanmoins elle lance ensuite le sujet sur moi. Mon regard se perd légèrement dans le vide, dans la vue, et je me mordille machinalement l’intérieur des lèvres. Où en suis-je ? Excellente question. Que je ne me pose jamais. Ce qui est assez embêtant. Je lui réponds tout de même, la voix autant dans le vague que mes yeux.

« Non c’est un mi-temps. Et oui je lis beaucoup pour conseiller les clients, autant de nouveautés que possible. Mais j’ai beaucoup de temps, alors ce n’est pas bien grave. »


Son rire est doux, me pousse à revenir un peu sur terre, ou du moins, sur le toit. Je me tourne vers elle, lui adresse un sourire.

« Je ne sais pas exactement où j’en suis. J’ai passé plus de temps à me préoccuper du présent qu’à réfléchir au futur ! Je sais, ce n’est pas très malin, il va sérieusement falloir que je travaille là-dessus. »

Je ris doucement, ne semble étrangement pas l’air désespérée par l’idée de ne pas savoir quoi faire. Néanmoins, j’ai compris il y a longtemps que je n’étais pas si froussarde, que c’était uniquement les relations humaines qui m’inquiétaient tant.

« Je ne sais pas non plus exactement ce que j’aime. Lire, c’est sûr. Ecrire aussi. J’aimerais bien écrire un conte peut-être tient. Et trouver quelqu’un pour l’illustrer. Cela pourrait être sympa ! Enfin… Tu vois, je n’ai que des petits projets comme ça, rien qui ne se fasse à long terme. Je trouverai. En tout cas j’espère ! »

Un nouveau rire m’échappe. Je semble insouciante – un peu trop peut-être – je le sais. Mais si je commence à paniquer, je n’arriverai plus à me calmer. Je suis comme ça, un peu trop lunatique, un peu trop facilement déstabilisée. Du coup le moindre problème me fait partir au quart de tour. Si je me mettais à trop me soucier de mon avenir, je n’aurais qu’une envie, refaire l’ermite aussi longtemps que possible, ignorer les ennuis, oublier que je dois faire quelque chose en fait.
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Sam 3 Sep 2016 - 15:36
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Je remarque tout de suite que mes questions posent un peu problème à Oksa. Comme je ne la connais que depuis peu, il est normal que je me renseigne à mon tour sur sa vie, non ? Et puis, la question semblant si anodine ne l'était pas non plus pour moi. J'attends simplement sa réponse, en silence et souriant pour l'encourager, même si elle ne me regarde pas, perdue dans un monde qu'elle seule peut contempler. C'est déjà bien un mi-temps, non ? Et puis, elle a raison. Elle a plein de temps comme ça, c'est génial ! L'Air finit par me sourire. Alors comme ça, elle est un peu dans la même situation que moi ? Je comprends qu'elle ait pu me donner des conseils si avisés. Elle rit.

- Eh bien, comme ça on est deux ! On se sent moins seule.

Je ris à mon tour, mon interlocutrice enchaîne. Elle aime les mêmes choses que moi, c'est fou ! Et elle veut écrire un conte, ça c'est une bonne idée... écrire des histoires pour les enfants. Je pense que j'aimerais ça. Et si je continue à m'entraîner à dessiner, peut-être que je pourrais même faire les illustrations moi-même... ou alors faire une bande-dessinée. Je ne sais pas, je vais creuser. Contrairement à ce qu'on croit, c'est plus difficile d'écrire des contes qu'un roman classique par exemple. Si on veut bien le faire, il doit y avoir plusieurs niveaux de lecture : un facile pour les enfants, un plus compliqué pour les adultes. Il faut essayer de communiquer au-delà de l'histoire, mais que ça reste accessible. Ce n'est vraiment pas facile.

- Eh bien, je gribouille un peu dans un carnet. J'ai suivi les cours d'arts plastiques ici, à Terrae, et j'ai continué à dessiner. Ce n'est pas du grand art, mais ça peut peut-être te convenir en fonction du projet que tu souhaites mener. Après, il y a sûrement des gens bien plus doués que moi ici, de vrais artistes...

Je souris à Oksa et rougis légèrement. Ce n'est pas habituel que je me mette en avant de la sorte. Surtout que je ne me considère pas du tout comme une artiste. Je gribouille, c'est tout. Qu'est-ce qui m'a pris de lui faire cette proposition ? Aucune idée... peut-être l'intérêt pour le projet, l'envie de faire quelque chose de concret.

- Enfin, je trouve chouette que tu aies des petits objectifs à court et moyen terme. Ça te donne une direction à prendre, ça te permet d'avancer gentiment. Je pense que, ces derniers temps, contrairement à toi, je me suis trop focalisée sur le futur en oubliant le présent. C'est tellement dommage ! Merci, vraiment. Tu m'as donné à réfléchir.

Un silence s'installe. Je ne le trouve pas gênant. Je crois qu'on est toutes les deux perdues dans nos pensées. Elle m'a beaucoup aidée et j'espère avoir pu, moi aussi, faire quelque chose pour elle. Soudain, je pense à une chose, changeant complètement de sujet.

- Tu as vu qu'il y a un carnaval organisé à Terrae ? Je ne pensais pas y aller à la base, mais une amie a réussi à me convaincre d'y participer. Tu comptes y aller, toi aussi ?

Je me retiens juste à temps de lui dire que ça me ferait plaisir et que je me sentirais moins seule. Non pas que je ne fasse pas confiance à Aoi. Je sais qu'elle ne m'abandonnerait pas, mais elle connaît certainement plus de monde que moi et je n'ai pas envie de jouer à la sangsue. Si Oksa vient, ça me ferait une personne en plus avec qui parler, mais je n'ai pas non plus envie de la forcer.
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Sam 3 Sep 2016 - 17:37
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J’affiche un grand sourire.

« Oui, c’est bon de ne pas se sentir seule ! »


Et c’est vrai. Le fait que nous nous ressemblions tant me réchauffe le cœur et me rassure. J’aime bien le fait d’avoir rencontré quelqu’un qui est un peu comme moi. Cela me fait me sentir étrangement proche d’elle.

Je l’écoute me parler du fait qu’elle sait dessiner. Et là, une idée me vient. J’en sautillerais presque sur place tant j’ai envie de lui en parler, mais je n’ose pas pour le moment. Je lui souris et me dis que je lui dirai peut-être après.

« Ne me remercie pas. A vrai dire je pense que cette conversation nous a toutes les deux été bénéfique ! »


Un doux silence s’installe. Silence durant lequel mon projet se met en place dans mon esprit, se construit, se réfléchit. J’observe l’Air du coin de l’œil, de plus en plus convaincue que cela pourrait se faire. Néanmoins, la jeune fille se lance sur un autre sujet. Celui du carnaval. Je suis heureuse d’apprendre qu’elle y sera, ainsi je connaitrais au moins quelqu’un à notre char, et qui plus est, quelqu’un avec qui il semble y avoir comme une osmose.

« Oui j’y vais. Moi aussi grâce à un ami je dirais. Non pas qu’il ait eu à me convaincre, mais sans lui je n’aurais sûrement pas osé y pointer ma tête ! »

Je ris légèrement. C’est vrai que sans Angie, je n’aurais certainement pas voulu y aller, trop effrayée à l’idée de me retrouver seule. Mais si en plus Selvi s’y trouve, je suis même contente d’oser !

« En tout cas ça va être sympa que tu y sois, on sera sur le même char. »

Je lui adresse un grand sourire. Je pourrais continuer sur ce sujet, mais mon projet prend trop de place dans mon esprit. Je ne résiste plus. Animée par une soudaine vie, un soudain enthousiasme, je lui en parle.

« Désolée je change de sujet mais j’ai une idée en tête depuis tout à l’heure ! J’aimerais beaucoup que tu m’aides pour ce projet de conte et j’ai peut-être l’histoire… Tu sais que Terrae est mal vu dans le monde n’est-ce pas ? Peut-être qu’on pourrait mettre en forme l’histoire d’un enfant qui ressent ce vide en lui et se retrouve à l’institut ! Ainsi on pourrait montrer à tout le monde que l’endroit n’est pas un asile étrange, que nous ne sommes pas des monstres. Ils auraient une idée plus précise de ce qu’est Terrae ! »

Mon idée me semble un peu folle, mais j’espère que Selvi va y adhérer. Sinon je le ferai seule et trouverai quelqu’un pour l’illustrer, néanmoins c’est avec l’Air que j’aimerais le faire. Ensemble, je suis sûre que nous pourrions construire un conte qui plairait aux gens, qui leur ferait comprendre que nous sommes comme eux. Ce serait beau, fantastique !
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Il est temps de grandir [Selvi ♥]

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