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Le son des Esprits [avec Nea]
##   Jeu 15 Sep 2016 - 15:55

Personnage ~
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Mekaro Kre
Messages : 22
Date d'inscription : 09/05/2016
Age : 26

Les forêts ont des âmes... Elle est différente pour chacune d'entres elles. Ce sont un ensemble d'êtres à part entière. Et Mekaro savourait l'âme de la Forêt de Terrae comme s'il rencontrait une nouvelle personne. Ici, les arbres sont petits, les couleurs bien moins vives et elles ont changé avec le temps. Chez lui, la saison des pluies était omniprésente, il dut apprendre qu'on en trouvait quatre au Japon, et que l'automne faisait dorer les feuilles des arbres... Les esprits se mettaient petit à petit en veille, il le sentait quand il plaçait sa main immense sur les écorces... La sève, sang des esprits, était moins vive. Mek était bien plus fasciné par la nouvelle nature qui s'offrait à lui que par la possibilité, qu'un jour, il puisse recevoir des pouvoirs de la part des esprits. Aussi, il passait la plupart de ses journées assis dans les bois, à contempler le temps qui passe. L'été était froid pour lui, pourtant il n'était couvert que d'un pagne qu'on avait bien voulu lui fournir. Il avait eu droit à des t-shirts et des shorts, mais il n'y arrivait pas. Trop. Ou pas assez. Dans tous les cas, il n'aimait pas. Et de toute façon, malgré la différence de température, il n'avait pas froid. Un guerrier n'a jamais froid.

Il était dépaysé, le guerrier kayapo qui n'a jamais froid. Il ne comprenait pas pourquoi on avait couvert la terre de ce qu'on appelle "le goudron". Il ne comprenait pas ses bâtiments de pierres qui s'élevaient et qui étaient en désaccord grinçant avec les esprits. Il ne comprenait pas comment on pouvait se servir en nourriture sans savoir si on avait chanté pour l'animal, pour les esprits ayant offert ce repas. Il ne comprenait pas qu'on tue des arbres pour en faire du "papier" et des "livres"... alors que la parole existe. C'était bien à cela qu'elle servait non ? Échanger le savoir... Il était perdu, le Mangeur d'Esprits... On avait certes pris le temps de lui expliquer certaines choses, mais on avait su mettre les mots pour qu'il assimile. Il était triste... Il avait le cœur lourd... et même ce temps qu'il passait près de la nature ne l'aidait pas vraiment. Il se posait des questions, se demandant sans cesse pourquoi l'Homme c'était arraché aux esprits, s'il n'était pas un mauvais kayapo de vivre en dehors d'eux, si les esprits d'ici, malades et faibles, étaient aussi malheureux que lui.

Adossé à un tronc, les jambes ramenés contre lui, le grand guerrier qui n'a jamais froid ressemblait à un enfant... Il avait beau chanter des prières avant de manger, il avait beau tenter de dormir dans ce que les gens appellent "un lit" ; s'adapter sans renier, il ne savait plus s'il était vraiment lui. S'il n'était pas le Mangeur d'Esprits, il aurait peut-être pleuré... A la place, il s'empara de sa flûte de bois, seul bien qu'il avait emmené avec lui, et commença à jouer quelques notes.


Les quelques oiseaux encore présents avant le début de l'hiver semblèrent répondre à la mélodie... Des piaillements joyeux se firent entendre. Mekaro sourit sans s'arrêter de jouer. Il avait la sensation que les esprits lui répondaient, tentaient de le rejoindre, de lui faire comprendre que même faibles ils seraient toujours là... Il aimait le croire, il l'espérait de toute son âme... Sinon, à quoi cela lui servait d'être ici ? Il voulait acquérir la puissance des Esprits, pour de vrai cette fois, ne faire qu'un avec eux, pour sauver son peuple. Allait-il aussi pouvoir sauver les esprits qui dorment ici, reniés de tous ?... Le méritait-il vraiment ?... Il joua un peu plus fort, reprenant son souffle. L'harmonie des graves faisaient trembler la cime des arbres dans le vent, la puissance des aigus attiraient la faune comme si un de leur congénère appelait à l'aide. Puis la mélodie se tut, petit à petit... s'étouffant dans sa propre mélancolie.

C'est à ce moment que Mekaro entend des pas. Il est difficile d'être discret quand la terre se couvre de feuilles mortes... Il se redresse, évitant de se cogner aux branches des arbres décidément très petits ici, gardant son instrument à la main. Il regarde en direction des bruits qu'il entend pour voir arriver, une Kube... ...une jeune femme. C'est la première fois qu'il rencontrait quelqu'un dans la forêt. C'était même la première fois qu'on venait vers lui... Ne sachant quoi faire, il se contenta de la regarder de ses yeux sombres, l'éclat de l'amertume y étant encore présent.


Le son des Esprits [avec Nea] 343798SignaMek
##   Ven 23 Sep 2016 - 23:19
Anonymous
Invité

Nea s'était encore volatilisée des salles de cours. Elle avait laissé sa place au néant. Elle avait échangé ses grimasses d'ennuis et d'amertume contre quelques sourires naturels. A vrai dire, cette jeune femme n'avait pas été habituée à rester à la même place pendant des heures. Sa vie passée était gorgée d'aventures, de rencontres folles, de nuits de folies, d'imprévus. Une vie pleine de...Vie ? Jusqu'à un événement. Qui ressemble à de grandes vagues au fond de son âme.

Nea avait encore prit la fuite, filant sous le ciel coloré d'été. Elle portait un chapeau de Cowboy qu'un homme lui avait offert lors d'un voyage dans le Montana. Ses cheveux en bataille s'emmêlaient dans l'air. Sur le dos de ses mains, Nea avait gribouillé au feutre noir des tatouages indiens remontant jusqu'à ses poignets. Nea n'était prisonnière que d'une seule chose au monde : la Liberté.

Le Monde semblait si fade, si pâle lorsqu'il reflétait dans les yeux de la Suédoise. Ses grands yeux bleus, cette couleur si pure. Pour un regard peu innocent. La jeune femme portait sur son visage un masque de froideur. Qui s'effondra au moment même où l'air frais de la forêt s'emparait de son corps. Nea était respectueuse envers la nature. Rien que les animaux, d'après elle, étaient bien plus intelligents que les humains. Pas de mensonges, pas de remarques blessantes et inutiles. Calmement, elle posa une main sur le tronc d'un arbre pour y trouver un peu de soutien, le temps de reprendre son souffle. Il était grand, il avait l'air d'un roi. La jeune femme leva les yeux, observant les branches danser avec le vent. Les rayons du soleil, qui passait à travers les feuilles, offrait différentes couleurs. Elle eut un sourire.

La jeune fille se mit à marcher, calmement, savourant chaque instant. Chaque feuille qu'elle frôlait éveillait sa peau, les couleurs choquaient les yeux bleus de la jeune femme jusqu'à leur âme, a la manière d’électrochocs. La chaleur de l'été enveloppait son corps, cela lui semblait rassurant, semblable à un feu de cheminée en plein hiver. Elle marcha longuement dans la forêt, écoutant oiseaux et vent chanter, imaginant quelques bêtes imaginaires, plus magnifiques les unes que les autres, prendre vie dans les ombres des grands arbres. Ce n'est pas pour rien qu'elle se projetait un nouveau tatouage : un grand cerf, esprit de la forêt, symbole de vie. Nea attrapa quelques plumes tombées sur le sol, qu'elle attacha dans ses cheveux.

A force de s'enfoncer dans la forêt, Nea finit par tomber face à un grand étang. L'eau y était claire, elle semblait si pure. Sans hésiter, Nea retira son pantalon trop grand. Déposa sa guitare sur le sol. Elle garda néanmoins son débardeur et entra dans l'eau. Elle était si transparente, que Nea pouvait voir le fond, et les couleurs que le soleil projetait sur les roches. La jeune femme s'allongea dans l'eau et demeura ainsi quelques heures, oubliant son corps. C'était encore mieux que toutes les drogues qu'elle avait pu injecter dans ses veines. Elle s'oubliait, le regard évadé dans le ciel. L'heure, la date, tout cela n'existait plus. Nea savait surtout que cet endroit, elle ne le retrouverait pas de si tôt. C'est ça qui rendait cet instant si magique.

Nea finit par sortir. Elle retira son haut, l'essora puis le remis. Elle patienta au soleil que sa peau finisse de sécher. Elle remis son pantalon, ébouriffa ses cheveux d'un geste simple. Elle remis son chapeau sur sa tête, sa guitare sur son dos. La jeune femme repris sa promenade, lorsque des son de ce qui semblait être ceux d'une flûte, attira son attention. Un musicien, ici ? C'était intéressant. Tant bien que mal, elle chercha d'où venait ces mélodies, parvenant enfin à trouver l'origine. Il s'agissait d'un homme, que beaucoup aurait pu trouver étrange, étonnant. Mais Nea connaissait le Monde. Elle avait vécu dans des tribus d'Afrique et d'Amérique  pendant plusieurs mois. Son père voulait qu'elle connaisse la Vie.

Calmement Nea s’avança, sans lâcher du regard l'individu. Pour une fois, son visage ne s'était pas renfermé, comme habituellement à la vue du genre humain. Non, car cet homme là, Nea le respectait profondément. Pour sa façon de vivre, ses croyances. Il ne semblait pas facile. Il lui en fallait plus que ça, à la blondinette. Doucement, elle s'approcha, laissant son regard plongé dans celui de l'homme. Il semblait être une illusion...Nea avait l'impression de revivre son enfance. Depuis longtemps, elle sentit son coeur vivre. Comme au temps où tout l'émerveillait. Le regard sincère, elle le salua dans sa langue natale. Bien qu'elle rougit, car Nea n'était pas tout à fait sûr de l'origine...

Elle était le froid, la lune. Il était la chaleur, le soleil, la vie.

 
 

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