Terrae, Une nouvelle ère commence...

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L'eau prend toujours la forme du vase. ••• Nicolas ☂
#   Dim 6 Nov 2016 - 23:04

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“Le coeur est un étang, quand rien ne l'agite la vase reste au fond.”

Pourquoi on doit toujours être ce que la société veut qu'on soit ? Y a un côté rageant à ne pas être ce qu'on est réellement. Ou à ne même pas, ou plus, savoir ce qu'on est. On se construit, on se forge comme les autres l'entendent. Mais ce n'est pas juste.

Je pourrais passer des heures à vous expliquer en quoi c'est injuste. En quoi cette société ne nous veut pas et nous rejette de toutes ses forces. À quel point être "nous-mêmes" est inutile, voire détestable.

On ne veut pas entendre parler de la tristesse des gens. Les gens tristes sont rejetés en bloc, entièrement, et ceux qui ne montrent pas la leur sont encensés comme des saints, mais ils en souffrent autant. Ils souffrent derrière un sourire-masque, comme une parure abjecte contre la souffrance ; la leurs, mais aussi celle des autres. Les autres s'en foutent de toute manière. C'est pas que la société, c'est aussi tous ces êtres humains qui vous observent avec mépris dans leur individualité chérie.

Si vous êtes tristes, vous ne faites que vous plaindre.
Si vous souriez, vous êtes juste stupides.

On m'a toujours dit que j'étais stupide. Naïve, bête, un peu conne, en fait ? Quand j'avais peur on m'engueulait et on me poussait à ne plus me cacher, quand je pleurais on me disait d'arrêter de me donner en spectacle. Et finalement, comme je vis, dans une lutte constante pour me maintenir la tête hors de l'eau, dans une lutte constante pour être celle que je suis ou celle que j'aimerais être, sans tout ce négatif qui me barre la route, on me regarde avec dépit.

"Ce n'est pas de sa faute, Aria est… gentille, vous savez."
Les regards veulent dire tout cela. Les regards véhiculent ce mépris et cette méconnaissance, cette indifférence pure à mon égard. Je sais que je saoule les gens, je sais que je suis excessive. Il faut que je sois excessive ; si je n'étais pas excessive, je ne serais simplement rien.

Les gens s'en foutent. Ils s'en foutent, alors ils ne remarquent pas ; c'est ça qui fait mal. Ils ne remarquent pas qu'une plaisanterie peut blesser, ils ne remarquent pas que, parfois, on a juste besoin de personnes près de soi, pour rire, pour se faire croire que le monde est un peu plus beau que ce qu'il veut nous faire croire. Je fais en sorte que mon monde soit beau et lumineux, parce que c'est dans un monde comme ça que j'aimerais vivre, et pas dans le monde dans lequel nous vivons actuellement.

Mais tout ça n'a simplement aucun intérêt… On vit dans un mensonge permanent, moi la première. C'est écoeurant, écoeurant !… Ecoeurants tous ces regards, écoeurante toute cette vie, écoeurant tout ce que je suis.

Le dégoût profond et amer.





Il fallait qu'elle sorte. Elle avait passé les deux derniers jours enfermée dans sa minuscule chambre d'initiée, blottie sous ses couvertures. Elle attendait. Pour être honnête, elle ne savait pas quoi ; elle attendait simplement que le temps passe ou que tout s'arrête, juste pouvoir souffler, faire comme si de rien n'était. Elle n'y parvenait pas.

Sa vie était un échec. Elle le savait depuis toujours et, au final, elle pensait s'y être faite. Mais quand on est con, on est con ; c'était ce qu'elle se répétait en boucle depuis la veille, la bouche sèche et les yeux humides. Quand on est con, on est con. Et on mérite ce qui nous arrive.

La toute petite part d'elle-même qui parvenait encore à se raisonner s'était éteinte. Elle la ressentait comme un foetus, enroulé sur lui même dans un coin de sa poitrine.

Elle s'arrêta au coin d'un couloir et, malgré son estomac vide et gargouillant, faillit vomir.

Respire, respire Aria. Ce n'est rien qu'une mauvaise passe. Ce n'est rien qu'un… non, bon sang, c'est pas une mauvaise passe. Quand on est con, on est con jusqu'au bout. Pas de remède possible, la connerie, ça ne se traite pas. La connerie, quand ça t'infecte, ça te bouffe jusqu'à la fin de ta vie.

Elle trembla de froid et resserra ses bras autour de sa poitrine pour garder un semblant de chaleur. La cafétéria n'était pas loin. Peut-être que, par un miracle, elle parviendrait à l'atteindre, manger et repartir, sans que personne ne fasse attention à son état.

Au pire, elle ferait comme toujours, elle sourirait. Mais même si elle s'en était sentie capable, elle n'en aurait simplement pas eu la force.

Elle avança lentement, un pas après l'autre, prudemment. Les gens passaient à côté d'elle sans la regarder - elle était insignifiante et détestable, pourquoi l'aurait-on regardée ?

Enfin, elle y arrivait ; elle tourna un angle de couloir... À cette heure, il ne devait pas y avoir grand-monde, tout le monde devait avoir fini pour se rediriger en cours… pas vrai ? Pas vrai ?

Deux yeux gris. Elle tomba presque nez à nez avec eux - nez à nez était exagéré puisqu'il était bien plus grand qu'elle, mais elle avait levé les siens par réflexe pour croiser son regard. Elle entrouvrit les lèvres. Un mot. Un son. N'importe quoi. Maintenant.

—Nicolas !

Loupé.

Elle eut un sourire nerveux. Le genre de tressaillement du coin des lèvres qui donne l'impression que vous pouvez rire d'une dispute, alors que vous ne contrôlez juste simplement plus les réactions de votre corps. Elle recula d'un pas et lâcha un rire. Boucle enrouée interminable.

—Il faut que j'aille aux toilettes.

Et elle le planta là. Les toilettes ne sont pas loin, pas vrai ? Au pire des cas, elle se planquerait dans ceux des novices. Jusqu'à ce qu'il parte.

Loin, vite, loin, avant que le vase n'éclate.


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Dernière édition par Ariana Vicente le Dim 20 Nov 2016 - 12:47, édité 1 fois
#   Mar 8 Nov 2016 - 23:01

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Votre problématique est "Pourquoi on doit toujours être ce que la société veut qu'on soit ?", vous avez ce qu'il vous reste d'enfance pour répondre.

Il ne me reste pas grand chose. Quand je pense à l'enfance, je pense à ces moments bénis dont je n'ai que peu de souvenirs, avant mes trois ans. Quand ma mère mettait encore des robes et me chantait des chansons, quand mon père était encore vivant et qu'il aimait l'être. Quand j'avais encore le choix en vérité. Quand j'avais toutes les possibilités qui s'offraient à moi, sans être forcé de grandir trop vite. Ce qu'il me reste d'enfance pour répondre... ça risque d'être très rapide...

Pourquoi on doit toujours être ce que la société veut qu'on soit ?... Parce que la majorité à toujours raison ?... Et quand cette majorité à tort et bien, elle a quand même raison, puisqu'elle est majoritaire. Et quand tu es un petit garçon aux cheveux trop longs, quand tu t'habilles comme un punk mais que tu écoutes du Mozart, que tu te bats pour ta vie et non pas pour être plus fort, tu fais partie de la minorité, de la minorité, de la minorité. Moins que rien donc. Alors tu dois te plier. Honneur à ceux qui s'adaptent ou qui se conforment à cette loi étrange.

Tu as le droit d'être malheureux si tu es un effet de mode "Fais partager si tu trouves ça injuste", "Like si tu as un cœur",... Tu pleures parce que tu es malheureux ? Sale égoïste, tu as vu Marion, treize ans pour toujours ? Elle, elle a vraiment souffert. Non, je l'ai pas vu, parce que j'ai pas besoin de le voir, je le sais.

Je n'ai pas eu le droit d'avoir mal. En fait, je crois que c'est pire que ça. J'ai pas eu le temps. Je devais m'occuper d'autres choses ; de ma mère, de mon avenir, des autres. Même pas moi. J'ai du enterrer mon père moi-même, tout payer, tout arranger, mais je n'ai pas pu voir une dernière fois son visage, je n'ai pas eu le temps de lui dire adieu.

C'est injuste.

C'est injuste parce que tout le monde souffre en vérité. Même les mieux lotis, mais même eux n'ont ni le droit, ni le temps d'avoir mal et de se confier... Parce que dans le monde d'aujourd'hui, avoir mal c'est être faible et être faible, c'est laisser l'occasion à ceux qui sont capable de faire semblant d'être fort de t'écraser, sous le poids de cette majorité étouffante. Faut oublier. Faut aller vite. Faut avancer.

Je me souviens de cette femme qui, droite et forte, ne laisse pas une seule larme couler sur son visage alors qu'elle annonce l'une des pires choses que l'ont peu dire à son enfant... et moi qui suit incapable de me retenir, qui me jette contre les murs, qui arrache le papier-peint, la moquette du bureau où l'on se trouve, qui retourne la table, qui mord les infirmières... C'est si facile de devenir un monstre.

Le masque.

Ton masque Nicolas. Remets-le. Tu vas devenir fou sinon.

TON MASQUE. MAINTENANT.




Nicolas tressaille. La fourchette plantée dans son repas, il a la nausée. Il a de plus en plus souvent des flashs de ce genre en ce moment... Il a l'impression que, même à Terrae, même entouré, il a son passé qui le rattrape, le vide qui l'enserre dans ses bras. Il déglutit. Pourquoi c'est toujours comme ça ? Il a toujours peur d'avoir mal, il hait toujours autant les autres... Comment a-t-il réussi à se faire des amis dans ces conditions ?... Il cligne des paupières, lentement, en fixant son repas. Ah oui ! Je mange. J'aime manger parce que j'ai souvent eu Faim, dans ma vie. Mon masque. Son visage s'illumine et il apporte sa fourchette pleine de pâtes à sa bouche. Il mâchonne gaiement. Personne ne pourrait deviner qu'il a le cœur au bord des lèvres et qu'il n'a qu'une envie, quitter la foule de la cafétéria. J'ai bien mangé ! Il prit son plateau et ramena tout à la plonge alors qu'il n'avait pratiquement touché à rien.

Il glisse entre les tablées où ce sont installés des groupes de gens partageant les mêmes styles ou les mêmes occupations. Autant de petites galaxies centrées sur le genre humain. Aveugles à ce qui les entourent et pourtant, c'est à celui qui parlera, qui rira le plus fort.

Nicolas va pour sortir discrètement, à pas feutrés, traînant son masque souriant sans pourtant regarder qui que ce soit. Il y a un loup qui gronde doucement à l'orée du bois, il avance un pas après l'autre, avec grâce. Son pelage touffu d'hiver laisse pourtant deviner sa fatigue et sa maigreur... Pourquoi l'animal n'est pas affamé ? Nicolas tremble. Il fait si froid en novembre...

Il manque de percuter quelqu'un à la sortie. Il ne s'y attendait tellement pas que tout son corps se tendit. Masque. Masque ! Il baisse les yeux sur Aria et ils se remplissent d'inquiétude... Elle paraît si menue, si triste. Ses yeux ne sont pas aussi rougis d'habitude... Où était passé ce rayon de soleil ? Quelle éclipse peut rendre Aria aussi... aussi... fragile ?... Le masque se fend quand elle prononce son nom. Il ne se souvient pas l'avoir entendu de cette manière un jour dans sa vie ; c'est un appel à l'aide ? une supplique ?... Il est si abasourdi qu'il répond dans un souffle. :

-Aria ?

Sa réaction est tout sauf naturelle. Aria recule, Aria veut fuir... Aria veut paraître forte pour ne pas se faire écraser sous le poids de la tristesse qui se presse contre le filet protecteur que le sensitif s'oblige à porter. Non. Hors de question. Avant qu'elle ne puisse fuir vers les toilettes, il s'empare de son poignet. :

-Non. Aria. Qu'est-ce que tu as ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Soudain, un frisson dans son dos... Il se retourne.

Le loup regarde les prédateurs affamés du coin de l'oeil... Ils semblent penser qu'il fait une proie facile. Il montre les crocs, la mâchoire serrée, un éclat dans l'iris d'argent et gronde. :

-Quoi ?! Vous voulez notre photo ?

Les tablées de la majorité reviennent lentement à leur conversation en chuchotant, se recentrant dans leur petite galaxie de confort. Nicolas pose une main sur l'épaule de son amie et l'amène plus loin. :

-Viens. On va trouver un coin calme.

Le masque se fend un peu plus. Le loup est en colère. Qui a fait ça à Aria ?



#   Mer 9 Nov 2016 - 19:17

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Aria savait qu'avec certaines personnes, il était inutile de faire comme si rien ne s'était passé, comme si elle allait bien. Rien que par le fait que certains la connaissent, rien que par le fait qu'il existait des télépathes et des sensitifs... Elle voulait s'efforcer de penser à des choses heureuses pour donner le change, éviter à Nicolas de ressentir tout son accablement ; mais plus elle forçait, plus elle se sentait s'enfoncer.

Elle voulut lui demander pourquoi il la rattrapait, pourquoi il ne pouvait pas juste lui ficher la paix, la laisser tranquille ? Elle retint un reniflement, alors que la main de Nicolas restait accrochée à son poignet, pas douloureusement mais suffisamment fortement pour qu'elle ne songe pas à une possibilité de lui échapper. Les yeux gris qui la fixaient avec inquiétude et inquisition à la fois, son ton naturellement posé mais aussi franc. Pas brutal, mais assuré. Sans appel.

Aria ne souhaitait pas répondre. Elle préférait rester cloîtrée derrière sa bulle de mensonge et de silence, que son visage n'arrivait plus à alimenter ni son coeur à suivre. Serre le poing Aria ; bats-toi.

Mais à quoi ça sert ? L'histoire ne se finit pas bien pour toi, Ariane. Tu montres le chemin mais c'est toi qui te perds dans le noir...


Elle sursauta lorsque Nicolas s'adressa aux autres en se retournant, violemment. Un tremblement l'agita, rire nerveux qui lui transperça soudainement la gorge. Depuis quand Nicolas agissait-il comme ça ? Depuis quand avait-il l'air aussi sauvage ? Elle recula encore un peu, pas par peur mais par réelle volonté de lui échapper.

—Non, c'est bon- Je vais bien- C'est rien de grave-

Elle n'arrivait pas à articuler correctement, tandis que Nicolas l'entraînait à l'écart. Elle s'éloigna rapidement de lui et secoua la tête. Rien que le contact la faisait frémir, et seul le peu de contrôle qu'elle avait avait encore l'empêcha de simplement faire dégager sa main d'un mouvement brusque.

—T'en fais pas, je n'ai juste pas beaucoup dormi, mentit-elle, en détournant le regard.

Une sortie, un échappatoire… Elle se tortilla les mains, regardant le sol sans trouver d'arguments percutants. Son ventre se tordait dans tous les sens et elle préféra ajouter :

—J'ai vraiment très faim, on peut discuter plus tard, tenta-t-elle de reprendre, la voix chevrotante.

Ses yeux recommençaient à s'humidifier d'eux-mêmes, les sales traîtres. Elle sentait à nouveau le malaise revenir, et pinça les lèvres. Il l'inquiétait un peu à réagir de la sorte.

—Ou ne pas discuter du tout, grommela-t-elle en tentant de se contenir, sans parvenir à contenir un reniflement. J'ai juste besoin d'être toute seule.


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#   Jeu 10 Nov 2016 - 0:28

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Elle ne se débat pas mais son corps se tend. Nicolas le sent. Il sent son regard fuyant, son ton mal assuré, ses justifications sans fins. Elle a l'air d'une petite fille perdue, qui a peur d'elle, qui veut être forte. Ils se sont bien assez éloignés... Il n'y a personne dans le couloir dans lequel il a trouvé un refuge ; il ne pouvait pas l'emmener dans sa chambre, ni dans celle d'Aria. Il fallait un terrain neutre sans personne d'autre pour les entendre, les voir ou même les percevoir. Quand il lâcha enfin son poignet, elle dit qu'elle n'a juste pas beaucoup dormi. Mensonge. Le masque se fissure au point de faire tomber un éclat au sol. Nicolas ferme fort ses yeux avant de les rouvrir...

Il se penche lentement, pour être à sa hauteur. Et à mesure qu'il s'approche du visage d'Aria, il entrouvre son filet protecteur... Les doigts d'Aria s'emmêlent les uns les autres, son regard fuit, sa voix tremble... Ses paupières sont les dernières digues qui retiennent des larmes aussi grosses que des billes de chagrin. Un chagrin qui le frappe. Un chagrin qui ne disparaît pas grâce à des "pouvoirs magiques" ou en ayant besoin "d'être seule".

Dit le gars qui supprime lui-même des pans de sa mémoire et préfère tout gérer seul.

Il est face à elle, petite rouquine éteinte. Il essaye de sourire, vraiment, mais la douleur qu'elle dégage est si vive qu'il ne peut pas faire comme si de rien n'était, comme si son amie n'avait pas besoin de quelqu'un. :

-Aria... murmure-t-il. Quand je suis arrivé à Terrae j'avais besoin d'être tout seul. Tu m'as guidé jusqu'au bureau des Masters, tu m'as offert mon premier cadeau de Noël et tu m'as aidé tout au long de cette petite année passée ici.

Il pencha sa tête sur le côté. :

-Si tu as le droit de pleurer devant quelqu'un c'est bien moi.

Il avança lentement ses mains vers les siennes, voulant cette fois se montrer bien plus doux que lorsqu'il s'est emparé de son poignet. Il fit glisser la peau sèche de ses doigts rugueux et abîmé dans la petite paume moite mais douce d'Aria. :

-Je vois que ça va pas. Tu as pas besoin de faire la forte devant moi. Aria je t'en prie, je serai peut-être pas utile, je n'ai peut-être pas de solution à ton problème, mais je suis là pour toi. Dis-moi ce qui ne va pas...

Il ne se rend même pas compte qu'il est en train de caresser ses doigts pour l'encourager, pour la rassurer... Dire avec son corps ce que les mots refusent d'avouer.

Je suis là.

Ne fais pas semblant.

Ce n'est pas la solution, jamais.

Je suis là et je le serai toujours, pour toi.



#   Lun 14 Nov 2016 - 16:25

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Pourquoi le couloir ? Pourquoi ne pas la laisser s'en aller ? Son coeur tambourine dans sa poitrine, elle se retient de ne pas s'effondrer, se retient de ne simplement pas vomir là, maintenant, parce qu'elle n'en peut plus de cette tension dans son estomac et dans sa gorge, serrée à lui en faire mal. Même ses tempes sont crispées, comme si en contractant tous les muscles de son corps elle pouvait s'empêcher de penser.

Nicolas s'approchait d'elle, pour mettre son visage pile en face du sien, pour lire dans ses yeux et dans son coeur tout ce dégoût et cette colère, toute cette tristesse et ce désespoir. Elle eut à la fois envie de le repousser avec toute la force que pouvait lui conférer sa rage et se jeter à son cou pour y pleurer toutes les larmes que son corps pouvait encore contenir.

Elle ferma les yeux avant de les rouvrir et les plaquer au sol, reniflant en tâchant de retenir le flot qui menaçait. Flux et reflux ; les vagues s'avancent et reculent...

Aria l'écoutait parler. Elle se sentait étrangère à la situation, étrangère même à l'évocation de leur rencontre ; étrangère à ces mots qu'il posait en même temps qu'il tentait de la calmer, ses doigts glissant au creux de sa paume. Elle eut la sensation d'être amadouée, pauvre cruche qu'elle était ; mais sa gentillesse et la chaleur de ses mains autour des siennes laissèrent goutter deux grosses larmes sur ses joues. Il méritait pas d'assister à tout ça.

—Je suis pas forte, renifla-t-elle en s'accrochant désespérément à ses mains. Je suis pas forte du tout.

Ses épaules tressautèrent. Pourquoi il était si attentionné ? Elle ne voulait pas lui dire ; aucun moyen, pas possible ; elle devait assumer ses conneries et c'était juste bien fait pour sa gueule, pas vrai ?

—Me demande pas ce qu'il se passe, se mit-elle à sangloter en récupérant ses mains, pour tenter de se cacher le visage derrière. Je suis conne, je suis tellement conne...

Elle tenta de reprendre son souffle, pas encore totalement partie dans sa crise de larmes. Elle avait juste du mal à respirer et parlait par a-coups, cherchant à récupérer son souffle comme elle le pouvait.

—Tu- tu veux vraiment pas m'entendre parler de ça-, reprit-t-elle en hoquetant, essuyant comme elle le pouvait son visage avec sa manche entière. On s'en fiche, on s'en fout, c'est pas important, je peux pas que- je veux pas que tu m'regardes avec pitié...

Elle articulait difficilement, la bouche pâteuse. C'est jamais beau, quelqu'un qui pleure.

—Promis, ça ira, s'il te plaît…

Aria savait qu'il serait là si besoin. Mais c'était pas une histoire à laquelle il devait être mêlé. C'était pas comme se plaindre de s'être fait larguer. Elle aurait bien fait passer ça pour une amourette dont la fin subite était difficile à supporter, mais au fond, il devait bien savoir qu'elle ne se mettrait pas dans un état pareil pour ça. Il la connaissait. Elle lui faisait confiance. C'était autant une plaie qu'un amour, ce garçon.

Elle se plia presque en deux en se tenant le ventre.

—Je vais vomir… balbutia-t-elle, tremblante.


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#   Sam 19 Nov 2016 - 18:34

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Nicolas avait la gorge serrée... Le chagrin d'Aria était si vive qu'il en avait du mal à ne pas avoir les larmes aux yeux lui-même. Pourquoi ? C'était peut-être trop intense, ou c'était peut-être parce qu'il ne connaissait pas cette Aria. C'était habituellement de la joie, du bonheur intense qui frappait son filet protecteur en sa présence... Là, il avait l'impression de se noyer, de s'étouffer. Il serre les dents et retrouve un peu de lui dans ce fourbis de tristesse. Il vise l'inquiétude sincère qu'il ressent pour son amie et se concentre. Aria sert ses mains un peu plus. Il la laisse faire. :

-Je suis pas forte, Je suis pas forte du tout.

-Peut-être, mais à deux on a deux fois plus de chance de l'être.

Elle le lâche et se cache le visage avec ses mains. Il la laisse faire. :

-Me demande pas ce qu'il se passe. Je suis conne, je suis tellement conne...

-Nous le sommes tous tu sais.

Elle respire difficilement et essuie ses larmes d'une manche. Il la laisse faire. :

-Tu- tu veux vraiment pas m'entendre parler de ça- On s'en fiche, on s'en fout, c'est pas important, je peux pas que- je veux pas que tu m'regardes avec pitié...

-J'aimerais t'entendre. Je m'en fiche pas. Si tu veux, je fermerai les yeux.

...Mais c'est qu'il a réponse à tout ce p'tit con.

Il aimerait lui donner un mouchoir, mais il n'en a pas sur lui, ils sont dans son sac qui est resté dans sa chambre le temps du déjeuner. Son visage rond et parsemé de tâches de rousseur est dévasté par les larmes et la morve. Il replace une mèche rousse derrière l'oreille de son amie et patiente... Il peut être un moine bouddhiste maître de la patience dans cette situation, quitte à attendre mille ans -pas plus, pas moins.

Puis d'un coup, elle se plie de douleur. Elle veut vomir. En même temps, tout son corps rejette... rejette quoi d'ailleurs ? Son mal-être ? Son chagrin ?... Lui ? Il a une grimace... Bizarrement, ça le touche qu'elle puisse le repousser à ce point... peut-être un trop. Mais il n'a plus assez de masque pour faire semblant maintenant. Il lui prend doucement l'épaule pour l'amener jusqu'aux toilettes les plus proches. Si elle vomit avant, il nettoiera et puis c'est tout. Il ouvre d'un coup de pied les chiottes des demoiselles et l'accompagne à l'intérieur... Oui ? Quoi ? Moi un garçon ? Si vous saviez comme j'en ai rien à foutre. Il l'approche des éviers et, délicatement, ramène la moindre mèche rousse à l'une de ses mains qui les maintient.

La crise ne semble pas passer pourtant... Même lui commence à avoir un mal de chien à retenir ses larmes... Elles sont au bord de ses paupières, prêtes à prendre le large. :

-S'il-te-plaît Aria...

Il ne voulait plus être impuissant comme ça. Il s'était promis de ne plus être faible, de ne plus voir quelqu'un qu'il aime désemparé... Qu'est-ce qu'il se passe ? Que peut-il faire ? N'avait-il donc rien appris ? Maman... Cynthia...

Il revoit sa mère assise sur le canapé, le regard mort, la bave glissant sur son menton...

Il revoit Cynthia prostrée, les larmes aux yeux et le sang entre les cuisses...

Il voit Aria, pliée en deux, souffrante et éteinte, vide...

Nicolas est en train de pleurer. Il tente d'essuyer ses larmes mais elles coulent en continue... Merde. MERDE ! Sa lèvre tremble et sa voix avec. :

-S'il-te-plaît dis-moi... Je ne peux pas rester sans savoir... Sans rien faire ou essayer... Aria je veux plus perdre...

...un être cher.



#   Sam 19 Nov 2016 - 20:01

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Hoquets et reniflements, larmes et morve, juste le pitoyable dans son état le plus pur et le plus violent. Elle voudrait s'effondrer là mais Nicolas la retenait ; il savait trouver les mots, il savait quelles choses dire pour qu'elle se sente au moins un peu moins seule que ce qu'elle imaginait. Pour autant, comment elle pourrait lui dire ? Son corps tout entier rejetait l'idée, de manière si brusque, si violente qu'elle était prise de nausées, des nausées de dégoût et de terreur, comme si elle avait pu évacuer son problème dans le même temps.

Pourtant, quelle égoïste ! Quelle égoïste que cette Aria ! Elle ne pensait qu'à elle, elle ne pensait qu'à sa peine, et elle ne voulait pas la partager. C'était un fardeau qu'elle portait, cette graine tenace qui s'accrochait et faisait couler un torrent de tristesse de ses yeux qu'elle pensait trop vides pour pouvoir pleurer encore. Mais elle continue à pleurer, elle continue même quand Nicolas l'emmène plus loin, elle continue à pleurer, à sangloter au-dessus de l'évier même quand il lui tient les cheveux, comme il l'aurait fait si elle avait été ivre. Peut-être était-elle ivre ? Elle aurait aimé ressentir les tourments de l'alcool dans son corps, sa tête dodeliner sagement, se mettre à pleurer pour un rien parce qu'elle avait parfois l'alcool un peu triste. Mais elle aurait été capable de rire, Aria, elle en aurait été capable.

Elle se tient toujours le ventre finit par se pencher pour allumer l'eau, pour se passer la tête sous le jet, entièrement, peu importait pour son visage trempé, pour ses cheveux qui s'imbibaient ; l'eau coulait jusque dans son cou, jusque dans le col de son pull lâche, jusqu'au sol où elle gouttait, gouttait jusqu'à en former une flaque. Elle se frotta le visage, le frotta vivement ; puis elle se recula et planta ses yeux dans ceux de Nicolas.

Elle s'était arrêtée de pleurer, momentanément, malgré sa respiration saccadée et hoquetante ; lui avait le visage baigné de larmes, ces larmes qu'elle n'aurait pas voulu voir couler, pas à cause d'elle, pas à cause de ça. C'était de sa faute, c'était à elle d'assumer ; c'était de sa faute, elle était stupide, il n'aurait pas dû la trouver. Elle aurait aimé partir en courant ma sa nature lui interdisait de le laisser là, sans réponse et plus inquiet qu'elle ne semblait l'être pour elle-même.

Aria aussi tremble, autant à cause de ses membres qu'elle ne parvenait plus à contrôler qu'à cause du froid qui s'insinuait doucement jusqu'à ses os. Vicieuse chose que le froid…

Une personne essaya d'entrer, mais aperçut la scène et referma automatiquement la porte en se confondant en excuses. Aria se détourna de la porte, renifla encore et alla s'approcher de Nicolas pour lui essuyer le visage avec une partie sèche de son pull.

—Il faut pas que tu pleures-, hoqueta-t-elle. Il faut pas que tu pleures pour moi, je suis désolée-... Je voulais pas te faire du mal, pardon, je suis désolée…

Ses yeux gouttaient à nouveau, alors qu'elle tentait de faire tout ce qu'elle pouvait pour se retenir de fuir, alors qu'elle essayait de ne pas vouloir disparaître à tout prix.

Alors qu'elle continuait à tenter de l'apaiser, ses doigts tremblants dans les cheveux bruns de son ami, elle se rendit compte que ça ne marchait pas mieux pour elle.  Son autre main restait sur son ventre, crispée à son vêtement. Incapable de s'en décrocher. Comme si elle sentait des pulsations s'en échapper.

—Y a pas grand-chose à faire- Ca va passer-...

Elle renifla, le visage déformée par la douleur. Mensonge. Elle crispa davantage sa main, et laissa choir l'autre sur la nuque de Nicolas. Puis elle l'éloigna.  S'éloigna aussi, pour s'observer dans le miroir. Et ses yeux déversèrent à nouveau leur torrent alors qu'elle riait, d'un rire entremêlé de hoquets et d'amertume. De dégoût, en fait ?

—Qu'est-ce que tu veux que je te dise... ? Je n'apprends pas, c'est de ma faute. Je veux dire, c'est pas comme si j'avais pas-... C'est pas comme si j'avais jamais vécu cette situation, et comme si on nous disait pas déjà de faire tout le temps gaffe, hein ?

Elle se pencha sur l'évier et sentit l'eau s'agiter dans les tuyaux. Si elle lâchait tout, d'un coup, si elle relâchait la pression, ce serait peut-être plus simple ? Puisqu'il voulait tant savoir...

—J'ai eu un bébé quand j'avais dix-huit ans, rit-elle presque hystériquement, la voix brisée, défaite, et le visage tordu sous ses larmes. Parce qu'on ne voulait pas que j'avorte dans ma famille. C'est mettre fin à une vie, tu sais. Tuer un bébé de Dieu. C'est ce que disait ma mère.

Envie de vomir.
Elle eut un haut-le-coeur qui la fit se courber un peu. Mais sa gorge était de toute manière trop serrée pour que quoi que ce soit s'en échappe.

—Là, je sais pas quoi faire, je veux pas revivre ça. Je sais pas quoi faire, tu comprends ? C'est pas... c'est pas juste, putain, c'est vraiment pas juste…

Et elle fondit à nouveau en larmes, préférant se rouler en boule sur elle-même. Autour, l'eau sur le sol et l'évier commençait à geler.

—Je voulais pas que tu me voies comme ça..., gémit-elle en se cachant le visage, incapable de se calmer.

Si ça avait été possible, elle aurait aimé que personne ne la voie comme ça. Jamais.


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#   Sam 19 Nov 2016 - 21:31

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Nicolas pleure comme un gamin, un gosse qui a perdu un jouet. Il est debout, immobile, droit debout, les traits crispés en tentant vainement de contenir ce qui lui échappe. Parfois il souffle, parfois il gémit, mais il n'a plus la force de parler... Il a l'impression de la perdre, de la voir s'éloigner petit à petit vers un enfer qu'il ne connaît pas. Il se damnerait pour la rejoindre mais il n'y arrive pas. Il perçoit sa tristesse, sa colère, son dégoût,... Il lâche ses cheveux quand elle passe sa tête sous l'eau et ferme les yeux... Il ne veut pas voir. Si elle ne veut rien lui dire, soit. Il sera là mais il ne sera pas assez courageux pour la voir. Mais même ses paupières abaissées ne contiennent pas le flot de son chagrin. Il rouvre les yeux finalement, il ne peut pas se passer de ce sens trop important pour lui. ...Elle est face à lui. Il n'arrive pas à savoir si elle pleure encore vu que son visage est trempée, comme si elle s'était transformée en cascade de tristesse. Elle tremble...

Quelqu'un entre puis ressort. Nicolas n'a même pas bougé, il garde ses yeux vrillés dans ceux d'Aria.

Elle essaya d'essuyer ses larmes... elle ne réussit qu'à les étaler, donnant à Nicolas l'étrange sensation de plonger son visage dans l'eau. Elle lui demande d'arrêter de pleurer... Il sanglote. :

-J-J'essaye...

Il fixait la main d'Aria accrochée à son ventre... Elle avait mal là ? Lui, il avait mal au cœur, il avait l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine. Elle pleurait à nouveau... et lui un peu plus fort. Il n'arrivait même plus à distinguer leurs peines, il était tout entier avec elle, à pleurer sans savoir pourquoi. Quand est-ce qu'il avait pleuré comme ça pour la dernière fois ? L'année dernière, devant Huo. Non. Le soir où le Chasseur m'a attaqué au couteau ? Non plus. ...Le jour où je les ai perdu. Et au moment où Nicolas a un rictus, Aria éclate de rire. Un rire étranglé. Hystérique. Dépassé.

Elle avait eu un bébé. Et ce bébé est né. Nicolas ne comprend pas.

Quelque chose fait trembler les tuyaux des éviers.

Aria ne veut pas revivre ça.

Nicolas a enfin compris.

Elle est enceinte.

Quoi ?

...


Aria s'effondre, pliée, mais il ne comprend pas ce qu'elle dit. Le monde s'est arrêté de tourner. La petite tête de Nicolas s'est vidée d'un seul coup. Il n'y a plus rien. Il n'arrive plus à ressentir. Il constate. Aria est déjà tombée enceinte, elle ne le voulait pas, elle a du accoucher tout de même et abandonner l'enfant parce que Dieu et bullshit. Nicolas frissonne. Et là, rebelote. Aria est de nouveau enceinte. Et... Et... et...

Soudain pris de vertige et de nausée, il s'accroche à l'évier. Quand il reprend enfin sa respiration, un nuage de vapeur s'échappe de ses lèvres et ses larmes sur son visage sont froides. Il croit qu'il est sous le choc, que ses perceptions sont perturbés par... par... tout ça.

Qu'est-ce que je fais ?... QU'EST-CE QUE JE FAIS ?!

Aria est à genou devant lui, elle se cache, elle a honte, elle ne veut pas qu'il la regarde. Il la regarde. Je fais quoi ?! MERDE ! On se concentre. Aria. Il faut l'aider. Il ne faut pas être toute seule face à ça... Mais j'y connais rien ! C'est pas important. Je suis inutile ! Qu'est-ce que je peux faire ?! JE NE SAIS PAS D'ACCORD ?!  JE PEUX FAIRE SEMBLANT ! C'est tout ! Une ampoule éclate non loin mais Nicolas est emporté par le tourbillon, la tempête,... le cyclone de ce qu'il ressent. Sans ses masques, il est désarmé. Il fait un pas vers elle, puis il recule. Il prend sa tête entre ses mains puis fait un tour sur lui-même. Un frisson le parcourt de nouveau, un courant électrique agite ses cheveux. Il essaye de prononcer son nom mais sa voix est muette. Il la regarde encore et ses bras retombent...

Qu'est-ce que ça vaut ? Qu'est-ce que vaut ma souffrance physique face à celle qu'on peut ressentir en soi ?... Je les connais toutes les deux ; l’insidieuse lame dans la chair et la vicieuse écharde dans l'âme. Nicolas met un genou à terre, face à elle. Que vaut l'épine d'Aria face à ma lame ? Nous souffrons tous n'est-ce pas ?... Pourquoi nous éviter alors ? Il prend sa main, la soulève, l'aide à tenir debout. Pourquoi ne pas nous aider à rester debout qu'importe les épines et les lames ? Pourquoi pas m'enfoncer un peu plus dans la souffrance pour sauver quelqu'un que j'aime ? Parce que j'ai déjà essayé sans succès ?... Mais si je n'essaye plus, je n'y arriverai jamais... C'est ça . Son cœur explose en lui, on entend des craquements... Il doit y avoir de l'orage dehors. Je ne peux pas rester sans rien faire. Je ne peux plus.

Nicolas serre Aria dans ses bras.

Il ne s'en rend pas compte de suite. Il sent qu'il y a un corps contre lui et qu'il l'amène à lui au lieu de le repousser. Il sent des cheveux qui ne sont pas les siens contre son visage et il perçoit même un autre cœur, un autre cœur qui bat, qui pulse et qui lui aussi, n'est pas à lui.  La tête dans des mèches rousses, il se souvient qu'il est en train de serrer Aria contre lui. Il est en train de faire un câlin... Il est en train... de tenir quelqu'un... et il ne lui fait pas mal...

Trois, deux, eeeeet... douleurs, d'abord bénignes. Est-ce que c'est sensé faire mal un câlin ? Puis il grince des dents... Il explose. ...Littéralement.

Nicolas grogne, mais il ne lâche pas Aria. Il sent que quelque chose le déchire à l'intérieur, en plus d'avoir la cage thoracique comprimée par ses émotions nouvelles. Ses yeux n'arrivent plus à percevoir correctement ce qui l'entourent, quelque chose lui brûle la rétine. Il lâche un hurlement quand il sent, il ressent. Il y en a trop !! Amour, crainte, remord, mépris, confiance... D'un seul coup, en même temps, il ne sait d'où. Il retrouve ensuite la vue et se retrouve milieu d'un torrent, mi-eau, mi-électrique, un tourbillon autour d'eux noyant le reste. Nicolas prend conscience qu'il est peut-être en train de brûler Aria avec ses pouvoirs...

Je suis donc destiné à faire du mal aux gens malgré moi ?... Oui. C'est ça. Même si je les aime de tout mon cœur, je ne suis né que pour ça... Faire du mal.

La constatation le glace tout entier, le vide... l'épuise. Et tout s'éteint. Nicolas chute à genou mais il tente de protéger Aria.

Quelques secondes passent, une éternité peut-être. Il arrive alors à articuler d'une voix grave. :

-Je ne te lâcherais pas. Je ne te lâcherai plus.

C'était décidé. Le Loup Noir ferma ses yeux d'argent.



#   Dim 20 Nov 2016 - 0:30

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Pour remonter à la source, il faut nager à contre-courant.

Tout s'agitait autour d'elle. Tout commençait à partir en vrille, dans sa tête, dans son coeur et dans son corps. Elle se sentit trembler de froid, ce froid qui s'insinuait partout dans la pièce, qui gelait même le bout de leurs doigts, qui leur faisait souffler des nuages de vapeur d'eau glacés. Le silence de Nicolas, à ses côtés, lui pesait comme un deux tonnes. Il ne disait rien et elle se sentait perdre le contrôle d'elle-même, le peu de contrôle qu'elle avait encore réussi à garder sur tout ; ses émotions, son corps, ses pouvoirs. Puis soudainement, une ampoule claqua et elle sursauta, levant vers lui des yeux apeurés. Il avança, recula ; il ne savait plus quoi faire, quoi dire, comment se comporter. Comment elle avait pu espérer qu'il sache dire quoi que ce soit ? Au fond, elle s'en doutait bien, et c'était sans doute pour ne pas voir son visage défait, mortifié, emporté par trop de sentiments contradictoires, qu'elle avait lutté pour qu'il ne sache pas. Pour que personne ne sache. Mais si elle le lui avait dit, sans doute que les choses se sauraient ; ce sont le genre d'événements qui, même quand on n'est pas observés, se répandent comme une traînée de poudre. Ici, la poudre serait explosive et lancinante ; et si elle venait à s'éparpiller aux quatre coins de Terrae, Ariana n'aurait plus qu'à partir.

Tout plutôt que la pitié. Tout plutôt que ce regard vide, impuissant, tout plutôt que ces yeux encore humides qui la fixaient.

Mais Nicolas la remit sur ses pieds, d'un geste, et la maintint contre lui. Elle se laissa faire, toute affaiblie qu'elle se sentait ; elle avait eut un bref sursaut pour l'éloigner, mais la proximité soudaine avait ouvert toutes les valves. Littéralement.

Elle voulut fondre contre lui, mais elle se contenta de fondre en larmes encore et encore, en s'accrochant à son haut, sans vouloir le lâcher. Elle ne se souvenait pas d'un moment où il l'avait si naturellement prise dans ses bras, où quelqu'un l'avait si naturellement prise dans ses bras, pour la serrer, la serrer fort, et lui faire passer tous ses tracas. Elle appuie son visage contre sa poitrine pour s'y cacher.

Mais autour, c'est un peu l'apocalypse. C'est froid et c'est chaud, ça brûle et ça glace, et l'eau s'écoule sans s'arrêter des robinets, sans s'arrêter l'électricité crépitant à son contact... Elle rouvrit les yeux et tenta de reculer pour mieux voir, pour chercher un échappatoire, pour regarder Nicolas qui vient de lâcher un cri de douleur. Elle sent ses yeux qui la brûlent et elle se demande si, à force de trop pleurer, elle ne s'est pas froissé un muscle quelque part. "Est-ce qu'il y a avait des muscles, dans les yeux ?" se demanda-t-elle, hébétée, en croisant les yeux or de Nicolas.

Parti l'argent, envolé. Le gris clair n'était plus là. Elle s'accrocha plus fortement à lui, serra les dents. Son corps entier semblait vouloir s'étirer et se comprimer à la fois… Sa peau prenait des irisations particulières, quelques écailles ou quelques plumes, parfois. Le bout de ses mèches rousses trempées et qui collait au cou de Nicolas prenaient des teintes plus claires, blondes, ou plus sombres, presque noires.

Elle avait peur, Aria. Elle ne comprenait pas, pas plus qu'elle ne comprenait pourquoi l'électricité de Nicolas lui picorait la peau, ni pourquoi la vague d'eau venait de s'abattre sur eux sans qu'elle ne contrôle rien. Ils se retrouvèrent trempés de la tête aux pieds, avachis au sol, mais Nicolas ne l'avait toujours pas lâché.

Elle tremblait, de peur, de fatigue et de froid ; l'épuisement l'emporta soudain, alors que la flaque au sol terminait de geler. Le tourbillon s'arrêta. Tout était flou - que ce soit dans sa tête ou ce qu'elle percevait. Le silence sembla grésiller dans l'air.

Doucement, elle appuya sa joue contre la poitrine mouillée du sensitif. Même si elle savait qu'ils allaient crever de froid s'ils restaient là, elle ne voulait pas se lever maintenant. Elle eut un sourire fade.

—Tu es beaucoup trop gentil pour une idiote comme moi, Nirolas, articula-t-elle, la gorge enrouée.

Reconnaissance.

La fatigue l'apaisait presque. Elle espérait juste que personne n'entre dans les toilettes à ce moment-là. Elle n'avait pas envie de s'expliquer.

Nicolas savait, et, pour être honnête, ça lui suffisait. Même si ça ne changeait rien… Lui ne l'obligerait pas à faire un choix plutôt qu'un autre, pas vrai ? Elle aurait le choix. Elle pourrait décider comment agir. Que faire, c'était une autre paire de manches... mais pour le moment, elle préférait ne pas y penser. Les pensées qui l'accaparaient se concentraient plutôt sur le petit bout d'homme qui la consolait comme aurait pu le faire son frère, si elle en avait été plus proche.

Pourtant, elle était en colère, et elle s'en voulait autant que lorsqu'elle avait aperçu les larmes inonder son visage. Ca ne la quittait pas, bien qu'une partie soit bien anesthésiée.

Heureusement, le froid calmait les brûlures.

—Je voulais pas te rendre triste, pardon, souffla-t-elle encore en refermant les yeux. Merci…

Elle aurait voulu lui sourire encore, mais elle n'avait pas besoin d'ajouter quoi que ce soit d'autre.

J'ai cru que je serai seule, encore une fois.

Un temps passa. Puis Ariana releva les yeux vers son ami.

—On est vraiment trempés ? réalisa-t-elle à retardement, presque en chuchotant.

Heureusement que c'était de l'eau froide. Son pull n'aurait pas trop aimé, sinon.


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#   Jeu 1 Déc 2016 - 14:04

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Plic, ploc, plic...

Un battement régulier. Le cœur d'Aria qui tremble contre lui. Ainsi il n'avait pas rêvé, les yeux verts étaient devenus profondément bleus l'espace d'un instant... Il avait eu un doute, vu que sa propre vue avait fait des siennes à ce moment. Il inspire et expire tout lentement, il se sent déphasé, épuisé ; la sensation qu'on va quitter son propre corps tant on est fatigué et pourtant, rattaché à notre corps par les élancements de douleurs envoyés par nos muscles. Ici, c'était le froid. Dans sa tête, Nicolas savait exactement ce qu'il fallait faire : retirer les vêtements mouillés, se sécher, mettre d'autres vêtements chauds et se reposer. Mais tout ce qu'il réussit à faire, c'est lever son bras sur les épaules de son amie. Et rien que ça, c'est horriblement épuisant.

Aria qui dégagea une vague de reconnaissance... en disant qu'il était trop gentil pour elle. Pour une fois, il ne répondit pas car il comprit, grâce à cette émotion particulière qu'elle dégageait. C'était un merci. Bon, un merci un peu spécial certes mais on va pas chipoter. Nicolas s'enferma au fond de lui ; une migraine magistrale vint lui tambouriner le crâne comme mille bûcherons sur un chêne. Il a bien fait d'ailleurs, si quelque chose d'aussi doux que la reconnaissance lui filait un mal de tête, qu'est-ce que ça aurait été avec de la colère ?... Elle ne voulait pas le rendre triste. Bah voyons. :

-Et moi j'aime pas te voir triste non plus... Comme tu vois, on a tout gagné.

Il tremble. Il avait vu Aria s'effondrer... Ça lui avait tellement rappelé... Sa mère. Sauf que pour son amie, il était là... Nicolas se rendit compte d'à quel point il était parti comme un voleur. Même si sa mère est un légume, il devrait au moins prendre des nouvelles, aller la voir. Quand est-ce qu'il avait perdu ce courage d'aller affronter les choses ? Parce qu'un coup de poing c'est plus facile à subir que le regard mort de sa propre mère ? Bah tiens. Par contre faire mumuse avec des pouvoirs et exploser les chiottes de l'Institut, easy maggle. Oh bonjour cynisme comment ça va ?

Tout son corps se secoue pile au moment où Aria demande s'ils sont trempés. Ah oui c'est vrai, ils le sont. C'est qu'entre-temps il avait oublié. :

-Faut qu'on bouge de là sinon on va mourir de froid.

Un temps. :

-Sauf que si je bouge je vais mourir de froid.

C'est comme s'il rattrapait toutes ses années sans contact physique à cet instant. Aria est pas plus chaude que lui, mais d'être l'un contre l'autre, ça préservait le peu de chaleur qu'il y avait entre eux. S'il se lâchait, il savait qu'il allait se recroqueviller comme une araignée morte... en mode : naaaan ilféfrouaaaa !

Puis soudain, le bruit de la porte... mais elle ne s'ouvre pas. Elle est bloquée par l'eau gelée. Quelqu'un asticote la poignée, Nico retient un rire. Quelqu'un est très pressé on dirait... Il tousse pour libérer sa gorge. :

-C't'occupé !

-Qu'est-ce qu'il se passe là-dedans ?

-Oh rien... On a juste explosé vous savez, le quotidien à Terrae. Là, on hésite à se faire un igloo ou un bonhomme de neige... D'ailleurs, z'auriez pas une carotte sur vous ?

Silence d'une seconde. Puis le gars doit s'être fait mal à l'épaule au vu du fracas de la porte et du gémissement étouffé qui suit. :

-C'est pour le nez du bonhomme de neige. insiste Nico.

-Vous avez dit "on", vous êtes plusieurs ?

-Oui, deux seulement. Pas besoin de plus pour un bonhomme de neige, c'pas une orgie hein.

Deuxième fracas. La lèvre de Nicolas tremble, celles d'Aria commencent à bleuir. Il y passe son pouce comme pour les réchauffer... L'air de rien, il s'inquiète plus pour elle que pour lui. :

-Vous pressez pas surtout. L'hypothermie c'est une expérience à vivre après tout.

La porte vole en éclat... Apparemment, Nicolas a exaspéré leur sauveur. Comme quoi... :

-Alors cette carotte, vous l'avez ?


HRP : JE SUIS LIIIIBRE ! Bon je me suis un peu éclaté avec Nicoco, pour tester son nouvel humour tavu. Dis-moi si ça te va !



#   Jeu 1 Déc 2016 - 14:48

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Aria tremblait de tout son pauvre petit corps. Elle avait l'impression que des lames s'enfonçaient dans sa peau et venaient titiller ses os ; rien de bien folichon, mais voilà, ce n'était pas spécialement agréable non plus. Puis, ce n'était pas une mauvaise idée de rester là, immobile, sans rien faire, sans tous ces problèmes à gérer... Pour lui, pour elle, pour eux, pour tout le monde ; plus de problèmes, rien. Elle n'aurait plus besoin de s'en faire pour le futur, plus besoin de se demander quoi faire, plus besoin de se forcer à tenir debout malgré l'envie qu'elle avait de se laisser tomber elle-même.

Elle rit, maladroitement, et rien que ce fait agita douloureusement son corps. Toute son énergie se dirigeait vers sa volonté de ne pas simplement s'endormir là - même si, fondamentalement, ça aurait été un peu plus complexe qu'elle ne le laissait entendre.

Quelqu'un essaya d'entrer, mais en vain ; les petites provocations de Nicolas lui tirent des pouffements légers, qui contrastent avec l'apparence délabrée qu'ils offraient tous les deux.

—Tu me diras, avec le bonhomme de neige, on est trois… En-enfin, sauf si on compte tes stalactites comme des petits zhumains, lâcha-t-elle en tapotant du bout du doigt un filet d'eau gelée qui restait accroché à sa mâchoire.

Elle tenta de ne pas fondre d'amour pour ce petit bout d'homme qui s'inquiétait tellement pour elle. Mais il devait bien le sentir, le bougre.

Elle ferma les yeux quand la porte fut défoncée et leva le nez vers un homme blond qui les dévisageait avec un mélange de curiosité et d'inquiétude, tout en se massant l'épaule.

—Ca va, vous allez bien tous les deux ? dit l'homme en s'accroupissant près d'eux. Vous avez bien fichu le bordel ici…

Son regard dévie tout autour d'eux pour constater l'étendue des dégâts.

—Bon, je sais que vous devez avoir vécu un moment affreusement traumatisant, dit-il sur un ton à la fois neutre et amusé, mais si vous voulez que je vous aide, va falloir songer à vous décoller l'un de l'autre. Juste comme ça.

Ariana lui lança le regard blasé du "Non mais si j'pouvais bouger je bougerais, abruti" et tenta de se détacher de Nicolas en grimaçant. Froid. Froid, bon sang...

Le nouveau venu passa ses mains au-dessus d'eux et la totalité de l'eau et de la glace qui les recouvrait commença à s'agiter. Elle quitta leurs vêtements et leurs cheveux comme s'il les essorait, tandis que la glace se désolidifiait pour rejoindre la grande bulle d'eau qui grandissait autour d'eux au fur et à mesure. Les flaques sur le sol séchèrent vite ; et toute cette eau fur renvoyée dans les éviers. Plus de trace d'humidité nulle part, plus de traces de glace. Ariana l'observait, bouchée bée. Ses tremblements ne s'étaient pas arrêtés, pourtant, elle avait bien moins froid que précédemment. Elle avait déjà vu Akihiko faire quelque chose de semblable, mais la situation l'aidait à s'émerveiller des petites choses extraordinaires.

L'homme reporta alors leur attention sur eux et les observa, soucieux. Ariana se demandait s'il allait les punir.

—Je vais me charger de prévenir Hideko, heureusement, il n'y a pas eu trop de casse... Mais il faudra sûrement demander à quelqu'un de vérifier que les canalisations et l'éclairage ne sont pas à remplacer. Si jamais vous n'allez pas bien, allez directement à l'infirmerie, d'accord ? Vous ne vous êtes pas blessés ?

Il les observait mais ne semblait pas voir de réelles blessures. Ariana fit de son mieux pour ne pas attirer son attention sur les petites brûlures qui couraient le long de son bras, heureusement protégés par son pull à présent sec. Elle secoua la tête pour lui signifier que non.

—Alors allez vous réchauffer et prendre une boisson chaude, leur intima-t-il d'un ton bourru, mais Aria se doutait qu'il s'agissait là d'une bonne intention. Hideko vous demandera de toute manière de passer dans les prochains jours.
—On va essayer, monsieur, articula-t-elle, alors qu'elle cherchait l'évier pour s'y appuyer et se relever, sans savoir pourquoi elle leur demanderait de passer... pour aider à réparer les dégâts ? Être punis, encore ? Elle préféra ne pas demander.

Le Master s'approcha des deux jeunes pour les aider à se remettre sur leurs jambes. Aria restait accrochée au lavabo, des étoiles devant les yeux, avant que sa vue ne se réaccommode. Elle leva alors son petit nez pointu vers Nicolas, et lui demanda d'une petite voix fatiguée et embarrassée :

—Tu… enfin, ça va ? Tu veux qu'on se prenne un café ?

"Et qu'on s'emmitoufle dans des couvertures contre un chauffage."


HRP : NOUS SOMMES DES ELFES LIIIIIIIIBRES
Nan ça me va pas, comme tu l'vois, j'ai répondu super lentement après tout.


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#   Dim 4 Déc 2016 - 14:45

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Nicolas ressentait tout, et ça lui filait un peu la gerbe. Son filet protecteur n'était plus aussi efficace, il fallait l'admettre... Beh ça fait chier quand même. C'est un peu fort de café de la part d'un gars qui vient de défoncer une porte de dire qu'ils ont foutu le bordel, mais Nico jette un oeil autour d'eux ; bon, c'est vrai, c'est Bagdad version Antarctique. Il renifle. :

-Je trouve ça plus feng shui perso.

Il lâche ensuite un rire amer. Un épisode traumatisant... Si ce n'était que ça ! Son premier câlin vire en Apocalypse, c'est sûr que ça donne envie de réitérer l'expérience ! Et puis bouger... Il est mignon le blondinet mais c'est pas lui qu'est si congelé qu'il a l'impression d'avoir les bras en bâtonnets de poisson pané surgelés. Le regard qu'il lui envoie doit ressembler à peu de choses près à celui d'Aria : entre le "on aimerait bien gros malin" et le "non mais tu sors d'où cette intelligence fulgurante ?". Ses dents claquent de froid mais aussi d'agacement à ce moment. Heureusement que leur sauveur utilise ses pouvoirs pour enfin agir parce qu'il retenait une phrase assassine. Et quel pouvoirs ! Un Eau, apparemment, puisqu'il se débarrasse de la moindre trace d'humidité d'un mouvement de bras... Nico plisse les paupières... Ah mais oui ! Oui, parce qu'il le reconnaît enfin. Mais c'est pas de sa faute ; il s'agit de "l'autre" prof de maths... Ouais parce que guerre des clans de profs tout ça, soutiens des chouchous, bref #TeamAaron tmtc.

Bon mis à part ça, il était sympa "l'autre" prof de maths, faut pas se le cacher non plus. Il préféra les laisser aller se réchauffer plutôt que de les mener direct à l'abatto-... euh, chez le directrice. Quelle douce attention. Il laissa Aria se lever et Nico ne put retenir un frisson quand elle se détacha de lui. Ah gla gla. Y'a pas à dire, le câlinou les tenait un peu plus au chaud tout de même. Il se redressa petit à petit en s'aidant du mur derrière lui, tandis que son amie se maintenait à ce qu'il restait des éviers. :

-On n'a rien... Merci pour le coup de main.

Ouais, quand même, parce que s'il n'était pas arrivé Nicolas aurait sans doute mis mille ans à se lever... :

-Et désolé pour... tout ça. Enfin, c'pas comme on l'avait fait exprès mais bon. Pardon quand même.

Il aurait voulu se réchauffer avec quelques éclairs mais il avait plus trop confiance en ses pouvoirs là tout de suite... Aussi il sauta sur l'occasion qu'Aria lui offrait de bouger. :

-Ouais, cafés. Mille cafés. Des millions de couettes et un radiateur. Viens.

Il fait un dernier signe à leur sauveur et sort, posant sa main sur l'épaule d'Aria, il la guide jusqu'à l'étage des Tonnerres, jusque dans sa chambre...

Parce qu'il n'était pas stupide, ils en avaient pas fini avec cette histoire. Il doutait encore qu'Aria soit persuadée qu'elle pouvait compter sur lui, alors il allait tout faire pour... Mais d'abord, au chaud la marmaille ! A peine la porte passée qu'il posa Aria sur son lit après avoir défait la couette et l'avoir posée sur ses épaules fragiles de son amie... Il démarra la cafetière, toujours prête, et le temps que la boisson chaude soit prête, il alla enfiler un pull en laine. Il sortit deux tasses, patienta un court instant devant la machine et se dépêcha de la couper quand il y en eut assez pour vite se servir. Il alla s'installer à côté de son amie en lui tendant un des mugs, et il plaqua ses mains frigorifiées sur la sienne quitte à se brûler. :

-Aria. Il faut qu'on parle quand même tu sais.

Il avait un peu de mal avec ça... Déjà parce qu'il n'y connaissait pas grand chose, ensuite, parce qu'il n'avait pas envie de lui faire encore plus de peine... Sachant qu'il ressentait tout fois mille depuis "l'incident toilette". Ouais, j'vais nommer ça comme ça maintenant, c'est classe. Il sirota une gorgée, s'ébouillantant la langue, puis soupira d'aise avant de reprendre. :

-Ce n'est pas grave. Okay ? Le premier qui te dit le contraire je lui bouffe la rate. Je suis là, je vais t'aider. On va se renseigner. Si tu veux avorter, j'irai avec toi... Si tu veux accoucher, je serai avec toi... Si tu veux le garder, je vous aiderai aussi, tous les deux.

Il posa sa main réchauffée sur la joue d'Aria, il lui sourit. :

-Quel que soit ton choix, je le respecterai et je t'aiderai. La vie n'est pas simple, et ça arrive parfois. Il faut juste ne pas baisser les bras et aller de l'avant d'accord ? Je veux qu'une fois que tu as pris ta décision, tu viennes me voir. Je ne veux pas que tu fasses ça toute seule. Je dois être avec toi et t'aiguiller au besoin. Si tu as un doute, une peur, ou juste besoin d'une présence, tu m'envoies un sms, tu débarques dans ma chambre ou dans une salle de cours, qu'importe l'heure, qu'importe le jour, je quitte tout et je suis avec toi c'est compris ?

Il la rapprocha pour qu'elle pose sa tête sur son épaule. Il but une nouvelle gorgée de café. :

-Mais ne réfléchis pas pour l'instant. Je voulais juste que tu le comprennes bien. Là, on se réchauffe et on se repose.



#   Dim 4 Déc 2016 - 22:31

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Il avait quand même de l'humour, le Nirolas. C'était pour ça qu'Aria l'aimait bien, pour son sourire, son rire, pour un peu tout ça à la fois. Il était gentil, Nico ; il s'inquiétait pour les autres, et, si lui n'en était pas persuadé, Aria savait qu'il était devenu sensitif pour cette raison. Pour elle, des personnes qui s'en fichaient éperdument des autres ne pouvaient pas prétendre au post. Personne ne saurait valider cela, peut-être n'était-ce même pas vrai. Pour autant, elle savait que leurs pouvoirs se liaient à leur âme de manière spécifique.

Si sa mère avait eu vent de tout cela, toutes pratiques magiques qu'elle aurait qualifiées de sataniques, certainement aurait-elle directement pété les plombs. Elle aurait refusé qu'Ariana reste là-bas, aurait tenté de la convaincre, de l'exhorter à suivre la voie qu'elle "savait être la bonne". Et cette voie-là, cette voie qui se ralliait à cette croyance en un dieu qui ne l'aimait visiblement pas beaucoup, elle ne voulait même plus en entendre parler. Combien de fois tout cela avait mis en péril sa santé, et même simplement sa santé d'esprit ? Entre le cathéchisme, les prières obligatoires, les messes auxquelles on la traînait, puis ces interdits, ces tabous, cette tentative de se dégager de leur emprise dans son adolescence. Le problème, c'est que pour eux, chaque obstacle est à franchir ; il n'est pas là pour nous faire souffrir, mais pour qu'on s'améliore, pour qu'on puisse justement en ressortir grandi. C'est ce qu'ils disaient. C'est ce qu'Ariana n'arrivait pas à comprendre. Parce que c'était quand même une sacrée cruauté de la part de ce fichu dieu.

Il se révélait plus simple de croire en une magie qu'elle ne côtoyait que depuis un an plutôt qu'en un dieu qui l'avait déçue pendant vingt-trois. En même temps, comment détester Terrae ? Comment détester un endroit qui nous promettait de nous reconstruire, nous offrait toutes les chances possibles ? Elle savait pertinemment que certains le haïssait pour cela, mais ce n'était qu'un moyen de se sentir vivant. Un moyen de croire qu'ils pouvaient contrôler leurs sentiments, leurs vies ; attribuer leurs échecs à quelqu'un, qui que ce soit. Une instance déshumanisée était le mieux dans ce cas-là : pas de culpabilité, on n'a pas l'impression de blesser ceux à qui on parle. Après tout, ce n'est qu'un endroit ; ce n'est qu'un endroit où sont canalisées les souffrances et les peurs. Quelque part où se regroupent tous les déchets de l'humanité, ceux dont on ne veut plus, ceux qui ne veulent même plus d'eux-mêmes...

Ariana ne voulait plus d'elle-même non plus. Elle ne voulait plus faire semblant, elle voulait être ce qu'elle voulait, comme elle le pouvait. De la manière dont son esprit et son corps le permettaient. C'était compliqué pour elle, parfois ; parce qu'elle ne se haïssait pas tout le temps, mais que parfois, ça lui revenait comme revenait une vague sur la berge. Parfois, il y avait des remous ; le plus souvent, cela repartait comme cela était venu.

Et de temps en temps, c'était la crue.

Non, vraiment. Ariana aurait adoré pouvoir se remettre tout entier à un dieu quelconque. Ou à ses pouvoirs. Mais même ce si joli espoir arrêtait de faire illusion, le temps d'un instant. Parce que tout était en vrac autour d'eux, que tout ça était de leur faute, et plus précisément la sienne. Lorsque c'était la faute de dieu, on pouvait choisir d'implorer des explications ou de s'en détourner. Mais lorsque le doute vient de son propre corps, de son propre pouvoir, elle ne sait pas. Là, le choc était un peu trop grand. Elle aurait pu en rire, aurait pu se dire que ce n'était rien du tout. Mais voir quelqu'un réparer les dégâts qu'elle avait encore une fois causés lui donnait envie de vomir. Elle se retint, retint un haut-le-coeur, et tenta de son mieux de ne pas simplement s'écrouler.

Lorsqu'elle avait sauté de la montgolfière aussi, c'était de sa faute. Et Allen avait été gentil, en fin de compte. Il lui a pardonné. Parce qu'elle était mignonne et rigolote, un peu nunuche ; elle comprenait pourquoi il avait si peur de ses pouvoirs. Et d'elle, surtout.

Ce serait mieux de se reporter au divin, au final. Elle aurait l'impression que tout n'était pas de sa faute.

Et même ce bébé, cette chose qui grandissait dans son ventre, cette chose qui allait donner un petit humain, quelqu'un, un fils ou une fille de, doté d'un caractère, doté d'une vie...

Elle eut un vertige.

Tout se mélangeait dans sa tête, rien n'avait de logique. Elle repensait à Lola, elle repensait à la dernière fois qu'elle l'avait vue, quand elle avait seulement deux ans.

Irresponsable.

On donne des pouvoirs à des irresponsables comme elle.

Elle voulut se remettre à pleurer mais se contint, pendant que Nicolas parlait avec le Master. Et elle le supplia de partir. De quelques mots, d'un regard, juste parler d'un café, de couvertures, de chauffage ; elle frissonnait, elle frissonnait de froid et d'épuisement, d'épuisement à cause de cette décharge de pouvoir et à cause de toutes ces pensées parasites, cette fatigue mentale qui la traînait au sol comme une pauvre poupée de chiffons, inerte, délavée. Elle aurait eu envie de mettre fin à tout ça, si elle l'avait pu.

Ici elle était dangereuse, et elle causait de la peine aux gens. Là-bas, elle les éloignait de leur salut, celui qu'ils recherchaient.
Franchement, elle ne savait pas si elle avait envie de rire ou pas.

Nicolas l'emmena et le Master les laissa partir, la mine inquiète. Elle voulait rester seule, mais elle savait qu'elle n'aurait plus eu envie de rien si elle l'avait fait. Et même là, Nicolas ne semblait pas prêt à la lâcher.

Nicolas, si doux et si gentil... Qu'est-ce qu'elle avait fait pour mériter autant d'affection de sa part ? Elle avait envie de le serrer encore dans ses bras, elle avait envie de lui dire à quel point sa présence comptait pour elle, à quel point tout ce qu'il était la rendait heureuse. Elle voulait retrouver ce bonheur insouciant là, se retrouver un peu plus.

Mais elle voulait aussi être là pour lui, elle voulait être cette personne lumineuse qui souriait, celle qu'Allen lui avait dit qu'elle était. Celle qu'elle s'était décidé à être.

Comment on pouvait aider les autres et être si profondément égocentrique ? Comment on pouvait aider les autres en étant soi-même au fond du trou ? Est-ce que connaître tout cela nous permettait de mieux comprendre les autres, ou bien est-ce qu'on ne ferait juste que s'impliquer sans réussir à faire autre chose que se détruire nous-mêmes ?

Elle ferma les yeux lorsque Nicolas l'aida à s'asseoir. Elle avait à peine compris qu'ils s'étaient déplacés, comme perdue dans le vague. Son corps répondait par automatisme. Et la sensation de la couette sur ses petites épaules lui fit rouvrir les paupières. Elle lança à Nicolas le regard le plus éperdu de reconnaissance qu'elle put. Mais elle savait qu'il percevrait sa colère envers elle-même, sa peine, son inquiétude à son égard.

Pourquoi avait-il explosé lui aussi ? Est-ce que quelque chose n'allait pas pour lui ? Elle n'envisageait pas qu'on puisse s'inquiéter à ce point pour elle - par convenance oui, mais sincèrement, c'était une autre paire de manches.

Elle attrapa la tasse fumante et crut qu'elle allait la laisser tomber. Mais ses doigts tinrent bon, ils s'enroulèrent autour et elle posa son front contre l'objet. Elle s'était remise à pleurer, silencieusement.

"Il faut qu'on parle quand même." Elle eut un rire nerveux. Elle ne savait pas quoi dire. Elle avait tout dit. Elle ne voulait pas lui en parler. Il était trop jeune pour être mêlé à des histoires pareilles. Trop jeune, trop gentil. Elle voulait qu'il reste insouciant, mais elle ne savait pas que cela faisait bien longtemps qu'il ne l'était plus vraiment.

Ariane l'écoutait tout en pleurant. Et, tandis qu'elle posait sa tête contre son épaule et serrait sa main dans la sienne, tandis qu'elle se disait qu'elle ne savait pas quoi faire, tandis qu'elle se demandait quels choix personne ne l'obligerait à faire, elle sut que ces mots étaient tout ce dont elle avait besoin. Tout ce que toutes les personnes présentes ici recherchaient.

Avoir foi en quelqu'un d'autre. Pas en des instances dénuées de sens. Mais en lui, et peut-être, un jour, en elle-même.

Elle acquiesça doucement, incapable de faire quoi que ce soit d'autre. Sa gorge était si serrée qu'elle crut qu'elle allait se tordre en tous sens.

Elle voulut lui dire merci. Elle voulut lui dire de ne pas s'en faire. Elle voulut lui dire qu'elle l'appelerait. Mais elle savait qu'elle n'oserait pas forcément. Alors elle acquiesçait. Ce n'était pas suffisant, mais ça signifiait beaucoup.

De toute manière, elle était bien incapable de réfléchir.

—Tu es beaucoup trop mature, balbutia-t-elle en reniflant. Je me sens comme un...

Comme un bébé ?

Elle se figea. Puis soupira et s'essuya le visage de la manche.

—Je n'ai pas envie que tu aies à me supporter comme ça. C'est… pas très... glam, termina-t-elle en acceptant une gorgée brûlante de café.

Elle grimaça et s'exclama, sans réussir à retenir un reniflement-ri. Ne pas trop réfléchir, hein...

—Ahhhhh mais il est super fort ton café ! C'est pour ça que ta barbe a autant poussé. C'est de l'engrais. Je vais peut-être devenir une femme à barbe aussi… qui sait...


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#   Lun 5 Déc 2016 - 21:54

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Il se passe beaucoup de choses dans la petite tête d'Aria. Nicolas ne cherche pas à repousser les émotions qui l'assaillent. Il suit leur cours. De la colère qui emporte ses gestes au point qu'ils sont parfois trop brusques, de la peine qui lui déchire le cœur, de l'inquiétude qui le bouleverse. Elle pleurait encore et il ne pouvait rien y faire, sinon prendre le paquet de mouchoirs qui traînait sur sa table de chevet. D'une main, puisqu'il ne voulait pas déranger Aria maintenant qu'elle était posée près de lui, il s'empara d'un mouchoir qu'il lui tendit, pour éviter qu'elle ne s'essuie encore avec sa manche. :

-Pas mature. Pragmatique. J'en ai vu des choses tu sais... J'ai appris qu'il fallait réagir avant de se faire écraser par la vie.

Il passa son pouce sur la joue creuse d'Aria... aussi maigre que ma mère... Il inspire brutalement. :

-Mais je t'interdis de faire ça toute seule, quitte à venir te faire chier tous les jours pour ça. Je m'en fous du glamour.

Elle prend enfin une gorgée de café, semblant un peu plus vive. Même si ce n'est qu'une illusion, Nicolas se jette sur l'occasion de changer de sujet. :

-Ah oui pardon, j'ai l'habitude de le boire comme ça... J'ai du sucre, attends.

Il la décale légèrement pour aller chercher l'ingrédient. Ce sont en fait des sachets de sucre de la cafétéria, comme il ne l'ajoute jamais mais qu'il a la mauvaise habitude de tout garder, il a une petite collection dans un tiroir, à côté des filtres à café et de la poudre noire qui embaume tout à l'intérieur. Il se réinstalle à côté d'elle et lui tend le sucre salvateur. :

-Tiens. Et le café n'a rien à voir avec la barbe je te rassure... De toute façon, tu serais toujours belle comme un cœur.

Une micro seconde t'interruption. :

-Interdiction de rire, de me contredire ou de faire une quelconque remarque mademoiselle.

Il ajoute cela avec le sourire aux lèvres, bien que son ton soit grave et apparemment sérieux. La dégustation du café se déroule dans un silence confortable où Nicolas s'applique à se réchauffer... Il fait aller ses doigts aux articulations qui claque quand il sent enfin la chaleur revenir à lui. C'est ça l'hypothermie ; cette sensation qu'on a de n'avoir jamais connu le soleil et de ne jamais plus être capable d'avoir chaud. Il finit sa dernière gorgée de café d'une traite et regarde où en est Aria... Il a un peu d'avance alors il patiente.

Une fois qu'elle a terminée, il lui enlève la tasse des mains. :

-Aller hop ! La sieste maintenant.

Il pose la deuxième tasse près de la sienne, sur la table de chevet puis se tourne vers Aria. Sans lui demander son avis, il la prend dans ses bras, elle ainsi que la couette... Ça paraît si facile maintenant. C'est tellement... bizarre... Il la passe par dessus lui avec facilité... Elle ne pèse quasiment rien. Il s'allonge au fond du lit, auprès d'elle, dans son dos. Il la serre contre lui. :

-On se repose un peu, on l'a bien mérité.

Il se redresse légèrement pour décaler une mèche rousse derrière l'oreille d'Aria et pour bien l'emmitoufler dans la couette. Puis il lui dépose un baiser sur l'oreille. :

-Et tu en as besoin... Ne t'inquiètes pas, je veille.



#   Sam 17 Déc 2016 - 19:37

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Ariana accepta le mouchoir en remerciant son ami, avant de s'essuyer le visage et de se moucher. Elle ne se sentait pas mieux, mais, quelque part, elle commençait à se calmer. La fatigue qui revenait à la charge l'anesthésiait un peu. Et puis, le ton de Nicolas lui fit un peu de peine… Comment on peut dire ça quand on n'a que seize ans ? Elle pinça les lèvres en une fine ligne rose sur son visage plus pâle. Elle n'avait jamais rien demandé à Nicolas, et elle ne le ferait sûrement jamais. Pas parce qu'elle ne voulait pas savoir, mais parce que remuer les choses ne faisaient jamais de bien à personne. De toute manière, s'il voulait en parler un jour, il le ferait... Sans doute pas à elle, sûrement pas après ça. C'est ça de vouloir jouer au plus faible, après on n'a plus l'air que d'une frêle bestiole à protéger, et on vous cache des choses juste pour ne pas que vous soyiez touchés. Mais si ça ne l'empêcherait pas de s'inquiéter, au moins, elle serait là s'il en avait besoin ; c'était ce qui comptait, pas vrai ?

—En effet... Pragmatique, lâcha-t-elle avec un semblant de sourire contrit.

Parce que l'idée de ne lui plaisait guère. Tant pis. Elle posa doucement sa main sur celle de Nicolas en lui souriant, avant d'accepter le sucre qu'il lui rapportait. Elle le remercia une fois de plus, en versa dans son café et laissa la boisson diluer la petite poudre. S'il le fallait, elle irait en cachette, il l'engueulerait un bon coup, et puis ce sera terminé… voilà.

—Si j'ai envie, monsieur Lefebvre, lança-t-elle en lui tirant la langue. Quand on pense qu'un coeur ressemble parfois à des fesses, je n'ose pas imaginer la tête que j'aurais avec !

Satisfaction. Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille et but tranquillement son café en tremblotant. Le café la réchauffe, au moins. Elle sent le sucre fondre sur sa langue, et elle ferme les yeux de satisfaction… Quand Nicolas lui enlève sa tasse et l'enroule ensuite dans sa couette, elle se retient comme elle le peux, mal à l'aise. Il y avait des jours où elle adorait le fait d'être si minuscule, quand elle se faisait déplacer par son homme... Et d'autres où ça l'insupportait, parce qu'elle se sentait tout bonnement handicapée. Une simple poupée qu'on peut déplacer à sa guise. Elle en avait connu, des gars comme ça. Qui la trimballaient parce qu'ils étaient forts et qu'elle était légère, qui la trimballaient pour un câlin, dans un sens, dans l'autre, et elle se sentait juste comme dénuée de volonté.

Nicolas était doux, lui, elle pensait même qu'il avait peur de la casser - et c'était peut-être le cas, honnêtement elle n'en savait rien, hein. Ca l'agaçait. Et en même temps, elle lui en reconnaissante. Sans doute parce qu'elle ne se sentait pas la force de quoi que ce soit.

Il se serra contre elle et elle étira un léger sourire, un peu pâle, pas très 'elle', mais suffisant à son goût. Le baiser qu'il lui dépose a le mérite de lui faire reprendre très vite des couleurs.

—Merci, Nirolas, elle reprend, avec ce petit surnom qu'elle gardait pour lui. Tu n'as plus froid ? Tu tremblais encore tout à l'heure...

Et elle s'en foutait qu'il soit un chauffage ambulant, d'abord. Elle posa ses deux mains sur celles de son ami, immenses et rugueuses.
Après quelques secondes de silence - Aria reste Aria, hein - elle reprit :

—Dis… Tu crois vraiment que je vais pouvoir me reposer après avoir pris du café ?…

Elle lâcha un rire. Il était un peu nerveux, mais foutument libérateur. Puis elle se souvint. Elle n'avait pas envie de bouger, ni de gigoter pour vérifier... Mais il lui faudrait peut-être régler sa pompe, là, tout de suite.

Elle ferma juste les yeux, en se disant qu'au pire, tant pis. Elle n'était plus à ça près. Et elle ne pouvait pas faire un malaise avec le peu de quantité de sucre qu'elle avait ingéré. Comme elle ne savait pas quoi dire de plus, elle se laissa doucement aller.



HRP : Bon voilà, elle parle pas des masses, si tu as pas assez pour répondre dis-le moi ; sinon, on peut toujours arrêter le RP ici, ou reprendre quand elle ressort de sa mini sieste, c'est comme tu le sens !


S'émerveille en #E7654D

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