Terrae, Une nouvelle ère commence...

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“La seule différence entre un fou rire et un rire fou, c’est la camisole !”
#   Sam 31 Déc 2016 - 17:31

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Lauren Bousfield - Two Swans Duct Taped To The Side Of The Coke Machine

Wrath

L
a douleur, diffuse, prenante, entêtant, cloisonnée dans une boîte. Un gémissement, un mouvement, restreint. Le sol est étrange, le mur aussi, moue, dur, incertain. Samaël Lovecraft ouvre les yeux, aveuglé par la couleur immaculée des lieux. La souffrance se réveille, il referme les yeux, cherchant à la faire partir de sa tête. Il cherche à comprendre, il se souvient : le coup. Il rouvre les paupières, cherchant à s’habituer à la lumière agressive pour ses rétines nocturnes. Une pièce, exiguë, blanche, trop blanche, une sortie, une porte, close. Il est enfermé. Il essaye de se relever, mais échoue, ses bras entravés. Il est attaché. Il réussit à se redresser, dans l’incompréhension sur un lit simple, ne comprenant pas où il se trouve, pourquoi.
Un bruit se verrou se fait entendre, la sortie s’ouvre, comme si elle répondait à sa volonté et un homme, de forte carrure, fait son entrée. Il a un mouvement de retrait.
─ Enfin réveiller, belle aux bois dormants ? Lance-t-il avec cynisme. On t’apporte à manger, tâches de te tenir tranquille.
Le garçon n’écoute pas, pris d’un soudain instinct de fuite, il braque son regard sur lui, le regardant dans les yeux avec toute l’envie de tuer qu’il a au fond de lui. Mais l’homme ne réagit pas, il semble habitué à ce genre de regard, c’était la première fois que Samaël se confronte à ça. Cela le déroute, mais il n’abandonne pas son idée de fuite. Se levant d’un coup, le cannibale saute sur l’homme pour tenter de le mordre à la gorge, mais il se fait violemment rejeter contre un de mur molletonné, retombant lourdement sur le sol dur.
─ Et bah, ce n’est pas un nouveau patient qu’on a recueilli, c’est une bête sauvage !
Samaël se relève, faisant fi de la douleur du coup et recommence à l’attaquer malgré ses entraves. L’homme recule, sortant de la pièce et ferme la rigide porte au nez de l’agressif qui s’écrase lourdement dessus avant de la frapper, la griffer, hurlant dessus avant de finalement s’épuiser dessus et renoncer, pour le moment. Il se tourne vers le plateau-repas laissé par l’homme, le frappant avec violence du pied pour qu’il s’explose contre le mur.
Et un jeu malsain se créa entre lui et ses geôliers, dont il apprit la fonction d’infirmier. Samaël tournait dans sa cellule comme un lion en cage, cherchant comment s’en prendre à la prochaine personne qui ouvrirait la porte. Aucune rencontre ne se passait sans combat et cri, le fou refusant de rester calme. Ce ne fut que lorsqu’il réussit enfin à attraper sa proie et à la mordre profondément qu’ils finirent par lui mettre une muselière. Mais cela ne l’empêchait pas de se débattre pour autant.

Aujourd’hui, le docteur Corinne Ruault doit voir un nouveau patient arrivé dans l’aile psychiatrique de l’hôpital. Il a été interné pour agression et autres déviances il y a deux jours. Elle parcourt le dossier qu’elle a sur lui, les faits depuis l’incident jusqu’à maintenant ainsi que les conditions dans lesquelles il avait été trouvé avant de venir à Terrae. Elle fut horrifiée, se demandant comment on avait pu lâcher cette personne en pleine nature sans aucun suivi, comme beaucoup d’autres d’ailleurs.
Avant sa visite, Ruault avait demandé aux infirmiers de lui administrer un sédatif pour qu’il reste calme le temps de la consultation mais puisse tout de même parler. Elle ferma son dossier lorsqu’elle se trouva devant la porte numéro trente-deux ; entra et le garde ferma derrière elle. Elle regarda la pièce, munie d’un lit dont les lattes avaient été arrachées avec rage, sur les murs des signes qui n’avaient rien de chrétien et de l’autre côté, un bureau, sous lequel une couette était roulée en boule. Elle attrapa la chaine renversée dans un coin et la place au milieu de la pièce, en face du bureau avant de s’assoir dessus.
─ Lovecraft ? Demande-t-elle en fixant la boule blanche. Je suis le docteur Corinne Ruault, je suis là pour discuter avec toi.
La couverture se redressa difficilement, glissant sur les épaules de Samaël qui révéla son visage au psychiatre. Elle fut surprise ; on lui avait dit qu’il devait avoir dans les vingt avants, mais il avait l’air d’en faire cinq de moins. Même physiquement on voyait que quelque chose n’allait pas avec ce garçon, et puis ces yeux, il la regardait droit dans les yeux et malgré la fatigue apparente due aux médicaments le rendant inoffensif, elle se sentit mal à l’aise, oppressé mais en même temps infiniment triste.
─ Pourquoi tu dors là ? Tu as un lit pourtant.
Samaël se laisse tomber contre le mur, n’ayant pas la force de rester droit. Il avait toujours son masque et Ruault râla intérieurement, ils auraient pu lui enlever, vu son état actuel il aurait bien du mal à se montrer physiquement agressif.
─ Un… lit ? Répondit-il doucement.
Elle nota, il ne semblait pas vraiment savoir de quoi elle parlait. La psychiatre ne savait pas le passé du jeune homme, mais si déjà il dormait comme un animal depuis son plus jeune âge, ce n’était pas une bonne chose. Elle essaya de lui demander s’il voulait parler, cherchant à ce qu’il s’exprime de lui-même, mais il ne semblait pas enclin à la conversation. Il était même très renfermé, la regardant rarement dans les yeux. Parfois il ouvrait la bouche pour dire des choses sans aucun sens, semblant même parler à quelqu’un d’autre. Ce n’était pas les sédatifs qui le faisait délirer, le docteur en était certaine et cela l’inquiétait amèrement. Puis au bout d’un moment, elle finit par lui poser la question.
─ Pourquoi as-tu mordu ton camarade ?
Elle usait de litote pour ne pas le brusquer, mais ce qu’il avait fait été loin d’être une morsure. Samaël leva les yeux vers elle, et d’une sincérité effrayante il lui répondit simplement :
─ Nous avions faim.
La réponse était aussi étrange que sa formulation, mais la psychiatre comprit rapidement la situation et le cas difficile qui se trouvait devant elle. Elle se leva, regardant les signes qu’avait tracés le patient sur le sol. Elle chercherait à faire un lien avec tout cela, mais il était l’heure de mettre fin à la séance. Elle sortit donc de la cellule, Samaël la suivant du regard avant de disparaitre sous les couvertures.

Au fil de ses recherches, le docteur Corinne Ruault découvrit d’où provenaienxt les symboles que son patient dessiné partout dans sa chambre. Elle l’avait même surpris plusieurs fois à être très calme, comme priant et à certain rendez-vous avait remarqué qu’il s’était mutilé, obligeant de le déplacer en soin pour le soigner et à lui laisser la camisole même lorsqu’il était seul. Il ne lui fallut pas longtemps avant comprendre que Lovecraft avait vécu dans une secte et pas dans les meilleures conditions qu’il soit. Même s’il s’exprimait peu, la psychiatre arrivait à lire en lui rien qu’en le regardant. Samaël n’avait pas dû grandir comme un enfant normal, certaines choses ignobles pour certain lui semblait tout à fait normal, et inversement. On pourrait penser qu’il a souffert, mais quand on n’a pas connu autre chose, ce n’est qu’un quotidien. Consciemment, il ne souffre pas, mais inconsciemment, le garçon est totalement détruit. Il est totalement détaché de la réalité, entend des choses qui n’ont pas lieu, à parfois des crises de violence sans aucune raison ou se renferme à la limite de l’autisme. De plus, il est comme un chien battu qui doit réapprendre à vivre. Corinne soupira, ça allait être long de recoller ce vase cassé.
Alors qu’elle s’adossait à sa chaise, un infirmier entra en trombe dans son bureau.
─ Docteur ! Un truc ne va pas avec le patient de la chambre 39, faut que vous veniez.
Elle se leva d’un bond, délaissant ses dossiers ouverts sur le bureau pour le suivre. Elle entra rapidement dans la pièce, un autre infirmier était à côté de lui alors qu’il gisait immobile au centre de la pièce. De là où elle était-il semblé à peine respirer.
─ Ne lui enlevez pas la muselière ! S’exclama-t-elle alors qu’il allait détacher les sangles.
Au fil des séances elle avait bien compris que malgré son mental, il pouvait se montrer terriblement fourbe. Elle se rapprocha de lui, il semblait réellement endormi. Elle toucha son pouls et eut un léger sursaut : il était vraiment bas.
─ Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Demanda-t-elle.
─ Je faisais ma ronde comme d’habitude, dit l’infirmier gardien qui était venu la chercher. Quand j’ai entendu un grand boum venant de sa chambre et je l’ai trouvé effondré.
─ Il a fait un malaise. Vous lui donnez bien les bonnes doses pour son traitement ?
Il lui décrit exactement ce qu’ils lui donnaient et cela correspondait aux prescriptions, ce n’était donc pas ça le problème. C’était étrange, on ne fait pas un malaise comme ça sans raison. La jeune femme porta ensuite son regard sur Samaël avant de rajouter.
─ … il mange ?
Il eut comme un blanc, avant que l’homme à côté d’elle réponde.
─ Comme il est attaché on le fait manger mais…
─ … mais ?
─ Il refuse, il recrache tout et quand on le force à avaler il finit par tout vomir.
Silence.
─ Donc vous venez de me dire que ça fait une semaine qu’il ne mange pas et personne ne m’a prévenu !?
─ On ne pensait pas que c’était important. On s’est dit qu’à force, il aurait faim et finirait par manger.
─ C’est un cannibale ! S’il a faim c’est vous qu’il bouffe bande de crétins !!
Les deux hommes déglutissent. Bien qu’elle l’eût marqué dans son rapport, la psychiatre ne l’avait pas vraiment officialisé. Après quelques remontrances, elle fit déplacer Samaël en soin pour le mettre sous perfusion, le temps qu’il se remette et trouver une solution à ce problème d’alimentation.

Quelques jours plus tard, Samaël avait retrouvé sa chambre. Il était devenu plus calme et resté la plupart de ses journées sous le bureau. Le docteur Ruault entra dans la cellule et s’assit cette fois par terre, devant lui. Il leva la tête, la saluant du regard, il s’était habitué à ses visites quotidiennes qu’il appréciait de plus en plus. La seule presque amicale, les infirmiers étant souvent brusques avec lui à cause de ce qu’il avait pu faire au début de son internement. Elle posa un tupperware devant elle.
─ Aujourd’hui, c’est moi qui vais te faire manger.
Il se recroquevilla, mais très enclin à avaler quelque chose d’ici.
─ Ne t’inquiète pas, c’est de la viande que tu aimes, j’ai réussi à m’en procurer. Par contre je ne savais pas si tu aimais cru ou cuit alors je t’ai amené les deux.
Elle mentait, ce n’était en rien de la chair humaine, mais du veau préparé de telle façon que ça s’en rapprochait. Une sorte de substitut dont elle espérait que Lovecraft accepterait de manger. Il avait l’air un peu plus curieux cette fois et finit par accepter de goûter. Il commença par la viande cru, habitué puis goûta l’autre qu’il aimait aussi. Au final, il finit le tupperware à la grande surprise du psychiatre. Quand on lui donnait ce qu’il voulait, il avait plutôt bon appétit. Après, elle lui fit avaler quelques compléments alimentaires pour éviter les carences, faisant passer ça pour des médicaments. Et après une petite séance de discussion, repartit.
Jour après jour, elle venait lui donner à manger, et le garçon avait l’air de mieux en mieux, aussi bien physiquement que mentalement. Il semblait plus ouvert et calme. Il finit par manger que la nourriture cuite, Corinne réussissant à lui faire comprendre que c’était plus sain. Arriva même un moment où elle le détacha en sa présence et sous surveillance de deux gardiens pour qu’il se nourrisse tout seul. Et cela se passa très bien. Puis au bout d’un mois, elle finit par lui avouer que ce qu’il mangeait n’était pas ce qu’il croyait. Il se braqua au début, mais quand il remarqua que ça ne l’avait ni rendu malade, ni empoisonné comme il le pensait, il l’accepta. Elle tenta donc de lui faire manger autre chose mais ce fut un échec cuisant. Mais le plus dur était tout de même passé. Elle avait réussi à créer une relation de confiance avec l’animal sauvage. Il lui mangeait dans la main sans tenter de lui mordre les doigts.

Mais c’était loin d’être terminé. A peine l’avait-elle laissé libre de ses mouvements qu’il se remettait à se mutiler. Il semblait très attaché à ses croyances occultes et malgré les séances de psychanalyse, elle n’arrivait pas à l’en détacher. Il n’était plus vraiment un danger pour les autres, elle le laissait même sortir de sa chambre, sous étroite surveillance, pour se promener dans l’aile psychiatrique avec les autres patients et en deux semaines il n’y a eu aucun problème de sa part, mais il restait un véritable danger pour lui-même. Tout ce qu’il ne faisait pas sur les autres, il se l’infligeait et elle le retrouvait souvent en soin pour diverses raisons, pour une coupure ou pour plus grave encore. Corinne tentait de lui faire comprendre qu’il ne devait pas faire ça, mais rien n’y faisait et parfois, la situation s’aggravait. Il se faisait de plus en plus de mal, et elle finit par comprendre qu’il était comme un animal stressé en cage qui s’arrachait la fourrure.
Elle le garda cependant encore un temps pour être sûr avant de prendre la décision de lui rendre une sorte de liberté. S’il prenait bien ses médicaments, il restait relativement stable et sortable, elle signa donc pour sa sortie de l’hôpital, mais il n’avait pas le droit de sortir de Terrae sans son accord. Il devait aussi revenir le soir pour une séance avec elle, prendre ses médicaments, manger et dormir, étant hors de question qu’il retourne dans les dortoirs avec les autres. Samaël était donc en liberté conditionnée. Le docteur Ruault attendait aussi de savoir quel pouvoir résidait en lui pour savoir si cela pourrait lui apporter quelque chose de bénéfique et si elle juge qu’il pouvait être dangereux avec, demander aux masters de lui retirer.


« Un cannibale est un homme qui aime son prochain avec de la sauce. »
 

“La seule différence entre un fou rire et un rire fou, c’est la camisole !”

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