Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Ils ne peuvent juste pas comprendre. (Pv : Aaron)
Dim 5 Fév 2017 - 18:10
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Le verdict s'abattit sur moi comme une fatalité. Je n'osais pas relever la tête, au risque de croiser l'un de leurs regards. Je m'étais nettement radoucie, l'air de rien. Autrefois, j'aurais explosé et j'aurais tout foutu en l'air, comme Nikkou avait manqué de le faire. Et là, rien. Je ne fis rien.
Pas un mot ne franchit la barrière de mes lèvres. Je m'y attendais. C'était triste, mais je m'y attendais. J'avais simplement refusé d'y croire. Parce que ça me faisait mal. Ca me faisait mal de me souvenir de tout ça, de me rappeler que j'avais été l'un de leur cobaye, que ce foutu code-barre sur mon épaule ne s'enlèverait jamais. Et je réalisais également que ce qui m'énervait le plus, c'était que ça, j'allais devoir en parler. Parce qu'on allait tous y avoir droit, à notre visite chez le psychologue. Et je ne voulais pas que ces gens le sachent, je ne voulais pas qu'ils m'analysent, c'était ma vie, mon histoire, mon passé. Personne n'avait besoin de savoir. Je m'en étais très bien sortie sans eux, alors pourquoi est-ce qu'ils devaient venir ?

Je finis par me lever, sans un mot. Aoi esquissa un mouvement dans ma direction, mais je n'entendis même pas ses paroles, retirai sa main de mon poignet d'un geste sec. Pas maintenant. Je ne pouvais pas t'écouter maintenant... Tu avais sans doute raison, tu avais fait le bon choix, comme toujours, tu fais toujours le bon choix. Mais je n'étais juste pas prête.

J'ai explosé avec un missile il y a deux ans à cause de ces "personnes venues de l'extérieur". Je n'étais pas prête à retenter l'expérience. Pas maintenant. Même si le temps avait passé. Je n'avais jamais considéré cette idée. Je n'avais pas pu m'y préparer.

- Tu m'en files une ?
demandai-je en arrivant derrière Aaron.

L'air frais balaya mon visage. C'était agréable. Malgré mon coeur serré, je m'avançai vers lui et vins appuyer mes bras sur le bord du muret, à côté de lui.

-Ils ne peuvent pas comprendre...
soufflai-je. Ils n'ont pas vécu ce qu'on a vécu.

Des flashs de ma mission, lorsque j'avais dû secourir Aaron me revinrent en tête. Ils n'avaient pas vécu ça. Ils ne pouvaient pas savoir. Ces images ne les hantaient pas. Elles ne les avaient jamais hantés. Ils les avaient seulement imaginé un jour. Et entre imaginer et vivre, il y a une sacrée marge.
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Dernière édition par Mitsuki Hojitake le Dim 5 Fév 2017 - 18:51, édité 1 fois
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Fuck. Fuck. Fuck. J'arrive enfin à m'allumer ma clope, et inspire une bouffée comme si je n'arrivais à respirer que par ce biais. J'essaie de penser à autre chose, aux lumières qui s'allument dans Terrae, en contrebas, mais j'ai du mal. J'ai le coeur qui bat à mes tempes, et j'essaie de faire en sorte que mes palpitations s'arrêtent. J'suis con, hein ?

L'énergie de Mitsuki se fait sentir dans mon dos avant que je ne l'entende ouvrir la porte du toit à son tour. Elle se contente de me rejoindre et de me demander une clope. Je lui en tends une sans la regarder, le regard perdu dans le vague, les yeux vaguement humides. Je me sens mal. Je sais qu'on n'avait pas le choix, mais je me sens mal quand même. Parfois, il faut savoir prendre des risques. Mais j'suis pas prêt pour ça, pas encore.

—Je sais, je lâche simplement, la voix un peu bloquée.

Je joue nerveusement avec mon briquet, le tapotant par intermittence contre le muret. J'ose pas la regarder. Elle m'a déjà vu dans un bien pire état, pour sûr ; mais là, j'avais juste besoin de me montrer plus fort que je l'étais. Au moins de me le faire croire.

—C'était la meilleure décision à prendre, j'essaie de me convaincre.

Et j'ai envie de vomir en disant ça. J'suis... En colère. Triste. Perdu. Je sais que j'ai pas le droit de me laisser guider par mes sentiments, mais bon. Piu dirait que jfais ça soixante-dix pourcent du temps. Hideko m'a déjà dit que c'était ce qui faisait de moi un bon Master, mais aussi un Master casse-couille et intenable. Je me passe une main sur le visage, me penchant contre la barrière. Mes yeux sont fermés si fort que j'ai l'impression de me faire mal.

—On a pas le droit de leur en vouloir, hein ?
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Dim 5 Fév 2017 - 19:08
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Je ne répondis rien, pas pour l'instant du moins. Profiter de l'air frais me faisait du bien, même si ça n'enlevait rien. Nous avions mal tous les deux, je le savais. Parce que nous partagions beaucoup, nous partagions nos propres expériences. Il m'avait sauvé, j'avais tenté d'en faire de même. Nous avions partagé ces douleurs atroces. Nous l'avions subi... Nous savions.

Je fixai inlassablement le manège de mes doigts sur la cigarette qu'il m'avait donné, la tournant ici et là, comme les adolescents s'amusent à le faire avec leurs stylos en cours. Mes lèvres s'ouvrirent mais aucun son n'en sortit. On ne pouvait pas leur en vouloir, non. Mais c'était dur. Là, maintenant, tout de suite, c'était terriblement dur.

-Tomoe a voulu te rejoindre, je crois. Mais j'ai préféré venir. J'avais besoin d'air frais, et puis... Je ne voulais pas être seule. Pas maintenant.


Je serrai la cigarette entre mes lèvres, et empruntai son briquet à Aaron avant de le lui rendre. Un autre jour que celui-ci, j'aurais probablement pensé que la vue que nous avions du toit de Terrae était magnifique. Aujourd'hui, pourtant, elle me semblait froide, distante. Terrae ne m'avait jamais paru si sombre.

J'expulsai la fumée de mes poumons dans un soupir las. Que dire de plus ? Nous avions subi. Et là, même si c'était le mieux, même si c'était ce qu'il fallait faire... Cette décision qui avait été prise, nous la subissions aussi.

-J'aurais aimé me porter volontaire pour les entretiens. Mais je crois que je n'en serais jamais capable. Pourtant quitte à être obligés d'accueillir des gens... Ca aurait été bien de les voir, et de participer à leur acceptation ou non au sein de l'Institut.

Je sentis mes muscles se crisper et un sourire désabusé, nerveux, étira le coin de mes lèvres.

-C'est vraiment une journée de merde.
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Dim 5 Fév 2017 - 19:31
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Tomoe... Ouais, je l'avais bien vue. Mais j'aurais pas voulu lui parler, pas là, pas maintenant. Y a beaucoup de gens qui disent que j'suis une drama queen, et même pendant la réunion, j'ai bien vu que c'est ce qu'ils pensaient tous. Elle aussi, sûrement, un petit peu, même si elle est trop gentille pour l'admettre. Trop gentille pour s'en rendre compte. Même si elle s'inquiétait, ça ne changeait rien. Je ferme juste les yeux en respirant à travers la clope, et soufflant la fumée par la suite. Je savais pas que Mitsu fumait. À mon avis, elle le fait que parce qu'elle a besoin de s'occuper, là.

J'acquiesce. Moi non plus, je ne veux pas être seul. J'appuie doucement mon épaule contre la sienne pour lui signifier que j'suis là, malgré ma présence fantomatique. J'comprends qu'elle se sente pas capable.

—Ouais. Journée de merde.

Un soupir. Je tripote le briquet que m'a rendu Mitsuki, regarde ma clope se consumer un instant.

—J'pensais que je pourrais tourner la page, tu vois. Avec tout ce que je faisais avant, je veux dire. La surveillance, les recherches, les dossiers. J'avais laissé tomber pendant un moment.

Un moment, je laisse le silence s'étirer.

—Là j'sais que je vais me retrouver de nouveau planté sur l'ordi pendant des heures... Ca m'épuise déjà… je grince en me passant une main dans les cheveux.

Puis je lève les yeux vers Mitsuki.

—Tu devrais peut-être te porter volontaire pour les entretiens tout de même. Pas tous. Mais au moins quelques-uns, pour être là.

Je lève les yeux vers le ciel, déjà bien sombre. Heureusement, la lune nous éclaire un peu. Elle paraît briller tellement fort dans la nuit.

—Ils sont pas tous mauvais. On l'sait tous les deux. Alors nous en assurer… ce sera peut-être mieux... Pas pour Terrae, mais pour nous ?

J'ai la gorge qui se serre. Ma main s'abat sur mon front alors que j'essaie de contenir le tourbillon qui s'agite dans mes yeux et ma poitrine.

—Je comprends pas pourquoi Tomoe a dit oui… je souffle.

En fait, si, je comprends. Mais ça me tue de l'admettre. Tomoe a toujours été plus forte que moi, de toute manière. Mais elle, et Gaetano... Ne sont-ils pas censés être loyaux ?...
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Dim 5 Fév 2017 - 19:47
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La présence d'Aaron à mes côtés avait au moins le mérite de me réconforter. Au moins un peu. J'étais pas toute seule dans ma détresse.
Sentir son épaule contre la mienne me dénoua l'estomac, au moins un peu. Tantôt je l'écoutais parler, tantôt j'appréciais le silence. C'était une ambiance bien étrange qui flottait là.

Ses conseils me prirent un peu de court, même si c'était d'une certaine façon ce que j'attendais. Mais pas de lui. Je ne pensais pas qu'il aurait pu... m'encourager. Parce que c'était douloureux. Et il le savait. Mais il savait aussi que parfois, ce n'est que par le mal qu'on guérit le mal...

Je levai à mon tour mes yeux dans sa direction, ancrant mon regard dans le sien. J'avais l'impression d'être face à un miroir. C'était assez rare, qu'Aaron et moi partagions le même sentiment, à ce point-là du moins. C'était dommage que ça n'arrive que dans ce genre de situation.

-Parce qu'elle a choisi de faire ce qu'il fallait faire. Tu le sais, tu l'as dit : c'est pas tous des cons, ceux qui sont à l'extérieur.


Je baissai à nouveau le regard, regardai devant moi, puis regardai ma cigarette qui se consumait à une vitesse folle. Déjà. J'aurais sans doute eu besoin d'un peu plus de nicotine, ce soir.

-J'essaierai. Si je parviens à m'en convaincre, j'essaierai d'y assister. De participer. Pour moi. Pour nous.


Ma voix s'étrangla dans ma gorge et je serrai les dents. Je fermai mes yeux, durement, même si espérer que tout ceci ne soit qu'un mauvais rêve était bien irréaliste.

-J'ai pas envie que l'un d'eux... Qu'une de ces personnes, dont on ne connait rien, tente de m'analyser. Qu'ils fassent un bilan psychologique, ou peu importe comment ils appellent ça...

Je tirai sur ma clope. J'aurais tant aimé qu'à chaque bouffée de fumée, chaque minute de cette réunion disparaisse de mon esprit.

-Vous vivez ensemble avec Gaetano maintenant,non ?


J'aurais tellement aimé rentrer avec lui, ce soir. Ne pas être seule, pouvoir rester avec cette personne qui me comprend, la seule ici, apparemment. Aoi vivait encore chez moi, même si j'ignorais ce qui allait se passer maintenant qu'Huo savait qu'elle était ici. Et Ys... Ys, je n'avais tellement pas envie de le déranger avec ça. Il n'en avait pas besoin. S'il était au courant, il s'énerverait. Je n'avais pas envie de briser ce que nous avions. Il ne méritait pas d'être mêlé à ça.
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Dim 5 Fév 2017 - 20:02
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Le contact avec Mitsu semble ouvrir beaucoup de valves. Les miennes, comme les siennes. Je ne sais pas si elle ressent ce que je ressens, ou si c'est l'inverse. Les deux à la fois. C'est un peu comme quelque chose qui fluctue. Qui va et qui vient. Comme une vague sur la berge. On serait un peu comme le même bout de plage... Se contentant de recevoir sur notre flanc le même bout de mer.

Elle a choisi de faire ce qu'il fallait faire. Ah... Ouais. Sûrement. C'est vrai. Tout le monde l'avait pu. Même Tomoe. Surtout Tomoe. Je comprends pas. Je me souviens à quel point on était mal. Je crois que Mitsu ne le sait pas. Je ne sais pas si c'est une idée de lui dire. Mais je crois que j'en ai besoin.

—Pourtant ça lui est arrivé, à elle aussi, soufflé-je.

Elle m'en voudrait pour avoir lâché le morceau. Personne ne savait, pour Tomoe. Pour rien, en fait, à son propos. Elle est juste tellement douce, tellement gentille, elle ne laisse rien échapper, jamais. Elle préfère penser aux choses positives.

Avec un soupir, j'acquiesçai légèrement. "Pour nous." C'est étrange de dire ça, mais c'est comme ça qu'on le ressent tous les deux. Je dépose ma main sur son bras doucement. J'aimerais pouvoir lui transmettre un peu d'apaisement, mais j'en suis totalement incapable.

—On peut aller voir notre psy actuelle. C'est ce que je ferai. Je les laisserai pas fouiller dans ma tête.

Norah me l'avait déjà proposé. En fait, techniquement, j'ai déjà un rendez-vous. J'avais pas envie d'y aller, mais je crois que ça va devoir se faire. Pas pour cette question d'obliger tout le monde à y aller. Simplement pour moi.

La question de Mitsuki me ramène sur terre un instant. Je lève les yeux vers elle, troublé. Ma bouche s'assèche et je me souviens de sa main sur la mienne, encore tremblante, tout à l'heure. De sa main qui restait sur la mienne pendant qu'il prononçait des mots qui me trahissaient, avec cette précaution mais cette sincérité qui lui est propre.

—Ouais…

La chose me heurte presque. J'ai la gorge qui se serre.

—Je veux pas rentrer... Je veux pas le voir.

Mes deux paumes s'appuient sur mes yeux, alors que je retiens un sanglot. Je suis nul. Je suis tellement nul. Ca devrait être à moi de la réconforter, de faire quelque chose.

—J'suis désolé... Je suis juste un incapable… j'articule difficilement.

Pourquoi elles sont toutes si fortes ?...
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Dim 5 Fév 2017 - 20:22
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Sans tourner la tête, mes yeux se plantèrent sur le visage d'Aaron, qui gardait le regard rivé sur Terrae, comme si tout ce qui était en dessous de nous à cet instant était perdu dans le brouillard. Elle aussi, ça lui était arrivé ? Je mis un peu de temps à comprendre, sûrement parce que je ne voulais pas comprendre. Pourquoi avait-elle accepté alors ? Comment avait-elle pu le faire ? Comment avait-elle pu surmonter ça ?

Je ne dis pas que nous ne l'avions pas fait. Aaron et moi, nous continuions à vivre, la directrice aussi. Nous avions avancé, nous avions dépassé ça. Parce que c'était resté dans un coin de notre esprit, et que le laisser prendre plus d'importance, c'était leur donner l'opportunité de gagner, à ces ordures. Mais pourtant, c'était aussi normal, c'était naturel : lorsque le sujet était abordé, c'était plus fort que nous, et on ne pouvait pas raisonner convenablement. C'était normal. C'était humain.

Alors comment ? Comment avait-elle fait pour surmonter ça ? Pour ne plus se laisser atteindre, pour ne plus être touchée par ce qui lui était arrivé ? Etait-elle si forte ?

Oui... Oui, elle était si forte. Elle avait franchi la dernière marche que nous n'avions pas encore osé passer, elle avait simplement tiré un trait dessus, réussi à faire la part des choses. Elle avait surmonté ses cauchemars. Elle leur avait trouvé une happy ending.

Quand on la regardait, tout semblait si simple, si facile. On ne pouvait pas voir à quel point elle était forte. On ne pouvait pas le comprendre, à moins d'avoir vécu ce qu'elle avait vécu. Et, peut-être que pour une fois c'était une "chance", car je l'avais vécu, et je réalisais alors que Tomoe était certainement la femme la plus puissante de Terrae. En même temps, si quelqu'un avait pris un jour le temps d'y réfléchir, c'était logique. Comment une autre affinité que celle de l'eau aurait pu être aussi puissante ? Ce sont les plus réfléchi. Ceux qui voient tout. Ceux qui savent tout. Ceux qui sont destinés à nous guider, nous, pauvres idiots de Tonnerres, ou de Feux, qui agissons souvent sans vraiment réfléchir.

-C'est une bonne idée. Je ferais ça aussi, je pense...


Si j'y arrive. C'est toujours plus facile à dire qu'à faire.
Ma question blessa Aaron. Je savais qu'elle allait le faire. Parce que je me souvenais de cette main levée, peut-être hésitante, peut-être réticente, mais levée.

-Je veux pas rentrer non plus,
me contentai-je de répondre.

Je n'osais pas l'approcher ; je n'osais pas le toucher non plus. Je me contentais de partager ses sentiments, qu'il extériorisait plus qu'il n'avait l'habitude de le faire. Je crois que la dernière fois que j'avais ressenti l'aura de son pouvoir, nous étions dans l'arène, et j'étais en plein combat pour prouver que je méritais de devenir Master. Ca datait.

-Aoi est chez moi en ce moment. Je sais pas si elle va dormir à la maison ce soir, mais dans le doute... J'ai pas envie de rentrer. J'y arriverais pas. Pas ce soir.

Même si elle n'était pas là. Rien que voir ses affaires, son gel douche, ses vêtements, sentir son odeur qui s'était peu à peu répandue dans ma maison... Juste ça, ça risquait de me mettre hors de moi.

Ce n'était pas au même niveau. Nous aimions tous les deux cette personne qui était avec nous en ce moment, mais à un niveau différent. C'était ma meilleure amie ; c'était l'homme de sa vie.

Je sentis mes yeux s'humidifier, sans doute le contre-coup de la réunion, ou bien l'aura d'Aaron qui commençait à avoir trop d'effet sur moi. Je n'étais pas suffisamment forte pour la repousser, et lui pas suffisamment pour l'empêcher de m'envahir.

Maladroitement, ma main vint prendre l'une des siennes qu'il avait appuyé contre ses yeux. Je la serrai fermement, bien que tremblante, espérant sans doute que ce contact allait m'aider à faire passer ça.

-On peut rester ensemble cette nuit ? Quitte à ne pas rentrer chez nous tous les deux...


Une larme roula sur ma joue. C'était douloureux de ne pas avoir sa place chez soi.
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Dim 5 Fév 2017 - 21:43
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C'est clair, j'aurais pas dû lui dire. Ca amène plus d'incompréhension, plus de questions que de réponses. Et on se sent encore plus misérables tous les deux. On est tellement cons... Tellement bêtes... Tellement inutiles. Je veux pas entrer dans des considérations métaphysiques, mais est-ce qu'on sert vraiment à quelque chose, du moment qu'on n'est plus capable d'agir avec discernement ? Mitsuki, elle, fabrique des choses utiles. Mais moi je fais quoi, j'enseigne les maths comme n'importe qui d'autre pourrait le faire ? C'est quoi, ça, comme niveau d'utilité ? J'ai envie de garder ma tête entre mes mains.

Encore plus quand elle parle de tout ça.

Pourquoi c'est si difficile ? Je suis un gamin, ou quoi ? Est-ce que je devrais pas rentrer et lui faire face, simplement lui dire "Je sais que tu as fait ton travail et ce qui était le mieux pour toi, mais j'ai envie de vomir rien qu'à repenser au fait que tu aies levé la main sans me glisser un regard". J'appuie plus fort mes paumes contre mes yeux pour m'empêcher de pleurer. Je ne veux plus avoir mal, je veux juste pouvoir être heureux. Pourquoi on peut pas être heureux ? Est-ce qu'on arrivera à être heureux ? Je suis vraiment une merde.

J'acquiesce pas vraiment, j'ai pas envie de bouger, mais ça m'empêche pas d'le faire dans ma tête. J'comprends ça. Je sais pas quoi lui dire, tout d'abord. On reste silencieux tous les deux, silencieux dans notre douleur et dans notre colère.

Puis sa main vient se glisser dans la mienne, presque délicatement, avant qu'elle ne la serre avec force. J'éloigne mes paumes de mon visage, les yeux humides, et l'observe se mettre à pleurer sans savoir quoi faire. Je serre sa main à mon tour et acquiesce, la gorge serrée.

—Ouais. Je sais où on peut aller. Mais c'est pas à Terrae… On sera tranquilles.

Franchement, j'hésite un peu. Y a que Gae qui est venu là-bas depuis que Cassy a déménagé, et encore, je l'avais pas autorisé à m'y rejoindre. Je soupire un peu et fouille dans mon portable.

—Attends deux secondes.

J'envoie un message à Gaetano. Il est court, mais j'pense qu'il en dit assez.
"Je rentrerai pas ce soir.
... Désolé. T'inquiète pas pour moi. Je suis pas tout seul."


Puis je range le téléphone et me frotte les yeux. Les relève vers Mitsuki. On échange un petit regard et elle me tend finalement un petit cristal, suffisant pour un aller-retour, je pense. Je l'attrape délicatement et lui tend la main pour qu'elle l'attrape.

Une fois fait, je nous téléporte à Boston.

L'appartement sent un peu la poussière comme je ne suis pas repassé depuis plusieurs semaines. Y a quelques meubles dans le salon, des bouquins sur les étagères et une petite télé. Ici, c'est le début de la matinée. Il doit être cinq ou six heures, du coup le jour se lève tranquillement dehors. Suffisamment pour qu'il y ait un peu de lumière, mais pas encore tout à fait. J'allume le luminaire et lui montre le canapé, pour qu'elle puisse s'y installer si elle veut. En attendant, je vais ouvrir la fenêtre pour aérer un peu.

—C'est mon ancien chez-moi, je lâche simplement.

Ça fait bizarre de ramener quelqu'un ici.
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Lun 6 Fév 2017 - 22:08
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Pas à Terrae ? Ca me va très bien. Prendre un peu de recul, s'isoler, rester tous les deux et partager. Plus j'étais loin d'ici, mieux je me portais ; ce soir en tout cas. Si on allait ailleurs, on risquait de croiser des gens, et j'avais envie de tout sauf de ça.

Je préparai un cristal pour Aaron. Je le vis prendre son téléphone ; sans doute un message pour Gaetano ? Ce fut la conclusion logique que j'en tirais... Il n'allait pas rentrer cette nuit. J'aurais pu en faire de même, mais je n'eus pas le courage. Je n'avais de toute façon rien prévu avec Ys, et Aoi allait certainement être occupée... Huo venait d'apprendre qu'elle lui avait menti. Elle avait d'autres chats à fouetter. Et puis, de toute façon, je n'avais pas envie de lui écrire. Pas maintenant, pas ce soir.

J'attendis donc qu'Aaron cesse de tapoter sur son téléphone. Je lui tendis mon cristal, essuyant assez maladroitement une larme sur ma joue. Je commençai à me calmer un peu... C'était déjà bon signe, non ?

On débarqua dans un lieu un peu sombre, poussiéreux. Je tournai la tête vers Aaron qui m'indiqua le canapé avant de se diriger vers la fenêtre. Je partis m'asseoir, et pris un instant pour observer les lieux. C'était un peu sombre encore, le jour se levant seulement. La pièce était sans vie, soulignant l'absence de son locataire entre ses murs. Pourtant, je ne pus m'empêcher de noter que c'était encore meublé... Encore un peu. A vrai dire, j'étais surprise d'y trouver autant de choses, et surtout, personne d'autre à l'intérieur. Aaron n'avait jamais rendu son appartement ? Ou bien était-il propriétaire... Après tout, tout était possible.

Je levai les yeux vers lui alors qu'il prenait la parole. Un mince sourire, tremblant, étira mes lèvres.

-C'est la première fois que je viens aux Etats-Unis,
soufflai-je.

Un rictus m'échappa, et je me laissai tomber contre le dossier du canapé.

-C'est marrant, j'aurais jamais pensé que la première fois que je viendrais dans ce pays, ce serait pour aller chez toi.


Je fermai les yeux, respirai l'air frais qui balayait la pièce après qu'Aaron ait ouvert la fenêtre.

-On est vraiment des lâches, hein ?...


C'était remuer le couteau dans la plaie. Mais en même temps, j'avais besoin de le dire, d'extérioriser. Je n'avais jamais fui de la sorte, et c'était assez troublant. En même temps, je suppose que je ne m'étais jamais retrouvée dans ce genre de situation. Là, j'avais bêtement et simplement l'impression d'avoir été trahie... Même si dans le fond, une voix ne cessait de me répéter qu'ils avaient pris la bonne décision. C'était quand même dur, et pour une fois, oui, j'avais besoin d'extérioriser...
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Dim 12 Fév 2017 - 22:35
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J'aurais jamais pensé amener quelqu'un ici un jour. De manière volontaire et réfléchie, je veux dire. Surtout pas Mitsuki. Gae, peut-être, mais sûrement parce qu'il est déjà venu auparavant. Ou peut-être pas, au final ? Peut-être que je lui en voulais de s'être imposé ici ? Je garde mon portable en mode vibreur dans ma poche, en espérant un message. Je sais même pas pourquoi je l'espère. Mais j'aurais aimé un mot, un signe, une parole, juste quelque chose à quoi me raccrocher. Ce soir, je n'aurai droit à rien.

Pendant que j'essaie de rendre le lieu plus accueillant, en allumant une petite lampe à pied pour éclairer correctement la pièce, Mitsuki s'installe et détaille l'endroit. De mon côté, je reste appuyé un moment contre la fenêtre pour observer la ville et les couleurs chaudes qui illuminent le ciel. C'est étrange de passer de la nuit étoilée à ça…

—Perso j'pensais pas t'emmener ici un jour, ça compense, je souris en coin, faiblement malgré tout. J'te ferai visiter, une fois. Quand on aura l'envie et le temps.

Je reste appuyé contre la fenêtre, avant de me tourner vers elle, le dos contre l'encadrement. Je détaille un moment mon amie sans rien dire, avant de baisser les yeux vers le sol.

—Boarf... C'est un peu l'appart' de la lâcheté, ici, tu sais.

Silence.

—C'est toujours là que j'viens me planquer quand ça va pas. Ou que j'ai envie de voir personne. Ou que j'ai envie de passer par la fenêtre, aussi. Enfin bon, souvent, quoi…

Cette fois, je me passe une main sur la nuque. J'ai toujours été un lâche. Je fais juste en sorte que les gens pensent que j'me prends des vacances ou que j'refile le boulot à Ashton par flemme. C'est toujours plus simple que de devoir justifier sans arrêts les disparitions-réapparitions. Après tout, j'suis changeant, ça fait partie de mon caractère non ?

—Je sais que ça va rien résoudre. Mais parfois, c'est pas grave d'être lâche. Ca ne veut pas dire qu'on ne reviendra pas, ou je sais pas... Ca veut rien dire. Ca change rien. Il nous faut d'la distance. Et du temps pour pouvoir la faire, dans notre coin.

Ma tête appuie contre le mur et je soupire. J'sais pas si ça sert à quelque chose de réfléchir. Vaut mieux mettre tout ça de côté. Et apprendre à accepter les choses, petit à petit. Avec autant de temps qu'il nous faudra pour y arriver. On est passé à travers bien pire...

—J'dois encore avoir de la bière qu'il me reste de mon dernier passage ici. T'en veux une ? je dis en me décollant du mur et en me dirigeant vers la cuisine. J'sais qu'il est tôt, mais j'ai encore le décalage horaire...

Demain, on va être morts de chez morts. J'espère que je serai trop bourré pour le remarquer.
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Mar 14 Fév 2017 - 15:47
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L'appartement de la lâcheté... Ca me plaisait bien.
Après réflexion, j'étais déjà venue aux Etats-Unis, mais disons que ça n'avait jamais été... Volontaire ? J'avais jamais éprouvé un sentiment, même infime, de bien-être en étant ici. Et là, même si c'était assez étonnant et contradictoire, j'étais heureuse d'être là. Ca me changeait.

Je levai le regard vers Aaron. C'était une planque sympa. Si ça l'empêchait d'aller mal ou de faire une connerie... Même si c'était pas toujours ça. J'dis pas que ça guérit tous les maux, mais ça fait du bien, de se retrouver seul, parfois. Je ressens rarement ce sentiment, c'est même extrêmement rare. Mais j'imagine que c'est plus fréquent pour Aaron. Bizarrement. Je trouve que sa vie est vachement plus dure que la mienne. Déjà, il a eu une vie de merde. Moi j'ai eu beaucoup de chance. Ca change la donne...

Je ne répondis pas à ses paroles, me contentant d'acquiescer. Je n'avais rien à rajouter, et puis parler sur le sujet pendant des heures n'amènerait à rien. Les choses étaient dites ; elles étaient claires, ça ne servait à rien d'en dire plus.

J'adressai un mince sourire à Aaron suite à sa proposition, et hochai la tête.

-Roule pour une bière. Ca m'ira très bien.

Je le regardai se lever et aller chercher les boissons dans le frigo. Pendant qu'il était parti, je me levai pour aller observer les alentours à la fenêtre. C'était différent sans l'être. Le Japon s'était énormément américanisé, comme certains s'amusent à le dire. On avait aussi nos grands immeubles, nos grandes sociétés dans les buildings remplis de grandes fenêtres. C'était un peu les mêmes genres de rues, sauf que la langue changeait. Et la culture... Mais le paysage n'était pas si différent. On avait aussi ces grandes avenues, ces grands boulevards, ces belles voitures et toutes ces personnes qui se poussaient dans la rue aux heures de pointe.

Aaron revint et je pris la bière qu'il me tendait. J'en bus quelques gorgées, avant d'appuyer mes coudes sur le rebord de la fenêtre.

-C'est vivant, dehors. C'est marrant. Ca donne presque l'impression que la nuit est passé. On dirait que cette réunion a eu lieu il y a plusieurs heures, voire plusieurs jours... Ca dépayse. C'est agréable, d'une certaine façon.


Comme si on était déjà passé à autre chose. Comme si c'était déjà loin, comme si on pouvait déjà oublié. Déjà...

-C'est une grande ville Boston ? Par rapport aux métropoles en général aux Etats-Unis... J'essaie de me repérer un peu. Les E-U sont tellement plus grands que le Japon !
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Mar 14 Fév 2017 - 19:17
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Il fait un peu froid dehors, encore. J'pense qu'il va falloir que j'remette un peu le chauffage si j'veux qu'on passe une partie de la matinée ici. Enfin, on verra d'ici un moment. Le temps sera peut-être plus clément d'ici à ce que le soleil soit levé. On n'est qu'en septembre, après tout.

Avec des gestes lents, je m'éloigne de la fenêtre et vais chercher nos bières. J'ai tout un pack de six dans le frigo, c'qui m'indique que j'avais peut-être pas picolé la dernière fois que je suis venu. Ah. Bon, j'avais dit que j'arrêtais l'alcool quand j'allais mal. J'ai vraiment dit ça ? Huh. De toute manière y a Mitsuki, y a pas moyen que je finisse mal, hein ? Puis avoir des problèmes à cause de la bière, à part en prenant un peu de coke et en sautant par la fenêtre, j'vois pas trop, hein.

J'reviens avec dans le salon et je trouve Mitsuki en train d'observer le paysage. On est un peu loin du centre et des jolis quartiers, mais c'est quand même un coin sympa. Je lui tends sa bière et m'appuie contre le rebord de la fenêtre, avant d'ouvrir la mienne en l'écoutant parler. J'acquiesce lentement, avec un sourire fin aux lèvres. À peine présent, peut-être un peu vague. Mais bon, j'vais pas me forcer à faire la gueule.

C'est vrai qu'on dirait que les choses sont loin - et au final, c'est vrai : elles sont loin. Même si c'était encore il y a quelques minutes, la distance s'est faite. C'est ce que je ressens en venant ici, en général. Je suis pas à l'aise, mais je suis ailleurs, comme si j'étais dans une autre temporalité. Un autre espace. Un autre univers ? C'est bête dit comme ça. Mais ça participe aussi à nous faire du bien…

—Ouais, c'est plutôt grand ici. Enfin, pas aussi grand que Tokyo hein, Tokyo fait quasi cinq fois sa superficie. Mais c'est gigantesque, là-bas. Même New-York est plus petit.

Je baille un peu.

—Si tu veux je peux te montrer les quais tout à l'heure, et quelques quartiers sympa. Là y a pas grand-chose, et j'aime pas trop traîner dans le coin de toute manière.

Ca rappelle des souvenirs, et là j'ai pas besoin de ça.

—Tu avais grandi par où, toi, déjà ? Je suis plus sûr que tu me l'aies déjà dit. C'était à Tokyo-même ? Ou ailleurs ?

Peut-être qu'elle l'avait déjà dit, au final, et que je l'avais vu quelque part. Mais je me souviens plus, j'me fais trop vieux pour ça.

—Tu as des nouvelles de tes parents ? lui demandé-je finalement.

Hum c'est peut-être pas le moment pour poser la question ?
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Mar 14 Fév 2017 - 21:20
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New-York, plus petit que Tokyo ? Je dois avouer que je ne m'y attendais pas. Dans ma tête, ça me paraît si grand. Mais en même temps, aux Etats-Unis, ils ont plus de place ; plus de place pour faire des villes, plus de places pour se regrouper. Nous, au Japon... Entre les zones qu'il faut maintenant éviter avec les catastrophes naturelles et les centrales qui explosent, et la taille de l'île, on est assez limités. Alors on se regroupe, on s'empaquette, on crée des villes énormes et on laisse très peu de place à la campagne. La Chine est assez différente de nous pour ça, avec toutes ses grandes étendues... Et toute cette campagne. En même temps, ça crée des différences de vie tellement énormes. C'est p't'être mieux, d'être dans un petit pays. On rencontre plus de monde qui ont la même mentalité, le même rythme de vie. Dans les pays trop grands, il y a tellement de différences.

-Que je visite un peu quand même. Ce serait dommage d'être ici et de ne pas en profiter, surtout si je suis avec quelqu'un qui connaît les lieux ; somme toute, le guide parfait !

Je lui adressai un léger sourire, avant de passer mon doigt sur le goulot, dessinant des légers cercles.

-J'ai grandi dans la banlieue de Tokyo, pas à Tokyo-même. Mais j'y allais assez régulièrement quand même. De toute façon, la banlieue ou le centre... La ville s'est tellement étendu qu'on ne voit pas tellement la différence.

Je bus une nouvelle gorgée de ma bière, avant de croiser mes bras sur le rebord de la fenêtre, tenant ma bière du bout des doigts, appuyant ma tête mes bras.

-Ca fait un moment que je n'ai pas eu de nouvelles.

Que penseraient-ils, s'ils savaient que Terrae allait accueillir de nouvelles personnes, des personnes qui n'ont pas de pouvoirs ? Je serrai légèrement ma bière que je repris dans ma main, avant de soupirer. Je suis sûre que Maman relativiserait, et même si Papa serait au début énervé, il finirait par comprendre ; parce que notre Terrae est différente, notre Terrae est connue dans le monde, elle n'est plus secrète, et c'est une nécessité. Et puis, c'était le pro, lui aussi, en tant que voleur, de prévenir tout le monde et de faire un grand spectacle. Quoi de mieux que de nouveaux spectateurs à Terrae pour qu'on puisse leur montrer de quoi on est capable ?

-Mais la dernière fois que j'en ai eu, tout allait bien. Ils se sont vraiment bien installés en Alaska, même si parfois je me dis que ça doit être bizarre, de vivre à quatre comme ça, avec les parents d'Allen. Ils n'ont pas besoin d'un peu d'intimité ? Enfin, après tout... C'est leur vie. Mais non, pas de nouvelles. Et qui dit pas de nouvelles, dit bonne nouvelle, n'est-ce pas ?

Je tournai la tête vers lui en achevant ma phrase. J'avais toujours eu un peu de mal à suivre ce qu'il en était pour Aaron, concernant sa famille. Le peu que j'en savais s'était un peu perdu dans ma mémoire, et les fois où il en parlait était si rare que je n'avais pas vraiment réussi à tout organiser correctement. Aussi, tentai-je, peut-être malhabilement, de relancer la conversation sur lui :

-Et toi, ta soeur ? Ca se passe bien, depuis qu'elle est à Terrae ? Et pour ton autre soeur...?
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Mer 15 Fév 2017 - 11:32
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La tête de Mitsu me tire un rire. Ouais, moi aussi j'avais été surpris, quand j'avais vérifié y a quelques années - ça remonte, je suis vieux, l'an prochain ça fait dix ans que j'suis à Terrae, help me. D'autant que c'est étonnant, quand on voit la taille réduite de l'archipel, comparée à la taille des USA... Mais en soi, c'est logique.

—Mais oui, mais oui, je suis un guide parfait : je distribue de l'alcool, je fais les commentaires audios et vidéos et je ne te perds pas. Et en plus c'est gratos. Tu vois, c'est nickel !

Avec un rire, je prends quelques gorgées de bière sans détourner le regard de la ville sous nos yeux. Elle répond calmement à mes questions et j'acquiesce. Je saurais pas dire non plus. Ici aussi, c'est tellement différent d'il y a dix ans, je reconnais plus grand-chose pour être honnête. Disons qu'elles ont évoluées, mais rien n'est réellement identique. C'est plus l'impression d'être chez moi que j'ai, en étant ici. Y a juste l'appartement qui reste le même…

Elle, elle est pas si loin de là où elle habitait avant. J'me demande comment elle le vit, en fait. Comment les autres se sentent, à Terrae ? Est-ce que c'est chez eux ? Ou est-ce qu'ils se sentent un peu enfermés, parfois ? Loin de chez eux ? Comment ils vivent le fait d'être si éloigné de leur famille ?

Je bois encore.

—Tu devrais peut-être en prendre de temps en temps, aller les voir ? Surtout que ça doit être un peu triste, l'Alaska. Sérieux, ils doivent se les peler.

Puis ouais, question intimité... Hum. On fait mieux quand même ! J'étire un sourire en coin.

—Puis tu sais pas, ils sont peut-être très intimes.

Omg la vision dégueulasse qu'elle doit avoir, pardon pardon, j'suis désolééé.

Je ris et m'écarte avant qu'elle soit tentée de me frapper. Me retourne et m'appuie dos contre le rebord une fois de plus. Je prends un peu de temps pour répondre.

—Ca va, ouais. Cassy va aussi bien que c'est possible d'aller… pour elle, j'veux dire. J'la vois pas tout le temps, elle prend pas mal d'indépendance. En même temps, c'est plus une enfant. Ca m'fait bizarre de me dire que vous avez le même âge, je m'amuse.

Je reprends une gorgée.

—Et Diana, ben, ça fait dix ans qu'elle est morte ?

Y a un silence, je hausse les épaules. J'savais pas trop comment lâcher ça, en fait. Mais c'est comme un sparadrap : plus vite c'est fait, plus vite ça passe.

—Enfin, bientôt dix ans. Le temps passe vite, je me contente de lâcher en terminant ma bière et en jouant avec la bouteille. Elles étaient jumelles, en fait. Du coup c'est difficile pour Cassy. Elle m'en veut encore de m'être cassé en la laissant toute seule à l'époque. Du coup c'est tendu parfois, entre nous. J'ai pas été un très bon frère, t'sais.

Fuir, ça a toujours été ma spécialité.
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Mer 15 Fév 2017 - 21:23
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Je ris doucement à sa remarque. Ouaip. Le guide parfait. Il dépassait même les fonctions de guide en proposant des bières. Je n'aurais pas pu trouver mieux.

Une grimace décomposa pourtant bien vite mon visage quand il insinua que mes parents et ceux d'Allen pouvait très bien être intimes. Je lui donnai une tape sur l'épaule.

-Mais arrête, c'est dégueu ! Aaah, j'veux même pas imaginer.

Quelle horreur. En plus, il dit n'importe quoi, c'est carrément impensable. Beurk.

-Et sinon, ouais, faut que je passe les voir. J'y pense souvent, mais je trouve jamais le temps... Certains disent que quand on trouve pas le temps, c'est de la mauvaise foi, alors p't'être que c'est vrai...

Je souris légèrement, avant de reporter mon attention sur l'horizon. Les rues commençaient à prendre petit à petit vie, les lève-tôt commençaient à sortir, à partir au travail, lentement, sûrement.
J'étais pas sûre de moi en relançant le sujet sur la famille d'Aaron, j'aurais dû le savoir... Mais en même temps, je remarquai aussi que ça ne le touchait pas. Enfin, après une soirée comme celle qu'on venait de vivre, il devait en falloir pour être touché, non ?

-Désolée
, soufflai-je simplement, ne sachant que dire de plus vis à vis de sa soeur décédée.

Je ne savais pas - ou plus. Aaron en parlait si rarement. Je sais que quand on s'est rencontrés, il avait deux soeurs. Enfin je croyais. Le reste de ses paroles me fait comprendre que ce n'est pas le cas. Je pense qu'il ne m'en a jamais parlé. Simplement évoqué le fait qu'il avait grandi avec deux soeurs. Et quand on sait pas, on peut pas savoir, pas vrai ?

-On peut pas être parfait. Moi j'sais que pour moi, à Terrae, t'as été l'équivalent d'un super frère.


Et puis t'allais mal. Si t'étais resté, est-ce que ça aurait été mieux ? Pas forcément...

-Tu as un petit coin à toi, à Boston ? C'est ici que tu as grandi, ou tu es arrivé plus tard, quand tu as pris ton indépendance...?
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Ils ne peuvent juste pas comprendre. (Pv : Aaron)

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