Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Une histoire de chocolats ! ••• Afya ♥
Lun 17 Juil 2017 - 21:17
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Féminin

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To much informations. Cette expression a été inventée pour Ariana à n’en pas douter. Elle parle vite et comme souvent malgré la puce informatique l’africaine a du mal à la suivre. Pourtant elle s’améliore avec le temps, l’habitude la rend plus habile dans cet exercice. Elle comprend à peu près ce qu’elle dit mais n’est pas certaine de tout retenir.

« Pourquoi les appelle-t-on moines ? Ce sont des catholiques ? »

Il y a de très nombreuses paroisses dans son pays, de nombreux fétiches aussi. On vend du rêve, une promesse d’avenir meilleur à qui veut bien rêver. Bien entendu les hommes pieux se font entretenir par les crédules paroissiens, si tu pries assez tu auras un enfant, si tu donnes assez tu seras guéri de tous tes maux. Certains pourraient penser qu’ils abusent de la crédulité d’un peuple déjà éprouvé, mais la jeune femme ne l’entend pas ainsi. C’est de l’espoir qu’ils offrent, de l’espoir à bas prix, c’est ce qui permet à certains de tenir debout malgré les épreuves. C’est peut-être mal, dans le fond, mais un mal nécessaire.

« Je ne crois pas avoir déjà vu ce genre de films… »

C’est une certitude, dans son village il n’y avait pas de télévisions, seulement des palabres et de belles histoires et de bons conteurs. Elle avait déjà vu des images en mouvement quand certains missionnaires apportaient un écran et un projecteur dans le village pour diffuser le temps d’une soirée un film aux couleurs de l’occidents et des messages de prévention.

« Donc ce sera avec plaisir ! »

Elle ne dit jamais non à une invitation à voir un film même si elle préfère encore les histoires contées. Les mots laissent une place à l’interprétation que les images volent. Elles discutent quelques instants encore avant que leur commande n’arrive. Voilà qu’elle est bien perplexe devant les bouts de chair crues, elle identifie l’odeur du poisson, le cuisinier aurait-il oublié de faire cuire leur plat ? Ariana encore une fois la détrompe.

Afya est méfiante, est-ce la une farce que lui fait la rousse ? Ce n’est pas son style, elle sait que cela blesserait l’africaine si elle profitait de son savoir pour se moquer d’elle. Son amie engloutit goulument un des petits rouleaux de chair crue. Elle l’imite. Le gout est bizarre, pas mauvais… Juste bizarre. La sauce soja aide, elle s’est habituée à cette sauce qui lui rappelle parfois la sauce niokman.

« On mange beaucoup d’atiéké et de riz, on fait des sauces d’agouti quand on arrive à en attraper ou du poisson sécher et les jours de fête de l’atiéké avec du poulet braisé. »

Les protéines animales sont souvent absentes des repas de sa famille. Ils n’ont pas les moyens, sauvent-ils ne mangeaient qu’un repas par jour… Pourtant en y réfléchissant elle n’a jamais eu l’impression de manquer de quoi que ce soit. Bien sûr parfois elle se couchait avec la faim au ventre, mais jamais elle ne s’était couchée malheureuse. Son pays lui manquait et il lui semblait que son souvenir s’effaçait avec le temps.

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Le masque dansait avec la lune...

MERCI RONRON
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Mar 8 Aoû 2017 - 20:30
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Emploi/loisirs : Alimenter mon tumblr et péter vos mirettes avec mes kits fluos ♥
Humeur : Un peu perdue, mais ça va, merci de vous soucier de moi ♥

Quelqu'un d'autre qu'Ariana aurait sans aucun doute abandonné en secouant la main, mais la petite morphe ne voit jamais d'inconvénient à expliquer les choses à son amie. Alors elle secoue lentement la tête et lui explique qu'elle ne sait pas pourquoi ils s'appellent moines eux aussi, mais qu'il s'agit en réalité des "moines" d'une autre religion. Dans un instant de lucidité, elle se demande-même si ce n'est pas simplement parce que le terme n'existe pas dans leur langue qu'ils ont fini par les appeler comme tels. Elle ne se promet pas non plus de réfléchir à ce sujet, parce qu'elle sait qu'elle oubliera très certainement...

—Je ne sais pas trop en quoi consiste leur religion, je t'avoue… continue-t-elle. Mais il n'y a pas de dieu chez eux, si je ne me trompe pas ? Ils doivent être bouddhistes ou quelque chose comme ça, du coup, ils croient plus au karma - c'est à dire le fait que les choses arrivent pour une certaine raison. Je pourrais pas vraiment t'expliquer, parce que j'y connais pas grand-chose moi-même, mais ils font de la méditation et tout, ils sont cool ! Ils croient en la réincarnation, aussi, et ils sont dans le respect le plus pur de tous les êtres vivants. Même des mouches ou des moustiques !

En réalité, Ariana ne connaît pas grand-chose de leur mode de pensée, bien qu'il l'attire sur le peu de chose qu'elle en sait ; l'idée de croire en une vie après la mort lui convient parfaitement, par exemple, bien qu'elle ait été élevée dans une famille très catholique. Elle ne partage pas non plus leur théorie (qu'elle n'a pas très bien comprise ou retenue) selon laquelle la vie n'est que souffrance, et que le seul moyen d'arriver à la paix est d'atteindre le Nirvana… le bout de la vie, le bout du chemin, le bout des réincarnations. Pour elle, la vie est quelque chose de brillant et lumineux ; il arrive des événements douloureux, et des obstacles se dressent parfois sur notre route. Mais au fond d'elle, elle sait qu'elle croira toujours à la vie et en la beauté du monde, en la beauté de ce souffle qui sort d'entre leurs lèvres et de ce coeur qui bat dans leur poitrine. De ces émotions qui la traversent et la transcendent, de ces émotions qui la font vivre et aimer…

Elle ne comprend pas toujours tout, Aria. Mais elle sait elle aussi que ce n'est pas le point d'arrivée qui compte, mais le chemin qu'elle parcourt. Le point d'arrivée, au final, on le connait tous...

Aira continue à papoter avec elle. Elle dit à son amie qu'elle lui montrerait un film du type si elle en a le temps (et hésite surtout à lui montrer Kung Fu Panda à la place). Puis le repas arrive, et Aria rit doucement face à la réticence d'Afya, bien qu'elle ne s'en moque pas. Elle lui explique, Afya goûte… La rouquine observe sa réaction, attentive. Elle n'a pas de réaction spécifique, dommage…

La voyante lui explique ce qu'elle mange habituellement, et Ariana ouvre de grands yeux.

—De l'atiéké ? Agouti ? Qu'est-ce que c'est ? Je ne connais pas du tout ! Il faudra qu'on se fasse un atelier cuisine une fois ! Comme ça on découvrira ce que mangeait l'autre ! lui propose-t-elle avec joie.

Elle la laisse lui décrire les aliments dont elle parle (pauvre Aria, c'est le vide dans sa tête) puis elle désigne leur repas en continuant à manger goûlument.

—Rassure-moi, tu aimes ? J'ai commandé des brochettes aussi, mais elles arrivent plus tard ! Comme il faut plus de temps pour les cuire, sourit-elle.

Celles-ci ne tardent d'ailleurs pas à arriver. Bon appétiiit !
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Jeu 10 Aoû 2017 - 7:26
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Féminin

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Pas de dieux ? Le concept d’athéisme était quelque-chose de difficilement concevable pour la jeune femme, pour elle il y avait toujours eu des dieux. Ils s’abritaient dans les masques à leurs effigies et prenaient le contrôle des corps de ceux qui les portaient à l’occasion de fêtes. Chez elle tout le monde croyait, certains croyaient à Dieu, ce dieu unique, d’autre en Allah, d’autres aux esprits et aux dieux d’entant, mais tout le monde croyait. C’était une étrangeté que de ne pas croire, de ne pas confier ses soucis à un être supérieur et lui demander sa clémence voire sa bienveillance.

Afya pourtant essaie de le faire le moins souvent possible car un homme de foi lui a dit un jour un truc du style : lorsque tu demandes quelque-chose à Dieu, dépêches toi de le réaliser car le seigneur n’aime pas les incapables. Alors elle ne priait plus le dieu des montagnes lointaines au celui de la pluie, elle ne priait plus les esprits du marigot… Du moins plus pour obtenir quelque-chose, seulement pour les remercier de tous les bienfaits qu’ils lui avaient apportés.

« L’attiéké c’est des petites boules de manioc, c’est un peu comme le couscous qu’on a eu une fois à la cafet mais ça a beaucoup plus de goût, c’est fait avec du manioc qu’on fait patienter quelques jours après l’avoir écrasé puis qu’on tamise et cuit à la vapeur. »

Le couscous cette arnaque. Tu avais bon dessus en te disant « chouette de l’attiéké ! » tu n’en avais pas mangé depuis deux ans… et tu avais été déçue par son goût fade. Après discussion avec les cuisiniers tu avais compris, le couscous était fait à partir de blé.

« L’agoutti c’est un rongeur de brousse, ça a un peu la consistance du lapin… mais c’est moins bon. »

Plus osseux aussi, mais on faisait chez elle avec les moyens du bord.

« Je ne pense pas qu’on puisse trouver au Japon ces mets… Mais je serais heureuse de goûter la nourriture de chez toi ! »

Elle curieuse plus que gourmande, la gourmandise est un défaut qu’on ne peut se permettre d’avoir par chez elle sans être très malheureux.

« C’est bizarre, pas mauvais, mais pas très bon. Le poisson aurait plus de goût s’il était braisé ou mariné… D’ailleurs on ne craint rien à le manger cru ? »

On lui avait inculqué très vite que la viande et le poisson ne mangeaient cuits ou après salaison mais jamais cru, sinon elle risquait de tomber très malade. C’étaient les messages de santé publique qu’on annonçait aux enfants avant de leur diffuser un film sur un drap, en plein air. C’était là qu’elle avait entendu parler pour la première fois du VIH et de sa prévention, mais alors seul le film importait…

Les brochettes sont plus à sont plus à son goût, bien qu’elle délaisse celles au fromage après une bouchée. Elle n’aime pas le fromage et surtout pas quand il est élastique et chaud.

La soirée avance, la discussion des jeunes femmes ne tarit pas, elles parlent de tout, de leurs pays, du beau temps, de leurs pouvoirs… De tout sans voir l’heure passer. Quand leur repas se termine le serveur leur rapporte une coupe de saké à chacune, cadeau de la maison qu’il dit. Afya regarde perplexe Ariana.

« C’est quoi ? »
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