Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Il paraît que ça va pas fort en ce moment. (Pv : Angie)
Ven 24 Fév 2017 - 19:43
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La journée avait encore été bien remplie. J'avais eu un mal de tête affreux toute la journée, ayant ressenti un nombre d'Appels bien plus importants que ce que j'avais l'habitude d'entendre. Ca avait été assez dur, car depuis l'arrivée des psychologues à Terrae, je ne voulais pas rester en Salle des Masters, ne me sentant pas vraiment à ma place, sauf qu'aujourd'hui, j'avais pas tellement eu le choix, et c'était un peu la lose.

Voulant me changer les idées, j'avais décidé de prendre le chemin du retour à pied. Marcher un peu me ferait du bien, non ? Bref. J'ai donc marché, j'ai regardé le paysage, le village qui se rapprochait petit à petit. J'ai croisé un taxi, et un petit sourire s'est glissé sur mes lèvres. Peut-être que c'était Charlie-Ange ? J'aurais bien aimé le voir, tiens, ça m'aurait changé les idées.

Je m'approchai du véhicule et remarquai assez rapidement que ce n'était pas lui. C'est assez drôle, parce que je ne savais pas qu'il y avait un véritable service de chauffeurs de taxi à Terrae... Pour moi, il n'y avait que Charlie-Ange qui faisait ça. Enfin, je pense souvent mal, donc bon.

Voulant poursuivre ma balade avant de rentrer, je repris la direction de l'institut. Ys travaillait ce soir au restaurant, et j'allais me retrouver seule de toute façon... Alors autant chercher un peu de compagnie.

Je parcourais le couloir de la partie Terre, observant les noms sur les porte. Lorsque j'arrivais devant la bonne porte, je toquai. Rien. Il ne devait pas être là. Dans le doute, je frappai une seconde fois, puis pris la décision de partir. Sauf qu'avant même que je ne fasse marche arrière, un élève sortit de sa chambre et me fixa un petit instant avant de juger utile de me prévenir :

-Il est pas là. Ca fait un moment qu'il est plus là. Il est à l'hôpital. Visiblement, ça n'avait pas l'air d'aller ces derniers temps.

Je le remerciai, un peu maladroitement, ne m'attendant pas à recevoir une information pareille. Nan mais c'est pas grave, rien ne va aujourd'hui de toute façon, haha. La journée de merde. J'vous l'avais dit, hein.

Je repris donc ma longue promenade, me dirigeant cette fois-ci vers l'hôpital. Je m'en voulais un peu de ne pas avoir pris plus de nouvelles que ça de Charlie-Ange. Il avait été très important pour moi, le jour où j'étais allée le chercher ; j'avais eu besoin de lui, parce que rien n'allait plus, et que j'aurais pu faire une bêtise. Il m'a fait sortir de chez moi, il m'a fait penser à autre chose. Et puis, on s'était recroisé, deux trois fois, et même si je ne le voyais malheureusement pas assez, je savais que je l'appréciais, je passais toujours du bon temps avec lui. Alors je m'en voulais un peu, parce que si j'avais fait l'effort d'en faire véritablement un ami, j'aurais pu être au courant, et être là pour lui.

Lorsque j'arrivais à l'hôpital, l'infirmière répondit rapidement à ma demande en m'indiquant la chambre où se trouvait Charlie-Ange. Je réalisais en chemin que je n'avais rien pris, mais il était un peu tard pour s'en inquiéter, non ?

Une fois devant la porte, je toquai un coup, deux, trois... J'attendis quelques instants, puis ouvris maladroitement la porte de la chambre. Il ne partageait pas sa chambre avec quelqu'un d'autre, c'était déjà ça. C'était un peu plus confortable, non ?

-Bonjour Charlie-Ange ! J'espère que je ne te dérange pas... Tu vas bien ?

Omg, Mitsu, t'as posé THE question. Nan, vraiment, t'es forte. Il est hospitalisé, mais tout va bien.

-Je voulais prendre de tes nouvelles, et j'ai appris que tu étais à l'hôpital... J'espère que ce n'est pas trop grave.
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Sam 25 Fév 2017 - 10:08
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Tu regardes par la fenêtre mais tu ne vois rien. C’est juste une attitude que tu donnes pour avoir l’air occupé.

Tu ne vois pas que le ciel est redevenu bleu et que les branches portent de nouveaux bourgeons. Tu ne vois pas que les hommes retirent leurs manteaux pour profiter des chauds rayons de soleil ni que les jupes refont leur entrée dans le paysage. Tu ne vois pas que le printemps se prépare et que les sourires refleurissent. Pourtant aujourd’hui il fait beau Angie et si tu avais pris la peine d’entre-ouvrir la fenêtre tu aurais même pu te rendre compte qu’il faisait bon aussi.
Tu ne l’as pas fait, ce n’est pas que tu préfères l’ambiance surchauffée de ta chambre, celle qui te pousse à ne rien porter d’autre que le pantalon et le tee-shirt de ton pyjama d’hôpital… En fait tu t’en fous. Peu importe. Tu veux juste que ça se finisse. T’as essayé mais tu n’as jamais trouvé ta place, alors maintenant tu t’en fous. Tu t’en fous et tu ne vois plus rien, tu ne laisses plus de chance à ce monde.

Tu es loin d’imaginer qu’en ce moment même Mitsuki te cherche, qu’elle toque à une porte qui n’est plus la tienne. Cette chambre, tu la vois dans tes rêves, tu imagines ton sang la constellant. Tu ne l’as pas vu, la lumière était éteinte quand tu es passé à l’acte, au fond tu essayais de te cacher une fois de plus. Alors tu l’imagines cette pièce lui donnant des allures dramatiques mais sereines. Tu ne regrettes pas ton geste. Tu ne regrettes pas le sentiment de malaise qui en a suivi dans le dortoir… Non pas quand les secours sont arrivés, mais quand ils ont compris ce que tu avais fait. Tu n’étais pas là pour l’observer après tout. Tu ne regrettes même pas le traumatisme nouveau que tu as infligé à celle qui avait décidé que vous n’étiez pas amis. Tu ne regrettes qu’une chose, d’être toujours en vie.

Tu n’as pas répondu aux SMS, aux appels et aux mails préoccupés de ta famille par ton dernier message. Tu n’as pas pris avec toi ton téléphone en partant et personne n’y a pensé pour toi. Au final tu trouves cela mieux pour eux tu es peut-être déjà mort, ce n’est pas nécessaire de leur donner de l’espoir... Cela ne saurait tarder, tu as pris ta décision. Pour l’instant tu dois faire comme si tout allait bien, tu dois les convaincre pour qu’ils te laissent sortir pour qu’ils se persuadent que tu vas bien. Ensuite. Ensuite tu as plusieurs idées, tu n’en privilégies aucune mais tu sais que disparaitra, loin des regards, loin de tous, cette fois-ci ils ne te condamneront pas à rester en vie.

Angie tu n’es qu’un hypocrite, où est passé l’homme qui se souciait plus des autres que de lui-même ? Lui aussi tu l’as perdu en chemin ? Tu ne te reconnais plus, personne de ceux qui te connaissaient avant Terrae ne reconnaitrait ce que tu es devenu, qui tu es devenu. Tu as toujours été une petite lumière pour les autres tu sais ? Une lueur d’espoir… Mais toi tu n’as jamais trouvé cette chose réconfortante dans les moments de doute, et des moments de doute tu en as eu pleins. Tu as passé ta vie à douter.

Quand elle entre dans la pièce tu mets un instant à la reconnaitre, elle n’est plus auréolée de la lumière qui t’avait attirée chez elle. Ah tu penses simplement blasé. Au fond ce n’est pas important, elle t’offre juste un moyen de montrer aux soignants que tu vas mieux. Tout comme ces ateliers créatifs auxquels tu te rends tous les mardi après-midi, on t’y félicite tantôt pour ton coup de pinceau tantôt pour ta dextérité à modeler l’argile. Ce n’est pas évident, t’as pourtant toujours du mal à regarder tes poignets que tu dissimiles derrière des bracelets éponges de sportif, elles te mettent mal à l’aise ces cicatrices… Elles te donnent l’impression d’une œuvre non achevée.
Les dessins que tu fais pendant tes ateliers ont rejoint les murs de ta chambre, les statues le rebord de ta fenêtre. C’est toujours une chambre d’hôpital mais la voilà décorée de fruits et de natures mortes. Ta palette a changé les teintes sont plus ternes, les thèmes sont beaucoup moins vivants. Certaines infirmières aiment bien ta chambre car ce que tu dessines est joli… Mais toi tu sais qu’elle ne te ressemble pas.

« Bonjour Mitsuki, ça va et toi ? »

Elle semble s’en vouloir un instant d’avoir mis les pieds dans le plat mais tu ne le lui fais pas remarquer. L’hôpital n’est pas qu’un lieu de mort, on y va pour les mauvaises comme les bonnes nouvelles. Tu pourrais lui dire en rigolant que tu es là pour une opération de chirurgie esthétique sui s’est bien passé. Tu pourrais de montrer drôle, ironique, cassant, heureux de la voir, affligé qu’elle te voit dans cet état… avant tu avais toute une palette d’émotions à ta disposition, maintenant tu es juste égal.
Un peu ralenti aussi, mais ça tu n’en as pas conscience. Tu ne te rends pas compte de la pauvreté de ton langage ou de tes idées. Tu tournes toujours les même dans ta tête aussi, faut dire qu’à force elles prennent toute la place.

« Entre je t’en prie, installe toi sur le fauteuil si tu veux. »

Le lit est défait mais tu prends place dessus, c’est toi le malade après tout. Tu ne te rends pas compte d’à quel point c’est vrai. Tes yeux sont cernés par l’absence de sommeil, tes joues creusées car tu ne manges plus comme il le faudrait… Mais le pire de tout Angie, c’est que tu sembles avoir oublier comment sourire.
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Sam 25 Fév 2017 - 11:50
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Je remarquais les sculptures et les dessins qui décoraient la chambre. Il y en avait tellement... Comment pouvait-il y en avoir autant ? Depuis combien de temps Charlie-Ange était-il ici ? Qu'est-ce qu'il s'était véritablement passé pour qu'il soit ici ? J'aurais pu, j'imagine, demander des détails à son voisin de chambre. J'aurais pu. Il devait forcément avoir une info, même petite. Mais je n'avais pas osé. Parce que peu importe ce qu'il s'était passé, ce n'était pas à lui de me le dire, non...?

La voix de Charlie-Ange me tira de ma rêverie et je cessai de regarder ses créations pour reposer mon regard vers lui. Je hochai légèrement la tête, un fin sourire sur les lèvres. J'avais l'impression qu'il avait maigri. N'était-ce qu'une impression ? Non ; ses joues étaient creusées, ses cernes étaient marquées. Je me pinçai la lèvre inférieure, me sentant mal, revivant ces mois où Allen avait complètement arrêté de vivre. Il avait perdu du poids, lui aussi, il avait eu des cernes, lui aussi.

Je n'aimais pas l'apparence qu'il arborait. Elle me rappelait de mauvais souvenirs. Elle me faisait mal. Elle était trop différente des souvenirs que j'avais de lui. Il n'était plus vivant... Il était comme éteint. Ses paroles étaient prononcées avec lenteur, comme si elles étaient programmées, comme s'il se contentait de faire bonne figure.

Un pincement au coeur me prit quand, en me dirigeant vers le fauteuil, je raccrochai une sculpture avec ma main et la rattrapai de justesse.

-Désolée...


Je le remis correctement, m'éloignai pour ne pas faire plus de grabuge. Je m'installai dans le fauteuil, à côté de lui qui s'était placé sur son lit. Mes sourcils se fronçaient doucement, j'étais inquiète.

-Tu es là depuis longtemps ?


Je ne pouvais pas me permettre de revenir déjà sur ses mots alors que je n'étais là que depuis quelques minutes ; alors que je n'étais pas réellement son amie, ou bien l'étais-je mais ne le savais-je pas ?
Même si non, il n'allait pas bien, ce n'était pas à moi de le lui dire. Et puis quoi, qui étais-je pour le faire ? J'avais toujours parlé trop vite, sans réfléchir, j'avais toujours ramené ma fraise alors que je n'avais pas à le faire. Il fallait bien qu'un jour j'essaie de comprendre que ce n'était pas toujours à moi de la ramener.

-Je voulais prendre de tes nouvelles. J'ai croisé un taxi en ville lorsque je suis rentrée de Terrae, et j'ai pensé à toi. Je me suis dit que nous ne nous étions pas vus depuis longtemps, et je me suis dit que je pouvais faire le premier pas.

C'est comme ça qu'on devient amis, non ? Si je ne l'étais toujours pas, je pouvais encore le devenir, pas vrai ? A moins que c'eût déjà été trop tard ?
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Sam 25 Fév 2017 - 13:30
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Tu lui fais signe de la tête que ce n’est rien, ces sculptures n’ont aucune valeur. Tu ne vois d’ailleurs aucun intérêt à les accumuler dans ta chambre ainsi mais les personnes qui animent les ateliers t’encourage à les rapporter. Tu n’as pas la force de lutter contre eux, c’est plus facile au fond de juste laisser glisser. Tu les poses en revenant ainsi et tu ne les regardes même plus. Rien n’a d’importance, la seule chose qui semble te captiver c’est cette fenêtre que tu mires à longueur de journée… Là encore ce n’est qu’un subterfuge, cela parait moins suspect que lorsque tu regardes un mur blanc ou le plafond, les gens s’imaginent qu’il y a toujours quelque-chose d’intéressant à observer derrière une fenêtre… Mais toi tu ne regardes pas, rien n’arrive à combler le vide de ton regard.

Elle te demande depuis combien de temps tu es là, et cette blessure ne t’ébranle même pas. Elle te donne raison, personne ici ou ailleurs ne fait attention à toi. Tu n’es qu’un élément du paysage pour tous, ta disparition n’attristera pas plus que celle des cabines téléphoniques en leur temps.

« Pas bien longtemps, un mois peut-être ? »

Non mon grand ça fait deux mois que t’es ici, mais tu te souviens pas des premiers jours faut dire que t’étais dans les vapes. Tu sais t’es mort dans cette chambre ? S’ils ne s’étaient pas acharné ton cœur n’aurait pas redémarré. S’ils n’avaient pas pu te téléporter aux urgences tu ne serais pas revenu… T’es passé un cheveux… Tu as même franchis la ligne. Tu devrais savoir que derrière il n’y a rien, rien de bon pour toi… Alors pourquoi veux-tu y retourner puisque tu sais que rien ne t’y attend ? Angie SECOUES TOI !

Tu n’entends pas ma voix, ni celles de ceux pour qui tu comptes un peu. Tu ne te rends compte de rien… Tu ne trouves même pas cela agréable qu’elle ait pensé à toi en voyant un taxi. D’autres ont suivi ton initiative, c’est plutôt facile de se lancer dans ce métier quand on arrive à Terrae… Bien qu’en réalité vous soyez plus huberts que des chauffeurs de taxi vu que vous ne payez aucune licence…

« Merci d’être venue. »


Même si cela ne te fait pas plus plaisir que cela, même si cela ne rallume pas ton étincelle cette fois-ci, tu restes quelqu’un de poli. Tu as arrêté d’attendre des autres qu’ils puissent faire quelque-chose pour toi. Tu sens qu’elle est sur le point de poser d’autres questions mais tu n’as plus la ressource nécessaire pour tenir une conversation normale.

« Tu as l’air épuisée, rude journée ? »

Amener les autres à parler d’eux c’est se protéger car tu n’as pas à parler de toi. Du reste tu n’aurais rien à dire d’intéressant tu passes tes journées à regarder dans le vide, contemplant les paysages dévastées de ta vie. C’est malsain Angie. C’est triste Angie. Pourquoi tu ne te relèves pas Angie ? Pourquoi tu ne trouves pas cette force en toi ?
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Sam 25 Fév 2017 - 17:07
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Un mois... Cela faisait déjà un mois qu'il était ici. C'était idiot, de m'en vouloir de ne pas avoir été là avant ; comment aurais-je pu le savoir, après tout ? Nous n'étions pas amis - qui m'aurait contacté ? Lui ? Jamais il ne l'aurait fait, même pas pour appeler ses amis. Ce n'est pas mon genre non plus. Si je suis hospitalisée, je ne vais pas appeler tous mes copains pour leur dire que je suis là... Alors qui ? Une infirmière ? Pourquoi l'aurait-elle fait ? Elle n'aurait eu aucune raison de le faire.

Je lui souris imperceptiblement, ne sachant que répondre. Je crois qu'il n'y avait pas vraiment grand chose à répondre de toute façon. Je pense que la raison pour laquelle je m'en voulais, c'était parce que lorsque j'étais allée le chercher, j'avais dû me promettre, silencieusement, de le protéger. Parce que j'étais seule à ce moment, et je m'étais rendue compte que ce sentiment n'était pas agréable. J'étais seule, et je ne voulais pas que d'autres personnes le ressentent. Pour moi, le Vide de Charlie-Ange n'était pas n'importe quel Vide. Je l'avais ressenti, je l'avais vécu. Je m'étais sentie proche de lui sans le connaître. Ce n'était pas n'importe quel novice que j'aurais été cherché à la suite d'une mission X ou Y.

Je baissai les yeux, tortillai mes mains sur mes cuisses. Sa question me troubla ; je n'étais pas vraiment là pour parler de moi. Ma première intention avait été de prendre de ses nouvelles, puis, lorsque j'avais appris qu'il était à l'hôpital, ma seconde intention avait été de m'informer sur son état de santé - il devait bien avoir quelque chose de grave pour être ici depuis déjà un mois.

-Assez longue, oui,
répondis-je. J'ai ressenti pas mal de Vides aujourd'hui, plus qu'habituellement. C'est assez fatigant, l'air de rien ! ris-je légèrement.

Je ne me sentais pas bien. Malgré ses questions, ses mots, ses réponses, je ne me sentais pas bien d'être ici ; j'avais l'impression de ne pas être à ma place.

-Et toi, qu'as-tu fait aujourd'hui ? Comment occupes-tu tes journées ici ?


Je levai finalement le regard vers lui, et cherchai vaguement ses yeux du regard, ne voulant pas être trop intrusive. Finalement, j'osai enfin demander :

-Pourquoi est-ce que tu es ici ?
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Sam 25 Fév 2017 - 17:30
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Tu te dis que le monde doit aller mal pour que le nombre de vide se multiplie. Peut-être qu’il ne va pas mal que pour toi finalement. Ce n’est qu’une maigre consolation. Même maintenant tu n’arrives pas à te réjouir du malheur d’autrui et à y trouver du réconfort. Tu ne t’es pas à ce point trahi. Pas encore. Tu ne sais quoi lui dire, des mots d’encouragement devraient être les bienvenus.

« Tu es courageuse. »

Celle-ci tu ne t’y attendais pas, mais au fond c’est ce que tu penses d’elle. Elle accepte de s’occuper de toutes ces personnes qui se sentent vides, elle les prend sous son aile. Elle leur offre une possibilité d’aller mieux… Tu espères pour elle qu’il y a peu de gens aussi faible que toi, peu de gens qui ne profitent pas de leur chance.
C’est injuste tu ne penses pas ? Si elle n’était pas intervenue ce jour-là dans ton appartement tu te serais laissé mourir de faim… Mais maintenant qu’elle est intervenue ta mort lui pèsera sur la conscience. Elle est une de ces victimes collatérales auxquelles tu refuses de penser. Une de celles pour qui tu préfères penser que tu n’es pas important… C’est plus facile de te dire qu’ils t’oublieront rapidement non ? Tu le sais toi-même que tu te voiles la face, mais tu refuses de l’admettre… Si tu l’acceptais tout serait encore plus difficile. Tu ne vivrais plus pour toi-même mais pour les autres. N’as-tu jamais vécu pour toi ?

Elle te demande ce que tu as fait aujourd’hui et tu tends un de tes doigts fins vers la fenêtre où le soleil a déjà commencé à décliner. Tu ne saurais pas décrire ce qu’il y a derrière ce verre froid, tu passes tes journées à regarder ce qu’il se passe derrière sans le voir.

« Je regarde dehors. »

Comme si on pouvait s’occuper ainsi toute une journée ? C’était pourtant ton cas fut un temps, tu pouvais passer des jours et des jours à dessiner ce qu’il se passait derrière ta fenêtre, maintenant tu ne fais qu’attendre. Attendre qu’on te laisse partir. Tu n’as pas encore compris qu’ils ne te laisseront pas partir… Pas dans cet état.

« Je suis anémié assez profondément, du coup je suis fatigué. Ils me gardent par précaution. Ne t’inquiète pas. »


Tu n’as pas menti, mais tu n’as pas répondu à sa question. Tu le sais au fond que ta réponse lui fera mal, mais tu fuis encore. T’as pas envie d’affronter ses sentiments. Sa colère, sa peine… Tu ne veux pas y faire face. Tu ne veux pas voir que ta vie compte pour quelqu’un. Tu veux qu’on te foute la paix, t’as pas envie qu’on te fasse la morale. T’as pas envie qu’on te rende les choses plus dures. Tu voudrais rire, tu n’y arrives pas.

« Désolé de t’avoir inquiétée. »
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Sam 25 Fév 2017 - 18:08
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Regarder à travers la fenêtre... Toute la journée ? J'avais beaucoup de mal à le croire. C'était long, une journée, non ? On était déjà en fin d'après-midi, admettons qu'il se soit levé aux alentours de 9h du matin ; il ne pouvait décemment pas avoir regardé à travers la fenêtre TOUTE la journée, si ?

Je ne dis pourtant rien, me contentant d'hocher la tête dans un soupçon de sourire. Plus il parlait, plus je m'inquiétais ; il n'allait pas bien, non. Même moi je pouvais le dire. Et ça voulait bien dire que quelque chose clochait. Il parlait lentement, il avait maigri, il était pâle ; il n'avait pas l'air vraiment vivant. Depuis que j'étais entrée dans la pièce, il n'exprimait rien ; pas de joie, pas de colère, pas de tristesse. Je n'avais eu droit à aucun sourire, moi qui m'était habituée à le voir souriant et bien plus avenant. Là il se contentait de poursuivre la conversation, de l'alimenter vaguement, comme si ça allait effacer tout le reste, l'environnement, les détails. Sauf que les détails ont toujours été plus parlants que les mots...

-Qu'est-ce que ça veut dire, "anémié" ?


Et ne t'excuse pas pour m'avoir inquiétée... N'importe quoi. C'est à moi de m'excuser pour ne pas l'avoir fait avant. Je ne sais pas si ce que tu as c'est grave, mais je sais que pour être là depuis un mois, ce n'est pas rien non plus... Et surtout, ça ne s'arrange pas. La précaution, c'est deux semaines ; après, c'est de la garde prolongée parce que les choses ne s'améliorent pas, voire se détériorent.

-On devrait essayer de se voir plus souvent. C'est dommage, on s'est un peu perdu de vue... Je trouve ça bête. J'aime bien passer du temps avec toi.

J'aurais dû venir plus tôt. Dire ça, ça ne changera absolument rien...

-Tout ce qui est dans ta chambre, c'est toi qui l'a fait ? Tu l'as fait ici ? Tu l'as ramenée de ta chambre à l'Institut pour décorer ? ...


Et moi aussi, je poursuis la conversation, comme si rien de tout cela n'était grave, comme si je faisais un simple visite de courtoisie à un ami qui ne va rester qu'une semaine, voire deux, dans cette chambre d'hôpital. Mais après tout, qui étais-je pour me permettre d'aller à l'encontre de ses désirs ? Car c'était bien ce qu'il désirait, non ? Faire croire que tout allait parfaitement bien ?
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Sam 25 Fév 2017 - 18:31
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« Je n’ai plus assez de globules rouges et comme j'ai jamais eu un grand appétit j'ai pas l'énergie pour en faire de nouveaux à ce que j'ai compris. »

Normal t’en as laissé quelques-uns dans ta chambre à l’internat je crois… Et les autres, bah quand on mange pas on va pas s’étonner de ne plus te voir fabriquer des cellules. T’es con Angie tu sais ? Et plus tu parles plus elle s’inquiète. Tu aurais mieux fait de mentir tu vois, lui dire que tu avais eu une crise d’hémorroïdes et qu’ils te gardaient en observation… Ou une colique néphrétique, enfin un truc où tu douilles bien et qui expliquerait ta gueule de cadavre… Mais si  tu es né handicapé tu n’as jamais été malade, alors tout ça tu ne connais pas vraiment… Tu n’as pas la culture nécessaire pour inventer un bon mensonge.

Tu n’as pas particulièrement envie de la voir plus souvent, pas envie non plus qu’elle recrée ces liens que tu essaies de défaire un à un. Tu ne veux plus être leur prisonnier. Tu veux partir. T’envoler. Arrêter d’être. Tu ne veux pas plus de regrets, plus de douleur… Tu ne veux même plus essayer. Angie, tu t’es perdu mais ne pourrais-tu pas essayer de te retrouver ?
Tu te contentes d’un vague haussement d’épaules. Ce n’est pas très classe ce que tu fais, mais tu lui laisses le libre choix pour l’interpréter. Tu ne cherches pas  à la retenir, mais tu ne la forces pas à fuir. Ça aurait été facile pourtant tu ne crois pas ? Lui dire que tu ne ressentais pas ce besoin de rapprochement aurait juté un froid… Tu ne l’as pas fait.
A quel jeu joues-tu donc ? Aucun, tu as perdu… Et j’ai perdu. MERDE. Ceci étant, cela ne change rien au fait que tu aurais du lui dire de partir. Cela aurait été plus correct… Mais peut-être que tu as encore envie de tisser des liens ? Que tu as encore envie qu’on te retienne ? Laisses moi croire Angie, laisses-moi croire qu’au fond de toi tu voudrais aller mieux.

« J’ai fait ça aux ateliers du mardi après-midi. Des élèves organisent ça dans le hall, c’est ouvert à tout le monde patients comme soignants, les visiteurs aussi d’ailleurs. Ils ramènent de quoi peindre et sculpter, ils ont même des perles et ce genre de trucs… »


C’était juste informatif, tu ne te mouillais pas. Tu ne disais pas que c’était le psy qui t’avait demandé de te rendre à ces ateliers et que tu n’avais accepté que récemment. Que lorsque tu avais compris qu’il faudrait qu’ils croient que tu allais mieux avant qu’ils ne te laissent sortir.

« S’il y en a un qui te plait tu peux le prendre. »

Encore de la politesse… Ou est-ce autre-chose ? J’aimerais croire que tu veuilles lui laisser une preuve de ton existence. Que tu ne veuilles pas être oublié… ce serait déjà un début… Angie, accroches toi.
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Sam 25 Fév 2017 - 19:55
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-Et j'imagine que du coup, c'est dangereux vis à vis du système immunitaire ? Je n'y connais rien, désolée.

Parler, parler, parler pour parler. Ca aurait pu m'intéresser, dans d'autres circonstances, mais là, j'étais bien trop préoccupée par son état pour m'intéresser à une question médicale.

Il m'expliqua qu'il avait réalisé ces sculptures et dessins lors d'ateliers proposés le mardi après-midi à l'hôpital ; une initiative des élèves visiblement. C'était bien. Je trouvais même ça hyper intéressant. Et d'une certaine façon, ça me rassura de savoir qu'il allait là-bas. Il ne passait pas tout son temps tout seul à regarder à travers la fenêtre...

"Tout seul". Cette pensée me perturba. Comment pouvais-je penser ça ? Peut-être que beaucoup de monde venait le voir. Après tout, Charlie-Ange était relativement sociable. Il avait forcément dû rencontrer d'autres personnes, il s'était fait des amis ici. Alors de quel droit osais-je me permettre de penser qu'il était tout seul ?

Son regard vide ? Son absence d'expression ? Ses joues creuses ?

Je baissai une nouvelle fois le regard, avant de le reporter sur ses productions. En prendre une ? Elles me plaisaient toutes, après tout, Charlie-Ange était très doué, je l'avais su dès que je l'avais rencontré. Mais de là à en prendre une ? Je n'osais pas me le permettre. Il m'en aurait offert une, j'aurais accepté. Mais de là à choisir, à prendre de moi-même... C'était bien plus gênant.

-Il y en a un qui me correspondrait plus, tu penses ? Je te laisse choisir pour moi.


Pourquoi m'en donner une à moi ? Il avait passé du temps dessus. C'était comme s'il cherchait à s'en séparer... Je ne le prenais pas mal - je n'arrivais juste pas à avoir d'avis sur sa façon d'agir.

-Tu as des amis qui viennent participer avec toi à cet atelier ? Ca doit être sympa.
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Sam 25 Fév 2017 - 23:38
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« Aucune idée, je capte rien à leur charabia de médecins. »

Les sciences ça n’a jamais été ton truc de toute manière. Pour toi la vie, le corps humain, tout cela avait toujours été constitué de magie. Alors tu captais pas pourquoi ils te gardaient à l’hôpital parce que ton corps il fonctionnait bien, enfin tu pas plus mal qu’avant… Ils refusaient même que tu portes tes habits normaux pour éviter que tu puisses fuir. Un homme qui part en pyjama d’hôpital a plus de chances d’être intercepté que celui qui porte des habits civils… Tu allais bien, pourquoi s’obstinaient-ils à te priver de ta liberté ?
Tu voulais mourir, tu ne t’en étais pas caché lors de tes premiers jours ici, en temps qu’homme libre tu désirais mettre fin à tes jours. Quel droit revendiquaient-ils pour t’en empêcher. Ils disaient que tu étais déprimés, que tu étais malade, que ton esprit ne fonctionnait pas comme il aurait dû. Alors ils te donnaient des tonnes de pilules pour que tu guérisses mais elles embrumaient encore plus ton esprit. Il n’y avait aucune logique dans leurs actions. Ils pensaient guérir ton esprit, faire fléchir ta motivation. Ils ne faisaient que gagner du temps. Tu ne voulais nuire à personne, aussi tu n’attentais pas à ta vie sous leur surveillance mais un jour viendrait où tu n’aurais plus cette retenue. Ils te poussaient encore et toujours plus dans tes derniers retranchements.

Tu la regardes et tu regardes ensuite tu regardes tes dessins. Il n’y en a pas vraiment un qui lui conviendrait plus qu’un autre. En tenant compte de la couleur de ses yeux tu finis par décrocher une aquarelle d’Iris dont le violet rappelle le leur. Une patiente l’avait ramené de sa chambre pour l’atelier, il semblait complexe à dessiner il t’occuperait plus longtemps que les autres objets à ta disposition. Voilà ce qui avait motivé ton choix. Tu t’ennuyais, tu passais ton temps à t’ennuyer mais tu n’avais rien envie de faire pour que cela change.

« Tiens. »

C’est dérisoire un cadeau… Tu en as fait des dizaines dans ta vie, des centaines. Tu as toujours donné tout ce que tu pouvais offrir. Plus encore parfois. Que laisseras-tu sur terre ? Se souviendra-t-on de tes présents ? De ta gentillesse ? Non, tu le sais bien ce que tu prépares effacera tout cela. De toi ne restera que ton égoïsme et ta faiblesse ; ton frère dira à ses enfants que leur oncle avait toujours été fragile, tes parents parleraient toujours de toi au passé car tu resterais pour eux le souvenir de l’enfant heureux que tu avais été préférant oublier l’image de ce que tu étais devenu.

« Les gens de l’hôpital ne sont pas vraiment des amis, ils vont, ils viennent, ils ne s’attardent pas. Personne n’aime les hôpitaux. »

Il faut être malade pour se faire médecin et y passer sa vie. Tu poses la punaise dans une sorte de récipient d’argile. Tu pourrais essayer d’entretenir la conversation mais aucun mot ne se bouscule pour trouver le chemin de tes lèvres. Tu n’as même pas d’idées à exprimer, et étrangement cela ne te gènes pas. Tu ne te rends même pas compte d’à quel point tu es ralenti.
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Dim 26 Fév 2017 - 1:22
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Je pris le dessin qu'il me tendait. Les traits étaient si précis, si souples et pourtant si sûrs à la fois. Je relevai les yeux vers lui, et lui offris un léger sourire.

-Merci.

Il ne me l'avait donné sans grande conviction, mais j'avais envie de le prendre, envie de le garder, parce que j'avais le sentiment que ce moment que j'allais passer dans cette chambre d'hôpital allait resté gravé dans ma mémoire, comme ce jour où j'étais venue chercher Charlie-Ange en France.

Il répondit à ma question et je baissai les yeux sur le dessin qu'il m'avait donné, le posant sur mes genoux, repassant du bout du doigt les lignes conductrices de la fleur. Ce n'était pas ma question. Mais tu n'avais probablement rien d'autre à répondre à ma question, pour me répondre ça. Est-ce que c'était volontaire, de l'éviter comme ça ? Ou bien n'avais-tu vraiment pas compris ? Personne ne venait te voir ? Pourquoi est-ce que tu n'avais pas d'amis qui venaient ? Tu avais tout pour être apprécié, tout pour être accompagné. Qu'était-il arrivé à cette fille avec qui tu étais à l'anniversaire d'Aria ? Cette fille que j'avais vu te rejoindre au carnaval ? Je ne comprenais pas. J'étais perdue.

Je relevai les yeux vers lui, et tentai un sourire -encore, toujours.

-Lorsque je suis venue te chercher, tu m'as dit que tu voulais me dessiner,
me souvins-je. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi tu as voulu faire ça. Ni même pourquoi tu m'as demandé si j'étais réelle.

Tu ressemblais un peu à ce Charlie-Ange que j'ai aujourd'hui en face de moi. En différent. Tu étais triste, mais pas encore éteint. Tu étais triste, mais tu avais gardé l'espoir, un petit espoir qui t'avait permis de me répondre oui lorsque je t'avais proposé de venir ici. Une once d'espoir, à laquelle Terrae n'avait pas répondu, visiblement...

-J'aimerais beaucoup te voir dessiner. Je n'ai toujours vu que les produits finis...

Je jetai un regard rapide autour de moi, cherchant un style, un calepin, quelque chose que j'aurais pu lui tendre pour qu'il dessine. Parce que dessiner, c'était un peu vivre, non ? C'était animer son corps, au moins un peu. Il s'était levé sans conviction de son lit, s'était déplacé d'un pas presque lourd jusqu'à ses dessins ; il ne souriait plus, plus du tout, et ça, c'était assez dur à voir. Il n'essayait même pas de faire semblant, il ne cachait rien, il ne simulait pas ; il s'éteignait, et c'était tout.

-Tu n'as pas une feuille qui traîne, un crayon, quelque chose ?


S'il te plaît, Charlie-Ange, vis.
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Dim 26 Fév 2017 - 10:40
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« Il y avait une lumière autour de toi. »

A quoi bon mentir. Tu avais eu envie de capter cette lumière quand tu l’avais vue. Elle était si chaleureuse, les choses auraient-elles été différentes si tu avais réussi à la saisir ce jour-là ? Bien sûr que non les suivants se seraient chargés d’estomper ses traits. Les bons souvenirs s’étaient tous estompés, tu savais confusément qu’ils avaient existé, mais tu n’arrivais plus à t’en rappeler clairement. La première fois que tu avais porté ta nièce dans tes bras, les sourires que tu avais échangés avec ta famille… Tout ça s’éloignait.
Tout comme tu n’arrivais plus à te souvenir des bons moments que tu avais passé avec cet homme sans sentir une grande amertume et douleur. Les temps qui ne peuvent plus revenir sont ceux que l’on regrette le plus. Au fond t’as jamais réussi à tourner la page, t’as juste fait semblant. Tu as fait comme si tu allais bien, tu t’y es trompé un temps. Maintenant tu savais que cela ne servait plus à rien de te mentir, maintenant tu n’en avais plus envie. T’en avais marre de penser que ça finirait bien par aller mieux. T’en avais juste mare de t’accrocher à des fadaises. Tu n’irais pas mieux avec le temps, tu en avais juste assez d’aller mal. Tu ne voyais plus d’autres échappatoires à ta douleur.

« Non désolé, je n’utilise que les fournitures de l’atelier. »

Cette chambre au final est trop vide. Il y a bien cette télé dont tu n’as pas payé l’abonnement, ce cadre noir et inanimé te regarde morne. Il y a tes dessins, un livre qu’une des infirmières t’a conseillé et plus ou moins forcé à emprunter à la bibliothèque du service, un bien grand mot pour une étagère rempli des livres abandonnés ou offerts. Elle servait à distraire les malades, mais toi t’arrivais pas à te concentrer assez longtemps sur quoi que ce soit, tu ne finissais pas tes phrases, tu regardais les mots sans qu’ils ne t’atteignent. Ils ressemblaient à cette fenêtre que tu mirais à longueur de journée, ils auraient être une ouverture sur un autre monde, ils n’étaient qu’un mur pour toi.

La porte s’ouvre après que l’on eut toqué, une femme en blanc rentre.

« Tu as fini ton jus Charlie ? Oh pardon je ne savais pas que tu avais de la visite c’est plutôt rare. »


Rare. Doux euphémisme, tu n’as jamais vu personne. Personne ne s’inquiète pour toi. La femme t’infantilise sans même s’en rendre compte. Elle ne sait pas que tu n’as jamais aimé qu’on t’appelle Charlie, elle essaie encore de t’atteindre… Elle est courageuse et pleine de bonne volonté, mais tu ne lui parles pas plus qu’aux autres.

« Pas encore, je n’en ai bus que la moitié.
- Il faut que tu finisses ! Tu ne reprendras jamais de poids. Vous voulez bien l’encourager mademoiselle ? »
dit-elle en quittant la chambre.

Tu ne bois pas tes compléments alimentaires, enrichis en tout, en graisse, en lipides, en protéine mais certainement en gout. Tout cela te laisse indifférent. Tu ne finis aucun de ces encas ou de tes repas, mais tu manges déjà plus depuis deux semaines que veut-elle de plus… Tu lèves les yeux au ciel.

« Si tu en veux fais toi plaisir, ils me gavent de jus de fruits et laitages enrichis mais je n’aime vraiment pas leur gout. »
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Dim 26 Fév 2017 - 13:21
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De la lumière autour de moi ? Je l'observai sans comprendre. Je savais qu'il pouvait bien y avoir cette aura, lorsqu'on était Master ; mais elle n'était pas visible. Pas à l'oeil nu. Cette aura rendait surtout notre voix plus envoûtante, notre présence plus rassurante - et encore, parfois j'avais pas l'impression que ça fonctionnait avec moi. Alors comment pouvait-il y avoir eu une lumière autour de moi ? J'ignorais la possibilité de mes cheveux blancs qui auraient pu attirer son oeil. Je ne voyais rien d'autre. Mais poser la question aurait été un peu déplacé. Alors je ne dis rien, et hochai vaguement la tête avant de baisser les yeux sur ce dessin posé sur mes jambes.

Pas de dessin envisageable là, maintenant. Il ne faisait absolument aucun effort, c'en était troublant. Pourquoi est-ce qu'il était aussi mort ?

Je sursautai lorsque la porte de la chambre s'ouvrit, n'ayant pas entendu les coups. Une infirmière débarqua, pleine de joie de vivre, du peps dans la voix, et des paroles douces et encourageantes à l'intention de Charlie-Ange. Je lui offris un petit sourire, et hochai la tête lorsqu'elle s'adressa à moi. Au moins, je n'étais pas folle : il avait bien maigri, suffisamment pour que ça en devienne inquiétant... Et personne ne venait le voir. Personne. Ou bien très rarement...

Je ne savais plus quoi lui dire. Je ne voulais pas m'énerver, parce que de toute façon, qui étais-je pour le faire ? Mais répondre mollement à ses paroles lancées en l'air, pour vaguement faire la conversation, ça n'était pas mieux, ça n'aidait pas vraiment. Il ne relançait pas de vraie conversation, il ne s'intéressait qu'en surface à tout ce que je pouvais lui dire.

-Je n'ai pas soif, merci. Et ce n'est pas moi qui ait besoin de prendre du poids...


Je regardai un instant mon dessin, avant de soupirer. Je lui tendis, abandonnant ce cadeau ; j'aurais d'autres souvenirs de cette journée. Ce dessin était froid, et je n'en voulais pas. Si c'était pour qu'il reste enfoui dans un tiroir, ça n'était pas la peine, non...?

-Je ne vais pas le prendre. Si tu m'offres un cadeau un jour, je préfère que tu me l'offres par envie. Là, c'est juste... Je sais même pas ce que c'est. T'as vraiment pas l'air bien, Charlie-Ange. Pourquoi est-ce que tu agis comme ça ? Tu as l'air tellement... éteint... Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que t'en arrive là ? Je comprends pas.


Je baissai les yeux, un peu honteuse. Je n'avais pas à lui dire ça. Ce n'était pas ma place...

-La dernière fois que je t'ai vu, tu avais l'air tellement mieux...
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Dim 26 Fév 2017 - 14:01
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Bam mange toi cette réflexion dans tes dents Angie ! Sauf que comme toutes les autres elle ne t’atteint pas vraiment. T’en as rien à foutre de poids, de toute manière t’as toujours eu un corps moche. T’étais trop gros, trop maigre, jamais comme il faut. Puis au fond ton poids n’avait jamais été ton plus grand complexe de toute manière, tu t’en étais toujours plus fait pour tes mouvements malhabiles que pour la forme de tes biceps, quasi inexistants par ailleurs.
Tu hausses les épaules d’accord, tu attendras qu’elle soit parti pour aller le vider discrétos dans un évier. Si ça peut faire qu’on te foute la paix, t’as pas envie de te battre, tu trouves ça inutile. Faut juste que tu les contentes pour qu’ils te foutent la paix, juste que tu fasses ce qu’ils disent. Tiens voilà revenir le moins que rien, moins tu t’investis mieux tu te portes. Moins on t’en demande mieux tu te portes.

« Ah. Bon j’le raccroche alors. »


C’est tout. Tu ne nies pas, tu ne réponds pas à ses questions. T’as pas de réponses de toute manière, s’il y en avait une tu saurais quoi arranger pour aller mieux… Mais peu importe la façon dont tu regardais tu n’arrivais pas à comprendre pourquoi tu te sentais comme ça, insignifiant. Seul. Mal. C’était toujours pareil, peu importe les efforts que tu déployais, le temps où tu arrivais à faire semblant d’être heureux, elle revenait cette douleur. Elle te rongeait, te détruisait. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Jusqu’à ce que tu ne puisses plus lutter.
T’avais passé ta vie à chercher ta place dans ce monde, tu ne l’avais pas trouvée. C’était peut-être pas plus compliqué que ça. Ta famille dira que tu as toujours été un garçon fragile. Trop sensible. Les psy auront de grandes théories… Et les gens qui te connaissaient ne comprendront pas. Pas plus qu’elle ne comprend elle, pour comme pour les autres Charlie-Ange c’était quelqu’un de lumineux, quelqu’un de chaleureux. Ce n’était pas cette comédie d’être humain hautain qui ne trouvait de gout en rien.
Cet homme vide, il ne le reconnaissait pas non plus. Il ne faisait plus d’efforts pour aller bien, il s’en foutait. Il attendait juste qu’on se lasse de le garder emprisonné, qu’on se lasse de lui et qu’on l’oublie. Il se fout du reste, il est devenu un monstre d’égoïsme. Pourtant il ne la jouerait pas à la Oksa, il ne lui dirait pas que la personne qu’elle voyait en lui et croyait connaitre était celle qu’elle voulait voir. Ça faisait trop mal d’être rejeté, il préférait la laisser se lasser.

« Je sais pas vraiment quoi te répondre, je sais pas ce que tu as besoin d'entendre.
»

Tu récupères le dessin et la punaise, le tout retrouve sa place comme si rien ne l'en avait délogé.
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Dim 26 Fév 2017 - 16:12
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C'est pas moi qui ait besoin d'entendre quelque chose. C'est toi qui devrait te rendre compte que tu en avais besoin. C'était un peu comme Allen. Surtout quand Aoi m'avait raconté, même plus tard. Sauf qu'Allen avait extériorisé, d'une certaine façon. Pas avec moi, mais avec elle. Il n'avait jamais osé me confronter. Mais il avait fini par le faire. Sous l'emprise de l'alcool, certes, mais c'était sorti. Et parce que c'était sorti, on avait su comment l'aider - Aoi, surtout.

Alors ouais, Charlie-Ange, moi j'ai rien besoin d'entendre ; c'est toi qui doit forcément avoir des choses à dire, non ? Comment peux-tu être si indifférent ? Comment peux-tu être si mou, si lent, si... Je n'sais pas. Si absent ? T'as rien à dire ? T'es pas en colère ? Comment on peut aider quelqu'un qui a déjà abandonné ? Est-ce que c'est possible au moins ? Pourquoi tu ne te fâches pas ? Pourquoi t'es pas heureux, pourquoi tu n'es pas même blasé ? Pourquoi t'es... rien ?

-Cette fille aux cheveux bleus... Je ne me souviens plus de son prénom. Elle est venue te voir ? Elle sait que tu es ici ? J'avais l'impression que vous étiez proches, tous les deux...


Tu veux que je te dise quoi de plus ? Que je te laisse ? J'sais plus quoi faire, j'sais plus quoi dire. D'un côté, je pourrais partir. Oui, après tout, on n'est pas amis, j'ai juste pensé à toi, et comme j'étais sans doute fatiguée de ma journée, j'me suis vite inquiétée et j'ai voulu venir te voir, quand bien même nous n'étions pas proches. Alors je pourrais partir. Je pourrais, mais j'en ai pas envie. Quelque part, j'ai l'espoir que je trouverais le mot qui te débloquera, j'ai envie d'appuyer sur le bouton "reset" pour que tu te vides de toutes les conneries qui te brouillent le cerveau et pour que tu retrouves ne serait-ce qu'un peu de la personne que j'ai rencontré autrefois. Est-ce que c'est possible, est-ce que ce bouton existe ? J'en sais rien. Mais qui ne tente rien n'a rien, pas vrai ?

Parce qu'après tout, si toi tu sombres, j'aurais même pas réussi à tenir cette promesse muette que je me suis fait le jour où je suis venue te chercher.
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Il paraît que ça va pas fort en ce moment. (Pv : Angie)

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