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Et nos chagrins se noieront quand nos rires résonneront. [Roxanne]
##   Mer 12 Avr 2017 - 13:12

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Une bouteille de vin blanc – pourquoi d’ailleurs ? c’est quand même sacrément immonde ce truc – Oksa rentre en tanguant vers l’institut. Malgré l’alcool et les jours qui se sont radoucis, la soirée est bien entamée – dix heures passées ? ou plus, ou moins, aucune idée – et le froid est arrivé, la chassant du bord du lac. Elle ne marche pas bien droit, Oksa. Déjà qu’elle se prenait les murs – moins qu’après son Etoilisation, mais toujours puisqu’elle ne prend pas franchement la peine de faire des efforts – là, elle manque de rentrer dans tout ce qui passe devant elle. C’est plutôt bien qu’il n’y ait pas grand monde dehors, sinon entre les arbres et les gens, elle serait revenue couverte de bleus, la jeune Air.

On lui a dit que parfois, le chagrin disparait dans l’alcool. En fait, elle a vite compris que c’est juste que la tristesse s’engorge de vin au point de paraitre plus douce, plus drôle. Rire de son malheur vaut mieux que de le pleurer, non ? Alors elle avait enfilé son sweat et caché ses cheveux bleus sous l’épaisse capuche. Elle était sortie un peu avant la fermeture des magasins pour aller acheter une bouteille. Mais elle n’avait jamais bu, à part une bière dans un bar avec Angie - arg, que ce simple nom est douloureux, se dit-elle. Elle secoue la tête. Envolé, le souvenir. Noyée, la peine.

Bref. Elle avait pris n’importe quoi de pas trop cher et était sortie. Mais peu après le quart de la bouteille, la petite Oksa trouvait déjà qu’elle avait un peu trop bu comme une grande. Elle riait seule, notre enfant de vingt et un ans. Elle aurait bien pleuré seule aussi, mais ça elle l’avait trop fait. Elle en a marre. Alors elle a transformé ses sanglots en gloussements solitaires au bord de l’eau. Sauf qu’au bout d’un moment, la solitude pèse partout. Elle pensait qu’en sortant de sa chambre, ce serait plus léger. Mais dehors comme en intérieur, elle commençait à saisir qu’elle n’est pas faite pour être isolée.

Elle prend une nouvelle gorgée. Elle veut oublier. Tasser au fond d’elle son envie d’aller voir Selvi, de s’excuser. Aller voir Angie, s’assurer qu’il va bien. Trouver Akira…

- Akira, murmure-t-elle alors.

Les yeux d’Oksa brillent un peu plus et comme par habitude sa main libre vient chercher le cristal qu’elle avait auparavant accroché autour du cou. Mais il n’est plus là, et son cœur se serre. La bouteille serrée dans la main elle se dirige alors tout droit vers l’étage des Feux. Enfin, tout droit… Elle prend quelques virages inexistants, découvre des murs à des endroits insoupçonnés. Heureusement qu’elle ne croise personne, Oksa. Parce que là, elle n’est pas franchement glorieuse. D’ailleurs, les escaliers lui prennent une plombe à monter. C’est une bonne chose que l’étage ne soit pas tout en haut, elle n’y serait probablement pas arrivée avant le lendemain. Vous savez, l’alcool mêlé à la tristesse rend les jambes lourdes, les épaules plus basses on dirait.

Enfin, elle arrive au couloir voulu. Mais là, un flot de questions s’ajoute à la balance et ses jambes lâchent. Elle se retrouve assise en tailleur devant toutes ces chambres qui lui font face. Est-ce qu’Akira est bien là ? Après tout, ce ne doit pas être le cas. Ce n’est pas vraiment assuré qu’après avoir tué une élève on puisse rester dans l’institut. Ce serait même fichtrement étrange, pour ne pas dire inquiétant.

Quand soudain, Oksa entend des pas. Elle redresse la tête en faisant tomber sa capuche en arrière, le regard soudain étrangement animé.

- Akira ?

Mais sa mine se fait un peu plus déçue. Ce n’est pas le jeune blond qu’elle voit, mais une jeune fille qui lui parait d’ailleurs un peu trouble.

- J’t’ai prise pour quelqu’un d’autre, marmonne l’Air. ‘scuse moi.

Elle ne lui propose pas à boire mais pose la bouteille à côté d’elle. Ça fait longtemps qu’elle n’a pas eu un peu de compagnie, notre Oksa, et ce soir elle en voudrait bien. Mais ça fait si longtemps qu’elle a zappé comment on demande.



##   Mer 12 Avr 2017 - 19:57

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Elle avait passé sa journée enfermée, dans la salle d’art, avec des pinceaux et de l’aquarelle. Elle en avait eu envie en se levant le matin, elle ne savait pas pourquoi, enfin, jusqu’à ce qu’elle pose son crayon de bois sur le papier et se rende compte de ce qu’elle était en train de dessiner. Elle en avait assez, il était partout maintenant, pourquoi maintenant hein ? Elle avait fait quoi ? Elle avait juste décidé, avec les encouragements du psy, de communiquer un peu plus, de se forcer à dire ce qu’elle pensait stupide ou évident. Ce qu’elle avait fait, pour être tranquille, et qu’il arrête de traîner toujours dans un coin de sa tête. Elle avait pas fait d’efforts pour garder le contact, oui, mais elle avait toujours été comme ça, surtout quand elle remarque qu’on veut pas la voir. Alors, elle lui en avait pas voulu, pendant tout ce temps, non, parce qu’elle comprenait. Mais dernièrement, avec ces aveux offerts gratuitement et sans réponse, la colère commençait à gronder en elle. Alors, à la fin de la journée, ce qui aurait pu être un joli portrait, devint juste une silhouette floue parsemée de tâches grises, noires, violettes et rouges. Surtout rouges en fait, l’aquarelle rendait très bien ces choses-là, et elle ne sut pas quoi en faire, le laisser là, l’emporter, le briser…

Bien trop tard pour manger, alors qu’elle crevait littéralement de faim, elle quitta la salle d’art, le tableau en main finalement. Elle se dirigea vers le couloir des Feux, ignorant délibérément les noms indiqués sur les portes, elle savait qu’elle aurait juste eut envie de toquer, d’entrer, de le pardonner, de faire comme si de rien était, de juste être avec lui, et ça l’énervait encore plus. Depuis quand elle était comme ça ? Sérieusement, au lycée, elle avait eu plusieurs copains, à la fac aussi, y a jamais eu tout ça, tous ces sentiments contradictoire, cette envie de le voir et de lui en vouloir, cette douceur en pensant à lui et la tristesse qui venait avec, l culpabilité et la colère, l’amour et la déception. Elle en avait marre, vraiment, parce que tout ça, ça l’avait foutu plus bas que n’importe quoi avant, et elle voulait remonter, elle s’était décidée à se battre pour remonter, avec ou sans aide, et plus elle y pensait, plus il était là, omniprésent, et ça l’agaçait, elle se sentait déjà assez faible quotidiennement sans avoir besoin de ça en plus…

Elle sursauta en entendant une voix dans le couloir, sérieux, des gens debout à une heure pareille ? Enfin, elle l’était aussi mais bon, elle dormait beaucoup moins qu’avant, c’était pas étonnant du coup. Bref, de toute façon, on l’avait confondu, elle haussa les épaules et fit quelques pas, avant de s’arrêter. Attendez là, elle a pas rêvée, la voix, c’est bien la gamine assise au sol, toute déprimée, avec une bouteille de vin à la main ? Mais sérieusement, Terrae, le bordel sans nom… Elle aurait pu passer, laisser tomber et la laisser se démerder mais… Non. Elle aurait aimé qu’on l’aide si ça avait été elle, quelque chose qu’on a pas fait, alors, elle pouvait bien le faire non, si au moins ça sauvait une personne dans ce monde de fous…

_ Hey, cocotte… T’as l’air de pas trop tenir le coup ? Je peux t'aider à finir ta bouteille si tu veux.

Elle ne sut pourquoi, mais les larmes montèrent plus vite qu’elle ne l’attendait, ça faisait mal, mal de voir les gens souffrir. Des gamins, aussi jeunes, qui devrait, comme elle à l’époque, s’amuser et rigoler sans penser aux conséquences… Elle se retint de pleurer, parce qu’elle pourrait le faire plus tard de toute façon. Alors elle s'installa à côté d'elle, en espérant vraiment qu’elle ne fuirait pas, et posa doucement le tableau contre le mur.

_ On dirait qu'on est deux à passer une journée de merde hein ? Tu veux en parler ?

Elle ne savait pas comment faire, elle ne voulait pas la laisser la, se faire du mal toute seule, mais elle ne voulait pas la brusquer ou l’effrayer non plus. Ah, c’était vraiment la merde la communication hein.



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##   Sam 15 Avr 2017 - 21:22

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La jeune fille aurait pu juste passer son chemin. Tracer. Fuir la tristesse que dégage notre petite Oksa. Elle aurait pu ne pas se retourner. Ne pas la regarder. La croiser et l’oublier. C’est ce qui se fait, non ? On voit des gens pas en forme, on voit des gens qui n’attendent qu’une chose : qu’on leur tende la main. Mais on ne s’en préoccupe pas. Nos regards glissent sur eux et, si on a un cœur, ils s’y attardent un instant, puis s’en vont. On s’en détourne, on les zappe. Après tout, on a nos propres problèmes, non ? C’est déjà assez compliqué comme ça, on ne va pas non plus porter la misère du monde sur nos épaules qui subissent déjà tellement.

Oui, la jeune fille aurait pu faire tout ça. La jeune fille aurait pu juste être humaine. Mais ce soir-là, elle a décidé d’être un peu plus que « juste humaine ». Elle a posé ses yeux sur l’Air si brisée et les y a laissés. Elle s’est approchée, s’est installée et a décidé de causer. Alors Oksa laisse échapper un rire un peu triste, un peu pathétique. Elle pose ses prunelles violettes sur sa sauveuse du soir et lui tend la bouteille d’un geste fatigué :

- J’crois qu’il vaut mieux qu’on m’aide à la finir, en effet… murmure-t-elle, les joues rosies par l’alcool.

C’est elle ou la jeune fille a envie de pleurer ? Bah dites-donc, elles forment un bien triste tableau à elles deux. Alors Oksa glisse un peu sur les fesses pour s’approcher et tapote la cuisse de celle qui s’est arrêtée pour elle :

- Allons, allons… Faut pas avoir envie d’pleurer comme ça… ‘fin si t’as besoin, fais-le. Mais fais-le une bonne fois pour toutes, comme ça t’auras plus envie après.

L’alcool ne rend pas très logique, ce n’est pas une grande nouvelle. Et puis, elle est assez mal placée pour dire ça, Oksa. Avec ses yeux humides qui ne demandent qu’à couler, et son cœur si douloureux qu’elle voudrait bien le jeter et le piétiner de temps en temps.

Elle hausse des épaules et sourit doucement. Un sourire brisé qui a l’air de contenir toute la douleur du monde. Ça fait si longtemps qu’elle transforme ses peines en haine et en rage, Oksa, que maintenant qu’elle est saoule elle ne sait plus comment encaisser ce chagrin qu’elle ignorait.

- J’sais pas si parler ça aide. J’suis pas d’une très bonne compagnie, t’sais ? Et puis, j’ai pas vraiment été une très bonne oreille ces derniers temps. Ni très bavarde en fait. J’ai pas été grand-chose, pour dire vrai.

A part une petite connasse pathétique, j'entends...

Eh bah alors, Oksa ? C’est pas toi qui disais que quitte à pleurer, autant pleurer un grand coup ? Alors pourquoi tu retiens tes sanglots comme ça ? Tu les bloques tellement que t’as l’air d’avoir la gorge toute gonflée et que ta lèvre inférieure tremblote.

- Mais t’avais l’air de dire que t’avais passé une journée de merde… Alors pa-

Elle inspire profondément, ravale ses larmes et ses sanglots pour les enfouir dans ses poumons, son ventre et ses entrailles avant d’achever sa phrase dans un souffle :

- Parle. J’crois que je vais reboire un coup plutôt que causer, moi. Mais j’t’écoute.

Elle tend une main fébrile vers la bouteille et porte le goulot à sa bouche. Une gorgée qui vient se mêler aux sanglots étouffés. Une seconde qui la fait oublier. Une dernière qui lui brûle la trachée avant qu’elle ne repose le vin en reniflant.



##   Dim 16 Avr 2017 - 20:49

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Elle avait l’air jeune, si jeune, et déjà si triste… C’était injuste, que quelqu’un comme ça souffre autant. Que ce monde était con… Elle en était fatiguée, usée de se battre, de toujours devoir combattre l’envie d’abandonner. Parfois elle avait laissé la lassitude la vaincre, mais, dernièrement, elle n’en avait plus envie. Peut-être, probablement en fait, était-ce ses rendez-vous avec ce psychologue qui lui faisait en dire tant, qui lui faisait se rendre compte qu’en fait, elle ne savait pas elle même pourquoi elle souffrait autant exactement, qu’elle s’était tellement noyée dedans qu’il lui était impossible de voir ce qui lui avait attrapé la cheville pour l’entraîner au fond…

_ On a toujours un peu envie tu sais ? Mais c’est pas grave, sans nous, les industries de mouchoirs en papiers seraient ruinées hein.

Roxanne attrape la main de la jeune fille, la serrant dans la sienne, lui montrant son soutien ainsi. Elle l’écoutait, attentivement, et elle sentait la douleur dans ses mots, sans savoir quoi dire ou quoi faire, ce qui fit qu’elle passa simplement son bras autour de ses épaules en lui prenant la bouteille des mains, histoire qu’elle ne finisse pas tellement saoule qu’elle ne puisse plus marcher. Et puis, égoïstement, ça lui faisait du bien aussi, d’avoir un peu de contact, de chaleur humaine, alors elle en profitait.

_ Je me suis levée, après une courte nuit, j’ai commencé à faire des insomnies y a quelques mois. Bref, et puis, j’ai été peindre… ça. Je sais pas quoi en faire, c’est horrible. C’est genre… Je sais même pas si on peut l’appeler “ex” parce qu’on a pas vraiment été ensemble, mais… Parfois je me dis que j’aurai aimé que ce soit le cas.

Oh comme elle regrettait de ne rien avoir fait, de l’avoir laissé partir, s’éloigner, la fuir… Et évidemment, elle lui en voulait, parce que, au fond d’elle, pendant plusieurs mois, alors qu’elle s’isolait, il y avait toujours une partie d’elle qui avait espéré qu’il vienne, qu’il lui mette un bon coup de pied aux fesses pour la réveiller et lui faire comprendre que “hey, ça ira, t’isoles pas, je suis là” mais ça avait pas été le cas. Et elle ne pouvait pas le blâmer, parce qu’elle savait qu’il en avait eut besoin aussi, et elle avait pas été là du tout, rien, jamais, elle l’avait laissé se débrouiller, parce qu’elle en avait assez, assez de cette vie où tout le monde souffrait constamment. Alors bêtement, elle les avait fait souffrir tous les deux, parce qu’elle était tellement conne…

_ Il me sort plus de la tête, et ça m’énerve. Je sais pas quoi faire, ça m’angoisse, parce que je me dis que, merde, j’ai plus trop de temps à perdre si je veux un jour être maman quoi. Je vais avoir trente ans, mes ovaires disparaissent, et bientôt j’en aurai plus, et je veux, même si c’est leur offrir un monde pourri comme celui-là, je veux leur offrir une chance de pouvoir vivre dedans, et expérimenter toutes ces choses qui font de nous des adultes accomplis.

Oui, l’horloge biologique était une pression supplémentaire pour elle, autant que le fait qu’il y a quelques années, elle se serait bien imaginée, avec ses enfants, à lui, et ça, ça la tuait, parce qu’elle était persuadée que non, ça n’arriverait jamais, parce que rien que de réparer tout ça, ça prendrait un siècle… Alors elle prit la bouteille et bu, de longues gorgées.

_ A ton tour cocotte.

Elle s’était mise à lui caresser les cheveux, ses cheveux bleus, ces beaux cheveux qu’elle même avait fini par renier, par détester, parce que c’était ça qui avait pourri sa vie, cette vérité, et elle voulait oublier, elle voulait faire comme si tout ça n’existait pas, fuir, c’était plus simple. Mais maintenant, ça lui manquait, elle se sentait nostalgique, parce que, ces cheveux bleus, c’était l’époque où elle était relativement stable, triste mais pleine d’espoir et de vie, l’époque où elle s’aimait et s’acceptait, celle où elle ne fuyait pas ce qu’elle vivait ou ressentait… Elle était vraiment devenue moche...



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##   Lun 17 Avr 2017 - 13:08

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Oksa rit tristement à la remarque de la jeune fille. Oui, elles font fonctionner l’industrie de mouchoirs, c’est sûr. Bravo Akira, t’auras au moins fait une chose bien dans ta vie : faire marcher l’économie. Toutes mes félicitations.

L’Air se laisse attraper la main, laisse les doigts de son amie d’une nuit presser les siens. Elle ne voulait plus de contacts doux, de chaleur, d’aide, mais ce soir, elle l’accepte un peu. L’Humain ne parait décidément beau que dans la douleur. Elle se laisse étreindre et séparer de la bouteille, de son remède coupable. Elle s’appuie même contre la jeune fille. A peine, juste assez pour sentir sa tendresse égoïste. Car elle sait qu’il n’existe de réconfort désintéressé. Sa sauveuse a besoin d’une épaule pour pleurer, alors elle lui tend la main en sachant qu’elle l’a trouvée.

Et puis les mots coulent, un flot qui s’échappe de la pauvre âme en peine. Elle lui parle de peinture, et alors seulement Oksa remarque le tableau posé contre le mur. Une silhouette floue aux couleurs violentes et tristes. Trop de rouge, trop de dureté.

- J’aime bien ton tableau, souffle-t-elle doucement.

Parce que c’est vrai. Il est empli d’un chagrin refoulé, il est empli de sentiments. Il est vivant. Plus que nous, même…

La jeune fille aussi a le cœur piétiné par un garçon envolé. Mais la jeune fille est aussi inquiète par quelque chose qui parait si absurde à notre petite Oksa : le fait de ne pouvoir peut-être jamais être mère. Vouloir élever un gosse dans ce monde de merde… T’as jamais retenu la leçon ou quoi ? Elle ne peut s’empêcher d’être révulsée, révoltée à l’idée d’avoir un marmot dont elle serait responsable et qui finirait probablement par lui-aussi ressentir le vide. Alors elle écoute, Oksa, mais elle ne peut pas franchement dire qu’elle comprend.

Sa sauveuse lui caresse les cheveux, agit avec elle comme avec un enfant trop triste en fait. Et Oksa se renferme légèrement, perdue par tant de douceur. Elle échappe à l’étreinte de la jeune fille et recule un peu pour s’appuyer contre le mur, tournée vers son amie de bouteille. Elle ramène ses genoux contre sa poitrine et hausse des épaules :

- Garde ton tableau. Tu dis que tu sais pas quoi en faire, mais garde le. Ça sert à rien de jeter ce qui nous fait du mal, c’est pas comme ça que tu l’accepteras. Sinon t’y penseras tout le temps, et ce sera encore pire.

Elle sait ce qu’elle dit, Oksa. Elle cherche chaque jour de la main ce pendentif qu’elle aimait tant, le seul cadeau d’Akira, ce cristal qui la rassurait, qui lui faisait se dire qu’il n’était pas loin, qu’il veillait sur elle. Va te faire foutre, Akira. Elle cherche chaque jour ces marques d’amour, d’amitié qui décoraient ses murs. Ses photos, ses dessins, ses écrits. Ses souvenirs qu’elle a déchirés, détruit pour ne plus jamais y penser. Elle s’était convaincue qu’ils ne lui manquaient pas, qu’ils n’étaient rien, que futilité… mais l’alcool découvre des vérités cachées qu’elle-même n’osait soupçonner. Elle voudrait tout retrouver, elle voudrait que rien ne se soit jamais passé. Va te faire foutre, Akira. T’as tout gâché. Tout.

- Tu t’en fous, des gosses. T’as vraiment envie d’avoir un gamin qui deviennent comme ça ? Comme toi, comme moi ? Comme nous tous dans ce foutu institut ?

La voix d’Oksa tremble. Sa tristesse éclate en morceau, remplacée par la rage :

- Tu veux qu’il devienne un putain de meurtrier, lui aussi ? Tu veux qu’il essaie de se suicider, lui aussi ? Tu veux qu’il devienne un abruti qui rejette tout ce qu’on lui offre ? Qui détruit tout ce qu’il touche ? C’est ce dont t’as envie ?

Sa voix se brise. Elle avait oublié de respirer, alors elle prend un grand coup son souffle.

- T’as pas envie qu’il soit tout ça. Des adultes accomplis ? On n’est rien. Rien du tout…

Ses joues sont rouges. Elle a chaud Oksa. Mais elle n’aime pas ressentir cette haine, Oksa. Finalement, elle préférait le chagrin. Elle attrape la bouteille et boit une gorgée. Elle est désolée d’engueuler tout le monde, Oksa, mais des fois elle a l’impression que personne ne voit la réalité du monde. Elle aimerait leur faire comprendre, à tous, qu’il ne sert à rien de faire de nouveaux humains. Qu’avant ça, il faudrait voir à réussir à se gérer soi-même et ceux qu’on connait. Mais elle en a marre de s’emporter, Oksa, alors elle transforme cette haine en rire soudain. Ses épaules sont secouées par ses gloussement impossible à contrôler. Elle se marre, elle se marre à en perdre sa respiration. Elle rit nerveusement, amèrement, tristement, mais elle rit, Oksa. Elle voudrait vivre, Oksa. Elle voudrait sourire, danser, chanter, s’amuser. Elle voudrait juste oublier. Juste une nuit sans sanglots, sans larmes, sans culpabilité. Sa tête tombe sur ses genoux alors qu’elle pleure de rire, qu’elle s’en fait mal aux côtes. Et tout à coup, elle la redresse et pose ses yeux encore humides sur sa sauveuse :

- Viens on va danser. On oublie tout ce qu’on vient de dire et on va s’amuser. J’sais pas danser mais on s’en fout d’accord ? J’ai envie… J’ai envie de m’amuser.

Elle a le sourire tremblant, Oksa. Elle est saoule, Oksa. Mais elle espère que la jeune fille va la suivre, sinon elle ira danser seule, Oksa, ce qui serait un peu triste quand même.



##   Lun 17 Avr 2017 - 13:59

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Elle se rend bien compte qu’elle sait de quoi elle parle la petite saoule à côté d’elle, et c’est ça le pire, elle le sait, alors qu’elle a pas l’air si vieille que ça. Et, oui, elle se sent vexée et désemparée lorsqu’elle se dérobe à son toucher, parce que c’était la seule chose qu’elle savait faire pour réconforter les gens, elle savait pas quoi leur dire de toute façon… C’était probablement à cause de l’alcool que la conversation avait virée dans le coin des regrets, dans ces regrets que Roxanne nourrissait, parce qu’il y avait des choses qu’elle aurait aimé faire ou avoir, et qu’elle avait abandonné, des rêves qu’elle n’avait pas pu réaliser et auxquels elle allait devoir renoncer. Et c’était encore plus difficile d’entendre sa compagne de beuverie lui dire que c’était stupide, irréfléchi et que ça en valait pas le coup, c’est peut-être un peu pour ça qu’elle s’était vite emportée…

_ T’es sérieuse là ? Je… Merde quoi. Déjà y a d’autres façons de dire que toi t’en veux pas hein, c’est pas parce que t’es bourré que ça excuse tout. Et puis, ouais, ouais même si j’ai fini ici, ça m’empêche pas de vouloir des gamins. Et tu sais pourquoi ?

Tout ce qu’elle avait eut envie de dire, c’était ce qu’elle avait tu, ce “Parce que j’ai pas abandonné, et j’ai toujours l’espoir qu’on peut améliorer notre vie, à un tout petit niveau ouais, mais quand même, et ça leur suffira. De toute façon, un gamin, ça te demande que de l’amour et de la bienveillance, et ça, même si je suis cassée de partout, ou que je peux plus marcher, je peux leur en donner.” Mais, avant même de le dire, elle s’était rendue compte de la dureté de ces paroles alors même pas encore prononcées, et c’était injuste, injuste de se battre comme ça pour des sottises. Et oui, c’était des sottises, parce que merde, elle savait très bien qu’elle en aurait jamais, parce qu’elle préférait sacrifier son rêve d’être maman, plutôt que d’ignorer ses sentiments encore une fois. Et c’était déjà assez difficile comme ça, alors elle demandait pas qu’on la comprenne, juste qu’on lui foute la paix…

_ Laisse tomber…

Elle commençait à légèrement regretter, parce qu’au final, même si elle avait entrevue un peu de la douleur et des raisons de celle-ci chez sa comparse, elle en avait subi beaucoup plus en acceptant de s’ouvrir un peu. Les conseils des psys, c’était de la merde, elle le savait, pourtant elle avait tenté d’y croire, bah merde hein, on la reprendra plus à essayer de s’ouvrir pour qu’on l’aide à pas se noyer, tant pis, elle essaiera de créer sa propre bouée, probablement trouée.

_ Okay, on sera plus tranquille chez moi. J’ai de quoi mettre de la musique, et de quoi grignoter si t’as faim. Viens, c’est par là.

Elle se releva, attrapa son tableau, et elle se mit en route. Plus que quelques portes, puis elle serait là, à la maison, chez elle, dans son petit espace en bazar parce qu’elle avait pas le courage de ranger, de peur de retrouver des choses qui lui rappellerait toute la douleur passée. Elle jeta un oeil derrière elle, et, dans un éclair de lucidité, donna son nom à sa petite pote bourrée, histoire de savoir au moins qui elle faisait entrer chez elle quoi. Une fois à l’intérieur, elle poussa quelques meubles dans la pièce principale, pour avoir plus de place pour danser, et à l’aide de son téléphone, mis en route l’enceinte portative sur son bureau, ça ferait l’affaire.

_ Tu connais We The Kings ?

Ouais, non, elle voulait juste savoir, elle comptait clairement pas en mettre, parce que sinon, elle allait réellement finir en larmes.


HRP : Sorry c'est un peu moins bien qu'avant, pardonne-moi, je ferai mieux, promis !  



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##   Mar 9 Mai 2017 - 21:00

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Oksa a vexé la jeune fille. Elle s’agace, remet l’énervement de l’Air sur le compte de l’alcool. Mais la miss aux cheveux bleus secoue la tête. Ce n’est pas parce qu’elle est saoule qu’elle dit cela, mais parce que le pense sincèrement. C’est bien une des rares choses sincères qu’elle aura dit ces derniers temps, d’ailleurs. Elle laisse tout de même couler puisque la fille ne finit pas ses explications. Elle a l’air un peu fatiguée de devoir s’expliquer. Alors Oksa éprouve un peu d’empathie, parce qu’elle aussi elle voudrait pouvoir dire et ne pas justifier. Toute notre existence, on nous demande des justifications. Pourquoi on pense comme ça, pourquoi on dit ça. Et toi, pourquoi tu vis ?

Et puis les poupées cassées se lèvent. Chancelantes, fragiles et alcoolisées, elles rejoignent la chambre de la Feu. Celle-ci lui donne son nom, et Oksa fait de même. Elle ne voit toujours pas bien l’intérêt de se présenter, l’Air, mais elle le fait. Elle prend le pli, même si au final elle trouve que cela ne change pas grand-chose. Un prénom parmi tant d’autres, un prénom sitôt su, sitôt oublié finalement.

La chambre est en bazar, mais Oksa s’en contrefiche pas mal. Roxanne pousse quelques meubles, aménage une piste de danse comme elle peut avant de brancher son téléphone à une enceinte. Elle demande ensuite à la jeune fille aux cheveux bleus si elle connait We The Kings. Oksa secoue la tête : non, elle ne connait pas. D’ailleurs, Oksa n’a pas écouté grand-chose ces derniers temps. Peut-être était-elle effrayée d’être trop touchée par la musique, de laisser ses émotions retenues déborder. Alors elle laisse Roxanne lancer ce qu’elle veut, pourvu que cela soit heureux. Et Oksa, qui n’a jamais été en boîte, qui ne s’est jamais déhanchée sur une piste de danse, se met soudain à bouger, à sautiller, à se laisser aller. Oksa voudrait rire, voudrait exploser de rire, alors elle attrape les mains de son amie du soir et s’amuse à la faire tourner, tournoyer, virevolter. A chaque nouveau tour, elle oublie un peu. A chaque petit saut, son cerveau fait un tour, mélange les souvenirs. Et finalement, c’est le bond de trop et Oksa atterrit par terre en riant doucement :

- On va réveiller tout l’étage, lâche-t-elle avec un sourire amusé.

L’Air reste un moment assise ainsi, les paumes à plat entre ses jambes tendues. Les joues rosies elle observe autour d’elle, la mine concentrée :

- Elle est jolie, ta chambre… C’est symp-

Et soudain, Oksa ouvre de grands yeux. Elle pâlit d’un coup et son regard se fait humide.

- J’me sens pas très b-

Elle se lève d’un bond et remercie les dieux de Terrae que les toilettes soient dans les chambres. Elle s’y précipite, puis penchée au-dessus du sanitaire découvre pour la première fois les joies de l’alcool sur un estomac trop fragile. Pauvre Oksa.

Hrp : C’était niquel ne t’en fais pas ! Désolée pour cette fin de post pas du tout classe.



##   Jeu 11 Mai 2017 - 21:00

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C’était plutôt beau, cette façon, dont, ensemble, elles ont choisis de laisser tomber, de pas se battre, se justifier, parce que ça sert à rien, et qu’elles avaient surtout pas envie d’en parler au final. Et, d’ailleurs, Oksa, c’est un joli prénom, ça chantait, et Roxanne ne put se retenir de le répéter un peu en chantonnant.

_ C’est joli ça, Oksa, moi j’aime bien.

La chambre est un joyeux débarras, mais Roxanne a juste eu envie d’abandonner tellement de fois ces derniers temps, que ranger était devenu secondaire. Mais là, en poussant quelques meubles à la va-vite, elle se rend bien compte qu’elle est un peu gênée et honteuse de lui montrer tout ça. Même si, quelques gorgées d’alcool plus tard, tout ça était très vite oublié. Et une fois son morceau préféré lancé, elle s’était juste laissée emportée par sa copine de beuverie. Heureusement que c’était une des plus joyeuses et entraînantes, ça collait bien avec leurs deux corps maladroits qui sautillaient dans tous les sens, une chance que personne ne soit encore venu leur signaler qu’elles faisaient un boucan pas possible !

Roxanne se sentait légère, elle riait, par moment, et c’était étrange, entendre son propre rire, après autant de temps… Il a l’air étrange, presque enroué, et elle se sent mal, parce qu’elle a l’air trop différente, plus elle-même, et c’est plutôt dur à accepter, se rendre compte qu’on a changé, qu’on a évolué, sans même s’en rendre compte, un peu à l’écart de soi-même. C’est comme si, physiquement et biologiquement, elle avait continué à vivre, alors que mentalement, elle s’était arrêté, elle avait fait une énorme sieste, et qu’elle se réveillait que maintenant. Elle ne se reconnaissait plus, et ça lui fichait une peur bleue, elle fut d’ailleurs soulagée qu’Oksa se laisse retomber, elle put faire de même, parce qu’elle en avait besoin, et qu’au moins, en changeant d’activité, elle se changerait les idées.

_ Merci, c’est un peu le bazar, j’avoue.

Et là, alors que Roxanne s’apprêtait à se relever pour aller chercher un paquet de chips, histoire de finir la bouteille en grignotant quelque chose quand même. Elle fixa simplement Oksa, qui s’était précipité dans les toilettes, et ouvrit de grands yeux ébahis, la bouche ronde comme une balle de ping pong. Jesus H. Roosevelt Christ… Roxanne entra dans les toilettes, tant bien que mal, retint la nausée qui vint lui chatouiller la gorge, et s’assieds à côté d’Oksa, attrapant ses cheveux pour les sauver d’une bonne douche alcoolisé. Elle posa son autre main sur son dos, passant et repassant pour essayer de calmer les tremblants de sa pauvre copine.

_ T’en fais pas, ça va aller. Respire, okay ? Inspire avec le nez, expire lentement avec la bouche. Je sais, ça sent pas très bon hein, ça va vite passer.

Elle resta là, pour elle, jusqu’à ce qu’elle soit calmée et se sente mieux. Alors, elle se releva doucement, parce que l’alcool montait quand même mine de rien, et attrapa le verre à côté de sa brosse à dents, le remplissant d’eau, avant de le tendre à son amie. Une fois certaine que ça irait, elle lui tendit la main et l’aida à aller se poser sur le sol, contre le lit, avant de lui servir un jus.

_ Tiens, ça te donnera un goût un peu plus agréable en bouche. Heureusement qu’on est pas restées dans le couloir hein ?

Si on lui avait dit qu’elle passerait la soirée à rire et boire avec une inconnue, elle aurait clairement haussé les épaules, persuadée que ça n’arriverait jamais, plus maintenant. Et pourtant, elle était là, assise à côté de sa nouvellement attribuée petite bouille d’Oksa, adorable jusqu’au bout des ongles, même dans la douleur qu’elle baladait partout, même dans la dureté de ce qu’elle pouvait dire, parce que c’était encore une enfant. Elle lui tendit des chips, au cas où, et termina tranquillement la bouteille en entamant la discussion avec elle, danser n’était plus une option de toute façon ! Et elle se voyait mal la renvoyer chez elle, où que ce soit, maintenant…

_ Tu sais, normalement, je suis comme toi… J’ai les cheveux bleus. J’ai des photos si tu me crois pas ! Mais j’ai tout coupé, et je les ai teint en roux, même mes sourcils, c’était pas un travail d’orfèvre je t’assure ahah ! Tu te serais carrément moquée de moi, même moi je l’ai fait alors bon.

Elle haussa les épaules, s’appuya légèrement sur Oksa, les yeux fixés vers le mur couvert de photos en face d’elles. Ouais, elle en avait des photos, et pas que d’elle, pas beaucoup d’elle en fait, mais ça suffisait.



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##   Mer 24 Mai 2017 - 21:31

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Roxanne est gentille. Elle tient les cheveux de bébé Oksa découvrant l’alcool. Entre deux hoquets, la petite Air sent bien la main apaisante posée sur son dos qui tente de la calmer. Pour une fois, elle n’essaie pas d’y échapper. Vous me direz, elle a bien autre chose à faire. Et enfin, ça s’arrête. Elle fait tout comme la Feu lui dit. Elle inspire longuement par le nez, laisse l’air s’échapper d’entre ses lèvres, et grimace alors que le goût aigre lui reste encore trop en bouche.

Et puis soudain, la jeune fille se lève. Oksa se retient à grand peine de lui jeter un regard désespéré. Tu vas où ? Me laisse pas seule. Me laisse pas. T’es gentille. Reviens. Me laisse pas.

Mais la Feu revient bien vite avec à la main un verre d’eau qu’Oksa finit d’une traite. L’Air accepte même cette main généreusement offerte pour aller se poser contre le lit. Elle serre dans ses petits doigts le verre à nouveau rempli – cette fois de jus – par Roxanne, sans pour autant immédiatement y tremper les lèvres. Si elle sait que cela aidera les relents désagréables à partir, elle ne veut pour le moment plus rien dans son estomac. Elle n’esquisse pas même l’ombre d’un sourire lorsque son amie de la nuit lui fait remarquer que c’est une bonne chose qu’elles ne soient pas restées dans le couloir. C’est vrai, mais elle a du mal à réagir, Oksa. Alors elle se contente de lentement acquiescer, l’esprit un peu ailleurs pour dire la vérité. Avant de tourner négativement sa tête de droite à gauche au paquet de chips tendu. Rien. Elle ne veut plus rien. Elle continue de serrer le verre au creux de ses deux paumes, un peu comme elle se raccroche au fil de sa vie par la violence des mots, avec toute sa haine, toute sa tristesse, toute son incapacité à se repérer dans sa nouvelle vie.

Mais, tout à coup, les mots de la Feu la ramènent sur terre. Ses grands yeux violets se plantent sur la rouquine, et en eux passent des éclairs de perplexité, d’incompréhension, puis de soudaine réalisation. Surprise. Panique.

Son verre vole et explose contre le mur qui leur fait face, son pouvoir lui échappe. D’un bond elle est debout et elle recule. Un pas. Deux pas. Trois pas. Quatre et la voici plaquée à l’autre bout de la pièce. Elle sent une nouvelle fois une main inconnue posée sur son épaule. Elle se revoit se retourner face à cette homme qui l’avait prise pour une autre. Une autre aux cheveux bleus dont le surnom était « Roxy ». Et un rire nerveux la secoue. La secoue des pieds à la tête. Le corps fragile, vidée d’espoir, de joie et de toute énergie, est agité de tremblements de moins en moins contrôlables.

- Pourquoi ? Juste, pourquoi ? Fallait que tu le connaisses hein. Parce que tout le monde se connait ici. Fallait bien hein ! Aha ! Evidemment ! Quitte à boire avec quelqu’un et vomir dans ses toilettes, fallait bien que ce soit quelqu’un qui le connaisse !

Et puis le corps s’affaisse. Les genoux lâchent et elle glisse contre le mur. Ramène ses jambes contre sa poitrine. Disparait derrière ses cheveux. Sa voix éraillée se transforme en murmure à mesure qu’Oksa s’éteint :

- Foutu Angie. Toujours partout. Foutu Angie. Tu m’saoules. J’en ai marre. J’en ai juste marre. Je sais plus. Je sais plus quoi faire.



##   Mar 4 Juil 2017 - 23:18

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Roxanne était là, toujours, ou au moins elle essayait. Elle savait ce qui marchait pour elle dans ces cas-là, mais ça ne marcherait peut-être pas pour sa petite pote d’infortune. Elle avait l’air un peu ailleurs en plus, ça aidait pas à savoir si elle allait un peu mieux ou pas. Du coup, elle tenta de changer de sujet, pour redynamiser un peu la situation, lui donner envie de parler, et voir si ça allait ou pas. Mauvaise idée. Enfin, bonne idée, mais mauvais sujet de conversation apparemment.

Roxanne sursauta en entendant le fracas que fit le verre contre le mur, elle resta figée, les yeux plantés sur Oksa debout en train de reculer. Elle ne comprenait pas ce qu’il se passait, ce qu’elle avait dit, ce qu’elle avait fait, et c’était effrayant. Elle ne put s’empêcher de reculer, de tenter de s’accrocher à quelque chose, c’est vrai, si ça se trouve, avec l’air elle pourrait la soulever et la faire voler droit dans un mur non ? C’était possible ça ? Elle écouta à peine ce que lui disait Oksa de l’autre bout de la pièce, de toute façon, elle n’aurait quand même rien compris.

Pourtant, elle revint à elle quand Oksa se recroqueville contre le mur, et avança prudemment, s’arrêtant à quelques pas devant elle. Angie, ça lui disait quelque chose, mais elle voulait pas faire de bêtises, pas plus que ça en fait, du coup, elle savait pas vraiment par quoi commencer la pauvre.

_ Pardon. Je… Je sais pas trop ce qu’il se passe, ni de qui tu parles, mais… Ca va aller ?

Et voilà, le moment où Roxanne ne sait plus quoi faire, ni quoi dire était arrivé. Angie, elle avait une vague impression de savoir qui c’était, mais c’était vague, c’était y a un petit bout de temps déjà, avant sa vie d’ermite dans l’institut peut-être. Elle se souvient vaguement d’un visage mal rasé, d’un grand bonhomme qui lui laissait une impression calme et douce. Mais c’était flou, elle ne se souvenait pas de son visage, de ses expression, ni de sa façon de parler. Et ça l’agaçait, elle se sentait nulle, stupide, parce qu’elle oubliait un peu la plupart des choses qui aurait pu l’aider à aller mieux à l’époque.

_ Tu veux en parler ? Je pourrais comprendre que non, j’ai l’air un peu hors de tout ça et assez horrible vu comme ça, mais je t’assure que je comprends pas, et que j’aimerai pouvoir comprendre pour même t’aider un peu, si jamais tu veux bien. Sinon, j’imagine que tu vas vouloir sortir d’ici hein ?

Ouais, clairement, elle se sentait mal, un peu attaquée sans comprendre pourquoi, avec aucune arme pour se défendre dans l’incompréhension. C’était horrible comme sensation, elle aurait pu en pleurer si elle avait bu davantage, enfin, elle avait déjà les larmes aux yeux, mais au moins, elles ne se déverssaient pas sur ses joues, ça aurait clairement été ridicule… Elle aimerait juste bien que les gens arrêtent de se sentir aussi mal autour d’elle, y en avait déjà assez des comme ça en dehors de Terrae, ici, ils étaient censés être en sécurité et démarrer une nouvelle vie non ?



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##   Dim 30 Juil 2017 - 3:17

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Si ça va aller ? Mais toujours, mademoiselle. Pourquoi irions-nous mal ? La vie n’est faite que de joie et de belles surprises, pas vrai ?

Arrêtez de mentir. Arrêtez de vous foutre de nous. Oksa est pas bien. Cherchez pas plus loin. Un être humain qui va mal est soit bien trop doux et gentil pour être honnête, soit bien trop méchant et injuste, soudain. En tout cas, c’est ce que se dit la petite Air, contre son mur, à bouder et pleurer comme une gamine de quatre ans qu’on aurait privé de cadeau de Noël. Elle en est à un point où l’incompréhension de son amie de beuverie la laisse perplexe, perdue.

Alors elle opte pour l’option « Ne pas répondre ». C’est tellement plus simple. Tellement plus rapide. Pourquoi réfléchir quand on peut juste se faire victime de la vie ?

- …J’ai pas envie d’en parler, marmonne-t-elle, agacée d’elle, de Roxanne, de la vie. Il. Il avait qu’à pas essayer ça, ce con…

Parce que l’alcool ne rend pas très précis, au fond. Et pourquoi l’être quand des paroles si vagues sont si claires finalement ?

- Même si tu comprenais, tu pourrais rien y faire, au fond. Alors y a aucun intérêt.


Oksa se lève. Elle a l’air fragile, tremblante sur ces jambes fines. Elle hausse des épaules en déglutissant. La culpabilité, elle voudrait l’ignorer, mais sa véritable nature est trop gentille pour être juste oubliée.

- Laisse cette soirée de côté, s’il te plait. J’ai envie de partir, de toutes façons.

De cette chambre. De Terrae. De sa vie.

- Je suis pas utile ici, peut être plus ailleurs. Bon courage. Bon courage pour le reste.

Et Oksa s’éloigne. Elle laisse cette compagne d’une nuit seule, seule avec sa douleur, pour être seule avec la sienne. La douleur ne se partage pas, pas vrai ?

- Au revoir, Roxanne…

Elle rejoigne la porte, lentement, consciente qu’elle laisse derrière elle une âme un peu perdue. Mais au fond, aurait-elle réellement pu être utile ?



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Et nos chagrins se noieront quand nos rires résonneront. [Roxanne]

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