Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Instinct de prédateur (Pv Sam)
#   Lun 1 Mai 2017 - 21:36

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"Quoi??? Mais pourquoi y a pas de légumes ou des fruits??!"

"Parce qu'aujourd'hui mon mignon, c'est viandes et frites. T'as qu'à te plaindre auprès de la directrice si t'es pas content."

Gêné à l'idée de devoir se plaindre auprès de Madame Hideko, Akito se sentit bien petit et minable. Au point qu'il en rougit. Le pauvre, il était planté là, avec son plateau en main, en plein milieu d'une file d'attente. Et il aura beau chercher du regard les plats proposés, ce n'était pas pour autant que des légumes apparaitront.

"Mais je suis végétariens moi... j'ai pas mangé que des frites....?!"

"Allez bouges gamin. Tu gênes la file là!"

*Je suis pas un gosse T_T*

Et c'était pas les yeux doux du garçon qui calmeront les regards noirs des autres élèves. S'étant suffisamment attiré l'attention depuis son arrivée, Akito devait jouer la carte de la discrétion. Désemparé et ayant un sentiment d'abandon, Aki laissa son plateau et quitta le rang. Très bien, il ne mangerait pas. Ouais enfin, son ventre cri famine et des crampes d'estomac, sincèrement ça fait très mal.
Fouillant dans sa poche, une idée lui vint. Il compta ce qui lui rester de monnaie. Bon c'est pas énorme mais au moins, il pourrait s'acheter quelque chose en ville. Pourvus qu'il n'arrive pas en retard au prochain cours.


"Bon je dois en avoir encore au fond... "

Cherchant bien, le blondinet ne fit pas attention à une table dont un petit monde s'agitait énormément. Au point qu'une assiette vola dans les airs et par dessus tout, éclaboussa le blondinet de sauce. Mais pas n'importe laquelle: sauve de viande. Autrement dit, le sang qui avait cuit avec la viande. Un délice... sauf quand on est végétarien et qu'on a l'impression de vivre un cauchemar. Sous le choc, Akito ne bougea plus. Son visage était couvert de rouge ainsi que sa tignasse, sans compter sa tenue d'école. Heureusement que pour une fois, il s'était abstenu de porter sa veste de Yankee.

"Oh! Désolé!" Fit l'un des élèves en ricanant.

Lui jetant un rapide coup d'oeil, même si cela ne se voyait plus, le rouge lui monta aux joues. Par réflexe, Akito quitta la cantine à toute allure. C'était trop! Depuis son arrivée, rien n'allait. Voilà que maintenant on lui lançait de la nourriture dessus, et en plus, du sang?! Le pauvre garçon se mordit les lèvres pour ne pas hurler, pour ne pas craquer.
Sous le regard choqué des passants, Akito baissa le regard au sol, honteux, et se dirigea le plus rapidement possible vers les sanitaires.


#   Mar 2 Mai 2017 - 2:51

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Black Birds Fly Out Of My Mouth - Mer Noire

Tentation

I
l pleut. Tic, tic, tic, font les gouttes sur les carreaux. Tu fixes, fixes les carreaux, derrière les barreaux, derrière le rideau d’eau. Il pleut, tu observes. Ta tête se penche doucement, d’un côté, de l’autre, on dirait de la musique. Le chant de la pluie. Tu aimes la pluie. Tu aimes le chant de la pluie. Cela te rappelle ton enfance. Le bruit de l’extérieur, que tu entendais depuis la vitre fermée. Ça te rappelle ton enfance. Ton enfance. Tu cries, tu hurles, renverse le lit, arrache le matelas.
Parfois, il t’arrive de faire ces crises, quand des souvenirs te reviennent, les infirmiers sont habitués, elles se font moins souvent, mais reste spectaculaire. Ils attendent donc, que tu te calmes, tout seul, car rien ne te calme, pas la force, ça ne fait qu’empirer. Tu finis par te fatiguer, tu te recroquevilles sous le bureau, dans ta couette, tu dors là, pas dans le lit, tu aimes les espaces confinés, protecteur, le lit et trop ouvert, tu te sens vulnérable. Quand tu es protégé, ils ne peuvent pas t’atteindre, ces voix, ces murmures, qui sonnent, qui ricanent dans ta tête. Tic, tic, fait la pluie.

La porte s’ouvre, tu lèves les yeux, Corinne vient d’entrer, ta psychiatre. Instinctivement, tu tends les bras vers elle et elle t’attrape. Étrangement, l’étreinte te rassure, te calme alors qu’avant elle te faisait peur.
─ Eh bien ? Tu nous fais une petite crise. Qu’est-ce que tu as ? C’est l’heure de ta thérapie, on va en discuter, tu veux bien ?
Tu ne réponds pas, comme à chaque fois, mais tu ne refuses pas non plus. Elle le sait, elle est habituée, elle a appris à t’apprivoiser un peu. Mais tu restes un animal sauvage, une bête qui veut bien lui manger dans la main, rien qu’elle. Elle te fait asseoir sur le lit, avec ta couette, tu t’enroules dedans. Elle regarde le bureau, soupire, fronce les sourcils, tu te fais petit.
─ Tu n’as pas pris tes médicaments ce matin… Ce n'est pas bien, tu sais ? Si tu veux sortir dehors, il faut les prendre.
Tu acquiesces, tu prends le verre qu’elle te tend, tu avales les pilules sagement. Elle aimerait que tu les prennes tout seul, mais tu oublies, tu n’y penses pas, tu vis dans ton monde. Puis vous discuter, tu lui dis ce que te rappelle la pluie, comme un souvenir agréable et désagréable, tu lui parles de tes voix, elles t’en encore embêtaient. Tu sais comment les faire taire, mais Corinne ne veut pas que tu tues des animaux. Tu t’es encore mutilé ce matin. Elle te gronde, te soigne, te rappelle que tu n’as pas grand-chose sur les os pour te permettre ça. Mais elle le sait. Tu recommenceras.
À la fin de votre échange, elle te laisse sortir, pour elle, ce n’est pas bon de te laisser enfermé. Tu es calme, tu as pris tes médicaments, tout devrait bien aller. Elle te donne une boite, ton déjeuner, te conseille d’aller manger avec les autres à la cafétéria de l’institut. Il faut que tu partages, rencontre des gens, rester seul n’est pas bon, ça ne fait que renforcer tes démons. Tu n’aimes pas ça, mais tu ne veux pas qu’on t’enferme, alors, tu fais des efforts.

La pluie s’est arrêtée, il est presque midi. Tu sors de l’hôpital, il fait un peu froid, mais tu n’y fais guère attention. Heureusement, on a pensé à te faire enfiler ton manteau. Tu te diriges vers l’institut, passant les rues, faisant attention quand tu traverses. Tu te demandes toujours pourquoi tu dois passer par les passages cloutés, tu ne comprends pas, mais tu le fais. Tu traverses le parc, tu fais ce qu’on t’a dit, tu vas jusqu’au réfectoire, il y a des gens. Tu t’arrêtes, tu ne veux pas voir de genre. Et si tu as envie de les manger ? Corinne ne serait pas contente, si tu mords quelqu’un, tu vas encore être enfermé. Ton pouls s’accélère, tu respires fort, tu te frottes nerveusement les cheveux. Respire. Tout va bien se passer. Tu as pris tes médicaments. Tu as ta nourriture si tu as faim. Elle sera fière de toi quand tu reviendras. C’est la première fois qu’elle te laisse manger dehors, tu ne dois pas la décevoir.
Tu rentres dans la cafétéria, il y a du monde, les gens te regardent, tu ne sais pas pourquoi. Tu les regardes, droit dans les yeux, tes yeux vides. Ils arrêtent de te regarder. Tu ne sais pas où t’asseoir, la petite table où tu t’étais assis avec Nicolas et prise. Tu n’aimes pas changer tes habitudes. Même anodine. Tu aimes que les choses soit simple, se répètent. L’inconnu t’attire comme il te repousse.
Tu as soudainement envie d’aller aux toilettes, alors tu sors, tu cherches, ton plan, tu le regardes, tu trouves et tu y rentres. Tu as bu trop d’eau ce matin, trop pour ton corps chétif, trop de médicaments, ça fait du bien. Tu tires la chasse et tu sors, soulagé. Et quelque chose te percute.
Tu tombes lourdement par terre, dans un gémissement douloureux. Tu te redresses un peu, tu sens quelques choses couleur sur toi, tu regardes, tes pupilles se contractent, ton souffle s’accélère, tu trembles. Du sang… Un mec ensanglanté est écroulé sur toi. Tu le fixes, le fixes sans pouvoir détourner le regard, tu sens soudainement la fin tordre tes boyaux, la saliver noyer ta langue. Depuis combien de temps, tu n’en avais pas mangé ? Non, non, tu ne dois pas… Samaël, pourquoi tu l’écoutes, pourquoi tu lui obéis, écoutes nous Samaël. Tu as faim, tu en as envie, alors cède. Regarde, il t’est tombé dans les bras. Tu secoues la tête, même les cachets ne font pas effet dans une tête situation. Tu le sens se relever, il va t’échapper, alors tu l’attrapes, lui attrape la tête et lèche le sang qui coule sur sa tempe. Tu te figes.
─ Sang… pas… humain…
Mais le mal était fait, tu avais envie de le bouffer. Tu claques la porte de sanitaire avec ton pied, et mue d’une force en transe, tu le fais basculer et le plaque à terre, le fixant dans les yeux comme tu fixerais une proie. Le souffle court, excité, tu affiches un large sourire.
─ Je peux… te manger ?
Au moins, tu as appris à être polie, Samaël.

[HRP : J'ai daté le rp au février pour une cohérence avec ma chrono, si ça ne te gène pas...]


« Un cannibale est un homme qui aime son prochain avec de la sauce. »
#   Mar 2 Mai 2017 - 22:45

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Allez bonhomme, tu ne vas pas craquer pour si peu? T'es un Yankee bordel! Et de toute manière, si tu ne manges pas maintenant, tu mangeras mieux ce soir.

Cet argument est vraiment pourris! Non mais sérieusement, quand on a faim, on mange maintenant, point barre! Allez calmer des crampes d'estomac! Non mais ils auraient pu penser aux végétariens. Akito n'était de tout même pas le seul. Genre y a que des carnivores ici?! Ah et en parlant de carnivore....

Se frottant sa tignasse blonde, le jeune homme eut un air boudeur. C'est dégouttant et ça sent mauvais. Et comme ça ne suffisait pas, il faut qu'en plus les autres le regard comme s'il débarquer de Mars. C'est affligeant...
Alors le blondinet accéléra le pas. Il en avait assez qu'on l'observe ainsi. Depuis son arrivée, il avait l'impression que tous les efforts qu'il faisait, ne servaient à rien. A chaque fois, on retrouve toujours quelque chose à redire. Il y a un toujours un truc qui cloche, un défaut qui ne plait pas. Alors oui, on ne peut pas plaire à tout le monde, mais quand même! Il n'y avait pas une seule personne sur cette foutue planète qui ne souhaitait pas le contredire?!
Ok, c'est pas le vilain petit canard, du moins, il s'estime qu'il y aura toujours pire que lui et que surtout, il ne devait jamais se recentrer sur lui. Mais il se donnait, il faisait tout pour plaire mais ici ou ailleurs, c'est toujours la même chose. Finalement Terrae n'est pas un endroit si diffèrent des autres...


Dans son élan pour se retrouver enfin seul et se ressourcer, il ouvrit brutalement la porte des sanitaires et percuta alors de plein fouet un inconnu. C'est idiot de ne pas relever la tête au bon moment. Ça lui aurait éviter pas de problèmes. Enfin ça, jusqu'ici, il pensait avoir toucher le fond.

"Ah je suis désolé!! Je ne sa-"

S'arrêtant soudainement dans ses excuses, Akito se figea lorsque l'inconnu posa ses deux mains sur sa tête pour le maintenir et lui lécher le côté du visage. Écarquillant grand les yeux, Akito n'osa plus bougé. Il se posait mille questions à la fois, incapable de comprendre ce qu'il se passait à cet instant. C'est quoi cette pratique? C'est un jeu sexuel?? C'est du masochiste?? MAIS C'EST QUOI CETTE ECOLE??!!
Non mais pourquoi on lui lèche le visage là? Et qu'est ce qu'il dit? Akito était tellement gêné par ce genre de pratique, qu'il n'osa plus relever la tête pour voir à quoi ressembler ce gars...
Enfin jusqu'à que sa voix ne vienne le transpercer.

Son coeur manqua un battement. C'est pas des conneries. Le son de sa voix, sa respiration, ses mains qui tremblent toujours posées sur lui, et ce resserrement. Akito l'a entendue: il a fermé la porte. Il les a enfermé et à priori il n'y a personne d'autre. Et le blondinet sent une crampe à l'estomac. Ce n'est pas la famine, c'est la peur qui le tord. Il se crispe, ça ne va pas. Quelque chose ne va pas. Ce gars est... terrifiant.
Trouvant le courage qui lui restait, prenant une profonde respiration, il releva les yeux sur cet inconnu. Et ce qu'il y vit fut indescriptible: il a les yeux du démon.


C'était comme se sentir dans les griffes du loup qui se lèche les babines. Et ses paroles lui firent froid dans le dos. Il n'est pas tombé sur n'importe qui. Ce fut d'ailleurs la première fois qu'un être humain lui fit un tel effet.
En soit, si cela devait être ironique, cette scène aurait pu ressembler à cela:

Spoiler:
 
Sauf que là, on ne rit plus. Akito avait conscience que ce gars s'apprêtait à le dévorer. Il est pétrifié et ne sent plus ses membres réagir pour lui. Jusqu'à ce que....

"Hum... non."

Tel un souffle, Akito parvint à retrouver ses esprits et dans un élan, il plaqua violemment sa main sur le visage de l'inconnu. Cela avait résonné telle une gifle, mais Akito n'avait pas le choix. Se projetant en arrière grâce au poids de son corps, il saisit alors, tout en tâtant, le manche d'un balai. Ce doit être l'instinct de survie qui le poussa à se servir de ce balai comme d'une arme de défense. Poussant le prédateur grâce à son "arme", d'une autre main, Akito cherche la poignée de la porte. Mais il ne quitte pas du regard son chasseur, tant bien qu'il panique et ne trouve pas la poignée rapidement. Il lutte, il force sur le balai pour tenir éloigner le cannibale jusqu'à qu'enfin il entend le déclic de la serrure.

Il se relève comme s'il avait le diable à ses trousses. Cependant, tandis qu'il tente de tenir sur ses jambes, il trouve encore le moyen de lancer à son ravisseur:


"JE SUIS DESOLE!! JE VOULAIS PAS TE TAPER MAIS NE ME MANGES PAS S'IL TE PLAIT!! JE SUIS QU'UN GOSSE!!!" (Ouais, pour une fois, ça lui convient de faire plus jeune que son âge)

Prenant ses jambes à son cou, il se relève et court hors des sanitaires. Mais dans sa course, paniqué, il glisse et se redresse à plusieurs reprises. L’adrénaline le saisit, son pouls s’accélère, il doit pas rester ici. Il doit bouger, court petit lapin. Tu es la proie et ton prédateur n'aura aucune pitié. Sa vue est floue, son champ de vision s'est rétrécis et se cotonne à la direction à prendre. Autrement dit: aucune en soit.


"ATTENTION!! POUSSEZ VOUS!!!"

Akito bouscule, sans même s'excuser. Ce n'est pas eux qui risquent leur peau, c'est lui. Et personne ne l'aide. Tout le monde doit le prendre pour un fou. Il le parait si bien aussi. Il détale sans même se donner la peine de freiner. Ce sont les murs qui le stoppent quand ce dernier s'écrase contre eux suite à un virage. A droite, à gauche, il doit fuir. Il est loin, il n'a pas pu le suivre. Mais le blondinet a laissé des traces de sang sur chaque mur qu'il s'est pris. Seulement, il ne s'en était pas rendu compte.
Essoufflé, loin de la foule, dans un endroit isolé, il s'écroule enfin. Plus aucun danger, le loup est loin désormais. Il peut reprendre son souffle, il est hors de danger. Au pied du mur; tandis qu'il retrouve enfin ses esprits, son regard tombe sur la fenêtre d'en face. Il pleut. Il ne l'avait pas remarqué. Et le bruit de la pluie qui s'écrase lui parait si douce. Elle l'apaise jusqu'à que la douleur des coups rendus par les chutes ne le dérangent.


HRP> Aucun soucis pour moi! ;)


#   Mer 3 Mai 2017 - 2:04

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Tentation

Godspeed You! Black Emperor - Lambs’ Breath

T
u glisses ta langue sur tes dents, ne le lâchant pas du regard. Tu veux qu’il dise oui, nous voulons qu’ils disent oui, s’il dit oui, tu as le droit, oui, tu as le droit, alors il doit dire oui. Dis oui, dis oui, petite viande ambulante, que nous puissions te manger.
─ Hum… non.
Non ? Ce n’était pas ce qui était prévu, nous te voulons ! Samaël, bouffes-le ! Tu t’exécutes, te jetant sur lui avant qu’il ne plaque sa main sur ton visage, te sonnant sur le coup de la surprise avant de t’échapper. Momentanément. Il est coincé. Pour l’instant. Te frottant le visage, tu rouvres les yeux sur lui, grondant, montrant les crocs, avant de prendre un visage impassible à le vu du balaie. Sérieusement. Ils sont tous comme ça, ils ne veulent jamais se laisser dévorer, ils se débattent, avec tout et n’importe quoi. C’était bien essayé Samaël que de demander, mais tu as eu un peu trop d’espoir. Tu te relèves pour lui faire face, tu es plus petit que lui, cela se compte en centimètre et tu es beaucoup plus chétif, squelettique. Pourtant, ton aura malsaine semble remplir toute la pièce, le dévorer, petite à petit, dans la peur. C’est ton don, ta malédiction, te rendre malaisant, plus dangereux que tu ne l’es, car tes yeux reflètent que rien, strictement rien, ne peut t’empêcher de tuer. A part nous. Ou toi. Si tu le décides. Mais tu n’y as jamais pensé. N’est-ce pas, Abel ?

Il gueule, trop fort, tu n’aimes pas les gens qui crient, ça te fait mal aux oreilles. Tu grimaces, tu as envie de le mordre au cou, lui arracher les cordes vocales. Il ne criera plus. Tu te figes, à l’entente de mon « gosse », tu ne comprends pas, en quoi ça ne te donne pas le droit de le manger ? Tu en as mangé, des gosses, des comme toi, qui  n’ont pas survécu. C’était eux, ou toi. Le choix fut vite fait. Et toi aussi, tu étais un gosse, tu es un gosse, pourtant, « ils » ne se sont pas gênés pour te…
─ La ferme…
À qui tu parles ? À ce gamin qui gueule comme un veau, ou à nous ? Tu n’aimes pas quand on ressasse le passer hein ? Oh ! Regarde ! Il nous échappe ! Samaël ?
─ Je… ce n’est pas bien… je veux pas…
Tu tremblotes, tu restes dans ses WC pathétiques, tu ne cours pas après ta proie, que fais-tu ? Qu’est-ce que tu as ?
─ … Je ne veux pas… enfermé…
Alors tu décides de réprimer tes pulsions, te frustrer, tu as du mal, tu es perdu, tu ne comprends pas, mais tu sais que ce que tu veux, t’enfermera. Mais à quoi bon résister ? Tu es un monstre Samaël, pas un humain, cela ne sert à rien de vouloir te rapprocher des gens, d’écouter Corinne, car un jour, tu craqueras et ils verront le monstre que tu es, et tu te retrouveras seul, tout seul, comme avant… alors pourquoi perdre ton temps ?
─ TAISEZ-VOUS !!!!
Tu t’agrippes les cheveux, te cognes la tête contre le mur, t’accroupis en boule dans un coin de la pièce. Tu voudrais qu’on parte Abel ? Tu sais pourtant comment nous faire partir. Ça n’a pas changé, ça ne changera jamais. Il suffit juste, de satisfaire… notre faim.

Tu rouvres les yeux, ses yeux vides, ceux qu’on aime, tu as compris, tu nous réécoute enfin. Nous sommes tes seuls amis, tu le sais, à jamais, il faut prendre soin de nous, de toi. Alors tu te lèves, attrapant ton sac, sortant des sanitaires la main posée sur le mur, que tu suis. Les gens te regardent bizarrement, tu as l’air mal, tu halètes, d’envie, à réprimer tes pulsions, pour un moment, pour un instant. Tu continues à marcher dans la direction où il est parti. Mais il t’a échappé, il doit être loin. Tu as laissé échapper ta proie, tu vas devoir en trouver une autre. Tu t’arrêtes, retires la main du mur. Du sang. Tes yeux longent le mur, couvert de traces rouges. Tes lèvres s’étirent dans un rictus. L’idiot. Tranquillement, tu suis la piste toute tracée, s’enfonçant dans les dédales de l’institut, dans des recoins de plus en plus isolés. Si tu en avais déjà vu, tu te serais dit que c’était pire qu’un cliché de film d’horreur. Il avait quitté la foule. Ce serait plus facile, tellement plus facile.
Tu passes un couloir, et tu t’arrêtes, tournant les yeux pour les poser sur ta chère proie fuyarde. Tu lui esquisses un sourire, qui s’efface comme un coup de vent. Et tu t’accroupis devant lui. Toujours le fixant comme étant ton centre d’intérêt.
─ Pourquoi fuir ?... Nous... Te faire peur ?
Tes tics reprennent à le revoir, tu serres les dents, griffes ton bras à en faire saigner tes plaies, tu n’as qu’une envie, manger, manger… et ne plus nous entendre. Mais tu n’as jamais chassé à la course, on t’a toujours donné nos proies attachées, sur un autel… tu ne sais pas courir après ton repas, alors… tu te fais prudent. Même si c’est difficile. Tu apprends… tu as beaucoup de choses à apprendre.


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#   Jeu 4 Mai 2017 - 23:22

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Doucement, sa main monte sur son torse, ses doigts glissent sous sa chemise. Son coeur bat trop vite. Ça brûle. Et retrouver sa respiration le faisait terriblement souffrir. Pourtant, il devrait se calmer, il est hors de danger. Ce type n'est plus là, il ne risque plus rien désormais. Et il n'y a plus personne pour l'ennuyer. Il pouvait reposer son esprit.
Seulement, le visage du prédateur le hante encore. Ses paroles lui donnent le frisson.
C'était qui cet homme? D'où il sort? Il était sérieux? Ah si... il l'était. Pour une fois, les fous rires sont loin. Akito connaissait ce type de personnage. Il pouvait sentir le danger, quel qu’il soit. Et celui là, c'était pas de la blague.

Bon sang mais c'est quoi cette école? Et pourquoi personne ne réagit? Il faudrait qu'il trouve la directrice. Il ne veut plus rester ici. Il pourrait le recroiser. Akito n'est plus tranquille et surtout.... il se sent terriblement seul.
Personne. Il n'y a personne. Il n'y a jamais personne. Même quand on sent la mort d'aussi près, vous êtes seuls. Akito est seul, tout le temps. Où qu'il aille, quoi qu'il fasse. Personne ne lui était venu en aide. Ils s'étaient tous contenté de le dévisager alors qu'il courait, haletant, cherchant de l'aide du regard. Mais personne. Ici ou ailleurs, il restera toujours seul. Pas d'amis. Pas de famille. C'est ainsi. On l'a abandonné à la naissance, il aurait du le comprendre depuis longtemps.

Ces mauvaises idées ont un goût amère. Il est apeuré et ne sait plus quoi faire. Un agneau égarait, isolé du reste du monde. Ramenant ses jambes vers lui, recroquevillé dans son coin, le garçon eut un temps d'égarement. Il aurait tant aimé pouvoir s'endormir. Aussi, épuisé, il ferma les yeux. Il ne fallait pas craquer....

Quelques secondes, juste un peu de temps ainsi, ce fut assez bien. Quand la réalité vint de nouveau le bousculer. Cette voix... Cette terrible voix réapparaît de nouveau. Les yeux écarquillé, le souffle court, Akito releva soudainement la tête, souhaitant que cette apparition ne soit rien d'autre que son imagination. Mais non...
Il est là, devant lui, serein. Il le fixe. Il est....
Akito tremble. Ses membres tremblent de nouveau, il n'a plus aucun contrôle. Et la peur lui tord de nouveau l'estomac. Il lui reste le réflexe de se lever brusquement.


"NON ARRÊTES! RECULES!"

Tandis qu'il se relève soudainement, son dos suit le trajet du mur. Il remonte, trop, il bascule. Une fenêtre. Il y avait bien une fenêtre restée ouverte au dessus de lui. Mais sous l'emprise de la panique, il n'est rien. Et son corps réagit dans tous les sens, l'emportant dans sa chute. Sentant que son corps bascule, le regard du blondinet devint livide. Il comprend, il va mourir comme ça. Ce qui parait normal. Une mort minable pour une vie minable.
Mais allez savoir, surement du à l'instinct de survie, il s'accroche. Sa main vint agripper naturellement à ce qu'il se trouvait encore devant lui. Le prédateur. Il avait du se relever en même temps sinon comment expliquer comment ses doigts s'étaient entremêler à sa chemise?!
Et les voilà tous les deux passaient par dessus la fenêtre. Heureusement pour eux, ils n'étaient qu'au premier étage. Akito ne sera que sonné. Légèrement. Allongé, dépourvus de force et souffrant de douleurs au dos, il ne réagit plus.

La pluie tombe. Il pleut toujours. Et les larmes du ciel vinrent rentre au blondinet son apparence humaine. Les traces rouges disparaissent de son visage et coulent le long pour mourir au sol. Sentant la froideur de la pluie, Akito ouvre doucement les yeux, il vit encore son prédateur. Il est là. Il sera toujours là. Alors il ne lui reste plus qu'à les refermer.
Il est fatigué et lassé. Il ne veut plus courir. Il ne veut plus rien.


"Vas y. Fais vite."

Et quoi d'autre? Après tout, il n'avait que courir depuis son enfance. Il tentait en vain de rattraper les autres, d'être à leur hauteur. Il cherchait juste à exister. Son prédateur est une bénédiction. Il est son ange gardien. Il apparaît lui répondre. Le début de son départ, c'était lui qui devait l'accompagner.

"Je voulais juste qu'on me remarque..."

Ses pupilles dorées fixent le ciel. Sa vision est trouble, sa gorge serrée. Et depuis longtemps, une larme coula long de sa joue...


#   Lun 8 Mai 2017 - 12:33

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La pluie


Theophany - Believe in your strengths.

I
l t’a vu, il nous a vus. Délectation de ce regard remplit de peur, de doute, avec une infime lueur d’espoir, toujours présent, jusqu’à ce que tu la souffles comme une vulgaire bougie et entraine ta victime dans les ténèbres. Il te crie dessus, te hurle de partir, mais tu fais l’exact opposé. Le son de sa voix arrive à tes oreilles, mais ton cerveau ne traite pas l’information, comme si tu entendais des hurlements étouffés, lointain, sans que tu puisses en distinguer le sens. Tu n’entends que les murmures, les sons, de plus en plus forts au fur et à mesure que tu t’approches de ta proie. Un brouhaha indécent, te prenant la tête, l’esprit, la raison. Presque douloureux, insupportable. Tu veux les calmer et pour cela, tu les satisfaire, nous satisfaire.
Alors tu t’approches, vers lui, il est coincé, cul de sac, cliché du film d’horreur. Il se relève, s’agrippe, panique, tu es proche de lui, si proche, il s’agrippe à toi. Et tout s’enchaîne, dans la plus totale incompréhension, il t’entraîna dans sa chute. Tu n’as jamais eu peur pour ta vie. Tu ne sais pas ce que c’est que de tenir à la vie. A force, à tout moment, sous un coup de tête, une envie malsaine, « ils » auraient pu te tuer, t’égorger, te dévorer comme tous les autres. Alors tu y es préparé, tu le pensais, tu y croyais. Et pourtant, lorsque tu sentis le sol se dérober sous tes pieds, le vide te faire face comme si les bras de la dame en noire te tendait les bras. Tu as peur de mourir.

Le choc fut rude, bien que ta victime amortie le choc en partie, tu sentis la dureté du sol sur ton épaule, ta jambe. Tu gémis, le souffle coupé par la chute. Il pleut, « tic tac » fait la pluie sur le sol, les murs, les vitres. Tu sens les gouttes tomber sur ta joue, ton corps, te refroidir, le son t’apaise autant qu’il t’effraie. Les murmures si forts se noient petit à petit, remplacés par le bruit de l’eau. Ta proie ne bouge plus, résignée, c’est ce que tu crois entendre. Mais elle sent plus, juste l’odeur de la pluie. Il fait froid, tu tremblotes, tu ne bouges plus. La pluie te fige, tu t’agrippes à son t-shirt, tête posée contre son torse, seul mouvement que tu fais depuis la chute. Tu es réveillé, les yeux grands ouverts sur le vide.
─ Je voulais juste qu'on me remarque...
Tu lèves les yeux vers lui, il pleure. Tu ne comprends pas les gens qui pleurent, il a dû se faire mal, tu as parfois des larmes quand tu as trop mal, même si ce n'est pas souvent. Tu n’as jamais pleuré de tristesse, tu ne sais pas ce que c’est. Une chance, non, c’est plutôt triste de ne pas savoir pleurer. Tu remontas jusqu’à lui, tes mains s’agrippant toujours à lui, tu t’approchas de son visage et vins lécher cette eau qui coule de ses yeux.
─ Salé…
Tu te redresses, étonné, ton regard à changer, moins prédateur, juste étrangement et naturellement vide teinté d’une légère incompréhension. Le regard d’un enfant qui découvre. Mais rapidement, ton ventre te rappelle ta faim, tu plisses les yeux avant de te lever, attrapant ton sac tombé avec toi et attrapant la boite de nourriture que tu avais oubliée jusque-là. Tu l’engloutis sans autre manière avant de reposer tes yeux sur le garçon.
─ Pourquoi… faire remarquer ?
Puis tu te remboîtes l’épaule démise, dans une petite grimace douloureuse.


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#   Lun 8 Mai 2017 - 21:25

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La douloureux le lance tout le long de sa colonne vertébrale. Il le sent bien que la chute ne fut pas si haute. Il suffit juste d'attendre et tout ira bien. Enfin non, si la pluie l'apaise de cette brûlure qui le tiraille, un autre danger le menace.
Malgré la douleur, il sent le poids du garçon sur lui. Ce dernier a chuté avec lui, c'est sa faute aussi. Mais il ne bouge pas, pas encore du moins.
Akito a peur, il a peur de mourir. Mais il est prêt. Ici, rien ne vas, pas plus qu'autre part.
Alors il peut le dévorer et se régaler de sa chair. Qu'importe, il ne manquera à personne.

Mais il y aurait comme un changement de situation. Le prédateur se lève enfin, il réagit. Il sent sa langue lui lécher la joue. Encore, il le goutte, il prend son temps. Il prononce des mots à vous glacer le sang. Akito ne bouge plus. Non seulement parce que la douleur le paralyse, mais aussi parce que la peur le clou au sol. Mais le prédateur se lève, il se redresse. Il fait quelque chose dont le blondinet ne voit rien. Mais les paroles de ce dernier parviennent jusqu'à ces oreilles.
Bien que quelques minutes auparavant il était saisi par la peur, maintenant, il parait vide. Même son regard est vide, neutre. Il attend seulement sa dernière heure.
Ceci dit, il trouve encore la force de lui répondre, naturellement. Comme si ce fut normal de répondre à son agresseur. Lui donnait des explications...


"Tu n'as jamais désiré qu'on te regarde? Prouver que tu existe. Que quelqu'un fasse enfin attention à toi?... Ça parait pourtant évident..."

La situation parait ironique. L'un se tient debout, et semble désintéressé de sa proie te s'adresse à lui naturellement. Et l'autre reste allongé au sol, attendant sa dernière heure mais trouve la politesse et la gentillesse de lui répondre. Lequel a besoin d'un psy?
Et lentement, tandis que la douleur se tait, le regard d'Akito s'attarda sur la boite que tenait son ravisseur. Il mit du temps à le réaliser mais il comprit alors que ce dernier d'avaler son casse dalle.
Delà, ses yeux s'agrandirent et le blondinet se redressa rapidement. Ok, il n'a plus mal. Ou bien il s'en fiche car quelque chose d'autre attire son attention. Quelque chose d’inamissible.


"Non mais attends, tu fais quoi là?? Tu manges?? Tu te fous de moi? C'EST MOI QUE TU DOIS MANGER!"

Et le blondinet bondit s'approchant de son ennemi. De sa main libre, il attrapa son propre bras qu'il tendit au prédateur telle une offrande.

"Tu dois me manger! J'étais prêt à mourir moi. C'est pas correcte de faire ça."

Ce gars est bizarre n'est ce pas? Il ne peut pas accepter qu'on puisse changer d'avis surtout sur un tel sujet et surtout, après une telle course. Et tandis qu'il force le brun à le dévorer, il réalise autre chose.

"Si ça se trouve... Tu ne voulais pas me manger! Tu faisais semblant pour me faire peur. Tu t'es foutu de moi! C'est quoi? Du bizutage?"

Si seulement il savait... Dommage il finit par ne plus avoir envie de mourir. Il est déçu, il allait devoir airer encore sur cette maudite planète où il n'a jamais eu sa place. Et tandis que son ravisseur ne saisit pas l'occasion, Akito lâche son propre bras. Les bras ballants le long de son corps, il laissa échapper d'un air triste et désemparé:

"Même ça, personne ne veut me manger..."


#   Mar 16 Mai 2017 - 1:10

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Black Birds Fly Out Of My Mouth - Mer Noire

La pluie


Oskar Schuster - Damascus.

T
u mangeais ton repas, calmant enfin ta faim, douloureuse, qui te tournait les boyaux et la tête. Ce n’était guère aussi bon que d’habitude, tu n’aimais pas vraiment quand c’était froid, mais ça passait, le goût était similaire. Le garçon prenait son temps avant de répondre. Il semblait plus calme, plus apathique, résignait. Mais tu ne le remarquas pas vraiment.
─ Tu n'as jamais désiré qu'on te regarde ? Prouver que tu existes. Que quelqu'un fasse enfin attention à toi ?... Ça parait pourtant évident...
Tu le regardes, un peu intrigué, ne comprenant pas vraiment ce qu’il veut dire. Te faire remarquer, c’était bien la dernière chose que tu as faite pendant ta vie. Au contraire, tu cherchais à ce qu’on t’oublie, qu’on ne pense pas à toi. C’était bien moins douloureux d’être seul dans un coin que remarqué dans une foule de tortionnaires.
─ … Non… habitué, à ne pas exister.

Le garçon, alors si léthargique, se redresse soudainement, te fixant avec des yeux ronds et se mettant à gueuler sur tous des choses incompréhensibles, mais qui t’effraya plus qu’autre chose. Tu déglutis difficilement, lâchant ta boite avant de reculer. Tu ne supportais pas les cris, ils vrillaient tes tympans, t’agressaient, tu ne supportais pas les bruits forts. Pourquoi soudainement, il voulait que tu le manges, tu ne comprends pas sa réaction, tu n’as jamais vu ça, ça te perturbe, t’angoisses, tu n'aimes pas ça. Et puis, tu n’as pas le droit. Tu tritures ton t-shirt, mal à l’aise.
─ … Ce n’est pas que je veux pas… moi… pas vouloir aller dans pièce noire… si pas sage…
Tu regardes ailleurs, puis reposes ton regard noir sur Akito. Il était bizarre. Par contre, toi, tu avais maintenant l’air inoffensif.

HRP : Petit rp mais... j'avais pas l'inspi', sorry ><.


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#   Mar 16 Mai 2017 - 21:30

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Aux paroles du garçon, Akito braqua son regard sur ce dernier. De ses grands yeux, il l'observe silencieusement. Il ne comprend pas. C'était bien la première fois qu'il entendait une telle chose. Généralement, les êtres humains réclament le droit de vivre, d'exister. Le regard des autres nous permet de nous construire, qu'on le désire ou non. Cela nous permet de nous identifier, en bien ou en mal. Nous avons besoin des uns et des autres, de nos jugements, nos regards, tout ce dont qui fait que nous nous sentons exister.

La solitude tue. Il est naturel pour l'homme de vivre en communauté. Seul, isolé de toute civilisation n'a jamais été dans la nature de l'être. Sinon il finirait par devenir fou, voir des choses, des allusions. Se créer un ami imaginaire.
Alors quand le prédateur répond naturellement être habitué à ne pas exister, le blondinet ressent comme une douleur dans la poitrine. Cela le prend à la gorge. Son bras qu'il tenait en guise d'offrande, retombe lacement. Bien que cet inconnu avait tenté de le dévorer, il ressentait une profonde tristesse pour ce dernier.
Et voilà qu'il lui explique pourquoi il ne désire plus le dévorer. Il avait bien tenté tout à l'heure, rien de tout ça n'avait été une comédie de mauvais goût. Mais quelque chose changea.

Son regard, sa voix, son attitude. Il n'était plus cet être démoniaque à terroriser vos nuits. Akito retrouve son calme et ne peut constater l'ampleur des faits. Terrae était un endroit bien étrange...


"Je vois..."

Prononça le garçon alors qu'il n'avait pas quitter des yeux le brun.
Il ne le craignait plus, bien qu'il fut toujours stupéfait par cet être. Mais apprendre qu'on puisse enfermer une personne, dans le noir... Un sentiment d'injustice releva le blondinet. De ses petits poings serrés, il réagit enfin. Un pas en avant, il ramasse calmement la boîte que ce dernier avait renversé. Le repas est aussi triste que son propriétaire.
S'avançant vers celui qui quelques minutes auparavant était son prédateur, Akito lui offrit l'un de ses plus doux sourires avant de lui tendre sa boîte.


"On va faire en sorte que tu n'y retournes pas. Et moi, je ne dirais rien."

C'est assez étrange de côtoyer son assassin. Mais il serait d'autant plus assassin que lui s'il l'enfermer dans le noir. Il ne vaudrait pas mieux que ces autres criminels et ces mauvais juges. Et puis, ce n'est pas une créature. C'est un garçon.
Lui tendant la main, il reprit gaiement et chaleureusement:


"Akito Tanaka, enchanté!"

Tant puis pour le reste, il prend le risque. Au moins, il aura eu le mérite d'essayer. Le blondinet ne sait pas tourner les talons sans culpabiliser. Et lorsqu'il croise ses pupilles noires, il en est sûr, il aurait crus voir une âme.


#   Dim 28 Mai 2017 - 18:13

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Black Birds Fly Out Of My Mouth - Mer Noire

La pluie


Joel Nielsen - Black Mesa Soundtrack End Credits Part 2

T
u ne compris pas réellement le regard du garçon, ce regard étonné, troublé, qu’il te portait. Tu ne compris pas que ce que tu disais le choquait, le mettait mal à l’aise, mais pas comme il y a quelques instants. C’était autre chose. À vrai dire, tu manques cruellement d’empathie pour comprendre ce que ressentent les autres, à moins que ce soit parce que tu ne comprends pas tes propres sentiments que tu ne peux comprendre ceux d’autrui. Une pauvreté émotionnelle due à ton éducation, soignable selon ta psychiatre, avec le temps, beaucoup de temps. Alors pour le moment, tu restais comme une poupée de cire, inexpressive, ne comprenant pas les expressions des gens, essayant pourtant. Mais le garçon était tellement l’inverse de ta personne que tu étais légèrement perdu.

Tu n’as jamais souffert de la solitude, pour toi, elle est un refuge, une amie, dans laquelle tu peux te blottir. Pendant des années, devoir côtoyer des gens n’était synonyme que de souffrances. Alors oui, tu fuyais les gens et tu aimais la solitude. Tu t’effaçais pour qu’on t’oublie, qu’on ne pense pas à toi, qu’on ne t’appelle pas. Et puis, dans certains moments, te sentir inexistant, non-humain, un simple objet, t’était plus facile à accepter qu’un être humain qu’on abusait. C’était comme ça, et tu n’en souffrais, du moins, tu essayais de t’en persuader. C’était plus facile.
Pourtant, depuis que tu es à Terrae, tout est devenu différent. Les gens, ne sont pas toujours mauvais avec toi. Ils te tendent parfois la main, te sourient sans arrière-pensées. C’est mieux, ça devrait te faire sortir de ta solitude. Mais tu ne comprends pas. Tu es bloqué dans tes habitudes, ton conditionnement. On te force, tu essayes, mais tu reviens t’isoler encore et toujours. Tu esquives les gens, tu parles peu, tu n’aimes pas. Tu es trop habitué à ne pas exister. Tu te méfies.
Tu es un animal grégaire qu’on a maintenu trop éloigné de ses congénères pour comprendre le sens de communauté.

Le garçon ne fuyait plus, ne criait plus. Il portait sur son visage une expression qui t’était inconnue. Personne n’est là pour te dire que c’est de la compassion à travers ce sourire se voulant radieux. Tu attrapas la boite, troublée, mais tu l’as lâché, encore, sans vraiment faire attention. Il dit des mots, tu ne sus pas si tu pouvais lui faire confiance ou pas, mais la peur qui te tiraillait le ventre s’amenuisait. Un peu. L’espoir, tu ne sais pas ce que c’est, sans doute est-ce ça, tu ne sais pas.
─ … merci.
C’est ça qu’il fallait répondre, tu penses, tu crois, peut-être. Tu regardes autour de toi, triturant nerveusement ton t-shirt trempé par la pluie.
─ Désolé.
Tu te répètes ce que tu disais ta psychiatre, des règles de conduite, des choses à dire à faire. Tu espérais ne rien oublier, bien faire les choses, comme un ordinateur qui répète les lignes de codes qu’on lui a dictées. Il se présenta à toi, le garçon, la proie. Tu essayas de sourire, même si ce n’était guère naturel et répéta :
─ Samaël Lovecraft, enchanté.
Recopier est une bonne façon d’apprendre. Mais après pour continuer une conversation, surtout quand elle a mal commencé, c’était difficile. Ce n’était pas ton truc, tu ne savais pas faire. Alors tout naturellement, tu te détournas d’Akito, ramassant la boite pour la ranger dans ton sac. Tu ne te sentais pas bien, tu voulais retrouver la solitude. Tu te frottas les bras, t’avais froid, t’étais trempé, tu éternuas. Bâtie comme tu étais : en allumette, et habillé inconsciemment pour la saison : soit très peu, à tous les coups, tu as chopé la crève.


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#   Lun 29 Mai 2017 - 22:07

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C'est étrange, mais l'atmosphère semble avoir changé. Elle est plus... apaisante. Bien moins menaçante. Ce garçon en face de lui, ne lui fait plus peur. Du moins, il est étrange, intrigant, mystérieux. Mais il ne le craint plus. Quand on prend son temps d'observer autour de soit, on peut apercevoir des détails essentiels. Et ce fut le cas. Sous cette fine pluie qui s'éteignait, Akito, de ses yeux dorés, ne vit plus ce monstre assoiffé de sang au regard qui vous empêche de dormir. Il voyait à présent, un garçon frêle, à peine de sa taille, la peau sur les os, le regard vide et pourtant...

Il l'interpelle, le sort de ses rêveries. Sa main toujours tenue dans le vide, le blondinet observe son interlocuteur le remercier, s'excuser, se présenter. Samaël Lovecraft. Son nom se répète encore et encore comme s'il était important de ne jamais l'oublier.
Il répète, tel un robot. Il est démuni d'émotion. Tout est facial mais ce ne sont que des copies. Une véritable poupée de cire. Enfin, pas tout à fait. Il se frotte les bras, il a froid. C'est assez étrange et indescriptible mais quelque chose poussa le blondinet à réagir. Il ne fallait pas lui tourner dos, non par crainte de se faire mordre, mais parce qu'il ne voulait pas le laisser seul. C'est idiot, certains diront même qu'il lui manque une case mais ce garçon l'attire.


"At-Attends!"

Ses lèvres remuent involontairement, sa voix s'éclaircit d'elle même. Il devait réagir. Il le fallait. Il ne savait pas comment, ni quoi dire. Tout finit par s'arranger; il suffisait juste de se faire confiance pour y croire. Faisant un premier pas en avant ses yeux dorés ne cessent de dévorer cet étrange personnage. Finalement, tout lui paru évident.

"Tu sais quoi? On va rentrer. Tu vas finir par choper la crève à rester là. Et puis...."

Baissant le regard au sol, il se perd un instant. "Tu es fou" lui lancerait Ys. "Tu es inconscient" le jugerait Mitsu-san. Mais il ne peut pas s'en empêcher. Il est incapable de tourner des talons, faire comme si de rien était et oublier son existence. Toute vie, quoi qu'elle ait fait, est précieuse. Alors tant puis, il préféra risquer sa vie, mourir en héros que d'être un lâche vivant.
Il releva le regard sur cette fine silhouette qui lui plaisait bien, et lui offrit un large sourire amical:


"J'ai des vêtements qui t'iront très bien. On est pratiquement de la même corpulence et pour une fois, un garçon pourra m'emprunter des affaires.....Qu'en dis tu?"


#   Sam 15 Juil 2017 - 3:03

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L'interdit ?


Joel Nielsen - Black Mesa Soundtrack End Credits Part 2

─ At-Attends !
Tu t’essuie le bout du nez, relevant tes yeux noirs vers Akito. Tu t’es stoppé dans ton élan de départ, obéissant à son ordre plus ou moins affirmé. C’est un ordre, non ? Tu ne sais pas vraiment. Te tournant face à lui, tu attends la suite, un peu perdu. Toi, tu veux juste rentrer. Tu sens que tu as fait une bêtise, même si tu ne comprends pas tout, ce qui est bien, ce qui est mal. Tu commences un peu à effleurer un sens à tout ça, du bout des doigts, du bout de ta conscience inconsciente.
─ Tu sais quoi ? On va rentrer. Tu vas finir par choper la crève à rester là. Et puis...
Tu penches la tête, tes yeux se faisant ronds. Lui par contre, tu ne le comprends absolument pas. Tu l’as agressé, tu as tenté de le dévorer et il se montre gentil avec toi. Tu ressens une boule au ventre, indescriptible ainsi qu’un pincement au cœur. Tu ne sais pas si c’est agréable ou désagréable. Ça te prend à la poitrine, mais c’est chaud. Tu n’arrives pas à mettre un mot sur ce… sentiment.
─ J'ai des vêtements qui t'iront très bien. On est pratiquement de la même corpulence et pour une fois, un garçon pourra m'emprunter des affaires... Qu'en dis-tu ?
Tu hésites, te mordillant la lèvre inférieure. Tu avais le droit d’accepter ? Peut-être, après tout ta psy t’a demandé de te faire des amis. Tu regardes quand même ta tenue, tirant sur ton t-shirt avant de relever les yeux vers Akito.
─ Vêtements… pas bien ?
Il semblerait, tu as toujours plus ou moins eu les mêmes. Récupéré, toujours dix fois trop grand pour toi. Tu flottes dedans comme si tu les avais volés à ton grand frère inexistant. Alors pour toi, ils sont normaux, même si tu es souvent mort de froid l’hiver avec. Tu as quand même une veste, un peu fine, qui te protège de la pluie. Quand tu ne l’oublies pas comme maintenant. Tu réfléchis un peu, à ce qu’on t’a appris pour être un peu plus sociable.
─ Si ça te faire plaisir, Samaël veut bien.
Tu ne sais pas vraiment dans quoi tu t’es engagé, mais tu as accepté l’offre au lieu de la fuir comme tu l’aurais fait autrefois.

Après cette réponse, il t’emmena jusqu’à sa chambre, passant par l’école. Tu hésitas avant d’entrer dans les dortoirs. Tu les connais. Ça faisait longtemps que tu n’y as pas mis les pieds. Des souvenirs, de mauvais souvenir. Ta violence au grand jour, même si effacée des mémoires. Un geste qui t’a conduit directement en cellule d’isolement. Tu frissonnes. Tu ne sais pas si tu as le droit de revenir ici, on te l’a pas dit. On ne t’a pas autorisé. Et si on pense encore que tu es dangereux ?
Tu regardes Akito qui avance devant toi dans le couloir. Toi, tu restes au début des vieilles planches patinées, comme si une ligne invisible t’empêche d’y pénétrer. Tu tritures ton vêtement, dans un malaise visible.
─ … Kito… Sais pas si Sam à le droit…


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#   Dim 30 Juil 2017 - 0:17

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De son regard doré, Akito vit Samuel triturait son t-shirt. Il parait si fragile et à la fois si dangereux comme il y a quelques heures maintenant. Un animal perdu. Pourtant il est humain avant d’être un animal.  Le blondinet n’avait encore jamais croisé quelqu’un comme lui. Pourtant, il ne veut pas laisser quelqu’un derrière lui, et qu’importe qu’il eût tenté de le dévorer.
Tentant un sourire qui se veut rassurant, Akito penche légèrement la tête sur le côté.


« Non, ce n’est pas ça. Juste, il est mouillé. Il faut lui donner le temps de sécher. »

Inutile d’en dire plus. Il le devine aisément. Ces vêtements sont surement les seuls qu’il possède. Et qu’importe qu’ils soient trempés, il ne les changera pas. Personne ne viendra le lui dire de le faire. Ce n’est qu’un vêtement à ses yeux. Rien d’autre. Pourtant, Akito désirait lui montrer bien plus que ça. Il pouvait être plus beau dans des habits propres, en couleurs. Il serait moins terne, triste.

Finalement Samuel accepte la proposition. Ça aussi, Akito l’entend. Le jeune homme ne parle pas de lui à la première personne. C’était comme si tout son être n’existait pas réellement. Comme s’il ne s’acceptait pas. Quelque part, au fond, une tristesse pour cette différence affecte le blond. Ce garçon n’a surement jamais souri de sa vie. Comment a-t’il grandi ? Qui l’a abandonné de la sorte ? Pourquoi était-il ainsi ? Comment aurait-il pu devenir s’il avait reçu un passé « normal » ?

Trop de questions qui ne l’apaise pas. Pourtant, Akito ne relâche rien et curieusement, il fut bien heureux de constater que Samael le suivait dans les couloirs. Enfin jusqu’à que, non loin de sa propre chambre, Akito fut contraint de s’arrêter. Tournant vers le garçon resté en arrière, Akito le détaille. Samael paraissait si déboussolé, mal à l’aise comme un enfant qui venait de faire une bêtise. Ou qui aurait peur d’en commettre une autre. Il reste en arrière, il se sent menacé. Il le sait, il ne se sent pas en sécurité. Le temps d’un instant, le blond observe cette silhouette fine, tordue. Puis finalement, son sourire vint de nouveau se dessinait sur ses lèvres, instinctivement.


« Non, je ne sais pas. »

Il fut honnête. Cela ne sert à rien de mentir. Mentir n’a jamais rien résolu, il en l’avait assez appris. Mais il reprit tout en avançant vers le garçon lui tendant la main.

« Mais je prends le droit de le faire. Parfois, on doit franchir cette ligne. Toi aussi, tu as le droit de choisir, Sam-kun. »

Sa main glissée doucement dans la sienne, Akito l’entraine avec lui, soutenant son regard. Jamais il ne l’abandonnerait derrière lui, il ne le laisserait pas se faire gronder pour quoique ce soit ou par qui que ce soit. Finalement, ils avancèrent calmement vers la chambre, sans jamais se détacher.
Quelques minutes après, les vêtements sales et mouillés de Sam furent réunis dans un panier. Le jeune homme portait désormais des habits adéquates. Certes, quelque peu colorés aussi, mais pas déplaisant au regard. Sam paraissait diffèrent dedans, un autre jeune homme. Le laissant se découvrir dans le grand miroir, Akito restait en arrière.


«C’est pas mal. Au moins, tu n’auras plus froid comme ça. Et le vert te va plutôt bien. Je sais ! Je te les offre. »

Lance-t‘il d’un large sourire tout en joignant ses deux mains.
Oui c’est soudain, c’est étrange aussi. Mais c’est décidé, Akito voulait l’aider. Il désirait pouvoir lui offrir la vie qu’il aurait dû avoir, du moins, en quelque sorte. Si au moins il pouvait apaiser cette mélancolie dans son regard et réussir à le faire sourire. Mais avant tout cela, il faut gagner sa confiance. Et pour ça, il avait du travail, il le sait mais qu’importe le temps qu’il lui faudra. Samael semblait être quelqu’un de bien, il voulait tenter sa chance. Il voulait devenir son ami.


#   Ven 25 Aoû 2017 - 22:14

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Merci ?


Inspired Flight - It Always Takes

T
u regardes ce long couloir, les pieds rivés au sol comme s’ils étaient collés. Tu ne veux plus transgresser les règles, te retrouver encore enfermé, que ce soit dans une cave ou dans une cellule. Tu t’étais donné du mal pour sortir de l’aile psychiatrique, tu ne veux pas tout faire foirer pour des bêtises. Cesses d’être trop gentil, Samaël et cesses de le suivre. Tu regardes Akito qui te tournes le dos, puis derrière toi. Tu sembles hésitant. Il a l’air si idiot, tellement facile à manipuler. Tu te demandes si ce ne serait pas intéressant d’en profiter. Et puis, si tu restes sage, tu ne risques rien. Oui, en fait, en faire ton ami pourrait peut-être t’être bénéfique. Faire semblant de t’intégrer pour qu’on te foute la paix.
Il revient vers toi, entendant ton hésitation. Il te répond d’une voix douce, qui se veut rassurante. Tu n’aimes pas ce genre de ton, « ils » se montraient toujours très « rassurant » avant de te faire du mal. Mais ces yeux ne reflètent en rien cette lueur de perversion que tu connais si bien, c’est sans doute pour ça que tu ne retiras pas ta main quand il la prit dans la sienne, te tirant au travers du couloir. Tu vois les murs défiler sous tes yeux, passant devant la porte qui t’as conduit directement en isolement. Une boule de haine se glissa quelques instants dans ta gorge avant que tu te retrouves dans la chambre d’Akito.

Tu ouvris grand les yeux, surpris. Ça n’avait rien à voir aux chambres que tu connais : vides, ou presque. Il y avait des affaires partout, plus ou moins rangé, des couleurs, des choses dont tu te demandais l’utilisation. Tu attendis sur le pas de la porte, ne sachant quoi faire. C’est bien beau d’avoir un projet « d’amitié » mais tu n’as jamais eu ce genre d’occasion, alors tu ne sais fichtrement pas quoi faire. La sociabilisation n’était pas dans ta nature.
Il était en train de s’affairer dans sa penderie, à sortir divers vêtements, à choisir, te regardant de temps en temps. Tu détournes rapidement le regard finissant par aller regarder des objets, fixant pendant de longue seconde un casque audio. C’est con, mais tu en avais jamais vu.
Tu sursautes quand il te demande soudainement de te déshabiller. Il est rapide le bougre derrière ses airs angéliques. Non, c’était pour que tu essayes les vêtements qu’il te tend. Tu n’es guère pudique et tu t’exécutes, te fichant des regards qu’on peut porter à ton corps, tes cicatrices et tes tatouages, même si souvent ils étaient rarement indifférents, tintés de curiosité et d’effarement depuis ton arrivée à Terrae. Il te prit tes vêtements qu’il mit dans une corbeille puis t’aidas à t’habiller, car tu semblais quelque peu ailleurs, comme d’habitude. Un coup, tu es lucide, un coup, tu te déconnectes, errant dans ton monde intérieur. Il te place ensuite devant une glace pour que tu te regardes.
─ C’est pas mal. Au moins, tu n’auras plus froid comme ça. Et le vert te va plutôt bien. Je sais ! Je te les offre.
L’être se reflétant dans le miroir a quelques choses de paradoxale. En réalité, avec ton absence d’expression, ton teint pâle et tes yeux vides, ces vêtements colorés sont presque antinomiques. Mais il est vrai que tu as beaucoup moins froid et que ces habits semblent plus à ta taille, du moins en longueur, car en largeur, tu es hélas trop maigre et tu flottes un peu dedans.

Ton regard se tourne vers lui, un peu interloqué par ce don qu’il te fait. Pour toi, on ne donne jamais rien gratuitement. Tu plisses donc les yeux, finissant par te rapprocher de lui, le regardant droit dans les yeux.
─ Samaël veut savoir ce que tu veux de nous en échange.
Akito peut tout te demander, ou presque, après tu décideras de son sort.


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#   Dim 27 Aoû 2017 - 22:27

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Et dire que quelques heures auparavant, cet étrange garçon s'apprêtait à dévorer le blondinet. Et maintenant, voilà qu'il est dans sa chambre, en train de l'habiller. On aurait dit qu'il tenter d'apprivoiser un animal sauvage. Ce qui en soit, était tout à fait correct. Samaël était "sauvage". Encore jamais, Akito n'avait croisé une telle personne. Sa première impression vis à vis de lui, ce fut la peur. Il l'avait fui comme la peste. N'est ce pas humain d'agir ainsi? Lorsque l'on se sent en danger, lorsqu'on a l'impression d'être la proie, on fuit... n'est ce pas?
Alors qu'est ce qui cloche chez lui? Pourquoi s'amuse-t'il à le pouponner ainsi?
De la pitié surement.
Sam avait reculé sur son envie de le dévorer. Peut être qu'Akito avait profité de cette faille. Non ce n'est pas une simple question de pitié. Au travers de cette faille, il avait décelé un être humain. Sam n'est pas ordinaire. Il devrait être un jeune garçon normal, ce qui a de plus banal à son âge. D'ailleurs, quel âge avait-il? Il était surement plus jeune que le blondinet.
Il y avait tant à apprendre pour lui venir en aide.
Il devinait largement ce que lui dirait ses amis: "Qu'est ce qui te prend de faire ça?" "Tu ne le connais pas" "Il est dangereux".
C'est vrai, ils n'auraient pas tord. Mais doit-on forcement rejeter son prochain parce qu'il nous ai diffèrent?
La solitude, le rejet, tous ces sentiments là, Akito lui connaissait suffisamment. Alors non, il refusait qu'un autre en souffre silencieusement.


"C'est bien comme ça. Tu devrais aussi porter un bonnet. Les temps s'adoucissent. Quoiqu'on pourrait toujours piquer une tête à la rivière héhé!"

Glisse-t'il tout sourire tandis qu'il continu de s'activer dans sa commode. Il est déterminé dans sa quête. Il ne désire pas abandonner Sam. Mais ses élans cessent soudainement lorsque Sam lui pose une question inattendue. Se redressant, Akito toisa son regard. Il parut étrange. Son regard était vide, froid et si distant. Comme si l'on venait de lui ôter son propre chef. Il était suffisamment proche de lui, que le blondinet manqua d'air.
Quelle est donc cette atmosphère? Pourquoi ce fut si soudain?
C'est vrai, il y a peu de temps auparavant, il avait tenté de le dévorer. Et ce regard était le même que celui de maintenant.
Non, il ne doit pas paniquer. Personne ne pourrait l'entendre, du moins, on n'arriverait que trop tard. Sam est proche de lui, il n'aurait qu'à lui sauter dessus, il en a conscience. Pourtant, il en recule pas bien que ses jambes lui hurlent de s'éloigner.
Ravalant de travers, le jeune homme prit un instant pour faire le tris dans son esprit. Sa question est simple et pourtant il n'y a aucun échappatoire.
Finalement, un fin sourire finit par refaire surface. Quel idiot! Il connaissait la réponse.


"Je veux que tu sois libre..."

C'était d'une évidence. Depuis le départ, c'était qu'il cherchait à faire. Il l'avait bien compris. Sam était enfermé dans sa propre prison, dans sa tête. Il ne jugeait pas par lui même mais par une troisième personne. Surement qu'on lui avait ôter tout choix depuis tout jeune. Il avait devant lui la personne la plus démuni d'arbitre libre.
Ses grands yeux dorés se relèvent sur le jeune brun, lui offrant un doux sourire et rajouta d'une voix calme:


"Libre de penser par toi même. Libre d'être toi, Sam. Que tu puisse être enfin heureux, et aussi, qu'on puisse devenir ami."

Ca parait si simple dit ainsi. Ca pourrait être simple. Malheureusement, malgré son bon vouloir, Akito le savait, le chemin allait être ardu. Cependant il eut suffisamment de courage pour protéger son prédateur.
Et d'une voix quelque peu affaiblie, hésitante, il reprit:


"Sais tu ce qu'est un ami?"


 

Instinct de prédateur (Pv Sam)

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