Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Jeu 18 Mai 2017 - 18:28
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En ce moment, Misao est calme. Il ne saurait trop dire si c'est l'ambiance de l'hôpital qui le rend léthargique, ou les sédatifs qu'on lui donne lorsqu'il ne dort pas ou angoisse de trop. Les repas sont mauvais, sûrement plein de germes, alors il ne les touche que rarement. Parfois, alors qu'il se promène dans les couloirs, il se souvient qu'il n'y a pas que des gens comme lui, mais qu'il y a aussi des gens malades. Crise de panique assurée. Même les bandages sur ses mains ne lui sont pas d'une grande aide.

Alors on l'emmène dans sa chambre, on lui dit de se calmer, on lui demande s'il veut dormir. Souvent, il dit oui. Quand il dort, il ne pense pas. Il a des nuits sans rêves, alourdies par quelques médicaments bien utiles. Sinon, il fait des cauchemars. Et lorsqu'il en fait, c'est le convaincre de dormir qui se révèle difficile...

Pourtant, il n'a pas cherché à sortir. Il y est bien, enfin, aussi bien qu'on puisse être à l'hôpital. Il voit quelques personnes, parfois. Pas grand-monde en dehors des infirmières ou de sa psychologue, mais elles lui permettent au moins de ne pas se retrouver seul. De se réhabituer peu à peu à la présence d'être humains près de lui.

Il a l'impression que le monde extérieur s'efface petit à petit. Il n'a même pas envie d'y retourner... Il a ses livres, ses jeux que lui a rapporté Hideko, et sa chambre ressemblerait presque à la chambre d'hôpital d'un gosse en convalescence. Heureux d'être coupé du monde et de ne pas aller à l'école.

Aujourd'hui, Misao se promène dans les couloirs. Il a des vêtements relativement passe-partout, et seuls son bracelet d'hôpital et ses mains bandées laissent entendre qu'il n'est pas en visite. Il lorgne du côté de la pédiatrie, va parfois s'installer en salle d'attente pour échanger trois mots avec son voisin, avant de s'en aller. Il se décide à se prendre un petit truc à grignoter à la cafétéria, sans tenter de sourire à l'employée qu'il met mal à l'aise tous les jours. Et puis il retourne à sa chambre en traînant des pieds, un twix entre les dents.

Au détour d'un couloir, il manque de rentrer dans quelqu'un et se décale au dernier moment, s'excusant du contact qu'il a failli subir et faire subir, le coeur battant. Il relève les yeux. Il s'arrête de vivre. Un, deux, trois, quatre, cinq, six temps.

Roxanne.

Son corps se tend. Il a toujours son paquet de twix ouvert en mains. Il l'observe. Elle le regarde. Il panique.

D'un coup, il est invisible.
Mais il ne bouge pas.
Avec un peu de chance, elle ne l'aura pas vu. Même s'il était pile poil sous son nez.
... Faites qu'elle ne l'ait pas reconnu.
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Jeu 18 Mai 2017 - 21:52
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Ces derniers temps, Roxanne avait recommencé petit à petit à faire de l’exercice, certes, sur les conseils du médecin et du psy, mais au moins, elle l’avait fait. Et, ça lui faisait du bien, quand ça se passait bien… Elle avait bien tenté de créer un planning pour ne pas toujours faire la même chose, s’agacer dessus et faire des bêtises. Mais elle n’arrivait pas à le tenir, comment est-ce qu’elle était censée passer de la boxe, où elle était vraiment nulle, au tir à l’arc, sans soucis ?

D’ailleurs, ce matin, elle s’était levée de bonne humeur, elle allait patiner, et ça faisait un sacré bail, alors elle avait hâte. Enfin, c’était ce qu’elle s’était gentiment dit pendant de longues minutes, jusqu’à ce qu’elle accélère et tente de croiser les jambes en tournant. Et une chute, allez, une. Frustrée et énervée, elle avait enchaîné les chutes, jusqu’à la chute de trop.

_ Chier…

Elle était sortie et s’était changée aussi vite qu’elle le pouvait avec une main, avant de filer vers l’institut pour aller voir l’infirmière. Enfin, encore aurait-il fallu qu’elle soit là… Roxanne pesa le pour et le contre et se dirigea finalement à reculon vers l’hôpital. Bon, okay, elle avait vite arrêté de râler quand elle avait saisi la porte de sortie de l’institut avec le poignet gauche, ugh, quel boulet…

Quand elle put enfin se balader dans l’hôpital avec sa belle attele, elle se dirigea vers la cafétéria, parce que damn, elle avait faim, ça creusait les bobos ! Et puis, en plus de ça, elle pouvait plus rien faire à part manger, dormir et discuter maintenant… Le talent ! Même plus, le génie ! Un don pour tomber ou bousculer les gens, enfin, elle l’avait miraculeusement évité, d’ailleurs, elle savait même pas comment elle avait fait ça, mais il allait falloir qu’elle trouve pour recommencer, parce que c’était vachement utile sérieux !

_ C’est m--

Ah.

Elle était là, bêtement, debout, en train de fixer Misao, un twix dans la bouche, l’autre en main. What the-- Ah, ben il était plus là.

Elle avait pas rêvé non ? Si ? Pourtant ça en avait pas l’air, même si ça expliquerait la collision évitée de justesse, enfin, connaissant Misao, c’était plutôt lui qui avait évité du coup, mais bon.

Elle cligna des yeux quelques secondes, les yeux fixés droit sur l’emplacement où s’était tenu Misao, non parce que oui, clairement elle avait pas rêvé, lol. D’ailleurs, est-ce que c’était un bracelet d’hôp-- Est-ce que c’était des bandages qu’elle avait vu sur ses mains ?! Mais… What the-- Elle n’y comprenait plus rien, et bêtement, elle tenta juste un truc, juste pour voir, juste pour voir le fin espoir qu’elle avait se faire écraser violemment comme le reste…

_ Misao ?

Elle hésitait à avancer, juste pour voir, il reculerait s’il était là, ça ferait du bruit non ? Elle avait peur, c’était débile, mais elle avait peur. De quoi ? Elle ne savait même pas. Qu’il soit là ? Qu’il soit parti ? Qu’il lui parle ? Ou qu’il refuse de le faire ?

L’angoisse était montée d’un coup, elle l’avait appelé encore une fois, avant de se sentir stupide, parce que s’il s’était rendu invisible, c’était de toute façon parce qu’il voulait pas la voir, ou qu’elle le voit, ou les deux. Elle soupira et fit un pas en arrière avant de lever les yeux vers ce qui devrait probablement être son visage s’il n’avait pas bougé ? Pourquoi ?

_ Je suis désolée…

Elle se retourna et fit quelques pas, avant de s’arrêter, puis de reprendre son chemin vers la cafétéria. Elle haussa les épaules et soupira, ça servirait à rien d’insister, à part le faire fuir encore plus loin, si c’était possible…
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Jeu 25 Mai 2017 - 18:54
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Non. Non, il ne peut pas encore la voir. C'est trop tôt, c'est trop douloureux, trop de choses. Il se sent en train de suffoquer, il a la nausée, pourrait se rouler en boule là, maintenant, tout de suite, dans un coin de ce couloir. Il se contente de bloquer sa respiration, comme si ça pouvait l'empêcher d'être entendu ou vu, mais il sait très bien qu'elle l'a remarqué. Il le sait, ils étaient l'un en face de l'autre, les yeux plongés dans les siens... La dernière fois qu'il l'a revue, elle était déjà bien rousse. Ses cheveux bleus lui manquent, ça lui donne l'impression qu'elle n'est pas tout à fait la même personne actuellement. Et ça lui rappelle bien trop cette vidéo, cette culpabilité. Ca fait mal, mal, mal...

Elle prononce son prénom et il sent sa cage thoracique se comprimer. Sa voix. Sa voix qui prononcent ces trois syllabes. Il ferme les yeux.

Désolée ? Pourquoi elle est désolée ? Elle- Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle part ? Pourquoi elle part ? Pourquoi elle part déjà ? Misao veut pas qu'elle parte. Il attrape son twix de sa main déjà occupée, redevient visible, la suit. Il tend la main vers elle. Il veut l'attraper. Il veut l'effleurer. Il veut lui parler. Il veut faire tellement de choses, mais il n'arrive à rien…

—Rox- Att-

Il s'interrompt. Son bras retombe, il le ramène contre lui, comme s'il s'était brûlé alors qu'il ne l'a même pas effleurée. Peut-être qu'il était encore assez près pour qu'elle l'entende... Mais il n'ose pas vérifier. Il reste encore les bras ballants quelques secondes, à l'observer, le visage défait, terriblement désolé, terriblement honteux, terriblement amoureux, encore, encore et toujours…

Puis il recule, lentement, pour finalement se détourner et s'enfuir vers sa chambre. Les larmes aux yeux et la poitrine compressée à s'en déchirer les poumons.

Il lève les yeux vers le plafond alors qu'il referme la porte derrière lui, s'appuie contre le battant. Un temps. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Il respire à nouveau. Mais ça fait tellement mal d'être à nouveau à l'air libre de cette manière...


HRP : ...... j'suis désolée, j'ai essayé, il a pas voulu >>
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Mer 5 Juil 2017 - 22:48
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Quand elle s’était arrêtée, elle aurait pu jurer avoir entendu Misao, mais ça avait été trop court et elle avait eu trop peur de ce qui aurait pu se passer si elle s’était retournée pour le faire. Alors elle avait juste repris sa route vers la cafétéria, les larmes aux yeux, et du regret plein le coeur. Pourquoi ?

Avec son thé dans la main et ses biscuits dans l’autre, elle s’était assise dans un coin tranquille. Elle avait besoin de se poser et de réfléchir, d’essayer de prendre du recul et de trouver des solutions, si c’était possible…

Un soupir plus tard, elle ne comprenait toujours pas pourquoi il avait réagi comme ça. Enfin, si. Elle se disait bien qu’elle aurait clairement pas du, au final, lui donner cette fichue clé usb, que ça devait être ça, parce que de toute façon elle avait aucune autre idée de ce que ça aurait pu être, c’est pas comme si elle l’avait stalké, donc elle savait même pas ce qu’il avait pu faire tout ce temps. A part s’enfermer dans le labo apparemment.

Par contre, sa réaction à elle, c’était purement et simplement de la lâcheté. Elle avait osé l’appeler, s’excuser, mais pas se retourner ensuite, de peur de se tromper, d’avoir l’air idiote, de l’entendre lui dire qu’il voulait plus la voir ni entendre parler d’elle, ou juste de se rendre compte qu’elle s’imaginait des trucs. C’est pour ça qu’elle s’était coupée un peu de tout pendant plusieurs mois, enfin autant que possible à Terrae, et qu’elle l’avait évité. Et c’était clairement pas la solution, donc ça servait à rien de refaire la même chose.

Un nouveau soupir et pas assez fin pour manger les biscuits au final. Elle se leva, jeta son gobelet de thé vide et se dirigea dans le couloir où elle l’avait croisé. Avant de bêtement s’arrêter en plein milieu pour se rendre compte qu’au final, même si elle allait le voir, assumer ses bêtises, elle ne savait même pas où aller…

Elle perdit alors un temps fou à se décider, en traînant dans les couloirs, en direction de l’entrée où probablement quelqu’un saura lui dire où se trouve sa chambre, avec de la chance. Elle prit une longue inspiration et se décida à demander, parce qu’elle ne pourrait pas fuir indéfiniment et que de toute façon, s’il refusait de la voir, elle n’aurait qu’à repartir, mais au moins elle aurait sa réponse.

Quelques pas plus tard, elle était devant la porte, figée, la main posée sur la poignée. Avant de se décider à frapper quelques petits coups avant d’entrer, histoire d’au moins pouvoir le voir avant de se faire jeter salement et de devoir repartir en vitesse pour cacher sa honte immense et sa déception.

Elle referma la porte derrière elle, sans un mot, les yeux rivés au sol, incapable de relever la tête et d’affronter son regard. Elle avait envie de ressortir, de fuir, de faire comme si rien de tout cela n’avait existé. Mais elle avait assez joué à ça, et il était temps d’assumer un peu et d’être adulte pour une fois.

_ Bonjour Misao.

Elle était encore dos à la porte, la poignée dans la main, prête à partir au moindre affrontement, mais c’était plus fort qu’elle.

_ Je suis désolée si je dérange, je peux repartir. C’était…

Stupide de venir ici. C’est ce qu’elle pensait, mais elle ne pouvait pas le dire, parce que c’était stupide de son point de vue à elle, mais c’était faux. Et il pourrait le prendre mal, genre, comme si c’était stupide parce que c’était le voir lui, alors que justement non, parce qu’elle voulait le voir, voulait lui parler, le voir sourire et l’entendre rire, comme avant. Mais elle doutait que tout ça soit possible, elle espérait juste pouvoir demander pardon, expliquer, et peut-être éviter trop de haine si possible. C'était éprouvant.

_ C’était pas prévu.

Voilà. C’était déjà mieux. Un début déjà au moins.
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Gribouille en #cc6666
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Dim 9 Juil 2017 - 19:12
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Elle ne s'est pas retournée lorsqu'il l'a appelée. Il pensait… il pensait quoi, au juste ? Il pensait quoi, que parce qu'elle lui avait envoyé cette vidéo et qu'ils étaient l'un en face de l'autre, maintenant, sans qu'il ne lui ait fourni la moinre réponse, sans qu'il n'ait même daigné lui dire qu'il existait encore, parce qu'elle l'avait un jour aimé elle allait se retourner, là, maintenant ? Sa poitrine se compresse, douloureusement, et il se sent mourir un peu plus. Sa gorge se serre, son ventre se noue ; il part.

Sa chambre aurait pu lui offrir un peu de réconfort, mais elle se contente de lui renvoyer cet univers aseptisé dans lequel il vit depuis plusieurs semaines. Il a un sanglot qui gronde dans son corps, fait trembler ses épaules, chevroter sa respiration. Il laisse vaguement tomber son goûter sur sa table de nuit, après l'avoir précautionneusement emballé dans leur sachet, et va s'affaler sur son lit pour fixer le plafond blanc. Il laisse échapper quelques larmes, pudiquement caché derrière ses mains, pendant qu'il repense à ses erreurs, à elle, à ce qu'ils ont vécu. Il en a le souffle coupé, tellement de souvenirs, tellement de choses qui remontent...

Misao finit par se redresser et essuyer son visage, terminer ses twix sans aucun entrain, prendre sa DS pour s'occuper un peu l'esprit. Il revoit son dos qui s'éloigne régulièrement et secoue la tête pour essayer d'en chasser l'image.

Quelqu'un frappe à la porte. Il se fige. Il espère et craint à la fois. La porte s'ouvre. Elle la referme et s'y appuie, lentement, précautionneusement. Elle ne le regarde pas, mais elle est là.

Roxanne est dans sa chambre, et Misao l'observe, assis en tailleur sur son lit, sa main qui laisse choir lamentablement sa console sur le matelas.

Le silence semble être comme une entité vivante. Un obstacle entre eux deux. Mais elle le brise, si aisément a-t-il l'impression. Sa voix le secoue encore tout entier. Il doit avoir une expression de pur désespoir sur le visage.

Il ne la quitte pas du regard, même si elle ne lève pas les yeux vers lui. Il se rend compte qu'il ne sait pas quoi dire et finit par les baisser lui aussi. Les traitres se sont déjà remplis de larmes. Heureusement, elle ne le verra sûrement pas.

—Salut... Rox. Tu déranges pas, souffle-t-il simplement.

Il déglutit. Ok. Dire quelque chose. Elle est juste là, devant toi, tu peux dire un truc, nan ?

—Tu... ça fait un moment.

"C'est ma faute."

—Ça fait bizarre...

Il aurait pu rire nerveusement, mais il n'y arrive juste pas. Impossible. Improbable. C'est déjà si étrange de lui adresser à nouveau la parole. Il repense à la clé USB et, d'un coup, sent la piqûre de la culpabilité qui le fait presque sursauter.

—J'ai eu ton message- J'ai juste pas eu-... le temps, essaie-t-il de s'expliquer sous le coup de la panique.

Perdu comme un gosse, comme si c'était simple de lui expliquer qu'on l'a interné suite à ça. Le coeur au bord des lèvres. Mais elle est là, elle est revenue, et il se sent un peu plus entier.
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Mer 9 Aoû 2017 - 15:03
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Elle restait là, dos à la porte, sans savoir quoi dire ou quoi faire. Elle appréhendait sa réaction, ses paroles. Pourquoi est-ce que c’était aussi difficile ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas juste oublier et faire comme si de rien était ? Elle aurait pu se poser encore des centaines de questions, mais ses réflexions se figèrent quand elle entendit à nouveau ce surnom. Oh, ce n’était pas celui qu’elle affectionnait le plus de ceux qu’il avait fini par lui donner, mais c’était déjà pas mal. Elle s’attendait à recevoir un accueil plus froid, plus… Roxanne ou Tessier ou… Pas ça. Mais bon, elle n’allait pas non plus râler, ça lui faisait plaisir un peu.

Elle acquiesce simplement, ouais, un moment, un sacré moment même. Et elle avait fini de le blâmer pour ça, ou de se blâmer elle-même d’ailleurs. Elle était passé au-dessus de ça, elle voyait simplement le manque et le regret maintenant.

_ Un petit peu oui.

Elle s’avança doucement et s’assit sur une chaise, un peu plus éloignée du lit que ce à quoi elle s’attendait. Mais ce n’était pas plus mal, elle commençait à se demander ce qu’elle faisait là, pourquoi elle était venue ici. Parce que le voir, là, c’était un peu comme de voir un étranger. Il était si différent, si… vulnérable. Elle se sentait honteuse et sale, comme si elle l’avait elle-même mit là, et ça pouvait paraître bien stupide.

Elle eut soudainement envie de partir quand il évoqua sa surprise, son “cadeau”, mais elle savait que c’était uniquement de l’embarras. Elle se tordit un peu les doigts, cherchant le courage qui lui permettrait de répondre.

_ Je ne t’en veux pas, c’était assez soudain de toute façon. T’es même pas obligé d’y faire attention ou quoi, c’était juste… une petite folie.

Ou des mois de préparations, une implication comme jamais elle n’en avait fait preuve, et une mise à nue qui lui demandait tellement qu’elle en était épuisée et finissait souvent en larmes… C’était difficile d’en parler, parce qu’elle lui en avait voulu de ne rien lui faire savoir, ne rien lui répondre, même pour lui demander de le laisser tranquille, de faire comme si elle n’existait pas et que tout ça n’était rien. Puis elle s’était calmée, elle avait réalisée que le Misao qu’elle connaissait n’aurait probablement pas fait ça, et qu’autre chose avait changé. Mais elle n’osait toujours pas venir le voir, l’affronter, avant aujourd’hui, cette visite imprévue.

_ Est-ce que… Tout va bien ? Enfin, je veux dire, ce n’est rien de trop grave ? Evidemment tout ne va pas bien, tu ne serais pas là hein, ahah. Mais, tu ne vas pas… en mourir ? Désolée, c’est assez indiscret et carrément pas ma place. On peut discuter des derniers livres que tu as lu si tu veux, moi je viens d’en finir un qui était franchement intéressant, peut-être que tu le connais ?

Et c’était parti, la panique, l’angoisse avaient pris les rênes. Elle ne contrôlait plus ce qui franchissait ses lèvres, elle se sentait juste inutile, elle avait peur qu’il ne lui dise de partir, et il allait probablement le faire vu la vitesse à laquelle elle lui parlait. Elle se rendit compte qu’au final, elle ne savait rien, absolument rien à propos de lui depuis tout ce temps, ce par quoi il était passé, ce qu’il avait fait, pourquoi il était là, s’il allait rester longtemps, ou s’il pourrait retourner rapidement à sa petite vie.

_ Désolée, je dois t’épuiser avec mon bavardage. Je ferais peut-être mieux de te laisser te reposer, c’est un peu le but dans un hôpital…

Mais… Elle n’avait pas envie de partir, parce que même avec tout ça, tous ces sentiments confus et mélangés, elle se sentait bien à côté de lui, même à cette distance, elle se sentait un peu plus elle-même.
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Gribouille en #cc6666
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Lun 21 Aoû 2017 - 22:19
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"Un petit peu". C'est ce qu'elle lâche, comme ça, sans le regarder. Oui, un peu. Un ou deux ans. Une coupure un peu brusque - mais il ne pouvait pas ne pas s'en vouloir quand ils se voyaient, c'était trop dur de la regarder, de faire semblant que tout allait bien. Elle n'a rien à voir avec son monde - son monde qui l'a blessée, son monde qui les a séparés, son monde qui a fait trop de mal à trop de monde. Lui est un monstre, et elle, somme toute quelqu'un de très normal. Calme et douce, impulsive et enjouée ; qui mérite tout, tout sauf ce qu'il peut lui offrir ; tout sauf ce qu'il ne peut pas lui donner.

Elle s'installe et lui tâche de calmer les larmes dans ses yeux, celles qui menacent de couler et de tout gâcher. Alors seulement il daigne relever le regard, poser ses yeux dans les siens, être époustouflé, encore, par leur couleur vibrante. La confrontation est brutale - mais interne. Il se fige simplement, s'arrête de respirer. Si seulement elle pouvait lire dans ses pensées tout ce qu'il n'arrive pas à lui exprimer...

Il secoue la tête pour lui faire comprendre. Il ne veut pas ne pas y faire attention. Comment aurait-il pu ...? Ses mots restent bloqués dans sa gorge. Il est heureux et malheureux à la fois ; heureux qu'elle soit là, et malheureux de savoir qu'il devra encore la laisser partir. Il se souvient de la question qu'elle lui avait posé il y a longtemps, lorsque c'était elle qui se trouvait dans un lit d'hôpital - à cause de gens comme lui. "On retrouvera tout ça tu penses ? Ces journées si jolies. Est-ce qu’on va réussir à remonter ?"

Et cette promesse qu'il lui a faite. On les retrouvera. Mon cul, ouais...
Il lui avait promis. Et pourtant, pourtant… Ils en sont encore là. Lui bien plus qu'elle. Elle n'avait pas douté de lui, et pourtant, elle aurait peut-être dû.

Bon sang.

Et Roxanne qui trouve le temps de s'inquiéter, encore. Sa question le désarçonne - il se rend compte qu'il ne lui a toujours pas répondu. Elle lui tire un rire, pourtant ; un peu étrange, stressé, mais un rire tout de même.

—Non, c'est pas... T'inquiète. Ça m'embête pas.

Et il est sincère. Il s'humecte les lèvres et laisse ses yeux bleus dériver vers la fenêtre.

—Je suis content de te voir.

Il se mord la lèvre. Il se doute qu'elle ne voudra sûrement pas entendre ça venant de lui, pas après autant de temps dans le silence, pas après l'avoir vu se rendre invisible juste devant elle, pour ne pas qu'elle le voie. Mais il a besoin d'être honnête, au moins sur ça. Avec elle encore plus qu'avec tous les autres.

—C'est rien de grave. J'vais pas très bien, mais je me soigne, même si on dirait pas. Je mourrai pas maintenant.

Pas sans décider de se foutre lui-même en l'air. Pour le moment, il sent son coeur se remettre à battre. Qu'est-ce qu'il doit avoir l'air pathétique...
Tu vois Roxy, c'est de ça que t'es tombée amoureuse. Une loque. Un lâche. Et un monstre. Belle brochette.

—Tu veux bien me parler un peu de ton livre ? lui demande-t-il simplement en reportant son attention sur elle, comme pour éluder.

Quand elle parle, ça lui fait du bien. Il aimerait l'entendre rire aussi, la voir sourire. C'est étrange. Mais il se rend compte que malgré le temps écoulé, lui reste Misa, et elle reste Roxy. Il n'a pas vraiment besoin de quelque chose de plus.
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Mer 13 Sep 2017 - 14:07
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Elle avait du mal à soutenir son regard, alors ses yeux dérivaient un peu partout, le long de ses bras dont elle évita soigneusement les bandages, ses propres mains entremêlées, et ses pieds. Elle était soulagée de l’entendre parler, qu’il lui réponde, c’était rassurant. Même si, dans un coin de sa tête restait ce moment un peu maladroit où il avait disparu juste devant elle. Elle le croyait, vraiment, quand il disait être content de la voir, c’était juste… Un peu difficile à entendre après ça. Alors quand il lui proposa de parler de son livre, elle fut légèrement soulagée, parce que tout le reste, c’était un peu lourd, un peu compliqué, et c’était peut-être pas le moment d’en parler, tout simplement. Elle releva les yeux vers son visage, contente de pouvoir l’observer tout en lui parlant.

_ Oh, oui. C’était vachement intéressant en fait, ça s’appelle Le Dernier Homme.

Et elle continua, lui racontant le début étrange du livre, qui ensuite se développe un peu comme un amoncellement de flashback pour reconstituer l’histoire. Elle se surprit d’ailleurs à parler de certains détails qu’elle n’avait pas forcément remarqué en le lisant, et elle ne pouvait s’empêcher d’essayer de lui partager le plaisir qu’elle avait eu en le lisant, les choses dont elle s’était rendue compte au fur et à mesure et qui lui donnait parfois envie de le relire. Toute cette énergie, qu’elle n’avait pas laissé sortir depuis bien longtemps, parce qu’elle ne parlait plus de ce qui lui plaisait avec les gens autour d’elle. Pourtant, c’était si facile, ou bien, c’était peut-être juste lui ?

_ Si tu veux, je pourrais te le prêter, tu dois t’ennuyer un peu ici non ?

Et quand elle n’a pas le courage de se lancer, elle préfère encore lui confier son livre, plutôt que de venir elle-même de temps à autre pour lui lire, parce que, déjà, c’est ridicule, et puis, même si elle aimerait vraiment beaucoup pouvoir venir régulièrement, parce qu’elle se rend bien compte que ça leur fait du bien, ou juste à elle ? Elle n’a pas envie de s’imposer, elle ne le fait plus.

_ Ça me fait plaisir, de pouvoir discuter avec toi.

Non, elle n’avouerait pas qu’il lui avait manqué, c’était un peu trop pour le moment, même si c’était la vérité. Alors, pour se changer les idées, elle se leva et fit quelques pas pour se poser contre la fenêtre. La vue n’était pas non plus géniale, mais bon, c’était mieux que le blanc omniprésent de la pièce.

_ Tu penses que tu pourras encore jouer ou travailler ? Je veux dire, avec tes blessures, tu vois. Ce serait dommage que tu puisses plus tenir une batte ou une manette non ? Ou des alambics, des trucs comme ça.

Oui, elle l’avouait, elle essayait d’en savoir plus, sans en avoir l’air, parce qu’au fond elle n’était pas certaine de vouloir savoir. Mais juste, peut-être s’assurer que ça irait.

_ Tu veux que j’aille te chercher un petit truc à boire ? Je meurs de soif, et j’ai envie de sucre, du coup, je me ferais bien un soda.

Ou alors, tu veux venir aussi ? Ouais, non.

Elle savait plus trop quoi faire, quoi dire. Elle aurait apprécié de juste s’asseoir à côté de lui, en silence, mais, pour le moment, elle avait le sentiment que leurs silences étaient un peu trop… silencieux. Et ça la rendait mal à l’aise.
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