Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Caché aux yeux des hommes. ••• Nils ♥
#   Ven 26 Mai 2017 - 11:54

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Cauchemar. Misao se redresse dans son lit, le front recouvert de sueur, les membres agités de soubresauts. Sa respiration rauque remplit désagréablement l'air, mais il en prend seulement conscience au bout d'interminables secondes. Il semble attendre que ses pensées et son rythme cardiaque se calment, retrouver un semblant de cohérence interne...

Une main sur son visage. Il sent le contact étrange des bandages sur ses mains, les contemple ensuite dans le silence, figé. Il repense encore à ce qu'il a fait pour venir à Terrae, tout ce mal, juste pour revoir sa soeur, parce que celle-ci était inatteignable… Il repense à ces laboratoires, à son horreur mais aussi au plaisir qu'il a pris, un peu, parfois, et encore une fois, comme toujours, il se sent sale.

Dégoût, dégoût. Il est sale, Misao. Pourquoi il a fait tellement de mal pour venir à Terrae ? Pourquoi il pensait que ce serait différent ici, qu'il pourrait aller mieux après s'être autant haï ? Il repense à sa tentative de suicide de l'époque, celle qu'il avait faite pour simuler, pour voir, celle qu'il avait réellement faite, loupée, mais qu'il aurait au fond préféré réussir. Il n'aurait pas connu ce Vide juste pour revoir sa soeur, il n'aurait pas eu à vivre avec ça, il n'aurait pas eu à souffrir autant ici. Être un paria, un monstre.

Alors il rejette sa couverture sur le lit pour poser les pieds au sol et sortir. Il se promène un moment dans les couloirs déserts, se rend invisible lorsqu'il entend des pas s'approcher. Puis il continue, encore et encore, jusqu'à atterrir dans la salle commune de l'hôpital, où se trouve une petite télévision et une bibliothèque. C'est vers la fenêtre qu'il se dirige en premier. Il l'ouvre, s'appuie contre le rebord en observant l'en-bas. S'il était sûr de pouvoir mourir, il sauterait. Mais le fait est qu'il pouvait tout aussi bien se casser un membre, finir paralysé. Mieux vaut trouver un autre moyen.

Il grimpe sur le rebord et ramène ses jambes contre lui, puis laisse son regard courir sur Terrae. On peut voir l'institut de là ; quelques fenêtres seulement sont encore allumées. Des fêtards, sûrement. Ou des insomniaques, comme lui.

Un bruit de pas se fait entendre derrière lui. Il tourne à demi la tête, en se demandant si c'est un membre du personnel hospitalier qui lui demandera de descendre...

C'est pas comme s'il était suicidaire, de toute façon.



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#   Sam 27 Mai 2017 - 9:59

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Le silence de la nuit, une horloge, la lumière de la lune. Ses yeux grands ouverts se perdent dans le blanc du plafond. L’horloge de la pièce produit des tic-tacs réguliers, et la lune traverse les rideaux fins de la fenêtre. Le silence. La solitude. L’ignorance. Personne ne pouvait se doutait de ce qui se passait en lui. Personne. Car personne ne pouvait voir au plus profond de lui. Il ressentait toujours ce vide en lui. Ce vide qui s’était créé dans son cœur lorsqu’il avait réalisé que son père… N’était qu’une ordure. Nils, ignorait si ce vide allait partir un jour, mais c’était très douloureux. Il ne pouvait contrôler ce trou en lui, il ne comprenait pas son arrivé, il ne comprenait plus rien de ces trois dernières années. Il avait espéré secrètement que ce vide s’estomperait au fil des heures et des jours, mais celui-ci restait collé à sa poitrine. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait en lui et il refusait de rester dans l’ignorance. Mais il avait beau lutter contre lui-même, ce trou ne disparaissait pas et ces trois dernières années le hantait de jours en jours.

En réalité, il avait peur de revoir quelque chose en rapport avec le patinage. Il ne serait comment réagir. Il ne pouvait fermer l’œil sans penser à ce qu’il s’était passé le dernier jour et la folie de son père.

C’était ça quatrième nuit ici, et ses nuits étaient toujours autant écourtées. Il parvenait à s’endormir quelques minutes, mais se réveillait régulièrement, parfois en sueur, parfois perturbée. Cela faisait de longues minutes qu’il attendait que le sommeil revienne ; mais c’était peine perdu. Il restait là, dans son lit, sans bouger à se questionner sur lui-même. Il n’y parvenait pas. Il suffoquait ici, il avait besoin d’avancer de sa propre manière. Alors il se redressa soudainement, décidé à aller prendre l’air ailleurs que dans cette chambre qu’il n’avait que trop vu. Lentement, il se hissa à la force de ses bras sur le fauteuil roulant disposé à côté de son lit. Il avait retrouvé suffisamment de force dans ses membres supérieurs et il se refusait ne continuer ainsi, cloué à cette chaise. Il pénétra dans le couloir, hésita un instant, et prit la droite. C’est apprès quelques recherches qu’il put trouver l’objet de sa convoitise, celui qui lui permettrait de ne pas rester au même stade ridicule : des béquilles. C’était certes plus épuisant, mais il lui faillait avancer d’une quelconque manière, pour qu’il ait l’impression de faire quelque chose dans sa nouvelle vie.

Lentement, il avançait. Il avançait l’esprit embrouillé. Mais il avançait. Toujours plus loin, même si rien ne lui semblait possible après cet incident, ce drame, ce vide. Mais l’un de son caractère dominant le faisait tout de même avancer. Avancer dans l’obscurité le plus total, faire quelque chose malgré que le cœur était mort.

Nils voulait s’arrêter à la salle commune. C’était un endroit où il pourrait être tranquille un moment, où il pourrait respirait l’air frai à travers la fenêtre. Quand il parvenu au coin de la salle, les bras commençant à tétaniser, il remarqua un homme, qui chercher lui aussi un autre endroit pour respirer.
Nils marqua un temps, à observer la solitude. Puis, il étira un léger sourire sur son visage, qui, malgré la fatidique, rayonnait légèrement d’une certaine chaleur. Puis il laissa sa voix faire le reste, doux et simple.

« Moi qui pensais me retrouver seul à cette heure-ci. »

Il laissa passer un temps, juste un temps de contemplation. En voyons le visage de cet autre homme, il put ressentir une profonde tristesse, dégout et… Non. C’était comme lui ; un vide quelconque qui l’envahissait. Nils, qui avait repris une expression neutre, repris de son ton calme la discussion qui s’était ouverte.

« Puis-je me joindre à toi ? »


Il savait que parfois, ont préféré être seule, comme des fois, on aimerait être entouré. Peut-être que cet homme désirait que quelque chose lui soit pardonné, ou plutôt qu’il se pardonne à lui-même. Et dans ces moments-là, soit on préférait rester entièrement seule, soit on espérait l’aide de quelqu’un, au plus profond de soi, mais que l’on osait ne rien dire à autrui. C’était un appel que lançait notre cœur au plus profond de nous.


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#   Jeu 1 Juin 2017 - 14:11

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Si, habituellement, Misao est plutôt contrarié de voir arriver qui que ce soit dans son champ visuel, cette fois, il doit avouer se sentir relativement soulagé qu'il ne s'agisse pas d'un membre du personnel. Ce qui ne veut pas dire qu'il est heureux de le voir. Aussi fronce-t-il un peu un sourcil, pas vraiment agressif mais plutôt par réflexe, quand l'autre lui sourit. Qu'est-ce qu'il a à le mater comme ça ? Il a plus vraiment l'habitude qu'on lui adresse un sourire sincère, il en vient toujours à se demander ce qu'il se cache derrière. Parfois, il se demande s'ils le connaissent, s'ils savent, s'ils ne font pas simplement ça pour s'approcher de lui, pour mieux lui redire qu'il est un monstre. L'hypocrisie pour voir, pour connaître, pour expérimenter... Expérimenter ce que c'est que de fréquenter quelqu'un comme lui.

D'autres fois, il parvient à se calmer. À se dire que ce n'est pas le cas, que tout le monde ne peut pas savoir, que ce n'est pas marqué sur sa face. Et, lorsqu'il est las, si fatigué, il y est complètement indifférent.

Alors il attend de voir la réaction de l'autre. Il est en béquilles, cheveux clairs, très longs, un peu comme ceux de Matheo, voire comme ceux de Mitsuki. Il se raidit. La comparaison ne lui plait pas, et rien que pour cette ressemblance qu'il n'est pas prêt à supporter, il est tenté de l'ignorer. De répondre "non", abruptement, violemment, avec toute la hargne dont il peut faire preuve.

So nez se plisse un peu, signe qu'il se retient de répliquer.

—J'pensais être seul aussi. Fais ce que tu veux, la pièce est commune, que j'sache.

Est-ce que ça n'aurait pas été plus facile de l'envoyer bouler ? Il ne se sent pas de parler, mais au fond, il ne se sent pas d'être seul non plus. Son regard se fixe un instant sur l'extérieur, avant de revenir sur lui.

—T'as été renversé par une voiture ? Ou t'as essayé de sauter de la fenêtre de ta chambre ? demande-t-il sobrement, désignant par-là ses béquilles.

"Est-ce que si je saute, je finirai dans le même état ?" songe-t-il en évaluant la distance jusqu'au sol, plongé dans une demi pénombre à cause du manque d'éclairage à l'arrière du bâtiment.



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#   Sam 3 Juin 2017 - 11:53

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Seule la lumière de la lune éclairait leurs deux corps ainsi que la pièce. C’était un jeune homme, probablement plus âgé que lui. Des cheveux sombres, deux yeux bleus et un visage livide et las. Fatiguer était peut-être le bon terme. Nils ne connaissait pas la vie de cet homme, mais ils partageaient probablement des sentiments semblables actuellement. En réalité, cela faisait peut-être plusieurs mois qu’il n’avait pas pu avoir une véritable conversation avec quelqu’un ou en tout cas, un échange quelconque qui lui permettait de se séparer… De sa vie quotidienne.

Aller vers autre chose, c’est tout ce qu’il souhaitait. Oublier, repartir sur autre chose. Mais est-ce qu’il était possible de se séparer de la réalité ? D’oublier ce qu’on a été pendant un temps ? Cela faisait partie de nous, ancré dans ce que nous sommes.

Nils s’approcha de l’inconnu et s’assit sur l’un des canapés. Il l’observa une nouvelle fois. Lui aussi cherchait probablement des réponses, ou tout simplement cherchait à se retrouver, mais n’y parvenait pas. Ils avaient tous deux un visage fatiguer dû par le manque de sommeil. Ils avaient vécu des choses compléments différentes, mais peut-être, au final, similaire. Ils se retrouvaient là, en pleine nuit, à se poser des questions intérieures.
Cet autre homme prit l’initiative de lui adresser la parole. Nils fit une légère moue à cette question. Mais il avait l’intention de lui répondre. Au final, c’était un parfait inconnu, il pouvait lui parler franchement, et peut-être pouvoir, se délivrer ou délester du vide en lui. Il pencha sa tête vers l’arrière, ferma les yeux et respira un coup. Puis il lui expliqua la situation en regardant tout d’abord le plafond, trop blanc pour lui, pour ensuite reposer son regard sur l’inconnu.

-Non, pas vraiment. J’ai simplement été manipulé par quelqu’un. Je n’ai rien remarqué, mais j’ai été poussé à bout.

Nils marqua une pause et se redressa légèrement, une certaine dose de colère et de honte se sentant dans tous son être. Son sourire avait disparu et une légère haine pouvait se faire ressentir en vers lui ou quelqu’un d’autre.

-Je faisais du patinage artistique. Et plus les jours passaient, moins on arrivait à vivre. J’étais obligé de gagner des compétitions si je voulais survivre et puis… Mon corps à lâcher. Je me demande encore pourquoi j’ai été aussi loin et pourquoi je n’ai pas tous quitté avant.


L’islandais regarda sa jambe blessée, encore gonflé comme pas deux, et immobilisé. Il était frustré de ne pas pouvoir, marcher et se débrouiller. À l’hôpital, il était obligé de compter sur les autres et il détestait ça. Il voulait partir le plus vite d’ici.

-J’aimerais partir le plus vite d’ici… Je déteste être autant assisté... Et je déteste les hôpitaux.

Un temps d’attente, de réflexion et il ramène son attention vers l’autre homme. Et lui ? Qu’est-ce qu’il ressent, pourquoi est-il ici ? Leurs deux cœurs ne semblaient plus raisonner. Tous deux semblaient perdus et détruit.

-Et toi ?


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2ème compte: Rin Hakari
#   Lun 5 Juin 2017 - 17:12

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En lui posant la question, Misao ne s'attendait pas vraiment à une réponse de ce type. Enfin, déjà, il s'attendait à se faire envoyer chier ; ensuite, qui lui raconterait sa vie comme ça, en mode random, alors qu'ils se connaissent pas ? Le feu hausse un sourcil circonspect lorsque la voix de l'autre résonne lentement dans la salle. Il l'écoute sans rien dire, l'observant du coin de l'oeil… Comment on peut dire les choses avec autant de flegme ? Il aurait presque pu soupirer et se détourner tant cette réaction l'ennuie, mais au fond, elle l'intrigue quelque peu aussi. Lui n'est pas comme ça. Il n'accepte pas les choses. Il ne pourrait pas dire "On m'a détruit et enlevé tout ce que j'aimais" sans avoir l'air de ressentir quoi que ce soit. Et pourtant, assis dans son fauteuil, le jeune homme qui lui parle ne s'emmure pas dans l'indifférence...

Misao acquiesce finalement, lentement. Même si le renvoi de question le glace, il se sent compatissant à son égard. Difficile de vivre quand le corps lâche. Difficile de vivre quand le mental lâche. Au fond, il y a bien trois piliers, dans nos vies... Le physique, le mental, l'émotionnel. Lorsque le physique lâche, l'émotionnel est prompt à couler avec lui. Mais le mental peut maintenir n'importe qui debout. Encore et encore.
Lorsque le mental lâche, en revanche... le corps s'abîme de lui-même. Lentement. Inexorablement. Tout s'effondre. Il envie les personnes qui sont fortes. Est-ce que ce patineur l'est ?

—Ah... Ouais. C'est con. Faut te reposer, maintenant que tu le peux. Y aura plus personne pour te dire quoi faire ici.

Enfin, a priori.

—J'suis pas sûr de connaître quelqu'un qui aime les hôpitaux de toute manière.

Il sait qu'il lui a posé une question, mais il ne se résoud pas à y répondre. Pourtant, il sent le regard de l'autre sur lui. Alors il se contente de lever une de ses mains bandées, l'autre toujours appuyée contre sa cuisse.

—Et moi, ben… Disons que j'ai fait de la merde. Beaucoup de mal à beaucoup de monde, aussi... Comme personne ne m'a puni, je l'ai fais moi.

Les mots se sont échappés aisément, cette fois. Pourtant, il sait que c'est ridicule. Mais sa culpabilité l'assassine… Elle est là, elle existe. Et faire comme s'il ne connaissait pas les raisons qui l'ont amené à se faire du mal ne peut pas lui être bénéfique.

Sa main s'abaisse finalement et il lâche un lourd soupir. Son regard se lève vers le plafond.

—Tu dis que tu sais pas pourquoi t'es allé aussi loin. T'en as pas une idée ? Il doit bien y avoir une raison. Y en a forcément une, ça peut pas en être arrivé à ce point comme ça...

Une question chacun. Peut-être que c'est comme ça que ça marche ?

Alors, c'était quoi ? L'adrénaline provoquée par le sport ? Le plaisir d'être adulé ? Récompensé ? Ou simplement celui de se faire du mal ?



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#   Lun 5 Juin 2017 - 18:43

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Un échange se créer. Un lien d’une nuit se créer, ou peut-être plus. Ils ne se connaissent pas, pourtant, c’est comme s’ils se connaissaient l’un est l’autre. On n’a pas besoin de savoir le nom de quelqu’un pour que quelque chose se passe. Pourtant, c’est simple : une action, une conséquence et un résultat. On ne peut rien prévoir à l’avance, ce qu’on avait prédit finit toujours par nous surprendre. Ce n’est pas nous qui contrôlons ce qu’il se passe, c’est l’ensemble des individus qui fait ce qu’on est. Sans l’autre, nous ne serions rien. Sans nous, les autres ne seraient rien. Des gens se complètent, d’autre non. Des liens se créer d’autre non. La compatibilité entre chaque être fait aussi une part du travail. Se passe ou ça casse. Il n’y avait aucun entre deux. Si deux individus s’acceptaient, alors ils se complètent. L’un et la jambe droite, l’autre et la gauche.

Pour Nils, étrangement, il n’avait jamais ressenti une vraie liaison, il n’avait jamais eu une 2ème jambe, il n’avait jamais connu une complémentarité. Etait-ce son éloignement des autres qui lui avaient fait ça ? Sa discrétion, son trop grand calme ? Il avait eu des amis, certes, mais que des simples amis avec qui passer du temps. Et en grandissant, il s’éloignait, plus il grandissait, plus il s’était éloigné de ce genre de situation. Une discussion banale remontait bien il y a deux trois ans. Mais cette discussion, elle n’était pas banale, c’était autre chose, un autre ressentit. Nils savait pertinemment qu’il ne pourrait pas dire que cet autre homme était un ami, ni quelqu’un de familier, ni une connaissance. Il était autre chose que les mots ne pouvaient traduire. Ils se retrouvaient là, par hasard, à se parler en pleine nuit. C’était tout simplement autre chose, qui en réalité, faisait bien plus de bien que de mal.

Ils se retrouvaient là, à parler d’eux. Ils s’écoutaient, tout simplement. Ils s’entendaient. Aucun jugement, rien. C’était comme un deal qui s’était instauré. Poser une question, écouter l’autre et vice-versa.

-À mon avis, j’étais bien trop têtu. Quand j’ai un objectif, je m’y tiens, et je ne regarde pas en arrière. J’étais aveuglé par la réussite… Je pensais probablement, qu'en devenant plus fort, je reverrais un homme que je pourrais appeler « père ». En regardant en arrière, je remarque à quel point j’étais stupide. Et je me suis plongé dans le travail, je ne voyais plus franchement ce qu’il se passait autour de moi.

Un soupir, pour évacuer une douleur qui pointait son nez dans son cœur. La fenêtre ouverte permet d’amener un peu d’air frai de la nuit. Ça fait du bien, c’est agréable.

-Et toi ? Pourquoi penses-tu que personne ne t’as puni ?

Pourquoi s’était à lui de se punir tout seul. Si personne ne le punissait, comme il avait dit, s’était surement pour une raison. Ces personnes n'avaient pas assez d’amertume ou de haine avers lui pour le punir. Alors cela voulait dire que ses « crimes » n’étaient pas suffisants pour être punis. Cela n’empêchait pas que le monde l’évite, le déteste. Mais il y a des limites. Soit tu détruis, soit tu t’abstiens, car au fond de toi, tu sais que la personne en question ne mérite pas autant de haine. Car après tout, tout le monde et humain au fond de lui. Chacun a ses raisons. Chacun peut comprendre, et au final, on se met à la place de l’autre et on se dit qu’on n’aimerait pas que ça nous arrive à nous. C’est notre raison qui agit. On n’ose pas se confronter à une réalité qui pourrait nous arriver.


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2ème compte: Rin Hakari
#   Mer 7 Juin 2017 - 11:05

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Il aurait pu ne pas répondre. Sincèrement, ça n'aurait rien changé à ce niveau-là. Pourtant il l'a fait, un peu par dépit, et parce qu'il sent que l'autre ne cherche pas à juger. C'est étrange comme certains individus, parfois, sont capables de te faire sentir plus à l'aise alors tu ne les connais pas, en comparaison avec des personnes que tu connais depuis toujours et est censé apprécier... Misao joue lentement avec le rebord de son bandage, par réflexe, les yeux perdus dans le vague. Son visage n'exprime rien d'autre que sa profonde lassitude.

De l'autre côté de la pièce, l'autre blessé répond lui aussi calmement à ses questions. Il aurait presque envie de ricaner pour la vision pathétique qu'il lui offre, mais il se contente de hausser une épaule. Il est jeune. Quand on est jeune, on fait des erreurs. Celles qui les amènent ici sont généralement les pires… Mais bon. Faire confiance à quelqu'un qui te pousse à détruire ton corps, disons que c'est pas très futé, quand même.

Il préfère ne pas commenter, comme l'autre l'a fait de son côté. Misao comprend un peu ce qu'il veut dire. Quand on entre dans un monde, dur d'en ressortir. Peu importe les raisons qui nous ont amenées à le faire. Ahh... Faut pas que Misao pense à tout ça, ça lui donne envie de gerber.

—Pourquoi je pense qu'ils ne l'ont pas fait ? demande-t-il finalement en détachant les syllabes, comme s'il ne comprenait pas la question.  J'comprends pas bien. J'en sais rien, je suis pas dans leur tête ? Ils en ont pas vraiment le droit, après. Et Hideko, elle, elle ne me ferait pas de mal, reprend-il avec amertume. Mais ça les empêche pas d'me fixer. De me le rappeler. De toujours tout ramener à ça. Comme si j'étais plus que ça, au final. Ce que j'ai fait.

"Comme si je n'étais plus qu'un monstre ?"
Il fait la moue à cette pensée. Ca fait mal de le dire, vraiment. Ca tue doucement...

—Est-ce que t'aimes patiner ? lui demande brusquement Misao, le nez plissé. Malgré tout ça, est-ce que t'aimes encore ça ? Ou bien tu le détestes...?

Est-ce qu'on peut encore aimer quelque chose qui nous a tant détruit ? Ce qui nous amène vers le fond, lentement. Il relève finalement les yeux vers lui pour le détailler. Il cherche quelques réponses dans le fond de ses yeux clairs.



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Dernière édition par Misao Honda le Lun 19 Juin 2017 - 14:23, édité 1 fois
#   Jeu 8 Juin 2017 - 16:53

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Bien sûr, il ne comprend pas tout le sens des paroles de l’autre. Il n’est pas à sa place, il ne peut pas se mettre à se place. Mais tout ce qu’il sait, c’est que ça lui fait mal. Il ne veut peut-être pas l’avouer, mais ça se voit. On est comme on est, on a des faiblesses, et ça fait toujours mal quand on touche le bon endroit. Nils ne veut pas avoir de pitié pour lui. La pitié, ça ne sert à rien, ça ne nous aide pas dans les pires situations. Ce qu’il faut, c’est de pouvoir retrouver des personnes de confiance et essayé de se relever avec eux. On n’est jamais seul. Il y aura toujours quelqu’un pour nous aider à remonter la pente et… Nils aimerait l’aider. C’est complétement con dit comme ça. Il s’en rend compte, il ne le connaît même pas, mais… En soit, c’est la première personne avec qui ça lui fait réellement du bien de parler. A parler avec lui, il a moins mal, il se sent moins vide, il se sent un peu plus vivant à chaque mot prononcé en sa présence.

Il avait, d’après ce qu’il avait compris, commis quelque chose que les gens n’aimaient pas. C’est dur. On fait quelques choses de soi-disant mal, est après, tout le monde ne voit que ce fait. Plus personne ne voit la véritable personne qui se tient devant eux. C’est cruel. L’homme est cruel, car il ne se rappelle que des choses négatives d’une personne. Ils sont incapables de voir autre chose.

Au mot « patiner », Nils baisse la tête. Ses yeux semblent comme se voiler. C'était venu si soudainement, comme une vague froide. Un frisson le parcourt. C’est vrai… Le patinage. Qu’en était-il ? Ce simple mot le perturbait. Comment ? ... Pourquoi ça lui faisait temps d’effet. Ce n’était qu’un mot, rien d’autre. Et il aime pati… Est-ce toujours le cas ? Il revoit sa chute, ressent la douleur, entend la voix de son paternel… C’est comme un film qu’on remet en boucle, comme un disque rayé. Il revoit cette scène sans relâche.

Son rythme cardiaque s’était accéléré et il respirait avec plus d’ampleur. Il respira un coup plus profondément, avala sa salive. Il se redressa légèrement, passa un de ses mèches derrière son oreille.

-Je ne sais pas si j’ai la réponse… Il tourne sont regard vers lui, l’observe. Je crois que ça me terrifie, mais est-ce qu’une passion peut se détruire en quelques secondes ?

Son regard se perd, perturbé. Il a perdu ce si grand calme. Il a touché le bon endroit, peut-être celui qui fait mal et qui déstabiliserait tout le monde. Il respire, ravale ce sentiment douloureux, oublie juste pour quelques instants. Il se reprend, laisse un long silence, puis finalement reprend.

-Est-ce qu’il y a quelque chose que tu aurais toujours désiré faire ou réaliser ?


Il le regarde encore. C’est comme un rituel. Il n’y a qu’eux, le silence de la nuit, la lune. Personne pour les déranger. Ils sont comme dans un autre monde, loin de tout, détaché.


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#   Mar 20 Juin 2017 - 0:05

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Cette discussion remue des choses. Pourtant, elle permet aussi de mettre des mots sur leur vécu. De mettre des mots sur ce qui les fait souffrir, de mettre des mots sur leurs propres émotions. On n'a jamais posé la question de manière aussi directe à Misao. Peut-être que c'est ça, ce qui lui manquait : l'honnêteté. Ne pas avoir à tourner autour du pot. Dire les choses. "J'ai fait du mal, tout le monde me déteste, mais personne ne fait rien." Parce que c'est normal. C'est normal, c'est habituel, c'est tangible. C'est la réalité. Mais la réalité ne prend un sens que lorsqu'on met des mots dessus, non ?

Visiblement, la question que Misao lui pose le fait frémir. Mauvais souvenirs. Il déteste peut-être ça, finalement... Il se dit un instant qu'il n'aurait pas dû la poser, et regrette ses paroles avec violence. Malgré tout, son vis-à-vis relève la tête vers lui. Sa remarque est pertinente, et Misao ne sait pas s'il peut y répondre lui aussi. Pourtant, il pense que oui. Une passion peut se détruire... se désintégrer, imploser. Un trop plein. Mais ce n'est pas en une seconde. C'est lent, c'est progressif. Et souvent, on ne le remarque que lorsqu'il est trop tard.

Misao songe un instant que cela fait un moment qu'il n'a pas joué au baseball.

Haussement d'épaule de sa part.

—Déjà... Déjà je sais pas. Pour tes deux questions, je veux dire.

Il y a un silence un instant.

—J'pense qu'une passion peut s'auto-détruire, ouais. Mais j'pense aussi que si on se laisse le temps, on peut réussir à recoller les morceaux tous ensemble. Un jour. Faut juste pas être trop pressé j'imagine ?

Le feu ne lui dira pas, mais clairement, son message est clair. Il vaut mieux ne plus penser au patinage avant un moment.
"… Peut-être qu'il vaut mieux que je ne pense plus au labo pendant un moment, moi aussi ?" se demande-t-il en fronçant les sourcils.
Trop difficile.

—Et pour la seconde... C'est compliqué. J'ai jamais eu l'impression d'avoir un rêve ou quelque chose comme ça. J'crois que je voulais juste être le meilleur, et donner le meilleur de moi-même. Faire une découverte extraordinaire.

... Avoir une vie normale. Être capable de regarder la personne qu'il aime dans les yeux. Être un jour capable de toucher à nouveau une femme.
Ou même simplement effleurer la peau d'un être humain.

—Je suis un chercheur, dit-il finalement dans un murmure, mal à l'aise. Je fais des recherches sur le génome humain. On a encore beaucoup de choses à découvrir.

Boule dans la gorge.
"J'ai deux amis malades que j'aimerais pouvoir guérir."
Les mots ne sortent pas.

—Tu as des frères et soeurs ?

Il ne sait pas pourquoi il a posé cette question, et elle sonne soudainement très enfantine entre ses lèvres, malgré ses trente-et-un ans. Il détourne le regard vers l'extérieur comme pour s'en excuser.

—Il n'y a plus de bonnes questions qui me viennent, sourit-il presque, mais dans un sourire qui semble à demi grimacé.



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#   Sam 8 Juil 2017 - 12:47

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Nous avons tous quelque chose à cacher, ou quelque chose difficile à avouer. La vie peut semblait difficile parfois, mais il y a toujours quelque chose qui peut faire que cette vie redevienne vivable, respirable, voir belle. Nils comprend que cette personne, en face de lui, en a vécu beaucoup, qu’il a acquis, en quelque sorte une sagesse non aboutie. Il n’a pas encore fini de souffrir, mais cela sera bientôt terminé, il le sent, il voit que ça ira mieux. La vie au final, c’est comme le soleil. Parfois, il resplendit dans un ciel bleu, parfois, il est caché derrière des épais nuages d’orage. Nils essais de se persuader aussi, que tout ira mieux, après quelques semaines, quelques jours, quelques mois… Mais qu’au finale la brume va se lever, et laisser place à un petit soleil qui rayonnera et grandira au fur et à mesure.

Cette réponse lui ouvre les yeux ; au début, tous allaient compliquer, mais tout se réglera avec le temps. Il fallait du temps, parfois plus ou moins long pour guérir, pour pouvoir repenser au passé avec sagesse. Il fallait grandir d’esprit pour pouvoir réfléchir sereinement et comprendre ce qu’il s’était réellement passé. Après tout, tout ce que nous faisons dans notre passé fait ce qu’on est aujourd’hui. Ce sont nos choix qui nous guident vers le futur. S’il n’avait pas fait de patinage, il ne se serait pas en ce moment même devant cet autre homme, aussi perdu que lui, voir même plus.

Son interlocuteur se dévoile peu à peu, laisse apercevoir la vérité, sont véritable lui. Ils se dévoilent, se découvrent à leur manière. Ils s’observent, cherchent à poser des mots sur eux même pour en réalité se découvrir soit même.

Le jeune sent dans sa voix de la culpabilité, une envie comme envolé qui était impossible de rattraper. Mais il était toujours possible de rattraper les choses ; c’est en se donnant corps et âme qu’on y parvenait. Il se sent coupable, il ne sait plus où aller, quelle voie choisir pour le futur.

Puis, il annonce ce qu’il fait, à mi-voix. Il bloque se cordes vocale, il ne peut pas en dire plus. Il n’arrive pas à sortir ce qu’il souhaiterait entreprendre, en dire plus. C’est trop dur pour l’instant.

Et puis, il repart, dans une toute autre direction, comme pour se protéger de la vérité. Pour éloigner le sujet, pour pouvoir tenter de respirer mieux. Il lui poste cette question familière, simple d’approche. Mais ça ne fait rien, c’est compréhensible, c’est douloureux de parler de notre mal-être actuel. Il prétend pourtant que ce n’est pas une bonne question. Malgré que ce soit une question basique, elle est agréable à entendre.

Nils fait un léger sourire baisse sa tête. Lentement, il se lève, repose ses bras sur ses béquilles et relève son regard bleu, presque perturbant, sur le noiraud.

-Ce n’est pas une mauvaise question. Je l’aime plutôt bien même.

Il s’avance, silencieusement, puis s’appuie contre le mur, vis-à-vis de cet inconnu du soir. Sa tête tournée ver lui, il lui répond, dans une voix légèrement envieuse.

-Je n’ai jamais eu de frère ou de sœur. Je pense que si j’en avais eu, les choses se seraient passées différemment. Peut-être ne serais-je même pas en train de te parler actuellement.

Nils observe la nuit étoilée, puis regard le vide vertigineux. Un silence, il ne relève pas son regard, il reste fixé vers le bas.

-Tu voudrais sauter des fois non ? C’est vrai que parfois, ça pourrait être tentant. C’est rapide est simple. Mais encore une fois, c’est nos choix qui nous forgent. Je pourrais regretter mes choix, c’est vrai… Mais sent ceux-ci… Je ne t’aurais pas rencontré. C’est peut-être con, mais…


Nils redresse sa tête, plonge son regard bleu, déstabilisant, dans celui du scientifique.

-Je suis extrêmement heureux d’avoir pu discuter avec toi et te rencontrer.


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#   Sam 22 Juil 2017 - 22:53

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Peut-être que c'est une bonne idée de poser une question plus légère. Moins lourde de culpabilité et de tristesse, pas enchaînée à des sentiments négatifs. Mais il aurait pu se tromper, poser la question à quelqu'un qui a perdu un membre de sa famille, frère ou soeur, et qui ne s'en est pas encore remis. Il se rend à peine compte qu'il a brisé ce voeu qu'il s'était fait de ne pas trop chercher à fouiller dans le passé des gens, mais le patineur vient tout juste d'arriver. Sa vie est encore raccrochée à ce passé qu'il doit pourtant essayer de laisser derrière lui ; et c'est sans doute la chose la plus difficile à faire. D'accepter de le laisser là où il est, de ne plus y toucher, de comprendre que plus rien ne peut être fait pour lui. Mais qu'on peut faire les choses pour soi et pour le futur, pour qu'il soit plus brillant, plus resplendissant...

Alors Misao sourit. C'est le sourire simple et sans artifice de celui qui a l'impression de ne plus savoir être heureux depuis longtemps. Quelque chose comme de la joie, bien qu'elle soit plus diffuse. Plus frêle, encore. Une joie que l'on peut chasser d'un mouvement trop brusque, d'un regard trop appuyé, d'un ton pas assez contrôlé.

En face, le jeune homme se lève grâce à ses béquilles. Misao constate qu'il ne connaît pas son prénom, mais aussi que ce fait ne le dérange pas. Sans doute parce qu'il a l'impression de garder en partie l'anonymat, de cette manière. Il se rapproche lentement, et le feu peut observer son visage de plus près malgré la pénombre.

Il acquiesce lentement sans rien ajouter. C'est vrai que les choses auraient été différentes - enfin, peut-être pas. On ne sait jamais ce qu'il peut arriver ; mais une variable qui change, et c'est toute une vie qui s'en trouve modifiée... Il suit lentement le regard de son interlocuteur alors que celui-ci fixe l'obscurité dévorante par-delà la fenêtre.

Son coeur se serre un instant, un pincement léger mais présent. "Ca pique," pense-t-il avec un semblant de tristesse.

—On ne me dit pas ça souvent, lâche-t-il finalement avec un sourire maladroit, cette fois, et presque timide.

Pourtant, Misao ne l'est pas, loin de là. Mais ce sont des mots qu'il a besoin d'entendre en ce moment.

—Mais je suis content aussi. De te parler, et de t'avoir rencontré, je veux dire.

Pas très expansif, comme toujours. Seulement parce qu'il ne se sent pas d'en dire davantage. Il est honnête, et ça lui suffit. Il espère que ça ne blessera pas le patineur.

—Sauter, c'est très tentant, reprend-il finalement. Mais je suis trop pragmatique pour le faire, je sais que de cette hauteur, j'ai plus de chance de me retrouver paralysé que de mourir. Je pense plus à d'autres moyen en général. Les médicaments. Trancher l'artère fémorale ou la carotide. Ça va vite, comme ça. (Il hausse les épaules.) On s'engourdit vite, ça ne fait mal qu'un instant.

Encore un silence, avant qu'il ne complète :

—Je crois que je suis content de ne pas avoir fait de connerie.

Il s'en rend compte. Même s'il ne comprend pas bien pourquoi encore. Sans doute à cause des personnes qu'il aime. Même s'il ne les voit plus. Ou pour des moments comme ceux-ci.

Cette fois, il relève les yeux vers le sportif. Il le dévisage encore, en se délectant du silence qui s'étend et qui ne lui paraît pas lourd. Même s'ils parlent de choses triste, il se sent comme détaché, sur l'instant.

—Tu aurais envie qu'on fasse un tour ? lui demande-t-il finalement. Il fait sans doute assez chaud pour aller dans le parc. Il est juste en face de l'hôpital. Je pousserai ta chaise si tu veux.

Sauf s'il préfère le faire seul. Ou s'il préfère rester à l'intérieur. Mais il se dit que l'environnement serait moins glauque. Peut-être que ça favoriserait d'autres discussions ?



HRP : Sorry pour le retard, j'ai eu un peu de mal à RP ces derniers temps Please!



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#   Mar 1 Aoû 2017 - 21:02

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Nils écoute attentivement les paroles de l’autre homme. Pourtant, il garde une expression sereine, compréhensive et légère. La plus grande de sa particularité était sûrement ce côté simple mais beau. Il n’était ni pas assez, ni trop. Il était une balance entre les deux et cela devait probablement favoriser le contacte avec ses interlocuteurs. Sur son visage, s’affichait toujours ce léger sourire parfois transformé en un léger ton de réflexion.

Le chercheur avoue qu’il est rassuré de n’avoir pas commis l’irréparable. Le patineur détourne le regard un instant. C’est vrai… Il a probablement des gens qui l’entoure. Dans ces cas-là, en se pose plus souvent la question de ce qu’on est en train de faire, uniquement pour les personnes qu’on aime, pour ne pas les décevoir ou les rendre tristes, les effondrer. Le jeune ex sportif se demande dans son cas ce qu’il aurait pu devenir de lui. Oui, il aurait pu s’en autre mourir sans regret. Il n’y avait plus personne dans son entourage à présent, mise à part son pèr… coach. S’il n’était pas venu ici, à Terrae, peut-être qu’il aurait abandonné. Cependant, à présent, il avait déjà une raison de ne plus disparaître : la rencontre avec cet autre homme d’où il ignorait presque tout. Et puis, il s’était juré d’avancer autrement.

Nils eut un pincement au cœur en repensant au patinage, à tout ce qui faisait qu’il vivait pour le patinage. Des souvenirs funestes, qui n’auraient pas dû se passer ainsi. Il ne voulait pas l’avouer, mais malgré ses expressions sereines, il n’en était rien au fond de lui. Tout bouillonnait encore, tout était trop frai, trop marqué dans la mémoire.

Le jeune aux cheveux d’argent relève son regard, observe son interlocuteur. Encore ce silence, doux et simple. Il lui propose de sortir de cet endroit. Nils lui échange un sourire d’approbation. Il se redresse légèrement, étire son dos.

-Très volontiers, ça nous changera un peu de cette aire… Il jette un regard à l’horloge accroché au-dessus de la télévision éteinte : 2h30. J’aurais voulu avoir la force de me déplacer seul jusqu’à là-bas… J’accepte volontiers ta proposition. Je n’aime pas vraiment l’avouer, mais mes membres commencent à se fatiguer mine de rien.

Nils lâchant un petit rire à sa dernière phrase. Il s’avança lentement, ses bras tremblotants, vers une chaise roulante à l’abandon, disposé dans le long couloir. Nils n’aimait pas se faire aider, ou en tout cas, il voulait faire le plus possible par ses propres moyens. Mais dans le cas présent, il préférer écouter son corps plutôt que son mental et pour une fois accepter de l’aide.

En arrivant à hauteur de la chaise noire, il s’assit sur celle-ci puis, passa délicatement ses cheveux sur son épaule droite.


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#   Jeu 3 Aoû 2017 - 15:55

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Cette discussion n'a l'air de mener nulle part. En temps normal, c'est ce que Misao aurait effectivement pensé ; et pourtant, même si la situation est étrange, elle a quelque chose d'irréel et d'apaisant. Comme si le monde extérieur ne pouvait pas pénétrer cette bulle qui s'était tout doucement formée entre les deux hommes, silencieuse mais chaude comme un rayon de lumière. Rester plus longtemps dans cette pièce sombre, c'est se refuser de prendre une goulée d'air frais. Et actuellement, c'est tout ce dont il a besoin. Dormir est facultatif ; sortir obligatoire.

Le patineur accepte la proposition de Misao après un instant de silence. Est-ce qu'il a rêvé, ou bien son visage a exprimé, l'espace d'un instant, la douleur qu'il ressent ...? L'invisible lui rend son sourire, maladroitement, et l'accompagne jusque dans le couloir. Il ne l'envie clairement pas. Le patineur tremble alors qu'il se déplace grâce à ses béquilles, puis se laisse finalement tomber dans l'un des fauteuils roulants présents dans le couloir. Misao lui laisse le temps de s'installer, avant de commencer à faire rouler le fauteuil jusqu'à l'ascenseur. Il a un instant de malaise et de paix combinés, et prends plusieurs secondes avant d'en comprendre la raison.

—La dernière fois que je suis venu à l'hôpital pour voir… quelqu'un, prononce-t-il avec hésitation, butant sur le dernier mot, j'ai vécu une situation un peu similaire. Le fauteuil, le parc. C'est un peu étrange.

Pas forcément dans le mauvais sens, même s'il aurait aimé ne pas avoir à penser à Roxanne pour l'instant. Le trajet jusqu'au rez-de-chaussée se fait plutôt silencieux, tout comme les couloirs où aucun bruit ne se réverbère. Il y a juste l'infirmière de garde, au secrétariat, qui lève les yeux vers eux. Elle leur lance un regard surpris, sans doute par leur étrange duo. Le nouveau un peu étrange et mutique avec le vieux scientifique solitaire. C'est vrai que Misao n'a pas vraiment pour habitude de se mêler aux autres ; il leur parle un peu, par politesse, pour ne pas devenir fou aussi sans doute. Mais ses escapades sont rarement en groupe ou en duo ; il préfère autant la compagnie du silence et de ses jeux vidéos.

Alors le feu lui fait un signe discret de la main, lui lance un demi sourire bancal, et lui assure qu'ils seront de retour bientôt. Où ?, demande-t-elle. Au parc, répond-il simplement. Et ça lui convient, alors elle retourne à sa paperasse pendant qu'ils sortent.

L'air frais du soir lui fait un bien fou. Il lève les yeux vers les lampadaires disposés dans la rue, et regarde à droite et à gauche avant de traverser la rue jusqu'au parc. Les cailloux crissent sous les roues du fauteuil, mais dehors, pas de bruit non plus.

—C'est plus agréable ici, dit-il en garant l'autre blessé à côté d'un banc, sur lequel il finit par grimper.

Il s'assied sur le dossier, pieds sur le banc, et yeux levés vers le ciel. Il est plus beau d'ici ; les lumières de la rue sont moins condensées.

—Je venais souvent ici regarder les étoiles avec un ami. Il ne peut sortir que la nuit, alors j'ai pris l'habitude, pendant longtemps, de l'accompagner un peu avant de tomber de sommeil. Il faudrait que je retourne le voir, soupire-t-il. Pourquoi tout est si compliqué...

Mais il n'ose pas. Matheo sait trop bien lire dans le coeur des autres. Dans le sien. Et il n'a pas envie qu'il se sente mal à l'idée de le savoir malheureux... Il le connait. Et puis, ce n'est pas rare qu'il disparaisse de sa vie de cette manière.

—Tu verras. Ici, tout est différent.

Même si, au fond, il se demande si c'est vraiment le cas.



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#   Dim 13 Aoû 2017 - 9:57

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Ce silence apaise. Juste le son des roues qui crissent sur le sol imperturbablement lisse. Nils s’étonne à pencher sa tête légèrement en avant, fermer les yeux, et se délecter de ce silence chaleureux. Ses deux mains rassemblées sur ses genoux, il garde le silence. La mélodie de l’ascenseur se fait entendre. Le mécanisme fait bouger lentement leur échappatoire de ce lieu. Et finalement, sa voix se fait entendre. Cette voix lui fait du bien, apaise ses maux, apaise leurs maux. Cette voix hésitante. Cette voix qui avoue et dénué de tous sens. Ils sont simplement eux même, ils n’ont pas besoin de se cacher de l’un et de l’autre.

-Beaucoup de choses sont étranges dans la vie… Comme actuellement.

Il lui jette un petit coup d’œil, lui fait un petit sourire, se remet dans sa position initiale. Ils descendent, arrivent vers la porte d’entrée, la porte de secours pour eux. Le patineur observe l’infirmière et lui assure de leur bonne attention avec un sourire, comme il sait si bien les faire. Mais ils sont faux. Les seuls vrais, ce sont ceux qu’il échange avec cet inconnu du soir, cet individu avec qui il a l’impression de pouvoir tout dire, comme un viel ami.

En sortant, Nils absorbe l’air frai, voire légèrement humide de la nuit. Il respire enfin, il respire aussi grâce au chercheur. Ce même silence se fait sentir, mais meilleure pour eux. Ils sont encore dans cette bulle intemporelle. Finalement, ils arrivent près d’un banc, s’arrêtent. Nils en temps normal aurait voulu rejoindre l’autre homme sur le dossier du banc. Mais il lui était impossible. Le léger vent frai rend l’atmosphère respirable.

Nils l’observe parler, l’écoute avec attention, lève les yeux vers le ciel lui. Aussi. Il est beau aussi ici ce ciel. Tout aussi beau que celui de l’Islande. Il se rappelle encore de l’odeur de l’écume, le son des vagues de brisant contre les falaises, le chant des oiseaux, l’herbe humide et les ciels étoilés. Pendant un instant, il se croit là-bas, se croit de retour à la maison, se croit de nouveau proche de sa mère.

« Tout est différent » ? Est-ce si différent d’autre endroit ? Peut-être… Comme cette atmosphère qu’ils transportent tous les deux.

-Nous retrouvons, quel que soit l’endroit, une part de chez nous. Comme ce ciel… J’ai l’impression d’être retourné chez moi, dans mon pays natal.

Il a une pause, légère, voluptueuse.

-Si je ferme les yeux, j’entends encore au loin les mouettes, les vagues battants contre les rochers, l’odeur salé de l’écume.

Il rouvre les yeux, les plantent sur l’autre homme, lui fait un sourire.

-Mais il y a des choses différentes. Comme toi… Tu m’es à la fois familier et méconnu. Mais ça m’est égale, car je n’avais jamais ressenti ça avec quelqu’un.


Son cœur se comprime dans sa poitrine. Que ressent-il ? Il ne sait pas lui-même.

-C’est une sensation… Si étrange. Elle ressort parmi toutes les autres. Je ne serais la décrire. J’ai comme un sentiment de nostalgie, de joie, de peur. Ça me prend à la gorge… Le cœur aussi.

Sa voix se bloque en haut de sa gorge, il but sur cette émotion qu’il n’avait jamais ressenti auparavant.

-Je….

Ses yeux bleus brillent comme deux étoiles.

-… Mon nom est Nils.


Des larmes semblent comme se former au coin de ses yeux. C'est discret, presque invisible. Il ne comprenait pas pourquoi, juste en sortant prendre l’air, toutes les émotions qu’il avait ressenties avec lui dans cette nuit faisaient irruption, l’immergeait. C’était comme s’il prenait conscience de ce qu’il se produisait dans leur bulle.


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#   Lun 21 Aoû 2017 - 22:20

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Il ne sait pas bien ce qui se produit ici. Ce qui est certain, c'est que la magie a beau exister à Terrae, elle ne peut pas égaler les instants comme celui qu'ils vivent. Ce qui se cache aux yeux des hommes, et ce qui ne se voit qu'avec le coeur. Misao repense à cet auteur français… L'essentiel est invisible pour les yeux, dit-il. Ila  l'impression, soudainement, que la réponse qu'il a toujours recherchée se situe dans cette simple phrase. Voir l'essentiel autrement... Peut-être que lui aussi devrait apprendre à voir autrement qu'avec ses deux yeux ?

Il les baisse vers son compagnon d'une nuit, bien que le terme soit étrangement choisi. Il les installe ensuite près du banc, s'assied, et, les yeux levés vers le ciel, il se vide encore davantage la tête. Tout ce à quoi il pense ; toutes ces réfléxions sur les gens qu'il aime, malgré sa difficulté à leur montrer, à leur faire comprendre.

Le patineur semble perdu dans ses souvenirs, lui aussi. Le japonais ferme les yeux en tentant de se figurer l'endroit, comme dans ces exercices de relaxation que lui a fait faire sa psy, l'autre jour. Puis, lorsqu'il rouvre les yeux pour regarder l'adolescent, il se rend compte qu'il le fixait lui aussi.

Familier, lui ? Ce serait étrange - et pourtant, il a l'impression de comprendre ce sentiment, ou qu'il ne lui soit pas totalement étranger tout du moins. L'impression d'être proche, alors qu'il ne connaît même pas son nom. Les paroles qu'il prononce, cette difficulté à mettre des mots sur l'émotion qu'il ressent, tout cela le trouble ; il ne sait pas vraiment quoi répondre, à la fois gêné et bouleversé de produire quelque chose de tel chez une autre personne. Mais il sait aussi qu'il n'y a pas que ça. Ce qui les rapproche, c'est aussi de pouvoir se refléter dans les yeux de l'autre. S'ouvrir et dévoiler, s'accepter et mieux se comprendre.

—Et je m'appelle Misao, répond-il simplement d'une voix basse et très douce, comme s'il avait peur de briser l'atmosphère en élevant trop le ton.

Il est pris entre sa détresse de le voir si ému, et l'émotion qui lui serre elle-même la gorge. Il entend plus les larmes dans sa voix qu'il n'arrive à les voir au coin de ses yeux. Si discrètes, si pudiques.

—Ne pleure pas… essaie-t-il de prononcer. Ou alors, pleure si ça te fait du bien. Parfois, ça libère.

Même s'il ne saura pas quoi faire, à part lui frotter le dos en attendant que ça passe. Il lui offre un sourire gêné.

—C'est vrai que tout ça... C'est peu commun. Toi aussi, tu es peu commun. C'est étrange de me dire que je te fais confiance alors qu'on ne s'est rencontré que tout à l'heure.

Il marque une pause.

—Je pense que ce doit être étrange pour toi de "retourner dans le monde" après être resté si longtemps bloqué avec ton père, dans celui du patinage...

Une nouvelle pause. Il s'inquiète un peu, quand même. Il n'aime pas savoir les gens tristes. C'est con, surtout quand on passe soi-même la plupart de son temps à broyer du noir.

—Tu aimerais que je te cherche à boire, ou bien ça ira ? hésite-t-il.



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Caché aux yeux des hommes. ••• Nils ♥

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