Terrae, Une nouvelle ère commence...

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Undisclosed Desires in Your Heart [Matty ♥]
#   Dim 30 Juil 2017 - 3:34

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Nicolas regarde son bocal d'étoiles et il pense à avant. Avant. Quand le passé était dur mais si simple. Assis sur son lit, adossé au mur adjacent, il ferme les yeux. Et il pense à avant. Avant. Quand il comprenait ce qu'il ressentait sans avoir à comprendre les autres. Quand tout était noir ou blanc. Simple. Il se revoit en train de courir dans les bois la nuit, il se revoit en train de frapper plus faible que lui, il se revoit couvert de sang, le sien, et il sourit. Non, il n'a jamais été courageux., tout simplement car tout était simple : la survie, les guerres de gang, la faim. Tout.
Le Loup Noir regarde le bocal d'étoiles et il pense à avant. Avant. Quand le passé était dur mais justifié. Assis dans le palais mental de Nicolas, face au mur d'écrans de télévision affichant leurs souvenirs, il ferme les yeux. Et il pense à avant. Avant. Quand il n'avait pas le temps de s'arrêter à ses émotions pour encaisser celles des autres. Quand le bonheur était improbable. Simple. Il se revoit pavaner en plein jour, même sous la douleur des regards accusateurs, des mots blessants et des coups gratuits, maître de son propre royaume inaccessible aux autres, et il sourit. Oui, il a survécu de toutes les manières possibles, tout simplement car tout était simple : la solitude, le manque absolu, les blessures. Tout.
Et je les regarde en retour, je leur dis avec un ton doucereux de me prendre, de m'avaler. Je brûle mais ça ne me fait pas mal, loin de là ! Je suis comme leur passé. Je suis si simple... à en mourir d'extase. Je suis l'oubli. Je suis la drogue. Comme souvent, le Loup Noir se débat un peu... mais Nicolas, lui, oh... Je crois qu'il n'a jamais eu assez, osons le dire, de courage, pour affronter quoi que ce soit. Il est assez bête pour écouter la mauvaise moitié du Loup. Par... simplicité. C'était utile au village mais aujourd'hui... aujourd'hui est un autre jour qu'il n'a pas la force d'accepter. Alors fume-moi, brûle-moi, amène-moi à ta bouche et tire, expire, inspire encore, peut-être et enfin pour la dernière fois. Achève-moi. Oublie. ...Crève.

Nicolas marche dans les rues de son village. Il reconnaît le rond-point des Forges, comme les habitants aiment l'appeler, avec son parc non loin qui longe la rue jusqu'au collège -un ancien manoir réhabilité. Il y a aussi, dans l'autre direction, la rue qui mène au cimetière -à la tombe de François- et au-delà, une des nombreuses parties excentrées du village éclaté par l'emplacement des anciennes fermes. Perpendiculaire à cet étrange "axe", il y en a un autre. L'avenue, si on peut vraiment appeler ça une avenue au vu de sa taille ridicule, traverse le centre-ville avant de rejoindre d'autres parties isolées du village. En vingt minutes de marche, c'est fait, on a visité le trou du cul du monde. Nicolas, les mains dans les poches de son manteau de cuir, ne sait pourtant pas où aller. Il fait soleil, les rues sont calmes et vides, un fait assez rare pour le souligner, et un vent frais ramène les effluves pourrissantes mais habituelles de l'usine du coin. Son instinct lui hurle de bouger, car rester immobile c'est faire une proie facile, alors il se décide pour le parc.
C'est un terrain qui porte le nom de parc mais c'est pourtant aussi boisé qu'une forêt, avec des arbre rangés en rang d'oignons... domestiqués... certes... mais forêt tout de même. Nicolas n'a jamais vraiment aimé ce parc. Les collégiens s'y retrouvent pour fumer, des petits vieux soûlards y profitent du terrain de pétanque et de la bière de bon matin. Pourtant, il n'y a personne... Alors il s'assoit sur un banc protégé par l'ombre des arbres, face à la route. A cette époque de l'année, le parc est envahi d'hirondelles dont les cris surpuissants percent le silence. En automne, elles seront remplacées par le croassement vibrant des corbeaux. Pourtant, il n'y a personne... Pas d'hirondelles, pas de corbeaux... pas même l'aboiement d'un chien au loin...
Nicolas est maître de son royaume mais il est seul, sur un banc de bois rendu miteux par l'humidité et les années sans entretien. Seul. Sans émotion. Juste bercé par ses souvenirs.

Quand il revient de son trip, Nicolas rouvre si violemment les yeux que même l'ombre de sa chambre l'aveugle. Tout tangue dangereusement, l'impression d'être passé au ralenti, des flashs de lumière dans les yeux pour traduire la douleur qui parcoure son corps. Dans ce moment, l'idéal serait de ne pas bouger, mais Nicolas penche la tête de gauche à droite, comme s'il cherchait la position la plus désagréable possible. Il fait claquer sa langue sur son palais plusieurs fois, déshydraté. Aoi serait là, elle le forcerait à boire. A cette pensée, il se donne une bonne claque qui renverse son corps sur le lit. Il ne fallait pas penser aux autres. Les autres ne riaient plus et lui rappelaient sa propre détresse... C'était... triste...
Il baisse son bras tomber et rejoindre le sol. Sous le lit, il cherche sa bouteille de whisky préférée. Enfin... Il a la bouche tellement sèche que de toute façon, il ne saurait pas dire la différence entre de l'eau et du whisky. Il se relève en grondant de douleur, difficilement et très lentement, pour retrouver sa position initiale. Il ouvre la bouteille en tremblant et, emmenant le goulot à ses lèvres, son regard tombe sur le bocal d'étoiles. Ferme-la. aimerait-il lui dire. Mais sa gorge est sèche, et il n'a aucune envie de débattre du paradoxe qu'il ressent avec ses propres émotions. Veux-tu débattre ? Le Loup Noir se tait. La drogue l'abrutit, la drogue le tue... et il est le seul à s'en rendre compte. Roooh ça va, fais pas la gueule. ...et il est trop tard pour dire quoi que ce soit.
L'absence de réponse, même dans sa tête, oppresse Nicolas. Avant, la solitude n'avait pas d'emprise sur lui... Parce qu'il n'a pas vraiment été seul avant. Avant. La colère agit avant le reste, son corps agit de lui-même. La bouteille éclate sur le mur face à lui, le liquide ambre qui restait coule. Ambré... Nicolas se tort un peu mu par une souffrance intérieure avant de se précipiter sur son tabac. Mais tandis qu'il inspire, la fumée ne le calme pas. Cette fumée ne le calme plus. Des larmes de fatigue naissent dans ses yeux. Il ne sait plus. Il est juste fatigué. Même si on lui demande pas forcément de se justifier ; c'est usant parce qu'il les ressent, les autres. Il ressent leur détresse face à la sienne et ça lui donne envie de mourir.



Il se souvient... Il se souvient de la peine de la Miss qu'elle ressentait envers elle-même, envers son passé. Nicolas lui avait montré qu'il ressentait la même chose... Il se souvient du désespoir qui avait envahi Aria qui, ne sachant pas à qui se confier, avait fait peser le poids de son avortement sur les épaules de Nicolas. Il se souvient d'Hélène, incapable de prendre soin d'elle et de son fils et incapable de se pardonner de ne pas avoir été une mère. Il se souvient de ce qu'il a voulu faire pour Mathéo et de sa rage vengeresse. Les coups de Huo, la compréhension d'Alice, la douceur de Charlotte, la déception d'Aaron,... Nicolas éclate d'un coup en sanglot ; tout était de sa faute. Même quand il voulait bien faire, ça n'allait pas. Même en essayant de s'éloigner des autres, ils revenaient. Même en essayant de s'éteindre à petit feu, ses émotions douloureuses, vives et déchirantes l'emportaient dans un tourbillon de tourments qu'il n'a jamais connu avant ; la culpabilité. C'était un monstre, il le savait depuis longtemps, aujourd'hui il le comprenait.
...On ne se rend pas compte de toutes les questions que cela apporte : est-ce qu'il aurait dû laisser sa mère dans un hôpital psychiatrique ? est-ce qu'il aurait dû craquer et la tuer ? est-ce qu'il aurait dû sauver Cynthia de la première tentative de viol qu'elle a subi ? aurait-il dû rester si proche d'elle ? aurait-il dû obéir à Amadéus ? aurait-il dû ne pas devenir ami avec Oldie ? aurait-il dû éviter de vivre avec lui cet été-là ? aurait-il dû empêcher le Chasseur de s'en prendre à Cynthia ? aurait-il dû le tuer ? aurait-il dû tuer tout le monde sur place ? est-ce qu'il a bien fait d'aller à Terrae ? aurait-il dû agir en Loup une fois ici ? aurait-il dû éviter Aaron, Huo, Aoi, Ipiu, Adélaïde, Aria,... ? aurait-il dû abandonner Charlotte ?...
Était-ce une bonne chose de vivre en écoutant son cœur brisé ? de tenter de donner cette chose que l'on connaît à peine... l'amour ? Mathéo me manque. Mais est-ce que ça vaut la peine de le faire souffrir ? Mais je l'aime tellement... Qu'en sais-tu Nicolas ? Qu'est-ce que vous connaissez de l'amour ?! Le Loup Noir se tait, geint légèrement. Allez... Chut... Achève-toi. Oublie. ...Crève.

Nicolas est seul. Nicolas tient quelqu'un dans ses bras... quelque chose... Quelque chose qui lui prend le visage et le sert, fort, très fort, un sourire complètement faux sur les lèvres, comme d'habitude. Asbjorn le regarde, les yeux désespérés. Il lui demande de rire, il lui demande d'arrêter. Nicolas a envie soudain de tout laisser tomber, de se noyer dans les yeux de son ami pour continuer... mais le sourire est si crispé, si mauvais. Il le repousse et court loin, très loin... Il percute la Miss et Alice qui tentent de le rattraper avec leurs doigts tentaculaires, il capte leurs émotions tout autant qu'elles aspirent le peu d'émotions positives qu'il essaie de recréer de lui-même. Huo l'embrase, Aaron l'électrifie, et tout n'est que douleurs alors qu'il sait bien qu'il veulent le sauver... Mais ça fait si mal de n'être rien et de voir les autres chercher quelqu'un qu'ils ne connaissent pas. Il y a Aoi, le visage couvert de cette mélasse noire de haine et qui arrive pourtant à le prendre dans ses bras. Et Nicolas a peur, Nicolas la repousse. Nicolas est terrifié et c'est la dernière émotion qu'il voulait ressentir... Plus personne n'étant capable de sourire autour de lui, il court, il court, sans s'arrêter, sans respirer, sans pleurer, juste fuir et sauter dans le vide. Il percute le sol de son palais mental avec une violence sans nom, indescriptible.
Matheo, l'essence de Matheo, l'ombre de Matheo le redresse avec le visage amoureux qu'il s'imagine un jour pouvoir voir sur ses traits. Il lui caresse la joue alors que ses yeux ne lui paraissent plus si aveugles. Matheo embrasse son front, embrasse ses joues, embrasse ses lèvres, et il respire comme pour la première fois, et il vit, et ses os implosent. Nicolas et le Loup Noir le repoussent en chœur pourtant ; ce n'est pas Matheo. Le vrai les détestent NON... Matheo HAIT Nicolas. Et il pleure, et il geint, et il s'empare à son tour du visage fantôme qui lui fait face pour l'embrasser de tout son soûl, comme s'il n'existerait plus demain.

Comme si demain n'existait pas.

Nicolas inspire d'un coup. C'était le bad trip. La zone. Il en revient. Okay, okay.... Respire, inspire, même si c'est insupportable. Il ferme fort les yeux, passe une main sur son visage pour y retirer la fine couche de sueurs froides... Les yeux d'argent rencontrent de nouveau le vase d'étoiles... La transparence du pot lui permet de revoir les couleurs des différents papiers qu'il a utilisé pour les faire : le noir pour le désespoir, le jaune pour la joie, l'orange pour la colère, le vert pour la nostalgie, le bleu pour la peur, le violet pour la tristesse,... il doit y avoir deux ou trois étoiles rouges pour les fois où il a décidé qu'il ferait mieux de mourir... les trois-quart du vase est rempli d'étoiles blanches pour toutes les fois où il a pensé à Matheo. Matheo... Matheo. Si effectivement il partait, qu'allait-il lui laisser à part des mauvais souvenirs ? Est-ce qu'il méritait au moins de partir- la nausée le prend soudainement. Incapable de finir sa pensée. Il reformule intérieurement : comment pouvait-il partir sans laisser ce que Matheo mérite ?... Au moins ça. Même si tout ceux qu'il aime en demandent autant. Nicolas retient un sanglot, appuie fort sur ses paupières pour s'empêcher de pleurer. Le Loup Noir se redresse prêt à dire quelque chose... mais il se tait.
Le Tonnerre se lève soudain, avec difficulté. Le moindre effort physique devient impossible dans son état et pourtant... pourtant... il s'empare de son pot d'étoiles, tangue dangereusement, ouvre et referme la porte derrière lui. Il est parti. Il ne sait pas l'heure, il ne sait pas les gens, il a l'impression d'être seul aujourd'hui même lorsqu'on l'entoure. Il part avec son pot d'étoiles en origamis contre lui, malheureux mais décidé comme jamais. Dans le Couloir des Airs, tout lui paraît calme... mais était-ce une illusion ? l'était-il lui-même ? se donnait-il l'illusion qu'il était calme ? Il s'agenouille devant la porte de Matheo, d'un seul coup vidé d'énergie. Il regarde la poignée qu'il se refuse de toucher depuis des mois. Il pose le pot devant et sort une longue bande de papier de sa poche. Il fait un nœud. Il fait un pli. Puis un autre. Il enchaîne. Jusqu'au moment où il peut donner forme au papier qui devient étoile... Une étoile blanche... il l'embrasse et, après un moment d'hésitation, il l'ajoute au pot. Le son du papier rencontrant les autres étoiles sonne comme un glas. Nicolas serre les dents, Nicolas renifle... Il se relève avec l'aide du mur et repart, zigzaguant, tremblant. Dernière ligne droite. A peu près. Et ce sera terminé. Fini. Oublié. ...Crève.

Nicolas s'affale dans son lit comme si c'était la dernière fois qu'il s'y allongeait. Le monde tourne tant et tant qu'il s'enferme bientôt dans son palais mental, face au Loup Noir, en quête de réponse qu'il aurait peut-être manqué... Mais il ne répond pas. Il lui fait face avec des yeux aussi vides que les siens. Mais pourquoi ? Pourquoi soudain tu ne dis rien ? ...Et il ne répond pas. Alors Nicolas fume une dernière fois, une grande dose, une énorme dose. Il abuse, il en rajoute, même lorsqu'il n'en veut plus, juste parce qu'il n'en veut plus. Une dernière fois, je vous en supplie. Tue-moi cette fois... Crève.

Il est en train de danser avec le Loup Noir. Ses amis lui pardonnent. Ils dansent à n'en plus sentir leurs pieds, leurs voix, leurs corps tout entier. Vous souriez maintenant ? S'il-vous-plaît ? J'aimerais tellement que vous puissiez sourire éternellement, même si je suis inutile, même si je suis un monstre. J'aimerais vous voir sourire pour de vrai. Je vous en supplie. Mais le Loup Noir se tait alors. Alors rien. ...Crève.

Mon dernier souhait, dans ce monde, voir mes amis sourire, voir celui que j'aime ne pas me haïr. S'il-te-plaît... Je n'en peux plus d'être moi-même, d'être une chair sans étincelle. Rien d'autre que de la chair à vif morte... Un sac de viande prêt à mourir. ... Crève.

S'il-te-plaît. Laisse-moi crever. ...Crève.

...Crève.

CRÈVE !



#   Mer 22 Nov 2017 - 19:46

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-La pression est bonne, quoique un peu basse, ce qui est normal au vu de ton état. Si je ne te savais pas malade, tu pourrais passer pour quelqu'un en pleine forme!

Le ton enjoué de Norah me tire un large sourire. Je sais bien que ce n'est pas si bon qu'elle le dit, mais elle sait que je la connais, j'interprète très bien tout seul. Elle s'est faîte une mission de me faire sourire chaque fois qu'elle venait me faire un check-up de routine. Je dois dire que c'était bien agréable d'ailleurs. Elle était toujours enjouée, c'était impossible de ne pas sourire avec elle. En plus, si je l'écoutais, je serai toujours parfaitement en forme, capable de courir un marathon... Bon peut-être pas jusque là, elle ne me ment pas non plus. Mais elle n'est pas brutale, et c'est ce que j'ai toujours apprécié chez elle.

-Merci Norah. Du coup, pour ma visite à l’hôpital, tu penses à...
-La fin de la semaine ça te va ? Début de semaine prochaine grand maximum! Je t'enregistre un message dès que je retourne à mon bureau pour fixer ça.
-Tu es géniale! Je ne sais pas ce que je ferai sans toi!
-Tu t'en sortirais très bien je suis sûr, dit-elle catégoriquement

Je n'avais jamais eu assez confiance pour communiquer directement avec l'hôpital concernant mes rendez-vous réguliers. Surtout que je n'y connaissais rien et, après avoir perdu la vue, c'était encore plus difficile de communiquer. Si l'air m'aidait pour me repérer dans un espace, ce n'était pas le cas pour les objets ou les images. Malgré tous mes pouvoirs, regarder al télé, lire un livre, voir les numéros des touches sur le téléphone... tout cela m'était désormais impossible. Heureusement, Norah se chargeait tout, elle prenait mes rendez-vous à l'hôpital et, étant air guérisseuse aussi, on communiquait nos messages grâce au vent ou, lorsqu'elle était trop occupé, elle m'envoyait un messager (généralement une infirmière).

-Bon je file! Repose-toi surtout! Pas de folie et n'hésite pas au moindre souci, répète t-elle comme à son habitude.

Je lui fais un signe de la main, toujours souriant, quand j'entend un petit "oh", assorti à un bruit étrange de verre que l'on percute et qui glisse sur une surface. Curieux, je déploie ma perception vers elle et la sens se pencher pour ramasser quelque chose. Je m'avance vers elle, plutôt intrigué, ne comprenant pas ce que ce... pot visiblement... fait devant ma porte.

-Qu'est-ce que c'est ?
-Je crois que c'est pour toi...
-Pour moi ? Qu'est-ce que c'est ?

Elle me tend le pot, que je saisis avec précaution et me recommande de mettre la main dedans. Mes doigts rencontrent la texture particulière du papier, mais pas simplement. je distingue des formes, toutes les mêmes, que je n'arrive pas à identifier de prime abord. Je prends finalement une des figures dans ma main, tâtonne un instant avant de déclarer, incertain.

-C'est... une étoile en papier ?
-Oui. Il y a un mot avec.
-Qu'est-ce qu'il dit?
-A chaque étoile blanche, j'ai pensé à toi.

Je la sens se tourner vers moi, visiblement très amusée vu comment l'énergie bouillonne dans son corps. Je me prépare à entendre une de ses blagues sur ma vie amoureuse, sur laquelle elle est très curieuse je précise, elle craint que je ne finisse vieux garçon.

-Tu as un amant secret ! C'est forcé! a moins que tu ne saches de qui... Matheo ?

La main qui a gardé l'étoile tremble un peu, ce qui l'a sûrement alerté. Je n'entends même pas ce qu'elle me dit. C'est ... pas possible... Pourtant je suis sûr que si... Il n'y a que Lui pour faire ça. C'est son style. C'est tout lui. Ça lui ressemble tellement. C'est le genre de cadeau qu'il pourrait me faire oui... j'en suis sûr... et pourtant... Un mélange confus irradie à travers chacune de mes cellules. Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il me fait parvenir ? Comment il PEUT m'envoyer ça et surtout m'écrire ce genre de mot ? Après tout ce que... après tous les gens que...
Norah me secoue doucement pour me ramener à la raison. Sans m'en rendre je commençais à inspirer violemment, comme si je manquais d'air. C'était un peu le cas, il faut bien l'avouer.

-Tu vas bien ? Matheo!
-Ca va... Ca va... Dis-moi Norah, combien il y a d'étoiles blanches ? Juste par curiosité...
-Hum.... -elle regarde le pot un instant, faisant mine de compter- je ne saurais te dire la nombre exact, mais il y en a beaucoup, c'est même la couleur dominante je dirais. Plus celle que tu as dans la main.

Presque instinctivement, avant de m'en rendre, je lâche l'étoile que j'avais jusque là conservée. Je recommence à respirer bruyamment mais, conscient cette fois-ci, je me force au calme et à une respiration plus régulière. Je ne comprends pas... je ne LE comprends pas. Qu'est-ce qui lui passe par la tête ? Après ce qu'il m'a fait, ce qu'il m'a dit, après tous les hommes et toutes les femmes qui sont passés dans son lit ? Il croit peut-être que je l'ignore mais je le sens tout ça! Je sens quand il ramène quelqu'un! Je sens son énergie! Ce n'est pas comme si je le voulais mais je suis si habitué à lui... et c'est plus fort que moi. Je ne le comprends pas!!! Qu'est-ce qu'il a dans la tête!

-Le soleil est couché ?
-Oui, tout juste mais...
-Désolé Norah, je ne veux pas te mettre à la porte mais je dois aller quelque part.

Ni une ni deux, je me précipite dans le couloir, directement vers le couloir des tonnerres. Je n'ai pas besoin d'utiliser mon vent pour me pousser ou aller plus vite, ma colère et ma détermination font tout le travail. Je ne parviens même pas à réfléchir. Je ne sais pas ce que je vais dire, ce que je vais faire, je ne sais même pas ce que j'espère trouver ou entendre. Je ne réfléchis pas clairement à ce moment précis, mû par une énergie qui me dépasse largement.
Je repère sa porte avec mes sens bien avant de m'y trouver, je repère son énergie, dégageant une lumière bizarre depuis quelques temps, mais je suis trop absorbé dans mes propres pensées pour y penser. Je ne suis même pas en état de penser tout court. Mon sang bat jusque dans mes temps. Alors que je frappe à sa porte, j'éprouve l'irrépressible envie de le frapper lui aussi, et de souhaiter que ce soit lui et non la porte. Est-ce que ça lui fait plaisir de me torturer ? C'est ce qu'il veut ? Je suis amoureux mais on ne peut pas être ensemble donc désespère dans ton coin pendant que moi je m'éclate comme un fou ? Ce sera ça maintenant notre relation ? C'est ça qu'il VEUT? Me rendant compte que, au fur et à mesure que mes émotions se rebellent, le vent souffle de plus en plus fort dans le couloir, je décide, à nouveau, de me calmer. Peine perdue.
Il n'ouvre toujours pas la porte. Je lâche un petit "tsss" et, d'une bourrasque, je rentre dans sa chambre, faisant voler dans mon sillage tout ce qui susceptible de s'y trouver.

-A quoi ça rime Nicolas ? C'est quoi ce... NICOLAS!!

Je prends conscience de son énergie, hasardeuse, faible. Je prends conscience de l'odeur épouvantable qui règne dans sa chambre. Je ne saurai même pas décrire de quoi c'est composé mais rien qu'à la respirer mon coeur se soulève, et je retiens des vomissements en me comprimant l'estomac. Mon corps tout entier me crie de sortir de cette chambre. Mon coeur me dit de rester. Nicolas est en danger. Je le sens. je le sais. Tous mes sens de guérisseur me le clame. Je me précipite aussitôt à l'intérieur de la chambre, sans faire attention à ce qui traîne partout. Je le prends dans mes bras, par les épaules et l'allonge, sa tête sur mes genoux. J'avise la maigreur de son corps. Tout musclé qu'il soit, j'ai l'impression de tenir une sorte d'enveloppe vide, décharné, sans vie qui palpite en elle. Un frisson me parcourt l'échine. Sans plus hésiter une seule seconde, je l'enrobe délicatement dans mon pouvoir de guérisseur. Je pose une de mes mains sur son front, l'autre au niveau de son nombril, et laisse couler lentement mes pouvoirs de guérison. Je grince des dents en sentant les dommages sur son corps, ce par quoi ils sont causés. Je retiens mes larmes. je me retiens de crier de toutes mes forces. Je me force à rester calme, je dois rester calme. Sinon je ne ferais que des bêtises. Petit à petit, mon pouvoir coule à travers ses veines, refoule la drogue et les éléments nocifs qui le consument aussi sûrement que le feu brûle le papier. Je dissipe les flammes qui le dévore. Je prends longtemps, mon temps, je procède par étape pour d'abord endiguer le mal, puis l'éliminer progressivement et enfin redonner un peu d'énergie à son corps. J'oublie ma propre fatigue, j'oublie mon propre corps qui crie grâce. J'oublie l'espace et le temps, plus rien n'existe alors que je suis entièrement concentré sur ma tâche. Les minutes défilent, puis une heure, encore les minutes... Je m'affaire toujours à le sauver. Chaque seconde qui passe est une seconde qui l'éloigne de la mort qu'il cherchait à trouver.

-Reviens-moi... Tu n'as pas le droit de mourir... vis... vis Nicolas... je te l'ordonne.... reviens....

Je répète ce refrain sans cesse pour rester concentré, pour ne pas m'endormir, pour ne pas m'effondrer face à l'ampleur de la tâche. Ce fut la drogue qui céda en premier. Le corps de Nico, loin d'être entièrement réparé pour autant, se purgea du poison qui le rongeait. Je retire alors mes mains, comme dans un songe, poussant un long soupir. Je m'adosse au lit juste derrière et reprend tranquillement mon souffle. Je crois que c'est la première fois que je me lance dans une telle entreprise de guérison, face à un corps si proche de... je frissonne. Je n'y pense plus. Il est là, il est revenu, c'est tout ce qui compte.

-Nicolas... réveille-toi... réponds Nicolas, s'il te plait...




#   Jeu 23 Nov 2017 - 0:34

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Nous dansons encore. Éternellement. C'est étrange parce que, nous avons la sensation bien nette de ne plus avoir d'énergie, et pourtant... Pourtant nous dansons. Parmi ces visages déformés que nous connaissons, que nous croyons connaître, qui pensent nous connaître... Mais durant cet instant béni, ça n'a pas d'importance. Nous tournons, nous virevoltons avec eux, sans plus penser, sans plus sentir, sans que plus rien n'arrête cette ronde psychédélique de bonheur, d'extase,... Alors que les sourires sont créés, projetés, sur les traits déformés, mimés, de ce que l'on croit, de ce qu'on voudrait ressentir, de ce qu'on aimerait voir. Mais le monde tourne et ça n'a pas d'importance. Mais le temps n'est plus et ça n'a plus de sens. Paradis et Enfer. Idyllique et vide. Je veux reconnaître, il veut oublier, et on se déchire en dansant, et on pleure parce qu'on souffre, et on rit parce qu'ils rient, eux, ceux qui comptent et qui compteront à tout jamais... dans cette ronde qui s'enfonce dans les profondeurs abyssales de l'oubli.

Et je me redresse et je vois au loin et je me dis que je devrais pas me taire... Je sais quelque part que je ne sers à rien, que je ne dis que du mal, que je ne pense que du mal, que je ne fais que du mal mais je perçois quelque chose de vrai, quelque chose de doux, quelque chose d'intense qui au loin m'appelle, me prie, me veut. Je suis toujours en train de danser, mon corps emporté, mais mon visage est tourné vers cette lumière, cette ombre, cette chose vibrante et vivante et chaude et qui a l'odeur de ce que j'aime le plus au monde... Un matin de printemps ? Je préfère l'automne. Et je regarde les visages et je remarque qu'ils semblent être fait de cire. A demi-fondu. A peine humain. Loin d'être vivant. Et la lumière, l'ombre, la chose vibrante d'amour au loin qui m'appelle encore... Ça se répercute en écho jusqu'au creux de moi. De nous. Même s'il ne l'écoute pas. L'entend-il du moins ? Je vois son visage qui se tort, qui se rempli de larmes, le sourire fixé sur ses lèvres, le regard obstinément tourné vers les visages de cire creux et désormais terrifiants, maintenant que la matière coule et coule et coule partout. Sur les corps animés par on ne sait quelle magie, quelle volonté, sur le sol, sur les murs... Ce n'est pas notre palais mental. C'est quelque chose de bien plus horrible...

Je quitte la ronde. Nicolas tombe à genoux presque aussitôt.

Je me tourne vers cette âme qui appelle et je m'approche, d'abord doucement. Je ne comprends pas. On ne m'appelle pas d'habitude. Ils cherchent à parler, à comprendre ce qu'il se passe chez lui, mais moi, on me demande jamais mon avis. Même Nicolas a arrêté de me demander mon avis. Je me suis retrouvé muet et incompris... Je ne peux même pas répondre à celui qui m'appelle... Alors je me guide avec la seule chose qui peut encore m'aider. Je sens... l'odeur... Je sens l'odeur de la pluie de bon matin. L'odeur des bourgeons qui percent la terre humide, qui brisent l'écorce pulsant de sève. Je sens la rosée du matin et la fraîcheur du crépuscule. Je sens la brise qui emmène le pollen, l'encens pur de la nature qui s'éveille. Ça me fait mal, toute cette vie qui s'éveille, mais ça me fait du bien. Et je crois seulement reconnaître l'odeur... Mathéo. Mathéo. Ce nom fait naître de nouveaux échos en moi, il me fait naître, il me fait brûler, il me fait... vivre. Je crois que je cours... Je cours. J'entends les plaintes et les larmes de Nicolas derrière, loin derrière, peut-être même qu'il m'empêche de rejoindre cette lumière, cette ombre... Cette énergie rien qu'à lui, qui nous appelle malgré le fait qu'il ait été persuadé qu'il nous détestait. Nous haïssait. Le maudissait. ...Ne me reconnaissait pas. Je... pleure ? Je tends ma main vers cette porte désespérée, cette échappatoire de faux-semblants et de douleurs qui me frappent depuis des semaines... :

-Mathéo ! dis-je soudain en retrouvant ma voix.

J'ai rêvé de toi mille fois je crois. J'ai retracé des millions de fois ton corps. J'ai senti ta peau sous mes doigts. J'ai senti ta chair chaude. J'ai senti ton souffle saccadé. Et ton odeur de matin de printemps en train de brûler... Comme le buisson ardent ; consumé mais toujours là, vivant. Quand je t'ai revu à ce bal, j'ai voulu te reprendre dans mes bras, te serrer contre moi, ne plus jamais te faire mal mais j'en suis incapable... Nous en sommes incapables. Alors il m'en a empêché. Mais je te voulais contre moi. Je te veux contre moi. Je te voudrais contre moi. Parce que ton odeur et tes yeux me font vivre comme jamais personne ne l'a fait jusqu'à présent. Parce que nous sommes deux à vouloir te garder égoïstement, comme ça, contre nous, éternellement. Et que l'on veut te voir vivre comme jamais, que l'on veut t'offrir tout ce que tu souhaites, qu'on veut te donner notre corps pour que tu puisses revoir la lune, les étoiles, le ciel et même le soleil ! On se jetterai dans l'immensité stellaire pour toi. Même si nous ne valons rien et que tu vaux tout. Un sacrifice vain que l'on ferait sans hésiter... Parce que c'est toi... Et que s'il a peur, moi, je traverserai les déserts pour pouvoir ne serait-ce qu'apercevoir la rose que tu es. Dans cette oasis que je ne mérite pas... car il n'y a pas d'autres parfums qui me torturent plus que le tien.



Nicolas n'ouvre pas tout de suite les yeux... Il a l'impression d'être baigné dans la lumière déjà, les ouvrir et il aurait l'impression de se cramer les rétines, même dans la pénombre bienveillante et à la fois morbide de sa chambre. Ce qu'il sent en premier, bien avant ses autres sens, c'est ce que lui apporte son côté sensitif. De la fatigue et du soulagement. Nicolas gémit et, par habitude, parce qu'il veut toujours bien faire, envoie un sentiment de paix. Quelque chose de doux, quelque chose de simple... Quelque chose qui a l'odeur du pain qui vient de sortir du four et de l'herbe tout juste coupée. Je m'accroche à lui, ma main cherchant un bout de tissu de son maillot pour l'apaiser et lui montrer que je vais bien. Nicolas secoue la tête... C'est trop bruyant dedans lui, il n'arrive pas à percevoir ce qui l'entoure et il n'a pas envie de céder à la panique... Déjà qu'il percevait un peu trop bien les émotions qui l'entouraient alors qu'il... il venait de prendre quelle dose au juste ? Avec un peu de chance, j'ai fait ça le matin et Aoi va m'engueuler. Ignore-le encore une fois et je m'arrange pour te tuer dans notre tête. Aaaah ! Du bruit, du bruit, du bruit... Nicolas amène ses mains jusqu'à son visage, frotte ses yeux comme un enfant endormi... Il sent... Il sent des genoux sous sa tête, il sent la chaleur d'un corps épuisé... il sent... l'odeur de Mathéo. Il ouvre soudain les yeux qui se plantent directement sur le visage de l'Air.

Le temps s'arrête. A une vitesse vertigineuse, Nicolas se met soudain à réfléchir en essayant de démêler la réalité de ses trips de drogués. C'était Mathéo, le vrai, sans aucun doute, il se sentait bien trop clean et en plus de son énergie, il reconnaissait son odeur. Il était persuadé d'avoir pris une grosse dose avant d'aller dormir... Et pourtant, il ressentait et percevait avec cette ignoble précision ce qu'il se passait autour de lui, même encore engourdi. Attends... Dormir ? Le soir, le matin, le midi tout était confondu et lui donnait la migraine. Pourtant il était clean... Avait-il été dans la zone longtemps ? Que faisait Mathéo ici ? Une chose était sûre... Il devait s'éloigner, et vite, de lui. NON. Malgré les protestions dans son crâne, Nicolas tenta de se lever. Tenta. Parce qu'il redressa son torse avant de retomber, fragile, hébété, sur son lit. Mais au moins il était loin de Mathéo. Il était loin de lui faire du mal, pensait-il. Et puis il commença à toucher son propre corps comme s'il y cherchait une anomalie... A quel point Mathéo l'avait touché, s'était-il perverti en entrant en contact avec lui ?... Combien avait-il laissé de lumière en lui, s'éteignant au passage, juste pour... le ramener ? Le ramener ? Nicolas laissa la panique s'emparer de lui. :

-Non... Non. Non ! Il ne faut pas me toucher ! Je ne suis que la chair !

De la chair qui manque de tout... De la chair qui a soudain soif, qui a soudain faim, de la chair qui ne demandait pas à assouvir de nouveau ses besoins vitaux comme un animal. Une chair qui s'attendait à l'Enfer, et qui se retrouve à vivre un enfer. Une chair blessée, à vif, sans rien pour l'animer au fond. :

-Nourrir la chair... et rien d'autre pas d'étincelle.

Une étincelle bouillante qui lui donnait envie de mourir encore et encore tant la souffrance était insupportable. Ce qu'il avait fait de son corps et de son âme, ce qu'il faisait de lui, c'était terrible mais ça n'avait pas d'importance quand Mathéo n'était pas là, car il était condamné depuis tout petit non ? Il s'était battu, il avait frappé, il avait tué, il avait vendu, il avait trahi... Il avait réussi jusque là à ignorer tout le mal que cela lui faisait mais après Lui, après la naissance de ce qu'il avait ressenti ? :

-Je suis faible... Est-ce que tu m'as rendu faible ? Avec moi-même...

Il avait été assez faible pour lui insuffler l'idée qu'il l'aimait. Il avait été assez faible pour faire souffrir tant de gens autour de lui. C'était ça sa punition ? Son tourment éternel ? Vivre ?! Combien de temps allait-il vivre avec cette idée qu'il ne servait qu'à faire souffrir ? :

-Les Anges devraient nous prévenir. Nous. Pour une étincelle... que je veux te donner... parce que tu le mérites...

Parce qu'il était vivant, parce que quelque part il avait toujours la volonté d'être vivant pour lui faire plaisir... :

-Et je l'ai l'étincelle... Je l'ai en moi. Et maintenant elle me brûle. Est-ce que je peux me reposer dis ? Je veux juste me reposer... Parler avec les Anges.

A qui tu parles ? Nicolas tourne la tête. A Mathéo. Ah... Mathéo. Avec ses yeux entrouverts sur ses iris clairs parce qu'il n'aime pas déranger les gens avec ses yeux aveugles, avec sa peau blanche qu'il n'aime pas mais qui est si parfaite, avec ses cheveux si léger et si doux... avec son cœur qui bat, ses cils, ses lèvres, chaque partie de lui si belle... :

-Je suis là. Je suis content même si j'ai mal... Je te vois. Les Anges ont raison... tu es le plus beau parmi eux.



#   Jeu 23 Nov 2017 - 18:43

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Ma poitrine se comprime douloureusement à chaque inspiration. Je prends la peine de respirer lentement, par à coup d'abord puis plus profondément pour retrouver mes sens, ne pas sombrer dans une sorte de torpeur qui m'enveloppe petit à petit. Je reviens vers le monde, je ressens à nouveau. Une vague de paix s'insinue en moi, et apaise ma souffrance. Tout me semble pour le mieux tout à coup, j'en oublie mon corps fourbu, j'en oublie mes membres qui crient à l'agonie... Je me sens mieux subitement, et je parviens, sans comprendre pourquoi, à m'apaiser à retrouver à minimum d'énergie. Mon incompréhension ne dure pas. Mon visage se tourne vers Nicolas, la tête toujours posée sur mes genoux. Je sens son énergie dirigée vers moi, hasardeuse, maladroite et pourtant efficace. Difficile d'imaginer une telle douceur dans cet environnement.

Je le sens remuer, il tente de se lever. Je me penche à nouveau pour tenter de le retenir mais il s'est déjà redressé, pour s'effondrer sur son lit aussitôt après. "Nicol..." je tente d'appeler, mais il ne m'écoute pas, il me repousse. Il n'est pas là. Pas vraiment. son esprit vagabonde encore sous l'effet des drogues ? ai-je commis une erreur ? Ou ... est-ce lui qui ne veut pas revenir ? Incapable de bouger, je me contente de me tenir debout, sans rien faire, comme pétrifié. Je suis son énergie avec mes sens. Je vois une boule de lumière clignotante, faible, qui s'agite dans tous les sens. Je l'entends délirer, sans comprendre de quoi il parle. Je tente de parler à nouveau mais ma bouche est sèche. Ma langue est comme paralysée. Je dois réagir pourtant. Je ne peux pas rester comme ça, mais je suis désemparé. Je... ne sais pas quoi faire. Il commence à se triturer partout comme un forcené, je tente de l'agripper pour le retenir:

-Qu'est-ce que tu fais? Nicolas arrête!

Il me repousse aussitôt, en criant, me criant dessus. Je recule pour qu'il se calme, pour qu'il arrête de s'énerver. Mais je ne sais toujours pas quoi faire. Il continue de parler, des paroles qui n'ont aucun sens. Je fronce les sourcils. J'essaye de comprendre mais tout m'échappe : ces mots, la situation, tout, tout ça!

-Quelle étincelle... ? Nicolas... de quoi tu parles ? bégayais-je doucement.

Ma voix tremble, je me rends compte que je suis au borde des larmes, sans savoir pourquoi. Je ne m'attendais pas à ça. Ce n'est pas comme ça que ça devait se passer. Je ne voulais pas entrer et découvrir ça, je voulais m'expliquer, je voulais lui crier dessus, je voulais... je ne voulais pas ça. Je tourne la tête dans tous les sens, captant peu a peu les divers éléments de sa chambre, jonchée de rebuts et autre détritus que je en mentionnerait. J'ai ressenti bien assez en le soignant pour savoir à quoi sert les instruments que je capte, même sans les reconnaître. L'odeur revient me soulever le coeur mais je lutte contre. Je l'entends à nouveau délirer. Ma respiration s'arrête lorsqu'il me dit que je l'ai rendu faible.

-Ca suffit Nicolas, plus de jeux! Je ne veux plus jouer à ça avec toi...

Il ne m'écoute pas. Mes sens s'élargissent, je perçois le moindre petit détail de sa chambre. Je retrouve les sensations qui m'ont parcouru en le soignant. Je me souviens de cette drogue qui le brûlait de l'intérieur, de CES drogues qui le brûlaient il n'y a pas deux secondes. Je ressens tout ça, je "vois" tout ça, je le vois lui, je l'entends, je perçois chaque choses. Une larme coule doucement le long de ma joue. Nicolas... Tu es tombé si bas ? Tu en est arrivé à ce point ? J'entends encore ces gémissements, ces délires sans aucun sens. Qui pourtant font sens à mes yeux, doucement, ils s'insinuent en moi et éclaire mes pupilles voilées d'une nouvelle lumière. Je vois de quoi il parle, je finis par comprendre. Je secoue délicatement la tête. Je suis perdu. Je ne parviens toujours pas à réagir. Je me permets d'avancer, avec précaution, me tenant tout de même à distance pour ne pas le brusquer, et m'assois sur le lit à mon tour. Mes yeux aveugles ne le lâchent pas, mes sens non plus. Son énergie est tout ce qui occupe mon esprit.

- Pourquoi... ? Pourquoi tu as fait ça ?

J'ai envie de le toucher. J'ai envie de poser ma main sur lui pour l'apaiser. J'ai envie d'apaiser sa souffrance et sa peur. Cette étincelle d'énergie que je perçois en lui, qui s'agite si faiblement, j'ai envie de la caresser aussi délicatement qu'on le ferait pour les pétales d'une rose pour qu'elle s'accroche et qu'elle ne s'évanouisse pas. Qu'elle ne s'évanouisse plus plutôt. Je la sens qui palpite, je le sens lutter. Mais contre quoi ? Nicolas... Luttes-tu contre la mort ou contre la vie ?


#   Mar 28 Nov 2017 - 0:43

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Une partie de Nicolas nage dans ce monde qu'il s'est créé, l'autre se rend bien compte que c'est un retour d'acide, et moi... moi je chavire entre deux eaux. Je fais le saumon qui est épuisé d'avoir tenté de remonter la rivière à contre-courant. Et j'ai peur, quand je regarde Mathéo je vois qu'il s'approche et j'ai peur encore et encore de lui faire mal et toujours et il s'approche et je geins tout en grondant à la fois pour qu'il s'arrête, qu'il s'éloigne du danger, qu'il ne me touche pas. En même temps... je ressens cette envie immense de le prendre dans mes bras... je me déteste. Je le vois étinceler, je ne sais pas si c'est à cause de mes perceptions pétées ou parce qu'il est réellement un être éthéré. On se regarde, tous les deux, pour la première fois depuis longtemps... peut-être la première fois en fait. Les cicatrices de mes mains me démangent mais je ne bouge pas, comme hypnotisé. Il me pose une question, j'arrive à l'entendre, j'entends la voix des Anges et ça me fait trembler jusqu'aux tréfonds des enfers, là où gît ce qu'il reste de mon âme noire. :

-C'est normal.

Nicolas tousse pour envoyer le Loup Noir au fond de sa cage mais ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne plus. Et le chagrin l'étreint d'un coup ; il a envie de pleurer mais rien ne tombe de ses yeux, de son corps déjà déshydraté. Mais on ne dévie pas notre visage du sien, on est juste là, à vouloir pleurer comme des enfants dans la seule aura rassurante qu'il nous reste. Parce que Mathéo est triste mais ce qu'on ressent là, c'est notre tristesse. Alors on se retrouve à sangloter sans laisser de trace que le son de notre voix, comme un animal blessé et seul. :

-Ça a toujours été comme ça en fait. On croit, ça devait déjà être le cas quand François s'est pendu... Parce qu'il était malheureux et il voyait que ça rendait sa femme malheureuse et... nous aussi ? On sait plus Mathéo... Et puis il y a eu les autres au village, même si ce n'était pas vraiment nos amis, ou si peut-être, on sait pas on avait juste tellement peur qu'il leur arrive quelque chose à cause de nous et c'est arrivé ! Et Terrae...

On serre les dents, à nous en faire mal à la mâchoire. On voudrait se taire pour ne pas le blesser mais on y arrive plus, on a failli se tuer pour tout ça ! :

-On sert à rien et puis c'était pire d'un coup... Mais, on sait pas, on a essayé. Avec ses masques. On s'est dit qu'on pourrait être, ni trop bizarre, ni trop moyen, même si moi j'avais faim, qu'on pouvait satisfaire des gens au moins une fois. On a essayé d'être là pour les autres, de compter un peu même pour un rien mais non... il a encore réussi à faire de la merde hein ? Ou bien c'était moi. Peut-être nous deux... Et puis toi...

Nicolas dodeline de la tête, il y a du brouillard dans son palais mental, un brouillard si épais qu'il ne voit pas les écrans de ses souvenirs correctement. :

-Je suis le pire. Quand tout le monde nous avait fait comprendre ce qu'on t'avait fait... du mal et-... il ou je ou nous- qu-

On est perdu. On respire. :

-On t'aime si fort que, lorsqu'on était dans ta chambre ce soir-là, et qu'on pouvait enfin te toucher sans avoir peur, qu'on a compris qu'on pouvait te faire plaisir aussi fort qu'on t'aime... On a du... laissé un bout de ça dedans.

Ça. L'amour... ce que les gens appellent "amour" à la légère. :

-Alors... Peut-être qu'on t'a touché avec nos émotions et tu as cru que c'était les tiennes ? Ou tout simplement on a fait du mal plus qu'on le croit ? On t'a cassé, on t'a sali.

On se tord de douleurs sur le lit. :

-On a pas pu aider nos amies, on a fait peur à notre meilleur ami, on a déçu tellement, tellement, tellement... de gens... et toi en plus...

Je me hais... tellement.



#   Jeu 30 Nov 2017 - 14:15

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Je sens à peine le corps de Nicolas osciller sur son lit, je perçois à peine davantage les terribles odeurs qui emplissaient mes narines et menaçaient de faire exploser mes poumons, mon regard vide se perd dans la direction d'où pulse faiblement son énergie, mais mon esprit, lui, est ailleurs. Ses paroles résonnent en boucle dans ma tête en même temps que je cherche à fuir le sens qui veut s'imposer à moi. Mon menton tremble, ainsi que mes mains, sans que je puisse ou cherche même à me contrôler. Non... Il délire, c'est juste un effet de la drogue qui obscurcit encore son esprit. Il est embrouillé. Je ne dois pas prêter attention à ce qu'il dit.

-Tu m'as sali... ? répétais-je malgré moi, sans comprendre.

Non... Je fuis toujours ce qui apparaît pourtant comme évident. Ce n'était pas logique. Pourtant il me l'avait dit. Je ne l'avais pas cru ? Pas vraiment il semblerait. Il m'a imputé ça ? Lui ? C'est ce qu'il pense ? Je secoue la tête, me passe une main sur la nuque puis farfouille nerveusement dans mes cheveux, à la limite de me les arracher. Je ne comprends pas. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il dit ça ? Pourquoi est-c qu'il ME dit ça ? Il voulait mon bonheur ? ... notre bonheur... ? Il change de sujet à nouveau. Il ne fait pas sens. Rien de tout cela n'a de sens. Je l'écoute à peine, je l'entends à peine. Je finis par reconnaître que, au fond, je ne connaissais pas Nicolas, pas assez pour le saisir. Ses souffrances, sa douleur, son passé, je ne le connaissais pas. Ses... excuses, son délire lui parait évident, logique, mais ça n'avait de sens que pour lui. Je secoue la tête à nouveau, puis laisse violemment tomber mes bras. J'en ai assez. Je ne le comprends pas, je tente mais je n'y arrive pas.

-Qu'est-ce que que tu racontes enfin ?! Ce n'a aucun sens! Tu... Tes raisons n'ont aucun sens! Tu voulais que l'on soit heureux ? Pendant un instant ? Moi je pensais que... que...

Mes paroles s'étouffent. Ma colère m'empêche de parler, le trop plein d'émotions m'empêche de penser de m'exprimer clairement. Je suis perdu. Je ne sais plus quoi ressentir, j'ai l'impression que toute la situation m'échappe et que rien ne va. Je ne comprends pas mais toi non plus...

-Tu n'as rien compris Nicolas... Tu n'as vraiment rien compris hein... dis-je la voix tremblante.

Comment lui dire ce que j'avais sur le cœur alors qu'il était dans cet état ? J'aurai voulu me retenir mais mes émotions avaient pris le pas. Il fallait que ça sorte. Tout ce que j'avais gardé en moi était sur le point de sortir. C'était le moment, et il en avait autant besoin que moi. Peut-être même plus.

-Je ne voulais pas d'un bonheur éphémère. Tu n'arrêtes pas de me dire que tu m'as sali et que ce n'est pas possible... Que fais-tu de ce que MOI je pense ? De MES sentiments ? T'es-tu seulement une fois soucié de mon avis ? Tu as pris toutes les décisions à ma place, tu as fui comme un lâche et après, lors du bal, tu as le culot de me dire que tu... que tu m'aimes...

Je secoue encore la tête, aussi régulièrement qu'un toc. Cela n'a toujours aucun sens.

-Et là tu me le répètes...

Je me détourne. Je perçois encore son énergie mais dans mon dos cette fois. Pour la première fois, je souhaitais ne pas être guérisseur et ne plus rien percevoir, ne pas sentir cette énergie électrique qui me troublait et me faisait si mal.

-Tu n'as pas le droit de me dire ça... Pas là, pas comme ça, pas alors que tu es en plein délire, pas quand ut me dis que tu m'as souillé...

Je tourne lentement mon visage vers le sien. Je ne sais pas si son don de sensitif est effectif ou amputé par les drogues. Si seulement il pouvait sentir la tendresse qui animait mon cœur et qui se disputait avec la colère et le ressentiment. Si seulement il pouvait sentir ce sentiment qui prend place dans mon esprit alors que j'avais exprimé tout ce que je voulais ou presque. Je ne sais pas pourquoi il s'est mis des choses aussi horrible dans la tête. Cela vient de lui, de sa propre estime. Il s'est convaincu tout seul.

-Tu as raison. Cela ne peut pas être et ne sera jamais. Pas tant que tu es dans cet état.

Je pris une profonde inspiration, concentrant mon attention ailleurs autant mon possible mais mon esprit et mon cœur était tout deux attirés vers l'énergie qui gisait sur le lit, tel un insecte vers une lampe.

-Tu dois te soigner Nicolas... Il faut que tu ailles mieux, que tu guérisses. S'il te plait.

Et alors je pourrai véritablement te dire ce que je ressens. Et alors, si tu le souhaites vraiment, on pourra commencer à être heureux ensemble, et pas seulement pour une nuit.



#   Lun 4 Déc 2017 - 2:58

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Salvation de Editors (album : IN DREAMS) ♫

Quand il arrive à reprendre la parole, quand il peine à trouver les mots pour expliquer ce que lui ressent, j'ai encore un peu de mal à comprendre... En même temps, ce n'est pas ma spécialité, et je suis encore perturbé par les flux et reflux de la drogue dans notre système. Nicolas se tasse quand Mathéo hausse la voix, moi, je suis le regard qui ne le lâche pas, qui prend tout de face comme d'habitude, tout en essayant de voir ce qu'il veut dire. Il parle de ses sentiments, mais jusque là nous étions persuadés qu'on les avait forcés jusqu'au creux de lui. On pensait, que ce qu'il avait dit lors du bal, c'était justement de ça qu'il parlait, confirmant nos doutes et nos craintes les plus profondes... et puis il y a maintenant. :

-Mais-...

Je crois que je comprends enfin. Je crois que je comprends et j'ai le vertige. Nicolas a arrêté de geindre, on est côte à côte à se demander si on est en train d'halluciner ou si c'est bien vrai tout ce qui se dit, tout ce qui se joue là, à cet instant. Oh Saigneur... Qu'est-ce que j'ai fait ? Oui parce qu'on se pose la même question, pour une fois, on se regarde dans le blanc des yeux ; impossible de rejeter la faute sur l'autre part de nous-même, on avait été con ensemble sur cette action. Il ne voulait pas d'un bonheur éphémère, il n'a pas partagé ses sentiments, du moins il n'a pas eu le temps, puisqu'on était sûr qu'on avait agi dessus auparavant. ...et que chaque contact nous- nous-... hm. Mathéo nous tourne le dos et je sens notre cœur qui fait un bond.

Nicolas bat des paupières. Il n'a soudain plus soif, plus mal, plus envie de rien. Il est pas bien, certes, mais il n'en a plus rien à foutre... Tous ses sens sont tournés vers le dos de Mathéo. Il l'écoute, il le sent, il le voit, il le perçoit sans aller au-delà. Il ne serait pas là, on ne serait pas vivant. Un poids une fois de plus. Un poids qu'on... aime... malgré tout apparemment. Pas seulement lui, mais tous les autres... Ceux qui ont essayé de le maintenir en vie, de le comprendre, même de loin. Son énergie enfle d'un coup, ses cheveux crépitent un instant.

Il se redresse difficilement, s'assoit en calant son dos contre le mur. Il tousse après avoir soupiré. Il est vraiment au fond, il le sent... Il a déjà été maigre dans sa vie mais revoir l'état de ses mains amincies le secouent. Et quoiqu'on en dise, Mathéo n'est pas aveugle. Nicolas ferme les yeux. :

-Oui. J'ai rien compris... Je t'ai dit que je suis passé Étoile, j'ai pris quelqu'un dans mes bras ?... J'avais pas encore compris à ce moment... Mon amie... je l'aime beaucoup et j'ai eu peur de la perdre, parce qu'elle n'était vraiment pas bien... vraiment malheureuse... et je savais pas quoi faire...

Sa voix est faible et ses doigts s'emmêlent, comme Aria le fait lorsqu'elle est gênée... Oui, je sais, elle nous manque. Nicolas s'arrête... Quand je suis gêné, je ne fais pas ça. Il gratte la cicatrice sur le dessus sa main. Un croc de chien. Il s'ouvre un peu plus, prenant une lente inspiration. :

-Je suis passé Étoile en apprenant à aimer les gens. J'ai pas compris... qu'on pouvait... m'apprécier... aussi... Je crois.

Souffle erratique dans la gorge, rire faux et blessé pour tenter de reprendre contenance. Échec. :

-Mais c'est tellement... bizarre ! Je... On ne me connaît pas, on sait pas... enfin... j'ai fait des choses horribles et... j'ai fait du mal et je continue ! Je devrais pas être... ou je... Je me souviens pas qu'on ait déjà été aussi gentil... avec moi. Et ça fait peur. Si quelqu'un mourrait encore par ma faute ?

Ses mains s’agrippent à lui, les articulations de ses phalanges claquent. Je le force à rester calme, à parler doucement, à faire le tri de ses pensées... Articuler les choses, avancer. :

-Je pensais... que tu avancerais mieux sans moi. Tu es tellement plus fort et courageux... Je me suis dit que je ne te manquerais pas. Parce que ça me paraissait si impossible... Mais ouais... j'me plante... encore...

Inspiration brutale, étoiles dans les yeux... Il baisse la tête trop vite, la terre tangue dangereusement, une pointe de migraine lui vrille la tempe. Il déglutit, la gorge sèche. Il a mal au corps, au cœur, à l'âme, partout où l'on pourrait sentir la douleur sous toutes ses formes. Changeons, s'il-te-plaît. C'est toxique pour nous, pour eux... et non ce n'est pas normal. Regarde-le, il est dans cette chambre dégoûtante, auprès de notre être dégoûtant... Est-ce normal ? Est-ce que ça a de l'importance d'être normal ?... Il faut juste... J'aimerais... :

-J'aimerais aller bien.

Je ne sais pas qui l'a dit, mais dans tous les cas, ça fait du bien rien que de le dire. Puis, Nicolas, essayant d'appliquer la leçon qu'il venait d'apprendre, eut le regard fuyant. :

-Ça te plairait aussi ?... que j'aille bien ? Et qu'on essaie- enfin que je répare- euh non que je euh-...

Fièvre. Fièvre. FIÈVRE ! Surchauffe ! Aïe ! Nicolas regarde de nouveau ses mains... Elles crépitent de minuscules gerbes électriques faibles et pourtant, il remarque qu'elles ont rougeoyantes. L'oxygène qui brûle avec le mouvement des électrons... Il se privait d'oxygène tout seul. Il jette un regard sur la pipe sur sa table de chevet, déglutit et pince ses lèvres... Avant, il prenait une dose quand ses pouvoirs lui faisaient mal. ...Il se redresse difficilement pour atteindre le bord du lit, se penche et touche le sol du bout des doigts, déplaçant des cadavres de bouteilles au passage. Son surplus d'énergie se déploya d'un coup dans le sol, sans blesser qui que ce soit... comme lorsqu'il était Initié et qu'il maîtrisait mal. Merci Ipiu. Il se relève vite quand la nausée menace, claque sa langue sèche sur son palais. Aoi me dirait de boire de l'eau. Il bat lentement des paupières... Oui, un peu de force... parce qu'il n'était pas tout seul. Il tend sa main. :

-Mathéo... Il y a... des bouteilles d'eau sur le bureau. Tu veux bien m'en passer une s'il-te-plaît ?



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