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Erase una vez | Asbjorn
##   Sam 5 Aoû 2017 - 9:13
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Les mots chantent, ils bruissent au rythme trépidant du cœur de la femme. Tam ta ta ta Tam, Tam ta ta ta Tam. Un pagne ceint ses hanches pleines sa dureté rappeuse contraste avec la gaité de ses couleurs. Les motifs fluides dansent à la cadence de ses pas. Tam ta ta ta Tam, Tam ta ta ta Tam. D’une main légère elle repousse ses lourdes tresses, elles pèsent sur sa nuque, elle sent que bientôt elle devra s’en défaire. Tentera-t-elle à nouveau de dompter ses cheveux crépus de la sorte, peut-être, elle aime l’image sue lui renvoie le miroir. L’eau dans l’évier goutte. Tam ta ta ta Tam, Tam ta ta ta Tam. Elle serre le robinet et se défait de son image.
De hautes joues, des lèvres pulpeuses comme la pomme-cannelle, des yeux clairs comme un rayon de lune, et cette peau sombre, sombre…  Un sourire lui échappe, un instant dans le miroir elle a cru croiser les yeux d’Adjambo et son cœur s’est emballé Tam ta Tam, ta ta ta ta ta, Tam ta Tam. Tu me manques, pense-t-elle.

Ses pieds nus frôlent le sol carrelé, froid. L’asphalte lui se libère de la chaleur du jour. L’appréhension grandit, Tam ta Tam ta Tam. Ses doigts froissent le pagne bigarré. Ça fait longtemps qu’elle n’est pas montée sur scène, elle ne s’en sentait seule pas capable… Cela s’impose pourtant comme une évidence dans la nuit chaude du mois d’aout. Ses mots vont raisonner, faire fuir le père silence, adoucir la mère obscurité. Tam ta ta ta Tam, Tam ta ta ta Tam. Elle n’est pas seule, le vent l’accompagne, chaud, moite.

L’herbe ploie sous son poids et se redresse fière après son passage, elle est loin de l’herbe grasse d’antan, le soleil l’assèche au lieu de la faire croitre. Elle n’y prête nulle attention, son cœur à nouveau s’accélère avant d’avoir un manqué Tam ta Tam, ta ta ta ta ta, Tam ta Tam ta… Elle s’assoit, croisant ses jambes de poulet bicyclette, le tissu se tord et suit le mouvement dans un son feutré.

« Il était une fois… »

Sa voix monte au milieu du parc encore fréquenté malgré la tombée récente de la nuit. Sa gorge est nouée, elle a du mal à trouver sa voix. Elle persévère, certains tournent la tête vers la voix et s’en détourne qu’est-ce donc encore que cette énergumène, il y en a d’autre de la sorte à Terrae, ces gentils illuminés. Ils font pitié, un peu, sourire parfois on les regarde de loin, de peur que leur douceur ne nous emporte.

« Dans un pays lointain… »

Courage. Tam ta Tam, ta ta ta ta ta, Tam ta Tam…


##   Sam 12 Aoû 2017 - 13:44

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« Si je reste ici, combien de temps faudra-t-il pour que les faits me rattrapent ? Juste allongé, dans l'herbe, à regarder le ciel. Juste ça. Pas de lettres. Pas d'études. Pas de Nicky. Nicolas. J'sais plus. Rien. Nada. »

Tu as les yeux rivés sur la nuit qui tombe, en cet instant magique où Lune et Soleil se côtoient dans la pâleur de l'un et la rougeur de l'autre. Les premières étoiles font leur apparition. La chaleur se décide à s'apaiser un peu, fait place à une brise légère qui s'insinue pour ton plus grand bonheur sous ta capuche.

« Ce serait bien de rester là. Avec mon casque, Glass Animals, mes clopes et mon envie de rien foutre. Ce serait chouette. Même si j'finirais par m'ennuyer ferme et avoir des fourmis dans les jambes. Puis ça m'manquerait, de taper la causette. Ou d'dessiner. Et danser. Mais bon, j'aimerais bien quand même SAVOIR rester posé. »

Tu clignes enfin des paupières. Cela te ramène un peu dans la réalité, mais pas trop. Juste assez pour qu'un peu plus loin, tu entendes une voix. Mais tu n'y fais pas attention. Pas tout de suite.

« Teh. Écouter des histoires. Celles des autres pour pas vivre les miennes. Mais les joyeuses. Les tristes, j'en ai eu ma dose depuis l'temps. »

Tes mains tâtonnent dans les poches de ta veste jusqu'à en sortir une cigarette ainsi qu'un briquet. Toujours allongé, tu allumes le bâton de nicotine. Entre deux bouffées, la voix te parvient une nouvelle fois. Une histoire dans un pays lointain. Un voyage gratuit qu'on t'apporte sur un plateau d'argent. Plateau d'argent qui, comme le regard que tu lui jettes rapidement te l'apprend, prend la forme d'une jolie jeune femme noire aux fines tresses tentacules.

« J'ai toujours bien aimé les bestioles avec des tentacules. »

Mais plus que cette beauté mystique, c'est vraiment sa voix qui t'attire. Comme le Master qui était venu te chercher. Et pourtant, tu ne sens pas l'énergie typique. Tu te redresses un peu. Tes ambres croisent deux rayons de Lune. Tu te lèves, clope au bec, et fais trois pas calmes en direction de la conteuse. Te voici plus près. Assez près pour pouvoir t'asseoir en tailleur devant elle et écouter.

« Fais-moi rêver. J'y arrive plus de moi-même. »

Et comme pour l'encourager, tu lui offres ton plus beau sourire, les yeux brillants d'envie d'entendre son histoire.



##   Jeu 24 Aoû 2017 - 1:50
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« Il était une fois dans un pays lointain… Beaucoup trop d’histoires commencent de la sorte et Pedio n’aimerait que la sienne commence ainsi. »

Elle sourit doucement avant de reprendre.

« Il n’y a pas si longtemps, dans un pays pas si lointain, vivait un petit garçon au visage rieur. Il faisait la joie de sa famille, et chacun le côtoyant voyait naitre sur ses lèvres un nouveau sourire. L’enfant distillait la joie autour de lui sans avoir besoin de dire le moindre mot… Et c’était bien là tout le problème, Pedio ne parlait pas. »

Un comble quand on connait l’origine de ce nom. Son auditeur ne doit pas la connaitre, elle a capté son regard. Elle poursuit d’une voix calme alors que son cœur bat la chamade.

« Ses parents ne s’en inquiétaient pas, « Il parlera quand il sera prêt » disait sa mère. Son père lui n’était plus là pour donner son avis, parti aux premiers battements d’un cœur qu’il n’avait jamais ouïe. Pedio souriait jours et nuits, à la lune, aux étoiles, aux passants, au passé. Ses grands yeux miraient plus loin que ceux des bambins de son âge, ils semblaient scruter l’être de chacun.

Pedio ne savait pas pleurer, « C’est un enfant très calme » disait sa mère alors que son nombril s’était déjà remis à pousser. En effet le petit passait sa journée à fixer l’horizon le sourire aux lèvres. Il grandissait sans un bruit, à l’ombre des regards étrangers qui étaient si prompts à juger. Un an passa, puis deux, presque trois et Pedio ne parlait toujours pas. Parfois il suivait du regard sa bruyante petite sœur et souriait de plus belle : elle parle assez pour nous deux semblaient dire ses yeux. »

Ceux de la jeune fille eux aussi mirent au loin ce petit garçon pas comme les autres. Ce conte est différent de ceux qu’elle raconte d’habitude. La peur l’étreint doucement et se relâche au fil de sa voix. Elle se calme et les mots continuent à couler au compte-goutte, d’une manière plus naturelle.

« « S’il ne parle pas c’est qu’il n’a rien d’important à dire. » disait sa mère, sans plus se leurrer. Son fils était muet, elle en était persuadée. Son sourire l’exaspérait autant que les commentaires de commères du quartier. Elle continuait à l’aimer sans condition, mais combien lui pesait ce silence, et combien la différence entre ses deux enfants lui était chaque jour plus pesante. La petite Mumbi très tôt su parler, mais elle ne sut jamais s’arrêter. »


On arrive à un tournant de l’histoire, son rythme cardiaque est serein. Sa voix profonde la guide. Elle retrouve ce chant trop longuement oublié, mot après mot elle s’éveille à elle-même. Redécouvre une part oubliée. Elle a muri, ses histoires aussi, mais ce sentiment est toujours aussi grisant. Elle frissonne de plaisir.


##   Lun 28 Aoû 2017 - 22:16

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La jeune fille commence son histoire… Pour finalement décider qu’un autre début serait mieux. Tu souris, lumineux dans la nuit, amusé de cette volonté d’originalité. Et puis l’inconnue t’emmène avec elle. Ses mots s’envolent et tu décolles avec eux sans même essayer de lutter. Tu ne la regardes plus. Tu as fermé les yeux. Sa parole suffit : l’image, c’est sa voix.

Tu découvres le petit garçon rieur. Tu découvres sa famille. Tu découvres tous ces gens qui aiment à le voir sourire. Tu l’aimes aussitôt, ce gamin souriant mais muet. C’est censé être un problème, mais toi, tu l’apprécies. Pourtant tu n’es pas à l’aise avec les silences. Mais tu n’es pas complètement bête, et tu sais bien qu’une expression peut en dire plus que des centaines de mots, qu’un sourire peut combler des silences. Tu le sais car tu pratiques.

Ce n’est plus un conte, c’est la poésie qui file entre les lèvres de la jeune fille. Poésie qui te dresse des images plus belles les unes que les autres. Tu vois le regard du gamin. Tu les imagines sans peine ces deux yeux scrutateurs et heureux. Mais ça te serre un peu le cœur qu’il ne puisse pas pleurer. L’être humain a besoin d’émotion. L’être humain a besoin de tout laisser échapper. Tu le sais. Même si tu ne sais pas te l’appliquer à toi-même, tu as conscience que pour les autres c’est une nécessité. « Moi, c’est pas pareil. ». Ego à la con.

Le gosse, tu le comprends. Parce que toi, tu parles beaucoup pour éviter les silences. Mais quand quelqu’un s’en charge à ta place, tu ne vois plus l’intérêt de causer à tout va. Alors que le gamin se taise car la sœur fait du bruit pour deux, ça te parait d’une logique limpide. D’ailleurs, tu mentirais si tu disais que tu ne t’identifies pas au môme. L’histoire te touche précisément parce que tu t’y vois.

La voix de l’inconnue est un instant emprunte d’une certaine nervosité. Alors tu soulèves tes paupières, plantes ton regard d’ambre dans ses yeux en amande. Tu ne dis pas un mot, soucieux de ne pas la couper, mais la puissance de tes ambres en dit long : son histoire est envoûtante, son ton, sa manière de parler sont en harmonie parfaite avec ses mots. Il ne faut pas qu’elle soit effrayée.

Et puis la mère t’agace. La mère te serre la gorge et l’estomac. La mère est amère, et tu n’aimes pas ça. Tu comprends que ce soit fatigant, mais pas exaspérant. Tu es heureux d’entendre qu’elle l’aime, car tu ne supporterais pas le contraire. Mais tu détestes cette comparaison entre la sœur et le frère, tu détestes ce regard un peu juge. Tu ne veux toi-même pas apposer un jugement trop hâtivement, alors tu contrôles ton ressenti. Tu attends la suite, le ventre agité de papillons d’impatience.



##   Mar 29 Aoû 2017 - 20:31
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Sa respiration s’est calmée, elle passé la première difficulté. Le décor est planté, les mots coulent en une cascade douce. La situation est calme, l’élément perturbateur n’en était pas un. Elle a décidé de casser le rythme de la narration classique. Elle a choisi de sortir de sa zone de confort pour cette nouvelle histoire intemporelle. Sa voix chaude fait reculer le silence et elle continue à conter :

« Elle se demandait ce qu’elle avait manqué, car comme bien des mamans, elle se pensait responsable de tous les maux de son fils. Elle n’y était pour rien, mais ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable du handicap.

Ce qui n’était pas le cas de sa sœur qui clamait « Pedio est un idiot ! » Elle cherchait l’attention de sa mère et jalousait le regard et les attentions que cette dernière accordait à son frère. Elle ne comprenait pas que l’on s’occupe d’un enfant si inintéressant, après tout il ne parlait pas. Elle ne croyait pas vraiment ce qu’elle disait, répétant seulement ce que disaient les autres enfants du village. Elle adhérait à leurs idées tant pour se faire accepter d’eux que pour se libérer du chagrin de ne pas avoir un frère comme les autres. »

Les enfants sont cruels, elle le sait. Elle a été une enfant, elle l’est encore parfois. Elle était respectée car c’était elle qui inventait les histoires et les jeux, mais Adjambo ne l’était pas. Bien entendu, personne n’aurait osé lever un doigt sur elle de peur de rentrer dans ses mauvaises grâces et de se voir exclue du jeu… Cela ne les empêchait pas de lui dire qu’elle n’était que l’ombre de sa sœur : inintéressante.

Elle se souvient mais ce souvenir n’est plus empreint de colère ou de tristesse, il glisse sur elle comme ses mots glissent de ses lèvres. L’atmosphère a changé, elle s’est faite plus lourde. Son ton a changé aussi, et malgré qu’il lui soit de plus en plus facile d’avancer dans l’histoire elle parle plus lentement, pour laisser le temps aux mots d’agir…

« Pedio ne semblait pas se soucier de tous les quolibets dont il était la cible. Il grandissait comme une plante, devenant plus vigoureux chaque printemps. Il ne semblait d’ailleurs pas avoir remarqué qu’il était différent des autres, ou peut-être ne s’en souciait-il pas. Il avait son monde à lui, un monde fait de craies de couleurs et papillons lumineux. « C’est la seule chose qu’il sait faire » se lamentait sa sœur. Il ne savait ni jouer à la poupée, ni jouer à la marelle. « Il ne sert à rien. » se plaignait-elle à ses amis. »

Les enfants sont prompts à juger. Leur jalousie est prompte à blesser. Elle parle avec aisance, et un sentiment d’apaisement profond commence à naitre. Elle se retrouve, elle renoue avec elle-même. Elle sait, elle sent qu’elle change au travers de ses mots, elle change tout en restant la même. Elle se sent elle, pleinement profondément. Ses orbes commencent à luire doucement, les éclats de lune se teintent d’une lueur bleutée dont elle n’as pas conscience car elle regarde au loin. Elle capte d’autres regards, d’autres personnes écoutent son histoire de loin.
Elle est rassurée, a l’impression d’avoir retenu son souffle trop longtemps, d’avoir empêcher sa voix de raisonner trop longtemps. Tous ses doutes se sont tus, transcendés par cette voix claire qui est la sienne. Elle se sent différente de l'instant précédent et pourtant rien n'a changé, c'est seulement comme si ses mots sonnaient plus juste. Elle se sent à sa place pour la première fois depuis longtemps dans cette nuit d'août, elle se sent enfin entière et ça fait du bien.

« Ils grandirent encore, elle devint une jeune fille. Lui devint un vieil enfant, toujours prisonnier d’un monde silencieux. Il ne communiquait pas vraiment avec les autres, piochant dans la nourriture quand il avait faim, trempant sa tête dans une calebasse d’eau quand il avait soif. Sa mère ne le grondait jamais, au grand désespoir de sa sœur. « Si on ne lui explique pas, c’est normal qu’il ne comprenne pas. » pensait-elle, sans oser le dire à voix car elle voyait maintenant la détresse de sa mère dans chacun des regards qu’elle portait sur son souriant enfant. »

Elle est calme mais la tension est palpable, de la vapeur d’eau a commencé à se former autour d’elle rendant l’histoire plus vivante de petits personnages s’élèvent au-dessus de sa tête. Elle ne leur prête nulle attention, persuadée que comme souvent elle est la seule à les voir. Elle se prépare, inspire doucement et se lance dans la dernière partie de son récit.

« « Puisqu’il est sauvage, nous n’avons qu’à le dresser. » décida-t-elle. Ainsi elle lui apprit à aller chercher une balle s’il voulait un bonbon, à ne pas faire ses commissions à l’intérieur de la maison s’il ne voulait pas de coup de bâton… Oh, elle ne le chicotait pas bien fort, juste assez pour qu’il n’ait plus envie de recommencer. Le petit homme apprit ainsi la crainte et l’appréhension. Jadis libre, aujourd’hui soumis. Pedio n’avait pas de mots pour demander de l’aide, ni de larmes pour montrer sa peine. Son sourire, masque de ses sanglots, cachait la terrible réalité à sa mère qui ne voyait que ses progrès.

Il était grand maintenant, plus grand que sa sœur mais elle lui faisait toujours peur. Quand elle entrait dans la pièce, ses yeux ne la quittaient pas un instant attendant de deviner ses intentions avant de recommencer ne serait-ce qu’à respirer. Elle lui en demandait toujours plus, toujours plus exigeante. Il ne pouvait pas comprendre qu’elle cherchait juste à lui inculquer les règles de la société pour son propre bien quand les coups étaient son seul outil pédagogique. C’étaient des choses simples : on ne dort pas quand on veut, on doit se laver une fois par jour, on doit manger avec un couteau et une fourchette, aider à la maison… « Pedio est un bon garçon ! » disait-elle maintenant en souriant.

Il n’était pas de cet avis et un jour où elle eut la main trop leste en essayant de lui apprendre à porter des chaussures l’homme enfant s’enfuit dans les rues et on ne le revit plus. »


Une pause. La dernière la plus importante, celle qui permet au public de se mettre à respirer, celle qu’elle ne doit pas laisser trop durer pour qu’il ne croit pas à une fin… Elle sait gérer cette tension, et la brume au-dessus de ses yeux montre encore un homme frêle qui court sans se retourner une seule fois vers la silhouette de sa sœur qui commence déjà à s’estomper.




Dernière édition par Afya Soubagamousso le Mar 19 Sep 2017 - 23:05, édité 1 fois
##   Mer 13 Sep 2017 - 22:27

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La suite vient, t’enveloppe dans le cocon de chaleur du timbre de la conteuse. Tu plonges dans la culpabilité de la maman. Tu te fais un instant la réflexion que maman n’est pas la même chose que sa mère, mais l’histoire file et tu ne voudrais pas rater le coche. Tu mets cette pensée de côté, replonge dans celle qu’on t’offre en cette nuit moite d’août.

Tu n’es pas un garçon violent, Asbjorn. Loin de ça. Tu souhaites la paix, la douceur, toutes ces idées plutôt bateaux et un brin utopistes mais dont tu ne peux te défaire. Pourtant, au fond de toi, bien planquée sous ta capuche, la sourde envie d’en coller une à la gamine gronde. Encore une fois, tu ne veux pas être juge alors tu réfrènes, tu contiens les sentiments.

Tu attends. Tu attends de pouvoir aimer le personnage du gosse déjà rongé par l’envie et la jalousie, ou plus exactement par l’ignorance la rendant proie de l’opinion publique, des on dit et des pensées couramment admises. Tu te raccroches à son chagrin parce que tu es plus enclin à la compassion qu’à la haine, mon Boubou.

La lourdeur de l’ambiance tombe sur tes frêles épaules, mais tu restes droit, attentif aux paroles de l’inconnu comme un gosse de quatre ans à qui on lirait une histoire avant qu’il n’aille dormir. Ton cœur s’attache à ce môme dans son monde. Toi aussi tu voudrais faire partie de sa petite bulle où l’on semble pouvoir être qui l’on souhaite. Et puis, dans sa dimension personnelle, il y a des couleurs et des papillons lumineux… Comment pourrais-tu ne pas avoir envie d’y foncer tête baissée ? Après le chagrin de la gamine, c’est sur ce monde que ton esprit se concentre afin de continuer à apprécier l’histoire. Il ne faudrait pas que les sentiments mauvais prennent le dessus, sinon, tu risquerais de te faire la malle teh. Ce qui serait pas très gentil pour la demoiselle, soit dit en passant !

Mais tu risques pas de te barrer, ah ça non ! Tes ambres braqués sur ses amandes, t’as pas trop d’autre choix que de remarquer le changement de couleur graduel qui s’y déroule. Les iris s’éclaircissent, si bien que ses deux yeux sont vite teintés d’une lueur bleutée dans laquelle tu plonges avec fascination.

- Une Eau… murmures-tu d’un ton admiratif.

Tu peines à te reconcentrer sur son histoire. Il faut dire que tout autour d’elle, alors qu’elle conte inlassablement, la vie apparait. Tu n’as plus besoin d’écouter, juste de voir. Ton estomac se tord sous les coups qui s’abattent sur Pedio, animations n’aidant d’ailleurs pas le moins du monde. Et il sourit, le gosse. Il sourit toujours. Tu voudrais lui dire d’arrêter, mais… Force est d’admettre que t’es bien mal placé pour causer. Et puis c’est un conte, Boubou, chasse les larmes émues de tes grands yeux d’enfant, va.

Les derniers mots de la demoiselle tombent. Ton cœur s’accélère face à Pedio qui s’échappe. Tes yeux, eux, restent rivés sur les deux silhouettes flottantes. L’une est en train de disparaitre pendant que la seconde la regarde partir, immobile, éphémère figure produit de la conteuse.

Tu attends que l’inconnu continue, les poils hérissés d’émotion.



##   Mar 19 Sep 2017 - 22:09
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Elle frissonne de plaisir alors que les mots s’envolent au rythme de ses pensées. Elle sourit maintenant les yeux mis clos, ne se rendant pas même compte du nouvel éclat bleuté de sa peau. La lune ne répond plus à son regard mais c’est l’eau de la vie qui anime ses orbes. L’eau continue se mouvoir sous forme de brume. L’enfant devenu homme court dans la pénombre, lui aussi pâmé de l’éclat de rêve des orbes lumineux.

« La nuit heurtait ses pieds nus, hagard il avançait. Les mots qu’il ne savait dire tournoyaient dans sa tête. Les odeurs aigres assaillaient ses narines. La boule au ventre, les yeux remplis de larmes il s’en allait souriant, défiant les chats errants. »

Elle connait cette sensation, celle de partir, de fuir tout ce que l’on connait car tout nous parait froid. Car tout nous semble vide et dénué de sens. Pourtant aujourd’hui elle oublie le vide, aujourd’hui elle se sent vivre, elle se sent entière. C’est un sentiment fort qu’elle avait oublié. Elle est entière, ses mots sont les siens, ils la font être comme elle fait vivre ses personnages. Elle n’est que mots, elle est unique, elle est heureuse. Elle continue, allalnt jusqu’au bout de ce dernier dénouement.

« Las il s’arrêta dans une ruelle sombre, ferme les yeux et les rouvre sur son univers tout de couleurs vives. Son monde était beau. Il ne savait pas ce qu’il comptait faire avant de voir l’homme portant une capuche s’avancer dans la pénombre et dégainer une bombe de peinture. Pedio s’avance à son tour, l’autre sursaute, va-t-il être dénoncé ? L’enfant se saisit d’une bombe que l’homme avait posé sur le sol, « je peux ? » demandent ses yeux. Un hochement de tête lui répond.

Et ses mots deviennent des images, et son silence devient un mirage. »

C’est la fin, elle arrive un peu trop tôt, on voudrait la suite, on voudrait la fin… Mais il n’y a pas de fin, les plus belles histoires n’en ont pas… Chacun a sa fin, chacun a sa vision des choses. Elle ne fait qu’en partager une infime, une goutte dans un océan d’expériences. Elle est une conteuse, elle crée des mythes, elle crée des univers. Elle est elle et elle est plus, elle se dépasse.

Ses yeux se ferment complètement la lumière s’est éteinte comme on éteint le projecteur à la fin du film. Ses yeux maintenant clos commencent à la piquer, les prémices du sommeil se font sentir. Elle se sent épuisée autant qu’elle se sent entière, elle devrait se relever mais préfère attendre encore un peu que ses forces lui reviennent.

Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait ainsi conté aux oreilles de tous, se jetant à l’eau et s’exposant à leurs critiques autant qu’à leurs regards. Elle avait cette sensation, et cela lui fait du bien de se la remémorer. Elle se sent à nouveau elle-même. Elle est Afya. Elle est l’ombre qui resplendit. Elle est une étoile filante.


##   Sam 21 Oct 2017 - 22:46

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Tu avances pieds nus. Tu avances, hagard. Seule la nuit t’entoure. Yeux clos, tu laisses les mots que tu ne sais dire envahir ton cerveau. Les odeurs aigres frappent tes narines et tu fronces le nez. Ton estomac est noué. Une larme manque de se faire un chemin sous tes paupières closes, mais tu arrêtes là l’identification. Tu ne veux pas pleurer.

Alors tu rouvres les yeux sur la conteuse. Elle a réussi à te transporter, et tu aurais continué à voyager à travers Pedio si tu n’avais pas eu pour principe de ne pas être triste. Tu te contenteras de son sourire éternel.

Un nouveau personnage entre en scène. Ton cœur rate un battement. « Un homme à capuche trainant dans les ruelles sombres qui fait du graff… Aha ! ». Le retour de l’identification. Pourquoi ça ne m’étonne pas ? Gamin va, avec ton regard tout brillant. Je sais que t’es content parce que Pedio s’exprime autrement, parce que de son silence nait une œuvre d’art. Elle n’est pas décrite, pas un mot n’est dit dessus, mais ton cerveau la construit. Tout le monde que s’inventait le garçon posé sur un mur, deux murs, tous les murs qu’il croisera. Comment rêver d’une plus belle fin ?

La conteuse, son histoire achevée, parait épuisée. Il n’y a plus de personnages qui l’entourent. Tout est fini. Alors tu te lèves et, doucement, tu t’approches d’elle. Tu t’assois à ses côtés, pas trop près non plus. Tu ne veux pas la déranger, tu vois bien qu’elle a besoin de se reposer. Mais, des choses à lui dire, tu en aurais des milliers. Il n’y en a qu’une que tu ne pourras retenir pour le moment :

- Merci !


Tu n’as pas crié mais tu ne caches pas ton sincère enthousiasme. Tu as ce sourire apaisé qui finalement n’est présent sur ton visage que rarement. Oh, tu souris toujours, c’est bien connu. Mais rarement avec tant de paix en toi. L’effet magique des histoires, je suppose. C’est sûrement pour ça que tu n’as pu te retenir de la remercier. La remercier de donner d’elle pour faire voyager les autres. La remercier d’offrir de cette manière. La remercier car, grâce à elle, cette nuit tu iras te coucher en pensant à Pedio, sans te soucier des monstres qui peuvent hanter tes plus beaux rêves. La remercier pour cette petite bulle de paix.

Tu mordilles ta lèvre inférieure pour retenir toutes les questions qui te viennent. Par contre, tu n’arrives pas à t’empêcher de lui lancer des petits coups d’œil furtifs, comme dans l’attente qu’elle te donne l’autorisation de parler. Tu n’aimerais pas être celui qui dérange celle qui t’a apaisé pour un temps, après tout.



##   Ven 1 Déc 2017 - 19:04
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La chappe de fatigue s’abat sur épaules comme un voile de soulagement. Elle l’enserre, l’étreint, la fait suffoquer et l’apaise à la fois. Elle sourit doucement, aux mortels et immortels, à ceux qui ont écouté et aux personnages qui ne cesseront d’exister que quand le conte qu’elle leur a offert se perdra a jamais. Chaque fois qu’elle raconte une histoire elle devient immortelle.
Les mots pourtant se son envolés et seule perdure la fatigue. Elle attend de trouver le courage de se lever, car elle sait qu’elle est trop épuisée pour narrer une nouvelle aventure. Elle n’a pas encore conscience du changement, et n’attribue son actuelle sensation de bien-être qu’au sentiment de liberté qu’elle ressent. Délivrée du stress de prendre la parole devant un public étranger, délivrée de la peur de ne pas se faire entendre elle se sent légère d’âme et lourde de corps.

Ses paupières se sont closes un instant mais le sommeil ne l’a pas encore gagné. Elle se repose un instant qui lui parait court mais aurait pu durer une éternité. Elle sursaute quand la voix retentit trop forte, trop près. Elle n’a pas vu le jeune homme s’approcher mais ses orbes d’argent limpide lui apprennent que s’il s’est approché il n’est pas trop près. La distance est agréable et sécurisante pour la jeune femme, ni trop loin, ni trop prêt, il a su juger d’instinct. Elle le regarde lui et lui sourit.

« Avec plaisir. »

Ce fut réellement agréable pour elle de conter face à des étrangers. D’entendre à nouveau sa voix porter son cœur. Elle qui se dissimule tous les jours derrière un mur de silence, a pris grande joie à le briser l’espace d’un instant. Une poignée de secondes. Elle aimerait lui demander si cela lui a plu, lui demander ce qu’il en a passé et s’il est des temps dans son récit où il a trouvé des longueurs. Elle est trop fatiguée pour le faire, elle se contente de le regarder avec intensité l’engageant à continuer de parler. Peut-être saisira-t-il sa pensée ainsi ?


##   Mar 26 Déc 2017 - 16:36

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Ce sont deux Lunes d'argent qui se posent sur toi, Asb. Tu les découvres et tu les admires aussitôt. « Les yeux d'argent sont répandus dans Terrae, dis donc ! ». Seulement deux paires, mais c'est vrai que c'est plus que ce qu'on a l'habitude de voir.

Sa voix résonne une nouvelle fois à tes oreilles, pour te dire que c'est avec plaisir. Pas un nouveau son ne s'échappe de ses lèvres, mais son regard se suffit à lui-même. Cette intensité t'encourage à continuer, à parler. Tu en es heureux. C'est rare que l'on t'incite ainsi à développer tes pensées.

- Tu sais, j'ai beaucoup aimé ton histoire. Elle était triste, mais en même temps, tu as mis tout plein d'espoir dedans. C'était beau. J'ai eu peur pour Pedio, vraiment ! Surtout que, tu sais, je me voyais beaucoup en lui. Il sourit toujours. Toujours ! Et des fois, les gens le lui reprochent. Alors qu'ils ne devraient pas. Bon, lui, il parle pas. Mais il en dit beaucoup à la fin, finalement, avec les images ! Et c'est trop bien d'ailleurs qu'il parle avec des dessins ! Je. Woh ! Je trouve ça magnifique. Moi aussi j'aime parler avec des images, mais déjà qu'on me comprends pas toujours avec des mots, c'est encore moins facile avec mes dessins.

Tu ris doucement. Tu dégages, peu importe tes paroles, toujours cette même aura heureuse emplie de chaleur humaine.

- J'aimerais bien comprendre sa sœur qui est méchante avec lui. Tu sais, je me dis toujours qu'il y a une raison derrière la méchanceté. Je ne dis pas que ça l'excuse, mais au moins, ça explique. Elle est jalouse, oui. Elle veut de l'attention… Mais elle aurait dû essayer de comprendre Pedio, pas lui faire du mal.

Un soupir affaisse un instant tes épaules, mais tu te reprends bien vite, retrouvant ton éternel vigueur :

- En tout cas, cette fin était splendide ! Merci encore ! Est-ce que c'est toi qui a tout inventé toute seule ? Ou tu t'es inspirée de quelque chose que tu connaissais déjà ?

Tes yeux brillent comme ceux d'un enfant. Tu essaies de ne pas être trop agité pour ne pas fatiguer ta conteuse, mais maintenant que tu es lancé, tu as du mal à t'arrêter. On te le reproche souvent, de trop parler quand tu es passionné, d'aller trop vite quand tu aimes. Des fois, tu aimerais que les gens arrêtent d'y voir un défaut. C'est ta manière de vivre les choses, et tu ne sais pas trop comment le changer. C'est toi, au fond, tout ça.



##   Ven 29 Déc 2017 - 23:51
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Les histoires inventées par certains sont bien trop réelles pour d’autres. Héros des uns, fétus de pailles balayés par le destin pour d’autres. Et si vous vous rendiez tous compte que vous n’étiez que les personnages créés par d’étranges écrivains, que ressentiriez-vous ? Seriez-vous vexés ? Offusqués de perdre votre libre arbitre ou bien rassurés que vos choix soient ceux d’autrui ? Qu’importe au final l’histoire qui vous est dédiée, vous aurez toujours l’impression d’être les héros de la vôtre, et qu’importe la mention « cette histoire ne s’inspire pas de faits réels et toute ressemblance qu’il pourrait y avoir avec des personnes réelles ne serait que fortuite. Car les liens entre Pédio et Asbjorn n’étaient que fortuits, l’imaginaire de la jeune africaine avait rencontré le destin du jeune homme ?
Il analyse son histoire et elle le suit, elle se gardera bien de lui livrer quels sentiments elle attribuait à ses personnages car ceux qu’il voit en eux sont bien plus important. Un conte n’a pas qu’une interprétation, chacun y voit ce qu’il veut y voir. C’est cela qui en fait l’intérêt chacun y voit ce qu’il veut y voir, et chaque vision reflète l’état d’esprit de celui qui écoute. Le conte commence à faire son chemin dès lors que le conteur le livre à son public. Elle se contente de sourire et de le laisser déduire et induire, trouver son sens.

« J’ai inventé cette histoire. »

Les mots percent sa fatigue. Un bâillement lui échappe d’ailleurs. Elle a besoin de dormir, mais ses forces lui manquent maintenant pour se lever. Elle lève une main pour cacher sa glotte et ses dent blanches qui étincellent dans sa nuit. Elle s’endormirait bien sur place.

« Mais maintenant elle vous appartient autant qu’à moi. »

L’oralité a cette chance d’être un moyen d’échanger.

« Peut-être que tes images ne sont pas universelles ? Comme une langue étrangère, et pour qu’ils soient compris du plus grand nombre il te fat les épurer… Peut-être ? »

Les paroles les plus simples sont souvent les mieux comprises. Chacun a son champ lexical, ses mots qui retranscrivent sa vision du monde. Nouveau bâillement, parler la fatigue réellement, elle sent ses paupières se fermer à nouveau. Il faut qu’elle trouve le courage de se lever et de rejoindre son lit rapidement, sinon elle finira par s’endormir sur l’herbe au milieu du parc. C’est étrange d’être si fatigué… Même elle s’en rend compte.


##   Dim 31 Déc 2017 - 21:00

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La fatigue envahit peu à peu ta conteuse. Tu souris, tout doux malgré la joie de gamin qui t’envahit lorsqu’elle te dit avoir inventé cette histoire. Tu aimes les créateurs, tu admires leur imagination et tu l’apprécies encore plus quand ils la partagent ainsi avec les autres.

- Eh bien tu as une jolie manière de créer, en tout cas !

Tu ne veux pas la secouer plus alors que tu la sens épuisée, mais tu as un peu de mal à temporiser ta voix. Tu te forces pourtant à inspirer pour te calmer, arrêter d’être si agité.

- Et merci de me l’avoir confiée.

Tu y arrives, tu vois ? Tu réponds d’un ton calme dans lequel ta joie perce tout de même. Tu en es capable comme tout le monde, même si c’est avec un filet, moins naturel qu’une personne lambda. La jeune inconnue ajoute quelques mots sur tes images, te disant qu’elles nécessitent peut-être d’être épurées.

- Sûrement. Après tout, il y a beaucoup de choses qui mériteraient d’être épurées, chez moi je crois.

Un léger rire se glisse entre tes lèvres, comme pour conserver le ton heureux de votre conversation. C’est pourtant une vérité que tu constates chaque jour qui perce dans cette simple constatation. On te demande souvent d’épurer ta joie, qu’elle soit moins exubérante, d’épurer ton rire qui éclate toujours trop fort, d’épurer tes sourires pour qu’ils soient plus vrais ? Pourtant tu te trouves vrai. Tu ne veux pas être épuré. Tu es bien dans ta bulle brillante de milles couleurs et de milles sons. Oui. Oui, tu es bien comme ça.

- Mais moi, tu sais, j’aime pas l’idée d’être épuré ! P’têtre que mon langage est pas universel, mais c’est pas grave. Moi j’me comprends, et c’est d’jà pas mal, hein ! Et puis, si les gens veulent vraiment comprendre, il suffit de m’demander. J’suis ouvert à toutes les questions !

Tu souris de toutes tes dents, de ton sourire tordu et maladroit mais reflet de bonheur. Ouais. Ouais, tu es bien comme ça. Vraiment.

Devant l’épuisement clair de ta conteuse, tu te lèves et lui tends la main :

- J’te propose de te raccompagner jusqu’à ta chambre, s’tu veux ! T’as l’air vraiment fatiguée. En même temps, tout c’que tu as fait avec les images qui flottaient autour de toi et tout là c’était magnifique mais ça doit vachement pomper d’ton énergie ! Mais vraiment c’était splendide ! Eh. Dis. Tu voudrais bien, la prochaine fois que tu fais quelque chose comme ça, me prévenir ? J’aimerais bien te réentendre raconter une histoire. Et puis, si ça t’dit, on pourrait même en faire une ensemble un jour ! Oh. Faudrait p’têtre que j’te dise qui j’suis, si j’veux être prévenu. Asbjorn Andreassen, couloir Tonnerre ! Mais s’tu veux pas, je comprendrai, hein.

Tu t’arrêtes d’un coup et lui lâches un sourire un peu désolé :

- J’parle beaucoup des fois, pardon. T’es toute fatiguée et j’t’accable de paroles. Promis, j’te raccompagnerai sans dire un mot !



##   Mer 4 Avr 2018 - 21:46
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Parfois en ajoutant trop de détails se perd dans leur contemplation et l'on oublie leur sens. La jeune fille non plus ne sait pas toujours comment doser les détails qu'elle doit ajouter à une histoire. Trop de détails et elle perd celui qui l'écoute, trop peu et son monde semble fade. Trouver l'équilibre n'est pas chose aisée. Alors elle tente, elle experimente, elle tâtonne... Et au final ne découvre qu'un conte n'est réussi que lorsqu'il est bien accueilli par une foule...
Pourtant, une foule peut se révéler n'être qu'une seule personne. Aujourd'hui, la seule approbation du jeune homme lui est suffisante. C'est étrange pour une jeune fille qui ne cherche pas l'approbation des autres pour vivre de la rechercher dans son art...

Elle comprend ce qu'il veut dire, parfois on a pas envie de se trahir. On a envie de montrer aux autres qui on est, sans filtre. Pourtant, quand il s'agit d'art ou d'expression pour la jeune fille on recherche à communiquer. Et c'est bien là que se situe le problème. Doit-on toujours communiquer les choses telles qu'on les comprend ou telles que l'on veut les voir comprises ? Elle n'a pas de réponse absolue, elle travaille les mots avec la plume de son âme, elle laisse à ceux tu les écoute le soin de leur interprétation. Pourtant il n'y a rien de pire que de ne pas être compris. Parfois tout est histoire de compromis.

Elle ne peut qu'accepter l'aide proposé par le garçon. Elle se sent fatigué. Elle ne voit pas de quoi il parle lorsqu'il parle des images flottantes. Elle a fermé les yeux tout du long. Elle suppose qu'il parle des images mentales qu'elle a su faire naître dans son esprit. Elle est fatiguée et les mots lui manquent pour lui donner son approbation. Bien entendu qu'elle accepte de conter à nouveau pour lui, même si elle oubliera peut-être de le prévenir à chaque fois. Trop souvent elle se lance au dernier moment sans préméditation. Ce moment où elle se sent prête, fugace, ne lui laisse pas le loisir de choisir son public.
Elle se contente d'acquiescer faiblement pour montrer son accord à tous ce qu'il propose.

"Afya Soubagamousso."
se présente-t-elle à son tour.

Appuyée sur lui, elle est faible, elle aimerait juste dormir et dormir encore. Elle n'a pas saisi ce qu'il s'était passé. Il l'aide comme promis sans paroles. Il la laisse devant sa porte dans le dortoir des eaux, elle lui sourit une dernière fois les yeux plein d'étoiles il referme la porte. Elle chancelle jusqu'à son lit où elle s'écoule.


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