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Now I'm on my way, Home sweet Home [w/ Hamilton <3]
##   Sam 5 Aoû 2017 - 15:33

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Les volets sont tirés. La chambre est plongée dans l'obscurité. Il fait bon. Alice est rentrée au Japon après avoir terminé sa mission, délicate certes mais plutôt bien menée. Elle est contente. Elle repart aujourd'hui. Après avoir tout validé, tout bien demandé, et tout préparé, elle s'en va, retourne en France, avec Hamilton cette fois. Et chez elle. Un gros sac est fermé au pied de son lit. Elle observe toute sa chambre. Ses dessins. Ses nouveaux livres. Ses cadeaux. Ceux d'Hamilton, ceux de Nathanaël. 1 an qu'elle n'est pas retournée en France. Elle a l'impression que cela fait bien plus longtemps.

Elle laisse Terrae, la mission, les activités qu'elle fera avec les enfants, tous les problèmes de Terrae, y compris Nicolas, derrière elle. Pendant quelques jours, elle décide de prendre du temps pour elle un peu, avant de retourner vivre au milieu des autres. Elle espère qu'Hamilton comprendra. Bien sûr qu'elle sera pour elle. Mais ça ira. Tout ira bien.

Elle attrape son sac. Le rendez-vous était dans le hall d'entrée avec Hamilton et le Master Téléporteur qui les accompagne. Elle avait écrit à son père pour le prévenir. Il n'aurait plus besoin de l'aide de la vieille dame qui habitait au plus proche pendant 5 jours. Elle serait là. Elle l'avait prévenu qu'elle viendrait seule. Maintenant, son père était au courant pour Terrae. Comme beaucoup du peuple français. Il n'avait pas plus réagi que cela, et ça n'étonne pas la Terre. Son père, la magie, il y croit depuis toujours.

En descendant les escaliers, Alice sent une petite boule au ventre se loger. Beaucoup d'émotions pour un petit bout d'humain. Mais son sourire est plus solaire que jamais. Elle arrive, c'est la dernière. Elle sourit à Hamilton, puis s'approche du Master. Son visage respire la joie. Combien de Terraen serait aussi heureux de rentrer dans leur famille ? Peu. Alice le sait.

« On peut y aller quand vous êtes prêts. »

Elle sourit. Et puis, le Master esquisse un mouvement. Et en quelques secondes, l'Institut devient un chemin entouré d'herbe, de prés. La campagne.

Le regard d'Alice balaie le paysage, avec une joie non dissimulée. La maison, enfin. Elle remercie le Master, puis leur fait signe de la suivre. En suivant le chemin, très vite, une petite maison se dessine devant une forêt de feuillus. Il fait beau, mais pas trop chaud. La lumière du soleil crée des ombres joyeuses et rassurantes entre les arbres. Derrière la maison, un petit groupement d'arbre, dont un vieux chêne, avec un tronc énorme. La maison est entourée par de petites barrières en bois, sans portail. Un regard en arrière. La route continue dans la campagne, un peu plus loin, un paté de 3 maisonnettes. Puis encore de la campagne, et d'autres villages plus loin, invisibles.

La Terre se concentre sur la maison. Faite en pierre et en bois, elle semble figée dans le temps, ni vieille ni moderne. Des lucarnes ornent le toit, qui couvre un bout du jardin d'ombre. Sur le coté droit, un bloc qui ressemble à un garage avec une porte ouverte. L'atelier de Luna. L'entrée enfin. Une grosse porte en bois. A gauche, trois chaises. Une à bascule, une avec seulement des accoudoirs, et l'autre avec une blanche en rond pour s'asseoir, qui contient les jambes, et un dossier tout rond. La première est occupé par un homme dans la force de l'âge. Quelques cheveux sont encore présent sur son crâne, en pleine santé, tout blancs. Des mains posées sur les accoudoirs, avec de longs doigts fins. Un pantalon de toile, et une sorte de chandail bleu, léger. Les yeux très clairs. Trop clairs. Aveugles. Posés sur les arrivants.

Et son sourire. Celui d'Alice grandit instantanément en le regardant, alors que celui de son père est un des plus doux qui soit. Juste avant d'arriver à l'entrée, Alice accélère, trottine, court. Elle se met à rire, le sourire de son père s'agrandit, comme si un langage existait seulement pour eux.

« Papa ! Je suis là ! »

Bahir se lève de sa chaise, avec un vivacité insoupçonnée. Il ouvre ses bras en souriant, toute sa joie éclatant. Alice vient s'y loger, en riant. La Terre fait exactement la même taille que l'homme. Leur étreinte tendre ne dure pas longtemps, et pourtant, tout la douceur qu'ils dégagent reste présente lorsqu'Alice se retourne vers les deux Terraens pour leur faire signe d'approcher.

« Je vous présente mon père, Bahir. Papa, c'est un Master de Terrae qui nous accompagne, et Hamilton, ma copine. »

Alice déclare ça en toute simplicité, alors que son père cherche dans l'espace la présence des deux autres, avec un mouvement de tête un peu curieux, comme s'il cherchait, en les écoutants et en les voyant à les repérer. Ses yeux aveugles expriment pourtant une joie calme. Il salue de la tête le Master là où il se trouve, à peu près. Puis ses yeux cherchent, et finissent par trouver Hamilton, et semblent se poser sur son visage. Il sourit, extrêmement doux. Toute son expression semble leur indiquer le fait qu'ils sont les bienvenus.

Il lève la main, et indique la porte. Alice hoche la tête, attrape la main de son père, et fait signe de les suivre. Elle entre dans la maison, guidant seulement à moitié son père, son regard posé sur l'intérieur.

Les murs ne sont pas des murs. Les murs sont des étagères. Avec des livres. Des babioles. Des boites. Des boites à musiques, des boites à fleurs séchés, des boites à tisanes, des boites à thé, des boites à bazar, des boites à outils. Des livres encore. Des peintures. Des grandes citations. Quelques attrapes-rêves. Une table au milieu, avec des choses à manger qui attendent. A gauche, un bar qui sépare la petite cuisine éclairée par une fenêtre donnant sur les arbres. Devant, une petite marche, et une pièce derrière. L'intérieur est éclairé, frais. Un cocon. Un petit nid. Alice se tourne vers Hamilton, son sourire rayonne.

« Bienvenue chez moi. »




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##   Sam 5 Aoû 2017 - 16:15

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La tête passée par la fenêtre, le buste appuyé sur l’encadrement, je tire une dernière taffe sur ma cigarette presque achevée. J’observe Terrae, profite du petit air frais sur mon visage. Il y a du vent, aujourd’hui, alors la chaleur est moins insupportable. Et puis, de toutes façons, dans quelques minutes je devrai partir pour la campagne française. Là-bas, il devrait faire frais.

Ce serait mentir que de dire que je n’appréhende pas ce voyage. Premièrement, je ne peux m’empêcher de me dire que des choses me retiennent au Japon. Nicolas arrivant bien entendu en tête de liste. Mais je pense aussi à Ariana. Petite Ariana que j’évite comme la peste en ce moment de peur de ne craquer et lui avouer que notre ami est en danger… J’avais longuement hésité à le faire. Finalement, j’en suis arrivée à la conclusion que plus il y avait de personnes au courant, plus le Tonnerre se sentirait coupable de nous imposer son état précaire, et plus il serait difficile de l’en sortir. Mais de là à ignorer l’Eau…

Je soupire et écrase mon mégot dans le petit cendrier posé sur le rebord de fenêtre. Mon regard balaie la pièce. Un sac traine par terre, rempli de mes affaires pour la semaine. Mon sac à main est posé sur mon lit. J’en vois dépasser mon téléphone portable.

- Je suis débile en fait, marmonné-je pour moi-même.

J’attrape l’appareil. Un moyen si simple de juste prévenir Ariana. De l’empêcher de s’inquiéter. Un message rapide, concis : « Je suis en France avec Alice quelques jours. Je te dirai quand je reviens. Au revoir. ». En espérant que cela suffise.

J’enfile mon sac à main en bandoulière et attrape dans une de mes mains le sac de voyage. En descendant les escaliers, je me souviens de ma seconde inquiétude. Entrer dans le monde d’Alice. Son vrai monde. Celui qui l’a vu grandir, celui qui l’a forgée. Celui que je pourrais gâcher sans le faire exprès. Je déglutis. La petite Terre m’avait demandée si je voulais l’accompagner avec tant de sincérité, d’envie, de joie… Comment aurais-je pu refuser ? Maintenant, je me demande franchement si c’est une bonne idée.

Trop tard pour reculer. Je salue brièvement le Master qui nous accompagne – Tonnerre Téléporteur, Dieu merci – avant d’entendre des petits pas légers. Le sourire brillant d’Alice me dissuade complètement de fuir. Elle est… Elle est si heureuse de retourner à l’endroit d’où elle vient. Je comprends cette partie de son sentiment. J’aimerais tant revoir l’Ecosse. Ce que je peux bien entendu moins saisir, c’est la joie de retrouver sa famille. Ou plutôt, le petit bout de famille qu’il lui reste. Son père.

Eurg. Son père. Au souvenir de ma prochaine rencontre, mon ventre se met en rage et décide de me faire regretter le voyage. Mais je l’ai déjà décidé : trop tard pour reculer. Le Master pose ses grandes mains sur nos épaules, et nous voici en France.

Je suis à moitié française, mais n’y avais jamais mis les pieds. Mon regard neutre balaie ce qui nous entoure. De l’herbe, des arbres gigantesques, des fleurs de toutes les couleurs. J’inspire profondément. Cela sent bon. Cela sent la nature. Cela ne sent pas la pollution. Les étoiles doivent être belles, vues d’ici. Pas de lumières gênantes, et les quelques autres maisons qui entourent celle d’Alice sont si loin.

Mes yeux tombent enfin sur la cabane. La fameuse. Avec ses murs en pierres et en bois. Avec son air de conte de fée. C’est à côté de cette maisonnette que je le découvre. Sur une chaise à bascule, un homme pas trop âgé, mais plus jeune non plus. Un homme aux yeux d’un blanc laiteux. Un homme aveugle au regard trop perçant pourtant. C’est là que je comprends une nouvelle raison de mon appréhension : face à Bahir, comment réagir ? J’ai peur. Un peu.

Alice et lui disparaissent dans un autre monde. La douce court, court vers son père, vers l’homme qui l’a élevée. Ma gorge se noue. Le rire est éclatant, il s’envole comme des bulles de cristal qui exploserait dans les airs. Son père est heureux, si heureux de la voir. Inconsciemment, je recule d’un pas. La petite Terre se loge dans les bras de Bahir, qui l’étreint chaleureusement. Un nouveau pas en arrière. Le Master me jette un coup d’œil inquiet qui me fait réaliser que j’essaie de m’éloigner. Je ne bouge plus, masque bien ancré. Masque qui manque de s’effondrer lorsqu’Alice me présente.

- Enchantée, dis-je d’un ton atrocement calme par rapport à ce qui se joue à l’intérieur.

Je n’ai pas le choix. Je dois continuer. Pour Alice. Un sourire encourageant de la part du Master. Il comprend. Il sait qu’à Terrae, la famille peut déstabiliser. Il a déjà dû en voir des élèves ne réagissant pas forcément bien face à de l’amour si sincère, si fort.

Nous entrons dans la cabanette. Il y a tant de choses à regarder, à observer. J’en suis heureuse car, pendant que j’admire, je peux ne pas parler. Tant de livres, tant d’objets inutiles qui apportent pourtant de la vie à cet intérieur. Certains diraient que c’est trop désordonné. Je trouve simplement que c’est vivant. C’est… Alice.

- C’est exactement comme tu m’en parlais, Alice.

Elle me sourit. Elle me sourit et m’éclate son bonheur au visage. Tout comme son père est imposant de douceur. Je me sens… Intimidée par tant de gentillesse et de tendresse. Dans l’incapacité de comprendre. Alors je me planque derrière tout ce que l’on m’a enseigné. A contre cœur, je reprends le masque de la jeune fille de bonne famille, de celle qui a appris qu’il fallait parler, mais pas trop, être intelligente, mais ne pas le montrer, savoir complimenter et se taire au bon moment. Je me tourne vers Bahir, l’œil pas assez vif :

- Votre maison est très jolie, monsieur.




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##   Mar 8 Aoû 2017 - 1:23

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Malgré toute sa joie, Alice voit bien qu'Hamilton a un peu de mal à entrer dans son univers si fort, si inconnu pour elle. Elle comprend, elle prendra le temps qu'il faut pour l'aider. Pour que tout aille bien. Elle la regarde observer, vérifier si ses dires étaient vrais, elle la regarde apprendre un peu plus qui elle est, d'où elle vient. Regarder le moindre détail, pour elle, se donner une pause, et parce qu'il faut une réelle attention pour attraper tous les détails. Le regard d'Alice vient se poser sur la petite cuisine, où l'odeur du repas préparé flotte encore un peu. Tous les systèmes mit en place pour son père. Etre aveugle n'aide pas. Malgré le fait qu'il soit muet, ce n'est du qu'à un mutisme, il était en capacité de dire quelques mots. Mais c'était dur pour lui. Ainsi, sur la table, dans un coin, il y a un petit carnet. Un crayon y est attaché par un petit fil de nylon.

Son expression semble heureuse, et elle rit un peu lorsqu'Hamilton lui dit que tout ressemble à ce qu'elle disait. Oui. Elle le sait. Maintenant Hamilton le sait aussi. Son monde est complet, vivant, coloré. Malgré son Vide, Alice est restée vive, Alice est remontée un peu toute seule grâce à tout cela. Malgré son ancienne réelle difficulté à trouver un équilibre, c'était ici qu'elle avait grandi.

Hamilton répond à tout cela avec des réflexes. Spontanée et à la fois pas du tout. Alice ne lui en veux pas. Elle comprend. Ce ne doit pas être évident du tout. Surtout pour elle. Elle jette un coup d'oeil à Bahir qui tourne la tête vers la Feu lorsqu'elle parle. Son sourire fait apparaître des dents toutes blanches. Comme s'il riait. Son regard se pose sur un point devant lui, et il secoue la tête lentement, l'air amusé. L'homme, malgré son âge et son handicap, semble très vif, malgré son calme inébranlable. Alice met une pichenette sur l'épaule de son père, affectueuse dans son jeu.

« Laisse-la papa. Il te remercie, mais il trouve que tu aurais pu dire autre chose. »

Le regard d'Alice passe de Bahir à Adélaïde en gardant une extrême douceur. Le père d'Alice retrouve un sourire bienveillant. Dans son expression il laisse comprendre qu'il a fait une blague, mais aussi qu'il a bien senti le fait qu'Hamilton semble un peu tendue. Comme s'il sentait le mal être dans sa maison. Il lève la tête en cherchant Alice des yeux, qui émet un petit "Hm" pour se signaliser, par réflexe. Une fois son regard aveugle posé sur elle il lève la tête, et remue la main en direction de la porte arrière.

« Il propose que je vous fasse visiter et qu'on mange un bout après. Comme ça tu verras ma chambre, et la cours intérieure ! »

Alice sourit, et s'éloigne, sautillant sur les marches pour aller derrière. Dans la pièce, des livres, encore, des guirlandes de papiers en plus, de vieux poufs recouverts par du velours. Une grande fenêtre entre ouverte sur une cours toute petite, entourée de murs aussi hauts que la maison, reliée à la maison par une porte close. Sur la gauche, une autre porte, menant sur une salle de bain bleu et jaune, pleine d'arabesque sur les murs en carrelage. Des peintures en pointillés esquissant des silhouettes vagues de feuilles, d'animaux, d'insectes. Alice sourit, respire l'odeur du vieux bois et de l'odeur de l'herbe, de la forêt, qui vient du dehors. Dans un coin, un petit escalier pentu monte à l'étage. Alice l'escalade, posant d'abord ses mains puis ses pieds, avec aisance. En haut, une petite mezzanine. Sur la gauche, deux portes, une seule à droite. La Terre pointe du doigts celles de gauches.

« Là, c'est la chambre de mes parents, et là, la chambre pour les invités. Et ici, c'est ma chambre. »

Celle dont elle avait tant parlé. Mais avant d'entrer, Alice regarde la Feu. Elle veut être certaine qu'elle va bien. Qu'elle suit. Qu'elle n'est pas dégoutée par ce trop plein de nouveauté, d'Alice, de ce qu'elle est. Elle espère que ça va. Son sourire habituel, son regard pétillant sont tournés vers Hamilton.

Tout ira bien, ma Lune.



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##   Ven 25 Aoû 2017 - 20:22

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Il est des gens qui sont simples à tromper. Des gens pour lesquels l’erreur est permise ; une mimique rapide et vite effacée, autorisée : de toutes façons, leur naïveté est si profonde qu’avant qu’ils ne comprennent quoi que ce soit, je m’y serais noyée cent fois. Il en est d’autres plus observateurs. Eux remarquent une faiblesse, une baisse d’attention. Pour eux, j’ai rendu mon masque parfait. J’avais, rendu mon masque parfait. Car il est aussi des gens qui portent eux-mêmes un masque et pour qui nous devenons des miroirs. Et puis, il en est d’autres qui brisent les masques. Certains les grignotent peu à peu, d’autres sont plus bourrins et les éclatent sans chercher à faire dans la délicatesse.

Je connais tous ces types de gens qui, si nous tenions vraiment à les classer, pourraient encore aboutir à de nouvelles sous classes. J’ai connu et berné tant de personnes que j’avais oublié l’existence des humains extra lucides. Ceux qui sont tout bonnement impossibles à tromper.

Bahir fait partie de cette case là.

L’homme me regarde. Je ne me ressens pas vue, je me ressens lue. Cela me glace de l’intérieur, malgré l’air sincèrement amusé et non moqueur qu’il aborde. Alice sourit et lui envoie une pichenette en lui disant de me laisser, avant de s’adresser à moi. J’acquiesce sans un mot, les yeux rivés sur Bahir, redevenu bienveillant. Il trouve que j’aurais pu dire autre chose. Quoi donc ? J’ai besoin de plus d’informations, Monsieur Je lis en toi. Ne me balance pas juste cela sans enchaîner ensuite. J’ai dit exactement les mots que l’on m’a appris à dire, exactement au bon moment. Qu’aurais-je dû faire d’autre ?

Je suis Alice sans avoir entendu un mot de ses propos, le Master sur les talons. Il parait soucieux face à mon manque de réaction mais n’en dit rien. Tant mieux. Déjà Bahir, si l’homme s’y ajoutait je ne tiendrais pas un jour. Emportée par la Terre, perdue, je laisse mon regard glisser sur les murs, mémorisant inconsciemment la décoration, la disposition; appréciant tout en étant trop confuse pour tout à faire le ressentir. Je vois une pièce emplie de livre, une salle de bain, une cour comme dans un film… et je sens bien que tout est mignon, mais j’ai du mal à passer à autre chose que Bahir. Il… m’intrigue. J’aimerais comprendre ce qu’il voulait dire, mais me refuse à le demander. Tant pis, pour Alice il faudrait que je revienne sur Terre.

Je cligne des paupières et me retrouve devant un escalier. Mon pied vient trouver la première marche par réflexe, puis ma lucidité reprend le dessus et mes gestes se font plus vifs, plus directs. Heureusement d’ailleurs, car il s’escalade plus qu’il ne se monte. Enfin, je me retrouve sur une mezzanine donnant sur les chambres.

Alice se tourne vers moi : question silencieuse. Je hoche de la tête. Oui, ce sont de nombreuses nouveautés. Oui, je suis déstabilisée. Oui, ceci est un monde flambant neuf que tu m’offres, Alice, et non je ne suis pas certaine d’être prête à le recevoir. Pourtant, d’accord, ma douce, je veux bien en voir encore un peu.

Derrière la Terre, je me glisse, prête à découvrir sa chambre, son nid privilégié parmi les nombreux nids qu’elle se crée et crée aux autres.




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##   Mar 12 Sep 2017 - 17:49

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Alice s'assure que la Feu va bien. Elle ne semble qu'à moitié là. Elle voit à la tête du Master qu'elle n'est pas la seule à le ressentir ainsi. Pourtant, Hamilton lui fait signe que ça va, qu'elles peuvent continuer. Elle lui sourit, n'ose pas effleurer sa main, ne voulant pas la déranger plus que ce qu'elle veut bien lui montrer. Elle recule en la regardant jusqu'à la porte. Le bouton de porte tourne, et Alice entre dans la chambre en ouvrant la porte, lui laisse la place d'entrer.

Le parquet craque sous les pieds d'Alice. Alors qu'elle aussi passe son regard sur toute sa chambre, tout son être semble apaisé. Cette chambre est une partie d'Alice, empreinte de toute elle. Les murs recouverts de bois sont clairs, striés de nervures. La porte donne sur la coté gauche de la chambre d'Alice, qui est plus profonde sur la droite. En face, un immense pans de fenêtre laisse entrer la lumière, partant du mur de gauche, et s'arrêtant à la moitié de la chambre. Le dit-mur de gauche est recouvert d'étagères. Livres vieux, en plus ou moins bon état, boites à bidules, boites à musiques, objets décoratifs, beaucoup en bois et fait mains, peints ou pas, guirlandes d'origamis. Sous les fenêtres, un immense bureau, encombré de peintures, de stylos, de feutres, de feuilles, avec une place laissant apparaître le bois pour pouvoir travailler. Au plafond, attachés à des ficelles, de mobiles d'étoiles, des montgolfières en papiers, des origamis, et puis partout, des étoiles luminescentes. Sur les étagères, sur le plafond. A droite, la tête contre le mur du fond et le coté droit contre le mur de droite, un lit une place, une pile de livres à ses pieds. Un vieil ordinateur portable dans un coin. Derrière la porte, une grande armoire, pleine de vêtements, de jouets, de livres de nouveau, recouverte de posters, de dessins, de poèmes. Le sol est peint. Des arabesques, dans un coin, un soleil, bien jaune. Des silhouettes d'oiseaux sortent de sous son lit. Dans ses étagères et sur son bureau, deux petites plantes grasses.

La Terre porte son regard au delà des fenêtres. Des arbres verdoyants, la forêt, le ciel. Et c'est tout. Elle s'avance un peu dans sa chambre, y ayant complètement sa place. Elle s'approche de son bureau, fait un peu reculer les feuilles. Derrière, dans des petits cadres, des photos. Son père plus jeunes, souriant. Alice enfant, assise entre les jambes d'une femme en train de rire, qui lui tient les mains. Cette même femme, plus jeune, regardant droit l'objectif. Alice et son père en train de lire un livre.
Bahir, Luna assis cote à cote, l'air fondamentalement heureux, Alice les bras en l'air, riant, bébé. La terre sourit. Elle a énormément de photos, dans ses tiroirs. De ses parents, d'elle petite, de Yang et de Lag. Mais les plus importantes sont là. Il y a, dans un coin de cadre, n jeune homme, cheveux blancs, souriant paisiblement, dans un coin de cadre.
Odeur de bois, de colle, de peinture. De livres. De forêt, ça sent la nature et le soleil dans la chambre d'Alice, ça sent l'art et l'imagination.

Alice finit par tourner son visage vers la Feu. Elle redoute un peu sa réaction. Elle ignore pourquoi elle ressent cette crainte, mais elle ne veut pas qu'Hamilton se sente mal par rapport à quoique ce soit en regardant sa chambre. Ce bout matériel d'Alice. Murmure.

« Bienvenue Hamilton. Est-ce que... Tu aimes bien ? »

Est-ce que ça va ? Est-ce que tu entrer ? Tu veux fouiller ? Est-ce que tu veux partir ? Est-ce que tu veux qu'on s'en aille ? Est-ce que tu être seule ? Est-ce que tu veux rester avec moi ?



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##   Mar 10 Oct 2017 - 15:47

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Tout va bien. Tout va toujours bien, pas vrai Alice ? Ce n’est pas comme si je découvrais que tu as un nid douillet quelque part, toi. Je le savais. Certes, le voir n’est pas la même chose, le vivre encore moins. Mais je le savais. Je ne devrais pas être surprise, cela ne devrait pas me rendre… Jalouse. Parce que je le suis déjà bien trop souvent. Ce n’est pas le moment de l’être. Quitte à reprendre le masque pas encore abimé, quitte à le retrouver à son état originel, sans fissures, sans brisures. Allez, Hamilton, ça va aller.

Au sol, le parquet craque un peu. Les murs en bois ont déjà vécu. La pièce est lumineuse, le Soleil y pénètre sans problème. La chambre est Alice elle-même, en fait. Une odeur de livres flotte dans la pièce, au plafond ce sont des mobiles, des étoiles qui nous observent. Nous allons dormir sous le ciel imaginatif de la douce. Tout est créatif, empreint d’émotions, d’envie de faire soi-même. Tout est empreint de la vie d’Alice, et de celles de ceux qu’elle aime.

La Terre est chez elle. Dans son élément. Moi, j’hésite à entrer. Je n’ai pas envie d’envahir la pièce de mes émotions négatives, d’une présence non désirée… Mais la douce m’y a autorisée, non ? Alors je mets de côté ces sentiments, les étouffe sous un mince sourire dans lequel se lit une pointe d’émerveillement, que ma légère peine ne fuite pas, ne s’échappe surtout pas.

Je fais un pas dans la pièce, puis un autre, et finis par réellement y être. Intrus pénétrant une autre dimension. Alice me demande si j’aime. Je ne réponds pas tout de suite, fais de mon regard le tour de la chambre, avant de poser celui-ci dans les océans d’Alice.

- Cela te ressemble.

Alors forcément, j’aime. Tu le comprendras bien. D’ailleurs, cela m’amène les mêmes sentiments. Ce mélange d’envie d’y rester, de ne plus quitter la chambre, d’être bien, dans ce cocon chaleureux, moelleux et de pourtant désirer plus que tout ne plus y être, me demander pourquoi j’y suis, qu’est-ce qui fait que je l’ai mérité ?

Mais j’ai cessé de te fuir, ma douce, alors je ne fuirai pas aujourd’hui. Je fais quelques pas dans la chambre, découvrant les dessins, souriant légèrement à un plus drôle qu’un autre, admirant les arabesques, et m’arrêtant finalement devant les photographies.

- C’est ta mère, affirmé-je plus que je ne le demande.

Parce que cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Alice me l’a déjà décrite. Pas forcément physiquement, mais qui elle était. Et la personne qu’elle était suinte de tout son corps. L’aventure. La joie. La détermination. La Terre est un parfait mélange de ses parents, il n’y pas de possibilité de se tromper.

Je ne parviens pas à détacher mon regard de la femme qui, à travers l’objectif, me défie du regard. Une maman. Cela ressemble à cela, une maman ? Parce que la seule que j’ai vu est ma grand-mère avec mon père, et elle ne ressemblait pas vraiment à cela, pour dire la vérité. Elle ne donnait pas envie d’être immortalisée à jamais par la photographie.

- Parle-moi d’elle.

Glissement du regard sur Alice, avant de retrouver les yeux de la femme. Je veux savoir. Je veux savoir ce que c’est… une maman.




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##   Mer 18 Oct 2017 - 23:31

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Alice appréhende un peu la réaction de la Feu. Elle comprend, elle comprend que sa réaction puisse être négative. Alice sait comme elle a eu de la chance. Elle comprend que ce soit compliqué à accepter. Mais elle voudrait qu'elle comprenne que, cette chance, elle veut la lui faire partager aussi. Elle voudrait pouvoir la faire entrer dans un monde qu'elles construisent toute les deux. Alice ne veut pas lui imposer son monde. Juste le lui montrer, parce qu'au fond, cela lui fait plaisir. Mais jamais elle ne veut lui imposer.

Elle la laisse entrer. Hamilton sourit. Alice sait qu'elle veut la rassurer, qu'il y a un fond de vérité dans son sourire. Parce qu'elle fait attention à elle. Elle sait aussi que ce doit être dur pour elle. Alors elle ne bouge pas, elle attend patiemment qu'elle regarde tout ce qu'elle veut regarder. Pour Alice, Hamilton fait entièrement partie de son monde. Sa chambre n'y fait pas exception. Alice est heureuse de pouvoir accueillir sa Lune dans sa chambre, dans son nid. Lorsque les yeux verts d'Hamilton rejoignent les siens, Alice lui sourit un peu plus fort.

Elle trouve que cela lui ressemble. Un rire soupiré s'échappe de la Terre, l'air toute douce, attendrie. Tendre, tout simplement. Elle est contente. Hamilton ne lui a pas dit que cela lui plaisait. Pas comme ça. Elle l'a dit comme elle lui dit tout ou presque. Alors elle aime. Le sourire d'Alice devient complet lorsque la Feu s'approche des dessins. Certains sont d'enfants, d'autres plus adultes, certains sont abstraits, d'autres très précis. Il y a des dessins de toute sa famille. Surtout de son père pour ceux qui sont précis. Les abstraits sont ceux d'Alice et de Luna. Alors qu'Hamilton s'avance, elle fait face au bureau.

C'était sa mère. Alice hoche la tête, en souriant. Son regard se pose sur le cadre. Son expression devient affectueuse, plus que de coutume encore. La jeune femme dans le cadre porte de long cheveux noirs et lisses. Elle fixe l'objectif, son regard impénétrable, mais un sourire déterminé sur les lèvres. Luna toute entière.

Hamilton veut qu'elle lui parle d'elle. Alice lève les yeux et regarde l'extérieur. La verdure, le vent dans les arbres. La lumière. Elle s'avance, baisse un loquet et fait coulisser la fenêtre sur le coté. Elle se tait un moment. Et puis lorsqu'elle parle, elle retrouve sa voix grave, celle des histoires.

« Maman, elle s'appelait Luna. Je crois que tu le savais. Au début de sa vie, elle vivait dans une famille d'ouvriers. Ses parents voulaient qu'elle travaille pour ses frères et soeurs. C'était la deuxième, après un garçon. Maman n'a pas voulu. Elle l'a fait jusqu'à ses 17 ans. Ensuite, elle est partie. Elle avait gagné de l'argent pour elle, et elle est partie. Maman était déjà prête pour l'aventure. Elle a sillonné le sud de la France, avec son sac et ses sous. »

Alice sourit un peu plus fort, l'air amusée. Elle connaissait bien l'histoire de sa maman.

« Elle se fichait de voyager seule. Je ne sais pas vraiment comment s'est déroulé son voyage. Je sais qu'elle est restée un an dans un village, et qu'elle a travaillé avec un ébéniste. Elle a commencé à adorer le bois, et les arbres. Presque tous les meubles de la maison, c'est Papa et Maman qui les ont fait. Elle est repartie ensuite, plus pour des petits voyages, elle avait trouvé sa place dans le village. »

Alice baisse les yeux sur les portraits de nouveaux. Le jeune homme aux cheveux noirs, la jeune femme aux yeux bleus foncés.

« Quand elle avait 21 ans, elle est arrivée dans un village près de la mer pour quelques jours. Elle a rencontré un apprenti libraire, qui faisait de la peinture. C'était Papa. Ils m'ont toujours dit qu'ils n'ont pas fait attention au début, mais je suis persuadée de l'inverse, je suis sûre que Maman est tombée amoureuse directement. Elle a proposé son aide pour l'aménagement de la librairie. Papa n'était pas encore aveugle. Maman est beaucoup revenu dans le village près de la mer. Et puis un jour, ils ont décidés de partir vivre ensemble. Je crois qu'ils avaient 23 ans pour ma mère, et 25 pour mon père. Et puis ils ont décidé de faire construire leur maison. L'ébéniste les a aidé. C'est cette maison. Papa voulait y ouvrir une bouquinerie. Maman y faire son atelier. C'est ce qu'ils ont fait. Ca fonctionnait doucement mais sûrement. »

Alice s'arrête un peu. Elle tourne la tête vers Hamilton. Elle sourit. Parler de ses parents la rend heureuse. Paradoxe avec tous ceux qu'elle connait de Terrae. Alice aime sa famille. Profondément. Malgré les difficultés. Elles les aime, parce qu'Alice a eu la chance d'être aimée par deux personnes un peu étranges, et elle est devenues un personne un peu étrange, et aimante.



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##   Mar 26 Déc 2017 - 15:42

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Un moment de silence flotte avant qu'Alice, finalement, ne me réponde. Pendant qu'elle parle, je m'assois sur son lit. Je l'observe. Lorsqu'elle parle ainsi, lorsqu'elle conte plus qu'elle ne raconte, elle est si belle qu'elle en est envoûtante.

J'écoute l'histoire de sa mère avec attention. Je découvre ce que c'est, de parler de sa mère, d'avoir des anecdotes qui ne sont pas amères. De vouloir en discuter, faire découvrir cette personne aux autres. Et j'essaie, pendant que j'apprends, de ne pas m'en sentir mal. Je lutte contre ce sentiment qui ne me lâche pas depuis notre arrivée ici. Je lutte, parce que je veux en profiter.

C'est l'histoire d'une femme déterminée et aventurière. Celle d'une voyageuse qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. Elle savait se gérer elle-même, se débrouiller par ses propres moyens. Elle savait ce qu'elle voulait, et jamais elle n'aurait baissé les bras devant un quelconque obstacle, cela se sent dans les mots de la Terre.

- Ta mère avait l'air d'une femme forte, Alice.

Mes yeux trouvent ceux d'Alice. Les siens brillent si fort. Elle me sourit avec toute sa douceur, et j'essaie avec maladresse de lui rendre la pareille. Elle ressemble tant à ses parents. Un parfait mélange.

- Et ensuite ?


Parce que j'ai la sensation que son histoire ne s'arrête pas là, qu'elle doit continuer. Et puis, tant qu'Alice conte, moi, je ne pense pas trop. Mon cerveau arrête de tourner pour enfin se concentrer sur autre chose que ma bataille intérieure. C'est reposant, un temps mort dans cette lutte acharnée. J'aimerais que ce soit plus simple, mais comme ce n'est pas le cas, j'essaie de trouver des parades, quitte à ce que ce soit à travers la vie de quelqu'un d'autre.




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##   Mar 2 Jan 2018 - 23:37

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Hamilton s'assoit sur le lit, la Terre surveille son expression. Elle ne semble pas trop souffrir ou penser à son propre passé, en tout cas elle n'en parle pas, ou que très peu. Elle lui fait confiance pour lui dire de s'arrête si jamais quelque chose ne va pas. Elle sourit fort à sa remarque et hoche la tête. Oui, Luna était une femme forte. Elle était bien plus qu'une femme forte, elle était une femme, une mère, une aventurière, une créatrice, une bricoleuse, une grimpeuse hors pair, une peintre, elle était une artiste complète. Luna était très forte.

Hamilton lui demande de continuer. La Terre s'appuie contre le bureau et tourne la tête vers le dehors de nouveau.

« Maman et Papa ont fait fonctionner chacun leur commerces ensuite. Maman travaillait dans l'atelier derrière la cours, et Papa occupait la salle à manger avec tous ses livres, et il avait sa réserve sur tout l'étage, sauf leur chambre. Le soir, ils peignaient ensemble. Un jour, Maman eu envie de créer un petit bout d'être. Papa en avait envie aussi. Alors c'est ce qu'ils ont fait. Et je suis née un 18 mai, en plein milieu de la journée, dans la maison. Pendant sa grossesse, Maman avait appelé l'ébéniste et des amis constructeurs à elle, et ils ont créé ma chambre, et tous ses meubles. Ca a prit du temps, surtout qu'ils avaient un peu oublié qu'un enfant grandi vite, mais c'était l'aventure avec eux, et ils n'avaient pas peur de le faire ensemble. »

Alice rit un peu de nouveau. Et puis elle pose les yeux sur les dessins de chambre, et son sourire devient un peu plus triste un instant.

« A partir de là, l'histoire de ma mère est liée à la nôtre. Mon père n'a pas toujours été aveugle. Peu après ma naissance, sa vue s'est un peu dégradé. Il est allé voir un médecin puis des spécialistes. Ici en France, on a un accès assez simple aux soins. Et puis on a détecté qu'il avait une maladie rare. Il allait devenir aveugle. Il était tellement en colère. C'est ma mère qui l'a beaucoup soutenu, Maman a été là pour lui, et l'a aidé à le prendre du bon coté. Il m'a lu des histoires jusqu'à ce qu'il ne puisse plus distinguer des signes. Ensuite il me les contait, il les connaissait par coeur. Pendant un temps, il avait arrêté de peindre, il ne voulait plus créer. Maman a inventé des techniques, des exercices, des jeux à faire tous les trois ensemble, et mon père s'est remis à la peinture. Ma mère a toujours été un soutien pour mon père. Elle repartait régulièrement en voyage. Lorsqu'elle partait, on ne savait jamais trop quand elle reviendrait. Souvent, cela durait 1 mois environ, mais parfois elle revenait très vite, ne trouvant pas ce qu'elle voulait, parfois elle prenait plus de temps. Elle revenait avec des histoires merveilleuses, de nouveaux outils pour travailler, elle ramenait des livres aussi, et les dessins qu'elle avait fait sur la route. Maman apprenait à jouer un morceau au piano par voyage. Et sinon elle s'amusait à les retrouver à l'oreille. Elle prenait un temps fou, elle avait un peu de mal à situer les notes. Mais ça lui plaisait, cela rendait bien. »

Ses yeux tout bleu viennent se reposer sur Hamilton. Elle sourit de nouveau, Alice pourrait parler de la vie de ses parents pendant des heures, elle pourrait compter leurs aventures sur toute une soirée qu'elle n'en aurait pas assez. Elle continue de raconter un peu pourtant.

« Je pense qu'elle a vu beaucoup de la France. Elle est partie dans quelques autres pays, mais c'était un peu compliqué sans argent, et malgré le fait qu'elle prenait son droit de partir, elle avait envie de nous revoir vite. Maman ne s'est jamais trop inquiétée pour nous. Elle avait confiance en nous. Avec Papa ils m'ont tout apprit. Seuls. Maman parlait des autres comme des merveilles qu'il y avait dans les histoires de Papa. Pour elles, les autres étaient tous diaboliques et terriblement bienveillants à la fois. Pour elle, personne n'est un tout uniforme. Maman aimait les autres terriblement fort, elle aimait aider les autres. Et pourtant, elle n'avait pas l'air aussi doux que Papa. Elle était très déterminé. Elle ne prenait pas le temps de s'embarrasser de choses futiles. Elle n'avait pas l'envie de trainer sur des histoires de relations ennuyeuses, elle aidait les autres s'ils le lui demandaient. Sinon, elle créait. Maman parlait des objets comme des êtres pensants, elle considérait tout le monde du vivant comme respectable. Elle était végétarienne, et faisait très attention à ce qu'elle mangeait. Pour elle, tout avait sa place et rien ne devait être dénigré. Elle adorait les arbres. Comme Papa. Travailler le bois c'était leur donner une seconde vie. Je n'ai jamais vu ma mère pleurer. Elle n'avait plus le temps de souffrir, c'est ce qu'elle disait. Et malgré son tempérament, ses coups de tête, je ne l'ai jamais vu se disputer avec mon père. Ils avaient le droit de ne pas être d'accord, ce n'était jamais une souffrance pour l'autre. Ils s'écoutaient, comprenaient, mais étaient deux et non pas un. Ils ont toujours été les mêmes avec moi. »

Doucement, la Terre ralentit pour arrêter de parler un peu. C'est bien ses pieds qu'elle regarde maintenant. Elle a beaucoup parlé. Elle s'en rend compte. Elle espère ne pas avoir ennuyé la Feu, mais elle semble à l'écoute. Elle espère ne pas l'avoir exaspéré avec sa famille. Alice était très consciente de la chance qu'elle avait eu. Elle s'en était rendu compte très tôt après la mort de sa mère, après sa rencontre avec Yang, avec le monde extérieur, avec les relations humaines les plus présentes notamment. Alice était consciente de tout ça. Et c'était pour cela...

« Maman et Papa me manquent souvent maintenant. Ce n'est pas toujours facile de vivre dans le monde sans eux. Mais ils m'ont apportés tant, et j'ai tellement envie de grandir par moi-même, que je n'ai plus peur. De toute façon, si je suis ce que je suis maintenant, c'est grâce à eux. »

Petite Alice était Bahir. Elle était Luna. Elle était Terre. Elle était Télépathe. Mais elle était avant tout une petite fille Borges, elle était Alice, et elle savait d'où elle venait. Elle avait le bonheur en barre ici. Le Vide d'Alice n'était pas né de nul part. Il était né le jour où l'équilibre s'était rompu. Le jour où il n'y avait plus de bonheur. Pourtant, aujourd'hui, il y avait du bonheur, dans la cabane.



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##   Mar 3 Juil 2018 - 12:45

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Alice parle, parle, sans plus s’arrêter. Moi j’écoute. Je me laisse bercer par cette voix que je connais maintenant si bien. De temps en temps, je me demande. Si je devrais essayer de contacter ma mère. Si je devrais retrouver mes grands-parents. Si Elwynn et moi devrions être plus proches. Mais la famille ne se décide-t-elle vraiment que par le sang ? Certainement, en fait.

Un peu de solitude. Un peu de vide.
Passer à autre chose. Oublier.

L’amour que partageaient – partagent ? malgré un décès, les sentiments perdurent parfois – Luna et Bahir m’apparait si…sain. Du soutien. De la liberté. De la tendresse. Est-ce cela d’avoir des parents non seulement ensemble, mais amoureux ? Est-ce cela, tout simplement, d’aimer pour de vrai ?
Est-ce cela qu’Alice et moi allons vivre ?
Même dans mes plus beaux rêves, je n’aurais osé l’espérer. Peut-être parce que je n’en ai jamais vraiment eu envie. Peut-être parce qu’au final, la Terre m’est tombée dessus à un moment où je ne la cherchais même pas.

L’aventure de Luna reprend. La manière dont sa fille la décrit transforme cette femme en une sorte de tourbillon de tendresse et de détermination. Je souris intérieurement en imaginant Bahir, si calme, face à cette tornade dont il était tombé amoureux. Couple à la fois si surprenant et logique, quand nous y pensons.

Mais Alice ralentit le rythme, ses océans braqués sur ses pieds. Elle finit cette histoire en me disant que ses parents lui manquent. Pourtant, comme la Terre est une mini Luna, elle reste forte et me dit qu’elle n’a pas peur, qu’elle veut grandir par elle-même.
Et sans que je ne comprenne vraiment pourquoi, en un geste brusque car inattendu mais néanmoins tendre, je me penche pour que nos lèvres se rejoignent. C’est rapide, un baiser fugace aussitôt posé qu’il est achevé. Je me redresse tout aussi vivement, joues à peine rougies, et prends promptement la parole :

- Si tu veux, nous essaierons de revenir plus souvent voir ton père.

Parce que ce n’est pas parce que ce sentiment de manque m’échappe que je ne dois pas essayer de comprendre le tien. Parce que c’est ce qui fait que je t’aime, Alice, cette façon que tu as d’accepter tes émotions, de te les avouer et de les avouer au monde. Parce que c’est ce qui fait que même moi, malgré mes difficultés, malgré mes barrières, je ne peux m’empêcher de t’embrasser. Tu es forte, tu es fière d’être qui tu es, tu es Luna et Bahir réunis, la tempête et l’apaisement en fusion.




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##   Mer 12 Sep 2018 - 23:55

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Alice a beaucoup parlé. La Feu n'est pas complètement heureuse, Alice le voit bien. Mais elle semble vouloir savoir tout ça. Et elle ne dit rien de particulier. Est-ce qu'Alice devrait lui demander si ça va ? Est-ce qu'elle devrait lui dire qu'elle a le droit de ne pas vouloir entendre, et même le droit de trouver ça injuste, puisqu'au final, ça l'était. Alice avait eu beaucoup de chance avec ses parents.

Et puis, le temps d'un battement de paupière, Hamilton s'approche d'elle, et l'embrasse. Alice ouvre tout rond les yeux. Toute surprise qu'elle est. Elle fixe la Feu, réellement surprise, avant de laisser renaître son éternel sourire sur ses lèvres. Un rire franchit ses lèvres tout à coup. Elle a l'air toute légère d'un coup, et puis elle tourne la tête vers les fenêtres, vers la forêt. Vers ce paysage qu'elle n'a pas vu depuis un an, et pourtant, qu'elle connaît par coeur, mieux que tous les autres paysages.

Sur son bureau il reste toujours les photos. Elle sourit au visage de sa mère, à celui fermé mais doux, pris sur le vif. Elle sourit à Hamilton, et propose, toute douce.

« Tu veux qu'on redescende, qu'on aille dans la cour ? »

Et puis elle tourne la tête vers la porte, renifle un peu, les yeux plissés, concentrée sur les odeurs. Et puis son sourire revient. Bahir est resté fidèle à lui même. Il a commencé à faire cuire des biscuits. Alice rit doucement. L'eau doit être en train de bouillir.

« Je crois que Papa est en train de préparer un goûter. Il ne peut pas s'en empêcher, dès qu'il peut il préparer à manger pour les gens qui viennent. »

Alice s'approche de la porte et s'adresse au Master en lui expliquant la même chose, ce qui lui arrache un sourire amusé. Elle se tourne de nouveau vers la Feu, et penche la tête sur le côté.

« On fait un tour dehors ? »



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