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Car j'ai moins peur du vide que de faire semblant | Kurei
##   Mer 16 Aoû 2017 - 18:19
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Tes sourires ne sont plus les esclaves de ton savoir-vivre. Ils se sont faits plus rares, plus précieux, le sourire de surface que tu affichais a disparu. Pourtant t’as réappris à sourire, mais c’est plus dur, moins naturel. Tu as changé Angie, tu t’es aigri. Tu te cherches à nouveau, comme l’ado que t’as été tu ne sais plus ce que t’aimes ou ce que t’aimerais, alors tu tentes de le découvrir. C’est simple comme une pensée, c’est lourd comme un sanglot, et pourtant t’as essayé de tenter ta chance à nouveau. Tu te sens plus que jamais étranger à cette société, mais tu te sens vivant et prêt à t’accrocher.

T’as reçu cette lettre, après les vains coups de fils de ton frère, les messages sanglotant de ta mère, le silence de ton père. Ils t’ont cru disparu, ils t’ont cru fâché, pas un instant ils n’ont osé imaginer que tu ais pu trépasser. Elle te le dit dans sa lettre, elle sentait que tu étais encore là, une maman ça sent ses choses-là. Elle n’a jamais imaginé pourtant que tu ais voulu te suicider. C’est de l’incompréhension surtout dont dégage leurs mots, peu de colère et beaucoup de peine. Pourquoi ne veux-tu pas leur parler ? Ils sont ta famille, ils s’inquiètent pour toi ! Tu n’oses leur dire que si tu les fuis c’est que tu n’aurais aucune parole rassurante, aucun mot réconfortant. Tu ne saurais juste pas quoi leur dire, c’est ta famille et ils te semblent étrangers autant que tu le leur semble.

Tu sais que tu as changé, et tu penses que ce n’est pas en bien, ils n’aimeront pas le type sombre que t’es devenu… et puis peut-être que tu veux qu’ils s’inquiètent pour toi ? Comme un enfant qui réclamerait de l’attention ? Même cette hypothèse ne semble pas tenir la route. Si tu voulais qu’ils s’inquiètent tu leur parlerais, là tu t’enfonces dans un mutisme que tu ne romps que lors de tes séances chez le psy. Tu ne travailles plus, tu ne sors plus pour rencontrer du monde, tu viens passer tes journées à l’hôpital pour y voir des psys et y faire des ateliers… Puis tu dessines à nouveau, mais ta palette c’est réduite. Il ne te reste plus que des couleurs ternes.

L’hypothèse plus cruelle pour tes parents serait que tu t’en foutes simplement. Tu leurs à jamais tout dit mais tu ne leur as jamais menti… Puis tu ne les as jamais fuis avant non plus. Tu parles pourtant trop d’eux pour qu’ils n’aient aucune importance à tes yeux. Non, tu les protèges juste du toi nauséabond que tu es devenu, mais ça le psy a eu du mal à te le faire cracher.

Il te regarde, presque victorieux de te le faire enfin admettre. Faut dire qu’il t’en a fallu du temps. Du temps où tu lui disais que tu avais honte de toi, et que tu avais peur de leur réaction s’ils te parlaient. Tu leur avais tout avoué, de ta dépression à ta tentative de suicide, de ce sentiment que t’avais depuis toujours de ne pas être à ta place, et t’as beau leur avoir dit que tout était de ta faute, tu sais qu’ils t’aiment et doivent se sentir coupables de ne pas t’avoir aidé à trouver cette place où tu te sentirais bien. Tu leurs a dit que tu te sentais vide et que plus tu testais de choses plus tu avais peur que rien ne te convienne.

Aujourd’hui ils te disent qu’ils t’aiment, mais aussi qu’ils ne comprennent pas, et toi devant ces lettres t’es perdu comme un gosse. Que dois-tu faire ? Leur répondre certes… Quelles sont tes options ? Le psy te les liste non exhaustivement, tu peux leur répondre par la voie épistolaire, leur passer un coup de fil, aller les voir aussi… C’était possible si tu demandais à un master de t’accompagner t’apprit-il. Te réapprit-il. Tu le savais, avant mais tu l’avais oublié car c’était plus simple que de te confronter à cette réalité. Le problème c’est que l’idée même de les revoir te fait paniquer et tu n’arrivais pas à comprendre pourquoi avant que ces mots ne sortent : je suis nauséabond, je leur ferais du mal.

Quand il t’a laissé partir t’avais les yeux rougis, t’as beaucoup pleuré cette fois encore et quand il t’a dit à demain pourtant t’as su que tu reviendrais. T’avais beau sortir lessivé de ces entretiens avec lui, tu en ressortais plus serein, t’avais l’impression de recommencer à avancer doucement. T’avais même pu retourner à l’institut et rejoindre ta piaule… Où tu refusais toujours obstinément de dormir hanté par les évènements qui s’y étaient produits.

Comme tous les jours tu fais une pause à la machine à café, plus éloignée depuis que celle où tu allais a arrêté de t’offrir un café, mais un jus de chaussette dilué. Encore une fois tu prends un chocolat et tu t’avachis sur une chaise. Tu as besoin de temps pour rentrer, de temps pour récupérer. Tu te sens vidé, fatigué par une conversation encore une fois trop riche en émotions.


##   Lun 21 Aoû 2017 - 19:56

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Le bâtiment devant moi pourrait être une forteresse imprenable en regardant comment je galère à y entrer. Ce n’est pas compliqué, pourtant, il suffit juste ouvrir une porte. Ce n’est pas compliqué, ça. Tu prends la poignée et tu tires, voilà tout. Alors pourquoi je n’arrive pas à approcher et faire cette manipe, qui est pourtant si simple ?

La réponse est tellement stupide que s’en est ridicule. C’est parce que je suis devant un hôpital. Un des endroits que je déteste le plus au monde. Non, le endroit que je déteste le plus. Et cela ne fait même aucun sens ! C’est juste à cause d’une association à la con qui date depuis que je suis petit. En plus, ce n’est pas comme si je ne serais encore jamais venu ici depuis que je suis à Terrae. En fait, j’y étais plein des fois. Par exemple pour trouver un guérisseur qui pourrait aider Liryo. Ou lors de ce putain d’entretien obligatoire avec une psy, qui heureusement n’a pas décidé de me juger en besoin de venir régulièrement. Quoi que, elle aurait peut-être pu aider avec cette… cette… bon, il ne s’agit pas d’une phobie, parce que ce n’est pas comme si j’avais peur, mais c’est quand même une réaction plus que bizarre.

C’est pour ça que je me suis décidé d’essayer d’y remédier en venant de temps en temps, mais régulièrement, ici sans raison autre que de me forcer à entrer et y passer un peu de temps. Voilà pourquoi je suis ici maintenant, d’ailleurs : pour essayer de me forcer à passer la maudite porte de cet hôpital de merde, en espérant que ça m’aiderait à me sentir moins mal à l’aise dans cet environnement. Surtout que je vais probablement travailler dans un hôpital, ou au moins une clinique, une fois que j’aurais terminé mes études. Ça ne serait pas cool de travailler dans un endroit qui pour une raison qui m’échappe me fait penser à la mort dans des atroces souffrances alors que je vais vouloir soigner des animaux, pas vrai ?

Je parie que si quelqu’un m’avait regardé ces derniers minutes, cette personne aurait pensé que je suis soit cinglé, soit un idiot. Et dans les deux cas, cette personne serait probablement morte de rire.

La porte se ferme derrière moi silencieusement. Ce qui rend cette situation encore plus con est que je n’avais même pas à ouvrir la porte. Juste à m’approcher. Logique, vu que de nos jours, la plupart des hôpitaux ont des portes électroniques. Sérieusement, est-ce qu’il existe quelqu’un dans ce monde qui a l’air d’être plus con que moi en ce moment ? Je le doute fortement. Heureusement pour moi, je me fous de ce que les gens peuvent penser de moi. Et puis bon, il y a aussi le fait qu’il y avait pas beaucoup de monde dans la rue ni dans l’entrée de l’hôpital.

Quand je passe l’entré, la réceptionniste me jette un coup d’œil rapide, puis m’ignore. J’imagine qu’elle pense que je sais exactement où est-ce qu’il faut que j’aille. Alors qu’en fait pas du tout. Ou plutôt, ce n’est pas comme si je devrais aller à un endroit précis. L’idée est juste de passer quelque temps dans ce bâtiment et de me convaincre que ce n’est pas un lieu de la mort, même si des fois les gens y meurent quand même… Bon, ok, ça sonne encore plus stupide dans ma tête que je ne l’ai pensé. Et puis, je ne pense vraiment pas que juste chiller dans un hôpital me fera perdre cette notion stupide et incompréhensible que j’ai de cet endroit. Mais il y a une possibilité que j’apprenne à y être moins gênée. C’est ça le but que j’espère d’atteindre.

Avant que je ne m’en rende compte, je me retrouve dans la même partie du bâtiment que la dernière fois que j’y suis venu. La partie psychiatrique. Je me sens presque comme si une force tierce m’a fait venir ici, et ça ne fait que me donner une plus grande envie de repartir. Une fois, ça m’a suffi largement. Pas besoin de répéter l’expérience. Tournant sur un talon, je repars à nouveau vers l’entré, mais me force à ralentir le pas. Aller, si je veux voir si je peux apprendre à me sentir moins mal ici, faut y passer plus d’une ou deux minutes, quand même.

Remarquant une machine à café plus loin, je me dirige vers elle. Ça me donnerait une excuse à moi-même pour m’assoir tranquillement et ne pas partir comme j’ai la grande envie de faire. Putain. Je déteste les hôpitaux.

Cinq pièces de monnaie dépensées et une quarantaine de secondes d’attente plus tard, je m’assois sur un banc, un café noir fumant dans une main. Je me sens tellement con. Même s’il n’y a personne ici pour voir mon comportement tout à fait débile, je me sens comme le dernier des crétins. Quelque parts probablement pas complétement à tort non plus. Je veux dire, quelle personne normale vient passer du temps à un hosto ? Même si c’est pour apprendre à ne pas flipper intérieurement dans la situation où il doit y être ? Non, en fait, quelle personne normale se sent mal à un hosto ?

Bon, ok, en fait, j’imagine que pleins des gens n’aiment pas être dans un hôpital. Ça, c’est u sentiment assez normal. Mais je ne pense quand même pas que ce soit pour les mêmes raisons.

Quelques minutes passent et je bois mon café dans le calme du couloir vide et silencieux, jusqu’à ce que j’entende le bruit des pas. Je ne bouge pas, cependant, décidant de prétendre que j’attends quelqu’un ou quelque chose dans ce style, les yeux fermés comme si j’étais perdu dans mes pensées ou peut-être endormi. Les pas viennent de plus en plus près, puis s’arrêtent. Puis, il y a le bruit de la machine à café avant que l’autre personne ne s’assoit sur le banc. Prenant une gorgée de mon café silencieusement, je jette un coup d’œil discrètement. Et puis je cligne les yeux une fois ma boisson avalé quand mon cerveau capte qui est sur le banc. Parce que c’est quelqu’un que je connais – Monsieur Petit.

Il ne semble pas vraiment avoir remarqué que je suis là, complétement perdu dans ses pensées. Cela lui ressemble. Enfin, presque, parce que son expression est loin de ressembler à la manière dont je l’ai vu agir cette première fois qu’on s’est rencontré dans la forêt. Ceci dit, la dernière fois que je l’ai vu, il n’avait pas l’air d’aller très bien non plus, bien qu’il avait dit que c’était juste la fatigue. Ceci dit, il avait l’air moins abattu cette fois-là que maintenant.

Mes yeux retombent vers mon café comme si celui-ci était à l’origine des pensées sombres qui m’envahissent. J’avais entendu des rumeurs ces derniers temps. D’abord juste sur un Terre sans nom, puis un qui pourrait ressembler à monsieur Petit, jusqu’à ce que finalement son nom ne tombe. Des rumeurs comme quoi il aurait tenté quelque chose de drastique. Très sincèrement, je n’ai pas voulu le croire. Cela me semblait impossible. En même temps, je n’ai pas eu le temps… ou plutôt et surtout le courage pour venir ici quand ces rumeurs circulaient pour vérifier moi-même. Et maintenant… maintenant je me pose la question si je n’aurais pas dû venir plus tôt après tout.

C’est drôle. Monsieur Petit et moi nous sommes rencontrés que deux fois. On ne peut vraiment pas dire qu’on soit des amis. Et quand même, je sens se sentiment détestable qui est la culpabilité. C’est peut-être dû au fait que j’ai toujours cette dette envers lui qu’il n’acceptait pas. Ou peut-être la raison est une autre. Je n’en sais rien et je décide de ne pas y penser pour le moment.

« Le karma trouve des drôles d’endroits pour faire nos chemins se croiser, vous ne trouvez pas ? »

Je finis finalement par dire calmement au lieu d’un ‘bonjour’, qui serait vraiment mal placé ici. J’ai un sentiment que mes mots ne sont pas loin de la vérité, aussi. Qui sait, c’est peut-être réellement le karma ? Comme la fois où il m’a trouvé dans la forêt et m’a aidé sans le savoir. Juste dans l’autre sens, puisque maintenant c’est plutôt moi qui le trouve, vu que je ne pense pas qu’il soit ici par hasard. Il n’y a que moi qui fais des trucs aussi bizarres, je suis sûr.


##   Mar 22 Aoû 2017 - 12:06
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T’as le visage émacié, mais t’as plus l’air rachitique. T’as recommencé à manger, et c’était pas gagné. Oh, bien sûr tu mangeais un peu à l’hôpital pour qu’on te foute la paix, mais pas assez pour reprendre du poids… Mais comme t’avais recommencé à te raser, on ne pouvait pas nier que tes joues s’étaient creusées. T’avais eu du mal à tenir à nouveau un rasoir dans tes mains, ça te foutait la trouille, t’avais peur de déraper à nouveau… Et puis la première fois que tu t’étais entamé la peau tendre de la joue, quand t’avais vu le sang dégouliner sur ton menton t’avais été pris d’une forte envie de vomir, que tu avais d’ailleurs assouvie. T’arrivais plus à voir du sang, à sentir l’odeur du sang, sans être pris d’une irrépressible envie de rendre ton diner, ton déjeuner et ton petit déjeuner.
T’avais failli tourner de l’œil ce jour-là, tu t’étais prostré sur le sol de ta salle de bain jusqu’à être capable de te saisir d’un bout de coton mouillé qui t’avait servi à nettoyer une plaie qui ne coulait déjà plus. C’était plus fort que toi. D’ailleurs tu n’arrivais plus à manger de viande rouge… Ce qui ne te manquait pas outre mesure. Tu n’avais pas trouvé le courage de parler de cet épisode au psy qui te suivait, pas encore. Il était sur la liste des points à aborder, mais tu n’avais pas encore épuisé tous les sujets de conversation en rapport avec ta famille.

Tu t’es mis à porter des tee-shirts à manches longues malgré l’avancé de l’été. Tu n’as pas froid, pas particulièrement chaud non plus. Tu as juste honte à chaque fois que quelqu’un pose son regard sur les cicatrices qui zèbrent tes avant-bras. Tu n’y es pas allé avec le dos de la cuillère… Enfin ces tee-shirts amples ont l’avantage de dissimuler un peu ta perte de poids. Tu as perdu quinze kilos, et quinze kilos de pas bien gros, ça ne laisse que la peau sur les os. Oh, bien entendu tu en as repris la moitié depuis que tu as décidé de te reprendre… Mais il en manque toujours une importante… Tes manches ne dissimulent pas que tes cicatrices, elles dissimulent les traces de ta maladie.
Ta peau est plus blafarde que jamais, tu ne passes plus de longues heures au soleil à peindre, avec des manches longues tu finis vite par avoir chaud. Trop chaud. Alors maintenant tu restes à l’ombre pour dessiner. Tu n’inventes plus, tu ne fais que copier la réalité et ton trait a gagné en réalisme.

Tu souffles sur ton chocolat. Tu le trouves meilleur que le café de cette machine, puis il est plus gras, il t’aide à reprendre des formes. Un peu. Chaque jour tu sembles aller mieux, mais tu reviens de tellement loin. Chaque nuit tu dois combattre les démons qui t’assaillent, tu ne veux plus te faire de mal, mais tu ne sais plus vraiment comment aller bien.

Une voix t’interpelle. Elle te dit quelque chose, mais ça remonte à longtemps. Ça remonte au temps où tu étais un autre homme. Tu essaies de te rappeler de son nom, de son prénom, de ce qui vous lie. Tu n’y arrives pas vraiment, il te semble te souvenir qu’il n’aime pas être tutoyé, mais c’est tout ce qui te revient. T’as comme jeté un voile sur le avant, seuls certains souvenirs reviennent te bouffer. Ils occupent trop ton esprit pour laisser le temps aux autres de respirer. Alors son nom c’est ? Ya… quelque-chose ? Yamato ? Yassakura ? Ya… ? Rends toi à l’évidence, tu n’en sais rien. Ce n’est pas si grave va, tu n’as qu’à le vouvoyer. Il ne saura jamais que tu as oublié son nom, et il n’en sera ni offusqué ni blessé…

NON. Tu te reprends, c’est lâche de penser ainsi, lâche de réagir ainsi… Et encore une fois tu veux laisser passer les autres avant toi. C’est triste, tu en as conscience ? C’est plein de petites décisions de la sorte qui t’on conduit au point de non retour, essaies donc de t’affirmer un peu. Essaies d’être capable de dire je, de penser à toi, pour toi. Ne pas te souvenir du nom de quelqu’un que tu as rencontré à plusieurs reprises c’est dévalorisant, et continuer à le faire c’est encore pire.

« Je vous l’accorde, cette aile est souvent caractérisé par l’ambiance qui y règne, les fous savent rire de tout… »

Tes jeux de mots sont nuls, j’espère que tu le sais. Quand il parlait d’un drôle d’endroit il ne parlait pas d’un endroit où l’on riait beaucoup.

« Excusez-moi, je n’arrive plus à me souvenir de votre nom… »

Tu n’ajoutes pas que son visage par contre tu le reconnaitrais entre milles, t’as la mémoire des visages, t’en oublies rarement un. Surtout quand t’as eu plusieurs essais pour l’enregistrer.

Ici il est de commune mesure de ne pas demander à ceux qui viennent pourquoi ils y viennent. Si certains veulent en parler ce n’est pas le cas de tous. Du coup on apprend vite à changer de sujet et à switcher vers certains qui sont beaucoup moins risqués.

« Que devenez vous depuis notre dernière rencontre ? »

C’est un sujet risqué, mais s’il parle de toi c’est encore plus risqué. Tu as fréquenté ce service assez longtemps pour en connaitre tous les usagers, et tu es presque certain que cet homme n’en fait pas partie. Alors tu préfères qu’il parle de lui plutôt que de lui parler de toi. Toi de toute manière t’as rien à raconter. T’aimes toujours pas parler de toi.


##   Jeu 24 Aoû 2017 - 15:52

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La réponse que monsieur Petit me donne me fait le regarder du coin de l’œil sans tourner la tête avec un minuscule foncement des sourcils. Celle-ci n’est pas une réponse qu’il aurait donnée avant. Je ne l’ai rencontré que deux fois, donc ce n’est pas si je le connais bien, mais je suis assez certain qu’un jeu de mots comme ça dans une telle situation ne serait pas quelque chose à quoi j’aurais dû m’attendre. En même temps, vu l’endroit où je le croise maintenant, cela est assez évident que quelque chose a changé. Que quelque chose ne va pas. Il ne serait pas ici sinon, parce que je doute sincèrement qu’il vienne ici juste pour le plaisir de venir. Il faudrait être vraiment bizarre pour faire un truc de ce genre.

(Oui, j’en suis conscient, je viens d’insinuer que je suis moi-même bizarre. Jusque-là rien de nouveau.)

Et puis il y a son allure. Il a maigri. Beaucoup. Cela se voit sur son visage surtout, mais je suis persuadé que ses vêtements amples cachent exactement la même vérité sur le reste de son corps. Il est beaucoup plus pâle aussi, comme s’il ne voyait presque plus le soleil. Ou comme s’il était malade. Ou les deux. En regardant tout le reste, c’est probablement les deux d’ailleurs. Son regard le trahit aussi. Ses yeux sont rouges comme s’il avait pleuré, mais son regard en lui-même est plus ou moins vide. Pas fermé comme le mien quand je regarde dans un miroir, pas un mur qui cache quelque chose, mais vraiment vide. Comme s’il y avait rien du tout.

Il est un autre homme, cela est une évidence. Quelque chose lui est arrivée, quelque chose qui l’a changé. Brisé, même, peut-être. J’ai des sentiments mélangés face à cette conclusion que j’ai tiré. D’un côté, ce qui lui est arrivé ne me regarde pas. Je le connais à peine et on ne peut pas vraiment dire qu’on soit des amis. Le fait qu’il ne se rappelle plus de mon nom n’est qu’une autre preuve qu’on n’est pas vraiment proches.

« Yataro Kurei. »

Je lui rappelle mon nom, mes yeux retournant vers le mur de l’autre côté du couloir. Je ne me sens pas insulté par le fait qu’il ne s’en rappelle plus. Notre dernière rencontre remonte à plusieurs mois, après tout. Mais c’est une autre preuve qu’on est loin d’être amis. Alors je ne devrais pas me mêler de ses ognons. Ce qui lui est arrivé, comment il en est arrivé là, cela ne me concerne pas. Ou cela ne devrait pas me concerner. Mais d’autre côté, il m’avait aidé une fois, même s’il ne s’en rendait pas compte. Même si l’autre fois que je l’ai vu, il a dit qu’il n’a rien fait de spécial et qu’il n’y a rien pour quoi je devrais lui remercier, cela n’est pas vrai de mon point de vue. Si Liryo est en vie maintenant, aujourd’hui, c’est grâce à que monsieur Petit a fait. Même si ce n’était qu’indirectement, il m’a aidé à sauver la vie de Liryo. Et pour ça, je lui dois une dette. Une dette que même les kami semblent vouloir me dire que je devrais lui payer. Pourquoi on se serait rencontré ici, de tous les endroits possibles, sinon ? Surtout que je n’ai vraiment pas de raison pour être ici autre que ‘vouloir m’habituer aux hôpitaux’. Ce qui est une raison ridicule, on est tous d’accord.

« Il n’y a pas grand-chose que je pourrais vous raconter sur moi-même. Ma vie est assez banale ces derniers mois, et rien n’a vraiment changé depuis que je vous ai croisé la dernière fois. J’étudie toujours la médecine vétérinaire. Je travaille toujours dans l’animalerie. Et je donne des cours du tir à l’arc aux intéressés. Voilà ma semaine en abrégé, jour après jour. Vous, par contre, semblez avoir vécu des changements importants ces derniers mois. »

Cette dernière phrase n’est pas censée être une tentative de le faire parler. Il le fera s’il en a envie. Surtout que même si je me décide à tenter de lui aider, entre autre pour payer ma dette, je peux le faire uniquement s’il accepte ma tentative d’aide, de toute manière. Non, cette remarque n’était pas censée le faire parler. Je l’ai dit juste pour qu’il sache que je ne suis pas aveugle, que j’ai remarqué la façon dont il a changé. Mais je passe rapidement à un autre sujet pour lui montrer que je ne creuserais pas. Qu’il peut parler s’il le veut, mais que je ne le forcerais pas. Surtout que ce serait chelou. On se connait à peine, près tout, et il est peu probable qu’il voudrait me parler de ces choses-là.

« Si je me rappelle bien, vous êtes artiste, non ? »

Voilà un sujet un peu plus neutre. Enfin, j’espère. Et d’autre part, un sujet qui me permettra peut-être d’ouvrir une conversation grâce à laquelle j’apprendrais à connaitre le Terre à côté de moi. Parce que si c’est vraiment le karma, les kami eux-mêmes qui veuillent que je tente de lui aider, alors il faut qu’on apprend à ce connaitre tout d’abord. Devenir amis, même, peut-être. On verra bien. Le moins que je puisse faire est de faire un effort légitime. Même si d’habitude je suis quelqu’un d’extrêmement enfermé moi aussi.


##   Sam 26 Aoû 2017 - 13:14
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Yataro Kurei, maintenant qu’il le dit tu t’en rappelles comme d’un souvenir brumeux. Ta réalité est devenue brumeuse depuis quelques mois, tu as rencontré beaucoup de gens, mais peu t’ont marqué, et ceux qui l’ont fait ont laissé des traces douloureuses sans le vouloir. Tu étais malheureux en arrivant à Terrae, tu as voulu croire que ce changement d’air te permettrait d’aller mieux. Tu t’es persuadé que c’était ce dont tu avais besoin, mais tu étais trop brisé pour que cela fonctionne. T’as toujours fait semblant, t’as toujours porté un masque, un sourire, ça cache les failles…

Sourit et on ne te pose pas de questions. Comment tu vas ? Bien, on y croit grâce à ton sourire. Et puis personne ne veut savoir que quand tu rentres chez toi tu pleures pendant des heures. Ça n’intéresse personne les blessures qui constellent ta peau tant que les manches de ton pull les masquent. Tu vas bien, et c’est tout ceux qui compte pour ceux qui veulent te parler de leurs problèmes, et toi t’as jamais eu les couilles de dire « non là je peux pas, j’ai déjà du mal à me gérer, ne déverse pas ta souffrance sur moi. » T’as préféré fermer ta gueule trop longtemps, t’as cru qu’en te blessant ça irait mieux.
T’as cru que personne ne verrait les marques bleues sur ton coup quand tu t’étranglais avec ton écharpe tant que l’écharpe restait en place pour les masquer. T’as cru que personne ne verrait les cicatrices laissées par la lame d’un rasoir sur tes membres tant que l’étoffe de tes habits les dissimulait… Et le plus douloureux c’est peut-être que tu as eu raison, personne ne s’est rendu compte que tu étais à la dérive, tout le monde a cru en ton masque. Personne ne te connaissait assez, personne ne tenait assez en toi pour chercher plus loin. Alors t’étais en colère contre eux, alors t’étais en colère contre toi et tu te faisais encore plus mal.
Et tu souriais encore et toujours, et tu essayer d’oublier la souffrance. Et tu devenais tellement fort dans ce jeu d’acteur que tu commençais à croire à ton jeu… Tu devenais tellement fort, comment pouvais-tu reprocher aux autres de ne pas voir ce que tu leur cachais ? C’était plus facile de te convaincre que tu ne comptais pour personne…

En quelques phrases il arrive à retourner la situation, tu espérais qu’il parlerait de lui, les gens aiment bien parler d’eux. Ce n’était pas le cas de l’homme tu venais de t’en souvenir… Seulement malgré ton besoin de parler de toi tu n’osais pas le faire. Ça faisait longtemps que le « je » n’était devenu qu’un mot secondaire dans ton vocabulaire. Heureusement qu’il ne te demande pas directement les changements qui ont eu l’air d’avoir lieu chez toi ces derniers mois. Malheureusement peut-être, t’as décidé de ne plus mentir. T’as décidé de plus porter ce fucking masque, maintenant quand on te demande si ça va, si tu sens que la personne s’en soucie réellement tu lui réponds que non, mais que tu y travailles… Seulement plus personne ne s’en soucie.

« Vous semblez avoir des semaines bien remplies mais vous en parlez pourtant de façon vide. »
constates-tu.

T’es plus ou moins certain qu’il n’a pas fait la remarque pour t’abaisser, pour te dire que t’as une sale gueule de dépressif. T’en es persuadé, mais au fond c’est comme ça que tu le vis. Tu diras rien, parce qu’il change de sujet… et que de toute manière tu n’aurais rien dit. Fermer ta gueule et serrer les dents c’est une habitude qu’on perd difficilement.

« C’est cela, enfin, c’est présomptueux de s’autoproclamer artiste, mais je maitrise les techniques de base de nombreuses disciplines artistiques. Pourquoi ? »

Peut-être avait-il besoin d’un artiste pour une quelconque raison. On t’avait souvent demandé de faire des portraits, parfois des cartes de visite ou des visuels pour les entreprises de tes amis. T’avais tour à tour été, prof, décorateur d’intérieur, portraitiste, plaquiste, jardinier… On ne savait jamais comment t’utiliser plus mais on trouvait. Peut-être juste pour lancer la conversation, tu devrais être reconnaissant qu’il se soucie assez de toi pour te parler, pour noter que tu existes… Et en même temps il fait partie de ceux qui n’ont rien vu… Alors même que tu sais que c’est normal, tu n’as jamais prétendu être important pour lui, ni pour personne… Alors même que tu te souviens qu’il s’était rendu compte que quelque-chose clochait… Malgré tout tu sens une pointe de colère que tu cherches à étouffer. Peu importe.



##   Mer 30 Aoû 2017 - 0:02

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Encore une fois, je regarde monsieur Petit du coin de l’œil avant de boire une gorgée de mon café. Je parle de mon quotidien de façon vide ? Peut-être. Je ne suis pas quelqu’un qui peut le juger. Je sais ce que j’en pense, après tout, mais souvent je ne dis pas tout à quelqu’un d’autre. Je prends les questions qui me sont posés littéralement, alors si on me demande ce que je fais, je dis ce que je fais.

Des fois je prends des choses un peu trop littéralement ceci dit…

« Ce n’est pas comme si je n’aimais pas ce que je fais. Simplement, si vous me demandez ce qui a changé depuis notre dernière rencontre alors qu’il n’y a pas eu des changements, je ne peux pas en dire plus. »

Pourquoi je me défends ? Pourquoi je m’explique ? Allez savoir. Peut-être c’est parce que je ne veux pas qu’il pense que je vais mal. A ce que je me rappelle, il est le genre de personne qui a tendance à mettre les besoins des autres devant les siens. Alors que là, clairement, il est d’une humeur où il devrait se soucier plus de lui-même que des autres. En fait c’est possible. Surtout que je ne rien à lui déverser. Je n’en ai pas la moindre envie. C’est plutôt que je veux lui payer une dette et lui aider comme lui il m’a aidé il y a deux ans maintenant. Et bien qu’il me semble que j’en ai la possibilité, l’ide dont il a besoin ne peut pas venir d’un parfait inconnu. Il faut que j’apprenne à le connaitre d’abord. A le comprendre. Et à lui faire comprendre que je ne veux rien de lui si ce n’est devenir son ami.

Ça me fait assez bizarre, parce que ça fait extrêmement longtemps que je n’ai même pas eu la notion de vouloir un ami. J’étais un loup solitaire qui doit se démerder seul même dans les situations où cela n’est pas possible. Je ne pensais pas que quelque chose allait changer si je viens à Terrae. Bien qu’il faut admettre que si je veux devenir son ami, ce n’est pas parce que je ressens le besoins d’avoir des amis, moi. C’est plutôt parce que je sens qu’il a besoin d’amis et qu’apparemment il n’en a pas des masses. Ajoutant la dette que je lui dois qu’il l’accepte ou non et j’ai toute raison de vouloir m’approcher de lui, de devenir son ami.

Ceci dit, une amitié, ça ne fonctionne pas à sens unique. Si je veux lui aider, je dois d’abord gagner sa confiance, devenir son ami. (Putain, ça sonne comme si j’allais m’approcher de lui à cause d’une arrière-pensée maléfique pour l’utiliser quand je le dis comme ça, même dans ma propre tête ! Alors que ce n’est pas ça du tout !) Mais pour cela, il n’y a pas que moi qui dois apprendre à le connaitre. L’inverse et tout aussi vrai. Et je dois avouer que j’ai des sentiments mixtes par rapport à ça. Parce qu’au fond, je sais que je suis resté aussi fermé que je l’ai toujours été. Que m’ouvrir à quelqu’un d’autre ne sera pas facile du tout. Mais bon. On tente, on verra ce que ça donne. De toute manière, je ne peux faire rien d’autre, puisque mon honneur ne va pas me laisser repartir sans tenter. C’est juste qu’au bout d’un moment, mon honneur et ma façon d’être vont probablement s’affronter. On verra lequel l’importe quand cela arrivera.

Je relève mes yeux de ma boisson où mon regard s’est fixé quand monsieur Petit me demande la raison pour laquelle j’en viens à son occupation d’artiste. Déjà de la façon dont il réplique, j’affirme quelque chose que je crois avoir déjà remarqué avant : il est modeste. Peut-être un peu trop d’ailleurs, mais ça, je ne le saurais que s’il me montre ses œuvres. Uniquement dans le cas où il accepte de me les montrer, évidemment.

« Je cherche un ou deux peintures que je pourrais mettre dans ma chambre, à vrai dire, pour que les murs ne soient pas aussi vides. Mais je n’ai encore rien trouvé qui me plaisait. Je me suis dit que, puisque vous êtes artiste, je pourrais peut-être acheter une de vos peintures si je trouve quelque chose ? Si vous êtes d’accord pour me les monter et éventuellement m’en vendre une, bien sûr. »

Je lui réponds, encore une fois le regardant encore une fois du coin de l’œil pour juger sa réaction. Après, à vrai dire, l’autre problème que j’avais était de trouver quelque chose qui me plaisait mais qui était dans une fourchette de prix acceptable pour mon porte-monnaie. Mais ça, c’est un détail assez logique. Et puis, si je n’aime pas quelque chose assez pour mettre des sous de côté pour l’acheter, c’est que ça ne me plait pas assez. Du coup j’essaye un peu toutes les possibilités. Certes, demander à monsieur Petit m’est venu juste comme ça, maintenant, littéralement à l’instant. Ceci dit, des fois, des idées venant comme ça sont souvent les meilleures.


##   Ven 1 Sep 2017 - 19:30
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Tu hausses les épaules, peu enclin à lancer un débat. Il t’a fait une liste plutôt que de parler de ce qu’il devenait, un agenda eut été tout aussi informatif. Il traitait la question comme si elle ne le concernait pas, il n’y avait pas de « lui » dans la réponse… Mais il ne le comprendrait pas, il était trop rigide et était passé trop vite sur la défensive pour que tu ais réellement envie de continuer sur le sujet. Tu aimais bien débattre avant, mais tu ne partais jamais certain de garder tes opinions inchangées et c’était ce qui te faisait autant aimer cette activité.
Tu ne cherchas pas à lui expliquer en quoi sa réponse était vide, en quoi elle eut pu être semblable s’il eut parlé d’une autre personne. Il ne parlait pas de devenir mais d’un état figé, en d’autres temps tu aurais trouvé cela triste, maintenant peu t’importait. T’essayais de te foutre des gens, était-ce feint ou sincère ? tu ne le savais même pas à vrai dire, et comme beaucoup de choses maintenant tu t’en foutais. T’avais changé, en bien ou en mal le futur nous le dirait, mais tu n’étais plus aussi doux qu’avant. Si t’avais bien compris une chose de ces derniers mois, c’est que te tourner vers les autres était e=une façon de t’oublier… Et cela te desservait trop pour que tu continues ainsi.
Peut-être cela eut-été important pour l’homme que tu lui expliques le fond de ta pensée, peut-être cela l’eut-il aidé ? En tous les cas tu savais que ce débat t’aurait volé de la force vitale et ça tu préférais éviter. Tu tendais de plus en plus vers l’égoïsme, mais on a tous besoin d’un peu d’égoïsme dans sa vie, non ?

Heureusement que tu n’entends pas ses pensées, sinon tu aurais trouvé sa logique nauséabonde. Elle mêlerait d’après toi pitié et aprioris qui pour fondés qu’ils soient se seraient révélés bien plus blessants que constructifs. Tu t’énerverais de le voir décider pour vous deux ce qui est bon pour toi. Et si tu ne voulais juste pas de son aide ? Et si tu ne l’appréciais simplement pas ? Essaierait-il de te forcer ? On ne force pas une amitié.

Il t’énonce son problème de manière assez convaincante pour que tu ne te demandes pas s’il vient de l’inventer. Après tout il aurait pu te demander si tu étais un artiste pour lancer la discussion… En d’autre temps tu serais parti au quart de tour parlant de ta passion avec emphase.

« J’ai pas mal de toiles et de dessins diverses qui encombrent ma chambre, si vous voulez m’en débarrasser ce sera avec plaisir. »


Tu te dis un instant que tu ne devrais pas recevoir d’argent pour des œuvres que tu aurais de toute manière finis par jeter un jour… Le jour où tu réussirais à retourner dormir dans cette piaule sans qu’elle te file des idées nauséabondes. Mais en même temps si ça le rassure de te donner de l’argent en contrepartie, si cela lui permet de se sentir bien, tu ne vas pas le lui jeter à la figure… Même si toi tu n’as pas l’impression de le mériter… Oh putain tu me saoules tu recommences.

« Passez à l’occasion, je vous montrerais. »


##   Mar 12 Sep 2017 - 20:44

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La réponse qui me fut donné n’est pas une à laquelle je m’attendais, dans le sens ou la formulation de la pensée me semblait étrange. Les toiles qu’il avait ‘l’encombraient’ et il s’en ‘débarrasserait avec plaisir’ ? Ce n’est pas vraiment la façon de parler à laquelle on s’attendait de la personne même qui a fait les toiles en question. Cela semble presque comme s’il faisait de la peinture non pas parce qu’il aimait le faire, mais parce qu’il s’en sentait obligé pour une raison ou une autre. Je ne suis pas artiste moi-même, mais je ne pense quand même pas que ce soit la façon dont la plupart des peintres parlent de leur travail. Une toile finie n’est-elle pas censé être au moins un peu importante d’une façon ou d’une autre pour celui qui l’a peint ? J’ai toujours cru que oui. C’est ce qui me semblait logique. Mais cela ne semble pas être le cas de monsieur Petit.

Une seconde, je me demande si je ne devrais pas remarquer mes observations à voix haute, comme il l’a fait avant. Mais au final, je les garde pour moi par habitude. Puis j’hésite. Mais non, les mots ne viennent pas. Ce n’est pas étonnant. Je n’aime pas m’ouvrir aux autres et donc par politesse, je ne demande pas autre chose de mes interlocuteurs. Ceci dit, on propre comportement va me pousser vers une impasse si ça continue et j’en suis conscient. Il viendra certainement un temps où je vais devoir changer mon attitude si je veux réellement tenter d’offrir une amitié à monsieur Petit. Mais pas pour l’instant. Il est encore trop tôt. Pour lui et pour moi. Je le sens.

« Avec plaisir. Pourriez-vous me dire dans quels horaires il est possible de vous retrouver chez vous ? Ou préfériez-vous d’échanger des numéros de téléphone pour que je puisse vous appeler avant de venir ? »

OK, Cette idée que je viens d’avoir en ce qui concerne le devoir de ‘changer mes habitudes’ ? Oublions. Je viens de le faire. Et c’est sorti tout naturellement aussi…

Bon, en même temps, ce n’est pas comme si monsieur Petit était le premier avec lequel j’échangerais des contacts. Je l’ai fait avant aussi avec d’autres personnes. Et tout comme ce cas-ci, c’était pour une raison autre que ‘juste vouloir être en contact comme des potes’. En fait, à y réfléchir, tous les numéros de téléphone que j’ai dans ma liste des contacts sont des numéros dont j’ai besoin pour un de mes deux boulots ou la fac. Si monsieur Petit acquiesce d’échanger les contacts, il sera juste la seule personne à qui j’ai demandé le numéro pour pouvoir trouver un rendez-vous unique au lieu d’être en contact plus ou moins régulier pour diverses raisons. C’est probablement pour ça que la question est sortie aussi naturellement, d’ailleurs. Sinon, ça serait vraiment trop bizarre.


##   Mer 13 Sep 2017 - 19:05
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Tu ne réfléchis pas longtemps, pas farouche pour deux sous tu fouilles tes poches à la recherche d’un crayon et d’un bout de papier, plus ou moins certain d’en trouver un. T’as toujours l’art de tout récupérer dans tes poches des serviettes de la cantine non usagée aux centimes ramassés dans la rue, elles sont remplies de maints trésors qui tu récupères au fil de ta journée.
Tu ne trouves pas de papier mais les serviettes sus citées. Elles ne sont pourtant pas vierges, des arbres y sont griffonnés au crayon à papier. Tu t’es déjà fait la remarque la veille que tu n’avais rien pour dessiner, alors tu as utilisé ce papier qui n’était pas destiné à recevoir tes pensées. En d’autres temps tu lui aurais proposé d’entrer directement son numéro dans ton téléphone portable, mais tu ne le promènes plus avec toi. Tu as peur de découvrir la personne qui le fait vibrer, peur de te décevoir en n’arrivant pas à décrocher… Et peut-être encore plus peur qu’il ne sonne pas. Il ne t’accompagne plus, et s’il n’est pas déchargé reste caché dans un coin de ta chambre où tu ne regardes que rarement.

« Voici mon numéro, envoyez un message deux trois jours à l’avance pour me dire quand vous passerez. Je suis assez disponible en ce moment, je pense que je saurais m’adapter. »

Assez disponible, doux euphémisme pour l’homme oisif qui ne rythme ses journées que par ses rendez-vous à l’hôpital. Bien entendu, tu dessines le reste du temps, c’est une occupation comme une autre bien sûr… Mais elle ne te donne pas un cadre rigide, tu es libre de dessiner ou pas, de préférer le matin au soir, le soir au matin. Tu es libre et ça te fait du bien, tu te sens coupable d’un côté d’être devenu un poids pour la société, mais de l’autre ça fait du bien de souffler.

Tes parents te répétaient souvent, qu’être un artiste ne payait pas un repas… Et s’ils t’avaient soutenu dans tes études d’arts c’étaient bien car tu leur avais signifié dès le départ que tu voulais être professeur dans un collège. Ils voulaient faire de toi un membre actif et respectable de la société, ils voulaient ton bonheur et que jamais tu n’aies à te coucher la faim au ventre. Tu avais donc du mal à lâcher prise, mais cela te faisait un bien certain.

« Je vais vous laisser par contre. »

Tu ne donnes ni raison ni excuse, tu n’en as pas. Tu n’as juste nulle raison de rester dans cet hôpital maintenant.


##   Mer 13 Sep 2017 - 19:59

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Au lieu de me répondre verbalement, monsieur Petit  commence à fouiller dans ses poches, le temps de trouver de quoi écrire et un bout de papier. Enfin, une serviette, parce qu’il ne semble pas avoir trouvé du papier. Il me la passe aussitôt après y avoir écrit quelque chose dessus. Son numéro de téléphone. J’acquiesce avec un hochement de tête quand il me dit de lui envoyer un message quelques jours en avance, puis sors mon portable pour entrer son numéro dans mes contacts de suite. Voilà, c’est fait.

« Je n’ai rien sur moi pour vous passer mon numéro de téléphone, donc je vais cous envoyer un message maintenant, pour que vous ayez mon numéro aussi. Est-ce que cela vous convient ? »

Je demande en tournant la tête vers lui, puis écrivant le message en question. Rien de spécial, d’ailleurs, juste un simple ‘bonjour, c’est Kurei Yataro. Voici mon numéro.’ Pas comme s’il y avait autre chose à écrire, à vrai dire.

En même temps que je tape ce texto, cependant, il y a quelque chose qui attire mon attention dans ce que monsieur Petit a dit. Et ce quelque chose, c’est une contradiction dans ses propos. S’il demande un message quelques jours en avance, c’est bien compréhensible, il pourrait être occupé. Mais juste après, il dit qu’il est ‘assez disponible’. Je ne suis pas le meilleur en ce qui concerne les interactions interhumaines, mais je suis assez persuadé que les gens ‘disponibles’ ont plutôt tendance à dire ‘envoi-moi un message quand tu peux, je suis assez disponible’ que ‘préviens-moi en avance’. Donc, soit il n’est pas vraiment disponible, mais prétends de l’être quand même (ce qui n’a aucun sens) soit il y a une autre raison pour laquelle il aurait besoin d’un message bien en avance. Après, il se peut bien que c’est juste qu’il n’aime pas que les gens demandent de débarquer chez lui dernière minute, ce qui est compréhensible, mais… il y a quelque chose qui me dit qu’il y a une autre raison encore. Je le sens.

Ce sentiment est-il assez pour lui poser la question ? Bien sûr que non. Surtout qu’il ne serait même pas obligé de me dire la vérité. Et puis, pourquoi cela m’intéresserait ?

Oui, oui, je sais pourquoi. Moi et mon honneur… je sens que celui-ci va entrer en conflit avec ma manière de vivre assez rapidement si ça continue comme ça. Sérieusement…

(Et oui, c’est juste mon honneur. Rien d’autre. C’est clair ?)

(Oui, oui, continue à te le dire, ce n’est que ton honneur qui te pousse à te soucier de lui, bien sûr. Tout le monde te croit.)

Monsieur Petit s’apprête à partir. Encore une fois, j’acquiesce de la tête et je suis sur le point de lui souhaiter une bonne journée, mais au lieu de ça, je finis par dire autre chose. Après tout, s’il est vraiment assez disponible…

« Si vous avez du temps libre maintenant, nous pourrions peut-être aller voir vos toiles ? A moins, bien sûr, que vous avez déjà un planning pour la journée, dans ce cas je peux vous contacter ultérieurement. »

Alors, il va réagir comment ? Et pourquoi je pousse autant, putain ?! C'est pas mon genre d'agir sur mes pensées et mes observations comme ça... Même si c'est parce que je veux lui repayer une dette et que je dois tenter de m’approcher de lui d’abord pour le faire (s’il acceptera mon aide, ce qui n’est probablement pas gagné…), ça va loin là.

(Mais c’est juste ton honneur. C’est ce que tu disais, non ?)

Mouais, mon honneur… j’ai comme l’impression que même ma conscience se moque de moi, là…


##   Mer 4 Oct 2017 - 19:32
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Tu acquiesces simplement, pas besoin de se prendre la tête, tu recevras un message, tu le verras quand tu auras le courage de regarder ton portable. Tu envisages de changer de numéro de téléphone peu sérieusement. Tu voudrais juste fuir les appels et messages de ta famille, ne pas avoir à te confronter à ta propre lâcheté à chaque fois que la liste des appels manqués et des textos sans réponse croit. Ça te fait stresser en vrai tous ces mails, ces messages, ça te force à te confronter à eux et tu n’aimes pas ça… Alors tu continues de faire le mort en espérant que les messages s’espacent.

T’as pas de planning, pas de raison de refuser, tu ne te demandes même pas si tu as envie de refuser. Tu te dis juste qu’au moins comme ça tu seras débarrassé.

« Ah, bien sûr. Je pensais que vous aviez rendez-vous à l’hôpital. »

C’est ce que t’en avais conclu assez facilement en le croisant ici. Après tout les gens ne venaient pas à l’hôpital par plaisir, à la rigueur pour faire des promenades de santé… Quoi que, certains viennent aux urgences la nuit car « ils ont vu de la lumière » et ce sont dit que c’était le bon moment pour venir parler de leur acné à 2h du matin… Ahem, je m’égare.

Du coup tu as un projet pour la journée, c’est du stress aussi quand tout tes projets sont modifiés au dernier moment… Sauf que non, aujourd’hui tu n’avais pas de projets, tu hésitais entre aller te caller au lac ou sur le toit pour dessiner tranquillement. Tu hésitais aussi entre l’aquarelle et la craie grasse, tu n’avais plus beaucoup de feutres, nombre de couleur avaient séché durant la longue période où tu ne les avais pas utilisés. Tes crayons eux avaient mal vécu ta perte d’appointe à crayons. Faudrait que tu te motives un jour où l’autre à faire des courses, mais pour l’instant c’est encore inscrit sur la longue liste des choses que tu remets à demain.

Dans le bus qui vous ramène à Terrae tu as un regain de professionnalisme plus qu’un besoin de meubler la conversation.

« Dites-moi, vous avez des thèmes préférés, des couleurs favorites ? Des styles ou des artistes préférés peut-être ? »

Il faut que tu te guides sur ce que tu peux lui montrer sans lui faire perdre son temps. Déjà il veut voir des dessins, donc tu ne lui montreras pas statues, les sculptures, d’ailleurs tu ne penses pas que les photos, les collages et toutes autres sortes d’œuvres moins classiques l’intéressent…


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