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C'est une belle journée • Joy ♥
##   Dim 3 Sep 2017 - 20:19

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La décision a été prise il y a trois jours ; Misao peut ressortir de l'hôpital. Sa psychologue en a discuté longuement avec lui ; ils ont pu parler de ses inquiétudes et des risques, que Misao envisage toujours. Le fait qu'il en soit conscient, cependant, est un facteur encourageant, selon la jeune femme. Retourner dans le monde après autant de temps le rend nerveux, mais leurs séances ne s'arrêteront pas pour autant. S'il en a besoin, il pourra toujours appeler. Autant de raisons qui lui font comprendre qu'il doit se forcer, au moins un peu, à ne plus dépendre des autres. Reprendre une autonomie, réapprendre à vivre.

Ses cartons faits, il les contemple longuement, d'un oeil qui trahit sa détresse. Un frisson remonte du tréfond de son être, jusqu'à le secouer tout entier. Bien. Tout est là, dans ces quelques cartons. Huo a prévu de venir l'aider le soir-même, histoire qu'il n'ait pas à tout trimballer lui-même. Il va mieux, et il est plus fort physiquement ; moins maigrelet, le teint moins cireux et la mine bien moins défaite. Pour autant, il a habité cette chambre durant les trois derniers mois - le temps que sa santé aille mieux, qu'il accepte de remanger, qu'il cesse de se faire du mal.

Le feu baisse les yeux vers ses mains, ces mains encore pleines des stigmates de sa violence. Les cicatrices courent sur ses doigts et sa paume rugueuse. Jamais elles n'auront plus le même aspect, et il s'en veut d'avoir laissé ces marques aussi visibles ; mais sans le concours des guérisseurs de l'institut, sans doute le seraient-elles davantage. Le chercheur est au final bien chanceux, et il le sait. De toute manière, personne ne verra ses mains sous ses gants en plastique... Lorsqu'il reprendra le bureau…

Dernière journée passée ici. Il fait ses au-revoirs silencieux aux lieux, aux personnes qu'il a côtoyées pendant un moment. Bientôt, il n'aurait plus à justifier de ses allées et venues. Il pourra sortir. Et, peut-être, aller mieux ?

Au final, l'idée de quitter l'hôpital, qu'il considérait comme un cocon sécurisant, le laisse juste rempli de questions et d'angoisses. Le dortoir lui apparaît comme un environnement hostile, bien qu'il sache être simplement perclus par ses idées négatives.

L'heure de partir n'est pas encore arrivée, mais elle approche, et Misao ne sait pas vraiment quoi faire à part déambuler dans les couloirs comme un malade, hagard et perdu. Jusqu'à croiser une masse de cheveux blonds surmontant un visage durci par les années... Il hausse deux sourcils alors qu'il l'aperçoit de loin, et est tenté de disparaître grâce à son pouvoir. Il se retient, conscient qu'elle ne réagirait sûrement pas aussi bien que Roxanne… (Il déglutit à cette pensée, qu'il chasse aussitôt.)

—Joyce ?

Ce n'est pas vraiment étonnant de la trouver à l'hôpital, mais vu la période du mois, ça n'a pas vraiment l'air d'être le moment de son rendez-vous mensuel... Il continue à marcher dans sa direction, jusqu'à arriver à sa hauteur. Un peu plus lentement qu'il ne l'aurait voulu, hésitant. Mais il s'efforce de garder le menton haut, et de lui lancer un sourire maladroit pour la circonstance.

—Salut... Qu'est-ce que tu fais là ? Comment tu vas ...?

Il ne sait pas vraiment quoi lui dire, dans son malaise. Mais au fond, il est content de la voir, cette petite peste.



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##   Dim 3 Sep 2017 - 21:15

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J'en avais ma claque. Mon mur a eu une marque de plus de mes pouvoirs, la fumée s'élevant encore de la fente. J'enrageais.
Je n'avais plus revu Misa depuis des mois, et mon ami me manquait. Il m'avait accompagné à chacun de mes foutus rendez-vous, m'avez expliqué ce que je ne comprenais pas forcément dans un langage que je pouvais entendre, m'avez donné les données et les possibilités sans jamais me prendre pour une patiente faible et désespérée. Il m'avait épaulé... Et avait brusquement disparu.

Vivant dans ma bulle et ayant moi-même vécu une période trouble, je n'avais pas osé aller frapper à sa porte. Peut-être aurais-je dû? J'avais bien envoyé quelques sms, histoire de demander des nouvelles, inquiète de son silence, mais rien. J'avais finie par m'y résoudre, par attendre patiemment qu'il revienne... Ou qu'il m'avoue qu'il préférait ne plus me voir. Mais je n'avais jamais été contacté.

Furieuse de son silence et de son absence, ne comprenant pas son comportement - les avertissements des médecins concernant mes entraînements étant tombés après sa brusque disparition - j'ai déboulé le matin dans son couloir, frappant avec violence contre le bois.
C'est à ce moment là que l'une de ces voisines m'a avoué que cela faisait des mois que mon ami était à l'hôpital. Des rumeurs avaient courus, on était dans le même putain de couloir et je n'avais pas su. Et bien sûr, cette conne me prenait de haut en me disant que vu les amis qu'il avait c'était pas étonnant de finir comme ça. Connasse.

Alors me voilà dans ma chambre, furieuse, à la fois contre lui et contre moi. Contre lui, pour sa connerie et son silence, et contre moi, parce que, trop centrée sur mon propre état, je n'avais pas vu sa déchéance.
J'ai soupiré. Je ne pouvais décemment pas rester là les bras croisés. Il fallait que je le vois, que je constate par moi-même qu'il allait bien. Qu'il allait mieux. Que je lui foute une gifle ou deux, peut-être. J'étais une véritable enragée. Mais je savais très bien jouer la comédie.

Quand je suis entrée dans l'hôpital, j'ai eu une bouffée d'angoisse suivie d'un brusque soulagement. Le rendez-vous annuel était passé depuis quelque jour et j'avais eu quelques réponses à mes questions. Ys avait eu du mal à gérer, comme moi, surtout quand il avait appris la situation, mais c'était passé. Cependant, il me faudrait à présent en parler à mes amis, et à Mitsuki, ma prof. Mon Dieu, que dirait Liam? Et Misao, devais-je le lui dire? Dans son état, c'était pas vraiment conseillé.
La réceptionniste m'a vite reconnu et a paru surprise de me voir arriver si tard au chevet de mon ami. Ouais, c'est bon je sais, je suis à chier comme pote. Elle m'a cependant avoué qu'il allait pas tarder à pouvoir sortir tout en me confiant que pour son bien et le mien, il valait mieux que je taise mon état. Merci, je suis au courant!

J'ai avancé vers sa chambre sans une once d'hésitation, poussée par la colère et la culpabilité. Manquer de perdre un ami sans le savoir pour l'apprendre trois mois plus tard, c'était pas vraiment mon délire. C'était atrocement culpabilisant et déstabilisant. Misao, t'avait pensé à nous? Ta soeur, tes amis?

—Joyce ?

Je me suis tournée, entendant sa voix pour la première fois depuis bien très longtemps. Il était là. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il était en forme, mais il n'était pas aussi lamentable que je me le serai imaginée. Ben quoi? J'étais inquiète!
Je n'ai pas pu réagir. J'étais encore sous le choc des retrouvailles. Il avait quelque chose de changé. Je m'en voulais... Je lui en voulais. C'est lui qui s'est approché, bien trop lentement pour paraître naturel. J'avais les yeux foncés par l'inquiétude et la rancœur ou encore la culpabilité. J'étais pas vraiment d'humeur, j'avoue. J'aurai jamais dû venir sur un coups de tête, c'est vrai aussi.

—Salut... Qu'est-ce que tu fais là ? Comment tu vas ...?

Il avait un sourire maladroit. Un peu comme s'il craignait nos retrouvailles. Il fallait pas que je réponde tout de suite. J'allais sortir une connerie. Calme toi Joyce, calme t...

- Je suis venue te voir. Chez toi je veux dire. J'avais envie de comprendre pourquoi t'as disparu sans un mot y a de ça des mois. Et devine quoi? Ta voisine m'a dit qu'avec une amie aussi concernée que moi, c'était pas étonnant que t'ais finis ici. Sympa hein?

Ah ben voilà. J'avais pas réfléchis. Ma tirade puait la douleur. Mais j'étais tellement soulagée de le voir! Tellement heureuse qu'il soit toujours là.

- J'ai appris aujourd'hui. Je savais rien. J'ai essayé de te joindre, j'étais persuadée d'avoir merdé et que tu t'étais tiré pour ça. En fait non. Je suis juste trop conne. J'ai rien vu venir. Enfin, si t'as finis là, je suppose que je suis pas la seule à rien avoir compris hein?

Arrête de parler Joyce. Il était là. Il allait bien. Je sais aujourd'hui que je parlais sous le coups de l'inquiétude. Je sais que je ne voulais pas le blesser, mais simplement évacuer toute cette souffrance, chacune de ses pensées atroces m'ayant traversée l'esprit depuis que je savais.
Il était là. Il allait bien. Il était là. Devant moi. Il allait bien. Il allait sortir. Tout irait bien. Sans plus attendre, j'ai fondu contre lui, le serrant contre moi avec force et tendresse à la fois, faisant attention à ne pas lui faire mal mais comprenant par ce geste que c'était vraiment vrai. Je ne l'avais pas perdu. Pas comme ma famille. Pas comme lui me perdrait, dans quelques temps, si l'on ne faisait rien. Surtout, ne pas parler de ça.

- T'as pas finis de m'apprendre à jouer au Baseball, pourquoi t'as disparu? Imbécile. Ne me refais jamais une peur pareille.


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##   Dim 3 Sep 2017 - 23:17

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Le visage de Joyce est crispé, comme si elle se retenait de lui lâcher ses quatre vérités en face. Sur le coup, Misao ralentit avant d'être complètement à sa hauteur, puis s'arrête complètement. L'incompréhension se lit un instant sur son visage, de même que sa culpabilité ; il ne voulait pas lui faire du mal, ni l'inquiéter, mais est-ce qu'elle ne se serait pas plus inquiétée si elle avait eu de ses nouvelles ? Au début, ils lui avaient pris son portable, pour qu'il puisse réellement décrocher du monde extérieur, pour qu'il puisse, tout doucement, aller mieux et se faire confiance. Et puis il avait vu tous les messages, tous les appels, et il s'était décidé à les ignorer, à garder son portable sous scellé, et surtout à ne pas répondre à l'avalanche de questions qui lui donnaient le tournis.

Il se rend bien compte qu'il n'aurait pas dû, et c'est effectivement la première chose que la petite Feu fait. Ses épaules s'affaissent sous le poids de ses accusations, sous le poids de sa colère et de son amertume. Le sang quitte son visage et il demeure plus pâle qu'il ne l'était déjà à cause de son manque d'exposition au soleil.

Il déglutit et, aussitôt, il a pour seule aspiration de retrouver sa chambre d'hôpital, s'y enfermer, se foutre en PLS et ne plus reparler de sortir avant Noël de l'année prochaine.

Les yeux bleus de Misao se baissent sur le sol et il est forcé de détourner la tête pour ne pas voir le visage de son amie. Il sait qu'il a merdé, c'est bon. Pas besoin de lui rappeler à quel point il a été lâche, à quel point il a pété les plombs. Mais est-ce qu'elle avait vraiment besoin de savoir qu'il avait eu envie de se tuer à plusieurs reprises ? Elle ne doit pas vraiment savoir, ni comprendre pourquoi il est ici ; il se doute que sa charmante voisine a dû lancer quelques rumeurs intéressantes en ne le voyant pas revenir. Lui le traître, n'est-ce pas ?...

Il ressent comme une main qui lui compresse le coeur et est pris d'une violente nausée. Il aurait voulu s'excuser, mais ses lèvres restent résolument closes.

Pourtant, elle s'avance et entoure sa poitrine de ses bras maigres. Misao a un instant de bug monumental avant de daigner lever les bras pour la serrer contre lui à son tour, courbé pour pouvoir être à sa hauteur. Son menton atterrit sur son crâne, ses yeux humides tentent de ne pas se laisser déborder.

—J'suis vraiment désolé, Joy... Je voulais pas t'inquiéter... J'ai eu quelques… soucis passagers. Mais je suis censé sortir ce soir. J'vais mieux.

Il aimerait lui dire qu'il n'a pas envie de rentrer aux dortoirs, mais il s'abstient. Elle ne voudra sûrement pas entendre ça. Ne comprendra surement pas à quel point il a peur de retourner dans ce couloir-là.

—J'ai prévenu personne, je voulais pas vraiment vous imposer ça... Je pensais que je mettrais moins de temps à sortir. Personne est responsable.

Doucement, il se recule et observe son visage. Il a beau être très grand, il se sent ridiculement petit face à son regard. Il y a un moment de silence avant qu'il ne se décide.

—Tu... enfin, on peut aller dehors, si tu veux ? hésite-t-il. J'allais sortir faire un tour avant qu'Huo n'arrive.

C'est le regard des gens qui passent dans les couloirs. Il se sent épié dans son intimité, et il est particulièrement convaincu que s'il retourne dans sa chambre, il n'aura plus jamais envie d'en repartir.



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##   Dim 3 Sep 2017 - 23:36

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J'étais presque au bord des larmes. J'avais eu beaucoup trop d'émotions en trois jours: La dispute avec Ys, le rendez-vous annuel, les résultats, Misao... Stop. J'avais besoin de cinq minutes.
Il a pas mit longtemps à me serrer à son tour, son menton dans ma tignasse blonde. Il m'a demandé pardon de ne rien avoir dit, m'a assurer que ce n'était que passager, qu'il allait mieux. Menteur. S'il pensait que je ne savais pas ce que c'était! Quand ma famille a disparu et qu'on m'a annoncé pour la maladie, j'ai manqué d'attenter à mes jours. J'y ai pensé pendant des mois. J'attendais une occasion, j'attendais que la maladie m'emporte. Et puis on m'a annoncé que la maladie s'était stoppé, que je craignais plus rien tant que ça restait ainsi. Evidemment, c'est quand j'ai voulu vivre de nouveau que cette garce s'est remis à m'en foutre plein la tête. Sinon, c'est pas drôle.
J'ai longtemps pensé attraper un des scalpels de l'hôpital dans lequel j'étais. J'y ai pensé. Et ça ne part pas comme ça, croyez moi. On a toujours peur de revenir dans le monde réel après, on a peur de replonger. Et on se demande souvent si on a bien fait de s'en sortir. Même trois ans après. Mais ça bien sûr, personne ne le sait.

Il a continué de m'assurer que personne n'était responsable mais si. On avait rien vu de son mal-être, ou plutôt, on avait rien voulu voir.
Il a finit par s'écarter, laissant un ange passer avant de me proposer de sortir. Visiblement, Huo devait venir après moi. Pourquoi lui savait? Pourquoi pas moi?

- Pourquoi pas oui. Je te suis.

Je ne savais plus vraiment quoi lui dire. Je pense pas que ma réaction ait été la bonne. J'aurai pas dû lui dire tout ça. Ça devait pas lui faire du bien. Mais quand je l'ai vu... J'étais si soulagée qu'il soit encore là que j'ai craqué. J'ai déjà perdu des gens qui m'étaient chers, et c'est une douleur que je ne souhaiterai à personne, pas même à mon pire ennemi. On est plus jamais les mêmes après des pertes pareilles. Alors une de plus, surtout si c'était l'un de mes amis les plus proches... Je ne pense pas que j'y survivrai. Savoir que Misao avait manqué de nous faire faux bond... J'osais à peine y penser.
Une fois à l'air libre, j'ai soupiré. Honnêtement, on dit quoi dans ces moments-là? On dit quoi, quand on sait tous deux que rien n'est fini? Qu'il va falloir réapprendre, pour lui à vivre, pour moi à me battre pour vivre?

- Alors, ça fait quoi d'avoir pour seul menu la bouffe de l'hôpital pendant des mois?

J'avais un petit sourire gêné aux lèvres. Je savais pas vraiment comment me comporter avec mon ami. Ça faisait des mois qu'on ne s'était pas parlé et il y avait beaucoup de non-dits entre nous. La situation actuelle n'aidant pas, j'ai préféré choisir de ramener un peu de gaieté entre nous en parlant avec humour du lieu dans lequel tous deux nous passions bien trop de temps en ce moment.


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##   Sam 30 Sep 2017 - 21:55

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Joyce ne répond rien. Il se doute qu'il y a quelque chose qui cloche, mais il n'arrive pas à se pousser à poser cette question. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? Est-ce que tu es juste triste à cause de ce que tu as appris à mon propos ? Trop de questions qu'il voudrait lui poser, et, au final, aucune ne semble avoir de sens. Il tente un sourire, tente de ne pas se laisser submerger par ses émotions. C'est clair que là, il aurait pas besoin de ça. Mais après tout, retourner dans le monde veut aussi dire se confronter. Il s'est bien confronté à Roxanne, il peut bien se confronter à son amie... Ce n'est certainement pas aussi difficile, pas vrai ?

L'invisible soupire mais acquiesce et l'entraîne à l'extérieur. Il reconnaît plusieurs infirmiers et infirmières en pause clope et les salue d'un mouvement raide de la tête. Ses mains sont plantées bien au fond des poches de sa blouson. Il hume un peu l'air frais, lève le nez vers le soleil qui ne tardera sans doute pas à disparaître, d'ici une ou deux heures. Ses sourcils se haussent et il finit par étirer un semblant de sourire amusé.

—C'était absolument dégueulasse. Mais ma frangine me rapportait de la bouffe parfois, elle avait pitié de moi. Et puis... On avait la cafétéria de l'hôpital, la bouffe est un peu moins dégoûtante. Ou alors des ateliers cuisine.

Il ne sait pas bien pourquoi il lui dit ça, mais il sent qu'elle a besoin d'être rassurée un minimum.

—On se retrouvait pas mal pour des ateliers du genre : peinture, sculpture, cuisine... C'était sympa ? Ca aidait à se sentir moins seul.

... On a dit "rassurer", gars.

—Pas que je me sentais spécialement seul, s'empresse-t-il de reprendre en se passant une main nerveuse sur la nuque - il ment, ça se voit. Enfin, j'avais aussi besoin d'être un peu à l'écart. Je crois que rester trop longtemps enfermé à l'institut a eu raison de mes nerfs, avec toute cette pression continuelle autour des scientifiques, des psychologues…

Un soupir lui échappe encore. Ouais, clairement, il la rassure pas trop, là...

—Et toi ? Qu'est-ce que tu racontes ? lui demande-t-il avec un sourire embêté.



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##   Sam 30 Sep 2017 - 23:51

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Y a pas vraiment de mots pour décrire ce que j'ai ressenti ce jour-là. J'étais soulagée, on va pas se mentir. Mais j'étais furieuse aussi et angoissée. J'avais peur qu'il recommence, j'étais en colère qu'il y ait pensé, qu'il l'ait fait, que j'ai rien vu, qu'il puisse vouloir réessayer. J'étais en colère. Mais Misao n'avait pas besoin de ça. Au contraire. Il fallait qu'on soit là. Qu'on lui secoue les puces mais qu'on soit aussi capable de le prendre dans nos bras quand ça n'irait pas. Qu'on soit pas tout le temps sur son dos, mais qu'on se tienne disponible pour si jamais.
Je déteste cette formule: Si jamais. Si jamais quoi au juste? C'est débile. C'est comme si l'on donnait le feu vert pour que la catastrophe arrive. C'est idiot.

J'ai suivi Misao, comme un automate. J'étais incapable de réfléchir à comment aborder une discussion. Alors j'ai fais de l'humour, comme si rien n'avait changé. Sauf que bien des choses s'était passées et on ne pourrait pas continuer de faire comme si de rien n'était.
Pourtant, il a attrapé la perche que je lui tendais, allant même jusqu'à manquer de sourire avant de me répondre. Il fallait que je lui dise. Pas tout, pas entièrement. Mais il avait le droit de savoir, et peut-être que ça le soulagerait un peu, qui sait? J'avais un peu d'espoir.

—On se retrouvait pas mal pour des ateliers du genre : peinture, sculpture, cuisine... C'était sympa ? Ça aidait à se sentir moins seul.

J'ai levé un sourcil et il s'est vite repris, m'expliquant qu'il avait besoin de se retrouver un peu à l'écart.
Regardez-nous. On était ridicule. On osait rien se dire pour ne pas nous affoler. Je nous connaissais moins diplomate. N'était-ce pas moi qui l'avait entraîner sur un terrain pour qu'il m'apprenne le baseball le jour de notre rencontre? N'était-ce pas lui qui m'avait jurer de me sauver? Comment lui dire qu'il y avait une solution sans lui rappeler qu'il n'était pas là quand je l'avais su?
Il y avait des tables disposées au abord de l'hôpital. Les patients pouvaient ainsi profiter des dernières chaleurs avant l'hiver. J'ai fais signe à Misao et je me suis assise sur l'une d'elle, les pieds sur le banc.

—Et toi ? Qu'est-ce que tu racontes ?

Je jure sur ma vie que je suis pas responsable de ce qui a suivi sa question. J'ai honte. J'ai ris. J'ai été prise d'un fou-rire monstrueux de nervosité. Ouais. Toute la tension accumulée devait bien sortir un jour... D'une manière ou d'une autre. Visiblement, c'était pas la bonne.
On était tellement idiot ainsi! On avait tellement peur de blesser l'autre et de se blesser nous-même qu'on osait même pas se dire les choses clairement. Fallait que je lui explique. Qu'on remette les choses à plat.

- Pardon! Pardon Misao, je me moque pas je te jure!

J'ai finis par me calmer, posant une main sur mon cœur battant à tout rompre. J'avais mal à la tête et j'avais toujours l'air aussi pâle. Mitsuki était témoin de mes malaises à pratiquement chacun de nos entraînements. Mes poumons se compressaient souvent contre mon cœur, l'empêchant de battre comme d'ordinaire. Mais quelque chose avait changé. Ça se voyait dans mes yeux, dans mon comportement. J'avais changé. J'étais vivante, plus en sursis.
J'ai posé mes mains sur le bord de la table, regardant le ciel dégagé. J'ai eu un petit sourire désabusé.

- Regarde -nous. On a l'air ridicule. On ose rien dire, on marche sur des œufs. Moi parce que j'ai peur de tout ce qu'il s'est passé pour toi, toi pour une raison que je ne m'explique pas. Je ne sais pas pour toi, mais moi, je trouve ça ridicule. On s'est pas vu depuis un moment, mais c'était pas suffisamment long pour qu'on agisse différemment. Je me fiche du pourquoi t'as finis ici, tant que tu sors et que tu y retournes plus. Sinon je t'achève.

J'ai finis par trouver son regard, un petit air rêveur au visage, heureuse de pouvoir enfin lui en parler.

- J'ai eu les résultats de mon examen annuel. J'ai une chance de m'en sortir. Si je passe Master, je survivrai. Mais il est hors de question que je survive si t'es pas là pour le voir.

Je lui ai tendus la main. Il fallait bien que ça ait des avantages d'être encore le bébé de la bande. Et je voulais lui faire comprendre qu'il était important pour moi mais aussi pour les autres. Peut-être ainsi supporterait-il plus facilement le reste?

- Je suis peut-être sauvée Misao. Je vais m'en sortir, on a réussit. Mais ça ne vaut rien si je ne le fête pas avec tous ceux qui me sont proches. Alors on fait un deal. Je continue à me battre de toutes mes forces et je survis... A la condition que toi aussi, tu le fasses. Misao... Je veux que tu reviennes au dortoir. Je veux pouvoir venir te casser les pieds au milieu de la nuit parce que j'ai faim mais que je veux pas descendre seule aux cuisines. Je veux pouvoir venir te voir parce que j'ai rien compris au jargon scientifique. Je veux pouvoir venir te voir parce que j'en ai envie et pour qu'on passe un peu de temps ensembles. Alors reviens OK? Et ne pars plus. Tu m'as manqué.

Et j'ai souris. Parce que parfois, c'est là la meilleure arme contre nos plus grands démons.


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Misao lui explique un peu ce qu'il a vécu pendant les derniers mois, sans trop en dire non plus, mais il est sincère au moins. Il a passé de bons moments ici, et c'est vrai ; il se souvient avec plaisir des ateliers qu'ils ont pu faire ensemble. Alors quand Joyce lui rit au nez, il ne peut pas s'empêcher d'être vexé, bien qu'elle lui fasse rapidement comprendre que ce n'est pas ce qu'il a dit en tant que tel qui la fait rire. Il a une moue un peu boudeuse et va s'installer à côté d'elle avant de glisser son regard dans sa direction, attendant qu'elle en dise plus. Il la voit porter une main à sa poitrine et reprendre son souffle.

Lui hausse les épaules. Il sait que c'est sa manière à elle de lui dire qu'elle tient à lui, mais parfois, ça le dépasse un peu. Evidemment qu'il marche sur des oeufs, il a suffi de voir comme elle lui a parlé tout à l'heure ; les reproches lui font encore du mal, et il n'a pas besoin de ça pour se sentir encore plus coupable. Lui ne s'en fiche pas des raisons qui l'ont poussé à finir à l'hôpital. Il garde ses pensées pour lui, sans doute parce qu'il n'a pas envie de la blesser.

Pourtant, lorsqu'elle lui annonce qu'elle ira mieux, sans doute, les yeux de Misao s'ouvrent en grand. Il remarque à peine la main qu'elle lui a tendu et ouvre la bouche pour parler, mais rien ne sort ; les larmes lui montent aux yeux et il les contient. Il ressent du soulagement, de la peine, mais beaucoup de joie, aussi. L'invisible détourne les yeux et les pose devant lui, la gorge nouée.

—Tu... m'as manquée aussi, ok ? Mais j'suis pas parti parce que je le voulais, c'est pas- Y a trop d'informations d'un coup, là, stop !

Il lâche un demi rire et renifle.

—J'ai un peu pété les plombs, mais je me soigne. J'abandonne pas, c'est pour ça que je suis ici. Et j'suis… tellement, tellement content Joyce. Que tu puisses aller mieux.

Il prend une respiration ample et laisse un sourire se dessiner sur son visage. Bon sang...

—J'reviendrai bientôt, j'te le promets.

Son sourire se perd néanmoins en même temps que lui dans ses pensées.

—Tu veux bien m'expliquer cette histoire, pour tes examens ? Je comprends pas bien ce que ton passage à Master irait faire là-dedans...

Sa gorge se comprime.

—Et si tu mets trop de temps à passer...



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J'ai vu son regard s'agrandir quand il a comprit mes mots. J'ai vu ses yeux briller quand il a su retrouver l'espoir qui m'avait conquis quelques jours plus tôt à peine. Il y avait fort à parier qu'il était soulagé. Rien n'était gagné, mais tout était encore possible, et c'était plus que ce qu'on ne m'avait jamais donné. J'avais du temps et une solution. Il ne tenait qu'à moi de faire coïncider les deux.

Il a détourné son regard de moi, sûrement pris par bien trop d'émotion à la fois. J'avais envie de le soutenir, mais je ne savais pas vraiment comment faire. Alors je restais simplement à ses côtés, attendant patiemment qu'il réagisse, qu'il parle ou qu'il tempête. Je n'avais pas peur de lui, je n'avais pas peur qu'il réagisse mal. Je voulais seulement qu'on retrouve un semblant de vie normale.

Il m'a dit que je lui avais manqué et ça m'a fait doucement sourire. Et puis il a voulu m'expliquer, mais dans un demi-rire, il m'a avoué qu'il y en avait trop à gérer. Oui, ça faisait beaucoup d'un coups.  Il m'a promit qu'il n'abandonnait pas et que c'était sa présence ici qui en était la preuve. C'était pas faux, pas vrai non plus. Etre ici était une chose, supporter le quotidien une autre. Il lui faudrait beaucoup de courage et de soutien pour qu'il réussisse à se retrouver. Mais pour ça, nous étions là, nous. Il m'a affirmé être heureux que j'aille bien. Il avait un petit sourire qui me redonnait confiance. Oui, tout irait bien. Il a promis de revenir. Valait mieux.

—Tu veux bien m'expliquer cette histoire, pour tes examens ? Je comprends pas bien ce que ton passage à Master irait faire là-dedans... Et si tu mets trop de temps à passer...

Il avait perdu le sourire. Misao le pessimiste.. quel bonheur!

- OK. Le fait de m'entraîner à devenir Master renforce mon système immunitaire. Me demande pas pourquoi, j'y capte rien à leur jargon. Mais c'est un fait. Plus je m'entraîne, plus la fatigue gonfle, mieux mon corps réagit. C'était un pari risqué au début, j'ai faillis y passer. Mais les recherches n'avancent pas assez vite et je n'ai plus vraiment le temps d'attendre. C'est Ys et Mitsuki qui ont eu cette idée. J'admets que j'étais pas vraiment optimiste au début, mais les résultats prouvent qu'ils avaient raison.

J'ai fais une petite pause, mes yeux se perdant dans le ciel. Ça faisait bizarre, de parler de ce sujet avec autant de légèreté. Ça faisait du bien aussi.

- Je ne sais pas de combien de temps je dispose. Tout dépend entièrement de ma capacité à supporter les aléas de la maladie. Et pour répondre à ton interrogation, il n'y a pas de "si je n'y arrive pas". Je ne laisserai pas une telle chose arriver. Je vais me battre. Je vais gagner. Je vais vivre. Je crois que je le mérite non?

J'avais un sourire désabusé. La question était double. Avais- droit de survivre à ma famille? Avais-je droit de vivre après tout ça? Avais-je le droit de l'espérer?


C'est une belle journée • Joy ♥ Bv3g
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