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L'innocent a sa conscience pour consolatrice, le méchant a la sienne pour bourreau. [RP Solo]
##   Sam 30 Sep 2017 - 18:00

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Humeur : Qu'est-ce que ça peut te foutre ?

Les femmes sont fragiles - Première partie


Mon tout petit - Dumbo, Disney

Jérémy fixe son assiette vide. Les adultes parlent et n'ont pas fini de manger. Alors il se tait et fixe son assiette. Il ne se souvient pas de ses rêves. Il n'est pas vraiment sûr d'en avoir déjà eu. A l'école maternelle, on le charrie souvent parce qu'il n'arrive pas à jouer avec les autres enfants. Il peut faire du tricycle, oui, mais il ne peut pas jouer à faire semblant. Jérémy est incapable de se tenir derrière le comptoir de la fausse-boulangerie et de servir à ses camarades ces affreux croissants en plastique. Il ne trouve pas ça bête... Vain, plutôt. Jérémy est né sans imagination... Il ne comprend pas les dessins-animés, il ne comprend pas les jeux, il ne comprend pas les autres... Mais du haut de ces cinq ans, il sait déjà écrire son prénom, il sait déjà compter sur ses doigts, il peut faire du vélo sans roulette. Il prend de l'avance sur les autres puisqu'il lui manque quelque chose qu'il ne saisit pas bien. L'innocence ? L'enfance ?... Non, il ne sait vraiment pas. Il s'en fout un peu. Il est très bien comme ça. Discret... à attendre que les adultes autour de la table finissent de manger ou remarquent qu'il s’ennuie un peu parce qu'il ne comprend pas la politique. Il ne joue pas avec sa fourchette. Il a les deux mains sur la table car il est poli. Ses pieds ne se balancent pas dans le vide. Jérémy attend, tout simplement, et ça aussi, il ne comprend pourquoi les enfants de son âge, et parfois plus vieux, sont incapables de se montrer patients. Le temps, ce n'est pas ce qui leur manque le plus pas vrai ?

Virginie, sa belle maman assise à côté de lui, se tourne soudain vers lui. Elle prend sa serviette en tissu et avec ses doigts délicats, elle lui essuie le coin de la bouche. Maman est belle, toujours bien coiffée de ses chignons sophistiqués, son rouge à lèvre sombre favori faisant ressortir ses dents blanches parfaites. Une mèche blonde passe devant ses yeux bleus et elle la replace d'un geste presque princier. C'est la plus belle des mamans du monde. Si soignée, si douce... :

-Veux-tu sortir de table le temps qu'on passe au dessert ?

-...Non ça ira, répond-il après un instant d'hésitation, je peux attendre.

-Tu peux aller à la fenêtre voir s'il neige dehors tu sais mon champion ?

Papa a raison. Il le regarde dans les yeux un instant avant de se lever en murmurant un petit "merci" timide. Laurent sourit à sa femme en voyant son garçon se diriger vers la porte fenêtre pour y coller son nez, guettant l'apparition du premier flocon de l'année. Ce serait cool qu'il neige pour la semaine prochaine, le soir de Noël. Agenouillé devant la vitre, Jérémy attend tout de même la conversation qu'entame les amis de ses parents, les ayant invités à dîner chez eux en ville pour ce soir ; votre petit est si charmant, si seulement ils étaient tous comme ça, il ressemble beaucoup à Laurent, mais il a votre sourire Virginie, prions pour qu'il garde à jamais ce sourire, amen, je vous ressers un peu de vin Laurent ? Le petit garçon a la tête levée vers le ciel... Il n'y a pas d'étoiles en ville, c'est dommage... A quoi ça sert de vivre au dernier étage d'un immeuble aussi cher, pour avoir un balcon si grand, mais ne jamais voir les étoiles ?... Jérémy se demande... Puis il plisse les yeux. Quelques flocons commencent à tomber. :

-Oh !

Toutes les conversations s'arrêtent et les regards se tournent vers lui. Il rougit en pointant le ciel noir de suie du doigt. :

-Pardon, je voulais pas crier mais... je crois qu'il neige...

Virginie laisse échapper son rire si discret avant de se lever et d'aller rejoindre son garçon. Elle le porte dans ses bras, sans qu'il ne s'y attende et ouvre la porte-fenêtre pour qu'ils aillent tous les deux dehors. :

-Maman, on va tomber malade...

-On ne reste pas longtemps mon chéri. Regardons la neige tomber tous les deux un moment d'accord ?

Jérémy lève les yeux au ciel... Il sait qu'il est un petit garçon bizarre. Il sait qu'il ne réfléchit pas comme les autres mais ce n'est pas grave... Ce n'est pas grave parce que sa maman est là, elle l'aime de tout son coeur comme il est. D'un coup, il n'a plus envie de voir la neige tomber... il a juste envie de lui faire un câlin et de la serrer très fort contre lui... ce qu'il fait. :

-Tu as froid ? fait-elle soudain inquiète. On rentre ne t'inquiète pas.

Il ne répond pas. Jérémy n'est pas un enfant qui parle beaucoup. Il a fait son câlin et c'est tout ce qui compte. Sa maman ne le pose même pas une fois entrée. Elle arrive à refermer la porte fenêtre puis elle se rassoit à table en le posant sur ses genoux. Laurent sourit, les autres adultes les regardent visiblement étonnés. :

-Ce n'est pas correct d'avoir son garçon sur ses genoux à table. blague Laurent.

-Juste pour cette fois.

Laurent rit franchement tandis que leurs amis font plusieurs remarques que Jérémy ne comprend pas... Apparemment, maman n'était pas comme ça avant. Maman aimait le propre, le carré, les bonnes manières. Maman refusait d'embrasser Papa tant qu'il ne se lavait pas les mains en rentrant du garage. Et puis elle est tombée enceinte et elle est devenue moins stricte, avec les autres, avec elle-même... Elle était, en plus d'être belle, devenue la douceur incarnée. Jérémy ne comprend pas en quoi sa venue au monde aurait pu changer quoi que ce soit ; sa maman était sûrement déjà douce avant, mais personne ne l'a vu c'est tout. :

-Non mais cherche pas Laurent. Les femmes, une fois qu'elles ont des gosses...

Rires. Jérémy ne comprend pas ses camarades mais il ne comprend pas les adultes non plus. ...Surtout quand ils ont la facheuse tendance à ne pas finir leurs phrases. :

-BON ! fait leur hôte en tapant dans ses mains. Je ramène le dessert ET Laurent il faut ab-so-lu-ment que tu goûtes le vin blanc que j'ai choisi en accompagnement, c'est un dé-li-ce.

...et cette manie affreuse de détacher chaque syllabe.

Jérémy pose ses beaux yeux d'or sur sa maman. Elle lui sourit en retour. Il n'a pas besoin de parler, ils n'ont jamais eu besoin de parler. Jérémy n'a jamais eu besoin de pleurer fort quand il tombait parce que maman est toujours là pour le relever et courir avec lui. Jérémy n'a jamais eu besoin de crier parce que sa maman lui a appris à être sage et à écouter. Jérémy n'a jamais eu besoin de dire quoi que ce soit parce que sa maman le regarde et elle sait. Maman sait tout. Maman sera toujours là pour tout savoir. Jérémy n'a pas besoin d'être normal ; il a sa maman.


For the damaged coda - Blonde Redhead

Maman a habillé chaudement Jérémy, Papa a dit au revoir à ses amis, ils sont sortis alors qu'une fine couche de neige recouvrait le sol. Jérémy se retourna pour voir les trois traces de pas rejoindre la voiture à vive allure pour se mettre au chaud. Il s'installa derrière papa, le conducteur, sur son siège enfant. Il réussit à mettre sa ceinture tout seul, comme un grand. Maman tendit son bras pour vérifier malgré tout. Papa grogna un peu en ratant le trou où va la clef pour démarrer. Maman blague. Ils s'embrassent... La voiture ronronne et Papa met la radio. Une musique un peu triste s'élève dans l'habitacle mais elle berce Jérémy, tout autant que le reste ; le paysage qui défile, la neige qui tombe en gros flocons, les vibrations de la voiture. Il y a une demi-heure de route à peu près jusqu'au village, jusqu'à la maison... Alors Jérémy se dit que c'est une bonne idée de rester réveillé. Parfois, Maman parle avec un peu d'angoisse dans la voix alors il la regarde, il la voit regarder la façon dont Papa conduit, regarder la route et les panneaux avec une légère peur grandissante dans les yeux. Il ne sait pas ce qu'il se passe mais il fait confiance à ses parents. :

-Je t'en supplie Laurent, ne double pas.

Ensuite... Ensuite il y a eu le hurlement de sa mère. Il y a eu ce mouvement de son père. Tout son petit corps fut projeté sur la portière. Il s'est senti voler à un moment. Et puis ce bruit. Ces bruits. Si forts, si violents. Jérémy eut l'impression que l'accident dura une éternité... et le moment après l'éternité, il sombra dans l'inconscience...

......

...

-LES GARÇONS !

Jérémy ouvrit les yeux mais il n'eut le temps de bien voir où il se trouvait. Sa maman recouvrit aussitôt ses yeux avec ses mains. Sa voix était emplie de cette peur enfantine qui déchire le cœur des parents. La main de Virginie trembla. :

-Maman ?

-Ça va aller. Tout va bien. Je vais réveiller papa. Vous devez sortir de la voiture, maintenant !

Toujours dans le noir, Jérémy comprit en sentant tout le poids de son corps qu'ils étaient à l'envers. :

-Maman... Maman dit moi tu vas bien ?

Maman je ne peux pas te parler avec les yeux si je ne te vois pas. Elle ne répondit pas. :

-LAURENT ! Ô Seigneur, Laurent tu vas bien ?

-Je- Oh mon Dieu Virg-

-Non. Ne t'occupe pas de moi. J'arrive pas à libérer Jérémy.

-Tu es coincée maman ?

-Non. Non mon chéri.

Silence... Ça sent le brûlé. Et le silence n'a jamais été aussi terrifiant... Papa dit de fermer les yeux. Jérémy obéit, Jérémy obéit parce qu'il est un gentil garçon. Un gentil garçon qui n'ose pas encore appeler sa maman. Un gentil garçon qui ne comprend pas ce qu'il se passe quand il sent les bras de son père qui l'entourent et le font sortir de la voiture. On ne lui a pas dit d'ouvrir les yeux alors il ne bouge pas... Il reste à l'endroit où Papa l'a posé et il attend en pleurant dans le silence et l'odeur de brûlé. :

-Ce connard ne s'est pas arrêté... CE CONNARD EST PART-

Il y a eu un grand bruit... Terrifiant. On aurait dit un monstre. Une explosion. Le souffle chaud dans la nuit hivernale surpris Jérémy qui ouvrit les yeux... Et il vit la voiture prendre feu sous ses yeux. Murmure. :

-.......maman ?

Maman n'est jamais sortie de la voiture.


My Immortal - Evanescence

Jérémy ne comprend pas... Dans l'église, il y a le corps de sa maman allongée dans un cercueil. ...Enfin. La moitié de son corps. Celle du dessus. Celle où l'on peut voir son visage... Ce n'est pas son visage. Maman n'aurait jamais mis ce rouge à lèvre. Maman ne mettait jamais de fond de teint, c'est mauvais pour la peau. Ses cheveux étaient relâchés, délicatement posés sur son oreiller blanc mais ils sont ternes... Ils n'ont même plus l'air blond, on dirait du roux sale. Trop maquillée, trop terne, méconnaissable... Mais c'est bien elle. Jérémy ne comprend toujours pas. Ils marchent jusqu'au cimetière du village, suivis par tous ceux qui la connaissaient bien ; les collègues du garage de Papa, ceux du cabinet médical où Maman était secrétaire, quelques parents qui leur parlaient beaucoup,... Le silence est de nouveau roi, mais quand Jérémy cherche les yeux de son Papa, ceux-ci sont morts. Il a des cernes, il contemple le vide... Et Jérémy ne comprend pas ces yeux-là. C'est pas vraiment maman qu'on enterre regarde ! Tu vois ? Ce n'est pas elle. Regarde-moi papa sinon je vais pleurer... Mais il n'y a rien... Et personne ne parle... Personne ne retient le cercueil alors qu'il descend sous terre. :

-Non...

Personne ne retient ce qui ressemble à Maman alors qu'elle s'en va vraiment, pour de vrai... et qu'elle ne porte pas le bon rouge à lèvre. :

-NON !

Jérémy hurle. Personne ne l'avait jamais entendu hurler... de colère... Le petit garçon s'apprête à se jeter dans le trou, à rejoindre sa mère... Personne n'a le droit de le priver de sa maman ! Ni les voitures, ni la mort, ni la terre ! Laurent arrive à le rattraper à temps. :

-NON ! RENDEZ-MOI MAMAN ! RENDEZ-MOI MA VRAIE MAMAN ! NON !

Et personne ne parle... Il n'y a que Jérémy qui hurle en griffant son père.

Le soir, dans la maison vide, Laurent est assis sur le canapé. Jérémy ne comprend pas pourquoi il pleure tout le temps. Maman n'est pas vraiment morte. Et il a eu beau hurler à l'enterrement, ce n'était pas elle qu'on a enterré... C'est impossible. Il refuse. Il va dans sa chambre et regarde autour de lui. Dans son lit de petit garçon, les draps ont encore l'odeur de la lessive que maman utilise. Sur ses étagères, il a encore les livres d'enfants que sa maman a acheté pour ne pas qu'il s'ennuie vu qu'il n'a pas beaucoup de jouets. Accroché à la poignet de son armoire, il y a un cœur fait d'argile et peint en bleu où l'on peut lire son prénom, fait par sa maman un jour de Pâques, tandis qu'il s'appliquait à lui faire un soleil. Il y a le tapis couleur du ciel sous ses pieds, choisi par sa maman. Il y a le papier peint blanc avec une frise arc-en-ciel, choisi par sa maman... Maman est partout dans sa chambre... Alors pourquoi elle n'était plus là ? Elle n'est plus là, elle ne sera plus jamais là. Jérémy commence à pleurer en se rendant compte que la moitié de cadavre qu'il a vu dans le cercueil était bien sa maman.

C'était sa maman cette moitié de chose brûlé qu'on a maquillé pour cacher la misère...

C'était maman cette chose trop maigre et asséchée...

Mais maman... je ne veux pas vivre dans un monde où tu n'es plus là. Dans quels yeux je vais pouvoir regarder pour qu'on me comprenne ? J'aime papa mais il ne sait pas faire. Il ne me comprend pas. JE ne me comprends pas ! Qu'est-ce que je vais faire quand on va se moquer de moi parce que je suis bizarre ? Comment je vais faire pour ne pas pleurer alors que je sens ton odeur partout ? Que je te vois partout ? Maman... Maman est-ce que tu es au paradis ? Est-ce que je peux te rejoindre au paradis ?

Jérémy se leva et alla dans la cuisine... Laurent ne le remarqua même pas quand il ouvrit le tiroir des couverts, quand il chercha de ses petits doigts le couteau le plus aiguisé, quand il repartit dans sa chambre avec. Jérémy posa l'instrument sur le tapis, s'agenouilla devant et le contempla longuement. Cinq ans. C'est beaucoup cinq ans. Dans cinq ans, il aurait déjà vu deux écoles. Mais il s'en fout des écoles, il aime pas ça, c'est ennuyeux. Il aurait peut-être une amoureuse, mais les filles sont méchantes avec lui parce qu'il joue pas avec elles. Avec personne d'ailleurs. Cinq ans avec maman c'était très bien. Mais il n'y avait plus maman. Alors ça ne servait plus à rien. Décidé, il prit le couteau et se le planta dans le poignet, comme il avait vu dans un film. :

-AÏE !

Il contempla un court instant le fil écarlate qui s'échappait de lui... Ça faisait mal... Mais pas aussi mal que l'idée de savoir que maman n'était plus là. Alors il pinça ses lèvres et recommença. Plusieurs fois. Sur l'autre poignet, il s'entailla plus profondément encore. Il voulait partir vite, maman lui manquait déjà trop, il voulait courir dans les bras de maman... Laurent ouvrit la porte à la volée, Jérémy leva son visage baigné de larmes de douleurs et de tristesse sur son père... et il se prit la première baffe de sa vie. L'instant d'après, Laurent balança le couteau qui se ficha dans le mur plus loin et serra les poignets de son enfant pour stopper l'hémorragie... Lui aussi il pleurait. :

-Ne. Refais. Plus. JAMAIS. CA !

Papa tremblait de tout son corps mais il refusait de lâcher les poignets de Jérémy qui geignait... Il avait honte mais il voulait expliquer aussi... C'est impossible quand on pleure beaucoup trop. Alors Laurent s'occupa enfin de remplir le silence qui l'avait accompagné depuis des jours. :

-Je ne te perdrais pas TOI aussi ! Hors de question ! Je sais que c'est dur mon champion mais écoute moi bien... Les suicidaires vont en Enfer. Tu veux retrouver maman non ? Alors tu vas vivre pour revoir maman au Paradis. D'accord ? Tu vas te battre. Tu VAS te battre mon champion !

Jérémy pleurait beaucoup, il avait le nez qui coulait et il avait la tête qui tournait... il arrivait plus trop à réfléchir alors il hocha lentement la tête... Parce qu'il était un bon garçon, parce qu'il voyait combien son papa l'aimait. Maman n'était plus là, mais papa l'était. Papa était vivant... Papa l'avait sauvé deux fois. Laurent regarda l'état des poignets de son garçon et grimaça. :

-Viens... je dois soigner ça... aaah... et le tapis est foutu.



Jérémy dort dans le lit de papa. L'odeur de maman s'est comme évaporé au fil des semaines... Le nouvel an est passé, c'est bientôt la rentrée. Ils n'ont pas fêté Noël. Il n'y a pas eu de cadeaux. Il n'y avait pas maman, à quoi bon recevoir des cadeaux ? Le Père-Noël n'existe pas de toute façon... et Jésus doit pleurer avec Virginie à l'heure qu'il est, en regardant Jérémy et Laurent, allongés l'un contre l'autre, incapables de dormir, les yeux rouges et des cernes de plus en plus visibles. C'était devenu une évidence ;  elle était morte. Et on ne ramène personne de la mort. Même si on le souhaite très très fort. Jérémy a les poignets qui grattent, il se retient. Papa a dit qu'il fallait qu'ils cicatrisent avant qu'il aille à l'école, mais c'était beaucoup trop profond et ça le grattait beaucoup trop. :

-Papa ? murmura-t-il en essayant de penser à autre chose qu'à la démangeaison. Pourquoi maman est morte ?

-On a fait des tonneaux dans le bas côté à cause de l'autre véhicule qui m'a fait une queue de poisson en me doublant. Elle a eu les jambes écrasées par le tableau de bord quand on a heurté l'arbre. Elle a été brûlé dans l'explosion... Mais c'est l’asphyxie qui a eu raison d'elle.

C'était cru, c'était dur. Mais il valait mieux la vérité que des mensonges, que du silence. Jérémy ne savait plus trop ce que voulait dire "asphyxie" par contre... :

-Elle n'arrivait plus à respirer ?

-Elle n'avait plus la force de respirer.

Il hocha lentement la tête avant de se caser au creux de son papa. Un bras sous sa tête pour oreiller, l'autre par-dessus lui, il tenait sa main. Il passa ses petits doigts sur les lignes de sa paume, sur les cales causées à cause de son travail de forcené, il sentit l'odeur de l'huile persistante et de la chaleur qu'il dégageait. Papa était vivant. :

-Tu auras la force de respirer papa ?

-On a tous les deux la force de respirer champion. Maintenant dors... Demain tu as école.

Il hocha encore la tête et ferma les yeux... Comme souvent, il pleura dans son sommeil.

Le lendemain, Jérémy prenait tranquillement son déjeuner. C'était dur de manger mais il savait qu'il aurait besoin de force, il aurait besoin d'énergie pour supporter le regard des autres... Tout le monde était au courant que sa maman était morte, il n'avait pas envie que ses camarades de classe lui parlent comme s'ils avaient été toujours amis, alors qu'ils n'ont jamais joué ensemble. Qu'ils gardent leur pitié. Ça ne ramènerait pas maman. Laurent arriva dans la cuisine avec un drôle de tissu dans ses mains. Il s'agenouilla devant Jérémy, toujours assis sur sa chaise. Il posa sa cuiller dans son bol de céréales quand il décala la chaise pour qu'ils se fassent face. Laurent prit un de ses poignets et glissa le tissu épais à son poignet. :

-Là. Ce sont des bracelets-éponge... pour cacher tes blessures. Personne ne doit savoir d'accord ? On doit se montrer forts Jérémy. On ne doit pas leur laisser croire qu'on est faible, sinon...

Jérémy regarde son père dans les yeux... Il demande pourquoi avec ses iris dorés, mais il sait qu'il n'aura pas de réponse sans parler. Maman lui manque mais s'il veut la retrouver au Paradis, il doit être un gentil garçon. Il prend son courage à deux mains et prend une inspiration. :

-Je croyais que c'était pas beau de mentir papa ?

Laurent le fixe un instant en pinçant ses lèvres... Jérémy continue. :

-Si on doit aller au paradis, il ne faut pas mentir non ? Il faut se montrer fort pour y aller ? Mais maman n'a pas eu la force de respirer, tu l'as dit, alors elle est en enfer ?

-Non ! panique Laurent. Non bien sûr que non elle est au paradis.

Il lui mit l'autre bracelet-éponge et tapota le dos de la main de son garçon... :

-Le suicide, c'est mal tu te souviens ? J'ai pas envie qu'on te traite mal parce que tu es malheureux. J'ai pas envie qu'on te mette dans une famille d'accueil parce que je n'ai pas vu que tu as été malheureux. C'est tout.

Jérémy regarde ses poignets. C'est vrai... C'est vrai qu'il a failli aller en enfer en pensant retrouver maman. Mais il y a papa. Il fallait qu'ils se battent tous les deux, avoir une belle vie pour mourir et retrouver les bras de Virginie. Il leva ses deux bras avec un petit sourire timide. :

-D'accord. En plus c'est cool, je ressemble à un super-héros !

-Tu es un super-héros mon champion. fait Laurent en tapotant la tête blonde de son fils. Ne laisse personne te faire croire le contraire.

Jérémy sourit franchement pour la première fois depuis des jours... Il ne remarque pas l'ombre qui passe dans le regard de son père. Il fixe ses nouveaux bracelets avec un peu plus de détermination, comme s'il avait gagné un peu plus de pouvoir grâce à ça. Ils allaient vivre à deux pour être plus forts et gagner leur place dans l'au-delà.





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##   Lun 9 Oct 2017 - 19:42

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Les femmes sont fragiles - Deuxième partie


Gloria in Excelsis Deo - interprété par Andrea Bocelli.

Jérémy a une partie de sa Bible dans les mains. Assis sur le dur banc de bois de l'église du village, il observe les vitraux, les colonnes romaines... C'est une vieille église, toute en simplicité, rien à voir avec les grandes cathédrales de la Renaissance. Mais il aimait beaucoup cette église ; dans un coin, près de la porte d'entrée, il y avait toute une scénette réservée à Marie apparaissant à la jeune Bernadette face à une autre, à l'autre bout de l'édifice, représentant Jésus portant sa croix. Avant, il venait ici, tous les dimanches... avec ses parents. Là, il était tout seul... Il avait attendu la fin de la messe et il restait là, assis, à observer sagement ce qui l'entourait, petite Bible illustrée dans les mains. Le curé sortit enfin d'une des pièces cachées derrière l'autel. Petit Jérémy se leva, respectueux, et se décida à interroger le vieil homme. Père Fernand -puisqu'il refusait qu'on l'appelle par son nom de famille- avait tout du cliché de l'homme d'église. Vieux, plié sous le poids de sa foi et des années, dégarni et à la robe traînant au sol, quittant rarement sa petite église. :

-Mon Père ?

-Mon Fils.

Jérémy baissa légèrement la tête, comme sa mère le faisait souvent lorsqu'elle s'adressait aux gens d'église... Père Fernand lui fit comprendre d'un geste de la main qu'il n'avait pas besoin de le faire. :

-Qu'y a-t-il mon enfant ?

-Pardonnez-moi, mais... j'ai lu la Genèse... avec Adam et Ève, la pomme...

Père Fernand hocha la tête. Le petit garçon qui lui faisait face venait à peine d'avoir six ans, il avait perdu sa mère quelque mois plus tôt, quelques jours précédant la naissance du Christ. Il était d'une intelligence particulière, un peu sensible à ce qui l'entourait depuis ce malheureux accident. Les rumeurs disaient que c'était le père de ce petit, qui ayant trop bu, aurait provoqué l'accident... Bien qu'il semblait que la police ait conclu que ce n'était pas le cas. Dans tous les cas, Laurent ne venait plus à l'église, il n'avait pas confessé depuis. Père Fernand gardait espoir qu'il redevienne un bon chrétien, comme son fils. Jérémy reprend. :

-A cause d’Ève, on a tous le Péché originel en nous... Est-ce que ça veut dire que les femmes vont en Enfer ?

-Mon Fils, nous devons tous porter la croix du genre humain, celle d’Ève et d'Adam, mais il ne tient qu'à nous de garder nos yeux tournés vers le Dieu Éternel. Il nous pardonne, mon Fils, tant que nous avons la Foi.

Les paupières de Jérémy papillonnèrent. Il n'avait pas compris... Ou plutôt, Père Fernand n'avait pas vraiment répondu à sa question. Le vieil home posa sa main noueuse sur l'épaule de l'enfant. :

-Les décisions de Dieu sont parfois bien mystérieuses...

-Mais... Comment sait-on ?

-La Foi. Toujours la Foi mon enfant.

-Mais Ève avait la Foi aussi non ? Elle est au Paradis ? Maman n'avait pas la force, mais elle avait la Foi... Est-ce que- ?

-Mon Fils. Ta maman était une bonne chrétienne, elle est sans doute au Paradis.

Mais... ça n'a rien à voir... avec la Foi. La Force ou la Foi ? Jérémy était perdu... Mais il avait l'impression de tourner en rond alors, il le cacha. :

-Je comprends mon Père.

Père Fernand hocha lentement la tête et s'apprêta à repartir, mais Jérémy l'arrêta une nouvelle fois. :

-Je suis... vraiment désolé mais... Je n'ai pas de monnaie... Puis-je allumer un cierge tout de même ?

-Bien sûr mon Fils, mais rappelle-toi, Dieu s'en souviendra.

Jérémy pinça ses lèvres et laissa le curé s'en aller, enfin. Il fixa les bougies blanches dans leur écrin... Depuis quand Dieu s'inquiétait de l'argent qu'on lui donnait ?... Pourquoi Dieu punirait sa maman parce qu'une femme, il y a très très longtemps, a croqué dans une pomme ?... Pourquoi le monde a perdu de Sa lumière depuis qu'elle n'est plus là ?... Parce que maman n'avait pas la Force, elle avait la Foi... Était-elle... parti avec ?


Un Verre - Les Garçons Bouchers

Jérémy est terrifié.

Il courrait autrefois sur le trottoir, grisonnant à cause des années de soleil et de pluie, éclaté, plein de gravier. Il se retournait et il voyait les yeux bleus de sa mère. Il y avait l'odeur de la seule boulangerie du coin, il y avait les couleurs de l'automne brûlant et doré, il y avait le goût des bonbons que son papa lui offrait,...

Jérémy est terrifié.

Il marche d'un bon pas, les yeux fouillant la rue. Il y avait des gens bizarres allongés sur les bancs, ou par terre, sur ce trottoir super mal fait. Il se retourne pour voir si personne ne le suit. Il y avait l'odeur de fromage en train de pourrir de l'usine du coin, il y avait les couleurs ternes d'un printemps qui tente de percer, il y avait le goût de la peur dans sa bouche asséché,...

La beauté n'existait plus, le voile de l'innocence aussi. C'était comme ça que le monde était pour de vrai ? Dans ses dérivés de gris sans âme et sans goût ? C'est à cause de la mort ? Combien de temps les parents font croire aux enfants cette illusion de bonheur ? Combien de temps Jérémy aurait été aveuglé ? Avait-il été aussi différent des autres enfants que ce qu'on voulait lui faire croire ?... Il ne sait pas. Ce qu'il sait, c'est que maintenant, c'est le cas. Il voit les regards des personnes âgées qui le fixent et murmurent à son passage à quel point son père était un monstre d'avoir tué sa mère. Il aimerait répondre que son père était un héros qui l'a sauvé deux fois. Il évite soigneusement les gens au regard perdu et voilé par l'alcool ou la drogue, qu'en sait-il ? Il a juste peur d'eux et de leur haleine fétide, de leurs mains crasseuses, de leur regard fou. Un groupe d'adolescent se moque de lui, de l'autre côté de la rue. Ils le traitent de poule mouillée, de biche effarouchée, de petite fille perdue qu'ils vont attraper pour la forcer à bouffer leur bite. Jérémy ne devrait pas montrer qu'il a vraiment peur, mais il accélère. Il court en essayant de ne pas entendre les rires derrière lui, serrant sa Bible contre lui.

Il pousse la porte de sa maison et glisse le long de la porte. Il tremble de tout son corps... Comment le monde a pu changer d'un coup ? Pourquoi il n'a pas vu tout ça avant ? Jérémy se relève, va ranger son livre dans sa chambre et retourne dans la cuisine. Papa est assis à table, il fume... Il ne l'avait jamais vu fumer. Il a beaucoup bu hier soir, il n'a pas réussi à se lever ce matin alors Jérémy est rassuré de le voir debout. Mais au lieu de faire à manger, il a ouvert une autre bière. Le petit garçon penche la tête sur le côté... puis s'empare d'une chaise pour atteindre un placard. Il prend le pain de mie. Dans le tiroir, un couteau rond. Dans le frigo, du beurre, du fromage, du jambon. Jérémy s'applique à faire deux sandwichs et il est plutôt fier du résultat. Rien ne dépasse du pain de mie. Il pousse l'assiette sous le nez de Laurent qui lève enfin la tête. :

-J'ai pensé que t'aurais faim...

-Merci champion. fait Laurent en lâchant un sourire.

Jérémy sourit de toutes ses dents... et le visage de Laurent change de tout au tout. La terreur se grave sur ses traits, le petit garçon la reconnaît. Quand une des bouteilles de bière vide éclate au sol à cause du mouvement de recul de son père, Jérémy comprend. Il arrête aussitôt de sourire. Ce sourire. Le sourire de maman. Il ne pouvait pas le voir... mais Papa oui. Le résidu de voile du bonheur qu'ils ont essayé de construire. La vérité était aussi terrifiante à regarder que ce qui aurait pu être la vérité. Jérémy baisse les yeux et va pour ramasser les éclats de verre. :

-NON !

Jérémy se prend une claque. Un revers fait un peu trop près de son oreille... Il est sonné un moment mais quand il se redresse, il constate que Laurent l'a éloigné d'un geste des débris. :

-...Tu vas te couper. Je vais nettoyer. Bouge pas.

-...Oui papa.

La vérité... c'est la terreur.


Child's Play - Thème de Chucky

-Maîtresse, maîtresse ! Kévin m'a tapée !

-Quoi ?! Mécépavré !

Jérémy lève la tête de son livre qui parle d'un poisson aux écailles arc-en-ciel. Il l'aimait beaucoup car les images brillaient sur celui-là. Il voit donc, de l'autre côté de la cour, Kévin qui embête Marlène... Sans doute pour une raison bien futile encore. Il voit, la petite fille de sa classe en pleurs, exagérément en train d'hurler alors qu'elle ne semble pas avoir de traces de coups. Jérémy baisse ses yeux dorés et vides d'émotions sur ses poignets. Aujourd'hui, il a mis des bracelets-éponge noirs, avec une étoile d'argent incrustée dedans... Comme les écailles du poisson arc-en-ciel. Il regarde à nouveau ses camarades en train de se chamailler devant la pauvre adulte ne sachant plus où se donner de la tête.

Les enfants sont méchants. C'était sa conclusion après toutes ses années où on lui a dit qu'il était bizarre. On pense que les adultes sont méchants parce qu'ils nous donnent des règles, parce qu'ils nous punissent... Ils sont méchants parce qu'ils sont aigris par la vie. La vie est méchante aussi. Elle prive les moins chanceux de bonheur, gâte de trop ceux qui ont déjà beaucoup de chance. Le monde était méchant. Pendant les mois qui ont suivi la disparition de sa mère, il a reçu beaucoup d'attention et puis au fur et à mesure, plus rien, comme avant. Parce que les autres, eux, ne souffrent plus de ça. Bien sûr qu'ils trouvent ça triste, ils compatissent un moment et, l'instant d'après, sont bienheureux de ne pas vivre la tourmente des autres, se complaisent dans leur béatitude nauséabonde en revenant vers toi pour savoir si tu souffres toujours bien à leur place. C'est pour ça que les garçons de sa classe aiment taper les filles. C'est pour ça que les filles aiment punir les garçons en mentant à la maîtresse.

Maîtresse qui abandonna les gamins encore en train de crier à qui  mieux-mieux pour aller ouvrir le portail aux parents. En rang deux par deux, se tenant la main ou le bras, ils sourirent de concert pour saluer l'enseignante. Jérémy fronça les sourcils... C'était ça, la norme ? Ses propres parents faisaient ça quand ils venaient le chercher ? Il ne sait plus. Il a l'impression que le monde a évolué beaucoup trop vite et que, pour ne plus subir la peur qui le tenaillait constamment, il a du faire un choix ; s'accrocher aux souvenirs de sa mère et affaiblir un peu plus chaque jour sa volonté de vivre, ou tout oublier de ce monde merveilleux qui avait été le sien pour devenir plus fort et ne plus avoir peur. Mais plus il observait des tranches de son passé, plus il était choqué par ce qu'il voyait. C'était ridicule, c'était niais. Était-ce... parce qu'il avait déjà changé ?

Soudain, Laurent fit fendre la foule par sa simple apparition au bout de la ruelle. Il était dans un drôle d'état, comparé aux autres adultes bien habillés, bien coiffés. Il commençait à avoir les cheveux trop longs, une mèche couvrant une moitié de son visage anguleux et mal rasé. Il avait ses habits d'ancien militaire sur lui, ses rangers à moitié fermées cliquetant à chacun de ses pas. Clope au bec, il avait presque l'air d'un voyou... Il planta ses yeux d'or dans ceux de la maîtresse qui ne fit que bégayer et rougir. Jérémy n'attendit pas qu'elle prononce son nom de famille, comme d'habitude, lui donnant l'autorisation de partir, pour ranger son livre et rejoindre son père. Il prit la main qu'il lui tendit sans rien dire à qui que ce soit. La maîtresse parut enfin revenir sur terre. :

-M-m-monsieur Bonnet ! Je voulais vous signaler que votre fils a été très silencieux ces derniers temps... et je ne le vois plus sourire.

-S'il parle pas, c'est qu'il n'a rien à vous dire. S'il ne vous sourit pas, c'est que vous ne lui plaisez sans doute pas.

-C'est plutôt parce que son père a tué sa mère...

Laurent et Jérémy se sont tournés en même temps vers l'enseignante qui a cru bon de murmurer assez fort pour qu'ils l'entendent. Il y eut un étrange silence... Ce genre de silence qui n'est sensé habité les écoles que lors des vacances... Laurent revint lentement vers la demoiselle, le regard vrillé dans le sien, tira une dernière bouffée de son tabac et écrasa son mégot entre les jambes tremblante de la jeune femme, son visage à quelques centimètres du sien. Il devait sentir l'alcool et le tabac à plein nez... Jérémy fronça les sourcils... Si elle pensait que son père était un tueur, elle avait bien raison d'avoir peur. Laurent repartit sans rien dire, reprenant la main de son fils, entamant la conversation sur le livre qu'il avait emmené à l'école aujourd'hui... Comme si ce qu'il s'était passé était parfaitement normal.

...Le monde était méchant. Les garçons font pleurer les filles et les filles font du mal aux garçons.


Les Portes du Soir - Indochine

Laurent et Jérémy ont été invité pour dîner chez des collèges du patron-garagiste. Jérémy y connaît Laura, une fillette un peu plus vieille que lui, d'un an ou deux. Une jolie blonde. Un petit brin d'ange. Les adultes discutent en profitant du dessert... Jérémy laisse fondre piteusement sa glace, le regard fixé sur Laura. Elle a à peine mangé, elle a les yeux enflées, elle renifle parfois. Mais ses parents ne disent rien. A côté de Jérémy, il y a Mathieu. Un garçon tout maigre, du même âge que Laura. Lui aussi il la fixe... Mais bizarrement. Jérémy n'a pas osé leur parler depuis le début du repas. Avant, ils leur arrivaient de jouer ensemble... Maintenant, il y a une ambiance trop bizarre, une tension dans l'air qu'il ne comprend pas et ne veut pas risquer de toucher de peur de la voir éclater. Laura leva légèrement la tête, Mathieu répondit d'un grand sourire... La petite fille tressaillit de tout son corps et attrapa la manche de sa mère, lui demandant si elle pouvait quitter la table et aller se coucher... Elle n'avait pas faim, elle ne voulait pas jouer, elle était fatiguée. La mère accepta et Laura dut faire le tour de la table pour dire au revoir. Elle fit rapidement la bise à Jérémy et sembla sur le point de fondre en larme devant Mathieu... qui agrippa d'une main la fesse de la fillette quand elle lui fit la bise. Mais elle ne dit rien. Personne ne dit rien... Et elle partit en courant presque.

Ils terminèrent leur dessert et les garçons purent aller dans la salle de jeux pendant que les adultes prenaient un digestif. Jérémy s'assoit au milieu de la salle tandis que Mathieu fouille un coffre à la recherche des petites voitures. Il hésita un instant, mordillant sa fine lèvre, avant de prendre la parole. :

-Laura est ton amoureuse ?

Dans la tête de Jérémy, ça lui paraissait logique... Il avait déjà vu son père faire. Mais c'était un truc d'adulte... Il ne comprenait pas l'intérêt de toucher les filles. Mathieu se retourna, eut un sourire fier et vint s'asseoir à côté de lui. :

-Pas du tout. C'est un truc que j'ai vu sur internet, pour faire plaisir aux filles.

-Faire plaisir ?

-Ouais. Tu les touches à certains endroits et elles jouissent.

Jérémy plissa ses paupières... Il ne connaissait pas ce verbe mais il avait pas envie d'avoir l'air stupide. A la façon dont Mathieu parlait, il avait l'impression que c'était un truc que tout le monde connaissait. Il reprit. :

-Elle avait pas l'air contente pourtant.

-Ah mais ça c'est un truc de filles. Elles pleurent tout le temps, elles disent "non" tout le temps, mais en vrai elles aiment ça. Pour faire croire aux mecs qu'elles sont fortes aussi.

Petit Jérémy hocha lentement la tête... C'est vrai que les filles faisaient souvent ça... et puis elles meurent. Elles se font mal, elles pleurent, elles mentent, elles meurent. :

-Mais si c'est pas ton amoureuse, tu peux la toucher quand même ?

-Beh ouais. Tu peux faire ça avec toutes les filles ! Mais tu comprendras quand tu seras plus grand... Dedans, elles sont toutes pareilles.

-Dedans ?

Mathieu se mit à rire et joua avec une petite voiture bleue sans lui répondre. Jérémy le regarda faire sans comprendre. Est-ce qu'il se moquait de lui parce qu'il ne savait pas à quoi ressemblait une fille ? Il fronça les sourcils. :

-Tu pourrais m'expliquer au lieu de te moquer !

-T'es trop petit Jérém'.

-C'est pas vrai ! Ch'uis assez grand pour savoir ce que ça veut dire le verbe "jouisser".

-Ah ouais ?

Mathieu se leva, jeta la petite voiture bleue dans le coffre et s'apprêta à sortir de la salle de jeux quand il lui fit signe de le suivre. :

-Alors j'vais t'montrer.



HRP:
 





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##   Dim 3 Déc 2017 - 15:28

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Les femmes sont fragiles - Troisième partie


College Boy - Indochine

Décembre 2007, ça fait trois ans que maman est morte. Mains dans les poches, sac à dos sur l'épaule, ça fait bien longtemps que Jérémy n'est plus un petit garçon. En entrant en primaire, les autres avaient commencé à se moquer de lui, parce que sa mère était morte, parce que son père était un alcoolique... Il avait eu des bleus Jérémy. Alors il a commencé à faire peur pour être tranquille, il a fait des bleus sur les autres, et ça a fonctionné... C'est comme ça que ça marche à l'école, il faut que quelqu'un porte des bleus sinon il y a un truc qui cloche, sinon on ressemble tous à des enfants et ça ne marche pas. Jérémy s'avance dans la cour, on le regarde mais on ne lui parle pas... à part ceux qui ne veulent pas de bleus et qui se protègent en faisant semblant d'être ami avec lui. Ça ne lui pose pas de problème tant qu'on ne l'emmerde pas, qu'on ne lui parle pas de ses parents et qu'on ne remette pas ses choix en question. Les adultes lui demandent d'essayer d'être gentil ; il essaiera le jour où les autres ne seront pas des animaux. Des animaux en colère qui veulent se défouler sur lui.

Il gratte son torse... Il a reçu des coups de ceinture hier, de la part de Laurent. Il était en train de surprendre une conversation entre adultes, qui parlait d'échange, d'armes et d'alcool. Trois coups de ceinture pour une information, c'est pas cher payé... Mais ça gratte. En rang deux par deux, les élèves suivent le maître pour sortir de l'école. Démarche étrangement militaire, la seule différence c'est le bruit chaotique des conversations d'enfants... Jérémy serre les dents, il aime pas le bruit, ça le perturbe, il n'est pas conscient de son environnement. Les enfants sont insupportables, les adultes sont des idiots. Jérémy soupire en passant le portail, il doit encore marcher jusque chez lui... Laurent n'est sûrement pas venu le chercher. Il voit un gamin brun, tout dépenaillé, mais se jetant bienheureux dans les bras de ce qui semble être son père... Le gosse ne se rend pas compte, il ne sait rien, tout aussi aveugle qu'a du l'être Jérémy autrefois... Mais Jérémy lui, il voit, les traits tirés du père, fatigué, usé, attentif à son fils certes, mais aussi aux regards des autres parents qui jugent ; où est la mère ? n'a-t-il pas honte de laisser son fils aller à l'école avec des vêtements pareils ? quelle honte... Du bruit.

Il s'en va, il s'éloigne vite car c'est trop insupportable ; le bonheur que certains essayent vainement de créer comme un mauvais mirage, et ceux qui veulent absolument détruire ce mirage parce qu'ils n'arrivent pas à l'entretenir...  Pas une personne pour comprendre que la vie ne se résumait pas à ça, personne à part lui. Jérémy baisse la tête, donne un coup de pied dans un caillou et tourne dans la direction d'un petit chemin de terre, coupant à travers un quartier résidentiel, pour rejoindre plus facilement l'avenue et sa maison. Le silence enfin. Jérémy a appris tous les raccourcis de la ville pour enfin s'éloigner du bruit, les gens préférant les grands axes pour rentrer en toute sécurité avec leurs mioches. Jérémy tend l'oreille. La neige amorti le son de ses pas, il met son nez dans son écharpe en reniflant, il y a le son du vent apportant l'hiver et des sanglots d'un petit garçon. Jérémy lève la tête, la pivote un peu, se rend compte qu'il y a trois personnes au prochain carrefour... :

-Je peux rien vous donner ! Mes parents ce sont rendus compte que je piquais dans leur porte-monnaie.

-C'pas notre problème... Pas d'argent, pas de couteau. Tu crois que les Vikings font crédits ?!

Jérémy continue son chemin, ce qu'il se passe ne l'intéresse pas. Il jette un coup d’œil rapide tout de même, pour voir qui est en train de se faire tabasser... Un grand de son école, en CM1 ou CM2... avec deux collégiens. L'un d'entre eux lève la tête au bon moment pour voir Jérémy disparaître dans le chemin d'en face. Jérémy entend une interjection... et se met à courir. Son sac d'écolier le ralenti. Il reçoit un coup dans le dos, il s'étale dans la neige. Un des collégiens le retourne. :

-Tu le connais ?

-Nah, c'est un Nobody.

-Retourne traquer l'autre. Secoue-le un peu pour qu'il nous paye la prochaine fois.

Il s’exécute. L'autre reste, maintient petit Jérémy au sol. Il sourit. :

-Tu n'as pas l'air effrayé.

-Pour quoi faire ? Soit tu vas me frapper, soit tu vas me laisser parce que je te sers à rien, je veux pas être un client des Vikings.

-Oh... Un Nobody qui en sait des choses quand même...

-Je suis Jérémy Bonnet, votre gang se sert de la cave de mon père pour planquer des fusils.

Il le lâcha, un peu surpris et visiblement plongé dans ses pensées. Ils restèrent sans bouger pendant quelques secondes avant que le collégien ne lui foute un coup de poing, complètement gratuit. :

-Si t'es au courant tiens bien ta langue petite merde.

Il s'en alla, sans doute rejoindre son collègue. Jérémy resta allongé encore un peu sonné, admirant le ciel gris avant de se lever, de reprendre son chemin comme si tout cela était normal. Tout cela est normal. Pour l'instant il n'était personne, alors les autres ont le droit de le frapper... ils ont le droit de lui faire du mal... mais ça ne va pas durer.


If you seek Amy - Britney Spears


Jérémy s'entraîne. Dans son jardin, au mur de sa maison, il y a une planche de polystyrène recouverte d'un carton où est grossièrement dessinée une cible. Jérémy y lance le couteau de son père, son ancien couteau de militaire. Faire peur ici, ce n'était pas suffisant. Il fallait aussi s'imposer, il fallait prouver qu'on était au-dessus. Et Jérémy savait qu'il pouvait le faire, parce qu'il était naturellement le meilleur... Il fallait juste qu'il apprenne et il allait leur montrer. Depuis le retour des beaux jours, à l'approche de son neuvième anniversaire, il passait son temps à ça. A lire des livres pour savoir où frapper pour faire mal et à mettre tout ça en application, pendant que son père buvait de bon matin... où quoi que ce soit d'autre. Le couteau entre parfaitement dans la cible, quasiment jusqu'au manche... mais il n'est pas précis. Jérémy fronce les sourcils. Il se dit qu'une cible mouvante sera encore plus dure à viser. Il allait devoir continuer à s'entraîner mais ça prenait trop de temps. Il retire le couteau d'un geste sec et retourne à l'intérieur de la maison. Il n'y a personne apparemment, à cette heure, Laurent doit être en train de travailler au garage... pour une fois.

Jérémy pose le couteau sur la table, va se servir un jus d'orange... quand il se retourne, il y a une femme en train de doucement s'étirer dans le salon. Robe courte, talons aiguille, petites... cheveux bouclés et roux tombant en cascade sur ses épaules nus. Jérémy a soudain sa main qui serre son verre au point de faire ressortir les jointures de ses mains. La Madonne prend ses aises et s'installe à table, croisant ses jambes. :

-Qu'est-ce que vous faites là ?

-Comment ça ce que je fais là ?... T'as pas une petite idée de pourquoi ton père voudrait éventuellement d'une prostituée chez lui ?

Son rire est agaçant. Jérémy ne le supporte pas. :

-Sortez de chez moi.

-C'est prévu, une fois que je serais payée.

Il soupire, pose violemment son verre vidé sur la table. Il va jusqu'au manteau de son père, s'empare du porte-monnaie qu'il utilise pour faire ses transactions illégales et paye la prostituée, les traits tirés par le dégoût qu'elle lui inspire, lui jetant presque les billets au visage. :

-Tu devrais être gentil avec moi... T'es un peu jeune mais plus tard je pourrais être gentille avec toi aussi si tu veux.

-Déjà vu, déjà fait. C'est juste... dégueu.

Elle paraît d'abord surprise avant de rire à nouveau... Jérémy lève les yeux au ciel... Ce rire immonde pouah. Elle s'approche de lui doucement, l'air féline. Jérémy devient statue. :

-C'est parce que tu l'as fait avec quelqu'un qui ne sait pas ce que je sais. Aller... tu veux pas être mon ami aussi ?

Elle s'empare de son visage, le rapproche de ses seins énormes, la seule chose pour laquelle elle est respectée au village. Jérémy voit le roux de ses cheveux, sent l'odeur de sexe qu'elle dégage et entend ce rire qui lui donne envie de vomir... Il la repousse si brutalement qu'elle tombe au sol, sale petite chose fragile à talons au milieu de son salon. :

-Me touche pas salope ! Si un jour j'te baise, ce sera pour te faire mal ! En attendant dégage de ma maison !

La Madonne se leva sans un mot, sans doute habituée à être maltraitée... Tss. Cette pute. Jérémy attend qu'elle soit bien partie, entendant le son de la porte d'entrée qui se referme... puis il amena sa main jusqu'à ses lèvres... Au-delà de la nausée toujours aussi forte, Jérémy se rend compte de ce qu'il a dit... Il avait juste imité les grands, même s'il comprenait bien chaque mot qu'il avait prononcé, même s'il avait parfaitement conscience qu'il les pensait, c'était quelque chose de le faire, enfin, de se lâcher. Cette salope... Non, ces salopes. Toutes ces femmes, première dame du pays ou petite pute des bas quartiers... Chair à canon qui brûlent, qui blessent, qui font semblant d'exister.

De la chair à bouffer.




Des années à s'entraîner, des années à tenter de rejoindre les Vikings par des faits, par des violences qu'il commet, toujours plus impressionnantes, pour attirer le regard du Jarl, le chef du gang. Mais il n'était qu'un gamin, et en dehors de l'enceinte de l'école primaire, puis ensuite du collège, il n'était plus un tyran, mais un autre fantôme parmi les autres. Mais il s'était endurci, par les coups des autres, par les coups de son père... Après avoir redoublé sa sixième, il n'avait plus rien à voir avec un enfant. Il était grand, il était beau, il était parfait... Il ne manquait plus que le respect qu'on lui devait dans les rues et il serait intouchable. Il le savait. Si peu de choses qui pourraient tout changer.

Rentrée 2011. Une sixième de plus. Dès la rentrée il s'impose. C'est le plus vieux, c'est le plus fort, on lui doit le respect... En fin de matinée, juste avant l'appel pour le self, il est déjà entouré d'une petite troupe de profiteurs... Mais ça n'a pas d'importance, puisqu'il montre du coup qu'il attire, qu'il est puissant et qu'on ne peut l'atteindre. ...qu'on ne peut le... qu'on ne... hein... Ouais. Wouah... Devant lui passe une fille. Pas n'importe laquelle ; une belle fille. Blonde comme les blés, à la douce odeur de fleurs, bien plus jolie que les autres. Elle, elle met pas des joggings informes pour faire genre, elle porte une jupe légère à mi-cuisse qui se soulève à chacun de ses pas. Elle porte un gilet blanc immaculé, unique protection contre le vent frais de l'automne. Elle aussi à sa petite troupe qui l'accompagne ; des filles aussi, qui tentent de s'habiller comme elle mais qui sont loin de l'égaler. Son visage à la douceur de l'enfance, son corps à l’indécence de l'adolescence. Jérémy la fixe sans pouvoir s'arrêter... C'était comme une apparition divine sous la forme d'un péché immonde. Les femmes. Une fille. De la luxure difficile à contrer tant elle semble parfaite. :

-Qui c'est ?

-Ah... Cynthia hein ? fait un de ses nouveaux sbires. Elle est dans l'autre classe. 'Paraît qu'elle fait déjà du C et qu'elle va prendre la place de la Reine de l'année dernière. Rapide mais en même temps, qu'est-ce qu'elle est bonne !

Bonne ! Si ce n'était que ça... Il y en a d'autres, des meufs bonnes au collège, mais elle... elle semble attirer la lumière avec ses cheveux, avec son sourire, avec son aura charismatique. :

-Il me la faut. Je la veux.

-Eh ? Mais elle est carrément hors lig- erg.

Jérémy s'est emparé du cou de son nouveau jouet. Un sourire sadique étire ses traits. :

-Je suis bien plus puissant qu'un Roi. Je mérite d'avoir une Reine à mon bras... et c'est celle-là que je veux. C'est clair ?

Il le lâche et puis regarde les gamins qui l'entourent. :

-Si j'en vois un papillonner autour d'elle... je l'écrase comme l'insecte qu'il est.

Il fait peur Jérémy... on a l'impression qu'il va la dévorer quand il la regarde alors personne n'ose répondre quoi que ce soit à cette déclaration intense. Pourtant dans sa tête, il est encore un gosse lui aussi. Il imagine la douceur de sa main, il s'imagine l'emmener dans les bois pour une balade en amoureux... Il a envie de passer sa main dans les cheveux d'or et de lui faire plaisir comme on peut faire plaisir à une fille, de la seule manière possible. :

-Alors je suppose que tu vas écraser l'étranger qu'elle fixe de temps en temps ?

Jérémy fronce les sourcils et se rend compte qu'effectivement, elle jette parfois des regards dans une direction bien précise. Dans un coin de la cour, assis sur un banc, il y a un gamin brun et maigre dans une veste cuir bien trop grande pour lui, informe et abîmée... tout autant que le gosse. Il est penché sur un livre et personne ne le regarde, personne ne le remarque... Sinon Cynthia et Jérémy. Il n'a rien pour lui ce... cet étranger qui lève soudain les yeux, droit sur Jérémy, comme un animal qui aurait remarqué qu'on le traquait. Il serre les dents quand il plonge dans le regard d'argent, des yeux étranges où l'on pourrait croire qu'aucune émotion ne subsiste. Pourtant Jérémy y lit une rage sans nom et ça le perturbe... d'autant plus lorsque l'étranger replonge dans son livre sans plus admirer la perfection qu'il était, comme s'il en avait rien à foutre. Ça n'a duré que quelques secondes, mais ça a déterminé les années à venir. :

-Étranger tu dis ?... Je veux tout savoir.


Lilium - dans l'animé Elfen Lied
#mon latin est rouillé


Jérémy est genou, devant la statue de Marie, chapelet à la main... dans la même position que Bernadette. Jérémy a presque fini de prier à chaque perle... encore un "je te salue Marie". Il lève les yeux. Ave Maria, gratia plena, dominus tecum. Pourquoi Dieu avait choisi les femmes pour porter les enfants ? C'est quand même con de donner cette tâche si importante à des êtres aussi fragiles. C'est comme demander à une fleur de soulever une montagne. Peut-être qu'il a décidé de ça pour leur trouver une quelconque utilité... ouais sans doute. Et il aura choisi Marie histoire qu'on évite de les buter pour un rien, déjà qu'elles se débrouillent bien toutes seules, ces connes ! Il est malin le Seigneur. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Iesus. Bénie entre toutes les femmes qu'ils disent... mais il y en a d'autres peut-être ? Des bénies, des saintes ?... AHAH ! La blague. Comment Il dit déjà ? "Tu mangeras le fruit de tous les arbres, sauf celui de la Connaissance du Bien et du Mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras."... Donc le fruit des femmes se mange... Les Hommes se dévorent et ce n'est ni Bien, ni Mal, c'est l'équilibre. C'est Saint. Sancta Maria mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc, et in hora mortis nostræ. Nan. Elle n'avait pas besoin de prier pour lui, cette femme bénie des autres, parmi les autres, chair morte depuis des siècles. AMEN.

Jérémy se lève, inspire lentement... Sans un regard de plus pour la statue de la Sainte, il remonte l'allée de l'église, se place devant la croix. La lumière traverse les vitraux, créé de petites tâches de couleurs éclatées au sol, aux murs, sur le visage ensanglanté de Jésus. Jérémy est rassuré. Il ira toujours au Paradis car sa réflexion n'a aucune faille. Parfaite comme lui. Père Fernand range la coupe qui sert lors des messes, dans lequel tout le monde boit le sang du Christ, le picrate de la région. Il pose ses yeux presque aveugle sur Jérémy. :

-Tu viens te confesser mon enfant ?

-...Non mon Père. Je n'en ai plus besoin.

Et il s'en va ; il retourne chez lui se faire battre par son père pour il ne sait encore quelle raison, il s'en va gagner le respect qui lui est du, il part se couvrir d'un sang qui n'est pas le sien. Mais avant, il glisse un billet dans l'urne de l'église... Un billet qu'il a gagné en battant un gamin lors d'une séance de Fight Club, organisé par le gang d'Amadéus, pour apaiser les animaux dans le cœur des abrutis du coin. Jérémy regarde le prêtre... c'était pour tous les cierges qu'il avait allumé enfant, sans payer. Père Fernand hoche lentement la tête. :

-Ego te absolvo.

Il était remboursé.

Amen.





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##   Dim 29 Avr 2018 - 18:38

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Les garçons ne pleurent pas - Première partie

/!\ On rentre un peu dans le vif du sujet avec des violences et d'autres joyeusetés. Je vais tenter d'y mettre autant de formes que je le peux (comme pour le rp solo de Nico) mais le fait est qu'il y a des choses qu'on ne peut pas "romancer" ou "enjoliver" avec des métaphores ou d'autres effets de style. De plus, ma façon d'écrire avec Jérémy est moins allusive qu'avec Nicolas. Alors préparez vos âmes....... moi je ne suis pas prêt du tout *pleure en silence*


Boys don't cry - The Cure

Jérémy est appuyé à un mur dans sa cave. Il réfléchit, bouteille de bière artisanale à la main. Il est un peu perdu, il ne s'attendait pas à ce que le monde soit aussi dur c'est vrai. Il s'était préparé à la vraie vie, le collège l'avait pourtant un peu abîmé. Maintenant en cinquième, il avait réussi à asseoir sa supériorité. Les pions lui mangeaient dans la main parce qu'ils lui devaient des faveurs. Il n'hésitait pas à s'en prendre aux profs en dehors de l'enceinte de l'établissement. La plupart des élèves baissaient les yeux en le croisant. Mais ce n'était pas suffisant. Il y avait toujours le risque, dans les rues, de se faire marcher dessus par les autres, les membres de gangs, dont l'autorité était bien supérieure à la sienne, petit tyran d'une cour de récré. Il boit une gorgée de la boisson aromatisée au rhum. C'est la seule qu'il arrive à boire sans être trop dégoûté par l'amertume. Il avait pas l'habitude des boissons trop forte, ça ne faisait pas si longtemps qu'il descendait dans la cave pour piquer quelques bouteilles à son paternel. Il regarda l'alcool, pensif. Il avait du mal à comprendre ce qui l'avait poussé à le faire, d'abord, puisque la menace d'un coup de ceinture était tout de même assez suffisante pour le dissuader...

Et puis il se dit que de toute façon, son père était trop bourré pour voir qui lui manquait des bouteilles qu'il ne buvait pas ou peu, préférant le whisky. Puis il était quoi ? Son champion ? Un homme un vrai non ? Comme lui qui se mettait misère tous les matins et tous les soirs, il se donnait donc le droit de goûter. Puis le droit de s’anesthésier tout comme lui. Jérémy, un peu groggy alors qu'il avait bu à peine la moitié de sa bouteille, se rendit compte que l'alcool était un bon moyen d'échapper à ses débats internes, à couper un peu les émotions qui bouffent comme le regret, l'affection et  les tourments que créé la vrai vie en soi. Il en arrivait presque à rire en se remémorant les pires moments de sa vie ; quand sa mère a explosé devant ses yeux d'enfant, quand il a planté un couteau dans ses poignets fragiles, quand Mathieu lui a forcé à enlever son pantalon devant Laura, tous les coups qu'il a reçu, toutes les trahisons, tous les malheurs,... Un peu d'alcool et la vraie vie semble presque te sourire, avec ses canines pointues et ces yeux qui semblent te dévorer même dans la nuit la plus noire.

La porte s'ouvrit à la volée. Laurent déboula dans la cave comme un taureau en furie. Jérémy prit le temps de poser la bouteille plus loin pour éviter qu'il ne la casse et s'en serve sur lui pour le punir, par habitude. Il ne ressentait rien de particulier à cet instant, ni surprise ni peur, il n'était pas assez stupide pour penser que son père ne serait jamais au courant ; ici, tout se sait. Il pensait juste qu'il mettrait plus de temps à s'en rendre compte. Laurent fulminait, mais il ne lâcha pas un mot quand il s'empara du bras de son fils, quand il retira sa ceinture. Jérémy retira son t-shirt et se mit à genoux. Il savait qu'il n'avait rien à dire, il n'y a aucune défense à avoir face à la vraie vie. Le cuir fendit l'air et s'abattit dans son dos. Jérémy serra les dents, il pensait que l'alcool allait amenuiser la douleur mais il n'en était rien ; soit son père y allait plus fort que d'habitude, soit il s'était trompé. :

-Un.

Un nouveau claquement résonna dans la pièce humide. :

-Deux.

Le coup suivant fut porté un peu plus haut, ce qui lui coupa le souffle. :

-T-trois.

Laurent abattit de nouveau son bras en hurlant. Il y mettait donc toute sa force. :

-....quatre.

Le dernier coup lui fit perdre le contrôle de ses bras, son corps se pencha en avant, sa tête rencontra le sol dur et sale de la cave. Il serra les dents mais il lâcha une larme sans vraiment pouvoir la retenir... C'était trop fort, il avait l'impression que la ceinture lui avait coupé le dos comme un couteau. Il n'osa pas passer une main pour vérifier s'il saignait, pas devant son père, pas alors qu'il avait les mains salies. :

-Jérémy.

Voix autoritaire, inflexible, qui roulait comme les sabots des chevaux sauvages en plein galop. Laurent s'empara du cou de Jérémy, le força à se tourner. Il n'eut pas le temps d'effacer sa larme... Laurent le fit pour lui... d'un revers puissant de sa main. :

-Un homme ne pleure pas. Un homme assume. Tu te bourres la gueule avec un alcool qui n'est pas le tien, que tu n'as pas gagné, et tu pleures ? Tu oses pleurer ?!

Jérémy trembla de la tête au pied, il sentit sa joue enfler à cause du coup mais il ne pleurait plus. Il articula aussi clairement que possible.

-Cinq.

Laurent plissa des paupières et sembla se satisfaire de la réponse. Il traîna son fils hors de la cave, dans la maison, et le jeta devant la porte de sa chambre. Il abandonna là le corps de Jérémy qui lutta longtemps, prostré, pour ne pas pleurer. Comme un homme.


Do you feel it ? - Chaos chaos
Ce passage fait écho au dernier paragraphe de la troisième partie du chapitre Souvenir dans le rp solo de Nicolas.


Nicolas était le Loup Noir. Jérémy n'était rien. Rien que le tyran de la cour de récré. Comment cet étranger avait pu le doubler ? Ça restait un mystère. Peut-être avait-il fini par sucer la queue d'Amadéus ? Va savoir. En tout cas ça n'allait pas durer, il comptait bien se faire remarquer par les Vikings, un gang autrement plus puissant que celui d'Ama, et il allait surpasser ce maudit Loup, qu'il ait buté trois clebs importait peu ; il restait une brindille sur son chemin. Jouant avec les couteau militaire qu'il avait "emprunté" à son père, ses sbires lui revinrent avec des bonnes nouvelles. Le Loup était bien dans le bois, entouré de quelques membres de son gang, en train de faire des tests sur une arme explosive... Une chose que ne possédait pas les Vikings qui semblait être là que pour leur faire du tort, les menacer, les dissuader de s'en prendre à Ama et ses membres. C'était une évidence... mais il lui fallait une preuve, il lui fallait les compte-rendus que le petit groupe allait donner à Amadéus. Jérémy hocha la tête, partagea son plan avec ses deux sbires et organisèrent une petite battue sur les chemins des bois, afin d'intercepter les papiers qui lui permettrait d'être enfin un Viking.

La chance joua en sa faveur... Ils croisèrent le Loup et en plus il n'y avait que lui... Ses sbires le poursuivirent sans faire attention, ça les coûta puisqu'ils finirent dans des ronces, incapables de bouger sans se faire du mal. Jérémy lui, n'était pas stupide. Il tenta de surprendre le Loup mais il recula. La brindille avait des réflexes. Il sortit son couteau, planta ses yeux d'or dans l'argent. Il était prêt à lui ouvrir la gorge s'il le fallait. Ils se regardèrent un court instant comme ça...

Jérémy se jeta sur Nicolas, tout ce qu'il réussit à faire c'est attraper la veste en cuir de l'étranger... Il la balança plus loin, para le coup qu'il allait lui porter. ...Il était faible. Mais si le poing l'avait atteint, il aurait touché sa tempe et l'aurait sonné assez longtemps pour qu'il puisse fuir. C'était ça ? Le Loup qui terrifiait les plus impressionnables du village ? Un fuyard ?! Jérémy se mit à sourire et tendit son bras. Nicolas n'eut pas le temps de reculer cette fois... Le couteau fendit le maillot, pénétra la chair, arracha un cri étranglé au Loup. Un frisson remonta le long de la colonne de Jérémy, mais il lâcha entre ses dents, d'un ton dur et autoritaire. :

-Donne !

-Non !

Cet étranger était un abruti. Il croyait qu'il allait gagner ? Il croyait qu'il allait réussir à survivre en se battant comme ça pour si peu ? Nicolas enchaîna ; il se plia pour attaquer Jérémy sous un angle auquel il se s'attendait pas, par-dessous. Le poing faillit rencontrer son menton mais il put l'éviter en se penchant en arrière. Nicolas allait préparer un autre coup avec son autre main mais Jérémy l'attrapa, le rapprocha et planta le couteau dans son dos. Ils basculèrent en arrière, Nicolas hurla à son oreille puisqu'il le tenait contre lui. Le couteau glissa dans la chute, créant une profonde estafilade dans le dos de Nicolas. Jérémy pensait qu'il allait avoir un corps épuisé sur le sien mais non... Le Loup se redressa, toujours en hurlant, genoux bloquant soudain ses bras. Une pluie de coups s'abattit sur lui. La rage de Nicolas était si puissante qu'il n'arriva pas à se libérer puis il sentit le couteau sous sa gorge...

Ils ne bougèrent plus. Épuisés. Nicolas au-dessus, faisant couler son sang sur lui. Les yeux d'argent à quelques centimètres des siens. Jérémy ne respirait plus. Le temps parut se dilater. Il n'avait plus que deux disque de métal en fusion sur lui. Puis ils se détournèrent de lui pour observer les deux sbires qui avaient enfin réussi à sortir du piège de ronces. Nicolas serra les dents, dévoilant une dentition blanche et pointue. :

-Bougez de là et je l'égorge.

Jérémy frissonna de nouveau. Il n'avait pas peur de mourir à cet instant pourtant. Nicolas se pencha doucement et chuchota à son oreille. :

-Si tu veux t'en prendre à mon gang, si tu veux être plus puissant, si tu crois que la raison est celle du plus fort... tu n'auras jamais rien de moi. Et tu perdras. Toujours.

Il se releva, tanguant un peu, mais couteau toujours pointé sur Jérémy... Il s'éloigna à reculons, récupéra son manteau... et par il ne sait quel prodige, le Loup courut au loin. Blessé. Jérémy se redressa enfin mais décida de rester un moment assis, le temps que ses sbires le rejoignent. Puis un sourire carnassier naquit sur ses lèvres. L'étranger était un adversaire à sa taille...


Race against Myself - The Offspring


Le Jarl. Il le rencontrait enfin. Un homme qui a créé son gang dès sa sortie de prison pour agression. Un trentenaire à la barbe fournie, aux yeux bleus perçants. Il posa sur lui ce regard dédaigneux... Il l'avait convoqué et pourtant Jérémy sentait combien il le dégoûtait par sa simple présence. :

-Tu t'es fait remarqué il y a quelques jours garçon. 'Paraît que t'en es venu aux mains avec le Loup pour lui chiper ses compte-rendus.

-Oui Jarl.

Pourquoi démentir ? Pourquoi développer ? Le chef de gang semblait parfaitement au courant de ce qu'il s'était passé... il paraissait aussi très énervé bien qu'il bougeait à peine. :

-Tu n'es pas un Viking et pourtant tu as réussi à jeter le déshonneur sur nous.

-C'est bien pour ça que j'ai été convoqué non ? Pour payer l'affront.

-Hm. lâcha l'homme en battant doucement ses paupières lourdes. Tu as du cran garçon. Enchaînez-le.

Deux adolescents pas plus vieux que lui s'exécutèrent. Les chaînes étaient lourdes, de loin elles auraient pu paraître rouillée mais il ne s'agissait que de sang séché. Jérémy grimaça plus parce que les Vikings ne nettoyaient pas leurs instruments de torture plus qu'on lui enserra les poignets. La chaîne fut accrochée à la poutre de la salle commune du QG, au-dessus de lui. On le souleva pour qu'il se tienne sur la pointe des pieds. Là fut placé un parpaing et tout autour du charbon de bois. Jérémy déglutit, retenant un soudain refus de quitter ses lèvres à la réalisation soudaine de ce qu'ils comptaient faire. Un cercle enflammé l'entoura, il ne pouvait qu'à peine échapper à la brûlure, la chaleur des flammes, de là où il se tenait. Son poids abîmait soit ses jambes par le feu, soit ses poignets par les chaînes. :


-Apportez le Bagh-nakha.

Le Jarl enfila une espèce de poing américain auquel avait été ajouté trois longues griffes. Avec son immense main armée ainsi, l'homme ressemblait soudain à un tigre. Il fit lentement le tour de Jérémy et celui-ci comprit qu'il comptait le blesser dans le dos... C'est toujours plus compliqué de soigner une blessure quand on ne peut l'atteindre... Mais Jérémy refusait ça. Il pouvait subir tous les traitements du monde, il pouvait s'endurcir de toutes les manières possibles et imaginables... mais la seule personne qui avait le droit de blesser son dos, c'était son père. Laurent, lui, le méritait. Laurent qui lui avait sauvé la vie deux fois. Laurent qui lui apprenait la vraie vie à coup de ceinture. Il lui fallait toute la volonté du monde pour faire face au Jarl en pivotant sur le peu de surface que lui offrait le parpaing... Ça accélérait la sudation. Le Jarl haussa les sourcils... et sourit. :

-Tu me plais garçon. Avec un peu de chance, si tu survis et que tu te montres obéissant, tu auras peut-être l'honneur de rejoindre mes rangs.

Et le coup fut porté. Trois profondes griffures s'imprimèrent sur le torse de Jérémy. Un cercle de Vikings l'entoura, le Jarl lui s'en alla, murmurant quelque chose à un subordonné au passage, puis s'en alla.

Il ne sait pas combien de temps il resta là, les bras en l'air, à suer toute son eau, le sel de sa transpiration brûlant ses blessures, la déshydratation l'épuisant un peu plus. Il ne sait pas si ce qu'il était en train de vivre était plus douloureux que tous les coups qu'il avait reçu. Il ne savait pas vraiment... Mais ce qu'il savait, c'est que cette douleur physique était bien loin de le faire pleurer. Les Vikings postés autour de lui alimentèrent plusieurs fois le feu... au bout d'une énième  fois, des regards lui firent comprendre qu'ils ne s'attendaient pas à ce que ça dure aussi longtemps.

Et le Jarl revint. :

-Ça suffit. Ce n'est plus une punition.

Le feu fut éteint et Jérémy fut libéré dans la minute. Quelqu'un lui présenta même un verre d'eau qu'il repoussa en soufflant. Le Jarl se dressa droit devant lui, l'observa de toute sa hauteur. Jérémy se leva, fit ce qui ressemblait à une révérence et partit sans rien dire, tanguant jusque chez lui dans les lueurs du matin naissant.


Roxanne - Version Moulin Rouge


Jérémy observa son reflet nu, à l’exception de ses poignets, dans le miroir sur pied. Il passa une main sur son torse... Les trois griffures qu'il avait hérité du Jarl s'étaient infectées les premiers jours, la cicatrisation avait beaucoup de mal à se faire par elle-même malgré les soins qu'il y apportait. Il fallait pas être une flèche pour comprendre qu'au vu de leur profondeur, elles risquaient de mettre plusieurs mois à se soigner. Il ne pouvait pas se le permettre. Jérémy les avait montré à son père qui avait simplement hoché la tête et emmené à l'hôpital pour lui faire des points de suture. Il avait un ancien camarade qui travaillait là-bas, il eut juste besoin de lui graisser la patte pour qu'il puisse le coudre en toute discrétion. Sans anesthésie toutefois, mais on ne pouvait pas tout avoir. Laurent s'était montré très fier devant les premières cicatrices de son fils... ...Il le battait moins souvent. Maintenant, les blessures étaient refermées, roses de chair abîmée mais fermées.

Il sentit une présence doucement arriver vers lui mais il ne se tendit qu'un peu seulement... Une paire de main glissa sur ses épaules qui prenaient déjà en largeur. Il poussait un soupir contenté et se tourna vers la jeune fille. Il... ne se souvenait pas de son prénom. Mais elle avait les yeux bleus... un bleu si clair qu'il ressemblait à un ciel orageux derrière lequel le soleil et la lune brillaient. Elle sourit... Sans doute pour faire bonne figure. C'était une suivante de la Reine, Cynthia, celle qu'il convoitait réellement... Mais cette fille ne cherchait rien en lui de ce qu'il cherchait en la Reine. Elle voulait se protéger, dans les grands bras de Jérémy. Si elle était sa favorite, qui en vérité pourrait essayer de lui voler son jardin secret ? C'était le secret des femmes ici ; soit elles donnaient leur corps de leur propre volonté, soit on le leur arrachait. Jérémy n'en voulait pas de ses corps qui s'offraient, Jérémy n'aimait pas ses corps en fait. Mais il se prêtait au jeu que faisait subir le village : les garçons ne pleurent pas et les filles ouvrent leurs jambes.

Il passa ses mains sur les bras bronzés par le soleil de l'été de la fille. Elle avait encore une fine pellicule de sueur sur la peau, due à leurs ébats antérieurs. Jérémy retient sa grimace de dégoût. Elle fait très bien semblant de se plaire au creux de lui, il veut lui rendre la pareille. :

-Tu vas retirer ces horreurs à tes poignets ou il faut que je m'habitue à ce qu'on baise avec ?

Il attrapa une mèche de cheveux teintes en rouge et la fit glisser entres ses doigts. Il ne répondit pas. C'était évident. Elle poussa un soupir mais n'ajouta rien, elle le tira légèrement, l'invitant clairement à la prendre encore une fois. Il voulait pas. Il avait pas envie. Il s'avança, la forçant à reculer et la plaqua sur le lit. En la frôlant, il essayait de deviner si la Reine avait déjà reçu ce genre de faveur... Ça tirailla quelque peu sur sa jalousie... surtout quand il s'imagina Nicolas le faire à sa place. Ses ongles raclèrent la peau de la fille. :

-Pas de marque j'ai dit.

Il ferma les paupières. Ouais. Pas de marques. Mais elle, elle s'était permise de planter ses ongles comme des griffes dans ses avant-bras. Pourtant, il prit son temps. Quand il passa sa main à l'intérieur de ses cuisses, il remarqua sa grimace. Tout son corps s'arrêta net. :

-...Finalement j'ai pas envie. lâcha-t-il. Tu m'ennuies.

Elle ouvrit grand les yeux avant de prendre un masque outré. Elle ne se fit pas prier, ramassa ses vêtements et quitta la pièce en tempêtant. :

-J'te rappelle que j'te baise si je veux.

Garder l'illusion que c'est pas lui, la pute dans l'histoire. Elle s'arrêta net à la porte et se tourna vers lui... Elle prit soudain une petite voix. Elle était une enfant comme lui, tous les deux avaient juste tendance à l'oublier... Tout le monde avait tendance à l'oublier ici. :

-Merci.

Jérémy fit un geste de la main comme si ça importait peu mais la nausée faillit l'emporter. Quand il se retrouva seul dans sa chambre, il se rhabilla et s'allongea, regard perdu dans son plafond. Il se répétait que l'amour n'existait pas en évitant de penser à sa mère, à Cynthia, à toutes ses âmes qui se perdaient dans la sueur, dans un lit, pour quelques journées paisibles en enfer.





Cadeau:
 
##   Mar 5 Juin 2018 - 22:57

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Les garçons ne pleurent pas - Deuxième partie


Le Festin - OST Ratatouille
J'vais m'faire une mission de pourrir les Disney avec des moment mi-tranquille/mi-déchirant j'crois XD

Laurent retira son t-shirt plein de graisse de moteur pour en mettre un propre. Il vit le tissu se tendre sur son ventre... Il y passa sa main en le fixant, fronçant un peu les sourcils. Il n'avait jamais été gros, mais l'alcool l'avait rendu bouffi au fil des années. Comment il savait que c'était l'alcool et pas la nourriture ? Parce que c'est son fils qui cuisinait.

Jérémy venait de mettre l'épaule de porc au four, il l'avait laissé mariner dans un mélange d'huile d'olive, de paprika, de sucre brun, de sel et de poivre. Il avait recouvert le fond d'un plat d'oignons grossièrement découpés et d'ail. Il voulait tester cette façon de cuire la viande, lentement, parfumée de manière égale tout en restant tendre. Il faillit refermer la porte du four avant de s'interrompre, fixer longuement la viande et se décider d'ajouter du thym tout autour, dans le plat. Il observa son travail et sourit largement, dodelinant la tête fièrement et referma la porte pour lancer la cuisson.

C'est à ce moment que Laurent revint de la salle de bain. :

-C'est pas un peu tard pour lancer la cuisson maintenant ? Je retourne travailler cet après-midi tu sais.

-Non l'épaule c'est pour ce soir. Je la laisse mariner depuis trois jours pour ça.

Laurent fit un mouvement de tête mais en vérité, il ne comprenait pas la jubilation qu'avait son garçon à cuisiner. Quand il ouvrit la porte du frigo pour prendre une bière, il y avait une dizaine de plat en attente, des sauces préparées dans des bols sous cellophane, des restes dans des tupperwares qu'ils emportaient parfois dans la semaine... Il haussa les épaules ; la cuisine était la place d'une femme mais quand on en a pas, un homme se doit d'être indépendant. Pour Laurent, Jérémy n'était pas passionné, il était juste pratique.

Il revient à la table et vit son fils découper du brocoli. :

-T'sais que j'aime pas ça.

-Oui. Mais tu n'aimes pas les poivrons non plus, et tu en as mangé la semaine dernière.

-...Hein ?

-L'omelette. C'était une frittata. Oeufs, pecorino, courgettes, mesclun, vinaigre, sel, poivre... et des poivrons rouges et jaunes.

Laurent battit des paupières avant de sourire et de boire une gorgée de bière. Ok, il n'était sûrement pas passionné le petit, mais il était doué. ...et un poil sadique, ce qu'il faisait pas pour le faire manger de tout et n'importe quoi.

Jérémy de son côté contenait son sourire au fond de lui. Une fois le brocoli coupé, il sortit un pot de yaourt frais acheté le matin même, ajouta du miel et une cuiller à café de sucre. A l'aise, il tentait de réinventer, d'ajouter sa touche en trouvant des idées un peu partout ailleurs. Il s'arrêta un instant, contemplant le placard... et ajouta dans le bol de brocoli, des amandes et des raisins secs. Il mélangea le tout, servi une assiette à son père qui avait sorti une deuxième bière et s'installa devant lui. Après l'habituelle prière, il attendit que Laurent mange en premier. Jérémy regardait toujours la première expression qu'avait les gens lorsqu'ils mangeaient, surtout quand il s'agissait de ses plats. C'était la plus importante, la plus spontanée. ...et il avait un peu peur de voir des gens avoir faim devant lui. Il en avait tant vu, il avait vu tant de fois son visage quand il était plus petit, dans le miroir, quand sa mère n'était plus là pour cuisiner, quand son père ne comptait pas le faire tant qu'il avait de la bière dans son frigo... La Faim. Ce qui l'avait poussé à faire des festins de chaque repas.

Ce qui a fait découvrir à Laurent qu'il aimait bien les brocolis.


Stress - Justice

Jérémy marchait d'un pas vif suivi par quelques uns de ces camarades de classe, attirés à son charisme comme des papillons de nuit à une lumière trop vive, qui comptaient sur sa force pour les protéger de la violence qu'ils pouvaient subir. Prenant petites ruelles sur petites ruelles, ils évitaient les grosses frappes qui n'avaient pas peur de se montrer en pleine rue. Ils passèrent par-dessus une barrière blanche, donnant sur un jardin d'une maison abandonnée, d'où pourtant on pouvait voir que les hautes herbes laissaient deviner un passage couramment emprunté. Il s'approcha du porche de bois branlant, appuya sur une planche qui se souleva ; on pouvait y trouver des battes de bois recouvertes de barbelés, des pieds de biche, des tuyaux de métal, des masses improvisées. Tout ce qu'il y avait d'un peu contondants, franchement menaçants.

Se faire voir, montrer qu'on a peur de rien.

Ils étaient peut-être des Nobody aux yeux des autres gangs, mais il était hors de question de les laisser croire qu'ils étaient impressionnables. Un de ses sbires, dont il ne savait pas le prénom, se tourna vers Jérémy quand il constata qu'il ne prenait aucune arme. :

-Pas besoin.

Jérémy, bientôt 14 ans, dépassait tous les jeunes de son âge d'au moins une tête, faisait deux fois leur largeur et n'avait pas besoin d'arme... Sinon son couteau qu'il gardait à sa hanche et ne dégainait que dans des cas extrêmes. Il mangeait bien. Faisait du sport tous les jours. Il s'était forgé pour ne plus avoir l'air d'un enfant. Il croisa les bras, attendit que tout le monde soit attentif. :

-Très bien. On se sépare. Soyez présents un peu partout. Soyez visibles. Soyez ma façade pour que je puisse passer derrière vous, discrètement, et récolter les infos dont j'ai besoin.

-On devrait pas plutôt faire l'inverse ? Genre, tu passes et nous on récupère les infos ?... T'es bien plus populaire que nous quand mêm-...

Il se tut d'un regard. Jérémy n'aimait pas qu'on discute ses ordres... Surtout qu'il était le seul à agir de manière pas trop conne ici. Il inspira lentement. :

-Si on suit un mouvement, on ne peut pas parer, juste l'éviter et ouvrir notre garde pour une seconde attaque plus dévastatrice que la première.

Il s'avança, menaçant, de toute sa hauteur. :

-Je veux tout savoir. Tout parer et contre-attaquer avec férocité et imprimer dans le crâne des gens que si on essaye de me frôler, le retour de flamme sera fatal.

Il choppa le menton de son sbire, un gosse de sa classe, un p'tit merdeux depuis toujours, de ceux qui ne prennent pas les cours au sérieux parce que ce sont des imbéciles heureux, qui pensent que la vraie vie c'est "cool" et qu'ils peuvent gérer la vérité. Jérémy se penche, plante son regard doré à quelques centimètres de l'autre. :

-Discute mes ordres encore une fois, et tu seras le premier que je cramerais. Maintenant cassez-vous.

Il le relâcha, ils hochèrent la tête en chœur avant de s'égailler aux quatre coins du village... Et maintenant, il est temps de mettre en pratique tout ce que j'ai appris.


Mon kid - Eddy de Pretto

Ok. Ça s'est mal passé. Au détour d'un carrefour, il avait été pris en tenaille en voulant suivre un de ses camarades. Il était tombé sur un guet-apens du gang d'Ama... Ils s'étaient approchés trop près, trop souvent,... Ils s'étaient fait trop remarqués. A ce carrefour il a vu son sbire allongé au sol, du sang glissant de son crâne face à deux costauds. Jérémy n'a pas réfléchi. Il savait pourtant qu'il fallait toujours le faire. Il allait protéger celui qu'il avait pris sous son aile ; il le fallait sinon il perdait toute la crédibilité qu'il avait construit au fil des années. Mais il aurait du réfléchir, oui. C'est ce qu'il se répétait en maintenant son ventre et en se traînant jusqu'à chez lui. Il ouvrit la porte d'un coup d'épaule, faisant sursauter son père... en train de peloter allègrement la Madonne.

Il n'eut pas le temps de se mettre en colère pour avoir été interrompu dans ses ébats ; il balança la prostituée par terre pour se lever et récupérer son garçon. Jérémy attrapa le bras de son père en serrant les dents. Il ne pleurait pas. :

-Qu'est-ce que- ...?

-J'ai une balle dans le bide.

Voilà. C'est tout. Laurent vira la Madonne d'une claque aux fesses, allongea Jérémy sur la table de la cuisine et téléphona à son ami médecin pas trop regardant. Jérémy donna tous les détails dont ils avaient besoin pour lui éviter l'anémie. Et puis le médecin arriva enfin. Il vit danser les étoiles quand le ciel fut déchiré à coup de scalpel, rouge d'un aurore sanglant absorbé par les compresses, à retirer la balle d'argent lunaire entre des pinces chirurgicales. Ce fut la nuit la plus longue de sa vie... c'est la plus courte de ses souvenirs. Agonisante..........

Assis sur la table, une main sur le bandage d'où un point rouge apparaissait lentement, il regarda Laurent payer son ami, lui serrer la main et le saluer à la porte. Laurent revint vers son fils, le regarda de haut en bas et lui sourit. Il tapota son épaule avant de se diriger vers un placard et d'en sortir deux verres et une bouteille de whisky. :

-Je suis fier de toi champion. dit-il soudain en versant un peu d'alcool dans chaque verre. Tiens. Tu l'as mérité.

Le visage éteint pour ne rien montrer de sa souffrance, Jérémy s'empara du verre et fit glisser le liquide dans son gosier. Ça brûle... Il veut pleurer, il veut pleurer, il veut pleurer, il veut pleurer parce que c'est trop douloureux, il veut pleurer parce qu'il est fatigué, il veut pleurer et il veut un câlin, il veut des bras, il veut un échange, il veut quelque chose de vivant pour lui faire oublier ce nouvel aperçu de la mort qu'il venait d'avoir... :

-Sinon, il est devenu quoi celui qui a osé te faire ça ?

Jérémy leva ses yeux solaires mais froids sur son père. :

-Je lui ai pété les incisives.

Laurent et Jérémy se regardèrent longtemps... Jusqu'à ce que l'homme s'avance et enferme son fils dans ses bras. Jérémy ne sut plus quoi faire. Il resta immobile, les yeux grands ouverts sous la surprise, complètement perdu. Puis Laurent se recula, s'empara de la bouteille, sembla hésiter un instant... puis la lui tendit. :

-Cadeau pour mon champion. Continue comme ça. Sois un homme un vrai, écrase-les.

Puis il s'en alla. Sans doute se coucher après cette nuit forte en émotions...

Jérémy resta sur la table à serrer sa mâchoire, serrer la bouteille entre ses mains,...

Il était fort maintenant. Dominant.

Il n'allait plus jamais pleurer.


I hate you - Sick Puppies
Ce passage fait écho au troisième paragraphe de la deuxième partie du chapitre Amitiés fragiles dans le rp solo de Nicolas.

Jérémy observait. A l'orée des bois, bouteille de whisky offerte par son père à la main, déjà bien entamée -lui aussi-, les yeux rivés sur Nicolas en train de couper du bois pour reconstruire la cabane du seul noir du coin. Les voir ensemble n'avait rien d'étonnant. Voir Nicolas sans maillot pour couvrir un minimum le haut de son corps était une nouveauté. Il pouvait voir les marques, les bleus et les cicatrices, certaines de son fait, ainsi que les stigmates de la malnutrition. Ses côtes apparentes, ses articulations noueuses et ses muscles fins qui tremblaient à chaque choc entre le bois et la hache. Nicolas, le gosse toujours en t-shirt, à demi-nu devant un sale étranger. Pourquoi ? Comment ? Quand son sbire l'a prévenu, il l'a à peine cru. Il a fallu qu'il se déplace, qu'il constate, équipé de sa bouteille. Depuis il rumine, il analyse, le peu d'échanges entre eux pourrait faire croire qu'il ne sont pas si proche mais Jérémy, lui, sait.

Pourtant il ne comprenait pas plus ce qu'il se passait ; peu après l'altercation où il avait réussi à "kidnapper" la Reine, il avait saisi que Nicolas entretenait une relation privilégiée avec les membres de son gang. Et voilà plusieurs mois qu'il ne l'avait pas vu... parce qu'il passait l'été avec ce noir. Oldie de son nom. Un mec qui avait été à moitié cramé on ne sait pourquoi, son visage éternellement marqué sur la moitié droite, récupéré par Amadéus il y a une paire d'années. Sifflant une énième gorgée de whisky, il se rendit compte qu'il était outré que le Loup accorde un semblant de confiance au gens de son gang. Qu'il le déteste ok. Qu'il ait les faveurs de la Reine passait encore... Mais qu'il préfère des êtres inférieurs à lui le rendait malade.

La nuit tombait alors Nicolas partit après avoir bâché ce qui servait de cabane au nègre. Jérémy se redressa, il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait fini par s'appuyer à l'arbre le plus proche. Il le suivit sans aucune discrétion, et de toute façon, même s'il avait voulu être discret, il n'aurait pas pu. :

-Hé... Colette !

Nicolas s'arrête net et se retourne. :

-Qu'est-ce que tu m'veux Jérém' ?

-Toi... Pourquoi tu es toujours debout HEIN ?! P-Pourquoi plus on te brises, plus tu te relèves ?... Tu devrais être mort... Tu devrais CREVER comme une MERDE !

Jérémy a la voix qui tremble mais il ne pleure pas. Il ne pleurera plus et sûrement pas devant lui. Il était juste à bout... Pourquoi Nicolas avait des semblants d'amis quand il ne leur apportait rien, que Jérémy le pouvait et qu'il était seul ? Hein ?! :

-Parce que la seule chose qui puisse faire chier ce village d'abrutis finis, toi compris, c'est de me voir toujours debout malgré ce que vous me faites subir, ce que vous pouvez me dire... Et je continuerai à vous faire chier tant que je le peux encore.

-Tu m'as... traité d'abruti ?

Jérémy se redresse autant qu'il le peut. Il tangue dangereusement. :

-Nan. Même un abruti saurait qu'il est incapable de se battre dans ton état... Toi. T'es un déchet.

...J'vais l'buter. Jérémy balança sa bouteille, poussé par une impulsion vive. Il fut surpris qu'elle éclate dans le dos de Nicolas... Mais sa surprise s'évanouit en le voyant prendre une position offensive.

Ils se jetèrent en même temps en avant, leur poing percutèrent la joue de l'autre dans une synchronisation parfaite. Oui il était en colère, mais par-dessus tout, il y avait son orgueil blessé qui hurlait en lui, lui pressant de détruire ce qui égratignait la vie parfaite qu'il voulait mener, et qui n'était là que pour lui rappeler qu'il n'était que le méchant de l'histoire. Ils se frappèrent tant et si bien que Jérémy finit par en avoir la nausée plus qu'autre chose, l'alcool anesthésiant la douleur des coups qu'il portait et qu'il recevait... Ils finirent tous les deux à genoux... Jérémy l'attrapa par les épaules et l'emporta dans sa chute en avant. Le choc fut rude... mais ils bougeaient malgré tout, se rapprochant un moment, se repoussant l'autre. :

-Jérém' att...

NON. Non je n'attendrai plus ! TU SAIS COMBIEN DE TEMPS J'AI ATTENDU AVANT DE ME SENTIR VIVANT ? Et encore, mort-vivant. Pourquoi ? POURQUOI ? Stop. Plus jamais je fermerai les yeux, plus jamais je laisserai quelqu'un mourir devant moi tant que je ne l'ai pas décidé ! Tu vas le tuer. JE SERAI LE MAÎTRE DE CE QUI M'A DÉTRUIT !

Un coup de feu retentit.

Jérémy s'arrêta net. Le son lui rappela qu'il avait encore un trou dans le ventre. Le poing en suspens, il se tourna lentement vers l'endroit d'où provenait le son... Il s'était répercuté en écho dans les bois, mais il savait très bien où le trouver... Oldie tenait une arme pointée vers le ciel. Il ne l'avait pas visé. :

-Éloigne-toi du champion, ou le prochain tir ne sera pas un coup de semonce.

"Champion". "CHAMPION". Jérémy comprit enfin... Un sourire qu'on devrait pas trouvé sur un visage d'enfant naquit, le premier d'un longue série. Le sourire de celui qui a compris comment non seulement détruire la vie de quelqu'un, mais aussi comment le briser dans le processus. Jérémy baissa les bras se tourna vers le corps inanimé de Nicolas... Sa vue se troubla l'espace d'un instant. :

-...l'est juste 'vanoui.

Il appuya sur sa joue. Elle avait doublé de volume mais il ne sentait rien. Soudain comme téléporté à ses côtés, Oldie s'empara de son bras pour le relever. A bout de force, Jérémy ne put le repousser. :

-M'touche pas sal' nègre !

-Ouais ben j'veux bien mais j'fais comment pour vous ramenez jusqu'au village s'tu bouges pas gros malin !... Nom d'une nouille mais dans quel état vous êtes ?!

...Nom. D'une nouille ? :

-Va falloir que j'porte le p'tit champion... Toi ça ira eh ? Tu t'souviens du chemin de chez toi ?

-M-... Mais va te faire foutre 'spèce de trou à merde ! Va cueillir des fleurs dans un champ de mines pauvre tâche de sperme !

-....Awééé Nico m'avait dit que t'étais inventif mais j'avais sous-estimé ce détail.

Jérémy est bloqué. D'un coup. Comme ça. Parce que Nicolas parle de lui. Apparemment. :

-Euuuh...

-Bon j'pas l'temps de tailler une bavette. l'interrompt-il en se penchant vers Nicolas. Juste, la prochaine fois régler vos comptes en parlant eh ? On dirait pas comme ça mais Nico il en bave aussi. Vous seriez pas dans ce village de merde, ch'uis sûr vous pourriez être copain. Il souleva le corps inanimé avant d'ajouter. : Et bordel de coude, arrêtez de vous taper d'ssus. Vous êtes tellement déter' tous les deux vous allez finir par vous entretuer... ou tuer quelqu'un.

Et il s'éloigna. D'un coup. Comme ça. Le seul noir du coin qui donne des conseils à un raciste. Normal.

Et puis... ...bordel. De coude ?





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L'innocent a sa conscience pour consolatrice, le méchant a la sienne pour bourreau. [RP Solo]

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