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I feel like the stars will never shine for me again~ [Nicolas ♥]
##   Mar 24 Oct 2017 - 9:21

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It's getting late and I can't seem to find my way home tonight
Feels like I am falling down a rabbit hole falling for forever
Wonderfully wondering alone



Allongée sur mon lit, j’observe le plafond.

Ok. Les raisons pour ne pas y aller : Mes grands-parents. Ma mère. En plus, j’y traîne Nicolas. Et je ne suis pas certaine qu’un seul d’entre nous revienne de là-bas.

Un soupir m’échappe. Mes paupières s’abaissent.

Les raisons pour y aller ? L’Ecosse. Et. L’Ecosse.

Cette fois-ci, c’est un rire triste qui file d’entre mes lèvres.

Je n’ai pas envie d’y aller, mais ce n’est pas comme si j’avais vraiment le choix je crois. Je bascule la tête sur le côté pour zieuter l’heure sur mon téléphone. J’esquisse une grimace en comprenant qu’il va être temps de prendre sur moi et de me lever. Avec lenteur, je me redresse, regarde autour de moi pour voir si tout est ok, et me retrouve enfin sur mes deux pieds. Mon sac passé autour de l’épaule, veste dans une main, téléphone dans l’autre, je ne jette même pas un dernier regard à ma tête cernée en sortant de la pièce. Pas la peine, je le connais trop bien.

Je descends les escaliers pour rejoindre la Master Tomoe qui sera bientôt là, si elle ne l’est pas déjà, avec Nicolas. Je ne la connais pas très bien, en dehors des cours de langue que j’ai avec elle je l’ai simplement croisée une ou deux fois en passant par chez Aaron voir mon ami. Elle s’occupe de Lottie de temps en temps, si j’ai bien compris. C’est le Master qui a insisté pour qu’elle nous accompagne faute de pouvoir le faire lui-même. Enfin. C’est déjà un miracle que Nicolas ait pu venir avec moi, je ne vais pas non plus me plaindre.

Quand j’arrive dans le hall, je constate qu’en effet le duo est déjà là. Je m’approche en m’efforçant d’avoir l’air un minimum communicante mais je sais déjà que c’est pari perdu. Quelle idée d’avoir un ami Sensitif. Même s’il maîtrise moins son pouvoir qu’auparavant, il me connait et cela suffit je pense. Puis, ma nervosité et ma non-envie d’y aller sont si fortes que j’ai l’impression qu’elles forment une sorte d’aura tout autour de moi.

- Bonjour.

Je ne tente pas le mince sourire, je sais que cela ne vaut pas le coup. J’ai expliqué très rapidement la situation à Nicolas lorsque je lui ai demandé de m’accompagner, lui épargnant les détails, alors je sais qu’il ne s’attend pas à une grande joie de mon côté. Lui qui vient d’apprendre qu’il est issu d’une lignée de nobles, je ne suis pas certaine que le petit voyage côté Hamilton va lui donner envie de se réjouir de la nouvelle.

- Pouvons-nous y aller ? demande doucement Tomoe après que Nicolas et moi ayons échangé quelques paroles.

Je zieute rapidement vers le Tonnerre. Un échange de regard. Le fameux. Celui qui dit que ça va aller. Celui qui nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Heureusement qu’il va un peu mieux mon Nicolas. Même s’il est encore trop maigre, même s’il est encore fragile, il est là et c’est ce qui compte. Oui, heureusement qu’il est là. Comment aurais-je eu le courage de faire ce voyage sinon ?

C’est un peu plus calme que je tends ma main vers l’Air, un peu plus rassurée sûrement.

- C’est parti.

Direction l’aéroport de Glasgow, puis le village Hamilton. Un super road-trip, si, si, je vous assure.




Merci Ronron, merci Elwynouchette. Vous êtes les bests ♥

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##   Mar 24 Oct 2017 - 13:38

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Dès l'instant qu'elle s'en alla de la maison, Nicolas perdit son sourire rassurant. Il alla s'installer sur le canapé, son coeur se serra dès qu'il fut installé. Il allait devoir accompagner la Miss voir les membres de sa famille noble, en Écosse. Il passa sa langue sur ses lèvres, perdu dans ses réflexions. Une assiette se déposa sur la table basse, Blobby fit un bruit de bulle. :

-J'ai pas faim Jérémy.

Le grand blond plissa les paupières, regarda dans la direction de la porte d'entrée comme pour vérifier que la Miss n'y était plus. Puis il enfonça ses phalanges sur le dessus de son crâne. C'était extrêment douloureux. :

-Ch'ais pas ce que t'a raconté la rouquine mais tu sauteras pas un seul repas moi vivant.

Nicolas poussa un soupir. Ca aurait pu paraître pour de la gentillesse mais Jérémy n'avait rien à foutre de la santé de Nicolas. A vivre ensemble, ils avaient compris qu'en vivant au même endroit, il y avait des chances pour qu'ils aient vécu les mêmes choses. Jérémy pouvait passer un temps fou le soir à se faire à manger pour le lendemain midi, bien qu'il y ait une cafét' à l'Institut. Pour manger plus équilibré que là-bas, utilisait-il comme excuse. Mais Nicolas se doutait quelque part, en regardant dans ses yeux, qu'il avait encore peur d'avoir Faim. ...Alors il prit son assiette sans rien ajouter et croqua dans la pizza faite maison... hm... trop bonne.

Le Tonnerre l'avait joué cool devant Ronron, quand il avait appris qu'il avait de la famille noble, qu'il était un "bâtard" aux yeux de la famille de sa mère. C'est bien plus tard, dans son lit, qu'il faillit faire une crise de panique : est-ce qu'ils avaient les moyens de le forcer à quitter Terrae ? s'ils étaient au courant de son existence, que savait-il de Lottie ? ils disaient qu'ils avaient besoin d'un descendant "mâle", mais est-ce qu'ils pouvaient s'arranger si ce qu'ils voyaient ne leur allait pas finalement ? Des questions qu'il savait qu'il ne devrait pas garder... Mais il décida qu'il n'y avait pas de quoi s'alarmer tant que le vieux, alias PépéLacvivier, ne crevait pas. Et maintenant, il allait dans la famille noble de la Miss... Karma ? Il sortit son téléphone... Qu'importe le karma. Il allait pas baisser les bras parce qu'il avait peur. Plus jamais.

Il n'avait pas beaucoup dormi mais il s'était auto-motivé dans le miroir. Il s'était habillé comme d'habitude, il se doutait que ça n'allait servir à rien de paraître propret devant les vieux de la Miss qui n'étaient pas tendres, du peu qu'elle lui en a parlé. Bon il n'avait pas mis des chaînes pendouillantes et des ceintures par millier... Il avait même fermé ses rangers au lieu de les laisser cliqueter. ...Bon d'accord il avait fait un petit effort pour pas que la Miss se fasse engueuler par sa faute. Il avait gardé le cuir que Ronron lui avait offert et ses piercings par contre... Ouais non fallait pas déconner non plus oh. Quand il arrive, il n'y a personne. Il savait que ça ne servait à rien d'être en avance mais au moins, il avait le temps de fumer pour se détendre. Tomoe arriva peu de temps après qu'il eut terminé, il la salua chaleureusement. De la voir, il était franchement heureux que ce soit elle qui les accompagne. Il discutèrent brièvement de Lottie et de ce que chacun connaissait de l'Écosse quand ils aperçurent la Miss dans le hall.

Elle a des cernes, et son aura stressée se presse contre son filet mental protecteur. Mais il ne dit rien. La Miss va gérer. Et si elle ne gère plus, elle sait qu'il sera là pour l'aider... C'est bien aussi pour ça qu'il vient n'est-ce pas ? Elle ne sourit pas quand elle les salue, mais Nicolas ne se gêne pas pour le faire. :

-Salut Miss. J'ai hâte de voir les paysages que tu m'as décrit.

Ouais, il valait mieux prendre cette expédition comme un voyage, comme celui qu'ils ont fait en Russie, plutôt que pour une éventuelle déclaration de guerre familliale. La Miss leur demande s'il peuvent partir. Nicolas hoche la tête en direction de Tomoe puis plante ses yeux d'argent dans ceux de la Miss. Je suis là. Je peux pas te promettre que ça ira, mais je suis là. La Miss tendit sa main à Tomoe, Nicolas fit de même. Le signal fut donné. Escale à Glasgow pour rencontrer Adélaïde Evrard.



##   Mar 24 Oct 2017 - 22:14

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- C’est maintenant que vous arrivez ? Je poireaute depuis des heures j’ai l’impression ! Dans le froid en plus ! On n’a pas-

Un regard et Adélaïde Evrard se tait. Fausse courageuse. Bon, deux si nous ajoutons celui de Nicolas au mien. Même trois peut-être avec Tomoe. Déjà, cela ne fait pas des heures. Ensuite, dans l’aéroport, il ne fait pas froid. Pourtant, aucun d’entre nous ne prend la peine de répondre, et ma mère hausse des épaules, renfrognée dans son écharpe.

- Enfin. Vous êtes là maintenant. C’est quoi le programme ?

Le programme ? Prendre la voiture, direction le village Hamilton chez mes grands-parents. Un enchantement. Je m’apprête à répondre de mon habituel ton cinglant quand mon regard croise celui de la brune en face de moi. Deux yeux emplis d’une crainte qu’elle tente vainement de cacher derrière son impolitesse et son agressivité. J’inspire et prends la parole d’un ton contenu :

- Ok. Reprenons.

Elle a une deuxième chance. Ce voyage est déjà peu supportable, n’allons pas en rajouter.

- Bonjour, déjà.
- …Salut ?
- Adélaïde Evrard, voici Nicolas Lefebvre et Tomoe Yoshida. Ils nous accompagnent chez mes grands-parents. Un taxi nous attend pour y aller.

Je suis tendue. Beaucoup trop. Elle aussi. Nicolas et Tomoe, je n’en sais rien, mais quelque chose me dit que la tension entre Adélaïde Evrard et moi-même doit être telle qu’elle en devient contagieuse. La femme dessine un sourire sur son visage, mais son regard reste celui d’un animal entre deux phares. Elle sait jouer quand elle est en milieu connu. Mettez-la en environnement nouveau et elle perd ses moyens finalement.

- Enchantée… Je suppose, lâche-t-elle d’un ton étrangement doucereux, habituée à celui-ci comme moi à la neutralité froide.

Mes poings se serrent mais je ne dis rien, et c’est sur ces paroles que nous nous dirigeons vers le taxi. Adélaïde Evrard s’installe à l’avant, Nicolas, Tomoe et moi serrés à l’arrière, le Tonnerre au milieu. C’était le meilleur choix si nous voulions survivre, je crois. De temps à autre, je montre un château, une montagne à mon ami et à la Master, en profitant pour leur expliquer quelques particularités du paysage Ecossais. Mais finalement, nous nous taisons tous et le trajet se passe dans le silence. Personne n’est d’humeur bavarde, je crois.

Enfin, nous arrivons au village. En sortant de la voiture, je me souviens tout à coup du froid des Highlands. Du froid de chez moi. Enroulant mon écharpe autour de mon cou, je ne parviens pas à retenir mon premier maigre sourire depuis que nous sommes partis. Nous sommes en Ecosse. Dans mes Highlands.

- Bienvenue à Hamilton.

Hamilton et ses ruelles étroites et nombreuses. Hamilton et ses pavés glissant lorsqu’il pleut – et Dieu sait qu’il pleut. Hamilton et ses étés à 15° et son vent glacé. Hamilton et son odeur d’iode, ses lointains bruits d’océan. Je ferme les yeux et inspire par le nez, tends l’oreille, profite de ce connu qui m’avait manqué. J’aurais préféré revoir tout cela dans de meilleures circonstances, mais au moins, j’ai l’occasion de montrer l’endroit d’où je viens à Nicolas, lui faire découvrir l’Ecosse.

Mes paupières se relèvent et je me tourne vers le petit groupe :

- Nous devons marcher un peu pour rejoindre le manoir de mes grands-parents.

Oui. Manoir.

- Nous ne pouvons pas y aller en voiture, mais ce n’est pas trop loin. Etes-vous prêts ?

***

Adélaïde Evrard en a marre d’attendre. Cela ne fait pas si longtemps, mais elle flippe. Elle se dit que tout va capoter, que ce qu’elle a prévu ne va pas se faire. Elle se dit que par lettres, les grands parents elle les gère, mais en face, ça va donner quoi ? Et sa gamine qui va se ramener avec deux personnes, en plus. Ça peut fondamentalement pas bien se passer. Alors quand elle les voit arriver, les trois, elle se met automatiquement en défense agressive. C’est au-dessus de ses forces de se contrôler, là tout de suite…mais sa sacrée gamine la calme rapidement, sans compter les regards noirs qu’on lui envoie. Ok. Elle a compris. Elle dit plus rien.

Le trajet est teeeellement long. Et Hamilton qui se la joue guide touristique, en plus ! Heureusement elle finit par sa taire dans un mutisme bien plus reposant. Adélaïde Evrard en profite pour somnoler un peu, profitant du confort du taxi. « Ils ont les moyens pour une voiture aussi confort… ! ». Mais les voici arrivés à Hamilton. Trop tôt, se dit la prostituée alors que le vent s’engouffre sous sa veste. Et en plus, il va falloir marcher ?




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##   Dim 29 Oct 2017 - 17:56

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Y'a pas à chier cent ans dans un bol ; la mère ressemble beaucoup à ses filles. Pas qu'au niveau de la rousseur et malgré la fait qu'Elwynn soit plus musclée que les autres, et la Miss moins expressive. Pourtant, il ne reconnaît ni l'une ni l'autre dans la femme qui leur fait face. A peine ouvre-t-elle la bouche qu'elle se plaint. Nicolas a un regard blasé. D'où il fait froid dans l'aéroport ? Elle a qu'à mettre un pull. Puis du faux-cuir et une écharpe pour aller en Écosse ?... Vraiment ?... Nicolas porte pas grand chose, mais avant qu'il est froid faut qu'il neige dehors eh. Bref, elle abuse grave, pour un rien, pour sa propre connerie. Putain le voyage va être super agréable d'emblée. Youhou. J'm'y attendais un peu mais à ce point-là...

La Miss fait un effort phénoménale pour tenter de reprendre la conversation de manière plus polie. Je suis impressionné. Moi aussi. Mais la réponse d'Adélaïde Evrard ne lui va pas du tout par contre... Enchantée........ Je "suppose". Tomoe répond poliment mais Nicolas se renfrogne. Non. Lui, il était carrément pas enchanté du tout. Et il comptait pas mentir. Elle peut rêver. De toute façon, c'est pas comme si elle attendait une réponse en plus alors pourquoi se faire chier pour des gens qui vont pas le faire ? Voilà. Non mais... Il préfère suivre la Miss. Comme une ombre. Il est son ombre. Tomoe est leur gardienne.

Dans le taxi, il se met entre les filles. La disposition s'est imposée à eux. En même temps personne n'avait envie d'avoir affaire avec Madame Evrard. Nicolas peut ainsi se pencher pour voir à travers le carreau ce que lui montre la Miss. Il lui pose des questions en retour ; a-t-elle déjà visité l'intérieur de ce château ? que s'est-il passé sur cette montagne ? est-ce qu'il y a d'autres lieux emblématiques dans le coin ?... Comme pour Saint-Pétersbourg, il échange avec elle pour apprendre, une des choses qu'ils doivent le plus aimer quand ils sont ensemble. En plus, ça lui permet de bloquer la mauvaise humeur que dégage l'autre Evrard devant. Mais ça ne change rien, le stress gagne tout le monde apparemment, et le voyage se termine dans un grand silence tendu.

Et puis ils arrivent au village. Nico suit la Miss hors de la voiture et le froid le frappe au visage. Il ferme sa veste et prend une inspiration au moment où elle leur souhaite la bienvenu au village portant son nom. Une inspiration remplie d'eau et de sel... :

-Oh !

L'odeur de la mer. Nicolas ferme les yeux, écarte légèrement les bras. C'est la première fois qu'il sent la mer. A Saint-Pétersbourg, il n'y avait que l'odeur de la ville. Ici, dans un village, elle est si forte qu'il a aussitôt les images de plages qu'il s'imagine depuis l'enfance... Celles de sables, celles de galets, où des falaises peut importait... Il voyait, en sentant, l'image des vagues qui dévoraient la terre. C'est la Miss qui le ramène sur terre, en expliquant qu'ils allaient devoir marcher... Il rouvrit des yeux remplis d'une joie d'enfant pour les poser sur la Miss et puis Tomoe. :

-Ça me va très bien... C'est la première fois que je sens l'odeur de la mer alors je vais pouvoir en profiter !

Il sourit. Il ne l'avait pas vu et peut-être qu'il ne la verrait pas aujourd'hui mais rien que d'en sentir les effluves, il était content. Et il voyait bien que cette odeur faisait aussi du bien à la Miss. Il ignora complètement l'autre Evrard et commença à marcher auprès de la Miss, les mains dans les poches, observant maintenant le village qui les entouraient. Ça avait l'air calme. Tout aussi habité que son ancien village. Dire qu'il ne se méfiait pas un peu serait mentir, mais il se tenait plus prêt à affronter les grand-parents de la Miss plutôt que de survivre à une bagarre de rue. Tomoe les approche et ils marchent tous les trois, en ligne de front, délaissant totalement la mère derrière eux. Elle n'a pas d'autres choix que de les suivre de toute façon, alors autant qu'elle comprenne qu'ils ne sont là que parce qu'elle les a obligé, et pour aucune autre raison. :

-Dis... On pourra passer voir la mer avant de partir ? Juste un peu. 'fin si Tomoe veut bien aussi.



##   Dim 29 Oct 2017 - 19:02

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Le vent se glisse sous mon écharpe que je ressers autour de mon cou, m’enroulant un peu plus dedans pour profiter de retrouver le village sans grelotter. Adélaïde Evrard, elle, n’en mène pas large avec sa veste en faux cuir et rien d’autre pour lui tenir chaud. Quelle idée, aussi.

L’exclamation de Nicolas attire mon regard et une lueur un brin amusée illumine mes yeux l’espace d’un instant. Le Tonnerre, tout comme moi, profite de la douce odeur de l’océan dont les effluves nous parviennent. Mais je comprends assez vite que contrairement à moi, ce n’est pas le côté familier qui lui apporte un bonheur enfantin. Bien au contraire, il m’apprend que c’est pour lui nouveau. Je suis un peu surprise mais ne dis rien. Après tout, les gens n’ayant jamais vu la mer ou l’océan sont plus nombreux que ce que nous pourrions croire. J’avoue être heureuse de pouvoir lui apporter quelque chose qu’il n’avait jusqu’alors jamais croisé. Peut-être que ce sera son seul souvenir heureux de l’Ecosse, mais au moins, il sera bien là.

La Master parait elle aussi assez contente de découvrir l’endroit. Finalement, seule Adélaïde Evrard est renfrognée, de nous quatre. Tant pis pour elle. Nous finissons par nous mettre en route, les trois Terraens devant, la Française nous suivant. Pas étonnant vous me direz.

Je profite du trajet pour ajouter quelques explications, pour redécouvrir ces paysages d’enfance qui ont si souvent habité mes nuits lorsque j’ai dû quitter l’Ecosse pour le Japon. Les plaines nous entourent. La plupart d’entre elles abritent des élevages de vaches paisiblement installés dans l’herbe d’un vert pur, vif, et je connais assez l’endroit pour savoir qu’il y en a des centaines d’autres tout autour de nous. Je ris intérieurement avec douceur en comparant les alentours de Terrae aux Highlands. S’il y a bien une chose que je comprends, c’est que tout le monde ne puisse aimer cet endroit. C’est si… perdu. Mais j’aimais la solitude des Highlands, et je l’aime toujours d’ailleurs.

Puis Nicolas me coupe dans ma contemplation, me demandant si nous pourrons passer voir la mer avant de partir. Deux yeux verts emplis d’une joie fugace se posent sur lui, puis sur la Master pour demander silencieusement l’approbation. Celle-ci m’offre un sourire en acquiesçant avec douceur, avant que je ne reporte mon attention sur le Tonnerre :

- Bien sûr que nous pourrons. Si nous marchons plus loin, expliqué-je en désignant notre gauche, nous arrivons aux falaises qui donnent directement sur l’océan. Mais à Hamilton, si tu veux le voir de plus près, il y a un port.

Celui-là même où mon père m’emmenait parfois me balader et où, pour la première fois, j’ai eu l’occasion d’entendre les chants marins traditionnels écossais. Il y a de nombreux bars qui plairaient à Nicolas d’ailleurs, dans lesquels les gens chantent jusqu’au lever du soleil, quitte à prendre la mer un brin éméchés et fatigués. Si seulement nous avions plus de temps. Mais qui sait ? Peut-être, selon comment se passe le voyage, y retournerons-nous un jour, pour nous amuser cette fois (et sans rabat joie) (mais je ne vise personne bien sûr).  

- Le manoir que vous commencez à voir est celui de mes grands-parents, lâché-je alors qu’une forme se dessine à l’horizon. Avez-vous mis votre oreillette, mademoiselle Evrard ?

Je me retourne et la vois la mettre en place. Terrae lui en a prêté une, sinon cela aurait été problématique.

J’avance à côté du Tonnerre et de la Master, Adélaïde Evrard toujours derrière nous. Et enfin, nous y sommes. Devant nous se tient « The Hamilton Manor ». Je m’arrête net, soudain tendue. Un moment, mon amour du pays m’avait fait oubliée mes craintes… pour mieux me les renvoyer ensuite. Je reste quelques secondes les yeux rivés sur le heurtoir. Et soudain, une main se glisse dans mon champ de vision et les coups résonnent à la porte. Mon regard vide se porte sur la femme qui vient de toquer alors qu’un sentiment amer s’insinue en moi.

- Fallait bien que tu l’fasses à un moment, se défend Adélaïde Evrard en haussant des épaules.

Avant que qui que ce soit ne réponde, la porte s’ouvre sur une jeune servante. Aussitôt, le masque de noble est reposé. Un sourire poli vient étirer mes lèvres en dépit du pic soudain de haine envers la prostituée, laissant pourtant mes yeux éteints :

- Je suis Hamilton. Adélaïde Hamilton, ajouté-je en serrant le poing. La petite fille de James et Louisa Hamilton. Nous sommes attendus.
- Je vous en prie, entrez. Permettez-moi de prendre vos manteaux ? nous invite la petite brune en tendant ses mains.

Nous entrons en silence et je me tourne vers la servante. Les réflexes reviennent vite : je me déleste sans sourciller de ma veste que je lui tends. Néanmoins, aujourd’hui, mon regard s’attarde un peu plus sur son visage, et mon sourire lui est adressé.

J’observe le hall, identique à mes souvenirs. Si ce n’est que sur le buffet placé contre le mur ont été enlevées toutes photos de mon père ou moi. Un voile passe sur mon regard, une nouvelle couche au masque. La servante, tout sourire, nous dirige vers le salon. Je la suis, au bord de la nausée. Je refuse de regarder qui que ce soit : Adélaïde Evrard, Nicolas, Tomoe. L’une s’en ficherait, les deux autres risqueraient de vouloir m’aider. Et que faire si ce n’est avancer ?

Le salon est aussi grand que dans mes souvenirs. Le plafond très haut au centre duquel pend un lustre gigantesque. Mes grands-parents ont toujours eu le sens de la démesure, c’est un fait. Au bout de la pièce, un feu brûle dans la cheminée. Face à celle-ci sont disposés une table basse, un canapé et deux fauteuils. Autour de nous, les murs ne sont faits que d’étagères emplies de livres. Des classiques, des encyclopédies, des romans d’aventure… Aucun pour enfant, je le sais sans même avoir à y jeter un œil. D’ailleurs, en réalité, je ne regarde à aucun moment la disposition de la pièce. Je la connais, c’est tout. Nous sommes à côté d’une grande table à laquelle mes grands-parents s’attablent matin, midi et soir. Et sur les fauteuils sont assis deux personnes âgées qui à l’annonce de la servante se lèvent et se retournent. Face à nous se tiennent Louisa et James Hamilton. Une petite femme aux cheveux coupés en carré raide, encadrant un visage sévère dont les yeux témoignent d’une énergie toujours présente et un grand homme massif à la chevelure désormais blanchie, aux traits plus fatigués que lorsque j’étais enfant, et au regard trop doux pour l’homme qu’il est. Le même qu’avait mon père. Louisa Hamilton s’approche de nous, nous détaillant un par un de la tête aux pieds, avant d’accrocher de ses yeux de vautour les miens :

- Adélaïde.

Mon corps est une arbalète, mais je ne prononce pas un mot. Devant cette femme, je n’aurai toujours que dix ans.

- Ne t’a donc t’ont pas appris les bonnes manières ? me reproche-t-elle de sa voix aigrie. Présente-nous donc tes… invités.

Le dernier mot résonne étrangement comme une insulte.

- Et tiens-toi droite je te prie.


Je me racle la gorge mais ne laisse rien paraitre de mon agacement. Me redressant légèrement, je désigne chacun des membres du petit groupe qui m’accompagne aujourd’hui d’un geste plus élégant que d’habitude :

- Nicolas Lefebvre, un camarade de l’institut. Tomoe Yoshida, elle travaille dans mon institut. Adélaïde Evrard.

Un silence accueille cette dernière présentation, merveilleusement comblé par le raclement de gorge désapprobateur de mon grand-père. Plissant les yeux, ma grand-mère nous détaille une dernière fois avant de secouer la tête et reprendre d’un ton toujours aussi dynamique :

- Mr Lefebvre. Mrs Yoshida. Mrs Evrard.

- Mi- tente de la couper Adélaïde Evrard, mais c’était sans compter sur la capacité de ma grand-mère à ne jamais s’arrêter.
- Ravie de vous recevoir.

C’est faux.

- Néanmoins, veuillez me pardonner mais il va vous falloir vous changer. Ce ne sont pas des vêtements convenables pour dîner. Adélaïde, dans l’ancienne chambre de ton père il reste certains de ses vêtements. Sir Lefebvre peut s’y servir. Quant à toi, Mrs Yoshida et ta… mère… Allez voir dans la réserve. Ton grand-père a gardé certains vêtements de sa mère. Elle faisait à peu près votre taille. Soyez à l’heure pour le dîner.

Sur ces paroles, ma grand-mère sort du salon, se dirigeant vers la cuisine. Je me tourne vers Nicolas, le visage parfaitement neutre :

- La chambre est en haut de l’escalier. Tu peux demander à la servante de te guider. Allez mademoiselle Evrard, mademoiselle Yoshida, allons-nous trouver des vêtements.

Sans un regard de plus au Tonnerre, j’entraine Adélaïde Evrard et Tomoe vers la réserve. Je suis désolée pour la Master. Désolée qu’elle subisse cela et désolée d’être incapable de lui montrer que je m’en veux. Une fois enfilé, le masque de noble est si dur à enlever. La détresse intérieure que je ressens est pourtant, elle, bel et bien présente.

***

Il fait froid. Encore. Adélaïde Evrard rêve d’une écharpe et d’un manteau. Bon, ok, elle trouve le village très mignon. Mais les plaines, les vaches… Cela fait très… Campagnard ? Elle n’aime pas, Adélaïde Evrard. Et elle s’en fout bien, des falaises. Bon, elle s’en fout quand même pas. Mais franchement, ce qu’elle voudrait là tout de suite, c’est être au chaud. Alors quand enfin ils voient le fameux manoir, elle est soulagée. Mais quand ils l’atteignent et que la rouquine bug devant un stupide heurtoir, elle n’a juste plus la patience. Elle toque à sa place, et tant pis si elle lui fait des grands yeux de biche – fin bon, avec la rouquine c’est plutôt battle de regards vides. Et enfin ils pénètrent dans le sanctuaire. Y a carrément une servante. Elle en revient pas, Adélaïde Evrard, d’avoir eu un gosse avec un mec qui venait d’une famille pareille. Elle n’y avait jamais réellement cru, mais là elle n’a plus trop le choix. Elle observe. Admire. C’est joli, l’intérieur d’un manoir. Et puis ils tombent sur les vieux. Et là elle se retient d’éclater de rire. Le papi ne lâche pas un mot, quand la vieille, elle, ne s’arrête pas. Elle a l’habitude qu’on la regarde de la tête aux pieds comme ça, alors elle ignore. Par contre elle est méga stricte, la petite Louisa, là ! Qu’elle se comporte comme ça avec sa petite fille, ok. On passe. Mais avec Nicolas, Tomoe et elle ? Non ? Tout le monde s’en fout ? Ouah, elle voit le regard de sa gamine, l’écoute… Un robot. Elle est formatée ou quoi ? Ça la saoule, Adélaïde Evrard, de devoir se taper tout ça juste pour du fric. Elle va vraiment devoir se changer ? Et merde.




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L'éclair de joie qui traverse les yeux de la Miss lui suffit amplement. Elle pourra porter son masque plus tard, il s'en fout. Il sait qu'elle est toujours là, au fond d'elle. Il n'a pas peur de la perdre puisqu'il ne la perdra pas. Puisqu'elle lui sourit avec ses yeux quand il le fait, c'est que certes elle n'est pas bien, mais c'est toujours la Miss. Il sait combien c'est dur, mais pour cet instant où le temps est ralenti, il est fier. Et ça suffit. Elle parle de la campagne et il retrouve un peu de son enfance ; ici, le vert est plus vif, plus fort. L'herbe à l'air grasse alors que la terre paraît plus rocheuse. Les vaches sont bien nourries, et tout au long de l'année. Il partage, autant avec elle qu'avec Tomoe, ses expériences de la ferme. Les vaches il les adoraient, parce qu'elles avaient de beaux yeux, et qu'on ne pouvait rien gaspiller avec elles. On récupère la peau pour le cuir, on récupère la viande pour manger, on peut récupérer le lait quand le veau est assez fort. Tout est bon dans le cochon dit-on, mais si on était moins con, et qu'on respectait l'animal jusqu'au bout, tout est bon partout eh. Bref, il s'égare... Parler de campagne à un campagnard et vous l'avez perdu. Manquerait plus qu'il y ait une forêt dans le coin et le Loup Noir aussi est à fond. Mais à la place, Tomoe et la Miss acceptent qu'ils puissent aller voir la mer. Et. C'est. Géniaaaaaaaaaaaaaal !

Le manoir apparaît en haut de la colline et... okay, bon... il comprend pourquoi on dit "manoir". Il se demande l'espace d'un instant fugace de quoi à l'air le "manoir" des De Lacvivier, avant d'écarter cette idée. C'était pas le moment en plus d'être une chose qui ne le concernait pas vraiment -'fin si, puisqu'il risquait d'en hériter mais bon faut pas y songer plus que ça sinon ça lui donne le tournis. Ils y arrivent ensemble rapidement... La Miss bloque devant la porte. Il sent sa soudaine réalisation, sa panique, s'apprête à lui dire de respirer quand il voit un bras passer entre eux deux. Ah... Il l'avait oubliée celle-là. Il a, pour un très court instant, le regard meurtrier du Loup avant de se calmer et de se concentrer sur la Miss. Il n'écoute même pas ce que raconte la mère de la Miss, il constate que son amie a le regard vide. Donc, conditionnée, déjà prête à subir ce qui allait suivre... Elle se retourne, il fait de même.

Une... jeune ? femme ouvre. Merde. Elle est vachement jeune la grand-mère où... ?... La Miss se présente. Donc c'est pas sa grand-mère. C'est une servante. Quoi quoi ? Pardon comment ? Vous êtes en train de me dire que l'esclavagisme existe encore. Loup Noir... Non mais non mais hors de question qu'on la traite autrement que comme n'importe quel être humain merde non NON NON ! Ils entrent, mais Nicolas retire sa veste pour la donner à la servante qui les accueille. Oui parce que certes, il approuve pas ce métier, mais faudrait pas qu'elle se fasse engueuler parce qu'elle a pas fait son boulot. :

-Merci.

Par contre, on pourra m'empêcher d'être poli... ET ON VOUS EMMERDE.

Nicolas a des regards vifs qui voyagent dans la pièce. Il cherche les portes de sortie par habitude et... ooooh des livres. Mais il ne regarde rien de plus, ni la hauteur de plafond, ni le lustre. Ce n'est pas important. Le plus gros danger se trouve devant eux ; Mémémilton et Pépémilton. Carré stricte pour la première, air faussement doux pour le second. Elle parle, il ressent. Mais ni l'un ni l'autre ne sont accueillant... Il jette un œil à Tomoe. Elle s'y attendait. Et la Miss qui se tend comme un arc, qui obéit à la vieille et qui n'est pas franchement à l'aise malgré son masque posé. Il savait qu'il n'allait pas les aimer, mais à ce point... Nicolas serre les dents, hésite lui aussi à mettre un masque... Mais... Non. Qu'ils aillent se faire mettre. :

-Dame Hamilton. Sieur Hamilton. lâche-t-il en français.

Ouais. Il s'en fout. Il sait qu'ils comprennent le français, il veut tout de suite imposer le fait qu'ils ne risquent pas de lui marcher dessus aussi facilement. L'autre Evrard se fait remballer, ça lui ferait presque plaisir s'il n'avait pas compris que le seul problème qui pouvait leur faire face étaient les grands-parents, sûrement pas la mère. Il se tient droit, non pas pour paraître, mais pour en imposer. Nicolas et Loup Noir, la main dans la main.

La vieille leur ordonne presque de se changer. Il plisse des paupières et tourne son visage vers la Miss. La seule personne qu'il écoutera réellement à partir de maintenant. Il hoche la tête quand elle lui indique la chambre. Devant son manque de contact visuel, il se tourne vers Tomoe qui hoche la tête. Elle veille sur elle, parfait. Et il se retourne l'air digne, sans regarder les viochs. "L'air". Parce qu'en vrai, il cherche une servante du regard. Il y en a une qui l'attend dans les escaliers. Ah. Ils s'attendaient à recevoir une visite "non appropriée". Grr... Les bourgeois. Elle fait une légère révérence et elle lui prie de la suivre. Nicolas s'éxecute... Il a une furieuse envie d'hurler qui lui prend les entrailles. Il aimerait dire à cette jeune femme qu'il a grandi en trayant des vaches, en nettoyant des boxs de chevaux, en travaillant dans les champs... Que c'est un gamin donc qu'elle devrait utiliser son prénom au lieu de lui donner du... "Sir". Eurg. Mais ça marche pas comme ça dans la bourgeoisie c'est ça ?... Il retient un soupir et écoute attentivement la servante qui lui indique dans quel placard de la chambre se trouvent les kilts. :

-......Pardon ?

-Oui. Avec le tartan de la famille Hamilton puisque vous n'avez pas pris le votre.

OMG MEUF JE SUIS FRANCAIS DE QUOI TU PARLES ?!!! :

-Je... On ne porte pas de kilt en France.

La servante arrête son geste, kilt en main, se retourne et ouvre la bouche. Choquée. Elle s'excuse promptement avec pleins de mots pompeux, finissant de le mettre mal à l'aise. Elle pouvait pas deviner merde pourquoi elle fait des révérences comme çaaa ! Bon, tant pis pour les manières. :

-Bon. Vous savez quoi ? Vous allez m'indiquer ce que je dois mettre et comment le mettre surtout parce que, vous pouvez le constater, je suis pas du genre fashion. Encore moins scottish fashion.

Quelques minutes plus tard, Nicolas a donc un costume, pantalon compris et toléré apparemment puisqu'il n'était pas écossais -merci bien- avec par-dessus un "great kilt" aux couleurs de la famille Hamilton. Comprenne qui pourra. Il se posta, droit comme un piquet dans le hall, attendant le retour de la Miss comme un garde-du-corps... écossais. Un garde-du-corps très écossais.



##   Lun 30 Oct 2017 - 13:41

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A la tête de ma grand-mère, je saisis bien que Nicolas n’a pas tout à fait répondu comme elle l’aurait souhaité. Mon oreillette traduit automatiquement mais j’ai un léger doute sur le fait qu’il ait bien parlé anglais, tout à coup, étant donné qu’il n’a rien dit de fondamentalement mauvais. De toutes façons mes grands-parents parlent chacun français et Adélaïde Evrard ne peut parler que cette langue, Louisa ne va pas non plus en faire toute une affaire quand même ? Elle plisse le nez d’un air réprobateur mais ne dit rien, c’est déjà cela de pris.

Alors qu’elle nous demande de nous changer, Nicolas se tourne vers moi, ce qui me rassure légèrement. Je ne veux pas faiblir devant mes grands-parents, mais puisqu’il ne le fera pas, je le peux. Je n’aime pas qui je suis dans ce manoir. Je n’aime pas la manière dont je redeviens naturellement la Adélaïde Hamilton qu’ils veulent que je sois. Sauf que c’est instinctif, cela ne se contrôle pas. Je ne sais pas le contrôler, je ne sais pas élever ma voix devant ces deux émeraudes dangereusement aiguisées que ma grand-mère pose sur moi, je ne sais pas être quelqu’un d’autre que celle qu’elle a éduqué, ou tenté en tout cas. Mais j’ai le droit. Nicolas est là. Je ne lui souris pas, parle à peine, seulement pour le minimum, cela ne m’empêche pas de me souvenir que cette fois, je ne suis pas seule.

Je lui tourne le dos et me dirige vers la réserve, le laissant seul aux mains de la servante, Tomoe et Adélaïde Evrard sur les talons. Alors que je passe devant la cuisine, ma grand-mère en sort et prend la parole :

- Mettez des robes, je vous prie. Nous recevons ce soir.
- Comment cela ? demandé-je abruptement.
- Le frère de ton grand père sera là avec son fils et la femme de son fils. Charmantes personnes. Tu verras. Ton père ne les supportait pas. Mais ton père a toujours eu mauvais goût, nous nous accorderons tous là-dessus, n’est-ce pas James ?
- Je n’ai pas entendu le début de ta phrase, Louisa.
- Notre fils a bien toujours eu les goûts les plus loufoques en matière de relations, n’est-ce pas ?
- Bien évidemment. Ce n’est pas une nouveauté.
- Heureuse de te savoir de mon avis.
- Toujours, Louisa. Tu sais bien que je n’oserais remettre en cause ton jugement, dur, mais qui a le mérite de ne jamais s’être révélé faux.
- Bien.

Abasourdie, je les regarde de mon air le plus vide avant de reprendre le chemin de la réserve, bouillonnante. Tomoe ne pipe mot, mais je vois à son regard que si elle pouvait leur en coller une, elle le ferait avec plaisir. D’ailleurs, j’admire ce sang froid dont elle fait preuve. A côté, Adélaïde Evrard s’est décomposée. Alors que nous entrons enfin dans la petite pièce, elle prend la parole d’une voix plus chancelante qu’usuellement :

- Eh bah… Ils y vont pas avec le dos d’la cuillère tes grands-parents !
- Non. Ils ne sont pas connus pour être de gentils personnages, répliqué-je froidement sans lui accorder un regard.

Je me hisse sur la pointe des pieds pour attraper un carton placé en hauteur. Je le pose au sol et fouille un moment avant de sortir une robe corset à manches longues pourpre pour la Française, une seconde d’un violet doux qui conviendra tout à fait à la Master, ainsi qu’une bleu nuit pour moi. Je donne à chacune le vêtement convenu avant de fouiller un moment d’autres boîtes à la recherche des chaussures assorties. Ceci fait, nous remontons au premier étage pour que nous nous changions, nous relayant dans les deux salles de bain à notre disposition.

Habillée, face au miroir, j’observe. Je détaille ce reflet si faux. Mes cheveux ont repoussé et je les relève en chignon. Mon regard croise ces deux yeux d’une neutralité affligeante, glisse sur mon dos raide, mes épaules droites, mon menton relevé. Et soudain, un léger rire me prend. Mes épaules sont secouées de soubresauts fatigués. Je suis déjà épuisée du masque, las de jouer la parfaite noble. Et pourtant, après une profonde inspiration, je me calme. Mon visage retrouve sa fermeté, mon regard perd sa vitalité et je sors. Néanmoins, le spectacle qui m’attend met à rude épreuve mes nerfs. Aux côtés d’une Tomoe splendide dans sa robe se tient Nicolas, tout droit dans le « great kilt » aux couleurs de la famille Hamilton.

Un instant, une lueur amusée traverse mon regard et j’enfonce mes dents dans ma lèvre inférieure pour retenir le léger rire qui menace de m’échapper. Si mon sérieux revient bien vite, je sors cette fois un peu de mon mutisme, ou du moins j’essaie :

- Pourquoi n’as-tu pas simplement mis un des pantalons noirs avec une chemise ? Il n’y avait pas besoin de tant-
- Lorsque l’on reçoit, Adélaïde, tu sauras qu’il faut s’habiller pour l’occasion, me coupe une voix glaciale.

Louisa Hamilton s’approche derrière moi jusqu’à arriver à notre hauteur. Elle dévisage un moment Nicolas d’un air hautain :

- Nous laisserons passer le pantalon cette fois. Néanmoins, sachez jeune homme que cela n’est pas convenable. Adélaïde, tu es ravissante. Cette robe te convient tout à fait.

M’a-t-on déjà fait un compliment sur un ton si cassant ?

Oui, mais j’avais dix ans.

Elle s’éloigne et, seule avec Nicolas, je laisse un instant mes épaules s’affaisser, lui offre un regard contrit, désolé, sans oser regarder Tomoe, gênée qu’elle se retrouve entre nous tous. Néanmoins, des pas se font entendre derrière moi et je retrouve vite mon allure noble et droite alors qu’Adélaïde Evrard nous rejoint. Cela se voit qu’elle n’est pas à l’aise dans la robe. Son corset n’est pas assez serré, sa taille n’est alors pas assez marquée.

- Serrez plus.

Sinon Louisa Hamilton le grand méchant dragon risque de vous faire partir en fumer… Je le pense fort mais ne le dirai certainement pas. Sans plus lui accorder d’attention, je me dirige vers la salle à manger, me souvenant bien de la ponctualité réclamée par ma grand-mère. Alors que nous entrons dans la pièce, le heurtoir au-dehors résonne. Quelques minutes plus tard trois personnes nous rejoignent. L’un est le portrait craché de mon grand-père en plus jeune et avec quelques reflets roux encore présents dans la barbe et la chevelure. Viennent ensuite un homme d’une cinquantaine d’année à la chevelure flamboyante et bouclée attachée en queue de cheval et aux joues rasées de près, ainsi qu’une jeune femme paraissant avoir le même âge, la tignasse rousse domptée en un chignon. Le plus âgé fait le tour de l’assemblée pour nous saluer chacun, l’un après l’autre. Je l’observe, remarque qu’il est attentif aux traditions. Ce qui signifie que Nicolas devra aussi y prêter attention, ce qu’il a déjà dû repérer. Une poignée de main pour les hommes, un baisemain pour les femmes. Un frisson dégoûté parcourt mon échine alors que l’homme s’approche et que je vois mon poignet s’élever vers lui comme si je ne le contrôlais pas. Ses doigts effleurent ma paume, ses lèvres font de même avec ma peau.

- Alexander Senior Hamilton. Ravi de faire votre connaissance, dit-il en se redressant.
- Adélaïde Hamilton. De même, Sir, je réponds comme par automatisme.

Son fils vient ensuite, et l’imite. Le baisemain, la présentation. Alexander Junior Hamilton. Enfin, sa femme s’approche, et chacune faisons une légère révérence.

- Elizabeth Hamilton, se présente-t-elle.
- Adélaïde Hamilton, répété-je encore, inlassablement.

Pourtant, ce n’est pas moi, Adélaïde Hamilton. Combien de fois aurai-je répété ce prénom ce soir ? Et pourquoi tout ce monde est-il là ? Et pourquoi le corset sert-il autant ? Si je n’ai pas perdu les habitudes, les traditions, les réflexes nobles, je ne sais plus le supporter. Je voudrais partir. J’ai envie de m’enfuir. J’ai l’impression de suffoquer, d’être sur le point d’exploser.

Comment pouvons-nous appeler cela une famille ? Car oui, il y a une chose que je ne peux pas nier, ces inconnus et moi avons une chose qui nous relie : le lien du sang.

- Prendrez-vous un verre avant de passer à table ? demande la voix aigrie de Louisa Hamilton.
- Oh, nous ne disons bien entendu jamais non à un verre, répond Alexander Senior.

Et pourtant, sur mon visage flotte le fantôme du sourire de noble si bien construit. Expression adaptée, détendue sans être toutefois libérée. Tout dans la retenu, dans la tension. J’espère que Nicolas va s’en sortir… Au moins, il aura un aperçu de la manière dont cela se passe dans une famille noble. Il ne risque pas de vouloir rencontrer la sienne après avoir fait un tour ici, en tout cas…

Rien de tout cela n’était prévu. Rien.

***

Quel bordel ! Adélaïde Evrard ne comprend pas tout. Elle s’emberlificote dans cette robe pleine de ficelles, de nœuds. Alors quand finalement elle parvient enfin à la passer, elle s’en fout bien que cela ne soit pas assez serré. Elle est habillée, c’est déjà pas mal ! Enfin, pas assez bien pour sa fille apparemment qui le lui fait remarquer. Comme si elle n’en avait pas déjà assez pris pour son grade avec les deux vieux qui lui ont clairement fait comprendre qu’elle n’était qu’une sous-merde, il faut en plus que la gamine s’y mette ? Et pourquoi l’autre Tomoe est si jolie et à l’aise dans sa robe, là ? Avec agacement, elle tire sur les ficelles jusqu’à ne presque plus pouvoir respirer. Quel objet de torture, ce truc ! ‘fin bon, ils rejoignent le salon et ENFIN le reste de la famille débarque. Elle culpabilise un peu, Adélaïde Evrard, de se servir de cette fille comme ça. Mais bon, elle a besoin de fric pour vivre. Et si les vieux ont besoin de leur petite pour leur réputation… grand bien leur fasse ! Les présentations se font et elle hallucine un peu sur le protocole. Baisemains, révérences et tout le tintouin. D’ailleurs, même le garçon s’est prêté au jeu avec le kilt. Ah bah il a l’air malin tiens ! Ils proposent de boire un coup. Les nanas ont le droit de boire, au moins ?




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##   Mar 31 Oct 2017 - 13:35

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C'est abusé de dire qu'il aurait voulu être une fille juste pour ne pas avoir à porter un kilt ? Oui parce qu'il serait venu dans tous les cas, mais le kilt omg. Tomoe et la Miss sont superbes, et il reconnaît l'éclat dans le regard amusé de cette dernière... Bon, c'est déjà ça de gagné eh. Il fait la moue en haussant une épaule... Dans d'autres circonstances, il aurait fait un tour sur lui-même, faire voler sa jupette tout en lançant un "Je suiiis raviii de vous plaiiire Miiiss Hamiiilton."... Mais Mémémilton est déjà là pour se plaindre qu'il a mis un pantalon par-dessous. Nicolas lui rend son regard hautain sans répondre... 'fin si, on répond dans notre tête : j'porte les couleurs de ta famille vieille peau, ch'uis pas sûr que ma propre famille bourgeoise soit bien "ouverte" à ce sujet alors merde. Ferme ta gueule et enjoy un peu le p'tit françouze en kilt damnit. Puis elle s'en va après avoir lâché un "compliment" à la Miss... Non attendez on corrige... Un " " " " " compliment " " " " "... Nicolas regarde tour à tour Tomoe et son amie. Ses yeux d'argent imitant à la perfection ceux d'un poisson mort, tirant un peu sa langue. Il se reprend en sentant l'aura désagréable de la mère Evrard. Eurf. Plus le temps passe, moins il aime ce qu'elle dégage. La Miss lui dit de serrer un peu plus le corset. Par politesse, il aurait pu l'aider. Mais non. Pas envie. Prout.

Il préfère suivre la Miss à nouveau jusqu'au salon. Ils n'ont pas vraiment le temps de s'installer puisqu'on frappe à l'entrée. Trois personnes entrent et Nicolas les identifie rapidement ; le plus vieux est le frère de Pépémilton, le deuxième le fils et enfin, la femme de ce dernier. Tous sont apprêtés, et Nicolas se demande, l'espace d'un instant, s'ils s'habillent tous les jours comme ça... Les bourgeois ont bien des pyjamas hein ? Oui, parce qu'on peut être dans une situation nouvelle et perturbante, il ne faut jamais oublier de se poser les bonnes questions. Mais il reste attentif, salue les personne comme il se doit. Alexander a un sourire faux et un regard curieux en lui serrant la main. Junior essaie de lui défoncer les phalanges mais il est tombé sur la mauvaise personne pour faire croire qu'il était costaud. Avec Elizabeth, il fait de son mieux pour se montrer délicat, frôlant à peine la main qu'elle lui offre... Ok, c'est très bizarre de faire ça à une inconnue... Mais c'est fait. C'est plus à refaire. Contient ta sueur froide. C'est fini. Brr.

D'un autre côté, il sent le mal-être grandissant de la Miss. Il cherche à avoir un contact visuel avec elle, au moins ça, puisqu'il sait bien qu'elle n'apprécierait pas qu'il cherche à l'aider avec ses pouvoirs. ...Il plaisantait tout à l'heure mais en fait, il a vraiment l'impression d'agir en garde du corps pour le coup... Mémémilton offre un apéritif. Alexander accepte poliment... Nicolas ne répond pas. Il prend ce qu'on lui donne hein, il s'attend pas à recevoir quoi que ce soit de la part des grand-parents, surtout si la vieille fait la gueule pour un pantalon. Pourtant, une servante entre et fait le service... A tout le monde. Oh ben écoutez il va pas dire non à ce qui lui a tout l'air d'être du Bourbon de qualité hein... Tomoe me regarde pas comme ça je boirais de l'eau après promis. C'est plus trop le moment de dire qu'il est mineur de toute façon... et puis ils doivent sans doute s'en foutre non ?... Nicolas écarte cette question et prend le verre que lui tend la servante. :

-Merci.

Oui. Il a remercié la servante. Elle l'a regardé avec des yeux ronds mais ne s'est pas arrêtée. Il a ressenti les vagues de la surprise l'entourer mais il ne posa même pas un regard sur les Hamilton. Non mais c'est un garçon poli z'allez pas faire chier pour un "merci" omg...



##   Mar 31 Oct 2017 - 14:38

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Je sens Nicolas chercher mon regard…et je refuse. Je garde le mien rivé devant moi, concentrée sur ma posture, mon expression. Je ne veux pas risquer d’abaisser ne serait-ce qu’un peu le masque en me tournant vers mon ami, même si retrouver ses yeux d’argent me rassurerait sûrement. A la place, je suis le mouvement, vais m’asseoir à la table déjà installée avec assiettes, couverts et verres en bien trop grand nombre où une servante nous apporte à boire. Là-dessus, mes grands-parents n’ont jamais été sexistes : hommes et femmes au bourbon, pas de jaloux. Pas de refus non plus d’ailleurs.

Oula. Oula. Alerte rouge du côté grand-mère Hamilton alors que le Tonnerre remercie la servante. Trois regards ronds se posent sur Louisa, qui pose le sien glacial sur Nicolas avant de se tourner avec lenteur vers le reste de ma famille, dessinant un sourire condescendant sur son visage.

- Veuillez excuser l’invité de ma petite fille. Peut-être n’ont-ils pas les mêmes conventions en France.

Je n’ose même pas poser mes yeux verts sur le Terraen de peur de le voir sur le point d’exploser. Je ne sais pas si je me suis déjà sentie aussi mal à l’aise pour quelqu’un d’autre dans ma vie. Alors je préfère lever mon verre de bourbon à mes lèvres, en buvant une gorgée pour mieux faire passer les piques de ma grand-mère.

La famille tout en buvant l’apéritif discute, se raconte des anecdotes sur des gens que j’ai dû, fut un temps, côtoyer ici même, mais que j’ai depuis préféré oublier. Les noms s’enchainent, les critiques, les admirations face à ces parents qui ont réussi à éduquer leur enfant malgré son côté rebelle, la désapprobation pour ceux qui n’ont rien fait.

M’envoyer en foyer aurait donc finalement été un moyen de gérer un enfant un peu trop rebelle ? Aha, laissez-moi rire.

Nicolas et moi côte à côte et Adélaïde Evrard et Tomoe en face faisons figures de plantes vertes je crois. Alexander Junior s’essaie bien à une ou deux questions sur le fameux institut d’où nous venons, mais je prends les devants, donnant des réponses vagues qui le laisse sur sa faim et son intérêt repart sur autre chose. C’est mieux ainsi, au moins j’aurai été la seule obligée de lui parler.

Enfin, les verres sont finis et l’entrée est servie. Deux servantes font le tour de la table, l’une déposant deux forfar bridies dans nos assiettes, l’autre remplissant les bols vides trônant sur la table de ce que je crois être, d’après l’odeur, de la cullen skink. Cette fois, un peu obligée puisque ma grand-mère ne le fera pas, je me penche en avant pour que la Master, le Tonnerre et Adélaïde Evrard m’entendent sans que je n’élève trop la voix :

- La soupe, de la cullen skink, est faite avec du haddock fumé de la pomme de terre et des oignons. A côté, ce sont des forfar bridies, des petits pâtés à la viande.

Je me redresse rapidement, avant de me prendre une quelconque remarque, mon regard glissant sur les trois pour vérifier qu’il n’y a rien à ajouter…et s’attardant un instant sur les oreilles du garçon. Comment ne l’ai-je pas relevé avant ? Enfin, je savais qu’il avait des piercings. Mais comment n’ai-je pas pensé que cela aussi allait être un problème pour ma grand-mère ?

En même temps, qu’est-ce qui n’est pas un problème, pour elle ?

Tant pis. Trop tard, de toutes façons. Plongeant la cuillère dans ma soupe, j’en prends une gorgée et manque d’avaler de travers en entendant Louisa m’interpeler. Oui, ben, je ne m’y attendais pas. D’accord ?

- Oui, grand-mère ?

Eurg.

- Ai-je mentionné qu’Elizabeth est directrice d’un centre de rééducation pour jeunes en difficulté ?
- Non.

Qu’est-ce que cela peut me faire ?

- Eh bien c’est le cas. Peut-être devriez-vous en discuter après le repas.
- …Oui. Je suppose.

Il y a un truc qui ne va pas. Vraiment. VRAIMENT.

Ok. Du calme. Du calme j’ai dit. Sinon Nicolas va finir par exploser en sentant ma panique je crois. Mais le repas passe beaucoup trop vite, là, non ? Enfin. Je vois l’entrée partir. Le plat arriver. Je les entends parler mais ne saisis que la moitié ce qu’ils racontent, trop concentrée à tenter de comprendre ce qu’il se passe. Est-ce que Tomoe et Nicolas s’en sortent avec les manières convenables de manger ? Est-ce que ça va aller ? Pourquoi suis-je venue ? J’aurais dû laisser Adélaïde Evrard se débrouiller. Je n’aurai jamais dû-

- Bon, Ladies, les hommes se retirent.

C’est la voix grave et rauque de mon grand-père qui vient soudain de retentir, signant la fin du repas. Je lève mon regard vers ce visage bien plus doux que celui de ma grand-mère qui offre un sourire bien plus vrai à Nicolas.

- Sir… Lefebvre, c’est cela ? Nous allons nous rendre dans mon salon pour un dernier verre ainsi qu’un cigare. Fumez-vous ? Ces jeunes femmes ont à discuter affaires de dames – vous savez ce que c’est, n’est-ce pas ? Elles vont encore bavarder de choses auxquels nous ne comprendrions mots, aha ! Suivez-nous donc.

Et c’est ainsi que nous nous retrouvons seules, Tomoe, Adélaïde Evrard, Elizabeth, Louisa et moi…et Nicolas envolé avec les hommes, comme dit mon grand-père.

Je ne le sens vraiment pas.

***

C’est elle ou sa fille est un peu trop…stressée ? Elle parle à leur place pour finalement rentrer dans le fameux mutisme. Adélaïde Evrard, elle, aurait pas été contre un peu de conversation, hein ! Bon, heureusement, elle a eu du bourbon, la bouffe est SUPER BONNE et en plus elle se fait servir. Ce qui a d’ailleurs l’air de déranger le pote d’Hamilton qui s’attire les regards les plus choqués en remerciant la servante. Pfft. Même elle elle savait que c’est pas un truc qui se fait dans le milieu bourge ! Franchement ces gosses… ‘faut tout leur apprendre. M’enfin bref. Elle s’ennuie un peu là, à écouter des histoires sur des gens qu’elle connait même pas. Puis elle a pas l’habitude de beaucoup bouffer en fait, du coup elle est vite calée et se force un peu à finir ses assiettes – oui elle a peur de finir fusillée du regard par la vieille si elle laisse un seul grain de riz. Et finalement le repas s’achève enfin, le vieux interpelle Nicolas. Aussitôt, Adélaïde Evrard comprend que le moment « vraie discussion sérieuse » est arrivée, que ça va bientôt être réglé, et un sentiment d’euphorie l’envahit, qu’elle masque sous un mince sourire poli…Donné à qui ? Aucune idée. C’est juste que sinon elle risque d’avoir l’air un chouïa trop ravie en fait. Les mecs sortent de la pièce et la Française n’attend qu’une chose : que la vieille balance enfin les nouvelles.




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##   Mar 31 Oct 2017 - 15:30

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Le "merci" ne passe pas. Ça aurait été étonnant que ce soit le contraire de toute manière... Il le savait bien mais il ne s'était pas retenu. Parce que certes c'est une servante mais, aux dernières nouvelles, c'est aussi un être humain. Oui, oui, je vous assure. Il sent combien la Miss est mal à l'aise pour lui, mais elle n'a pas à l'être. Il en a rien à foutre de ce que peuvent penser les autres, il est qui il est, c'est pas une affaire de nom ou de sang à ce niveau. Mémémilton avec son sourire qui croit tout savoir, son sourire supérieur, ce sourire qui lui dit qu'il a fait une erreur alors que ce n'est pas le cas... Elle peut aller se faire foutre... avec son consentement bien sûr. Nicolas lui offre un sourire amusé. Les manières françaises ahah. :

-Effectivement.

En vrai, il en sait rien. Mais si ce n'était pas le cas, monsieur l'Héritier allait changer tout ça hein. M'enfin, cet "accident" passe vite. Nicolas ne fait figure que d'invité, il en aurait sans doute été autrement si la Miss l'avait fait. Bref, ils sont installés pour le repas et Nicolas suit à peine ce qui se raconte. La bouffe est bonne d'accord ? Et puis il doit se concentrer pour éviter d'en mettre partout. Gnnnh j'veux rentrer chez Aarooon... J'peux bouffer comme je veux à partir du moment où j'en mets pas par terre. Non mais la tentation est grande hein, comme si les viochs avait préparé LE repas exprès qu'on veut manger à la mode "plèbe" ; y'a des petits pains à la viande qu'on veut manger avec les doigts et de la soupe... DE LA SOUPE PLEASE ! Enfin, "cullen skink" dit la Miss... mais de la soupe surtout eh. Pourquoi personne ne prend le bol dans ses mains et ne lèche pas le fond ? Des micros-gouttes, déjà trop de gâchis... ...En plus, il a encore faim. Ouais. C'était un trop bon repas, avec entrée, plat, fromages, desserts mais IL AVAIT ENCORE FAIM. C'est parce qu'il a pas pu léché son bol ça, il est sûr, mneh. Ça ou la panique de la Miss l'affame. Ouais ben on réagit pas tous de la même manière au stress euké ?!

Pépémilton prend soudain la parole. Ils l'entendent pas souvent, en fait c'est souvent sa femme qui cause alors l'entendre dire que les hommes se retirent le surprend un peu... Attends... AH MAIS JE SUIS UN HOMME AUSSI MERDE. Ah ouais c'est vrai ça. Ça veut dire qu'il va devoir quitter des yeux la Miss un moment ?... EUH. EUH. EUH. TOMOE ? Elle hoche brièvement la tête, bien sûr qu'il peut compter sur elle. La Miss paraît un peu trop sous le choc pour dire quoi que ce soit... Bon ben... C'est parti hein. Pépémilton s'adresse à lui alors qu'il se lève, suivant le mouvement de ses messieurs. Il lui propose de fumer un cigare. OH PUTAIN MERCI PÉPÉ JE T'AIME TOI FINALEMENT ! Oui. Il avait très envie de fumer. Par contre le coup de "ces jeunes femmes ont à discuter affaires de dames – vous savez ce que c’est, n’est-ce pas ?"... Euh non il sait pas. Même si elles se mettaient à parler menstruations il voyait pas le problème en fait... Mais... Mais il avait pas trop le choix après s'être fait remarqué pour un "merci". :

-Aha.

Ouaiiis c'est tout ce qu'il arrive à répondre du coup. Il suit les gentlemans jusqu'au salon de Pépémilton -donc vous êtes en train de lui dire qu'il y a plusieurs salons dans cette baraque mais... ça sert à quoi ?!- jetant un dernier regard par dessus son épaule. Tomoe lui envoie un regard qui se veut rassurant, il voit la Miss tendue comme une arbalète et la mère Evrard beaucoup trop heureuse pour qu'il soit tranquille pour la suite des événements. Et sitôt sorti qu'une servante l'alpague discrètement. C'était celle qui l'a aidé à mettre le kilt convenablement un peu plus tôt. :

-Sir, le suite ne risque de plaire à personne. murmure-t-elle. Nous avons préparé les affaires de tout le monde dans un sac posé à l'entrée au besoin.

Nicolas bat des paupières. Okay maintenant il était encore MOINS tranquille. Mais fallait admettre qu'il y avait du bon à être poli dans la vie. Prends ça dans ta gueule Mémémilton. Il pose brièvement sa main sur l'épaule de la servante qui se tend à son contact et chuchote un autre "merci". Tout le monde n'était pas complètement con dans cette baraque, c'était un avantage. Mais il peut pas se permettre de perdre trop de temps et suit les messieurs n'ayant rien vu de cette conversation rapide.



##   Jeu 23 Nov 2017 - 19:44

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- Prendrez-vous un cigare, sir Lefebvre ?

James Hamilton tend une petite boîte à cigares faite d’un bois clair et brut, sans vernis. Un petit sourire amusé éclaire un instant son visage aux traits fatigués lorsque le jeune homme accepte :

- J’aime voir que parfois, les jeunes savent apprécier les bonnes choses.

L’homme s’installe dans un moelleux fauteuil vert émeraude, la rousseur de ses cheveux plus flamboyante que jamais en contraste avec le tissu. Alexander Junior suit le mouvement et occupe l’un des trois derniers sièges libres, au côté droit du vieil homme, mais son père, lui, pourtant habitué depuis fort longtemps des lieux, prend une nouvelle fois la peine d’admirer la pièce. Elle n’est pas démesurément large, en revanche, son plafond est haut, anormalement haut, et un lustre en cristal l’éclaire. Une gigantesque fenêtre occupe une bonne partie d’un des murs, mais ce n’est pas le soleil, bien dissimulé derrière l’épaisse couche de nuage, qui viendra illuminer l’endroit de ses rayons. Les autres murs sont probablement la raison même de la fascination de l’Ecossais. En effet, la pièce pourrait en réalité être bien plus large, mais les monstrueuses bibliothèques occupent bien trop d’espace. Elles n’apportent pourtant aucun sentiment d’oppression. Tout au contraire, c’est une chaleur doucereuse qu’elles diffusent. Elles abritent des livres qui ont vécu, des œuvres classiques aux ouvrages historiques, en passant par les récits de voyage de James et, aussi surprenant que cela soit dans ce manoir, des bandes dessinées de tout genre.

- Ah… Mon cher Alexander, ne te lasseras-tu donc jamais de contempler cette bibliothèque ?
- J’admire cette diversité littéraire que nous y trouvons. Vous n’avez décidément peur de rien.
- Je n’oserais laisser un sentiment tel que la crainte se faire plus puissant que moi. Enfin. Ici n’est pas le thème du jour, messieurs, je ne voudrais pas vous presser, mais nous avons à parler.

***

- De quoi donc ? demandé-je, abrupt.

J’essaie, attablée aux côtés d’Eliza Hamilton, face à Tomoe et Adélaïde Evrard, ma grand-mère présidant en tête de table, de focaliser mes pensées sur les paroles de cette dernière mais rien à faire, elles n’en ont que pour Nicolas, entraîné par mon grand-père.

- De ta vie, Adélaïde.

La réalité s’abat sur moi sous la forme d’une crispation bien désagréable lorsque mon nom résonne.

- Ma vie ? réussis-je pourtant à articuler malgré ma mâchoire serrée.
- Ta vie, oui.
- Que lui voulez-vous donc, à ma vie ?

Nos tons, nos visages, nos expressions sont identiques. Cela me rappelle les disputes que nous pourrions pour le moins qualifier de cordiales que nous avions lorsque j’étais enfant. Il m’avait été appris qu’il ne fallait pas crier, que garder son sang-froid était primordial, que celle de nous deux qui, la première, abaisserait le masque parfait de l’indifférence aurait perdu. Un jeu. Ce n’était rien de plus qu’un jeu pour moi, à l’époque. J’avais attendu la mort de mon père pour comprendre que la seule à jouer était moi…Contre la gamine blottie, tremblante sous la façade.

- Aurais-tu perdu ta langue, Adélaïde ?
- Non. Non, grand-mère. Je ne saisis simplement pas où vous souhaitez en venir.
- Eh bien, ce n’est pas compliqué. Vois-tu, comme je te l’ai dit tout à l’heure, Eliza a l’honneur de diriger ce fameux centre de rééducation pour jeunes en difficulté…

***

- …Oh, bien sûr, il ne serait aucunement question de l’y inscrire à long terme ! Quelques semaines peut-être, quelques mois tout au plus. Simplement le temps de… Vous savez. Qu’elle retrouve nos valeurs, l’attitude d’une Hamilton. Sa place d’Hamilton. Voyez-vous, nous sommes tout de même une famille reconnue dans le monde de la noblesse et Adélaïde ne peut revenir si facilement. Nous aimerions de tout cœur l’accueillir à bras ouverts – c’est notre petite fille, tout de même ! – mais les autres membres seraient contre. N’est-ce pas, Alexander ?

Celui-ci acquiesce, la mine en apparence chagrinée. James, jambes croisées, reprend après avoir laissé une bouffée de fumée épaisse s’évaporer dans la pièce.

- Cependant, s’il y a bien une chose que nous ne faisons pas, c’est abandonner. La famille est si importante, sir Lefebvre. Je sais… Je sais… Vous pensez probablement que nous avons déjà, fut une époque, abandonné Adélaïde. Ce fut un déchirement tel…

Son regard se voile un instant, ses yeux verts cessent de pétiller. L’on ne saurait décider si sa tristesse est d’un réel pathétique, en retard, ou s’il est bon comédien prêt à endosser n’importe quel costume pour assurer sa prestation.

- Justement, nous voudrions réparer les erreurs du passé. Eliza, la femme d’Alexander Junior, s’est proposée avec une bienveillance surprenante dont nous lui sommes extrêmement reconnaissants de prendre notre Adélaïde sous son aile. Comme je vous l’ai dit, ce ne serait pas long. Ensuite elle pourrait vivre sa vie comme bon lui chante… Du moment que c’est en Ecosse. Si nous, nous ne sommes pas particulièrement fermés – comme vous pouvez le constater au grand nombre de carnets de voyage que j’ai, je suis au contraire très porté sur l’ouverture au monde – d’autres membres de la famille n’apprécierait pas du tout de voir cette jeune fille à peine rétablie, sortie d’une école dont nous ne savons absolument rien, s’enfuir directement. Je vous en prie, sir Lefebvre, je vois que vous l’appréciez, mais n’essayez pas de la retenir. Si vous êtes un réel ami pour elle, il faut que vous compreniez que c’est là une occasion qu’il ne faut pas qu’elle laisser passer : retrouver sa famille.

***

Tomoe a l’air confus. Elle ne sait probablement pas si elle doit me laisser réagir d’abord, ou si elle doit accomplir son devoir de Master et parler. Son choix se rabat vite sur l’option première alors que mon poing s’éclate sur la table. Tête baissée, j’inspire profondément, tente de calmer mon cœur qui a cessé de battre en entendant la nouvelle, avant de reprendre à toute allure pour rattraper toutes les pulsions qu’il a fait sauter.

- Vous… Ne… Pouvez… Pas.

J’ai la respiration saccadée. Je sens une main se poser sur mon bras, celle noueuse de ma grand-mère, dont les doigts se resserrent sur ma peau frêle et dénudée.

- Allons, Adélaïde, ne fais pas l’enfant. Où est ta place, sinon ici ? Crois-tu réellement que tu peux vivre une vie digne de ce nom ailleurs ? Tu ne vas pas me dire que tu vois en tous les gens que tu fréquentes dans cette… école, si nous pouvons appeler cela ainsi étant donné que nous ne savons rien de cet établissement que tu fréquentes, sont tes amis ? Dans la vie, il n’y pas d’amis, Adélaïde. Il y a des connaissances utiles, il y a des intérêts à servir. Pourquoi t’obstiner à chercher plus loin ? C’est ce qu’a fait ton père et-
- VOUS N’ALLEZ PAS OSER ?

D’un geste brusque, je dégage son bras. Je me lève en poussant la table, déclenchant un hoquet de surprise chez Adélaïde Evrard qui, à son tour, quitte d’un bond sa chaise.

- Vous m’aviez dit que ce serait simple ! s’exclame-t-elle, son regard accusateur posé sur ma grand-mère.
- Qu’est-ce qui aurait dû être simple ? grincé-je plus que je ne parle.

Mes yeux se sont certainement réduits à une simple fente… Plutôt menaçante d’après le regard inquiet que Tomoe pose sur moi. Elle ouvre la bouche mais ses paroles sont couvertes par la voix stridente de la prostituée :

- Tu es aveugle ou quoi ? Tu étais une monnaie d’échange, ma grande ! Toi contre mon fric. Fric que je réclame, d’ailleurs !
- TOUT LE MONDE SE CALME.

J’ignorais que ma grand-mère pouvait crier… mais elle vient de le faire. Je la regarde, abasourdie, avant de secouer la tête. Je la sens monter en moi. La colère. La colère mêlée de déception, de rancœur, de haine. J’avais décidé de ne pas croire en le fait que mes grands-parents auraient peut-être changé, mais au fond, ce putain d’espoir était là. Forcément. Comment l’éviter ? C’est vicieux, cette connerie. Il suffit de fermer les yeux un instant, de détourner l’attention, de ne plus être attentif, sur ses gardes, et il se glisse en soi, il vient se loger dans chaque part de notre corps. Foutu espoir. Espérer pour sauver, avions-nous dit ? Plus jamais.

- J’en ai marre. Je me casse.
- Adélaïde, ton langage. Et reste ici.
- Grand-mère, je vous prie cordialement de me foutre la paix. Mieux, le langage ?

Avant qu’elle n’ait pu répondre, je tourne les talons et attrape Tomoe par le poignet.

- Partons.

Elle se lève aussitôt et me suit sans rien dire alors que je nous amène jusqu’au salon de mon grand-père pour récupérer Nico-

Ok. Je me suis pris un grand truc… aux cheveux noirs…

- Nicolas !

Sans réfléchir, ni lâcher le poignet de Tomoe, j’attrape de ma main libre celle de Nicolas.

Terrae.

Je.

Veux.

Terrae.

- Il faut que nous partions.

Je pourrais pleurer. Je le sens. Si nous nous arrêtons, si nous prenons le temps, je vais m’effondrer. Je veux bouger. Je veux bouger tant que la rage me fait tenir debout. Pour rien au monde je ne me montrerais faible devant ma grand-mère.




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##   Ven 24 Nov 2017 - 15:48

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Pépémilton, c'est un gars qui pourrait être bien. C'est ce que pense Nico quand il entre dans son salon. Le haut plafond et l'immense fenêtre donnant sur le ciel gris écossais pourrait donner une impression de grandiose, mais c'est pourtant assez chaleureux. Ce sont les bibliothèques et les livres, dégageant une odeur de papier vieilli, ainsi que les fauteuils confortables qui donnent cet effet. Aux yeux de Nico, l'endroit ressemble à un nid douillet, comparé à la salle à manger, aux couloirs, ou même toutes les autres pièces qu'il a pu apercevoir. Et puis, Pépémilton paraît soudain plus ouvert sans la présence de sa femme... Il s'approche de lui, le tirant de son observation pour lui proposer un cigare, l'appelant "Sir", avec un sourire... sincère ma foi. C'est ça qui l'étonne le plus en fait. Mais il ne bat des paupières qu'un instant, préférant se pencher sur le coffret de bois. Il pousse un "oh" admiratif devant la qualité des cigares ; il n'en a jamais fumé, mais il a vu Amadéus en fumer quelques uns, quand il y avait quelque chose à fêter pour le gang, délaissant un moment ses cigarillos bruns. Nicolas remercie l'homme avant de se servir, examinant la bague du cigare. De la qualité... qui doit coûter une fortune. Et Pépémilton sourit encore, disant qu'il aime qu'un jeune apprécie les bonnes choses. Nico a un semi-sourire ; le tabac, c'est pas si bon hein. Surtout pour la santé Pépé. Mais c'est vrai que l'odeur était agréable, et le cigare ne s'effritait pas quand il en coupa la tête.

Il rendit la guillotine et s'empara d'une allumette -le meilleur moyen d'allumer un cigare sans en gâcher le goût, Ama sort de ma tête- quand il annonça enfin qu'ils avaient à parler. Nicolas s'installa enfin, dans le dernier fauteuil libre et tira une bouffée du tabac. Il savait qu'il valait mieux crapoter le début du cigare mais il en avait besoin... Surtout que la conversation portait sur la Miss. Les grand-parents Hamilton voulaient inscrire la Miss dans ce fameux centre de rééducation que tenait la femme de Junior. Nicolas serre les dents et se tait... Il écoute Pépémilton jusqu'au bout. Il dit qu'il faut que la Miss retrouve sa place d'Hamilton, qu'il est prêt à l'accueillir de nouveau mais que la famille ne l'acceptera pas sans la condition qu'elle aille dans ce centre, apparemment. Nicolas pince ses lèvres... Il déteste cette façon de penser, bien sûr, mais le chagrin de Pépémilton, lorsqu'il parle de l'importance de la famille et qu'il porte à sa petite-fille, est bien réel. Ouais... Pépémilton, c'est vraiment un gars qui pourrait être bien. Mais il est con. Il est con parce que pour lui, ce genre de réflexion, c'est normal. Peut-être qu'il se rend compte que ça piétinerait le bonheur et les efforts que fait la Miss depuis son arrivée à Terrae, mais comme il pense que l'honneur et la famille sont au-dessus de tout... Il déglutit, repensant à la devise de sa propre famille bourgeoise ; "tout pour l'honneur". Nicolas ferme les yeux un court instant, les rouvre pour observer le fait qu'il entame la partie "divine" de son cigare. :

-Sir Hamilton, avant toute chose, vous devez savoir que justement... j'apprécie votre petite-fille, et c'est donc pour cela que je n'ai aucun contrôle sur ses choix. Qu'elle suive ou non vos directives sera sa propre décision, pas la mienne.

Il fit une pause, tira sur le cigare en observant Alexander et Junior, silencieux, attentifs... :

-C'est très aimable à vous de vouloir l'accueillir à nouveau, de faire un tel effort, et à votre femme, qui dirige ce centre, de vouloir la prendre en charge... Comme vous le dites, Sir... La famille c'est important.

Vous sentez venir le "mais" ? Moi je dis heureusement que Nico a appris à gérer parce que si ça n'avait été que moi j'aurais déjà cassé des gueules... :

-Pourtant c'est justement parce que c'est important que votre comportement n'est pas acceptable. Vous devez assez bien connaître votre petite-fille pour vous servir de sa mère afin de la recontacter, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit non ? Son avis vous importe ? Ce qu'elle traverse actuellement, le savez-vous ? Non, vous savez juste qu'un éventuel refus de sa part sera de mise, à la façon dont vous faites les choses.

Si quelqu'un a tenté d'interrompre Nicolas, son regard l'a aussitôt arrêté. Il n'est ni violent, ni méchant, mais ces yeux n'acceptent aucune interruption de la part des trois hommes présents. :

-Vous avez voyagé, très bien, mais vous connaissez à peine l'enfant de votre enfant, bien que je sente en vous, que vous l'aimez profondément. Alors c'est à mon tour de vous priez, Sir Hamilton...

Nicolas sent... Il sent une énergie bouillante venir de l'étage du dessous. Il inspire et se lève. :

-...une véritable famille accepterait son retour sans condition, une véritable famille ne se servirait pas de l'espoir fou qu'elle a de pouvoir avoir un minimum de considération de votre part pour la pousser à se priver du bonheur et de la joie, qui manquait jusque là à sa vie, qu'elle arrive à construire ailleurs. Prenez ceci en compte quand vous apprendrez sa décision.

Sur ce, il écrasa le cigare dans un cendrier, plongea ses yeux d'argent dans ceux de Pépémilton. :

-Merci, monsieur.

Ouais... Pépémilton aurait pu être un gars bien... alors il lui laissait une chance de l'être complètement. Il sortit précipitamment sans un regard pour Alexander et Junior.

Il se précipite dans les escaliers, s'apprête à entrer dans la salle à manger quand une tornade rousse le percute, Tomoe derrière elle. Sa voix quand elle l'appelle... Nicolas grince des dents, littéralement... On va finir par se péter la mâchoire à forcer de la serrer comme ça... Et puis, les émotions qu'elle dégage. Elle veut rentrer. Maintenant. Elle veut retrouver son cocon, sa véritable maison... sa véritable famille. Okay c'est mort, je prends le relais. J'en ai marre. Ces gens sont des connards -même si bon Pépémilton j'admets- et ils ont fait du mal à la Miss. Notre Miss. Je regarde Tomoe. :

-Partez devant. Tomoe. Il y a un sac avec nos affaires dans l'entrée. Je vous rattrape. lâchais-je d'un ton pressé, sentant le chagrin de la Miss enfler.

Je pivote, rentre dans la salle à manger où Mémémilton tente de rattraper la Miss, la mère Evrard sur ses talons. Je me plante, bras écartés pour lui bloquer le passage. Qu'elle se plaigne, je m'en contrefiche. J'entends des bruits de pas dans les escaliers mais j'attends que les filles soient sorties pour lâcher avec le ton le plus venimeux qu'il me soit possible de faire sans compléter éclater la face de cette rombière. :

-Laissez-moi me présenter à nouveau ; je suis le Comte héritier Nicolas Lefebvre De Lacvivier. Vous m'avez au court de cette soirée, et à plusieurs reprises, manqué de respect, alors que je porte les couleurs de votre famille pour vous faire honneur. De plus, vous avez blessée mon amie. Si vous aviez quelques relations avec les familles nobles de France, sachez que vous venez de détruire votre réputation. Et vu que je suis influant, j'aurais sans doute moyen de la détruire jusque dans votre pays.

Comment ça on ne sait rien de tout ça ? Peut-être... Mais on veut lui foutre la trouille de sa vie. C'est tout ce qui compte à cette mégère et bien, détruisons ça pour la peine. Je lève les yeux et tombe sur le regard paniqué de la mère Evrard. Un sourire mauvais se dessine sur mes lèvres. :

-Quand à vous, je vais vous parlez dans des termes simples, pour que vous puissiez BIEN, me comprendre....... Allez vous faire foutre, puisque vous ne savez faire que ça.

Il rebaissa enfin les bras, alla jusqu'à la porte avant de se retourner et de faire une légère courbette, arrachant presque le morceau de tissu aux couleurs de la famille Hamilton et de le jeter par terre. :

-Ce ne fut pas un plaisir de vous connaître.

Et il courut, il courut pour rattraper Tomoe et la Miss... même si ça lui fait un mal de chien... dans la direction de leurs énergies vibrantes... vers les falaises qu'elle lui a montré avant d'entre dans ce manoir maudit.



##   Ven 1 Déc 2017 - 19:12

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Ça tourne un peu autour de moi. C’est flou. J’agis sans réfléchir. J’écoute sans enregistrer. Nicolas nous dit de partir devant. Que nos affaires sont prêtes et dans l’entrée. Pourquoi sont-elles prêtes ? Ai-je vraiment été la seule assez stupide pour me voiler la face ? Pour y croire ne serait-ce qu’un tout petit peu ? Allez, j’ai juste demandé une lueur d’espoir. J’avais juste envie que, pour une fois, tout soit simple. Mais apparemment, oui, j’étais la seule idiote à y croire.

Nos mains se quittent alors que je fonce sans un mot. Tomoe continue de me suivre. Nous attrapons les sacs, et claquons la porte derrière nous. L’air, dehors, est glacé. Nous nous le prenons de pleine face et je frissonne.

- Je sais qu’il fait froid, mais je ne veux pas tout de suite retourner à l’hôtel. Avec une veste, tiendrez-vous le coup dehors ? Nous pouvons aussi mettre nos pantalons sous nos robes. Si cela vous va.

Je me force à retrouver mon ton neutre, à voiler mon regard implorant sous des couches d’indifférence. Je me force à ne rien ressentir, à tout enfouir. C’est fini. C’est fini, Hamilton. Ça va aller.

- On va faire ça, Hamilton. Ne t’en fais pas pour moi. Tu veux te poser où ? demande la Master de son habituelle voix douce, apaisante.
- Aux falaises.

Je n’ai pas hésité un instant. Elles étaient déjà mon coin de paix quand je n’étais qu’une enfant, elles le restent aujourd’hui. Nous avançons jusqu’aux falaises, craignant qu’une quelconque personne de ma famille ne nous retrouve sur le pas de la porte avant que nous n’ayons le temps de nous changer, et ce n’est qu’une fois assez loin que nous fouillons les sacs à la rechercher de nos pantalons. Nous enfilons ces derniers sous nos robes – tant pis pour la classe, aujourd’hui, plus rien n’a vraiment d’importance, encore moins cela – ainsi que nos vestes.

Assises, les jambes dans le vide, nous regardons l’océan qui s’étend jusqu’à toucher le ciel. Le vent emporte nos cheveux, les vagues nous forcent à élever la voix si nous voulons nous entendre. Mais cela fait du bien, de ne pas parler. Un peu de calme extérieur pour faire taire la tempête qui m’agite.

J’ai peur. J’ai peur pour Nicolas. J’ai peur que mes grands-parents puissent réellement me forcer à revenir au manoir. J’ai peur de ma propre stupidité. D’y avoir cru. De m’être mentie ainsi à moi-même. J’ai peur de faire confiance.

Et pour être franche, j’en ai marre d’avoir peur.

Je sursaute alors que des pas rapides se font tout à coup entendre. Tomoe et moi nous retournons d’un même mouvement pour voir Nicolas arriver en courant. Nous nous relevons et je ne peux empêcher une lueur anxieuse de venir briller dans mon regard :

- Est-ce que ça va, Nicolas ? Pourquoi es-tu resté ? Mets ta veste, tu vas avoir froid. Tu n’aurais pas dû rester. Je... Mer-

Je déglutis, mes yeux hésitent entre le sol et les yeux d’argent avant que je ne secoue la tête. Je n'ai pas envie de plus parler de ce qu'il vient de se passer. Pas ici. Pas devant Tomoe. Pas maintenant. Plus tard peut-être. Et encore.

Je reprends, plus calmement :

- Je sais que c’est beaucoup demander mais, si vous le voulez bien, il y a un dernier arrêt que j’aimerais faire.

Une nouvelle fois, une boule vient se former dans ma gorge. Je joue avec mes doigts, évite les regards, hésite une dernière fois et me lance :

- Mon ancien foyer n’est pas si loin d’ici. Pou- Pourrions-nous juste y passer ?


Je ne sais pas pourquoi. Pas exactement. Un besoin de voir ce que c’est devenu ? Un besoin d’aller dire à une des gamines qui s’y trouvera qu’elle verra, elle s’en sortira ? Je n’en sais rien. Je sais juste qu’avant de retrouver Terrae, il me faut passer par cette étape. Après, ce sera bon. Ce sera clôt.

***

Comte… Héritier… ?

Louisa Hamilton ne dit pas un mot. Lèvres pincées, raide comme une baguette pas fraîche, elle pose ses yeux type icebergs sur Nicolas. Même Adélaïde Evrard n’ose plus râler. Derrière, bras croisés, James Hamilton écoute, la mine sombre, comprenant que les ennuis arrivent…sans pour autant pouvoir empêcher ses lèvres de se redresser imperceptiblement du côté droit…parce que là, il faut le reconnaitre, sa femme a mis les pieds dans le plat, et bien en plus ! M’enfin, c’est quand même lui qui va devoir se taper pas mal des appels pour présenter leurs plus pates excuses dont ils ne penseront pas un mot à la dite famille en France, génial. Par contre, quand le jeunot insulte la française, pépémilton ne tient plus et il disparait subitement dans son salon personnel, lui aussi les lèvres pincées mais pour s’empêcher d’éclater de rire. C’est qu’il a du répondant, le gamin !

La grand-mère, elle, ne rigole pas. Loin de là.

- Le non-plaisir est partagé, ne vous en faites pas, cher comte.

Elle le trouve vulgaire, le gosse, en plus d’être impoli et de ne pas être capable d’avoir UNE SEULE manière de noble. Elle sait que son mari a filé pour mieux rire en douce, et elle compte bien lui tomber dessus puisqu’elle ne peut plus tomber sur Nicolas. Elle le laisse sortir sans ajouter une parole, mais à peine la porte est-elle close qu’elle se tourne vers la première personne se trouvant dans la pièce…

- Et vous, vous n’avez pas même songé à vous défendre alors qu’il vous a insulté. Avez-vous au moins un infime reste de votre dignité ? Tss, je ne sais même pas pourquoi je vous le demande. Quand on est aussi bas que vous l’êtes, remonter demande trop d’efforts, n’est-ce pas ?

Elle secoue la tête et d’un pas qui fait filer la moindre servante présente dans le coin se dirige vers le salon privée de son mari :

- JAMES. VIENS ICI TOUT DE SUITE.

Parce que là, ils se retrouvent avec une prostituée et une famille noble française sur le dos, en plus d’une réputation fichue. Parfait.




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##   Mar 5 Déc 2017 - 13:03

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Nicolas souffle difficilement. Ah bordel. On n'a pas idée de courir alors qu'on a pas encore le corps pour eh. Il voit les filles au loin, assises au bord de la falaise... Il ralentit, prend une grosse inspiration pour l'expirer bruyamment. Il s'appuie sur ses genoux pour récupérer, elles sont déjà debout. La Miss a une lueur inquiète dans le regard... et elle vibre de peur. Il aimerait faire quelque chose mais il se doute que la présence de Tomoe empêche malheureusement son amie de communiquer... et puis il n'est pas tout puissant, il le sait. Il jette un regard qui se veut rassurant à la Master, lance un demi-sourire à la Miss quand elle lui pose tout un tas de questions. :

-Je m'assurais juste que personne ne nous rattrape. Merci Tomoe. ajoute-t-il quand elle lui tend sa veste et son écharpe. T'inquiètes ils ne m'ont pas mang- woah.

Il regarde par dessus leurs épaules... La mer. La mer bruyante et secouée par le vent. Les vagues qui dévorent la côte. L'eau qui s'étend à l'infini, à n'en plus percevoir l'horizon. Nicolas se redresse, prend une bouffée d'air iodée dans le visage. Il brille Nicolas. Il brille comme l'enfant qu'il a oublié qu'il était, comme l'enfant qui est mort il y a des années. Son énergie enfle comme pour sourire à sa place, puisqu'il n'y arrive pas vraiment, trop impressionné par la vue. C'était ça la mer. C'est puissant, c'est apaisant. Il ferme les yeux une seconde, se rendant compte de ce pourquoi la Miss aimait cet endroit parmi d'autres.

Puis il revient sur terre. La Miss reprend aussi calmement qu'elle le peut qu'elle veut passer devant son ancien foyer. Nicolas ne sait pas vraiment ce qui anime cette envie mais il la comprend... Après tout, lorsqu'il est retourné au village, il est passé par les pires souvenirs qu'il eut de son enfance. Il hoche la tête après avoir demandé à Tomoe si c'était possible, sous-entendant qu'il était d'accord pour y aller. Ils s'éloignent alors de la falaise, de la mer, se dirigeant lentement vers le village sans un mot.



##   Mer 6 Déc 2017 - 13:39

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Emploi/loisirs : En apprentissage de la vie, je crois.
Humeur : Erm... On fait ce qu'on peut?

Nicolas, un demi-sourire aux lèvres, commence à me dire qu’il s’assurait simplement que personne ne nous suivait. Il s’arrête pourtant tout à coup net de parler et je vois ses yeux d’argent se perdre derrière Tomoe et moi.

Doucement, je me retourne, faisant une nouvelle fois face à l’océan déchainé. Sourire éclair sur mon visage alors que mon regard glisse sur le bonheur lumineux du Tonnerre face à l’horizon. Sans qu’il ne dise quoi que ce soit, je sais qu’il comprend pourquoi ces falaises étaient devenues mon sanctuaire. Cela se voit. L’endroit apporte toujours le même sentiment. La colère des vagues et en même temps cet apaisement fou qu’elles amènent avec elles, comme si notre propre rage s’était perdue dans l’océan. Face à cette force de la nature, tout parait futile, inutile. Pourquoi s’emporter quand la mer le fait si bien à notre place ?

Mais la réalité nous rattrape toujours et nous nous mettons, avec l’accord de Tomoe, en route pour mon ancien foyer. Le trajet est silencieux. A la fois trop long et trop court. Long de tension, court car je ne veux pas revoir cet endroit, en réalité. Enfin, je veux. Et en même temps non. Et. Et je réfléchis trop.

Dans le village, je guide Tomoe et Nicolas à travers les ruelles étroites et humides un moment, avant d’arrêter mes pas devant un vieux portail en fer. Je cherche, longuement, le nom du foyer auquel j’étais. Mais sous mes yeux étonnés, c’est « Orphelinat James Hogg » qui se dévoile et non pas le vieux « Foyer Thomas Bray ».

- Ce n’est pas le foyer où j’étais, lâché-je abruptement sans me tourner vers mes deux accompagnateurs.

Le choc est fort. Il l’est encore plus lorsque je m’apprête à abaisser la poignée du portail pour entrer dans la cour, rejoindre les bâtiments, mais que la vision d’une silhouette au loin s’avançant vers nous m’arrête. J’attends jusqu’à ce que l’homme soit assez près pour que je distingue ses traits. Familiers.

- Je peux vous aider ?

Il nous sourit du même sourire maladroit que je lui connaissais. Ses cheveux d’un roux bien plus pâle que les miens ont encore poussé, et il les a attachés en une longue que de cheval basse. Ses yeux doux se posent sur moi et soudain, je vois son regard s’illuminer :

- …Hamilton ?

J’acquiesce, incapable sur le moment de dire un mot.

- Qu’est-ce que tu fais là ? Enfin, qu’est-ce que vous faites là, plutôt ? demande-t-il avec un léger rire nerveux en observant Nicolas et Tomoe.
- Je devais passer au village. J’ai voulu voir ce qu’était devenu l’endroit. Ils m’ont accompagnée.

Je m’arrête un instant, secoue légèrement la tête pour faire passer le voile peiné qui a failli s’installer dans mon regard :

- Doran je te présente Nicolas et Tomoe. Doran était avec moi au foyer, ajouté-je à l’intention des Terraens avant de m’adresser à nouveau à l’Ecossais. …Que fais-tu toujours là, Doran ? Tu devrais être parti, non ?
- Oui. Mais non ! Comme tu le vois, répond-il en désignant la pancarte portant le nouveau nom du désormais orphelinat, il y a quelques trucs qui ont changé par ici. Notamment la directrice du foyer qui a été arrêtée, aux dernières nouvelles. Tu te doutes bien que ça pouvait pas durer éternellement, vu comment était géré l’endroit…
- …
- Quelqu’un a fini par oser aller porter plainte. Sur le coup, il n’a pas été écouté. Mais le fait qu’il ait osé a entrainé un certain mouvement… Et les gens n’ont plus pu faire comme rien ne se passait. Pendant un temps on a bien cru qu’on allait tous finir sans toit, aha. Mais le foyer a été repris, transformé en orphelinat. Et j’y ai été embauché en tant que surveillant, ce qui me va totalement.
- …Je comprends.

Ses épaules s’affaissent devant mon manque d’enthousiasme, ses sourcils se relèvent doucement. Lentement, il vient poser une main sur mon épaule. Je me tends, mais je ne dis rien.

- Eh, Hamilton. Je sais ce qu’on a vécu, là-dedans. Et je sais que ça te marque encore. Ça nous marque tous encore.

Peu à peu, sa voix s’abaisse, jusqu’à n’être plus qu’un murmure. Je ne sais même pas si Nicolas et Tomoe peuvent encore l’entendre.

- Mais maintenant, c’est fini. Tout est fini. C’est fermé, et tu peux aller de l’avant. C’est ce que j’ai décidé de faire. Et je sais que tu peux aussi le faire. Tu as réussi à en partir plus tôt que tout le monde, profite de la nouvelle vie que tu as devant toi. Ne reste pas par ici, ça ne te fait pas du bien.

Nous nous regardons encore un instant puis je fais un pas en arrière, la gorge nouée, pour me libérer de sa main. Il sourit, tout doux :

- Pardon. Je voulais pas te gêner.
- Ce n’est pas grave. Ça va. Je. Je vais y aller. Au revoir, Doran. …Fais attention à toi.
- T’en fais pas pour ça, Hamilton ! J’y compte bien. Allez, file.

Je me retourne et sans regarder Tomoe et Nicolas m’éloigne de l’orphelinat. Ce n’est que quelques rues plus loin que j’inspire profondément avant d’enfin poser mes yeux vides sur eux :

- Je pense que nous pouvons rentrer, maintenant.
- D’accord, Hamilton. On va se téléporter, j’ai un cristal. Personne ne viendra, ici ?

Je fais non de la tête. J’ai choisi un endroit où personne ne passe exprès. Nous nous attrapons les mains et quelques secondes plus tard, nous sommes de retour à Terrae… A la maison. La Master me demande si ça va aller, puis sur quelques dernières paroles et un sourire nous laisse, Nicolas et moi, dans le hall.

- Je… Je n’ai pas envie d’être seule, pour l’instant.

Dehors, la nuit est tombée depuis un moment. Je sais qu’il est tard. Je sais que je suis fatiguée, que je devrais me reposer… Mais je bouillonne, au fond. De tristesse, de rancœur, d’amertume, de rage. J’ai l’impression que je vais exploser. J’ai peur d’être seule. J’ai peur de ce que cela pourrait donner.

- Est-ce que tu veux bien rester encore un peu avec moi ?

Ma voix est basse. Je ne regarde pas Nicolas. Je ne veux pas qu’il voit toutes les émotions que je ne parviens plus à cacher dans mon regard. Je sais qu’il doit probablement les ressentir, mais ce n’est pas la même chose.

Je ne sais plus comment porter mon masque. Je ne sais plus tout à fait qui je suis.




Merci Ronron, merci Elwynouchette. Vous êtes les bests ♥

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I feel like the stars will never shine for me again~ [Nicolas ♥]

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